Choriste du mois


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 03. No children for the bitch

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MessageSujet: 03. No children for the bitch   Lun 14 Mai - 12:58

Avec un petit sourire, Summer franchit la porte du cabinet médical, et son regard glacé parcourut les patientes déjà installées dans la salle d’attente. Certaines étaient accompagnées de leur mari ou compagnon, mais toutes arboraient un ventre plus ou moins arrondis selon le stade de leur grossesse. Et toutes avaient le même geste tendre envers leur progéniture, soigneusement installée dans leur utérus, qu’elles caressaient d’une main, l’autre tenant fermement celle du futur papa. Comme d’habitude, les autres personnes présentes au cabinet du Dr Pillsbury étaient en passe d’avoir un enfant, ce qui était normal, puisque le Dr Pillsbury était gynécologue. L’un des meilleurs de la ville, d’ailleurs, et il fallait toujours prendre rendez-vous des mois à l’avance. Enfin, peut-être les futures mamans pouvaient-elles venir quand elles en ressentaient le besoin, afin de partager leur angoisse prénatale, mais Summer n’étant pas sur le point d’accoucher, comme en témoignait sa ligne parfaite, elle n’avait jamais été prioritaire, ce qui lui convenait. Si elle consultait un gynécologue depuis ses quatorze ans, c’était uniquement parce qu’elle avait une vie sexuelle active, et que malgré ses penchants parfois tordus, elle prenait soin d’elle et avait une hygiène de vie irréprochable. Jusqu’à présent, elle n’avait jamais eu le moindre problème, et ce même si elle aimait bien coucher avec de parfaits inconnus. Certes, elle se protégeait, elle n’était pas stupide et savait les risques encourus –MST, VIH sans parler de la pire des maladies qui existe au monde, la grossesse- mais un accident est vite arrivé, et même elle n’était à l’abri de rien. Et puis, elle pouvait bien l’avouer, si elle aimait autant consulter le Dr Pillsbury, c’était parce qu’elle avait toujours de croustillantes anecdotes à partager avec lui. Si au départ elle s’était amusée à laisser échapper quelques détails salaces devant le praticien, c’est parce qu’elle savait qu’il était le frère d’Emma Pillsbury, pour laquelle elle ressentait un mélange de haine et de reconnaissance, et connaissant assez bien la conseillère de McKinley pour savoir qu’un rien pouvait choquer cette dernière, elle avait voulu voir s’il en était de même avec son docteur de frère. Mais s’il haussait parfois un sourcil interloqué, pour l’heure elle n’était jamais parvenue à le choquer suffisamment pour qu’il la somme de se trouver un autre gynécologue. Armée aujourd’hui d’une sensuelle mais non moins salace histoire de plan à trois, Summer était impatiente de pouvoir la lui raconter. Après tout, il devait être mis au courant de tout ce qui se passait entre les cuisses de sa patiente –et de tous ceux qui y passaient également.

Après avoir signalé sa présence auprès de la secrétaire, Summer se chercha une place libre qui ne soit pas environné par des ventres difformes, mais partout où elle posait les yeux, il n’y avait que femmes enceintes et regards énamourés et fatigués. Réprimant une moue de dégout, elle se choisit une place près d’une jeune femme qui lui sembla être la moins avancée dans sa grossesse, et tout en s’asseyant, ôta son écharpe et son manteau. Aussitôt, la jeune femme près d’elle lui coula un regard pétillant : « C’est votre première consultation prénatale ? » chuchota-t-elle avec un sourire, auquel Summer répondit par un regard froid. « Est-ce que j’ai l’air stupide ? » rétorqua-t-elle d’un ton acide. Perplexe mais toujours souriante, la jeune femme sembla ne pas comprendre, alors Summer poursuivit : « Est-ce que j’ai l’air assez stupide pour me faire mettre en cloque et gâcher le reste de ma vie avec un marmot braillard et puant ? Ne prenez pas votre cas pour une généralité. Je vaux mieux que ça. » conclut-elle avec un mépris à peine dissimulé, en se détournant.
L’heure qui suivit lui sembla durer une éternité, et ce même si elle était venue avec son Blackberry sur lequel elle pianotait furieusement. Sue Sylvester tolérait de sa part qu’elle prenne une demi-journée pour aller chez le médecin, mais cela ne l’empêchait pas de lui donner dix milles choses à faire, et Summer ne pouvait se défiler. Envoyant mails sur mails à son assistante, chargée pendant son absence de répondre aux besoins délirants de la mairesse, elle était en train de la houspiller par messages, la traitant d’idiote, quand enfin on l’appela. Sans un coup d’œil pour les futures mamans, qui depuis une heure la fusillaient du regard après sa petite tirade, Summer traversa la salle d’attente et pénétra dans le bureau du Dr Pillsbury, qui l’accueillit du même sourire poli mais distant que semblent avoir tous les médecins à l’égard des patients dont ils se passeraient bien.

