Choriste du mois


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 04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad.

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MessageSujet: 04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad.   04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad. EmptyVen 8 Juin - 12:38


CUTLIE ON FIRE/YOU KNOW I'M BAD

Debout face au lit sur lequel était étalé pêle-mêle tout le matériel digne d’un vrai gangster, Charlie affichait un air on ne peut plus fier. Ah, si seulement Cat savait ce qu’elle était en train de préparer ! Un vrai massacre digne de Gangsta Charlie – car tel était le surnom qui lui était désormais attribué. Depuis que la belle blonde avait emménagé chez elle, la rivalité entre les deux amies n’avait fait qu’accroitre, prenant des proportions inimaginables et atteignant son apogée lorsque la guerre entre chorales était entrée en jeu. Ce n’était un secret pour personne : Charlie était membre des Second Chances depuis quelques mois, et bien qu’elle ait connu quelques réticences lors de ses premières semaines au sein de ce groupe atypique, elle s’y sentait aujourd’hui parfaitement à l’aise. Elle avait pris de nombreux cours de chant, s’exerçait quotidiennement pour être capable d’atteindre les mêmes notes que ses petits camarades et au fur et à mesure, ses efforts avaient payé. Récemment, elle s’était même proposé de représenter sa chorale lors du Festival de musique organisé par la mairesse ; un pas de géant pour celle qui se tenait encore en retrait quelques semaines plus tôt. Seulement voilà, à force de multiplier les répétitions avec son groupe, elle s’était prise d’affection pour la chorale qu’elle avait hésité à rejoindre au début et qui était pourtant devenue sa deuxième famille. Loin de se positionner en leader –elle n’en avait pas la carrure- elle se donnait néanmoins l’impression d’avoir son rôle à jouer dans l’histoire des Second Chances, et que sa guitare et elle pouvaient constituer un atout si elle se mettait suffisamment en avant.

Ecaterina, elle, faisait partie des Urban Hymns, groupe qu’elle avait intégré dernièrement. La rivalité qui en découlait était évidente, et lorsque Charlie avait appris que la poupée Barbie qui lui servait de colocataire ne souhaitait pas participer au Festival et ainsi défendre les couleurs de son glee-club, la brunette y avait découvert une occasion en or : elle n’avait pas tardé à lancer les hostilités, provoquant ouvertement Cat à ce sujet. La guerre opposant les Second Chances aux Urban Hymns faisait désormais rage dans la petite maison des Vieux Quartiers. Charlie, qui pensait gagner haut la main contre le manque d’entrain de Barbie, s’était finalement rendu compte que son adversaire était en réalité de taille, et que la partie ne serait pas aussi aisée qu’elle ne le pensait. Cette pensée avait motivée son ambition, et la voilà qui était désormais sur un gros coup, prête à embellir toute la ville à l’aide de ses affiches et posters. Sur son lit, elle avait préparé tout son matos : des bombes de peinture, des marqueurs, un rouleau de scotch, des affiches de toutes tailles qu’elle avait enroulées, un sweat à capuche, une carte de la ville, un sac à dos, et même un couteau de poche ainsi qu’une bombe lacrymogène -de quoi se protéger contre les vautours de Lima qui trainaient les rues à cette heure avancée de la nuit. Charlie avait de la suite dans les idées, et sa détermination était telle qu’elle préparait cette nuit-là depuis des jours. Quelques heures plus tôt, elle était même partie en repérage afin de tracer son itinéraire. Elle n’était pas certaine que ce qu’elle s’apprêtait à faire soit véritablement légal, mais l’adrénaline qui émanait de cette idée était en réalité ce qui la faisait avancer. De toute façon, tout le Monde savait bien que la police de Lima était incompétente, elle ne courrait donc pas de très grands risques.

Prenant une longue inspiration, la jeune fille se pencha et attrapa son sac à dos qu’elle remplit en quelques secondes. Le reposant sur le bord du lit, elle esquissa un demi-tour et se dirigea vers le miroir de sa chambre. Sur la petite commode, elle avait préparé un eye-liner qu’elle saisit. Avec un sourire, elle en appliqua sur le bout de son doigt avant de dessiner des traits sur ses pommettes, soignant son look de gangster avérée. Le reflet que lui renvoyait son miroir était satisfaisant : avec ses longs cheveux ondulés qui encadraient son visage, ses yeux clairs assombris par le maquillage qu’elle avait appliqué quelques minutes plus tôt, et les traits d’eye-liner sur sa peau laiteuse lui donnant des airs de ninja, c’était parfait. Elle fit une grimace à son reflet, puis récupéra le sweat à capuche qu’elle enfila avant d’installer le sac à dos sur ses épaules. Un dernier coup d’œil au miroir, et elle quitta la pièce à pas de loup, faisant bien attention à ne pas faire craquer le parquet sous ses pieds. Les couloirs de la maison semblaient calmes, et lorsqu’elle passa devant la chambre de Cat et constata que la lumière était éteinte, un rictus mauvais se dessina sur ses lèvres. Sortant en catimini de la maison, elle referma la porte d’entrée à clé avant de s’aventurer dans les rues de Lima, la capuche de son sweat rabattue sur son visage afin d’en dissimuler les traits. Les doigts crispés autour de son couteau de poche, elle traversa les rues de Lima avec une certaine impatience, ne pouvant réfréner quelques frissons lorsque les bruits de la nuit lui parvenaient. Elle n’avait jamais été très courageuse : cet affront à la loi était le premier qu’elle ait jamais orchestré. En dépit des airs de rebelle qu’elle souhaitait se donner, elle n’était pas forcément très rassurée dans cet environnement qu’elle connaissait par cœur mais qu’elle n’avait pas pour habitude de découvrir sous la lumière faiblissante des lampadaires, à trois heures du matin.

Secouant légèrement la tête, elle se concentra sur sa mission et reprit confiance. Quelques minutes plus tard, elle gagna enfin le centre-ville et s’arrêta près d’un poteau. Faisant glisser son sac à dos sur son flanc afin de l’ouvrir, elle en sortit son rouleau de scotch et une première affiche. Prenant son temps afin de ne rien faire tomber, elle parvint à extirper le matériel désiré. Coinçant l’affiche entre ses genoux, elle tira sur le scotch qu’elle coupa à l’aide de ses dents. La langue coincée entre ses lèvres sous l’effet de la concentration, elle colla fièrement sa première affiche sur le poteau qu’elle avait choisi et recula d’un mètre afin de pouvoir apprécier pleinement le résultat. Attrapant son téléphone portable au fond de sa poche, elle le fit basculer en mode appareil photo et prit un cliché qu’elle avait déjà hâte de montrer à Ecaterina au petit-déjeuner. Elle répéta la même action une bonne dizaine de fois, collant plusieurs affiches sur les poteaux qui étaient à sa disposition. Rebroussant finalement chemin, elle se dirigea vers sa cible suivante : la gare de Lima, un lieu de premier choix quand l’on savait à quel point il était fréquenté. Ses petites affiches allaient faire un tabac !

