Choriste du mois


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 05. [Brown/Robertson] The night moves.

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MessageSujet: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Ven 28 Sep - 17:55

Le printemps avait beau s’être installé à Lima, chassant la pluie et les nuages gris qui faisaient la réputation de la ville en hiver, Ecaterina, frileuse comme pas deux, s’emmitoufla dans un plaid polaire qu’elle avait descendu de sa chambre à coucher, littéralement transie de froid. Le chauffage tournait à plein régime, pourtant, rien n’y faisait : elle était frigorifiée. Pour cause, elle couvait une grippe. Celle qui la rendait bougonne au point de refuser de laisser entrer Gale chez sa colocataire, réfutant la possibilité de le voir avec la tête de déterrée qu’elle traînait et son joli nez qui coulait. Il l’avait appelé, elle avait répondu avec un temps de retard, abrutie par les médicaments qu’elle avait avalés sans manger. La voix pâteuse et avare de mots à cause d’une gorge douloureuse à souhait, elle avait daigné lui dire qu’elle l’aimait avant d’éternuer, provoquant l’hilarité (les blonds sont cruels) de son petit-ami qui lui conseilla de bien se soigner. Autant dire que cette grippe était mauvaise, il n’y avait pas de doute. Rien ni personne ne pouvait l’empêcher de voir Gale, c’était davantage le cas depuis leur rabibochage postsoirée d’anniversaire de Seth et Charlie. Elle était donc drôlement bien atteinte pour passer à côté de l’éventualité de se retrouver seule avec lui, profitant tous les deux d’un vendredi soir paisible. Surtout qu’elle ne connaissait pas meilleur radiateur qu’Hemmens, mais trop mal en point pour en prendre conscience, elle avait omis ce détail essentiel en lui jurant de passer le voir quand elle irait mieux. Se laissant tomber en avant sur le sofa, son téléphone encore à la main, elle frissonna au contact du tissu froid de la causeuse sur ses cuisses pourtant bien couvertes par le pyjama hideux en flanelle qu’elle avait trouvé dans le placard de Charlie. Cat enfouit son nez dans sa couverture, ferma doucement les yeux, prête à s’endormir, lorsque la respiration semblable à un réacteur d’avion de Brownie, le chat de sa foldingue de colocataire, lui fit rouvrir les paupières si rapidement, qu’elle dû cligner plusieurs fois d’affilée pour que ses cils suivent le mouvement et se décollent de ses paupières lourdes. Elle détestait ce chat, il le lui rendait bien en lui menant la vie impossible, miaulant, feulant, griffant, mordant dès qu’il en avait l’occasion et Cat, experte en langage chat toutes races confondues, ne loupait jamais l’aubaine de lui répondre ; elle n’avait pas peur du ridicule, c’était un fait. Fixant la bête, la moue boudeuse, Cat remarqua qu’il était affalé sur l’oreiller quelle avait descendu en même temps que son plaid douillet. Pleine de malice malgré son état lamentable, la malade tira dessus pour faire tomber l’animal qui se hérissa aussitôt, de mauvaise humeur, prêt à en découdre avec celle qui avait osé le réveiller pendant sa longue sieste (ce chat dormait tout le temps). Ce petit intermède eut le don de faire sourire la petite blonde, encore plus quand Brownie se détourna d’elle, s’apercevant qu’il ne faisait pas le poids face à Polly Pocket, et la queue en l’air, il quitta le salon, la démarche boiteuse.

Cette grippe n’était pas la seule responsable de la léthargie de la jeune femme. Elle avait tout pour être heureuse : ses soucis sentimentaux semblaient s’être réglés plus facilement qu’elle ne l’avait pensé, elle était plus épanouie que jamais. Elle excellait à son travail, de nouvelles perspectives s’ouvraient à elle ; elle avait même une nouvelle coupe de cheveux. Mais Dorian lui manquait. Il était parti quelques semaines plus tôt, ayant l’opportunité de faire de sa passion pour la musique, son vrai métier. Employé dans un grand studio d’enregistrement à Los Angeles, la ville de tous les excès, là où tout était possible, c’était une chance qu’il devait saisir. Sa petite-sœur lui avait dit de foncer, elle savait que c’était important pour lui et puis elle n’avait pas le droit de le retenir dans un endroit qui ne lui offrait aucune perspective d’avenir dans le domaine qu’il lui maintenait la tête hors de l’eau. Seulement, pour la deuxième fois, il était parti. Elle avait grandi, Ecaterna savait se débrouiller toute seule. Elle n’était d’ailleurs plus seule, elle avait ses amis, elle avait Gale, mais le fait était que ce départ-surprise faisait remonter un tas de souvenirs à la surface, bons comme mauvais. Refermant lentement les yeux, Ecaterina soupira difficilement à cause de son nez bouché et de sa gorge enflammée, quand on frappa à la porte d’entrée. Se redressant derechef, les bras le long du corps, la jeune femme resserra ses doigts sur son téléphone portable, jeta un coup d’œil furtif à l’écran qui indiquait qu’on était vendredi soir, 20h30 et haussa les épaules, nonchalante, en reniflant avec grande classe. On frappa une seconde fois, et subitement, cela fit tilt dans son esprit. Elle regarda de nouveau l’écran de son téléphone, écarquilla grand les yeux : Lynn. Elle avait oublié qu’elle passait la soirée avec Lynn ! Elle qui contrôlait chaque seconde de son emploi du temps, venait d’oublier le rendez-vous qu’elle avait fixé à sa cousine en début de semaine. Décidément, elle était bel et bien malade.

Ouvrant la bouche, hébétée, Ecaterina se leva d’un bond de son fauteuil. Elle n’avait rien préparé pour le dîner, elle n’était même pas habillée. Clairement, elle faisait peine à voir. Comment avait-elle pu oublier cette soirée ? Elle n’avait même pas eu la présence d’esprit de décommander en rentrant de la librairie, quelle idiote elle faisait. Lynn avait partagé son quotidien pendant quelques mois, elle lui manquait beaucoup. Elles se voyaient de temps à autre, mais pas autant que Cat l’aurait voulu, trop prises l’une comme l’autre. Depuis le départ de Dorian, elle avait émis le souhait de passer plus de temps avec elle, pas seulement pour travailler sur ce projet de collaboration qui n’avançait pas, pensant que la présence de la jeune femme lui permettrait de vivre plus facilement ce départ. Lynn n’était pas son amie, elle était sa famille, la seule famille sur laquelle elle pouvait compter actuellement, c’était important. Passant nerveusement une main dans ses cheveux, Lynn devait s’impatienter, car elle frappa une troisième fois avec plus de force. Se précipitant à petits pas jusqu’à l’entrée, Ecaterina croisa son reflet dans le miroir du vestibule. Pour arranger un peu le massacre, ébouriffa sa longue tignasse déjà défaite, mais rien n’y fit : elle faisait pitié. Elle inspecta rapidement sa tenue, concéda que les petits lapins roses sur son pyjama et ses chaussettes épaisses comme une serviette éponge n’arrangeaient pas son cas, elle se dit que Lynn l’avait vu dans de bien plus mauvaises postures. Elle se décida alors à ouvrir, penaude.

« Ne te moque pas. » dit-elle d’une voix étrangement nasillarde, ouvrant la porte petit à petit. Elle baissa le menton, cacha son pyjama avec la porte en bois et toussa en frissonnant quand un coup de vent s’infiltra par l’entrebâillement « Il fait encore plus froid que je l’imaginais, l’hiver est de retour. Le monde part en vrille, on n’a plus de saisons. T’as vu « Une vérité qui dérange » d’Al Gore ? Flippant. » divagua-t-elle, la tête posée sur la tranche de la porte. Elle reprit néanmoins ses esprits pour brandir alors son petit doigt (elle admettait que cette habitude était puérile, mais très efficace) vers sa cousine, renifla très fort et ajouta « Petit doigt, tout de suite. Tu jures, cousine, et tu pourras entrer. » Comme elle s’y attendait, elle crocheta son petit doigt autour du sien, scellant sa promesse. Cat ouvrit la porte en grand, écarta les bras pour la laisser admirer son magnifique pyjama et dit « C’est à Brown, au cas-où tu te poserais la question. » Puis elle tourna les talons pour rejoindre le salon, le pas traînant, toussant très fort.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Ven 14 Déc - 23:15, édité 1 fois
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Age : vingt-quatre ans • née le vingt-et-un décembre.
Occupation : a travaillé pendant cinq ans au hummel's garage. vient de demander des congés d'un ans pour aller étudier à new york la littérature. elle vient juste de passer son 'bac' en candidat libre. a étudié deux ans à new york. vient de se faire transférer à l'université de lima pour terminer son cursus. littérature, option cinéma. elle a fait quelques stages dans un journal en tant que pigiste.
Humeur : motivée pour avancer et prendre un nouveau départ (encore). in the end everything will be okay; if it's not okay, it's not the end.
Statut : célibataire depuis peu.
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Lun 1 Oct - 3:13

Lynn avait été plutôt surprise de recevoir un message de la part d'Ecaterina l'invitant à passer une soirée ensemble. La dernière fois où elles avaient fait ça lui paraissait bien loin. Elles s'étaient vues un certain nombre de fois pour travailler sur leur ouvrage qui n'avançait plus mais ça ne pouvait pas vraiment compter comme une soirée entre cousines. Oui, pour Lynn, la dernière fois remontait à bien avant, quand elles habitaient encore sous le même toit. Ca n'avait pas vraiment été facile au début mais finalement les deux filles avaient réussi à trouver un terrain d'entente et la vie n'en avait été que plus belle. Débordée par les cours qu'elle avait à rattraper pour passer le S.A.T. à la fin de l'année, le travail au garage tous les soirs jusque vingt-trois heures et le week end et puis les quelques sorties qu'elle s'autorisait (principalement quand c'était Larry Faithorn qui lui proposait une soirée littéraire ou les récents débats littéraires auquels elle allait assister), elle n'avait plus vraiment de temps pour travailler sur le livre ou même de faire d'autres sorties. Cependant, recevant le message sur son Blackberry, elle ne pu refuser. Parfois il fallait savoir prioriser les choses. Cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait pas vu Ecaterina et ça lui ferait très plaisir de la voir un peu. Après tout, elles étaient de la même famille - du moins par alliance mais Lynn considérait la blondinette avec plus d'importance que ses propres parents - et malgré ce qu'il avait pu se passer avec le départ d'Ecat, Lynn la considérait aussi comme l'une des seules personnes en qui elle pouvait avoir total confiance. Quel dommage qu'elles ne se voient pas plus souvent. Quel dommage qu'ils ne se soient pas vus plus souvent non plus quand Dorian était encore là.

Le départ de Dorian avait mit un petit coup au moral de la new yorkaise. Elle se doutait qu'Ecaterina devait souffrir encore plus considérant toute leur histoire. Toujours était-il que même s'ils ne se voyaient que quelques fois par mois, son cousin et elle s'étaient serrés les coudes pendant un long moment et il lui manquait. Ils échangeaient quelques e-mail depuis qu'il était parti mais ça n'était pas pareil. Certes le virtuel c'était bien pratique, mais cela retirait quand même quelque chose à l'expérience sociale. Songeant à ça, Lynn se dit qu'elle n'avait pas été assez présente auprès de sa cousine et il allait falloir changer ça, à commencer par vendredi soir. Mais pour ça, il allait falloir qu'elle se décide sur le DVD à regarder. Quel choix cruel avait-elle à faire entre The O.C., One Tree Hill, Charmed et Weeds ! Les quatre séries faisaient partie de ses préférées ALL TIME. La première parce qu'elle était l'une des premières séries qu'elle avait regardé et elle était tombée amoureuse de certains personnages. Ryan Atwood était son préféré. Sans doute le côté Bad Boy qui devait l'attirer. Elle avait toujours trouvé que Marissa n'était pas faite pour lui cependant. La deuxième était une histoire d'amour parce que ce n'était pas des persos qu'elle était amoureuse mais la série toute entière. Les citations, les images, les intrigues, les love stories... Bon, en fait il faudrait effacer les saisons à partir de la fin de quatre et ça serait parfait. Mais on ne pouvait pas tout avoir ! Charmed c'était la magie qui l'avait séduite. Le fait que peut être, sans que l'on ne le sache, des gens pouvaient être dotés de pouvoirs extraordinaires. A vrai dire la petite demoiselle aurait bien aimé en avoir à l'époque... Et encore maintenant. Au moins elle saurait quoi faire de sa vie : sauver des gens. Ca servait à quelque chose. Alors que là, la seule chose qu'elle essayait de faire pour le moment était de se sauver soit même. Un début vous direz. Et puis Weeds.... Comment ne pas aimer les Botwin ? Fixant les boites de DVD pendant près d'une heure au lieu de travailler, Lynn fini par en prendre une dans un sourire. Oui, celle ci irait très bien pour la soirée.

