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 05. Manic depression.

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MessageSujet: 05. Manic depression.   Sam 10 Nov - 0:48

PARC LINCOLN, 22H09 – Le calme du parc à cette heure-là du soir me rassurait, bien qu’il puisse très bien y avoir des âmes dangereuses aux alentours, je n’y prêtais absolument pas attention car toute ma pensée était tournée vers mes états d’âmes. Je marchai calmement sans direction précise. Il était largement temps que je me retrouve seule avec moi-même. Avec la vraie moi. Celle qui ne se comportait ni comme une garce ni comme une fille sans cœur ni comme un autre personne. Il était temps que je réfléchisse un peu à qui j’étais devenue. Je ne me reconnaissais plus du tout depuis quelques temps. Je me sentais seule, comme si personne autour de moi n’avait la possibilité de me sortir de cet état d’esprit dont j’étais la victime depuis maintenant plusieurs jours. J’avais l’impression d’étouffer dans mon propre espace vital…comme si personne ne pouvait comprendre ce qui m’arrivait. Mais la vérité était que personne ne pouvait. D’autant plus que je me sentais profondément triste et coupable de ce que je subissais. Auparavant, je ne m’étais jamais sentie aussi seule et désespérée et j’étais bizarrement persuadée que tout le monde autour de moi flottait en plein bonheur tandis que je ne faisais que me noyais dans le vide, dans un malheur que j’étais la seule à voir. Où étais-je donc passé ? Mais que se passait-il ? Et puis pourquoi moi ? Les mauvaises choses n’arrivent-elles donc qu’à moi ? Je quittais mes pensées le temps d’une minute, afin de m’allonger dans l’herbe encore humide du soir. Je n’étais pas seule dans ce parc, il y avait des âmes solitaires comme moi, et des couples amoureux qui se promenaient main dans la main. Ces derniers ne pouvaient encore plus me déprimer. Le vrai amour m’était bien évidemment étranger. Qui voudrait d’une fille comme moi ? Je me sentais à bout de tout. A bout, aussi bien mentalement que physiquement. Moi qui arrivais comme d’habitude à trouver une solution à mes problèmes, cette fois, je n’y pouvais rien : le problème c’était moi.

J’étais maintenant allongée sur le dos. Dans l’herbe sous les étoiles et un demi-croissant de lune. Le ciel était clair et l’air, frais. On se serait cru dans une romance. Si seulement… Je n’aurais certainement pas fais partie du casting de cette foutue romance qui n’arriverai certainement pas aux personnes comme moi.
Les étoiles m’observaient et tournaient en rond. J’avais quelques vertiges et ma concentration diminuait. Ma pensée ne voulait donc plus me suivre. Depuis un bon bout de temps, mes émotions embarquaient dans des montagnes russes infinies. C’était génial au début puis ma vision des choses devenait un peu plus noir, toujours plus noir et ça continuait. J’étais tombée dans un trou sans fin, seule, sans aide, ni personne pour me secourir de cette atroce sensation de souffrance et de bonheur mélangée. Même si je le voulais, personne n’arriverait à m’aider vu que moi-même je ne savais pas ce que j’avais. Mais où était donc le problème ? Moi ? Certainement. Les autres ? Peut-être. Je me perdais toute seule, comme quoi c’était possible. Pourquoi étais-je si mélancolique et négative alors que la semaine dernière j’étais tellement joyeuse, pleine d’ambition ? Le cas fréquent de « troubles bipolaires » m’avait déjà frôlé l’esprit une fois, car j’en avais vaguement entendu parler lors d’une intervention au lycée, mais je refusais de croire que j’étais la victime de cette maladie. Il s’agissait peut-être tout simplement d’un coup de blues. Un très, très gros coup de blues. En tout cas, j’essayais de m’en convaincre du mieux que je le pouvais.

Allongée, j’essayais de me vider la tête, en vain. Je regardais alors les étoiles au-dessus de moi. C’était magnifique. Malheureusement, je ne pouvais partageais ce moment de beauté avec personne. Je me sentais seule au monde. Seule. Et même si, qu’est-ce que ça changerait ? Ni Devon, ni Hunter, ni Emile ne pourrait me sortir de là. Personne ne pourrait à mon avis. Je me sentais mal et personne ni moi-même ne pouvait rien y faire, point barre, alors pourquoi je continuais à débattre avec moi-même ? Au final, heureusement que personne n’était là pour m’entendre, il serait devenu fou.

Oops, je crois que j’avais parlé un peu trop vite… Je n’aurais jamais cru un jour revoir …Sean. Je l’avais déjà soûlé une fois avec mes problèmes, il aura eu le droit à une deuxième couche. J’étais tellement sonnée que je ne réalisais même pas qu’il s’agissait de Sean, le beau sans-abri, que j’avais aidé au Mcdo. Je n’y croyais pas et, même si ça ne se voyait pas, j’étais très étonné de le revoir surgir dans ma pauvre vie d’adolescente. Il se rapprochait mais je ne réagis pas. J’étais fatiguée pour faire attention à mes réactions alors je restais allongée dans mon herbe, contemplant les étoiles. J’avais bien cru l’espace d’une seconde qu’il avait dit mon nom mais je ne réagis toujours pas. J’étais immobile, couchée sur le dos, contemplant les étoiles, mes cheveux bouclés étalés dans l’herbe humide du soir. En fait, il faisait un peu froid, j’avais des frissons car même si, durant la journée, le beau temps était de mise, le soir était une autre affaire. Il y faisait froid et humide.