Accélérant le pas en voyant les minutes défiler sur l’écran de sa montre, elle parvint à la gare un quart d’heure plus tard, les joues rosies et le corps transi de froid. Plus enthousiaste que jamais en dépit du vent qui battait sa peau, elle sortit cette fois-ci une bombe de peinture bleue et se dirigea vers l’arrière de la gare ; ayant déjà repéré l’emplacement des caméras, elle savait quels étaient les endroits à éviter. S’arrêtant devant un mur vierge, un large sourire étira ses lèvres alors qu’elle secouait déjà la bombe, prête à inscrire les mots « Second Chances » de façon la plus illégale qui soit. Concentrée, elle ne remarqua pas le mouvement derrière elle, et ce ne fut que lorsqu’elle s’appliquait à écrire la lettre C que le bruit de pas parvint à ses oreilles. Se figeant sur place, elle ferma les yeux une seconde, priant pour que le son ne soit que le pur produit de son imagination. Malheureusement, il se répéta une seconde fois, coupant court à ses espoirs. Se retournant lentement, elle rouvrit les yeux et s’apprêta à se confronter à la police de Lima –elle était prête à courir s’il le fallait ! Après tout, elle avait de longues jambes et était endurante ! Toutefois, ce ne fut pas la silhouette d’un policier que son regard rencontra. Ses lèvres s’entrouvrirent et elle resta bouche bée devant la jeune fille qu’elle observait et qui l’observait également. Ecaterina.

Sonnée, elle dévisagea sa meilleure amie, la confusion se mêlant à ses traits. Néanmoins, lorsqu’elle aperçut les affiches dans sa main, elle ne tarda pas à sortir de sa torpeur, oubliant sa surprise pour retrouver son enthousiasme et son esprit de compétition. S’avançant vers Ecaterina, elle fronça les sourcils et redressa les épaules. Quand elle s’arrêta pile face à elle, elle esquissa un sourire et s’appuya contre le mur. « La gare est mon territoire, Blondie » Fit-elle d’un air mauvais, à la façon d’une crapule de films de gangsters -après tout, ils étaient son inspiration. Balançant les épaules tout en imitant les héros du cinéma hollywoodien des années trente (Scarface était l’un de ses films préférés), elle tourna autour d’Ecaterina, donnant l'impression de la jauger de haut en bas. Lorsqu’elle reprit sa place initiale face à elle, elle résista à l’envie d’éclater de rire devant le ridicule de la situation et retrouva son sérieux. « Tu devrais rentrer à la maison. C’est pour ton bien que je dis ça, c’est vrai, tu risquerais de te casser un ongle, je ne voudrais pas t’infliger ça. Et puis sérieusement... » Commença-t-elle avant de se pencher vers elle, si proche qu’elle pouvait sentir son souffle sur son visage. « Tu ne fais pas le poids face à moi ». Elle tourna les talons et esquissa quelques pas avant de diriger sa bombe de peinture vers le mur, sur lequel elle inscrivit un grand X. Jetant un coup d’œil à Ecaterina, elle eut un petit rire et conclut de façon magistrale en chantonnant. « You know I’m bad… I'm bad, really-really bad ».
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Ecaterina S. Robertson
Ecaterina S. Robertson
nothing but sunshine and rainbows
Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
Humeur : Changeante
Statut : Célibataire, "collabore" avec Tate Bartowski
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MessageSujet: Re: 04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad.   04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad. EmptyVen 8 Juin - 15:06

Aussitôt qu’Ecaterina perçut le bruit de la porte d’entrée, elle jeta sa couette par-dessus son lit, et exécuta une roulade pour s’extirper des draps, habillée des pieds à la tête. Elle s’était couchée très tôt ce soir là, expliquant à une Charlie incrédule qu'une rude journée l’attendait demain, et que le manque de sommeil qu’elle avait accumulé depuis ces dernières semaines ne l’aiderait pas à tenir le choc pendant l’inventaire qui était prévu à la librairie. Mais en réalité, Ecaterina ne dormait pas. Elle attendait sous ses couvertures, sa mini-lampe de poche cachée sous son oreiller, l’oreille aux aguets à l’affût du moindre mouvement dans la maison, prête à faire ce dont elle songeait depuis que cette guéguerre avec sa colocataire avait débuté : faire porter à Lima les couleurs de la chorale à laquelle elle appartenait. Charlie avait clairement piqué à vif l’orgueil de son amie, ne perdant pas son temps pour lui faire savoir que les Urban Hymns n’avaient aucune chance de s’attirer l’enthousiasme des habitants de la ville tellement ils inspiraient l’antipathie. Ecaterina ne supportait pas qu’on la provoque. Certes, elle avouait n’être pas motivée par la compétition, cela lui rappelait trop de mauvais souvenirs, mais lorsque la jeune femme avait remis en doute le talent de Dorian, son frère ! Il n’avait fallu que ça pour qu’Ecaterina se mette un coup de pied aux fesses, et décide de défendre l’honneur de celui qu’elle considérait comme l’homme le plus talentueux du monde. Si elle faisait partie des Urban Hymns, ce n’était pas pour son bon plaisir, c’était pour Dorian. Elle se souvenait des nombreux duos qu’ils avaient partagés, c’était le bon temps. Le jeune homme aussi s’en souvenait. Il semblait que chanter avec sa petite sœur au talent somme toute discutable à l’humble avis de la principale intéressée, était la seule chose qui lui donnait un tant soit peu de motivation pour composer sa propre musique. Ecaterina avait mis du temps à se décider à auditionner, mais maintenant qu’elle y était, elle faisait tout ce qu’on lui disait de faire sans broncher. Elle n’avait jamais remporté de solo, se contentait de faire tapisserie, et finalement, ça lui plaisait. Elle n’aimait pas quand l’attention était tournée vers elle, et aux vues des nombreux talents qui sévissaient dans la chorale, son envie de passer inaperçue était respectée, c’était tant mieux. Hors du lit, Ecaterina se mordit la lèvre inférieure, se demandant soudain où Charlie pouvait se rendre à une heure pareille. Sûrement chez Wyatt, elle lui avait dit une fois qu’il était plutôt noctambule. Néanmoins elle reprit vite ses esprits, et se précipita aux pieds de son lit pour récupérer un sac à dos qu’elle avait fourré de tout un tas de matériel de papeterie – agrafeuse, feutres et bombes de peinture, scotch et le plus précieux : ses tracts et affiches de recrutement – plus tôt dans la journée. Elle se leva, glissa son sac sur son dos puis alla jeter un œil à son apparence dans le miroir de sa chambre. Elle avait opté pour une tenue noire, assez moulante, à son grand regret. Pas de maquillage de guerre, pas d’artifice quelconque ; elle se fondrait parfaitement dans la nuit noire et hivernale de Lima, c’était parfait. Remontant la fermeture de son sweat jusqu’à son menton, elle attrapa un bonnet noir sur la commode, et l’enfila sur ses cheveux blonds puis remonta sa capuche par-dessus : encore mieux. Elle était prête, la guerre était officiellement déclarée.

