Choriste du mois


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 06. [Pension Preston] Someone like you

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MessageSujet: 06. [Pension Preston] Someone like you   Lun 14 Jan - 22:24

I’ve been roaming around, I was looking down at all I see
Painted faces fill the places I can’t reach
You know that I could use somebody
You know that I could use somebody

Anna tourna le volume un peu plus fort et la voix de Caleb Followill se mit à jaillir des enceintes, puissante, enivrante.
La jeune femme ferma les yeux et imagina Tim en train de chanter cette chanson. De LUI chanter cette chanson, et elle se mit à sourire.
Elle ne l’avait jamais vraiment soutenu pendant toutes ces histoires de sectionals, regionals, guerre des chorales et autres aberrations phoniques, mais avait finalement décidé de donner un peu de sa personne maintenant que l’on arrivait au stade final, celui des Nationals, et prêtait de plus en plus attention aux discours enflammés du jeune homme à ce sujet. Il gardait farouchement le secret sur les répétitions et les projets des AVs, et elle allait même jusqu’à le soupçonner de fomenter un sabotage secret des numéros des Urban Hymns, la chorale dans laquelle chantait son amie Santana.
Ah ça aussi, cela posait problème. Sa petite amie cohabitait avec « l’ennemi » à en croire les dires du surveillant, la jeune femme évitait donc désormais de mentionner les termes « pension » et « colocataire » en sa présence. A vrai dire, tous les habitants de la pension finissaient par lui poser un problème de toute façon, que ce soit par vagues dans le cas de Santy, avec une jalousie constante et affirmée en ce qui concernait Madeleine ou encore pour des raisons non déterminées si l’on considérait ce pauvre Jamie.
Anna ne faisait en fait manifestement jamais les bons choix quand il s’agissait de décider avec qui partager son quotidien, et Tim ne se gênait pas pour le lui rappeler, même s’il se voyait inlassablement répondre qu’ils avaient maintenant une nouvelle chambre de libre, et qu’il était le bienvenu pour trouver un nouvel habitant –digne de ce nom et prêt à payer son loyer, ce qui le rayait automatiquement de la liste !- à la pension.

En parlant de chambre libre, la jeune femme s’y trouvait justement, et elle aurait donné cher pour fuir ailleurs, non pas parce que le désordre excessif aurait découragé une armée de femmes de ménage, mais parce que tous les objets éparpillés sur le sol, les vêtements abandonnés en tas dans des coins, les livres oscillant dangereusement sur les étagères, tous ces éléments du quotidien appartenaient à Lexie, Lexie qui avait fait ses valises il y avait tout juste 10 jours.

Rien que d’y penser, cela rendait Anna malade. Elle grimaça et augmenta à nouveau le volume de la chaine stéréo. C’était une bonne chose qu’ils n’aient pas de voisins trop proches, personne ne se plaindrait ni du bruit, ni de son désarroi.
L’absence de sa sœur, toute récente qu’elle soit, lui pesait déjà, si bien qu’elle préférait pour l’instant éviter toute forme de communication trop intense avec elle. Pas de visioconférence, d’appels qui duraient des heures, non, pour le moment, tant que sa dernière paire de boucles d’oreilles n’aurait pas disparu de la chambre, des mails et quelques textos d’urgence pour se dire l’essentiel suffisaient. J.J. se chargeait de lui rapporter comment les choses se déroulaient et il se faisait également le porte-parole dans l’autre sens.
La cadette des Preston, comme à son habitude, avait disparu en un éclair sublime. L’appel de la gloire, de la réussite, de la carrière prestigieuse. L’appel du paternel, oui, rageait Anna. Si James Preston n’avait pas fait des pieds et des mains pour obtenir la libération de ce poste de curatrice pour le faire octroyer à sa fille chérie, Lexie n’aurait jamais songé à repartir, et encore moins à abandonner sa sœur. Il était certain que le rajout de l’adjectif « National » devant « The Gallery » avait joué une part importante dans le choix de la petite rousse. C’était une opportunité en or, comme il n’y en avait qu’une fois dans une vie. The Gallery, celle de Lima, tenait le choc sous la conduite de J.J. et d’Anna et tous les trois avaient d’un commun accord décidé qu’il serait plus facile pour Lexie de revenir leur prêter main forte dans quelques années que de retomber sur une chance pareille. Le départ s’était donc préparé, dans un mélange d’excitation et de tristesse pour les deux sœurs.
Le matin des adieux, Anna n’avait pas quitté son lit, jugeant trop difficile d’affronter leur peine collective. Elle avait donc la veille au soir serré dans ses bras sa cadette comme jamais, bien consciente qu’il s’agissait là d’une séparation d’adultes, qui ne ressemblait en rien à toutes les ruptures de sœurs qui se chamaillent qu’elles avaient pu connaître jusque là.

