Choriste du mois


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 05. Your spirit illuminates my soul

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MessageSujet: 05. Your spirit illuminates my soul   Mer 10 Oct - 16:56

Le silence était total. Debout au centre de l’estrade qui avait été placée pour les répétitions de la chorale, Christabella fixait les planches en bois, immobile et plongée dans ses pensées. Ses camarades des Second Chance étaient partis depuis déjà une bonne heure, mais elle était restée sur place, afin de répéter un solo. Elle doutait sérieusement d’être celle qui chanterait devant tout un public lors des Nationals, si jamais leur chorale parvenait jusque-là, car elle se savait bien moins douée que les autres choristes. Néanmoins, elle appréciait de plus en plus de chanter, et au fil des mois, elle s’était grandement améliorée, profitant des conseils de chacun. Il y avait peu de chance que cela soit suffisant pour remporter la compétition, mais en vérité, cela lui était assez égal. Elle n’avait pas rejoint les Second Chance par amour de la chanson, mais pour se rapprocher de sa meilleure amie Cassandra. Le reste importait peu. Bien sûr, s’ils gagnaient, elle serait heureuse, et elle était prête à travailler dur pour y parvenir, mais ce n’était pas son but premier.
Elle devait pourtant reconnaitre que la chanson était devenue un excellent moyen pour elle de s’exprimer. Elle choisissait des chansons à texte, qui reflétait le mieux ses pensées, son humeur, et elle y mettait tout son ressenti pour la rendre plus vivante. C’était un bon exutoire à ce qu’elle traversait aujourd’hui. Si sa vie s’était grandement améliorée, certains jours, c’était plus difficile à supporter. Elle craignait quelque peu que cela soit le cas aujourd’hui, aussi prenait-elle le temps de sonder son propre cœur. Se sentait-elle triste, ce soir ? Nostalgique ? Elle ne parvenait pas à déterminer si elle parvenait, petit à petit, à avancer. Par moments, il lui semblait que oui. Avec une inspiration, elle leva les yeux, faisant abstraction de l’objectif de la caméra, pointé vers elle, et du jeune homme qui la fixait, tout aussi immobile qu’elle. C’était devenu plus facile pour elle d’ignorer le public, les gens qui la regardaient quand elle se mettait à chanter. Elle était heureuse de pouvoir dire que chanter lui avait permis de vaincre sa timidité, ou du moins, de la faire taire. Frôlant du bout des doigts sa chemise boyish qui retombait sur son jean de façon négligée, Christabella remonta les mains vers son visage et coinça ses cheveux courts derrière ses oreilles. Sa chevelure brune, qu’elle avait coupé à la remise des diplômes et qui, autrefois très longs, lui arrivait, une fois sortie du coiffeur, à peine au menton, avait depuis peu poussée pour atteindre la base de son cou. Avec cette nouvelle coupe de cheveux, elle se trouvait plus mûre, plus… adulte. Plus femme. Et elle aimait à penser que ce n’était pas une mauvaise chose, si sa chemise n’était pas boutonnée jusqu’en haut, et si son jean soulignait ses formes, et si ses boucles d’oreilles étaient visibles, et si elle portait du maquillage et même, du vernis coloré. A première vue, elle portait une tenue d’une grande discrétion. Et pourtant, elle savait que si sa famille la voyait, à cet instant précis, ils lui cracheraient à la figure en la traitant de démone.

Sa voix douce s’éleva doucement, raisonnant dans la pièce. Pas de grandes vocalises, pas de notes puissantes, juste de la douceur et de la pureté.

« God - our heavenly Father.
Oh, God - and my father
Who is also in heaven.
May the light
Of this flickering candle
Illuminate the night the way
Your spirit illuminates my soul.
»

Ses mains se crispèrent légèrement alors que les paroles suivantes étaient clairement adressées à quelqu’un qui ne se trouvait pas dans la pièce.

« Papa, can you hear me?
Papa, can you see me?
Papa, can you find me in the night?

Papa, are you near me?
Papa, can you hear me?
Papa, can you help me not be frightened ?
»

Son père sentait-il qu’elle chantait pour lui ? Savait-il à quel point elle souffrait de la situation, à quel point elle vivait mal son rejet et toutes les horreurs qu’il lui avait jeté au visage, des mois auparavant ? Savait-il à quel point sa petite fille avait peur, aujourd’hui, et à quel point c’était difficile de vivre sans sa famille ?

