Choriste du mois


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 04. Let's go back to the start.

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Ecaterina S. Robertson
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Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
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MessageSujet: 04. Let's go back to the start.   04. Let's go back to the start. EmptySam 16 Juin - 21:09

L’accalmie retombée en début de soirée sur la rue des vieux quartiers fut soudain transpercée par un éclat de rire provenant du restaurant situé près de la librairie. Sortit la première, Ecaterina se retourna pour regarder son père qui vint la serrer dans ses bras. Il l’embrassa sur les joues, soupirant de contentement en respirant son parfum sucré à pleines narines. Ça ne faisait que quelques heures qu’il était arrivé en ville, pourtant, il devait déjà reprendre la route. Le dîner qui venait de se dérouler était passé vite, si bien qu’elle ne s’était pas aperçue qu’une majorité de clients avaient déjà quitté les lieux lorsqu’ils décidèrent eux-mêmes de partir. Dorian vint rejoindre son père et sa petite sœur en glissant sa tête entre leurs épaules étroitement collées, posant ses mains massives sur la taille de la blonde qui lui laissa de l’espace. Il en profita pour lui murmurer un mot au creux de son oreille – mot qui la toucha au point qu’elle sentit des larmes border ses yeux. Les Robertson n’avaient pas connus que des moments heureux, mais ils étaient restés soudés. La distance n’avait pas d’importance, il suffisait d’une seule soirée pour qu’ils rechargent leur batterie. Leur vision de la famille était déroutante, ils avaient toujours fonctionné de cette façon. Ecaterina leur en avait voulu, elle les avait détestés de lui avoir menti, de l’avoir laissée seule pendant toutes ces années, mais elle ne pouvait pas se résoudre à ne plus les aimer pour si peu, alors que d’un autre côté, elle n’avait eu aucun mal à oublier qu’Annabelle n’était pas seulement son manager. Peut-être était-ce injuste, seulement il s’agissait d’un retour de bâton logique : là où sa mère avait laissé des séquelles, l’humiliant sans arrêt, ils tentaient de les estomper grâce à leur bonne humeur n’oubliant jamais de la complimenter au passage. Ecaterina se décolla de son père en inspirant une profonde bouffée d’air, repoussa le bras de son frère puis lança un regard humide par-dessus son épaule pour fixer Gale qu’elle avait convié à ce dîner. Cat savait que l’attitude qu’elle avait eue ce soir devait le surprendre. Elle admirait tellement son père que dès qu’il avait posé le pied dans le restaurant, ses yeux s’étaient illuminés d’un millier de petites étoiles. C’était son père, ce n’était pas juste un homme qu’elle avait connu et qui lui avait inculqué des valeurs qu’elle essayait de respecter ; son sang coulait dans ses veines. Il s’était néanmoins fait un plaisir de relater avec malice nombre de ses frasques. Ecaterina, polie à souhait, n’avait même pas tenté de se défendre. Elle s'était contentée de lui lancer des regards éloquents en se cachant le visage, gênée par la naïveté dont elle faisait preuve lorsqu’elle était enfant. Il n’y avait eu aucun malaise avec le jeune homme, son père semblait même beaucoup l’apprécier malgré le fait qu’il n’était qu’un bon ami de sa fille (son père la connaissait, il n’était pas dupe ; de simples amis ne se regardaient pas de cette façon). Il avait d’abord essayé de jouer le papa sévère en le questionnant sur sa vie et ses études. Ce n’était pas dans sa nature de froncer les sourcils dans l’espoir de se donner un air de papa protecteur, il avait donc vite cessé son petit manège. Dorian, quant à lui, avait bien essayé de pointer du doigt leur complicité. Il s’était même engagé sur une pente savonneuse en parlant mariage histoire d’analyser leur réaction. Cette fois-ci, la blondinette ne s’était pas gênée pour le gratifier d’un coup d’escarpin dans le tibia. Il s’était vengé en conséquence, racontant tous ses petits secrets.

Il faisait froid dehors, mais la chaleur se dégageant de son père lui évita de frissonner. Postée sur ses deux pieds, Cat reporta son regard sur lui alors qu’il lui attrapa le visage à deux mains, la contemplant littéralement dans la pénombre. C’était étrange, elle avait la sensation qu’il était fière d’elle pour des raisons qu’elle ne comprenait pas ; elle n’allait plus à la fac, sa vie était un désastre. Elle aurait voulu lui dire d’arrêter de la regarder de cette manière, d’ouvrir les yeux sur la personne qu’elle était, mais le sentiment de réconfort qu’elle ressentait était bien trop agréable pour qu’elle ne pas brise tous ses espoirs maintenant. Elle se raccrocha à l’idée qu’il avait encore toute la vie devant lui pour se rendre compte qu’elle n’avait pas d’avenir. Le regardant avec tendresse, elle consentit pourtant à baisser les yeux quand sa main vint replacer une mèche derrière son oreille.

« Je ne te chasse pas, mais je crois que ton taxi commence à s’impatienter. » Ils lancèrent un regard à la voiture postée devant l’entrée du restaurant. Le chauffeur à l’intérieur tapait si fort sur le volant que l’engin vacillait sous l’effet des coups réguliers. Cat se mit à rire devant la réaction de son père qui roula des yeux sans chercher à se cacher « Tu devrais penser à passer ton permis. Peut-être qu’on se verrait plus souvent si tu avais ta propre voiture. » Il lui toucha le bout du nez, et de son ton habituel – doux, chaleureux – il lui répondit « Je vais y penser, promis. Mais toi, tu as ton permis, jeune fille… » Il n’eut pas besoin de terminer sa phrase ; elle baissa la tête en fronçant le nez, se sentant un chouïa coupable « J’ai… tu sais, j’ai une vie très remplie, papa. » Il lança un furtif regard en direction de Gale, le toisant sans animosité, puis se redressa dans un sourire naturel « J’ai cru le comprendre. Il faut que jeunesse se fasse, si j’avais encore ton âge, je… » Ecaterina releva soudain la tête, les yeux grands ouverts « Papa, pas encore, je t'en prie. T’imaginer fumer de l’herbe dans les épis de maïs en compagnie de la femme du fermier texan, ça a quelque de chose de traumatisant. C'est poétique, mais traumatisant. » Elle hésita avant de rire, attendant que son père le fasse avant elle. Le monde autour ne semblait plus exister. Elle savait que Dorian et Gale étaient justes à côté, mais pour une fois, leur présence ne valait pas celle de son père « Allez, princesse, c’est l’heure. »

Il déposa un baiser sur son front puis marcha vers Gale pour lui serrer chaleureusement la main. Il le regarda longtemps, comme s’il voulait lui faire passer un message par le regard pendant que Dorian ouvrit la portière du taxi (il voulait en profiter pour se faire déposer chez lui). Cat observa la scène du coin de l’œil, silencieuse. Son père lâcha la main du jeune homme puis lui tapota sur l’épaule. Il pivota pour aller rejoindre sa voiture, et au passage, il embrassa sa fille une toute dernière fois en la serra dans ses bras. Elle eut à peine le temps de lui dire qu’elle l’aimait qu’ils s’engouffrèrent à l’arrière. Un dernier signe de la main fit monter les larmes aux yeux d’Ecaterina, et préférant se détourner de la route et de cette voiture qui s’éloignait d’elle, elle se retourna pour lui faire dos, sans regret. Cat savait qu’elle le reverrait bientôt. Tentant de retrouver bonne contenance, elle releva la tête et regarda instinctivement Gale pour échanger un sourire avec lui. Il donnait l’impression d’avoir apprécié la soirée, mais au final, ils n’avaient pas beaucoup discuté tous les deux. Elle se demandait comment il prenait le fait que l’image qu’elle avait donnée d’elle depuis leur rencontre n’était que pure comédie, et un sentiment profond de gêne s’empara brusquement d’elle. Elle laissa le silence s’installer, et frissonna en sentant le vent lui caresser le visage. Elle passa une main dans ses cheveux, attendant une minute pour être sûre que sa voix ne trahirait pas la peine qu’elle éprouvait.

« Je crois qu’il t’aime bien. » finit-elle par dire « Ou alors il a drôlement bien joué la comédie. » Elle dévia son regard, la gorgée nouée malgré sa plaisanterie. Se mordant la lèvre, elle pointa du doigt le vide derrière elle « Je voudrais passer une seconde à la librairie, tu n’es pas obligé de rester si tu veux rentrer. » En effet, pendant le dîner, son père avait parlé de l’un de ses livres – celui qui effrayait le plus Cat. Elle avait senti que Gale ne voyait pas de quoi ils parlaient, il avait avoué qu’il ne le connaissait pas. De fait, elle voulait vérifier s’il était en rayon pour lui en faire cadeau. C’était idiot, mais elle voulait qu’il comprenne pourquoi elle en avait peur, au point de ne plus dormir sans veilleuse. Son sourire s’élargit, elle baissa la main, murmurant avec incertitude « Tu peux m’accompagner, » Elle ne termina pas sa phrase, secouant la tête pour répéter « mais tu n’es pas obligé, il est déjà… » Elle leva son poignet, releva sa manche pour regarder l’heure sur sa montre « très tard ! » Levant les yeux, elle le regarda un instant. De nouveau, elle pointa le vide derrière et fit un pas à reculons pour commencer son chemin « J’y vais alors. Tu… » Elle continua sur deux pas puis elle s’arrêta en plein milieu de la route, ne lâchant pas Gale du regard. Elle en avait assez de tortiller. Cat avait envie qu’il l’accompagne, elle ne voulait pas qu’ils se quittent maintenant. Son père était parti, Dorian aussi ; elle avait besoin qu’il reste. Alors, elle pencha la tête sur le côté, et dit sans détour « Viens avec moi. » Elle joignit les mains sous son menton, mimant la prière dans une fausse mine suppliante « Juste une seconde, c’est juré. » Elle patienta à peine (c’était trop lui demander) et d’une petite voix, elle ajouta « S’il te plaît, Gale. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Mar 21 Aoû - 13:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. Let's go back to the start.   04. Let's go back to the start. EmptyJeu 21 Juin - 2:28

