Choriste du mois


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 04. and after all, you're my wonderwall

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MessageSujet: 04. and after all, you're my wonderwall   Dim 10 Juin - 16:09


and after all, you're my wonderwall
« SANTANA ET AARON »


La pommette d'Aaron explosa sous la puissance de l'impact. Il tituba maladroitement en arrière, subitement aveuglé par un flash de douleur qui élança vigoureusement la moitié droite de son visage, tandis que les exclamations assourdissantes du public déchaîné venaient saluer la performance de Vince. Malgré lui, il en perdit ses précieux repères auditifs. Durant quelques fractions de seconde, Aaron ne fût rien de plus qu'une boule de nerfs mise à nu, en souffrance perpétuelle. Ses mâchoires se serrèrent avec détermination et il s'appliqua à faire refluer les vagues de colère qui inondaient l'ensemble de ses muscles. Instinctivement, le cubain bloqua un coup qui visait ses côtes à l'aide de ses avant-bras ; en revanche, il fut bien incapable de prévenir celui qui s'écrasa à nouveau sur son visage endolori. Il étouffa un grognement de douleur plaintif en cédant quelques pas de terrain. Sa poitrine se souleva et se rabaissa à plusieurs reprises rapprochées, tandis qu'il s'évertuait à intérioriser l'ensemble des élancements physiques qu'il subissait, les accordant à ceux qui meurtrissaient le siège de ses émotions depuis des années, comme à chaque fois qu'il combattait. Comme à chaque fois qu'il devait se remémorer les raisons qui le poussaient à participer à ces stupides combats de rue. Aaron entreprit de faire gain de temps en réalisant un tour de piste qui lui valut les huées de l'assistance. Le cubain ne leur prêta qu'une attention très secondaire ; tout ce que ces guignols voulaient c'était parié sur un vainqueur et surtout, sur un cadavre. Ils voulaient du sang. Ils le rendait malade. Aaron rassembla sa concentration et se focalisa de nouveau sur son adversaire, tout en reconsidérant ce dernier avec plus d'objectivité : de taille très moyenne, propriétaire d'une musculature quasi inexistante et d'un crâne peu garni, le Cubain avait commis l'erreur très regrettable de le sous-estimer en se basant sur ces derniers critères physiques - et payait son orgueil à chaque coup qu'il ne réussissait pas à contrer.
Le cubain esquiva habilement le coup de pied fouetté qui se dirigeait vers sa mâchoire ; avec fluidité, il évita le coup de poing qui aurait dû lui couper le souffle en se glissant le long du bras de son adversaire, qu'il bloqua entre sa hanche et son bras gauche. Son coude partit en avant et percuta l'arcade sourcilière de Vince dans un craquement sec. Une fois. Deux fois. Son poing s'écrasa contre son thorax, tandis que les ongles de sa victime griffaient fiévreusement son épaule. Trois fois. Animé d'une rage à l'état pur, il aurait pu continuer interminablement si l'arbitre n'avait pas sifflé la fin du calvaire de Vince. Il l'acheva d'un coup de front bien placé, qui laissa une marque ensanglantée sur le sien. Lorsqu'il relâcha le bras de son concurrent, celui-ci se laissa tomber au sol, inconscient. Aaron déglutit en reprenant pied avec la réalité qui l'entourait. Un éclair d'angoisse traversa ses pupilles, tandis que l'arbitre attrapait son bras pour l'élever en annonçant sa victoire.

Aaron avait abandonné sa moto à l'entrée de la ville. Panne d'essence. Dans un état presque second il avait commencé à courir avec l'énergie des désespérés. D'abord en trottinant doucement, avant d'accélérer de manière considérable, malgré les blessures préoccupantes qui s'éparpillaient sur l'ensemble de son anatomie. La morsure du froid nocturne ne l'atteignit pas, bien qu'il ne fût couvert que d'une simple veste. En quittant l'arène, il n'avait pris le temps que d'enfiler celle-ci par-dessus son torse ensanglanté, bien trop perturbé pour prêter attention à la température extérieure. Il avait peur. Il sentait l'étau de sa crainte se refermer impitoyablement sur sa poitrine, broyant la moindre tentative de résistance. Cette nuit, il avait franchi une limite dont il n'avait jusqu'alors pas conscience. Il avait été incapable de se reconnaître dans ses propres actes. Quand avait-il commencé à se perdre ainsi ? Il n'en avait strictement aucune idée et craignait de ne pouvoir se retrouver lui-même un jour. Il s'arrêta subitement au détour d'une rue et se plia en deux, tourmenté par quelques tremblements incontrôlables. Une nausée envahit son estomac et il eût envie de se recroqueviller sur lui-même dans un coin d'ombre et, de disparaître. Il eût envie de se blottir contre son père comme il avait coutume de le faire lorsqu'il n'était encore qu'un enfant victime de terreurs nocturnes. Il inspira profondément dans l'optique d'atteindre un calme hors de portée ; hoqueta en plein milieu, sans y parvenir. Il resta ainsi quelques instants avant de se redresser pour contempler le décor qui l'accueillait. Sa course l'avait mené dans les quartiers résidentiels de la banlieue de Lima, où il vivait avec sa mère. Toutefois, ce n'était pas son foyer qu'il avait devant les yeux, mais la pension Preston - chez Santana. Cette constatation lui arracha un hoquet de surprise et, il recula machinalement de trois pas en arrière, en dehors du halo lumineux du lampadaire. Il savait ce que son inconscient recherchait en le menant ici, mais il n'y aurait probablement jamais cédé dans son état ordinaire. Justement, tu n'es pas dans ton état ordinaire, songea-t-il en passant une main indécise sur son visage affreusement pâle et cabossé. Il avança d'un pas. Puis de deux. Bientôt il fût sur le perron et sonnait à la porte. Dans un éclair de lucidité, il songea qu'il n'était clairement pas intelligent de s'afficher avec une tête pareille, si Liam était encore debout ... La porte s'ouvrit avant qu'il n'ait pu se raviser. Heureusement, il s'agissait de Santana. « Je sais qu'il est tard, mais j'ai entendu dire qu'une infirmière sexy vivait ici. » débita-t-il d'un ton où le soulagement était nettement perceptible, tandis que sa paupière gauche, gonflée, papillonnait contre sa volonté.


Dernière édition par Aaron J. Guevara le Dim 31 Mar - 19:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 04. and after all, you're my wonderwall   Lun 11 Juin - 20:15