Abandonnant ses cahiers, elle enfila une veste de sport - parce que malgré le mois, il faisait encore assez froid -, mis la boite dans son sac, vérifia que son appartement était bien fermé et elle parti en direction du logement de miss Robertson. Elle avait presque réussi à ne pas être trop en retard contrairement à son habitude. Elle leva la main et frappa à la porte d'un geste énergique, un grand sourire sur son visage. ... ... Pas de réponse. Lynn regarda l'heure sur son téléphone pour vérifier qu'elle ne s'était pas trompée de jour mais non, on était bien vendredi et il était vingt heures passées. Lynn se dit que peut être Cat était dans la cuisine et n'avait pas entendu alors elle tappa à nouveau à la porte. N'ayant toujours pas de réponse, elle se demanda si elle devait s'inquiéter ou pas. N'étant jamais entrée dans l'appartement de sa cousine, elle ne pouvait pas savoir si la cuisine était loin de la porte d'entrée ou non. Hésitant à appeler sur le téléphone directement, Lynn tappa une dernière fois un peu plus fort. A son grand soulagement - elle était à deux doigts d'appeler la police quand même - Cat lui ouvrit. Mais au lieu de voir une Ecaterina resplendissante comme à son habitude (tout à fait), ce fut une mine palaude et emitouflée dans un plaid qu'elle vit apparaitre à la porte. Surprise, Lynn se dit qu'elle avait du l'interrompre dans quelque chose ou alors qu'elle n'était pas la bienvenue finalement ou qu'elle s'était trompée de vendredi... Mais la regardant plus attentivement, elle se dit qu'Ecaterina semblait plus malade qu'occupée. Peut être qu'elle n'avait pas reçu le message qui annulait ? « Hum... Tu... Tu veux qu'on reporte la soirée ? Ou peut être que tu as annulé et j'ai raté le message ? » Lynn tira son téléphone de sa poche pour vérifier ses messages. Cependant elle le rangea bien vite dans sa poche. « Tu n'as pas l'air... » En forme. Elle fut coupée par Ecaterina qui la pria de ne pas se moquer - comme si c'était son genre quoi. « Ok ok, pincky swear. Mais tu sais je n'allais pas me moquer ! Et oui, j'ai vu ce film et c'est terrifiant en effet. » Elle lui fit un sourire en croisant leurs petits doigts.

Brown ? Brown ? Qui était Brown ? Lynn ne connaissait pas vraiment Charlie. Elle l'avait croisée une fois alors qu'Ecaterina et elle faisaient du shopping mais elle l'avait juste présentée en tant que Charlie la coloc. Avisant la sonnette d'entrée qu'elle n'avait pas utilisée parce qu'elle ne l'avait pas remarquée avant, elle nota que le deuxième nom à côté de Robertson était Brown. Aaah, c'était donc ça. Lynn opina du chef avant de suivre Cat' dans l'appartement et de refermer la porte derrière elle. « J'espère que tu n'es pas trop contagieuse ! » Oui sympa la cousine ! « Tu couves ça depuis longtemps ? Tu aurais du me dire, on aurait fait ça la semaine prochaine. Tu dois être fatiguée non ? ». Lynn dézippa sa veste et posa son sac près de l'entrée. Elle se pencha pour récupérer le DVD. « Mais bon, je suis sure qu'une petite série de la saison trois de One Tree Hill ne peut que te faire du bien, n'est-ce pas ? ». Elle se retourna vers Ecat' avec un large sourire, super fière de son choix.
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Mar 2 Oct - 16:56

Trop occupée à se traîner jusqu’au canapé du salon, Ecaterina en oublia de se demander si elle était contagieuse, et laissa sa cousine entrer dans la petite maison. Elle aurait pu aller chercher l’un de ses masques en papier que Charlie gardait précieusement dans le tiroir de sa commode pour les soirs où elle décidait de jouer les infirmières sévères avec Wyatt – cette image lui arracha une drôle de grimace, répugnée. Seulement, elle n’avait pas assez de force pour grimper jusqu’à l’étage. Elle était épuisée, sans doute fiévreuse à en juger par la chaleur de ses lèvres toutes sèches et puis, il fallait bien avouer qu’elle n’était pas en état de s’inquiéter pour la santé des autres. Elle avait déjà bien à faire avec la sienne qui l’obligeait à se pavaner dans un pyjama rose à motifs, ses cheveux rivalisant avec ceux de sa colocataire qui ne daignait jamais les peigner. Néanmoins, même si ce n’était pas évident au premier abord, elle était ravie que Lynn soit ici, avec elle. Pas seulement parce qu’elle ne craignait plus de mourir seule, noyée dans sa propre bave qu’elle laisserait sans doute sur son oreiller après s’être endormie comme une souche, mais aussi, et surtout parce qu’elles avaient du temps à rattraper. Cat avait beau faire tout son possible pour passer plus de temps avec Lynn, elles n’arrivaient jamais à se voir, si ce n’était pour travailler sur ce projet de bouquin qui, il fallait être lucide, stagnait depuis des mois. Ecaterina voulait discuter avec sa cousine, rire aussi et partager des choses. Elle avait Charlie pour se confier, mais ce n’état pas pareil. Elle avait pensé que travailler sur ce livre les obligerait à communiquer davantage, à retrouver cette complicité qu’elles avaient établie cinq ans plus tôt. Aussi, la jeune femme sentait toujours Lynn un peu réticente à l’idée de lui accorder de nouveau sa confiance. Elle le comprenait sans mal. Cat l’avait déçue, c’était ce qu’elle parvenait à faire le mieux ces derniers temps. Décevoir les gens, c’était en quelque sorte devenu sa spécialité. Mais quand elle se fichait qu’untel lui en veuille pour des broutilles, elle ne pouvait pas l’accepter quand cela concernait sa famille et Lynn était sa famille. Concernant leur collaboration impulsive, Ecaterina avait plusieurs fois pensé tout arrêter, pensant que cela nuisait à l’apaisement de leurs rapports auxquels elle tenait beaucoup. Elle craignait cependant que Lynn ne prenne mal sa requête. La blondinette était motivée, pourtant. Elle aurait pu le jurer si on le lui avait demandé, mais elle admettait que ses priorités avaient changé depuis son retour à Lima, davantage depuis quelques jours. Et puis, être écrivain, c’était peut-être son rêve, mais ce n’était pas la seule à aspirer vendre des livres et être reconnu par ses pères. Elle avait du talent, on le lui avait déjà dit. Toutefois, rêvasser était agréable, elle se complaisait dans cette quête d’inspiration perpétuelle, se cherchant des excuses à tout va, abandonnant ses études alors qu’elle était faite pour ça, mais elle avait vingt-trois ans, maintenant. Il était temps pour elle de grandir et de s’épanouir, au lieu de continuellement ressasser ce qui l’avait fait régresser. L’écriture c’était sa passion, c’était indéniable. Mais finalement, ça ne l’avait jamais aidé à s’émanciper, alors elle devait lâcher prise et tourner la page une fois pour toutes, c’était son nouveau credo.

Sauf qu’elle envisagerait de tourner la page un autre jour. Ce soir, elle avait d’autres projets. Se laissant lourdement tomber sur le sofa, elle s’emmitoufla derechef dans son plaid douillet, repliant les genoux pour se recroqueviller sur le siège trop grand pour elle, suivant Lynn du regard. La voir ici avait quelque chose de très réconfortant. Ecaterina ne laissait pas rentrer n’importe qui chez Charlie parce qu’elles avaient un pacte qui stipulait que les personnes qu’elles n’aimaient pas n’avaient rien à faire dans cette maison. La blondinette avait une fois blagué en disant qu’elle mettrait bien Wyatt dans la liste des persona non grata, mais fusillé du regard par sa colocataire, elle préféra le remplacer par Finn pour des raisons très obscures qu’elle s’obstinait à garder pour elle. Frissonnant vivement, Ecaterina ferma brièvement les paupières avant de bailler à s’en décrocher la mâchoire puis enfin, elle reposa son attention sur sa cousine qui s’inquiéta de son état.

« Je crois que j’ai la grippe. Dans le pire des cas, la mononucléose. Mais je ne me souviens pas avoir eu le nez qui coulait la première fois… » Elle éternua dans un couinement en faisant baller sa tête en avant et ses cheveux avec. Elle dégagea son visage en soufflant sur ses mèches, les étalant avec ses doigts de part et d’autre de ses joues brûlantes puis tendit le bras pour attraper la boîte de mouchoirs posée sur la table basse. Ecaterina reprit, la voix enrouée « Si tu restes à bonne distance, tu ne risques rien. » Elle prit un, deux, trois mouchoirs et relevant la tête l’air étonné « Oh, si tu as faim, il y a de la glace dans le freezer. Les placards sont remplis de cochonneries sucrées si ça te tente. J’ai pas vraiment pensé à cuisiner quelque chose, mais on peut toujours commander un truc si tu as envie d’un festin. Profites-en, c’est moi qui régal. » S’adossant de nouveau au fauteuil, elle se moucha en soufflant très fort. Suivant le trajet de sa cousine jusqu’à son sac d’où elle sortit un coffret DVD, Cat plissa les yeux quand Lynn lui annonça ce qu’elles allaient regarder. Posant l’arrière de son crâne sur l’appuie-tête, elle minauda « La saison trois, c’est celle où on pleure à chaque épisode ? » Elle prit une moue contrite avant de se redresser, tirant sur son plaid pour se réchauffer ainsi qu’en se dandinant pour mieux s’installer « C’est parti, retournons au lycée. » Cat lança une œillade à la jeune femme, écarquilla les yeux après avoir reniflé. Elle jugea bon de mettre sa cousine à l’aise et ajouta avec douceur malgré le ton rocailleux de sa voix malade « Fais comme chez toi ici, Lynn. Si tu veux te changer, ma chambre est à l’étage. Tu peux m’emprunter ce qui te plaît, j’ai des trucs plus sympas que ce pyjama. » Elle se hâta de préciser de nouveau, opinant machinalement du chef « Qui n’est pas le mien ! C’est à Charlie, ce pyjama. »
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Dim 7 Oct - 0:37

