Choriste du mois


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 04. [Pension Preston] The Voodoo Times

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Anna L. Preston
You cannot find peace by avoiding life.
Age : 27 ans
Occupation : Entrepreneuse, photographe, assistante marketing, soeur dévouée, choriste ratée, fiancée consentante
Humeur : Progressivement maritale
Statut : Moitié d'Ainston
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MessageSujet: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyLun 2 Juil - 20:35

Les bras chargés d'un carton débordant de multiples objets non identifiés, Anna se retourna et donna un coup de hanche violent pour ouvrir la porte de sa chambre.
Elle souffla pour dégager de ses yeux les mèches de cheveux qui s'échappaient de sa queue de cheval, lui barrant le visage, et posa la caisse à terre. Les mains sur les hanches, reprenant sa respiration après sa cavalcade dans les escaliers, elle contempla le contenu de la boite avec un petit air satisfait.

-Au travail !

Il était 23h30 et la pension Preston était vide. Anna n'avait textoté personne, préférant ignorer où se trouvait sa soeur et le troisième membre de la fratrie. Santy s'étant absentée pour quelques jours avec Liam -ce qui rendait la maison beaucoup plus calme-, ne restait que Madeleine, qu'elle attendait de pied ferme.
La jeune femme refit sommairement son lit, tira les rideaux de l'immense fenêtre qui éclairait les combles la journée et alluma les nombreuses bougies dispersées dans la pièce. Parfumées, anti-bestioles, chauffe-plat, elle les collectionnait et Lexie lui disait souvent qu'elle pourrait toujours se lancer dans les brocantes et vendre son stock si jamais la galerie faisait faillite. Ce qui, elle touchait du bois, n'était heureusement pas encore prêt d'arriver !
Elle regroupa dans un coin la paperasse diverse qui s'étalait dans la chambre, récupéra quelques coussins de dessous le lit et les disposa sur le sol.
Elle se laissa tomber sur l'un d'eux et commença à trifouiller à l'intérieur de la caisse.

A vrai dire, Anna ne savait même plus comment l'idée lui était venue. Ce qu'elle savait en revanche, c'est qu'elle était assez farfelue pour recevoir l'approbation de Madeleine.
Après tout, quand on passait ses soirées libres à se déhancher -en costume !- sur des rythmes bollywoodiens endiablés, ce n'était pas une petite cérémonie vaudou qui vous faisait peur.
Elles s'étaient donc retrouvées à surfer sur ces sites internet plus ou moins légaux et plus ou moins fiables et avaient commandé deux-trois articles qui leur semblaient indispensables. De l'encens parfumé, un CD de mantras -si on pouvait les appeler ainsi- récités par un marabout certifié, une poupée et les aiguilles qui allaient avec, sans oublier une bouteille de rhum d'origine, l'alcool demeurant l'un des éléments primordiaux d'une soirée Preston réussie, qu'elle soit vaudou ou non.

En ouvrant le paquet contenant la poupée le matin même, Anna avait eu un doute. Tout était si parfait en ce moment, est-ce qu'elle tenait vraiment à tout gâcher si quoi que ce soit ratait ?
Le départ de Porter de la pension, toujours pas remplacé, avait été compliqué à gérer, mais tous les habitants avaient fini par retrouver un rythme de vie commun malgré les allers et venues des pensionnaires temporaires, amis de passage ou connaissances à dépanner, à qui ils louaient la pièce pour ne pas sombrer dans la misère la plus totale.
The Gallery aussi se portait plutôt bien et Anna n'avait pas eu à déplorer de dispute avec ses parents depuis au moins deux mois, c'est à dire quand il avait été question, ou non, d'inviter Tim au repas de Noël. Les deux jeunes gens étaient fraîchement réconciliés après leur dernière séparation et Anna n'avait eu aucune envie d'ajouter la pression britannique Prestonienne à celle qui pesait déjà au quotidien sur le couple. Un appel vidéo avait résolu pour James et Emilia Preston le conflit latent de l'absence de leur fille aînée lors du réveillon, et les choses se passaient comme sur des roulettes depuis.
Et avec Timothy donc, RAS, ce qui était assez inhabituel et pour le coup presque inquiétant quand on connaissait le couple Ainston.
Ils s'étaient tous les deux fait un belle frayeur lors d'une soirée plutôt arrosée l'hiver précédent et Anna avait l'impression qu'ils étaient sur un petit nuage depuis. Ils n'avaient certes pas cessé de se disputer, autant demander à un chat de se mettre à aboyer, mais l'un comme l'autre avait su mettre de l'eau dans son vin et ils avaient mis en place de nouvelles habitudes de pacification intensive qui portaient leurs fruits. Ils avaient même gagné ce ridicule concours de Miss et Mister Lima auquel Timothy avait tenu à ce qu'ils participent pour d'obscures raisons, ce qui lui valait les railleries sans limites de sa belle-soeur, bien fait pour lui.

Pourtant quelque chose poussait Anna à se méfier. C'était trop beau, trop parfait, et comme toujours dans de tels cas, Miss Preston préférait elle-même appuyer sur le bouton de l'auto-destruction plutôt que de laisser les choses lui exploser à la figure sans qu'elle s'y attende.
D'où le rituel vaudou de ce soir et les retrouvailles avec Madeleine, avec laquelle cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait pas partagé un moment rien que pour elles, à médire sur les incapables et les hommes (souvent les mêmes) qui les entouraient. Un vieux sweat-shirt de Tim traînait dans le coffre du pick-up d'Anna depuis des lustres et c'est en le retirant avec l'intention de le lui rendre que l'idée avait germé. L'une des dernières expos à la galerie traitait des rites africains et Anna n'avait rien trouvé de mieux que de penser qu'un peu de magie noire n'avait jamais tué personne. En fait si, mais Madeleine s'était montrée si enthousiaste que toutes ses réticences s'étaient évaporés et qu'elle se retrouvait maintenant agenouillée dans les combles qui lui servaient de chambre, à allumer des petites loupiotes aux formes suspectes.

La jeune femme entendit la porte d'entrée claquer et s'interrompit dans son rite.

-Maddiiiiiiie, je suis là haut, tout est prêt ! cria-t-elle. Monte juste la bouteille et les verres s'il te plait, ajouta-t-elle en se levant pour lui tenir la porte. Maddie, des verres et une porte difficile à ouvrir : une combinaison dangereuse.
Elle écouta les pas de sa colocataire gravir les marches et elle observa le décor qui allait les entourer pendant leur cérémonie de fortune : dépouillé mais avec du cachet, l'ancien grenier transformé en chambre de luxe se prêtait parfaitement au jeu. Jeu qui allait pouvoir commencer à en juger à la voix de Madeleine qui se rapprochait et se faisait entendre de plus en plus clairement tandis que son amie lui racontait déjà sa journée.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyMer 11 Juil - 17:37

Dévalant les marches de l’escalier principal sur ses talons hauts sans un regard derrière pour s’assurer que Figgins ne verrait pas qu’elle grillait les dix dernières minutes de ses heures supplémentaires, Madeleine marchait à toute allure en essayant d’envoyer un sms à Anna la prévenant de son arrivée imminente. Seulement on ne peut pas marcher vite et écrire, si bien que la jeune femme finit par abandonner le message et rejeter son téléphone dans le fond de son sac à main de rage. Elle était attendue de toute façon. Enjambant son scooter sans cérémonie et sans prêter la moindre attention à l’éventuelle présence de spectateurs sur le parking déjà sombre, elle alluma le moteur et posa le casque sur sa tête sans l’attacher, sac fermement coincé entre ses chevilles, la surveillante fonçait déjà dans les rues de la ville. Elle avait pourtant eu un accident assez sévère pour le scooter à peine une semaine plus tôt, et il avait fallu abandonner sa bécane chez le garagiste pour quelques jours durant lesquels elle avait été contrainte d’emprunter la voiture de remplacement complètement défoncée de ce cher M.Hummel. Mais maintenant qu’il était à nouveau en parfait état de marche, ou presque, elle avait repris son traintrain quotidien légèrement suicidaire. Il était de notoriété publique que la blonde était un danger public, et sur la route encore plus. Il n’y avait qu’à voir les regards inquiets des élèves qui avaient le malheur de se trouver sur le passage lorsqu’elle arrivait le matin au lycée pour comprendre que plus un seul habitant de cette ville ne se faisait d’illusion sur ses chances de survie si leurs routes se croisaient. Les rues de Mumbai ou celles de Columbus, tout ce ressemblait pour elle, si bien qu’elle ne respectait le code de la route qu’en de très rares occasions mais réussissait pour l’instant à passer entre les mailles du filet de la police au combien compétente de cette bonne vieille Lima. Seulement quand on roule cinquante kilomètres/heure au-dessus des limites, il devient tout de suite plus délicat de s’arrêter lorsque surgit un camion de lait sauvage de derrière un angle de rue un peu sec. Avant de venir s’emplafonner dans une tête de vache géante, elle avait sauté en marche sans même y réfléchir, laissant le pauvre deux roues rose glisser sur le sol et rayer sa belle carrosserie fleurie sur l’asphalte devant les regards ahuris des passants. Par un miracle certain, elle s’en était tirée avec une paire de bleus et une égratignure au coude, bien qu’un peu sonnée par la rapidité et la violence du choc. Mais ses collants n’avaient même pas filé ! L’hôpital avait eu beau lui faire des scanners en tous sens, ausculter toutes ses articulations et ses réflexes, elle était juste indemne. Ce n’était plus de la chance, c’était un miracle, un vrai. Si elle avait été un tant soit peu croyante, la jeune femme se serait très certainement rendue à l’église du coin pour remercier le seigneur et laisser ne piécette au pasteur pour refaire la déco de son église moche. Mais ordinaire n’est pas Wild. Au lieu de cela, elle était à présent persuadée d’être dans les bonnes grâces d’un démon qui lui voulait du bien et la protégeait des attaques du monde.

