Choriste du mois


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 05. Person I should have been.

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MessageSujet: 05. Person I should have been.   Ven 16 Nov - 17:09

Contemplant le ciel sans nuage à travers le pare-brise, Ecaterina tapotait sans interruption sur le volant de sa voiture. Trop agitée, elle termina par donner un grand coup en son centre pensant que cela la délesterait de son stress, mais à la place elle déclencha le klaxon qui fit se retourner les badauds installés sur le bord de la fontaine dominant la grande place, près de la gare. La mine contrite, la blonde haussa sensiblement les épaules en gratifiant les malheureux d’un sourire timide. Depuis qu’elle s’était garée, elle ne parvenait pas à se détendre. Cette attitude anormale s’était manifestée dès lors que son père l’avait contacté pour lui annoncer une grande nouvelle. Nerveuse depuis, elle enchaînait les impairs que ce soit à la librairie ou ailleurs. Le mémorable coup de tête involontaire qu’elle avait donné à Gale en voulant l’embrasser restait douloureux, elle avait d’ailleurs dû perdre le peu de neurones qui lui restaient. Chargée de réceptionner un ami de son père, ce jeune homme n’était pas n’importe quel colis. C’était Holden Wright, l’écrivain. Autant dire une légende malgré son jeune âge et experte en la matière, la libraire n’était pas passée à côté de l’ascension fulgurante de ce garçon. En réalité, elle avait suivi son parcours de très près, elle l’admirait beaucoup. Pas seulement parce que son père l’avait plus ou moins découvert et qu’elle se rangeait à son expérience mais surtout parce qu’il s’avérait que ce qu’il vivait depuis quatre ans, c’était son rêve le plus cher. Elle avait lu son livre, il avait indiscutablement du talent et souvent, il lui arrivait de penser que si elle avait laissé son père prêcher en sa faveur auprès de son éditeur, elle aussi aurait un best-seller à son palmarès. Aussi, accepter l’aide de son père, c’était admettre que quelque part elle était incapable de se débrouiller seule. Ecaterina ne voulait avoir à remercier personne pour ce qu’elle avait accompli ou ce qu’elle pensait devoir accomplir ; son destin était entre ses mains, pas dans celles des autres.
Le succès de Holden la rendait envieuse, pourtant. Ce n’était pas la célébrité qui l’intéressait dans ce métier, loin de là. Contrairement à lui, elle se serait contentée de petites lectures intimistes dans des librairies situées dans des coins perdus, pas de parades dans des talk-shows à succès ou des séances de dédicaces dans des centres commerciaux. Suivre les traces de son père qui s’était toujours montré discret, c’était ce à quoi elle avait toujours aspiré. Trop pudique pour se révéler, elle avait failli perdre ses moyens quand une revue spécialisée de Cincinnati l’avait appelé pour publier l’une de ses nouvelles : la lumière des spots restait son cauchemar. Peut-être était-ce pour cette raison qu’elle s’était retirée. En revanche, la perspective de toucher les gens avec ses histoires lui plaisait, c’est pourquoi il lui était si difficile de se résoudre à tout abandonner. Comme les auteurs qui l’avaient aidé à grandir, elle pensait que ses écrits pouvaient faire naître des vocations chez certains lecteurs ou rendre leur vie un peu moins morose. Manifestement, elle n’avait pas le talent nécessaire pour ça, elle. Cat l’avait compris, il était temps pour elle de tourner la page.

Se tassant davantage dans son siège, elle retint sa respiration. Baissant les yeux pour regarder devant elle, Ecaterina récita l’alphabet à l’envers pour détourner son attention du cadran de l’horloge numérique au-dessus du tableau de bord qui semblait la narguer. Elle n’avait jamais rencontré Holden en chair et en os, elle craignait de faire mauvaise impression, c’était pour cette raison qu’elle était aussi anxieuse. Un comble, elle qui se fichait de l’image qu’elle projetait était en train de se demander si la tenue qu’elle portait était appropriée ou si elle n’aurait pas dû se teindre les cheveux en noir corbeau pour avoir l’air plus brillante. Elle connaissait son père par cœur, il avait dû lui faire des éloges la concernant, vanter ses mérites et ses qualités avec un manque d’objectivité affolant ; Holden devait s’attendre à rencontrer la huitième merveille du monde, il serait déçu. Posant soudain ses deux mains sur son visage, soufflant très fort entre ses doigts, elle glissa ensuite ses cheveux derrière ses oreilles, puis se pencha pour récupérer ses lunettes de vues – qu’elle utilisait que pour se donner une allure intelligente – qu’elle chaussa rapidement. Elle se grandit pour regarder son reflet dans le rétroviseur, chassa les mèches qu’elle avait mises derrière ses oreilles d’un coup de main les disposant de façon à ce qu’elles encadrent son visage. Elle se regarda un instant de face puis de profil, ramena vivement ses cheveux en une queue de cheval. Finalement, elle les laissa relâcher et enfin, essuya sa bouche rose framboise pour ne pas avoir l’air surfait. Son image la rebutait toujours autant, mais elle donnait au moins l’impression d’être détentrice d’une licence universitaire – cela tombait bien puisque c’était le cas. Satisfaite, Cat sourit à son reflet, empoigna son sac et ouvrit la porte de sa voiture. Dans quelques minutes à peine, Holden descendrait de son train.