« La monon... » La jeune femme ne termina pas sa phrase. Lynn savait ce qu'était la mononucléose, après tout, elle n'était pas stupide et en avait entendu parler même si elle même n'avait jamais eu à se poser la question sur le problème encore. Rien qu'en cours d'éducation sexuelle au lycée, ils y avaient eu le droit. Alors que Lynn allait lui dire que si elle avait la mononucléose, cela voulait probablement dire que Gale l'avait aussi mais qu'elle avait du l'attraper de quelqu'un d'autre ou alors que c'était Gale, elle fut arrêtée par la réalisation de ce qu'Ecat venait de dire. Remarque, heureusement qu'elle n'avait rien dit sinon elle aurait probablement mit le boxon dans les histoires sentimentales de sa cousine - et elle ne savait pas à quel point ses histoires pouvaient être complexes. La seule chose qu'elle savait pour sur était qu'Ecat semblait être de retour avec Gale du moins c'est ce qu'elle avait compris - parce que oui, la petite New yorkaise avait du mal à enregistrer le suivi des relations des gens autour d'elle. Enfin bref, ce qui l'arrêta fut que visiblement Ecat avait été victime de cette maladie une première fois. « Mais... Mais... Je pensais qu'une fois soignée tu ne pouvais pas l'attraper à nouveau non ? ... (pause) ... C'était y a longtemps ? » Lynn resta dans l'entrée près de son sac, pas très rassurée quand à la contagion si ce n'était pas la mononucléose (parce que oui, à moins d'embrasser Ecaterina, elle ne risquait pas de l'attraper ce soir, et comme ça n'était absolument pas dans l'univers des possibles, elle n'avait pas à s'en soucier). Elle se dit alors que tant pis pour la contagion, maintenant qu'elle était là de toute façon, elle l'avait déjà surement attrapé et passer la soirée avec sa cousine - malades toutes les deux bien entendu - ou toute seule sous la couette avec une tisade... Autant être ici. « T'en fait pas pour la cuisine. Si j'avais su je t'aurais apporté quelque chose. Mhmm. Si on commence par la glace toute suite, on sera affamées à la fin de la nuit ! » La brunette se dirigea vers l'entrée de la cuisine après avoir donné les DVD à Ecat. « Oui on pourrait commender quelque chose bonne idée. » Elle attrapa des prospectus de menus à se faire livrer qui étaient sur le frigidaire. « Oh, t'es sure que tu veux payer ? C'est gentil mais on peut partager si tu veux. » Lynn n'était peut être pas très aisée mais elle avait toujours du mal quand les gens lui proposaient de lui offrir quelque chose. Un peu comme si c'était une fierté pour elle de pouvoir s'offrir à manger ou une montre par exemple. Elle regarda tous les menus et énuméra: « Alors on a... Pizza hut - qui peut aller de paire niveau calories avec la glace je pense. C'est toujours bien quand on est triste le combo pizza + glace. Anyways ! Sinon y a Chinois, Tunisien ... Le couscous à pas l'air mauvais d'après la photo... Certes, les photos de plats ne ressemblent pas toujours à la vérité mais bon. Sinon Japonais... Tu préfères quoi ? »

Lynn se dirigea vers le canapé et se laissa assoir aux côtés de la blondinette. Elle tourna sa tête pour regarder sa cousine, un peu inquiète quand même de sa santé. Elle ne lui avait sans doute pas beaucoup montré ses derniers temps mais Lynn faisait vraiment des efforts pour que le départ de Cat' ne soit plus qu'un mauvais souvenir lointain. Elle n'aimait vraiment pas en vouloir aux gens et en vouloir à une personne de sa famille était encore pire. Le projet du roman dans lequel elles s'étaient embarquées avait été un grand pas pour Lynn qui voyait cet investisment personnel comme un moyen de briser la glace sans reparler de ce qui s'était passé. Lynn ne voulait plus d'excuses ou savoir le pourquoi du comment. Elle avait décidé de ne plus se prendre la tête comme elle l'avait si bien souvent fait. Seulement, son plan pour retrouver un semblant de vraie relation amicale ou de famille avec Ecaterina était un peu tombé à l'eau avec ses changements de direction concernant ses études qu'elle avait repris pour déccrocher son diplôme. Elle espérait toute fois qu'il n'était pas trop tard pour changer ça, même si les quelques prochains mois allaient être probablement autant chargés si ce n'était plus. Elle ferait des efforts. « Est-ce que tu veux que je te fasse un thé ou un chocolat chaud ouu... Est-ce que tu as été voir un médecin ? Tu n'as pas des médicaments que tu puisse prendre ? ». Elle passa une main dans ses cheveux avant de porter son regard au pack de DVD dans un sourire. « Tu as déjà les mouchoirs, finalement le choix n'est pas si mauvais ! Et oui, la saison trois est juste... Parfaite. Triste mais parfaite. ». Elle reprit les DVD et se leva pour trouver le lecteur DVD sous la TV. Elle ouvrit la boite contenant le premier DVD et l'inséra. Elle rigola pour le pyjama avant de retourner vers l'entrée pour enlever ses chaussures. « Mhmmm, puisque tu es en pyjama, je vais mettre le mien aussi. Tu peux considérer ça comme de la solidarité oui oui ! Je reviens ! Tu peux te décider sur le menu le temps que je me change du coup. ». Elle lui sourit en attrapant son sac puis Lynnette disparu pour aller se changer. Elle revint quelques minutes plus tard, un grand tee-shirt noir lui tombant au milieu des cuisses avec pour seul motif la représentation des Reliques de la Mort (Harry Potter pour les incultes!) - celui avec le cercle dans le triangle et le trait au centre. En bas, elle avait juste un leggins noir. Elle s'assit à nouveau à côté d'Ecat dans un sourir. « So. T'as choisi ? »
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Mar 9 Oct - 18:48

En effet, Ecaterina avait eu la mononucléose. Une seule fois au cours de sa deuxième année d’étude à l’Université de Cincinnati. Cette saleté l’avait cloué au lit des jours entiers, l’obligeant à s’enfermer à double-tour dans le cagibi dans lequel elle vivait hors campus avec pour seul réconfort, sa nostalgie. Le nombre de ses conquêtes se comptant sur les doigts d’une main (trois doigts suffisaient et encore. Le troisième doigt ne comptait pas comme une vraie conquête, plus comme une punition qu’elle n’avait pas méritée), il ne fallait pas creuser très profond pour trouver le coupable. Ça n’était pas de la faute de Finn – la punition qu’elle n’avait pas méritée, c’était lui – qui l’avait embrassé lorsqu’ils étaient encore au lycée. Bien que sa réputation de bécoter d’autres filles que sa petite-amie officielle le succédait, il avait échappé à la propagation du germe. Une aubaine quand on connaissait les spécimens qui traînaient à WMHS et les épidémies récurrentes qui transformaient les dangereux couloirs du lycée, en allées paisibles et désertes. Ça n’était pas de la faute de Gale non plus. Elle le savait assez concerné par sa santé buccale pour éviter d’aller fourrer sa langue dans toutes les bouches qui se présentaient à lui, à l’exception de celle de Quinn. Sa première et unique mononucléose (elle n’avait pas posé le bon diagnostic, elle avait juste voulu faire de l’humour. Visiblement, c’était tombé à plat) était de la faute de Seth. Une soirée étudiante l’avait contraint à participer à une partie de Spin the Bottle, ce jeu mythique et idiot qui faisait les jours heureux des frustrés en puissance qui passaient leur journée à rêver d’embrasser la fille de leur fantasme en chattant sur des sites de rencontre. Comme le voulait le jeu, Seth avait dû embrasser le participant sur laquelle la bouteille avait pointé son goulot. S’il refusait d’embrasser le désigné, c’était son verre qu’il devait vider. Pour une raison qui lui échappait encore, Catalano n’avait pas refusé de se plier aux règles du jeu. C’était Tracy Bennet, une Marie-couche-toi-là aux lèvres tellement glossées qu’il avait failli s’enfoncer dans la couche épaisse de substance gluante qui lui recouvrait la bouche, qu’il avait embrassé. Des semaines après, Cat découvrit malgré elle que Tracy n’avait pas su garder sa langue en place (elle préférait penser que Seth avait assez d’affection pour elle pour ne pas lui faire l’affront d’avoir dégainé la sienne devant tout le monde alors qu’ils étaient officiellement ensemble) et qu’elle et ses jolies quenottes n’étaient pas aussi clean qu’elles en avaient l’air. Néanmoins, ne voulant pas s’appesantir sur cette histoire peu glorieuse en présence de sa cousine, la petite blonde se contenta d’hausser les épaules à ses interrogations, les yeux tellement larmoyants à cause de son vilain rhume que l’on aurait pu croire qu’elle allait fondre en larmes. Qui plus est, elle était trop mal en point pour se remémorer tous les détails qui auraient pu pimenter son récit ennuyeux à mourir et puis au fond, quelque chose lui disait que ça n’intéressait pas vraiment Lynn. Cat la comprenait aisément parce qu’elle-même, ça ne l’intéressait pas.

Si elle n’avait pas été aussi souffrante, Ecaterina aurait montré toute sa joie face à la perspective de passer une soirée en tête-à-tête avec sa Lynn. Elle s’en voulait d’être tombée malade la mauvaise semaine, car cette soirée, elle l’attendait depuis des mois. Sa cousine ne donnait pas l’impression de s’en apercevoir pourtant, sa présence suffisait à réconforter la jeune femme. Si Lynn avait été la seule personne à qui Cat avait dit au revoir cinq ans plus tôt, c’était pour une bonne raison. Elles n’avaient jamais reparlé de tout ça, c’était encore trop douloureux. Ecaterina en avait parlé avec Gale, elle avait été forcée de lui expliquer les raisons de sa fuite, elle le lui devait. Après ça, elle avait été soulagée. Ça n’avait pas rendu les choses plus faciles entre eux, au contraire, mais aujourd’hui, Gale donnée le sentiment de lui avoir pardonné – c'est-à-dire que depuis, elle avait eu le temps d’ajouter une erreur (et pas des moindres) à son palmarès.
Ressasser le passé n’était pas le but de cette soirée. Cat ne pouvait tout simplement pas s’empêcher de se souvenir de ce qu’elle avait fait à chaque fois qu’elle s’adressait à sa cousine. Bien qu’elle savait que sa démarche de l’inviter était sincère et spontanée, il y avait toujours en elle un semblant de culpabilité dont elle n’arriverait sans doute jamais à se dépêtrer. Perdue dans ses pensées, la blondinette écouta d’une oreille distraite Lynn s’adresser à elle, restant muette même face à ses questions les plus avenantes. La tête cotonneuse, elle posa son regard humide sur le lecteur DVD en face d’elle et serra son mouchoir entre ses doigts gelés. Elle daigna seulement reprendre vie lorsque Lynn lui indiqua qu’elle allait elle aussi se mettre en pyjama. Ecaterina opina sensiblement, attrapant à la volée les menues des différents traiteurs que son invitée avait trouvés sur la porte du frigo. Elle s’aperçut qu’elle n’avait pas faim. Cat craignait que le mélange des médicaments qu’elle avait pris plus tôt ainsi que toute cette cuisine exotique ne fassent des dégâts sur elle et son état. Elle ouvrit le premier menu, arrêtant ses pupilles sur la photo du couscous débordant de viandes dont Lynn lui avait parlé et referma aussi vite la brochure, grimaçant en s’imaginant devoir avaler cette horreur carnivore. Le vibreur de son téléphone portable la sauva à temps d’une autre brochure répugnante. Elle empoigna son portable avec nonchalance, esquissa un faible sourire en lisant un texto de Gale qui lui disait que, même si elle était contagieuse et qu’elle lui avait interdit de lever le nez de ses révisions, il allait passer pour vérifier si tout allait bien. Elle se hâta de pianoter sur son écran tactile pour lui dire qu’elle n’était pas seule, qu’elle avait oublié la soirée qu’elle avait promise à Lynn puis, ne laissant même pas le temps à son accusé de réception de s’afficher sur l’écran, se laissa tomber sur le côté, enfouissant sa tête endolorie sous son oreiller en prenant une moue boudeuse. C’est à ce moment précis que Lynn choisit de revenir dans le salon. Cat cala sa tête contre l’oreiller, sa joue toute ratatinée sur sa taie. Elle sourit légèrement en regardant le long et large t-shirt de la jeune fille.