« Docteur. » lança-t-elle en guise de bonjour, et sans attendre d’invitation, s’assit sur la chaise en face du bureau, croisant les jambes et posant sacs-manteau-écharpe sur la chaise voisine. Aujourd’hui, elle devait avoir les résultats des derniers examens que le Dr Pillsbury avait demandés. Elle ignorait en détail de quoi il pouvait bien s’agir, mais ne protestant jamais lorsqu’il s’agissait de sa santé, elle s’était laissé faire. Avait-il découvert qu’à force de coucher à droite et à gauche, elle avait fini par attraper une maladie quelconque ? Ou même, des petites bêtes ? Hm, à la réflexion, Summer ne se sentait pas du tout malade, ni dérangée par quoi que ce soit. Au contraire, elle était dans une forme olympique, elle doutait donc sérieusement qu’il ait pu trouver quoi que ce soit qui clochait chez elle. S’appuyant nonchalamment contre le dossier de sa chaise et haussant un sourcil suggestif en direction du Dr Pillsbury, Summer sourit. « Aujourd’hui vous risquez de trouver que mon intimité a été malmenée. Je vous rassure tout de suite, je me suis juste fait deux nouveaux amis la nuit dernière. » Son sourire carnassier s’élargit.


Dernière édition par Summer Davis le Mar 5 Juin - 19:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. No children for the bitch   Mar 29 Mai - 18:59

Cette fois, c’était arrivé. Ce moment du mois. Ce moment tant redouté du mois. Le gynécologue aurait voulu repousser le plus possible l’échéance de ce rendez-vous honnis entre tous, seulement le laboratoire l’avait appelé en début de semaine et les résultats des analyses étaient arrivés ce matin là, il n’avait eu d’autre choix que de contacter Summer Davis pour lui donner une lecture de ce maudit papier. Pourquoi fallait-il que les laboratoires ne soient efficaces que lorsqu’on leur demande de prendre leur temps ? La simple perspective de se retrouver une fois de plus face à la jeune femme suffisait à lui miner le moral. Ouvrant la porte du cabinet, il constata qu’une fois de plus il était le premier à pointer et revint donc sur ses pas pour relever le courrier. Que faisait encore sa secrétaire ? Elle était tout à fait compétente mais sa tendance à être sans cesse en retard commençait sérieusement à porter sur ses nerfs. Aujourd’hui n’était pas un jour où il fallait se dresser en travers de sa route. Il aurait sans doute à endurer beaucoup dans la demi-heure qu’il consacrerait à cette fille de riches, c’était autant d’efforts qu’il ne fournirait pas pour les autres. Pestant en silence, il lâcha le courrier qui ne lui était pas adressé sur la table dans l’entrée et s’enferma dans sa salle de consultation avec le reste des enveloppes. Facture, facture, offre d’emploi, résultats. Dans un soupir il s’attela à ouvrir soigneusement l’enveloppe en papier kraft avec son coupe papier fétiche, cadeau de sa sœur pour l’un de ses anniversaires. Le nom en haut de la feuille lui arracha un soupir supplémentaire comme si la simple évocation de cette démone le vidait de toute énergie. Peu de choses faisaient peur à Wyatt Pillsbury, mais il devait bien admettre que cette nymphomane notoire en faisait partie. Elle avait présenté sa manucure et son sac luxueux peu de temps après qu’il ait rejoint le cabinet et tout de suite elle avait semblé se prendre d’une sorte d’affection pour lui. Affection n’était pas le mot. Lubie sadique ? Quelque chose dans cet ordre en tout cas. Ou bien c’était simplement le fait qu’il soit plus jeune et sans comparaison physique possible avec les deux cinquantenaires qui se partageaient les cinquante pour-cents du cabinet qu’il ne détenait pas (encore). Chaque consultation n’était qu’une enfilade de récits tous plus détaillés les uns que les autres sur ses folles nuits et journées alors qu’il avait encore la tête entre ses jambes ou pire. Rien ne lui était épargné. L’assistante de la mairesse était tout simplement incroyable. Elle faisait clairement ça pour s’amuser et cherchait sans cesse à voir jusqu’où sa tolérance et son professionnalisme iraient. Ce n’était très certainement pas par naïveté qu’elle lui racontait comment nouer une combinaison bondage dernier cri, ou par dévotion pour être bien sûre qu’il n’oublie rien dans son diagnostic.