Someone like you, somebody,
Someone like you, somebody,
Someone like you, somebodyyyyyyyyyyyyyyyyyy


Délaissant sa tâche, Anna s’était mise a hurler à l’unisson, calquant sa voix sur celle du chanteur, imitant ses intonations tout en sautillant et en secouant la tête en rythme.
Un bruit sourd qui se répéta l’interrompit. La jeune femme se redressa et somma aussitôt Caleb de se taire. En entendant les coups une nouvelle fois, elle réalisa que quelqu’un se démenait désespérément en tapant à leur porte. La musique avait du couvrir la sonnette et Anna dévala les escaliers en jetant un coup d’œil à son portable. Elle devait logiquement dormir chez Tim, qui profitait de l’absence de sa mère pour condamner la pension et ses habitants néfastes pour son bien-être et la victoire des Awesome Voices, ce qui amenait Anna à faire les déplacements à sa place, mais le jeune homme ne devait pas la récupérer avant la fin de son travail, ce qui lui laissait normalement encore deux bonnes heures.

-Ainsworth, si tu as encore oublié de m’appeler pour me prévenir que tu passais plus tôt, autant te le dire tout de suite, je ne suis pas prête et c’est tant pis pour toi ! cria-t-elle en déboulant devant la porte d’entrée et l’ouvrant brutalement pour laisser en effet place à un Ainsworth médusé… Mais pas celui auquel elle pensait.


-Jamie ? bredouilla-t-elle, toute à sa surprise.
Elle ne s’écarta même pas pour le laisser entrer et enchaîna en fronçant les sourcils d'un air réprobateur:

-Tu as encore oublié tes clefs ?
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MessageSujet: Re: 06. [Pension Preston] Someone like you   Sam 19 Jan - 17:51

