Choriste du mois


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 06. So many dumb ways to die

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MessageSujet: 06. So many dumb ways to die    Mer 9 Jan - 16:32


Grace avait toujours été persuadée de l’existence du paradis. Partant du principe que l’absence totale d’humour dans la Bible était une preuve indéniable de la bonne foi de son contenu, elle n’envisageait pas autrement sa mort qu’en un allez simple vers le ciel pour son âme en jet privé cosmique. Jésus Airlines lui devait bien ça après la petite vie qu’elle lui avait entièrement consacré.

Le temps était venu pour elle de confirmer ses petites théories extrémistes.

C’était un jour parfait pour mourir.

Trois nuages flânaient dans un ciel bien trop estival pour qu’ils puissent être menaçants. Se reflétant sur la pointe vernie des souliers de Grace, espèce de boudins célestes, blanchâtres et laineux, ils y formaient de larges sourires un peu glauques. Les contemplant avec ravissement, la benjamine des du clan Hamilton savourait ce dimanche qui se prolongeait et auquel elle avait sacrifié une de ses interminables plages d’étude. Un slushy framboise paralysant les phalanges de sa main droite, elle déambulait dans les rues embrasées de soleil de Lima, sa robe bleue pâle fleurant encore l’encens de la messe qu’elle venait à peine de quitter.

Un soupir de ravissement parfaitement niais naquit sur le bord de son sourire perpétuel. Le sermon paternel du jour avait compté parmi ses discours les plus marquants. Et ce n’était pas peut dire à la vue des capacités thoraciquo-théologiques proprement surnaturelles du pasteur.

Animé de tout son charisme, mêlé à la profonde passion qu’il vouait à leur Seigneur, Joseph avait plaidé, pour ces jours nouveaux, une chrétienté renforcée avec une force inattendue. Si les sentiments de patriotisme devait s’appliquer à l’Amérique, il leur avait aimablement rappelé qu’ils faisaient avant tout partie de la Nation de Dieu, et que celle-ci avait de puis bien longtemps gagné la préséance sur l’autre, du fait de son universalité. Bon, Grace devait bien avouer qu’elle n’avait pas foncièrement saisit toute la profondeur du discours, mais la fascination que la luette rougeâtre qui gigotait au fond de la gorge de son père au rythme soutenu de ses exclamatives avait exercé sur elle l’avait suffisamment bouleversée pour qu’elle ne puisse que l’approuver.

De toute façon, Grace avait depuis bien longtemps perçu l’espèce de miracle ataviste qui entourait la capacité innée à parler avec une exactitude irréprochable de leur Foi et des volontés divines. Alors, cette certitude acquise, à quoi pouvait bien lui servir de tenter de remettre en doute toutes les déclarations si bien structurées grammaticalement ? A rien. Aussi se contentait-elle de profiter de la communion avec son Dieu, chanter un peu et attendre en souriant son tour dans la file de l’espèce de cantine qu’était devenue la distribution de l’ostie.

Ces paroles sanctifiées s’étaient figées entre deux de ses méninges et, broyées par les ressorts et les mécanismes de ceux-ci, s’étaient éclaté en un million de petits fragments de pensées, bourdonnant furieusement au creux de son lobe occipital des raisonnements la confortant dans son assurance d’appartenir à une communauté forte et bien guidée.

Encore toutes auréolée de son post-it évangélique de la semaine, une brise tiède frappant sa nuque, agitant quelques mèches dorées luisantes d’Oméga trois, effet venteux si commun à toute publicité douteuse pour des tampons pro-conforts, Grace se sentait au plus proche de Dieu, de ses créatures et avait une irrésistible envie d’Oréo.

Comme pour accompagner sa joyeuse procession mentale, une coccinelle était venue voleter près de sa tête avant de se poser à quelques centimètres de ses pieds. Soucieuse de ne pas devenir une petite meurtrière en puissance, elle arrêta promptement son chemin, s’accroupit sans aucun égard pour sa robe et observa avec émerveillement la coccinelle avancer paresseusement sur le blanc écaillé du sol. Énumérant quatre points luisants sur la carapace lisse de cet insecte chéri parmi les enfants à six pattes de Dieu, elle se ravit bientôt de se voir ainsi accorder quatre mois de prospérité. Se retenant d’applaudir cette croyance avantageuse, elle redressa la tête et ignora le regard dégouté d’une mère de famille qui trainait ses triplés loin de l’espèce de hippie dégénérée et germaphile que Grace représentait à cet instant, de peur que sa chère descendance ne se chope les mêmes instincts déviants à se rouler sur les passages piétons à son contact.

Bon, certes, si quelqu’un d’extérieur avait pu entendre ses petites réflexions sur la grande famille hautement incestueuse que l’humanité, la faune et la flore représentait, il se serait certainement demandé si le pasteur n’avait pas glissé une bonne dose de champignons hallucinogènes dans son vin de messe, mais quand même : c’était avec ce genre de considérations qu’on finissait par douter de la virginité de Marie et du contrat marketing entre le Père Noël et CocaCola.

Epouvantée par ces constatations, la jeune femme ferma les yeux et respira un coup, pour chasser ces ondes négatives à bon coup de visualisation candides. Un crissement se fit entendre au loin. Puis plus près. Une pression sur ses côtes. Une force qui la tracte en arrière.

Une trace rouge sur la chaussée. Comme une lacération sur la peau noire du bitume.

Le même liquide tranchant sur le tissu pâle de la robe désormais humide.

Un gémissement à peine audible sous les rugissements gargarisés d’un moteur qui accélère brusquement.

Grace était morte.

Sérieusement. Elle ne saurait jamais ravoir ce foutu colorant. Et c’était l’expérience qui parlait : elle était à même d’écrire une thèse sur les effets néfastes des granitas sur tout type de tissus pour avoir vu, et plus précisément enduré, plus de trois gardes robes complètement massacrées à coup de glace pillée pendant l’ensemble de sa scolarité à McKingley. Or, le vêtement qui mettait si bien en valeur son petit corps asexualisé appartenait à sa sœur. Autant dire que ce léger contretemps équivaudrait à une première place sur la petite liste de proscription personnelle de Cassandra Hamilton herself.

Tétanisée par le manque d’excuses qu’elle avait à disposition pour justifier ce petit paintball alimentaire improvisée, elle tourna les yeux vers une silhouette qui lui semblait étrangement proche. Te masquant le soleil, ses traits baignés par la lumière de celui-ci, un visage inconnu et féminin la fixait. Il lui fallut un petit moment pour saisir qu’elle était désormais allongée sur ce qui semblait être un trottoir, du moins c’était ce qu’évoquait la douleur lancinante administrée à ses fesses à la rencontre de ce qu’il y avait sous elle. Et que l’apparition aussi impromptue que faciale était quelque peu étendue sur elle. Et qu’il y avait un vélo en arrière plan. Et qu’émanait de la créature lascivement allongée sur son ventre l’odeur de ce déodorant à base de pierre que des écologistes en tong recyclées avaient tenté de lui vendre au supermarché.

Concluant que cette accumulation de « et » impliquait un déficit de normalité dans la situation présente, Grace cessa de pleurer sur son apparence déchue. Tournant la tête sur le côté, clignant des paupières, un air de profonde hébétude sur le visage, impression soulignée par sa bouche mollement ouverte, elle observa la route et le vide calme qui avait fait place au minibus dont l’odeur de gazole flottait encore sur les lieux. Elle inspira une bouffée de ces fragrances cancérigènes, préférant étonnamment leur compagnie olfactive au fumet au ph neutre de…

De qui ?

De quoi ?

Soudain, une lueur de compréhension embrasa les prunelles de l’étudiante. Un sourire dangereusement large dévoila ses prémolaires.

C’était sa sauveuse. Sa Sauveuse.

Ce nouveau statut octroya à l’inconnue l’incroyable privilège d’avoir un test gratuit de la résistance de ses tympans en la matière d’un cri d’euphorie perçant fraichement dégainé de ta gorge puissante.

-Ventredieu !

C’était parti.

