Choriste du mois


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 04. [Palmer] Deal with the Devil.

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Harper E. Pritchard
Not everybody just gets to blurt out how they fuckin’ feel every minute
Age : 20 ans
Occupation : Employée à mi-temps à la Lima Station, étudiante au Lima Health Sciences Program de l'Ohio State University
Humeur : Déstabilisée
Statut : En couple avec Jamie Ainsworth
Etoiles : 5836

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MessageSujet: 04. [Palmer] Deal with the Devil.   04. [Palmer] Deal with the Devil. EmptyLun 23 Juil - 22:42

La nuit était tombée depuis longtemps déjà sur Lima. Comme il était coutume à cette heure de la soirée, les rues étaient calmes et désertes. Les soirs de semaine étaient toujours les plus calmes en ville. Les habitants, pressés de rentrer chez eux après une rude journée de travail n’avaient pas le temps de traîner pour flâner dans le centre, ni même de faire une petite pause au vert dans le parc Lincoln. A la maison, le dîner les attendait et impatients que leurs enfants leur racontent leur journée à l’école, rapportant la moindre de leur bonne note, ils aspiraient à déposer leur voiture dans l’allée du garage, à passer le seuil de leur chaleureux foyer et à décompresser en famille avant d’aller se coucher, repus, sachant qu’une journée similaire les attendrait dès le lendemain matin. Harper quant à elle avait une tout autre façon de voir les choses. D’habitude, elle était la première à respecter sa routine bien huilée, mais ce soir, la jeune blonde avait exceptionnellement bousculé tous ses plans pour quitter la maison sitôt le petit dernier couché. Elle avait pris le temps de lui lire son histoire, de lui faire le traditionnel câlin du soir puis s’était hâtée de passer son sweat, emportant son vieux téléphone portable au passage. Elle laisserait les jumeaux s’occuper du petit ainsi que de leur mère, couchée, elle aussi. Elle s’était échappée, prétextant avoir oublié son livre de mathématiques chez une amie qui ne vivait pas très loin. Suspicieux, ses frères savaient que leur grande sœur n’avait pas réellement d’amis, mais à la façon dont elle se pliait en quatre pour subvenir aux besoins de sa famille, ils étaient prêts à lui laisser le bénéfice du doute et lui donner quartier libre au moins une fois, ils l’encourageaient même parfois à vivre sa vie, à sortir un peu plus. Il ne leur fallut pas longtemps pour s’imaginer que leur sœur avait un petit-ami secret. Après tout, elle était jolie, intelligente, elle avait elle aussi le droit de batifoler avec qui bon lui semblait, elle méritait d’être heureuse. Dissimulée derrière un arbre, Harper remonta la capuche de son sweat sur sa tête, frissonnant au contact du vent froid sur ses joues. Elle n’attendait personne, pas de petit-ami, même pas une amie. C’était de la folie, elle le savait et pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine excitation à l’idée d’outrepasser ses propres règles. Tournant la tête vers la chaussée, la jeune fille se pencha ensuite, lançant un regard résolu à la maison éclairée et plus particulièrement à la fenêtre de la chambre où elle apercevait l’ombre de Sunny Palmer qui vaquait à ses occupations sans doute des plus passionnantes, connaissant le personnage et ses activités pour le moins étranges pour une jeune fille de son âge. Sunny était la seule à qui elle pouvait confier cette mission. Elle ne l’aimait pas beaucoup, ne la considérait même pas comme une amie, mais elle avait besoin d’elle et comme il s’avérait qu’elle l’avait plus ou moins sauvée d’une morte certaine, Harper estimait que lui rendre ce service serait une sorte de remise à niveau : elles ne se devraient plus jamais rien, elles seraient définitivement quittes et pourraient continuer à s’ignorer comme elles l’avaient toujours fait avant que Sunny ne s’amuse à lui faire du chantage. Certes, Palmer lui avait juré qu’elle ne parlerait pas de ses secrets seulement, Harper ne voyait pas les choses de la même façon et de toute façon, elle n’avait pas le choix, c’était Sunny ou rien et le rien n’était même pas envisageable : il fallait qu’elle sache.

Se mordant la lèvre, Harper n’avait pas l’intention d’aller sonner à la porte. Elle ne voulait pas que son passage chez les Palmer ne s’ébruite, alors roulant des épaules pour se donner du courage, elle courut à travers la route jusqu’au portail et se glissa avec adresse entre les hauts rosiers pour rejoindre l’arrière de la grande maison et se poster face à la seconde fenêtre qui donnait sur la chambre de Sunny. Fixant avec un œil fermé la jolie devanture fleurie, elle estima sa distance puis s’agenouilla pour ramasser une poignée de petits cailloux qu’elle soupesa dans sa paume, un sourire en coin se dessinant sur son visage. Elle s’enfonçait dans un cliché ridicule, mais ce petit rendez-vous improvisé à la limite de la clandestinité ne lui déplaisait pas tant que ça et c’est en donnant un peu de puissance à son lancé – qu’elle savait parfait, elle était précise – qu’elle tira un premier caillou dans la fenêtre, la faisant tinter subtilement. Enchaînant les tirs, la blondinette attendit que sa camarade ne daigne venir soulever le rideau pour vérifier qui était là. Harper lui fit de grands signes pour qu’elle descende et insista avant d’en exécuter un des plus équivoques lorsque, incrédule, Sunny sembla peu encline à venir la rejoindre. Passant son pouce sous son cou, Harper pris une expression menaçante, faisant mine de lui trancher la gorge et sourit de toutes ses dents quand le rideau soyeux retomba et que la lumière s’éteignit à la suite.

Quelques secondes plus tard, Harper entendit des pas approcher sur sa droite. Les mains dans les poches, elle tourna la tête et s’approcha elle aussi, arquant un sourcil « Bonsoir, jolie maison. » dit-elle, toisant la demeure de long en large. Elle arrêta son regard sur Sunny, constata qu’elle n’avait rien sur le dos à part un débardeur léger et recula la tête, arquant davantage son sourcil. Harper ne dit rien cependant, et préférant ne pas tourner autour du pot, elle commença « Si je suis là c’est parce que j’ai un service à te demander. » Elle planta son regard de glace dans celui de la blonde avant de diriger ses pupilles vers le ciel, déjà agacée par son expression de princesse faussement effarouchée, et sortir les mains de ses poches pour expliciter « Je sais ce que tu es en train de te dire, que je suis la pire des hypocrites, mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et comme tu le sais, je suis loin d’être une imbécile. Alors, soit tu écoutes ce que j’ai à te demander et tu acceptes de m’aider, soit tu remontes dans ta tour d’ivoire et je raconte à qui veut bien l’entendre que toi et Jesus Sainsbury vous entretenez une liaison secrète et que tu acceptes qu’il t’appelle Marie-Madeleine pendant l’acte. » Elle prit une moue puis sourit bêtement « Non, ça sera bien pire que de simples ragots, j’ai de la ressource. » Son sourire d’effaça subitement pendant qu’elle détourna le regard comme si de rien n’était puis l’arrêta sur une balancelle dans un coin reculé. Harper la désigna d’un signe de tête concis et dit « On va s’asseoir ? »
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Sunny Palmer
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MessageSujet: Re: 04. [Palmer] Deal with the Devil.   04. [Palmer] Deal with the Devil. EmptyLun 23 Juil - 23:46

