Choriste du mois


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 05. The naked truth

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MessageSujet: 05. The naked truth   Ven 26 Oct - 20:47

Jouant des épaules pour se frayer un chemin parmi la foule qui se pressait dans les couloirs, Harper ajusta la lanière de son sac à dos sur son épaule, la démarche lente. Sortir de deux heures de mathématiques renforcées, c’était un peu comme avoir couru le marathon de New York sans s’être entraîné au préalable. Pourtant, Harper était censée être très douée pour cette matière, elle avait même réussi à chiper la première place de LA tête d’ampoule du bahut à un concours indépendant organisé par WMHS, le mois dernier. Seulement, depuis quelques jours, la fatigue se faisait davantage ressentir, la forçant à ralentir le rythme de ses entraînements d’athlétismes quotidiens, provoquant ainsi une baisse de son chronomètre assez conséquente. Elle mettait ceci sur le compte de la fin de l’année scolaire qui approchait à grands pas, de la pression des examens et de ce rhume carabiné dont elle s’était elle-même guérie avec quelques tasses de tisane bien chaude, et de l’aspirine piquée à l’infirmerie de la Lima Station. Mentir, c’était plus commode que d’avouer qu’elle commençait à perdre pieds. Elle avait beau prétendre être assez forte pour tout mener de front, elle entamait une longue descente qui l’empêchait même de dormir, anxieuse à l’idée de devoir demander de l’aide à un adulte ou à s’abandonner à la prière, comme le lui avait vivement conseillé Jesus. L’intense travail scolaire qu’elle fournissait après les cours n’arrangeait pas les choses, malheureusement. Harper était épuisée. Elle aurait pu s’arrêter, mettre une bonne fois pour toutes fin à ce trafic qu’elle savait dangereux, mais l’argent qu’elle récoltait en vendant ses qualités intellectuelles rentraient directement dans les caisses de la maisonnée, comment pouvait-elle espérer s’en passer ? Étouffant un bâillement avec le dos de sa main, Harper se dirigea tout naturellement vers la sortie, se frottant les yeux en évitant de justesse un élève qui s’y rendait, lui aussi, à grandes enjambées, impatient de retrouver sa petite-amie qui l’attendait à quelques mètres de là. Détournant le regard en clignant des paupières, Harper continua sa progression, puis poussa la porte. Elle sentit l’air tiède lui caresser les joues, et repoussant une mèche de cheveux, s’apprêta à s’engager à l’extérieur, lorsqu’elle se souvint qu’elle avait rendez-vous avec Sunny. Bloquant le passage, Harper pensa une seconde à l’appeler pour remettre leur rencontre à plus tard, mais les raisons de cette entrevue étaient trop importantes pour qu’elle passe l’éponge. Elle allait bientôt avoir ce qu’elle désirait. Ce constat eut pour effet de faire s’accélérer les pulsations de son cœur.

« Tu te bouges, ou quoi ? » Lui dit un élève, pressé, en lui marchant sur les pieds. Sonnée par son atterrissage, Harper mit un certain temps avant de réagir « Je… désolée. », et c’est avec courtoisie qu’elle consentit à se décaler, contournant le malotru en s’excusant simplement du regard.

Tournant les talons, Harper reprit sa marche molle, se dirigeant vers le lieu de rendez-vous qu’elle avait fixé à Sunny : la rédaction du journal de l’école, repaire de la petite blonde et de ses acolytes photographes et rédacteurs. L’entretien qui allait s’y dérouler promettait d’être intense en rebondissements. En effet, quelques joues auparavant, Harper avait demandé à Sunny de mettre en avant ses talents d’enquêtrices pour débusquer des informations à propos d’un professeur du lycée, Seth Catalano. La veille, Sunny lui avait fait savoir par texto qu’elle avait enfin des informations intéressantes, et qu’il fallait qu’elles se voient. Dans son for intérieur, Harper était persuadée que le jeune homme avait quelque chose à cacher, elle ne l’expliquait pas. Elle avait le pressentiment que sous ses airs de fils de bonne famille un tantinet excentrique, se cachait un pervers sexuel qui avait trouvé en l’enseignement, un moyen habile de séduire des adolescentes en fleurs sans avoir la nécessité de faire dans le glauque ou le rapt d’enfants. Sans doute passait-elle trop de temps à regarder les rediffusions de séries policières à la télévision, n’empêche que dans son esprit inspiré, cette hypothèse sonnait authentique – ce genre de faits divers faisait les choux gras des journaux télévisés, le monde était peuplé d’êtres répugnants, ce n’était pas nouveau. Malgré cette intuition ancrée en elle, Harper n’était plus très sûre de vouloir connaître la vérité, en réalité. Avoir la responsabilité de ces informations, c’était devoir en parler à autrui. Elle ne se sentait pas capable d’envisager de mettre un coup de pied dans la fourmilière, elle avait pris le temps de réfléchir, et cette chasse aux sorcières dans laquelle elle s’était lancée, lui paraissait avec du recul, disproportionnée. Était-il vraiment trop tard pour faire marche arrière ? Sunny devait l’attendre, Harper ne savait pas comment elle procéderait à l’échange d’informations, mais pour Harper, les choses étaient très claires : si une enveloppe contenant les méfaits accomplis par Seth lui était remise, elle la détruirait. Ce n’était pas dans ses habitudes de fouiller dans les affaires des autres, elle regrettait de s’être emportée… Peut-être que ses insomnies étaient, elles aussi, dues à la culpabilité qui la rongeait depuis qu’elle avait pactisé avec Sunny.

Progressant dans le couloir, Harper ne tarda pas à se retrouver devant une vaste salle de classe aux stores vénitiens tirés. Elle n’était jamais rentrée dans cette pièce mystérieuse, pas même pour demander réclamation suite à des articles parut après ses performances sportives ; discrète, elle s’était toujours tenue loin de la presse. Se mordant la lèvre inférieure, la jeune fille se risqua à s’approcher un peu plus, remarqua que la porte était déjà entrouverte. Sans qu’on l’invite à entrer, elle poussa la porte pour s’engouffrer dans la pièce. L’éclairage très doux la surprit, elle s’attendait à pénétrer dans l’antre des disciples du diable, une lumière rouge sang lui semblait être plus appropriée. Passé le choc, elle s’intéressa aux murs. Dessus, des tas de photos étaient exposés, accompagnés des meilleurs articles de la rédaction, ceux qui étaient les plus riches en informations. D’un coup d’œil, elle crut reconnaître quelques visages sur les clichés ; Lisa Roberts, la présidente des élèves, Jesus, Rainbow et même William Schuester, le directeur des New Directions. Il y avait fort à parier que l’un des prochains articles du journal traiterait d’un énième conflit au sein du glee club, et sans qu’elle s’en aperçoive, elle esquissa un faible sourire ; ce n’était pas avec cette mentalité qu’ils parviendraient à remporter la compétition, pensa-t-elle. Sortant de sa rêverie, elle remarqua qu’au centre, une immense table d’architecte était dressée. En s’approchant, Harper constata une nouvelle fois que des photos recouvraient le bois clair de la tablette, et par curiosité, elle s’y attarda en prenant même le droit d’en attraper quelques-unes dans ses mains. La qualité était époustouflante, les angles de vues étaient parfaits, ce n’était pas du travail d’amateur. Harper ne s’y connaissait pas, mais elle était sensible à la beauté, et ces clichés de l’équipe des cheerios prise lors des Sectionals, étaient magnifiques. Un bruit étouffé lui fit relever sensiblement le menton, et quand Sunny apparut, elle dit :

« Elles sont de toi ? » demande-t-elle, gentiment. Elle passa un cliché par-dessus un autre, et un autre par-dessus ce dernier, avant de les reposer délicatement sur la table, en disant « Elles sont jolies. », et se redressant légèrement, Harper remit la lanière de son sac sur son épaule, se tournant vers Sunny en soupirant exagérément, comme pour balayer la vulnérabilité dans laquelle elle se trouvait. La seule chose qui lui vint à l’esprit pour briser ce silence gêné, fut des reproches qu’elle s’empressa de prononcer d’un ton monotone « T’es en retard. »


Dernière édition par Harper E. Pritchard le Jeu 10 Jan - 16:13, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 05. The naked truth   Dim 4 Nov - 20:44