Santana sortit de la douche en soupirant. Elle aurait bien profité de la chaleur bienfaitrice de l'eau brûlante un peu plus longtemps, mais elle n'éprouvait aucune envie de se faire taper sur les doigts par ses colocataires parce qu'elle aurait utilisé l'intégralité de l'eau chaude commune – qui était si rare qu'ils avaient fini par la surnommer le Saint Graal. Pourtant, ses muscles endoloris par une semaine de travail intense se firent de nouveau sentir tandis qu'elle s'essuyait méticuleusement, et la jeune fille ne put empêcher le grognement de douleur et de colère qui s'échappa de ses lèvres. Elle était littéralement épuisée. Le mois de février apportait avec lui son lot de rhumes et de grippes plus ou moins réelles, et le nombre de visites à l'hôpital semblait s'agrandir chaque jour. Santana ne savait plus où donner de la tête, entre maladies effectives, malades imaginaires et ses nombreux patients hospitalisés. La jeune infirmière partageait littéralement sa vie entre son lieu de travail et son fils qui, maintenant, lui demandait davantage de temps et d'énergie. Elle regrettait presque le moment où Liam n'était qu'un nourrisson, qui se contentait de manger et de dormir. Maintenant, il cavalait à quatre pattes dès qu'il en avait l'occasion, se mettant en danger à chaque instant. Santana devait bien le reconnaître, son fils semblait avoir hérité de l'instinct aventureux et téméraire de sa mère et même si cela la rendait, d'un certain côté, plutôt fière, elle n'en restait pas moins totalement paniquée dès que Liam s'aventurait près des escaliers ou des appareils électriques. Cependant, il était de plus en plus adorable, et de plus en plus intéressant, et elle n'avait qu'une hâte, qu'il prononce enfin le mot maman. Les jours se succédaient à une vitesse considérable et Santana ne voyait pas le temps passer. Dans deux mois, Liam fêterait ses un an, mais Santana avait pourtant toujours l'impression que le jour où elle avait tenu son bébé dans ses bras pour la première fois avait eu lieu hier. Souvent, elle craignait de manquer toutes les étapes importantes de son fils à cause du temps qu'elle passait à l'hôpital loin de lui. Elle sentait que Liam n'était pas loin de ses premiers pas, et elle espérait être celle qui le verrait marcher pour la première fois.

Santana jeta un coup d'oeil dans le miroir et soupira face au reflet qu'elle y perçut. Les traits tirés par la fatigue, elle avait vraiment mauvaise mine, et ses cheveux, habituellement brillants et attirant les jalousies de ses amies, faisaient à présent peur à voir. Pinçant les lèvres, la jeune infirmière attrapa un élastique et, après avoir brossé sa chevelure à la va-vite, elle les réunit en un chignon lâche qui ferait parfaitement l'affaire pour la nuit. Elle enfila ensuite un mini short noir et un débardeur assorti. Dehors, le temps était glacial, comme à l'intérieur de la pension d'ailleurs. Aucun des habitants n'avait réellement les moyens de s'offrir un chauffage digne d'un hôtel cinq étoiles, mais Santana n'avait pas le choix. Son fils avait beau être un casse-cou, il possédait une santé fragile et enchaînait les rhumes et les rhino-pharyngites, Santana ne pouvait donc pas se permettre de se contenter de couvrir un peu plus son fils histoire de grappiller quelques dollars d'économie. Du coup, il faisait une chaleur presque étouffante dans leur chambre, et Santana se voyait obligée de porter des vêtements d'été si elle voulait pouvoir dormir sans avoir l'impression de faire une sieste en pleine canicule. Ce qui, en soit, ne la dérangeait pas. La jeune femme n'avait jamais vraiment été une grande fan de ses pyjamas en mohair absolument peu flatteurs. Elle déposa une légère couche de crème de nuit sur son visage fatigué avant de quitter la salle de bain. Heureusement que tout le monde était déjà couché, ainsi personne ne verrait quelle tête elle pouvait avoir sans maquillage.

La jeune femme se glissa dans sa chambre et, après avoir vérifié que Liam dormait toujours à poings fermés, elle attrapa son téléphone portable et un gilet avant de quitter la pièce. Elle descendit doucement les marches, prenant soin de ne faire aucun bruit. Il était pas loin de minuit, et bien qu'elle soit fatiguée, Santana avait envie de passer un peu de temps seule. Cela faisait plusieurs jours qu'elle ne s'était pas retrouvée en tête à tête avec elle-même, et la perspective de somnoler devant la télévision, une tasse de café dans une main et la télécommande dans l'autre la réjouissait. Elle se dirigea vers la cuisine et se servit une tasse de café tout en vérifiant si elle n'avait reçu aucun message ni appel. Fronçant les sourcils, Santana soupira. Cela faisait plusieurs jours maintenant qu'elle n'avait eu aucune nouvelle d'Aaron, et cela la blessait plus qu'elle ne le souhaitait. Depuis ce qu'il s'était passé entre eux lors de la soirée du réveillon du jour de l'an dans la voiture du Cubain, les deux jeunes gens se tournaient autour sans pour autant évoquer leur première fois ensemble. Santana se souvenait de cette soirée avec précision, chaque secondes, chaque caresses, chaque gémissements ancrés dans sa mémoire. Elle ne l'avait pas dit à Aaron, de peur de l'effrayer, mais elle n'avait jamais pris autant de plaisir auparavant. Et il existait encore cette crainte peu commune pour elle de le faire fuir en tentant de discuter de leur relation. Elle qui, habituellement, n'hésitait à pas prendre les devants, surtout lorsqu'il s'agissait de sexe, n'arrivait pas à se sortir de cette toute nouvelle timidité en ce qui concernait ses rapports avec Aaron. Lui non plus, de son côté, n'avait jamais tenté la moindre approche depuis cette première fois, et Santana commençait sérieusement à se dire qu'elle avait dû se tromper et qu'il n'avait probablement pas apprécié cette intimité autant qu'elle. La jeune femme était déçue et peinée par cette absence de réaction de la part de Aaron, mais elle prenait sur elle et s'interdisait de le harceler et de lui proposer un rendez-vous. Tout ce qu'elle espérait maintenant était d'être capable de tirer un trait sur cette histoire avortée et passer à autre chose.

Elle saisit sa tasse à peine tiède et se rendit dans la salle à manger. Elle s'apprêtait à allumer la télévision lorsque la sonnette retentit. Santana fronça les sourcils et s'empressa de rejoindre la porte d'entrée, se demandant qui pouvait bien se trouver sur le perron à cette heure avancée tout en espérant que ni Liam ni ses colocataires grincheux n'avaient été réveillés par le bruit. La jeune femme tourna la clef dans la serrure et ouvrit promptement la porte. Ses yeux tombèrent alors sur le visage tuméfié de Aaron et elle ne put empêcher l'exclamation étonnée qui s'échappa de ses lèvres. Ignorant sa remarque, elle le rejoignit sur le perron, oubliant le froid et le peu de vêtements qu'elle portait ainsi que son apparence générale qu'en d'autres circonstances elle aurait refusé de montrer à Aaron. Les lèvres pincées, elle tendit la main et toucha doucement du bout des doigts la joue bleuie du Cubain. « Mon dieu. » murmura-t-elle tandis que la panique prenait possession de son corps et de son esprit « Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Est-ce que ça va ? » Résistant à l'envie de l'embrasser et de le serrer contre elle, Santana attrapa la main du jeune homme avant de le tirer vers la porte. Une fois à l'intérieur, elle mit le verrou et, un doigt posé sur ses lèvres, entraîna Aaron à sa suite jusqu'au canapé du salon. « Tout le monde dort, alors ne fais pas de bruit, d'accord ? » dit-elle doucement avant de s'assoir à ses côtés. Elle observa un instant le visage meurtri de Aaron, la gorge serrée par la panique. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle s'inquiétait autant pour lui, mais la peur qu'il lui soit arrivé quelque chose de grave, la peur qu'il souffre faisait battre son cœur un peu plus fort. La jeune femme ferma les yeux un instant, tentant d'échapper à la panique, avant de reporter son attention sur le Cubain. « Je reviens. » ajouta-t-elle sur un ton plus professionnel. Elle s'empressa d'aller chercher la trousse de premiers secours qui se trouvais dans la cuisine avant de rejoindre Aaron. Elle posa le matériel sur la table basse et se mit à genoux en face du jeune homme. Santana s'évertua à sortir un morceau de coton, tâche rendue difficile par le tremblement incontrôlable de ses mains. Elle avait mille questions à lui poser, mais elle ne voulait pas qu'il perçoive dans sa voix toute l'inquiétude qu'elle ressentait pour lui. Elle n'avait aucune raison d'éprouver ça, après tout. Aaron n'était qu'un plan d'un soir comme tant d'autres, n'est-ce pas ? Et ce n'était pas parce qu'elle le considérait comme bien plus que cela qu'elle allait se permettre de le lui montrer. « Regarde-moi. » ordonna-t-elle un peu froidement tout en approchant le coton humide de son visage.