Sur le chemin qui la menait jusqu’à la gare, Ecaterina se demanda ce qui pouvait amener le jeune homme dans l’Ohio. Son père avait été vague dans ses explications concernant son séjour, lui demandant simplement de jouer les guides pour son protégé. Elle admettait cependant que cette visite de passage l’intriguait mais peu curieuse, elle mit ses interrogations de côté, descendant du trottoir dans un petit saut pour entrer dans la station à quelques mètres. Replaçant ses lunettes sur son nez, elle salua d’un signe de tête les personnes présentes aux alentours, remonta son sac sur son épaule et se dirigea vers les escaliers qui menaient jusqu’aux quais. C’était étrange comme sensation, elle avait l’impression d’être une midinette qui rencontrait son idole pour la première fois et de nouveau, elle ébouriffa ses cheveux pour qu’ils se replacent correctement. À peine eut-elle le temps de passer la porte pour s’avancer sur le quai qu’elle reconnut le jeune homme qui descendait d’un convoi. Son pouls s’accéléra mais fière, Ecaterina s’avança dans sa direction, un sourire naturel illuminant son visage.

« Timing parfait, je suis Cat. » dit-elle en arrivant devant lui et lui tendant la main pour le saluer. Holden était plus grand qu’à la télévision ce qui lui donna davantage l’impression d’être minuscule. Son sourire s’élargit lorsqu’elle serra sa main et qu’elle secoua la tête en émettant un petit rire gêné « Je ne sais pas comment vous appeler, Holden ou Roman. Mon père vous appelle Roman, mais mon père ne fait jamais rien comme les autres. Comme mon truc à moi c’est d’appeler les gens par leur nom de famille, ne vous froissez pas si je vous appelle Wright. » Elle secoua sa main un instant encore, puis récupéra ses doigts. Dans la foulée, elle plissa brièvement les paupières, songeuse « On devrait se tutoyer tout de suite, je crois qu’on a le même âge. » Le moulin à parole était de retour et s’apercevant que sa nervosité était palpable, Ecaterina rit une seconde fois pour finalement murmurer sur un ton amusé « Bienvenue à Lima, Wright. »
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MessageSujet: Re: 05. Person I should have been.   Dim 18 Nov - 20:27

Le regard perdu dans le vide, Holden demeurait collé contre la fenêtre du train, immobile. Ses yeux ne se préoccupaient même pas du paysage, pourtant charmant de l’Ohio. Holden avait toujours été trimballé de villes en villes ces 4 dernières années durant. Les gratte-ciels, les grandes salles de conférence du monde entier, ils les connaissaient par cœur. Il aurait pu obtenir une carte privilège pour le nombre de kilomètres qu’il avait parcourut en avion. La campagne, les collines à pertes de vue, le jeune homme ne les avait jamais vraiment arpentées. Il était arrivé la veille à Cleveland, profitant de sa dernière soirée dans une « vraie » ville comme il aimait se le rappeler, en sortant dans un bar, dépensant son argent dans des verres qui s’enchainèrent très rapidement. Et comme d’habitude, Holden rencontra une femme qui le reconnut. Et comme d’habitude, il a finit la soirée avec elle. Repensant à ce moment, un léger sourire se décocha sur le visage fatigué du jeune écrivain. Se tassant dans son siège, il aperçut au loin des bâtiments, un début de civilisation. L’auteur à succès allait à présent entrer en gare de Lima comme l’annonçait la speakerine dans le haut-parleur du train. Cette voix le tira de sa rêverie.

Il quitta doucement les plaines du regard pour reporter son attention dans le wagon. Holden s’étira doucement, lâchant un bâillement puissant qui fit se retourner ses autres voisins de première classe. Amusé, le jeune homme les dévisagea de son air arrogant, sans gène. Cette attitude, il l’avait acquise depuis sa percée dans le monde des célébrités, des diners chics et des plateaux télés. Ceux qui le connaissaient avant ne voyaient plus Roman en Holden, comme un jumeau qui a pris la place du jeune homme dès la parution de son livre. Avec prestance, l’écrivain se leva de son confortable siège et se planta sur ses pieds alors que le convoi entamait son ralentissement. Holden enfila sa veste avec harmonie puis passa une main dans ses cheveux. Le jeune homme étudia avec une mine perplexe son ordinateur, posé sur la tablette de sa place. Sur l’écran apparaissait le second tome de son roman à succès, qui l’avait propulsé là où il était. Il avait été allumé pendant tout le trajet, et pourtant aucun mot n’avait été ajouté. Holden avait toutefois tenté de faire avancer l’écriture de son récit mais tout finissait par être dénué d’intérêt, ne plaisant pas au jeune homme. C’était son principal problème depuis deux bonnes années : la page blanche. Tout ce qu’il faisait pour développer son histoire ne lui convenait pas, perdant au fil des jours son imagination, ce grain de folie qui l’avait poussé la première fois à coucher la chronique de ses héros sur le papier. La perspective de les faire grandir commençait à le quitter. Mais il ne pouvait décevoir ses fans, décevoir sa maison d’édition, décevoir son mentor, Gabreel.

