Choriste du mois


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 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...

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MessageSujet: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Lun 5 Nov - 0:09

Elle avait le plus beau filleul qui soit, c’est sûr. Il méritait bien toutes les attentions dont il était l’objet, son magnifique petit Liam. Un sourire bienheureux aux lèvres, Brittany admira encore un instant son bout de chou préféré avant de déposer un baiser papillon sur son front. Elle remonta légèrement sa couverture avant de le laisser enfin à sa sieste. Elle quitta la chambre à pas de loup mais garda la porte entrouverte – au cas où.

« Il s’est endormi. »
annonça-t-elle joyeusement en rentrant dans le salon. Santana, venue déposer son fils à sa baby-sitter-en-chef, l’y attendait. « Alors, de quoi on parlait déjà ? Ah oui, New York ! Le plus simple, c’est probablement que je te montre les photos. » Elle passa un index parfaitement manucuré sur le dos de volumes alignés sur une étagère. « L’album doit être quelque part par là… Oui, voilà, février 2013 à mai 2014. » Autrement dit, de son arrivée à NY à ses fiançailles. Sans surprise, il était de bonne épaisseur : elle avait une vie très active à l’époque. C’était ses années glorieuses.

Elle s’installa à côté de Santana sur le sofa et lui tendit l’ouvrage. Elle récupéra sa tasse de chocolat chaud, abandonnée quelques instants au profit de Liam. Buvant avec délectation la boisson sucrée, elle pointa du doigt quelques personnes au fil des photos, comme sa colocataire et Brittany-sitter de l’époque, Katia, mais parla surtout des lieux branchés de NY qu’elle avait visité, puisque c’était le sujet qui les intéressait. Quelque part dans sa description du RadioCity MusicHall, elle abandonna sa tasse vide auprès de celle de Santana sur la table basse, à côté d’une assiette d’en-cas.

La sonnerie de l'interphone ne tarda pas à les interrompre et Brittany se leva promptement en devinant l'identité de leur visiteur. En effet, ce fut bien Aaron, venu récupérer Santana pour leur rendez-vous, qui annonça sa présence. Elle lui ouvrit après une salutation joyeuse – bien que plus sobre que ce qu'elle avait pu lui offrir par le passé. Elle n'était jamais très à l'aise lorsqu'elle se retrouvait en présence simultanée de son ex et de sa meilleure amie. Et ce pour une bonne raison : elle ne cachait jamais rien à Santana. Elle avait pourtant été incapable de rassembler le courage nécessaire pour lui avouer qu'elle et son petit-ami (ou soupirant ? elle ignorait quel était leur statut officiel, ou si seulement leur relation pouvait être étiquetée…) avaient été intimes par le passé. Elle avait juste ce lourd pressentiment lui assurant que ce ne serait pas bien pris.

Quelques instants plus tard, on frappait à la porte et Brittany sautilla dans le hall pour ouvrir à Aaron. Distraite, elle ne remarqua pas le froncement de sourcils s'aggravant sur les traits de sa meilleure amie tandis qu'elle fixait les photos illustrant ses sorties dans les clubs de danse de NY (et c'était entièrement de la faute du sourire hypnotisant de Liam qu'elle ait oublié qui, exactement, elle fréquentait à l'époque et le type de danse ou gestes qu’elle partageait avec lui en public – Dieu merci, tout matériel réellement incriminant avait été brûlé la veille de son mariage).

« Bonjour ! » accueillit-elle Aaron en le laissant entrer. Elle lui fit la bise avec le sourire, déterminée à ne pas laisser sa gêne modifier trop drastiquement leur relation. Aaron restait un ami avant toute chose. « Liam s'est endormi comme un chef et Santana regarde des vieilles photos de NY. Je peux t'offrir à boire avant que vous ne partiez ? » proposa-t-elle en l’entraînant à l'intérieur du loft.


Dernière édition par Brittany Pierce-Holcomb le Dim 17 Mar - 12:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Jeu 8 Nov - 12:04

Tandis que Brittany s'installait de nouveau près d'elle, un album photo à la main, Santana ne put s'empêcher de sourire joyeusement. Heureuse, voilà le mot qui qualifiait son état d'esprit en ce moment. Tout allait pour le mieux : Liam était de plus en plus adorable – si cela était encore possible – et malgré le fait qu'il devenait de plus en plus aventurier et inquiétait donc encore davantage sa maman, il était sa plus grande fierté. Elle avait Brittany à ses côtés, pour l'aider et l'épauler à chaque instant, et Santana savait qu'elle ne pouvait rêver mieux comme meilleure amie. Elle savait qu'elle pouvait l'appeler à toute heure et que la jolie blonde ferait n'importe quoi pour elle et son filleul. Brittany était et resterait toujours la personne qui comptait le plus à ses yeux après son fils. Et bientôt, d'ici quelques minutes, Aaron viendrait compléter ce tableau idyllique. Les deux jeunes gens, après un début chaotique, avaient enfin mis leur fierté de côté et posé un nom sur leur relation. Finis les questions sans réponse, les interrogations, les doutes : ils étaient ensemble, ils formaient un couple, et Santana n'avait jamais été aussi heureuse de partager sa vie avec quelqu'un. Elle avait confiance en lui presque autant qu'elle avait confiance en Brittany, et c'était la première fois qu'elle se sentait si bien avec un homme. Oui, Santana était heureuse, et elle espérait chaque jour que rien ni personne ne viendrait troubler son petit bonheur personnel. Tout cela la changeait, elle le savait. Elle souriait davantage, était beaucoup moins irascible et méchante. A l'hôpital, ses collègues lui disaient tous les jours combien elle rayonnait. Avant, tant de gentillesse de sa propre part l'aurait dérangée, voire effrayée, mais à présent elle s'en fichait : elle voulait que le monde entier sache que, pour une fois, elle avait enfin ce qu'elle souhaitait, et qu'elle était comblée.

Ce fut donc avec un sourire ravi que Santana parcourut les photos souvenirs de la vie de Brittany à New York. Sa meilleure amie s'appliquait à décrire chaque cliché, faisant rire plusieurs fois Santana. Bientôt, le bruit de l'interphone retentit et Brittany se dirigea vers la porte. Le sourire de Santana s'accentua d'anticipation à l'idée de voir Aaron. Telle une adolescente, elle avait envie de glousser, mais surtout elle n'avait qu'une hâte : qu'il la prenne dans ses bras, qu'elle se niche contre son torse et ensuite de se perdre dans un baiser. Elle garda cependant sa contenance, ne voulant effrayer ni Brittany ni son petit-ami, et se contenta de tourner la page de l'album. Une nouvelle photo de Brittany et de ses amis New-yorkais apparut, suivit de... Le sourire de Santana disparut instantanément, tandis que ses sourcils s'arquaient brusquement. Elle rapprocha le cliché de son visage afin d'être sûre de ne pas se tromper. C'était bien Aaron, un bras entourant la taille parfaite et dénudée de sa meilleure amie, qui posait au milieu du petit groupe. Tandis que son estomac se tordait douloureusement, Santana regarda avec fébrilité les autres photos, refusant de céder à la panique. Une partie d'elle ne comprenait pas ce qu'elle voyait, ou plutôt ne saisissait pas pourquoi ni Aaron, ni Brittany ne lui avait jamais dit qu'ils se connaissaient déjà. Il devait forcément y avoir une explication rationnelle à tout ça. Bien vite, tandis que ses yeux balayaient frénétiquement chaque cliché, Santana trouva enfin la raison pour laquelle les deux personnes en qui elle avait le plus confiance lui avait caché tout ça.