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MessageSujet: Re: 04. and after all, you're my wonderwall   Mer 25 Juil - 0:35

Aaron n'aurait pas dû se trouver ici. Il en avait très vaguement conscience à travers le voile de souffrances qui l'entourait de manière perpétuelle depuis que l'adrénaline qui l'avait mobilisé quelque temps plus tôt, s'épuisait progressivement dans son système sanguin. Ce n'était définitivement pas correct, ni même convenable ou approprié de se montrer ici à une heure aussi avancée de la nuit. Par ailleurs, quelle histoire pourrait-il inventer pour justifier son état auprès de la jeune femme ? Il était hors de question qui lui dédie les véritables faits - et pourtant ... . Il avait été poussé par une impulsion bien plus puissante que celles qui entraient dans les critères du raisonnable. En ces circonstances, il doutait que ses pas soient parvenus à trouver un endroit plus sécurisant que celui-ci. Il aurait été incapable d'expliquer le sentiment de réconfort, de soulagement que pouvaient lui inspirer ces lieux. Il n'avait jamais considéré Santana comme étant la personne à rejoindre en cas de coups durs - peut-être parce qu'il détenait bien trop de fierté pour admettre en sa présence qu'il puisse se sentir très mal dans sa peau. Mais pour être complètement honnête, il n'avait jamais attribué de tels statuts à quiconque dans son entourage proche ou éloigné, depuis de nombreuses années. En observant les choses de plus près, il était indubitablement seul et comptait ses amis sur les doigts de la main - et pour le peu qu'il possédait à ses côtés, aucun d'entre eux ne connaissait cette facette fragile qu'il s'appliquait à dissimuler d'ordinaire. Qui pensait-il berner ? Qui était-il pour se croire aussi invulnérable ? Croyait-il vraiment pouvoir s'en sortir seul, définitivement. C'était un espoir presque présomptueux.
La porte d'entrée s'ouvrit vivement, avant qu'il n'ait eu le temps de décréter qu'il serait plus sage de rebrousser chemin. Santana lui apparut vêtue d'une tenue d'un décontracté qu'on ne lui aurait guère soupçonné. Il aurait certainement pu y accorder une attention partielle. Toutefois, il ne la remarqua même pas. Les pupilles chaudes du cubain se dardèrent instantanément sur le visage de la jeune femme et une onde de chaleur étrangère se répandit subitement dans sa poitrine, presque brûlante. Il ne parvînt qu'à lâcher une remarque aussi subtile qu'inutile avant que sa gorge ne se noue, soumise aux influences de cette brûlure intérieure. Il perdit quelques fractions de seconde à comprendre qu'il s'agissait non pas d'embarras, mais de soulagement. Il grimaça lorsqu'elle effleura sa joue couverte d'hématomes naissants, en lâchant un murmure empreint d'une touche de panique. Il aurait souhaité pouvoir la rassurer immédiatement, lui affirmer que ce n'était pas aussi mauvais que ça le paraissait, qu'il se sentait beaucoup mieux rien qu'en étant là et qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter, mais les mots s'écrasèrent sur les barrières infranchissables de ses lèvres. Il se contenta d'acquiescer d'un mouvement de tête silencieux, un air vague esquissé sur ses traits, lorsqu'elle lui demanda s'il allait bien. Cependant, il comprit qu'elle attendait une véritable réponse lorsqu'il discerna une lueur d'attention et d'intérêt réel dans ses iris chocolatés. « Je — J'ai fait des conneries. » balbutia-t-il malgré lui. Il baissa les yeux vers le sol, sentant les premières conséquences de cette visite nocturne émerger dans les parties lucides de son esprit : la honte. La jeune femme s'empara délicatement de sa main et durant une brève fraction de seconde, il se surprit à la considérer comme une ancre le reliant au sol. Il se laissa docilement mener jusqu'au salon, à l'image d'un enfant meurtri. Son genou heurta involontairement la table basse et émit un court grincement sur le parquet ; il marmonna un mot d'excuse avant de s'asseoir au bord du sofa en frottant distraitement sa rotule.
L'infirmière le laissa seul au milieu du salon durant quelques instants qu'elle mît à profit pour chercher une trousse de premiers secours dans la salle de bains. Lorsqu'elle fut de nouveau à ses côtés, il sursauta involontairement - il avait à peine remarqué son retour, encore immergé dans un état divisé entre le bouleversement découlant de son combat contre Vince et l'instant présent. Il l'observa tandis qu'elle sortait le matériel dont elle aurait besoin pour désinfecter ses blessures. Une pointe de culpabilité perça sa poitrine lorsqu'il remarqua le tremblement des mains de la jeune femme. Pourquoi était-il ici ? Il n'était pas chez lui. Santana ne lui devait strictement rien. La meilleure chose à faire aurait été de continuer à courir infiniment jusqu'à en perdre haleine et s'écrouler dans un endroit quelconque de la ville, jusqu'au petit matin. En venant ici, il n'était parvenu qu'à paniquer la jeune femme.
« Regarde-moi. ». Il obéit instantanément ; il régula les tremblements de son propre corps glacé, se redressa légèrement et releva le menton. Il la regarda droit dans les yeux. « Je suis désolé. Je sais que je n'aurai pas dû venir, mais je ne savais pas où aller. » déclara-t-il à voix basse, bien que ça ne soit pas complètement exact. Dans son état normal, il aurait su où se rendre et qui voir - autrement dit, personne. Il se crispa légèrement lorsque le coton humide entra en contact avec sa pommette tuméfiée. « Je — Merci d'avoir ouvert la porte. ». Il se tut, la laissant aseptiser les contusions qui s'étalaient sur son visage et laver le sang qui y avait séché. Il n'osait imaginer quel serait son reflet, s'il s'observait dans une glace. Il aurait sûrement l'air d'un sauvageon - ou pire. Il frotta ses mains froides avant de laisser un soupir inaudible quitter ses lèvres - plus détendu.



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MessageSujet: Re: 04. and after all, you're my wonderwall   Sam 18 Aoû - 23:05

Santana s'attarda davantage sur la plaie qui partait de la tempe d'Aaron jusqu'à la commissure de ses lèvres elles aussi tuméfiées, se laissant ainsi le temps de réfléchir à ce qui se passait. La situation lui paraissait comme irréelle, comme tout droit sortie d'un mauvais rêve. Santana n'était pas naïve, elle savait pertinemment que Aaron était loin d'être un enfant de cœur, il avait d'ailleurs ce côté un peu bad boy qui le rendrait encore plus attirant et qui émoustillait Santana chaque fois qu'elle y pensait. Pourtant, elle savait à ce moment même que c'était bien plus qu'une impression que Aaron laissait derrière lui. C'était bien plus grave, comme si la jeune femme pouvait sentir le danger et la violence rien qu'en effleurant des yeux les contusions qui maculaient le visage du Cubain. Et bien malgré elle, Santana sentit une bouffée de peur l'envahir, la faisant soudainement trembler davantage, si bien qu'elle dut éloigner sa main de la joue d'Aaron de peur de lui faire mal. Tout en évitant son regard, tentant tant bien que mal de cacher le sentiment de panique pure qu'elle éprouvait, la jeune femme reposa le morceau de coton sur la table avant de serrer ses mains l'une contre l'autre, essayant du mieux qu'elle le pouvait d'arrêter le tremblement nerveux de ses mains. Elle ne savait plus si elle avait peur pour lui ou pour elle. Elle n'arrivait plus à discerner le vrai du faux sur ses propres sentiments. Même lorsqu'elle était sortie avec Thomas, elle n'avait jamais ressenti tant d'émotions contradictoires, autant d'inquiétude pour une autre personne qu'elle-même.