Sean devait certainement me prendre pour une folle après l’épisode du Mcdo puis celui-là. Peut-être pensait-il que j’étais bourrée ? Ou pire ! Défoncée ?! Je devais certainement me poser un peu trop de questions, surtout que ce n’était pas vraiment le moment car Sean devait éperdument attendre une réponse de ma part. Sur le coup, je ne sus pas quoi dire car la situation était assez gênante. Mais douée comme j’étais, je réussis à la rendre encore pire que gênante. « Je ne suis pas folle. », dis-je alors avec un calme et une sérénité impressionnante. Je ne savais pas ce que j’avais dans la tête à ce moment-là mais une chose était sûre : j’étais carrément dérangée pour dire une chose pareil. Je pouvais maintenant dire adieu à toutes mes chances avec Sean. Généralement, les personnes qui disent qu’elles ne sont pas folles le sont dans la majorité des cas ! Et j’avais l’honneur d’en faire partie. Si j’avais été dans mon état normal, je me serais baffée – ce qui n’était pas plus normal entre nous-.

Depuis tout à l’heure, je n’avais pas changé de position et je regardais toujours les étoiles avec la même fascination qu’un gosse qui découvre la technologie. En vérité, je voulais rester seule parce que je me persuadais que personne ne pouvait venir à mon secours, même pas Sean. Pourtant il y a quelques jours de cela, j’aurais donné n’importe quoi pour rester seule au moins une heure avec Sean. Mais ma joie et mon envie d’entreprendre quoi que ce soit était perdue. Je n’avais plus envie de rien faire, ni de parler à personne. Mais en ce qui concernait Sean, j’essayais d’en faire une exception et de mettre ma solitude de côté. C’était dur mais faisable.
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MessageSujet: Re: 05. Manic depression.   Dim 11 Nov - 12:11

La nuit venait de tombé sur Lima, ou du moins, le soleil commençait à changer d'horizon. Les rues d'habitude si agitées et bruyantes de la ville étaient maintenant dans un état quasi-léthargique. Un nouvel habitant pouvait même s'y perdre tant les rues de Lima devenaient méconnaissables, enfin, dans certains quartiers du moins. Le vieux quartier était particulièrement affectés par ce phénomène. A lui tombée, on pouvait constater un net déplacement de la population vers le centre-ville et la Place Bellefontaine. Ce qui était tout à fait compréhensible pour une ville comme celle-là, quasiment dépendante de son centre et de sa banlieue. Sauf pour un jeune homme. Un petit blondinet, pas très important dans cette ville, mais qui tout les jours avait l'occasion de l'observer, de la côtoyer, de l'apprendre mais surtout de l'affronter. C'est pour ça que depuis quelques semaines maintenant, il se permettait d'analyser le comportement des gens, leur quotidien et d'en tirer des conclusions pour en apprendre un peu plus sur la mentalité de l'Homme aujourd'hui. Ce n'était peut-être des conclusions philosophiques pouvant révolutionner le quotidien de chacun, mais ses conclusions lui permettait de savoir quoi répondre et comment se comporter dans les moments opportun. Cette homme-là, c'était tout simplement Sean. Ce soir-là, le garçon avait dérivé dans la journée vers le vieux quartier afin d'assister à une représentation d'un artiste près du Piano-bar. Bien entendu, les vigiles n'avaient pas autorisés son entrée dans le bâtiment mais peut importe, quand on a envie, on peut toujours et le garçon avait su contourner la sécurité pour s'installer, pas à l'intérieur du bar, mais quasiment juste devant la vitre de ce-dernier afin de pouvoir entendre correctement. Le blondinet n'avait peut être pas la science infuse, mais il était néanmoins malin. Il faut bien apprendre à s'en sortir quand on vit dans la rue n'est ce pas ? Bien entendu, en faisant cette petite déviation de son trajet habituel, le garçon avait du faire le sacrifice de sa petite récolte du soir et donc, de son repas. Mais qu'importe, il s'était enrichie musicalement parlant et ça, pour lui, c'était le principal. Grâce à ce mini-concert, Sean avait maintenant plusieurs nouveaux morceaux dans sa palette et il savait très bien qu'il n'hésiterait pas à réutiliser ces nouvelles chansons maintenant. Après cette belle soirée donc, nôtre petit vagabond s'était autorisé une petite balade en direction du Parc Lincoln, lieu où il commencerait sa tournée le lendemain.


