Choriste du mois


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 04. No baby no cry

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MessageSujet: 04. No baby no cry   04. No baby no cry EmptyVen 20 Juil - 20:40

Sous ses grosses et épaisses lunettes fumées, Sue Sylvester poussa incognito la porte du cabinet médical. Non qu’elle avait honte, mais voir la magnifique mairesse de Lima se faufiler en douce chez le gynécologue, c’est sûr, cela aurait fait jaser tous les Etats-Unis ! Que faisait-elle ? Mamie Suzette n’avait-elle pas encore connu les joies de la fée Ménopause ? Aurait-elle eu des relations sexuelles non protégées si bien qu’elle aurait contracté quelques maladies graves ? Que nenni ! Il était vrai que l’ex-coach ne demandait pas facilement de l’aide ; son contrôle technique, elle le faisait elle-même d’habitude, mais cette fois-ci elle avait une requête bien particulière qu’elle ne pouvait réaliser seule, ni même à deux fallait-il croire...

D’un pas feutré, elle se dirigea vers la secrétaire, une monstruosité d’une laideur incroyable, boudinée dans des guenilles d’un autre temps que même l’ancienne coach ne pouvait déterminer. Elle hésita quelques instants, puis s’approcha du mutant. « J’ai rendez-vous avec le Docteur Bright Billsborough à 15 heures. » L’affreuse sorcière, pétrifiée à la vue de cette étonnante patiente, corrigea d’une voix presque inaudible « Le Docteur Wyatt Pillsbury vous voulez dire ? » « Oui, enfin le frustré qui tout petit voulait voir sous la jupe des filles... » Le boudin sur pattes chercha dans son cahier. « Euh… C’est à quel nom ? » se risqua-t-elle, suivant à la lettre ses obligations professionnelles mais effrayée par la probable réaction de la mairesse. « Fonda. Janne Fonda. Mais Janne avec deux “n” ! Perplexe, la secrétaire vérifia. « Euh... ?!? Oui... En effet... C’est bien à 15 heures. Vous pouvez aller dans la salle d’attente. Le docteur va venir vous chercher. » dit-elle, accompagnant ses propos par un geste en direction d’une pièce totalement vide.

Sue avait l’embarras du choix. En effet toutes les chaises étaient libres. Fallait dire qu’elle avait super bien calculé son coup la Sylvester ! Afin que personne ne puisse l’observer, l’espionner, et relayer l’information sur ses horribles réseaux sociaux, la mairesse avait pris soin de réserver les rendez-vous suivants, avec des noms tous plus farfelus les uns que les autres, genre Diane Keathon (avec un “h”), Sophie Loren (avec un “e”), Julie Andrew (sans le “s”) et bien d'autres. Elle avait juste commis l’erreur de mettre à 17 heures John Voigt (encore avec un “h”), oubliant qu’il s’agissait d’un mec... Cela n’avait pas du tout titiller l’individu qui était à l’autre bout du combiné en tout cas ! Bon, c’était pas grave en soit, elle avait deux heures devant elle, en espérant que le médecin ne soit pas aussi empoté que le preneur de rendez-vous... Après mûres réflexions, Sue décida de ne pas s’asseoir. Elle était dans une salle d’attente d’un gynécologue et par définition toutes les femmes (enfin toutes sauf elle) qui attendaient dans cette pièce étaient enceintes ! Y’en avait bien au moins une qui par malencontreusement avait eu un dégât des eaux ! La mairesse se demandait d’ailleurs s’il n’aurait pas mieux fallu qu’elle mette des bottes en caoutchouc, qu’elle aurait désintégrée dès sa sortie. Soit, il était trop tard maintenant.

En attendant, l’ex-coach scruta méticuleusement la pièce infernale. C’était bel et bien l’image qu’elle s’en faisait. Outre les montagnes de magasines aussi vieux que la période Nixon, la pièce dégageait une atmosphère complètement morbide. Même fausse, les quelques plantes vertes étaient en train de crever dans leurs pots. A la vue des tableaux accrochés au mur, l’être le plus faible aurait sans aucun doute vomi son repas. En plus, le tic-tac incessant de l’horloge, qui donnait un énorme mal de crâne à l’ex-coach, affichait déjà 15 heures et 3 minutes. Pourquoi la Grande Sue Sylvester devait-elle attendre ? Elle cria à travers la pièce. « Il pose sa pêche ? Ca fait déjà trois minutes de retard ! » Le mutant de l’autre côté n’osait réellement répondre. Et elle continua ainsi, à chaque minute, jusqu’à ce qu’une seconde porte s’ouvrît, à 15 heures 25.

« Ben dis donc... C’est que t’aime tripoter toi ! » Et sans même dire bonjour, elle pénétra dans la pièce qui servait de bureau du docteur. Un énorme sourire aux lèvres, l’ex-coach lui déclara poliment : « Par contre je te sers pas la main, hein ! Quand on sait où tu les mets... » Elle marqua un temps de pause, histoire de s’installer dans un fauteuil. Cependant, dès que son postérieur magnifiquement formé toucha le tissu, elle se releva immédiatement. « Je me la joue pas à la Mickael Jackson ! Moi, les microbes, ça me fait pas peur ! Mais bon, quand on trifouille tout et n’importe quoi... Et tu en as dû voir du n’importe quoi… Et ces n’importe quoi se sont assis sur ce fauteuil alors... » Elle leva les yeux vers le médecin. Mais c’était qui celui-là ? Si on lui avait dit par téléphone que c’était un gynécologue roux, elle aurait tout de suite annulé ! C’était donc ça la drôle d’odeur dans la salle d’attente ! Elle croyait au départ que c’était quelques sueurs de femmes en période prénatale, il fallait croire que non. Reprenant ses esprits, elle enchaîna. « D’ailleurs en parlant de n’importe quoi. La morue à l’entrée, elle n’a jamais causé de fausses couches ? Parce qu’un jour, ça arrivera, ça c’est sûr ! » Son regard se posa sur le chevalet de bureau. Docteur Wyatt Pillsbury. Ce nom de famille lui disait quelque chose. Oui, elle avait connu de ce nom. Soudain, une étincelle dans les yeux, elle sursauta. « T’as un lien de parenté avec Elmo Pillesboory ? »