Pour bon nombre d’élèves, les cours s’étaient déjà terminés, et seuls quelques retardataires couraient encore dans les couloirs : des sportifs qui se rendaient à un entrainement, des Cheerios qui piaillaient, des intellos qui sortaient d’un cours renforcé, des couples qui se retrouvaient pour aller s’embrasser sur les gradins. Le retour des beaux jours poussaient les lycéens de McKinley à prendre l’air, après plusieurs mois enfermés pour se protéger contre le froid piquant qui avait enveloppé Lima. Aujourd’hui, le soleil et le ciel bleu présageait un été ensoleillé, pour le plus grand bonheur des habitants de la ville, et d’ailleurs, beaucoup avaient remisés leur épais manteau d’hiver pour des tenus un peu plus légères. La porte entrouverte du club de journalisme laissait passer le bruit des lycéens qui courraient en direction de la sortie en s’interpellant à grand renfort de cris, mais dans la pièce noire, on n’entendait rien du vacarme et du chahut que les adolescents provoquaient. Penchée au-dessus d’un bac révélateur, Sunny fixait à s’en faire mal aux yeux l’image qui se dévoilait au fil des secondes. Un visage apparut, dabord de façon floue, puis plus précisément. Le tic-tac d’un minuteur rythmait les secondes, et une sonnerie aigrelette la fit se précipiter, une pince à la main, pour récupérer le papier humide qu’elle égoutta rapidement avant de le plonger dans un bain d’arrêt dont l’odeur lui piquait légèrement les yeux, puis elle plongea ensuite l’image dans un bain fixateur. Concentrée sur sa tâche, elle repoussa avec le dos de sa main une mèche de cheveux qui lui tombait sur le front en un geste impatient. Une fois la photo soigneusement rincée, elle l’accrocha au fil tendu à travers la pièce, puis se lava les mains. En sortant de la pièce noire, elle eut la surprise de tomber nez à nez avec Harper, qui, penchée au-dessus de la table centrale, regardait une série de photos que Sunny avait prise lors des Sectionals des Cheerios. En faisant coulisser la porte du labo photo, la journaliste attira l’attention d’Harper, qui releva la tête.
Sunny n’avait certes pas oublié qu’elle avait rendez-vous avec Harper. La veille, elle lui avait envoyé un texto pour la prévenir qu’elle avait ce qu’Harper lui avait demandé. Lorsque, quelques jours plus tôt, l’athlète lui avait demandé de fouiner dans la vie de Seth Catalano, professeur d’espagnol, et de dénicher la preuve qu’il n’était qu’un pervers amateur de jeunes filles en fleur, Sunny avait su qu’elle se lançait peut-être dans quelque chose de très grave. Déterrer un secret soigneusement dissimulé concernant une infidélité, une prise d’anabolisant ou une affaire de tricherie, ce n’était pas grand-chose. Cela ne risquait pas de briser la vie de quelqu’un –enfin, sauf pour l’affaire d’anabolisant qui avait causé le renvoi d’un footballeur, mais il n’avait pas pour autant terminé derrière des barreaux. Or, si Harper avait raison lorsqu’elle avait confié qu’elle soupçonnait Mr Catalano de n’être qu’un professeur aux tendances douteuses, ce dernier risquait énormément, comme Sunny le lui avait expliqué le soir où Harper s’était rendue chez elle pour lui demander ce service particulier. Pour autant, cela n’avait absolument pas freiné Sunny dans sa quête de la vérité. Elle avait obtenu le dossier scolaire de Seth lorsqu’il était encore lycéen, puis étudiant. Elle avait décortiqué le moindre détail de sa vie, et aujourd’hui, elle connaissait le jeune enseignant sur le bout des doigts, de son parfum de glace préféré à la taille de ses sous-vêtements. Jugeant que ce n’était pas suffisant, elle avait suivi le professeur pendant une semaine entière, après les cours, un appareil photo à la main et sur le qui-vive, prête à le prendre en flagrant délit. Elle avait ainsi monté un dossier conséquent le concernant, et attendait de pouvoir en parler à Harper.

Debout devant la porte du labo photo, Sunny hocha la tête lorsqu’Harper lui demanda si les photos étaient d’elle. Effectivement, Sunny se débrouillait en photographie, mais si elle s’était autant améliorée ces derniers temps, c’était grâce aux conseils judicieux de Jamie, qui ne se séparait lui non plus jamais de son appareil. Elle était aujourd’hui en mesure d’illustrer ses articles avec des photos d’une bien meilleure qualité, et celles des Sectionals étaient une petite source de fierté qui avait su compenser la frustration d’être une nouvelle fois réduite à écrire un papier sur une stupide compétition de cheerlading. Le président du club de journalisme s’obstinait à lui confier des missions sans intérêt et pour lesquelles Sunny avait l’impression de gâcher son talent pour l’écriture, et elle craignait qu’il ne lui demande, pour son prochain papier, de s’intéresser au cas des New Direction, ce qui aurait pu justifier la prise de photographies de certains membres de la chorale : quelle angoisse. Avec un petit sourire, Sunny remercia du regard Harper pour le compliment. La jeune fille semblait épuisée, comme le prouvait son attitude bien moins insolente que d’ordinaire. Silencieuse, Sunny l’observa attentivement. Etait-ce d’apprendre qu’effectivement, Seth Catalano était un pervers, qui la mettait dans un tel état ? Ou bien était-ce simplement une petite fatigue passagère ? Les examens de fin d’année approchaient, et beaucoup d’élèves étaient au bord de la crise de nerf à cette période de l’année. Sunny elle-même avait dû laisser de côté ses « activités » extra-scolaire pour se concentrer uniquement sur ses révisions, ne s’accordant que le luxe d’écrire pour le journal de l’école, et laissant à Jonah le soin de s’occuper seul du blog. Elle avait hâte que les examens soient terminés, et que les vacances d’été soient là. Le beau temps qui réchauffait l’air lui donnait des envies de plages, de voyages, et c’est avec une joie intense qu’elle avait pu abandonner ses pulls en laine pour un simple sweat ce matin-là. Le soleil avait le don de la mettre d’excellente humeur, mais ce n’était apparemment pas suffisant pour Harper, qui semblait bien loin de l’image de fille sûre d’elle et agressive qu’elle entretenait avec tant de soin.

A la remarque d’Harper, Sunny haussa un sourcil et lâcha un son peu convaincu et légèrement moqueur, avant de s’approcher d’une table un peu à l’écart. Du pied, elle appuya sur un interrupteur et la surface en verre s’éclaira vivement, révélant des fiches plastifiées transparentes sur lesquelles étaient imprimés, en petits caractères, des articles. De corvée de mise en page, Sunny devait trouver le bon emplacement pour chaque photo, chaque article, pour le prochain numéro du journal du lycée. « C’est assez bizarre de te voir ici. C’est comme si moi, je venais sur ta piste de course. » fit-elle remarquer en se penchant sur la table. « C’est un peu le bazar, on finalise la prochaine édition et on prépare celle qui suivra. Trouve-toi une chaise et fais comme chez toi. » proposa-t-elle avec un vague geste de la main. « Il y a des biscuits quelque part. Heu… sur le bureau du fond. Je crois. Sers-toi. » ajouta-t-elle. « Je n’en ai que pour quelques minutes. » murmura-t-elle, concentrée sur sa tâche, en plaçant avec minutie un article dans une case.
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MessageSujet: Re: 05. The naked truth   Mer 7 Nov - 13:55