Elle avait envie de pleurer, ses yeux la brûlaient, mais en même temps elle se sentait prête à exploser de colère, à lui hurler dessus. Comment pouvait-il être aussi bête ? Peu importait ce qu'il avait pu faire pour se retrouver dans cet état, il l'avait dit lui-même : il avait fait des conneries. Bon sang, ne comprenait-il pas qu'il y avait des personnes qui tenaient à lui, qui s'inquiétaient pour lui ? La rage remplaça vite la peur tandis qu'elle trouvait enfin le courage de plonger ses yeux dans les siens. Elle savait qu'ils étaient probablement remplis de larmes, elle savait aussi qu'elle n'avait aucun droit de pleurer. Ce n'était pas elle qui souffrait, après tout. Elle se sentait stupide et ridicule, mais elle n'arrivait plus à contrôler ses sentiments. Une partie d'elle-même se retenait de le gifler avant de lui cracher toutes les insultes possibles au visage tandis que l'autre partie, celle qui faisait battre son cœur beaucoup trop vite, mourrait d'envie de le serrer contre elle et d'embrasser avec tendresse chacune de ses blessures. Pouvait-il voir combien elle était perdue ? Elle espérait que non. Elle ne voulait pas paraître vulnérable à ses yeux. Elle était Santana Lopez, celle que rien ni personne ne peut atteindre. La fille au cœur de pierre. Celle qui n'aime personne d'autre que sa petite personne. Alors oui, Santana espérait qu'Aaron ne voyait pas combien elle était affectée par la situation. "Qu'est-ce que... Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi tu t'es battu ?" Sa voix n'était qu'un murmure. Elle voulait savoir, mais en même temps elle savait que la vérité ne lui plairait pas. Et qui était-elle pour l'exiger, après tout ? "Laisse tomber, ce n'est pas mes affaires." ajouta-t-elle en clignant des yeux.

Prenant une grande inspiration, elle s'empara d'un tube de crème avant d'en déposer doucement sur le coin de la joue du jeune homme. Elle se redressa et approcha son visage de celui d'Aaron, si près qu'elle pouvait sentir la chaleur irradier du corps du Cubain. Battant des cils afin de revenir à la réalité, elle examina avec soin la coupure qui barrait son front. « Je pense que tu as besoin de quelques points de suture. » dit-elle, la voix si grave qu'elle ne put s'empêcher de s'éclaircir la gorge tandis qu'elle sentait ses joues s'empourprer. 'Garde ton calme, Lopez. Concentre-toi, aie l'air professionnelle.' « Et ne me remercie pas, » ajouta-t-elle d'un ton tremblant. « Comme tu l'as dit, je suis infirmière, donc tu as fait le bon choix. Je suppose que tu veux garder tout ça » elle pointa du doigt son visage blessé tandis qu'une grimace tordit ses lèvres « pour toi, et ne pas à avoir à en discuter avec un médecin de garde à l'hôpital. » Malgré elle, elle sentit un goût amer après avoir prononcé ces mots. Elle n'avait pas eu le temps d'y réfléchir, trop prise par la panique et l'inquiétude, mais tout prenait sens à présent. Voilà la raison pour laquelle il était venu sonner à sa porte. Ce n'était pas parce qu'il tenait à elle, pas parce qu'il avait besoin d'elle émotionnellement parlant. Mais bien parce qu'elle était infirmière, et qu'elle pouvait ainsi le soigner sans qu'il ait besoin de s'expliquer auprès d'un professionnel de la santé. Elle était cette amie utile. Rien de plus. Et ça faisait mal sans qu'elle ne puisse l'expliquer. Santana se remit sur ses pieds d'un bond, l'envie de pleurer encore plus forte qu'avant. « Enlève ton t-shirt » ordonna-t-elle, à présent glaciale. « Je vais vérifier que tu n'as rien de cassé, ensuite je m'occuperai de ton front. Et après tu pourras dormir sur le canapé, je te réveillerai avant que les autres ne se lèvent. » Elle voulait qu'il s'en aille, qu'il cesse de jouer avec ses émotions, qu'il arrête de la torturer de la sorte. Mais elle ne pouvait pas le laisser partir, pas dans cet état. Elle tenterait de l'oublier plus tard. Demain serait un autre jour. Aujourd'hui, il avait besoin de son aide. Même si c'était dur et injuste. Une nouvelle vague de larmes menaça de se répandre sur ses joues, et avant qu'elle ne se ridiculise une bonne fois pour toute, Santana se détourna de lui. « Je... je reviens. » souffla-t-elle d'une voix étranglée avant de faire un pas vers la cuisine.
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MessageSujet: Re: 04. and after all, you're my wonderwall   Sam 1 Sep - 19:39

Aaron laissa la jeune femme se pencher sur ses blessures, sans broncher un seul instant. Il n'esquissa rien de plus que quelques rictus douloureux lorsqu'elle venait à effleurer ses plaies les plus sensibles. Il demeura silencieux. Il savait qu'il aurait dû dire quelque chose, ne serait-ce que pour rassurer Santana quant à son état et ses mésaventures. Il était toutefois bien trop absent pour réussir à faire preuve d'autant de tact, aussi nécessaire soit-il pour maintenir une conversation aussi basique. Derrière ses pupilles aveugles, la scène de son dernier combat tournait, tournait et tournait encore. Inlassablement, alimentant l'angoisse sourde et froide qui brûlait son esprit. Jamais il n'avait été aussi effrayé, qu'en cet instant même, confronté à ses propres démons, ses propres incertitudes et ses propres désillusions. Combien de temps s'était-il dupé ainsi ? Jusqu'où serait-il capable d'aller pour abreuver cette soif de justice intarissable ? Une soif que tout esprit rationnel aurait reconnue impossible à satisfaire. Il pouvait frapper, frapper et frapper encore et encore. Sa culpabilité serait toujours présente. Elle lui sourirait, de ce sourire plein de morgue, comme pour lui rappeler toutes les erreurs qu'il avait commises jusqu'à présent et, cette ultime faute qui lui avait coûté l'un des êtres les plus chers de son existence. Depuis combien de temps s'enfonçait-il aussi obstinément dans le déni ? Comment avait-il pu manquer les signes d'avertissements ? Comment s'était-il perdu et, comment pourrait-il se retrouver ? Pourrait-il seulement se détacher de tout cela ? Tant de questions sans réponse. Il sentit sa colère pousser un soupir de lassitude et, battre en retraite, lui abandonnant une vertigineuse sensation de vide.