Dépliant le papier il laissa son regard scanner l’ensemble du papier. Le médecin resta un moment immobile et coi puis entreprit de lire une seconde fois les résultats plus en détails cette fois pour être sûr de ne pas se tromper. Cette fois il ne s’en était pas tenu au traditionnel test du VIH accompagné d’une panoplie d’infections sexuellement trasmissibles, il avait envoyé une demande d’examens plus poussés pour s’assurer qu’après autant de délires en tous genres son corps ne se révoltait pas. Et les résultats venaient de tomber. Elle n’avait jamais montré aucun symptôme qui justifie ce genre d’analyses mais comme souvent Wyatt avait préféré n’en faire qu’à sa tête et suivre son instinct. Après tout il n’était pas un petit génie pour rien, pourquoi suivre les livres quand on peut les écrire soi-même ? Un bruit dans le couloir le tira de sa lecture, il reposa le papier sur la pile de ses dossiers et alla voir qui se décidait enfin à arriver. «Oh c’est vous.» lança-t-il à la secrétaire visiblement honteuse d’être arrivée après lui, prête à encaisser sa mauvaise humeur. Mais contrairement à ses attentes, le gynécologue rebroussa chemin. «Vous seriez gentille de me préparer un café avec la liste de mes rendez-vous de la journée.» se contenta-t-il d’ajouter avant de refermer la porte derrière lui. La nouvelle était assez dure à encaisser. Il n’était certes pas directement concerné, mais contrairement à ce que la plupart des gens pouvaient penser, il avait un cœur et sensible qui plus est. Il ne connaissait pas la jeune femme en dehors de ces murs, et n’essaierait pas de se lancer dans ce genre de tentative suicidaire, mais elle n’avait pas vingt-cinq ans... Pinçant les lèvres en signe de mécontentement, il n’aimait pas avoir à annoncer de mauvaises nouvelles. Il aimait faire des échographies de fœtus désirés, annoncer des grossesses miraculeuses, rassurer les futures mamans pour la première fois, mais tout cela, il ne le ferait jamais avec Summer. Le rendez-vous serait sûrement éprouvant, mais pas dans le sens où il se l’était figuré, et l’histoire qu’il aurait à lui raconter ne serait pas aussi divertissante que celles qu’elle se plairait sûrement à partager.

Toute la matinée, les résultats n’avaient fait que tourner dans sa tête et il avait été particulièrement distrait même à l’heure du déjeuner où il avait renversé de la sauce sur sa chemise blanche, le contraignant à faire un saut à son appartement pour se changer. Plus l’heure du rendez-vous approchait plus il redoutait le moment fatidique où il s’agirait de mettre en paroles ce qu’il avait lu dans des chiffres et des noms aux consonances latines ou grecques. Enfin la secrétaire lui apporta la nouvelle de l’arrivée de la brune et son sang se glaça finalement, soldant une journée d’inquiétude. Pire que d’avoir à lui annoncer, il redoutait surtout la réaction de la jeune femme qui serait sans aucune doute imprévisible et le désarçonnerait en lui faisant regretter ses heures de tracas. Se dirigeant à pas silencieux vers la salle d’attente, il soupira résigné avant de pousser la poignée et d’appeler son nom avec un sourire contrit. Elle avait presque l’air enjouée et ne se fit pas prier pour s’installer comme chez elle à son bureau alors qu’il se maudissait déjà de s’être inquiété pour elle. «Mademoiselle Davis... J’espère que vous vous portez bien.» déclina-t-il pour répondre poliment à ses salutations plus qu’expédiées. Cherchant son dossier dans son ordinateur il n’avait pas eu le temps de se retourner vers elle que déjà la première anecdote lui arrivait en direct des tréfonds de ses draps. «Deux amis... Vous m’en direz tant.» répliqua-t-il sans y prêter plus d’attention. Ce n’était pas le pire qu’elle ait fait, et il savait qu’elle faisait autant cela pour passer le temps et faire la conversation que pour le provoquer. Aurait-elle encore le cœur à s’amuser sans se préoccuper de rien une fois qu’il lui aurait annoncé la nouvelle ? «Je n’aurais pas le loisir de constater cela par moi-même. Si je vous ai appelée c’est pour vous donner lecture des derniers résultats de vos analyses, nul besoin de vous déshabiller.» Pointant son regard émeraude droit sur elle, il cherchait encore les mots justes pour lâcher l’information et décida de repousser un peu l’échéance après avoir essayé quelques phrases dans sa tête. «Pas de douleurs depuis la dernière fois ? De saignements ? De pertes ? Rien qui trahisse une infection ?»
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MessageSujet: Re: 03. No children for the bitch   Mer 6 Juin - 12:02