La cloche de la porte du restaurant tira le jeune garçon de son petit nuage tandis qu’un sourire radieux éclaira son visage. Suivant le mouvement, Gale sortit dans la ruelle déserte avec des semelles de plomb : il ne pouvait réprimer une pointe de chagrin à l’idée que cette soirée se termine déjà. L’appréhension qu’il avait ressentie à l’approche de ce dîner semblait bien ridicule, à présent, tant il était tenté de croire que tout s’était déroulé à merveille—les éclats de rire devant lui confirmaient cette nette impression. Il avait assisté à une réunion familiale aux premières loges, un spectacle d’affection qui l’avait énormément touché. Il ne comprenait toujours pas pourquoi Ecaterina l’avait invité—il ne faisait pas partie du cercle familial et encore moins depuis qu’il avait rompu avec la blondinette—mais il était heureux et reconnaissant qu’elle l’eût fait. Faire la rencontre du père de la jeune femme était une occasion qu’il n’aurait voulu manquer pour rien au monde.

Il comprenait désormais toutes les louanges qu’avait pu lui faire Cat à propos de son père : c’était un personnage extraordinaire. Il dégageait quelque chose de très réconfortant, une chaleur humaine qui avait rapidement suscité l’admiration du blondinet—celui-ci avait d’ailleurs consenti à répondre à la moindre de ses questions sans l’ombre d’une hésitation, une première. Le garçon s’était sinon montré discret, évitant au possible de perturber ce rituel de retrouvailles, ce qui ne l’avait pas empêché d’écouter d’une oreille attentive tous les détails embarrassants que Gabreel Robertson avait glissé à son attention concernant sa fille. Il avait beaucoup ri, d’autant que Dorian ne s’était pas gêné pour en rajouter une couche. Pourtant, il s’était interdit de se moquer d’elle. Sa propre enfance regorgeait de ce genre d’anecdotes ridicules et gênantes à souhait et mettre le doigt sur ces petites imperfections de la jeune femme avait quelque chose de très plaisant—c’était comme s’il la redécouvrait.

L’heure était hélas déjà aux au revoir, et planté sur le trottoir, le blondinet observa d’un œil émerveillé Dorian enrouler ses bras autour de son père et de sa sœur enlacés. Gale connaissait un bon morceau de l’histoire des Robertson pour savoir qu’elle n’était pas toute rose, et pourtant cette accolade familiale montrait qu’ils étaient plus unis que jamais—c’était très émouvant. Le jeune homme souriait bêtement, rêvant de s’immiscer au milieu de tout ce beau monde pour une raison qu’il ignorait mais refit surface lorsque le visage de la blondinette se tourna vers lui. Il lui adressa un sourire, poursuivant sa contemplation discrètement. Ils ne s’étaient pas énormément parlés durant la soirée mais les regards qu’ils avaient échangés avaient suffi à le rassurer : il avait fait ce qu’il fallait. Il s’était aussi poliment gardé de répondre aux allusions douteuses de Dorian les concernant tous les deux : son père, lui, avait au moins fait semblant de croire à cette amitié.

De là où il se trouvait Gale ne percevait que quelques paroles mais il comprit qu’il était temps pour les deux hommes de partir—curieusement, il eut un pincement au cœur. Il entreprit de s’avancer pour les saluer mais le père d’Ecaterina s’approcha le premier pour lui tendre sa poignée de main. « Bon retour », murmura chaleureusement Gale tout en esquissant un sourire qui en disait long sur le respect qui lui vouait. Le regard intense que lui lança l’homme en retour fit naître un doute chez le blondinet qui doubla d’ampleur lorsqu’il crut apercevoir un clin d’œil, mais son sourire (le même que sa fille) le rassura et dissipa un peu son malaise. Ils restèrent plantés face à face une bonne minute puis Gabreel lui tapota sur l’épaule avant de retourner vers sa fille. Gale, troublé et infiniment penaud, eut seulement la présence d’esprit de sourire. Ils ne se reverraient peut-être jamais mais le blondinet se sentait étrangement serein. Ce regard voulait forcément dire quelque chose.

Les deux hommes se glissèrent à l’arrière du véhicule qui démarra aussitôt la portière fermée, laissant la jeune femme seule sur le bord du trottoir. Lentement, Gale s’approcha d’elle. Il vit naitre une sourire sur son visage dont les traits semblaient pourtant teintés de chagrin : il la connaissait suffisamment pour démasquer cette vaine tentative de sauver les apparences—cette vilaine manie était de retour. Elle brisa le silence en avouant qui son père semblait l’apprécier, ce qui fit sourire le jeune homme. Balançant sa tête fièrement, il adopta un air faussement présomptueux pour finalement se résigner à esquisser un sourire presque gêné. « Ton père est quelqu’un de fabuleux, je sais maintenant d’où tu tiens cette qualité » lui souffla-t-il. Elle ne serait certainement pas d’accord avec lui mais quelque chose lui faisait penser qu’elle n’oserait pas le contredire.

Au lieu de ça, Cat l’invita à se rendre à la librairie avec elle. Ou plutôt, le supplia : le jeune homme eut à peine le temps de feindre la réflexion que la blondinette joignait déjà ses mains sous son menton en posant un regard suppliant sur lui. Il ne put résister très longtemps et s’approcha d’elle, entourant de ses grandes mains les siennes, glacées. « Hé, du calme, je ne te lâche pas », répondit-il d’une voix réconfortante. Soudain troublé, il rompit le contact sans pour autant la lâcher de son regard bienveillant. Il se doutait que voir repartir son père devait l’affecter bien plus qu’elle ne le laissait paraître et il refusait de laisser seule. S’il devait pour ça la suivre jusqu’à la librairie, ça ne le dérangeait pas : il gardait toujours très bons souvenirs de cet endroit.

Ils se mirent rapidement en route sans pour autant hâter le pas, bravant le froid qui les martelait à cette heure du soir. Les mains réfugiées dans les poches, Gale poussa légèrement la jeune fille d’un faible coup d’épaule pour capter son attention. « Merci pour ça, au fait. J’ai passé une très bonne soirée » lui avoua-t-il tout en fixant le sol. « Ton frère et ses allusions lourdingues n'auront pas tout gâché, en fin de compte ! ». Elle comprenait parfaitement de quoi il parlait : l’aîné Robertson avait carrément demandé à blondinet ce qu’il pensait du mariage au beau milieu du dessert—et ce avec une subtilité et une diplomatie renversantes. Mais au final, il s’en était plutôt bien sorti, relativement doué en matière d’improvisation. « J’espère que je ne t’ai pas trop fait honte », précisa-t-il. Elle l’avait rassuré sur le fait que son père avait l’air de l’apprécier mais il ignorait ce que elle avait pensé de lui. Il releva la tête en distinguant l’entrée de la librairie à quelques mètres en face d’eux, et balaya la ruelle calme du regard. « J'avoue que c'était difficile l'air de rien », lui dit-il en lui lançant un regard enjoué la fit s’arrêter avant de traverser l’allée. « Beh oui ! J'étais loin de me douter que tu étais une vraie féline, dans ton enfance. Quel choc ! ».
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 04. Let's go back to the start.   04. Let's go back to the start. EmptyJeu 21 Juin - 22:05

Vue de l’extérieur, la présence du jeune homme pouvait en effet paraître déplacée. Il s’agissait de retrouvailles familiales pleines d’amour et de tendresse, l’ex-petit ami de la cadette ne devait logiquement pas être le bienvenu, surtout après une rupture aussi douloureuse que la leur. Pourtant c’était la cadette en question qui l’avait invité sans s’interroger au préalable, sans même imaginer une seule seconde que la situation puisse être gênante ou difficile à gérer pour lui, pour elle, pour eux. Ecaterina avait confiance en son père. Même si elle savait que Dorian ne s’embarrasserait pas de beaux discours bien construits pour remettre leur couple sur le tapis, son père lui, tempérerait les choses en détournant le sujet avec brio. C’était ce qu’il s’était passé, Ecaterina ne s’était pas trompée. La soirée avait été excellente, et malgré les tentatives habiles de son frère aîné pour leur faire admettre que cette rupture s’apparentait à la pire (ou la meilleure, selon le point de vue) blague de l’année, ils ne s’étaient pas laissé démonter en continuant d’agir comme de parfaits bons amis. Dieu sait pourtant qu’elle avait eu envie de lui prendre la main plusieurs fois sous la table, juste pour lui faire savoir qu’elle se sentait bien et qu’elle était heureuse qu’il soit avec elle, mais elle avait tenu bon. Cette invitation avait été impulsive ; portée par la joie de cette réunion fortuite dans les couloirs de l’OSU, soulagée par la tournure que prenaient les évènements, Ecaterina avait fait le premier pas, profitant du fait qu’ils avaient explicitement partagé leur désir de rester en contact, et même de redevenir amis. Plus que ravie du bon déroulement de ce rendez-vous familial, Cat ne regrettait pas de l’avoir invité, au contraire. Aussi, elle connaissait Gale. Il avait beau avoir été parfait pendant toute la durée de ce dîner – même si elle n’était pas prête d’oublier ses quelques regards moqueurs et encore moins ses nombreux éclats de rire suite aux révélations des deux Robertson littéralement ligués contre elle –, il devait se poser des questions sur les raisons qui l’avaient poussée à l’inviter. Ecaterina reconnaissait qu’elle n’avait pas d’argument à lui fournir et s’il lui posait directement la question, elle lui répondrait sans détour qu’elle avait juste eu envie qu’il soit là.