Alors bien sûr, lorsque sa colocataire préférée avait lancé en riant cette idée de cérémonie vaudou après la clôture de l’exposition sur les arts africains et la magie, Mad s’était purement et simplement ruée sur l’idée ! Recherches et achats en ligne effectués, elle était excitée comme une puce et accéléra un peu plus pour combler le léger retard qu’elle avait pris. Elle allait pouvoir voir jusqu’où irait la bienveillance de ce démon qui avait décidé de la choisir comme hôtesse et avec un peu de chance leurs incantations fonctionneraient. Tout serait parfait. Elles avaient des bougies comme s’il en pleuvait, de l’encens spécial, même la bande son était prévue. Et bien sûr, elles avaient une victime. Et celle-ci n’était pas pour lui déplaire. Même si la présence de la petite amie de cette dernière lui intimerait une certaine réserve sur le plantage d’aiguille... Pour la première fois depuis un bon bout de temps, Madeleine allait se trouver en tête à tête avec Anna. Ce devait de toute façon être leur première soirée post récit de retrouvailles raconté avec timidité et sans tâche de Nutella sur son t-shirt à la fin de l’année. Depuis, tout semblait fonctionner à merveille entre Anna et son fourbe de Valentin, et Madeleine n’avait jamais trouvé le moment de lui parler de tout ce qui s’était passé au lycée. Quand elle était encore en train d’écumer les fonds de tiroirs à la recherche de sucre, la blonde n’avait pas jugé correct de lui parler de Samuel, ni de Dorian, et encore moins de la petite amie imaginaire de Timothy qui avait pointé son nez peu de temps avant le grand retour d’Ainston. La locataire du dernier étage était plus sensible qu’il n’y paraissait et Mad avait soigneusement gardé ces informations pour des temps meilleurs. Toutefois comme le re-petit ami allait être au cœur d’une bonne partie des potins de la soirée, elle trouverait bien le moyen de lui glisser un mot ou deux à ce sujet maintenant que tout allait mieux. Hors de question de garder ce genre de nouvelle pour elle ! C’était bien trop drôle et croustillant pour qu’elle se taise. Elle avait bien envie de le tweeter au monde mais ç’aurait été rompre sa promesse à la gamine et malgré son peu de foi, elle avait trouvé en elle un moyen de plus pour séparer Youngblood de cette infecte rouquine. Et puis Anna avait le droit de savoir après tout, que son grand amour s’amusait à allumer des lycéennes, ou quelque chose du genre. Enfonçant la porte d’entrée comme une tornade, Madeleine cria dans les escaliers en virant ses chaussures d’un coup sec. «Je suis làààà !» Un cri répondit en écho dans la maison et elle s’empressa d’attraper le rhum mis au frais et deux shooters et de monter les marches quatre à quatre jusqu’aux combles. «Hanlala je suis désolée mais ce maudit Figgins a jugé utile de me retenir en heure supp’ pour surveiller le lycée jusqu’à ce que son conseil d’administration se termine, tu vois le genre. Bouh le lycée est vide, bouh je veux pas être seul avec les profs sous-payés et les parents d’élèves, blablabla. Mais je me suis échappée avant la fin, et j’ai verrouillé la grande porte, le temps qu’il refasse le tour par son bureau il aura perdu au moins dix minutes vu l’allure à laquelle il se traîne. J’te jure, on dirait que c’est lui qui a eu un accident, ou alors il a pris du poids et sa graisse l’empêche d’avancer...» Poussant la porte avec son dos, elle acheva son monologue entamé à voix haute et claire dès le deuxième étage par un grand sourire en faisant face à Anna. «Tadaaaa ! Alors ? Prête prête prête ?» dit-elle avec une très claire excitation, se laissant tomber en tailleur sur un coussin en face d’elle. «Je vois que tu as sorti la collection de bougies, si on ne déclenche pas d’incendie, on a une chance d’attirer les esprits et de s’en sortir en vie.» conclut-elle en posant la bouteille et les verres à côté d’elle. S’étendant jusqu’à la télécommande de la chaîne hifi, elle mit en marche le disque acheté en soldes sur un site douteux à souhait mais dont le titre l’avait fait rêvé en baissant le volume jusqu’à un fond sonore presque discret. «On commence par quoi ?» demanda-t-elle avec de grands yeux bleus pétillants.
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Anna L. Preston
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyDim 30 Déc - 1:30

Levant les yeux au ciel, Anna referma la porte derrière elles avec un petit sourire en coin.
Le pauvre principal Figgins devait regretter un peu plus chaque jour d’avoir embauché une blondinette excentrique –pour ne pas dire folle furieuse- telle que Madeleine comme surveillante. Leurs relations, restant malgré tout cordiales, entendons nous bien, passaient quotidiennement du beau fixe à l’orage, et s’il s’était sincèrement inquiété de la santé de son employée après son accident, allant même jusqu’à lui faire livrer un panier de fruits exotiques non identifiés à la pension, Anna l’avait vu le jour même de la reprise de la jeune femme la menacer de renvoi pour port de vêtement ostentatoire (un t-shirt à la gloire de Michael Jackson, période Dangerous).
Sa surveillante d’amie s’accommodait plutôt bien de la situation et à voir son sourire malicieux tandis qu’elle mettait la main aux derniers détails de leur folle soirée, elle n’avait pas passé une si mauvaise fin de journée que ça.

-On va éviter l’incendie Maddie… Lexie nous en voudrait à mort de réduire en fumée sa collection de DVDs de Skins… Et tous ces efforts pour garder ce précieux trophée se seraient avérés inutiles, continua-t-elle en tripotant nerveusement le sweat-shirt de Tim. Pourquoi passer par le feu quand on a mieux, acheva-t-elle en désignant la poupée vaudou du menton.

Laissant Madeleine découvrir l’accessoire principal de leur nuit, elle déboucha la bouteille et leur servit deux bonnes rations de rhum, arrangé à la façon Preston. Elle poussa un verre du côté son amie.

-Tiens… De l’alcool des îles, ça devrait nous couvrir pour les dégâts et les risques potentiellement encourus ?! Aucune divinité vaudoue ne nous en voudra de rendre hommage à la tradition et aux richesses de leurs terres… Si ?

C’était là que Madeleine entrait en jeu. Au moment même où Anna flanchait et pouvait se mettre à crier qu’elle laissait tomber, balançant d’un revers de main les bougies et l’alcool, risquant pour de bon de déclencher un incendie.
Madeleine et son grain de folie, son insouciance contagieuse. Elle poussait Anna à donner le meilleur d’elle-même –ou le pire- mais en tout cas les deux jeunes femmes étaient étrangement inséparables.
La rupture temporaire –mais spectaculaire- avec Timothy l’hiver dernier n’avait fait que renforcer cette évidence. Là où Lexie épuisait sa patience au bout de dix minutes, agacée de voir sa battante de sœur s’enfoncer dans des gémissements et des (com)plaintes insensées, dignes de la plus écoeurante des comédies romantiques (« Tu penses que je dois l’appeler ? » ; « Pourquoi il ne m’appelle pas ? » ; puis le téléphone à la main « Il a changé son message de répondeur, tu crois que ça veut dire qu’il a rencontré quelqu’un ? »), Madeleine prenait le relais, ignorant toutes ces inepties et nourrissant inexorablement Anna de muffins à la banane, de crêpes au Nutella et toutes les autres sucreries qu’elle pouvait trouver ou confectionner, lui racontant sans relâche ses aventures quotidiennes, ses chassés-croisés avec Samuel, omettant en toute amitié les passages incluant Tim, sauf s’il s’agissait de faire comprendre à sa colocataire combien il était en fait malheureux sans elle.

Anna dévisageait donc la surveillante en attendant la dernière validation de leur projet, maintenant qu’elle avait l’objet du crime entre les mains. Elle avala une gorgée de rhum, s’ébroua en fermant les yeux et écouta un instant les rythmes étranges qui s’échappaient de sa chaine hifi.

-C’est plus petit que je l’imaginais… En même temps c’est sûr, ce n’est pas une poupée gonflable… se corrigea-t-elle en tendant le bras pour attraper le grigri. Quant au mode opératoire… Et bien je ne suis pas sûre… Je crois qu’il faudrait découper un bout de tissu et l’épingler sur la poupée. Ou alors on plante des aiguilles directement ? Mais c’est peut-être trop cruel, trop sauvage ? Tout dépend de notre but et de notre cible… Pas de changement au programme à ce niveau là ?

La jeune femme interrogea son amie du regard. Elle doutait d’une réponse affirmative mais peut-être que Madeleine avait des griefs de dernière minute à exposer. Si Samuel avait encore fait des siennes par exemple. Cela faisait quelque temps qu’Anna n’avait pas entendu parler de lui, et ce n’était jamais bon signe…
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyDim 30 Déc - 16:41