Et puis, Holden aimait cette célébrité, il ne voulait pas la quitter aussi rapidement. Avec fermeté, il ferma son ordinateur et l’empoigna pour le mettre dans son sac. Le jeune écrivain vérifia une dernière fois qu’il n’avait rien oubliée sur son siège et se dirigea vers la porte. Dans quelques minutes, il allait mettre le pied sur le quai de Lima, sa nouvelle vie pour plusieurs mois, hors des lumières de projecteurs, il l’espérait dans un anonymat relatif. Il espérait simplement être reconnu, apprécié mais pas suivi tous les jours par une masse de badauds. Holden venait pour la tranquillité du lieu, sur les conseils de son mentor depuis le début de cette aventure : Gabreel. C’était justement sa fille qui devait l’accueillir dans la petite bourgade de l’Ohio. Il ne la connaissait pas, avait entendu parler d’elle seulement à travers les propos élogieux de son père. Ce dernier avait montré au jeune écrivain les lettres qu’elle lui envoyait de manière régulière. Elle était la digne fille de Gabreel , Holden l’avait tout de suite constaté après la lecture des missives. Son style classique était agréable à lire, charmant et le natif de Seattle était tout de suite tombé sous son charme, décelant chez elle un talent intarissable. En s’installant à Lima, il venait pour résoudre son syndrome de la page blanche mais aussi pour découvrir cette jeune femme particulièrement habile dans son écriture. Elle pourrait être une inspiration nouvelle à son récit, un contre-pied renversant à ce que tout le monde pensait de lui dernièrement, qu’il était au fond du trou. Holden pouvait les comprendre, il se rendait à Lima.

L’intrigue de la rencontre avec la jeune femme qui devait venir le chercher à la gare nouait peu à peu l’estomac de l’écrivain. Il n’allait pas avoir affaire à n’importe qui, même si sa réputation ne devait pas dépasser les frontières de son état. Elle allait être sa première connaissance à Lima et il se devait de véhiculer une bonne image à travers la ville, en opposition à sa vie de débauche et de stérilité littéraire. Le train s’arrêta légèrement au niveau du quai et la porte s’entrouvrît doucement. Holden se précipita hors du convoi d’une démarche distingué. Il posa pied sur la voie et s’ébouriffa les cheveux avant d’observer autour de lui. Il chercha une jeune femme des yeux, Gabreel avait été resté vague sur la description de sa fille. Fatalement, il l’imaginait assez vieille fille. En effet, les stéréotypes poussaient l’écrivain à penser cela, peu de jolies femmes continuaient à correspondre avec leurs pères par lettres. Pour le moment, Holden n’avait pas été reconnu. Il avait bien vu depuis son départ de Cleveland que des regards inquisiteurs se posaient sur lui, essayant de déchiffrer ce visage qui leur semblait familier. Le même spectacle pathétique se déroulait sur le quai. Mais néanmoins, le natif de Seattle était flatté. Soudain, planté sur ses deux quilles, regardant autour de lui pour trouver la fille de Gabreel, il entendit quelqu’un l’apostropher.

Se retournant brusquement, il fit face à une charmante jeune blonde. L’écrivain sourit agréablement. Ce n’était pas une vieille fille. Son regard se posa sur elle. Cette dernière lui tendit une main complice. Holden fixa la main avant de la serrer avec poigne, l’excitation de cette rencontre prenant le dessus. La blondinette pépia quelques mots que l’auteur eut du mal à capter, trop occupé à plonger son regard dans les yeux bleus d’Ecaterina. Il entendit seulement ses derniers mots. C’était vrai, il allait être un habitant de Lima à présent. Reprenant esprit, Holden se tint droit devant elle, bombant le torse avec la mine ravie. « Avant tout merci de votre accueil Cat. » lança t’il avec sa voix la plus charmante possible. Empoignant sa valise, il accompagna la jeune fille hors de la gare, d’un pas relativement lent. Il la surplombait d’une bonne tête et pourtant, Holden semblait dominé par le charisme de la jeune femme. Et pourtant, il avait rencontré de nombreux personnages charismatiques de la vie politique. « Cela fait longtemps que tu vis à Lima ? Est-ce que je devrais me méfier de quelque chose ici, hormis de toi ? » lança t’il avec un rire, plutôt sur de lui. « Ton père m’a beaucoup parlé de toi, en bien je te rassure, c’est un vrai plaisir de rencontrer enfin sa fille. Qu’est ce que tu fais dans la vie ? » ajouta t’il en espérant que sa question l’aiguille un peu plus sur la situation de la charmante blonde.