Dernière édition par Sue Sylvester le Dim 3 Fév - 14:40, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: 04. No baby no cry   04. No baby no cry EmptySam 21 Juil - 19:13

Maudit bug informatique. N’y avait-il pas un informaticien suffisamment doué et disponible pour venir régler cette histoire de serveur interne ? Pour une raison obscure qu’il attribuait sans le dire à la petite nouvelle, les ordinateurs s’étaient tous déconnectés du réseau sur lequel ils avaient l’habitude de travailler et lui évitait de devoir s’amuser à recopier à la main le calendrier de ses patientes. Tous les rendez-vous du jour avaient donc été pris à la main par la remplaçante de sa secrétaire préférée qui avait décidé de s’offrir des vacances hors saison et que personne (en dehors de lui-même) n’avait essayé de retenir. La pauvre créature était une incapable finie doublée d’une beauté plus que douteuse, et attirait la malchance sur le cabinet en plus des patientes compliquées. Cela ne faisait que trois jours qu’elle occupait le siège à l’entrée et déjà il regrettait amèrement sa secrétaire habituelle au point de considérer le fait de la rappeler d’urgence en lui promettant de meilleurs honoraires... Wyatt avait été obligé de faire ce qu’il détestait tant et qui avait représenté l’une des raisons majeures pour lesquelles il n’avait jamais voulu entrer en service dans un hôpital : avancer à l’aveugle dans ses rendez-vous surprises. Ça et l’argent bien sûr. Pourquoi serait-il allé travailler un nombre d’heure insensées et mal payées alors qu’il pouvait gérer son emploi du temps et ses revenus en ayant une part de sa propre clinique ? Et qu’on ne lui parle pas du prestige d’enseigner à de futurs médecins. Il ne les connaissait que trop ces futurs médecins. Des femmes essentiellement, qui essaieraient toute à un moment ou à un autre de le mettre dans leur lit dans l’espoir d’avoir le droit d’assister à telle ou telle procédure. Ou des hommes, qui s’imagineraient qu’ils sont proches parce qu’ils ont choisi une spécialité peu commune pour les êtres de sexe masculin, et qui voudraient partager avec lui leur liste interminable d’expériences sexuelles et de patientes sexy. Il préférait mille fois, dix mille fois le privé. Ici, il pouvait se permettre d’opérer un choix dans ses patientes et de généreusement refourguer les plus désagréables à ses collègues. Sauf celles qui le choisissaient tout particulièrement, comme Summer Davis... Mais il travaillait dans un cadre qu’il avait choisi, et pour lequel il bataillait avec le mauvais goût de ses anciens propriétaires pour le rendre plus agréable. Il avait sa machine à café italienne, sa place de parking attitrée, son fauteuil hors de prix que personne ne penserait même approcher en son absence, il était à côté de son appartement. Toutes les conditions étaient réunies pour faire de lui une jeune homme épanoui dans son activité professionnelle. Et ce n’étaient pas quelques jours à souffrir une secrétaire moins dégourdie que la sienne qui le ferait plier. S’offrant le loisir d’un café après sa première patiente de l’après midi avec qui il avait pris moins de temps que prévu, il regarda par la fenêtre le temps grisâtre de la mi-février pour se changer les idées. Retournant dans la salle d’attente après avoir avalé sa dernière gorgée pour chercher la patiente suivante juste à l’heure, il referma la porte derrière lui constatant l’absence inhabituelle d’autres patientes. Les vieux chnoks avaient-ils pris une demi-journée de congé sans l’en informer ?

Jusqu’à présent, tout s’était passé dans une paix relative et il n’avait eu le droit qu’à des patientes qu’il connaissait déjà, venant pour des check-up de routine. Mais la donne commença à changer avec cette mademoiselle Itou. Jeune japonaise venue apparemment contre l’avis de ses parents, qui n’avait cessé de lui raconter sa vie privée, s’imaginant sûrement qu’il avait ajouté une formation de psychiatre à celle de gynécologue. Le jeune homme avait beau essayer de l’interrompre pour en venir à la partie médicale, l’adolescente semblait intarissable et attaquait à présent l’historique de ses relations sans qu’il ne lui ait rien demandé. Gardant finalement le silence plutôt que de s’évertuer à arrêter ce moulin à paroles, il attendit qu’elle en ait terminé en notant au passage ce qui pourrait lui être utile pour son dossier. Un coup d’œil à l’heure affichée sur son écran d’ordinateur lui indiqua qu’il serait très certainement en retard pour sa prochaine consultation. Lui qui avait horaire de ce genre de retard indésirable dans ses consultations minutées. Il serra les dents et quand vint le moment de l’examiner, il estima le retard à une petite quinzaine de minute, grâce à la marge de sécurité qu’il s’attribuait toujours. Seulement après avoir enduré les récits détaillés, il se trouvait à présent confronté à une grande timide qui ne savait plus si elle était capable de se déshabiller devant un homme médecin. Les nerfs à vifs, il avait enfin réussi à lui faire ôter sa petite culotte quand il entendu cogner contre la porte menant à la salle commune. Soupirant profondément, il ôta ses gants qu’il laissa sur le rebord de son bureau pour aller ouvrir non sans s’être excusé platement auprès de la jeune fille qui scella bien évidemment à nouveau ses cuisses. «Quoi ?!» grogna-t-il sans ménagement à la secrétaire tremblotante de l’autre côté de la porte. «Il me semble avoir été clair quant aux interruptions de mes rendez-vous. Si ce n’est pas une question de vie ou de mort, ce n’est pas la peine de revenir demain.» acheva-t-il. Le regard de la pauvre fille déjà empreint de peur sembla se voiler de panique à ses mots, et le médecin reprit son souffle pour s’adoucir un peu et tirer des réponses de la blonde. «Que se passe-t-il ? Un rendez-vous de dernière minute ? Je suis déjà en retard à cause de cette patiente vous n’allez pas me dire que vous m’avez rajouté une patiente supplémentaire ?» Secouant vivement la tête pour nier les faits, elle lui tendit un petit papier où étaient recopiés les noms de ses rendez-vous suivants, tous plus invraisemblables les uns que les autres, terminé de manière magistrale par un nom masculin. «Elle... elle est dans la salle d’attente. Je pense que c’est elle qui a pris tous les rendez-vous. Elle n’arrête pas de crier depuis 15h docteur...» Serrant le papier soigneusement replié dans le creux de sa main, il la renvoya d’un geste à son bureau. «Je m’en charge, chargez vous de rassembler vos affaires, et appelez moi mes associés s’ils ne sont pas là, nous aurons une réunion à 17h et vous êtes conviée.» Claquant la porte derrière lui, il dut mettre cinq minutes supplémentaires à calmer sa patiente pour achever sa consultation et la renvoyer par la porte donnant directement dans le couloir.