« Charmant pyjama. » Sous son plaid, elle tira sur la chemise en flanelle rose qu’elle avait sur le dos ; elle n’émit aucun commentaire mais l’expression de son visage valait tout l’or du monde. Avec difficulté, elle se redressa en reprenant ses esprits, s’aidant avec la paume de ses mains. Elle en posa une sur son front, la mine pataude « J’ai changé d’avis, je n’ai pas très faim. Les photos m’ont donné la nausée, je dois couver quelque chose d’un peu plus grave que ce que je pensais. Il vaut mieux éviter de contaminer le livreur aussi, alors je crois que tu vas devoir te contenter de ce qu’il reste dans le frigo. » Un autre sourire, plus embarrassé cette fois, s’afficha sur son visage et elle s’allongea de nouveau, précautionneuse. Elle jeta une œillade rapide au lecteur DVD en route et d’une petite voix, demanda « On commence la séance avant que je m’endorme ? Avec un peu de chance, Dan Scott réussira à me coller la trouille au point que je ne veuille pas en fermer l’œil. »
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Dim 14 Oct - 21:40

Lynn réapparut des escaliers en constatant qu'Ecaterina n'avait vraiment pas l'air en forme. Son sourire disparut rapidement malgré la remarque sur son tee-shirt. Elle n'aimait pas voir Ecat' dans cet état et elle se sentait un peu coupable d'être restée alors que la seule chose dont sa cousine semblait avoir besoin était un bon repos et des médicaments. Si il y avait bien un truc que Lynn n'aimait pas, c'était de déranger les gens et là, elle le ressentait vraiment. Quand elle même était malade, en général elle ne voulait plus quitter son lit et chaque mot lui pesait. C'était pourquoi elle préférait ne voir personne. Mais en même temps, voir du monde permettait de se changer les idées et pouvait peut être résulter sur une guérison plus rapide. Elle regarda son haut puis Ecat et répondit tout de même un « I know right? » avec entrain pour essayer de remotiver la petite blonde patraque. Enfin essayer parce sa cousine ne bougea pas d'un ongle. Après qu'elle lui ait avoué ne pas avoir faim, Lynn la regarda encore plus mal à l'aise. Elle n'oserait pas manger si sa cousine ne mangeait pas. Tant pis, elle mourrirait de faim ! Enfin, elle avait quand même quelques réserves - ses joues de hamster pouvaient en témoigner. Et pourtant, on ne pouvait pas dire que la miss mangeait beaucoup mais ses joues ne voulaient pas partir. Damn. Toujours était-il que son enthousiasme avait été un peu freiné. Elle tenta de ne rien laisser paraitre. « D'accord d'accord. J'irais toute à l'heure. Tu veux même pas un thé ? ». Lynn hocha la tête positivement pour lui indiquer qu'elle était d'accord pour lancer la série. « Tu es sure que tu ne veux pas que je te laisse te reposer ? » Oui oui, elle s'inquiétait.

Lynn chercha la télécommande des yeux pendant cinq minutes avant de la trouver, se lever pour l'attraper et de se reposer sur le canapé. « Je l'aimais bien Dan moi au fond. Bon, d'accord, il a fait beaucoup de bêtises et le... Le meurtre de Keith est impardonnable... Mais sinon, le personnage en lui même... J'aimais bien. Par contre faux Derek... Lui il fichait la trouille ! Prête ? ». Elle n'attendit pas vraiment la réponse puisque c'était plutôt réthorique comme question et elle enclancha le premier épisode. La scène d'ouverture de « Like you like an arsonist » se lança sur un fond de Feeling a Moment par Feeder. Lynn était muette tant elle contemplait soudainement l'écran où Nathan, Deb et Haley se dépêchaient de partir retrouver Dan. Même si cela faisait que quelques secondes que la série avait commencé, Lynn se senti soudainement très nostalgique. One Tree Hill avait bercé son adolescence et les aventures des deux frères Scott lui avait apporté un peu de compagnie quand elle était seule chez elle à éviter ses parents. Elle avait vécu avec eux en quelques sortes. Pleurant à leurs chagrins - qu'ils soient d'amour, familiaux ou autres -, riant à leurs maladresses, étant embarassée pour eux parfois aussi. Elle aurait aimé être l'un des personnages. Elle aurait voulu être Brooke à qui tout sourit mais qui persiste à se mettre dans des situations où son coeur serait blessé. Elle aurait aimé être Haley, celle dont peu se seraient souvenus jusqu'à ce que Nathan entre dans sa vie. Et bien évidemment, il y avait Peyton. Mais elle ne savait pas si elle aurait voulu être la jeune femme même si elle était son personnage féminin préféré. Elle se sentait un peu comme elle avec son slogan si célèbre « people always leave ». Les gens l'avaient aussi laissé tombée. Ses parents en l'envoyant à Lima au lieu d'essayer d'arranger les choses avec elle. Son meilleur ami qui était parti de Lima peu de temps après qu'elle ait abandonné les cours. Et puis Ecaterina. Même si sa cousine s'était excusée et que Lynn avait fait son possible pour qu'elles reprennent leur relation au point où elle s'était arrêtée, la brunette savait qu'au fond d'elle, elle essayait quand même de garder un peu de distance car elle avait peut qu'un jour, il se repasse la même chose. Il était vraiment difficile de faire confiance une nouvelle fois à quelqu'un qui avait écrasé cette confiance. Pourtant elle essayait, trouvant ça trop bête de ne plus parler à l'une des rares personnes qu'elle considérait comme sa famille. Et puis... Elle était revenue tout de même. Lynn détacha son regard de l'écran pour fixer Cat. Même avant qu'elle ne s'en aille, les deux filles n'étaient pas vraiment des grandes oratrices de ce qu'elles pensaient. Ca avait d'ailleurs tendance à ne pas aider lorsqu'il s'agissait de se libérer du poids qui pesait sur la conscience. Il était prouvé que parler aidait au pardon. Peut être qu'elles devraient commencer un jour ?

Lynn reporta ses yeux sur l'écran. Pas aujourd'hui. Elle avait beau prendre toutes les bonnes résolutions du monde pour aller parler à quelqu'un, lorsqu'elle se retrouvait en face de la personne, son coeur accélérait et sa gorge se nouait. Elle se retrouvait incapable de dire quoique ce soit. Un peu comme Peyton finalement.. « Brooke's home » disait Lucas. « Went out to the airport this morning to pick up my mom and poof there was Brooke. ». « Poof ? » répondit Peyton avec un écho de Lynn pour qui cette scène était mythique. Elle aurait tellement voulu qu'à ce moment là Lucas se rende compte qu'il s'était trompé et que Peyton était la seule depuis le début. Lynn continua de regarder la série en silence tout en jetant des coups d'oeil inquiets à sa voisine de canapé qui ne semblait vraiment pas bien. Elle n'osait rien dire, ne sachant pas trop si Cat était réveillée où si elle s'était endormie.
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Ven 19 Oct - 10:20

Si tôt que Lynn mis le lecteur en marche, les yeux rougis d’Ecaterina se posèrent sur l’écran lumineux. Tellement lumineux, d’ailleurs, qu’elle fut contrainte de plisser ses paupières lourdes, brusquement indisposée par l’éclat fulgurant de la première image qui défila sous son regard immobile. Le cerveau endolori et la bouche pâteuse, elle ressentait un besoin inexplicable de dormir. Cependant, polie et bien consciente d’avoir déjà manqué à tous ses droits de jeune femme bien élevée, elle estima que fausser compagnie à sa cousine – qu’elle avait invité, soit dit en passant – pour s’enfoncer dans un sommeil réparateur ne se faisait décemment pas. Pour pallier son manque de motivation certain, elle ramena son téléphone portable tout près d’elle, se disant que les textos que Gale lui enverrait probablement l’obligeraient à garder au moins un œil ouvert ; c’était déjà ça de pris. L’épisode commença enfin et Cat renifla avec plus de discrétion, calant aussi profondément qu’elle le put son oreille bourdonnante tout contre le tissu épais de sa taie d’oreiller qui la chatouilla. Regarder ce genre de programme télévisé, ce n’était pas son fort. Elle n’avait jamais été de ceux qui s’extasiaient sur des intrigues étriquées et des histoires d’amour compliquées. Peut-être parce que sa vie était déjà assez compliquée sans avoir à s’inquiéter de savoir si Bernardo avait vraiment trompé Carmen avec Antonio. Elle aimait le cinéma, en revanche, beaucoup. C’était différent que de s’attacher à des personnages prédestinés à disparaître du jour au lendemain à cause d’audiences peu satisfaisantes. C’était comme avec les vraies gens dans la vraie vie : elle préférait ne pas s’attacher par peur d’avoir mal, on lui avait trop souvent fait le coup du départ imprévu. Suivre au fil des semaines ces histoires, parfois originales, parfois d’une banalité honteuse, ce n’était pas sa tasse de thé pour toutes ces raisons qui lui appartenaient, mais elle comprenait ceux pour qui c’était devenu une sorte de péché mignon. Le sien, ça avait toujours été les livres. Finalement, ce n’était pas si différent, à la nuance près que les livres faisaient travailler l’imaginaire, alors que la télévision et le cinéma vous fournissent toutes les images sur un plateau d’argent. Qui plus est, un livre ne vous quittez jamais ; la possibilité de lire et de relire les mêmes histoires sans jamais vous lasser, vous permettant même d’abandonner le récit au moment le plus difficile à avaler ou de tourner la page sans craindre de perdre le fil ou de faire une erreur de jugement lors du dénouement, c’était un luxe qu’elle appréciait tout spécialement. Il lui était arrivé de vouloir échanger sa vie avec celle d’une héroïne d’encre et de papier. C’était tout elle, le romanesque remportait toujours la palme dans son cœur. Elle préférait cent fois se voir comme une Fanny Price que comme une Joey Potter, c’était son choix, c’était ainsi. Elle avait bien rêvé d’être Kim Kardashian, un jour, juste après avoir regardé un épisode de son émission de téléréalité. Seulement, c’était dans le simple but d’hériter de ses airbags fessiers qui lui permettrait de rebondir aussi aisément qu’une puce sur un trampoline !

Enfin, là n’était pas la question. Secouant la tête en fermant les yeux un court instant, elle reprit ses esprits, tentant de se concentrer sur les images. Choisir une série qui se déroulait en plein cœur d’une petite ville au fin fond d’elle ne savait où, suivant les tribulations d’une bande d’ados avec des tas de problèmes (hormis des problèmes d’acnés, bien sûr), c’était un peu chercher la petite bête. Elle savait que dès qu’elle verrait une allée de casiers, le blouson de l’équipe de football et l’uniforme des cheerleaders, elle se mettrait à penser à toutes ces choses qu’elle avait manquées quand elle avait quitté Lima. Ecaterina avait fait le deuil de toutes ces années, il le fallait. Elle avait besoin d’avancer. Et puis comme elle l’avait très vite assimilé dès son départ, il était impossible pour elle de revenir en arrière. Elle avait néanmoins utilisé tous ses vœux d’anniversaire pour que la NASA mette en route un prototype de machine à remonter le temps et cela pendant cinq longues années ! Esquissant un bref sourire en remontant le plaid sur ses épaules déjà chaudement couvertes, elle lança un regard en secret à sa cousine qui récita une réplique, les yeux rivés sur l’écran. Ecaterina crut déceler une certaine avidité dans ses yeux. Était-ce parce qu’elle aimait beaucoup cette série ou parce que les deux personnages présents sur le téléviseur étaient ses favoris ? Elle ne savait pas, et prenant sens de ses propres questions, Cat s’aperçut qu’elle ignorait encore trop de choses au sujet de la jeune fille. Clignant des paupières, la blondinette détourna alors son regard de Lynn le reportant sur l’écran. Ses pupilles se plongeant dans la couleur rouge vif qui s’étalait sur le mur de la chambre de Peyton, elle prit une inspiration.

