Choriste du mois


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 06. Madijuana

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Timothy Ainsworth
I don't give a damn 'bout my bad reputation
Age : 25 ans
Occupation : Prof de guitare à domicile, travaille dans un foyer de groupe, chanteur du groupe Against The Odds
Humeur : Sérieuse
Statut : Autre moitié fiancée d'Ainston
Etoiles : 4932

Piece of Me
Chanson préférée du moment : This is gospel - Panic! At The Disco
Glee club favori : Ne se prononce pas
Vos relations:
I don't give a damn 'bout my bad reputation ♪
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MessageSujet: 06. Madijuana   06. Madijuana EmptyDim 3 Fév - 1:25

Posté sur la dernière marche des escaliers, Timothy fixait l'horizon d'un air concentré. Les yeux plissés, il guettait tel un rapace la moindre ombre qui viendrait obscurcir son champ de vision. Que ferait-il si jamais il était témoin d'une activité suspecte ? Il n'y avait pas vraiment réfléchi, mais il était pourtant clair dans son esprit qu'il serait prêt à en découdre. Les couloirs de McKinley la nuit n'avaient plus aucun secret pour lui. Ils n'en avaient déjà pas lorsqu'il foulait le sol du lycée en tant que simple étudiant alors autant dire qu'aujourd'hui il avait développé une vue télescopique des lieux. Même les yeux fermés il arrivait à se repérer dans ce dédale de couloirs, même Daredevil ne pouvait pas en dire autant. C'était sûrement pour cette raison que Figgins avait décidé de lui confier la garde de nuit. Dorénavant plus qu'appliqué dans son travail, Timothy avait accepté la tâche sans y penser à deux fois, persuadé que c'était un moyen supplémentaire de prouver sa loyauté et son efficacité. Il n'avait même pas pensé à lui demander la raison de la nécessité d'une garde de nuit, tout ce qu'il avait retenu c'était que cette mission était importante et que c'était sur ses épaules à lui que reposait l'avenir du lycée. Il exagérait à peine, pour son esprit fertile c'était digne des scénarios les plus élaborés de James Bond et il n'était pas question de faillir à ses engagements... seulement il aurait aimé dire que tous ses sens étaient aux aguets, mais le casque vissé sur ses oreilles trahissait fortement son manque d'implication absolue. De toute manière personne ne pourrait en témoigner. Tim avait ingénieusement décidé de faire d'une pierre deux coups ce soir là, en exécutant sa mission commando tout en répétant son solo pour la prochaine répétition des Awesome Voices. Megan avait voulu rire de lui, elle ne le connaissait pas. Si les gens devaient rire de lui, il aimait autant être le premier à s'en amuser.

Laissant glisser son index sur l'écran de son iPod, il déposa ce dernier dans sa poche tandis que la musique vibrait dans son casque. Avec une grâce grandiloquente et maladroite il posa sa jambe droite sur le sol tandis que de sa main gauche il caressait la rampe de l'escalier.

I hopped off the plane at L.A.X.
With a dream and my cardigan
Welcome to the land of fame excess,
Am I gonna fit in?

Jumped in the cab,
Here I am for the first time
Look to my right and I see the Hollywood sign
This is all so crazy
Everybody seems so famous ♫


Toujours avec cette même aisance théâtrale il se pavanait dans les couloirs, en prenant bien soin de croiser chacun de ses pas comme il soupçonnait Megan de le faire. Elle avait raison sur un point, il aurait pu beaucoup apprendre d'elle pour remuer comme une pouffiasse de télé réalité, seulement il estimait qu'il valait mieux que ça et que les Awesome Voices également. Personne ne l'écoutait, mais il était persuadé que Bryan Ryan se retournait dans sa tombe en sachant l'allure que prenait sa chorale - il avait en effet décidé de croire que Bryan était mort, c'était l'explication la plus plausible... ou alors celle qui lui convenait le mieux. Ils mangeaient tous dans la main de Ruby l'ingénue mais on ne la lui faisait pas à lui, il avait clairement lu dans son petit jeu. Elle avait tout orchestré depuis le début et il était hors de question qu'il la laisse statuer l'avenir d'une chorale dont elle ne faisait même pas partie au départ. C'était facile de débarquer cinq ans plus tard et de vouloir imposer sa doctrine factieuse, c'en était une autre d'avoir enduré les moqueries durant le lycée et de continuer à se battre pour la même chose. Heureusement qu'il y avait quelqu'un de lucide dans cette chorale.