Les nerfs à fleur de peau, il jeta les gants blancs dans sa poubelle, prit une profonde inspiration puis se dirigea vers la salle d’attente pour avoir le plaisir de faire la connaissance de Janne Fonda, Diane Keathon et Sophie Loren. Vingt-cinq minutes de retard. D’ordinaire il aurait eu les pires scrupules et se serait même fendu d’une excuse, mais de toute évidence, il passerait sur cette étape avec la folle à qui il aurait à faire. À peine avait-il eu le temps d’ouvrir la porte qu’il fut dépassé par une femme blonde d’un âge déjà mûr qu’il ne mit pas longtemps à reconnaître comme la mairesse de la ville. Il ne l’avait vu que peu de fois, notamment aux mondanités qui incluaient les chorales, et dans le journal tout particulièrement à l’approche de ce festival de musique dont on lui rebattait les oreilles. «Madame le Maire.» la salua-t-il sans tenir compte de ses remarques. Encore une qu’il allait devoir écouter sans broncher avant de pouvoir poser un quelconque diagnostic. Il ignora de même les remarques sur sa secrétaire temporaire qui les quitterait le soir-même à n’en pas douter, et lorsqu’elle en eut fini avec ses non-sens, il releva les yeux de ses papiers pour la dévisager. «Aucun.» dit-il calmement sans chercher à comprendre ce qu’elle voulait dire. «Mais je vous en prie, asseyez-vous. À l’heure de l’entretien mes patientes ont coutume de s’asseoir vêtues.» Se tournant vers son écran, il ouvrit machinalement un dossier pour le remplir en contrôlant avec difficulté son mépris pour cette femme qui se permettait de toute évidence tout et n’importe quoi sous prétexte qu’elle possédait les clefs de la ville quelque part dans un tiroir de son bureau. «Que me vaut l’honneur de votre visite ? Il me semble que c’est notre première rencontre. Avez-vous le dossier de votre médecin précédent ?»
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MessageSujet: Re: 04. No baby no cry   04. No baby no cry EmptyJeu 30 Aoû - 15:24

« Aucun lien avec Sainte Irma de Lima ? C’est étonnant vu votre couleur de cheveux ! » Elle sourit machinalement, révélant la parfaite blancheur de sa dentition, mais se ravisa soudain, de peur que ce rouquemoute ne lui ai délibérément menti (après tout, un rouquin, il faut s’y méfier !). La mairesse n’allait tout de même pas ruiné ses chances de détruire le plus affreux et improbable couple de la Terre sous prétexte qu’elle se fût dévoilée un peu trop devant un membre de la famille ! « Non que je déteste les… roux… » Aussi pénible fût-il ce mot à sortir que d’avaler une boîte de lames de rasoir, elle enchaîna comme si de rien n’était. « Mais j’ai vu à la télé que tous les ginger descendaient d’un même ancêtre commun, donc possible que ce soit une cousine fortement éloignée ! » Niveau explication, c’était plutôt faible et peu crédible. Mais à quoi bon ! Les chevelus cendrés devenaient une masse de plus en plus importante de la société, et peu de temps avant la campagne politique, du respect (hum hum !) et de la reconnaissance (hum hum HUM !!!) pour ce groupe social pouvaient débloquer une bonne centaine de bulletins de vote !

L’entretien du docteur Bearsmerry révéla malheureusement qu’il ne s’agissait pas du plus éclairé des hommes. « Voyons… ? T’es gynécologue, donc faudrait que je sois extrêmement craignos pour venir me faire opérer d’une appendicite ou examiner mon audition ! J’suis venu pour que vos mains expertisent un endroit reculé de mon corps ! » Sue décida de s’asseoir afin de contrôler ses nerfs et ne pas sauter à la gorge de cet énième raté de la vie. Nom d’un Schuester chauve ! Qu’elle ne tombe pas sur ce misérable individu qui lui avait conseillée avec tant de vigueur d’aller consulter “le très respectable et charmant gynécologue du Vieux Quartier !”. Pouah, quelle foutaise ! Autant d’adjectifs mélioratifs pour qualifier un rouquin, c’est à la limite de la folie ! Son sourire faussement ultra-bright ne masquait absolument pas une certaine irritation, et son ton oscillant entre une franchise trop tranchante et une exaspération alarmante ne s’expliquait même pas ! A l’accoutumée, Sue Sylvester déclenchait hystérie, liesse et respect, c’est pourquoi elle ne comprenait absolument pas l’expression exacerbé du Spécialiste du frottis. La réminiscence d’effets secondaires suite à épilation des parties intimes sans doute.