Aaron reprit soudainement pied avec la réalité lorsque Santana lui demanda ce qui s'était passé. Il s'humecta péniblement les lèvres, sentant un goût métallique se répandre dans sa bouche. Il planta sur elle un regard illuminé d'une lueur d'égarement : il ne savait pas. Il ne savait pas quoi lui répondre, que pouvait-il dire ? Ce même sentiment de honte refît surface, nouant désagréablement sa gorge. Ses traits se crispèrent et il inspira sans trouver d'air pour soulager momentanément sa poitrine du poids insoutenable qui l'écrasait. Il n'avait jamais été très doué pour s'exprimer - d'autant plus lorsqu'il s'agissait de ses propres émotions et des faits qui s'y associaient. Comment pourrait-il transmettre ce qui lui était arrivé à travers de simples mots, de toute manière ? Il ouvrit la bouche, sans qu'aucun son ne s'en échappe. Il ne les trouvait pas. Il ne trouvait pas l'expression suffisamment proche de la vérité pour traduire son vertige, son expérience et tout ce qui s'était passé au cours des deux dernières heures. Elle dut comprendre, puisqu'elle lui demanda bientôt de laisser tomber. Le cubain était loin d'interpréter cette phrase comme la manifestation implicite de l'irritation de la jeune femme quant à ses silences. Celui-ci referma la bouche, subitement frustré devant son incapacité à communiquer. Il ressentait pourtant l'envie croissante de partager son fardeau. Il ignorait toutefois comment abaisser les barrières qu'il avait érigées au fil des années.

Il souda ses paupières durant un court instant, tandis qu'elle appliquait avec mille précautions une crème sur sa pommette qui lui tira un soupir de soulagement. Il retroussa les lèvres en tentant de faire le tri dans son esprit désordonné, réprimant les perles de cristal qui menaçaient de s'échapper du coin de ses yeux à tout instant. Il ne s'était que très rarement senti aussi vulnérable dans le passé. Son premier jour de classe à Miami. Les nuits où sa mère avait été obligée de venir le chercher au poste de police new-yorkais. Cette nuit, où il avait laissé son père lui prendre les clés des mains, pour s'asseoir sur le siège passager. Il les revît tous, dans une série de flash. Toutefois, il ne s'en sentait que très vaguement embarrassé cette fois-ci. Comme s'il était d'accord avec le fait d'avoir des moments de faiblesse, comme tout le monde. La jeune femme lui apprit qu'il aurait sans doute besoin de points de sutures. Aaron ouvrit les yeux et porta distraitement une main à son front. « Tu es sûre ? Tu penses que ça peut attendre demain ? » lui demanda-t-il, peu enjoué à l'idée de subir ce genre d'opération au milieu d'un salon. Il se rendrait à l'hôpital le lendemain matin en prétextant une mauvaise chute. Au moins, aurait-il le temps de récupérer et de s'offrir une attitude plus présentable que celle-ci. Il haussa brièvement les épaules lorsqu'elle mentionna les questions réglementaires que pourraient lui poser l'hôpital. Ce n'était pas la première fois qu'il se faisait battre de la sorte, et il avait déjà pointé aux urgences en inventant des histoires rapidement ficelées pour ne pas avoir à révéler la véritable origine de ses blessures. Personne n'allait concrètement vérifier ses propos, de toute manière. Inconscient des réflexions gorgées d'amertume qui agitaient Santana, le cubain redressa un menton surpris par ce changement de ton aussi inattendu. « Qu'est-ce qu... ». Elle l'interrompit, ajoutant qu'elle s'occuperait de son front et qu'il pourrait dormir sur le canapé. Malgré son égarement, il était toutefois capable de saisir que quelque chose clochait. Le problème étant quoi ? Le jeune homme se redressa devant elle pour retirer maladroitement sa veste, dévoilant une musculature nettement sculptée par des heures d'entraînements, et quelque peu rougie par endroits. « Je ne pense pas que quelque chose soit cassé ... » marmonna-t-il en examinant ses côtes.

Lorsqu'il redressa la tête pour consulter l'avis de la jeune femme, celle-ci avait tourné les talons et se dirigeait vers une autre pièce, sans plus lui accorder le moindre regard. Aaron la suivit instinctivement, poussé par cette certitude qu'une chose capitale était en train de lui échapper. Avant qu'elle n'ait atteint la cuisine, il s'empara de son poignet avec moins de délicatesse qu'il ne l'aurait souhaité et l'attira contre lui, pour la plaquer doucement contre un mur et la confronter sans qu'elle ne puisse lui échapper. « Ne fais pas ça, souffla-t-il avec les accents d'une détresse sourde. Il appuya son front contre le sien, pour la regarder droit dans les yeux. Il avala sa salive, marquant une pause pour prendre une courte inspiration, avant de reprendre. Je me suis battu parce que— parce que c'est ce que je fais depuis que je suis arrivé ici. Je participe à des combats organisés. Ça arrondit mes fins de mois et ça me permet de rembourser une dette. Je sais ... ». Il caressa son visage du regard, comme s'il avait admiré la septième merveille du monde, avant de planter à nouveau ses pupilles dans les siennes. « Je sais que ce n'est pas une activité très recommandable. Et je sais aussi que je ne suis pas quelqu'un de très recommandable. ». Il ne l'avait jamais vraiment été, depuis son arrivée en Amérique. « Mais je peux changer. Je peux devenir meilleur, d'accord ? Laisse-moi une chance. Juste, une chance. ». Il cilla, angoissé par la réponse que pourrait lui fournir la jeune femme.


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MessageSujet: Re: 04. and after all, you're my wonderwall   Ven 28 Sep - 17:55

Santana avait tellement envie de pleurer que sa poitrine comprimée par son souffle irrégulier, sa gorge serrée de sanglots contenus et ses yeux brûlants des larmes qui menaçaient de couler la faisait souffrir comme jamais. Elle se détestait de ressentir tant de tristesse pour quelque chose qu'elle avait pourtant anticipé. Elle savait qu'elle n'était pas faite pour la vie de couple, il n'y avait qu'à voir comment s'était déroulée sa vie sentimentale jusqu'à présent. Alors pourquoi avait-elle pu penser que ce qu'elle vivait avec Aaron pouvait être différent ? Ils n'étaient même pas un couple, après tout. Ils avaient couché ensemble une fois, et depuis c'était comme s'ils avaient reculé d'un pas. La présence d'Aaron chez elle ce soir, et encore plus le comportement du jeune homme, ne faisait que renforcer l'impression qui l'avait suivie depuis plusieurs jours déjà. Santana devait se rendre à l'évidence : Aaron n'était qu'un ami, elle s'était monté la tête autour de rien d'autre que le néant. Et comme cela faisait mal.

Elle n'avait même pas le temps de franchir la distance qui la séparait de la porte de la cuisine lorsqu'elle sentit une poigne se refermer autour de son poignet. Une douleur vive naquit tandis que les doigts d'Aaron se serraient encore davantage autour de sa peau et une légère exclamation franchit ses lèvres. Elle n'eut cependant pas le temps de se dégager de son emprise puisqu'elle fut plaquée contre le torse chaud et accueillant de Aaron avant de se retrouver coincée entre le mur et le jeune homme. La douceur des gestes d'Aaron contrastait avec la force avec laquelle il tenait encore son poignet, et Santana se sentit troublée et perdue face au désespoir qui perçait dans la voix du jeune homme lorsqu'il s'adressa à elle. Une profonde détresse était perceptible dans son regard, et lorsqu'il posa son front contre le sien, ses yeux plongés dans ceux de la jeune femme, Santana eut la brusque envie de franchir les quelques millimètres qui la séparait de la bouche d'Aaron afin de s'en emparer et de tenter de faire disparaître la souffrance qui semblait habiter le cubain. Elle ne l'avait jamais vu ainsi, si vulnérable, sans cette barrière de garçon inatteignable et sûr de lui qu'il érigeait en permanence autour de lui. En ce moment même, le visage recouvert de plaies et de blessure, le corps à moitié nu offert à ses yeux, et surtout avec ce tourment qu'elle pouvait lire dans son regard, Aaron lui paraissait si fragile. Une bouffée de tendresse mêlée à la tristesse emprisonna sa poitrine et elle ramena vers elle son bras toujours prisonnier afin d'attirer le jeune homme plus prêt. Elle avait envie de le serrer contre elle, de l'embrasser à perdre haleine, de lui murmurer des paroles réconfortantes. Elle ouvrit la bouche pour enfin s'adresser à lui, mais il ne sembla même pas s'en apercevoir et reprit la parole dans un murmure grave et désespéré.