My tummy's turnin' and I'm feelin' kinda home sick
Too much pressure and I'm nervous,
That's when the taxi man turned on the radio
And a Jay-Z song was on
And the Jay-Z song was on
And the Jay-Z song was on

So I put my hands up
They're playing my song,
And the butterflies fly away
I'm noddin' my head like yeah
I'm movin' my hips like yeah
I got my hands up,
They're playin' my song
I know I'm gonna be OK
Yeah, it's a party in the USA
Yeah, it's a party in the USA ♫


Chacune des paroles était accompagnée d'un petit pas de danse ridicule tirés tout droit du répertoire des clips burlesques de l'autre cruche qui leur servait de coach. De toute évidence elle ne le connaissait pas assez pour savoir qu'il allait relever son défi et qu'il allait judicieusement inverser les rôles, comme il savait si bien le faire. Elle avait voulu le ridiculiser en lui attribuant ce titre minable et elle allait être servie. Tout le monde savait que Timothy Ainsworth était passé maître dans l'art de l'auto dérision. C'était son arme favorite contre le manque d'assurance, aussi paradoxal cela puisse paraître. Cette garce s'en mordrait les doigts. Et il réitérerait si jamais elle acceptait de lui assigner ce numéro pour les Nationals. De toute manière ils avaient perdu d'avance avec une incompétente à leur tête.

Get to the club in my taxi cab
Everybody's looking at me now
Like "Wh...


"...at the fuck ?" s'exclama-t-il, alors que son cœur avait manqué de s'échapper de sa poitrine. Une couche de fumée rampait allégrement sur le sol, provenant tout droit des toilettes pour filles. Machinalement Tim décrocha son casque de ses oreilles pour le laisser retomber sur ses épaules, cherchant des yeux un quelconque moyen d'éteindre ce feu. Fort heureusement il ne tarda pas à trouver un extincteur duquel il s'empara, avant de se précipiter paniqué vers la porte. Avisé, il ouvrit la porte à grand renfort de coup de pied mais manqua de se prendre le retour dans la figure. Il la bloqua avec son dos, prêt à supporter la chaleur qui ferait fondre ses vêtements et le marquerait à jamais de son acte héroïque, mais rien... presque déçu, il s'élança vers la cabine d'où provenait la fumée et, après avoir inspiré un bon coup, l'ouvrit à son tour à l'aide d'un coup de pied particulièrement remarquable. Un gémissement de douleur le coupa dans son élan de bravoure et, l'extincteur positionné devant lui comme il était persuadé qu'on portait une arme, il constata l'origine de ce qu'il avait imaginé être des flammes redoutables. "Putain Mad, qu'est-ce que tu fous ici ?" grogna-t-il en laissant retomber l'extincteur sur le sol. "C'est un putain d'aquarium ici, t'as fumé combien de joints en même temps ? T'as cru qu'on allait te les piquer ou quoi ?" demanda-t-il, agacé par la présence parasite de celle qu'il avait détesté durant plusieurs mois. Il continuait à la détester d'ailleurs. "Où est-ce que t'as trouvé ça ? Et pourquoi t'es au lycée la nuit ? Dis-moi qu'Anna t'a enfin foutue dehors." dit-il, une lueur d'espoir faisant pétiller son regard embrumé.
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MessageSujet: Re: 06. Madijuana   06. Madijuana EmptyDim 3 Fév - 18:12

Regard à droite. Regard à gauche. Appuyée sur le montant de la porte du bureau des surveillants, Madeleine sondait la présence hostile d’ennemis potentiels comme s’il s’agissait d’une mission commando des forces spéciales. Personne en vue. Pas un bruit dans les couloirs. La voie est libre, go go go. Elle aurait aimé se peinturlurer le visage à coup de kaki et de boue, mais la boue, c’était sale, et si jamais elle abîmait le crayon pour les yeux hors de prix que Glenn lui avait offert en récompense de sa dernière séance d’essayages, elle pouvait dire adieu à la vie. Se contentant donc de sa veste façon militaire, là encore cadeau de Glenn, elle sortit de la pièce en se plaquant contre le mur, derrière le relief des casiers. Haletante sous l’excitation de ce qu’elle s’apprêtait à commettre, la surveillante essayait de retenir son souffle mais un fou rire latent l’empêchait de contrôler sa poitrine qui se soulevait à toute allure. La petite Madeleine Wild, vingt-huit ans et toutes ses dents, venait de retourner en enfance. Rien de bien innocent néanmoins, étant donné qu’elle s’apprêtait à commettre un vol qualifié sur son lieu de travail. Glissé dans la ceinture de son short en jeans déchiré en tous sens, un petit pied de biche qu’elle avait trouvé le moyen d’emprunter au concierge sans son accord plus tôt dans la journée. D’ordinaire les casiers n’étaient pas très difficiles à forcer, mais par précaution, elle avait prévu le plan B. Depuis qu’elle avait mis la main sur Ainsworth Junior en train de planquer un pochon d’herbe dans son casier, elle n’avait pas pu se défaire de cette idée. D’après ce qu’elle avait vu, cette cam’ était de bien trop bonne qualité pour être laissée à un gamin amateur. En tant qu’adulte qualifiée, elle lui revenait de droit. Jetant un coup d’œil à la paume de sa main où elle avait gribouillé le numéro du casier et son emplacement, elle s’élança d’un pas gracieux au milieu de l’allée déserte.