« Looking at the skies
I seem to see a million eyes
Which ones are yours?
Where are you now that yesterday
Has waved goodbye
And closed its doors?
The night is so much darker.
The wind is so much colder
The world I see is so much bigger now that I'm alone.
»

Son père avait prêché le pardon à ses paroissiens pendant des années, et il n’avait pas été capable de pardonner à sa fille d’avoir voulu trouver le Bonheur ailleurs que dans le chemin qu’il avait tracé pour elle. Elle n’avait pas voulu de la vie qu’il avait choisi pour elle. Elle n’avait pas voulu finir femme au foyer, silencieuse et effacée, contrainte de s’occuper d’une maison et d’une flopée d’enfant que son mari, qu’elle n’aurait pas choisi, lui aurait fait sans qu’elle ait son mot à dire sur la question. Elle ne voulait pas d’une maison, elle ne voulait pas d’enfants qu’on la forcerait à avoir, elle ne voulait pas d’un mari qu’elle n’aimait pas et qui ne la considérerait que comme une bonne à tout faire. Elle voulait exister en tant que femme, en tant que personne, en tant qu’être humain. Elle voulait vivre. Pourquoi n’avait-il pu comprendre ? Pourquoi un homme qui l’avait tenu dans ses bras, avait seché ses larmes et lui avait appris à aimer son prochain sans condition, avait-il pu la renier et oublier jusqu’à son existence ? Chaque soir, Christabella priait pour que tout rentre dans l’ordre, sans être vraiment certaine que c’était ce qu’il lui fallait.

« Papa, please forgive me.
Try to understand me.
Papa, don't you know I had no choice?

Can you hear me praying,
Anything I'm saying,
Even though the night is filled with voices?

I remember everything you taught me
Every book I've ever read.
Can all the words in all the books
Help me to face what lies ahead?
The trees are so much taller
And I feel so much smaller.
The moon is twice as lonely
And the stars are half as bright.
»

Sans même qu’elle s’en rende compte, les larmes avaient jaillies de ses yeux, mouillant ses joues et atterrissant, l’une après l’autre, sur sa chemise. Elle avait désespérément besoin que son père comprenne ses choix, que sa mère la soutienne, que ses frères et sœurs lui parlent à nouveau. Elle se sentait orpheline. Elle se sentait seule. Elle se sentait mal.

« Papa, how I love you.
Papa, how I need you.
Papa, how I miss you
Kissing me goodnight.
»

Réalisant enfin dans quel état elle était, et surtout, qu’on la regardait et qu’on la filmait, elle se détourna et sécha ses larmes. « Excuse-moi Clayton, je me suis laissée emporter par la chanson. » Son regard s’arrêta sur la caméra. « Éteins la caméra s’il-te-plait. Ne filme pas ça. »
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MessageSujet: Re: 05. Your spirit illuminates my soul   Lun 22 Oct - 14:08

Quand le voyant rouge de la caméra s'alluma dans un petit bruit automatique, c'est comme si cette nuisance sonore fut la dernière. Dans l'annexe de l'église, le silence était total et il paraissait encore un peu plus intense à Clayton maintenant qu'il enregistrait la scène.
Installé dans l'allée, son pied de caméra parfaitement en face de la scène, il attendait que la musique rompe ce silence et que Christa l'accompagne. Elle paraissait calme là bas, sur les planches, dans sa tenue un peu boyish, jean et chemise comme souvent. Elle ramena ses cheveux derrière ses oreilles et Clayton quitta des yeux la scène à travers sa caméra pour les relever et la voir vraiment. Cette allure décontractée, que certains auraient pu qualifier de négligée, lui, l'avait complètement séduit, et ce dans la seconde où il l'aperçut avec cette coupe qui semblait dès lors souligné tout son visage. C'était idiot à dire, il l'avait vu bien avant la remise des diplômes mais cette nouvelle Christabella lui avait fait l'effet d'un choc, d'une révélation. Ce n'était pas tant ses cheveux qui avait eut raison de lui, mais l'aura qu'ils lui donnaient, comme si on pouvait lire sur elle qu'elle était devenue ce qu'elle voulait être. Elle dégageait cette force incroyable mais toujours vacillante, une détermination jeune et frêle mais éclatante de candeur. Voilà comment il avait perçu la nouvelle Christabella, et comment il la voyait encore.
Si distrait qu'il était dans ses divagations, dans son regard plein d'admiration, et de désir aussi, il ne réagit pas tout de suite quand elle commença à chanter.