Sa gorge se serra alors que ses yeux s'écarquillèrent. Au loin, elle pouvait entendre Brittany accueillir Aaron, et elle se leva précipitamment. Elle rejoignit le hall à temps pour voir Brittany déposer un baiser sur chacune des joues de Aaron. Santana ne manqua ni le sourire que son petit-ami adressa à Brittany, ni l'air enjoué et la main protectrice que la blonde posa sur le bras de Aaron.
Elle resta immobile dans l'embrasure de la porte, le corps tendu à en faire mal, la peine et la déception se mêlant à la colère. Sans un mot, elle rejoignit le salon et s'empara de l'album photo avant de se tourner vers eux. Santana déglutit, ravalant les larmes qui menaçaient de couler et laissa à la place un sourire froid étendre ses lèvres. Elle les regarda l'un après l'autre, encore incapable de réaliser ce qu'elle avait vu, incapable de se rendre à l'évidence que tout était fini. « Je vous en prie, » commença-t-elle d'une voix glacée « ne vous gênez pas pour moi. » Elle jeta l'album à leurs pieds, la photo d'eux s'embrassant à pleine bouche bien visible. L'envie de pleurer se fit soudainement plus intense et elle laissa échapper un sanglot. Elle refusait de pleurer en face d'eux. Elle avait juste envie de hurler, mais Liam dormait dans la pièce d'à côté. Elle jeta donc un regard assassin à Brittany avant de s'approcher de Aaron. Sa main claqua sur la joue du jeune homme et elle se sentit un peu mieux. Elle plongea ses yeux dans les siens avant de murmurer : « Qui embrasse mieux ? Elle ou moi ? » Elle agrippa ensuite le bras de Aaron, puis celui de Brittany, et les rapprocha l'un de l'autre. « Allez-y ! » ajouta-t-elle d'une voix plus forte. Elle comprenait mieux la facilité avec laquelle Brittany et Aaron s'étaient entendus dès le début. Elle avait été assez naïve pour penser qu'elle avait juste de la chance que sa meilleure amie et celui pour lequel elle avait, pour la première fois, de vrais sentiments, s'apprécient si rapidement. « Je serais vraiment intéressée de savoir combien de fois vous vous voyez sans moi, sans me le dire. » Le nombre de fois où, après être tombée sur le répondeur de Aaron, elle avait tenté de joindre Brittany, sans succès. Ou lorsqu'elle avait surpris des regards entendus entre les deux. La complicité, les sourires et les rires ; tout ça prenait tout son sens maintenant. Elle se sentait trahie et souillée, mais plus que tout elle se sentait tellement stupide d'avoir cru à tout cela. A ce bonheur, à cette chance d'être enfin heureuse et comblée. Elle était partagée entre l'envie de savoir, de souffrir mais de connaître toute la vérité, et celle de récupérer Liam et de partir sans se retourner, avant d'ouvrir une bouteille de vodka et de pleurer jusqu'à trouver le sommeil.
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MessageSujet: Re: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Mer 5 Déc - 18:03