Les yeux de Santana s'écarquillèrent face aux soudaines confidences de Aaron. L'espace d'un instant, elle crut avoir mal compris, mais la suite des explications du jeune homme quant à son état atteignirent finalement ses oreilles. Une rage sourde lui serra alors la gorge tandis qu'elle eut malgré elle un mouvement de recul. Comment avait-elle pu être aussi stupide et naïve ? Tout était logique et clair, maintenant, alors comment avait-elle pu penser un seul instant qu'Aaron n'était pas fautif ? Elle avait envie de hurler malgré l'heure tardive et les retombées que cela pouvait créer. Elle souhaitait plus que tout le gifler assez fort pour que sa propre main lui fasse mal. Son cœur manqua un battement alors qu'il parcourut des yeux son visage, lui offrant enfin le regard qu'elle avait tant espéré obtenir de lui. Mais c'était trop tard. Tout avait été trop loin et Santana n'était maintenant dirigée que par la colère et la peur. Elle s'était laissée séduire. Elle avait cru possible de s'autoriser à faire confiance à quelqu'un de nouveau, à croire que Aaron pouvait lui apporter la stabilité dont elle avait besoin. Elle s'était trompée. Santana tenta de dégager son poignet de l'étreinte de Aaron, sans succès. « Lâche moi. » siffla-t-elle tandis que des larmes de rage envahissaient ses yeux. « Tu me fais mal. » Elle pouvait déjà sentir le bleu qui ne manquerait pas de se former dès le lendemain. Et soudain, Santana prit peur. Elle avait laisser entrer Aaron dans sa vie sans s'inquiéter le moins du monde, alors qu'il n'était visiblement qu'un homme violent incapable de se contrôler. Ne venait-il pas de le dire lui-même ? C'était quelqu'un de de peu recommandable, qui avait partagé son quotidien, mais surtout celui de son fils. Liam, qui s'était retrouvé seul avec Aaron plusieurs fois.

Un sanglot s'échappa de ses lèvres. Elle poussa avec force de sa main libre le torse de Aaron, évitant son regard pour ne pas lui montrer combien elle avait peur de lui en cet instant. Et il osait lui demander une seconde chance ? Il se montrait chez elle, le corps roués de coups parce qu'il s'adonnait à des combats organisés, tout en sachant pertinemment que Liam dormait à quelques mètres de là, et il osait lui demander une seconde chance ? « Comment as-tu pu... » Sa voix se brisa, et elle dût respirer profondément afin de pouvoir parler de nouveau. « Tu n'es qu'un connard, Guevara. J'ai cru... Mon dieu, je me suis tellement trompée... » Santana secoua la tête, le regard toujours baissé sur les doigts de Aaron entourant son poignet. « Pourquoi ? » murmura-t-elle, ne sachant pas vraiment si elle souhaitait une réponse ou non. Elle voulait qu'il s'en aille et ne plus jamais le revoir, et pourtant l'envie de se blottir contre lui se fit plus forte et ses larmes redoublèrent. Elle prit une grande inspiration, tentant de dissimuler le fait qu'elle pleurait. Elle aurait aimé ne rien en avoir à faire, mais malheureusement c'était loin d'être le cas. Elle se sentait si perdue. « Je te déteste. » ajouta-t-elle dans un souffle.
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MessageSujet: Re: 04. and after all, you're my wonderwall   Mar 6 Nov - 15:59

Aaron laissa son front s'appuyer contre celui de la jeune femme, plongeant ses pupilles chaudes dans les siennes et cherchant à capturer son attention comme il ne l'avait jamais autant désiré auparavant. Il inspira profondément en plaquant une main près de la joue gauche de l'ex-mannequin afin d'avorter toutes tentatives de dérobades impromptues. Il sentit l'angoisse qui l'oppressait depuis quelques instants refluer légèrement, guettant sournoisement son prochain accès de panique. Le Cubain s'appliqua à l'ignorer durant une poignée de secondes, tout en scrutant intensément les prunelles de la jeune femme, cherchant à y déceler cette lueur singulière qui lui laisserait espérer qu'elle s'accrochait elle aussi et, que ses efforts de sincérité n'étaient pas vains. Il y découvrit ses propres non-dits, toutes les paroles qu'il n'avait jamais pris le temps de lui offrir. Jamais il n'avait laissé entendre à quel point elle lui importait. Jamais il ne lui avait confié les sentiments qu'elle suscitait chez lui. Cette étrange impression que de se sentir si petit lorsqu'elle le regardait et, si puissant lorsqu'elle se fendait de ce sourire si particulier. Ou combien il désirait être près d'elle, lorsqu'il n'était pas à ses côtés. (et voilà la fameuse phrase qui m'a enquiquiné toute la nuit *out* He never told her how important she was to him. He never told her how tiny he felt when she starred, how stronger he gets when she smiled and how much he wanted to be with her, when he was appart). Il aurait préféré ne plus avoir à se justifier à présent. Ne plus avoir à débiter le moindre mot et, se blottir contre sa poitrine en attendant que la tempête qui l'agitait se dissipe complètement. Mais il n'était plus un enfant effrayé par l'orage. Et tôt ou tard, il y aurait toujours des conséquences à affronter quelque part, à commencer par le droit de savoir auquel Santana pouvait prétendre en vue des circonstances et du lien indéfinissable qui les unissaient l'un à l'autre. Il déglutit péniblement, la gorge sèche. Il sentit plus qu'il ne vît l'atmosphère se modifier tandis qu'il lui révélait maladroitement l'origine des blessures qui parsemaient son corps meurtri par les multiples coups dont il avait écopé au cours de son affrontement.