L’adrénaline se frayant un chemin dans ses veines, la blondinette se ravit de devoir traverser la maison sans avoir besoin de faire attention au bruit qu’elle faisait. Descendant les escaliers, Ecaterina se dirigea d’un pas déterminé jusqu’à la porte d’entrée pour sortir de la maison. Au passage, elle insulta gracieusement le chat de sa colocataire qui lui feula dessus, montrant ses quenottes comme une menace. S’arrêtant sur le pas extérieur de la porte, elle frémit violemment. La nuit était froide, elle ne l’avait pas prévu. S’engageant dans l’allée du garage, un détail la fit s’arrêter de nouveau : la voiture de Charlie était garée ici. Comment s’était-elle rendue chez Wyatt ? La mine contrite, Ecaterina secoua vivement la tête. Elle ne devait pas se laisser distraire par ce genre de broutille, son seul objectif restait la Lima Station, et reprenant son chemin, elle dépassa le portail avec son sac à dos pesant lourd sur ses épaules, et sa détermination lui picorant l’estomac. La station n’était pas très loin, elle pouvait aisément s’y rendre à pied, rien ne pressait, elle avait encore toute la nuit devant elle. Pourtant, lorsqu’elle remarqua le vélo du voisin sans surveillance devant sa boîte aux lettres défoncée, elle ne put s’en empêcher. Elle s’approcha à pas de loups, enjamba l’engin (elle eut du mal à atteindre les pédales, la selle était trop haute) et donna une puissante impulsion sur la pédale pour avancer. Maintenant, elle devait avoir l’air d’un vrai gangster, tous les gangsters avaient des vélos ! La preuve, Ryan Atwood, héros malheureux d’une série télévisée, avait un vélo lui aussi ! Et sentant l’air glacial lui picoter la peau, Ecaterina se sentit pousser des ailes. Si quelqu’un lui demandait qui elle était, elle serait prête à lui répondre dans une œillade mystérieuse, et d’une voix profonde « Je suis ce que tu veux que je sois » Un sourire béat se dessinant sur son joli visage transit par le froid, Ecaterina lança un regard serein aux nombreuses étoiles. Elle espérait juste qu’il ne pleuve pas. Elle n’avait pas peur, ce qui était étonnant étant donné que l’une de ses plus grandes craintes était le noir, mais non. Elle se sentait libre et sereine. Ça ne lui était pas arrivé depuis bien des jours !

Dépassant les maisons à grande vitesse, elle arriva enfin dans une ruelle, annonçant son arrivée prochaine à la gare de la ville. Dans un dérapage contrôlé qui fit grincer les pneus sur l’asphalte, elle s’arrêta devant la devanture de la station, et fit tomber le vélo qu’elle avait emprunté à ses pieds, se débarrassant d’un même trait de son sac sur ses épaules. Maintenant elle n’avait plus froid. Son trajet l’avait réchauffé, et son envie de voir de quel bois elle se chauffait jouait en sa faveur. Ecaterina était plus motivée que jamais. S’agenouillant, elle ouvrit son sac pour dégager ses affiches, et empoigna feutres et bombes de peinture sous son bras puis glissa son rouleau de scotch entre ses mâchoires. Elle ne savait pas exactement ce qu’elle encourait à détériorer un endroit public comme elle s’apprêtait à le faire, mais à vrai dire, elle n’en avait que faire à ce moment précis. Contournant les réverbères pour se dissimuler derrière un grand mur en briques rouges, Ecaterina déposa tout son attirail au sol, gardant son scotch avec elle, et posa sa première affiche sur le mur, la lissant avec un soin particulier quand un bruit résonna à ses tympans. Ni une ni deux, elle ramassa une bombe de peinture, et se colla tout contre le mur poisseux. La police était-elle déjà arrivée ? Elle n’avait pas eu la présence d’esprit de vérifier où les caméras de surveillance étaient disposées. Force était de constater que son avenir dans le grand banditisme n’avait pas fait long feu : elle allait finir en prison ! Fermant très fort les yeux, Ecaterina déglutit avec difficulté, baissant son bonnet sur son front avec nervosité lorsque le bruit résonna une seconde fois. Elle prit son courage à deux mains, et dans des petits pas chassés s’approcha du coin du mur pour regarder ce qu’il se tramait. Prenant sur elle, Ecaterina pinça les lèvres, serrant la bombe de peinture rouge contre sa poitrine, et très vite, lança un regard en direction de la source du bruit : cette silhouette élancée, cette façon de se tenir avachie… même de dos, elle pouvait la reconnaître, c’était Charlie.

L’observant bouche bée, Ecaterina plissa les yeux, suspicieuse. Elle n’était donc pas la seule à avoir eu cette idée, elle aurait dû s’en douter. Étouffant un rire rauque dans le col de son sweat, Ecaterina se redressa de toute sa petitesse alors que la foldingue se retourna vers elle, aussi surprise par sa présence. L’air mauvais qu’elle prit ne l’impressionna pas le moins du monde, et c’est en s’approchant d’elle avec assurance qu’elle dit « Laisse tomber, Charlie. Retourne jouer au docteur. » Un peu plus, elle s’approcha, et Charlie fit de même. Ecaterina savait que Charlie la sous-estimait. Elle était petite, pas bien épaisse, et n’était pas capable de frapper correctement dans un punching-ball sans s’éclater les phalanges, mais elle avait tort de ne pas se méfier d'elle. Si elle osait toucher un seul de ses cheveux, elle appellerait Dorian pour qu’il vienne lui briser les dents, carrément. Plissant davantage les yeux, tentant de paraître un tant soit peu menaçante, Ecaterina était consciente que Charlie n’avait pas totalement tort. Elle ne faisait clairement pas le poids. Seulement demander à Cat de battre en retraite, ce n’était pas la meilleure chose à faire. La toisant avec impétuosité, elle releva le menton pendant que Charlie lui tourna le dos – ce qu’elle prit comme un affront. Baissant la capuche de son sweat, Ecaterina sentit la rage bouillonner en elle, et d’un ton mystérieux, elle lança « Très bien, tu veux jouer à ça. » Elle déboucha sa bombe de peinture, la secouer vivement et s’approcha de Charlie jusqu’à coller son buste à son dos. D’un même mouvement, elle dessina une grosse croix rouge sur son postérieur en chuchotant à son oreille le premier vers de la chanson que sa colocataire venait de fredonner en feintant l’innocence « Your butt is mine. » Elle fit un mètre en arrière en tenant toujours fermement la bombe dans sa main. Elle tendit ses paumes vers l’extérieur, affichant un air de défi sur son visage assombri par l’obscurité environnante. Charlie lui faisant dos, Ecaterina conclut avec agressivité « Dégage, Brown. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Lun 11 Juin - 11:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad.   04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad. EmptyVen 8 Juin - 16:40

Charlie savait que ce qu’elle faisait était de la pure provocation, mais la vérité était qu’elle se fichait pas mal des conséquences que ses actes pouvaient avoir. La nuit noire enveloppant Lima lui donnait des ailes, ainsi que la bombe de peinture bleue qu’elle tenait toujours fermement dans la paume de sa main. Ecaterina ne lui faisait pas peur, c’était un fait. Elle était si petite qu’elle aurait largement pu être choisie pour tenir le rôle d’un nain dans un remake de Blanche Neige, et sa force était égale à celle d’un nouveau-né prématuré. Non franchement, avec ses grands yeux bleus et sa chevelure dorée qui faisait tomber la gente masculine, elle n’avait rien d’une warrior prête à conquérir le Monde. De plus, elle la connaissait suffisamment pour savoir que derrière son air froid se cachait en réalité un véritable bisounours en manque d’affection –elle le savait mieux que quiconque puisque c’était souvent elle qui jouait les teddys bears de la petite blonde, surtout depuis que celle-ci avait emménagée chez elle. Aussi avait-elle décidé de jouer la carte de provocation : après tout, si tout cette histoire devait se conclure sur le ring, elle l’emporterait sans le moindre problème et s'en tirerait avec quelques griffures tout au plus. Elle s’était beaucoup entrainée, ces dernières semaines. Depuis qu’elle avait fait l’acquisition de son cher punchingball qui à lui seul redécorait la cave, elle passait de longues heures à évacuer toute la fureur qu’elle avait toujours contenue et qui s’échappait finalement grâce à quelques coups dangereux.