Sunny serait étonnée d’apprendre que Harper ne venait pas dans son antre pour récupérer les informations qu’elle lui avait demandées, mais bel et bien pour exiger qu’elles soient détruites. Sa décision, elle venait tout juste de la prendre, remarquant sur l’un des bureaux qui fournissaient la pièce, une pile conséquente de photos peu flatteuses d’Andie Lloyd en train d’engloutir un cheeseburger, la bouche grande ouverte et le menton dégoulinant de ketchup. Quelle satisfaction tirait-on de ce genre de choses, quelle information essentielle pouvait-on puiser de ce cliché grotesque, à part qu’Andie avait un net penchant pour le gras, le fromage et les cornichons ? Harper cligna plusieurs fois des yeux, mal à l’aise. Andie, comme un bon nombre d’élèves de WMHS, ne méritait pas qu’on s’attaque à elle de cette façon. Elle ne faisait rien de mal, si ce n’était démontrer qu’elle n’était qu’humaine. Une humiliation publique pouvait détruire quelqu’un, Harper était contre ce genre de pratique. C’était d'ailleurs ce qui l’avait contrainte à revoir son jugement. Elle s’était perdue, aveuglée par la haine qu’elle éprouvait pour son professeur qui mine de rien l’avait, lui aussi, humiliée en public. Elle l’avait cherché. C'était elle qui avait commencé en premier, elle n’avait pas l’audace de dire le contraire. Et alors que tout le monde semblait penser que Harper Pritchard était née avec un gilet pare-balles greffé à sa poitrine, ils ignoraient en réalité que c’était loin d’être le cas.
Harper n’était pas non plus quelqu’un qui se montrait très amical envers les personnes qu’elle appréciait pourtant. Benjamin, son cousin, et Vivaldine étaient ceux avec qui elle parvenait à se comporter avec bienveillance sans pour autant se cacher sous une couche de rudesse qui finalement ne lui allait pas tellement au teint. Elle se mettait parfois à la place des gens qu’elle prenait de haut. Elle n’aurait pas aimé qu’on la traite de cette manière, qu’importent les raisons qui poussaient les gens à le faire. Harper le refusait, c’était pour cette raison qu’elle était autant sur la défensive, car malgré les apparences, la jeune fille faisait partie des élèves qui se faisaient chahuter à la sortie des cours. Il arrivait qu’on se moque d’elle parce qu’elle n’était pas accoutrée comme une traînée ou parce qu’elle était bonne élève, comme si avoir un bulletin de notes exemplaire était une tare honteuse qu’elle aurait dû dissimuler au lieu de fanfaronner dans les couloirs, tête haute. À la différence des autres, Harper ne se laissait pas faire, elle avait du répondant. C’était ce qui obligeait ses détracteurs à la laisser tranquille, mais les autres, ceux à qui elle conseillait de déguerpir vite fait après le cours de gym pour leur éviter de se prendre un slushy en pleine tête, en vérité, ils n’avaient qu’elle pour assurer leurs arrières et vivre en paix dans leur lycée. Comment prendraient-ils le fait que leur sauveuse s’abaisseait à utiliser l’incrimination pour retrouver sa tranquillité ?

Glissant à deux mains ses longs cheveux derrière ses oreilles, Harper hocha la tête lorsque Sunny pointa du doigt le fait que c’était étrange qu’elle se retrouve dans cet endroit. Elle faillit faire remarquer à la blonde qu’à la différence d’elle, il lui arrivait plus souvent de fouler sa piste à cause des cours de sport, qu’elle de passer du temps dans cette pièce, mais elle se tut parce qu’elle admettait que quelque part, elle n’avait pas complètement tort. Frottant ses lèvres charnues l’une contre l’autre, Harper déposa son sac de cours au sol, et dans un petit sourire ramollo, elle s’approcha de la table au-dessus de laquelle Sunny était penchée. Elle s’installa sur la chaise de bureau très haute disposée jusqu’à côté de la jeune fille puis tourna et retourna sur le siège. Harper fit un non de la tête, accompagné d’un « Hum, hum. » lorsque Sunny lui proposa des biscuits en lui disant qu’elle n’en avait plus que pour une minute « Prends ton temps, j’aime bien être ici. » avoua-t-elle en refaisant un tour sur sa chaise, virevoltant de l’autre côté en penchant la tête. Son petit tour de manège la forçant à se retrouver face à la table en désordre, son regard se posa sur un cliché qu’elle attrapa du bout des doigts. Encore une fois, il s’agissait d’une photo des New Directions et furetant l’image d'un oeil distrait, elle haussa les sourcils en s'arrêtant sur Jesus puis sur Lisa et la reposa en soupirant.

« Je suis vraiment loin de tout ça. » dit-elle, lasse. On pouvait déceler une pointe de regret dans le ton qu'elle emprunta, elle espérait simplement que Sunny soit trop absorbée par son travail pour s’en être aperçue. Puis s’humectant délicatement les lèvres, Harper se tourna vers le profil de la journaliste en prenant élan sur le sol avec ses pieds, et se décida cette fois à en venir aux faits « Je crois qu’on ne devrait pas se mêler de ces histoires. » Elle prit une profonde inspiration, détourna aussi vite le regard vers une lampe lava qui éclairait le coin de la pièce sombre, alors que son assise cessait de pivoter graduellement « Ce truc avec Catalano, c’est idiot. Je ne sais pas ce que tu as trouvé, et je me demande si je veux vraiment le savoir. À quoi ça rime ? Je crois que j’ai voulu assouvir une vengeance, je m’y suis pris d’une façon déloyale. Je m’en veux, je déteste la personne que je suis quand la colère m’aveugle. » Autant dire qu’elle se détestait tout le temps. Plutôt gênée, Harper se mit à rire très doucement en rejetant sa tête en arrière qui fit se tendre sa gorge, et étouffer sa voix « Je t’ai fait perdre ton temps. Je suppose qu'à cause de moi, tu as dû passer à côté de gros scoops. » Elle fit voltiger son regard de part et d’autre du vaste plafond et plissa les paupières en se mordant très fort la lèvre, avant de secouer la tête de droite à gauche. Les mots auxquels elle pensait lui brûlaient la gorge, elle sentait qu’ils voulaient se frayer un chemin entre ses lèvres qu’elle s’entêtait à vouloir garder étroitement serrées. Il fallait qu’elle résiste, elle n’avait pas le droit de faiblir… mais ce fut trop tard. Avant même qu’elle n’ait le temps de s’en apercevoir, elle lança, authentique « Je suis désolée. » Sonnée, Harper baissa brusquement le menton et fixa Sunny sans ciller, retenant sa respiration dans sa poitrine et crispant les doigts sur ses genoux pliés.


Dernière édition par Harper E. Pritchard le Sam 29 Déc - 13:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 05. The naked truth   Lun 19 Nov - 22:25

D’une main prudente, Sunny attrapa un plastique imprimé pour le poser à un emplacement, juste à côté d’un trou qui contiendrait, une fois le journal imprimé, la photographie illustrant l’article. La mise en page avait beau être une épreuve nécessaire à la réalisation d’un journal, Sunny devait bien avouer qu’elle n’aimait pas tellement s’en occuper. Ce qu’elle aimait, elle, c’était fouiner dans la vie des gens, dénicher des petits secrets les concernant, mettre à jour des révélations honteuses, faire des chantages et mettre à mal les lycéens populaires sans foi ni loi qui s’amusaient à torturer les plus faibles, et écrire. Ce n’était pas uniquement dans le but de secouer les lycéens de McKinley qu’elle s’amusait à écrire des articles piquants et dénonciateurs, c’était également pour le simple plaisir d’écrire, d’avoir son nom en bas de l’article. Elle aimait se creuser la cervelle pour trouver de jolies tournures de phrases, passer des heures à plancher sur un sujet pour qu’il soit captivant à lire, elle adorait ça. Même en étant consciente que la mise en page faisait partie intégrante du système de publication d’un journal, ce qu’elle préférait c’était se retrouver devant son clavier pour écrire. Aussi, c’était avec beaucoup de mauvaise volonté qu’elle se pliait à cette tâche. Cela aurait un bel euphémisme que de dire qu’elle avait hâte que l’année scolaire se termine, afin que l’actuel président du club de journalisme soit diplômé et que la place se libère. Sunny avait également hâte de savoir qui reprendrait le flambeau, et autant l’avouer, elle espérait bien qu’on lui confierait cette tâche. Si elle était consciente que le journal du lycée se devait de traiter de sujets tels que les compétitions sportives ou les résultats scolaires, elle n’avait de cesse de vouloir glisser des articles plus incisifs sur la façon que Mr Figgins avait de gérer son établissement, ou sur le comportement plus que cruels des élèves et auquel personne dans le corps enseignant ne semblait vouloir mettre un terme. Jusqu’à présent, toutes ses tentatives s’étaient soldées par un cuisant échec, mais d’ici quelques mois, peut-être pourrait-elle enfin faire changer les choses.
Après plusieurs heures passées à se tenir penchée au-dessus d’une table, à s’user les yeux sur de petits caractères et des photos qui méritaient d’être retouchées, Sunny commençait à avoir mal à la nuque et une migraine pulsait dans ses tempes. Mais elle ne leva pas les yeux, alors qu’Harper prenait place sur une chaise haute près d’elle et s’amusait à tournoyer sur elle-même. Concentrée sur ce qu’elle devait faire, la journaliste en herbe n’écoutait l’athlète que d’une oreille, mais une oreille pourtant très attentive. De fait, jamais elle n’aurait pensé qu’Harper apprécierait l’ambiance calfeutrée du club de journalisme, avec ses bureaux surchargés, ses fenêtres qui restaient closes pratiquement toute l’année pour ne pas prendre le risque de faire s’envoler des feuilles, et ses ordinateurs qui tournaient en permanence. L’air sentait l’encre et le papier, avec un soupçon de poussière propre aux lieux encombrés. Les sportifs avaient d’ordinaire cet endroit en horreur, puisque plus habitué à être au grand air, mais Harper s’était très vite acclimatée à l’ambiance particulière de cette pièce, que Sunny adorait presque autant que sa propre chambre. D’une certaine façon, ça n’aurait pas trop du la surprendre. Harper avait beau passer beaucoup de temps à courir avec l’équipe d’athlétisme, elle n’en restait pas moins une adolescente renfermée sur elle-même, taciturne et qui fuyait toute vie sociale. La salle du club de journalisme avait un petit côté « vieille librairie », c’était à la fois chaleureux et intime, et loin de toute l’agitation des couloirs du lycée. Le refuge par excellence, sauf en cas de retard dans le travail d’édition, auquel cas la pièce retentissait d’ordres en tout genre et de bruits frénétiques de claviers. Pour l’heure, avec Sunny qui ne disait pas un mot –contrairement à son habitude- et Harper qui, comme à son habitude par contre, restait silencieuse, il faisait bon rester dans la salle, au calme.