James s'élança hâtivement sur la rue principale de Lima, écouteurs vissés aux oreilles. Les cours s'étaient terminés avec deux heures d'avance en l'absence fortuite du professeur Matterface. Si la plupart des élèves de sa promotion s'étaient abandonnés à la perspective d'une sortie au lac de dernière minute afin de marquer une pause dans leurs révisions et se rafraîchir agréablement sous le soleil de plomb qui dominait l'Ohio depuis quelques jours, Jamie avait préféré prendre le chemin opposé, en direction de la Pension. Sa besace contre les reins, une chemise cobalt sur les épaules et un Fedora aux nuances claires surplombant ses mèches brunes, il évita tranquillement un cycliste particulièrement lent. La Pension lui semblait particulièrement déserte ces derniers jours. Santana leur avait laissé entendre qu'elle passerait plusieurs jours avec Liam chez le musicien du village et Lexie s'en était allée de l'autre côté de l'Atlantique. Il ne croisait plus qu'Anna, Madeleine et JJ à tour de rôle, lorsqu'il n'était pas occupé chez Sunny ou Harper, ou tout simplement enfermé dans sa chambre à terminer ses devoirs. Le silence s'était installé, omniprésent. Sans doute parce que Lexie était LA boule d'énergie de la colocation. Les alentours sans elle semblaient étonnamment calme. Il ignorait encore s'il était tourné vers la contrariété de n'avoir pu partager plus de choses avec elle ou s'il était heureux qu'elle puisse décrocher une telle opportunité dans le milieu artistique. Un peu des deux, sans doute. En réalité, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi le départ de la jeune femme l'affectait autant. Il avait vécu des dizaines de déménagements, des dizaines de séparations du même type au cours de son adolescence, déchirantes pour certaines. En revanche, il n'avait jamais accordé une pensée à la place vide qu'il laissait derrière lui à chaque déplacement. Ni à l'empreinte gorgée de nostalgie dont il marquait celui qui restait. Les gens s'éloignent, mais la vie ne s'arrête pour personne, se conforta-t-il mentalement. Était-ce vrai ? Ou tentait-il d'apaiser le trouble que cette constatation pouvait lui apporter ?
Un coup de klaxon rugissant l'arracha à ses réflexions ; il s'empressa de modifier ses appuis et imposa une impensable rotation à sa planche, échappant de justesse à une douloureuse collision. Il souleva jovialement son chapeau à l'intention du conducteur dans une courbette railleuse et celui-ci lui répondit d'un geste obscène de la main, avant de poursuivre sa route comme si de rien n'était. Les Américains ! Des gens charmants, songea-t-il en se fendant d'un mince sourire. Il se donna un nouvel élan, fléchissant les genoux et réalisant un saut bref qui le propulsa sur le trottoir, pour plus de sécurité.
La Pension Preston se trouvait à une bonne demi-heure de marche du centre-ville. Il était loin de s'en plaindre. Parfois, Madeleine acceptait de le déposer au lycée, lorsqu'ils commençaient à la même heure. Toutefois, même sans l'incommensurable mansuétude de la surveillante, il avait appris à apprécier cet itinéraire qui lui était progressivement devenu familier. Il en profitait pour s'aérer l'esprit et occasionnellement, pour courir quelques miles avant de se rendre à McKinley High. C'était une habitude qu'il s'était accordée lorsqu'il vivait à New York, près de Central Park. Et si aujourd'hui il n'avait plus le temps de réaliser ces footings quotidiens, il comptait s'y remettre au plus vite et, de plus en plus régulièrement. C'était l'unique sport qui ne le mettait pas en état de nerfs et qui dépensait efficacement ses surplus d'énergie découlant de son hyperactivité. Les activités collectives appelaient son esprit de compétition et réussissaient souvent à le plonger dans des colères terribles que sa mère réprimandait sévèrement. Isabelle Ainsworth l'avait même empêché de jouer au lacrosse lorsqu'un professeur l'avait invité à participer aux entraînements de l'équipe juniors de Portland.

Les contours de la bâtisse victorienne ne tardèrent pas à se détacher de l'horizon. Bientôt, Jamie s'immobilisa près du perron, à la recherche de son trousseau de clés. Il s'empressa d'éteindre son lecteur mp3 pour l'enfoncer dans sa besace. Il pinça les lèvres, agacé. Encore une fois, il avait dû les oublier dans la voiture de Maddie. Il arqua un sourcil inquisiteur en discernant subitement les notes d'une chanson populaire de King Of Leons. Intrigué, il pencha légèrement le menton sur le côté, tentant d'apercevoir une silhouette à travers les minces vitrages qui encadraient la porte d'entrée : sans résultat. Fin observateur, il ne tarda pas à noter la présence du véhicule d'Anna, rangé un peu plus haut dans l'allée et un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'il percevait la voix de celle-ci se rejoindre au talentueux Caleb Followill, tandis qu'il offrait quelques coups réservés contre le battant.
Quatre minutes plus tard, alors que le morceau s'apprêtait à se relancer sur le même titre, Jamie se résigna à frapper avec plus de détermination que précédemment, contre la porte de bois massif qui lui arracha quelques grimaces de douleur. Il avait tenté d'attirer l'attention de la propriétaire des lieux en se postant devant la fenêtre du salon ; malheureusement, celle-ci s'en était tenu à des allers-retours entre la cuisine et le premier étage.
Il s'apprêtait à envisager une escalade risquée de la façade jusqu'au premier étage lorsque le volume sonore diminua enfin. « Ainsworth, si tu as encore oublié de m’appeler pour me prévenir que tu passais plus tôt, autant te le dire tout de suite, je ne suis pas prête et c’est tant pis pour toi ! » s'exclama la rouquine. Il discerna la démarche précipitée de la jeune femme et finalement, le déclic salvateur du verrou. Un sourire malicieux fendit ses lèvres pleines tandis que ses pupilles océaniques pétillaient d'un éclat espiègle : « Et moi qui comptais sur l'effet de surprise ! Où est donc passé le charme de la spontanéité ? » clama-t-il théâtralement.
Il lui renvoya un sourire poli lorsqu'elle bredouilla machinalement son prénom. Mentalement, il se demanda à quel degré aurait-il été capable de la déstabiliser s'il l'avait surprise à une occupation largement plus embarrassante qu'une interprétation singulièrement sonore de Use Somebody. « Non, du tout. En fait, je crois que l'acoustique était meilleure depuis le perron, ajouta-t-il en faisant référence à sa séance karaoké solitaire précédente, lorsqu'elle fronça les sourcils, réprobatrice. Est-ce que ... je peux entrer ? ». Il retira son Fedora qu'il maintînt momentanément contre sa poitrine avant de lui offrir une moue contrite : « C'est la dernière fois ! » assura-t-il avec confiance, comme il l'avait fait la fois précédente. Ses pupilles balayèrent machinalement l'entrée. « Des cartons ? Ménage de printemps ? » ajouta-t-il, mêlant perplexité et curiosité. « Un coup de main peut-être ? ».
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MessageSujet: Re: 06. [Pension Preston] Someone like you   Mar 19 Fév - 22:24