Car au fond, Charlie était loin d’être une rebelle : tout ceci n’était qu’un jeu. Elle avait beau se donner un genre et faire comme si rien ni personne ne pouvait l’atteindre, c’était en réalité tout l’inverse. La plupart du temps, elle était douce et sarcastique, réservée et modeste. Elle ne jouait pas des poings à la moindre occasion, au contraire, elle préférait de loin plonger ces derniers dans ses poches et fuir la confrontation. Le personnage de Gangsta Charlie n’était qu’une façon de s’amuser : depuis qu’elle avait fait la connaissance d’Ecaterina et Lexie à Lima, sa folie avait tendance à reprendre le dessus et elle aimait amuser la galerie en jouant les gros durs –ce qu’elle était loin d’être, en fin de compte. Toute sa vie, on l’avait prise pour la fille un peu chétive, trop effacée ; elle contredisait désormais ses détracteurs en affirmant sa véritable personnalité. Elle n’avait que vingt-et-uns ans, après tout. L’âge de s’amuser un peu et d’oublier les tracas quotidiens. Et contrairement à ce qu’une telle attitude pouvait traduire, elle avait beaucoup mûri ces derniers mois : elle avait avant tout pris de l’assurance.

Fixant Ecaterina d’un air mauvais, elle passa une main dans ses cheveux tout en ajustant au passage la capuche de son sweat sur sa tête. A en croire la flamme qui naissait dans le regard de sa colocataire, cette dernière n’était pas prête de lâcher le morceau. Charlie avait hâte de voir comment les choses allaient tourner. De toute évidence, ni l’une ni l’autre n'allait céder le territoire de la gare, ce qui compliquerait davantage la situation. Tournant finalement le dos avec un haussement d’épaules, Charlie se dirigea vers son sac afin de récupérer de nouvelles armes : en l’occurrence, les autres bombes de peinture. La voix d’Ecaterina retentit dans son dos, mais elle n’y prêta pas la moindre attention, certaine que les paroles de la blonde n’étaient que des menaces en l’air, et qu’elle ne lui ferait jamais de mal. Quelle ne fut donc pas sa surprise lorsqu’elle entendit le bruit familier de la bombe derrière elle et, quelques secondes plus tard, une sensation désagréable au niveau de son postérieur. Victorieuse, Ecaterina fredonna le premier vers de la chanson de Michael Jackson, Bad, et ce fut à ce moment précis que Charlie comprit. Se figeant sur place, elle fit glisser sa main libre sur son postérieur, et sentit la peinture imprégner sa peau. Interloquée, elle resta quelques secondes immobile et en profita pour fermer les yeux, un sourire narquois aux lèvres. La partie était bien loin d’être terminée. Cet affront allait être puni, et ce n’étaient pas les idées qui lui manquaient.

Le « dégage, Brown » qui résonna dans son dos fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Reprenant vie, la jeune fille se retourna lentement et dévisagea le visage sans défaut de sa partenaire. Elle fit un pas dans sa direction, puis un second. Son regard clair se planta dans le sien et elle inclina légèrement le visage. « Tu n’aurais jamais dû faire ça » Fit-elle avec un nouveau sourire. Elle brandit alors sa propre bombe et dessina à son tour une croix bleue sur la poitrine d’Ecaterina. Esquissant un pas supplémentaire, elle poussa doucement l’épaule de la jeune fille. « Your butt is mine, gonna take you right… just show your face, in broad daylight ». Elle fit un pas sur le côté, et ses épaules ondulèrent alors qu’elle reculait finalement, battant en retraite. « I’m telling you on how I feel, gonna hurt your mind don’t shoot to kill ». Levant une main devant elle, elle pointa son index en direction d’Ecaterina avant de lui faire signe de s'approcher d'elle. « Come on, come on, lay it on me, all right ». Finalement, elle décida d’avancer elle-même vers l'ennemie jurée et refit un tour autour de la jolie blonde. Elle n’était pas une danseuse née, c’était certain : c’était d’ailleurs la danse qui lui faisait défaut aux répétitions des Second Chances. Néanmoins, elle fit de son mieux pour ne pas paraitre trop ridicule et s’agitait désormais face à son amie.

« I’m giving you on count of three, to show your stuff… » Joignant le geste à la parole, ses doigts effleurèrent le bras d'Ecaterina. « Or let it be… I’m telling you, just watch your mouth ». Cette fois, son index se posa sur les lèvres de l’apprentie gangster qui lui faisait face, avant qu'elle ne recule une nouvelle fois. « I know your game, what you’re about ». Sans une once d’hésitation, elle leva la bombe devant elle et éclaboussa les longs cheveux blonds d’Ecaterina de peinture bleue. La couleur associé à la petitesse de l’Urban Hymns lui donnant des airs de schtroumpf, elle esquissa un sourire satisfait avant de poursuivre. « But they say the sky’s the limit, and to me that’s really true, and my friends you have seen nothing, just wait ‘til I get through… ». Dirigeant la bombe vers les sneakers d’Ecaterina, elle les peignit de bleu. Quelques secondes plus tard, elle esquissait une vraie chorégraphie -tout droit sortie de son imagination- devant sa colocataire chérie. « Because I’m Bad, I’m Bad, come on, really-really bad, you know I’m Bad, I’m Bad, you know it, Bad, Bad, really-really Bad, you know, you know ! ».
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad.   04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad. EmptySam 9 Juin - 14:10