Les illuminations de la ville, s'étaient enfin allumés lorsque le garçon atteignit le parc. A ce moment précis, il était au paradis. Ce moment était son préféré de la journée. Pourquoi ? Pour la beauté du paysage. Les reflets oranges, jaunes des derniers rayons de soleil mélangés à cette verdure sauvages du Parc et au différents réverbères et autres illuminations du centre-ville avec bien entendu ce ciel bleu marine reflétant les reflets blanchâtre de la lune venant à peine de pointer son nez. Ajouté à cela, la petite brise du soir venant tout droit des différentes petites marres du parc ainsi que l'amabilité et la magie de cette endroit et vous comprenez tout de suite pourquoi, le moment ainsi que l'endroit en fond les préférés du jeune garçon. Pour lui en tout cas ! Bien qu'il suffisait de voir le nombre incalculable de couples batifolant près des nombreux arbres du parc, ou s'arrêtant sur les bancs afin de s'embrasser langoureusement durant de nombreuses minutes ou bien pour terminer, ces infatigables vieux couples, extrêmement mignon se tenant la main sur une allée et rentrant tranquillement chez eux pour voir à quel point cet endroit avait un aspect magique. Et puis, il y-avait également ce côté reposant du parc, symboliser par toutes ces âmes errantes se posant sur l'herbe pour réfléchir, regarder les étoiles ou même encore fumer une dernière cigarette avant de rentrer tranquillement chez eux, les éternelles penseurs, méditant sur un banc leur prochaines pensées ou prochaines actions, bref ! Sean avait beau être arrivé il y'a moins d'un an et demi en ville, il connaissait ce parc comme sa poche. Aussi bien physiquement que sociologiquement. Tout était parfait dans ce parc. C'est donc une nouvelle fois le cœur en joie et l'esprit complètement apaisé que le garçon se mit à arpenter tranquillement les allées du parc sans but précis. Oh si ! Il comptait bien se poser sur l'herbe, observer les étoiles et s'endormir tranquillement la tête pleine de belles images. Enfin, si il parvenait a oublié complètement les gargouillements à tout va de son ventre, tiraillé par le manque de nourriture depuis maintenant quatorze longues heures. Ce qui était quasiment mission impossible pour le garçon. En tout cas, tout ce qu'il savait, c'est que sous ce ciel magnifique, ces rêves allaient être bien garnis. Et il ne croyait pas si bien dire …

Là, au détour d'une allée, postée sur l'herbe fraîche du parc. Alors qu'il pensait ne plus jamais la revoir, elle était là, rêvassant en regardant le ciel. Adrianna Marquez ! Celle dont il était tombé amoureux il y'a quelques semaines de cela, dans un fast-food se trouvait à quelques mètres de lui. Sans numéro, sans adresse ni rien pour lui envoyer un signe de vie, il était enfin parvenue à la retrouver. Et involontairement en plus ! A ce moment là, Sean remercia intérieurement le seigneur ( bien qu'il soit non-croyant ) de lui avoir donné cette chance. Cette chance de pouvoir revoir celle dont il ne pouvait plus détacher ses pensées depuis quelques semaines déjà. D'un sourire,et d'un pas naturel, tout en empoignant sa guitare l'histoire de rassurer un petit peu quand même, le petit blondinet s'avança doucement vers la jeune fille. Chaque pas était pour lui plus intense que jamais. Son cœur accélérait un peu plus à chaque vibration de son pied sur le pavé du parc. Malgré cela, il gardait son légendaire sang-froid et ne mit pas longtemps avant de se faire repérer par la belle brune. Bizarrement, elle semblait l'avoir vue sans même avoir hausser le moindre sourcil. Elle l'avait sûrement repéré un peu plus loin. Mais une autre chose interpella le garçon qui fronça un sourcil sans faire attention. C'était cette expression sombre sur le visage d'Adrianna. La jeune fille semblait être complètement perdu, cherchant réconfort dans chacune des étoiles que son regard croisait. L'étonnement du garçon fut grand, lui qui l'avait laissé joyeuse et débordante d'énergie. Bon, il est vrai qu'au départ, elle était un peu en train de déprimer, mais Sean avait habilement réussi à lui remonter le moral à l'aide de son remède miracle, une bonne discussion. Il ne prétendait pas pouvoir régler tout les problèmes des gens, mais du moins, il essayait et en avait envie. Ce jour-là, il avait prit énormément de plaisir à aider la jeune fille et, même si il n'était pas reparti du restaurant avec le sentiment d'avoir servi à grand chose, il était heureux de voir un sourire après la moue que cette dernière avait fait tout au début. En cet instant, on pouvait sentir qu'Adrianna n'était pas bien. Ça se voyait et même quelqu'un de pas très doué avec les sentiments des gens aurait pu le deviner. Mais peut importe ! A près tout, il n'avait rien à faire de sa soirée, il était donc totalement libre pour une nouvelle discussion au clair de lune avec celle qu'il aimait. Et puis … Peut-être était-ce enfin occasion de lui avouer ses sentiments avant qu'elle ne parte à nouveau sans se retourner.


Sean s'approcha de la jeune fille les mains dans les poches, guitare sur le dos et tout en approchant, il réfléchissait à ce qu'il allait dire. A ses phrases si importantes pour rassurer et essayer d'aider une personne. Fallait-il être naturel ou compatir ? Le garçon préférait de loin le naturel. En posant son pied sur l'herbe fraîche, il venait de rentrer dans l'arène. Maintenant, c'était un combat pour son amour et pour aider celle qui faisait balancer son cœur. Un combat important en somme qu'il débuta avec cette simple phrase. « Superbe nuit ce soir, hein Adri' ? » Minable ! Comme d'habitude quand Sean commence une discussion pour s'intéresser à quelqu'un. Pour se rassurer, le garçon pensa intérieurement que c'était comme d'habitude et ne s'affola pas. Soudain, une phrase sortit de la bouche de la jeune fille, l'étonna. Elle venait de dire qu'elle n'était pas folle. Comme ça, naturellement ! Si naturellement d'ailleurs, que Sean n'y cru pas une seconde. D'ailleurs, ça le fit même sourire. Le garçon sans plus attendre, s'allongea juste à coté de la jeune fille, posa sa guitare part terre et, les deux mains derrière la tête, posa enfin son regard vers les étoiles. Il se rendit compte après quelques minutes, que depuis la phrase d'Adrianna, il n'avait pas dit un mot. Ce qu'il s'empressa de corriger pour ne pas que la jeune fille se face des idées. « Ce qu'il y'a de bien avec les étoiles, c'est qu'elles peuvent t'écouter, te comprendre et te regarder, sans te juger ! Si tu est folle Adrianna, je le suis encore plus que toi. Tu voie, moi je parle au étoiles, alors si il y'a bien quelqu'un entre nous deux qui est fou, je pense que c'est moi. » Après quelques secondes, Sean se mit à rire. Mais pas un rire mesquin, un tout petit rire pour se moquer de lui même. De sa phrase complètement bidon, qu'il pensait bien entendu, mais il ne pensait pas que ça pourrait aider Adrianna avec un tel niveau de nullité. Mais bon, il n'y pouvait rien, tout ça venait du cœur et il ne pouvait pas le maîtriser. Après s'être calmé, Sean se tourna lentement vers la jeune fille, appuyant sa tête sur son coude afin de regarder la jeune fille. Ses yeux brillaient dans la nuit et elle devenait à ses yeux, encore plus belle qu'elle ne l'était déjà. De sa petite voix rassurante, le garçon tenta une dernière fois de savoir ce qui la tracassait en faisant. « Dit moi ce qui ne va pas Adri' ! Je te connais un peu maintenant pour savoir rien qu'à l'expression de ton visage que tu ne va pas bien. » Bien sûr, Sean n'espérait pas une réponse aussi rapide de la part de la jeune fille, mais qui ne tente rien n'a rien après tout.
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MessageSujet: Re: 05. Manic depression.   Jeu 29 Nov - 22:21