Étendant le bras de tout son long pour attraper l’un des coussins posés sur le lit et le caler sous ses fesses, Madeleine étendit l’une de ses jambes pour être plus à son aise et jeta un coup d’œil dépité au vieux pull de Timothy que sa colocataire préférée avait sans doute caché tout ce temps. Quels “efforts”... Pas un jour ne s’était passé sans qu’Anna ne pense à ce maudit tatoué qui lui empoisonnait déjà bien assez la vie au lycée. Tatoué au lycée, tatoué à la maison, par chance elle n’avait aucune chance de le croiser sur le campus. Voilà qui aurait été le bouquet. Mais pour en revenir à la propriétaire de la Pension, elle avait bassiné tous les membres de la joyeuse colocation sans exception avec ses peurs et ses hésitations dignes d’un épisode de soap opera du meilleur goût, et ce tout le temps de leur séparation. Il n’avait pas été très difficile de deviner que les choses s’étaient arrangées entre eux avant même qu’elle ne le confie: le silence était revenu dans les combles et le stock de biscottes et de chocolat avait cessé de se volatiliser dans la nuit. La grande Anna Preston, faite d'irascibles racines anglaises et d’orgueil, réduite à se plaindre de son amour perdu et à se perdre dans des conjectures sans fondement à propos des nouvelles maîtresses de son badboy à la manque. Il fallait bien l’avouer, les premiers temps avaient été difficiles pour la surveillante qui avait jusqu’alors accepté leur relation telle quelle sans y mettre trop son nez du côté -ston de Ainston. Mais en réalité, Anna était bien plus engagée dans son couple qu’elle ne l’avait imaginé, et il lui avait fallu le temps de digérer l’information pour reprendre le dessus et se comporter comme une vraie meilleure amie. Elle n’avait pas à juger ce que sa rouquine favorite faisait, et il aurait été cruel de se moquer de ses blessures, bien qu’elle les trouvât tout à fait disproportionnées pour cet idiot d’Ainsworth. Ils étaient sans doute les seuls à comprendre le fonctionnement claudicant de leur amour. Je te suis, je te fuis, je t’aime, je te hais. On ne savait jamais sur quel pied danser. Ils avaient l’un comme l’autre l’air détaché et indifférent, mais ils avaient souffert l’un comme l’autre de cette longue séparation. Incapable de comprendre le pourquoi du comment, la blonde s’était donc affairée à gaver sa colocataire de toutes les sucreries possibles pour noyer son chagrin, et lui avait offert son sourire le plus sincère quand elle lui avait annoncé le grand retour de Tim dans sa vie. Le même genre de sourire que celui qui s’affichait à présent sur ses lèvres, à la fois tendre et moqueur. Campée sur son coussin, elle lâcha le pompon qu’elle faisait tourner entre ses doigts pour se saisir du sweat-shirt et le poser sur ses genoux. «C’est sûr que ce serait dommage, surtout pour les DVDs, je n’ai pas encore eu le temps de les regarder !» railla-t-elle. Empoignant finalement la poupée qu’elle dévorait du coin de l’œil depuis qu’elle avait pénétré cette hutte improvisée, elle passa ses doigts vernis aux motifs coccinelle sur la tête de paille où rien n’était dessiné. Enserrant la taille nouée par un fil de chanvre entre son pouce et son index, elle testait minutieusement la résistance de l’objet en réfléchissant déjà aux misères qu’elle pourrait lui faire subir en se figurant Ainsworth.

Tirée de ses rêveries sadiques où elle mettait en œuvre ses tout nouveaux pouvoirs de démon supérieur ayant échappé à la Grande Faucheuse par Anna, elle reposa la poupée pour recevoir le shooter de rhum à la couleur ambrée. L’ambiance était parfaite. La musique, la disposition des objets, les bougies et les ombres sur leurs visages. Tout était tellement parfait qu’elle sentait Anna sur le point de se défiler. Choquant son petit verre contre le sien avant de le descendre d’une traite, elle fanfaronna: «Mais bien sûr que non. Puisque je te dis que toutes les conditions sont réunies. Je n’ai pas vérifié mais mon instinct me dit que c’est la pleine lune ce soir. On n’aurait pas pu faire mieux. Et personne ne va venir nous gronder, pas même Lexie qui doit être en train de faire la fête quelque part en ville. Ce qui se passe dans les combles reste dans les combles.» La grande blonde plongea son regard dans celui de sa complice pour y sonder les dernières réminiscences de réserve. «De toute façon c’est trop tard, je suis lancée !» conclut-elle fermement. Mais elle avait beau tripoter la fœtus de paille, Madeleine ne savait pas trop par quoi commencer. Il devait bien y avoir un mode d’emploi dans la boîte de livraison, non ? Ou alors devait elle se laisser guider par les esprits qui lui dicteraient sa conduite à mesure que le rituel progresserait ? Levant les yeux vers Anna dans l’espoir qu’elle fouette les consignes dans l’air, elle ne vit que son bras tendu pour récupérer la poupée vaudou et son air troublé qui n’avait rien de rassurant pour leur avenir proche. Qu’à cela ne tienne. La surveillante avait de la confiance pour deux, voire trois. «Pas de remords Preston. Cette fois on doit aller jusqu’au bout. Et je ne vois pas pourquoi on devrait changer de cible ? Tu as quelqu’un d’autre en tête ?» Face au regard insistant de la rouquine, Madeleine ne pouvait que feindre l’ignorance. Elle ne comptait pas abattre ses cartes si vite, il était encore trop tôt et trop sobre pour qu’elle se lance dans des confidences au sujet de Samuel et Dorian. Il fallait commencer en douceur, par du connu, et ne pas fâcher les esprits en mélangeant des motifs impurs à tout cela. Détournant le regard à cette pensée, la surveillante se trahit en rougissant légèrement et tenta de cacher son trouble en attrapant la paire de ciseau qui trônait au milieu de leur cercle sommaire. «Je... hum. Je vote pour découper un morceau du pull pour l’attacher à la poupée avec les morceaux de ficelle supplémentaires qu’on a. Ensuite il faudrait peut-être annoncer ce qu’on compte faire pour s’attirer les bonnes grâces des esprits, pas vrai ?»
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Anna L. Preston
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyVen 4 Jan - 15:35

Feignant l’indifférence et la confiance la plus totale devant le manque de sagacité de son amie, Anna haussa les épaules. Si la blondinette croyait pouvoir l’avoir aussi facilement avec son mutisme… Samuel était le mot qu’elle prononçait le plus fréquemment ces derniers temps. Samuel par-ci, Samuel par là… Certes le prénom n’était jamais suivi d’un compliment ou terme mélioratif mais la jeune femme n’était pas dupe : ce n’était plus qu’une question de semaines, de jours, voire même d’heures avant que Madeleine ne lui annonce la catastrophe qui se résumerait en une équation simple : « Samuel + Madeleine = problèmes en vue » et cette absence de commentaire parlait d’elle-même justement !

-Non, si pas de changement de ton côté, aucun du mien non plus…répondit-elle en évitant donc le sujet. Ce n’est pas comme si j’avais à me venger d’une horde de groupies hystériques, complètement fans du leader vocal des Awesome Voices et prêtes à lui envoyer leurs petites culottes sur scène… Et même si c’était le cas, autant soigner le mal par le mal, c'est-à-dire en l’empêchant de faire des bêtises ! Passer une semaine cloué au lit avec une angine n’a jamais fait de mal à personne si ?

En évoquant cette possibilité, Anna s’était mise à caresser le cou de la poupée avec fascination. La perspective de ce rituel devenait dangereusement séduisante et elles ne pouvaient plus reculer, Maddie avait raison. Hochant la tête, la galeriste valida silencieusement la proposition de son amie en lui tendant à nouveau l’objet et la regarda manier les ciseaux avec une dextérité toute feinte.
Elle-même attrapa quelques épingles disséminées sur le sol et les rassembla au centre de leur cercle de bougies.

-Hum… Tu crois qu’on devrait les chauffer avant de les utiliser ? Je sais que ça a normalement des propriétés désinfectantes, mais je me dis qu’en technique vaudou, ça pourrait être un avantage supplémentaire, en décuplant les effets, blablaba… Enfin quand même, ils auraient pu nous livrer ça avec un manuel, s’énerva la jeune femme, passablement agacée comme à chaque fois qu’elle ne savait pas ce qu’il fallait faire, tout en passant les aiguilles une à une à travers la flamme d’une des bougies. Elle regretta de ne jamais avoir assisté à une telle cérémonie tout le temps où elle avait travaillé en Afrique, cela leur aurait beaucoup servi, et se concentra finalement sur le métal qui noircissait pour chasser les derniers nuages de culpabilité qui flottaient dans sa tête.
Tim aussi aurait pu faire quelque chose d’aussi fou pour se venger d’elle. Le problème, c’était que pour une fois, elle n’avait rien à lui reprocher… Ou alors si ? Il aurait suffit que Madeleine lui rapporte un évènement quelconque s’étant déroulé au lycée et mettant son petit ami dans une situation inconfortable pour qu'elle sente complètement légitime...
Les épingles toujours dans les mains, elle sonda son amie avec un petit sourire mi-complice mi-penaud, espérant qu'elle comprenne sa supplique silencieuse.

-Je te laisse faire l’annonciation Maddie… Quelque chose me dit que tu auras plus d’imagination et d’impact que moi à ce niveau là…


Dernière édition par Anna L. Preston le Jeu 17 Jan - 16:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyMer 9 Jan - 0:36