Passant à l’une des dernières pages de la gazette, Sunny fut distraite par Harper qui se remettait à parler, et elle perdit brièvement le fil de ce qu’elle faisait. Fronçant les sourcils, elle se força à se concentrer sur ce stupide article –mal rédigé, en plus- concernant l’anniversaire de la bibliothécaire –tu parles d’un sujet intéressant- mais les paroles d’Harper se frayaient un chemin vers son cerveau, et elle s’interrompit. Faisant fi de sa colonne vertébrale qui lui faisait comprendre à grand renfort de pic de douleur qu’elle n’aurait pas dû rester penchée sur une table aussi longtemps, elle se redressa et fixa Harper sans mot dire, impassible.
La jeune fille semblait être revenue sur sa décision de balancer Seth Catalano aux autorités si jamais ses soupçons s’avéraient fondés. Elle refusait même de savoir ce que Sunny avait bien pu découvrir. Il est vrai que si, effectivement, Seth était un jeune homme aux mœurs douteuses, qui profitait de sa position d’enseignant pour approcher de jeunes filles en fleur, c’était se lancer dans quelque chose de vraiment dégoutant. Tous les protagonistes seraient éclaboussés, d’une manière ou d’une autre, par le procès qui s’en suivrait forcément. Sunny n’étant qu’une mineure, son nom ne serait jamais dévoilé –bien qu’il y ait de fortes chances pour que tout le monde comprenne de qui il s’agissait quand on citerait « la lycéenne du club de journalisme ». Mais Harper, majeure, verrait son nom dans tous les articles de journaux qui relateraient l’affaire. Sa vie en serait chamboulé à jamais, et ce même si elle contribuait à mettre un pervers derrière les barreaux. Elle serait celle qui a brisé la carrière, et la vie, d’un enseignant. Au final, Harper n’était pas prête à assumer ce rôle. Elle avait beau se donner une apparence de dure à cuire, qui n’a peur de rien et n’hésite pas à distribuer des claques si on la cherche trop, en réalité, ce n’était qu’une adolescente au cœur tendre. Sunny s’en doutait déjà, elle venait d’en avoir la confirmation, et elle pinça les lèvres devant le manque de motivation de la jeune fille. A quoi bon démarrer quelque chose si on n’a pas les tripes d’aller jusqu’au bout, franchement ? Assez déçue, elle n’en fit rien paraitre, et prit sur elle d’écouter Harper jusqu’au bout.
La réflexion de cette dernière concernant la colère et ce qu’elle pousse les gens à faire l’amena à réfléchir sur sa propre attitude. Poussée par le désir de vengeance, elle avait de très nombreuses fois usé de ses talents pour rendre la monnaie de leur pièce à des lycéens cruels qui avaient eu le malheur de s’en prendre à elle. Elle ne réfléchissait pas, et fonçait tête baissée dans sa vengeance, sans se soucier des conséquences que cela pouvait avoir parfois. Elle n’ignorait pas, par exemple, que Nina souffrait énormément de la situation actuelle, coincée entre ses mensonges, et le chantage odieux que Sunny lui faisait subir, et elle n’était pas non plus sans savoir que cette pression et l’angoisse qu’elle faisait naître chez la Cheerios pouvait très bien la pousser, un beau jour, à commettre l’irréparable. Pourtant, elle persistait. Mais le pire, c’était bien son ressentiment à l’encontre des New Direction, et ce depuis que Mr Shuester lui avait refusé une place dans la chorale. Elle n’avait eu de cesse de s’en prendre à eux, faisant courir des rumeurs, dressant les membres les uns contre les autres, se moquant d’eux à toute occasion. Aveuglée par sa colère, elle s’était lancée dans une guerre qui semblait ne pas pouvoir prendre fin. Harper s’en voulait d’agir sous le coup de la colère, et n’aimait pas la personne qu’elle devenait quand cela lui arrivait. Mais en comparant ce qu’elle-même faisait quand elle était vexée ou furieuse, et ce qu’elle faisait en étant paisible, Sunny ne voyait aucune différence. Sa détermination n’avait pas de limite, et se vautrer dans la saleté ne répugnait pas Sunny, du moment qu’elle obtenait ce qu’elle voulait : un bon article.

Cette rapide petite introspection terminée, Sunny ne put retenir un haussement de sourcils surpris, alors qu’Harper s’excusait humblement. Dévisageant l’adolescente, elle n’eut pour autant pas envie de sourire, et d’un geste, elle éteignit la lumière de la table avant de se hisser à son tour sur une chaise haute, face à Harper. « C’est la première fois que tu demandes pardon, je me trompe ? » Ce n’était pas vraiment une question, plutôt une constatation. Suite à cela, elle s’affaissa légèrement sur elle-même. « En tous cas, tu supposes bien. Je suis sur plusieurs affaires, mais avec les examens, je n’ai pas le temps de m’occuper de tout comme d’habitude. Je me suis concentrée sur ce que tu m’as demandé, et j’ai délaissé d’autres… personnes. » dit-elle en prononçant lentement ce dernier mot, puis elle reprit : « Ce n’est pas très grave. Mais, tu es sûre de toi ? Parce que… » Elle s’interrompit le temps d’aller chercher une lourde enveloppe dans son sac, et lorsqu’elle revint s’asseoir, elle la posa sur ses genoux. « Tout est là. J’ai fait mon maximum, et j’ai tout ce qu’il humainement possible de savoir sur Mr Catalano. Ce serait dommage de ne pas jeter un coup d’œil. Au moins pour t’assurer que les filles du lycée n’ont rien à craindre… » murmura-t-elle avec un regard perçant et plein de sous-entendus.

Tel le serpent désignant la pomme à Eve, Sunny voulait savoir si Harper était aussi pure qu’elle le prétendait. Se laisserait-elle tenter ?
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MessageSujet: Re: 05. The naked truth   Jeu 22 Nov - 14:53

Après ses excuses spontanées, Harper fixa encore un moment Sunny puis finit par esquiver habilement son regard quand les paroles qu’elle avait prononcées se formèrent distinctement dans son cerveau. Pendant que la jeune fille prenait place sur un tabouret haut installé près d’elle, Harper resta tout simplement muette. Elle ne savait pas ce qui l’avait poussé à s’excuser, les mots avaient visiblement dépassé sa pensée. C’était sans doute dû à la fatigue manifeste qui marquait son visage, il ne fallait pas chercher plus loin. Face à cette incartade de bons sentiments, Harper se sentit soudain mal à l’aise, presque idiote. Elle était, pendant à peine une seconde, sortie de cette carapace qu’elle portait constamment sur les épaules. Pourquoi, elle ne le savait même pas elle-même, peut-être qu’elle commençait à devenir trop lourde à porter pour elle, cette fameuse carapace. Aussi, c’était vrai qu’elle n’avait pas l’habitude de se confondre en excuse, car son père lui avait toujours dit que chercher à se faire pardonner, ce n’était bon que pour les gens faibles. Harper n’avait pas le droit d’être faible, ça avait toujours été le cas, et ça l’était encore plus depuis quelques années. Bien qu’elles n’étaient pas amies, Harper commençait à connaître Sunny pourtant. Elle savait que cette attitude venant de celle qui n’hésitait pas à se confronter, entre autres, à des armoires à glace dans les couloirs aiguiserait sa curiosité. Au mieux, ça la ferait malicieusement sourire, et ce fut instinctivement que l’athlète prépara mentalement une justification potable à son attention, histoire de ne pas enfoncer le clou et en sortir indemne. Elle ne lui en devait pas vraiment, des explications. Cependant, Harper venait en plus de lui dire qu’elle souhaitait abandonner la mission dont elle l’avait chargé quelques jours plus tôt. Sunny n’était pas sans savoir qu’Harper était la détermination même, c’était tout à fait légitime qu’elle se mette à suspecter quelque chose. Sauf qu’il n’y avait rien à suspecter, en réalité. Harper avait juste compris que sa quête de réponses était régie par la vengeance, et quand bien même ses doutes seraient confirmés par les informations récoltées par Loïs Lane en culotte courte, elle ne saurait comment gérer la suite des évènements ; devrait-elle prévenir la police, par exemple. Elle n’en savait rien, et elle en prenait lentement conscience, elle n’avait plus envie de le savoir. Harper avait déjà suffisamment à faire avec ses propres soucis, devenir celle qui dénoncerait un professeur-criminel, c’était une étiquette qu’elle ne se sentait pas capable de trimballer jusqu’à la fin de ses jours.