« Mon précédent médecin ?!? » Elle ne put étouffer un fou rire, qui s’étouffa peu à peu à mesure qu’elle constatât le sérieux du docteur. « Y a pas à dire ! Les… roux sont très drôles, même malgré eux ! » Essuyant une larme au coin de son œil, elle continua : « J’ai jamais vu de gynécologue ! Vous savez, je suis multifonctions, comme les couteaux-suisses ; alors le contrôle technique, je me le fais moi-même ! » Elle fuit le regard trop insistant du Toucheur Intime, épris d’un léger malaise, observa fugacement le cabinet et le fixa de nouveau, plus hautain que jamais. « Va pas croire que je n’y arrive pas parce que je suis trop vieille ou quoi que ce soit ! Il y a parfois des choses qui nous dépassent, et l’avis de spécialistes… » Elle suspendit volontairement sa phrase pour se racler la gorge le plus bruyamment possible, comme pour faire passer un message... Déballer ses petits tracas devant un total inconnu qui plus est pervers (tout le monde ne choisi pas de palper et d’observer l’intimité de jeunes femmes !) n’enchantait guère la mairesse. Mais maintenant qu‘elle avait commencer… « Bon ; je l’avoue, c’est Josh qui m’a poussée à venir vous voir. Ma situation semble l’inquiéter. » dit-elle, empruntant un ton faussement émotionné. « Je… je… » Elle ne termina pas. En principe, toute phrase commencée par une femme bouleversée n’arrivait jamais à dépasser le complément verbal, voire le verbe dans des cas extrêmes. Ce n’était bien évidemment pas le cas de Sue, mais si Chevelure Cendrée pouvait être convaincu du contraire, cela faciliterait énormément sa compréhension et surtout briserait ce masque d’insensibilité qui lui collait à la peau ! Pendant plusieurs secondes, un léger silence envahit la pièce, rapidement rompu par un coup de poing donné sur le bureau. Sylvester faisait encore des siennes. « Je vous jure que si quoi que ce soit, même un petit bout d’info, sort de ce cabinet, je t’en tiendrais pour responsable Tâches de rousseur. Et je te ferais tomber ! » Chaque mot était délibérément pesé, mais c’était le prix à payer pour que les vipères ne délient leur langue et crachent leurs venins. Manquerait plus que les feuilles de chou de Lima et leur incroyable imagination s’emparent de cette affaire et baratinent pour que la mairesse soit encore soupçonnée de manigancer derrière les habitants de PloucCity. Pour une fois qu‘elle restait “sage”...
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MessageSujet: Re: 04. No baby no cry   04. No baby no cry EmptyVen 4 Jan - 1:26

Comme si la nippone bipolaire ne suffisait pas, il fallait maintenant faire face à la Reine du survêt’. Madame le Maire n’était pas connue pour sa délicatesse. Son élection demeurait un mystère pour le jeune homme qui, par chance, n’y avait pas participé, car partout où elle allait se trouvaient au moins un ou deux de ses ennemis mortels. Bien que ne l’ayant jamais directement rencontrée, le cadet Pillsbury avait entendu à son sujet toute sorte d’histoires de la bouche de sa sœur qui ne le rassurait guère au sujet de ce rendez-vous. À peine avaient-ils commencé que les rumeurs se confirmaient et ses nerfs à fleur de peau semblaient déjà sur le point de craquer. Le large sourire professionnel qu’il avait l’habitude de porter en toute occasion tournait dangereusement au rictus alors qu’elle débitait toutes sortes d’absurdités plus grosses qu’elle. Respirant profondément mais calmement, le médecin cherchait en lui la force de reprendre le dessus et de ne pas bêtement céder à son petit manège. Il fallait la traiter comme une enfant. Une grande enfant ridée et mal élevée, trop gâtée (par elle-même) à qui il fallait résister. Indifférence et nonchalance, voilà tout. Seulement avant même de connaître la raison de sa venue, Wyatt avait un très, très mauvais pressentiment. Il n’était pas certain de son année de naissance, mais elle ne collait pas vraiment à sa clientèle habituelle composée très largement de jeunes femmes et/ou mamans en devenir. Et surtout, pourquoi cette soudaine apparition ? Si elle s’était passée de ses services jusqu’alors, pourquoi ne pas rester à empoisonner la vie d’un autre que lui ? Ou bien l’avait-elle estampillé incapable tripoteur ? Grand bien lui fasse, avec lui, elle allait être servie. Il allait expédier ce rendez-vous en moins de temps qu’il n’en fallait pour dire Ginger Supremacy, de préférence sans passer par la case auscultation. Pourquoi fallait-il toujours que les patientes difficiles viennent de la Mairie ? Avaient-elles une réduction spéciale qui les autorisaient à le faire tourner en bourrique ? Remarque, comparée à Sue Sylvester, Miss Davis faisait désormais pâle figure. Une enfant de cœur remplacée illico presto par le démon en personne dans son jogging du dimanche. La mairesse devait avoir dans l’idée de le mettre hors de ses gonds avant de commencer leur entretien à en croire ses propos outrageux sur les roux. Avait-elle poussé le vice jusqu’à se renseigner sur son passé avant de prendre rendez-vous ? La CIA était-elle contrainte d’une manière ou d’une autre d’obéir à Sylvester ? Cette perspective n’était pas très rassurante... Mais assez peu plausible à supposer que Sainte Elmo était Emma dont elle ne semblait pas avoir retenu le prénom en plus de six ans de relations. Même s’il avait coupé les liens avec la secte des Supremacists, Wyatt gardait encore et toujours cette immense fierté et ce sentiment implacable de supériorité que sa famille attribuait à leur rousseur légendaire. Alors s’entendre dire d’un ton condescendant que les roux sont des dégénérés consanguins venaient achever de mettre en pelote ses nerfs. Le médecin releva finalement le nez de son ordinateur en ayant retrouvé un sourire carnassier pour fixer son interlocutrice entre deux monologues. «J’ai entendu dire que les ginger avaient un quotient intellectuel plus développé que la moyenne. Sûrement cet ancêtre commun.»