God - our heavenly Father.
Oh, God - and my father
Who is also in heaven.

Après quelques secondes seulement, il réalisa en un sursaut que la caméra tournait alors qu'il n'avait aucun contrôle sur l'image. À la hâte il se baissa à nouveau pour plonger son regard dans le viseur et découvrit Christa à travers l'image.

May the light
Of this flickering candle
Illuminate the night the way
Your spirit illuminates my soul.

Papa, can you hear me?
Papa, can you see me?
Papa, can you find me in the night?

Il avait déjà fait quelques réglages pour un rendu optimal mais cela ne lui suffisait plus, il voulait se rapprocher, filmer son amie sous un autre angle, la filmer sous tout les angles, mais il n'avait amené qu'une seule caméra. Elle dégageait tellement d'émotion qu'il ne pouvait pas se contenter d'une vue d'ensemble comme celle là, il perdrait toute l'expression qu'il lisait sur son visage.
Sans la quitter des yeux, il détacha en douceur la machine du pied puis la posa sur son épaule et s'approcha, lentement, en s'efforçant d'éviter que le cadre ne tremble de trop.

Papa, are you near me?
Papa, can you hear me?
Papa, can you help me not be frightened ? 

Looking at the skies
I seem to see a million eyes
Which ones are yours?
Where are you now that yesterday
Has waved goodbye
And closed its doors?
The night is so much darker.
The wind is so much colder
The world I see is so much bigger now that I'm alone.


À présent juste en face d'elle, il se décala un peu sur la droite puis aperçut ses mains se crisper. En venant ici pour filmer la performance de Christa, il ne s'attendait pas à ce qu'elle livre autant d'elle même, car il pouvait le voir, elle subissait cette chanson autant qu'elle lui permettait de s'exprimer. Clayton connaissait l'histoire de Christa, peut être pas dans son ensemble, la jeune femme avait surement préféré garder certains détails pour elle, mais il en savait assez pour savoir que son père devait certainement occuper toutes ses pensées, que vers lui étaient dirigées chacune de ses paroles. Pour rien au monde Clayton n'allait perdre une miette de cette émotion brute et poignante, c'est comme si elle avait oublié sa présence et ça n'en était que mieux.

Papa, please forgive me.
Try to understand me.
Papa, don't you know I had no choice?

Can you hear me praying,
Anything I'm saying,
Even though the night is filled with voices?

I remember everything you taught me
Every book I've ever read.
Can all the words in all the books
Help me to face what lies ahead?
The trees are so much taller
And I feel so much smaller.
The moon is twice as lonely
And the stars are half as bright

À mesure que la chanson progressait, peu à peu la scène avait disparu du cadre et du viseur de la caméra de Clayton. Et peu à peu le corps de Christa aussi. Il avait tant resserré le cadre sur elle qu'on ne voyait plus que son visage et bientôt ses yeux.
Mais quand il vit les larmes rouler sur ses joues, sans aucunes crispation, sans que sa voix jamais ne s'étouffe, il se sentit soudain mal à l'aise de lui prendre ce moment. Dans un même temps, il était là pour filmer, c'est ce qu'ils avaient convenu ensemble, et peut être que Christa n'aurait pas du chanter cette chanson se disait il, elle lui collait bien trop à la peau pour qu'elle ait pu espérer garder son sang froid. Il ne savait plus trop quoi faire, il garda à l'épaule sa caméra, allumée, mais détacha ses yeux du viseur et la regarda sans filtre, sans écran. Il ne pouvait pas ne pas filmer ceci. Il ne voulait pas avoir l'air d'un voyeur sadique mais tout de même, l'expression d'une telle souffrance sans aucune retenue et de la femme qu'on aime qui plus est, ça ne se glissait pas souvent sous les yeux d'une caméra, c'était un moment rare et il n'allait pas le laisser passer.