Un mur de silence se dressa entre Sunny et Harper. Cette dernière ne chercha pas à l’abattre, perdue dans les alibis incongrus qu’elle essayait discrètement de se construire pour expliquer ses précédents regrets. Ce fut sa camarade qui reprit sa parole, la faisant sortir de ses pensées, et de la même manière dont elle s’était excusée plus tôt, Harper réagit au quart de tour lorsque Sunny émit l’hypothèse que c’était la première fois qu’elle demandait pardon. Se redressant prestement, Harper aboya, sur la défensive « Pour qui tu me prends, bien sûr que j’ai déjà demandé pardon à quelqu’un. » Elle n’affronta pas le regard de Sunny, posa ses pupilles qui s’agitaient frénétiquement sur la moquette bleu nuit posée sur le sol de la pièce. Des excuses d’Harper étant occasionnelles, elle avait pourtant l’impression qu’elle passait son temps à faire des courbettes à tout le monde, ces dernières semaines. A commencé par Jesus, puis venait Sunny tout de suite après lui. Soit elle commençait à se faire des amis, soit quelque chose n’allait vraiment pas chez elle, et préférant ne pas s’attarder sur la question, d’un ton plus incertain, elle lança à la blonde « Mais c’est pas le sujet à ce que je sache, c’est pas si important. » Et elle l’écouta lui confirmer qu’elle l’avait contrainte à passer à côté de gros scoops juteux, terminant par lui demander si elle était sûre d’elle. De nouveau, Harper marqua un temps et cette fois, elle leva les yeux vers Sunny qui elle, se levait pour aller chercher quelque chose dans son sac. Lorsqu’elle revint sur ses pas, Harper constata l’épaisseur de l’enveloppe qu’elle tenait dans les mains, puis qu’elle posa sur ses genoux, et sans qu’elle n’ait le temps de s’y préparer, son cœur se mit à battre à tout rompre. Si fort d’ailleurs, qu’elle était persuadée que de là où elle se trouvait, Sunny pouvait entendre chacune de ses pulsations.

Les dimensions de cette enveloppe ne voulaient rien dire. Elle avait beau être grosse, cela ne voulait pas dire pour autant que les informations trouvées par la jeune fille étaient aussi importantes que le diamètre du papier, gondolé à cause du trop-plein de feuilles à l’intérieur. Se mordant graduellement la lèvre, Harper ne quitta pas l’enveloppe du regard. Elle avait le choix. Soit, elle acceptait de prendre connaissance des renseignements que Sunny avait dégotés et mettait les deux pieds dans une affaire qui la dépassait totalement. Soit, elle restait dans le flou et accordait une faveur à son professeur d’espagnol. Après tout, il ne pouvait pas être si mauvais, il n’avait qu’à le regarder, il fallait avoir un problème sérieux pour s’imaginer que ce gringalet pouvait vouloir du mal à quelqu’un alors qu’il semblait incapable de porter ses bouquins sans se casser le poignet… mais en même temps, il était si cordial avec ses élèves que ça ne paraissait pas honnête, et encore moins sain. Ses yeux clairs glissant de l’enveloppe à Sunny qui continuait de parler, Harper les planta dans ceux de son interlocutrice. Elle devait sûrement connaître le fin mot de l’histoire, elle. Se serait-elle comportée comme d’habitude si les accusations de Harper s’avéraient être justes ? L’adolescente essaya de chercher la réponse dans son regard, mais elle n’y décela rien. C’était toujours difficile de savoir avec Sunny, elle semblait tellement dépourvue de morale que l’éclat dans ses pupilles en ressortait glacial et en clignant des paupières pour recouvrer ses esprits, Harper se demanda si c’était ce que les autres pensaient d’elle lorsqu’ils la croisaient dans les couloirs.

Sautant brusquement de son tabouret, Harper s’éloigna de quelques pas pour marcher jusqu’au centre de la pièce, et se boucha violemment les oreilles pour chasser les bourdonnements réguliers des ordinateurs qui l’empêchaient de réfléchir ; ou était-ce sa conscience qu’elle essayait de faire taire ?
Revenant brutalement sur ses pas en retirant les paumes de ses mains de ses oreilles brûlantes, Harper se dirigea vers Sunny et empoigna sans plus de discours, l’enveloppe posée sur ses genoux. Dans ses mains, elle pesait encore plus lourd que ce qu’elle pensait ; elle la tourna et retourna entre ses doigts. Harper fit un petit pas de côté pour s’approcher d’un bureau, coula un regard à un mug rempli de jus de fruit, puis jetant l’enveloppe dans la corbeille à papier, elle n’attendit même pas que le papier touche le fond dégoûtant de la poubelle, qu’elle déversa le jus de fruit dessus, détruisant sans culpabilité aucune, les preuves que Sunny avait peinées pour avoir. Le jus de fruit colorant l’enveloppe d’un rouge très vif, elle s’imagina que l’encre à l’intérieur devait se dissoudre, les écrits y figurant devenant ainsi illisibles, et cela lui arracha un sourire. Reposant le mug sur le bureau, Harper leva le menton, la mine plus apaisée. Elle regarda Sunny, et simplement, elle dit d’un ton monocorde « Je suppose que ça règle le problème. » Ses yeux s’attardèrent dans ceux de Sunny, puis progressivement, elle baissa la tête sur le contenu de la poubelle, imbibée d’eau. Elle était sûre d’avoir fait le bon choix.


Dernière édition par Harper E. Pritchard le Sam 29 Déc - 13:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 05. The naked truth   Dim 23 Déc - 22:46

Bien qu’affichant un air de fatigue inhabituel sur son visage parfait, Harper réagit au quart de tour lorsque Sunny fit allusion à ce qu’elle avait pris pour ses premières excuses. De toute évidence, être épuisée ne lui faisait pas perdre sa fougue naturelle, ce qui rassura quelque peu Sunny. Elle ne savait pas ce qui pouvait donner à Harper cette mine brouillée, mais cela l’intriguait. Avait-elle de nouveaux problèmes à gérer, en plus de sa famille dont elle devait s’occuper ? Son rythme était-il devenu trop difficile à suivre ? Sunny avait elle-même beaucoup d’activités, et lorsqu’elle était sur plusieurs affaires en même temps, les semaines pouvaient être très longues et fatiguantes, entre ses cours, son rôle au sein du club de journalisme, le blog que Jonah et elle alimentaient, et ses affaires en cours avec les élèves de McKinley. Cela ne l’aurait pas vraiment étonné qu’Harper ne supporte plus son rythme de vie, mais elle se garderait bien de lui en faire la remarque, au risque de voir la jeune athlète monter sur ses grands chevaux, et claquer la porte avec fureur. Et puis, on ne pouvait pas vraiment dire qu’Harper ait le choix. Si Sunny tombait malade, ou simplement, si elle était trop fatiguée ou trop débordée avec ses révisions, elle pouvait très bien mettre entre parenthèses ses « occupations » pour se reposer et prendre du temps pour elle. Harper ne pouvait pas mettre entre parenthèses sa famille, qui avait désespérément besoin d’elle. Elle ne pouvait pas se passer de son boulot, ni de l’argent qu’elle recevait en échange de son intelligence. Elle ne pouvait pas prendre de repos, et ce devait être vraiment, vraiment dur, aussi bien physiquement que moralement. Sunny se targuait d’avoir du courage et les nerfs solides, mais elle doutait sérieusement de pouvoir supporter tout ce qu’Harper traversait chaque jour. C’était d’ailleurs ce qui l’impressionnait le plus, et au fil du temps, à force d’observer Harper et d’échanger, quand celle-ci était d’humeur, quelques paroles, Sunny pouvait bien l’avouer, elle était très admirative. Jamais elle ne le dirait à Harper, qui ne manquerait pas de se moquer ouvertement et de tourner en dérision cette admiration qu’elle jugerait ridicule. Aussi garda-t-elle le silence. Elle ne demanderait pas à Harper ce qui lui donnait cet air patraque, elle ne chercherait pas à savoir ce qui n’allait pas, elle n’essaierait pas d’alléger le poids qui pesait sur les épaules de l’athlète, parce que c’était ce que faisait une amie, et quand bien même elle admirait Harper, Sunny savait qu’elles n’étaient pas amies.