-Tu m’as… sauvée ? Tu m’as sauvée. Oh mon dieu ? Oh mon dieu. Oh mon dieu ! Tu m’as sauvée. Oh…

La nécessité de dépasser le stade épileptique de la conversation se fit soudainement sentir. Celle de se relever apparemment toujours pas vu que la blonde enchaîna les paroles toujours dans la même position.

-… mon dieu. J’ai failli être rappelée à Notre Seigneur. Mais tu étais là. Enfin, je veux dire, bien sur, j’aurai été pleinement heureuse de Le rencontrer, mais je ne suis pas sûre d’être vraiment prête à Ca. Et puis, un minibus, je ne suis pas sûre que ce soit la façon la plus glorieuse de Le rejoindre. Enfin, pas que je cherche l’esthétique dans ce genre de situation, mais si les circonstances de notre mort son notre carte de visite au Paradis. Enfin. C’est un Miracle ! Tu es un miracle. Oh mon dieu. Oui, tu étais là. D’ailleurs, tu es ? Hormis ma Sauveuse, bien sur…

Ricanement hystérique à son propre humour.

- On se connait ? Oui ? Non ? Je crois t’avoir déjà vu à l’église… Où était-ce à un rassemblement de la jeunesse chrétienne ? Enfin, tu me raconteras tout-ça autour d’un verre. Je ne te laisserai pas repartir avant de t’en avoir offert un !

Dans sa bouche, ça sonnait étrangement comme une menace.
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MessageSujet: Re: 06. So many dumb ways to die    Sam 19 Jan - 22:43

C'était une journée comme les autres. Une journée où rien ne laissait à penser que quelque chose pouvait se passer différemment d'ordinaire. Une journée comme on en voyait souvent à Lima, placée sous le signe du soleil et de la bonne humeur, des gens biens sous tous rapports, de leurs secrets gardés bien au fond de leurs sourires, et des paroles saintes sortant des églises. Un dimanche pouvant être perçu comme bien ennuyeux, cependant, pour beaucoup d'adolescents, donc Gillian faisait partie. C'était donc en toute âme et conscience qu'elle avait abandonné l'idée de rester enfermée chez elle ce matin-là, et qu'elle avait enfourché son vélo. Ses mères étant absentes, elle n'avait pour une fois, pas eu à se justifier, ce qui la soulagea grandement. Non pas qu'elle détestât le fait de devoir décrire ses faits et gestes avant de les exécuter, mais en réalité, elle ne portait pas vraiment cette nouvelle façon de faire au sein de la famille O'Connor dans son cœur. Après avoir monté la bête qui lui servait à se déplacer plus vite, tout en polluant moins que tous les énergumènes irrespectueux possédant une voiture, un bus, ou un tramway – si, il y a des gens qui possèdent des tramways, tout juste – la jeune femme avait décidé de se rendre à l'endroit où créchait généralement son ami Sean. L'ayant trouvé, elle n'était toutefois pas restée longtemps avec lui, pour ne pas nuire à ses projets de la journée. Elle ne pouvait se permettre d'arriver de manière imprévue, et de le bloquer pour la journée ! Aussi, emmenant avec elle son vélo, son short et son débardeur, elle repartit vite, non sans avoir salué chaleureusement son ami. C'était un fait, depuis qu'elle le connaissait, elle ne pouvait passer quelques jours sans ressentir le besoin de le voir, ne serait-ce que quelques minutes. L'attachement était dangereux, elle le savait, mais elle avait la sensation qu'avec Sean, ce n'était pas un problème. Après tout, trouvait-on quelqu'un de plus gentil et attentionné que le Maverick ? Tout en réfléchissant à cela, la brune se demanda ce qu'elle pouvait maintenant faire. Naviguant à travers la ville sur son vélo, elle étudia les différentes options qui s'offraient maintenant à elle. La première était de tout simplement rentrer chez elle, alors que cela ne faisait même pas une heure qu'elle en était sortie. Pour la jeune fille, il en était hors de question. Le temps était tel qu'elle serait folle de ne pas vouloir en profiter, d'autant qu'elle n'avait plus aucun devoir à faire, l'année étant pratiquement écoulée. Que ferait-elle donc chez elle, à part se mettre sur son ordinateur, et naviguer sur des sites tels que Facebook et Twitter ? Malgré l'attrait évident de l'outil informatique, elle n'avait que très peu envie de se retrouver, un tel jour, que l'on pourrait croire empli de liberté, à errer, sans âme, enfermée dans sa chambre. Non, ce n'était pas une très bonne idée, à bien y réfléchir. La seconde qu'elle avait était de se rendre chez Declan, histoire de prendre de ses nouvelles, de tâter une nouvelle fois discrètement le terrain de sa relation avec Rainbow, et de passer une bonne journée en sa compagnie, et qui savait, peut-être en musique. Mais quelque chose l'en empêchait. Quelque chose qu'elle ne pouvait réellement s'expliquer. Peut-être qu'elle ne voulait pas, après sa dispute avec Rainbow au Gramophone Record avoir à faire face, encore une fois, à cette histoire. Elle avait besoin d'une pause dans les actes, d'une pause dans les sentiments, d'une pause dans les pensées qui traitaient du jeune homme. Jamais elle ne s'était sentie aussi peu puissante face à quelqu'un, et elle n'aimait pas réellement cela. Alors cette idée là non plus, n'en était pas vraiment une merveilleuse. Soupirant, sur son vélo, son esprit toujours divaguant, elle évita de justesse une moto qui ne semblait pas vouloir faire d'écart pour qu'ils ne se rentrent pas dedans, et, profitant de cette brèche dans ses pensées, se mit à jurer contre le conducteur. Les gens savaient de moins en moins conduire, c'était évident. Mais comment arrivaient-ils, en fin de compte, à obtenir ce fameux papier qui montraient qu'ils pouvaient être doués, quand ils s'appliquaient ? Ce papier qu'on appelait permis et qui était là pour prouver que les accidents étaient évitables ?

Tout en rageant contre le manque de savoir-faire de certaines personnes en cette ville, la jeune O'Connor pédalait encore et toujours sur la route. Elle n'était pas vraiment le genre de personnes à s'arrêter pour observer le ciel et les papillons, pas comme certains. Elle, se fixait des buts, et faisait tout pour l'atteindre. Toutefois, elle n'avait, à l'heure actuelle, aucun but, et cela la préoccupait. Elle n'entendit que d'une oreille discrète la cloche de l'église sonner la fin de la messe. De toutes les manières, elle n'y allait jamais. Non pas qu'elle ne fut pas croyante, loin de là. Seulement, elle ne se considérait pas comme pratiquante. Elle n'aimait pas la messe. Si elle croyait bien en Dieu, elle était plus dans le genre de le faire dans le secret de son intimité, et de ne pas en parler. Se rendre dans un tel lieu de culte lui serait un peu étranger, et elle aurait le sentiment de ne pas être à sa place, elle le savait. Décidant de ne pas rester là et de se diriger vers le cinéma, pour avoir au moins quelque chose à faire, elle ne se doutait pas de ce qui allait lui arriver ensuite. Qui se doute, de toute manière, à peine levée de son lit, qu'en ce jour, on allait sauver une vie ? Personne, surtout pas Gillian, plutôt du genre à assassiner les gens du regard qu'à leur sauver la vie. Mais c'est pourtant ce qu'elle fit. Il ne fallut qu'un quart de secondes, pas de réflexion. Pouvait-on réellement réfléchir, dans ces cas-là ?

Tout avait commencé alors qu'elle avait aperçu, au loin, sur la route, une jeune femme blonde, habillée d'une jolie robe. Tout en elle indiquait naïveté, et Gillian commença intérieurement à se demander si des gens aussi niais de visu pouvait réellement exister. Elle allait passer son chemin, ne trouvant pas vraiment d'intérêt à rester planter au milieu de la route, quand elle vit le minibus. Minibus qui semblait arriver à une vitesse assez inquiétante, compte tenu de la distance qui le séparait de la jeune ingénue, pourtant semblant plus âgée que la brune. Celle-ci ne réfléchit pas, et fonça. Elle n'était pas vraiment une professionnelle du guidon, mais elle savait qu'elle avait une chance de réussir, en tout cas, si le minibus n'accélérait pas. Fonçant sur la route, et poussant d'un geste brusque la blonde sur le trottoir, en sautant de son vélo, Gillian sentit à peine le choc de la chute. Rien d'anormal, à priori, si l'on prenait en compte le fait que sa propre chute avait été amortie par celle qu'elle avait essayé de sauver, mais qui semblait maintenant perdue dans un océan d'incompréhension totale. Quelques secondes plus tard, le temps de se remettre de ses émotions, Gillian se releva, s'époussetant, de la poussière s'étant déposée sur ses jambes et son short. S'examinant, elle remarqua que ses coudes étaient un peu éraflés, mais rien de bien grave, qui mérite, en tout cas, d'être retenu. Alors, elle se tourna vers la jolie blonde qui venait d'éviter la mort, ou du moins, sa mort à elle, son slushy n'ayant apparemment pas survécu à la bataille, s'étant déversé partout autour d'elle.