Même si cette soirée s’était bien passée, le départ de son père (elle reverrait Dorian dès le lendemain, elle n’en doutait pas) l’avait violemment fait redescendre sur Terre, et en se tournant vers le jeune homme, elle s’entêta à vouloir retrouver ce visage fermé qu’elle arborait lorsqu’elle était contrariée. C’était idiot parce qu’elle avait donné une toute nouvelle image d’elle, ce soir. Gale avait appris des choses à son sujet, le regardant boire les paroles de son père et réagir face à ces anecdotes ridicules, elle avait comme l’impression que ses petits travers ne lui déplaisaient pas. Ecaterina n’avait plus besoin de faire semblant, la comédie avait assez duré. Cette invitation lui avait permis de se départir de la lourde tâche d’admettre enfin qu’elle était bien plus fragile qu’elle ne l’était et qu’au fond, elle était toujours une petite fille prête à croire tout ce qu’on lui racontait. Cat avait été très honnête avec Gale dès le début, les raisons de leur rupture le prouvaient, d’ailleurs. Mais elle continuait à garder une attitude froide, impassible même avec lui, c’était une mauvaise habitude qu’elle devait perdre. Les moments où elle se montrait plus douce se faisaient rares quand elle y songeait. Elle pensait naïvement que ça lui rendait service, mais c’était tout à son déshonneur en réalité. Toujours est-il qu’elle savait maintenant qu’elle ne trompait plus personne, pas après cette soirée. Gale ne croirait plus à sa comédie, elle était percée à jour, pour de bon. Pas de retour en arrière possible, pas de regrets ; elle l’avait invité en toute connaissance de cause, en sachant pertinemment que son père et son frère ne résisteraient pas à l’envie de lui raconter son histoire à leur manière. Ecaterina était fatiguée de jouer, ils lui avaient mâché le travail et du plus profond de son petit cœur, elle les remerciait. Les choses seraient nettement plus faciles pour elle désormais.

Souhaitant faire un détour par la librairie, c’est dans ce tout nouvel état d’esprit (combien de temps cela durerait-il, elle ne savait pas, mais elle était bien décidée à en profiter) que Cat proposa à Gale de l’accompagner, usant d’une tactique qui n’était pas courante chez elle : la supplication. La librairie, cet endroit avait une signification particulière pour eux, mais sur le moment elle n’y pensa pas, enthousiaste à l’idée de s’y rendre brièvement pour retrouver ce bouquin qu’elle voulait lui offrir. La nuit était tombée depuis bien longtemps, c’était le week-end, mais elle fit avant tout mine de s’inquiéter de l’heure tardive pour finalement cesser son manège et ouvertement lui demander de venir avec elle. Lorsqu’il s’approcha d’elle, Ecaterina lui sourit, farouchement convaincue qu’il ne la laisserait pas s’y rendre seule de toute façon. Elle fut néanmoins surprise par son geste et ses mains entourant les siennes. C’était leur premier contact de la soirée, et il avait attendu que son père ne soit plus présent pour l’en gratifier, ce n’était qu’un détail, mais elle appréciait. Elle ne se laissa pas troubler pour autant, calme et encore sous l’effet de toutes les émotions qu’elle avait ressenties au cours de la soirée. Et commençant son chemin, elle pinça les lèvres quand Gale la poussa légèrement d’un coup d’épaule, la remerciant au passage.

« Merci à toi d’être venu. Ça aurait été différent si tu n’avais pas été là. » Elle pencha la tête, lui touchant chaleureusement l’épaule. Elle détourna le regard pour venir le planter tout en haut d’un réverbère allumé, récupéra sa main, puis ajouta « Et c’est sincère, je ne me sentais pas capable d’affronter ça toute seule. » Elle disait vrai. C’était la première fois qu’elle revoyait son père et son frère en même temps depuis qu’elle avait appris cinq ans plus tôt qu’ils s’étaient plus ou moins joués d’elle. Si Gale n’était pas venu, elle aurait eu beaucoup plus de mal à contenir sa rancœur. Sa présence avait eu pour effet de l’apaiser, elle ne lui dirait pas, mais elle savait qu’avec cette simple phrase, il le comprendrait. Repoussant une mèche de cheveux, elle émit un rire ; elle se retint de l’insulter à voix haute, mais son frère aîné paierait son insistance. Glissant une main dans son sac pour chercher du bout des doigts les clefs de la librairie, elle retourna son joli minois vers Gale alors qu’il reprenait la parole « Tu as été très bien, vraiment. Très loquace, j’ai été surprise… » Soucieuse qu’il le prenne mal, elle secoua la tête pour reprendre, souriant en même temps « Agréablement surprise. » Sentant le froid des clefs sur ses doigts, elle les sortit de son sac et les fit remuer devant ses yeux « Trouvées. » Et s’engagea dans l’allée pour s’avancer vers la porte. Sauf qu’elle fut stoppée nette par les propos du jeune homme.

Ouvrant graduellement la bouche sous le choc, la blondinette se retourna très lentement, pivotant sur les talons de ses escarpins, les yeux brillants d’embarras. Elle savait que le mystère englobant le fait que tout le monde l’appelait Cat serait étalé au grand jour tôt ou tard. Malheureusement pour elle, Dorian s’était fait un plaisir de révéler au début du dîner que, lorsqu’elle était enfant, la petite fille s’était retrouvée la victime d’une crise identitaire qui avait duré un moment et pendant laquelle elle se prenait pour le chat de la maison. Se déplaçant à quatre pattes, passant son temps à lécher son entourage et à ronronner, miauler et feuler pour exprimer son mécontentement, c’était son frère qui avait fini par contracter son long prénom en un diminutif qui lui allait à merveille : Cat. Regardant Gale la mine mi-amusée, mi-embarrassée, Cat passa sa langue sur ses dents parfaitement alignées avant de fermer la bouche et de secouer la tête, résignée. Elle se retourna pour aller ouvrir la porte de la librairie d’un pas étonnamment rapide en se défendant avec détermination :

« Okay, j’avais trois ans. J’étais gamine, t'as pas le droit d’utiliser ça contre moi. C’est déloyal, Hemmens. » Ecaterina inséra la clef dans la serrure, tourna plusieurs fois avant d’ouvrir la porte en grand, libérant le passage. Elle se retourna, laissa Gale s’approcher pour qu’il entre, mais ne le laissa pas passer le seuil ; elle le stoppa d’une main ferme sur la poitrine, le défiant presque du regard « On va faire quelque chose, si tu es d’accord. » Se redressant de toute sa (petite) taille, elle dégagea à deux mains son visage de ses longs cheveux blonds, tendit son petit doigt devant elle, attendant que le jeune homme fasse de même, mais voyant qu’il ne réagissait pas, elle lui attrapa le poignet pour qu’il lève la main tout comme elle « Le serment du petit doigt : tu jures que tu ne raconteras jamais ça à personne. Même pas à Dwayne et Caleb ou Finn ou même ton père ou n’importe qui. Jamais de la vie, même sous la torture, tu garderas ce secret. » Elle crocheta le petit doigt du jeune homme avec le sien, mais il garda le silence. Trépignant sur place, elle ne put s'empêcher de lui donner un petite frappe sur l’épaule pour qu’il accélère le mouvement « Allez, tu jures ! »

Il jura. Ecaterina laissa son regard plongé dans le sien, resserrant l’étreinte de son petit doigt et balançant leurs mains jointes en rythme. Elle plissa les paupières comme pour déceler une lueur de mensonge dans ses yeux clairs et une fois sûre qu’il respecterait sa promesse, elle baissa sa main, le laissant récupérer la sienne et se rapprocha aussitôt de lui. Elle se hissa rapidement sur la pointe des pieds pour venir lui lécher d’un coup de langue parfaitement maîtrisé sa joue droite sur toute la longueur – de sa mâchoire à sa tempe – et dans un éclat de rire, elle se détourna de lui à toute allure, ayant peur des représailles, pour rentrer dans la librairie. Elle alluma les néons au passage, balança son sac sur le comptoir puis se dirigea en courant vers le rayon dédié à la littérature pour enfants.
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MessageSujet: Re: 04. Let's go back to the start.   04. Let's go back to the start. EmptyDim 24 Juin - 23:07

Le jeune homme était d’une mauvaise foi sans nom : il avait oublié sans le moindre scrupule la promesse qu’il s’était faite il n’y avait même pas une demi-heure de cela—sans foi ni loi, il s’était moqué de la jeune femme en mettant sur le tapis l’une des anecdotes que son frère et son père avaient pris un malin plaisir à lui détailler. C’était plus fort que lui, garder tout ça pour lui et faire comme s’il n’avait rien entendu relevait de l’impossible et cette situation alambiquée dans laquelle il se trouvait (à savoir, être l’ami modèle qui en sait beaucoup plus que de raison à propos de l’intéressée) le forçait à se retrancher dans la seule chose qui lui était encore permise : son ironie mordante. Si cette tentative douteuse de détourner la conversation agaçait la blondinette, il se sentait malgré tout soulagé qu’elle lui livre des impressions semblables aux siennes concernant ce dîner : il avait bien agi. Il ne pouvait pas en dire autant de sa blague qui eut l’air, en seulement quelques secondes, d’outrer la jeune femme au plus haut point. Ne pouvant réprimer un sourire goguenard face à son air étonné, il se prépara mentalement à recevoir en échange des remontrances largement méritées.