Comme à son habitude, le Dr Wyatt Pillsbury, très professionnel, se contenta de l’accueillir avec un flegme et une impassibilité qu’il avait sûrement dû piquer à un britannique. Mais surtout, il ne réagit pas le moins du monde, ou à peine, lorsque Summer lui jeta au visage ses frasques de la nuit dernière. Elle le fixa avec un sourire en coin, guettant le moindre signe qui montrerait qu’il éprouvait de la perplexité à l’idée qu’on puisse s’amuser de la sorte, ou bien une vague lueur de choc qui brillerait dans les yeux verts du jeune docteur. D’ordinaire, il avait une petite réflexion amusée, étonnée, il commentait d’un ton plus ou moins distant. Mais cette fois-ci, c’est à peine s’il offrit à Summer une réaction, ce qui ne manqua pas d’alerter la jeune femme. De toutes évidences, le Dr Pillsbury passait une mauvaise journée. Peut-être avait-il dû annoncer à de futurs parents que leur bébé avait pendant neuf mois dissimulé la présence d’un jumeau : l’horreur. Deux pour le prix d’un. Réprimant un vague frisson de dégout, Summer se dit que c’était un curieux choix de métier que celui qu’avait choisi le jeune médecin. Il devait passer ses journées à affronter des parents inquiets ou au contraire, et c’était le pire, tout à leur bonheur d’avoir un enfant. Des sourires niais, des larmes de joies, des hoquets de ravissement devant la première échographie. Summer ne parvenait vraiment pas à comprendre comment on pouvait se pâmer devant une créature larvaire qui, une fois sortie du ventre déformée de son idiote de mère, pourrirait l’existence de ses parents jusqu’à ce qu’il quitte le nid familial –et peut-être même après. Il hurlerait à longueur de temps, il exigerait un maximum d’attention, sentirait mauvais et ferait des bêtises, sans parler de l’argent qu’il faudrait dépenser pour le nourrir, l’habiller et lui faire des cadeaux. Pour avoir été une enfant pourrie gâtée, Summer savait à quel point un parent aimant pouvait pousser cet amour à l’excès en passant tous les caprices de son cher bambin, et ce même si le caprice en question coûtait plusieurs milliers de dollars. Mais à présent qu’elle était adulte, elle ne comprenait vraiment pas l’intérêt de s’infliger pareille torture, car c’était le mot : une torture. Une punition que l’on choisissait de subir pendant des années, en s’enfonçant dans un mensonge que tous les parents partageaient : « Les enfants, c’est un tel bonheur. »
Foutaises ! Aujourd’hui confrontée à la grossesse de ses anciennes camarades de McKinley –certaines ayant déjà accouchées, d’ailleurs- Summer était confortée dans l’idée qu’elle n’était pas faite pour être mère. Alors que d’autres s’émerveillaient devant le sourire du nouveau-né, s’extasiaient lorsqu’il tendait sa main potelé ou poussaient des cris hystériques au premier babillement, elle-même restait indifférente, et passablement agacée. Elle avait vu Liam, le fils de Santana, et cela l’avait laissée de marbre. Elle avait même été assez surprise de voir que la latino semblait s’être attachée à ce fils non désiré, et cela l’avait assez déçue. Elle avait revu son estime la concernant à la baisse. Et lorsqu’elle avait croisée, de loin, Quinn avec la fille qu’elle avait eu au lycée avec Puckerman, au lieu de noter les similitudes entre la mère et l’enfant, elle avait à peine posée les yeux sur la petite fille. Quant à la petite fille d’Emma Pillsbury, elle avait été tentée de nombreuses fois de la laisser en plan au lieu de la surveiller, et l’envie de la faire taire en la bâillonnant lui avait également traversé l’esprit un paquet de fois. Rien qui prouvait une certaine prédisposition à être une bonne mère, en tout cas.

En lui annonçant qu’aujourd’hui, il ne l’examinerait pas, Summer focalisa son attention sur le Dr Pillsbury. Ah bon ? Elle n’aurait pas le loisir de lui expliquer avec force détails comment s’était déroulée sa soirée ? La fréquence, les positions, le rythme ? Quel dommage. Esquissant une moue de dépit, la jeune femme perdit sa lueur prédatrice, et s’appuya contre le dossier de sa chaise, croisant ses longues jambes et nouant ses doigts entre eux. S’il voulait simplement discuter des derniers examens qu’elle avait passé, pas de problème. Summer s’était prêtée au jeu, ne voyant guère l’intérêt de tous les examens qu’il avait demandé. Après tout, elle avait beau avoir une vie légère, elle se protégeait, elle était en excellente santé, et il n’y avait aucun cas de cancer ou autre maladie de ce genre dans sa famille. En bref, et même si elle s’était pliée aux exigences du médecin, elle avait trouvé que c’était là une perte de temps. Peut-être cherchait-il la preuve qu’elle poussait son corps dans des extrémités auxquelles il ne devrait pas être exposé, pour la convaincre de mener une vie plus calme. Il pouvait toujours essayer, à moins que cela ne mette sérieusement sa vie en danger, Summer ne changerait pour rien au monde son train de vie. Elle aimait trop le sexe pour cela.
Plantant son regard bleu dans celui, émeraude, du jeune médecin, elle attendit qu’il lui explique ce que ses examens avaient bien pu démontrer. Sûrement quelque chose qui lui ferait subir une petite leçon de moral, avec des suggestions pour éviter d’avoir des problèmes. Prête à le remettre à sa place s’il osait lui faire la moindre réflexion à ce sujet, Summer attendit qu’il se décide. « Je vais très bien. » répondit-elle sèchement, et quelque peu las. « A part quelques courbatures au niveau des jambes, tout va très bien. » ajouta-t-elle avec un regard éloquent. « Mais si ces examens vous ont permis de trouver une quelconque MST, inutile de tourner autour du pot vous savez. Je m’envoie en l’air depuis mes quatorze ans, au bout d’un moment, cela devait bien arriver. » Elle haussa les épaules pour ponctuer ses paroles, comme si elle se fichait d’avoir attrapé une maladie, comme si rien n’avait de réelle importance. « Alors prescrivez-moi un traitement, et passons à autre chose. J’ai du travail. » Et elle agita son smartphone en haussant les sourcils. Si elle ne pouvait pas s’amuser à choquer le jeune docteur, elle n’avait plus aucun intérêt à rester là.
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MessageSujet: Re: 03. No children for the bitch   Mer 6 Juin - 20:50