Papa, how I love you.
Papa, how I need you.
Papa, how I miss you
Kissing me goodnight.

Il se pinçait les lèvres alors qu'il voyait ses pleurs s'écouler avec plus de vigueur, il se demandait maintenant comment pouvait elle avoir en elle tant de peine, et comment lui ne pouvait pas l'avoir vu de cette ampleur ? Christa n'était pas femme à s'épancher mais il avait été bien aveugle, le comble pour lui, d'autant plus quand on se targue de cerner les gens mieux que quiconque et de décrypter leur émotion avec finesse.
Sur son épaule, sa caméra avait glissé un peu, à présent il ne devait filmer que le sol, au mieux les pieds de Christa, mais il ne s'en rendait pas compte. Clayton gardait les yeux pointé sur elle, à la fois fasciné et terrifié.

Quand elle eut terminé elle s'excusa aussitôt de son état et lui demanda d'éteindre la caméra.
« Oh oui bien sûr, excuse moi, je l'éteint tout de suite. » Un peu maladroitement il s'empressa d'appuyer sur stop puis la leva pour continuer avec un petit sourire. « Tu n'as pas à t'en faire je crois, elle n'a vu que le sol vers une bonne partie de la fin ! » Sa tentative d'humour n'allait surement pas être concluante et un peu dépité et mal à l'aise, il s'avança et posa la caméra sur la scène. Elle était encore en larme et lui ne savait pas quoi faire, il n'était pas vraiment le meilleur pour réconforter les gens, et pourtant il l'aurait voulu cette fois pour Christa. Il se contenta de s'asseoir sur l'estrade et fit signe à la jeune femme de le rejoindre en tapant à côté de lui sur les planches de bois.
« Approche. » Il continua en baissant les yeux et en la regardant tour à tour. « Si tu ne veux pas qu'on la mette sur le net finalement, je comprendrais. Cette chanson c'était un peu trop pour toi non ? Mais peut être que ça t'as soulagée ? Ou bien si tu ne veux pas en parler, on peut juste partir en silence et ne rin dire, c'est comme tu veux. » Oui, il se savait affreusement maladroit, il avait besoin de pratiquer un peu à ce niveau là, mais il ne doutait pas que Christa puisse s'exprimer avec lui.
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MessageSujet: Re: 05. Your spirit illuminates my soul   Dim 28 Oct - 22:06

Aussitôt que Clayton eut éteint la caméra, Christabella s’essuya correctement le visage avec ses manches, faisant fi des bonnes manières, et elle put reprendre contenance. Inspirant profondément plusieurs fois, elle s’efforça de se calmer. Elle qui était si fière d’être parvenue à se reconstruire après l’épreuve que ses parents lui infligeaient, voilà qu’elle s’effondrait en larmes à cause d’une simple chanson, et devant un de ses amis qui plus est ! Honteuse, elle garda les yeux baissés pendant un moment. Lorsqu’elle avait choisi cette chanson en particulier, c’était en pensant à son père. Malgré toutes les horreurs qu’il avait pu lui jeter au visage, elle ne pouvait s’empêcher de l’aimer. Elle avait certes de très nombreux souvenirs de leçons de morale, de toutes les fois où il s’était sentie obligée de la faire prier pendant de longs moments pour expier de petites bêtises, de toutes les corvées qu’elle s’était vue infliger parce qu’elle ne rentrait pas aussi facilement dans les rangs que ses frères et sœurs. Mais elle avait également de très beaux souvenirs. Enfin, il lui semblait, car en réalité, elle n’en était plus tout à fait certaine. Depuis qu’il l’avait traité de p*tain avant de la mettre à la porte, elle ne parvenait plus à se souvenir d’une seule fois où il l’avait prise dans ses bras pour le simple plaisir d’un câlin père-fille, où il l’avait félicité pour une bonne note ou simplement, caressé les cheveux. Les gestes affectueux n’étaient pas vraiment de mises chez les Gillespie, et quand un des enfants se mettait à pleurer, les parents avaient plutôt tendance à lui intimer de se calmer, arguant que les enfants capricieux n’avaient pas leur place près du Seigneur. Au final, peut-être que depuis le départ, ce triste dénouement était prévu. C’est du moins l’impression de plus en plus présente qu’avait Christabella, quand elle se retournait sur son passé. Choisir cette chanson n’avait visiblement pas été très intelligent de sa part, parce que cela avait fait remonter beaucoup de souffrance à la surface. Elle aurait dû se contenter d’un tube à la mode, du lady Gaga ou du Katy Perry, du moment qu’elle ne se mettait pas à pleurer comme un bébé à la fin.