Lâche-moi ! Le ton cinglant de la jeune femme trancha l'air et le frappa de plein fouet, lui faisant l'effet désagréable d'une gifle sèche et douloureusement réelle. Il se raidit instantanément et ses doigts se resserrèrent mécaniquement autour du fragile poignet de l'infirmière tandis que toutes les fibres de son corps hurlaient leurs protestations contre ce rejet inopiné. Non ! Elle ne pouvait pas lui demander ça. Elle ne pouvait pas lui demander d'exposer ses plaies les plus profondes pour ensuite jeter une poignée de sel dessus avec aussi peu de scrupules. Elle n'avait pas le droit de lui demander d'être honnête avant de le repousser pour s'être dévoilé à cœur ouvert. Elle ne pou ... Tu me fais mal ! Aaron relâcha instantanément la pression qu'il exerçait autour de son articulation en reculant précipitamment d'un pas, manquant de renverser le vase qui trônait fièrement sur une petite table derrière lui, le teint subitement blême. Une nausée s'empara de son estomac et il dissimula momentanément son visage entre ses paumes, fiévreux. Sa poitrine se souleva et se rabaissa rapidement au rythme de sa cadence respiratoire irrégulière tandis qu'il s'appliquait à ne pas céder à une crise d'angoisse fortuite et à repousser l'étau qui s'escrimait à se refermer sur sa gorge, à bout de nerfs. Elle posa une main sur son torse et ce contact le fît frémir comme un électro-choc. Elle le repoussa plus encore et il dut faire preuve de toute la retenue dont il était capable pour ne pas hurler à s'en arracher les cordes vocales. Il eût envie de se fracasser le crâne contre un mur. Parce que les douleurs physiques étaient bien plus soutenables que celles qu'il conservait intérieurement, en plus de celle qu'elle venait d'additionner à l'édifice de ses plaintes. « Comment as-tu pu... Tu n'es qu'un connard, Guevara. J'ai cru... Mon Dieu, je me suis tellement trompée... ». Les traits du Cubain se déformèrent et il dut se mordre violemment la joue pour ne pas perdre complètement son sang-froid. Il détourna le regard, quêtant une échappatoire improbable. Il aurait souhaité se réfugier quelque part à l'arrière de son esprit, comme il avait l'habitude de le faire lorsqu'il finissait en tête à tête avec les flics du quartier lorsqu'il était plus jeune. Mais il savait qu'il ne s'en tirerait pas aussi facilement cette fois-ci et que la survie de sa relation avec Santana dépendait de sa capacité à ne pas se briser sous le poids de sa culpabilité et des reproches qu'elle pouvait légitimement lui adresser.

« Pourquoi ? » lui demanda-t-elle finalement et il trouva enfin la force de soutenir son regard, réprimant les tremblements qui agitaient ses mains froides. « Pourquoi quoi ? répliqua-t-il d'une voix éteinte. Il n'avait plus la force d'opposer le moindre argument. Pourquoi, je me blesse ? Aucune idée. Peut-être parce que je suis stupide et que je prends de mauvaises décisions. Sans doute parce que j'ai besoin de quelque chose pour me rappeler que je suis en vie. Qu'importe ... Il doutait qu'elle puisse réellement comprendre ce qui le motivait jusqu'à présent à se jeter dans l'arène. C'était une chose qu'il cernait difficilement lui-même. Pourquoi je n'ai jamais rien dis ? Personne n'a jamais rien demandé. Et c'était très bien comme ça, je suppose. Je ne sais pas, ce n'est pas quelque chose qui entre facilement dans la conversation et puis ... Je n'avais pas envie de t'inquiéter ou quoique ce soit. ». Il marqua une pause pour s'humecter une nouvelle fois les lèvres avant de reprendre : Et donc, pourquoi je suis là ... Il lança un bref coup d’œil circulaire à la pièce avant de planter son regard dans le sien : Je suppose, parce que tu étais là. Et c'est le seul endroit où j'avais envie de me trouver. » conclut-il maladroitement. Mais l'idée était là. Il demeura silencieux durant quelques instants et finit par baisser les yeux sur ses paumes. Je te déteste. Il se fendit d'un sourire triste : « Yeah. Pas plus que moi. ».
Un silence flotta entre eux durant quelques longues secondes. Il inspira profondément en se redressant doucement afin de ménager ses blessures avant de s'approcher de nouveau de la jeune femme : I'm sorry, believe me I really am. But I won't give up on you unless— I wanna be with you alright ? Tell me I'm alone in this and I swear, I won't bother you again. And if it means that I have to be a better man to be worthy of you and Liam, you'll find me working on it ».


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MessageSujet: Re: 04. and after all, you're my wonderwall   Jeu 24 Jan - 15:18

Santana ramena son bras contre elle, tentant d'ignorer la douleur sourde qui irradiait de son poignet. Une nausée naquit dans le fond de sa gorge tandis que tout son corps se mettait à trembler. À travers ses larmes, elle perçut le visage d'Aaron, déformé par la douleur et la tristesse. Tout ceci n'était qu'un cauchemar. Bientôt, elle se réveillerait, bien au chaud au fond de son lit, et lorsqu'elle parlerait à Aaron de son rêve, il lui offrirait ce rire qu'elle aimait tant et se moquerait gentiment de son imagination débordante. Santana ferma les yeux avec force, ne prenant pas garde aux larmes qui dévalaient ses joues ni aux sanglots irrépressibles et bruyants qui secouaient sa poitrine. Elle garda les paupières closes, priant tous les dieux et plus encore pour que tout s'arrête, pour que cette soirée ne soit juste qu'une affabulation et rien de plus. Mais elle pouvait encore entendre la respiration hachée de Aaron, et son corps tendu la faisait toujours souffrir. La voix sourde et étouffée du jeune homme la fit brusquement ouvrir les yeux, et elle ne put empêcher le petit gémissement de désespoir qui quitta ses lèvres tremblantes. Tout cela était bien réel, particulièrement les yeux froids, presque sans vie, du Cubain, tandis qu'il répondait de façon presque mécanique à sa question.

Et tandis qu'elle l'écoutait le plus calmement possible, elle dût se retenir pour ne pas crier. Elle avait envie de lui hurler qu'il n'avait pas besoin de se faire du mal de la sorte. Qu'il méritait bien mieux que des combats anonymes, qu'il n'avait pas besoin d'éprouver de la souffrance pour exister. Qu'elle était là pour lui, qu'elle ferait tout pour qu'il se sente bien. Elle voulait lui dire combien il comptait pour elle, comment un de ses sourires pouvait illuminer sa journée, que le fait qu'elle pense à lui faisait naitre une expression de bonheur sur ses lèvres et qu'un simple contact semblait réchauffer tout son être. Elle fit un pas en sa direction avant de se raviser en entendant la suite de son discours. Il n'avait pas confiance en elle, voilà pourquoi il ne lui avait jamais rien dit. Elle lui aurait confié sa vie sans se poser de question, mais lui ne trouvait pas le courage de lui avouer ses secrets. Ce fut plus fort qu'elle : Santana détourna le regard, tandis qu'une nouvelle vague de larmes emplissait ses yeux fatigués. Elle voulait lui dire de se taire, qu'elle en avait assez entendu et qu'elle comprenait maintenant qu'il n'y avait des sentiments que de son côté à elle, mais le sanglot tapi dans le creux de sa gorge l'en empêcha. Aaron ne s'arrêta pas, bien au contraire.

Les mots du Cubain mirent un certain temps à atteindre son cerveau, mais lorsqu'elle comprit enfin ce qu'il venait de dire, qu'il était venu chez elle parce que c'était le seul endroit où il souhaitait être, ici, avec elle, ses yeux s'écarquillèrent et elle se tourna de nouveau vers lui. Le visage d'Aaron était obscurcit par la détresse, et Santana pouvait voir combien ses yeux la suppliait. De l'écouter, de lui pardonner, de lui parler, elle ne savait pas vraiment. Mais lorsqu'Aaron fit un pas hésitant en sa direction, comme s'il avait peur qu'elle le repousse ou qu'elle s'enfuit, elle déglutit avec difficulté avant de se rapprocher tout doucement de lui. Elle garda ses bras bien serrés contre sa poitrine et ne prononça pas le moindre mot, mais elle plongea ses yeux dans les siens et attendit, priant presque pour que la situation cesse de ressembler à son pire cauchemar. Ses paroles l'atteignirent en plein cœur et avant même qu'elle n'ait le temps de les contrôler, les larmes glissèrent de ses yeux avant de dévaler ses joues rougies, son corps secoué de sanglots silencieux. Aaron la regardait avec un mélange d'espoir et de tristesse, et elle était incapable de parler. Elle se contenta de le fixer tandis que les gouttes salés tombaient par dizaine sur ses bras nus. Elle savait qu'elle était loin d'être attirante, le visage écarlate et inondé par les larmes, mais elle n'avait même pas la force de se cacher. Le discours d'Aaron tournait dans son esprit tel un leitmotiv à la fois libérateur et douloureux.