Fixant les épaules courbées de Charlie, Ecaterina exaltait, fière de son effet. Elle aurait pu agrémenter sa charmante provocation d'une tape sur les fesses rebondies de sa colocataire, histoire de lui faire savoir que c’était elle la boss, mais elle connaissait bien Brown, et le punching-ball qui séjournait dans la cave n’était pas juste là pour rendre la décoration plus urbaine. Dix doigts et dix orteils ne suffisaient pas pour compter le nombre de fois où Gangsta Charlie s’enfermait en ce lieu de paix crasseux, night-club préféré des rats et des termites, pour se défouler. Ça rassurait Ecaterina, au moins, quand elle tapait dans son sac de sable en poussant des cris de joueuse de tennis en plein effort, elle ne lui tapait pas dessus ! Néanmoins Ecaterina battit en retraite. Prudente, elle savait qu’un coup d’œil de plus en sa direction aurait pu la faire changer d’avis. Elle fit un autre pas en arrière pour pivoter sur ses pieds, ayant dans l’idée de rejoindre le pan de mur qu’elle avait quitté avant que Brown ne débarque comme un oiseau de nuit près du nid douillet qu’elle convoitait. La jeune femme ne se laisserait pas impressionner aussi aisément. La miniblonde avait beau avoir de la prestance, et des yeux qui vous retournent tout un monde, il ne fallait pas faire une analyse complète de sa (petite) personne pour savoir qu’une pichenette sur l’épaule l’enverrait valser à l’autre bout de la ville. Seulement sous ses allures de gangster à deux francs six sous, Charlie était une gamine qui se vexait aussitôt qu’elle n’avait pas ce qu’elle voulait. C’est ce qu’Ecaterina aimait le plus en elle, c'était facile de la mettre en rogne. Elle se souvenait de l’assaut fourbe de sa meilleure amie quand elle n’avait pas voulu lui céder la dernière cuillère de glace au chocolat, il y a quelques jours à peine ; lieu du crime, la cuisine. Charlie avait vu rouge, au point que Cat visualisa de la fumée sortant de ses oreilles partiellement décollées. Elle s’était approchée de la blondinette, et dans un regard qui signifiait clairement « Robertson, si tu ne reposes pas cette cuillère, je te troue la peau avec mon couteau à beurre. » lui avait tiré les cheveux si fort que Cat avait cru que son cuir chevelu s’était décollé. Souffrant le martyre, triturant ses précieuses mèches maltraitées, Ecaterina lui avait donc gentiment rappelé qu’après sa rupture avec Gale (elle s’était courageusement retenue de chouiner comme Emily devant Bambi), elles avaient conclu un pacte qui stipulait que comme son cœur avait besoin de réconfort, c’était elle qui avait le droit de terminer tous les pots de glace de la maison puisque sa prise de poids ne dérangerait plus personne... à part Charlie. Cette dernière, prise au dépourvu par le regard triste et désemparé que lui lançait celle qu’elle avait injustement attaquée, l’avait prise dans ses bras, et s’était confondue en excuse lui promettant que quand son arrière-train atteindrait le volume de celui de Kim et Khloé Kardashian réunis, c’est elle qui la pousserait pour l’aider à passer les portes. Cette fois-là, tout s’était bien terminé, mais ce soir les choses étaient différentes. Il n’était pas question de rupture, pas question d’ériger un autel à la gloire de la famille Kardashian et de ses scandales sexuels. Ce soir, c’était la guerre !

Sauf que Charlie était un soldat mieux entraîné qu’Ecaterina, la faute à pas de chance. Elle lui avait clairement fait comprendre que son postérieur lui appartenait – il n’y avait rien de sexuel là-dedans, c’était une métaphore totalement innocente. Et puis, si la chanson commençait de cette manière, elle n’y pouvait décemment rien – ça n’avait pas dû lui plaire. Elle revenait à la charge. Ecaterina ne savait pas comment elle se dépatouillerait pour se sortir de ce bourbier dans lequel elle s’était elle-même enfoncée tête baissée en portant sa détermination en bandoulière. S’arrêtant lorsque son adversaire lui indiqua qu’elle n’aurait jamais dû faire ça, Ecaterina resta immobile, et tout doucement, se retourna. Les bras et les jambes écartées telle un cowboy prêt à dégainer, Cat tenta de se donner une expression impassible, mais lorsqu’elle sentit le froid de la peinture sur sa poitrine, elle ne put s’empêcher d’ouvrir grand la bouche en fermant les yeux, outrée de la façon avec laquelle Charlie retournait sa propre attaque contre elle. Pétasse, pensa-t-elle. Ecaterina ne rétorqua pas cependant, fermant la bouche – il ne manquait plus qu’elle gobe une mouche. Elle rouvrit ses paupières, et ses yeux lancèrent des éclairs. Charlie ne payait rien pour attendre, elle regretterait son geste, et si elle devait donner de sa personne, elle n’hésiterait plus.

La voix mélodieuse de la jeune femme résonna en écho dans la nuit noire de Lima. Ecaterina changea de posture pour se redresser, obligée d’écouter les paroles débitées en rythme par sa colocataire. Elle esquissa pourtant un sourire sardonique. Si elle pensait qu’elle se laisserait intimider, elle pouvait se mettre le doigt dans l’œil. La compétition, elle connaissait. Elle n’était pas douée pour ça en revanche. C’était sa mère qui gérait cet aspect de sa carrière en fourrant des laxatifs dans le goûter des gamines pendant les castings, mais n’empêche que la jolie blonde en connaissait un rayon. Charlie ne faisait qu’imiter ce qu’elle voyait à la télévision. Il n’y avait qu’à voir la façon dont elle se trémoussait, et l’expression affichée sur son visage de poupée. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à cette actrice que tout le monde détestait et qui ne souriait jamais. Repoussant vivement son bras quand Charlie lui frôla lentement, elle détourna aussi la tête lorsqu’elle vint y écraser le bout de son gros index au vernis à ongles dépouillé. Mais ce qu’elle fit ensuite, Ecaterina ne s’y était pas attendu. D’un coup de bombe précis, Charlie peignit les quelques mèches de cheveux qui sortaient de son bonnet, et trop choquée pour brancher le volume, elle eut l’impression que la scène qui se jouait devant elle passait au ralenti. Même Charlie qui exécutait sa chorégraphie ridicule ne parvint à la faire sortir de la réflexion intense dans laquelle elle se trouvait désormais, alors qu'elle lui donnait une bonne occasion de se payer sa tête. Elle voulait jouer et bien, elles joueraient !

« The word is out, you're doin' wrong » Elle retira son bonnet à demi peint, s’approchant d’un air peu commode vers Charlie tout en faisant remuer sa longue crinière qui dégringola en cascade dans son dos, ses boucles blondes se replaçant au rythme de ses pas « Gonna lock you up, before too long. » Elle le jeta sur le côté en même temps que sa bombe de peinture, posa ses mains sur les épaules de Charlie pour la forcer à se retourner face à elle « Your lyin' eyes, gonna tell you right. So listen up, don't make a fight. » Elle s’approcha davantage, désignant ses yeux plissés avec son index et son majeur puis ceux de Charlie pour coller aux paroles de la chanson. Se hissant sur la pointe des pieds, le bout de son nez vint frôler celui de la grande perche. La blondinette ondula des hanches en descendant de son piédestal en repoussant ses mèches bleues « Your talk is cheap, you're not a woman. You're throwin' stones, to hide your hands » Elle la fixa droit dans les yeux et tout en passant sa main sur la grosse trace de peinture qu’elle avait sur la poitrine, elle récupéra celle qui n’était pas sèche pour venir écraser sa main en plein milieu du visage de sa colocataire, lui laissant la trace de ses cinq doigts bien distincte. Elle eut le temps de rire, reprenant en se dirigeant vers l’endroit où elle avait jeté sa bombe de peinture rouge et pointant d’un doigt menaçant Charlie. Ses fesses remuèrent en rythme, donnant l’impression que la route n’était pas droite « But they say the sky's the limit, and to me that's really true, and my friends you have seen nothin', just wait 'til I get through » Elle se pencha pour récupérer son arme colorée, se redressa et écarta les bras. Avant de claquer des doigts, elle se dirigea d’un pas déterminé vers le mur, ne cessant de chanter « Because I’m Bad, I’m Bad, come on. You know I’m Bad, I’m Bad, you know it… » Se stoppant devant le mur où le nom de la chorale de Charlie n’était pas totalement écrit, elle tendit la bombe de peinture devant et raya en passant plusieurs fois de la peinture rouge dessus, jusqu’à ce que le nom disparaisse complètement « And the whole world has to answer right now, just to tell you once again… » Elle termina son œuvre en écrivant dessous juste les initiales de sa chorale. Dans un demi-tour savamment exécuté, elle lança un regard pénétrant à Charlie, souriant en coin « Who's bad ? » Et balança vivement sa bombe de peinture une nouvelle fois. La bombe roula, roula, roula, jusqu’à venir se heurter au bout des chaussures de Charlie. En voulant quitter les lieux pour aller récupérer ses affaires laissées plus loin, ses sneakers repeintes laissèrent des traces bleues sur le bitume…
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MessageSujet: Re: 04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad.   04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad. EmptyDim 17 Juin - 16:44