Jamie se fichait d'elle, s'était manifeste. Nul doute que les exercices vocaux de sa colocataire l'avaient contraint à rester dehors un nombre suffisant de minutes pour se rendre compte que cette dernière n'avait certes aucun talent musical mais indéniablement le sens du comique... Malgré elle ! Encore un don Prestonien, pensa la jeune femme en relâchant ses soupçons en même temps que la pression de sa poigne sur le battant.
Alors que le lycéen forçait le passage avec un comique touchant, elle s'effaça enfin pour le laisser entrer. Elle n'avait cependant pas encore dit son dernier mot et pour conserver un semblant d'autorité sur son prochain, soupira bruyamment en refermant la porte derrière eux.

-Ralala, Jamie... Qu'est-ce que tu aurais fait si je n'avais pas été à la maison hein ? Tu aurais poireauté jusqu'au retour nocturne de Madeleine ? Ou tu serais allé faire un brin de causette à notre cher et tendre voisin ? C'est quand même dingue comme personne n'a le sens des réalités dans cette maison,ajouta-t-elle en maugréant, plus pour elle que pour adresser un reproche supplémentaire au jeune homme.

La mauvaise humeur lui était tombée dessus comme le départ de Lexie. Elle ne la quittait pas depuis bientôt deux semaines, au contraire de sa soeur, déjà bien installée de l'autre côté de l'Atlantique. Rien, pas même la récente victoire en match amical des Giants sur les 49ers, qui laissait pourtant présager d'une belle saison de foot à venir, ne réussissait à dissiper cet état d'esprit morose qui l'animait.

-Enfin bref... Je suppose qu'il faut bien que les responsabilités reposent sur les épaules de quelqu'un...

La mauvaise foi d'Anna faisait peur à voir, il suffisait d'entendre la proposition de Jamie de l'aider dès qu'il eut aperçu les cartons pour s'en rendre compte.
La jeune femme regretta un instant son manque d'amabilité et se mordit la lèvre comme à son habitude dès qu'elle réfléchissait. L'aider à quoi au juste ? A balayer les dernières traces de la présence de Lexie à Lima ?
Sa colère était injuste, elle en avait bien conscience pourtant. Elle n'était pas la seule à qui sa soeur manquait et toute la pension avait pâti du départ de sa cadette. Même si Madeleine en particulier et les habitants en général étaient hauts en couleurs, Lexie demeurait celle par qui l'ambiance arrivait et bien qu'ils aient tous leurs vies, leurs boulots, leurs couples (ou leurs histoires d'amour imaginaires pour certains) respectifs pour les occuper, Jamie était sans doute le deuxième à souffrir le plus de l'absence de l'ancienne galeriste, J.J. étant hors catégorie puisqu'il passait au moins une heure au téléphone chaque jour avec Baby Preston.
Cette pensée aida Anna à se radoucir.