« Tout va bien ? »


Avant qu'elle ait pu parler plus que cela, une exclamation venue du fond des entrailles de la blonde lui prouva qu'elle pouvait encore parler. Ce qu'elle n'eut de cesse de démontrer par la suite, faisant écarquiller les yeux de Gillian. Etait-ce le choc, ou juste la jeune femme qui ne savait pas prendre de respiration entre ses phrases ? A l'heure actuelle, la O'Connor ne le savait pas très bien, et commençait à se dire que sa patience allait être mise à rude épreuve, surtout à l'entente de l'appellation « Sauveuse » qui, selon toute vraisemblance, allait la poursuivre pendant un bon bout de temps.

« Je t'ai sauvée … J'arrive pas à y croire moi-même. »


Bien qu'elle ne soit plus sûre d'avoir fait ce qu'il fallait, vu le flot impossible de paroles qui sortaient de la jeune femme, elle ressentit une pointe de fierté, bien vite remplacé par une grimace, lorsqu'elle vit l'état des roues de son vélo. Tant pis, il faudrait qu'elle les change. Le ramassant, elle sourit malgré elle lorsque son interlocutrice eut fini de parler.

« Je suis plutôt partante pour un verre, j'en aurais besoin. Et non, je ne crois pas que nous nous connaissons, je m'en serais souvenue. Sauf si tu as déjà participé à une manifestation, quelle qu'elle soit, d'ailleurs. Dans ce cas-là, il est possible que je t'ai déjà vue. Je m'appelle Gillian O'Connor, et toi ? Mise à part la fille qui me doit la vie, bien sûr. »


Elle sentait déjà qu'elle allait regretter d'accepter l'invitation de sa nouvelle rencontre, mais pour le moment, elle en était encore au stade de l'inquiétude post-sauvetage. Après tout, si elle parlait autant, la chute et le choc y étaient peut-être pour quelque chose, et ce n'était pas forcément bon signe ! Aussi, elle suivait la blonde jusqu'au Starbucks, pour se poser et se remettre un peu de ses émotions.

« Je ne t'ai pas cassé quelque chose au moins en me jetant sur toi ? Ce serait dommage que tu doives quand même passer aux urgences ... »
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MessageSujet: Re: 06. So many dumb ways to die    Sam 27 Avr - 12:28

Le quotidien de Grace semblait, à ses yeux tout du moins, parsemé de milliers de petits signes que son Dieu lui envoyait façon tweet bienveillants, par les intermédiaires les plus variés. Ecureuil qui avait visiblement peut-être un peu trop abusé du pot de beurre de cacahuète abandonné dans les poubelles du parc, SDF errant clamant des chansons plus ou moins prophétiques dans les ruelles de Lima, camion de glace en feu, fleurs agitées par le vent, dans ce cas-ci, collision frontale normalement mortelle, autant de maillons de la grande chaîne de relais de l’information divine dont elle était la première abonnée.

Alors qu’une jeune fille apparaisse mystérieusement, peut-être descendue du ciel, le vélo comme alibi pour sa couverture dans le monde des mortels, et lui sauve la vie revêtait bien évidemment un caractère à haute teneur mystique.

Résistant néanmoins à l’envie, et Dieu savait qu’elle était forte, de fondre en larmes et de lui demande si elle n’avait pas, par hasard, accouché d’un enfant sans père récemment ou à la quantième résurrection elle en était à l’heure actuelle, Grace se contenta de contempler l’apparition avec une douce dévotion que n’aurait pas renié un psychopathe obsessionnel aux abords d’une école maternelle.

Une masse de cheveux brun, un corps des plus pneumatiques et bien proportionné, un visage aux traits doux, le Seigneur savait définitivement y faire niveau casting de ses stagiaires en miracle.

- Tout va bien ?

Un sourire fendit ses lèvres.

-Tu rigoles ? Je n’ai jamais été aussi heureuse…

Les émanations de gaz, special gift de l’euthanasie-express, devaient faire leur petit effet car la jeune femme était réellement convaincue par tout ce qu’elle disait. Encore qu’imputer ce genre de réflexion au mini-bus était un peu osé, quand on imaginait qu’elle se faisait très bien toute seule ce même constat quand elle trouvait des moules à madeleine à moitié prix au supermarché du coin.

Enfin, toujours était-il que, dans le petit jardin rose et bleu qui proliférait sous sa tignasse blonde, la pianiste allait merveilleusement bien. Bon. Mise à part sa mort potentielle, elle avait eu l’occasion de croiser un messager de son Seigneur, qui devait d’ailleurs s’ignorer à la vue de la petite moue consternée qu’elle affichait et de l’incrédulité à sa bonne action qu’elle décidât de partager sans pincettes.

Une âme repentante.

Encore mieux.

Si l’Hamilton pouvait être l’outil et le siège de l’élévation spirituelle d’une manante de la Foi, sa journée, déjà high level dans son genre théologique, s’en trouverait encore un peu plus radieuse.

L’angélique créature manifesta son approbation concernant le verre. Parfait. De toute façon, Grace n’était pas décidée à laisser lui échapper un spécimen en provenance directe du paradis, fut-il dissimulé dans un anonymat que les prochaines paroles de sa Sauveuse devaient dissiper.

-Sauf si tu as déjà participé à une manifestation, quelle qu'elle soit, d'ailleurs.

La jeune femme frotta pensivement le tissu taché de sa robe. Ses sourcils clairs se froncèrent un instant.

-Je m'appelle Gillian O'Connor, et toi ? Mise à part la fille qui me doit la vie, bien sûr.

Elle éclata d’un rire franc. Enfin. Stupide. Mais franc faisait plus socialement acceptable.

-Grace Hamilton. Ravie. Tu dois sans doute connaître mon père ? Auquel cas, nous nous sommes vues à la messe…

Comme toujours partant du principe que toute personne qu’elle rencontrait était aussi fervente chrétienne qu’elle-même, et, par extension, ne pouvait donc pas ignorer l’existence de son illustre famille, Grace soudainement surexcitée glissa son bras laiteux sous celui de sa compagne commis d’office et l’entraina vivement vers le Lima Bean, à peine à quelques mètres d’elles.

L’image floue de la O’Connor dans un chœur gospel lui sembla familière. Oui. Ca devait être ça. Son visage s’éclaira.

-Des manifestations. Bien sur. Dans les mouvements de la Jeunesse Chrétienne, certainement., fit-elle, pleine de fierté à son appartenance à ce regroupement pas aussi sectaire qu’on n’aurait pu l’imaginer. Nous avons déjà milité pacifiquement pour le retour des valeurs et mœurs convenables dans notre humble Lima, ravagée, comme tu dois le déplorer, par les vices et la corruption.

Elle avait mécaniquement débité son petit monologue comme une annonce promotionnelle de grande surface.

-J’amenais des macarons pour motiver les manifestants, avoua-t-elle sur le ton de la confidence, tout en repoussant les portes du café pour laisser ladite Gillian entrer.

Après tout, elle pouvait bien mettre le secret de sa réussite (et accessoirement l’objet de son obsession culinaire) entre les mains d’un éminent missionnaire en CDI avec Jésus&Co.

S’avançant dans l’établissement, oubliant totalement que les traces rouge sur sa tenue pouvaient amener les autres clients à vaguement s’imaginer qu’elle avait été violemment lacérée, à deux doigts de, transportée par la joie, nous faire la roue, elle se dirigea droit vers le comptoir.