Charlie était loin d’être intimidée par le regard menaçant qu’Ecaterina posait sur elle ; au contraire, ces grands yeux bleus lui donnaient encore plus d’assurance. La nuit avait beau être fraiche et la situation périlleuse, l’adrénaline lui donnait l’énergie nécessaire pour avancer et se battre avec compétitivité. Elle n’était peut-être pas très courageuse en temps normal, mais pour une raison qui lui était inconnue, elle se sentait en sécurité au beau milieu de cette rue déserte parallèle au grand bâtiment qui s’élevait dans la nuit menaçante, la gare de Lima. Peut-être était-ce le silence de la nuit qui agissait sur elle comme un anti-stress, ou la présence d’Ecaterina à ses côtés qui lui permettait de ressentir ce sentiment de confort. Quoi qu’il en soit, elle n’avait pas peur et était d’ailleurs prête à en découdre avec l’agitation de cette nuit prometteuse. D’après ce qu’elle voyait, Ecaterina était elle aussi à l’aise dans ce décor atypique. La jolie blonde n’avait pas encore montré le moindre signe de faiblesse et s’annonçait aussi provocatrice que Charlie –son postérieur peinturluré de rouge en témoignait. Se redressant devant sa camarade, l’étudiante en littérature tenta de se rappeler le contenu de son sac, passant en revue les armes potentielles qui étaient à sa disposition : elle avait bien deux trois marqueurs noirs qui lui seraient utiles pour dessiner de jolis traits harmonieux (ou pas) sur le visage de Cat, ou encore de nombreuses bombes de peinture qui lui permettrait de lui refaire une beauté ; en revanche, elle n’était pas sûre que l’utilisation de la bombe lacrymogène ou encore de son couteau de poche soit très adapté à la situation. Elle était peut-être sur la défense, mais pas au point de dégainer de vraies armes. Le but était avant tout de s’amuser, pas de se blesser ; de plus, Charlie était assez maladroite pour représenter à elle seule une arme redoutable contre son adversaire, et cela suffisait amplement.

Reculant de quelques pas pour admirer la situation, elle savoura la réaction d’Ecaterina lorsqu’elle dirigea sa bombe de peinture bleue sur les longues mèches blondes qui s’étaient échappées de son bonnet de gangster. L’intéressée s’immobilisa momentanément, la stupeur se lisant sur ses traits délicats. L’attaque était vile, certes : Charlie n’était pas sans connaitre l’obsession de sa chère colocataire pour ses jolies boucles blondes. Légèrement fétichiste sur les bords, la belle ne cessait de répéter à qui voulait l’entendre qu’elle avait les plus beaux cheveux de tout Lima, et défiait quiconque de la contredire. Ce comportement avait d’abord surpris la librairie : une fois, elle l’avait même entendue pousser quelques petits cris de joie tout à fait ambigus dans sa chambre. Charlie avait alors imaginé une quelconque réconciliation entre Gale et la jeune fille, avant de se rendre compte en ouvrant discrètement la porte de sa chambre qu’elle était tout simplement en train de passer ses longs doigts fins dans ses cheveux. Avec le temps, elle s’était finalement habituée à la frénésie capillaire de sa meilleure amie, et la voir se caresser le visage à l’aide des pointes de ses cheveux ne la dérangeait même plus. Autant dire que l’attaque qu’elle venait de lancer était on ne peut plus vicieuse ! Dévisageant Ecaterina tout en se réjouissant face à sa réaction, elle esquissa un grand sourire et posa une main devant sa bouche. « Oups » Fit-elle, en toute innocence.

Au moment où la jeune fille s’apprêtait à reprendre le couplet suivant de la chanson qu’elle avait entonnée avec enthousiasme, la voix de Cat résonna à la place de la sienne et Charlie l’observa un moment, bouche bée devant la mise en scène que lui réservait sa colocataire. Il n’y avait pas à dire : elle avait une sacrée voix. La brunette n’avait pas eu l’occasion de l’entendre beaucoup : son amie était plutôt réservée lorsqu’il s’agissait de chanter. Charlie savait qu’elle s’était déjà produite sur scène, de nombreuses années plus tôt, mais elle n’avait jamais eu le loisir d’entendre véritablement le timbre d’Ecaterina. A la fois agréablement surprise et curieuse d’en entendre davantage, elle resta en place pendant toute la durée du numéro de Blondie. Un sourire se composa sur ses lèvres lorsque cette dernière s’approcha d’elle avec une résolution certaine, lui faisant le coup du « je te regarde dans les yeux et te surveille, jeune padawan, parce qu’on ne plaisante pas avec Ecaterina Robertson ». Seulement, lorsque ladite Robertson lui colla ses cinq doigts sur sa joue et lui laissa ainsi une jolie trace de peinture bleue sur le visage, son sourire s’effaça aussi rapidement qu’il n’était apparu. La sensation était pour le moins désagréable et Charlie plissa le nez, dégoutée. Heureusement qu’elle avait d’autres tours dans son sac : Ecaterina ne perdait rien pour attendre !

Après s’être amusée à écrire les initiales de sa chorale sur le mur, juste en dessous du nom « Second Chances » que Charlie n’avait pas terminé de rédiger, Ecaterina lui lança un dernier regard et fit rouler sa bombe de peinture jusqu’à elle, prête à tourner les talons et quitter ce qui s’apparentait davantage à un ring qu’à une ruelle banale. La jeune fille fronça les sourcils, insatisfaite. Elle n’avait pas envie de voir cette guerre s’achever de façon aussi pitoyable ! Elle ne voulait pas voir Ecaterina renoncer : ce n’était pas amusant. Et puis, maintenant qu’elle avait rencontré sa colocataire au beau milieu de la nuit, elle n’était plus vraiment disposée à affronter Lima seule. Soudainement, elle eut conscience de tous les dangers de la nuit, et de sa vulnérabilité face à ces derniers. Il y avait les sans-abris qui pouvaient se révéler violents, les jeunes habitants qui sortaient de soirées à moitié bourrés, les prédateurs en tous genres auxquels elle n’osait même pas songer. Sans compter ce calme… ce silence effrayant qui avait tendance à lui glacer le sang. Charlie secoua la tête, déterminée. Non, elle ne laisserait pas Ecaterina la quitter de cette façon, c’était hors de question !