-Je préférerais un ménage de printemps... Non, je fais le tri dans les affaires restantes de Lexie. Elle m'a donné des consignes par mail hier et je dois me débarrasser de la moitié de ces trucs... Qu'est-ce qu'elle veut que je fasse de tout ça franchement ? J'hésite entre tout foutre à la poubelle, organiser un vide-grenier ou tout donner à une organisation caritative...

Elle était remontée en pression en un quart de seconde aussi reprit-elle avec un peu plus de modération :

-Je t'avoue que je penche pour la première option mais je crois que ce n'est pas raisonnable hein, acheva-t-elle dans un sourire.
Peut-être que je suis preneuse pour les suggestions et le coup de main du coup ?

C'était une façon à la fois de s'excuser pour toute cette explosion verbale qui la caractérisait et un véritable appel à l'aide. D'ailleurs, sans attendre la réponse du jeune garçon, elle avait poussé un carton débordant de bibelots vers lui et en avait attrapé un autre qu'elle portait à bras le corps, montant déjà les premières marches de l'escalier.
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MessageSujet: Re: 06. [Pension Preston] Someone like you   Dim 12 Mai - 0:24

I will catch you when you feel like letting go, 'cause you're not, you're not alone /
Les traits de Jamie se plissèrent lentement et bientôt, ils ne formèrent plus qu’une attendrissante mine penaude. Il avait conscience d’être un peu trop étourdi parfois : il lui arrivait bien trop souvent d’oublier de mettre le linge sale dans la bonne panière ; de sortir les poubelles dans l’arrière-cour au lieu de la ruelle d’en face et d’accord, c’était une évidence pour tout le monde qu’il ne lui coûtait rien de rapporter le courrier dans la cuisine lorsqu’il passait devant la boîte aux lettres en rentrant des cours. Il savait tout ça. Il commençait tout juste à se familiariser avec ce mystérieux concept qu’est la vie en communauté. À vrai dire, il n’avait jamais eu à se préoccuper de ces choses-là auparavant. Toutefois, il n’avait jamais été fautif au point de s’attirer une réaction aussi vive et désabusée de la part d’Anna. Durant une courte fraction de seconde, il craignit d’avoir laissé tomber la goutte responsable du débordement de vase –mais non, les traits de la jeune femme se détendirent quelques instants plus tard. Il ne lui en voulait pas, cependant. Le Titan savait qu’elle avait été soumise à une pression non négligeable au cours des dernières semaines. Elle était sur les nerfs ; ils l’étaient tous à vrai dire. Le départ de Lexie s’était révélé bien plus difficile à vivre qu’aucun ne l’aurait concrètement escompté avant-coup. Anna était la première à souffrir de cette absence, aussi soudaine qu’inattendue. Les évènements s’étaient enchaînés bien trop rapidement pour qu’elle réussisse à s’accoutumer idéalement à l’idée, même lui s’en était rendu compte. Ils n’avaient pas terminés de digérer l’information que Lexie se trouvait déjà à dix mille pieds au-dessus de l’Atlantique, parée à remplir ses nouvelles fonctions à Londres. Seul JJ semblait avoir accepté la nouvelle avec une sérénité complète. C’était à peine s’il avait remarqué la place vide à leur table. Cependant, JJ était aussi le seul à entretenir une correspondance journalière avec la plus jeune des Preston. Alors, peut-être était-ce comme si elle n’était jamais partie pour lui, qu’en savait-il. « À vrai dire, j’aurai probablement cassé un carreau du salon et reporté la faute sur le chat, répondit-il en haussant innocemment les sourcils, avec une légèreté visant à chasser délicatement la tension qu’il pouvait discerner sur le visage de la jolie rousse. Cela dit, je garde tes idées sous le coude. On ne sait jamais, ça pourrait m’servir. Et ça t’économisera un carreau ».