“Secrets are made to be found out with time.”
AND EVERYTHING GOES TO HELL


Depuis quelques semaines, Aaron se sentait profondément bien. Mieux qu'il ne l'avait été depuis de très longs mois, à vrai dire. Un indéfinissable sentiment de légèreté nuancé d'une généreuse touche d'euphorie le poursuivait dans chacun de ses déplacements, gonflant sa poitrine comme une voile et transfigurant ses routines hebdomadaires. Et parfois, tandis qu'il s'échinait sur les moteurs du garage de ses frères, ses pensées dérivaient vers les siennes et il se surprenait à ressentir un manque impressionnant au beau milieu de la journée. Ses rapports avec Santana s'étaient drastiquement améliorés depuis qu'il lui avait avoué l’origine des blessures partielles qu'il dissimulait consciencieusement sous une couche de vêtements. Par ailleurs, les affaires fonctionnaient de mieux en mieux au Garage ces derniers temps ; conséquemment, il s'était offert un petit plaisir (auquel il se serait refusé de prétendre quelques mois plus tôt en vue de la situation financière précaire dans laquelle ses frères et lui étaient enfoncés dernièrement !). Pour la première fois de toute son existence, il avait pris le temps de décrocher son téléphone pour réserver une table, ainsi qu'une chambre d'hôtel dans deux établissements très respectables de Columbus, dans une optique de rendez-vous idéal. Ils dîneraient tranquillement, avant de s'éclipser pour passer la nuit l'un dans les bras de l'autre. Ils n'étaient pas même obligés de coucher ensemble. Le cubain souhaitait seulement profiter de l'intimité que son appartement et la Pension Preston ne leur offrait pas et, se réveiller à ses côtés le lendemain matin. Jamais il ne s'était embarrassé de pareilles simagrées dans le passé et s'il n'en éprouvait aucune honte particulière, il avait toutefois conscience que son manque de manières, de considération et de romantisme n'était pas un secret pour Santana. C'était pourquoi il produisait ces efforts inédits : il désirait à la fois lui prouver que cette relation dans laquelle il s'engageait progressivement, n'en était pas une parmi tant d'autres à ses yeux ; ainsi que se détacher de cette étiquette de coureur de jupons qu'on lui associait régulièrement.
Aaron avait demandé à Santana de trouver quelqu'un pour garder Liam, le temps qu'ils passeraient à Columbus. Son choix s'était naturellement porté sur sa jolie blonde de meilleure amie et, il lui avait immédiatement proposé de la rejoindre sur place, de manière à pouvoir saluer Brittany avant qu'ils ne se mettent en route. Il avait pris le temps d'une douche avant d'enfiler une chemise correctement repassée pour ensuite monter à bord de sa Camaro, revenue de réparations quelques jours plus tôt. Il songea à l'épisode du réveillon du jour de l'an avec un mince sourire avant de réaliser une marche arrière négligente et s'élancer dans le trafic en direction du centre-ville. Il songea furtivement aux relations qu'il entretenait avec les deux femmes qu'il s'apprêtait à rejoindre d'ici quelques minutes. Brittany et lui n'avaient pas encore envisagé de révéler les détails de leur passé commun à Santana. De son côté, il n'était pas même certain de vouloir le faire. Les révélations seraient extrêmement délicates vis-à-vis du caractère explosif de Santana et, il doutait qu'elles soient acceptées aussi aisément, quel que soit le tact dont ils pourraient faire preuve. Et puis, pourquoi tenterait-il de justifier une histoire qui n'était plus du tout d'actualité ? Brittany était une amie à laquelle il tenait beaucoup, avant toute autre chose. Le sexe n'était pas une variable indispensable à leur équation.
Le mécanicien se rangea tranquillement sur le côté en lissant les plis de sa veste et, s'accorda quelques minutes supplémentaires pour griller une cigarette tout en réprimant le mauvais pressentiment qui rampait vicieusement sous sa peau, inexplicable. Arrête ! se réprimanda-t-il en exhalant une écharpe de fumée. Il avait toujours (ou presque) été de ceux qui préféraient observer la vie à l'image d'un verre à moitié vide. Les derniers évènements, trop paisibles, s'enchainaient les uns à la suite des autres, sans le moindre incident et pourtant, il se sentait sur le fil du rasoir. Trop beau pour être vrai, serait la formulation correcte. Il n'aspirait qu'à être détrompé sur ce dernier point, cependant.
Acculé à la portière conducteur, il redressa machinalement le menton en tentant de distinguer les vastes baies vitrées de l'appartement de son ex new-yorkaise. Les deux jeunes femmes se connaissaient depuis de nombreuses années (c'était Brittany qui le lui avait appris) et, avait eu l'occasion de se retrouver seules en tête à tête à plusieurs reprises depuis que la rentière et lui avaient repris contact en décembre dernier. Et jamais, jamais Santana n'avait démontré d'attitude suspicieuse à son égard (du moins, pas à ce sujet-là). Alors, pourquoi s'angoissait-il ainsi à chaque fois qu'elle lui laissait savoir qu'elle profiterait de la compagnie de Brittany ? Peut-être démontrait-il toujours autant d'anxiété lorsqu'il s'agissait de compromettre un tant soit peu sa relation avec Santana qui, malgré les étapes qu'elle avait traversé, restait encore fragile. Il se doutait que les après-midi que les deux meilleures amies partageaient, représentaient une menace potentielle. Une clé de Damoclès, au-dessus de leurs trois têtes. Il abandonna sa clope à demi-consommée et s'empressa d'appeler l'ascenseur, se raisonnant progressivement. Il n'y avait aucune raison que ses appréhensions se réalisent. S'ils étaient minutieux, il y avait de fortes probabilités pour que l'infirmière n'apprenne jamais la nature de leur ancienne relation.
Les portes s'ouvrirent dans un chuintement pneumatique ; Aaron traversa le vestibule d'une démarche à la fois souple et rapide, consultant distraitement sa montre. Il appuya deux fois sur la sonnerie, où l'écriture enfantine de Brittany indiquait son nom composé de celui de son défunt époux. La jeune femme ne tarda pas à l'accueillir avec sa bonhommie coutumière et, un sourire gorgé de sincérité étira ses lèvres tandis qu'il déposait deux bises chastes sur ses joues. « Une prochaine fois, répondit-il avant de se pencher légèrement pour lui chuchoter quelques mots supplémentaires à l'oreille, J'ai réservé une table chez Marcella's, j'esp -- ». Il s'interrompit instantanément en percevant l'arrivée de Santana et, il s'écarta légèrement de Brittany pour venir déposer un baiser délicat sur ses lèvres. Il n'en eût ni le temps, ni l'occasion. Les pupilles brûlantes de l'infirmière l'arrêtèrent avant même qu'il n'ait eu le temps d'esquisser un pas vers elle. « Je vous en prie, ne vous gênez pas pour moi. » lâcha-t-elle, d'un ton polaire. Ses sourcils se réunirent avec incompréhension. « De quoi tu -- ». Une information capitale se traça un chemin jusqu'aux premiers plans de ses réflexions Santana regarde de vieilles photos de New York, je t'..., tandis qu'il posait les yeux sur l'album en question. Il s'y vît, embrassant la jeune femme à pleine bouche sans la moindre retenue. Il se raidit instantanément. « Qui embrasse mieux ? Elle ou moi ? » poursuivit-elle en les agrippant sans ménagement pour les rapprocher l'un de l'autre : « Allez-y ! ». Aaron se dégagea sèchement, en la repoussant doucement, mais sans délicatesse : « Ne sois pas stupide ! lâcha-t-il avec raideur, sans prendre la peine de répondre aux questions qu'elle lui adressait. Il mis une distance entre Brittany et lui, avant de s'accroupir pour ramasser le répertoire de souvenirs que la jeune femme avait composé avec la plus grande application. Il contempla les photographies, avec une attention divisée entre les réactions de Santana, de Brittany et les scènes auxquelles il assistait. Lorsque ses yeux se posèrent sur une seconde photo ne laissant aucun doute sur le type de relation qu'ils avaient partagé, il referma brusquement l'ouvrage avant de le tendre à sa propriétaire, sans la consulter du regard. Ses pupilles étaient fixées sur une Santana méconnaissable de ressentiment. La réaction à laquelle elle les confrontaient était pire qu'il ne l'aurait imaginé de prime abord. Et il n'était pas certain d'avoir la patience ou le calme nécessaire pour la maîtriser correctement. Piqué au vif, il reprit la parole : « Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? reprit-il en écartant vaguement les bras. On s'est connus avant, --- ». Il était incapable de structurer la moindre défense. Et puis ! Il n'avait pas à se justifier, bordel. Santana savait qu'il avait connu d'autres femmes avant elle. Qu'il s'agisse de Brittany n'entrait pas en ligne de compte.


Dernière édition par Aaron J. Guevara le Jeu 7 Mar - 19:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Dim 9 Déc - 18:23

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Dernière édition par Brittany Pierce-Holcomb le Jeu 14 Fév - 0:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Sam 15 Déc - 15:32

Santana se souvenait de ce roman qu'elle avait lu lorsqu'elle n'était encore qu'une adolescente. Elle était incapable de se rappeler du titre ni même de l'auteur, mais elle avait encore en mémoire l'histoire qu'il racontait, celle de cette jeune fille, Amy, trop sûre d'elle pour son propre bien, qui malgré sa prétention apparente cachait une souffrance intérieure créée par le manque d'amour de ses propres parents. Elle se souvenait du combat de l'héroïne pour trouver le bonheur, des garçons aux mauvaises intentions qui partageaient sa vie avant de la quitter brusquement, la laissant chaque fois encore plus démunie et brisée, jusqu'à sa rencontre avec l'homme qu'elle avait toujours rêver connaître, celui qui faisait battre son cœur un peu plus vite et qui savait toujours quoi dire pour la rassurer. La jeune femme se rappelait de cette scène en particulier, où le garçon courrait sous une pluie battante afin de rejoindre celle qu'il aimait, celle qu'il avait blessé mais qu'il ne voulait absolument pas perdre. Le dernier chapitre, celui dans lequel l'homme déclarait son amour à cette fille si semblable à elle-même, Santana l'avait lu une dizaine de fois. Et pourtant, l'infirmière était loin d'être fleur bleue, et romantique n'était pas l'adjectif qui sautait aux yeux lorsqu'on la connaissait vraiment, mais elle se souvenait combien ce livre l'avait touchée, combien elle avait imaginer que tout cela lui arrive. Elle se reconnaissait dans le caractère farouche, indomptable et acerbe de cette héroïne d'apparence si froide, manipulatrice et pourtant attendrissante et vraie. Amy qui, tout comme Santana, avait dû faire face à la méchanceté souvent perverse de certains garçons qui profitaient de son corps sans prendre la peine de s'intéresser à sa personne. La Santana de dix-sept ans, malgré les grands airs qu'elle se donnait, rêvait, espérait même secrètement vivre la même histoire d'amour que cette jeune femme. Et après l'histoire avec Puck, qui avait été un fiasco, celle avec Thomas qui l'avait purement et simplement détruite, et toutes les autres où les hommes s'étaient juste servis d'elle pour leur propre plaisir, Santana avait perdu espoir d'un jour vivre le même destin que la fille du roman. Elle s'était résignée, avait accepté le fait que sa vie ne se partagerait qu'entre Liam et Brittany et l'idée de ne jamais trouver quelqu'un pour vivre à ses côtés ne lui était même plus douloureuse, en réalité. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Aaron.