Le bruit rébarbatif des mantras en fond sonore commençait à rendre Madeleine hagarde dans cette pénombre à la lueur des bougies, encore un peu de rhum et c’était la transe assurée, mais il fallait qu’elle garde son calme un peu plus longtemps. Elle jeta un regard en coin vers le rhum mais s’abstint de resservir une tournée pour se concentrer sur ce qu’elles pourraient faire maintenant que tout était en place. Seulement les mots innocents de sa rousse avaient fait mouche, et elle la poussait directement vers des aveux immédiats. Les yeux grisés de la surveillante fixèrent Anna avec une once de panique. Faisait-elle preuve d’ironie ou bien savait-elle quelque chose ? Certes, il ne s’agissait ni de groupies, ni de petites culottes, mais c’était quelque chose dans le ton, bien plus gros que cela. Ce n’était pas tous les jours qu’on mettait au jour une relation entre un surveillant et une élève. Bon, entre Samuel et Tim ça commençait à devenir monnaie courante à McKinley, mais ça n’ôtait rien du piquant de la nouvelle pour le commun des mortels. Encore moins pour la petite amie pas très commune dudit surveillant. Et puis cette relation était... Qui s’en préoccupait de toute façon ? Vraie ou fausse, si c’était un secret, c’était une preuve à charge contre l’accusé, devenu victime d’un procès vaudou en règle. La question était de savoir comment aurait-elle pu être au courant de quoi que ce soit ? Elle ne mettait jamais les pieds au lycée et en dehors du petit cercle des pompons décérébrés la rumeur ne courait pas encore. Ou alors était-ce inconscient ? Des paroles soufflées à l’oreille par le démon bienveillant qui l’avait sauvée du camion de lait ? C’était clair, les esprits étaient parmi elles et guidaient leurs paroles ! Ils surveillaient leurs faits et gestes de près et ne manqueraient pas de les assister dans la procédure, succès garanti ! Seulement, il ne fallait pas les fâcher. Ni eux, ni Anna, et une deuxième tournée de rhum s’imposait donc. Malgré l’excitation qui montait en elle et la faisait se gigoter en position du lotus, Mad cherchait activement une solution pour en venir aux choses sérieuses en remplissant à nouveau les verres. La fascination de la photographe pour la poupée qu’elle caressait du bout des doigts rassura la jeune femme quant à son entrée dans la communauté très restreinte des croyants du soir. Toutes les chances étaient de leur côté. «Ne t’occupe pas du manuel, on a bien mieux que ça.» déclara Madeleine, pleine de certitudes, un large sourire sur le visage. Elle n’avait jamais eu l’intention de mentir ou de dissimuler quoi que ce soit à Anna. Elle était sa meilleure amie, elle lui disait tout, tout le temps. Il n’y avait pas besoin de grandes déclarations d’amour entre elles. Aussi opposées soient-elles, elles s’étaient trouvées et ne s’étaient plus quittées. Pas de jugement, pas de sermons, juste une oreille attentive (ou pas) si besoin était, et des soirées vaudou arrosées à l’occasion. Redressant son échine courbée vers la flamme de la bougie où sa complice venait de passer méticuleusement chacune des aiguilles, Madeleine l’observa d’un air grave. L’heure était venue. L’incantation devrait en passer par la confession. Lui prenant la poupée des mains, elle l’entoura d’un morceau de ficelle pour fixer le carré de tissu découpé de manière hasardeuse et la plaça un peu en hauteur au dessus de la bougie au centre du cercle. «On a dit une angine pas vrai ? Qui dit angine dit fièvre, donc chaleur, donc on va lui faire chauffer la paille de sa poupée !» annonça-t-elle fièrement en étendant cérémonieusement sa deuxième main au dessus du fœtus de paille.

Prenant une profonde inspiration, elle avait décidé de ne pas réfléchir à ce qu’elle dirait. Ce n’était pas son genre de toute façon de faire ses discours avec un plan à l’avance. Et puis quelle importance ? Son démon l’aiderait si jamais elle séchait. «Esprits, nous sommes ici réunies pour demander ta bienveillance et ton assistance dans cette cérémonie. Notre victime de ce soir se nomme Timothy Ainsworth. Pour t’aider à le trouver, nous t’offrons un morceau de ce vêtement qu’il a porté et qui a été conservé pour sa valeur sentimentale. Mais ce soir, Esprit, je vais te révéler les motifs de nos invocations.» Son ton solennel collait parfaitement à un visage préoccupé alors que ses doigts chauffaient eux aussi à la flamme de la bougie. C’était maintenant ou jamais. Elle allait tout balancer d’un coup et ça irait bien mieux après. Anna était capable de tout encaisser, elle en était certaine. Dans le cas contraire, il restait encore une bouteille de rhum pour l’aider à digérer. «Comme tu ne le sais peut-être pas, je travaille avec notre victime et son complice, Samuel Youngblood, dans un lycée, où nous sommes chargés d’encadrer des adolescents, et des adolescentes. Parmi ces jeunes, des sorcières à jupes courtes qui passent leur temps à se moquer des autres jeunes et à parler entre elles. Puisque je travaille une bonne partie du temps dans les couloirs, j’entends souvent ce qui se dit, je suis aux aguets, rien ne m’échappe. Et il est venu à mes oreilles que certaines de ces jeunes filles entretenaient des relations autres que professionnelles avec des adultes. Des adultes que je connais, des adultes dont j’ai cité le nom. Il y a d’abord le suppôt de Satan, dont j’ai oublié le nom, la pompom en chef qui fait régner la terreur dans le rang des petits rondouillards à lunettes. Sans même parler de rumeur, j’ai entendu de la bouche du principal intéressé qu’il couchait avec cette mineure sans la moindre honte.» Pinçant les lèvres en se souvenant de ces aveux pathétiques dans un moment de faiblesse où il s’évertuait encore et toujours à faire lui faire avaler qu’il l’aimait, elle se détestait deux fois plus d’avoir cédé à ses avances. Tout ça c’était de la faute de Robertson... Mais elle s’égarait sans pourtant quitter des yeux la poupée pour ne pas avoir à regarder Anna dans les yeux. «Et puis vint le tour de la rumeur, la vraie, celle qui échappe parfois aux principaux intéressés. Le sous-fifre de la reine en manque de popularité a fait courir la bruit qu’elle entretenait avec notre victime, une relation amoureuse passionnelle, qui se consumait à toute heure, y compris en public lors de rendez-vous galants. Mais ne fais pas trop vite brûler le pêcheur, Esprit, puisqu’après enquête, il semblerait que ce ne soit que mensonges pour se faire mousser. Je ne sais pas encore si tout cela part d’une base de réalité, mais je t’ai tout dit de Timothy Ainsworth. Pour cela, nous t’implorons dans l’espoir que tu enflammes sa gorge d’une angine qui le clouera au lit pour qu’il réfléchisse à ses errances passées.» Baissant la main vers le shooter posé à côté d’elle, Madeleine le but d’une traite avant de relever les yeux vers Anna pour lui lancer rapidement. «C’est le moment où tu plantes les aiguilles, poumons, gorge et...» Sa réaction ne se ferait sans doute pas attendre, elle allait donc garder en réserve le reste de ses confessions pour un petit peu plus tard.
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Anna L. Preston
You cannot find peace by avoiding life.
Age : 27 ans
Occupation : Entrepreneuse, photographe, assistante marketing, soeur dévouée, choriste ratée, fiancée consentante
Humeur : Progressivement maritale
Statut : Moitié d'Ainston
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyJeu 17 Jan - 16:04

La jeune femme valida l’hypothèse de l’angine et, fermant les yeux, attendit que la litanie de Maddie commence.
Anna avait posé devant elle le verre de rhum que son amie lui avait resservi, espérant l’occasion idéale pour lui faire honneur, occasion qui allait malheureusement se précipiter, même si elle l’ignorait encore.
Elle était en fait dans un tel état d’esprit qu’elle écoutait avec attention ce que la surveillante énonçait, sans pour autant en saisir totalement la substance, toute à sa préoccupation de savoir si leur petit trafic allait marcher et si, éventuellement, elles allaient subir des représailles divines pour leurs actions de ce soir.
Ce n’est que lorsque Madeleine fit une brève pause qu’Anna prit véritablement conscience de ce qu’elle venait de lui annoncer de manière subtilement détournée, et elle ouvrit les yeux brusquement. Des relations, sexuelles ou amoureuses, peu importe, entre les collègues de travail de la surveillante, Samuel et/ou Tim donc, et les sorcières à pom-pom du lycée...
Madeleine était restée vague, n’avait pas donné de nom, et la petite rousse eut comme l’impression que cette imprécision rajoutait des glaçons au jet d’eau froide qu’elle était en train de recevoir sur la tête. Mais voilà que les détails arrivaient, et la jeune femme, sentant son amie inévitablement lancée sur la voie de la révélation, bu à nouveau d’un seul trait le verre d’alcool devant elle.
C’était comme si ses pires craintes se réalisaient, comme si le cauchemar de toute adolescente américaine qui se respecte se produisait : son petit-ami la trompait avec une pom-pom girl.
Sauf qu’elle n’était plus une ado, qu’à moitié américaine, et qu’elle se sentait surtout pour le moment l’incarnation vivante d’un terrible cliché. Le fait dérangeant que Madeleine s’emploie soigneusement à éviter son regard tout en continuant à parler ne venait que conforter son trouble, et elle avait carrément cessé d’écouter la suite des imprécations de son amie.
Elle le savait, l’avait toujours su : chez les Prestons, quand tout allait bien, c’était que tout était trop beau et que ça n’allait pas durer. Comme la fois où ses parents avaient décrété qu’ils allaient s’organiser une deuxième cérémonie de mariage aux Bahamas et que cela avait dégénéré en thérapie conjugale, ou que Lexie, fraichement diplômée de McKinley, pensait pouvoir vivre en colocation avec des inconnus dans un appartement trop petit, avait tenu trois mois avant de finir par débarquer en plein milieu de la nuit chez sa sœur et J.J. pour cause d’incompatibilité d’humeur qui, si on la citait allait « se finir en empoisonnement au dissolvant ».
C’était au tour d’Anna de payer les pots cassés : elle avait cru pouvoir vivre une histoire sans encombre, malgré les antécédents de leur couple et leurs caractères aussi similaires qu’incompatibles, et la réalité la rattrapait en frappant un grand coup. D’ailleurs Tim n’était-il pas sorti avec une pom-pom girl au lycée ? Elle se rappelait vaguement d’un bal pendant lequel il avait formé un couple plus ou moins officiel avec une des cheerios en vogue de leur époque.

-Je… Quoi ?... Qu’est-ce que tu viens de dire en fait ? Qui couche avec qui ? Et puis des rendez-vous quoi ? Tim avec une pom-pom girl ? Attends, attends, attends…

La jeune femme balbutiait, se reprenait, peinant avec les mots comme avec les idées. Elle avait à peine écouté les dernières phrases de Madeleine et après cette tentative peu fructueuse de demande d’information, elle balaya la proposition qui lui était faite de planter les aiguilles et rampa a moitié vers la bouteille de rhum et se servit un nouveau shoot qu’elle descendit aussitôt. Le quatrième ne se fit pas attendre et la jeune femme soupira bruyamment sans pour autant lâcher ni la bouteille, ni le verre, qu’elle tenait prêts à servir en cas de nouveau coup porté à son cœur et à son amour propre.