Elles se firent moins sévères qu’il ne l’avait imaginé ce qui manqua presque de le faire culpabiliser—mais non, le blondinet ne se démonta pas. Fier d’avoir fait mouche, il la suivit jusqu’au seuil de la porte et d’un geste vif et presque machinal, Cat l’ouvrit en grand. Sans piper mot, il fit un pas en avant pour pénétrer dans la librairie, mais la jeune femme se tourna subitement vers lui pour lui bloquer le passage de toute sa petitesse. Elle lui fit jurer de garder ça pour lui, ce qui, curieusement, la rendit plus attendrissante encore aux yeux du garçon—elle dut insister pour le faire plier. Cat n’avait pas besoin de ça, et elle le savait. Gale accordait beaucoup trop d’importance à ce genre d’information la concernant, si anodine soit-elle, pour délibérément les partager avec quelqu’un. C’était sans doute idiot de penser ça, mais il avait beaucoup trop trimé pour dénicher ces petites anecdotes : il mettrait un point d’honneur à en garder l’exclusivité le plus longtemps possible. Elle n’avait donc rien à craindre, avec lui ses secrets seraient bien gardés. Mais il préféra garder ce raisonnement tordu pour lui, la laissant replier son petit doigt sur le sien. Il reprit un air volontairement plus sérieux pour l’occasion.

Ce fut à son tour d’écarquiller les yeux et d’ouvrir la bouche en grand lorsqu’il sentit, l’instant d’après, la langue humide de la jeune fille parcourir sa joue droite sur toute sa longueur. Il se remercia mentalement d’avoir eu le réflexe d’afficher un air pantois parce que, au fond, ça n’était pas de l’embarras ni même de la gêne que ce geste inattendu avait fait germer en lui—c’était un désir. Qui s’envola lorsqu’il reprit ses esprits en voyant la silhouette de la blondinette gambader face à lui pour disparaître derrière les premiers rayons de livres—il avait eu quelques frissons. Gale ignorait ce que signifiait ce geste, ni même s’il signifiait quelque chose pour elle, il espérait simplement qu’elle s’imaginait à quel point tout ça rendait la tâche difficile. Il se souvenait à merveille de la conversation qu’il avait eu dans ce vieil amphi le mois dernier : il ne se rappelait pas d’une close autorisant ce genre de marque d’affection un peu bizarre dans leur pacte d’amitié. Clairement, elle venait de déraper, mais il ne pouvait pas lui en vouloir. Il n’osait même pas s’imaginer ce qu’il aurait pu faire si elle était restée près de lui à cet instant précis et, si ce danger constant commençait vraiment à l’effrayer, il était rassuré de voir que ça n’était pas difficile que pour lui.

Il porta le plat de sa main sur son visage pour en retirer la bave et s’aperçut au contact de sa peau que celle-ci était brûlante : sans s’en rendre compte, Gale avait rougi. C’était trop tard pour espérer que cela passe, il se résigna donc à entrer dans la boutique et ferma fébrilement la porte derrière lui. Aussitôt à l’intérieur, il sentit la chaleur se répandre sur son visage ce qui confirma sa théorie : il était rouge comme une pivoine. D’un pas timide, il se fraya un chemin jusqu’à l’allée centrale, de laquelle il put de nouveau couver la jeune fille du regard. Il s’avança d’avantage, comptant sur le semblant d’ombre offerte par les étagères pour cacher ses joues rouges. Concentrée sur sa recherche, Ecaterina ne sembla pas remarquer sa présence et Gale s’éclaircit la gorge avant de prendre la parole, d’une voix éraillée. « Qu’est-ce qu’il fait chaud ici », affirma-t-il tout en déboutonnant sa chemise pour laisser apparaître une simple fente qui offrait une vue sur son torse. « C’est pas très classe mais j’espère que ça ne te dérange pas. Je crève de chaud », renchérit-il.

Après ce petit coup de langue sorti de nulle part, il n’avait pas l’impression d’exagérer—c’était guère la première fois que Cat apercevait son torse nu, loin de là. Passant une main dans ses cheveux pour les recoiffer d’un geste incertain, il crut préférable de ne pas s’appesantir sur la question. Il reprit : « Tu es sûre qu’on ne risque rien ? Je sais que ton patron est conciliant mais je doute qu’il apprécie que tu viennes dans sa boutique à cette heure-là. Avec un garçon … » Réalisant l’ambiguïté de ses mots lorsque le regard de la jeune fille se braqua sur lui, il leva les mains en l’air pour tenter de se rattraper « …un ami ! ». Un sourire gêné tira ses lèvres, puis il pivota sur ses talons pour éviter de se donner davantage en spectacle. Dos à la jeune femme, il sonda du regard les rayons attenants à celui dont Cat parcourait les cotes de livres. Cela faisait longtemps qu’il n’était pas entré jusqu’ici, les seules fois où il était passé chercher Cat après son travail il s’était arrêté au comptoir de la caisse pour essayer de la déconcentrer dans son comptage des recettes journalières. Sa contemplation fut interrompue par un décor familier dans le fond de la rangée d’en face—une vulgaire table happa son regard. Des souvenirs ressurgirent d’un coup, si bien qu’il se surprit à s’exclamer, plein d’entrain : « Hé mais ! C’est notre endroit ! » puis il saisit délicatement le poignet libre de la blondinette pour capter son attention.


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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 04. Let's go back to the start.   04. Let's go back to the start. EmptyLun 25 Juin - 21:21

Parfois, on reprochait à Cat de ne pas se comporter aussi naturellement qu’elle était censée le faire. Elle le reconnaissait : elle dépensait une énergie folle à contrôler ses gestes de tendresse envers autrui principalement par crainte d’en abuser. C’était d’autant plus difficile qu’elle était le genre d’individu à avoir un besoin vital de contacts avec les gens qu’elle aimait. Il n’y avait qu’avec Gale qu’elle n’essayait pas de se contenir en permanence. Elle l’avait trop souvent fait après leur rencontre et lorsqu’ils étaient ensemble, elle s’était dit que ça ne devait pas le gêner d’être avec une fille à la caresse facile. Ce soir, elle était trop heureuse pour réfléchir, elle ne voulait pas analyser le moindre de ses faits et gestes. Elle regrettait le départ de son père, elle ne pouvait pas prétendre le contraire, mais cette soirée lui avait fait tellement de bien. Elle ne pouvait pas se permettre de s’apitoyer sur son sort, elle n'en avait pas envie. Le geste qu’elle avait eu envers Gale n’était pas significatif, néanmoins. Il s’agissait d’une farce de mauvais goût, mais qui lui en voudrait ? Elle avait saisi la perche qu’il lui avait tendue en remettant cette anecdote sur le tapis, voilà tout. Elle ne s’était pas imaginé que cela pouvait le mettre dans l’embarras. Ils étaient amis, non ? Ce geste n’était pas à proprement parlé affectueux, ce n’était pas une invitation non plus. Cat l’avait fait pour s’amuser, et trottinant jusqu’à une rangée de livres à quelques mètres de l’entrée, elle chassa vite ce geste impulsif de sa mémoire pour se concentrer sur sa quête.

Cat connaissait bien la librairie. Seulement avec toute cette excitation, elle mit un temps fou avant de pouvoir se concentrer de nouveau. Son père n’écrivait pas que des livres pour enfants, il écrivait aussi des nouvelles pour adultes beaucoup plus effrayantes que la simple histoire du monstre du placard. Il était reconnu et avait même gagné des prix. Défaisant la ceinture de son trench, la jeune femme plissa les paupières dans un effort de concentration. Marchant le long de l’allée bordée d’étagères, elle s’arrêta finalement devant le rayon qui l’intéressait. Elle perçut les pas de Gale lui indiquant qu’il était entré à son tour dans la librairie. Il ne semblait pas lui en vouloir, c’était une bonne chose et souriant bêtement en songeant à l’expression de son visage lorsqu’elle avait osé lui lécher la joue, elle lâcha même un rire concis avant de se redresser, s’obligeant à se concentrer pour de bon sur les livres qui s’étalaient devant ses yeux. C’est la voix chaude de Gale qui la fit sortir de sa contemplation. Le bout de ses doigts frôlant les titres des livres devant elle, elle cessa sa poursuite pour tourner son visage dans sa direction. Elle eut un moment d’absence en le voyant déboutonner sa chemise sans explication au départ « Du calme, Cat. » se somma-t-elle intérieurement. Inspirant une discrète bouffée d’air tiède qui ne l’aida en rien à s’apaiser, elle passa sa langue sur ses lèvres brûlantes, redoutant la suite. Ecaterina se savait dotée d’un seuil de tolérance élevé – elle se félicita d’avoir refusé tous les verres de vin que son père lui avait proposés parce que les choses auraient été différentes si elle était sortie de cette soirée avec de l’alcool dans le sang. La libraire avait confiance en elle ce soir, et s’il voulait se déshabiller pour se sentir à l’aise, libre à lui. Il n’y avait pas de quoi s’affoler, vraiment pas. Pourtant, sans qu’elle ne puisse faire autrement, son regard glissa instinctivement le long de son buste, et s’aventurant dangereusement près du bout de chair qu’elle apercevait de là où elle se trouvait, elle entrouvrit graduellement la bouche pour s’exprimer et pencha la tête, souriant de toutes ses dents.