« Est-ce que tu m’en veux encore ? » demanda-t-elle, soudain. Elle garda son regard campé sur la télévision en s’apprêtant à reformuler plus clairement « Est-ce que tu m’en veux de t’avoir dit au revoir et de t’avoir donné la responsabilité d’annoncer à tout le monde que j’étais partie ? Est-ce que tu aurais préféré que je parte sans te prévenir toi aussi, ça aurait été plus facile pour toi ? » Sa voix enrouée couvrit à peine les dialogues prononcés par les acteurs de la scène passant au même moment, et elle se sentit obligée de se racler la gorge, mal à l’aise. Le pacte silencieux qu’elles avaient instauré venait enfin d’être brisé. Cat osait pour la première fois depuis son retour mettre les pieds dans le plat en cherchant à savoir si sa cousine l’avait gracié de s’être enfui cinq ans plus tôt. Il s’agissait de questions qu’elle avait toujours voulu lui poser, sans jamais s’y risquer, craignant de se heurter à des obstacles auxquels elle s’était préparée, mais qui continuait à la terroriser. Les médicaments qu’elle avait pris plus tôt devaient être plus forts qu’elle ne le croyait, cet élan de courage ne lui paraissait pas naturel. D’ailleurs, elle se redressa en gémissant « J-je.. je crois que ces médicaments sont trop costauds pour moi. » voulut-elle se dédouaner, comptant sur cette excuse en carton pour ne pas s’attirer les foudres de Lynn.
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Dim 28 Oct - 23:36

Lynn avait décidé de se plonger dans la série pour ne pas déranger Ecaterina qui lui semblait bien fatiguée et pas très en forme. Elle avait presque réussi à oublier son malaise d'être restée malgré l'état de la petite blonde à ses côtés. Alors que la scène entre Peyton et Lucas se terminait, Lynn se figea lorsqu'elle entendit les paroles d'Ecaterina. Elle ne comprit pas tout à fait et elle ne pu retenir un coup d'oeil interrogateur - mais surtout paniqué - vers Ecaterina qui semblait plongée dans la série malgré ce qu'elle venait de demander. Est-ce qu'elle lui en voulait encore ? Pourquoi lui demanderait-elle ça ? N'avaient-elle pas réglé la question de leur accord silencieux en décidant de travailler ensemble ? Et si non, pourquoi faire ressortir la question maintenant ? Elle était prise de court et comme à chaque fois qu'elle se retrouvait dans une situation pareil, il lui fallait un moment de silence pour qu'elle puisse réfléchir à quoi dire. Non pas qu'elle ne su pas comment s'exprimer, c'était plutôt qu'elle ne savait pas quoi dire. Elle avait eu beau y songer un temps fou, lorsque le moment de le dire arrivait et qu'elle était confrontée à l'objet de sa réflexion, ses propres pensées s'échappaient et c'était comme si elle n'avait jamais fait le tour de la question dans sa tête. Elle évita de regarder Cat tout comme cette dernière ne la regardait pas. Ses yeux restaient collés à l'écran. Est-ce qu'elle lui en voulait de lui avoir dit qu'elle allait partir ? La question semblait tellement simple à répondre. La réalité était bien plus compliquée. Lynn voulait ne pas lui en vouloir, d'ailleurs elle aurait très bien pu lui dire qu'elle ne lui en voulait pas. Cependant, ceci aurait été mal honête et depuis quelques temps, elle avait décidé d'être réglo entre ce qu'elle pensait et ce qu'elle disait. Et peut importait qu'elle ait envie ne pas lui en vouloir du plus profond d'elle même, elle savait qu'il y avait un petit truc qui n'allait pas. Elle avait du mal à exprimer ce qui la retenait comme ça, c'est pourquoi elle préférait ne pas dire que quelque chose n'allait pas. Après tout, quel était l'intêret de dire que ça n'allait pas si on ne savait pas ce qui n'allait pas ? Lynn tourna ses yeux un instant vers Cat qui s'était redressée en cachant ses propos derrière ses médicaments. Cette excuse - très bidon - ne fit pas sourire Lynn qui - au contraire - s'en retrouva encore plus mal à l'aise. Elle se sentait pas très bien d'un coup. Comme si elle avait attrapé la maladie d'Ecat dans ce court labs de temps.

Elle laissa filer quelques secondes sans parler, tirant sur ses manches comme si ça pouvait l'aider. Elle souffla sur une de ses mèches qui lui tombait devant les yeux avant de fixer un point très loin devant elle - c'était toujours mieux que de fermer les yeux. Elle pris son courage à deux mains avant de rompre le silence étrange qui s'était installé. « Je... Je ne t'en veux pas de me l'avoir dit. » Et c'était vrai. Lynn n'en avait pas voulu à Cat de lui avoir dit. Elle avait été touchée d'un certain côté ça montrait que sa cousine avait un certain respect pour elle, mais d'un autre côté, elle se disait que c'était plus facile de dire au revoir aux gens à qui on tenait le moins car ils étaient moins susceptibles de faire changer d'avis. Mais ce n'était même pas pour ça qu'elle lui en voulait. On ne pouvait pas en vouloir à quelqu'un de ne pas nous apprécier comme nous même l'appréciions n'est-ce pas ? « Je t'en ai voulu de l'avoir fait... Mais pas parce que tu es partie... Parce que je n'ai pas été capable de te faire changer d'avis. » Lynnette ne su pas si elle avait été très claire dans son explication. Elle avait eu l'impression d'être très confuse. Il n'était pas rare qu'on s'en veuille à soi même et qu'on rejette la faute sur les autres mais il était très difficile de s'expliquer après. Comment faire comprendre que le seul problème dans l'histoire au final n'était pas Cat mais Lynn ? Lynn baissa la tête en fixant ses manche cette fois. « Je veux dire... Je ne t'en veux pas de ce que tu as fait, mais plutôt de ce que ça voulait dire pour moi. » Elle fit une petite pause avant de reprendre. « Je n'ai jamais su garder les gens près de moi. » Elle ne s'étendit pas plus sur le sujet et enchaina après une autre pause, montrant qu'il lui était difficile de parler. « Et... Et ce n'est pas ta faute. Il faut que j'arrive à... à oublier - i guess -, et je t'assure que j'essaie... Je... Je suis désolée si je t'ai donné l'impression de t'en vouloir. Ce n'était pas voulu. » Elle refit une pause. Elle n'avait jamais été aussi honnête. Finalement, ça soulageait beaucoup de parler parfois, et elle remerciait Cat de ne pas l'avoir interrompue, sinon elle n'aurait pas pu continuer. « Peut être... Peut être que j'ai un peu peur que tu repartes un jour. ». Après tout, Cat était la première à être revenue et qui savait ce qui pouvait se passer ? Lynn avait vécu beaucoup de départs, mais pas tant que ça de retours. Elle n'avait rien à quoi se raccrocher pour être sure qu'Ecat' ne partirait plus. Et mettre de la distance était la solution adoptée par Lynn pour éviter d'être à nouveau blessée par une éventuelle nouvelle fuite de la jeune blonde.
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Mar 30 Oct - 12:50

Ecaterina était très gênée. Peut-être assumait-elle d’être partie, ne refusant que très rarement de parler de cette période difficile de sa vie, endossant ses responsabilités, et parfois même, celles des autres. Elle n’en restait pas moins persuadée que le tournant que prenait cette discussion ne serait pas forcément très agréable. Pour elle, comme pour Lynn. Se cachant derrière la puissance de ses antibiotiques, elle savait pourtant que cette justification vaseuse ne fonctionnerait pas, elle-même n’y croyait pas le moins du monde. Lynn n’était pas stupide et Cat n’était pas une bonne menteuse. Aussi, n’ayant d’autres choix que d’écouter les réponses que Lynn semblait prête à lui donner, Ecaterina décida de ne pas l’interrompre, se souvenant de la fois où Seth avait failli la prendre de court, et où elle avait pressenti qu’elle ne pourrait continuer ses aveux, accablée par la situation qui se présentait à eux. Elle avait l’impression de revenir au temps du lycée. À cette époque où elle avait la sensation que, quoi qu’elle dise, quoi qu’elle fasse, rien ne pouvait influer sur sa vie ou sur son état d’esprit. Ce n’était qu’une fausse appréciation, tous les événements qui avaient jalonnés sont adolescence avaient eu un impact direct sur sa vie actuelle. Elle était donc prête à concevoir que cette mise au point nécessaire allait, elle aussi, être importante pour elle et pour sa vie. Les propos de Lynn la touchèrent. Elle venait d’admettre qu’elle lui en avait voulu, mais pas de la façon que Cat appréhendait. Lynn était bien plus dure avec elle-même qu’avec sa cousine, ça lui faisait de la peine. Cat aurait voulu la gronder et lui dire que ce n’était pas vrai, mais elle la laissa continuer. Osant enfin la regarder, elle décela dans son regard qu’il ne valait en effet mieux pas qu’elle l’interrompe, et elle suivit son discours attention.
Remontant le plaid sur ses épaules, elle sentit son téléphone vrombir à côté d’elle. Les petits mots de Gale ne pouvaient rompre la concentration qu’elle apportait au laïus de sa cousine, et le prenant dans ses mains, elle ne vérifia même pas le contenu du message du jeune homme ; elle ferma l’appareil. Soudain, Cat fronça les sourcils. Entre deux phrases, Lynn dit qu’elle n’arrivait pas à garder les gens auprès d’elle. La blonde connaissait bien ce sentiment, il s’avérait que c’était le drame de sa vie. Toutes les personnes qu’elle aimait ou qu’elle croyait aimer, partaient à un moment donné. Mais en regardant Lynn, elle ne pouvait s’imaginer qu’une fille comme elle puisse faire autant de tort aux gens pour qu’ils décident un beau jour de prendre la fuite. Elle ne pouvait pas la laisser dire ces horreurs, surtout concernant son départ. Si Cat était partie, ce n’était pas de sa faute. Elle avait assisté à la violence de l’échange entre elle et Dorian, elle avait bien dû s’apercevoir qu’après ça, un retour immédiat à la normale n’était pas envisageable. La fuite était une solution extrême, Ecaterina en était maintenant consciente. Cinq ans après, elle avait la profonde conviction qu’elle n’agirait plus de cette façon, aujourd’hui. Elle avait grandi, elle avait appris que le dialogue restait le meilleur des remèdes aux conflits, c’était son histoire avec Gale qui le lui avait fait comprendre.

Les yeux brillants, elle comptait se cacher derrière son rhume si jamais elle se mettait à pleurer. Reniflant discrètement, elle laissa la jeune femme continuer jusqu’à ce que sa voix s’amenuise dans la tiédeur du living-room, et que le son de la télévision remplace les explications sincères de sa cousine. La blondinette avait presque oublié les protagonistes de One Tree Hill. En fait, elle se demandait si elle y avait vraiment prêté attention ne serait-ce qu’une seule fois depuis que Lynn avait lancé la vidéo. Laissant le silence s’installer entre elles, il fut perturbé par les rires des acteurs sur l’écran. Après un long moment de réflexion, Ecaterina sortit de sa bulle pour répondre :