-Qui est cette fille Maddie ? La suivante de la reine ou whatever ? Quel âge a-t-elle ? 15 ans ? Et comment est-ce que tu as appris ça ? Depuis combien de temps tu le sais ? Tu lui en as parlé ? Il t’en a parlé ? Ooooooow, je vais devenir folle… termina-t-elle dans un gémissement. Elle venait soit dit en passant de réussir un exploit physique notable dans son état : se relever sans pour autant trébucher ou abandonner les objets qu’elle gardait entre les mains, et elle s’était mise à faire des allées et venues dans la pièce, incapable de contrôler le flot de questions qui s’échappait de sa bouche et qui devait donner le tournis à Madeleine.
Perdant ainsi ses moyens, elle accentuait sans nul doute le côté Prestonien de son caractère, théâtral et excessif, et ressemblait encore plus à Lexie, le côté euphorique et solaire en moins.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyJeu 17 Jan - 22:00

Bon... Peut-être que le rhum était nécessaire pour l’aider à digérer la nouvelle finalement. Le rythme de descente d’Anna s’était accéléré de manière exponentielle depuis que la blonde avait commencé ses révélations désordonnées et incomplètes, et elle l’observait impuissante ingérer ses shooters bien remplis, contente néanmoins qu’il ne s’agisse que de petits verres. Elle n’allait pas lui jeter la pierre, Mad elle-même était du genre à se jeter sur une bonne (ou une mauvaise) bouteille pour oublier ses problèmes. Pire, elle avait même la fâcheuse tendance à aller régler ses comptes une fois ivre. Qu’il s’agisse de Dorian ou de Samuel, ses problèmes du moment, ils avaient tous les deux eu affaire à elle en été d’ébriété avancée à leur domicile. Et les résultats avaient été tout sauf convaincants. Déclarations rejetées froidement d’un côté, nuit un peu plus passionnelle que prévu de l’autre. Du grand Wild. C’était mal, elle le savait, elle n’assumait qu’à moitié, mais c’était plus fort qu’elle. Les responsabilités ça n’avait jamais été son fort quel que soit le domaine. La dernière fois qu’on lui avait confié une tâche importante à la fac, les cinq cents dollars qu’elle devait remettre à un réalisateur en main propre avaient été volés après qu’elle avait oublié son sac à la gare. Et ce n’était guère mieux dans sa vie privée. Elle était au courant de toutes ces petites affaires de tromperie potentielle depuis quoi ? Deux semaines, à peine, et elle n’avait jusqu’alors pas trouvé le temps d’en parler à Anna. L’idée d’en parler à Timothy ne l’avait, elle, même pas effleurée. A posteriori elle aurait peut-être pu lâcher un sous-entendu ou deux histoire de prendre la température de son côté, mais c’était plus fort qu’eux, dès qu’ils se voyaient c’était un festival de remarques désobligeantes. Comment voulez-vous avoir une conversation sérieuse dans de telles conditions ? Et puis en le disant à sa petite amie ça finirait bien par lui revenir un jour en pleine tête comme un boomerang. Et ça lui apprendrait à flirter avec des mineures. Elle n’avait certes pas la palme du sérieux au travail, mais sur ce plan là au moins elle se tenait à carreau. La jeune femme ne portait pas Ainsworth dans son cœur, elle ne comprenait pas ce qu’Anna lui trouvait, et elle n’allait très certainement pas lui rendre service en cachant ce qui se tramait au lycée à l’une des actrices principales de ce drame en trois actes. Ah si seulement elle avait eu un peu plus d’éloquence pour le lui annoncer les choses bien. Peut-être qu’elle aurait pu prendre conseils auprès d’Emma sur l’art et la manière de lâcher l’information... Mais ça aurait aussi voulu dire qu’elle devait tout lui dire. Ce n’était pas une question de confiance, seulement elle n’était pas tenue au secret professionnel et aussi adorable qu’elle fût, la surveillante avait préféré ne pas tenter le diable pour un sujet aussi délicat. Si jamais ça remontait aux oreilles de Figgins ils étaient tous cuits, les deux rigolos des Awesome Voices pour détournement de mineures et elle pour complicité ou Dieu sait quoi parce qu’elle avait tenu sa langue.

La jeune femme s’était perdue deux secondes dans ses pensées en se voyant déjà derrière les barreaux en compagnie d’une grosse tatouée qui faisait deux fois sa taille et voulait la prendre comme animal de compagnie qu’Anna déambulait dans la pièce avec sa bouteille au poing. Le coup avait été sérieusement plus important que prévu et elle semblait être sur le point de perdre l’esprit. «Anna ! Anna !!» lui cria-t-elle pour attirer son attention avant qu’elle n’enflamme son pantalon sur l’une des bougies qui brillaient toujours. «On se calme, on s'assoit et on reprend un verre.» Tirant sur son pull pour l’attirer vers le bas, elle lui confisqua la bouteille non sans remplir le shooter qu’elle tenait toujours ni oublier le sien. «Là.» conclut-elle satisfaite maintenant que la rousse avait arrêté ses cent pas théâtraux avant d’engloutir le verre pour se donner du courage. «Bon, je commence par où ? Ainsworth hein... C’est compliqué, je ne te le cache pas.» pinçant ses lèvres rouges un peu embarrassée pour trouver les mots justes maintenant qu’elle n’avait plus l’excuse de la transe, Madeleine prit les aiguilles de la main d’Anna pour les poser un peu plus loin et la serra dans les siennes. «Elle s’appelle euh... Nina. Stewart. C’est une petite bourgeoise prétentieuse qui ne t’arrive pas à la cheville. Je suis sûre que ce ne sont que des bobards mais bon... Y’a d’autres filles qui se mettent à raconter qu’ils les voient ensemble en ville, alors je suis allée la coincer entre quatre murs pour lui tirer les vers du nez tout ça...» Les pupilles légèrement dilatées par le manque de lumière, ses déclarations perdaient un peu en solennité à cause du fond de mantras qui continuaient à défiler sans fin. «Ça n’a pas été facile tu sais, mais j’ai mené ma mission à bien et elle m’a juré que c’était faux et qu’elle mettrait fin aux rumeurs. Au passage, je n’en crois pas un mot, ça doit l’arranger d’avoir ce genre d’image cette sale gosse... Mais je la tiens, elle me doit même un service pour... Bref, hmm. Ça ne fait pas longtemps que je le sais ! Vraiment ! Je te jure, c’est pas que je voulais te le cacher mais regarde dans quel état ça te met, tu comprends j’avais des scrupules, le timing, et puis il aurait pu t’en parler aussi.» Malgré ses dires, Madeleine se sentait un peu coupable d’avoir fait autant de cachoteries à Anna ces derniers temps, mais elle ne comptait pas le laisser voir et avait déjà un plan machiavélique pour reporter la faute sur l’autre. «Après tout, si je l’ai entendu, pourquoi pas lui ? S’il n’a rien dit c’est peut-être qu’il a quelque chose à se reprocher !» L’expression de sa colocataire la fit néanmoins douter de sa stratégie et elle s’empressa de modérer ses propos. «Enfin rien n’est sûr, peut-être qu’il ne sait rien...» Elle détestait y aller doucement avec Timothy, mais elle n’avait pas vraiment le choix. «Tu m’en veux pas hein ?» demanda-t-elle avec un air de petite fille triste. Anna était essentielle à son nouvel équilibre. C’était en grande partie grâce à elle que ses “amis” imaginaires avaient presque disparu. Elle était d’ailleurs l’une des seules à être plus ou moins au courant de ce qui se tramait vraiment dans sa tête. Si elle avait dû se fâcher avec elle, ça n’aurait pas été la ridicule excuse qui lui servait de relation avec Samuel qui aurait pu l’aider à garder le cap. Il fallait qu’elle avoue pour ça aussi d’ailleurs...

Elle n’eut pourtant pas le temps de chercher le moyen de mettre ça sur le tapis qu’une odeur de brûlé lui fit faire volte face. À ses pieds la poupée vaudou qu’elle avait lâchée dans la précipitation pour ne pas laisser Anna renverser les bougies était elle-même tombée sur l’une des loupiottes et le temps qu’elle finisse de mettre en forme son histoire, la paille avait commencé à s’enflammer. « Oh merde, merde, merde.» Le seul liquide à portée de main c’était le rhum et son petit doigt lui disait que ça n’aiderait pas. Saisissant le reste du sweat découpé d’Ainsworth, elle étouffa la flamme avec, non sans se brûler au passage. Portant son doigt rougi à sa bouche, elle soupira avant d’éclater de rire de manière incontrôlée. Les larmes aux yeux entre deux respirations saccadées, elle trouva la force d’articuler quelque chose : « J’espère que tu comptais pas lui rendre.»
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Anna L. Preston
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Age : 27 ans
Occupation : Entrepreneuse, photographe, assistante marketing, soeur dévouée, choriste ratée, fiancée consentante
Humeur : Progressivement maritale
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyDim 10 Fév - 18:04

Comme une marionnette, Anna se laissa tirer vers le bas par l'impulsion de Madeleine et s'assit à nouveau en tailleur. Docilement, elle avala d'un trait le shooter que lui offrait son amie en guise de calmant pour panser ses plaies et, un peu abasourdie, autant par le numéro d'endurance physique auquel elle venait de se livrer que par les nouvelles (et sans doute aussi la quantité d'alcool qu'elle avait ingurgité), elle se tint étonnamment calme tandis que Madeleine se décidait enfin à lui expliquer la situation.
L'ainée des Preston fronçait les sourcils, tentant visiblement de se concentrer sur les paroles de la surveillante, sans pour autant croiser son regard. Elle peinait à remettre le puzzle en place et essayait d'occulter les parasites sonores qui rythmaient les révélations de Madeleine.