A 22 heures, le quartier où résidait la famille Palmer était calme, éclairé de ci-de là par les lampadaires, ou par la lumière qui filtrait à travers les rideaux d’une fenêtre. Et derrière la sienne, de fenêtre, Sunny était penchée sur son ordinateur portable, les jambes en tailleur. Occupée à rédiger un mail à Jonah, elle mâchouillait sa lèvre inférieure, ses doigts pianotant à toute allure sur le clavier. A cette heure-ci, elle aurait déjà dû dormir, parce qu’on était en semaine et que même si ses parents étaient plutôt souples, demain était une journée de cours, et une journée chargée qui plus est, puisqu’elle avait deux contrôles et un exposé oral. Mais à l’abri dans son grenier, elle avait attendu que ses parents sortent diner, avant de se jeter sur son ordinateur. Elle avait des photos à envoyer à Jonah pour qu’il les publie sur son blog, et cela ne pouvait attendre. Levant la main, elle écarta des mèches blondes qui s’échappaient de sa queue de cheval de son visage, pinça les lèvres, et appuya sur la touche Entrée. Aussitôt, le mail disparut dans les méandres de la toile, avec en pièces jointes quelques photos compromettantes prises en cachette. Sunny était plus une journaliste qu’une photographe, mais de temps à autre, elle parvenait à se planquer pile au bon endroit pour prendre le bon cliché, celui qui créerait un scandale ou lui permettrait de faire un peu de chantage. Le mail qu’elle reçut en retour de Jonah la fit sourire, et elle se détendit, sa mission accomplie. Jetant un coup d’œil par la fenêtre, elle observa pendant un moment le rond de lumière que la lune projetait sur la surface liquide de la piscine. Il faisait un froid de canard, ces derniers jours, et il y avait fort à parier qu’un de ces matins, l’eau serait recouverte d’une mince pellicule de glace. Méditant sur le froid hivernal, Sunny ouvrit une nouvelle page Word, et entreprit d’écrire quelques lignes, suivant son inspiration. Le journal était déjà paru au lycée, mais la prochaine gazette pourrait peut-être contenir un article sur le temps. De toutes façons, les derniers potins qu’elle était parvenue à arracher à Nina ne valait pas une publication dans le journal du lycée –enfin, le terme exact était qu’elle ne pouvait pas les publier au lycée. En revanche, cela ferait un article terrible sur le blog, seulement, il lui fallait un peu plus que ce que cette menteuse de Nina avait bien voulu lui cracher sous la pression. Il lui fallait au moins un autre témoignage pour s’assurer de la véracité des propos de la cheerleader.
Réfléchissant à cela, elle n’entendit pas immédiatement le cliquetis sur sa fenêtre, avant que celui-ci ne devienne régulier, et agaçant. Soulevant le rideau, elle baissa les yeux vers son jardin, pour découvrir un visage blafard qui la regardait. Harper Pritchard. Dans son jardin. En train de lui sourire. Qu’est-ce qu’elle fiche ici ? Elle s’est perdue ou quoi ? songea Sunny avec perplexité, alors qu’Harper lui faisait de grands signes pour lui intimer de descendre, ce à quoi la blonde journaliste répondit par un haussement de sourcil. C’est ça, je vais descendre et venir tailler la bavette avec toi en plein milieu de la nuit, par -15°C. Mais Harper ne voulait pas lâcher le morceau, et avec un geste menaçant, poursuivit ses mimiques. Ben voyons. pensa Sunny en levant les yeux au ciel, mais la curiosité fut la plus forte, et elle finit par quitter son cocon douillet pour se lever. Fermant son ordinateur portable et éteignant la lumière, elle se glissa en dehors de sa chambre, puis dans les escaliers, le couloir du premier étage, à nouveau les escaliers, et enfin le couloir du rez-de-chaussée, pour ouvrir avec prudence la porte de derrière. Un froid glacial l’accueillit alors qu’elle mettait un pied dehors, lui coupant le souffle –l’hiver, non mais quelle saison pourrie !- et elle referma soigneusement la porte derrière elle, frissonnant déjà, et réalisant surtout qu’elle avait tout simplement oublié d’enfiler un pull. Dehors, en plein mois de Février, avec juste un pantalon de jogging et un débardeur : brillant. Se maudissant de s’être laissée emporter par sa curiosité, Sunny croisa les bras autour de sa poitrine et rentra la tête dans les épaules, comme si ce simple geste pouvait l’empêcher de se geler les fesses.

« Bonsoir. » souffla-t-elle, plus par politesse et par automatisme, que par gentillesse, puis elle serra les dents, consciente que son souffle formait de la buée en franchissant les lèvres, et trop consciente également du froid qui transperçait ses chaussettes. De toute façon, Harper avait l’air pressée de lui parler, ou plutôt, de lui exposer la raison de sa venue, et Sunny ne put retenir une expression mi amusée, mi triomphante, avec un soupçon de fausse surprise, lorsqu’Harper fit allusion à un service qu’elle voulait lui demander. Mais avant que la sportive ne pose son fessier d’athlète sur le banc qu’elle lui désignait, Sunny secoua la tête avec véhémence. « Vous les sportifs vous êtes peut-être insensible au froid, mais ce n’est pas le cas des gens comme moi. Je suis une chochotte, j’assume. Alors prends tes menaces faussement impressionnantes et viens te mettre au chaud. » proposa-t-elle en claquant des dents, et sans attendre, elle disparut à l’intérieur, piétinant dans l’encadrement de la porte jusqu’à Harper la suive, marmonnant des « Une pneumonie, très peu pour moi. » mâtinés de « L’hiver, quelle saison de m*rde. »
Puis, prenant les devants, elle conduisit Harper à travers la maison plongée dans l’obscurité jusqu’au grenier, autrement dit sa chambre, et referma la trappe qui y menait derrière l’athlète. « Fais comme chez toi. » lança-t-elle avant de se laisser tomber sur son lit, une jambe repliée sous elle, et elle patienta quelques minutes le temps qu’Harper se mette à l’aise, ou au contraire reste plantée au milieu de la pièce, comme bon lui semblait.

La chambre de Sunny était à l’image de celle qui y dormait : vive, et pleine de choses. Sous la fenêtre de laquelle Harper avait attiré son attention, il y avait un banc recouvert de coussins et sur lequel trônait son ordinateur, éteint, ainsi que son téléphone portable et son appareil photo. Le sol était recouvert de tapis, laissant à peine apparaitre le plancher en bois. Juste en face du lit, il y avait deux bureaux : un recouvert de matériel informatique, avec un autre ordinateur, une imprimante dernier cri et un cadeau que Jonah lui avait fait : un micro espion. Il était à peine sorti de son emballage carton, le manuel posé à côté, et Sunny ne l’avait encore jamais utilisé, s’étant toujours jusque-là débrouillée sans, mais Jonah souhaitait passer à la vitesse supérieure. Le micro irait très probablement dans la salle des professeurs, ou dans le bureau de Mr Shuester, Sunny n’était pas encore décidée. Le second bureau était recouvert de matériel scolaire plus ou moins rangé, et servait visiblement à réviser. Juste à côté, une porte menait à la salle de bain de la jeune fille, mais la pièce était plongée dans le noir. Assise sur le lit, Sunny fit voleter son regard dans la chambre. Les murs faits de planches n’avaient aucun posters ou affiches, mais des articles soigneusement encadrés que Sunny avait écrit, ceux dont elle était le plus fière. Revenant vers Harper, elle hocha la tête dans sa direction. « Alors, qu’est-ce que tu veux savoir ? Parce que je suppose que ce qui t’as poussé à venir me voir, c’est un besoin d’infos sur quelque chose, ou quelqu’un. Dis-moi tout. » Le ton de Sunny était tout ce qu’il y a de plus professionnel, et son regard sérieux. Elle savait qu’Harper ne la portait pas dans son cœur, et que si elle était venue, c’était pour une excellente raison. Restait à savoir laquelle.
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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 04. [Palmer] Deal with the Devil.   04. [Palmer] Deal with the Devil. EmptyMar 24 Juil - 18:18