Dernière édition par Holden Wright le Jeu 29 Nov - 18:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 05. Person I should have been.   Mar 20 Nov - 19:02

En acceptant de rendre service à monsieur Robertson, Ecaterina s’était hasardée dans une sorte d’aventure inattendue. Faisant fi de son admiration évidente pour Holden, elle avait juste écouté les éloges prononcés régulièrement par son père. Vaillante, mais émue à l’idée de le rencontrer pour de bon, elle s’apprêtait donc à jouer les guides touristiques. Elle espérait être à la hauteur des espérances du brave pèlerin qu’elle s’apprêtait à accueillir. Aussi, ce n’était pas son premier essai, elle s’était d’ailleurs bien débrouillée avec Gale, cinq ans plus tôt. Il avait fini par apprécier cette ville, même si elle se souvenait que ça n’avait pas été simple à son arrivée. Elle n’avait aucune crainte à avoir, elle savait vendre sa ville d’adoption. Cependant, contrairement à Gale à l’époque, Holden, même si elle ne l’avait jamais côtoyé en réalité, Ecaterina le connaissait. Elle avait vu ses apparitions télévisées, avait lu ses interviews, suivait son actualité, et une chose était certaine : cet homme bourré de talent n’était pas habitué aux petites bourgades du fin fond des États-Unis. On racontait que son rythme de vie était digne des membres émérites de la jet-set de son pays. Les gens comme lui devaient haïr la campagne, et encore plus les pauvres rêveurs entassés dans les contrées qui s’émerveillaient lorsqu’un individu avec un semblant de notoriété débarquait de la grande ville. Holden et Cat, en plus de partager une passion, venaient du même monde. Elle avait été élevée dans une famille relativement aisée, et d’après ce qu’elle avait lu à droite et à gauche, c’était le cas du jeune homme également. Sauf qu’à Cat, on lui avait appris à garder les pieds sur terre, d’une façon violente et rustre certes, mais si elle était fière d’une chose aujourd’hui, c’était que ses exigences étaient moindres et que l’argent, la gloire et l’indolence ne faisaient pas partie de ses priorités. À l’inverse de l’écrivain qui avait eu tendance à se perdre. Les rumeurs ne désemplissaient pas à son sujet, il apparaissait comme une cible privilégiée des magazines, la faute à son charme. Pour autant, cela voulait-il dire qu’elle le connaissait vraiment ? Absolument pas, elle ne le connaissait pas. La blonde n’était pas sans savoir que l’image que l’on renvoie n’est pas forcément ce que l’on est. C’était tellement facile pour un animateur de talk-show de conduire une interview de façon à ce que leur locuteur se montre exécrable ou pour un journaliste de descendre en flèche une célébrité en rapportant des faits inventés de toutes pièces. Ecaterina refusait de croire le tiers des ragots qu’on colportait au sujet de Holden. Premièrement, parce que son père n’aurait jamais pu venir en aide à une personne d’aussi imbuvable que celle dépeinte dans les journaux à scandale et deuxièmement, parce qu’elle voulait se faire sa propre opinion sur le personnage, tant pis si elle en sortait désenchantée. C’était pour cette raison qu’elle lui laissait le bénéfice du doute. Elle était impressionnée, elle avait bien du mal à le dissimuler, mais elle se savait assez orgueilleuse pour rétorquer si jamais l’arrogance du jeune écrivain s’avérait fondée. Petite et blonde, peut-être. Mais avec du caractère, et ce n’était sûrement pas le semblant d’émotions qu’elle éprouvait à l’idée de lui serrer la main qui la convertirait en jeune femme souple et docile – elle restait la digne fille de sa mère.

Pour l’heure, elle avait une tache à accomplir, et ce fut naturellement qu’elle se dirigea vers le jeune homme descendu du train au moment où elle arrivait sur le quai. Avec chaleur, elle essaya d’engager la conversation, son stress latent prenant le dessus. Holden était un joli garçon, mais ce n’était pas ce qui l’impressionnait, c’était plutôt ce qu’il avait accompli qui la mortifiait. Ils avaient le même âge, comme elle l’avait souligné en lui proposant d’emblée le tutoiement. Sa carrière, il l’avait commencé très jeune, alors que Cat ne savait toujours pas ce qu’elle voulait. Elle admirait sa détermination, plus que ses écrits talentueux et en lui serrant la main, l’impression d’être insignifiante et immature la fit redescendre sur Terre. Néanmoins, elle ne devait pas se laisser atteindre et lui souhaita la bienvenue, polie. D’un mouvement de tête, elle l’invita à prendre la direction opposée pour quitter le quai, et tout en glissant ses lunettes sur le haut de son crâne, dégageant son visage harmonieux de ses longues mèches soyeuses, elle remonta son sac sur son épaule d’un même chef.