La jeune fille revint sur ses pas et récupéra son sac à dos qu’elle fit glisser sur ses épaules, avant de courir afin de rattraper sa meilleure amie qui s’éloignait déjà, et à une vitesse surprenante pour de si petites jambes. Prête à jouer la carte de la provocation afin de l’interpeller, elle s’arrêta lorsqu’elle ne fut plus qu’à un mètre derrière elle, et se mit à marcher tranquillement derrière elle. « Tu penses vraiment avoir une chance aux Sectionals, Robertson ? Je veux dire… que les Urban Hymns ont une chance ? ». Elle laissa s’échapper un petit rire, forcé certes, mais qui était parfaitement adéquat à la situation. « Il faut se rendre à l’évidence, chérie. Finn Hudson est un incapable, et tes petits camarades ne valent pas mieux. Ce qui pourrait vous faire gagner, c’est la pitié, et encore ! ». Charlie allait trop loin, elle le savait. Les Urban Hymns avaient autant de chances que les autres de remporter les compétitions, et elle comptait d’ailleurs quelques amis dans cette chorale-là, mais la peur de voir Ecaterina s’en aller sans elle lui donnait des ailes, ainsi qu’une bonne dose de méchanceté. Bien loin de se décourager, Charlie se hâta et parvint devant Ecaterina qu’elle observa tout en marchant à reculons pour pouvoir l’observer en même temps.

« Allez Cat, tu es sûre que tu ne veux pas changer de chorale ? Viens avec moi, chez les Second Chances ! On s’amusera énormément toutes les deux et… » Commença-t-elle avant de s’interrompre brusquement, quand le bruit de sirènes se fit entendre dans la rue. Elle se figea devant Ecaterina, l’oreille tendue. Non, ce n’était pas possible… Elle avait pourtant vérifié les caméras de surveillance. Malheureusement pour elle, son ouïe ne la trompait pas, et l’alarme insupportable qui résonnait à ses oreilles semblait se rapprocher dangereusement d’elles. « Eh merde ! ». Sans réfléchir, Charlie attrapa le coude de sa meilleure amie et s’élança en direction de la gare, la forçant à la suivre. « Allez, dépêche Robertson, dépêche ! » Cria-t-elle pour se faire entendre. Elle avait de la chance : Cat était petite mais rapide, quant à elle, elle avait une bonne endurance et serait sûrement capable de tenir jusqu’à la gare. Traversant la rue tout en reprenant la direction de la station, elles arrivèrent bientôt devant celle-ci. Charlie poussa les portes sans ménagement et laissa Cat entrer avant elle. « Voilà ce qui arrive quand on a une voix aussi grave que la tienne : on attire tous les flics de la ville ! ». La jeune fille se remit à courir, cherchant un endroit où se cacher à l’intérieur de la gare. Un photomaton installé au loin, à moitié dissimulé derrière un grand panneau publicitaire, attira son attention et elle le pointa du doigt : « là-bas, Robertson ! ».
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Ecaterina S. Robertson
Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad.   04. Cutlie on Fire/You Know I'm Bad. EmptyLun 18 Juin - 17:26

Une chose était certaine : si Charlie et Cat avaient été dans la même chorale, leur duo aurait eu un franc succès. La blondinette ne pouvait cependant pas l’avouer pendant la bataille, craignant que ses compliments soient pris pour une capitulation face aux attaques habiles de la brunette, mais cette dernière était vraiment douée. Elle comprenait pourquoi elle faisait partie d’une chorale et si elle n’était pas toute dévouée à la cause des Urban Hymns (si elle n’était pas aussi impliquée dans le fait de rendre son frère heureux surtout), Cat se procurerait un pass VIP pour s’imposer durant les répétitions des Second Chances juste pour avoir le plaisir de l’entendre chanter. Elle avait déjà eu l’occasion d’entendre sa jolie voix en réalité. En effet, il se trouvait que Charlie avait tendance à pousser la chansonnette sous la douche. Cela avait le don d'ennuyer sa colocataire lorsqu’elle était plongée dans un sommeil profond, mais elle en profitait agréablement quand elle n’était pas prisonnière des bras de Morphée. Ses prestations humides étaient néanmoins toujours un peu timides. Ici, dans la rue menant jusqu’à la gare, elle était franche et à l’aise. Elle n’était pas très bonne danseuse, mais ce n’était pas ça le plus important. Charlie avait de la prestance, on avait envie de l’écouter et sa voix délicate et mélodieuse donnait presque envie de tout arrêter pour profiter du spectacle. Dommage qu’elles étaient en train de se livrer une bataille sans merci parce que Cat l’aurait presque applaudi pour l’encourager à continuer. Sauf que l’attaque dont elle l’avait gratifiée ne pouvait pas rester impunie et à son tour, elle passa outre sa réticence à s’exposer pour entonner le deuxième couplet de ce titre légendaire. Elle non plus n’était pas très bonne danseuse, mais elle savait bouger. Elle avait un maintien impeccable, fruit d’année de cours mené à la baguette par sa chère et tendre mère, et ses quelques atouts détournaient l’attention de ses lacunes notoires. Dans cette ruelle, il n’y avait pas de public, juste Charlie et c’était ce qui amenait Cat à se sentir aussi libre dans cette improvisation. Personne ne la regardait sauf son amie, elle n’avait pas l’appréhension d’être jugée ; elle avait juste envie de montrer de quoi elle était capable. Charlie disait sans cesse que si Ecaterina faisait partie des Urban Hymns, c’était uniquement parce qu’elle était jolie. Cat faisait mine de ne pas être touchée, mais cette vérité était particulièrement difficile à avaler. C’était tout ce qu’elle craignait ; qu’on la juge que sur son physique. Son enfance, son adolescence, sa vie jusqu'à maintenant n'avaient été qu'un concours de beauté géant. Sa mère n’avait jamais cru qu’elle était capable de faire autre chose que d’être belle. Le fait qu’on puisse penser aujourd’hui qu’elle ne valait pas mieux qu’un joli sourire et un visage sans défaut, ça la touchait bien plus qu’elle ne voulait l’admettre.

Son petit numéro se terminant, Ecaterina lança sa bombe de peinture qui vint lentement percuter le bout des chaussures de Charlie. Elle lui lança un regard menaçant et d’un haussement d’épaules, elle se détourna du mur et quitta les lieux pour rejoindre son repaire. Ses chaussures souillées de bleu laissèrent des traces sur l’asphalte, couinant à cause du produit collant sous ses semelles. Elle n’avait pas peur, elle se sentait en sécurité. Les ruelles de Lima n’étaient pas sûres pourtant, mais pour une fois, Ecaterina était presque en paix avec elle-même. Défaisant la fermeture de son sweat pour la descendre jusqu’à la tache bleue sur sa poitrine, elle se demandait si Charlie la rejoindrait. Elle se donnait une allure de grosse dure, mais au fond, ce n’était qu’une peureuse et ses pensées furent appuyées lorsqu’elle entendit ses pas lourds résonner derrière elle. Elle marcha à reculons devant elle, alors qu’un sourire narquois se dessina sur le visage encadré par de jolies mèches bleues de la jeune fille. Charlie utilisait des arguments stupides, Ecaterina le savait et elle émit un petit rire en regardant sur le côté, continuant d’avancer sereinement.