Harper lança une œillade courroucée aux étoiles brillant dans le ciel obscur, crispant furieusement la mâchoire puis leva les bras au-dessus de sa tête quand Sunny lui proposa de rentrer à l’intérieur pour se réchauffer. S’aventurer dans la maison du Diable, c’était dangereux, mais elle n’avait pas prévu qu’il fasse aussi froid. Harper se dit alors que si jamais une horde de petits démons affamés l’attendait terrés dans l’antre du malin, elle userait de son fameux crochet du droit pour s’en débarrasser illico presto tout simplement. C’était vrai, la jeune fille avouait en faire des caisses concernant le penchant discutable de Sunny pour les forces occultes (elle aimait penser que sa comparse était en fait une vieille sorcière dissimulée dans le corps d’une adolescente plate comme une planche à pain), mais Palmer lui avait démontré à plusieurs reprises que sous ce visage angélique se cachait une redoutable enquêtrice capable du pire pour dégoter le scoop de l’année. C’était pourquoi elle ne s’étonnerait pas de savoir qu’elle passait ses soirées à invoquer des moines vampires agrippée à son ouija. C’était d’ailleurs à cause de cette détermination farouche que la jeune Pritchard était venue la trouver, passant outre la promesse qu’elle s’était faite à elle-même de ne plus jamais s’adresser à elle y compris en cas de force majeure (c'est-à-dire agonisante dans les bois au beau milieu d’une meute de loups). Toujours était-il qu’Harper n’avait pas les moyens de tomber malade. De ce fait, elle ne se fit pas prier pour suivre l’autre blonde dans son humble demeure, trottinant à sa suite, pressée de retrouver un semblant de chaleur, ses doigts commençant à s’engourdir sous l’effet du froid glacial de février. Sunny devait se demander ce qui amenait sa camarade chez elle en pleine nuit alors qu’elle savait pertinemment que ce n’était pas dans ses habitudes de déserter son chez-soi, encore moins de laisser ses petits frères livrés à eux-mêmes. Sunny et Harper n’étaient pas de bonnes amies. La façon dont cette dernière s’adressait à la jeune fille en était la preuve irréfutable. C’était un tant soit peu culotté de venir quémander un peu d’aide à la journaliste quand on savait qu’Harper prenait un malin plaisir à venir la titiller à coups de piques acerbes dès qu’elle en avait l’occasion. Cela faisait partie de son passe-temps favori, elle ne l’admettrait pas, mais c’était pourtant la stricte vérité. Harper était faite ainsi. Elle se fichait bien de ce que Sunny pouvait penser, au fond, et c’est dépourvu de toute gêne qu’elle était venue ce soir, prête à argumenter si cela était nécessaire. Elle avait besoin d’elle, il ne fallait pas chercher plus loin et bien qu’elle ait prétendu le contraire, si elle refusait de lui tendre la main, elle n’en mourrait pas et la laisserait tranquille. Du moins, elle ne chargerait pas davantage la mule quand elle se trouverait dans sa ligne de mire au détour d’un escalier. S’engouffrant par la porte, Harper claqua délicatement ses pieds sur le tapis déposé au seuil pour ne pas souiller l’entrée, jetant un bref regard aux lieux qui s’étalaient devant elle. De l’extérieur, la demeure Palmer était déjà très jolie, mais d’après ce qu’elle pouvait distinguer à travers l’épais rideau noir tombant sur la totalité de la maison, l’intérieur l’était lui aussi. Cela paraissait plutôt bien entretenu et la décoration était de bon goût, elle n’en attendait pas moins de madame Palmer – qu’elle ne connaissait pas en réalité, mais peu importait.

Suivant Sunny de près, traversant d’un pas franc les différentes pièces de la maison, Harper marcha jusqu’à une trappe par laquelle elle grimpa sans pour autant briser le silence qui régnait entre elles. Qu’est-ce qui pouvait bien amener la jeune fille à solliciter la journaliste en herbe ? Ce n’était pas compliqué : Harper ne décolérait pas de l’expédition à L’Ohio State University qui s’était déroulée plusieurs semaines plus tôt et qui s’était terminée dans un fossé dégoûtant sur le bord de la voie rapide. C’était durant ce voyage scolaire que l’athlète s’était aperçue que Seth Catalano, son professeur d’espagnol, n’avait rien du type sympathique et pétri de bonnes intentions qu’il prétendait être. La blondinette pensait que le jeune homme à la bouclette indisciplinée cachait de lourds secrets et depuis, ils ne cessaient de se vouer une haine profonde, ne manquant pas une seule occasion pour se lancer des regards noirs en plein cours ou dans les couloirs de McKinley. Harper aurait souhaité en toucher deux mots au principal de son lycée, mais elle le soupçonnait d’avoir passé un pacte secret avec son employé. Qu’est-ce qui poussait Harper à penser que son professeur n’était pas quelqu’un qui avait sa place au sein d’un lycée, endroit où des centaines d’adolescents évoluaient chaque jour ? C’était cette manière étrange qu’il avait eue d’entraîner Rainbow Applebee dans ce fossé avec lui. Elle avait trouvé que c’était totalement inapproprié et dépourvu de moral, elle ne pouvait pas le tolérer et encore moins garder le silence sur le sujet. Le hic, c’était que mis à part cette mésaventure, Harper n’avait aucune preuve contre lui. Elle était la seule à voir l’attitude qu’il avait eue ce jour-là de cette manière, s’appuyer sur les témoignages des participants à ce week-end, elle ne pouvait pas y compter. Tout le monde avait refusé de rentrer dans cette histoire, elle était plus seule que jamais jusqu’à ce qu’elle se souvienne de l’existence de Sunny. C’était là qu’elle faisait son entrée : Harper avait besoin de preuves, elle était la seule à pouvoir lui en fournir. Rentrant dans ce qu’elle jugea être la chambre de son hôte, Harper releva la tête en passant la porte. Elle ne s’était pas trompée, cette pièce reculée était bien sa chambre. Elle était plutôt banale, n’empêche qu’Harper aimait beaucoup cette ambiance chaude des vieux greniers, elle se sentit immédiatement à l’aise. N’étant pas curieuse de nature, elle savait que l’intimité était importante, et même si son regard se posa instinctivement sur quelques détails, elle ne s’attarda pas. Elle eut néanmoins le temps de remarquer la palette de matériels de haute technologie sur son bureau, en fut impressionnée mais ne posa pas de question. Restant debout, elle glissa machinalement les mains dans les poches de son sweat, faisant revenir ses yeux sur le visage de Sunny qui s’était installée sur son lit.

« Sur quelqu’un. » précisa-t-elle et elle se dirigea vers le lit de Sunny sur lequel elle s’assit, elle aussi « Seth Catalano. Elle tourna son visage vers la jeune fille, constata sa surprise « Notre prof d’espagnol, c’est exact. » Elle sortit les mains de ses poches et soupira « Il cache un truc, j’en suis persuadée, Sunny. Il y a quelque chose chez lui qui me colle la chair de poule. Tu n’étais pas là pendant le week-end à L’OSU, mais je t’assure que son attitude n’avait rien de celle qu’un professeur devrait avoir vis-à-vis de ses élèves. » dit-elle avec persuasion. Harper pinça les lèvres, finissant par les mordre, visiblement contrariée. Elle n’avait jamais été aussi sûre de quelque chose mais elle était piégée par ce manque de pièce à conviction. Laissant un instant le silence s’installer, elle fit nerveusement s’agiter sa jambe et ferma promptement les yeux, serrant fort les paupières puis enfin, elle retourna le visage vers Sunny, rouvrant les yeux d'un coup « Je voudrais que tu mènes une enquête sur lui, j’ai besoin de savoir. »
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Sunny Palmer
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MessageSujet: Re: 04. [Palmer] Deal with the Devil.   04. [Palmer] Deal with the Devil. EmptyMar 31 Juil - 17:36