L’horloge pendue au mur face à elle indiquait déjà plus de huit heures. Tapotant la poche de sa veste d’où s’échappa le doux cliquetis des clefs qui s’entrechoquent, son sourire satisfait s’étendit à nouveau et elle ne put retenir un petit saut de cabri. Si Lexie avait été là, elle l’aurait fait s’introduire dans le lycée par la porte arrière du gymnase et elles auraient pu partager le butin, mais cette vilaine vilaine rousse s’était envolée pour Londres depuis plusieurs semaines déjà, laissant un vide immense derrière elle. Anna et JJ étaient occupés à la galerie, Santana avec son bébé, pas question de pervertir les braves gens. Elle allait devoir se sacrifier et fumer tout le stock de marijuana seule... Aile gauche, troisième à droite, casier numéro 53. Pourquoi fallait-il que cet idiot ait le casier le plus loin de la salle des surveillants ? Ça avait l’avantage de faire durer le plaisir. Cinquante, cinquante-et-un, passant son doigt sur le métal froid, elle frappa dans ses mains enfin arrivée au but. La surveillante jeta un regard de défi à la porte située à ses pieds, s’accroupissant sur ses chaussures à talons pour faire face au code. Depuis la promulgation d’une loi idiote portant sur la soi-disant vie privée et sa défense blabla, les élèves n’étaient plus contraints de donner la combinaison de leur casier à l’administration. Elle aurait simplement pu ouvrir, saisir et refermer, mais à cause de tous ces petits secrets, elle devait faire usage de la force. Tournant la molette au hasard, elle tira doucement sur le loquet dans l’espoir que la chance soit de son côté. Essai peu concluant de toute évidence. Tirant plus fort tout en faisant défiler les chiffres cette fois, la porte semblait bouger sans toutefois céder. Madeleine se pencha en arrière, posant une main au sol pour ne pas tomber à la renverse et vérifia que l’horizon était toujours dégagé. Se redressant tant bien que mal, elle tira son arme secrète de sa ceinture avec un sourire maléfique brillant dans la pénombre. Elle glissa le bout le plus fin dans la fente juste au dessus de la serrure et poussa de toutes ses forces pour faire levier. Dans un bruit de tôle froissée, le casier était enfin ouvert, mais les traces d’effraction étaient manifestes. Qu’importe. Figgins avait mis en place des rondes de nuit depuis que son stylo préféré avait disparu de son bureau un matin. Elle pourrait mettre ça sur le compte d’un rôdeur maniaque si jamais on lui demandait quoi que ce soit. Ce n’était pas comme si Jamie pouvait balancer qu’on lui avait piqué de la drogue dans son casier. Son plan était parfait.

Déplaçant les livres sans ménagement, elle fouilla méticuleusement les deux étages et trouva finalement le sésame dans un coin. «C’est bon ça !» s’exclama-t-elle en se relevant pour opérer une petite danse de la joie en tournant sur place. Ramassant le pied de biche qu’elle raccrocha au côté de sa ceinture, elle claqua la porte désormais tordue d’un coup de pied et s’éloigna des lieux du crime avec le sachet plastique contenant tout le matériel de l’apprenti fumeur d’herbe. Ne manquait que le briquet. Qu’elle n’avait bien sûr pas oublié dans sa préparation pour partir en guerre. «One day baby we’ll be old, oh baby we’ll be old and think of all the stories that we could have told» chantonna-t-elle en poussant la porte à battant des toilettes pour filles du rez-de-chaussée sans plus rien vérifier, trop pressée de se mettre à l’œuvre. Entrant dans l’une des stalles ouvertes, elle rabattit la lunette d’un coup de pied expert avant de grimper sur les toilettes, refermant la porte avec son coude. Assise sur l’émail blanc, elle posa sur ses cuisses pressées l’une contre l’autre le sachet et en extirpa le papier à rouler. Plaçant une feuille entre ses lèvres, elle huma le sachet avec délice et saisit une pincée du mélange brun. Après avoir réparti harmonieusement le tout, elle le fit rouler doucement entre ses doigts pour parfaire le cône, lécha le bord et acheva le rituel de préparation. «One day baby we’ll be old, oh baby we’ll be old» reprit-elle, le joint coincé dans sa bouche, en étendant les jambes pour attraper le briquet dans sa poche. Inspirant profondément, elle alluma finalement sa bouchée d’interdit et ferma les yeux alors que la fumée chaude descendait dans sa gorge. Plus fort que ce à quoi elle s’attendait, elle haussa un sourcil surprise. Elle devrait peut-être en toucher un mot à Anna finalement. Si le pensionnaire le plus jeune usait de drogue sous leur toit, il ne fallait pas qu’il espère se la jouer perso. Pas de ça à la Pension Preston. Et incidemment, il se ferait peut-être remonter les bretelles pour usage de stupéfiants.