Malgré l’inquiétude qui le taraudait encore, le ton de la réponse de Summer irrita la sensibilité à vif du médecin qui ne parvenait pas à trouver la paix depuis qu’il avait ouvert cette maudite enveloppe. Il fallait qu’il lui dise, et vite. Plus vite il lâcherait la nouvelle, plus vite il se débarrasserait de ce poids et de sa patiente. Au contraire, plus il attendrait plus elle aurait l’occasion de faire étalage de sa panoplie de sado-masochiste accomplie, fière et sans gêne. Quel bonheur que ses nuits soient si occupées et que les hommes ne cessent de défiler à ses côtés, mais en quoi cela pouvait-il bien le concerner lui ? Il s’occupait de check-ups et frottis, pas de tenir à jour le bottin des cancans de Lima. À la limite, le médecin aurait pu se réjouir à l’annonce d’un petit-ami stable, de quelqu’un sur qui elle pourrait compter et qui trouverait le moyen de satisfaire sa libido et son manque flagrant de sentiments. Mais s’enthousiasmer d’une partouze réussie, ce n’était pas exactement dans le genre de Wyatt Pillsbury, ou de n’importe quel autre être humain sain d’esprit pour tout dire. Quel âge avait-elle ? La vingtaine à peine passée, et déjà dans la vie active. Si elle semblait avoir trouvé une stabilité et une maturité professionnelles rares pour son âge, grâce aux responsabilités que faisaient peser sur elle Sue Sylvester, elle semblait encore à des milliers de kilomètres d’une vie privée stable. Mais rien de tout cela ne la gênait. Dans son discours tout du moins. Le gynécologue n’aurait jamais pu prétendre la connaître. Tout ce qu’il savait d’elle était rangé dans un dossier sur son ordinateur de bureau, sans compter les anecdotes graveleuses qu’il se faisait un plaisir de ne pas retenir pour son propre bien. Néanmoins il avait l’occasion de la recevoir assez régulièrement, et avait fini par prendre le temps d’essayer de la décrypter pour étancher sa curiosité. Cette femme était un mystère qui ne se laissait pas facilement apprivoiser, comme toutes les femmes somme toute, une énergie farouche à protéger ce qui ne concernait pas son entrejambe en plus. Sans doute avait-elle perdu le sens des priorités à force de se laisser baigner doucement dans le plaisir facile et la solitude. Jamais deux fois le même nom, sa patronne pour seule relation stable ? Ça n’avait rien de réjouissant aux yeux du gynécologue pour qui la famille et les amis proches étaient des valeurs incontournables. Son allure d’éternelle reine du bal avait quelque chose de profondément épuisant, pour ceux qui la regardait, et pour elle aussi sans doute. Toujours cette même façade impeccable, ce look tiré à quatre épingles, ces ongles parfaitement manucurés resserrés comme des griffes acérées autour de son téléphone dernière génération. Mais il ne savait rien d’elle, et n’avait pas le droit de porter de jugement en tant que professionnel. Tout ceci resterait tu et ce serait bien mieux pour tout le monde. Il savait que quelque part, elle l’appréciait, lui et ses réactions toujours maîtrisée à la moindre de ses remarques provocantes à souhait. Au fond ils se ressemblaient peut-être même un peu, mais un peu seulement. Ils étaient tous deux bien persuadés de leur supériorité sur le commun des mortels et l’arrogance était présente sur les traits fins de leurs beaux visages plus que de raison. Seulement leurs aspirations étaient radicalement opposées, et c’était sans doute ce qui lui rendait la tâche compliquée.