Voir Harper dans sa chambre provoquait en Sunny une foule de sentiments. Elle se sentait un tantinet méfiante. Depuis leur dernière entrevue, les relations entre Harper et Sunny n’étaient pas à proprement parler au beau fixe, sans pour autant être complètement négatives. Disons qu’elles aimaient bien s’envoyer quelques piques à la figure, des réflexions acerbes ou simplement moqueuses. Rien de bien agressif en fait, il s’agissait plus de taquineries. Celle qui apercevait l’autre en premier lui jetait une petite remarque, la seconde répliquait bien volontiers, et elles poursuivaient leur chemin en passant à autre chose. Parfois, Harper se sentait obligée de titiller Sunny à coup de boulette de papiers, mais la journaliste se vengeait en lui jetant joyeusement des morceaux de gomme dans les cheveux. C’était puéril, mais au moins ça ne faisait de mal à personne, et aucune des deux ne semblait prêter une trop grande importance à l’autre. Elles ne s’appréciaient pas particulièrement, mais ne se détestaient pas non plus. La plupart du temps, Sunny était parfaitement indifférente à la présence d’Harper, et nul doute qu’il devait en être de même du côté de la sportive. Comme si elles avaient passés une sorte d’arrangement tacite. Aussi, la présence d’Harper laissait croire à Sunny que l’athlète voulait s’assurer, à grand renforts de bousculade musclée, qu’elle n’irait pas dévoiler son petit secret. Cette méfiance était adoucie par une certaine joie de voir la jeune fille. Sunny aimait bien Harper, en fait. Elle admirait son intelligence, mais surtout sa détermination. Aux yeux de Sunny, Harper était une battante, une survivante. Une guerrière. Parfois, elle l’enviait, parce qu’Harper savait se défendre d’une façon bien différente de Sunny, et qui portait tout aussi bien ses fruits, surtout à long terme. Harper représentait pour la journaliste une nouvelle sorte de femme forte. Bien sûr, jamais elle n’irait l’avouer à qui que ce soit, même sous la torture, mais oui, elle aimait bien Harper. Ce n’était pas l’unique raison qui poussait Sunny à se réjouir de la venue d’Harper. Sunny n’avait pas énormément d’amis, encore moins d’amies. Peu de monde venait lui rendre visite. Elle avait elle-même érigé une sortie de mur entre elle et ses camarades, et si elle ne regrettait pas d’être différente des autres adolescentes, parfois, la simple compagnie d’une autre fille à ses côtés lui manquait.
A la méfiance et au plaisir s’ajoutait une intense curiosité, car elle savait qu’Harper ne se serait pas déplacé pour rien, et que la raison qui l’avait poussé à venir la voir devait être importante. Alors qu’elle aurait pu railler Harper d’être venue dans « l’antre de la bête » -Harper lui ayant un jour affirmé qu’elle devait être une méchante sorcière pour savoir autant de choses sur tout le monde-, alors qu’elle aurait pu profiter de la présence de l’athlète pour se moquer et l’asticoter jusqu’à lui faire perdre toute patience, son insatiable curiosité prenait le dessus sur tout le reste, et elle n’avait qu’une hâte : qu’Harper lui explique le pourquoi de sa venue. Avait-elle besoin d’aide par rapport à sa situation familiale, ou s’agissait-il plutôt de son petit business à l’école ? Harper était suffisamment intelligente et débrouillarde pour n’avoir jamais eu à demander quoi que ce soit, à qui que ce soit, jusqu’à présent. Ce devait être important et impossible à réaliser par ses seuls moyens, pour qu’elle fasse appel à Sunny.

Et un nom finit par tomber. A l’évocation de Seth Catalano, Sunny haussa les sourcils mais resta silencieuse, attendant qu’Harper lui donne les raisons qui la poussaient à vouloir enquêter sur lui. Sunny avait, comme beaucoup d’élèves à McKinley, cours avec Mr Catalano, qui enseignait l’espagnol –une matière que Sunny n’appréciait que modérément, préférant nettement la sonorité du français. Pour le peu qu’elle savait le concernant, il était jeune et très, très apprécié par ses élèves, qui voyaient plus en lui un copain qu’un professeur, voir un objet de fantasme. Pour sa part, Sunny se fichait comme de l’an 40 du jeune prof. Elle faisait ses devoirs en temps et en heure, et il la laissait tranquille. Alors, pourquoi Harper semblait-elle persuadée qu’il cachait quelque chose ? L’évocation du week-end de visite à l’université la laissa perplexe. Elle avait été dispensée de cette visite –enfin, officiellement, Jonah lui avait fournie une excuse en piratant le serveur du lycée et en ôtant son nom des élèves tenus de participer à la visite, permettant ainsi à Sunny de faire l’impasse sur une visite qu’elle jugeait inintéressante et qui lui aurait bloqué tout son week-end. Néanmoins, elle avait eu quelques échos concernant cette sortie. La plupart des élèves avaient hâte de quitter le lycée, et d’entrer à l’université, ce que Sunny ne comprenait pas bien. L’OSU était loin d’être son premier choix, et ce même si elle avait encore deux ans avant de s’intéresser à l’université. Elle prévoyait de quitter Lima et de faire des études de journalisme, et la section journalisme de Colombus ne valait pas celui que visait Sunny. CUNY Graduate School of Journalism lui faisait les yeux doux depuis déjà un petit moment, et même si pour l’instant elle n’avait pas à se soucier de son choix d’université, elle s’était d’ors et déjà décidé. Ce serait New-York, ou rien !
Quoi qu’il en soit, elle fut un peu surprise, mais laissa Harper continuer sur sa lancée, jusqu’à ce qu’elle finisse par sous-entendre quelque chose qui laissa Sunny bouche-bée : un prof qui aurait des relations avec ses élèves ? Etait-ce ce que soupçonnait Harper ? Ou bien pire, un prof qui abuserait de sa position d’enseignant pour forcer ses élèves à avoir des relations avec lui ? Dans tous les cas, c’était franchement glauque, et Sunny fit la grimace. « Tu penses qu’il couche avec certaines de ses élèves ? Ou du moins, qu’il a de mauvaises intentions à leur égard ? » Sa bouche se pinça et ses sourcils se froncèrent. « Beurk. Quand je pense que j’ai cours avec lui demain. » Elle médita un instant sur ce qu’Harper venait de lui dire, essayant de réfléchir posément et non pas en se fiant uniquement à sa première impression. Elle n’avait Mr Catalano que depuis le début de l’année scolaire, elle ne le connaissait donc que très peu. « Je n’ai jamais eu l’impression qu’il… enfin, il m’a l’air très bien comme prof. Mais bon, ce ne serait pas le premier membre de l’équipe éducative à s’envoyer en l’air avec une élève. » jeta-t-elle à l’étourdie, songeant à ce que Nina lui avait appris quelques temps auparavant concernant sa grande amie Cissy et le surveillant Samuel. Si les deux avaient une relation intime -ce qui nécessitait toujours une preuve que Sunny n’avait pas encore pu obtenir- pourquoi ne pourrait-il pas en être de même avec un prof ? Sunny était bien placée pour savoir que tout n’était pas tout blanc, ou tout noir.