Nina Stewart. Elle n'avait jamais entendu ce nom auparavant. Cela n'avait véritablement rien de très étonnant, Anna ne fréquentant ni de près ni de loin McKinley et ses pensionnaires, mais elle s'était attendu à quelque chose de plus familier... Cela aurait été presque rassurant. Là, si elle se contentait de la description de Madeleine, Anna avait l'impression que Tim s'était lancé dans la recherches d'une mini-elle, bourgeoise et prétentieuse, les années en moins et les cheerleaders en plus.
Pourtant, malgré la quantité de reproches qu'elle adressait sans complexes à son petit ami, le manque de loyauté n'était généralement pas sur la liste... Elle avait un peu de mal à imaginer Tim courir après une lycéenne, alors qu'elle savait Samuel capable de le faire sans AUCUN problème.
Anna n'avait jamais connu Tim avec une autre qu'elle, elle ne l'avait jamais vu faire des avances à une fille, et entre eux les choses s'étaient faites tellement naturellement qu'elle ne savait même pas s'il en était capable, tout à sa suffisance et son égocentrisme qu'il était... Non, il y avait définitivement quelque chose qui clochait, ce qui n'empêchait pas la jeune femme de continuer de douter.
Les dires de Maddie vinrent confirmer ses soupçons : ils avaient affaire à une mythomane en puissance, qui avait pourtant sans doute un vrai faible pour son idiot de petit-ami, ce qui n'allait pas rendre les choses plus faciles.
Il n'y avait rien de compliqué en fait. Timothy, une fois de plus, s'était fourré dans une situation qui le dépassait. Et comme d'habitude, il était incapable de faire face aux conséquences de ses actes.

La petite rousse soupira, un rien soulagée, et releva la tête pour se retrouver face à une Madeleine torturée par la situation. Elle s'en voulait manifestement de ne pas avoir lâché la bombe plus tôt mais elle avait également mené son enquête afin d'épargner à Anna d'avoir à le faire, et elle lui en était reconnaissante pour ça. Il était certain que les choses se seraient passées beaucoup moins facilement si elle s'en était mêlée. Elle tiqua un peu sur la dette mystérieuse dont il était question mais s'empressa de rassurer son amie :

-Maddie, tu as raison, si tu l'as entendu, il l'a entendu... Ce garçon a des oreilles qui trainent partout, et même s'il est toujours le dernier à réagir, nul doute qu'il sait parfaitement ce que cette petite peste trame derrière son dos... Quant à avoir quelque chose à se reprocher...

Elle allait enchainer en expliquant à son amie qu'il avait sans doute autre chose à se faire pardonner, comme une tentative d'expulsion de son cousin sous de faux prétextes, et que c'était pour ça qu'il avait dû préférer garder le silence, sachant pertinemment qu'un règlement de comptes mènerait à un autre, mais elle n’eut pas le temps : Madeleine s'était lancée dans une opération "extinction d'un début d'incendie dû à l'intervention de deux écervelées jouant aux apprenties sorcières" et elle regarda la manœuvre se dérouler sous ses yeux avec effarement.
Elle balbutia un "non, non" quand son amie s'enquit de ses projets de restitution du sweat, puis, devant le ridicule de la situation, elle éclata de rire à son tour. Elles l'avaient échappé belle.

-Oh Maddie... C'est terrible, il n'y en a pas une pour rattraper l'autre... On devrait être interdites de fréquentation mutuelle, hoqueta-t-elle entre deux éclats de rire. Je propose... Un verre ! Pour fêter ça ! annonça-t-elle en se saisissant à nouveau de la bouteille et des verres, écartant précautionneusement les bougies. Les derniers évènements l'avait dégrisée et il était temps de repasser aux choses sérieuses...

-Bon, ce n'est pas que je meure d'envie de reparler de cette petite garce mais... Qu'est ce que c'est que cet accord que tu sembles avoir passé avec elle, hein ? Je reviendrais bien-sûr plus tard sur ses coordonnées et le moyen de tomber accidentellement sur elle mais en attendant... Qu'est-ce que tu me caches et que tu ne m'as pas encore dit ?

Elle dévisageait son amie avec un air hérité de sa mère, Lisa Preston, complice mais soupçonneux, amusé mais dévastateur... Et qui poussait à la confession à tous les coups.


Dernière édition par Anna L. Preston le Dim 24 Fév - 0:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyDim 10 Fév - 22:10

La voix tendre d’Anna qui la rassurait sur sa culpabilité potentielle fit se serrer son cœur et Madeleine baissa les yeux vers son shooter vide. Il ne fallait pas être un génie pour savoir que cette histoire lui faisait de la peine, et elle s’en voulait de devoir être celle qui lui annonçait tout cela sans être certaine de détenir la vérité. Malgré toute son antipathie à l’égard d’Ainsworth, il semblait le seul à être en mesure de rendre la galeriste vraiment heureuse et le résultat avant/après retrouvailles parlait de lui-même. Mais s’il s’avérait que la morveuse lui avait menti sur la nature de ses rapports avec lui, elle engagerait le videur musclé du cabaret pour s’assurer qu’il ne puisse plus marcher pendant un certain temps. En attendant il bénéficiait de la présomption d’innocence et seule sa colocataire était en mesure de porter un jugement final à cette histoire. Et à en croire sa renaissance récente à l’écart du chocolat, nul doute qu’elle lui accorderait toute sa confiance s’il jurait qu’il n’avait rien à voir là-dedans. C’était ce que faisaient les gens amoureux... Madeleine avait beau être plus âgée qu’elle, sa notion de couple avait fini par être sévèrement écornée à coup de revers et d’histoires sans lendemain. Sa confiance dans les hommes était plus que limitée, et elle refusait de manière acharnée de retomber dans le piège d’une liaison amoureuse. Son dernier petit ami sérieux remontait déjà à un certain temps, et il avait préféré se faire la malle en Europe, lui préférant tout un tas de formules compliquées pour lire dans les étoiles. Elle aurait pu garder un bon souvenir d’Ashton s’il ne l’avait pas laissée en plan de la sorte, furieuse et le cœur brisé. Si l’on ajoutait toutes les périodes où ils s’étaient fréquentés, il était sans nul doute sa relation la plus durable, voire sa seule véritable relation. Il y avait eu les inconnus dans les soirées arrosées, les assistants de passage à l’université, les autres, c’était à peine si elle se souvenait de leurs noms. Définitivement pas dignes d’être mentionnés. Et on en revenait à Dorian et Samuel.

Sa relation avec le disquaire avait duré le temps d’un été, et elle avait disparu sans plus de cérémonie quand la rentrée était venue. Oui, il avait une foule de qualités, il cadrait bien avec l’image du petit ami idéal que l’on présente à ses copines pour les faire enrager, mais elle n’avait jamais envisagé la possibilité de jurer fidélité et de lui accorder sa confiance plus fragile qu’il n’y paraissait. Et quand elle s’était enfin décidée, il l’avait recalée en lui faisant clairement comprendre qu’elle n’avait été que le lot de consolation après que sa sœur se soit évaporée. Voilà ce qui arrivait quand elle essayait de se mettre en couple. Elle en tenait d’ailleurs rigueur à Ecaterina avec qui ses rapports s’étaient refroidis sans qu’elle ne prenne la peine de lui en donner la raison. Et Samuel... Samuel, Samuel, Samuel. Il avait une foule de défaut, elle ne s’imaginait même pas le présenter à ses amis dans ses cauchemars les plus débridés, et pourtant. Il jurait l’aimer, être fascinée par sa beauté, lui soufflait des mots doux en lui faisant l’amour. À l’écouter il aurait décroché la lune pour elle, après avoir plaqué Cissy et toutes les autres filles avec qui il passait du bon temps. Seulement elle n’en croyait pas un mot, sans doute à raison. Ce qui ne l’empêchait pas de coucher avec lui autant de fois qu’elle en avait envie, peu importait où et quand tant qu’il ne s’agissait pas de la pension. Jamais elle n’aurait gardé un t-shirt à lui pour dormir. Peut-être en aurait-elle fait brûler un dans l’espoir de se libérer de ce démon qui avait au moins pour lui sa gueule d’amour et une connaissance approfondie du corps féminin.

Entre rire et larmes, elle accepta le verre tendu par une Anna hilare dont l’expression s’était radoucie. «Ne parle pas de malheur ! Qu’est-ce que je ferais sans toi ?» dit-elle outrée avant d’entrechoquer son verre avec celui de la jeune femme. «Jamais je n’aurais eu la chance de brûler un bout d’Ainsworth !» Avalant sa gorgée de rhum, elle était finalement soulagée que cet incident les ait libérées de la tension latente qui s’était installée. La maladresse n’avait pas que des mauvais côtés... Pensant l’incident clos, le poids qui pesait sur ses épaules s’était considérablement allégé. Il ne lui restait plus qu’à avouer à Emma qu’elle avait renversé du café dans son bureau et qu’elle avait dissimulé la tâche avec une plante verte et elle serait à nouveau libre de toute culpabilité, ou presque. Elle s’apprêtait donc à révéler tous les détails portés à sa connaissance concernant la petite peste, mais la question d’Anna l’arrêta en plein élan. Prise de court, elle resta la bouche ouverte une seconde avant de se rattraper fort maladroitement. «Rassure-toi, c’est tout ce que j’avais sur Tim ! Enfin ça et le fait que je suis sûre qu’il triche avec la machine à café...» ricana-t-elle gauchement en resserrant son emprise sur le petit verre vide. Croisant le regard inquisiteur de la jeune femme, elle sentit immédiatement que tout subterfuge serait inutile et qu’elle lirait en elle comme dans un livre ouvert. Elle aurait pu faire une grande carrière dans la police avec des yeux aussi perçants. Il faudrait le lui suggérer si la Galerie avait du mal à tourner... Elle était désormais la coupable en garde à vue, lumière en plein visage, menottes aux poignets et bruit de radiateur mal réglé remplaçant les mantras. «D’abord, il faut que tu me promettes que tu ne vas pas hurler...» souffla-t-elle presque timide contrairement à ses habitudes grandiloquentes. C’était toujours mieux que de réclamer un avocat. Elle se racla la gorge comme pour se donner du courage, puis se lança d’un air décidé sans pour autant relever les yeux. «Tu te souviens de la pompom démon dont la menteuse est le sous-fifre ? Elle couche avec Samuel. Ou elle couchait... J’en sais rien. Et quand je l’avais sous la main... J’en ai profité. J’ai dit que je n’appellerais pas ses parents si elle faisait en sorte que sa copine et Youngblood rompent. Et elle a accepté.»