Elle était jeune. Elle ne s’imaginait sans doute pas encore dans une dizaine d’année. Elle en aurait sans doute été incapable d’ailleurs. Quand on mène une vie aussi débridée après les heures de bureau ce n’est très certainement pas pour s’imaginer installé dans un canapé à côté de son mari devant la télévision. C’était peut-être cliché, mais quelque chose soufflait au jeune homme qu’il n’était pas si éloigné de la vérité... Quel impact la nouvelle pourrait-elle bien avoir ? Serait-elle choquée ? Serait-elle capable de répondre ? Ou bien choisirait-elle de partir tout simplement ? Il avait du mal à se représenter un Summer Davis bousculée par la nouvelle, les larmes aux yeux, penaude d’avoir fait quelques secondes plus tôt une remarque sur son aine douloureuse à force d’avoir été malmenée par deux inconnus qu’elle ne reverrait jamais. L’image était même tout à fait ridicule. Et c’était précisément ce qui rendait toute cette scène aussi pesante. Il n’arrivait pas à l’imaginer malheureuse mais continuait à espérer qu’elle viendrait démentir ses présupposés. Les gens changent. Ce n’était pas parce qu’elle était détestable la plupart du temps et odieuse avec les femmes dans sa salle d’attente qu’elle ne voudrait pas un jour être comme elles. Elle avait le droit de changer un jour. De rencontrer un homme capable de la gérer. D’écouter son horloge biologique qui tôt ou tard finirait par sonner le rappel. De vouloir donner naissance à un enfant avec lequel elle ferait en sorte de ne pas répéter les mêmes erreurs que ses parents, sans doute en vain. Bien sûr, elle aurait d’autres solutions, elle pourrait peut-être avoir recours à des fécondations artificielles. La science avait fait tellement de progrès ces dernières années... Mais avant de penser à l’avenir, il fallait d’abord trouver le moyen de le dire à la Summer du présent. Prenant une profonde inspiration, il soutint son regard si intense d’un air serein, soulevant le coin de ses lèvres en un rictus qui se voulait réconfortant. «Je n’aime pas faire perdre leur temps à mes patientes Summer, vous le savez aussi bien que moi.» Prenant sur lui de garder un calme olympien, il ne trahit que du bout des lèvres l’irritation croissante qu’il ressentait en constatant qu’elle ne percevait pas l’atmosphère lourde qui pesait dans la salle. «Si cela peut vous rassurer, vous n’avez pas de maladie sexuellement transmissible. Et je n’ai pas de traitement à vous prescrire.» Il ferma les yeux un instant avant d’attirer à lui la feuille des résultats qui était restée en haut de la pile. «Pas de VIH non plus.» ajouta-t-il dans une tentative désespérée de retarder encore un peu la nouvelle. Seulement il n’avait plus rien à ajouter maintenant, et il ne trouverait jamais les mots justes pour elle. «Ce que vous avez est bénin. Je veux dire par là que ça n’aura pas d’influence sur votre vie quotidienne ou votre sexualité.» Voilà qui la rassurerait au moins sur la pérennité de ses parties à trois, pensa le médecin avec un cynisme désolant dont il se fit intérieurement reproche. «Les dernières analyses ont montré la présence d’un spermicide naturelle dans votre corps. En clair, vous souffrez d’un trouble immunitaire qui vous empêchera d’avoir des enfants par des voies naturelles, et il n'existe pas à ce jour de traitement contre ce type de stérilité.» C’était dit. Épiant la moindre de ses réactions, le gynécologue hésita un instant à poursuivre son discours en lui adressant quelques mots de réconfort convenus ou bien en lui proposant des solutions envisageable. Mais la simplicité méthodique de ses mots l’avait lui-même troublé et il préféra garder le silence pour laisser à sa patiente le temps de se recueillir peut-être, ou d’intégrer pleinement cette nouvelle. Pour la première fois de la journée, il éprouvait une peine réelle pour cette jeune femme dont il venait d’effacer tout un pan de son avenir.
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MessageSujet: Re: 03. No children for the bitch   Dim 17 Juin - 16:36

Depuis le temps que Summer n’était plus vierge, elle avait vu défiler beaucoup de monde dans son lit. Au départ, des adolescents, aussi inexpérimentés qu’elle, puis plus vieux qu’elle et qui lui avaient appris à aimer le sexe. En vieillissant, elle s’était découvert une certaine attirance pour les filles, et avaient partagé son lit avec certaines d’entre elles. Et si aujourd’hui, il n’y avait plus que des hommes pour lui faire passer le temps, et même si elle mettait un point d’honneur à n’avoir que des relations protégées, elle n’était pas stupide, il y avait bien un moment où toutes les protections du monde ne sont pas complètement efficaces. Jusqu’à présent, et malgré sa vie de débauche, elle avait toujours eu de la chance, et n’avait jamais rien attrapé en termes de maladies ou d’infections, mais aujourd’hui, elle s’attendait à ce que le Dr Wyatt lui annonce qu’elle allait devoir mettre un frein à son appétit sexuel et qu’elle se soigne. Ce ne serait que justice, après tout, avec la vie qu’elle menait. On ne peut pas coucher à droite et à gauche sans finir par en subir les conséquences. Elle s’était un jour étonné de ne pas avoir fini par tomber enceinte, et encore plus de n’avoir encore rien attrapée. Et bien voilà qui était chose faite apparemment. Cela ne la dérangeait pas, en fait. Si elle avait une quelconque infection, et bien elle se soignerait, prendrait les cachets que lui prescriraient le gynécologue, ou la pommade, peu importe, et la vie reprendrait son cours. Elle se fichait de ce qui pouvait arriver à son corps, et maintenant qu’elle savait qu’elle ne pourrait pas s’adonner à son passe-temps favori, à savoir provoquer le jeune médecin, elle était pressée de repartir. Elle avait une journée chargée devant elle, ponctuée de rendez-vous, de conférences et de réunions à préparer, et Sue n’admettait pas qu’on soit en retard. Si la mairesse tolérait que sa jeune attachée de presse prenne quelques heures sur son emploi du temps surchargée pour aller chez le médecin, c’était uniquement parce qu’elle avait eu Summer dans son équipe de Cheerios, et qu’elle s’était attachée à la jeune femme d’une curieuse façon et pour de drôles de raisons. Néanmoins, Summer avait tout intérêt à reprendre son travail le plus tôt possible, et la brune n’avait pas de temps à perdre en explications inutiles sur comment elle avait attrapé ce qu’elle avait et comment l’éviter. Elle voulait récupérer son ordonnance, passer en coup de vent à la pharmacie et repartir pour la mairie. Elle n’avait aucune confiance en la jeune assistante qu’on lui avait confiée pour faire le minimum en son absence. Depuis qu’elle avait pris ce poste d’attachée de presse, elle avait déjà fait renvoyé cinq assistantes, toutes aussi nulles les unes que les autres –du moins, selon les critères de Summer. Plus vite elle reprendrait le travail, mieux ce serait.
Heureusement, le Dr Pillsbury avait appris à la connaitre, et il était suffisamment intelligent pour avoir compris comment elle fonctionnait. Comme il le lui confirma très rapidement, il ne lui ferait pas perdre son temps, ce dont Summer lui fut reconnaissante. Hochant la tête, elle attendit qu’il lui dise enfin ce qu’elle avait et qu’il lui donne cette fichue ordonnance. Mentalement, elle commençait déjà à planifier ce qu’elle aurait à faire pour rattraper le retard que ce rendez-vous lui avait prendre. Il lui faudrait envoyer son incapable d’assistante s’occuper d’aller au pressing, pour commencer. Et puis elle avait des dizaines de coups de fil à passer, sans parler des mails à rédiger. Sue l’attendait pour 13h30 tapantes, elle n’aurait pas le temps de déjeuner et l’après-midi serait consacrée aux différentes conférences de presse à préparer, et ce ne serait pas de tout repos, sans parler de l’interview en fin de journée. Elle devait également recevoir Rachel Berry, que Sue avait invité à diner, pour préparer un évènement culturel quelconque dont Summer se fichait complètement. C’est pourquoi il lui tardait de pouvoir partir. Très vite, le Dr Pillsbury lui apprit qu’elle n’avait attrapé aucune maladie ni infection, et à nouveau Summer hocha la tête, se demandant avec une certaine irritation où le jeune homme voulait en venir. Qu’avait-il donc à lui annoncer de si grave pour qu’il perde son temps à faire des ronds de jambes ? Pourquoi cherchait-il tant à retarder le moment où il lui donnerait les résultats des examens qu’elle avait fait, si comme il l’avait dit, elle n’avait rien de grave ?