Elle avait déjà quasiment terminé son deuxième cône lorsqu’un bruit de fracas la tira de sa rêverie délirante. Elle n’était plus seule dans les toilettes depuis déjà un certain temps à force d’embrumer son esprit malade, mais cette fois il s’agissait d’une personne en chair et en os. Elle n’eut pas le temps de se pencher pour ouvrir la porte que celle-ci vola à pleine vitesse et claqua contre la paroi voisine. «Oooooow» couina-t-elle toujours assise sur le haut des toilettes, fixant d’un air absent la porte désormais grande ouverte. «Le petit chat, il est parti.» pleurnicha-t-elle en relevant le nez vers le grand brun qui s’était mis à vociférer face à elle. Ignorant ses questions, elle avança sa lèvre inférieure pour bouder outrageusement avant de répéter sur le même ton plaintif «Le petit chat il est partiii ! Pourquoi tu l’as fait partir hein ?» Poussant sur ses pieds pour se mettre debout, elle glissa et retomba au même endroit, tirant la chasse d’eau sur le côté en essayant de se rattraper. Coinçant le joint au coin de ses lèvres, elle applaudit le bruit de vague des deux mains avant de tirer une nouvelle bouffée et de la recracher au visage du trouble-fête. Fronçant le nez, elle prêta un peu plus attention à son identité et ouvrit de grands yeux en réalisant qu’il s’agissait là de son collègue honni. «Tiiiiiimothy ! Mais quelle surprise ! Qu’est-ce que tu fais lààà ? Il est tard tu sais, maman va s’inquiéter hein. Tu es tout seul ?» Se penchant dangereusement en avant, elle prit appui sur la porte ouverte pour vérifier hors de sa stalle et secoua la tête visiblement déçue. «Y a pas Samuel ? Dommaaaaage. Mais hein, y a pas Anna non plus, elle est à la maiiison. Non. Non, elle est à la Galerie, oui oui. Y a que moi, et Jake. Je crois que Doris est partie prendre l’air...» ajouta-t-elle avec un sérieux forcé, plongeant son regard bleu dans celui du surveillant contre qui toute hostilité s’était momentanément évaporée.
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Timothy Ainsworth
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MessageSujet: Re: 06. Madijuana   06. Madijuana EmptySam 9 Fév - 0:43

Dans le classement des scénarios farfelus élaborés par son imagination plus que fertile - elle-même alimentée par une paranoïa hautement exacerbée - l'apparition de Madeleine Wild n'avait même pas la prétention d'y figurer. Dans le top 3 on trouvait une caméra cachée pour une émission du câble, une tentative mesquine de la part de Figgins de mettre à l'épreuve sa compétence et sa loyauté puis sur la troisième marche du podium la combustion instantanée d'un élève trop longtemps ignoré. Autant dire qu'au moment où le regard de Timothy s'était posé sur l'objet du crime, sa déception fut telle qu'il en oublia même la raison pour laquelle il s'était rendu dans ces toilettes au départ. Il avait même oublié le fait que depuis plusieurs semaines déjà Madeleine et lui se livraient une guerre dont l'indifférence était le mot d'ordre. Pourtant il savait mieux que quiconque que ce jeu de cache-cache était vain. Madeleine Wild apparaissait au détour de n'importe quel couloir, que ce soit au lycée ou à la Pension, comme pour lui rappeler avec perfidie qu'elle n'était pas prête de sortir du tableau déjà bien fleuri de son existence. Il y avait cette saleté d'ironie qui faisait que même lorsqu'il voulait oublier Anna, Madeleine paradait dans les couloirs pour lui remémorer ses erreurs. Les meilleures amies, c'était définitivement une atrocité. Il n'était même pas question de parler avec Samuel de ses ressentiments, alors qu'ils s'étaient mis d'accord pour ne pas interférer ni mettre sur le tapis des sujets aussi houleux que leurs amours improbables. Et de toute façon, leurs discussions stériles ne lui seraient d'aucune utilité dans la mesure où Samuel adorait s'enliser dans des argumentations douteuses pendant lesquelles Tim se contentait d'arquer un sourcil dédaigneux. Non, clairement il était seul dans son malheur mais la vision d'une Mad brouillée par cet épais rideau de fumée lui fit oublier la raison de leur mésentente. Elle était redevenue la Madeleine pathétique qui suffisait à le rassurer lorsqu'il doutait de ses propres compétences.