PARC LINCOLN, 22H21 – Oui, j’étais pathétique et je voulais par-dessus tout être seule. Mais Sean était là. Et même si je ne souhaitais aucune compagnie, je n’avais aucune envie de le vexer car il avait l’air assez heureux de me voir. Moi aussi j’étais heureuse de le revoir mais ce n’était malheureusement pas le bon moment. Ce n’était jamais le bon moment avec Sean. La dernière fois qu’il m’avait vu, j’avais l’air tout droit sortie de « Bienvenue à Zombieland ! » et, en plus de ça, je n’avais fait que me plaindre sur ma vie sentimentale (même si ma vie amoureuse était réellement à plaindre ….). Si ce pauvre Sean voulait en savoir un peu plus à mon propos, il allait surement être déçu car je n’avais rien de bien joyeux à lui raconter. Absolument rien. Je n’étais même pas d’humeur à songer à quelque chose qui puisse me rendre heureuse car je savais au fond de moi qu’il n’y en avait pas et que ce n’était pas d’aussitôt qu’il y en aurait. Peut-être resterais-je dans cet état toute ma vie ? Triste, dépressive et seule. Oui, je finirais seule et malheureuse ! C’était certainement comme cela qu’allait être mon avenir. Certaines personnes avaient la chance de se marier, d’avoir des enfants, de se sentir aimé, et heureuses. Malheureusement, je ne pensais pas pouvoir faire partie de ce genre de personne. De toute façon, personne ne voulait de moi et c’était très bien comme ça. Dans ces cas-là, la majorité des personnes pense au suicide mais pas moi. Je me disais que c’était peut-être un bon moyen d’en finir avec cet état d’esprit mais je pensais à mes proches. Je ne pouvais pas abandonner ma mère, ma sœur ni mon père, ni la religion et surtout pas mes amies. Je pensais à toutes ces personnes qui avaient toujours été là pour moi, je n’oserais pas les remercier de cette manière. Je pensais à eux, mais tout particulièrement, à ma grand-mère qui elle n’avait pas eu la chance de vivre plus longtemps et qui, je crois, aurais adoré passer plus de temps avec Giulia et moi. Loin de moi était l’intention de lui faire une offense pareille, à elle, à ma famille et ce en qui je croyais. Je me demandais d’ailleurs comment réagirait ces personnes dans ce cas-là. Je n’osais l’imaginer. Le suicide n’était donc pas envisageable pourtant je n’étais pas heureuse ; je n’avais plus faim, je n’arrivais plus à dormir et je n’avais presque plus d’intérêt pour le cheerleading et même pire, la danse, ma passion. J’avais perdu l’envie de tout faire et au fur et à mesure que le temps passait, ça ne faisait que s’empirer et creuser un trou dans mon intérieur. Le pire n’était pas le fait que je me sentais profondément triste, ni que je me sentais vide au fond de moi. Le pire de tout cela était que je ne pouvais rien y faire. Je ne pouvais absolument rien y faire, je ne pourrais jamais sortir de ce cercle vicieux et c’était de ça que j’avais peur. C’était comme si je criais et que personne ne m’entendait. J’étais désespérée et je ne pensais pas une seconde que Sean arriverait à comprendre ce qui m’arrivait ; tout simplement parce que c’était incompréhensible et insupportable pour celui qui ne le vivait pas.