En se levant, elle se dirigea vers son bureau et attrapa un calepin et un crayon, puis revint s’asseoir près d’Harper. « Tu es sûre de toi ? C’est peut-être juste une impression, le feeling ne passe peut-être pas avec lui. C’est vrai qu’il a un succès fou auprès des autres filles, mais ce sont des dindes sans cervelles, il n’a peut-être rien à voir avec tout ça. » dit-elle tout en écrivant, en haut de la feuille, le nom et le prénom du professeur d’espagnol. En dessous, elle griffonna « ville de naissance », « famille », « études », « anciennes copines… copains ? », « adresse », « relevés de banque », « facture de téléphone ». Elle tapota un instant son crayon sur le calepin, puis ajouta « caméra ? », ce qui la fit hésiter et elle se mordilla la lèvre inférieure. « Tu es sûre ? Je veux dire… raconte-moi. Que s’est-il passé ce week-end là ? »
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MessageSujet: Re: 04. [Palmer] Deal with the Devil.   04. [Palmer] Deal with the Devil. EmptyJeu 2 Aoû - 18:10

Les accusations que la jeune athlète portait sur son professeur d’Espagnol étaient graves, Harper en était consciente. C’était pour ce motif qu’il lui fallait des preuves tangibles, solides, venant d’une source connue pour opérer un travail toujours impeccable – Seigneur, elle ne croyait pas qu’elle était en train de pactiser avec le Diable. Harper ne pouvait pas se permettre de jeter son prof en pâture sans avoir un minimum de faits sur lesquels elle pouvait se reposer sans craindre qu’on l’accuse de fabuler, lui assurant un aller simple pour arriérés-land. Jusqu’à présent, elle avait toujours eu un instinct du tonnerre, aiguisé grâce à des heures de courses d’orientation dans les bois des alentours, et la sensation que le grand bouclé avait des choses à cacher grandissait à chaque fois qu’elle passait la porte de la salle dans lequel il dispensait régulièrement ses cours. Son mauvais pressentiment n’était pas régenté par le simple fait qu’elle ne le portait vraiment pas dans son cœur. Depuis leur séjour à l’OSU, Harper se sentait mal à l’aise en sa présence. Ce qui était en effet assez rare pour être précisé, puisqu’elle ne semblait pas connaître le sentiment d’embarras, cette notion lui était étrangère et le nombre de fois où elle s’était sentie gênée au cours de sa jeune vie se comptait que sur les doigts d’une main. Seth avait quand même partagé un fossé avec une adolescente folle alliée et ne s’était pas fait prier pour en pousser une autre sans se soucier si elle avait été blessée ou non. Certes, Harper l’avait bien cherché. Après coup, elle s’en était voulu de s’en être prise à lui de la sorte, impulsive, mais ce n’était pas une raison nécessaire, il n’avait pas tous les droits. On attendait d’un professeur de son acabit – doué pour les langues d’après ce qu’elle avait pu en juger. Il roulait particulièrement bien les « r », c’était impressionnant – qu’il soit mature et concerné par l’éducation de ses élèves. Or, Seth Catalano donnait l’impression de n’être sensible qu’au côté comics de la force, sans parler du fait qu’il venait en cours avec une tête de déprimé insomniaque une fois sur deux ; quand ce n’était pas avec le nez éclaté qu’il se présentait. Elle le soupçonnait d’en plus d’avoir des tendances condamnables envers les jeunes gens, d’organiser des combats de SDF sur le parking de la patinoire. C’était drôle un temps de voir un garçon de son âge perdre ses moyens devant Scarlett Johansson ou plus communément appelée la Veuve Noire depuis qu’elle avait tourné ce film de super héros dégoulinant de testostérone cinq ans plus tôt, à une projection de Vicki Cristina Barcelona (rien que le choix du film laissait deviner qu’à la place du cerveau de monsieur Catalano, un autre organe vital aux mâles avait ses quartiers. Quelle idée d’emmener des ados voir ce film) dans le cadre d’un projet scolaire (« la vie sexuelle des Catalans » il aurait dû s’intituler de cette manière, ce projet), mais au plus l’année passait, au plus Harper était convaincue qu’il n’avait pas sa place au sein lycée et que son influence était totalement inappropriée, voire néfaste. Sans doute qu’elle exagérait, mais elle était sûre que si la secte de Jesus Sainsbury avait vent de cette affaire, ils feraient tout pour le faire renvoyer et ses accusations trouveraient oreilles attentives. Peut-être alors qu’en s’adressant à Sunny, Harper avait fait le mauvais choix et qu’elle aurait dû se tourner vers les grenouilles de bénitier pour avoir une garantie. Mais avant de rentrer dans la bergerie, Harper voulait avoir les moyens de s’attaquer au mouton noir et force était de constater que son habilité en art martial ne l’aiderait en rien à en venir à bout.

Assise sur le lit de Sunny, Harper en vint rapidement aux faits, comme à l’accoutumée. Elle ne se laissa pas distraire le moins du monde par la disposition bien agencée de la jolie chambre de sa camarade, lui expliquant que c’était leur professeur d’espagnol qu’elle visait. Elles ne se connaissaient pas bien, Sunny et Harper. En réalité, Sunny devait connaître plus de détails sur la vie de Harper que le contraire, et la jeune fille se surprit à vouloir savoir si elle avait des frères et sœurs, comme elle. Une œillade rapide aux cadres photo disposés sur sa commode et sa coiffeuse lui fit comprendre que non et elle se garda de lui poser ouvertement la question, voulant en finir au plus vite avec toute cette histoire, ne pouvant supporter l’idée de laisser ses frères trop longtemps livrés à eux-mêmes, surtout le soir. Harper observa la réaction de Sunny du coin de l’œil, s’attendant peut-être à ce qu’elle s’offusque ou refuse tout bonnement d’enquêter sur un membre de l’équipe éducative de leur lycée. Bien qu’elle en doutait, elle avait probablement une éthique concernant certains individus à ne pas toucher, immunisés par le pouvoir Palmerien. Cependant, et Harper en fut stupéfaite, Sunny ne paraissait pas ébranlée par sa requête et enchaîna avec une question à laquelle son invitée-surprise d’un soir répondit par un simple hochement de tête. Elle devait en savoir des choses concernant le petit monde de McKinley pour être aussi insensible à des requêtes aussi incongrues que la sienne. Harper aurait aimé être une petite souris pour fouiller dans les blocs-notes qui s’étalaient de part et d’autre de son bureau ainsi que dans son ordinateur éteint. Sortant de sa brusque rêverie, elle releva la tête, curieuse, lorsque Sunny avoua que ce ne serait pas la première fois qu’un professeur entretiendrait des relations de ce type avec des élèves. L’adolescente restait à l’écart des rumeurs qui circulaient dans les couloirs de son lycée. Souvent, elles rentraient dans une oreille et ressortaient par l’autre, sauf quand elles touchaient des élèves qu’elle appréciait plus ou moins, comme Rainbow et – l’admettre même mentalement lui fit monter la bile dans la bouche – Sunny, elle-même. Elle se demandait comment le principal Figgins pouvait laisser passer ce genre d’incident, mais préféra ne pas l’interroger en retour sur ce qu’elle savait ; quelque chose lui disait que, de toute façon, Sunny ne lui dirait rien. Cette dernière lui demanda alors si elle était sûre d’elle et roulant des yeux avec ostentation, elle lui répondit :

« Bien sûr que non que je n’en suis pas sûre. Sinon explique-moi pourquoi je viendrais te demander d’enquêter sur lui et sa vie minable de prof sous-payé ? » Une nouvelle fois, elle roula des yeux en soupirant, désabusée par la débilité profonde de sa camarade. Se rasseyant convenablement sur le couvre-lit à motif de la jeune fille, elle savait que son ton n’effleurerait pas ses sentiments, et elle ne s’excusa pas, même si elle estima qu’elle avait été agressive. Suivant le trajet de Sunny jusqu’à son bureau où elle récupéra un bloc-notes sur lequel elle griffonna aussitôt, Harper gonfla les joues et haussa les épaules « Je sais que ce sont des accusations graves, mais si mon pressentiment s’avère être juste, j’aurais au moins la satisfaction d’avoir fait ce qu’il fallait pour le coincer. On m’a toujours dit de suivre mon instinct, c’est ce que je fais. » dit-elle, se rendant compte qu’elle en avait peut-être trop dit à son sujet, même si ses propos paraissaient moindres. Laissant Sunny se rasseoir à ses côtés, elle se pencha sur son calepin, regardant ce qu’elle avait écrit et fronça le nez, dubitative « Tu peux avoir des infos sur tout ça ? Attends, tu penses qu’il est gay ? Pourtant, il avait l’air d’apprécier la vue sur le décolleté de Rainbow dans le fossé. Tu me diras, ceci n’empêche pas cela. » Elle se mordit la lèvre, coula un regard sur Sunny et échangea, pour la première fois, un sourire franc avec elle. Se laissant soudain tomber en arrière en soupirant bruyamment, elle s’allongea sur le lit sans aucune gêne, répondant à la jeune fille « Le bus est tombé en panne sur la voie rapide au retour. Les surveillants étaient dépassés, l’infirmière a fait une syncope sur le bas côté et Burlingame s’est retrouvé séquestré dans la soute à bagages. Rainbow est allée faire du stop de l’autre côté de la route. Catalano a voulu aller la récupérer pour lui donner une bonne leçon, je présume. On les a retrouvés dans le fossé : Rainbow était sur lui et il avait les mains un peu trop proches de sa poitrine, c’était écœurant. » Elle fronça les sourcils, posa une main sur son ventre et le ton plus doux, elle demanda à Sunny en dirigeant son regard sur son profil « Qu’est-ce qu’on va faire si… enfin tu sais, si tu trouves quelque chose ? Qu’est-ce qu’il risque ? »
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Sunny Palmer
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MessageSujet: Re: 04. [Palmer] Deal with the Devil.   04. [Palmer] Deal with the Devil. EmptyJeu 9 Aoû - 14:52