Aaron, avec qui tout avait été passionnel, compliqué, addictif. Aaron, qui lui avait fait ressentir tous ces sentiments qu'elle pensait ne jamais éprouver un jour. Aaron, qui faisait battre son cœur un peu plus vite, trop vite, qui la rendait heureuse et euphorique, qui lui donnait l'impression d'être une adolescente, une autre personne, une femme meilleure. Aaron, qui créait en elle une multitude de sentiments nouveaux et délicieux, qui lui manquait dès qu'elle était loin de lui, qui savait la calmer, l'apaiser, à l'aide d'un simple regard. Ce n'était pas juste sexuel, leur relation n'était pas un jeu, ou une passade, mais bien quelque chose que Santana apprenait chaque jour à chérir davantage, un lien fort et précieux qui la paniquait mais la comblait tout autant. Aaron, avec qui elle commençait à envisager de partager sa vie réellement, sincèrement, pour qui elle était capable de changer. Qui lui donnait l'impression d'être une nouvelle Amy. Aaron, qui l'avait trahi. Santana pouvait sentir son cœur se briser, battant douloureusement dans sa poitrine secouée de sanglots qu'elle refusait de laisser sortir. Ses yeux la brulaient, son corps entier tremblait de rage et de tristesse alors qu'elle attendait une réponse, une explication, n'importe quoi qui puisse justifier ce qui se passait sur cette photo. Espérait-elle encore une raison moins douloureuse que la vérité écrasante que toute cette situation impliquait ? Probablement, car Santana refusait de croire que tout ce bonheur venait brusquement d'éclater en quelques secondes, en un simple claquement de doigt.

Pourtant tout se confirma très vite, trop rapidement pour que la jeune femme puisse anticiper la douleur qu'elle ressentit soudainement. L'absence de douceur lorsque Aaron la repoussa fut le premier signe, le ton sur lequel il s'adressa à elle le deuxième, mais la suite fut pire encore. Tandis que Santana tentait tant bien que mal de contrôler sa respiration hachée, le regard brûlant posé sur Aaron, elle vit ce dernier contempler les photos avec insistance, avant de donner l'album à Brittany, comme si le recueil regorgeait de souvenirs bien trop précieux pour rester abandonné sur le sol. Lorsque sa meilleure amie serra l'album contre son cœur, Santana retint avec difficulté un gémissement de désespoir. Tout était simple, n'est-ce pas ? Les réactions d'Aaron et de Brittany semblaient limpides, et peu importait ce que les deux personnes allaient lui dire pour se défendre, leur attitude face à ces clichés reflétait la réalité : ce qui s'était passé entre eux avait de l'importance, probablement bien plus que ce qu'ils allaient bien vouloir avouer. Bien plus que ce que Santana s'autorisait à penser. Mais ce fut le regard que lui adressa Aaron qui termina de briser la jeune femme. Un regard dur, presque froid, qui semblait lui crier combien son comportement était ridicule. Mais surtout, en plongeant ses yeux dans ceux du jeune homme, Santana se rendit compte qu'Aaron n'avait ni le courage, ni l'envie de réparer l'erreur qui venait de se produire. Elle n'y lisait que l'agacement et la colère. Santana réalisa qu'elle ne serait jamais Amy, qu'elle était vouée à rester seule et que personne ne serait capable la côtoyer sans la trahir. Elle avait été bien naïve de penser que tout pouvait changer.

Santana ferma les yeux très fort tandis qu'Aaron prenait enfin la parole, et son ton distant la fit hoqueter. Elle ne répondit rien, les paupières closes, priant de toutes ses forces pour ne pas pleurer. Mais lorsque Brittany prit part à la conversation, Santana ne put empêcher la larme qui s'échappa sans qu'elle ne puisse rien y faire. D'un poing rageur, elle écrasa la goutte salé avant qu'elle n'atteigne le milieu de sa joue et ouvrit les paupières, se sentant soudainement trop calme. Ses yeux brillaient probablement de larmes contenues, mais la douleur qu'elle avait éprouvée jusqu'alors avait disparu au profit d'une colère froide et contenue. Levant les yeux au ciel, elle éclata d'un rire glacial qui sembla résonner dans toute la pièce. « Tu sais ce que j'aime chez toi, Brittany » s'exclama-t-elle froidement, crachant presque le prénom de sa meilleure amie « c'est que tu es incapable de mentir. Et surtout, tu ne réfléchis pas du tout avant de parler ou d'agir. Tu es juste si... innocente, ou bête, selon le point de vue. Par contre, » ajouta-t-elle en s'approchant de la blonde, sans aucun remords pour les mots qu'elle employait à l'égard de Brittany « je ne te savais pas capable de garder ce genre de secret, surtout envers celle que tu appelles ta 'meilleure amie' alors je me dois de te féliciter ! » Santana s'arrêta à quelques centimètres seulement de Brittany avant d'applaudir lentement. Elle posa ensuite sa main sur la joue de la jeune femme avant de murmurer : « Je serais toujours là pour toi, Santana. Jamais je ne te mentirais, jamais je ne te trahirais, jamais je ne te ferais souffrir. » Un sourire étendit ses lèvres. « Quelles conneries tu peux sortir parfois, Britt. » Elle tapota la joue de Brittany avant de se tourner vers Aaron, sa bouche se tordant soudain en un rictus de colère. « Amis, hein ? C'est ce que vous êtes maintenant, des amis, n'est-ce pas ? Et tu penses vraiment, Aaron, que je vais vous croire ? Je connais ta réputation et les garçons comme toi, j'en ai fréquenté des tas. Je sais aussi que Brittany est adorable et qu'on peut difficilement lui dire non. Combien de fois avez-vous couché ensemble sous mon nez, en vous marrant probablement de la pauvre Santana qui ne voyait rien venir ? » Elle agrippa la chemise d'Aaron afin de le rapprocher d'elle et se hissa sur la pointe des pieds, leurs bouches dangereusement proches. « Je t'ai fait confiance, je t'ai laissé côtoyer mon fils malgré ton goût pour la violence gratuite, je t'ai permis de faire partie de ma vie sans rien demander en retour. » Santana ferma les paupières un instant tandis qu'une nouvelle vague de larmes remplissaient ses yeux. Lentement, elle se détacha d'Aaron et fit quelques pas en arrière. « Parce que vous pouvez me dire ce que vous voulez tous les deux, le simple fait de ne m'avoir jamais rien dit n'est que la preuve que ce qui s'est passé entre vous, à New-York ou ailleurs, était bien plus important que ce que vous êtes en train d'insinuer. » Sa voix tremblait mais Santana s'en moquait. Un sourire triste se forma sur ses lèvres. Et soudain, la réalisation de la situation atteignit enfin sa conscience et Santana se sentit bouillonner. « Allez vous faire foutre. » hurla-t-elle, pleine de rage.
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MessageSujet: Re: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Dim 10 Fév - 18:31