Avec un soupir las, la jeune femme se laissa tomber près de Clayton, et ramena ses genoux contre sa poitrine avant de poser le menton dessus. Elle en avait assez d’être aussi… instable, émotionnellement. D’accord, ses parents l’avaient mise à la porte de chez eux. Ils l’avaient copieusement insultée, avant qu’elle se retrouve sans toit et sans savoir quoi faire de sa vie. Ses frères et sœurs n’avaient pas cherchés à la revoir et semblaient partager l’avis de leurs parents. Elle qui avait grandie dans une immense fratrie, et qui n’avait connu que la vie en communauté, à devoir partager sa chambre, sa salle de bain, ses vêtements, se retrouvait du jour au lendemain seule, avec tout l’espace dont elle pourrait vouloir et dont elle n’avait pourtant pas forcément besoin. Alors oui, à bien y réfléchir, il y avait de quoi ne pas se sentir au top de sa forme. Certains jours, tout allait bien. Elle étudiait, allait au travail, voyait ses amis et s’amusait. D’ailleurs, cela allait mieux, jours après jours. Mais à d’autres moments, c’était plus que difficile. Comme à cet instant précis.

« Je préfère que… tu ne la diffuses pas. » fit Christabella à voix basse, le regard fixé sur le sol, en desserrant à peine les lèvres, puis elle renifla et se redressa. « Excuses-moi, je sais que tu as… ce projet en cours, et que tu cherches de belles images. Mais ça… c’est un peu trop… personnel. »
Désabusée par sa propre réaction, elle soupira profondément, tout en se passant les mains sur le visage, puis dans les cheveux. « Ca va bientôt faire un an. Je n’ai pas revu mes frères et sœurs depuis des mois. Ils m’ont tous simplement… effacée de leur vie. Comme ça, en un claquement de doigts. » Et pour imager ses propos, elle claqua des doigts. « Je n’aurais pas dû choisir cette chanson. J’aurais dû simplement… je ne sais pas. Ça m’a rappelé… mon père. Ce qu’il m’a dit. Tu vois, il a dit que j’étais une trainée. Que j’irais en Enfer. Que j’étais une source de déception, de honte, pour toute la famille. » Le souvenir de la gifle que son propre père lui avait donné lui revint en mémoire, et elle fronça les sourcils. « Et pourtant, il me manque. Toute ma famille me manque. Tu sais que ma petite sœur attend son premier enfant ? Même si je n’étais pas spécialement ravie qu’elle épouse un homme que mon père avait choisi pour elle, alors qu’elle n’a que dix-sept ans, elle va être maman, et je ne verrais jamais cet enfant. C’est si… injuste ! Je n’ai rien fait de mal, pourtant. » Plutôt que de se morfondre et de pleurer, elle se réfugia dans la colère que faisait naitre ce sentiment d’injustice. « J’ai passé cinq ans en résidence universitaire, et pourtant, je n’ai jamais participé à la moindre beuverie, aucun garçon ne m’a jamais touché, je ne me suis jamais droguée, j’ai assisté à tous mes cours, et j’ai obtenu mon diplôme. Je fais ma prière tous les soirs, je vais à l’Eglise dès que j’ai un dimanche de libre… alors, en quoi suis-je une p*tain ? » termina-t-elle dans un souffle.
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MessageSujet: Re: 05. Your spirit illuminates my soul   Mar 27 Nov - 2:22