Elle ne savait plus quoi dire. À croire qu’elle venait d’épuiser son stock en quelques minutes seulement. Heureusement, Holden prit la conversation en main. Dans un sourire spontané, Ecaterina eut le loisir de constater qu’il semblait avoir de l’humour. Tant mieux, il se trouvait qu’elle savait y faire, elle aussi « De moi, c’est suffisant, fais-moi confiance. » lui répondit-elle en tournant brièvement la tête vers lui et lui souriant, énigmatique. Elle pinça les lèvres, dévia le visage en continuant sur sa lancée, soupirant discrètement « Je vis ici depuis bientôt un an, mais c’est un retour. J’y ai déjà vécu quand j’étais ado, donc en cumulant les périodes, ça ne doit pas faire plus de deux ans… et quelques semaines. » C’était la première fois qu’elle s’apercevait qu’au final, elle n’avait pas vécu longtemps à Lima. Elle avait eu tellement d’importance pour elle, pourtant. Accélérant le pas pour aller ouvrir la porte non loin d’eux, elle fut prise de court par Holden qui la laissa passer devant lui. Séduite par ses manières, Cat le remercia du regard et s’engouffra dans la gare. Maintenant une mèche de cheveux contre son oreille, retenant une vague de chaleur embarrassante qui menaçait de colorer ses joues en l’entendant dire que son père, comme elle s’en était doutée, lui avait parlé d’elle, elle attendit que le jeune homme arrive à sa hauteur et reprit, confuse « Oh, non, mon dieu, je vraiment suis désolée. Mon père en fait trop quand il s’agit de vanter les mérites de sa progéniture. Je suppose que tous les parents sont pareils, mais chez lui, le manque d’objectivité en ce qui me concerne est passé discipline olympique. Il oublie parfois qu’il ne me connaît pas aussi bien qu’il le croit. Je ne suis plus une petite-fille. » laissa-t-elle échapper. Elle se rendit compte de ses propos, et dans une petite secousse de la tête, elle tourna ses pupilles vers Holden, feintant l’inquiétude pour balayer ses dires « Qu’est-ce qu’il t’a dit, au juste ? » Elle le regarda intensément, avant d’agiter ses mains devant elle, fermant les yeux au passage « Non, ne me dis rien. Je ne veux pas le savoir. » Descendant les escaliers avec un peu d’avance, Ecaterina avait beau être troublé par le fait qu’elle tenait une conversation avec Holden Wright – LE Holden Wright –, elle n’oubliait pas d’être une chipie qui savait esquiver les questions à la perfection, et fronçant sévèrement les sourcils, elle dit d’une voix boudeuse « Je crois qu’on a assez parlé de moi, maintenant. J’ai quelques questions à te poser, moi aussi. » Elle sauta la dernière marche, pivota sur ses deux pieds pour le regarder descendre celles qui restait, et joignant les mains en collant ses index l’un contre l’autre, elle les posa un moment sur sa bouche pincée pour finalement le pointer avec ces doigts, la mine suspicieuse « Qu’est-ce que tu viens faire à Lima, Roman ? » Elle fronça le nez en agitant la tête, se reprenant « Pardon, Holden – hum, Wright ! »
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MessageSujet: Re: 05. Person I should have been.   Jeu 29 Nov - 18:27

Concentré, le jeune écrivain connu mondialement observait les lèvres pulpeuses de sa guide bouger. Il avait décidément du mal à croire qu’elle était la fille de ce bon vieux Gabreel. Comme quoi, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures. Et en plus, celui-ci avait transmis son talent à sa fille. En plus d’être charmante, drôle, elle maitrisait la langue avec délicatesse et un classicisme captivant. Si Holden ne s’était pas penché plus précisément sur les lettres de la jeune femme, son intérêt n’aurait pas été titillé à ce point. De son point de vue totalement froid et théorique du parcours d’Ecaterina, il ne comprenait pas sa décision de se cantonner à ce petit boulot de libraire. Son père lui en avait parlé quelques fois, sans aborder plus le sujet puisqu’il rendait l’écrivain d’épouvante nerveux. Holden, lui, n’admettait pas du tout la décision de la jeune auteur, décrivant cela comme un gâchis incommensurable. La Robertson avait un don, comme son père, et en tant qu’amoureux de l’écriture, il ne pouvait laisser la jeune femme dévier de sa destinée promise. Elle était talentueuse, envoutante. L’écrivain connu mondialement avait parcourut des lettres écrites par Ecaterina et à ce moment-là, il se rendit compte du potentiel de la blondinette. Et l’avoir en face de lui, guillerette comme une groupie qui rencontre son béguin d’adolescence, le troublait encore plus. Son syndrome de la page blanche était la raison majeure de ce suicide professionnel qu’était sa venue à Lima, mais la connaissance d’une perle rare de la littérature qu’est Ecaterina avait fini de lui faire mettre le pied à l’étrier, ou plutôt la valise dans le train. Holden se sentait comme revêtit d’un devoir mystérieux, qu’il s’était lui-même fixé, renvoyé directement la jeune femme à l’Université pour qu’elle boucle ses études. Et si elle refusait ? Le jeune écrivain ne prendrait pas non comme une réponse. Têtu et charismatique, il ferait tout ce qu’il faut pour que la charmante blonde écrive pour lui, l’aide à conjurer le mauvais sort qui est apparu en même temps que sa célébrité grandissait et parcourait le monde. Holden sentait que Cat serait un moteur, direct ou indirect, de l’avancée beaucoup plus rapidement du second tome de son roman.