« C’était pas de ta faute, Lynn. Je t’interdis de penser une seule seconde que tu es la responsable. » Elle pinça ses lèvres sèches, s’asseyant convenablement dans le sofa. Son ton direct la surprit, sa voix semblait avoir recouvrée son velouté si particulier, mais sa gorge restait toujours aussi douloureuse. Plus encore, même. En appuyant son dos très fort contre le rembourrage du fauteuil, elle pensait qu’à un moment donné, ce dernier l’avalerait comme un sable mouvant, lui offrant une échappatoire à laquelle elle ne dirait pas non ; c’était cette prédisposition qu’elle avait à se dérober chaque fois que les choses devenaient trop sérieuses à son goût, mais cette fois, elle l’avait bien cherché. Ecaterina ne pouvait pas faire marche arrière, elle devait continuer, c’était essentiel. Prenant son courage à bras le corps, elle dirigea son regard sur Lynn, et continua « Personne n’aurait pu me dissuader de partir. J’ai toujours pensé que si j’avais dit au revoir à Gale, il aurait su me faire rester, mais avec du recul, je sais que non. J’avais trop mal, la fuite c’était la solution à mon problème, et même si je regrette que ça se soit passé dans ces conditions, je crois que ça n’a pas été si mal que ça pour moi ; cette histoire m’a fait grandir, et changer. » Elle pencha la tête, vrilla ses pupilles pour les poser sur la table base « Quelque part, c’est pour ça que j’ai préféré partir sans avertir personne. J’avais peur qu’ils ressentent ce que toi, tu as ressenti. Tu t’es sentie impuissante, tu l’étais, mais tu n’as pas compris pourquoi tu l’étais au juste. » Fronçant de nouveau les sourcils, elle sentit ses yeux se remplir de larmes. Elle avait été si ingrate envers Lynn, alors qu’elle était l’une des personnes qui comptaient le plus pour elle. Elle s’en était déjà aperçue, elle n’avait pas pu ignorer l’égocentrisme dont elle avait fait preuve lors de cette soirée à l’issue inévitable, il y avait cinq ans. Ça lui faisait mal, parce que Cat avait peut-être beaucoup de défauts, mais elle n’était pas narcissique. Ce soir, elle devait faire des excuses à Lynn ; elle lui en avait déjà présenté, mais elle estimait que ce n’était pas suffisant « Je n’ai pas pensé à toi, j’étais trop focalisé sur cette histoire. J’ai été tellement égoïste, je m’en veux. » Secouant brièvement la tête en souriant, honteuse, elle se dégagea de ses couches de couvertures pour se lever et venir s’asseoir à côté de Lynn. Elle lui attrapa l’épaule, posa sa tête contre la sienne, et resserrant l’étreinte pour qu’elle s’approche un peu plus, elle chuchota « Tu n’as pas à avoir peur que je parte, si j’avais l’intention de quitter Lima une nouvelle fois, ça ferait déjà bien longtemps que je serais partie. » Et effectivement, aux vues des difficultés qui s’étaient présentées à elle depuis son retour, si elle n’était pas persuadée que sa place était à Lima, elle ne serait actuellement pas en train de tenter de rassurer sa cousine ; elle ne serait tout simplement plus là. C’était la preuve qu’elle avait évolué.
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Humeur : motivée pour avancer et prendre un nouveau départ (encore). in the end everything will be okay; if it's not okay, it's not the end.
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Dim 4 Nov - 17:12

Lynn s'était arrêtée de regarder Ecaterina à la fin de sa tirade. Elle avait tourné les yeux vers l'écran mais tout ce qu'elle voyait n'était que des formes indistinctes, comme si sa vision s'était brouillée ou que son focus était autre part que le petit cadre de la télévision. Ecaterina aurait pu croire qu'elle ne l'écoutait pas mais elle serait loin de la vérité. La petite New Yorkaise l'écoutait avec attention, ayant croisé les bras comme pour se réchauffer mais c'était plutôt un système d'auto-défense. Elle n'osait pas croiser son regard, n'étant pas très à l'aise. Les rares conversations à coeur ouvert qu'elle avait eues avaient été avec des personnes qui avaient beaucoup compté pour elle et à vrai dire, maintenant qu'elle y songeait, elle n'en avait pas eu énormément. La dernière ayant été avec Cat, et encore, elles n'avaient pas étalé toute la vérité, éludant le problème en quelques sortes.

La jeune brune laissa faire quand sa cousine lui attrapa l'épaule et elle ferma les yeux, fronçant les sourcils pour essayer de contrôler une éventuelle crise de larmes. Elle n'avait plus l'habitude d'une quelconque proximité, ayant vécu plutôt seule ces dernières années - en enlevant Shane, son ancien coloc et ses collègues du garage -, elle s'était un peu enfermée dans une forteresse de solitude comme certains auteurs pourraient écrire. Elle qui était de nature plutôt enthousiaste, enjouée, naïve à croire toujours tout le monde et accorder sa confiance au premier venu, elle était devenue un peu tout le contraire. Et il lui était devenu très très très difficile de croire les gens, préférant laisser un doute pour ne pas être déçue à la fin. Même en voulant croire Ecaterina de tout son coeur, elle ne pouvait s'empêcher d'être méfiante. Son père ne lui avait-il pas répété qu'il serait toujours là pour elle ? Où ça l'avait mené tout ça ? A près de neuf cent cinquante kilomètres de lui et de sa mère et à près de quatre ans de silence. Peut être qu'elle l'avait cherché ce silence en même temps... Elle était plutôt froide avec ces derniers mais il fallait dire pour sa défense qu'il y avait eu tellement de distance entre eux depuis si longtemps qu'elle ne voyait pas comment cette situation pouvait se résolver. Mais bon, les parents n'étaient pas censés abandonner leurs enfants comme ça. Ils n'étaient pas censés ne penser qu'à eux quand ils décidaient de se séparer. Aucun des deux n'avaient fait d'efforts, contournant la difficulté en l'envoyant chez des personnes qu'elle ne connaissait pas, et que même eux ne connaissaient pas.

Ecoutant Ecaterina, elle tenta de comprendre son point de vue. La fuite était toujours une solution facile. Revenir était le plus dur. Tout comme pardonner et oublier était dur. Elle senti quelques larmes couler quand sa cousine avoua qu'elle n'avait pas pensé à Lynn dans l'histoire. Même si elle se sentait mal d'entendre Ecaterina dire ça, elle la remercia silencieusement. Au moins elle semblait comprendre pourquoi Lynn pouvait lui en vouloir. Mais comment Lynn pouvait-elle encore lui en vouloir maintenant ? La miss se senti très mal d'un coup. Comme si elle était en sucre et qu'elle allait fondre. Elle s'essuya les yeux. « On a tous beaucoup changé. Je suis désolée de ne pas t'avoir laissé une chance de revenir. » Elle fit une pause. En effet, Lynn s'était braquée dès qu'elle avait appris le retour de sa cousine en ville et elle n'avait même pas cherché à lui laisser une petite chance de s'expliquer correctement ou même d'essayer d'être sympathique avec elle. Elle aurait pu accueillir Cat les bras ouverts, mais son silence pendant les cinq années avait été le pire et le plus long. Respirant difficilement en sentant des nouvelles larmes se former dans ses yeux. Elle leva légèrement la tête, se disant que ça ferait rentrer les larmes dans son corps et qu'elles ne se mettraient pas à couler mais ceci ne changea pas grand chose. Ses yeux semblaient encore plus brouillés qu'avant mais elle espérait que la pénombre le cachait. Par contre, sa gorge nouée la trahit et l'éclaircissement qu'elle fit avant de parler ne fonctionna pas. « Je... Je... Tu sais, l'époque où on habitait dans l'appartement à la plomberie défaillante me manque. » Elle fit une nouvelle pause un peu plus courte que la précédente. « Même si au début c'était pas trop ça - il faut l'avouer » Elle tenta un faible sourire en regardant Cat avant de reprendre. « J'avais quand même l'impression ... D'être un peu dans la famille. J'étais plus proche de Dorian et toi que de mes propres parents. Et pourtant on a pas vécu beaucoup ensemble. » Elle s'arrêta de parler et jeta des regards furtifs à sa cousine. Elle reposa enfin ses yeux pour la télévision. Elle se dit que peut être changer de sujet permettrait de ré égayer un peu l'atmosphère. « Tout va bien avec Gale ? »
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Mar 6 Nov - 22:05

Lynn et Cat avaient le même âge. Les doigts délicatement crispés sur l’épaule de la jeune femme et sa tempe frôlant la sienne, elle donnait pourtant l’impression d’être la plus âgée. Ecaterina avait toujours voulu une petite-sœur ou un petit-frère, peu lui importait. Elle avait à un moment donné, ressenti le besoin de se sentir utile autrement qu’en comblant sa mère d’une autosatisfaction malsaine, c’était un sentiment très récent. Malheureusement, elle n’avait pas une famille particulièrement étendue ; son père était fils unique, et sa mère avait bien une petite-sœur, mais elle était restée en France, Ecaterina ne connaissait donc pas sa tante. Il lui restait sa grand-mère paternelle qu’elle aimait comme la mère qu’elle n’avait jamais eue et qu’elle respectait tellement qu’elle aspirait à devenir quelqu’un comme elle, même si elle savait qu’elle était loin d’être à la hauteur. Le remariage de son paternel avait comblé les trous de son arbre généalogique, et elle se trouvait maintenant, à vingt-trois ans, avec quelques cousins, oncles et tantes par alliance et même une belle-mère.
Aussi, Dorian n’avait plus besoin de Cat depuis longtemps. Bien qu’elle avait des meilleurs amis qui l’appréciaient et n’hésitaient pas à la solliciter régulièrement, ce n’était pas la même chose que de pouvoir partager une relation fraternelle avec quelqu’un. C’était un cocon, une bulle que personne ne pouvait percer. Les gens qui n’avaient pas de frères et sœurs ne pouvaient pas comprendre ce sentiment, ni cette fusion naturelle qui unissait un frère à sa sœur. La famille dans son ensemble, c’était important. Plus que n’importe quoi, elle l’avait appris toute seule quand, allongée dans le noir dans sa chambre en Californie, elle n’avait personne à qui parler, et que sa grand-mère débarquait avec son sourire chaleureux sur le visage et ses friandises préférées sous le bras. Cat n’avait pas une famille exemplaire, il lui arrivait de s’en moquer et de tourner les quelques drames qui jalonnaient le parcours chaotique de la famille Roberston en dérision, tout simplement pour se protéger et accepter plus facilement ce qui en réalité lui faisait beaucoup de mal. Six ans auparavant, lorsqu’elle était arrivée à Lima et qu’elle avait commencé à se faire des amis, elle qui, déjà très lucide s’était rendue compte que quelque chose n’allait pas chez elle, avait enfin eu la confirmation qu’en effet, sa famille n’était pas une famille comme les autres. Y songer était différent que d’en avoir la preuve en vrai, cette révélation l’avait fait souffrir et quelque part, elle en souffrirait toute sa vie.

Lynn, à son arrivée, avait néanmoins changé la donne. Même si leurs débuts n’avaient pas été très chaleureux, il n’avait pas fallu longtemps à Cat pour la considérer comme la petite-sœur qu’elle n’avait jamais eue. Jamais elle ne lui avait dit parce qu’elle était trop pudique et que l’accueil froid qu’elle lui avait réservé restait l’une des choses dont elle avait le plus honte, aujourd’hui. En entendant la voix pleine de larmes de sa cousine lui dire qu’elle avait eu l’impression de faire partie de sa famille à un moment donné, Ecaterina profita de cette perche et se décollant lentement de la jeune fille pour la regarder, elle esquissa un sourire chaleureux pour tenter de la rassurer « Eh, tu fais partie de la famille. On n’a peut-être pas le même sang, mais on s’en fout. Est-ce que ça t’empêchera vraiment de savourer le toast de Dorian à Noël prochain ? Pas moi. Je suis persuadée qu’il durera plus longtemps que celui de cette année. Je mise sur une grosse demi-heure, il devra avoir bu avant. Quoi que ça paraît évident. » Elle fronça le nez en la poussant avec son épaule, avant de se laisser tomber en arrière, la bouche légèrement entrouverte pour respirer plus facilement, son rhume l’en empêchant. Ecaterina reposa sa main sur l’épaule de Lynn, repoussant les quelques cheveux brun dessus « T’es la petite-sœur que je n’ai jamais pu avoir, Lynn. Et je t’aime autant que j’aime Dorian. » dit-elle, très naturellement, même pas un peu embarrassée. Haussant les épaules, elle la regarda furtivement, étreignant d’une pression supplémentaire celle de sa cousine « Je voulais que tu le saches. » Et elle récupéra sa main pour la passer dans sa longue tignasse blonde.