Quand il s’installa à mes côtés, je me sentis un peu gênée. Ça avait été si vite alors que ce n’était que la deuxième fois que l’on se voyait. J’étais dans un grand délire de toute façon. Je le savais pertinemment. Je savais que Sean n’était pas amoureux de moi. Pourquoi aimerait-il une gosse de riche prétentieuse et qui râlait tout le temps ? D’ailleurs qui voudrait d’une telle personne ? Sean était si simple dans sa manière de vivre qu’à côté je ressemblais à une personne horrible et manipulatrice qui ne pensait qu’à la popularité et à sa petite personne. J’avais terriblement honte. Il y eut alors un long moment de silence. C’était le moment. Le moment de lui dire que je voulais être seule et que je ne voulais voir personne. Malheureusement avant même que je n’ouvre la bouche, Sean prit la parole. Décidemment ! Il commença alors à m’expliquer que je n’étais pas folle mais que s’il devait y avoir un fou ici c’était bien lui car apparemment il parlait aux étoiles. C’est vrai que c’était assez étrange. Tous mes anciens petits amis footballeurs n’avaient jamais « parlé aux étoiles ». Et puis, d’ailleurs, aucun d’entre eux n’avaient jamais été SDF non plus, ce qui rendait les choses un peu embarrassante. Comment étais-je censé me comporter avec un sans-abri ? En même temps Sean n’avait vraiment pas l’air d’en être un et pourtant… Nos modes de vie étaient si opposés que je n’arrivais pas à m’imaginer en couple avec.

Je pensais trop ; beaucoup plus qu’une personne normalement constituée en tout cas. Du coup, je ne répondis pas à sa remarque. Je n’étais pas d’humeur à rire et je ne voulais pas enfoncer le clou en approuvant ce qu’il disait. J’oubliais ses paroles rapidement sans porter à Sean une attention particulière. Certes, ce n’était pas très polie mais j’étais en pleine déprime, je ne pouvais quand même pas me forcer à rire ! Je le laissai donc rire seule, ce qui ne rendait pas la situation moins gênante, bien au contraire, l’ambiance était tendue et je n’avais toujours pas dit un mot depuis qu’il s’était assis à mes côtés à part « Je ne suis pas folle ». Comme s’il m’avait cru. Peut-être qu’il parlait aux étoiles mais, moi, je me parlais à moi-même et ce n’était franchement pas moins bizarre ! Après un petit moment de silence, il finit par, finalement, me demander ce qui n’allait pas mais je restais de marbre et ma réponse restait la même : je ne disais rien. Ça tombait bien car il n’avait pas l’air d’avoir spécialement envie d’insister ; je savais qu’il n’avait pas tellement envie de jouer le mec lourd dans une telle situation. Tout ce que je savais c’était que je ne voulais pas répondre à cette question beaucoup trop complexe pour moi. Mes émotions embarquaient dans des montagnes russes et je ne savais pas comment lui répondre sans fondre en larmes ou le prendre au quart de tour. Du coup, je ne dis rien et fermai les yeux. Quand je les rouvris, rien n’avait changé, les choses n’avaient pas évolué, et je ne me sentais pas plus différente.

Il faisait bien sombre à présent et il n’y avait pratiquement plus personne dans le parc à part quelques jeunes de mon âge qui criaient comme des bourrés. Je n’y prêtai pas attention et restai allongée. Je finis par poser mes yeux sur Sean, que j’avais oublié l’espace d’un instant. « Je suis malheureuse, dépressive, triste, folle… je ne comprends pas pourquoi tout ça m'arrive… », Commençais-je. Je sentis alors mes larmes coulaient et me levai brusquement, le visage plein de colère, comme si quelqu’un venait de me frapper. « J’ai juste l’impression que je suis en train de tout foutre en l’air ! Je ne sais pas quoi faire ! », M’exclamais-je en parlant de plus en plus fort et violemment, me laissant emporter par des gestes de colère. Je n’étais absolument pas moi-même mais, à moins qu’on me laisse seule, je ne pouvais plus garder cette dépression pour moi. « Je suis désolée, tu ne devrais…devrais pas rester là, Sean ! Non, tu devrais partir ! Je suis beaucoup trop irritable et tu ne peux rien pour moi alors s’il te plait… ». Je n’arrivai pas à le dire mais je le pensais très fort. Je n’étais absolument pas dans mon état normal et j’avais un mal de tête horrible. Ça serait mieux pour lui et pour moi.
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MessageSujet: Re: 05. Manic depression.   Mar 22 Jan - 0:03