S’appuyant dans le fond de son fauteuil, il n’était pas plus avancé sur la raison de sa venue. Et avait la vague impression de perdre son temps à présent. Elle n’aurait tout de même pas poussé le vice à bloquer toute son après-midi dans le simple but de lui nuire ? Le médecin n’avait — à sa connaissance — jamais rien fait qui aille contre elle, si ce n’était son appartenance aux Awesome Voices qui comme toutes les chorales de la ville constituait le nœud gordien de la blonde. S’il s’avérait qu’elle s’amusait à harceler les membres de sa chorale, il devrait immédiatement en référer à la police, même Adam Gallagher ferait l’affaire. Toutefois lui laissait encore le bénéfice du doute pour cinq minutes avant de la mettre à la porte et de décrocher son téléphone. La tirade suivante lui fit amèrement regretter sa théorie de harcèlement moral. Pire encore que la rumeur, il ne faisait que tomber de Charybde en Scylla. Pas de suivi ? Depuis... jamais ? “Contrôle technique” ? Est-ce qu’on parlait voiture tout à coup ? Fuite d’huile au programme ? Que Dieu l’en préserve. Y avait-il vraiment de quoi se bidonner comme le faisait sa patiente ? Un peu plus et elle se tapait les cuisses en se décollant les bronchioles, tandis que Wyatt restait circonspect face à cette réaction inattendue. Impassible, il aurait préféré s’évanouir en prétextant un manque de sucre plutôt que d’avoir à entendre la suite. Il n’était pas certain d’en avoir la force. Sa main gauche se crispa sur la souris sans fil qu’il agitait doucement de gauche à droite sur son tapis trahissant son irritation grandissante. Et puis de quel droit elle le tutoyait à la fin ? Il avait certes la moitié de son âge, ce n’était tout de même pas une raison de se montrer aussi grossièrement familière. Dévisageant les traits embarrassés de Sue qui se tenait toujours droite comme un piquet mais assise cette fois, il ne parvenait pas à voir où elle voulait en venir. Ne pipant pas mot, il attendait sagement qu’elle finisse par déballer l’affaire au grand jour et qu’ils s’en débarrassent comme d’un pansement qu’on retire d’un coup sec. C’était sans doute trop demander à cette pipelette qui se lançait à présent dans un couplet sur Josh, présumé conjoint ou majordome, voire médecin de famille. Était-il une succursale de US Weekly pour connaître tous les potins de la ville ? Les rares magazines à potin de sa salle d’attente étaient dépassés depuis des mois, elle aurait déjà dû s’estimer heureuse qu’il la reconnaisse, contrairement à sa secrétaire intérimaire. Enfin elle avait évoqué une situation qui d’après Josh, donc, était inquiétante, l’information la plus utile de la conversation jusqu’alors. Pendu à ses lèvres alors qu’elle formait le début de sa phrase, Wyatt roula des yeux en voyant s’échapper le fin mot de l’histoire. «Madame Sylvester. Mademoiselle.» corrigea-t-il l’air vicieux en s’accoudant à son bureau de verre «Je suis tenu au secret professionnel. Tout ce qui sera dit dans cette salle n’en sortira pas. Je n’ai nul besoin de vos menaces et de vos tergiversations. Quelle que soit votre situation je ne peux vous aider que si vous commencez par me dire ce qui vous amène.» Se relevant doucement, il fit mine d’aller ranger ses instruments pour tourner le dos à Sue, comme si son regard inquisiteur allait l’empêcher de parler. Après tout, la ménopause n’était pas forcément un sujet facile à aborder pour une femme. Plus que la fin de la période de fécondité, c’était surtout la marque indélébile du vieillissement. Il n’avait pas très envie de faire preuve de tact avec cette brute, mais si cela lui permettait de s’en débarrasser... C’est donc dos à elle, organisant son plateau méthodiquement qu’il l’interrogea d’un air désintéressé : «Avez-vous ressenti des bouffées de chaleur récemment ?»
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MessageSujet: Re: 04. No baby no cry   04. No baby no cry EmptyDim 3 Fév - 15:02