Et voilà que la bombe était lâchée. Si elle s’en tenait là, les questions allaient fuser et elle serait probablement incapable de faire face à l’ouragan Preston. Pour le première fois depuis qu’ils avaient commencé à se voir, elle acceptait d’en parler à quelqu’un. Madeleine avait honte de cette relation. Bien plus que de tous ses coups d’un soir. Parce qu’il avait un nom, et qu’il était connu des services Preston, et qu’elle avait claironné que non, jamais, jamaiiis il ne se passerait rien entre eux. Levant une main devant elle pour interrompre la mitraillette qui allait sans doute bientôt la cribler d’interrogations, elle reprit d’une voix calme. «Et je n’ai pas fait ça parce que j’ai peur que Youngblood se fasse virer et que mon service soit doublé.» Pinçant ses lèvres dans un sourire embarrassé, elle avait passé le plus dur. Le tout c’était de trouver le moyen d’y mettre les formes. «L’été dernier j’ai couché avec le disquaire. Robertson, le grand beau blond, tu as dû le voir au mariage d’Emma ou en ville, bref. J’avais cru qu’on pourrait reprendre quelque chose tous les deux, quelque chose d’un peu plus sérieux tu vois... Sauf qu’il a dit non, et que ça a fait plus mal que prévu..» Ses yeux se plissèrent avec malice pour chercher de la complicité dans le regard de sa colocataire, ou n’importe quoi qui aurait pu lui donner le courage de continuer. «Bref, j’étais triste, et j’étais seule, et je ne sais pas ce qui m’a pris mais je me suis retrouvée devant la porte de Samuel, et puis dans son lit.» Levant les yeux au plafond comme s’il s’agissait là de l’enchaînement le plus naturel du monde et que même l’innocent livreur de pizza n’était pas à l’abri, elle lâcha son verre pour passer ses doigts dans ses cheveux blonds en bataille. «Et depuis bah... Ça a plus ou moins continué comme ça...» Oh comme elle priait pour que sa sorcière en herbe ne la juge pas. Inspirant profondément, elle s’arracha les derniers mots pour retomber dans un mutisme boudeur. «Et je crois qu’il couche encore avec cette gamine et je ne veux plus qu’il le fasse.»
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Anna L. Preston
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyDim 24 Fév - 0:28

Soulagée elle-aussi par la pression qui s'était relâchée après la -presque- mise à feu de la pension, Anna s'apprêtait à écouter les révélations de Madeleine avec un peu plus d'apaisement. Elle pouvait lui annoncer que Tim avait décidé de se lancer dans le chant tyrolien, la sculpture sur glace ou le concours de sosies, elle l'entendrait maintenant avec sérénité, même si elle se préparait à tiquer en peu quand sa colocataire lui expliquerait quel genre d'accord elle avait bien pu passer avec une petite lycéenne mythomane et nymphomane.

Elle plissa un peu le nez pour accéder à la demande de son amie (ne pas hurler dès la première salve d'information) et inclina légèrement la tête. La pompom démon, Youngblood, maintenant que cela avait été clarifié au préalable, c'était bon, elle suivait. Ce qui était plus difficile à comprendre, c'était que Madeleine s'en mêle. Qu'est-ce qu'elle avait à gagné à sauver la peau de ce sale type ? Ok, elle avait un faible pour lui, mais ça n'expliquait pas tout. Anna connaissait Madeleine, et bien que profondément généreuse, elle ne rendait pas service à n'importe qui pour n'importe quoi. Surtout pas à quelqu'un qui, sous ses airs d'ange séducteur, avait la réputation de lui pourrir son quotidien.
Elle ouvrit la bouche pour demander quelques précisions mais fut aussitôt interrompue par un geste définitif. Et par la suite des révélations.

Anna aurait pu croire que c'était l'alcool qui la faisait délirer. Son esprit suffisamment embrumé par les vapeurs du rhum et celles de l'encens aurait pu fabriquer de toutes pièces ces confidences douteuses... Mais non. Ces mots sortaient vraiment de la bouche de Maddie. Elle visualisait Robertson, elle visualisait la déception, la douleur, la colère lorsque le refus faisait irruption dans un quotidien rêvé. Elle se souvenait de l'appréhension qu'elle avait ressentie dans le pick-up avant d'oser ouvrir la portière ce soir de sérénade frigorifiée dans le jardin d'Ainsworth, le coup au coeur que cela lui aurait porté si il avait décidé de refuser la réconciliation. Elle comprenait même le besoin de compensation... Et par extension le besoin de Youngblood. Du sang frais pour mieux oublier le chagrin. Elle aussi aurait pu se remettre ainsi de sa première rupture, de cette relation impossible avec un homme plus âgé, ami de son père, ô cliché des clichés. Sa soeur avait été là pour empêcher les pots cassés, Madeleine, elle, qui avait-elle ?

Plutôt que de crier son désaccord, Anna observa son amie quelques instants. La blondinette avait ces dernières années accumulé les désastres -ou les néants- amoureux. Il n'en fallait pas plus pour chercher du réconfort là où il se présentait. Samuel, faux frère de Timothy, aurait pu faire succomber la galeriste si son choriste préféré n'avait pas déjà occupé toutes ses pensées. Pas sûr qu'elle serait allée jusqu'au bout, mais elle se trouvait en tout cas bien trop imparfaite pour se permettre d'émettre un jugement. Son amie avait gardé le secret suffisamment longtemps pour qu'Anna comprenne qu'elle n'était pas très fière de cette relation et elle se garderait bien de lui faire la morale. Même si elle devait se mordre les lèvres jusqu'au sang pour cela.

-Ok, ok, ok, j'ai saisi, coupa-t-elle d'un ton plus agacé qu'elle ne l'aurait voulu. Tu ne voulais pas, c'est arrivé, ça a continué... Bien folle celle qui te jetterait la première pierre. Mais, Maddie, là où je coince c'est... Qu'est-ce que tu veux dire par "je ne veux plus qu'il le fasse" ? Tu veux qu'il la quitte... Pour toi ?

L'air circonspect d'Anna devait se voir à des kilomètres. Elle faisait de son mieux pour masquer ses sentiments et espérait que puisque Madeleine était partie, elle profiterait de cette relance pour continuer à déballer ses sentiments. Cela laisserait à Anna le temps de réfléchir et de trouver les mots justes. Terriblement inquiète à l'idée de froisser son amie, la jeune femme redoutait le moindre faux pas et se retenait de trop en dire.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyJeu 28 Fév - 22:40

Les yeux fermement accrochés à la bouteille de rhum, Madeleine résistait à grand peine à l’envie de se resservir un autre shooter pour oublier qu’elle venait de lâcher ses vilaines petites cachoteries à sa meilleure amie. Il lui faudrait d’ailleurs bien plus d’un shot pour effacer de sa mémoire ce moment très embarrassant, mais néanmoins libérateur. Malgré son caractère évidemment sociable, ce n’était pas exactement dans les habitudes de la blonde d’abattre toutes les cartes de son jeu. Elle avait beau avoir une poker face qu’elle réservait pour ses parties de scrabble endiablées et ses rendez-vous avec Figgins, le reste du temps elle était plutôt facile à cerner, ce qui facilitait les petits secrets. Qui aurait pu imaginer d’une fille aussi franche qu’elle soit capable de dissimuler quoi que ce soit ? Des années à parler à des amis imaginaires comme s’ils s’étaient trouvé là sans jamais (ou presque) protester avaient fait d’elle un être des plus directs. Les jolis arabesques et les circonvolutions, très peu pour elle. Si elle avait quelque chose à dire, elle vous le disait en vous transperçant de ses yeux bleus irisés d’un gris qui semblait s’être affirmé avec le temps, le sourire aux lèvres et une bonne dose d’humour en plus. Elle n’avait honte de rien, et s’étalait en spectacle au lycée comme à l’université sans le moindre scrupule. Être le centre de l’attention était trop bon pour qu’elle y renonce de si tôt. Peu importait que les remarques suivant ses cascades soient peu élogieuses. Ce dont elle avait effectivement honte, en revanche, restait profondément enfoui sous une tonne de diversions hautes en couleurs. La question Samuel aurait dû sortir de derrière les fagots des semaines plus tôt, mais chaque fois qu’elle se surprenait à crier son nom avant de s’effondrer dans une torpeur délicieuse, le délai s’allongeait de quelques jours supplémentaires. Pendant un temps elle s’était convaincue qu’elle avouerait tout quand elle aurait largué son badboy. Elle avait même discuté les meilleurs méthodes pour en venir à ses fins avec Pablo, colombien qui roulait les r sur le bout de sa langue comme personne et conseiller en largage d’amarres. Mais sérieusement ? Il aurait fallu être folle pour se débarrasser d’un si bon amant sans remords. Et Madeleine avait été élevée pour apprécier les bonnes choses. Lorsqu’enfin il cessait son petit manège de séduction destiné à lui faire avaler ses couleuvres sur son amour inconditionnel, il était plutôt de bonne compagnie. Derrière ses côtés vilain garçon il était restait étonnamment ingénu, ce qui ne cessait d’émerveiller la surveillante lorsqu’il se laissait mener par le bout du nez. Fronçant les sourcils en se surprenant à penser à lui de manière aussi tendre, elle releva le nez vers Anna qui n’avait pas l’air aussi outrée qu’elle aurait pu l’être. Elle connaissant Youngblood... Et pas le gentil garçon tendre qui enroulait ses bras autour d’elle pour prendre le temps de respirer l’odeur de son shampooing même dans un laboratoire de langue au troisième étage.