Les regards furtifs que Lynn lança en sa direction lui indiquèrent qu’elles ne tarderaient pas à changer de sujet. Les yeux brillants de larmes de Lynn retourneraient l’estomac de la blondinette, mais elle savait que pleurer faisait du bien et intérieurement, elle se jura de ne jamais parler de cette discussion à quiconque : comme de vraies sœurs, elles avaient le droit à leur jardin secret. Son intuition se trompait rarement, et une seconde plus tard, Lynn évoqua le sujet favori de Cat : Gale. Notant les progrès de sa cousine en matière de retournement de situation, Ecaterina pencha doucement la tête, ramena ses jambes sur le sofa et posa son menton sur ses genoux, frigorifiée. Elles ne parlaient pas de relations amoureuses, en général. C’était peut-être la première fois que Lynn posait directement une question concernant le couple de sa cousine. Cette dernière se demanda d’ailleurs si elle avait été au courant que quelques semaines plus tôt, Gale et Cat n’étaient plus ensemble. Les choses avaient changé, certes, mais elle ne put s’empêcher de s’attarder sur cette interrogation avant de répondre, le ton très doux – comme à chaque fois qu’elle s’apprêtait à parler de son petit-ami :

« Oui, très bien. Ça a été compliqué entre nous, aussi. Tu sais, je crois que parfois, la rupture est nécessaire. Ça ne la rend pas moins douloureuse, au contraire, mais ça donne à réfléchir. C’est quelqu’un de bien, je l’aime beaucoup. » Un euphémisme, mais restant très discrète sur le sujet, elle préféra prendre le coche pour, à son tour, tourner la situation à son avantage, et tentant de nouveau de concentrer son attention sur Lynn, elle reprit « Tu ne lui as pas demandé de t’aider pour les maths, finalement. Ou alors, il a oublié de m’en parler. » Elle ébaucha un mince sourire, pinça les lèvres en déglutissant difficilement, sa gorge lui brûlant à chaque rasade « Tout va bien, pour toi ? Les examens finaux approchent. Comment ça se passe ? » La télévision leur faisant face n’avait plus grand intérêt, maintenant. Cat la laissa allumée, cependant. Balançant une mèche par-dessus son épaule, elle tordit ses orteils pour tenter de les réchauffer dans ses grosses chaussettes, et sur le ton de la confidence, elle ajouta « Si je peux t’aider à réviser, n’hésite pas. Il paraît que je suis pédagogue. » Soudain, Ecaterina distingua un reflet humide sur la joue de sa cousine. Recouvrant sa main avec la manche de son pyjama, elle la tendit pour lui essuyer le reste des larmes qu’elle avait omis de sécher.
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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Mar 27 Nov - 0:20

La jeune New Yorkaise n'avait pas été “famille” depuis très longtemps. Lorsqu'elle était petite, la famille était pour elle le plus important, elle ne comprenait pas comment des familles pouvaient rester des mois ou des années sans se parler. Elle pouvait à peine se séparer de ses parents pour aller en camps de vacances alors ne plus leur parler du tout... C'était inconcevable. Et pourtant, elle fut forcée de voir la vérité en face lors du divorce de ses parents. Finalement, la famille c'était du blabla. On ne pouvait compter que sur soi même. Mais son raisonnement prit fin lorsqu'elle rencontra Dorian - oui avouons le, Cat ne fut pas la plus accueillante -. Ce dernier, alors qu'ils n'étaient techniquement liés que par une alliance, accepta de la loger pour le reste de l'année scolaire. Elle se senti vraiment comme une cousine qu'il aurait connu depuis longtemps alors qu'ils ne s'étaient vus qu'une seule fois. On ne pouvait pas vraiment demander ce genre de service à des amis... A de la famille c'était déjà moins choquant. La brunette se remit alors à croire que la famille pouvait compter plus que tout... Mais pas ses parents. Elle ne les considérait même plus comme ses parents à vrai dire, elle avait même obtenu son émancipation. Lynn fut très touchée par les paroles d'Ecaterina à son égart. Même si elle même l'avait considérée comme une soeur (et Dorian comme un frère) car elle n'en avait jamais eu et elle trouvait que les deux ne seraient pas trop mal pour le rôle, elle n'avait jamais vraiment pensé que ce puisse être réciproque. Elle avait toujours senti - et trouvé normal - que le lien fraternel qui liait Cat et Dorian ne pourrait être comme celui qui l'unissait elle à eux. Ils avaient une histoire bien plus longue d'abord et puis un vrai lien sanguin. Elle senti les larmes commencer à couler et elle ne pu pas vraiment les empêcher, se contentant de les essuyer d'un geste plus ou moins discret. Elle tenta un sourire en ramenant ses jambes sous son corps pour réchauffer ses pieds. Ce n'était pas avec l'épaisseur de ses chaussettes que le froid ne passait pas. Elle essuya une nouvelle fois ses joues avant de fixer son regard sur Ecaterina. « C'est vrai que Dorian aime bien avoir l'attention des gens sur lui ». Elle laissa filer un moment, hésitant quand à continuer ou non. Elle n'était pas une grande fan de ce genre de conversations et elle ne savait pas comment continuer ou si elle devait le faire. Elle pris une inspiration en baissant les yeux, jugeant que sa cousine avait eu le courage de le faire alors elle le devait aussi. « Merci. It means a lot. ». Elle regarda une dernière fois dans la direction d'Ecaterina avant de reporter ses yeux sur l'écran.

Préférant changer de sujet, Lynn n'avait pas vraiment réfléchi en posant la question. Il était vrai qu'elles n'avaient pas souvent discuté de leurs relations amoureuses mais c'était le seul sujet auquel elle avait pensé en regardant les personnages de One Tree Hill sur l'écran. Et puis elle devait avouer être un peu curieuse de savoir si tout allait bien. Gale et Lynn étaient devenus très amis à la suite du départ de la blondinette mais ils ne se parlaient plus depuis un long moment maintenant. Alors que Lynn s'attendait à entendre que tout glissait comme sur des roulettes, elle fut surprise que Cat évoque une rupture. Elle fronça ses sourcils mais ne posa pas de questions. Elle n'était pas certaine qu'Ecaterina veuille en parler et elle ne voulait pas être maladroite. Pas maintenant. Déjà, c'était un grand pas qu'elle admette les difficultés devant Lynn qui ne voulait pas prendre un bras tandis qu'Ecat lui tendait la main. Oui, peut être que Gale était quelqu'un de bien, mais parfois les opinions différaient et Lynn l'avait trouvé trop peu ouvert d'esprit quand elle avait arrêté les cours. Peut être qu'elle avait ses tords aussi mais elle jugeait que Gale n'aurait pas du le lui reprocher. Elle ne savait pas si sa cousine était au courant de cet épisode mais elle ne comptait pas le revivre ce soir là. Elle se contenta d'hocher la tête pour acquiescer. « Du moment que tout est clair maintenant... C'est le plus important j'imagine. ». Manque de chance pour elle, Ecaterina décida de poser une question qui pouvait l'amener à lui parler de cette histoire. Mal à l'aise, Lynn se recroquevilla dans le canapé et prit une inspiration avant de répondre. « Hum. Non, je ne lui ai pas demandé. Je... » Non, Lynn n'avait pas envie de parler de ça ce soir là, ne voulant pas prendre le risque de remettre une mauvaise note dans la soirée. « Je parviens à m'en sortir avec un cours du soir au lycée pour l'instant. ». Techniquement, ce n'était pas un mensonge. Si Gale ne lui avait rien dit, elle ne voyait pas, elle non plus, la raison de lui dire que deux des personnes à qui elle tenait beaucoup ne s'entendaient pas, ou plus pour être plus précise.

Heureusement pour la jeune fille, Ecaterina dériva sur les examen finaux. En pensant à ça, le ventre de Lynn se nouea. Elle évitait de penser à leur approche rapide mais elle ne pouvait plus trop nier l'évidence maintenant. Ils étaient presque fin Avril et le temps était compté. Il lui restait tellement de choses à apprendre. Cependant, l'appréhension de l'examen ne provenait pas tant de ce qui lui restait à voir mais plutôt la peur de l'échec. Si elle ne réussissait pas, elle savait qu'elle n'aurait pas le courage de réessayer l'année suivante. A vrai dire, elle ne savait pas si elle aurait le courage de sortir de chez elle. Il lui avait déjà fallu prendre énormément sur elle pour admettre que peut être, elle pourrait passer cet examen pour aller de l'avant, alors si elle échouait... Non, il ne fallait pas y penser. « Ouh, oui ça approche. Plus vite que je ne l'aurais voulu... Je m'y suis peut être prise trop tard... Je sais pas... J'ai l'impression d'avoir le mont Evrest à escalader en une semaine et sans entrainement ! ». Elle sourit pour illustrer sa métaphore. « Je crois que je vais devoir travailler à mi temps d'ailleurs... Et il va aussi falloir que je déménage. ». Depuis le départ de son colocataire, Lynn avait beaucoup de mal à payer l'appartement à elle toute seule. Alors en travaillant à mi-temps... Ca lui paraissait impossible. Soit elle devait trouver quelqu'un d'autre, soit elle devrait déménager. « Merci, de proposer ton aide. »

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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Mer 28 Nov - 16:00

Ecaterina ne savait pas si c’était la faute de son gros rhume qui lui donnait l’impression de passer ses derniers instants sur Terre, mais elle se sentait capable de déballer n’importe quoi, ce soir. Elle venait, après de longues années à souffler le chaud et le froid en présence de la brunette, de lui avouer enfin qu’elle était importante pour elle. Même si ce tout nouveau sentiment de courage la remplissait de contentement, comme si elle venait d’accomplir sa bonne action de la semaine, elle n’était pas encore prête à renchérir en lui disant que dans sa liste des cinq personnes pour qui elle était prête à décrocher la lune, ou à donner un rein, ou les deux à la fois, sa position était enviable. Cat avait bien le droit de garder une part de ses émotions pour elle, il ne fallait pas qu’elle dévoile tout son jeu si elle voulait que Lynn ose encore la regarder dans les yeux le lendemain matin. Car elles n’avaient peut-être pas le même sang, mais elles se ressemblaient beaucoup, avaient la même façon de vivre et d’envisager les choses. Les câlins, les bisous et les compliments manquant d’objectivité entre personnes de la même famille, ce n’était pas vraiment leur fort, même si Cat se montrait plus audacieuse en étreignant sa cousine quasiment à chaque fois qu’elles se voyaient. Si les choses devenaient trop mièvres entre elles, si elles réalisaient que cette conversation redéfinirait leur relation sur le long terme, plus jamais elles ne voudraient se retrouver toute seule dans la même pièce, honteuses d’avoir fait preuve d’autant de bons sentiments et surtout, d’impudeur. À la vue des efforts qu’elles avaient fournis toutes les deux en à peine une heure, c’était inconcevable qu’elles continuent d’agir comme deux inconnues ayant pour seul point commun, leur passion pour la littérature. C’est pour cette raison que la blondinette opta pour une mission changement de sujet en s’armant de nouveau de son charisme confondant malgré son état lamentable. Elle retrouva bien vite ses bonnes vieilles habitudes en éludant tout ce qui pouvait, de près comme de loin, la concerner. Elle choisit alors de s’intéresser à l’avenir de Lynn, qui quelque part, était un peu lié au sien, mais elle ne s’en aperçut que trop tard, quand elle se souvint qu’elles avaient plusieurs fois tenté de travailler sur ce projet de livre dont elles discutaient sans arrêt, sans succès. Mieux aurait-il valu qu’elle ne se risque pas dans cette direction, consciente que ses propres projets la rendaient tellement nerveuse qu’il lui arrivait de s’auto déclencher des crises de paniques sévères. Pendant un temps, cependant, la jeune femme s’attarda sur l’expression du visage de sa cousine lorsqu’elle lui avoua ne pas avoir fait appel à Gale pour l’aider, tâchant de ne pas se laisser submerger par cette soudaine boule qui s’était formée au creux de son estomac. Cat plissa les yeux, suspicieuse, car Lynn avait mis un soin tout particulier à esquiver cette partie de son interrogation. Dubitative, Ecaterina haussa les épaules et ne dit rien, la laissant continuer. C’était tant pis pour elle après tout, si la blonde avait été à sa place, elle n’aurait pas perdu une occasion de revoir ses tables de multiplication avec le jeune homme, mais ça n’engageait qu’elle, et se ressaisissant en agitant la tête, refoulant son inquiétude pour mieux se redresser, elle s’intima de ne pas se laisser déconcentrer.