Jamie se faufila prestement entre le battant de la porte et la jeune femme avant que celle-ci ne choisisse de la lui claquer au nez pour lui apprendre une leçon de vie. Il eût la surprise de découvrir une certaines quantité de cartons empilés ci et là dans le vestibule et le long du couloir desservant les autres pièces de la bâtisse. Il hocha pensivement la tête lorsqu’elle lui révéla les raisons qui l’avaient poussée à retourner la maison au beau milieu de l’après-midi –et les pourquoi de la contrariété d’Anna s’éclairèrent d’un coup. « Elle t’a demandé de te débarrasser de tout ça ? » s’étonna-t-il en laissant tomber son sac de cours à terre. Il s’approcha du premier carton à sa portée et y passa une main délicate avec une hésitation mêlée de curiosité. C’était comme s’intéresser aux effets d’une personne décédée –il eût un léger frisson. Il l’ouvrit sans plus attendre et tomba immédiatement sur les pochettes DVD The O.C de la jeune femme. Combien de fois s’était-elle promenée dans la Pension, à des heures indécentes, en s’époumonant plus ou moins harmonieusement sur le générique d’ouverture ? Combien de fois s’était-elle attardée dans sa chambre, en lui débitant des conseils à base de WWSCD ? (What would Seth Cohen Do ?). Un bref soupir s’échappa de ses lèvres et il replaça le coffret à sa place, avant de se tourner vers Anna : « Tu sais, je suis passé par beaucoup de déménagements. Et j’ai toujours préféré faire du tri par le vide –parce que c’était dix fois plus pratique d’accord, mais aussi parce que je n’avais pas envie d’emporter trop de souvenirs avec moi. Tu vois le genre ? Commença-t-il en se penchant pour soulever le carton que la jeune femme venait de pousser vers lui. Le mieux, c’est de diviser en deux piles : ce que tu veux absolument garder. Et le reste. Évidemment, ça aurait été plus pratique si elle avait fait le travail mais on fait avec ce qu’on a, n’est-ce pas ? poursuivit-il en la suivant dans les escaliers. Il lâcha un gloussement nerveux. Je sais que Lex ne rentrera pas à la maison de sitôt, il inclina la tête sur le côté, mais tu ne penses pas qu’on pourrait garder quelques-unes de ses affaires ? On peut faire de la place dans le garage. Je suis sûr qu’elle préférerait garder les trois quarts de ce qu’elle nous a laissé sur les bras ». Il s’arrêta sur la dernière marche de l’escalier, légèrement essoufflé. Lorsqu’ils atteignirent la pièce concernée, Jamie déposa son propre carton près de la porte avant de se planter devant Anna pour lui retirer le sien des bras. « Anna, commença-t-il craignant d’adopter une attitude trop déplacée. Come on. T’es pas obligée de tout porter toute seule –et je ne fais pas référence à la pile de cartons qui nous attend en bas. Je suis clairement pas la personne la mieux placée pour te le dire, certes. Mais tu peux compter sur JJ, sur Maddie, et même si Santana n’est pas trop dans le coin ces derniers temps, je suis sûr qu’elle rappliquerait dans la minute si besoin en est. Il marqua une pause pour balayer la chambre de Lexie d’un regard distrait : Tu as besoin d’en parler ? » conclut-il en s’ébouriffant machinalement les cheveux.


Dernière édition par Jamie Ainsworth le Jeu 4 Juil - 16:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 06. [Pension Preston] Someone like you   Dim 9 Juin - 18:29


Anna avait en fait un sérieux problème avec la famille Ainsworth : ils la déstabilisaient et c'était peu de le dire.
Quand ils ne la mettaient pas hors d'elle, les deux garçons avaient la faculté rare de ramollir son petit coeur jusqu'à ce que se produise cet événement incroyable, une bouffée d'affection si intense qu'elle pouvait se transformer en crise de larmes, hug étouffant ou autre manifestation passionnée selon la nature exacte du cousin présent devant elle a ce moment là.
Anna choisit de se cramponner a son carton pour ne pas flancher sous la sympathie que lui inspirait Jamie à cet instant très précis.
Immobilisée au milieu de l'escalier, les bras maladroitement encombrés, elle se contenta de hausser les épaules et de laisser le jeune homme poser son diagnostic sur le bazar qui envahissait la pièce.