Il se raidit.
Aaron ne s'était jamais véritablement impliqué dans une histoire 'sérieuse'. À vrai dire, la perspective d'une vie de couple ne l'avait jamais attiré de quelque manière que ce soit. Il pouvait comprendre le besoin de compagnie, de se définir aux côtés de la personne aimée et de graviter autour de celle-ci quotidiennement ; en revanche, il ne l'avait guère expérimenté de manière personnelle — jusqu'à présent. Santana avait suscité ce désir de stabilité qu'il n'avait lui-même pas soupçonné. Elle était la personne pour laquelle il était prêt à bannir ses points faibles pour devenir l'homme au moins à moitié digne de la femme qu'elle était. Il savait qu'il y en aurait toujours pour penser que les hommes comme lui sont toujours en cavale et ne se poseront jamais. Qu'ils seront toujours en fuite à moins de trouver quelque chose pour laquelle s'imposer et se battre bec et ongles. Malgré le scepticisme qu'il aurait sans doute l'occasion de rencontrer à l'avenir, il était persuadé que Santana et Liam pourraient représenter cette chose, pour lui.
Ses rapports avec la gent féminine s'étaient toujours limités à l'amitié rafraîchissante ou au sexe occasionnel. Parfois les deux. Oui, il avait couché avec Brittany à plusieurs reprises. Oui, il était relativement proche d'elle. Il s'était attaché à la jeune femme fraîchement débarquée d'Ohio très rapidement à l'époque où ils s'étaient rencontrés — et même si cette aventure le plaçait aujourd'hui dans une mauvaise position vis-à-vis de Santana, il n'irait certainement pas jusqu'à prétendre aux regrets. Il n'en éprouvait aucun, à ce propos. Brittany était entrée dans sa vie à une période très difficile pour sa famille, comme pour lui. S'éloigner du foyer en deuil pour écumer les rues new-yorkaises aux côtés de la danseuse talentueuse qu'elle s'était révélée être, avait été une véritable thérapie pour lui. Elle l'ignorait à l'époque, comme aujourd'hui. En conséquence, elle n'avait pas tenté de le réconforter à grands renforts de phrases préfabriquées. Elle était amusante, innocente, très naïve. Et si pour certains elle aurait représenté le summum de l'exaspération ; à ses yeux, elle avait été l'amie idéale. À tel point qu'il n'avait guère souffert de leur éloignement, lorsqu'elle avait commencé à percer dans le milieu artistique. Plutôt que de déplorer la fin d'une ère de virées insouciantes ; il s'était seulement laissé le loisir de sourire, ravi que ce soit arrivé et puis c'est tout.
« For fuck's sake ! s'insurgea-t-il subitement, révolté par les propos acides de Santana. Il s'interposa sans attendre entre les deux jeunes femmes, opposant une paume ferme à la poitrine de l'infirmière, lui imposant quelques pas de recul. Tu penses réellement pouvoir lui cracher ça à la figure ? À elle ? La personne la moins vicieuse et la plus attentionnée que je connaisse ? C'est elle, la première à avoir clairement annoncé que rien — strictement rien — ne se passerait entre nous aujourd'hui ». Les réactions complètement disproportionnées de Santana mettaient ses nerfs à vif. Il aurait souhaité pouvoir la secouer par les épaules, lui remettre les idées en place. Pouvait-il réellement croire que Brittany se comporterait aussi déloyalement envers elle ?

Le discours qu'elle lui adressa lui fît l'effet d'un bloc de glace.
Ses lèvres s'entrouvrirent sous la surprise. Le souffle coupé, une sensation d'impact invisible dans la poitrine, une sueur froide s'écoulant lentement, le long de son échine. Aaron sentit le malaise fondre sur lui ; il devînt livide. Lentement, ses doigts se refermèrent sur les poignets de la jeune femme, dans une lutte de tout instant pour ne pas les écraser. Il la détacha de sa chemise, s'humectant machinalement les lèvres avant de planter ses pupilles dans les siennes : « Goût pour la violence gratuite ? La réputation de garçons comme moi ? releva-t-il d'une voix rendue rauque par la colère qu'il peinait à dissimuler. Est-ce que tu sais combien j'ai entendu à propos de toi et, de ta réputation depuis que je suis arrivé à Lima ? Rien du tout. Ça ne m'intéresse pas. Alors, oui ! Je pensais que tu m'accorderais un minimum de crédit ne serait-ce que pour les efforts de sincérité que j'ai tenté de réaliser au cours des dernières semaines ».
Il détourna les yeux et s'écarta d'elle, incapable d'en supporter davantage. Il en avait assez. Assez d'être considéré comme un criminel en faute sur tous les niveaux. Parce qu'il avait une réputation. Comment était-il supposé réagir si personne — pas même Santana ! — n'était prêt à croire en lui ?

« Parce que vous pouvez me dire ce que vous voulez tous les deux, le simple fait de ne m'avoir jamais rien dit n'est que la preuve que ce qui s'est passé entre vous, à New-York ou ailleurs, était bien plus important que ce que vous êtes en train d'insinuer. Allez vous faire foutre ! »

La goutte d'eau qui laissa déborder le vase. Sans même y penser, il s'empara du premier meuble à sa portée et le renversa furieusement sur le sol. Il brisa un vase, reportant toute sa frustration qu'elle lui inspirait sur ce qui l'entourait plutôt que sur elle. Il eût envie de lui hurler dessus ; se ravisa au dernier moment. Une veine se gonfla sur son front, tandis qu'il virait à un rouge enragé : « Tu te vois t'annoncer que tu as couché avec le petit ami d'une amie ? Honnêtement ! ». Les pleurs de Liam, alerté par la clameur de la dispute, s'élevèrent depuis l'autre pièce. « Regarde-toi réagir ! P**ain ! Brittany est une amie. Si tu n'es pas prête à avoir confiance en moi, je ne vois vraiment pas ce que je fous ici. ».
Il engloba le désordre qu'il avait produit d'un regard absent, se passant une main distraite dans les cheveux. Il releva les mains, déglutit : « I'm out of here ».
Il recula vers la porte, sans plus accorder un regard à l'intention de quiconque.


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MessageSujet: Re: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Jeu 14 Fév - 0:27

La détresse évidente de sa meilleure amie aurait fini d’atterrer Brittany s’il avait resté une quelconque trace d’optimisme et de positivisme dans ce petit corps blondinet au cœur d’or et aux nerfs fragiles. Il fallait croire pourtant qu’elle gardait des réserves de soleils à la guimauve enfouis entre deux valvules spasmodiques ; car elle les sentit fondre sous le rire glacial et les paroles acides qui s’infiltrèrent sous sa peau, traquant la moindre parcelle d’espoir et l’annihilant méthodiquement, au rythme de chaque attaque, de chaque invective.

Brittany se décomposa sous le poids de la rage de Santana. Jamais elle n’avait eu à subir la hargne de celle qui avait été son amie, sa protectrice et confidente au fil des ans. Pour la première fois, elle comprenait ceux qui s’étaient liquéfiés sous les coups verbaux de la latino. Pour la première fois, elle était incapable de retrouver les traces de la Santana qu’elle aimait derrière ce masque de glace aux accents aiguisés qu’elle affichait. Face à un tel assaut frontal, elle perdait même la volonté d’essayer. Livide, elle était à deux doigts de s’effondrer lorsqu’Aaron s’interposa entre elles, la sauvant d’une issue fatale. Elle n’était pas faite pour supporter ce genre de situation. Santana l’en avait toujours protégé aux lycées. C’était elle qui s’interposait lorsqu’on tentait de prendre la naïve Brit’ à partie. Les rôles étaient renversés et cela brisa irrémédiablement une partie de leur relation, quelle que soit l’avenir de celle-ci.

L’affrontement de ce couple qu’elle avait été prête à marier quelques minutes plus tôt n’arrangea en rien ses sentiments. Tandis qu’ils haussaient le ton, les larmes de Brittany coulaient librement sur ses joues et elle laissa échapper quelques hoquets, incapable de contrôler l’intensité de ses pleurs et le tressautement de ses épaules. C’est tout juste si elle se retint de chouiner (ce que, elle le savait, Santana détestait), laissant aux deux ‘adultes’ aux pics hérissés le silence nécessaire à leur échange vitriolé.