Du moins essaya-t-elle, ses diverses articulations ayant quand même eu plus ou moins à souffrir de son placage imprévu contre le bitume.

-Je ne t'ai pas cassé quelque chose au moins en me jetant sur toi ?

-Ne t’inquiète pas. Si c’était la volonté de Dieu de me voir m’effondrer si facilement, je n’aurai pas résisté à mes années-lycée à McKingley, précisa-t-elle avec un sourire aussi candide qu’inquiétant flottant sur son visage contracté par l’euphorie que son fanatisme enfantin embrasait en elle.

Martyrologie biodégradable. Ablutions aux slushies. Une petite robe en coton et les scarifications christiques passeraient pour des décalcomanies.

Sa trajectoire malgré tout plus sinusoïdale que droite, elle finit néanmoins par accoster un tabouret, s’y accrocha comme une obèse à son double-cheese burger supplément bacon, et adressant une vision panoramique de sa dentition parfaite dans son plus large sourire au quasi-barman, s’installa maladroitement sur son siège haut.

-Vous désirez ?

Elle balaya la bonne cinquantaine de café différent qui était exposé en cartes derrière l’homme.

-Un coca, fit-elle avec assurance, prenant pour de l’approbation la stupéfaction méprisante qui perça sur le visage mal de rasé de l’employé.

-Normal ?, risqua-t-il.

-Zéro, rétorqua-t-elle d’un regard effaré.

Avait-elle donc une tête, et le corps qui allait avec, à vouloir finir sa vie à l’insuline et aux margarines anti-cholestérol ?

-N’oubliez pas la paille, précisa-t-elle sur un ton d’experte.

Persuadée d’être totalement fondue dans le décor, elle attrapa avec satisfaction la boisson qu’on lui tendait avec dégoût et, pivotant avec une adresse surprenant sur son tabouret, elle passa au crible la salle. Couvant du bout de ses prunelles maternelles les poivrots ventripotents, les cougars maniaquo-dépressive fêtant sans joie la taille imposante de leur toute nouvelle pension alimentaire et autres buralistes surexploités en pleine overdose de caféine, puis revint sur Gillian.

Gospel. Chant. Glee Club.

-Mais tu ne ferais pas partie des New Direction, toi ? En… Oh ! Je sais où nous nous sommes vu.

Sa voix montait dangereusement dans les aigus.

-Je fais partie des Second Chances ! Tu sais. La chorale. De l’église. Avec plein de filles.

Argument marketting s’il en était.

- Nous avons aussi chanté au concours où vous…

Elle chercha ses mots. Ne les trouva pas. Décida d’improviser et de sourire d’un air niais pour que ça passe mieux.

-… avez fini dernier.

Sourire courtois.

Il fallait qu’elle trouve quelque chose pour réduire l’ampleur dramatique de sa réflexion…

-Pas trop déçue ?

… finalement, elle ferait sans.
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MessageSujet: Re: 06. So many dumb ways to die    Mer 8 Mai - 19:27

La situation aurait pu être pire. Voilà ce que Gillian se disait, le guidon de son vélo dans les mains, alors qu'elle prenait des nouvelles de l'illuminée dont elle avait sauvé la vie. L'illuminée en question aurait pu y laisser la vie. Voilà un facteur pire. Bien qu'elle ait l'air tellement hyperactive que la voir bouger faisait mal ne serait-ce que pour rester zen, et que son taux de parole à la minute soit bien supérieur à la normale, ce qui laissait à penser qu'elle s'était soit cogné la tête d'une manière très douloureuse, soit que ses proches devaient extrêmement souffrir lorsqu'ils se trouvaient à proximité, elle préférait cela au monde parallèle où elle se serait retrouvée debout à côté du corps en sang, inanimé, de cette poupée de porcelaine semblant trop parfaite pour être réelle. Au moins, elle était bien vivante, malgré les tâches rouge sang qui ornaient son haut et qui démontraient le contraire mais qui n'avait rien à voir avec le liquide apeurant. Faisant craquer les os de son épaule pour essayer de chasser ses courbatures dignes de la grand-mère qu'elle n'avait jamais connu, la O'Connor se concentra sur la blonde, pour essayer de savoir si elle avait oui ou non quelque chose au cerveau qui la délestaient de certaines de ses capacités mentales. Chose qu'elle aurait sur la conscience jusqu'à la fin de sa vie, comme si elle en était intimement responsable, comme si elle avait elle-même causé le non accident de mini bus qui avait failli lui coûter la vie, ou au moins, les jambes. Après, elle restait Gillian, et Gillian se sentait rarement coupable plus de vingt minutes, ce qui rentrait encore dans le créneau, alors autant en profiter pour s'inquiéter un peu. Elle n'avait jamais été aussi heureuse. Elle n'avait jamais été aussi heureuse. Elle venait de se prendre une cycliste en pleine face, et elle n'avait jamais été aussi heureuse. Il y avait définitivement quelque chose qui ne tournait pas rond, malheureusement. Alors qu'elle pensait pouvoir l'éviter, la culpabilité l'étreignit, comme si elle avait pu y changer quelque chose. A choisir entre vivre toute sa vie dans une chaise roulante et avec une case en moins, allez choisir ...

"Chacun trouve son bonheur où il peut, sans doute."

Bien que semblant toujours psychologiquement atteinte, sa toute nouvelle connaissance reprenait contenance et normalité, si tant est que ce soit possible un minimum, et finit par se présenter. Sa phrase rendit la brune silencieuse, du moins quelques secondes, alors qu'elle fouillait dans sa mémoire pour essayer de retrouver le nom Hamilton. Engagées partout, la religion était sans doute le domaine dans lequel la famille O'Connor n'avait pas énormément d'expérience. Disons que si l'une de ses mères pensait effectivement à l'existence d'un Dieu, elle n'en était pas vraiment convaincue. En réalité, elle s'en fichait. Elle ne prenait pas la religion réellement au sérieux, et dans cette ville de croyants extrémistes, ce sujet était relativement dangereux à aborder. Surtout lorsqu'elle ne pouvait pas réellement mentir à la personne en face. Le mensonge était un péché ... Non? Pour une personne habituée, à une certaine époque, à l'alcool abondant et aux plaisirs des drogues douces, elle n'était pas vraiment un modèle de vertu, ce qui semblait être le cas de la jolie blonde qu'elle avait sauvée.

"Je ne pense pas que ce soit là, je m'en souviendrais."

Le fait était de savoir si elle se souviendrait d'avoir un jour mis les pieds dans une église, ou si elle se souviendrait de l'espèce d'énergumène qu'était Grace Hamilton. Elle ne semblait pas réellement méchante, même pas du tout. Mais Gillian n'était pas habituée à ce genre de comportement, et elle se trouvait légèrement débordée par l'attitude à moitié calme et à moitié surexcitée de sa partenaire. Malgré cela, elle ne trouvait rien d'autres à faire que la suivre. A choisir entre ça et rentrer chez elle, elle ne se faisait pas d'illusion, elle préférait amplement la compagnie d'une personne atypique comme Grace semblait l'être. Posant son vélo contre le mur du Lima Bean, elle se laissa entraîner par la blonde. Lima était ce genre de ville où elle pouvait être sûre que personne ne viendrait le lui voler. Dans cette ville, il ne manquait que les bisounours et les licornes pour continuer parfaitement dans le thème.

Des manifestations. Bien sur. Dans les mouvements de la Jeunesse Chrétienne, certainement. Nous avons déjà milité pacifiquement pour le retour des valeurs et mœurs convenables dans notre humble Lima, ravagée, comme tu dois le déplorer, par les vices et la corruption.

Il ne manquait plus que cela. Elle dans la Jeunesse Chrétienne. Gillian savait que ce ne serait pas politiquement correct de se moquer de la ferveur que la jeune femme mettait dans sa voix à l'énoncé de ses croyances et de ses participations à la vie chrétienne de la ville, mais elle faillit laisser échapper sa véritable pensée. Peut-être elle-même n'avait jamais cru en Dieu car tous les dévots qu'elle avait rencontré dans cette bonne vieille ville ne voulait pas comprendre et accepter le fait qu'elle ait deux mères, et qu'elles ne ressemblaient en rien à l'image de Satan qu'ils s'en faisaient. Pas de cornes, pas de corps rouge brûlé au soleil, et surtout pas de fourche. Ce n'était acceptable pour aucun des croyants qu'elle avait rencontré, ce qui était pourtant assez paradoxal.