Se faisant plus secrète, Ecaterina fut toutefois ravie d’apprendre que Lynn semblait s’en sortir. Elle aurait voulu lui rappeler qu’elle lui avait plusieurs fois dit qu’elle y arriverait, mais considéra que ce n’était pas judicieux de s’en moquer. Elle se contenta donc de s’en réjouir en secret, évitant ainsi de fanfaronner comme une insupportable mademoiselle je-sais-tout devant la jeune femme. Pourtant, cette nouvelle fit naître en elle une sensation étrange, et en l’entendant lister les choses qu’elle devrait faire pour se donner les moyens de réussir, Ecaterina culpabilisa. Cette idée de livre, c’était la sienne. Pour connaître assez bien sa cousine, elle savait que cela faisait partie des choses auxquelles elle ne pouvait s’empêcher de penser. D’abord parce qu’elle y tenait, mais aussi, parce qu’elle ne souhaitait pas décevoir la blondinette en avouant qu’elle ne se sentait plus capable de se lancer dans une telle aventure. Il fallait qu’elle mette fin à cette mascarade, ce prétexte qui la faisait stagner ; elle, comme Lynn. Alors, prenant son courage à deux mains, chamboulant tous les calculs qu’elle avait posés en imaginant qu’elles arriveraient un jour à écrire au moins une page, elle prit une grande inspiration et comme si elle se préparait à se sacrifier, elle ferma les yeux et annonça :

« On devrait abandonner cette idée de livre, c’est complètement ridicule. » Elle sentait son âme se déchirer en deux, son pouls s’emballer, et sa bouche devenir sèche, mais c’était ce qu’elle devait faire, même si ça lui faisait du mal de mettre fin à ses rêves avec autant de violence. Lynn ne pouvait pas s’enfermer toute sa vie dans des illusions sous le prétexte qu’elle ne pouvait soi-disant ne pas faire mieux. Elle disait qu’elle en était incapable, Ecaterina n’était pas d’accord, elle le lui avait dit plusieurs fois et cette fois, s’il fallait qu’elle donne vraiment de sa personne pour la secouer, elle n’hésiterait pas. Jamais plus elle ne laisserait sa cousine douter autant d’elle, elle savait ce que ça faisait de ne pas avoir une très bonne estime de soi, et ça la tuait de s’imaginer que ce qu’elle-même vivait au quotidien, ses hésitations, ses incertitudes et ses moments de regrets, Lynn les vivait, elle aussi. Se mordant la lèvre et reniflant au passage, Ecaterina déplia ses genoux pour venir planter ses pieds au sol, et se levant d’un bon, elle pivota sur ses talons pour contourner le sofa et aller fouiller dans une pile de brochures sur le secrétaire dans le vestibule, tout en disant « Écoute, il faut que tu prennes confiance en toi. Peu importe comment tu comptes t’y prendre, je t’aiderai. Il faut que tu arrêtes de penser que ta place est au garage Hummel, et que t’es trop stupide pour rester assise dans une salle de classe. Tu ne supporteras pas Finn et ses complaintes toute ta vie, Lynn, tu vas devenir dingue. Et moi vivante, ça n’arrivera jamais. On a déjà assez de cinglés dans la famille, si tu veux mon avis, alors… » Elle tira sur des fascicules des universités de la région qu’elle avait reçu quelques semaines plus tôt, revint dans le salon et jetant la petite pile sur la table basse, elle s’assit sur cette dernière, face à Lynn « Si tu obtiens ton examen, je te promets que je m’inscrirai avec toi. Retourner à la fac, ça me fera du bien et pour toi, y aller, ça te sortira de ce cercle vicieux dans lequel tu t’es enfermé. Ça t’ouvrira à autre chose, c’est pas en changeant des roues ou en vidangeant des tacots que tu élargiras tes horizons, Sawyer. » Son sang battait à ses tempes, irriguant son cerveau si fort que la migraine qui l’avait empêché de garder les yeux ouverts toute la journée semblait se dissiper. Ecaterina regarda Lynn dans les yeux, tendit la main devant elle, et très sérieusement, presque solennellement, elle lui demanda « Alors, deal ? »
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Staring at the bottom of your glass hoping one day you'll make a dream last
Age : vingt-quatre ans • née le vingt-et-un décembre.
Occupation : a travaillé pendant cinq ans au hummel's garage. vient de demander des congés d'un ans pour aller étudier à new york la littérature. elle vient juste de passer son 'bac' en candidat libre. a étudié deux ans à new york. vient de se faire transférer à l'université de lima pour terminer son cursus. littérature, option cinéma. elle a fait quelques stages dans un journal en tant que pigiste.
Humeur : motivée pour avancer et prendre un nouveau départ (encore). in the end everything will be okay; if it's not okay, it's not the end.
Statut : célibataire depuis peu.
Etoiles : 1070

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MessageSujet: Re: 05. [Brown/Robertson] The night moves.   Ven 14 Déc - 23:06

Lynn était restée pensive après son intervention et elle ne dérangea pas Cat qui semblait elle aussi réfléchir. Il avait fallu du temps avant que Lynn ne s'admette à elle même qu'elle ne parviendrait à évoluer qu'en passant son diplôme et en reprenant ses études. Peut être que le job au garage lui avait plu au début, quand elle apprenait les mécaniques d'une voiture. Mais après deux ans à travailler à plein temps dans ce milieu, les mains, les cheveux et le nez dans le cambouis toute la journée ne lui plaisait plus autant. Il y avait peut être une raison pour laquelle le métier de garagiste était plutôt relégué dans les métiers pour garçons. Ce n'était pas si facile qu'il y paraissait. Lynn rigolait parfois lorsque des féministes se battaient pour que les filles puissent faire le même métier que les hommes et qu'elles affirmaient haut et fort que l'égalité pouvait avoir lieu dans tous les métiers. D'un côté elle était d'accord, il n'y avait aucune raison pour laquelle les femmes ne pourraient pas diriger des sociétés ou 'jouer' à la bourse. Il n'y avait aussi aucune raison qu'une femme ne puisse pas tester un métier un peu physique voir si il lui convenait ou pas. Elle trouvait leur combat honorable pour ça. Mais de là à dire qu'une femme pouvait travailler dans une mine ou sur un chantier à porter des murs de briques tous les jours... Elle en doutait. Sur le long terme, cette égalité dans certains métiers manuels était difficile. Peut être que c'était possible si on avait pas d'autre choix comme elle à l'époque du lycée, mais de là à imposer des quotas. Il y avait des limites. Lynn n'était pas vraiment une féministe pure et dure. A vrai dire, pour elle, tant qu'on faisait bien son métier, peut importe si l'on était une femme ou un homme.

Les perspectives de Lynn en travaillant au garage n'étaient pas celles qu'elle avait espérées pour elle même. Elle qui était une rêveuse, on pouvait dire que ce métier ne mettait ce côté de sa personnalité en avant. Aussi, si elle voulait faire ses preuves, il y avait deux solutions. La première était de parvenir à écrire un livre, sans autre formation que celle qu'elle avait. C'est ce qu'elle avait essayé de faire avec sa cousine mais elles s'étaient vite rendues à l'évidence que leur travail respesctifs et leurs activités diverses leur prenait trop de temps et qu'elles n'avaient pas le temps pour l'écriture. Elles n'en avaient jamais réellement parlé jusque là mais Ecaterina sembla avoir lu dans les pensées de Lynn puisqu'elle initia la discution. Lynn tourna les yeux vers elle, elle aussi sentant son coeur se serrer malgrès tout, à l'officialisation de l'arrêt de leur projet. Elle avait vraiment espéré que ça fonctionne, parce qu'elle savait qu'Ecat et elle faisaient une bonne équipe et puis écrire un livre était un peu ce dont elle avait rêvé depuis toujours. Aussi, pour Lynn ça avait été aussi l'iniciateur de leur nouvelle relation et elle ne voulait pas qu'à cause de la fin de leur projet, elles ne se voient plus ou moins souvent. Déjà qu'avec, elles ne pouvaient pas souvent se libérer... Lynn pris une inspiration avant de répondre calmement. « Je ne savais pas comment te le dire mais... J'ai aussi réfléchi à propos du livre... Et je suis arrivée à la même conclusion que toi. » Lynn se leva et se rendit près de son sac qui était toujours dans l'entrée. Elle l'ouvrit et fouilla un instant avant de sortir un petit carnet. Elle resta accroupie quelques secondes à fixer le petit carnet que sa cousine lui avait offert à son anniversaire quelques mois avant. Elle savait qu'il lui tenait beaucoup à coeur et qu'elle lui avait donné pour l'inspirer. Mais elle n'était pas sure qu'il lui serait très utile à présent. Elle préférait le rendre à Cat qui en aurait éventuellement besoin plus qu'elle. Elle se redressa et retourna près de sa cousine. « Je suis désolée que ça n'ait pas marché notre projet. J'espèrais vraiment qu'on puisse le faire malgré... Malgré nos occupations... » Elle lui tendit le petit carnet. « Tiens, je voulais te le rendre depuis quelques jours déjà... Je pense que tu en auras plus besoin que moi. » Elle fit une pause. Elle ne voulait pas que Cat le prenne mal alors elle rajouta, d'une voix très hésitante. « Je te remercie encore de me l'avoir prêté. Tu ne devrais pas abandonner les idées que tu as mises dedans. Je suis sure que tu en feras un roman génial. ». Elle se rassit à côté d'Ecaterina mais avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit, sa cousine se leva d'un bond, comme piquée par une mouche, enfin une guêpe plutôt. Elle la regarda étonnée s'agiter pour aller à son tour dans le hall.

Ce qui nous amenait à la deuxième solution pour Lynn. Reprendre des études et essayer de faire quelque chose de sa capacité à écrire. Mais cela faisait tellement longtemps qu'elle ne l'avait pas fait qu'elle n'était pas sure de pouvoir y arriver non plus. Elle avait décidé de commencer par terminer son lycée en bonne éduforme et après.... Et bien, elle n'y avait pas trop réfléchit, bien trop plongée dans ses révisions. Mais visiblement, Ecaterina y avait elle pensé. Elle l'écouta faire un speech, sentant le stress monter de plus en plus et arriver à son maximum quand Ecaterina commença à lui montrer des brochures. Elle senti l'air lui manquer comme si elle avait trop d'informations qui lui faisaient peur à la fois. Elle regarda Ecaterina puis les brochures puis la main d'Ecaterina tendue devant elle. D'ailleurs pourquoi sa cousine lui tendait-elle la main ? Elle n'avait pas écouté la suite de sa tirade et maintenant elle se retrouvait avec un air bêta sans savoir quoi répondre. Elle avait l'impression qu'Ecat voulait qu'elle aille étudier dans une des universités. Essayant de reprendre son souffle, elle tenta de balbucier quelque chose. « Je... Je... Je ne sais pas Ecat... Je... » Lynn n'était plus vraiment impulsive. Il fallait toujours qu'elle y réfléchisse à deux fois avant de faire quoi que ce soit. Elle se leva, ne supportant plus d'être assise et commença les cent pas. Il fallait qu'elle évacue sa panique. L'université coutait cher, elle ne savait pas combien pouvait coûter celle la mais probablement beaucoup, et elle n'avait pas autant d'argent à mettre dans des études.... Etudes dont elle ne connaissait même pas l'aboutissement. Lynn s'arrêta net de marcher et se tourna vers Ecaterina qui avait encore la main tendue vers elle. « Je suis désolée Ecat, je ne sais pas si... Je dois y réfléchir. »

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05. [Brown/Robertson] The night moves.

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