Justement, des bouffées de chaleur, c’étaient ce qu’elle avait en ce moment précis ! Nan mais il y avait une partie entretien et questionnaire psycho-anatomique avant de passer sur le billard ? Après bon nombre d’individus se demandaient pourquoi la mairesse s’essayait à être Docteur Quinn dans son salon ! Tant de parlote pour se faire triturer le machin ! Heureusement qu’elle avait bien fait de réserver toute l’après-midi ! Non sans contrôler son irritation qui croissait à mesure que les aiguilles de sa montre avançaient, elle répondit à la question, l’air ahuri. « Des bouffées de chaleur ? Récemment ? » Le rire léger de Sue trancha considérablement avec l’atmosphère austère ― et étrangement tendue depuis son arrivée ― du cabinet du docteur Presse-mamie. « J’en ai toujours ressenti des bouffées de chaleur ! Partout, tout le temps, depuis toujours ! Une obèse avec un paquet de chips, bouffée de chaleur. Des cheerios incapables, vague de chaleur. Un groupe de losers critiquant Madonna, houle de chaleur. Mais le pire c’est de voir Moumoute Tchernobylienne ! Là, c’est un véritable tsunami ! J’ai l’impression d’être une cocotte-minute sous pression abritant une bombe atomique, au milieu d’un volcan en activité ! J’suis certaine qu’à moi seule je pourrais alimenter le réseau de tous les Etats-Unis si des chercheurs trouvaient le moyen de transformer cette énergie en électricité !!! » Elle s’arrêta brusquement, sentant que la frontière entre renseignement endiablée et explication emportée était très ténue. Son corps aussi l’invitait à stopper ; poings fermés, mâchoire serrée et muscles tendus annonçaient forcément un caractère atrabilaire pour la fin de la journée ― au moins. « Toi aussi tu dois en avoir des bouffées de chaleur de toute manière ! » Un être humain normalement constitué ressentait tôt ou tard ce genre de chose non ?

Cet idiot de roux commençait sérieusement à l’inquiéter. Qu’allait-il lui annoncer à la fin de la consultation ? ‟Madame Sylvester, vous êtes atteinte d’une maladie bénigne et incurable qui plus est. Désolé, mais il ne vous reste que quelques mois à vivre, tout au plus.” Dans son fauteuil en cuir délavé, elle réfléchissait sur les éventualités qui s’offraient à elle. La génitaline foudroyante ? La clitorinose valétudinaire ? Elle savait que le vagixéphon nubile est une infection propre aux adolescentes, mais une exception était-elle possible ? Elle n’aurait jamais dû s’asseoir sur ce siège, ça se trouve elle venait de choper un nombre incalculable de bactéries qui traînaient par-là, gentiment et soigneusement laissées par la multitude de patientes qui fréquentaient les lieux. Beurk ! Quelques gouttes de sueur perlaient sur son front. Ce n’était pas rassurée qu’elle prit la parole. « Et les sueurs froides, ça rentre dans votre diagnostique docteur ? » Elle tenta de cacher son malaise en lançant un regard noir à Chevelure Cendrée. « Vas-y, balances-moi que j’ai le sida du vagin, le cancer de l’utérus ou j’n’sais quoi. Après tout c’est toi le spécialiste ! Y’a tellement de gens à qui ça ferait plaisir ! Et puis faudra que je prévoie de payer quelques figurants parce que je suis pas sûr qu’à mon enterrement il y ait quelqu’un… » A moins que… Tant qu’elle était mairesse, elle pouvait encore faire en sorte que toute la ville entière se déplace en masse pour déposer quelques gigantesques compositions florales et lui dire un dernier adieu. Cette idée balaya toute la noirceur de ses précédentes pensées. Il était tout à fait possible de faire voter un arrêté obligeant les habitants de Lima à venir assister au majestueux enterrement de la Grande Susan Sylvester ! C’était un concept, jaillissant tout droit encore de son incroyable intelligence, à méditer dès qu’elle serait sorti de ce trou pour galeux.

Elle regarda le médecin avec un sérieux déconcertant. « Si j’ai bien compris, c’est maintenant que je dois te montrer le monstre ? » demanda-t-elle sans aucune once de répulsion. Après tout, n’était-elle pas là pour cette raison ? Si elle voulait lâchait un chèque à la fin du rendez-vous, il devait au moins faire son boulot ! Sue se leva, non sans être contente de quitter ce siège infesté de microbes. Son regard s’attarda sur la tasse à café présent sur le bureau. « Ces bouffées de chaleur m’ont donné soif. Il serait possible d’avoir un café ? » Un sourire pleins de sous-entendus vient accompagné ses propos. Un moyen de mettre à l'épreuve le sous disant "Q.I. surdimensionné" des rouquemoutes...


Dernière édition par Sue Sylvester le Lun 25 Fév - 22:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. No baby no cry   04. No baby no cry EmptyLun 4 Fév - 18:02

Sa bouche resta béante à la réponse de Sylvester et il se félicita intérieurement d’avoir eu la présence d’esprit de lui tourner le dos pour poser sa question. Ses doigts se crispèrent de manière démesurée sur le pauvre spéculum innocent qu’il réarrangeait sur son plateau d’acier brillant. Le médecin lui aurait volontiers envoyé ledit plateau à la figure pour lui éviter la peine de poursuivre son énumération et la rediriger vers un collègue dentiste auquel elle aurait tout aussi bien pu raconter ses problèmes, visiblement égarée dans son cabinet. Mordillant le coin de sa lèvre inférieure pour retenir un éclat de rire purement nerveux, il se concentra de toutes ses forces pour ne pas laisser sa mauvaise humeur l’engloutir. La politique était un monde inconnu pour lui, c’était à peine s’il se déplaçait pour voter la plupart du temps, mais peut-être qu’être maire représentait beaucoup de pression. Peut-être que ses “bouffées de chaleur”, comme elle les appelait, avait fini par lui griller les neurones au point qu’elle ne savait plus ce qu’elle disait. Fallait-il ajouter de la démence sénile à son diagnostic de ménopause ? Se retournant presque timidement pour faire face au monstre en train de pester contre l’univers, il commençait presque à cerner sa notion de chaleur thermonucléaire... «Ce n’est pas exactement ce que j’entendais...» Mais elle ne l’écoutait déjà plus — l’avait-elle déjà vraiment écouté depuis le début de la consultation de l’horreur ? — et repartait d’une voix nerveuse sur ses métaphores douteuses qui le laissèrent pantois et effaré. Appuyé cette fois sur la tablette, dos au mur, il lui fallait un soutien pour ne pas tomber à la renverse face à cette enfilade de non-sens médicaux. Plus le temps passait, plus l’annonce de la nouvelle serait difficile, et il avait presque envie d’appeler sa secrétaire incompétente pour s’en servir comme bouclier humain quand elle lui jetterait l’intégralité de son bureau au visage hurlant à qui voudrait l’entendre que la ménopause c’était pour les nains et les handicapés mentaux. Cinq minutes avec Sue Sylvester et il se dépeignait déjà la scène avec une précision millimétrée. Dans la foulée des préparatifs de ses funérailles imaginaires, son assistante, tout aussi hystérique dans son genre, pouvait inclure une tombe annexe pour le gynécologue victime future de sa folie meurtrière et vengeresse. Levant les yeux au ciel comme pour implorer le tout puissant ou qui que ce fût qui occupât le plafond au dessus de lui, il pria intérieurement pour se donner du courage, en pensant à toutes les choses qu’il réclamerait à Charlie pour le consoler de ces durs moments. «Madame le Maire, laissez là vos funérailles, ce n’est rien d’aussi grave. J’ai quelques questions de plus à vous poser, et puis nous réfléchirons ensemble à des dispositions à venir.» Un coup d’œil à son écran le dissuada d’entamer un quelconque dossier. De toute façon elle repartirait comme elle était venue une fois qu’elle aurait compris que ses services ne lui serait pas d’une très grande aide, faire sa vidange maison dans le salon.