« Mais pas de problème, Gale. Tu peux même l’enlever si cette chaleur t'est vraiment vraaaaiment insupportable. » Lui répondit-elle, pince-sans-rire. Elle paraissait bien plus confiante qu’elle ne l’était, la vision de Gale déboutonnant sa chemise lui avait à elle aussi donné un petit coup de chaud. Reportant son attention sur les ouvrages qui l’intéressaient, elle fit mine de rien. Ecaterina avait l’impression que le livre qu’elle cherchait n’était plus disponible dans ce rayon. Elle essaya alors de se souvenir s’il était encore en réserve mais ses pensées semblaient brouillées. Elle préféra se remémorer toutes les fois où elle avait eu l’occasion de voir Gale torse nu. De toutes celles où elle ne s’était pas retenue de le toucher pour le réconforter ou quémander un peu d’attention de sa part… Et retenant sa respiration dans sa poitrine qui se soulevait dangereusement, elle lança un regard en biais au jeune homme avant qu’il ne reprenne la parole, ce qui lui donna une échappatoire à ses pensées vagabondes. Cat ébaucha pourtant un sourire et prenant appui sur l’une de ses jambes, elle s’appuya contre l’étagère, amusée par les propos de son ami – comme il s’était lui-même qualifié « Qu’est-ce qu’il risquerait de faire, de me virer ? » Murmura-t-elle précipitamment, gardant bonne contenance malgré tout. Elle se redressa et tendit la main vers lui pour venir avec une extrême délicatesse, plisser la boutonnière de sa chemise ouverte. Le regardant les yeux mi-clos, elle poursuivit « Ça m’est égal, Hemmens. Rien ne viendra gâcher cette soirée. » Elle tritura avec ses doigts les boutons de sa chemise, laissant son regard vadrouiller sur ce qu'elle entrapercevait « Et puis on en a juste pour une minute, pas vrai ? » Ecaterina finit par lâcher prise, tapotant sur sa poitrine avec détachement et s'empressa de faire un pas de côté pour de nouveau feindre la recherche.

Recherches qu'elle se résigna à abandonner. Ce livre n’était pas disponible – c’était tant pis. La seule chose qu’elle regrettait, c’était la fin de sa soirée avec Gale. Cette visite à la librairie ne devait pas durer plus d’une minute, la perspective de rentrer chez elle après ce dîner estompa peu à peu tout l’enthousiasme qui la maintenait encore sur ses deux pieds malgré la fatigue qui commençait à terrasser ses membres. Elle voulut d’ailleurs porter sa main libre à ses lèvres pour étouffer un bâillement, mais fut surprise par la façon dont son ami lui saisit le poignet. Elle leva la tête et se pencha pour regarder l’endroit qu’il lui désignait. Comment avait-elle pu l’oublier ? Elle comprenait maintenant pourquoi cette vague de chaleur agréable et ce sentiment étrange de déjà-vu. Ecaterina battit des cils un instant, hésitante. Elle n’admettrait pas en présence du jeune homme que lorsqu’elle était seule dans la boutique c’était dans cet endroit qu’elle passait son temps. Rien n’avait changé : les meubles étaient les mêmes, la section était rangée de la même manière et à chaque fois qu’elle s'y arrêtait, elle devenait instantanément nostalgique. C’était le temps du lycée ; le temps où tout était facile, où Seth n’existait pas ; le temps où elle était persuadée de ne jamais quitter cette ville. Fronçant le nez, Ecaterina lui attrapa spontanément la main pour l’emmener tout droit vers le rayon, alors qu’il garda son poignet dans son autre main. Elle marcha à reculons, le tirant quasiment pour qu’il avance avec elle. C’était peut-être dangereux de s’y rendre, surtout après l’épisode de la chemise, mais elle savait qu’elle pouvait le gérer, il le fallait. Une fois arrivée, Cat lâcha la main de Gale, se retourna après avoir récupéré son poignet, puis fit un pas pour y pénétrer.

« Si je pouvais revenir en arrière, je choisirais ce moment sans hésiter : notre soirée à la librairie. » Avoua-t-elle à voix basse, accentuant la profondeur de son ton naturellement grave « Avec du recul, je crois que j’aurais fait les choses différemment. » Ajouta-t-elle, vague. Elle lui lança un regard en coin « Pas toi ? » Et le poussa pour lui faire perdre l'équilibre. Réprimant son rire, Cat glissa une mèche de cheveux derrière son oreille pendant que son cœur se mit à battre plus fort et elle se retourna derechef pour embrasser la section du regard. La blondinette gardait une vision très précise des évènements. Elle se souvenait de l’entrée de Gale dans la boutique, de leur discussion et du moment où elle avait cessé de renier l’évidence. C’était ici qu’elle avait accepté le fait qu’elle était bel et bien amoureuse de lui. Cette soirée qui s’était déroulée cinq ans plus tôt avait été déterminante pour elle. Jetant une œillade par la fenêtre en face, elle s’attendit à voir un éclair zébrer le ciel sombre – cette pensée la fit sourire davantage. Se mordant la lèvre inférieure, elle retira enfin son manteau, le posa précautionneusement sur la table avant de marcher quelques pas pour rejoindre l’étagère à côté. Cependant son regard fut happé par cette grosse marche de bois qu’elle utilisait encore pour atteindre les rayons les plus hauts, et à petits pas, s’y précipita pour grimper dessus en faisant attention de ne pas chuter avec ses talons aux pieds et pivota vers Gale. Elle ne trouva rien à lui dire, elle le regarda juste un très long moment, sans sourire, sans même chercher à lui faire passer un message par le regard. Elle était bien trop occupée à essayer de refouler ses souvenirs, car au final, ils étaient bien plus douloureux qu’elle ne l’avait imaginé ; ils étaient revenus au point de départ.
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MessageSujet: Re: 04. Let's go back to the start.   04. Let's go back to the start. EmptyMar 31 Juil - 20:33

Lorsque la jeune femme l’invita à retirer sa chemise, Gale se contenta de secouer vigoureusement la tête, la mine toujours enjouée et les joues brûlantes. Il n’était pas vraiment gêné par la présence de la blondinette—elle l’avait déjà aperçu plus ou moins vêtu, il ne ressentait plus une pudeur aussi forte devant elle—mais plutôt par la crainte qu’une tierce personne pût les surprendre dans une situation compromettante. Il refusait d’être la source d’ennuis pour la blondinette : elle pouvait dire ce qu’elle voulait, il savait très bien qu’elle tenait à garder son travail. C’était malgré tout touchant de la savoir prêtre à prendre le risque, si bien que Gale se surprit à avancer un peu plus vers elle, hélas trop occupée à poursuivre sa recherche qu’il ne considérait désormais plus que comme un prétexte pour rester avec elle un peu plus longtemps. Il ne fallait pas s’y méprendre, il estimait déjà avoir passé une excellente soirée (peut-être même l’une de ses meilleures depuis plusieurs mois) mais se retrouver en tête à tête avec Cat après s’être abstenu de lui parler à longueur de temps l’obligeait à vouloir en profiter autant qu’il le pouvait—il avait encore beaucoup de sentiments pour elle, quoiqu’il en dise.

Cette histoire d’amitié restait un compromis très boiteux. Certes, ils avaient depuis leur réconciliation réapprit à se connaître sans nécessairement se voir étouffés par toutes les contraintes de leur relation amoureuse passée (le blondinet se savait très fautif, sur ce plan-là), c’était tout de même difficile de se résoudre à refouler toutes les petites marques de tendresses ou mots doux dont l’un comme l’autre étaient friands. Dépité à cette pensée, il baissa la tête un court instant. Il se demandait comment auraient été les choses, si le dialogue qu’ils entretenaient à cet instant avait pu s’installer plus tôt entre eux—se cœur se serra, le timing n’était pas en leur faveur, clairement. Ses idées noires furent chassées par la douce voix de la libraire qui, de son pas léger, le fit se redresser. Alors que ses yeux auraient logiquement dû se braquer vers les doigts fins qui virent tripoter la boutonnière de sa chemise, son regard se dirigea sur les lèvres de la jeune femme, puis sur ses yeux. Troublé par cette proximité tentatrice, son pouls s’accéléra, et sa respiration avec. C’était pitoyable, il se sentait revenir à l’époque du lycée, face à une Cat terriblement mystérieuse et si réconfortante à la fois. Il devait se reprendre.

Par le plus grand des hasards, il reconnut du coin de l’œil l’endroit où il s’était rendu, cinq ans plus tôt, après qu’un orage grondant éclate et le pousse ainsi à venir s’abriter dans la seule boutique encore ouverte. Ironiquement, c’était l’un des meilleurs souvenirs qu’il gardait avec la blondinette, même après toutes les soirées qu’ils avaient pu partager durant les derniers mois avant leur rupture. Il avait tout de même un peu honte en songeant à son attitude maladroite de l’époque mais lorsqu’il y réfléchissait de plus près, il avait rapidement déchanté : il n’était pas très différent, à cet instant-là. Ecoutant la jeune fille avec attention et la dévorant des yeux en même temps, il laissa son esprit vaguer à la pensée même de pouvoir revivre leur première rencontre inopinée à la librairie. Cat n’avait pas tort, les choses se passeraient différemment s’ils avaient l’opportunité de les changer, mais à quoi bon ? Il s’était bien souvent fait du mal après son départ, à ressasser toutes les erreurs qu’il avait commises sans pouvoir les réparer, il refusait de souffrir à nouveau pour rien. Prenant à l’image de la blondinette un ton calme et étonnamment solennel, il esquissa un sourire gêné avant de répondre : « Je ne sais pas si tu avais remarqué mais j’étais très nerveux ce soir-là. Tu me fascinais beaucoup ». Et sans trop savoir pourquoi, il se rattrapa aussitôt : « c’est toujours les cas » .