Avant de se lancer plus avant dans cette enquête, Sunny voulait être certaine qu’Harper n’avait pas vu le mal là où il n’y avait rien d’ambigu. Parce qu’elle se tenait au courant de l’actualité jour après jour, Sunny savait qu’un simple geste pouvait parfois être considéré comme déplacé par un élève. Beaucoup de professeurs s’étaient retrouvés sur le banc des accusés parce qu’un de leurs élèves s’étaient senti agressé alors qu’il n’en était rien. D’un naturel méfiant, Sunny ne faisait pas suffisamment confiance en Harper, aussi pétrie d’admiration pour l’athlète était-elle, pour foncer tête baissé. Elle voulait qu’Harper lui donne au moins une bonne raison de fouiller dans la vie de Mr Catalano, et bien que la jeune fille lui avoue être du genre à se fier à son instinct, ce n’était pas suffisant pour Sunny, qui lui jeta un rapide coup d’œil. Qui avait pu lui conseiller de suivre ce que son instinct lui soufflait ? Son père, aujourd’hui décédé ? Sunny savait qu’il avait été militaire. Il avait dû survivre en se fiant à son instinct, et c’était tout à fait le genre de conseil qu’un militaire pourrait faire. En baissant à nouveau les yeux, Sunny ne put s’empêcher de trouver assez ironique le fait qu’elle aussi, en un sens, écoutait beaucoup son instinct. Ce n’est pas par hasard qu’elle se retrouvait toujours au bon endroit, au bon moment, pour filmer ou photographier des élèves en pleines cachotteries. C’était un point commun qui lui fit plaisir, en un sens, et curieusement, Sunny se mit à penser qu’Harper ferait une bonne journaliste. Enfin, si tant est qu’elle soit capable d’agir autrement qu’avec agressivité. « Je peux savoir tout ce que je veux, sur tout le monde. » répondit-elle distraitement, tout en réfléchissant. Puis, conscience que cela pouvait passer pour de la vantardise, elle eut un sourire amusé et se tourna vers Harper. « Chacun son truc. Toi tu sais survivre. Moi je sais fouiner. » ajouta-t-elle en faisant allusion à la vie chaotique d’Harper et au fait qu’elle devait porter sa famille à bout de bras, et qu’elle s’en sortait plus qu’honorablement. C’était plus ou moins un compliment, mais Sunny n’était pas certaine qu’Harper verrait les choses de cette façon, aussi eut-elle un regard contrit à son égard, comme pour s’excuser d’avoir mis ça sur le tapis, et se détourna pour se concentrer sur sa future mission : Seth Catalano, pervers ou prof respectable ?

Se tournant à demi pour suivre du regard Harper qui, complètement à l’aise, s’affalait sur le lit comme si elle était chez elle, lui relatait brièvement le week-end à l’OSU, et ce qui lui avait fait penser que Mr Catalano était un prof immoral. A l’évocation d’Elijah Burlingame enfermé dans la soute à bagage, Sunny se mit à rire. C’est qu’elle éprouverait presque du regret de ne pas être allée à cette pseudo sortie éducative. Elle avait beau n’être qu’une fouine doublée d’une insolente, elle aimait s’amuser, comme tout le monde, même si parfois elle n’agissait pas tout à fait comme une adolescente de seize ans. Quelle jeune fille saine d’esprit passe son temps libre à constituer des dossiers compromettants à base de photos et d’enregistrements pris en cachette sur ses camarades de classe ? Et pire, qui recourt au chantage, et balance des secrets anonymement sur ceux qu’elle côtoie tous les jours ? Sunny avait beau avoir l’apparence de l’américaine typique, avec ses cheveux blonds et sa bouille ronde, intérieurement elle était très différente des autres filles. Cela faisait sa fierté. Elle ne voulait pas être comme toutes ces dindes hystériques à la tête creuse, qui ne pensent qu’aux garçons et aux vêtements. Peut-être avait-elle trop d’ambition, dans tous les cas, elle ne se sentait pas du tout à sa place quand, entourée par un groupe de filles, elle les écoutait parler maquillage et amour. Surtout quand il s’agissait d’amour d’ailleurs.

Se forçant à revenir à l’instant présent, Sunny plissa les yeux, alors qu’Harper terminait de lui raconter ce fameux week-end, et l’image d’une Rainbow échevelée, sa crinière rousse ébouriffée et à quatre pattes sur Mr Catalano, qui lui pelote les seins, lui parasita un instant le cerveau. Berk. « Et bien, Rainbow n’a que 17 ans, mais aux yeux de la loi, elle serait considérée comme consentante, autrement dit comme une adulte sur le plan sexuel, puisque l’Ohio a fixé la majorité sexuelle à 16 ans. Donc, si elle était d’accord pour avoir des relations avec Mr Catalano, il ne pourrait être accusé de quoi que ce soit. Par contre, il perdrait très certainement son poste à McKinley. Figgins a beau être un gros naze, il ne laisserait pas passer ça. Et si les parents de Rainbow veulent régler ça dans un tribunal –ce dont je doute quand même, ses parents sont de gros hippies. Mais tu dois le savoir, tu es sa copine. » fit-elle en glissant un rapide regard à Harper. « Bref, s’ils veulent lui coller un procès aux fesses, les médias s’empresseront de couvrir l’affaire, et il y a de fortes chances qu’il ne puisse plus enseigner du tout, car qui voudrait d’un prof qui couche avec ses élèves ? » Avec un soupir, Sunny replia sa jambe sous elle. « En revanche… » Elle se mordilla la lèvre inférieure. Imaginer d’un prof se tape une élève, ou vice-versa, c’est une chose, qui d’ailleurs ne la choquait pas plus que ça. A partir du moment où l’élève est consentante –voir même l’instigatrice des faits- ce n’était pas, à proprement parler, une affaire dont Sunny pouvait s’offusquer. Mais dans le cas contraire… cela lui donnait des sueurs froides. « En revanche, s’il l’a forcé à faire quoi que ce soit, sans forcément qu’il y ait eu acte sexuel d’ailleurs, il risque gros. Il sera viré de McKinley, et perdra son droit à enseigner. Il sera fiché à vie comme délinquant sexuel, et ira très probablement en prison pour une bonne vingtaine d’années. Et tu sais ce qu’ils font aux personnes de ce genre en prison… » conclut-elle, persuadée qu’effectivement, Harper était au courant. « Si tu as raison, et qu’il est ce genre de prof, il n’aura que ce qu’il mérite. » affirma-t-elle sèchement, en ponctuant ses paroles d’un coup de menton. « Mais si tu te trompes, j’aurais fouiné dans la vie d’un prof pour rien. Trop dommage. » ajouta-t-elle d’un ton léger qui démentait ses propos, de même que son petit sourire en coin.
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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 04. [Palmer] Deal with the Devil.   04. [Palmer] Deal with the Devil. EmptySam 18 Aoû - 15:52