Et finalement, l’information lui parvint, et le jeune médecin sembla presque regretter de ne pouvoir rien faire pour l’aider. Impassible, Summer le fixa sans rien dire elle non plus. Ainsi donc, si ses nombreuses coucheries n’avaient jamais débouchées sur une grossesse non désirée, c’était parce qu’elle ne pouvait concevoir d’enfants. Elle était stérile. Summer repensa à toutes ces femmes, dans la salle d’attente, sur le point d’avoir un bébé. Elles avaient toutes le même sourire béat et le même regard pétillant et pourtant fatigué. Elle songea à Santana et Quinn. La première avait gardé un enfant qu’elle ne voulait pas, et elle aimait ce dernier plus que tout au monde. Elle se sacrifiait tous les jours pour le faire vivre, renonçant à un avenir comme mannequin pour travailler dans un hôpital. Quinn avait récupéré la fille qu’elle avait eue avec Puckerman, elle s’était battue pour cela, et elle était même sur le point d’avoir un second enfant. Summer n’avait jamais compris les femmes qui avaient des enfants, que ce soit voulu ou non. Elle s’était toujours dit que si un jour elle tombait enceinte par accident, elle avorterait, parce qu’elle se connaissait suffisamment pour savoir qu’elle ne ferait pas une bonne mère. Et au final, elle n’aurait jamais à passer par là, puisqu’elle ne tomberait jamais enceinte. Elle repensa à toutes les fois où elle avait vu Quinn affligée d’une nausée, elle songea à ces femmes, à quelques mètres d’elle, qui caressait leur ventre difforme dans lequel grandissait une vie. Leurs corps étaient gonflés, douloureux, déformés. Elles étaient heureuses de cette souffrance, de ces nausées, du futur qui les attendait et qui serait entaché par des responsabilités lourdes à porter. Et Summer les méprisait de tout son être, pour avoir comme elle le pensait, gâché leur vie.
Le silence s’éternisait, et Summer songea que le médecin s’attendait certainement à ce qu’elle pleure, peut-être même à ce qu’elle crie sa douleur de ne jamais pouvoir avoir d’enfant. Et la jeune femme ne bougea pas d’un cil. « C’est tout ? »
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MessageSujet: Re: 03. No children for the bitch   Dim 24 Juin - 20:44