Mais d’abord, il allait devoir l’approcher, faire connaissance avec la libraire, gagner sa confiance petit à petit. Cependant, ce n’était pas forcément ce qui inquiétait le plus Holden. Les mots de Gabreel à son encontre avait très certainement été élogieux, plutôt normal venant de son mentor. De plus, si une libraire n’avait pas entendu parler de l’auteur événement des dernières années, le J.K Rowling masculin comme s’était amusé à le comparer le New York Times, cela aurait extraordinairement cocasse. Le jeune écrivain avait conscience de son charisme qui animait les foules, faisait vibrer ses fans et convertissait les plus sceptiques. Et il comptait bien s’en servir avec la charmante blonde aux yeux bleus. De sa bouche étaient déjà sortis de nombreux compliments, relayés bien évidemment par Gabreel, jamais avare d’information et d’éloges sur sa fille adorée. Holden avait la cote avec Ectaerina, étant donnée sa profession, elle n’avait sans douter pas pu s’empêcher de lire le roman du fils Wright. Elle aurait apprécié selon les dires de son paternel. Alors, le jeune écrivain se présentait comme une figure agréable aux yeux de la blondinette, une personne remarquable qu’elle n’aurait jamais crû rencontré, une sorte de rêve devenu réalité. Une sorte de représentation de ce qu’elle aurait pu devenir si elle avait poursuivi la voie qui lui était toute tracée compte tenu de son talent indéniable. Il n’était pas trop tard pour Ecaterina pour retrouver les bancs de l’université et de finir un jour ou l’autre sous l’aile d’Holden. Le plus tôt étant la meilleure possibilité pour le charmant jeune homme. Les fans s’impatientaient de plus en plus, bombardant sa messagerie Il y’avait deux type de mails. Le premier ressemblait plu à du soutien, à de l’encouragement pour l’écriture du second tome de la part e ses fans les plus « normaux ». Le second était, comment dire, plus radical. Il se composait d’insultes, de messages haineux, de photos de portrait d’Holden brulées par les fans, l’incitant à avancer plus rapidement que son train de paresseux qu’il s’était imposé depuis sa célébrité. En tout cas, l’auteur reconnu mondialement espérait que parmi eux ne se cachait pas la petite blonde joviale. Sinon, son plan tomberait magistralement aux oubliettes et sa carrière rejoindrait celles que la célébrité a détruites petit à petit.

Le visage fin de la Robertson ne cessait de bouger, au rythme de ses pas en direction de la sortie du hall de gare. Elle marchait d’une allure légère, comme si elle sautait d’un pied à l’autre, à la manière d’une enfant. L’observant quelques pas derrière, Holden souriait béatement. Cette jeune femme respirait la joie de vivre, la liberté. Et il appréciait cela, le changeant de sa morosité habituelle couplée aux nombreux verres dans un bar et une rencontre fortuite qui se finissait biens souvent sous les draps. Sans un coup de téléphone les jours suivants. Sinon les tabloïds du pays n’auraient rien à se mettre sous la dent au sujet d’Holden. Toujours guidé par la blondinette, l’écrivain voyait enfin la sortie de la gare et la lumière du mois d’Avril qui l’accompagnait. Autour de lui, des regards se faisaient insistaient, des badauds s’arrêtaient plusieurs secondes pour le dévisager, reconnaitre la figure de l’homme qui avait été en couverture de tous les magazines féminins, l’invité de nombreux talk-shows, un petit séisme dans le monde de la littérature, paraissant très austère et vieillot. Ecaterina contribuait elle aussi à démentir ce préjugé bien trop prégnant. La charmante jeune femme aurait plus sa place sur des podiums que dans une librairie. Holden observa avec un amusement assez détaché l’attitude des habitants de Lima qui ne connaissaient que Rachel Berry comme star. La population de star venait de doublé avec l’arrivée du jeune écrivain ! Le début de la gloire pour ce petit patelin de l’Ohio. La guide du natif de Seattle dans cette nouvelle vie descendait quatre à quatre les escaliers de la sortie et se stoppa net en bas de ceux-ci alors qu’Holden trimait avec ses affaires. Ce dernier attendait patiemment que la charmante blonde ajoute quelque chose.

La raison de sa venue à Lima ? « Toi ! » lança t'il le regard le plus sérieux du monde. Il demeura les yeux fixés sur la silhouette de la libraire qui semblait avant tout surprise de cette annonce, plutôt désemparée. Puis d’un coup, Holden se mit à rire et enleva son doigt pointé vers elle. Le jeune homme arborait un large sourire. Il mit son sac à l’épaule et descendit les dernières marches qui le séparaient d’Ecaterina. Avec sa posture et son visage charmeur, Holden s’approcha à quelques centimètres de sa guide, respirant son parfum et se plongeant dans ses yeux bleus. Ayant recouvré un minimum de sérieux, il ajouta : « Je suppose que tu m’as googlé avant que j’arrive, tu as découvert peut-être tout un tas de choses sur moi. ». Il passa une main dans ses cheveux avant d’ajouter avec une mine désabusée. « Et bien c’est vrai. » conclua t’il en fronçant les sourcils et le nez. Il n’était pas forcément fier de son passé qui a mené à sa page blanche, même si c’était du très bon temps passé. L’écrivain posa un doigt sur son front et tapota dessus. « Ce truc-là ne marche plus, je n’arrive plus à rien. Gabreel m’a conseillé de me mettre au calme, respirer la vie normale que chacun partage dans ce bled. J’ai suivi ses conseils en espérant que ça résolve mon problème de page blanche. » ajouta t’il. Face à face avec la blondinette, Holden huma une dernière fois son parfum avant de questionner la jeune femme. « Sois franche, dis-moi ce que tu penses de moi, de mon travail, de cette attente que je fais subir à mes fans, dont toi j’espère ! ».
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MessageSujet: Re: 05. Person I should have been.   Ven 30 Nov - 18:22