Ses prunelles bleues fixées sur Harper qui semblait en proie à un profond dilemme, au point que cela pouvait presque se lire sur son visage, Sunny resta silencieuse, attendant que la jeune fille assise en face d’elle prenne sa décision. Si Harper était venue la voir, c’était sous le coup de la colère, elle l’avait elle-même reconnue, mais maintenant qu’elle était plus calme et disposée à voir la situation sous un nouvel angle, allait-elle tout de même céder à sa première impulsion ? Elle en voulait à Mr Catalano, elle avait même l’air de ne pas du tout l’aimer, et cette rancœur serait-elle suffisante pour l’influencer et la pousser à ouvrir l’enveloppe ?
Sunny attendait beaucoup des prochains moments. Elle avait mené une longue enquête sur Harper, elle l’avait longuement observé, elle avait appris beaucoup de choses la concernant. Harper était courageuse, et brave. Elle ne semblait avoir peur de rien, elle était responsable, mature et très intelligente, en plus d’être une athlète et de savoir se défendre en cas de besoin. Et plus que tout, elle avait un grand sens de la justice. Pourtant, elle avait également l’air de souffrir d’une certaine impulsivité, comme le prouvait sa venue chez Sunny, plusieurs semaines auparavant. La journaliste se demandait, avec une certaine avidité il fallait bien le reconnaitre, quelle voie Harper choisirait. Se laisserait-elle déborder par la colère que suscitait en elle Mr Catalano, ou bien estimerait-elle qu’elle s’était laissé emporter ? Dans le premier cas, cela montrerait juste qu’elle se laissait aveugler, et Sunny en serait quelque peu déçue, même si cela prouverait également qu’Harper allait jusqu’au bout des choses, et qu’elle se souciait également des autres, du moins suffisamment pour s’assurer qu’ils ne risquaient rien, et ce malgré son obstination à se tenir éloignée de ses camarades. Dans le second cas, ce serait une preuve qu’elle était capable de se remettre en question, ce qui rendrait Sunny encore plus admirative, mais également un peu jalouse, elle-même n’étant pas vraiment capable de cela.

En proie à ses propres doutes, Harper hésitait, perturbée par le choix qu’elle devait faire. Sunny la regardait, sans rien dire, sans bouger. Et finalement, l’enveloppe quitta ses mains pour atterrir au fond de la corbeille à papier, et fut rapidement recouverte de jus de fruit. Sunny fixa la corbeille, puis fit remonter son regard jusqu’à Harper, et elle la fixa quelques secondes en silence. « En effet. » dit-elle finalement. Avoir passé de longues heures à fouiller le passé de Mr Catalano, à l’espionner et à se renseigner à son sujet, pour qu’au final, le fruit de ses recherches finisse à la poubelle, ne la dérangeait pas outre mesure. Elle n’était pas inconsciente, elle avait une copie de tout cela sur son ordinateur portable, et une autre copie sur un disque dur externe. Elle prenait toujours garde à faire plusieurs copies de tout ce qu’elle apprenait sur les autres, pour le cas où. Si Harper revenait sur sa décision, en quelques clics Sunny pourrait lui apporter des réponses. Pourtant, elle pinça les lèvres. « Si j’avais su que tu changerais d’avis, je ne me serais pas fatiguée autant. » se lamenta-t-elle avec un soupir de lassitude. « Je pensais que tu étais plus… acharnée que ça. Comme une lionne. Tu sais, avec ta crinière blonde et tout. Le genre prête à tout. » ajouta-t-elle en faisant un geste près de ses boucles blondes pour imager ses propos. « Je me suis trompée. » Et le fait est que ce qui venait de se passer emplissait Sunny d’un mélange curieux de joie, de satisfaction, d’admiration, et d’envie. Un léger sourire atténua ses propos qui pouvaient sembler plein de reproches. « C’est cool. Que tu puisses prendre le pas sur la colère que tu ressentais, que tu puisses te poser la question « est-ce que c’est bien ? ». Crois-le ou non, mais ça en démontre beaucoup sur qui tu es réellement. Je viens d’en apprendre plus sur toi en quelques secondes, que je ne l’aurais pu en plusieurs semaines. » Sunny détourna les yeux et son regard se posa sur sa planche d’articles en attente d’impression, son visage se parant d’un certain regret. « C’est cool. » répéta-t-elle.
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MessageSujet: Re: 05. The naked truth   Jeu 27 Déc - 17:54

Ses pupilles bleutées suivant avec un intérêt non feint le circuit de l’eau tachetant l’enveloppe marron dans la corbeille à papier, Harper ne regrettait pas son geste. Elle regrettait d’avoir fait perdre son temps à Sunny, bien sûr, elle était même sincèrement désolée de l’avoir entraîné dans cette histoire sordide, sachant que la période des examens se profilait, et qu’elle avait autre chose à faire que de récolter des informations qui finiraient par être détruites. Mais en revanche, elle n’éprouvait aucun regret à l’idée d’avoir laissé filer des informations capitales sur son professeur d’espagnol, car elle en était persuadée maintenant ; la colère l’avait aveuglé. Sournoise et intrépide, elle s’était insinuée dans la moindre parcelle de son corps jusqu’à ce qu’elle se décide à faire appel à Sunny. La colère l’avait presque défié en lui soufflant d’agir, en l’empêchant de penser à autre chose, en nourrissant ce sentiment profond de haine qu’elle avait à l’égard de Seth Catalano. Harper était malheureusement une jeune fille orgueilleuse qui estimait ne pas mériter qu’on la traite comme monsieur Catalano l’avait fait. Elle n’en disconvenait pas, reconnaissait ses torts : elle l’avait bien mérité. Mais n’était-ce pas le rôle des adultes de se raisonner avant de s’emporter et de répondre aux attaques idiotes d’une gamine de dix-sept ans ? Ça l’était, et en acceptant de se remettre en question, elle venait de prouver encore une fois qu’elle était sans doute plus adulte que ses propres professeurs. Ce constat l’alarmait, mais elle n’y pouvait rien, et tournant son visage fatigué vers Sunny, Harper tenta de mesurer l’impact de son geste dans ses traits : était-elle fâchée, lui en voulait-elle ? Le silence qu’elle instaura mit mal à l’aise Harper qui baissa lentement les yeux sur les vestiges de l’enveloppe imbibée de jus. Pour une fois, elle n’avait pas voulu énerver Sunny en détruisant le fruit de son travail, elle avait vraiment voulu choisir la meilleure alternative au dilemme qui l’avait assailli quelques secondes plus tôt. Ne trouvant rien à dire pour sa défense, Harper se mit à réfléchir. En fait, mise à part qu’elle ne comprenait pas l’obstination de sa camarade à fouiner dans les affaires des autres, dans les siennes en plus, Harper n’avait rien à reprocher à Sunny. Elles n’étaient pas amies, certes, mais elle n’avait pour autant pas le droit de lui en vouloir pour être déterminée, sinon cela voudrait dire qu’elle aurait dû s’en vouloir à elle-même de l’être aussi. Enfin, Sunny reprit la parole, et bizarrement, ce qu’elle lui dit toucha la jeune fille qui se surprit à sentir ses yeux lui picoter, se bordant de larmes. Elle mettait ça sur le compte de la fatigue : ses nerfs étaient à fleur de peau. Elle se fichait bien de ce que pouvait penser Sunny parce qu’elle savait, dans son cœur, dans sa tête, partout, qu’elle avait fait le bon choix. Sauf qu’en réalité, c’était tout autre. Harper était réellement touchée par ce que la jeune fille venait de lui dire, elle ressentit même une certaine déception dans son ton, ce qui lui contracta l’estomac et sans qu’elle ne comprenne pourquoi, farouchement convaincue d’avoir raison pourtant, naquit en elle un désabusement pour sa propre personne. Comment avait-elle pu en arriver là ? Être aussi faible, au point de contrer ses propres certitudes pour ne pas à avoir à affronter la réalité. Harper était tombée bien bas, mais fière et meurtrie, elle tenta de se convaincre une nouvelle fois que si elle avait changé d’avis, c’était pour sa famille ; comme ça, Sunny ne pourrait pas vraiment le lui reprocher.