Sean était dans une situation qu'il n'avait jamais connu auparavant. Un embarras profond commençait à s'installer en lui. Et ce n'était pas bon du tout. Il fallait absolument qu'il arrive à calmer la situation, ou au moins, à essayer de la calmer. Non pas que c'était grave, loin de là. Mais il voulait le faire pour Adrianna. Étant quelqu'un de dévoué pour ses amis, il ne pouvait se permettre de laisser la jeune fille comme ça. Et raison de plus, le fait que ce soit la fille qu'il aime. La voir dans cette état, était un peu comme une gifle qu'on lui donnait en pleine face. Alors, c'est peut-être exagéré pour la situation actuelle, mais c'était comme ça qu'il le percevait. Voir un de ses proches souffrir, qui aimerait subir ça ? Dans les valeurs qu'on lui avait enseignés, il y'avait le don de soi. Pourtant, si quelqu'un était prêt à tout pour blâmer ses parents, c'était bien le garçon lui-même. Mais là, il devait bien admettre que les valeurs qu'ils lui avaient enseignés, lui était aujourd'hui d'une grande utilité. En y repensant, heureusement que ses parents ne s'y étaient pas prit trop tard pour l'éduquer, sinon il aurait sûrement eu d'autres valeurs, bien différentes de celles qu'il possède actuellement. D'un regard vers le ciel, Sean fut prit d'une soudaine nostalgie en repensant à ses parents. Ces êtres qu'ils considéraient comme abominable, égocentrique, mesquin, avide d'argent et de pouvoir et surtout violent. Au fond, ces gens là étaient tout de même les deux personnes qui l'ont élevé. C'est bien cette dame qui l'a mis au monde et cette homme qui l'a inscrit dans une superbe école ( pleine de ricos, certes, mais une bonne école pour lui à l'époque ) pour faire de lui, l'homme qu'il est aujourd'hui. Intellectuellement parlant bien sûr. Au fond de lui, Sean ne regrettait pas son choix. Oh que non, dieu merci ! Mais, quelque part, au fond de lui, une infime partie de son cœur, se demandait où pouvait bien se trouver ces gens-là. Qu'étaient-ils devenus ? Se pourrait-il qu'ils aient changés ? Peut-être étaient-ils passés à autre chose, en tournant définitivement cette page de leur histoire. Peut-être que eux non plus, ils ne considéraient plus Sean comme leur enfant. Ce qui était fort probable pour le jeune homme. Tant de questions circulaient à présent dans le crâne du garçon. Tant de questions sans réponse et, tellement dérangeante. Cette envie de savoir, cette envie de comprendre qui remontait soudainement en lui, comme par magie, comme si voir Adrianna dans un état pareil, lui rappelait … son passé ! Un an plus tôt, à cette heure-ci, le garçon se rappelait très bien de la situation dans laquelle il se trouvait. Allongé dans une ruelle sombre de Denver, les vêtements complètement déchiquetés, les godasses abîmés par les longues marches qu'il faisait durant la journée, le moral au plus bas, les larmes ruisselant sur le sol nauséabond de cette ruelle où les toxicos venaient faire leur trafic. Complètement perdu. Dieu sait qu'il l'a connaissait cette situation. Il était le mieux placé pour savoir quel mental il faut avoir dans de tel situation. Tomber pour mieux se relever, n'est-ce pas ce qu'on dit généralement ? Alors certes, ça faisait un peu bateau dit comme ça. Mais Sean adorait les citations de ce genre. Pour lui, une phrase bien tournée et avec les mots qu'il faut, pouvait redonner espoir à n'importe qui. Sauf qu'aujourd'hui, la situation était beaucoup plus complexe qu'elle n'en avait l'air. A première vue, un simple câlin, des mots réconfortant, des petites blagues et une chanson aurait peut-être suffit. Mais là non, comment voulez vous parler quand la personne ne veut même pas vous entendre parler. Cela faisait plusieurs minutes qu'Adrianna l'ignorait totalement et quand enfin, elle se mit à lui répondre, elle se leva énervé et en pleurs en lui demandant de partir Que voulez vous faire ? Que faut-il espérer dans ces cas-là ? Attendre que la tension redescende ? Il doutait fortement qu'Adrianna allait se calmer toute seule dans la minute qui allait suivre. Essayer d'insister ? Ça ne ferait qu'aggraver la situation. Adrianna lui tournait à présent le dos mais, malgré ça, Sean pouvait clairement entendre les larmes couler sur le long de ses joues. Cela devenait un véritable supplice pour le garçon de rester là à rien faire. Ne sachant pas quoi faire face à tant de mal-être, le jeune vagabond eu soudain une idée. Une idée très bête, très infantile et tellement peu académique, qu'elle en devenait redoutable. Sans se poser de question, le garçon enleva la sangle qui attachait sa guitare sur son dos et la posa sur l'herbe fraîche du parc. Alors, il se leva, prit une grande inspiration, et d'un seul coup, sans même réfléchir, courut frénétiquement vers Adrianna. Il ne mit pas longtemps à arriver devant elle, mais, au lieu de foncer droit sur elle comme un imbécile, il l'esquiva et sauta droit... dans le lac du Parc Lincoln.