Le mouvement brusque d’Aaron la fit sursauter et elle se recula vivement lorsqu’il fracassa à terre meuble et vase. Les yeux écarquillés, Brittany fixa les fragments de céramique. Comment en étaient-ils arrivés là ? Comment son appartement était-il devenu le lieu d’une scène de ménage aux proportions épiques dont la seule issue à l’horizon était la destruction d’une relation d’amitié intense de plus de dix ans et l’annihilation d’une relation d’amour passionnel extrêmement prometteuse ?! Oh oui, c’est vrai, tout ça pour une banale aventure new-yorkaise de quelques mois s’étant déroulée il y a des années !

Le réveil de Liam, hurlant à la guerre mondiale (et il n’était pas loin du compte), et le volte-face d’un Aaron à bout eurent raison de Brittany. Elle essuya ses larmes d’un revers rageur de la manche et renifla un bon coup, ses sanglots rapidement étanchés par une chaleur couvant dans ses entrailles. « Would you please fucking stop ?! » ragea-t-elle, les poings serrés, s’adressant de manière égale à l’un comme à l’autre.

« Tu sais quoi Santana ? Je suis désolée, d’accord ? Je suis désolée de ne pas t’avoir dit qu’il y a des années j’ai eu une relation avec Aaron parce que je savais que tu le prendrais mal et que je pensais que ça ne valait pas la peine de se disputer pour ça ! Je suis désolée d’avoir été une amie si nulle et indigne de confiance que tu es prête à détruire notre amitié sans écouter ce qu’on te dit ! Je suis désolée d’être si conne et bête d’avoir pensé que notre amitié valait un peu plus que ça ! » Le souffle court, les joues en feu, Brittany leva une main pour ne pas qu’on l’interrompe et pointa du doigt Aaron. « Aaron est mon ami, nous sommes amis et rien qu’amis ! Il y a cinq minutes… » Elle dut déglutir pour pouvoir continuer. « Il y a cinq minutes, tu m’aurais demandé d’arrêter de le voir, de lui parler, pour toi, pour que tu sois rassurée, je l’aurais fait. Je l’aurais fait parce que ton bonheur et notre amitié a toujours été ma priorité. » Des larmes coulaient de nouveau librement sur ses joues. « Mais tu viens de me prouver combien j’ai été stupide, encore une fois, de croire que cela pouvait être à double sens. Donc… » Elle eut une inspiration hachée. « Donc… si tu es incapable de nous croire, si tu n’as que des paroles haineuses à dire Santana, je vais te demander… » Elle ferma les yeux et se passa de nouveau la main sur la joue à la recherche des perles salées échouées sur sa peau. « Je vais te demander de sortir. » Elle tremblait, sa voix était cassée mais, malgré ce que cela lui en coutait, elle soutint le regard de Santana. Elle était chez elle, elle ne pouvait pas mettre en place sa tactique habituelle face à une telle situation, la fuite ; mais cela ne signifiait pas pour autant qu’elle devait continuer à se faire insulter dans son propre appartement par sa "meilleure amie". En écourtant les hostilités, elle n'espérait que deux choses : sauver les ruines des relations piétinées ce soir là et pouvoir évacuer son stock lacrymal sans qu'on la traite de chouineuse.
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MessageSujet: Re: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Dim 17 Fév - 14:34

Aveuglée par la colère et la tristesse, Santana ne manqua pourtant pas l'absence de douceur lorsque Aaron se saisit de ses poignets, lui rappelant douloureusement ce jour où il lui avait avoué participer à des combats illégaux. Le bleu qu'il avait créé de sa poigne avait orné sa peau durant plusieurs jours, mais, bêtement, Santana l'avait alors porté presque fièrement, la marque étant la preuve que Aaron et elle étaient enfin réellement un couple, et qu'ils se faisaient mutuellement confiance. Mais maintenant, tout cela n'avait plus aucun sens. Trop de cris, trop de larmes et de paroles blessantes qui résonnaient dans le salon de Brittany ; Santana avait la nausée et même durant les moments les plus difficiles de sa grossesse, elle ne s'était jamais sentie aussi mal. Elle regardait frénétiquement Aaron et Brittany à tour de rôle, cherchant encore avec un désespoir presque pathétique une lueur de culpabilité dans leurs yeux, mais elle n'y voyait rien d'autre que de la colère froide pour Aaron et de la peine pour Brittany. Santana était tétanisée, un sentiment qu'elle n'avait jamais éprouvé de sa vie, et elle se retrouva incapable de répondre aux accusations du Cubain. Les mots restèrent bloqués dans sa gorge, tout comme le gémissement de douleur et les sanglots. Pourtant, elle avait envie de lui hurler combien il se trompait, qu'elle était la première à penser que Brittany était innocente et adorable, qu'elle était celle qui pouvait se battre à mains nues pour défendre la blonde, et que c'était justement l'amour inconditionnel qu'elle éprouvait pour sa meilleure amie de toujours qui rendait cette situation encore plus douloureuse. Brittany savait qu'elle n'aurait jamais dû lui cacher ça, Aaron pouvait dire ce qu'il souhaitait, aucun secret n'avait jamais eu de place entre Brittany et elle, c'était la raison pour laquelle leur amitié était si forte, si parfaite, si indestructible. Du moins c'était ce que Santana avait pensé jusqu'à maintenant. La Brittany qui se tenait à l'écart, le visage couvert de larmes et le corps secoué de sanglots, Santana ne la connaissait pas. Ce n'était pas la fille sincère et foncièrement gentille que la jeune femme pensait côtoyer tous les jours, celle en qui elle avait une confiance sans limite, celle qu'elle pensait avoir à ses côtés jusqu'à la fin. Santana avait l'impression de vivre un mauvais rêve. Tout semblait si irréel qu'elle s'empêcha difficilement de se pincer.

Elle n'eut pas besoin de le faire. Le coup d'éclat de Aaron la fit brusquement revenir à la réalité et elle dût prendre sur elle pour ne pas fondre en larmes. Ses yeux se posèrent sur des débris de verres qui jonchaient le parquet et l'ironie qui se dégageait de ce vase brisée n'échappa pas à la jeune femme. Elle garda la tête baissée. Elle avait peur de voir le visage de Aaron, peur de craquer et peut-être même un peu peur de lui. Elle croisa ses bras contre sa poitrine, geste de défense sommaire mais quelque peu rassurant. Mais les pleurs de son fils, désespérés et bruyants, la firent relever la tête, juste au moment où Aaron ajoutait la phrase la plus ironique de cette conversation. Il fit mine de se diriger vers la porte mais Santana s'élança à sa suite, agrippant son épaule avec force avant de le plaquer contre le mur. Aaron n'avait pas le monopole de la violence, et la colère de Santana pouvait faire des miracles. « Comment oses-tu ? » siffla-t-elle, pointant un doigt accusateur sur la poitrine du Cubain. Il ne comprenait pas, il ne comprenait rien. Elle avait pansé ses blessures, elle l'avait écouté, consolé, aidé. Elle avait pris soin de lui tout en faisant fi de la violence de son comportement. Comment pouvait-il dire des choses pareilles, alors qu'elle s'était entièrement remise à lui, faisant taire son caractère volcanique pour lui. « Ne tourne pas la situation à ton avantage, Guevara. Tu me parles de confiance, de sincérité, mais est-ce que tu te rends compte à quel point les conneries que tu sors sont ridicules ?! Combien d'occasions tu as eu pour me l'avouer avant qu'il ne se passe quoi que ce soit entre nous ? Ne joue pas les victimes. J'ai accepté ta situation, j'ai appris à te faire confiance parce que... » Santana dût déglutir pour ne pas dire ces mots qui n'avaient à présent plus aucune signification. Elle ferma les yeux une fraction de seconde avant de reprendre « Parce que je tenais à toi. Et tu me parles de sincérité ? » Elle s'éloigna d'un pas et secoua la tête. « Je ne suis pas experte sur le sujet, mais dans un couple, la sincérité est ce qui compte le plus, non ? Je... »