Santana se contenta de secouer la tête presque frénétiquement avant de combler la distance qui les séparait. Elle courut presque pour se réfugier contre lui et elle oublia les blessures du jeune homme l'espace d'un instant tandis que ses bras se refermait autour de la taille d'Aaron. Elle respira à pleins poumons l'odeur rassurante du Cubain avant de se reculer légèrement, prenant alors conscience du corps meurtri de Aaron. « Désolée. » murmura-t-elle avant de poser la main sur la joue du jeune homme. Elle fit lentement glisser ses doigts le long de la blessure qui ornait sa pommette. « Je... » souffla-t-elle avant que sa voix ne la trahisse de nouveau. Elle n'arrivait plus à parler. She wanted to use the L word so much right now, but she knew she couldn't. C'était trop tôt, elle-même n'était pas sûre du nom à mettre sur ses sentiments, bien qu'elle savait que ce qu'elle éprouvait pour lui dépassait tout ce qu'elle avait pu ressentir pour ses conquêtes passées. Alors elle se hissa sur la pointe des pieds et posa ses lèvres contre celles de Aaron. Elle n'approfondit pas le baiser. Malgré ce qu'elle venait d'entendre, une partie d'elle doutait encore des intentions du jeune homme à son égard. Mais par ce baiser elle voulait qu'il comprenne qu'elle avait besoin de lui, qu'elle ne voulait pas qu'il disparaisse de sa vie. Jamais. « Je ne veux pas te perdre. » chuchota-t-elle contre ses lèvres, laissant retomber ses bras le long de son corps. Une énième larme s'échappa et elle cligna des yeux avant de les fermer. Elle attendit. Un geste, un mot, n'importe quoi qui pourrait réellement confirmer que ce qui se passait en ce moment même était bien la concrétisation de leur couple. La peur lui fit retenir sa respiration et malgré elle Santana se serra encore davantage contre le torse de Aaron, ses mains se refermant en deux poings douloureux contre ses hanches.
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MessageSujet: Re: 04. and after all, you're my wonderwall   Dim 31 Mar - 19:01

Le souffle d'Aaron s'épuisa aussi subitement qu'une brise dans le désert une fois son discours terminé. Comme si cet effort de transparence l'avait drainé de toute énergie. Durant quelques instants, il se tînt aussi droit qu'immobile à quelques pas de la jeune femme, comme s'il eût craint de voir le moindre de ses mouvements interprété de la mauvaise manière et d'y récolter une réaction répulsive. Sa poitrine dénudée couverte d'ecchymoses se soulevait irrégulièrement, mais c'était le dernier de ses soucis à présent : les lèvres entrouvertes, son attention était entièrement consacrée à Santana qu'il contemplait sans ciller avec une expression mêlant tristesse et espoir. Elle pleurait à grosses larmes qui dévalaient la courbe de ses joues à vitesse grand V et même ainsi il ne put s'empêcher de remarquer à quel point elle était belle. Une beauté diamétralement différente de celle qu'elle revêtait chaque matin avant de prendre la route de St-Rita. Son coeur se serra et durant une fraction de seconde, il se surprit à prier tous les dieux connus et méconnus d'emporter le poids qui pesait sur celui de la jeune femme. Il ne méritait certainement pas les larmes qu'elle versait pour lui. Un picotement aux coins de ses paupières : il redressa momentanément le menton en se mordant la lèvre inférieure en espérant réussir à chasser les larmes qui menaçaient de lui échapper à son tour. Clairement, ç'avait été une soirée riche en évènements. Et s'il prétendait durant la plus grande partie de son temps d'être imperméable à ce genre de choses, ce n'était qu'un masque qu'il avait passé des années à rendre infaillible. Cependant, ce n'était ni l'affrontement qu'il avait opéré quelques heures plus tôt, ni même les blessures qui recouvraient son corps qui l'avait repoussé jusqu'aux limites de son sang-froid. C'était elle.

Il étouffa un glapissement de douleur lorsqu'elle vînt se blottir contre lui avec force. Ses bras se refermèrent instantanément sur elle et il enfouit son visage dans ses cheveux en fermant les yeux. And suddenly, everything was fine. Il aurait souhaité pouvoir rester ainsi indéfiniment, bercé par les parfums exotiques qui émanaient de sa peau et de ses boucles brunes. Ils s'écartèrent légèrement l'un de l'autre de manière à pouvoir se faire face sans avoir à se détacher de cette étreinte. Elle s'excusa à demi-voix pour son manque de délicatesse avant de caresser la pommette meurtrie du Cubain du bout des doigts, traçant une ligne tiède sur sa peau froide. Ça n'avait strictement rien de commun avec la fièvre qui avait incendié chaque pore de sa peau lorsqu'il s'était retrouvé dans l'arène. Non, cette chaleur-là était bien plus apaisante, bien plus saine et un court soupir inaudible quitta enfin ses lèvres, évacuant les dernières bribes de tension qui l'habitait encore. Il ne répondit pas, cependant. Dans un geste très lent –et il la vît le suivre du regard– il tendit les doigts vers la pince qui retenait ses cheveux dans un chignon négligé et les laissa finalement cascader avec grâce sur les épaules de la jeune femme en laissant tomber l'accessoire sur le canapé derrière lui. Il n'avait jamais compris pourquoi elle s'embêtait à les regrouper dans une queue de cheval, lorsqu'ils encadraient son visage de manière aussi plaisante. Sa main droite glissa sur la joue de Santana et vînt s'attarder à la naissance de sa clavicule qu'il caressa distraitement du bout du pouce, les pupilles dardées dans les siennes. Elle se hissa sur la pointe de ses pieds et déposa ses lèvres sur les siennes.

« Je ne veux pas te perdre, murmura-t-elle avec douceur.
Aaron se figea malgré lui. Durant un très court instant, la révélation de la jeune femme l'exila dans un silence temporaire alimenté de la confusion qu'elle venait de lui apporter. Comment pouvait-elle ressentir une chose pareille au propos d'un homme qui se pointait devant chez elle à minuit passé with a beat-up-scary-face ? Comment avait-elle réussit à réunir suffisamment de courage pour l'avouer à haute voix ? Il sentit sa gorge s'assécher tandis qu'il réalisait tout ce que cela pouvait impliquer et il la serra un peu plus fort contre lui. — You won't. I'm not goin' anywhere, répondit-il d'une voix éraillée. Il marqua une pause, observant ses propres mots. How much for the truth ? Did he actually felt this way ? Ses pulsations cardiaques s'accélérèrent lorsqu'il réalisa qu'en effet, c'était ce qu'il avait éprouvé jusqu'à présent sans prendre le temps d'y mettre un nom. Il se pencha légèrement en avant les yeux grands ouverts. And he kissed her slowly, very softly, scellant une promesse indicible.
The L word s'écrasa contre la frontière de ses lèvres.



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