-Le tri par le vide ça me va à moi ! Mais il faudra en effet s'attendre à des représailles si elle décide brusquement de revenir. Après tout cette gamine change d'avis comme une girouette de sens...

Les deux sœurs n'étaient séparées que par 14 mois mais leurs personnalités radicalement opposées, en adéquation avec le couple atypique que formaient leurs parents, avaient permis à ces derniers de présenter toutes ces années leurs aînée et cadette comme leurs "filles respectives", aussi fièrement qu'on exhibe un trophée.
En pratique, les deux Preston sisters se satisfaisaient assez des rôles qui leur avaient été attribués, Lexie surfant sur la vague de la petite dernière excentrique et populaire, Anna cultivant son côté sage et intouchable, sans que cela ne les empêche de partager une complicité à toute épreuve et de respecter leurs différences. Qu'Anna critique le manque de maturité de sa soeur n'était qu'un signe de plus qu'elle vivait difficilement son absence.

-Bah tu as peut-être raison, autant désobéir et débarrasser tout ce qu'elle ne veut pas garder dans le garage, haleta la jeune en arrivant devant la chambre encore envahie des affaires de sa sœur. Ça nous évitera ces allers-retours épuisants !
Pas évident de reprendre son souffle sans se tenir les côtes, aussi fut elle reconnaissante à Jamie de lui enlever son carton des mains, tout inconfortable que ce soit de se retrouver les bras ballants et vulnérable de la sorte devant lui.
Pour ne rien arranger, le jeune homme semblait s'être mis en tête de lui donner une leçon de vie et la dévisageait d'un air concerné, qui réchauffait le cœur, certes, mais mettait cette handicapée des sentiments terriblement mal à l'aise.

Savait-il à quel point Tim et lui étaient semblables ? Pas sûr... Mais elle sentait que son cousin, lui, en avait parfaitement conscience et que c'était pour ça qu'il tenait ce nouvel arrivant aussi loin que possible de lui. Il n'en avait pas fallu moins pour que les Preston se prennent immédiatement d'affection pour ce jeune homme débarqué de nulle part. Anna ne se mêlait pas de sa relation avec l'autre Ainsworth de sa vie mais avait clairement notifié à ce dernier qu'il était hors de question de le virer de chez elle sous le seul prétexte qu'il ne le "sentait pas ce type-là". Si Ainsworth 1er comparait la Pension a un asile de fous, le second du nom s'y trouvait à son aise et c'était tout ce qui comptait aux yeux de ses membres.

Bien sûr qu'elle savait qu'elle n'était pas obligée de tout porter toute seule... Elle était très entourée, dans son travail, à la pension, mais il n'y avait qu'elle en mesure de se rendre compte à quel point le vide laissé par Lexie la laissait face a sa propre solitude. Elle se reposait d'ordinaire toujours sur le caractère expansif de sa sœur pour faire de nouvelles connaissances, maintenir le flot d'artistes et d'amateurs d'art qui passaient par The Gallery mais elle réalisait qu'elle allait devoir recourir à d'autres techniques si elle voulait poursuivre son activité de galeriste, ou tout simplement, avoir une vie sociale.
Finalement, ce qui faisait peur à Anna Preston, c'était de comprendre qu'il était sans doute temps de se remettre en question.

-Je n'ai pas besoin d'en parler Jamie, merci, répondit Anna en regardant ses pieds pour masquer une certaine gêne.
Les mains dans les poches, elle poursuivit en lui souriant :

-J'apprécie ton offre, mais je crois qu'il faut surtout que je me fasse une raison. Et que je me décide à sortir de ma tanière ! En tout cas cette réflexion psychologique n'est pas très Ainsworthienne de ta part, le taquina-t-elle.

C'était un compliment qu'elle lui faisait et elle espérait qu'il le prendrait comme tel... Elle savait que Tim l'avait presque accusé d’être un usurpateur mais elle tenait a lui rappeler qu'elle-même ne le voyait pas seulement comme le cousin de son petit-ami. Elle l'appréciait pour qui il était avant tout, même si elle le lui déclarait maladroitement.
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