La jeune femme émit presque un gémissement douloureux à la conclusion implacable de sa colocataire avant de répondre immédiatement un «Non !» ferme et définitif, mais bien vite contrebalancé. «Peut-être.» avoua-t-elle en baissant à nouveau la tête honteuse. Sa bouche se plissa en une grimace hésitante avant de céder à l’appel de la bouteille et de descendre d’une traite un nouveau verre. Elle n’était pas amoureuse de Samuel. Il aurait pu coucher avec le reste de la ville, mais pas une lycéenne, et surtout pas cette sale peste nymphomane. Bon, peut-être qu’elle aurait tout de même préféré qu’il s’en tienne à elle. Pour des raisons de santé évidentes, et aussi parce que quand elle avait le moral en berne elle se laissait croire à son baratin une nanoseconde, et la perspective qu’il raconte la même chose à dix autres filles n’aidait pas. Mais elle n’était pas en mesure de l’exiger sans lui faire espérer quelque chose qu’elle ne voulait pas lui accorder. Ils pouvaient commander des pizzas par téléphone pour les manger devant un DVD, mais ils ne pouvaient pas aller à la pizzeria ensemble en sortant du cinéma. Ils pouvaient baptiser toutes les salles du lycée de manière assez peu religieuse, mais jamais il ne passerait la porte de sa chambre à la Pension. C’était peut-être idiot, mais c’était les seules limites qu’elle avait réussi à s’imposer. «C’est pas que je veuille une relation avec lui. Rien qui ressemble à ce que tu as avec Ainsworth.» dit-elle avec un rire désabusé en repensant à ce couple mystérieux auquel elle ne comprenait rien mais qu’elle admirait secrètement. «Je veux dire, il est adorable quand il veut, mais ça reste Youngblood.» Madeleine arqua un sourcil entendu en fixant la rousse dont l’air profondément réticent ne cachait pas le fond de sa pensée. Elle pouvait au moins lui accorder ça. Si on le lui avait dit quelques mois plus tôt, elle aurait recraché son verre au visage du messager. «Mais bon, il est de bonne compagnie, dans certaines conditions.» Cette fois elle ne put retenir le sourire lourd de sous-entendus qui ferait craquer sa meilleure amie et la soulagerait un peu si elle riait. Elle avait besoin de savoir qu’Anna ne la jugeait pas en le gardant pour elle. Assez de culpabilité pour le moment, elle avait besoin d’une bonne remarque cinglante pour la ramener à la réalité et lui faire lâcher une bonne fois pour toute cette idée de Wildblood avant de se retrouver tristement embrigadée dans des mensonges et de la polygamie. «Tu crois que j’ai craqué sur ce coup là ?» demanda-t-elle avec un air sérieux après un silence un peu gêné. «J’veux dire, c’est pas pire que la fois où j’ai dû demander à Lexie de venir me chercher devant la fac après un mémorable walk of shame. Si ?» Ses yeux s’étendirent en deux fentes malicieuses sans quitter Anna du regard. «Je sais que tu as toujours cette photo où je descends de la voiture avec mes chaussures à la main, mascara dégoulinant et robe déchirée tout le long de la cuisse Anna Preston, et si tu comptes la retourner contre moi, je serais contrainte de te suivre partout jusqu’à obtenir un cliché aussi dangereux.» Ses traits étaient désormais beaucoup plus apaisés alors qu’elle soulignait le pathétique de ses aventures dont les sœurs Preston connaissaient une bonne partie de l’étendue. Pas de quoi avoir honte, finalement.
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Anna L. Preston
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Voodoo Times   04. [Pension Preston] The Voodoo Times EmptyMar 19 Mar - 22:34

Ce n'était finalement pas aussi terrible qu'elle l'avait d'abord pensé...
Madeleine, criant tout à l'heure à la monogamie, n'avait pas encore, selon Anna, atteint les tréfonds du gouffre sans limites de la relation addictive. Il s'en fallait de peu cependant, ce qui expliquait pourquoi la petite rousse ne quittait pas son air circonspect.
Elle pouvait suivre depuis son coussin les circonvolutions et les demi-tours à frein à main qu'effectuait le cerveau de son amie : "oui", "non", "peut-être"... Autant de petits mots qui laissaient transpirer à quel point la jolie blonde se demandait où elle en était...
Anna s'interdisait de réagir ou d’émettre un quelconque jugement tant que la surveillante n'en aurait pas terminé.
Elle sourit pourtant à moitié devant l'immanquable comparaison avec Ainston. Tim et elle avaient définitivement ce qu'on appelait une "relation", ils battaient même des records d'engagement et de fidélité si l'on considérait les autres couples de Lima. Combien de fois Lexie lui avait-elle parlé des malheurs de la blonde Ecaterina, et même, hérésie totale qu'elle était incapable de comprendre, elle avait suivi de beaucoup trop près à son gout les ébats et les révélations cosmiques et affectives du trio Lexie-Charlie-Wyatt. Comment ceux-là s'en sortaient et ce qu'ils faisaient derrière son dos lui importait moins désormais que le gynécologue nymphomane de Lima s'était calmé et avait définitivement jeté son dévolu sur la petite Watson-Brown, mais Anna ne pouvait s'empêcher de se demander comment la gestion d'autant de drama était vivable au quotidien...
Encore une fois, cette remarque, elle le savait bien, serait apparue complètement déplacée à Madeleine par exemple, pour qui son couple avec Timothy relevait du mystère le plus complet. Elle était néanmoins flattée de savoir que son amie avait peut-être revu son jugement maintenant qu'elle comparait sa propre relation avec l'autre surveillant rebelle de McKinley avec celle que partageaient Anna et Tim.

-Tu sais très bien que tu ne supporterais pas une seule seconde d'avoir une relation de couple ressemblant à la mienne. Le pauvre garçon finirait assommé en moins de temps qu'il n'en faut pour dire ouf, commenta-t-elle avec amusement.
Cela les amenait tout logiquement à ce qu'elle pouvait bien trouver à Youngblood... Et là où Anna séchait, Madeleine avait apparemment des tonnes arguments à revendre. Valables, même si certes très intéressés et absolument pas objectifs. La galeriste leva une fois de plus les yeux au ciel, laissant enfin éclater un peu de l'incompréhension qui l'habitait :

-Adorable ? De bonne compagnie ? Non mais tu t'entends Maddie ? Il faut que je te rappelle de qui tu me parles là ? Du boulet infernal qui empoisonne apparemment toutes tes permanences au lycée et le quotidien de mon couple ? Du mec égoïste qui profite de toutes les soirées à la pension sans jamais se sentir redevable ? Du type qui couche avec la moitié des cheerios mineures de cette ville ? Et crois moi, il faut être désespéré ou complètement débile pour avoir envie de faire quoi que ce soit avec des niaises doublées de pestes pareilles ! Non, non, non, je veux bien que ce soit un excellent plan cul, qu'il te fasse grimper au rideau comme personne, mais je refuse que tu utilises de telles qualifications à son égard ! Adorable, de bonne compagnie ? C'est Robertson que tu me décris là, pas Youngblood !


Anna avait presque terminé sa tirade dans un cri. Elle connaissait peu Ecaterina et son frère Dorian mais ses origines britanniques lui soufflaient qu'il valait mieux tomber pour le disquaire musicos du coin que pour le surveillant tombeur de minettes.
Elle espérait ne pas être allée trop loin, ne pas avoir vexé Madeleine.
Elle continua aussitôt :

-Loin de moi l'idée de te juger... Tu sais que la moitié de Lima, Youngblood le premier, ne croyait pas un seul instant que ça puisse durer entre Tim et moi... Les contraires s'attirent, les opposés s'attachent, whatever toutes les explications stupides qu'ils puissent trouver. Ce que je veux dire c'est que... Je ne pense pas que Youngblood soit le bon... Pour toi ? Et ce n'est même pas une question d'être le bon, le bon, celui qui saluera Doris ou Jake, qui t’emmènera fêter Holi au Penjab ou qui acceptera de débattre de la légitimité du mouvement impressionniste à 5h du matin quand tu y tiendras absolument après au moins 5 bons verres de bourbon... Pas ce bon là, non, celui-là viendra en temps et en heure... C'est simplement que je pense que tu transfères sur lui et sa disponibilité tout ce que Ashton et Dorian n'ont pas su faire ou dire...

C'était de la psychologie de bas étage et qui ressemblait peu à la jeune femme, mais le rhum avait définitivement désinhibé les deux amies et Anna en s'entendant parler avait l'impression d'écouter sa mère donner des conseils à ses relations de la haute bourgeoisie britannique.
Reprenant la poupée entre ses doigts, elle souffla un bon coup, dégageant tout à la fois le poids sur épaules et les vapeurs de l'alcool.

-Alors oui, je pense sincèrement que tu as un peu craqué sur ce coup là. Mais en même temps... Il est sexy en diable le motard ténébreux hein ?! Et si tu prends autant de bon temps que tu a l'air de le faire, alors ce n'est définitivement pas pire que ton mémorable walk of shame... Et je garde les photos, on ne sait jamais... Il faudra bien les montrer au bon quand il se décidera à pointer le bout de son nez, acheva-t-elle en adressant un clin d’œil à son amie.

Elle resservit les shooters à ras bord et s'apprêtait à porter un nouveau toast quand une détonation assourdissante retentit, suivie du fracas du ruissellement de l'eau contre la fenêtre de la chambre. Anna lâcha précipitamment son verre -on n'était plus à un peu de liquide répandu près- et se précipita contre la vitre, tentant d'apercevoir quelque chose entre les gouttes.

-Non, non, non, non, nooooooon ! C'est le tuyau d'arrosage qui a explosé ! J'avais dit à J.J. qu'on aurait du le rentrer cet hiver, qu'avec tout ce gel on aurait des soucis dès qu'il se remettrait en marche, gémit-elle. Haaaaaaaaan pourquoi est-ce que personne ne m'écoute dans cette maison !

Anna dévala les escaliers plus vite qu'elle ne l'avait jamais fait et atteint la buanderie en un temps record. Elle referma le robinet alimentant le tuyau extérieur, s'assura depuis la fenêtre du rez de chaussée que le flot avait cessé et remonta faire un bilan à Madeleine.

-Bon je crois qu'on est bonnes pour une séance jardinage spéciale "dégâts des eaux" demain... Et aussi que le vaudou n'est vraiment pas fait pour nous...
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