Harper aurait voulu garder la tête baissée jusqu’à ce que ses yeux s’assèchent, mais elle avait peur que dans cette position, des larmes lui échappent véritablement, et dans un mouvement brusque de tête, elle dégagea son épaule de ses cheveux, tournant enfin le visage vers Sunny qu’elle regarda, les yeux anormalement brillants « Tu t’es pas trompée, si je reviens sur ma décision, c’est pour éviter que ma famille en pâtisse. Je crois que t’es la mieux placée pour savoir ce qui arrive aux gens qui dénoncent des faits de ce genre. Ma famille ne doit pas payer pour les actes que je commets, aussi désintéressés qu’ils soient. Je suis sûre que tu comprends. » insista-t-elle avant de renifler et de lui tourner le dos. Harper ferma très fort les yeux une fois qu’elle fut sûre que Sunny ne puisse la voir, et marmonna à son attention « Je suis désolée, OK ? Si tu veux que je te paie pour ça, pas de problèmes. J’ai de quoi te rembourser tes heures de durs labeurs, Palmer. » Elle croyait pouvoir s’en tirer à bon compte, ne pas éveiller les soupçons de la jeune femme, mais Sunny était quelqu’un de très attentif et lorsque Harper se baissa pour ramasser son sac de cours, et qu’elle le glissa à son épaule en se tournant vers elle, elle ne cilla pas, affrontant son regard malgré sa vue brouillée. Pour sauver les apparences, elle se mit à rire, fermant brièvement les yeux cette fois en secouant la tête « Ouais, c’est ça. Et qu’est-ce que t’as appris de moi que tu ne savais pas déjà ? Juste pour être au courant. » Elle la fixa, sentant sa gorge se serrer, et sa voix trembloter quand elle reprit « Que j’avais une âme, finalement, et que j’étais peut-être pas aussi dure que tu le pensais ? Wow, scoop de l’année ! Tu sais quoi, c’est pas journaliste que tu devrais faire, c’est psy. Avec ton talent inné, tu réussirais à faire avouer à Sainsbury que l’amour qu’il porte au Seigneur est juste une couverture pour que ses parents ne s’aperçoivent pas directement qu’il est gay. » Elle regretta cet affront tourné vers le jeune homme, mais il restait son seul moyen de sortir de cette impasse. Harper croisa les bras, secoua de nouveau la tête en retenant son chagrin qui restait coincé dans sa poitrine, à l’endroit exact où ça faisait le plus mal : son cœur était tellement douloureux qu’il donnait l’impression qu’il allait exploser, mais elle tint bon, et conclut « Si c’est cool pour toi, ça l’est pour moi. Ton tarif sera le mien, dépose ton instance dans mon casier, on fera ça à l’ancienne : du cash ou rien. » Harper pinça les lèvres, au bout de ce qu’elle pouvait contenir, et se dirigea vers la porte du bureau.
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MessageSujet: Re: 05. The naked truth   Dim 6 Jan - 16:06

En prise avec une petite introspection personnelle, Sunny repensait à toutes les fois où elle avait cédé à la colère. Elle n’était pas spécialement impulsive, elle ne s’emportait pas non plus sur un coup de tête, mais quand on s’en prenait à elle, ou à quelqu’un à qui elle tenait, elle n’hésitait pas une seule seconde et partait en croisade pour obtenir vengeance. Avec sa ruse, ses multiples ressources, et son manque de conscience, elle pouvait faire payer ceux qui avaient l’outrecuidance de s’attaquer à elle. Au footballeur qui l’avait bombardé de boulettes de papier pendant le cours de littérature, elle avait prouvé que la prise d’anabolisants n’était pas sans risque. Au duo de Cheerios qui s’étaient copieusement moquées d’elle, elle avait démontré qu’elle leur était supérieure intellectuellement en faisant circuler une vidéo d’elles complètement ivres et en plein dans le lycée. Elle ne se disait jamais que cela n’en valait pas la peine, qu’elle valait mieux que tout ça et qu’elle avait autre chose à faire que se venger. Mais elle savait également que si elle s’était contenté de laisser couler, elle aurait rejoint les rangs de ceux qui se font maltraiter jour après jour. Sunny n’était pas une victime, et petit à petit, elle avait fini par s’imposer au sein des lycéens de McKinley, et très peu d’entre eux prenaient le risque de s’en prendre à elle, maintenant qu’elle avait prouvé qu’elle rendait les coups. Capable de se défendre, Sunny l’était assurément, malheureusement, elle se fichait des conséquences que ses actes pouvaient avoir. Elle ne se remettait jamais en question, elle ne se demandait jamais si ce qu’elle faisait était juste. Se venger, parce qu’on l’avait humilié, c’était une chose. Mais user de chantage et faire pression sur ses camarades n’était pas très glorieux. Une fois de plus, Sunny repensa à Nina, qui vivait un véritable enfer. Sunny n’en était pas l’unique responsable, la cheerleader s’étant elle-même enfoncé dans un cercle vicieux fait de mensonges et de comédies, mais la journaliste faisait peser sur ses épaules un poids qui devait être très difficile à porter. Et pourtant, à aucun moment Sunny ne se sentait coupable. Elle n’avait aucun regret, et elle n’avait jamais songé à faire marche arrière. A bien y réfléchir, la seule et unique fois où Sunny avait renoncé à agir, c’est quand elle avait fait connaissance avec Harper. Ce jour-là, Sunny s’était sentie touchée par l’histoire de la jeune athlète, et elle avait eu la curieuse impression qu’on venait de lui donner une bonne leçon, quand Harper était venue l’aider alors qu’elle était menacée par un sportif un peu violent.
Aujourd’hui, c’est encore Harper qui venait de faire un pas en arrière dans sa petite vendetta, choisissant de ne pas se lancer dans une sordide affaire. Sunny était bien contente de ne pas être allée jusqu’au bout, quand elle avait mis Harper au pied du mur au sujet de cette affaire de tricherie. Parce qu’elle avait encore la sensation que la blonde en face d’elle venait, indirectement, de lui donner une leçon. Ce n’était pas très agréable, d’ailleurs. Sunny n’aimait pas se remettre en question, et à cet instant précis, elle se demandait si elle agissait bien, en attaquant par exemple les membres des New Direction comme elle le faisait depuis des mois. Curieusement, elle se sentait assez humiliée, en plus d’être admirative face à cette nouvelle facette d’Harper, et de la déception qu’elle ressentait face au constat de sa propre personnalité qui était moins brillante que celle d’Harper, si tant est que l’on puisse qualifier une personnalité de la sorte. Sunny n’aimait pas qu’on pointe du doigt ce qui n’allait pas chez elle, et bien que consciente d’avoir bon nombre de défauts, son aptitude à contrôler, manipuler et attaquer ses camarades lorsque la situation l’exigeait l’avait toujours rendue assez fière. Elle s’était peu à peu construit une défense en béton, grâce à cela. Harper était parvenue au même résultat, mais par d’autres moyens, et Sunny était assez agacée par ce constat.

Soudainement, elle prit conscience qu’elle était en train de se laisser envahir par la colère, uniquement parce qu’elle était vexée de ne pas être une aussi bonne personne qu’Harper. Elle était jalouse ! Et cette évidence lui fit pincer les lèvres, alors qu’à quelques mètres, Harper se détournait. Depuis qu’elle connaissait l’athlète, Sunny se sentait en permanence inférieure, et c’était vraiment, vraiment très désagréable. Réprimant un soupir frustré, la journaliste ne réagit même pas lorsqu’Harper prit la mouche. Croisant les jambes et glissant ses mains entre ses cuisses serrées, elle leva à peine les yeux à la mention de Sainsbury, son esprit entièrement tourné vers sa propre personne. Elle ne releva la tête que quand le ton sec d’Harper mit un terme à leur conversation, et que le bruit de ses semelles sur le linoleum s’éloignait à mesure qu’elle se rapprochait de la porte. « C’est ça, enferme toi dans ta carapace et va-t’en, loin de la vilaine journaliste qui a eu l’audace de comprendre qui tu es réellement. » se moqua-t-elle. Harper croyait-elle vraiment que Sunny n’avait pas remarqué son air épuisé, ses yeux rougis et les larmes qui faisaient briller ses prunelles ? Elle avait beau n’être qu’une lycéenne de seize ans, Sunny était membre du club de journalisme, elle était fille de journaliste, et elle comptait faire carrière dans cette voie. Son plus grand talent consistait à observer les gens, à lire leur expression, à analyser leur gestuelle. A l’instant précis où ses yeux s’étaient posés sur Harper, Sunny avait compris que quelque chose clochait. « Appeler les gens par leur nom de famille, c’est vraiment pathétique. » soupira-t-elle en secouant la tête, assez surprise de voir que tant de gens avaient recours à cette pitoyable tentative pour impressionner la personne en face. « Tu oublies à qui tu as affaire, Pritchard ! » ajouta-t-elle en imitant Harper, se moquant ouvertement de cette manie d’utiliser le nom de famille. « Je peux voir ce que les autres ne voient pas. Garde ton fric, j’ai fait ça parce que c’était toi, pas pour de l’argent. Si tu es trop fière et têtue pour comprendre, et bien tant pis. Ferme la porte en sortant. » Et sur ces mots, elle se détourna pour se pencher sur sa table lumineuse qu’elle ralluma d’un coup de pied rageur, et elle ravala ses propres larmes.
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MessageSujet: Re: 05. The naked truth   Mar 8 Jan - 22:46