Étendue de tout son long sur le lit de Sunny, Harper réfléchissait si vite, que la lueur chaude de l’halogène prit l’allure d’une longue traînée de lumière qui lui fit plisser les paupières ; elle commençait à avoir mal au crâne. Vue de l’extérieur, on aurait pu penser le contraire, tant elle semblait être déterminée à coincer son professeur pour ces faits malheureux qu’elle lui reprochait. Seulement, cette impression était erronée : ça ne lui faisait pas plaisir, loin de là et le sentiment désagréable de mettre le nez dans des affaires qui ne la regardait pas, lui donna l’envie soudaine de rebrousser chemin ; fouiner dans la vie des autres, ce n’était pas sa tasse de thé, et lorsque Sunny commença à lui expliquer ce que le jeune homme encourait si elle trouvait quelque chose à son sujet, elle se sentit coupable, presque honteuse d’avoir recourt à ce genre de méthode pour assurer ses arrières. Envisager que le professeur qu’elle côtoyait trois fois par semaine n’était rien d’autre qu’un pervers sexuel qui pouvait s’en prendre à des jeunes filles de son âge et même, à des jeunes filles qu’elle considérait comme étant des amies, des jeunes filles qu’elle appréciait plus ou moins, la rendait tellement malade qu’elle n’agissait pas avec rationalité. Harper savait qui elle était, pourtant. Elle anticipait toujours ses propres réactions, toujours. Elle n’était pas du genre à douter, elle avait du flair. Des problèmes aussi. Elle en avait tellement d’ailleurs qu’elle ne savait plus où donner de la tête, alors pourquoi s’entêtait-elle à vouloir mettre une étiquette sur le comportement peu conventionnel de son professeur, prenant le risque de s’encombrer davantage de soucis dont elle n’avait visiblement pas besoin ? Probablement que cela venait-il de ses valeurs, de l’éducation qu’on lui avait donnée, des préceptes de son père, homme droit et courageux, qui lui interdisait de faire l’autruche quand elle sentait que quelque chose ne tournait pas rond et qu’il fallait intervenir. En réalité, elle n’en savait rien. Pour la première fois, Harper ne comprenait pas. Elle était obligée de se triturer l’esprit pour arriver à une conclusion potable qui la satisferait, c’était tout nouveau pour elle. Elle était troublée, même si elle ne le montrait pas, orgueilleuse. Au départ, Harper avait tout bonnement pensé que sa farouche conviction n’était que le résultat de l’état de vexation dans lequel Seth l’avait laissé sur le bord de la voie rapide, ses vêtements souillés en plus de son amour propre. Elle restait une adolescente fière, elle ne pouvait accepter qu’on s’en prenne à elle de la sorte. Puis quelques jours plus tard, elle s’était retrouvée dans la même pièce que lui. Elle ne s’était pas laissé démonter, elle avait affronté son regard railleur et ses sourires narquois avec toute l’insolence dont elle était détentrice, c’était à ce moment-là qu’elle avait su. La possibilité qu’il nourrisse pour certaines de ses élèves un désir qu’il ne pouvait refouler lui avait traversé l’esprit, se souvenant de la façon avec laquelle ses mains convoitaient d’un peu trop près la poitrine de Rainbow. Elle s’était alors rendu compte, que son intuition pouvait être juste et qu’il fallait qu’elle sache si cet homme avait des antécédents. Alors, devait-elle s’en vouloir d’avoir besoin de connaître la vérité ? Elle en avait besoin, oui. Elle devait savoir pour continuer à le voir comme un simple professeur, et pas comme ce garçon volubile qui avait eu un comportement inapproprié pendant une sortie scolaire. Il fallait qu’elle se rassure, ce n’était que ça. Cependant, elle ne l’admettrait pas. Pas devant Sunny, ni devant personne d’autre.

Harper ne se laissa pas déconcentrer par le caractère exceptionnel de la situation, elle avait trop à faire avec ses pensées embrouillées. Elle non plus n’avait pas l’habitude de partager des discussions – sérieuses ou pas – avec des jeunes filles. En fait, Harper n’avait pas réellement d’amis, qu’ils soient filles ou garçons. Elle avait Rainbow, qui s’apparentait plus à une connaissance qu’une réelle amie, aujourd’hui et depuis quelques jours, Jesus Sainsbury semblait se souvenir de son existence. De là à dire qu’il était son ami, il y avait un long chemin à parcourir, néanmoins, il rentrait dans la catégorie de ceux qu’elle aimait bien, et avec qui elle pourrait entretenir des rapports amicaux, malgré le fait qu’elle aimait se moquer de son adoration pour le Tout-Puissant et de sa façon de parler comme un illuminé catholique. Bien qu’elle n’ait jamais eu l’occasion de le démontrer, Harper était une oreille attentive, elle était fidèle, aussi, sa façon de toujours prendre la défense de Rainbow lorsqu’elle en avait besoin en était la preuve tangible, d’ailleurs. Elle savait écouter et ses remarques salées pouvaient réconforter ceux qui en avaient besoin. Elle n’était pas douée pour gérer les pleurs, mais elle l’était pour gérer les crises en tout genre, c’était son rôle, à la maison. Aussi, le sujet n’était pas celui-ci, à ce moment précis, et les yeux rivés sur le plafond qui s’étalait au-dessus de sa tête reposant sur un édredon, elle écouta attentivement Sunny parler avec détachement de la peine de prison potentielle de leur professeur. Harper n’était pas du genre à s’offusquer pour grand-chose, mais la désinvolture avec laquelle la jeune journaliste débitait ses propos heurta son attention. Elle glissa son regard sur Sunny, fronça les sourcils et sans y penser, elle dit :

« Comment est-ce que tu fais ? » questionna-t-elle, réellement curieuse. Elle passa sa langue sur ses lèvres sèches, puis continua sur sa lancée, répondant au faciès interrogateur de la blondinette « Pour ne pas être atteinte ? Tu peux trouver n’importe quoi sur n’importe qui vivant dans cette ville. Je suppose que tu dois dénicher des choses horribles, des secrets qui ne sont pas honteux pour rien et tu parles de ce qu’on pourrait faire subir à monsieur Catalano comme si tu commandais un steak au Breadsticks, je ne sais pas comment tu fais pour être aussi insensible. » Harper s’aperçut que ses paroles pouvaient être mal interprétées par la jeune fille, elle se hâta donc de rectifier avec une certaine gentillesse dans le ton « J’aimerais avoir cette aptitude. C’est plus utile que de savoir faire une clef de bras. » Elle se mit à rire brièvement, détournant le regard sur un cadre posé à sa gauche, son visage se teintant de regret. Elle savait qu’elle avait laissé transparaître une image d’elle que personne ne connaissait. Harper aussi tâchait de se montrer insensible parce qu’elle n’avait pas le droit de se laisser atteindre par la misère dans laquelle elle se trouvait. Son arrogance était son arme principale, elle savait bien s’en servir. Seulement, la vérité était qu’Harper avait un cœur, comme tout le monde et que le nombre de fois où elle s’enfermait dans la salle de bain pour pleurer en prétendant qu’elle prenait sa douche était plus conséquent qu’on ne pouvait l’imaginer. Sentant ses joues chauffer, elle se redressa subitement en se raclant la gorge, et reprit avec son ton habituel : dur et cassant « Ne crois pas que ça me rend folle de joie, cette histoire. Je ne l’aime pas mais ça ne veut pas dire que je veux le voir en prison pour autant. On s’en tient à ce qu’on a dit : tu recherches des infos qui expliqueraient son attitude ignoble envers Rainbow. Point. Je ne suis pas venue ici pour que tu me fasses un rapport détaillé sur ses amourettes de lycée ou sur ses derniers achats, c’est clair ? » Bien que l’idée de connaître la vie de son professeur fut tentante, Harper avait des principes. Se levant d’un bond, elle baissa sa veste sur ses hanches et passant une mèche de cheveux derrière son épaule, elle se retourna pour regarder Sunny « Évidemment, cette histoire reste entre toi et moi. Si ça s’ébruite, je sais où tu vis. » menaça-t-elle avec un petit sourire en coin. Elle éclata aussitôt d’un rire sonore, la poussant légèrement à l’épaule pour la faire basculer en arrière « C’est bon, c’était une blague. Moi aussi, je sais faire de l’humour ! »
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MessageSujet: Re: 04. [Palmer] Deal with the Devil.   04. [Palmer] Deal with the Devil. EmptyDim 9 Sep - 20:08