Il avait eu beau se dire que tout irait mieux une fois qu’il lui aurait annoncé, Wyatt n’avait pas le moins du monde l’impression d’avoir ôté un poids de ses épaules maintenant que le pavé était dans la mare. Au contraire. L’eau était un peu trop calme à la surface. Il fixait la jeune femme de ses yeux verts, encore et encore, sondant ses traits tandis qu’elle gardait le silence, mais pas la moindre ride, pas le moindre pli sur son visage qui aurait laissé supposé qu’elle vivait mal ce qu’il venait de dire de manière abrupte. Pinçant ses lèvres et croisant ses doigts au dessus de sa feuille d’analyses, le gynécologue trahissait sa nervosité par tous ces petits détails qu’il réprimait d’ordinaire, trop concentré sur cette réaction qui se faisait attendre. Il n’avait pas l’esprit tranquille, et il était résolument seul face à cette situation. Non pas qu’il se sente responsable d’une quelconque manière de cette annonce. Après tout, ce n’était pas une erreur médicale, il ne la suivait que depuis quelques mois, il avait juste eu le malheur d’être plus compétent que son prédécesseur. La belle affaire... Peut-être que le lâche qui l’avait précédé avait lui aussi détecté quelque chose mais avait préféré se taire pour ne pas avoir à affronter l’assistante de la mairesse présumant que le suivant le ferait bien mieux que lui. Il fallait avouer que son côté imprévisible et sa langue bien pendue en faisait quelqu’un de redoutable, c’était aussi son charme d’une certaine manière. Wyatt lui-même se serait bien passé d’au moins la moitié de ses rendez-vous, assez insensible à cette effronterie taquine permanente. Mais il ressentait malgré tout cette pointe de culpabilité toute humaine et inutile après le lui avoir annoncé. De la compassion ou de la méfiance, il était incapable de se décider. Elle était stérile, voilà tout. Il ne pouvait rien faire pour elle. Il n’était pas chercheur, et il n’avait très certainement pas envie de dédier sa vie à Summer Davis et sa fécondité. Ça aurait pu être un fait tout à fait banal. Comme un oncologue passe sa vie à annoncer des cancers pour certains incurables, il devait lui aussi annoncer de mauvaises nouvelles de temps à autres. Une grossesse qui se passe mal, une infection, ce n’étaient pas les causes qui manquaient en réalité, mais chaque fois que le jeune homme se trouvait confronté à ce genre de situation, il se sentait invariablement sur la défensive comme s’il avait quelque chose à se reprocher. S’il avait choisi de tailler de la chair humaine à longueur de journée sans doute les choses auraient-elles été plus faciles. Ou même de soigner des rhumes ou des rhumatismes. Oh on pouvait se moquer de sa profession, le faire passer pour le dernier des pervers, un obsédé qui ne rêvait que de prendre ses patientes sur la table de son cabinet, toutes les critiques avaient toujours glissé sur lui. En faisant le choix de devenir gynécologue il savait qu’il devrait se confronter à l’incompréhension de beaucoup. Ça n’avait aucune espèce d’importance. Il était brillant et excellait dans sa profession. Ses patientes l’adoraient en général, ça lui suffisait. Ce qui se passait entre les quatre murs blancs tapissés de quelques posters de prévention resterait fondamentalement étranger à ceux qui n’avaient aucune raison d’y mettre les pieds.

Malgré tout, un petit coup de pouce venant de l’extérieur n’aurait pas été de refus. Il n’y avait eu que quelques secondes de battement sans doute, mais tout ceci avait eu l’air d’une éternité de solitude. Et lorsqu’enfin elle daigna réagir, deux mots lui suffirent. C’est tout. C’est tout ? C’est tout ! Immobile pendant quelques secondes, Wyatt cherchait à pénétrer le sens profond de ses paroles. Il attendait une suite, un battement de cil plus long que les autres, n’importe quoi. Mais non. Elle restait parfaitement droite, le menton haut, les lèvres détendues, comme si rien ne s’était passé. Était-elle en état de choc ? Avait-il été trop direct ou trop froid ? Avait-elle bien compris qu’il venait de lui fermer la porte de la maternité ? Ses yeux s’arrondirent doucement et ses sourcils se haussèrent sous le coup de la surprise. Cherchant ses mots il desserra ses phalanges pour les poser à plat sur la table de verre et y prendre appui, s’avançant sur l’assise de son siège. «C’est-à-dire ?» l’interrogea-t-il en hochant légèrement la tête. Le scénario déjà invraisemblable des larmes venait de s’évaporer dans les airs, le laissant seul avec son désarroi. Il avait l’air plus peiné que la principale intéressée et en concevait une gêne croissante. «Je ne peux pas vous assurer que la science en restera à ce point pour toujours...» tenta-t-il pour relancer la conversation alors qu’il avait l’impression désagréable de lui être pénible, qu’elle aurait aimé qu’il lui signe une ordonnance pour une nouvelle pilule pour lui éviter des menstruations inutiles et la congédie, alors qu’il essayait de lui faire comprendre que son corps lui interdirait de donner le jour à un enfant. «Il existera sûrement un traitement un jour, et si je suis encore chargé de votre suivi à ce moment là nous auront le loisir d’en reparler. Peut-être que ça n’a pas toujours été le cas, peut-être que votre corps arrêtera de produire cet enzyme, nous pourrons refaire des analyses régulièrement lorsque vous souhaiterez avoir un enfant.» Il aurait voulu lui sortir un prospectus qui aurait été capable de lui expliquer les choses en détail, seulement il n’était pas sa sœur et avait toujours eu ces papiers en horreur. Seulement là, il n’avait pas envie de devoir se battre seul face au mur inexpressif qu’était cette fille. Ses explications avaient l’air de résonner dans le vide. Peut-être qu’elle était en état de choc après tout. Peut-être qu’il aurait dû se montrer plus compatissant plutôt que de la juger trop vite. Elle n’était pas n’importe quelle femme, plus coriace que toutes elle n’allait pas baisser sa garde aussi facilement. «Si je peux vous aider pour quoi que ce soit Summer, n’hésitez pas. Si vous avez des questions, besoin de parler à quelqu’un...»
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03. No children for the bitch

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