"Et vous avez réussi à obtenir des progrès, dans votre lutte? "

Savoir si oui ou non Lima serait un jour débarrassée de sa perversion et de ses gens de petite vertu, sans doute, dont elle faisait partie, dans les critères de la jeunesse chrétienne, était toujours intéressant. Ou alors peut-être qu'ils mettaient en place un lavage de cerveau, comme dans un épisode de Misfits, qui rendraient les habitants dociles et prudes, tout ce qu'il y a de plus insécurisant. Mais les macarons, c'était une bonne idée. Les macarons restaient toujours une bonne idée, quelles que soient les opinions de la personne que vous avez en face. Entrant dans l'établissement, elle sourit, comme en réponse à Grace, pour le secret dévoilé, puis chercha des yeux le comptoir. Elle était rarement venue ici, mais l'endroit était agréable, on pouvait sans doute y restait beaucoup de temps sans se lasser. Les gens présents dans la pièce les dévisageaient d'une curiosité incrédule et mal placée, sans doute à cause de son allure sale et débraillée, comme si elle avait dormi dans la rue, et de l'allure de Grace, qui semblait tout droit sortie d'un film d'horreur où elle serait la poupée tueuse. En réponse, Gillian les dévisagea d'un oeil noir, espérant les dissuader de continuer leur exploration visuelle, pour se diriger, elle aussi, vers le comptoir, où les attendait royalement deux sièges hauts. A moitié rassurée par la déclaration de la blonde, et à moitié inquiète par sa posture indiquant qu'elle n'était pas dans toute sa forme, elle sourit.

"McKinley, c'est une épreuve pour tout le monde je crois. Tu as eu beaucoup de problèmes là-bas?"

Elle ne pouvait pas vraiment juger. A McKinley, elle était en retrait de tout le monde, certes. Ayant très peu d'amis dans l'enceinte du lycée, elle préférait traîner avec les pseudos écolos qui ne triaient même pas leurs déchets mais qui manifestaient pour sauver les arbres, dans l'unique but de réduire le nombre d'interros surprise. Pourtant, personne n'osait vraiment s'en prendre à elle, le dernier ayant essayé s'étant retrouvé avec le nez cassé. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait cette réputation "tout feu tout flamme".

Se reconcentrant sur le serveur, elle lui adressa à peine un regard, assez pour prendre sa commande.

"Un café, s'il vous plaît."

Commande banale mais qui était son propre secret de réussite dans tout ce qu'elle entreprenait. La caféine était maître de son corps et de son esprit, et c'est grâce à elle qu'elle ne passait pas son temps à dormir, ce qui le préservait énormément. Le temps que son café arrive, Grace avait repris la parole, toujours dans le même ton, assez surexcité, surtout qu'elle affirma savoir d'où elle la connaissait. Les New Directions furent cités, et malgré sa répulsion évidente pour le Glee Club, cela tombait sous le sens. A la compétition inter chorales, Gillian avait été si peu intéressée qu'elle avait passé son temps à discuter avec Declan de leurs chorales respectives, et surtout de ce qui faisait de leurs chorales respectives qu'elles étaient plus ou moins ... Détestables.

"Oui, je fais partie des New Directions ... Plus pour longtemps, j'espère. Mais je me souviens de ta chorale, même si je n'étais pas très attentive."

Une chorale composée entièrement de filles, ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait ignorer, surtout à voir les regards envieux de toute la gente masculine des environs. Mais si elles étaient toutes comme la Hamilton, ils pouvaient attendre longtemps avant d'obtenir quoique ce soit de valable avec elles. Le manque de tact de la blonde l'aurait fortement agacée si sa chorale lui avait réellement tenue à coeur. Décrétant que l'ultime fautive de leur échec était Rainbow, elle s'en moquait particulièrement, ayant toujours décidé qu'elle ne méritait pas de gagner. Avis légèrement hypocrite, certes, mais quand même.

"Tu devrais demander ça à Schuester, moi ça va, je le vis bien, ils ont arrêté de nous mettre la pression, c'est un cadeau du ciel. Je n'ai jamais été aussi heureuse de me voir perdre quelque part. Mais bon, ce n'est que mon avis. Je n'y ai pas participé de gaieté de coeur. Contrairement à toi, sans doute."

Bien qu'elle ne la connaisse pas réellement, Grace n'était pas du genre à s'engager dans quelque chose qu'elle n'aimait pas. Elle n'avait même pas l'air de quelqu'un qui n'aimait pas quelque chose, bien que ce devait sans doute être le cas.
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MessageSujet: Re: 06. So many dumb ways to die    Jeu 16 Mai - 19:50

"Et vous avez réussi à obtenir des progrès, dans votre lutte? "

La O’Connor semblait réellement s’intéresser à l’œuvre à laquelle Grace consacrait à peu près quatre-vingt-cinq pourcent de sa vie. Comment aurait-il pu en être autrement ? Si elle n’était pas surprise de cet intérêt qu’elle imaginait déjà débordant, une envoyée du Seigneur, aussi dissimulée qu’elle ne tentait de l’être, ne pouvant vraisemblablement rester en dehors du bulletin d’information des activités de son Divin patron, Grace n’en restait pourtant pas moins totalement euphorique. Couinant suffisamment doucement pour que sa toute nouvelle trouvaille théologique ne se mette pas à s’imaginer

-Evidemment !

Grace sourit avec indulgence face à cette naïveté, rejetant ses cheveux, devenu l’équivalent capillaire d’une de ses mottes de foin sec qui roulent le long des routes traversant le désert dans les cartoons-western de très mauvais goût, en arrière, la pianiste plissa un instant des yeux. Dans quelques secondes, elle allait sortir à la lycéenne tous les accomplissements que ses prières avaient permis, par le pouvoir de ses Cupcakes, l’éblouir de toute la Lumière de Dieu qu’elle avait accumulé au travers de toutes ses actions.

-Enfin…

Le spot de terrain de foot de ses succès se réduit soudainement à une pâle ampoule LED prête pour le Grand Cycle de la Réincarnation Ecologique.

- Non.

L’aveu était presque surpris.

-Mais…

Son ton s’accéléra soudain.

- C’est l’intention qui compte. C’est bien ce qu’on dit, non ? C’est valable pour les bons cadeaux périmés à Noël, donc, ça doit être bon pour les manifestations ? Et puis, Lui, le sait…

Solennelle, elle leva un index vers les cieux, désignant le lieu de résidence de son principal sujet de conversation.

-…, c’est le plus important, non ?

Elle paraissait un peu anxieuse, comme si elle craignait que Gillian ne la détrompe. Finissant pourtant par afficher un sourire douceâtre de soulagement, elle hocha la tête, constatant qu’on ne la contredisait pas.

La petite brune, encore que cette appellation paru vaguement ironique quand on avait un minimum de bon sens face aux radiations de dureté qui suintaient littéralement de la O’Connor, bifurqua sur un sujet toujours dans la veine biblique, mais cette fois, c’était plutôt le côté infernal qu’elle disséqua.

"McKinley, c'est une épreuve pour tout le monde je crois. Tu as eu beaucoup de problèmes là-bas?"

Elle observa pensivement les bulles cancérigènes du coca que le barman lui avait servi avec un petit grommellement et parla avec le timbre feutré qu’elle utilisait pour la prière.

-McKingley. C’est un peu comme le Purgatoire. Long, trop long, mais nécessaire. C’est la Loi de la Jungle. Mais en pire. Les animaux, au moins, ils savent s’adapter. Ils sont armés à leur vie. McKingley, c’est différent. Qu’importe ce que tu fais, qu’importe qui tu es, tu n’es pas prêt. Tu ne l’es jamais. Tu ne peux pas l’être. Ils sont là. Ils t’attendent. Pour te faire…

Son ton baissa jusqu’à atteindre le rauque morbide.