Alors oui, ce n'était certainement pas la plus belle de ses idées, ni la plus recherché, ni la plus intelligente, loin de là même. Mais il l'avait fait. Il ne savait pas pourquoi, mais il l'avait fait. Alors, bien sûr, maintenant, il se retrouvait complètement trempé, en plein milieu d'un lac gelé, dégouttant et empestant la pisse de grenouille, mais il savait que maintenant, il avait l'attention de la jeune fille. Et pour lui, c'était le plus important. Alors certes, il passait clairement pour un imbécile et le regard du jeune couple passant par là en disant long sur ce qu'ils pensaient de lui, mais il s'en fichait ! L'important, il l'avait maintenant en face de lui. Adrianna Marquez. Sean mit un moment à sortir la tête de l'eau. A vrai dire, il eu du mal à trouver appui dans cette eau boueuse et légèrement profonde, mais il y parvient maladroitement au bout de quelques minutes. Quand il eut enfin les deux pieds « sur terre » , ou plutôt, dans la terre, le garçon se retourna pour faire face à Adrianna qui semblait encore choqué de ce que venait de faire le garçon. En se retournant, Sean eu la confirmation de tout ce qu'il pensait de la jeune fille jusqu'à présent. Elle était magnifique. La lune se trouvant en face de lui, elle éclairait Adrianna dans son dos et lui rendait ce côté mystérieux, ce côté magnifique, un côté … Il n'aurait pu l'expliquer, mais il savait qu'il était tombé sur une belle personne. Une personne qui valait l'a peine qu'on s'intéresse à elle.
Le garçon mit un moment à se rendre compte qu'il venait de faire une belle bêtise en se jetant dans le lac. Ses vêtements, ou plutôt, ses seuls et uniques vêtements étaient maintenant complètement trempés. Et il devait encore passé la nuit dehors. Dans sa tête, le garçon eu envie de se noyer pour se cacher définitivement de toutes cette honte qu'il ressentait à présent. Il mit un moment avant de se rendre compte qu'un silence s'était installé depuis son saut dans le lac. Un silence plus que normal d'ailleurs. Bizarrement, ce silence qu'il ne pouvait briser auparavant, devenait soudain, comme une simple barrière de pailles, capable de s'envoler en un souffle du vent. Maintenant qu'il avait l'attention de la jeune femme, il se devait de lui parler. Même si elle ne répondait pas, il devait prendre le risque. Etait-ce enfin le moment pour lui déclarer ses sentiments ? De cette manière ? En étant trempé de la tête au pied, les deux pieds dans l'eau ? Qui pouvait rêver mieux n'est ce pas ? Sincèrement, il n'y avait pas plus minable comme déclaration d'amour... Mais en même temps, peut-être n'aurait-il jamais plus d'autres occasions. Sean était perdu dans ses pensées, mais, d'un seul coup, se décida finalement à se lancer. Il se laissa tomber les deux genoux dans l'eau qui lui arrivait à présent, au niveau du bassin. Il releva alors la tête et s'élança dans ce qui était peut-être l'opération de la dernière chance pour lui. « Tu sais, je suis peut-être qu'un pauvre type, incapable de se trouver un logement, incapable de se trouver du boulot et une vie sociable stable. Je suis peut-être le dernier des bouseux à tes yeux. C'est vrai quoi, un pauvre SDF qui joue de la gratte dans les rues en mendiant, en voyageant dans toute la ville à la recherche des sous pour son repas du soir. C'est peut-être ce que je suis à tes yeux, mais j'ai un cœur Adrianna ! Et je suis peut-être une des rares personnes de ce monde à pouvoir me targuer d'en avoir un. Je pense que c'est quand on est au pied du mur qu'on se rend compte de ce que l'on est vraiment et des vraies valeurs des choses. Te voir dans ses états est pour moi insupportable, et le fait que tu ne veuilles pas que je t'aide, alors que je me sent capable, aggrave la chose. Je ne peux pas supporter voir une personne qui m'est chère pleurer. Tu peux le comprendre ça ? Tu te souviens de la première phrase que je t'ai dit dans ce fast-food ? Une aussi jolie fille que toi, ne devrait pas salir son beau visage avec des larmes pleines de tristesse comme ça ! Tu sais quoi Adri' ? Je suis peut-être le plus gros imbécile que cette terre est connue, mais je jure devant... cette grenouille à coté de moi, que je ne partirai pas de ce lac, tant que tu ne m'auras pas laisser t'aider. Et fait gaffe hein, je pas le genre de gars qui lâche facilement le morceau. Je suis pas un texan pour rien … » Tout était dit. Le garçon venait peut-être de signer son arrêt de mort en disant cela, mais maintenant, il s'en fichait. Il pouvait mourir de froid ici, au moins, il était sûr de partir avec une belle image. L'image de cette fille, se tenant droit devant lui.
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MessageSujet: Re: 05. Manic depression.   Sam 26 Jan - 19:44

PARC LINCOLN, 22H34 – J’avais vraiment pétée un plomb. Mais littéralement. Le pire c’était que ce que je disais, je le pensais réellement. Je souhaitais vraiment le départ de Sean mais seulement parce que c’était mieux pour lui de ne pas voir ce côté de ma personnalité. Je ne voulais pas qui me prenne pour une personne ingrate et pleurnicharde, même si c’est ce que j’étais un peu. Si j’étais lui, je me serais déjà barrée depuis un bon bout de temps, je ne saurais supporter une fille comme moi. Non, sérieusement, je devais être sacrément chiante à la longue mais bon, c’était son choix, au final, de rester m’écouter me plaindre. Par contre, s’il pensait une seule seconde (et il doit très certainement le croire…) pouvoir changer l’état dans lequel j’étais, il se trompait. De toute façon je n’avais pas envie de lui en parler, ni à lui, ni à personne d’ailleurs. La seule chose que je voulais c’était qu’il s’en aille, une bonne fois pour toute, pour me laisser m’enfoncer dans ma morosité, seule. Mais il ne bougeait pas et rester de marbre. Mes lèvres humides tremblaient. Je n’arrivais plus à rien dire et les mots ne sortaient plus de ma bouche. J’essayais de trouver les mots pour qu’il comprenne que je ne lui en voulais en rien mais que je souhaitais juste geindre en paix. C’était pour ça que j’étais venue dans ce coin paumé du parc, après tout, et il fallait encore que je tombe sur quelqu’un. Enfin, c’était peut-être le destin ; la force des choses voulait me faire passer un message. Il était peut-être temps que je sorte de ma coquille et que je laisse mon entourage m’aider au lieu de m’apitoyer sur mon sort. A vrai dire, ce serait toujours mieux que de broyer du noir constamment, d’en sortir et péter la forme, puis de re-broyer du noir pour en re-sortir. Ce train de vie non seulement m’épuisait, émotionnellement parlant, mais devenait de plus en plus insupportable pour moi mais surtout pour mon entourage. Mes objectifs avaient totalement changés, notamment depuis ma petite discussion avec Ruby ; devenir la reine du lycée, très peu pour moi. Je pouvais tous les jours lancer des sourires comme une imbécile, faire ma belle pour flirter avec les beaux gosses du lycée, étudier pour ne pas gâcher mon avenir mais au fond je suis le centre d’un cycle infernal. Celui de charmer tous les jours avec mon physique mais de pleurer, d'écrire, de courir, de m'épuiser tous les soirs pour me libérer des poids accumuler dans la journée. J’avais peut être vraiment besoin qu’on m’aide à en sortir.