Ecaterina n’avait jamais imaginé se retrouver de nouveau sous la lumière des projecteurs pour des faits plus glorieux que ceux qu’elle avait accomplis pendant sa carrière de pseudo-mannequin. Elle avait néanmoins l’assurance qu’elle ne se rendrait plus dans aucun studio-photo pour poser face à des boîtes vides de tampons parfumés, ne sauterait plus sur de vieux trampolines défoncés en ayant l’air gai en prononçant des slogans ridicules sur les effets miraculeux de la lotion anti-acné de la marque préférée des boutonneux d’Ohio. Il était vrai qu’elle avait une fois renoué avec son passé compliqué. Il se trouvait qu’être mannequin détail pour une boutique de lingerie du centre-ville de Cincinnati avait ses avantages, le premier étant que ce petit job dégradant lui avait permis de payer ses études sans faire appel au portefeuille de papa. Aussi, lorsque sa mère avait rejoint le purgatoire, Ecaterina avait immédiatement compris que le calvaire qu’elle vivait était terminé. Sans doute que ça faisait d’elle quelqu’un de monstrueux, seulement, personne ne pouvait s’imaginer tout ce qu’elle avait enduré sous sa responsabilité. Elle ne s’excuserait pas de la renier, au contraire ; elle le ferait aussi longtemps qu’elle le pourrait. Autant dire qu’il lui restait de nombreuses années pour continuer de nourrir la haine qu’elle éprouvait à son égard. Il ne s’agissait pas uniquement d’une éducation stricte, et des heures de travail acharnées pour parvenir à sourire de la bonne façon qui l’avait heurté, c’était surtout des journées entières à se faire humilier devant des imbéciles terrorisés à l’idée de perdre leur emploi et qui ne trouvaient pas mieux que de s’échiner à aller dans le sens de sa mère. Aujourd’hui encore, toutes les remarques basses qu’elle lui avait faites sur son physique continuaient de suivre la blondinette. Combien de fois au juste lui avait-elle dit qu’elle était jolie ? Pas tant que ça. De toute façon, elle ne serait jamais aussi jolie qu’elle, lui disait-elle sans cesse. Cette crainte était devenue obsessionnelle chez sa mère, si bien qu’elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour se démarquer de sa fille, alors qu’il était évident qu’elles se ressemblaient. C’était l’une des raisons pour laquelle Cat ne se regardait pas dans le miroir et qu’elle n’acceptait pas les compliments, même les plus sincères : parce qu’elle avait peur d’entendre cette voix lui souffler au creux de l’oreille qu’elle n’est qu’une pâle copie de l’originale. En revanche, combien de fois lui avait-elle dit qu’elle n’hésiterait pas à la faire passer devant un chirurgien si ses monstrueuses fossettes ne s’atténuaient pas, qu’il fallait absolument qu’elle prenne des centimètres, que sa poitrine cesse de grossir ou qu’elle apprenne à parler avec une voix plus cristalline ? Cat avait cessé de les compter quand elle s’était aperçue que ça lui faisait vraiment du mal de les entendre. Puis au fur et à mesure, elle s’y était faite : jusqu’à couper complètement le son quand elle pressentait qu’une nouvelle séance de quolibets allait arriver, et qu’elle s’enfermait dans son propre monde. Là où elle ne pouvait plus l’atteindre.

Cette fameuse lumière des projecteurs, c’était l’un des autres motifs qui poussaient Ecaterina à reposer sa plume et à se résigner d’arrêter de rêver. Il n’y avait qu’à voir la panique qui l’enveloppait lorsqu’elle devait se produire sur scène avec les autres membres des Urban Hymns : cette pression sur ses frêles épaules, les regards qui se posaient sur elle et la rumeur des conversations… Ce n’était pas fait pour elle, ça ne l’avait jamais été. Ecaterina connaissait les rouages du cercle très fermé des gens qui avaient du succès, même si son succès à elle, n’avait jamais dépassé l’état dans lequel elle vivait. S’il se trouvait que par miracle l’un de ses écrits soient un jour publié, elle savait qu’elle n’aurait jamais le cran pour affronter les gens qui l’avaient autrefois rabaissé et les autres, qui comme par magie, deviendraient ses meilleurs amis. Faire la promotion d’un livre, le porter au sommet et développer un univers rien qu’à elle, ce n’était pas à sa portée. Elle ne jugeait pas ceux qui souhaitaient à tout prix recevoir le précieux sésame des célébrités et apparaître sur des plateaux télévisés comme Rachel ou Holden, mais elle ne comprenait pas qu’on puisse faire preuve d’autant d’amour propre pour accepter de se dévoiler devant des milliers de gens. Ce dont elle avait besoin elle, c’était de simplicité et d’un environnement sain dans lequel évoluer.