Se retrouver dans sa chambre, assise en compagnie d’Harper, à discuter avec elle, comme si rien ne s’était passé entre elles, Sunny trouvait cela assez ironique. Quelques semaines auparavant, elles s’étaient plus ou moins affrontées lorsque Sunny, armée de preuves et de menaces, avait fait subir à Harper un odieux chantage, lui laissant peu de choix : se plier aux exigences de la journaliste, et lui fournir la liste des élèves faisant appel à Harper pour qu’elle fasse leurs devoirs, ou voir son petit secret exposé aux yeux de tous et ainsi, risquer l’expulsion. Après cela, Harper avait dû détester Sunny de toutes ses forces. Des images de vengeance avaient très souvent dû fleurir dans son esprit : pousser Sunny dans les escaliers, la kidnapper et l’abandonner en plein désert, lui raser la tête dans son sommeil et autres joyeusetés visant à faire disparaitre Sunny de la circulation, ou au moins à lui faire comprendre qu’elle commettait une grave erreur en s’en prenant à Harper Pritchard. Et le fait que Sunny décide finalement de ne pas dévoiler son secret n’avait pas forcément n’avait pas dû la faire changer d’avis. Et pourtant, elle avait fait fi de son opinion pour s’adresser à celle qu’elle devait le moins aimer dans tout le lycée. Quel retournement de situation ! Sunny devait bien l’avouer, cette situation lui plaisait beaucoup, et pas uniquement parce que cela obligeait Harper à ravaler son immense fierté pour venir lui demander de l’aide, mais également parce qu’elle pouvait passer du temps avec une fille qui était parvenue à susciter en elle de l’admiration. C’était plaisant. Et agréable de pouvoir passer du temps avec quelqu’un autrement que pour lui faire du chantage ou pour poser des questions. Sunny n’en avait pas l’habitude, elle qui n’avait que peu, voir pas d’amis. Elle le vivait très bien, mais de temps en temps, elle regrettait vraiment de ne pas avoir de vie sociale.

Mais son côté « journaliste en mission » prenait trop souvent le dessus, et c’est avec indifférence et sans y penser qu’elle débitait ce que risquait Mr Catalano si les soupçons d’Harper s’avéraient fondés. Bien sûr, s’il avait vraiment abusé de Rainbow, Sunny en serait horrifiée et choquée. Mais ce qu’il adviendrait du jeune professeur, en revanche, et s’il était coupable, Sunny n’en avait cure. Ce qui finit par alerter Harper, comme elle le lui fit savoir en lui demandant par quel moyen elle parvenait à se détacher de tout ce qu’elle devait trouver en fouinant comme elle le faisait. La jeune fille médita un instant sur la question. Elle avait fait de son aptitude à déceler les mensonges et à trouver les secrets, un véritable art. Elle était douée, et ferait sûrement une excellente journaliste. Sa cible favorite restait les lycéens de McKinley, et cela impliquait souvent de fouiner dans la vie de leur famille au grand complet. Effectivement, Sunny avait souvent eu sous les yeux des faits pas très reluisants. Pour se venger d’une Cheerios ou d’un footballeur, rien de tel que de balancer à l’élève en question qu’au lieu de perdre son temps à s’en prendre à ses camarades, il ou elle devrait plutôt s’occuper de son père infidèle, ou de sa mère amatrice de garçons plus jeunes. Et parfois, il y avait des affaires de drogues qui avaient très mal tournées –qui aurait pu dire que le frère ainé de ce sportif populaire était en cure de désintox’ pour la énième fois-, de l’alcoolisme avéré, un nombre impressionnant de pompom girl anorexiques, et, plus grave, des parents qui battaient leurs enfants. Alors oui, comment Sunny faisait elle pour se ficher complètement de tout ce qu’elle apprenait ? La blonde savait que c’était plus ou moins un défaut, que d’être aussi insensible à tout ce qui l’entourait. Mais la grande majorité du temps, il s’agissait de personnes qu’elle n’aimait pas du tout, voir qu’elle détestait. Difficile de compatir. Elle était consciente d’être un peu trop rancunière et injuste, voir cruelle. Mais on ne devient pas journaliste en étant trop sensible.
La remarque qu’ajouta Harper la sortit de ses réflexions et elle en resta interdite un petit moment, puis se détourna pour dissimuler ses joues qui rougissaient délicatement. Car oui, elle prenait ça pour une sorte de compliment, ou du moins, pour une preuve qu’Harper appréciait plus ou moins cette capacité à se détacher des évènements. Certes, Harper avait à affronter des choses très dures, jour après jour, et elle se devait d’être forte et courageuse. En apparence, c’était une jeune fille d’une immense fierté, d’une intelligence redoutable et avec un caractère très fort. Mais intérieurement, qui sait combien de fois elle avait dû pleurer dans son oreiller, parce qu’une nouvelle relance de facture venait d’arriver dans la boite aux lèvres, ou parce que l’assistante sociale s’intéressait un peu trop à sa famille, ou parce que sa mère venait d’agir bizarrement ? Harper n’avait pas à envier Sunny, et cette dernière secoua doucement la tête, sans rien dire. La remarque de l’athlète la laissait songeuse, comme souvent ces derniers temps lorsqu’on lui reprochait d’être trop insensible.

Elle revint à la réalité lorsque le lit fut légèrement secoué, Harper venant de bondir pour se lever, et en roulant des yeux, Sunny hocha la tête. Oui, elle allait fouiner, et oui, elle se contenterait de fournir à Harper ce que celle-ci lui avait demandé. Bien sûr, elle décortiquerait en détail la vie de Mr Catalano, mais ce serait pour son propre plaisir, et non pas pour Harper. Qui sait, elle trouverait peut-être quelque chose d’intéressant, quelque chose que Jonah pourrait utiliser à bon –ou mauvais- escient. Harper aurait ce qu’elle voulait, si tant est qu’il y ait quoi que ce soit à trouver concernant le professeur aux mains baladeuses. La petite blague d’Harper lui fit froncer les sourcils, mais sous cette fausse menace se cachait… une blague. Tiens donc, Harper savait plaisanter. Première nouvelle ! Sous cette carapace de fille fière et tellement inaccessible que discuter avec le distributeur à boissons semblait plus aisé, se dissimulait une adolescente qui aimait plaisanter, et peut-être même, qui sait, rire. Sunny ne put retenir un sourire en secouant la tête, et alors qu’elle voulait se redresser, Harper lui donna une gentille bourrade. Enfin, ce qui devait être une gentille bourrade. Apparemment, Sunny tenait bien mal sur ses jambes, ou était en sucre, parce qu’elle retomba aussitôt sur le lit. Bon, elle avait visiblement du muscle à faire, parce qu’Harper était vraiment, vraiment bien plus forte qu’elle. Ou Sunny était vraiment, vraiment plus délicate qu’elle ne le pensait.

« Ah ah… Reviens dans une semaine, j’aurais tout ce que tu veux savoir concernant Mr Catalano. » Elle voulut rajouter quelque chose, mais se retint en pinçant les lèvres. « A dans une semaine, Harper. »
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