Mon premier pétage de plomb n’avait apparemment pas eu assez d’effet sur Sean parce qu’il restait toujours là à m’observer, comme si je ne lui avais jamais crié dessus de partir. Ce moment très précis était assez flippant et embarrassant. J’appréhendais avec suspens sa réaction. S’il ne voulait pas partir, je le ferai. Je commençai alors à marcher en direction du sentier quand j’entendis soudainement un éclaboussement. Ce n’était pas un simple plouf, non, ce n’était pas le bruit d’un petit caillou jeté dans le lac. C’était plus un gros plouf du genre « sauve qui peut, jetons nous tous dans le lac » ! C’est alors que je compris ce qui venait de se passer. A vrai dire, il y avait deux possibilités : soit Sean était plus rapide que la lumière et s’était volatilisé en moins de deux, soit il était…dans le lac. Le seul moyen d’en être sûre était de me retourner et de vérifier mais j’étais censée être folle de rage, ça casserait un peu trop l’ambiance « je me barre, tu me saoule », vous voyez. Mais bon comme disait Oscar Wilde, « Le meilleur moyen de résister à une tentation est d’y céder ». Ainsi, je me retournai et, comme je l’avais pressenti, il n’y avait plus personne. Sean n’était plus là. Il ne restait plus que moi, seule. Jusqu’à ce que je vis sa tête sortir de l’eau ! Mais il était fou ! Il faisait bien aux alentours de 0°C dans ce lac bouseux ! Je compris alors qu’il s’agissait d’une bonne idée pour retenir mon attention. C’était assez surprenant vu comme ça. Personne n’avait jamais sauté dans un lac pour me retenir, je ne voyais ça que dans les films à l’eau de rose. Autant en profiter, pour une fois que ça m’arrivait ce genre de situation. Je restais figée comme une statue, m’enfonçant dans l’herbe humide. Réaliser ce qu’il venait de se passer me paraissait impossible. Ce garçon était incroyable tout de même, il était fou… et totalement trempé. En plus, il n’avait pas l’air de s’en préoccuper plus que ça car son seul regard se posait sur moi. Il ne se préoccupait même pas de ses vêtements trempés ou encore du froid glacial qu’il faisait dans le lac. Je n’allais pas à dire qu’il s’y sentait à l’aise mais c’était juste qu’il n’était pas particulièrement alarmé par l’endroit où il était en train de fourrer les pieds, c’est tout. Après, peut-être que je pensais tout ça seulement parce que j’étais une fille. Les garçons en général n’aiment pas trop montrer leurs faiblesses ou un quelconque signe d’impuissance dans ce genre de situation. Bref, j’étais tellement gênée que je n’osais plus rien faire, plus rien dire. Je restais muette comme une tombe, attendant une explication de sa part ou bien parce que j’étais tellement morte d’embarras, au milieu de ce silence, que je n’osais à peine prendre ma respiration. Je serrai mon manteau fort, morte de froid, en pensant à Sean qui devait certainement être en phase de congélation à présent. Le silence était bien trop long, bien trop pesant. Je n’en pouvais plus d’attendre, pendant qu’on se regardait dans le blanc des yeux. C’était insupportable. Justement, Sean commençait à se rendre compte qu’il était au beau milieu d’un lac. Il m’avait peut-être entendu. Il se trémoussa puis abandonna. Mais que faisait-il, bon sang ? J’en avais assez. Je tournai les talons. Mais Sean était loin d’en avoir fini avec moi, ainsi il commença à parler. Je m’arrêtai net. Et oui ! C’était à son tour d’exploser et contrairement à moi, ses paroles n’étaient pas préfabriquées mais tellement vraies. Comme d’habitude, j’avais envie de dire. A la fin de son discours, je ne sus trop quoi faire. Je n’allais quand même pas le laisser mourir de froid dans ce lac ! Il faisait un froid glacial mais mon front se couvrait d’une sueur nerveuse. Je me retournai, enfin, pour faire face à Sean, qui n’avait pas bougé d’un millimètre. « Sors de là d’abord ! », lui ordonnai-je sur un ton moins énervé mais tenace à la fois. Puis je me remémorai ses paroles : « je ne sortirai pas de ce lac tant que tu ne m’auras pas laissé t’aider ». Eh merde. Décidément, il tenait vraiment à mourir de froid ou quoi ?! Je me demandai alors si j’avais réellement le choix mais il se trouvait que non. On me jugerait pour non-assistance à personne en danger et c’est moi qui crèverais en prison. Je m’approchai alors du lac dégoutant et lui tendit la main. « Je te laisse m’aider, maintenant attrape cette main sauf si tu comptes passer ta nuit avec ta copine la grenouille ! », braillai-je afin qu’il m’entende, tout en sachant que mon humour de gosse ne ferait rire personne. Tirant de toute mes forces, j’arrivai finalement à l’extirper de l’eau, même si ma main aura besoin d’une sérieuse désinfection après l’avoir mis dans cette eau crade. Je m’étalai sur l’herbe froide, exténuée de cet infime effort. Je me retrouvai alors dans la même position qu’il y avait une demi-heure, avant que Sean n’arrive. « Je suis désolée de m’être emportée si rapidement. Vraiment. C’est juste que je suis vraiment au bout du rouleau. », Lui expliquai-je, plus calmement, cette fois (oui, oui ça m’arrive d’être calme).
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05. Manic depression.

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