« Il y a beaucoup de choses que j’aurais aimé faire différemment, tu sais » , ajouta-t-il, plus songeur mais les yeux toujours plongés dans le bleu de ceux de son interlocutrice « Je me suis souvent demandé comment tout se serait passé si j’avais osé t’embrasser ce soir-là. J’en avais tellement envie » , avoua-t-il. « Mais ce qui est fait est fait, pas vrai ? Et même si dans notre cas, tout ne s’est pas très bien terminé, ça reste aussi l’un de mes meilleurs souvenirs avec toi » . Sans réfléchir, il rejoignit la jeune femme perchée sur la marche pour le simple plaisir de la sentir près de lui. Il avait très envie de la serrer contre lui, presque déprimé par toutes ces pensées douloureuses mais elle était beaucoup trop haute pour qu’il puisse espérer serrer autre chose que ses fines jambes. Alors, il lui lança plutôt un regard appuyé rempli de douceur, et laissa le silence s’installer pendant quelques longues secondes avant de poursuivre, avec plus d’entrain : « On peut essayer de rejouer la scène, tu ne crois pas ? Je veux dire… je n’essaierai pas de t’embrasser mais je me souviens de ce jeu que tu avais lancé, celui de questions. Tu te rappelles ? » . Un hochement de la part de son amie suffit à lui redonner le sourire—ils avaient les mêmes souvenirs précis. « J’ai pris une longueur d’avance, ce soir. On n’a qu’à dire que tu poses les questions et que c’est moi qui réponds. Qu’en dis-tu ? » .
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 04. Let's go back to the start.   04. Let's go back to the start. EmptyJeu 2 Aoû - 18:12

Prenant de la distance pour s’enfoncer dans le vaste rayon bordé d’ouvrages, Ecaterina jugea après coup que sa démarche était maladroite. Pousser Gale à revenir sur les lieux de la confirmation implicite de leur attirance mutuelle, ce n’était pas judicieux. Ça s’avérait même être assez dangereux. Elle avait beau se donner les moyens pour respecter la promesse qu’ils s’étaient faite, la douleur causée par leur rupture était encore vive. Ils avaient en plus tendance à oublier que leur amitié passée n’avait duré que quelques semaines, se soldant par un baiser et un « je t’aime » auquel elle n’avait pas répondu. Se jurer amitié semblait être la décision la plus stupide qu’ils n’avaient jamais prise. Si la situation s’envenimait, aucun d’eux n’aurait les épaules assez solides pour assumer les conséquences d’un autre départ. Parce que c’était ce qu’il se passerait : l’un d’entre eux partirait, probablement Cat. Le retour en arrière serait inenvisageable, ils vivraient toute leur vie avec le poids de cet échec sur la conscience, vivant des histoires à demi-sérieuses dans lesquelles ils ne s’impliqueraient pas. Tout ça, Ecaterina l’avait déjà vécu. Les brides de souvenirs qui construisaient leur histoire surgissant quelquefois, ça restait une épreuve difficile à surmonter. Peut-être un peu moins pour elle depuis qu’ils se revoyaient régulièrement, comblant son manque de lui. Bien qu’elle savait qu’en dépassant la limite qui séparait cette section du reste, nombre de souvenirs se réveilleraient, elle ne put se résoudre à revenir sur ses pas. Cet endroit exerçait un pouvoir sur elle qu’elle n’expliquait pas, c’était pour cette raison qu’elle y passait plus de temps que nécessaire durant ses heures de travail. Cat aurait pu tout mettre en œuvre pour ne plus avoir à y remettre les pieds, mais ce n’était pas professionnel. Elle ne pouvait pas déserter sous prétexte que ça la tuait de songer que cette soirée avait marqué un tournant décisif dans sa façon d’envisager son amitié avec Gale et que si elle avait été moins farouche, toute sa vie en aurait été influencée. Cela dit, se retrouver dans cet espace ne la faisait pas que souffrir. Elle aimait se souvenir de détails qui la faisaient sourire aujourd’hui ; leur maladresse et ses vaines tentatives de s’éloigner pour finalement toujours revenir vers Gale, ayant le besoin irrationnel d’être toute proche de lui. À cette époque, leur soi-disant amitié était à son apogée. Au fond, elle aspirait à retrouver tout ça. Ecaterina avait la sensation que c’était lorsqu’ils n’étaient pas ensemble que les choses se déroulaient de façon quasi idyllique. Ils n’avaient pas le lourd poids de devoir bien faire, ils avaient le droit de commettre des erreurs sans que ça ne leur coûte leur cœur ou leur dignité. Elle préférait occulter le fait qu’échanger ne serait ce qu’un regard avec lui relevait de la torture, car elle avait envie de l’embrasser depuis leurs retrouvailles à l’OSU, mais cette restriction logique n’était pas plus mal. Elle s’y tiendrait, même si c’était cruel. Elle restait cependant anxieuse à l’idée de rompre ce pacte d’harmonie purement amical. Purement hypocrite aussi, puisqu’ils faisaient peut-être leur possible pour se gratifier de petites tapes dans le dos en cherchant à détecter les penchants sexuels de Finn (qui restaient discutables, Cat avait sa théorie là-dessus) autour d’un pot de glace, ça ne changerait rien au fait que de son côté, elle nourrissait toujours de profonds sentiments à l’égard de son « ami ».

Bien que rétorquer sur le fait qu’elle le fascinait fût tentant (il venait de l’admettre, faisant naître chez elle un embarras assez prononcé qui entraîna le tripotage incontrôlé de ses cheveux, ça n’avait pas changé en cinq ans), elle s’en garda, préférant lui répondre par un sourire. Enroulant ses pointes dorées autour de ses doigts, Ecaterina releva le menton et, instinctivement, ses pupilles cherchèrent celles de Gale. Elle l’écouta reprendre, toujours très attentive lorsqu’il s’exprimait, sa voix faisant partie des petites choses qu’elle adorait et s’adossant sensiblement contre l’étagère, elle accrocha enfin son regard qu’elle ne lâcha pas. Reconnaissant lui aussi qu’il aurait aimé faire les choses autrement, Cat n’attendit pas qu’il développe sa pensée, elle lui ôta la parole « J’avais envie de t’embrasser. » Sa voix dominant celle de Gale, elle perçut tout de même ses paroles – les mêmes que les siennes. Lâchant sa mèche, surprise, ses yeux bleus s’illuminèrent pendant que son sourire s’agrandit « J’allais le faire, avant que tu ne partes. J’ai abandonné l’idée pour te faire une accolade ridicule, j’étais morte de trouille. » Riant en reportant son attention sur le plafond, elle continua « Je dis toujours que je me fiche de ce que les autres pensent de moi, mais ce que toi tu penses de moi, c’est important. Ça l’était déjà à l’époque et je ne savais pas ce que tu pensais de moi, ni comment tu le prendrais si je faisais le premier pas. » Elle baissa de nouveau les yeux pour venir les planter directement dans les siens « Tu as toujours été difficile à cerner. » Ecaterina se tut alors, laissant un court silence s’imposer avant qu’il conclût. Elle prit le temps de l’appuyer, hochant la tête sans grande conviction néanmoins « Ce qui est fait est fait. », se sentant soudainement inconfortable juchée à cette hauteur.

S’apprêtant à changer de sujet pour éviter que le malaise ne s’installe, la blonde voulut lui dire que si elle avait souhaité passer à la librairie, c’était dans l’espoir de lui offrir l’un des livres de son père. Elle l’avait laissé dans le brouillard le plus complet concernant cette visite nocturne, elle estimait qu’il avait bien le droit de savoir le fin mot de l’histoire, même si l’éclaircir sur le sujet mettait fin à ce tête-à-tête. Aussi elle n’eut pas l’occasion de l’en informer qu’il s’approcha. Ses yeux se posèrent sur l’entrebâillement dangereux de sa chemise, et elle regarda promptement sur sa gauche, coupable. Se raidissant au plus qu’il se rapprochait, son cœur manqua une pulsation. Ecaterina fut néanmoins ravie d’être à cette hauteur – elle était plus grande que lui, une satisfaction personnelle qui la fit frétiller intérieurement – pour ne pas avoir à affronter ce regard (qui déjà d’ordinaire la plongeait dans quelques songes tout à fait innocents) empreint d’une tendresse qui lui forma des fourmillements dans son ventre. Pour distancer l’émoi dans lequel elle ne tarderait pas à se trouver, Ecaterina releva le menton, cambra les reins avec feinte arrogance et descendit de sa marche élégamment, prenant même le risque de passer ses doigts dans les cheveux du jeune homme pour ne pas le mettre sur la piste de son trouble grandissant. Mais ses cheveux étaient beaucoup trop doux et elle retira vivement sa main, la passant de fait dans les siens qu’elle trouva bien secs en comparaison. Faisant claquer ses talons sur le vieux bois, elle serra les dents, interdite, s’intimant de ne pas se laisser déstabiliser par sa présence qu’elle avait très bien su gérer toute la soirée, mais force était de constater que l’ambiance feutrée de la librairie, ses souvenirs et cette vision aguichante ne la laissait pas indifférente. Seulement, son petit jeu de dupe ne dura pas. La voix de Gale (qui la fit sursauter) l’obligea à se retourner pour le regarder bien en face, la chaleur lui montant lentement au visage : il lui proposa un autre jeu ; celui qu’elle avait instauré cinq ans plus tôt pour combler l’ennui et le garder plus longtemps avec elle. Opinant du chef pour lui faire comprendre qu’elle se souvenait parfaitement, sautant sur l’occasion pour dissimuler son visage et ses émotions, elle pivota sur ses pieds et vint s’asseoir sur la table en silence. Ecaterina sentit le froid de la surface lisse sur sa peau et elle croisa les jambes. Passant le dos de ses mains sur ses joues brûlantes, elle prit un certain temps pour se reprendre, se sommant avec virulence de garder son sang-froid. Elle y parvint, non sans mal, et joignit les mains devant elle, reconsidérant la situation.