Il avait détourné les yeux une seconde et voilà qu’elle avait bondi hors de sa chaise comme un diable hors de sa boîte. Et l’image était frappante tant son visage était contrit par le sérieux. Les pupilles du jeune homme se dilatèrent immédiatement sous le choc et la simple mention de Sue retirant ses dessous suffit à lui ôter le filet de voix plaintif qui aurait voulu l’empêcher de poursuivre sa phrase. Figé sur place, tous les muscles de son corps étaient glacés, et il n’avait pas même la force de laisser paraître sur son visage toute l’horreur que lui inspirait cette évocation. Il n’avait jamais été peureux, et il avait vu toute sorte de choses depuis le début de sa carrière, mais ce monstre là, très peu pour lui. Ne parvenant pas à balbutier de protestation, sa remarque sur le café parut comme une véritable libération et il se rapprocha immédiatement du bureau pour empoigner le téléphone et appuyer presque frénétiquement sur la touche en ligne directe avec l’accueil. «Mais avec plaisir.» lui offrant un sourire aussi faux que maladroit, il colla le combiné à son oreille sans quitter la mairesse des yeux au cas où elle décide de prendre de l’avance dans l’effeuillage. «Andrea, apportez-moi un café pour mademoiselle Sylvester.» Après avoir raccroché le téléphone, il souffla doucement et se rassit dans son fauteuil, invitant sa patiente à en faire de même avec son bras. «Je vous en prie, rasseyez-vous. Nous avons le temps de discuter encore le temps que votre café arrive.» Les deux mains à nouveau posées sur le bureau devant lui pour ne pas trahir son anxiété à l’idée de la réaction prochaine à son annonce, Wyatt rendit son sourire à la mairesse puis reprit plus calmement. «Nous sommes partis sur un malentendu, Sue. Je ne suis pas cardiologue. Vos pics de pression n’ont rien à faire avec moi sauf si vous portez un enfant, auquel cas c’est sa santé qui est en danger. Mais nous n’avons pas à nous inquiéter de cela.» Trois coups frappés à la porte lui indiquèrent que la remplaçante avait finalement dompté la machine à café et elle fit son apparition, et déposa son café devant Sue, honteuse de ne pas l’avoir reconnue sans doute puisqu’elle ne leva pas le nez du sol un seul instant. «Merci. Je vous en prie, servez-vous.» toussotant d’un air affecté, il poursuivit sur sa lancée en priant pour ne pas être interrompu à nouveau. «Ce que vous avez n’a rien de mortel, tout du moins pas au sens où vous l’entendez. C’est tout ce qu’il y a de plus naturel. Il se trouve qu’arrivée à un certain stade de sa vie, le corps de la femme change à nouveau. Elle est plus irritable, a parfois des bouffées de chaleur, il arrive même que quelques unes prennent du poids sans raison apparente.» Redressant ses poignets pour poser le côtés de ses paumes sur le verre froid, son ton était régulier et se voulait apaisant et didactique, comme s’il s’était agi de quelqu’un d’autre, de vagues généralités. «Vous me suivez ?» demanda-t-il en hochant la tête vers son épaule droite. «Nous n’avons pas pu passer par l’interrogatoire de base, mais je vais me permettre d’être grossier et supposer que votre âge se situe dans la cinquantaine ?» Un sourire enjôleur ourla ses lèvres alors qu’il redoutait toujours de recevoir un reste de café en pleine figure. «Si vous n’avez pas vu de confrère, j’en déduis que vous n’êtes pas sous pilule ?» Entremêlant ses doigts alors que la tension remontait à son comble. «À quand remontent vos dernières règles ?» finit-il par demander de but-en-blanc en restant parfaitement immobile comme un petit herbivore sur le point d’être fauché par un aigle.
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MessageSujet: Re: 04. No baby no cry   04. No baby no cry EmptyVen 29 Mar - 23:04

Elle s’assit, comme le lui invitait le docteur, après avoir observé longuement la chaise pour essayer de discerner quelques étranges anomalies qui n’existaient pas. Cardiologue, non il ne l’était pas, à moins d’avoir monté une arnaque en apposant à côté de sa porte une plaque de gynécologue ou d’avoir passé un demi-siècle à gratter à l’université. Cependant, trop impatiente à l’idée de se revigorer le corps et l’esprit avec de la caféine, la mairesse ne releva pas l’ineptie de Crinière Cendrée. On tambourina à la porte ― sans aucun doute l’œuvre du mutant de l’accueil ― et amena la précieuse boisson chaude. « J’espère que c’est du cacao colombien nourri à l’engrais de cannabis, beaucoup plus fort que le café basique. Mais ce n’est pas pour les femmelettes... » Sue ne put se retenir de lancer un regard provocateur à Bright. Pendant qu’elle se faisait une idée sur la qualité de la boisson stimulante qu’on lui avait proposée imposée, le jeune homme ne cessait de déblatérer comme un poulet en chaleur, si bien que l’ex entraîneuse de MacKinley ne savait plus trop si c’était la voix du roux ou une surdose de drogue dans son café qui lui donnait mal au crâne.