Sunny ne s’en rendait probablement pas compte mais elle allait trop loin. Avouant s’être laissé bercer par la colère dans l’histoire avec monsieur Catalano, Harper avait réussi à se raisonner à temps. Néanmoins, elle restait impulsive. Elle agissait sous le coup de l’émotion à peine la couche épaisse de verni protecteur qu’elle portait depuis toujours s’écaillait, ce que son interlocutrice avait vraisemblablement comprit. Alors pourquoi s’entêtait-elle à se mettre en danger de cette manière, ne savait-elle pas que Harper se laissait guider par son intuition, ne réfléchissant qu’une fois les actes commis ? Sunny aussi finirait par regretter de se montrer aussi méprisante. Plus tôt qu’elle ne devait l’imaginer, Harper en restait persuadée. A cet instant, les yeux bordés de larmes, cette dernière se contraint pourtant à ne pas à réagir aux propos de la journaliste qui se vanta d’avoir compris qui elle était ; grand bien lui fasse. Et continuant son trajet jusqu’à la porte ouverte, Harper n’avait qu’une seule idée en tête : prendre le bus, rentrer chez elle, s’assurer que ses frères avaient fait leurs devoirs, vérifier si sa mère allait bien, et s’isoler dans sa chambre pour dormir jusqu’au matin. Tant pis pour le dîner, tant pis pour ses propres devoirs, tant pis pour les tâches ménagères. Harper était si épuisée, si cassée, qu’à chaque pas qu’elle faisait, l’impression que ses os se déconsolidaient la faisait mentalement gémir, littéralement à bout. C’était drôle, les salles de classe de WMHS ne lui étaient jamais apparues aussi hostiles. S’approchant de la porte à grand-peine, elle réalisa que c’était de sa faute. Mine de rien, elle avait baissé sa garde en demandant à Sunny de l’aider dans cette affaire. Elle lui avait fait confiance sans tout à fait s’en apercevoir, comptant sur sa parole qu’elle pensait d’or pour en venir à ses fins. Mais au fond, Sunny Palmer restait ce qu’elle était : une blonde arrogante qui l’avait menacé de révéler ses secrets si elle ne lui donnait pas la liste des élèves pour lesquels elle œuvrait. Elle lui avait voulu du mal, elle ne s’en était pas cachée. Il se trouvait même qu’elle l’avait prise à son propre piège. Tout ce que Harper avait trouvé de mieux pour s’en protéger, c’était de s’en rapprocher. Elle était stupide. Pire encore, naïve. Ce constat lui serra la gorge quand son amie la colère qu’elle repoussait avec une volonté farouche, elle, la narguait, lui intimant sournoisement que tout ce qu’elle avait à faire pour qu’elle la laisse tranquille, c’était de tourner les talons pour faire payer à Sunny les menaces qu’elle lui avait faites et les moqueries dont elle était en train de l’assaillir pendant qu’elle avait le dos tourné. Encore une tactique qui mettait en lumière son insupportable lâcheté. Celle qu’elle lui reconnaissait dans ses pratiques douteuses pour enterrer plus bas que terre les élèves qui étaient dans son collimateur. Serrant la mâchoire jusqu’à grincer des dents, Harper lutta pour ne pas rebrousser chemin ; elles ne jouaient pas dans la même cour. En effet, pendant que Harper réussissait à se raisonner pour le bien de ses proches, Sunny s’accrochait à la rancœur qu’elle ne parvenait même pas à soulager en dénonçant des faits grotesques dans le journal du lycée ; elles n’avaient vraiment rien en commun. S’avançant encore et encore, le chemin lui paraissait sans fin. Harper tenta de se convaincre que Sunny ne valait pas la peine qu’elle sorte de ses gonds en retenant sa respiration dans sa poitrine pour se calmer, et contre toute attente, elle parvint à atteindre le battant du seuil. Seulement, la mise en garde que Sunny prononça résonna dans sa tête comme un défi lancé. Ni une ni deux, Harper fit volte-face, jetant son sac de cours à l’autre bout de la pièce, elle rejoint dans de grandes enjambées, la table au-dessus de laquelle Sunny était penchée ; son sang n’avait fait qu’un tour.

« J’oublie à qui j’ai à faire ? » répéta-t-elle, interrogatrice, la voix étouffée à cause de sa mâchoire toujours aussi crispée. Harper avança jusqu’à Sunny, contourna la longue table pour se retrouver en face d’elle, mais du côté opposé, puis tendit le bras pour venir balayer son travail d’un revers de bras. Les photos que Sunny était en train d’observer valsèrent dans une danse imposée, retombant en virevoltant sur le sol propre. Abîmées par la force avec laquelle Harper avait abattu sa main sur la surface de la table, ces photos qu’elle avait trouvées jolies plus tôt, elle n’en avait plus rien à faire, désormais. Sunny l’avait de nouveau menacé, elle ne se laisserait pas faire comme la dernière fois, c’était impensable. Les yeux brillants, ce n’était plus des larmes d’abattement qui longeaient ses longs cils, mais des larmes de rage pure. Serrant davantage les dents en fixant Sunny droit dans les yeux, elle respira fort plusieurs fois d’affilées avant d’esquisser un sourire menaçant et de reprendre d’un ton étonnamment calme « Et toi, Sunny, » elle insista sur son prénom puisqu’il semblait qu’elle devait l’utiliser maintenant, « tu n’aurais pas oublié à qui tu as à faire ? » Harper regarda Sunny longtemps, puis sans prévenir, abattit son autre main sur la lampe allumée qui s’écrasa au sol, brisant fatalement l’ampoule. L’adolescente ne s’en retourna pas, elle préféra dévier la table pour rejoindre Sunny, et une fois près d’elle, elle lui prit le visage avec sa main droite, tenant fermement son menton dans sa paume. Elle serra très fort ses doigts contre ses joues bien rondes, espérant sincèrement qu’elle lui faisait mal et lui chuchota – prenant le temps de lui dégager son front d’une mèche de cheveux avant toute chose –, approchant tout près ses lèvres charnues de son oreille en même que son corps pour accroître la tension entre elles « Je ne sais pas rentrer l’intimité des habitants de cette ville pour leur pourrir la vie en faisant pression sur eux comme toi tu le fais, mais ça m’empêche pas que j’ai les moyens de faire de ta vie un enfer, Sunny. » Elle serra ses doigts encore plus, jusqu’à sentir les dents de Sunny faire un barrage contre ses doigts, mais elle ne défit pas la pression pour autant. Baissant la tête pour affronter son regard, Harper plaça sa tête bien en face de la sienne pour que leurs yeux soient à la même hauteur, et dans une expression sérieuse, elle hocha lentement la tête, haussant les sourcils, en ajoutant « Tu me suis ? » D’un coup sec, elle repoussa le visage de Sunny en arrière, la faisant basculer et s’éloigner d’elle. Harper avait flanché, elle s’était laissée atteindre, mais la satisfaction que ça lui procurait ne lui donnait même pas envie de s’attarder sur les conséquences de cette altercation. Arquant un sourcil vigilant, Harper ne lâcha pas Sunny des yeux, ce fut seulement quelques secondes plus tard qu’elle daigna détourner son regard froid pour venir le poser sur le bazar qu’il y avait maintenant dans la pièce. Dans une expression goguenarde, elle haussa les épaules, et s’avançant de nouveau près de Sunny dans l’intention de prendre la porte, elle lui glissa à l’oreille en passant, baissant la voix le plus possible « Tu devrais penser à faire un brin de ménage. Tout ce bazar, ça fait mauvais genre. », et lui donna une grosse tape sur la joue en reprenant son chemin, l’air de rien. Harper se courba alors pour récupérer son sac qu’elle avait envoyé plus loin dans la salle, puis le cœur battant à tout rompre, quitta la pièce en prenant soin de fermer la porte derrière elle, produisant exprès un bruit sourd, et créant un coup de vent qui fit de nouveau, s’envoler les photos accrochées au mur.

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05. The naked truth

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