« Attends, » elle se redressa, penchant la tête avec suspicion « Tu me proposes de te poser des questions ? À ton sujet, sans craindre de te voir froncer les sourcils d’un air désapprobateur ? » Elle le toisa avec insistance, « Mais qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Gale Hemmens ! » lança-t-elle théâtralement, terminant par un rire franc qui chassa définitivement toutes les traces de son affolement impromptu. Décidément, elle était vraiment douée pour jouer la comédie. Passant sa langue sur ses lèvres, les mordant au passage, elle le regarda de nouveau en plissant les yeux « Tu as changé, j’aime le nouveau toi. » Elle ne s’attarda pas sur ses propos, ni même sur l’expression qu’arborait le jeune homme et se pencha en avant pour retirer l’une de ses chaussures qui tomba sur le sol dans un bruit étouffé, « C’est tentant, mais je crois que ce n’est pas une bonne idée. » Elle se remit brièvement droite, remuant les orteils puis retira son autre chaussure avant de recroiser les jambes, dégageant les cheveux de son visage d’un geste fluide « Les choses n’ont pas fonctionné entre nous, parce qu’on passait notre temps à vouloir apprendre à connaître l’autre en lui posant des questions sur son passé. Comme toi et moi on est plutôt réfractaires à l’idée de se confier, toi sur ta vie à Vernon, moi sur mon enfance, c’était une situation sans issue et on finissait par créer des conflits qui n’avaient pas lieu d’être. C’est pour ça que je pense que rejouer à ce jeu n’est pas une bonne idée, on vit dans le passé. » analysa-t-elle, lucide. Ses lèvres s’étirèrent graduellement, détaillant son visage au loin. Elle fixa sa bouche, détourna les yeux aussitôt avant de rentrer la tête dans ses épaules, chuchotant avec empressement « Garde ta longueur d’avance, Hemmens, et laissons faire la spontanéité. C’est ça le secret de l’amitié. » Même si l’ironie était perceptible dans le ton rauque de sa voix, comme si elle était la seule à saisir le sens d’une plaisanterie, elle n’en restait pas moins sincère, elle se sentit pourtant obligée d’ajouter mi-figue mi-raisin « Tu me révéleras le prénom de ta première petite amie quand tu seras prêt, ce n’est pas ur… » Un clapotis régulier martela la vitrine derrière elle, la faisant se stopper nette. Par réflexe, Cat tourna la tête par-dessus son épaule pour regarder à travers la vitre ruisselante d’eau : il pleuvait.
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MessageSujet: Re: 04. Let's go back to the start.   04. Let's go back to the start. EmptyLun 20 Aoû - 18:56

Laisser le sérieux de côté pour remettre leur petit jeu d’adolescents sur le tapis pouvait paraître stupide—et ça l’était. Mais cet endroit semblait nourrir chez Gale et Cat une nostalgie si forte que le blondinet savait pertinemment qu’elle ne le lui reprocherait pas : la mélancolie faisait indubitablement partie de leurs points communs. Elle était, à ce titre, la seule à vraiment connaître cette partie-là de sa personnalité, son côté enfantin ; le reste du temps, il pouvait se targuer d’agir en adulte mûr et parfois presque trop sérieux, c’était clairement ce qui le caractérisait. Sa laisser aller de la sorte, ne pas s’entêter à bien faire exerçait un réel pouvoir cathartique sur lui. Alors pourquoi diable était-il si nerveux, si gêné ? Il ne fallait pas chercher bien longtemps pour comprendre : avec la nostalgie ressurgissaient les vestiges de ses sentiments passés pour la jeune femme. Sentiments qui, ajoutés à ceux qu’il éprouvait encore depuis leur séparation, le mettaient dans une situation tout bonnement insoutenable, faisant accélérer à chaque nouveau regard échangé les pulsations de son cœur mis à rude épreuve. Se confier permettrait, il l’espérait, de calmer ses ardeurs en le forçant à se reconcentrer. Il n’envisageait pour l’heure aucune autre alternative pour refouler tous les désirs qui se bousculaient dans son cerveau en manque d’affection et menaçaient de le faire franchir la limite à tout moment.

Les révélations de la jeune femme l’avaient beaucoup attendri. Au risque de paraître ridicule, il trouvait réconfortant de savoir que ses sentiments amoureux de l’époque étaient partagés—il se fichait bien de savoir s’il y avait, ou non, prescription depuis. Ce qui, paradoxalement, avait fait naitre en lui une sensation désagréable de regret, à l’idée que son mutisme d’adolescent fût le responsable de leur relation tardive et, pour le coup, catastrophique. Son sourire s’illumina malgré tout en réponse à la remarque suivante de Cat à son égard : elle semblait noter et apprécier les efforts qu’il faisait. Et lui aussi en était satisfait : si l’on fermait les yeux sur les frissons ressentis à la sensation des doigts de Cat dans ses cheveux, tout chez lui paraissait presque normal, naturel. Penaud, sa main gauche de fraya maladroitement un chemin vers la nuque pendant que son regard, teinté d’une fierté presque enfantine, se posa sur celui de la jeune femme. Il s’éclaircit la voix : « Je ne sais pas si j’ai changé, mais disons que j’ai compris pas mal de choses », expliqua-t-il en étirant brièvement son sourire modeste. « Et j’ai bien l’impression que je ne suis pas le seul. C’était troublant de te voir si différente, pendant le dîner. Dans le bon sens, j’entends ». Il porta ses doigts moites sur son front pour faire mine de le frotter. « Tu as changé aussi, pas seulement ce soir. Et si tu veux mon avis d’ami, ça te réussit bien. » C’est fou ce qu’une rupture peut vous faire, conclut-il dans sa tête avec amertume.

A son plus grand désarroi, elle déclina sa proposition tout en expliquant pourquoi : Gale baissa honteusement la tête, il était évident qu’elle avait raison. Ce qui ne le dérangeait pas outre mesure puisque, amitié dépourvue de sentiments amoureux oblige, il n’avait pas à s’excuser de cette entreprise maladroite comme il aimait particulièrement le faire à chacune de ses boulettes à répétition (l’un de seuls bons côtés de leur marché, si on pouvait parler de marché). Il ne répondit rien, ahuri, se contentant de méditer sur la dernière remarque de la libraire qu’il dévorait littéralement du regard sans la moindre gêne. La spontanéité, c’était une chose pour laquelle il n’était pas vraiment doué et pourtant il y aspirait beaucoup depuis peu—il faisait du mieux qu’il pouvait. Par le passé, c’était sans aucun doute ce qui lui avait fait le plus défaut : à vouloir trop bien faire il avait souvent perdu de vue une chose pourtant fondamentale : la prise de risque. C’est sur cette pensée qu’il s’approcha de la jeune femme, assise sur la table face à lui et dont chaque mouvement de ses fines jambes attisait davantage ses ardeurs. Si elle ne voulait pas l’assommer de questions comme à l’époque, elle n’avait pas refusé sa proposition de rejouer la scène pour autant—alors, profitant du regard détourné de la blondinette vers la fenêtre derrière elle, il ôta sa chemise qui tomba au sol.

C’était débile, il ne savait pas vraiment pourquoi il venait de faire ça (à l’époque, il s’était retrouvé torse nu par accident) mais à chaque nouveau pas qu’il franchissait, le rapprochant dangereusement de l’objet de son désir, il s’interdisait de réfléchir. Il ne voulait pas que ça lui porte préjudice à nouveau, alors docilement, il écoutait ce que son cerveau lui dictait. « C’est un signe », glissa-t-il pour briser le silence, remarquant le martellement étrangement familier de la pluie contre la vitre. Elle se retourna pour lui faire face, eut l’air étonnée mais resta silencieuse. Son sourire béat aux lèvres (qu’espérait-il, au juste ?), le jeune homme continuait sur sa lancée, jusqu’à se retrouver debout, face à Ecaterina toujours perchée sur la table. « Je n’y arrive pas, Cat. La promesse qu’on s’est faite dans cet amphi, je ne sais pas si je peux la tenir. J’essaie, je te promets du fond du cœur que j’essaie mais garder mes mains dans mes poches commence vraiment à devenir difficile, surtout dans cet endroit ». Dangereusement, il colla ses jambes contre celles de Cat et se pencha vers elle, le regard presque désolé. « Comment est-ce que je suis censé être un parfait et simple ami quand la seule chose dont j’ai envie c’est… » La jeune fille se redressa à cet instant et Gale n’eut pas le temps d’achever sa phrase : passant sa main délicatement derrière l’oreille de Cat, il pressa ses lèvres contre les siennes. S’ensuivit un baiser langoureux durant lequel le blondinet retrouva une saveur perdue. Sentant la langue de Cat caresser la sienne avec passion, un torrent de frisson se propagea sur son torse sur lequel ses fines mains exerçaient une agréable pression. Lorsqu’il songeait à l’issue de ce dérapage consenti, Gale n’était autant inquiet qu’il aurait dû l’être. Après tout, ne faisaient-ils pas que reprendre la scène où elle s’était arrêtée cinq ans plus tôt ?