-… du Mal. Mais le pire…

Elle releva la tête et plongea ses yeux incandescents dans ceux de la lycéenne.

-Le pire, c’est la Tentation. De faire les mêmes choses qu’eux. Se vendre aux mêmes démons. Devenir eux.

Elle frissonna un instant. Autrefois, ça aurait été de délice. Désormais, l’expérience avait inscrit jusqu’au plus profond de ses gènes l’effroi pur et simple.

-McKingley, ce n’est pas une torture. C’est une maladie. Et tu sais quoi ? Elle est contagieuse…

Elle gémit un peu, tâta du bout des doigts le verre glacé de sa boisson et un sourire absolument incongru réapparu sur son visage. C’était comme si elle avait complètement oublié ce qu’elle venait d’évoquer. Comme si elle avait réinitialisé le disque dur. C’était une des grandes capacités de Grace, l’amnésie forcée.

Elle leva un sourcil en voyant arriver la boisson de Gillian. Son nez se retroussa à l’odeur âcre que lui amenait la fumée qui s’élevait au-dessus de la substance boueuse, émanation toxiques flottant sur un marécage absolument pas hygiénique, et encore moins consommable.

-Ce n’est pas un peu… fort, pour ton âge ?

A vrai dire, Grace n’avait jamais osé essayer la caféine elle-même, cette question était donc plutôt posée à titre d’information, l’interrogation naïve d’une novice en matière d’addictif présumé colombien, bien trop effrayée par le goût du café pour ne pas le délayer dans le triple de lait. C’était peut-être de la lâcheté. Elle préférait envisager ça comme un instinct de survie culinaire.

-"Oui, je fais partie des New Directions ...

Grace eut toutes les peines du monde à ne pas applaudir sa propre perspicacité, au sens littéral du terme.

-Plus pour longtemps, j'espère.
Ici, la jeune femme haussa un sourcil perplexe. Elle avait toujours envisagé sa propre chorale comme l’Instrument du Seigneur, et si les autres Glee Club pullulant dans la région ne pouvait évidemment pas prétendre à cette vocation, elle avait toujours cru qu’ils étaient des moyens d’expressions, sinon d’émancipation, pour ses membres. Non une sorte de séquestration artistique un peu glauque suggérée par le ton soulagé de la lycéenne.

-Ah bon ? J’ai toujours cru que William Schuester…

Elle tiqua au nom de son ancien professeur.

-… entrenait des relations…

Elle chercha un instant la formulation qui pouvait faire la moins incestueuse possible.

-…très particulières…

Et échoua misérablement.

-…avec ses élèves. Quelque chose de fort. D’artistique. Quelque chose comme…

Elle plissa son front.

-… comme de la Foi…

En beaucoup plus cheap.

Hamilton secoua la tête, comme pour tenter de se réveiller.

-Enfin. C’était comme-ça à mon époque.

Elle ricana en se rendant compte qu’elle parlait un peu comme une de ces grands tantes habillées de tailleur en laine rose vif au dentier qui se déchausse et dont les baisers piquent de façon absolument inexplicable.

-Mais je me souviens de ta chorale, même si je n'étais pas très attentive.

-Oh, vraiment ?

Le couinement de Grace franchit le mur du son en toute normalité.

-J’espère que c’était en bien ? C’était en bien, hein ? C’était en bien. Seigneur. J’ai tellement prié pour ça.

Elle commença à relever un pan de sa robe tachetée puis décida que leur relation n’était peut-être pas encore d’un degré assez intime pour qu’elle lui montre les marques de prie-dieu sur ses genoux.

Elle occulta du même coup leur défaite.


-Tu devrais demander ça à Schuester, moi ça va, je le vis bien, ils ont arrêté de nous mettre la pression, c'est un cadeau du ciel.


Un sourire de satisfaction éclaira les traits fins de la pianiste. Elle avouait donc son CDI cosmique.


-Je n'ai jamais été aussi heureuse de me voir perdre quelque part.


Grace aussi avait été ravie. Enfin, c’est ce qu’elle avait prétendu en voyant la tête étiquetée suicide proche sur tous les visages autour d’elle. Ca leur faisait presque un autre point commun.


-Mais bon, ce n'est que mon avis. Je n'y ai pas participé de gaieté de coeur. Contrairement à toi, sans doute."


-Tu as été forcée ?


L’accent de l’incrédulité transpirait par toutes les syllabes de sa question.


-Moi, tu sais, c’est ma sœur notre co-directrice donc…


Elle haussa ses épaules maigres. Puis songeant qu’on pouvait la prendre pour une pistonnée, elle s’empressa d’ajouter :


-… Mais j’ai toujours aimé la musique, hein, je veux dire, depuis toute petite, je chante à l’église. Avec ma sœur…


Elle fit une pause, soucieuse.


-… Mais je fais du piano aussi, seule. Enfin, elle en fait, mais je suis meilleure qu’elle… Ca compte, n’est-ce pas ?... enfin… Je ne suis pas orgueilleuse, ni rien, hein… Mais… Heu… Je veux dire, c’est elle-même qui le dit. Tout le monde le dit. Alors je peux bien le dire ? Non ? Oui ?
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MessageSujet: Re: 06. So many dumb ways to die    Jeu 30 Mai - 1:54

Sa toute nouvelle connaissance semblait véritablement transportée d'enthousiasme concernant sa cause qu'elle ne semblait pas encore apte à considérer comme perdue d'avance. Etrange. N'importe qui d'autre aurait juste eu à ouvrir les yeux et à s'imaginer que la pureté était les nuages, aurait regardé par la fenêtre de sa maison de banlieue de Lima, et aurait vu le ciel bleu, vierge de toute ombre laiteuse. Parce qu'en réalité, fière de son église, la ville n'en était pas moins sans doute une des plus fournies concernant les saintes hypocrites et aussi vierges que Marie-Madeleine. Et de cela, Gillian en connaissait un rayon, vu qu'elle avait côtoyé à peu près toutes les merveilleuses jeunes femmes très bien éduquées de sa génération, dans ce merveilleux lycée qu'était McKinley. Mais sans doute fallait il des jeunes passionnées comme la Hamilton pour remonter la côte des drogués en tout genre, des alcooliques et des nymphomanes. Ou pas. Mais avoir quelqu'un dans ce style là dans sa manche était toujours bon à voir, assez distrayant, très conservateur de l'esprit des années ... Non, Gillian n'avait aucune idée de quand datait cet esprit conservateur qui voulait que les femmes ne consommaient rien jusqu'au mariage, et encore, seulement avec l'accord du mari, sans doute. Et l'accord du mari, quand il s'agissait d'herbes médicinales, devait être valable très rarement. Grace s'amuserait sans doute énormément une fois mariée, mais son mari sans doute encore plus. Partant dans ses pensées assez cocasses, elle faillit éclater de rire, alors que la conversation ne s'y prêtait absolument pas, la jolie blonde ayant pris un air totalement désespéré. Enfin ... C'était un peu exagéré mais pas forcément très loin de la vérité. Elle semblait être le genre de filles à prendre tout très à coeur, même les choses les plus insignifiantes comme le choix du repas dans un petit restaurant de campagne, ou le choix d'une chanson à écouter dans sa petite voiture. Mais apparemment, elle semblait avoir cru pendant un moment que réconcilier les femmes de Lima avec la virginité était réellement possible. Ou les hommes ... Surtout les hommes? Allez savoir. Alors que Grace pointait maintenant un doigt vers le ciel, avec un air entendu, elle acquiesça, comme si elle pouvait partager la moindre opinion similaire avec elle. Mais quelque part, c'était le cas... Car malgré toutes les manifestations, le coeur qu'elle avait mis dans ses causes, peu avaient eu ce qu'elle attendait, l'attention nécessaire à une avancée. Et pourtant, elle ne cessait pas de faire son possible pour que cela arrive. Alors elle était peut-être au même degré de croyance que Grace, seulement, pas pour la même chose.

" Bien sûr que c'est l'essentiel. Tu fais ce que tu peux, et tu vois ensuite. Si ça marche tant mieux, si ça ne marche pas, t'auras été jusqu'au bout de tes capacités."