Santana fut coupé dans son élan par le cri de Brittany. Et tandis que la jeune femme se rapprochait d'elle, martelant ses mots de son doigt, Santana sentit quelque chose se briser en elle. Brittany n'était pas désolée. L'infirmière la connaissait par cœur, et tout ce qu'elle lisait dans les yeux de la blonde était tout sauf de la culpabilité. Santana était épuisée. Elle savait que tout était fini et elle pouvait lire dans leurs visages que rien de ce qu'elle pourrait dire ne changerait quoi que ce soit. Lui et Brittany avaient réussi à tourner à situation à leur avantage, se servant de son fort caractère et de ses cris pour en faire la coupable. Il n'y avait rien qu'elle puisse faire, et elle n'en avait de toute façon plus le courage ni même l'envie. « Mais tu viens de me prouver combien j’ai été stupide, encore une fois,  de croire que cela pouvait être à double sens. » Un gémissement quitta malgré elle ses lèvres à ces mots. Les paroles de Brittany étaient comme des coups de poignard en plein cœur et Santana sentit ses jambes fléchir sous les accusations. C'était donc ça ? Santana n'était qu'un être abject que les autres côtoyaient avec difficulté ? De toutes les personnes qu'elle connaissait, Brittany était la dernière qu'elle voyait dire ce genre de choses. Après tout ce qu'elles avaient vécu, Santana était réduite à cette personne caractérielle et profondément mauvaise, qui ne savait que faire souffrir et se plaindre, alors que c'était elle qu'on avait trompée ? Et c'était Brittany, sa meilleure amie, son âme sœur, la personne la plus importante à ses yeux, qui lui faisait le plus de mal ? Santana savait ce qu'elle valait. Elle était dure, souvent méchante, parfois colérique, mais elle pensait être plus que ça. Elle pensait mériter le respect, avoir droit à la sincérité. Aux excuses. Il aurait suffit qu'ils s'excusent, sincèrement, lui prouvant ainsi qu'ils tenaient à elle comme elle tenait à eux. Ne comprenaient-ils pas ? Que la rage et la violence de ses mots montrait à quel point elle les aimait ? Que c'était ça façon à elle de le prouver ? Brittany la connaissait mieux que quiconque, et pourtant... Pourtant ce fut celle qui lui porta le coup de grâce en lui demandant de partir. Les larmes s'échappèrent de ses yeux, glissant librement sur son visage tandis qu'elle baissait la tête. Elle avait à présent bien trop mal pour se battre ni même prononcer le moindre mot. Elle aurait voulu leur crier sa douleur et sa tristesse, elle aurait aimé leur dire combien ils la faisaient souffrir, combien elle les détestait, combien elle les aimait trop pour les laisser partir. Mais elle savait que ça ne servait plus à rien à présent. Personne n'avait jamais réussi à la briser complètement, jusqu'à aujourd'hui. Et, au fond d'elle, Santana espérait qu'ils s'en rendaient compte.

Elle se dirigea avec difficulté vers la chambre d'ami où Liam s'époumonait encore. Elle le prit dans ses bras, et lorsque son fils se pelotonna contre elle, l'appelant avec un désespoir palpable, elle ne put contenir ses sanglots plus longtemps. Son corps la lâcha et elle tomba à genoux, la douleur qu'elle éprouvait s'échappant bruyamment de ses lèvres tandis qu'elle serrait le petit corps de Liam aussi fort qu'elle le pouvait sans lui faire de mal. Elle ne savait pas combien de temps elle resta ainsi, berçant Liam autant qu'elle même, le corps tremblant à en faire mal. Mais au bout d'un moment il ne lui resta plus rien d'autre que l'épuisement et quelques sanglots. Elle se hissa sur ses pieds et attrapa les affaires de son fils avant de quitter, vacillante, la pièce. Elle passa devant Brittany et Aaron en silence, le visage caché derrière ses cheveux et attrapa son sac à main. Liam appela Brittany et Santana se maudit lorsqu'un énième sanglot résonna dans la pièce. Elle couvrit sa bouche de sa main avant de presque courir à la porte. Et ce ne fut que lorsque Liam fut confortablement installé dans son siège auto que Santana laissa libre cours à la nausée qui la menaçait depuis le début de ce fiasco. Elle se sentit encore plus mal après coup.
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MessageSujet: Re: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Jeu 7 Mar - 19:42

Aaron n'avait plus aucune envie de se tenir-là. Il eût une pensée aussi furtive qu'amère pour le sentiment qui l'avait accompagné aussi fidèlement que son ombre toute la journée durant. Cette allégresse délicatement nuancée d'une touche de nervosité inédite qui l'avait habité chaque minute, puis imprégné de toutes parts jusqu'à ce qu'il éprouve cette agréable sensation d'oppression dans la poitrine. Il n'avait jamais été aussi ravi de sentir son cœur battre la cadence contre ses côtes meurtries. Et cette attente interminable ! Il avait contemplé la pendule fixée au-dessus de l'atelier sans le moindre relâche, s'attirant quelques remontrances de la part de son aîné, comme si ça avait suffit à presser l'aiguille à tourner plus rapidement. Il attendait tellement de cette soirée que la tournure finale des évènements n'en était que plus difficile à accepter. Comment cela avait-il pu leur tomber dessus ? N'avaient-ils pas affrontés leur lot d'épreuves au cours des dernières semaines ? N'avaient-ils pas mérité quelques mois de répit ? Il coula un regard absent sur le désordre qu'il avait causé – écœuré. Parce que cette altercation advenait bien trop tôt dans cette relation qui malgré les obstacles surmontés, s'appuyait encore sur de fragiles fondations. Ils n'étaient pas encore prêts à encaisser leurs quatre vérités sans émettre la moindre protestation. Ils n'avaient pas encore traversé suffisamment de disputes pour que celle-ci les effleurent sans causer de mal. Et par-dessus tout, ils ne s'étaient pas encore assez habitués l'un à l'autre pour apprendre à se montrer dociles, ou à pardonner des remarques aussi acides, martelées sous l'effet de la colère. C'était comme s'élancer à la guerre, sans s'embarrasser d'une armure – voué à l'échec.
Il en avait assez entendu. Aaron se détourna des deux jeunes femmes, les poings fermés jusqu'à s'en blanchir les jointures et, se dirigea vers la porte d'une démarche pressée sans un regard en arrière. Les propos de Santana frappaient douloureusement ses temps, comme s'ils avaient tenté de s'y imprimer au fer rouge. Cependant, le plus blessant ne résidait pas dans ce qu'elle avait déclaré à voix haute mais dans ce qu'elle avait tu. Passivité. Silence. C'est ce dont elle avait fait preuve lorsqu'il avait évoqué la 'confiance' qu'elle plaçait théoriquement en lui. Il avait été le premier à douter d'un pareil privilège en premier lieu. Et finalement, il avait appris à s'en croire méritant au fil des jours. En réalité, elle ne plaçait aucun espoir, aucune foi en lui. Alors, pourquoi était-il là ? Pourquoi se battait-il bec et ongles depuis qu'elle lui avait accordé cette 'seconde chance' ? Accepter que ses efforts pour se montrer plus digne d'elle avait été vains, était d'une déception intolérable.