Il aurait donné beaucoup de chose pour un tel tête à tête avec Chrsita, un tas de choses, mais nul doute qu'il l'aurait préféré sur un autre ton. Cette chanson l'avait véritablement accablée et elle se torturaient de remords et questions, juste là, à ses côtés, assise sur la scène, tandis qu'il était tout à fait impuissant. Il n'osait pas l'interrompre, d'une part parce qu'elle semblait se déverser d'une tristesse intarissable mais aussi parce qu'il était totalement impuissant face à ce qu'il entendait.
Il connaissait les grandes lignes de ce qu'avait traversé Christabella, elle lui en avait touché quelques mots furtivement lors de révisions à la bibliothèque de la fac. Elle s'était appliquée à ne pas s'égarer et pour cause, l'émotion l'avait déjà rendue fébrile et parce que Clayton ne se savait pas doué pour ce genre de situation, il ne lui avait jamais posé de questions.
Lui même était très secret, jamais une confidence personnelle, il ne s'attardait que très peu sur ses états d'âme et ne disait pas grand chose de son passé. Il n'avait rien à cacher véritablement, il aimait seulement que lui seul se connaisse vraiment, et certes, il jouait également de cette part de mystère qu'il aimait préserver. Mais à ceux qui ne confie rien on leur ouvre rarement notre cœur et pour le jeune homme c'était une expérience tout à fait nouvelle que de voir une personne, si chère à son cœur qui plus est, se livrer à ce point.

Il découvrait également la force de Christabella alors même qu'elle se révélait dans la pire détresse. Il se la remémorait si pleine d'enthousiasme, ses lèvres pleines d'un sourire qui lissait tout, son rire si clairs et franc. Il découvrait une femme qui se battait avec son passé sans jamais se montrée désarmée, et pourtant, quel passé !
Il se disait presque que cette famille était digne d'un film, digne d'un roman, un roman abjecte mais qui aurait brillé de l'horreur de ses personnages et de la souffrance de l'héroïne. Il se surprenait à imaginer tout cela à l'écran mais ce n'était pas de la fiction. Toutes ces intrigues religieuses, ces femmes soumises à la volonté de leur père, insultées par leur père, cette rigueur implacable et cette fatalité qu'avait combattu Christa, elles étaient réelles. Il voyait à quel point Christa en arrivait à se remettre en question, au point de s'insulter elle même, et face à cela, Clayton fut forcé de réagir. Il se leva d'un bond, lui prit son visage entre ses mains pour la regarder dans les yeux puis s'appliqua à prendre le ton le plus chaleureux possible.
« Hey hey hey ! Stop ! Tu n'es pas une putain, qu'est ce que tu racontes ? » Il se rendit compte de la proximité un peu trop brusque de son geste puis retira ses mains pour ne soutenir son menton que de l'index. Et maintenant, il fallait assurer... « Comment tu peux en arriver à penser tout ça de toi même ? Tu sais qui tu es non ? Tu sais ce que tu vaux, tu ne vas pas laisser ton père, ta mère ou qui que ce soit te dicter ta conduite et te dire qui tu es ! » Conscient de son impuissance, elle le tuait pourtant. Il se maudissait de ne pas savoir trouver les mots. Il s'abaissa en s'accroupissant pour revenir à sa hauteur devant elle, sans jamais la quitter des yeux.
« C'est injuste c'est vrai, et c'est pour ça que ça ne doit plus t'atteindre ! Ça te tue n'est ce pas ? Je ne peux pas imaginer ce que tu endures, mais ce que je sais... Enfin ce que je vois c'est que tu as encore beaucoup à leur dire, pas vrai ? » Il se pinça les lèvres, réfléchis un instant et devant les larmes de Christa qui ne cessaient de couler, il se décida à prendre une initiative.
« Attends. »

D'un bond il se leva et s'enquit d'jouter alors qu'il s'éloignait déjà.
« Et peut être qu'eux aussi veulent entendre tout ça... Enfin, peut être que de savoir qu'ils l'entendront, je ne sais pas, ça pourrait t'apporter quelque chose. » Il s'arrêta un instant, se retourna vers elle et ajouta. « Ça pourrait te rendre justice. » Il s'abaissa pour s'emparer de sa caméra et la brandit pour la mettre en évidence.
« On ne va pas publier tout ça sur le net, mais on pourrait l'envoyer à tes parents, et peut être même que tu pourrais leur envoyer un message avec, non ? Si ça ne change pas les choses, ça ne peut pas les rendre pire no plus tu ne penses pas ? » Il grimaça aussitôt en attendant la réponse de Christabella, craignant d'aller trop loin, mais encore une fois, aux mots il préférait les images et étrangement, il pensait que c'était une bonne idée, que ses parents devraient savoir à quel point leur fille souffre.
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05. Your spirit illuminates my soul

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