La question chère aux pédagogues ratés diplômés grâce à on ne savait quel établissement louche tomba enfin. Non, elle ne suivait plus, et depuis le début pour ainsi dire. Les toubibs ne devaient pas savoir qu’ils parlaient un langage parallèle que, en dehors de leur bulle médico-prophylaxique, n’était absolument pas compris du reste de la population. « Je vous arrête de suite. Vous trouvez que je fais... 50 ans ?!? » Et de son bras libre, elle fit un geste de sa tête au pied afin qu’il s’arrêtât un instant sur sa parfaite silhouette et qu’il réévaluât au plus vite sa lamentable estimation. La cinquantaine, c’est entre 50 et 59 ans ? Les gens la voyaient-elles comme un fossile proche de la retraite ? Elle qui n’avait que la trentaine ― de surcroît plus dans la première moitié que dans la seconde !

Elle porta une seconde fois la tasse de café à ses lèvres quand le gynéco aborda l’épineux problème du fonctionnement organique féminin. Pilule ? Règles ? Mais pour qui il se prenait, ce minet qui n’était pas dans la première fraîcheur ? Les seuls comprimés qu’elle prenait tous les matins étaient des stéroïdes anabolisants ― les vitamines quotidiennes du sportif ; quant aux règles... 1876 les dernières, si Pépé Alzheimer n’avait pas fait la nouba dans la mémoire de Sylvester. « Des règles ? Comme celles de détruire les chorales de cette ville, tondre la moumoute de Schuecroute ou bien éviter de parler de problèmes personnels avec des pervers ? Je suppose que non... » Elle posa sa tasse à moitié pleine de jus de chaussettes sur le bureau. « White ― je peux vous appeler par votre prénom ? Simple politesse de médecin à... patient » Une grimace de dégoût se dessina sur son visage, rien que pour cette indésirable relation invisible qui les liait tous les deux dès que la mairesse avait franchi le seuil du cabinet, dès qu’elle s’était saisie du téléphone pour décrocher un rendez-vous. La mairesse prit le soulèvement d’un sourcil comme une approbation du docteur. « Nous sommes partis sur un malentendu. », reprenant mot pour mot les propos du rouquemoutte. « Je ne suis pas là pour t’entendre dire que feue mon utérus est devenue poussière, ou que mon corps se rebelle face à une invasion de petits soldats gamétiques. » Sue chercha de la main son sac à main dernier cri qu’elle avait déposé dès son arrivée au pied du bureau.

« En plus d’être une poubelle numérique, Internet est une source d’informations non négligeable quand on dépasse le Q.I. d’une moule atrophiée du cerveau. Je sais très bien que je suis au stade la "minipause" comme vous dîtes. » L’inoubliable coach des Cheerios s’empara enfin de l’objet désiré. « Ce que je souhaite, c’est un enfant, coûte que coûte et à n’importe quel prix. Je sais qu’il existe des moyens modernes pour tomber enceinte ― que ce soit moi ou une poule pondeuse mexicaine. Congélation d’ovaires, fécondation in vino... C’est pourquoi j’ai déjà pris les devants… » Elle sortit de son sac Dior une douzaine de petites fioles, contenant chacun de douteux liquides blanchâtres. « J’ai donc fait mon marché. » La femme déposa tous les flacons étiquetés près de l’ordinateur du gynécologue Filesbury. « Voici quelques échantillons spermatiques de spécimens mâles triés sur le volet. Michael Phelps, Ryan Gosling, même John F. Kennedy que j’ai gardé durant plusieurs décennies dans mon freezer. » Elle montrait de la main les ampoules qu’elle présentait. « Par contre inutile de me demander comment j’ai réussi à les obtenir. » Elle appuya son "non" de la tête par un geste tout aussi négatif du doigt. « En cas de mauvaise qualité ou de quantité insuffisante, je dois encore en avoir quelques-unes de vides. Tu pourras ajouter ton liquide séminal en prenant soin naturellement de supprimer l’allèle des roux. » Elle afficha son plus beau sourire, dans le but de gommer ses paroles acerbes. En effet elle ne voulait que sa future et très probable progéniture ait cette pathologique rousseur ! Il fallait qu'il parte dans la vie comme winner et pas comme de vulgaires bouc-émissaires suite à une particularité génétique d'un donneur rencontré dans le cabinet d'un gynécologue !

Toute cette discussion lui avait donné de nouveau soif. Elle reprit sa tasse, remua d’un mouvement le restant de café et fit un gargarisme. La mairesse espérait que le ginger avait bien compris le message ; quand elle sortirait du cabinet du gynécologue, elle aurait forcément la certitude d’agrandir le cocon familial avec un, deux ou trois morveux. Au docteur Billsberry de faire un miracle son boulot ! La meilleure entraîneuse de l’univers porta un regard à sa montre ; que le temps passait vite ! Elle tenta d’accélérer la consultation. « Dîtes-moi, l’insémination artificielle comporte-elle des effets secondaires ? Car si c’est pas le cas, je suis prête, maintenant. »
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