Et Gillian espérait tout de même, mettant de côté le cocasse de la situation, qu'elle n'avait pas énormément de capacités dans le domaine de l'insistance, car sinon, Grace y passerait sûrement sa vie. Mais encore une fois, le spectacle de la blonde militant pour l'assainissement des esprits et la virginité jusqu'au delà les frontières une fois passée la barre des trente ans pourrait être plus qu'appréciable, pour la future Gillian autant que pour la présente.

Le sujet dériva bien vite sur le centre de tous les problèmes de tous les habitants de la ville: McKinley. Tout avait démarré à McKinley, pour tout le monde. Le lycée était le centre des cerveaux les plus brillants des environs, des stars internationales, des loosers affirmés, des tortionnaires impeccablement beaux, et aussi des rebelles sans lendemain. On se construisait au lycée et le lycée nous construisait, c'était ce qu'avait toujours dit ses mères. Mais pourtant, Gillian avait plutôt l'impression que ça démarrait différemment. C'était l'inverse. Le lycée détruisait certains, et laissaient vivre d'autres. De par ses paroles, elle n'eut pas vraiment de mal à deviner de quel groupe faisait partie Grace. Mais la jeune fille devenait presque flippante à force de mots sortis du contexte de manière étrange et ... Un ton de diseuse de bonne aventure prévoyant une apocalypse. Bien sûr, elle avait conscience que pour certains élèves, McKinley revenait précisément à entrer directement dans les poubelles, à se prendre des douches aux slushys et à finir ladite douche la tête dans les toilettes, mais elle n'avait jamais eu à faire face à de telles humiliations et n'en avait jamais été témoin directement, ce qui rendait la cruauté beaucoup moins présente dans son esprit, elle qui avait toujours pris un malin plaisir, de toutes les manières, à se moquer de tout et de tout le monde en compagnie d'Adriana. Elle faisait sans doute partie de ces gens que Grace nommait "le Mal", quelque part ... Ces gens qui étaient plus loups que brebis. Gillian était un loup. Mais par curiosité, elle ne pût s'empêcher de questionner la blonde, malgré le sourire annonçant la fin de la discussion, un sourire qui faisait un peu penser à celui d'une poupée de porcelaine possédant un couteau de boucher.

" Et qu'est-ce que l'on t'a fait subir à McKinley pour que tu aies envie de te fondre dans la masse ? "


Ce fut le moment que décida le serveur pour lui amener son café. Gillian le remercia donc, se concentrant sur sa tasse à moitié pleine. Elle ne comprenait pas les employés des cafés, à toujours vouloir leur servir leur boisson à moitié, ils payaient quand même pour une tasse complète non? Soupirant presque de désarroi face à un tel manque de savoir faire, elle empoigna tout de même la tasse pour pouvoir s'abreuver, aimant plus boire son café chaud que tiède, quand la question de Grace l'étonna. Elle se figea, puis finit par reposer l'objet, perplexe. On avait dû lui faire le coup pour la bière, la vodka, sans doute la tequila, aussi, mais elle avait passé le stade de se souvenir des conversations lorsqu'elle en avait consommé. Mais pas le café. La caféine était un bien. Addictif, certes, mais un bien tout de même.

" Je ne pense pas, c'est du café, c'est buvable, il n'y a pas d'alcool dedans donc a priori je ne crains rien."


Parce qu'évidemment, pour Gillian, la seule chose de répréhensible à ses yeux était l'alcool. Quand deux esprits sans aucune similitude se rencontrent, leurs conversations pouvaient s'avérer bien surprenantes et assez spéciales. Sauf quand les sujets de la chorale étaient évoqués, là, on pouvait espérer un échange plutôt banal et totalement compris de l'un ou l'autre parti ... Ou pas. Au fur et à mesure que Grace parlait, et que ses sous entendus se faisaient tellement évident qu'elle n'était pas sûre qu'elle même n'en ait pas saisi la portée, Gillian écarquillait les yeux. Elle ne savait pas quel genre de relations William Schuester entretenait avec ses élèves à l'époque de Grace, mais en tout cas, à la sienne, il était plutôt ... Habituel.

" Schuester est plutôt sympathique comme professeur. Mais il l'est peut-être trop. Ou alors il s'agit juste du fait que je ne sois pas du tout objective sur la question, étant donné que je ne souhaite que partir de là."


Partir, arrêter de faire des compétitions débiles pour savoir comment les New Directions allaient encore une fois se mettre la honte... Il fallait dire qu'ils redoublaient d'effort à chaque compétition, et d'ingéniosité également. La blonde, d'un air plein d'espoir et d'angoisse, lui demanda comment son équipe s'en était tirée, ou plutôt comment elle avait ressentie ça. Gillian avait décidé, depuis un temps très récent, qu'elle se devait de rassurer Grace quant à n'importe quoi, elle-même semblant trop nervosée pour s'auto-conforter. Alors, même si elle ne se souvenait que très peu de leur prestation, elle acquiesça.

" Bien sûr, on ne peut pas dire que vous étiez mauvaises, c'est même tout le contraire."


Bientôt, elle n'aurait plus à se faire à ce genre de détails,bientôt arriverait la fac de droit, et l'arrêt de toute sorte de chorale, bonne ou mauvaise, gagnante ou perdante. Gillian acquiesça à la demande étonnée de sa nouvelle connaissance. Bien qu'excentrique, elle n'était pas la seule à se demander pourquoi elle y était entrée, ni même pourquoi elle n'avait pas réussi à s'y faire, alors que tout le monde semblait en ressortir comme un Bisounours en plein été.

" Oui, j'ai ... Disons ... Un peu abusé de mes droits de manifestation dans l'enceinte du lycée, ce qui m'a valu un aller simple pour le bureau du principal ... Et par la même mon entrée dans la chorale."


Cette période lui semblait maintenant tellement loin à mesure qu'elle prenait bientôt fin. Elle ne ferait bientôt plus partie des New Directions ni d'aucun chorale ... Grace par contre ne semblait pas sortie de ce chemin de bataille, et semblait également sujette à un complexe d'infériorité assez énorme. Gillian ne comptait plus le nombre de fois en dix minutes où elle lui avait demandé son approbation sur ce qu'elle pensait ou faisait, et elle la connaissait à peine. Personne ne pouvait être aussi peu sûr de ce qu'on avançait, ou du moins aussi peu sûr d'être toujours complètement blanche de pureté après l'avoir énoncé. D'ailleurs, qui se souciait encore d'être blanche comme neige? Cela ne faisait aucun doute, Gillian était tombée sur la perle rare. La licorne de Lima.

" Bien sûr que tu peux le dire, tu peux en être fier. J'aurais aimé apprendre jouer du piano. Je sais juste chanter plus ou moins bien, la musique j'ai toujours préféré l'écouter."
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MessageSujet: Re: 06. So many dumb ways to die    Ven 7 Juin - 16:15

" Bien sûr que c'est l'essentiel. "

Un sourire éclatant, quoiqu’encore un peu penaud, s’afficha sur les lèvres de la jeune fille. Décidemment, elles étaient faites pour se rencontrer.

"Tu fais ce que tu peux, et tu vois ensuite. Si ça marche tant mieux, si ça ne marche pas, t'auras été jusqu'au bout de tes capacités."

Si la formulation faisait très bohémienne anarchiste dépourvue de carte verte, Grace se trouvait toute disposée à l’approuver. Sans doute encouragée par ses instincts de charity addict vis-à-vis de cet état d’esprit de femme du voyage. Hochant la tête avec frénésie, elle passa une main dans ses cheveux.

-Jusqu’au bout. Comme Jésus.

Elle continua à agiter sa tête d’un air entendu, il ne lui venait pas à l’esprit une seule seconde que le « bout » qu’évoquait Gillian n’était peut-être pas du niveau de la crucifixion. Encore que ce qui allait suivre comme sujet dans la conversation restait dans le champ lexical de l’horreur et de la torture. Alors que ces évocations se précipitaient sous ses rétines, la pianiste observait avec attendrissement une petite blonde de trois ans qui s’attaquait à un milkshake à la fraise dont elle ne devait même pas savoir faire le tour avec ses deux mains réunies.