Dernière édition par Gale Hemmens le Mar 21 Aoû - 9:34, édité 1 fois
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Ecaterina S. Robertson
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MessageSujet: Re: 04. Let's go back to the start.   04. Let's go back to the start. EmptyMar 21 Aoû - 0:43

Si elle aussi avait changé ? Pas vraiment. C’était certain que cette rupture l’avait rendue plus vulnérable que jamais. Elle s’était enfoncée dans un marasme que seule Charlie avait su transpercer, mais mis à part ça, elle restait la même. Du moins, en quelque sorte, car ce qu’elle présentait habituellement, ce n’était pas elle. Elle avait compris que c’était inutile de se donner une image qui ne reflétait pas la réalité, le jeu avait assez duré. Elle avait mis beaucoup de temps à l’assimiler. Elle n’était pas cette fille qu’elle prétendait être depuis des années, elle avait essayé de s’en convaincre en même temps que les autres qui contrairement à elle, étaient tombés dans le panneau. Cependant elle ne pouvait renier sa vraie nature. La véritable Ecaterina, c’était celle qu’elle avait laissée émergée durant ce dîner avec son père ; celle qui s’émerveillait devant l’annonce d’une promotion de la nouvelle épouse de ce dernier qu’elle connaissait pourtant à peine, qui rougissait quand on lui faisait un compliment ou qui s’empressait de se rendre dans la librairie dans laquelle elle travaillait, en pleine nuit, pour offrir un livre à son ex-petit ami. Elle fut touchée que le jeune homme se soit aperçu de la différence notable qu’il y avait eu, ça la rassurait beaucoup. Et malgré la proximité qu’ils avaient instaurée après leur rupture, respectant au pied de la lettre la définition du terme « séparation », il faisait toujours attention à elle. Il la regardait, pas seulement pour décrypter son ressenti, mais d’une façon qui lui fit regretter de ne pas pouvoir l’inviter à passer le reste de la nuit avec elle. C’était pour cette raison qu’elle avait invité en réalité. Puisqu’elle avait beaucoup de difficultés à s’ouvrir en temps normal, elle avait compté sur la présence de sa famille pour que les choses se passent naturellement, pour qu’elle ne se rende même pas compte qu’elle agissait d’une autre manière, car si les choses ne tenaient qu’à elle, ç’aurait été peine perdue. Cat était heureuse que son entreprise ait fonctionné, c’était un franc succès. Elle allait pouvoir arrêter de gruger sans cesse et mine de rien, c’était agréable de se sentir affranchie de cette carapace qu’elle ne supportait plus.

La pluie qui tapait contre la vitre happa son attention, si bien qu’elle tourna la tête pour la regarder s’intensifier, brouillant la netteté de la vitre qui donnait sur la rue principale des vieux quartiers. En la regardant tomber, Ecaterina s’apaisa pour de bon. Observer l’eau ruisseler le long de l’immense vitrine calma cette vague de chaleur qui s’était confrontée à son envie de ne pas perdre ses moyens, la forçant une dernière fois à jouer la comédie et lui donna une occasion qu’elle saisit sans rechigner pour ne pas affronter Gale et son regard. Il avait plu aussi, cinq ans plus tôt. C’était ce qui avait amené Gale dans la boutique, cette coïncidence la fit sourire. Serrant les genoux, elle plissa les yeux quand, encore un peu, le torrent s’accentua et qu’elle s’inquiéta soudain de devoir rentrer sous la pluie, alors que la maison de Charlie n'était qu'à quelques pas à peine de la librairie « Je crois que je suis ici pour un bout de temps. » dit-elle, visiblement amusée par les hasards de la météo. Elle haussa les sourcils en faisant la grimace, frissonna succinctement en s’imaginant prendre l’averse puis secoua la tête en retournant son visage vers le centre de la pièce « Au moins, je sais que Charlie s’occupera de moi si… »

Ecaterina, repoussant une longue mèche de cheveux en arrière tout en pivotant, se stoppa nette, haussant un peu plus encore les sourcils en voyant Gale, torse nu, s’approcher d’elle. Son regard glissa du jeune homme à sa chemise tombée au sol et elle ouvrit lentement la bouche, pantoise. Lui, il souriait, mais elle, elle ne savait pas comment réagir. Elle était étonnée, c’était le moins que l’on pouvait dire et hésita à lui demander à quoi il jouait et ce qu’il attendait-elle. Foncièrement, cette vision ne lui déplaisait pas, bien au contraire, c’était ça le problème. Elle aurait pu ne pas y réfléchir, le laisser faire ce qu’il avait dans l’idée de faire et accepter qu’ils étaient incapables de garder leurs distances, surtout après un dîner merveilleux et cette ambiance qui les ramenait à des souvenirs, des sensations qui n’avaient rien de désagréable. Elle se souvenait qu’ils avaient déjà fait les choses trop précipitamment cette année. Se mettre en couple aussitôt après leur discussion sur le toit, ça avait été une erreur qu’ils n’auraient pas commise si leurs sentiments respectifs n’aveuglaient pas leur vision des choses. Ils auraient dû apprendre à se redécouvrir avant de se lancer, ne pas rester sur l’image sans défaut qu’ils avaient gardée de leurs années lycée ; ils n’avaient jamais fait réellement connaissance, c’était ça l’ennui. Ecaterina ne voulait pas réitérer cette erreur. Elle savait que ce pacte d’amitié n’était que du pipeau, qu’il finirait bien un jour où l’autre par se remettre ensemble, tout simplement parce que c’était de cette façon qu’elle voyait les choses. Cela devait être écrit quelque part, c’était une certitude ancrée en elle. Leur réconciliation était toute fraîche, est-ce que c’était sage de succomber aussi tôt ?

Ses yeux bleus toujours rivés sur le tissu au sol, Cat le releva progressivement vers Gale qui n’interrompit pas son chemin malgré l’expression indéchiffrable sur le visage de Cat qui commençait à sentir son cœur s’accélérer et ses membres s’engourdir sous l’effet du changement brusque que prenait la tournure des événements. Il se mit alors à parler, Cat déglutit avec toutes les peines du monde puis commença dans la foulée, sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration « Gale, qu’est-ce… » Aussi, il ne lui laissa pas le temps de continuer, lui avouant que c’était trop difficile pour lui de se contenir. Elle l’imaginait, c’était très difficile pour elle aussi. Néanmoins, elle avait envie que les choses se passent différemment. Sinon à quoi bon avoir rompu, si c’était pour rejouer la même rengaine ? Les jambes croisées, Ecaterina les décroisa instinctivement quand Gale les toucha avec les siennes, se retrouvant dans une position qui lui aurait valu un renvoi in extremis de son poste d’employé dans cette boutique, et il se pencha pour se retrouver le visage tout près du sien. Si près qu'elle sentit son souffle lui caresser les lèvres. Retenant ses gestes, elle le regarda droit dans les yeux, prenant la prudence de ne pas le toucher davantage. Elle pouvait encore faire basculer la donne s’il restait à cette distance. Pour essayer d’agrandir l’écart infime entre eux, la blonde se redressa, mais Gale glissa sa main derrière son oreille et elle su derechef qu’elle n’avait aucune chance de gagner la partie : il était beaucoup trop fort pour elle.

Son premier réflexe fut de le repousser avec douceur, posant la main sur sa poitrine, cherchant à décoller ses lèvres des siennes, mais la pression de celles-ci était trop ferme pour qu’elle ne réussisse à s’en défaire. Inéluctablement, elle capitula. C’était une sensation qu’elle avait cherché à retrouver pendant leur séparation, pensant naïvement que si elle posait sa bouche contre sa propre peau, elle retrouverait cette jouissance que chacun de ses baisers lui donnait. Mais elle était loin du compte et s’approchant davantage de lui, cherchant à être encore plus proche au point de sentir son coeur battre tout près du sien, elle fit glisser ses mains le long de son buste pour les poser sur sa taille. Dans l'action, elle lui rendit son baiser, étanchant provisoirement sa soif. Le bout de ses doigts s’enlisant délicatement dans sa chair, Ecaterina consolida ses lèvres aux siennes en même temps que ses jambes autour de ses hanches, le laissant passer une main sous le tissu qui recouvrait ses cuisses. Ce baiser avait beau être magique, elle n’avait pas oublié qu’elle ne devait pas se laisser atteindre et malheureusement, si elle le laissait franchir la limite, elle n’arriverait jamais à reprendre le dessus. Se levant brusquement de la table, elle savait que sa petite taille mettrait fatalement fin à ce baiser. Surtout qu’elle était à plat, elle saisit donc cette perche sans tarder. Les pieds de nouveau au sol, leurs lèvres se séparèrent alors et Cat haleta en le repoussant pour de bon cette fois. Elle posa ses doigts sur ses propres lèvres engourdies, eut du mal à reprendre ses esprits et la voix hachée, elle dit :

« Tu ferais mieux de partir. » Évitant de le regarder, Ecaterina sentit un sentiment de frustration l’envahir – pourquoi s’était-elle arrêtée, au juste ? Qu’est-ce qui n’allait pas chez elle ? – puis elle ferma les paupières avant de passer ses deux mains dans ses longs cheveux, toujours essoufflée et passablement émoussée. Comme Gale ne semblait pas décidé à bouger, elle sécha ses lèvres avec la paume de sa main avant de se diriger, à pieds nus, vers la porte de la boutique. Ne le regardant toujours pas, elle se pencha pour attraper la poignée de la porte et l’ouvrant lentement, elle se posta à côté et lança « Maintenant, Gale. S’il te plaît. » Si elle lui demandait de partir, c'était parce qu'elle savait que s'il restait, les efforts qu'ils avaient fait depuis leurs retrouvailles à l'OSU partiraient en fumée. Elle ne voulait pas de ça, elle voulait que ça fonctionne, cette fois. Attendant qu’il se rhabille avant de sortir, elle ne lui dit pas au revoir, détournant la tête quand il s'approcha d'elle puis enfin, elle referma la porte derrière lui.

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