Il réprima de justesse un mouvement brusque lorsque la jeune femme lui imposa une volte-face. « Cut the crap ! l'interrompit-il à mi-discours. Je ne te dois aucun compte ! Mon histoire avec Brittany, elle ne concerne qu'elle et moi. It's none of your fucking business ! poursuivit-il en martelant chacun de ses mots d'une voix difficilement contenue. Tu sais quoi ? J'ai rencontré Alec. Et je sais que vous avez eu quelque chose. Et jamais, jamais ! je n'ai réagi comme tu es en train de le faire. Vas-y, dis-moi qui est le plus ridicule de nous deux maintenant ».
La suite de son discours le laissa pantois. Ils défendaient exactement le même point sans réussir à se raisonner mutuellement. « Je ... » commencèrent-ils à l'unisson, prêts à défendre leurs positions coûte que coûte. Moi aussi je tiens à toi, idiota ! Évidemment que la sincérité est primordiale, dans la mesure où l'on a quelque chose à cacher, je ... Les mots s'imprimèrent les uns à la suite des autres sur son visage, durant la fraction de seconde qu'il fallut à Brittany pour les interrompre, avant qu'il ne puisse les énoncer à voix haute. Les deux belligérants pivotèrent d'un même mouvement vers une Britt bien plus qu'ébranlée par la situation.

La requête de Brittany le laissa sans voix. Jusqu'à présent, il n'avait mesuré l'ampleur des dégâts qu'à l'échelle de sa propre relation avec Santana. Il n'avait pas même considéré un seul instant à quel point l'amitié qui unissait jusqu'à présent les deux jeunes femmes allait en pâtir. Il risqua un coup d'oeil en biais en direction de Santana. D'épaisses larmes commencèrent à rouler sur ses joues, douchant instantanément la colère du cubain et, il eût un pincement au coeur. Il aurait souhaité dépasser tout ça. Pouvoir sécher ces larmes et dire que c'était fini. Mais il savait foncièrement que tout ça ne faisait que commencer. Elle se dirigea d'une démarche rendue lourde par sa peine jusqu'à la chambre où Liam s'époumonait et, disparu de son champ de vision. Aaron passa une main sur ses lèvres et, baissa les yeux au sol. « Je suis désolé, Britt » lâcha-t-il dans un soupir à peine audible. Il se frotta le visage, resta figé quelques instants le regard vide avant de planter ses pupilles dans les siennes : « Je ne voulais pas qu'on en arrive-là ». Il se mordit la lèvre les yeux brillants de sincérité. L'ironie était qu'ils avaient précisément gardé le silence pour éviter d'avoir à assister à cette situation conflictuelle. Ils avaient filés droit dans le mur.
Santana réapparut quelques minutes plus tard, les joues inondées de larmes et un Liam hébété dans les bras. Sans aucun regard, sans aucune parole. Elle fila droit et, la porte de l'appartement claqua derrière elle, laissant dans son sillage, un silence abattu et des ruines.
Il n'osa relever les yeux qu'une bonne minute plus tard. « Je ... Je vais t'aider à ranger » fît-il en redressant finalement le menton. Mais, il n'en fît strictement rien et s'approcha finalement d'elle pour la serrer brièvement dans ses bras. « Je suis désolé, Britt » répéta-t-il une nouvelle fois, comme on le murmure à un enfant angoissé. Il renifla, malgré lui avant de s'écarter d'un pas. Il se racla la gorge : « Je t'appelle demain » assura-t-il. Il hésita encore un instant à la laisser seule, puis estima qu'ils avaient tous besoin de solitude pour s'en remettre. Il disparu bientôt dans la cage d'escaliers dont il claqua la porte, dans une tentative inutile pour abandonner son chagrin derrière elle.
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MessageSujet: Re: 05. [Pierce-Holcomb's] And everything goes to hell...   Dim 17 Mar - 12:53

Dans d’autres circonstances, Brittany se serait probablement réjouie d’avoir si bien surpris ses amis qu’ils en restèrent coites. Bien rares étaient les occasions où elle s’affirmait assez pour capter l’attention de tous et s’assurer la parole. Le plus souvent, il fallait approcher de la fin du monde pour qu'elle en arrive à de telles extrémités. Et en cet instant précis, cela y ressemblait bien trop à son gout... à la fin de son monde. Son appartement avait pris des allures d'Armageddon, à ceci près que le bien et le mal prenaient des visages bien flous... Était-ce sa faute ? celle d'Aaron ? ou de Santana ? Elle était incapable d'y réfléchir, figée par une certitude : cela devait s’arrêter. Que le jugement dernier leur tombe sur le coin de la figure s’il le fallait, elle venait déjà de perdre ce qui lui tenait le plus à cœur.

Santana se retira pour aller chercher Liam, et Brittany resta le regard fixé là où elle se tenait un instant auparavant, incapable de se détourner et d’accepter qu’ils aient pu en arriver là… Le murmure d’Aaron la tira juste assez de sa torpeur pour qu’elle reporte son regard sur l’horizon visible par la baie vitrée. Le soleil s’inclinait derrière les immeubles de Lima, dispersant ses derniers rayons, comme un hommage final au déclin des relations piétinées cette soirée-là. Elle se tira de cette contemplation lugubre pour faire face à Aaron. Il était la seule chose qui lui restait. Le perdre aurait été le coup de trop. « Je sais, » souffla-t-elle. « Je sais. » Les mots se défilèrent, la laissant figée par l’horreur et le chagrin. Qu’y avait-il à dire en de telles circonstances ? Elle était incapable de formuler une quelconque explication, une nouvelle excuse. Aucun mot ne serait suffisant pour raccommoder ou apaiser les plaies béantes du jour, ni aujourd’hui, ni demain. Pas quand la douleur était si vive.

Elle avait toujours le regard fixe lorsque Santana émergea de la chambre, et elle la vit quitter le salon sans vraiment la percevoir. Seul l’appel de Liam perça son mur d’apathie et elle tressaillit violemment en entendant son filleul l’appeler une dernière fois, inconscient de la destruction venant de ravager leur quotidien à tous. La porte claqua et les cordes qui tenaient Brittany jusqu’alors semblèrent se couper sur l’instant. Ses jambes se dérobèrent sous elle et elle se laissa glisser contre un mur, telle une poupée de chiffon.

« Laisse, » répondit-elle à Aaron sans réellement enregistrer leur échange. Seule son étreinte perça la brume qui obscurcissait son esprit. Un gémissement d’animal blessé lui échappa. Elle laissa son front tomber sur son épaule, un court instant, comme pour y chercher le maigre réconfort d’une âme sœur, blessée, tout comme elle, au cœur. Mais ils avaient tous besoin de se retrouver seuls, de gérer cette catastrophe à leur manière, et elle laissa Aaron se reculer sans bouger un cil. « D’accord, » accepta-t-elle sans plus de réflexion à sa promesse d’appel.

Une nouvelle fois, la porte de l’appartement claqua dans un silence macabre. Elle laissait, cette fois-ci, libre court à un flot de larmes qui ne s’apaiserait pas avec le crépuscule.

[The End...]
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