" Et qu'est-ce que l'on t'a fait subir à McKinley pour que tu aies envie de te fondre dans la masse ? "

Elle observa d’un œil pensif la gamine encore plongée dans la contemplation de sa boisson. Elle semblait si passionnée que le mot qui lui échappa paraissait presque imaginé, comme s’il venait d’une autre conversation, d’une personne qui serait passée derrière elle à cet instant même. En partant du principe que cette personne serait une soprano en pleine réminiscence d’un passé à la limite de la tragédie.

-Cheerios.

Elle ne voyait même pas l’utilité d’apporter plus de précision à cette déclaration. Le buste toujours tourné vers l’enfant, elle avait pourtant baissé ses paupières. Cela en disait bien assez long sur l’enfer social que pouvait devenir McKingley.

Deux syllabes, un contenant bien maigre et pourtant suffisant pour la quantité d’énergie démoniaque que leur simple énonciation libérait dans le Cosmos. Si le lycée était une forme de toilette insalubre géante, les cheerleader seraient indubitablement du désodorisant. Ca ravit ceux qui l’utilisent et assassinent par asphyxie sans aucun remords tous les autres.

-Le lycée public t’encourage à explorer d’autres horizons. Mais… Parfois, il y a des mondes qu’il vaut mieux ignorer.

La gamine blonde avait tourné ses fossettes vers elle. Grace y répondit par sa traditionnelle rangée de dent impeccable. Cette joie faciale ne se communiqua pourtant pas à ses yeux, alors qu’elle continuait à parler d’une voix presque froide.

-Mais bon. J’ai trouvé ma Voie. La Voie.

Elle but une gorgée de son soda.

-Le Celebacy Club.

Elle sembla revenir à elle, son visage s’éclaira de ce bonheur paisible qu’elle semblait avoir donné comme leïtmotiv à son existence Terrestre alors qu’elle se retournait vers Gillian.

" Je ne pense pas, c'est du café, c'est buvable…"

Haussement de sourcil. Voici qui se présentait à elle une information de la plus haute importance. C’était justement parce que c’était du café que Grace avait jugé la boisson absolument inconsommable.

"…, il n'y a pas d'alcool dedans donc a priori je ne crains rien."

Elle pencha sa tête sur le côté. Ses yeux glissèrent jusqu’au barman à l’hygiène digitale plus que suspecte.

-A priori.

Si l’on en jugeait par le ton de son marmonnement, il n’était pas très difficile de se rendre compte que, d’un point de vue strictement bactériologique, Grace n’hésitait pas une microseconde à classe le Lima Bean dans « la Zone Cinquante-et-Un » de la restauration. Aka, « Beaucoup trop de choses dont tu ne voudrais pas connaître l’existence. »

" Schuester est plutôt sympathique comme professeur. Mais il l'est peut-être trop. Ou alors il s'agit juste du fait que je ne sois pas du tout objective sur la question, étant donné que je ne souhaite que partir de là "

-Sympathique ?

Oui, enfin, si la sympathie consistait en laisser apparaître une masse velue proprement démentielle au grand jour, telle une bannière capillaire trop épaisse pour s’agiter au vent, cacher des problèmes d’hypersudation par des gilets en laine fleurant la naphtaline et enseigner l’Espagnol avec un accent pakistanais, dont Grace doutait sérieusement de l’évolution de celui-ci au souvenir du désastre que cela représentait à son époque, alors, on pouvait décemment admettre que Mister Schue était sympathique.

-Il n’y a vraiment rien qui ne puisse te faire trouver de… l’intérêt, au Glee Club ?

Nous y voilà. Ses paupières presque agitées de spasmes, ses lèvres tremblotantes, ses pupilles dilatées à l’extrême : Grace avait repris son identité de serial marieuse. Il fallait dire qu’en la matière, la reproduction entre cordes vocales de qualité supérieures avait toujours fait partie de ses dossiers favoris, cherchant toujours avec une constante obstination à gonfler les quotas d’enfants chantants pour peupler Lima. Et pourquoi pas le monde ? Si ce genre de projet revêtait, de l’extérieur, un caractère profondément Hitlerien, Grace, elle, pensait œuvrer pour le Bien commun en traquant la moindre graine d’amour dans les rangs des chorales et en les changeant en couple OGMisés, prêt à résister aux hivers sentimentaux les plus rudes.

Et si, chez les Second Chance, le pourcentage plutôt impressionnant de jeunes femmes l’empêchaient d’exercer son don pour l’Amour, il semblait que ses talents plus communs, à savoir le chant et le piano, ne s’en trouvaient que mieux mis en avant. Du moins, c’est à ce stade que ses réflexions en furent une fois que la voix de la O’Connor perça le voile épais que le romantisme dégoulinant qui lui était propre avait jeté sur son cerveau.

" Bien sûr, on ne peut pas dire que vous étiez mauvaises, c'est même tout le contraire."

-Oh ? Vraiment ? Merci ! C’était beaucoup de travail, tu sais… Et si le résultat à plu, c’est la seule victoire qui compte.

Evidemment, elle mentait. Mais, au point où elle en était, elle n’était plus vraiment capable de distinguer ce qui était de l’ordre de ses pensées et de ce qu’elle aimerait voir en faire partie.

Elle s’apprêtait à partir à la recherche d’arguments positifs à avancer sur la prestation des New Direction, qui ne soit pas en rapport direct avec Lisa ou Jésus. Alors qu’elle ouvrait la bouche pour aimablement complimenter leur éclairage, elle fut interrompue par Gillian, qui lui offrit l’explication de sa participation fort peu volontaire à sa chorale :

" Oui, j'ai ... Disons ... Un peu abusé de mes droits de manifestation dans l'enceinte du lycée, ce qui m'a valu un aller simple pour le bureau du principal ... Et par la même mon entrée dans la chorale."

Ses sourcils se collèrent, une nouvelle fois, contre son cuir chevelu. La chorale ne devait-elle pas être une sorte de privilège ? Obtenu sur le volet, par force auditions et démonstration de talent ? Ou, c’était peut-être ça qu’ils avaient cherché en intégrant Gillian ? Trouver plus d’énergie ?

Les images de ses années lycée, ou plutôt la maigre période qui n’avait pas été occultée par son incroyable capacité à remodeler la réalité qui l’entourait, revinrent et lui rappelèrent qu’en effet, les New Direction tenait plus pour de la pénitence, voire du Chemin de Croix, que pour un réel espoir de gloire. Figgins avait définitivement plus agi pour le Mal de Gillian plutôt que pour le Bien du Glee Club.

-Tu aurais dû argumenter sur ta liberté d’expression. En laissant entendre que tu avais un contact avec le Bureau d’Immigration…

Elle haussa ses épaules menues. Il n’était pas dans les habitudes de Grace de faire preuve de mépris pour quoique ce soit. D’ailleurs, elle ne se rendait même pas compte du niveau, extrêmement bas, que toutes ces années de consternation scolaire et administrative avaient attribué à Figgins dans sa conception de la hiérarchie sociale. A ses yeux aussi bleus que formatés, c’était simplement la seule façon de le considérer, pas une seule personne en Ohio, ou ailleurs, n’agissant autrement, comme si tout le respect que sa fonction pouvait imposer avait été dissout par son odeur prononcée de curry et de crème anti-calvitie.

Professorale, son esprit développait déjà toute une psycho-argumentation méthodique qui prouvait l’innocence de sa pseudo-cliente. Son plaidoyer anachronique se stoppa à l’instant où elle se rappela que la scène s’était produite des mois auparavant, et que cela faisait à peine vingt minutes qu’elle connaissait le nom de Gillian.

" Bien sûr que tu peux le dire, tu peux en être fier. J'aurais aimé apprendre jouer du piano. "

-Il n’est jamais trop tard. Tu peux très bien commencer dès maintenant. Bien sur, ça sera difficile. Mais tu éviteras d’avoir les doigts d’Edward aux mains d’argent. Si tu veux, je peux te donner des cours, commença-t-elle à piailler.

" Je sais juste chanter plus ou moins bien, la musique j'ai toujours préféré l'écouter. "

Grace releva la tête, une lueur inquiétante dans les yeux.

-Chante.
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06. So many dumb ways to die

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