La présence d’Holden la forçant à s’enfoncer dans ses états d’âme, Cat sortit progressivement de sa rêverie quand il répondit à ses questions. Remontant son sac à main sur son épaule, et retirant ses lunettes du haut de son crâne d’un même chef, elle reprit sa marche cadencée en triturant leurs branches, plus calme et posée. Sa première réponse lui arracha un sourire en coin. Cependant, elle préféra ne pas relever. Le doigt d’Holden pointé sur elle lui fit plisser les paupières, feintant la suspicion, puis elle se concentra de nouveau sur son chemin en souriant, restant très attentive à ses explications. Il avait beau faire le fier, la petite blonde sentait que quelque chose le contrariait. Ecaterina n’était peut-être pas une spécialiste des rapports humains toutefois, il s’avérait que son adolescence solitaire l’avait contrainte à développer des qualités d’observatrice hors pair ; elle savait quand les gens lui mentaient, par exemple. Cette attitude détachée que le jeune homme s’obstinait à vouloir adopter n’avait visiblement rien de naturel. Holden s’approcha d’elle, Ecaterina remarqua qu’il huma sans aucune gêne son parfum, alors qu’elle se trouvait juste à côté de lui. Elle fut courroucée par ce détail et s’éloigna d’un pas en plus, par réflexe. Elle constata qu'il donnait l’impression d’adorer s’écouter parler, comme si sa propre voix était un remède au stress qu’elle parvenait à percevoir. Elle trouvait ça pathétique, mais amusant à la foois. Et soit ce qu’il venait de lui avouer concernant sa panne d’inspiration était un mensonge. Soit ses intentions n’étaient pas aussi louables qu’il le déclarait. Dans les deux cas, elle ne mettrait pas longtemps à le savoir.

S’avançant tous les deux pour rejoindre la voiture de la jeune femme, garée non loin de la station, Ecaterina garda le silence encore un peu. Elle n’aimait pas qu’on tourne autour du pot et la politesse feinte de Holden eut le don de faire naître en elle un profond sentiment d’impatience qu’elle tenta de dissimuler, sans mal. Pour le moment, elle se contenait mais ses derniers propos fut la goutte qui fit déborder le vase : il attendait d’elle qu’elle le caresse dans le sens du poil, clairement. Ce qu’elle aurait sincèrement fait, très admirative de son travail, s’il ne l’avait pas implicitement invité à s’y coller. Ce n’est qu’une fois qu’elle déverrouilla les portes d’un mouvement souple du poignet, qu’Ecaterina posa ses deux mains sur le haut de la voiture et que très sereinement, elle lui dit « Ça ne marchera pas avec moi. Le reniflement discret de mon parfum et ton regard de charmeur, ça ne fonctionnera pas. Je suis peut-être blonde, pas très futée parfois, je le reconnais, mais j’ai très mauvais caractère. Ce genre de choses, c’est typiquement ce qui pourrait me pousser à te laisser en plan au milieu de la campagne de Lima. Ami de mon père, ou pas. » Elle sonda intensément son regard « A l’avenir, tu éviteras ce genre de tactique attrape-midinette avec moi, d’accord ? », et ne baissa pas les yeux pendant un instant. Une seconde après, elle termina par un grand sourire éclatant, découvrant ses dents blanches et droites, en émettant un petit rire détendu. Elle ouvrit la porte pour s’engouffrer dans la voiture et la referma aussitôt. Balançant son sac et ses lunettes à l’arrière, elle attendit que Holden monte pour reprendre posément « Pour ta gouverne, Roman » Elle insista sur son prénom – son vrai prénom –, mais le ton de sa voix rauque avait retrouvé toute sa chaleur réconfortante « Je ne suis pas le genre de personne à googler les inconnus dans le but de découvrir leurs petits secrets. Je m’en fiche de tes secrets, comme tu dois sûrement t’en ficher des miens. Mais en effet, je sais des choses sur toi, tout simplement parce que je suis ta carrière depuis le début. » avoua-t-elle, le plus naturellement du monde. Elle introduit la clef pour démarrer la voiture, détourna le visage pour regarder droit devant elle et plaça ses pieds sur les pédales à sa portée « Ce que les médias racontent à ton sujet, ça m’est égal. Pour l’instant, je préfère réserver mon jugement, c’est encore trop tôt pour savoir si oui ou non, je t’apprécie autant que ton bouquin. J’espère que tu ne m’en voudras pas. » D’un mouvement d’épaules très gracieux, elle repoussa ses longs cheveux en arrière, se redressa en cambrant légèrement les reins et vérifia la route dans son rétroviseur qu'elle replaça correctement. Ecaterina haussa ensuite les sourcils puis tourna la tête vers le jeune homme, et avec détachement, elle conclut « Tu veux voir la librairie avant de t’installer, peut-être ? »
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05. Person I should have been.

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