« On a tous nos chances dans cette compétition. » Elle s’arrêta devant son pan de mur puis se baissa derechef pour ranger ses affaires dans son sac à dos. Ecaterina tiqua quand son amie reprit la parole, tellement qu’elle fronça les sourcils et releva la tête, la main posée sur son sac ouvert « C’est vrai, Finn est un géant désarticulé, mais pour le reste ; Dorian, Declan, Santana, Mercedes… ils ont des vraies voix. Je te trouve dure, ils ont du talent, Charlie. » Ecaterina n’était pas prête à tout pour renverser la vapeur. Elle n’était pas aussi à l’aise que Charlie dans l’exercice et dénigrer les gens sans réellement les connaître, elle ne savait pas faire. Elle avait trop souffert de ce genre de quolibets pour s’abaisser à être aussi dure dans ses propos. Elle refusait de prendre à partie Cassandra Hamilton ou encore Ashandra Moon dans le but de mener à bien la compétition, ce n’était pas son genre et elles ne le méritaient vraiment pas. La blondinette fourra le reste de ses armes colorées dans son sac, le referma rapidement et se leva pour reprendre son chemin pendant que la voix de sa colocataire s'éleva dans son dos. Elle lui fit une proposition qui la surprit un tantinet ce qui attira toute son attention. Plissant les yeux dans la pénombre, elle s’arrêta graduellement, un petit sourire victorieux se dessinant sur ses lèvres « Aaah, je comprends mieux ton petit manège, maintenant… » réussit-elle à glisser entre deux mots. Elle remonta son sac sur son épaule et poursuivit, le ton teinté d’espièglerie « Tu me fais la guerre parce que tu veux que je te rejoigne chez les Second Chances, c’est ça ? La compétition, c’était juste une excuse pour ne pas démonter ta réputation de grosse dinde sans cœur. Je vois, intéressant… »

Charlie n’ignorait pas que si Cat avait rejoint les Urban Hymns, ce n’était pas pour elle, mais pour Dorian. Elle ne pouvait pas se permettre de trahir son propre camp pour aller fraterniser davantage avec l’ennemi. Elle avait la sensation que Dorian ne lui pardonnerait pas. En même temps, les Urban Hymns n’étaient pas un groupe où il faisait bon vivre pour la jeune femme. Elle avait été bien accueillie et encore, Finn s’était montré d’une froideur intersidérale à son encontre. Mis à part ce détail qu’elle tentait d’ignorer, il y avait Santana qui passait son temps à la rabaisser pour des raisons inconnues, usant de piques mesquines qu’elle préférait ne pas prendre en compte pour la bonne cohésion du groupe. Et surtout, il y avait Quinn qui, aux dernières nouvelles, était censée être son amie jusqu’à ce qu’elle découvre qu’elle batifolait en douce avec Gale lors de son absence quelques années plus tôt. C’était sans doute un peu puéril, mais Ecaterina lui en voulait. Elle avait osé la regarder droit dans les yeux en affirmant qu’elle était heureuse pour elle lorsque les deux blonds s’étaient réconciliés, mais jamais elle n’avait pris son courage à deux mains pour lui avouer leur passé commun – aussi court fut-il. Ecaterina lui avait accordé toute sa confiance, elle le regrettait. Si les rôles avaient été inversés et si, comme Gale lui avait fait savoir, le désespoir l’avait terrassé, ce n’aurait sûrement pas été avec Sam qu’elle aurait tenté de s’en départir. Ecaterina avait des défauts, mais elle était loyale et assumait les erreurs qu’elle avait faites contrairement à d'autres. Sortant brusquement de sa réflexion, les tympans de la blondinette vibrèrent sous les vrombissements accompagnés d’une sirène stridente qui se firent entendre plus loin. Charlie se figea en poussant un juron et par réflexe, Cat la frappa violemment derrière la tête.

« Hey, ton vocabulaire ! » Plantant son regard dans celui de Charlie, Cat craignit qu’elle lui fasse mordre la poussière après ce geste malheureux, mais cette dernière lui attrapa la main pour courir à toutes jambes vers la gare : l’heure était grave. Ecaterina ne savait pas comment elle se sentait à cet instant jusqu’à qu’une peur indescriptible s’empare d’elle et la fasse accélérer le rythme au point qu’elle prit de l’avance sur Charlie qui fut forcée d’accélérer elle aussi. Elles finiraient en prison maintenant, c’était sûr. Elle se fichait de qui gagnerait la compétition, elle faisait juste ça pour s’amuser ! S’élançant à toute vitesse, Charlie prit la situation en main. Ecaterina resta muette, haletant au rythme de leur course effrénée. Lorsque sa meilleure amie bifurqua dans un photomaton, Ecaterina émit un petit cri strident qu’elle étouffa en posant ses deux sur sa bouche. Attendant de se calmer, elle respira de petites goulées en agitant ses doigts écartés devant elle puis pépia d’une toute petite voix :

« Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu… » Fermant très fort les yeux, elle laissa son sac tomber à ses pieds. Elle s’assit sur le siège en ferraille face à l’appareil, encore plus haletante qu'un peu plus tôt. Aussi elle aperçut son reflet dans la vitre opaque, constata que les mèches bleues lui allaient à merveille et d’une mine appréciatrice, elle tortilla l’une d’entre elles entre ses doigts tremblants avant de reprendre conscience de la situation et de se lever d’un bon. Elle chuchota à toute vitesse, peinant à dissimuler sa panique « Il faut qu’on fasse quelque chose, Charlie ! Je ne veux pas terminer en prison, toi non plus ! » Elle s’arrêta, les yeux plissés et insista lourdement sur ce point « Toi non plus, hein ? » Elle détourna subitement le regard vers le plafond, la gorge nouée « Je ne veux pas devenir le jouet attitré de toutes les racailles du parloir. Avec mes yeux bleus et mes cheveux blonds, je vais devenir la mascotte du gang des Aryens. Je vais être obligée de chanter des chants nazis à tue-tête pour recruter des nouveaux. » Elle se cacha le visage dans ses mains au bord des larmes « Oh, mon dieu… han ! » Elle releva vivement la tête alors que ses mains se plaquèrent d’elles-mêmes sur sa bouche tordue par l'effroi « Peut-être même qu’ils vont nous obliger à… » Elle fit des moulinets désorganisés avec ses mains pour mimer ce qu’elle avait en tête et sans prévenir, se jeta dans les bras de sa meilleure amie pour la serrer très fort contre elle « Charlie, je suis désolée, tout est de ma faute. Je te promets que… » Et s’arrêtant en pleine tirade, le bruit des pas qui s’approchaient lentement du rideau l’obligea à relever la tête.
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