Le flot de questions qu'il avait laissé s'échapper était tout sauf habituel, mais il ne suggérait aucun élan extraordinaire de curiosité. C'était même de la pure rhétorique, tandis qu'il s'imaginait déjà pouvoir se balader dans les moindres recoins de la Pension sans avoir à craindre de rencontrer une énergumène qui le contraindrait à devoir s'exprimer. Mais comme si une force supérieure refusait de le voir totalement épanoui, voilà que Jamie avait pris la place de l'ennemi public numéro un, celui duquel on veut à tout prix s'éloigner alors que, paradoxalement, on se doit d'approcher. Sa respiration régulière l'obligeait narquoisement à inhaler la fumée enivrante qui flottait inconsciemment dans l'air. Encore lucide, il décida judicieusement d'entrouvrir la fenêtre par laquelle filtraient quelques rayons d'un soleil couchant. Aussitôt le nuage séducteur se dirigea avec insouciance vers l'extérieur, comme pour leur signifier avec malice qu'il aspirait à la liberté. Madeleine, pendant ce temps, débitait des inepties incohérentes qui trahissaient malheureusement son état d'esprit. Timothy se surprit cependant à penser que la logique de ses propos ne différait pas vraiment de celle dont elle pouvait se vanter lors de ses rares moments de lucidité. C'était sûrement pour cette raison d'ailleurs que Samuel se trouvait attiré à elle comme à un fichu aimant. Il avait les mêmes conversations et raisonnements décousus qu'elle. Tim ne se préoccupait même plus de savoir si cette relation était nocive pour lui, sa seule inquiétude allait à leurs pauvres enfants, contraints à des dissertations futiles autour d'un repas que Madeleine n'aurait de toute évidence pas cuisiné. Cette vision lui arracha un frisson qu'il réprima aussitôt que son nom fut prononcé comme si sa présence était plus que la bienvenue. De toute évidence Madeleine aussi avait oublié les antécédents de leur relation.

Aussi triste était cette réalité, c'était la première discussion que Tim avait avec Mad depuis presque trois mois. Même pour eux cette désaffection consentie avait trop duré, si bien qu’il décida de lui accorder son attention particulière. Proie à un réflexe idiot, il jeta un vif coup d'œil sur sa droite pour vérifier qu'aucun chat ne s'était fait la malle, mais de toute évidence Mad avait imaginé cet animal comme elle imaginait tout le reste. Il fronça les sourcils lorsqu'elle mentionna des noms qu'il n'avait jamais entendus auparavant et qu'elle confiait comme le faisaient les femmes qui aimaient parler et qu'on les écoute : comme si leur identité était évidente. "Qu'est-ce que je fais là ?" reprit-il avec emphase. "Qu'est-ce que TOI tu fais là ?" demanda-t-il une nouvelle fois. Cette fois-ci il était vraiment curieux et se surprit même à ressentir une certaine condescendance pour l'état dans lequel la surveillante s'était mise. "Et je suis censé savoir qui sont Jake et Doris ?" ajouta-t-il avec une cordialité peu crédible. "Sérieusement Mad, tu as acheté ça à qui ? C'est Harper ? J'en étais sûr." dit-il en levant les yeux au ciel, fier de se complaire dans ses déductions bâclées et inefficaces. La rancune qu’il nourrissait à l’encontre de la lycéenne était telle qu’il pourrait sans aucun scrupule arracher à Madeleine des fausses confidences qu’il mettrait à profit. Mais au fond il savait que la réalité était toute autre et il espérait au moins que cette misérable scène n’avait rien à voir avec la relation que pouvait bien entretenir la surveillante avec Samuel, parce que si c’était le cas il savait que ses prérogatives en tant qu’ami seraient de recoller les morceaux et il n’était pas prêt à se lancer dans un tel exploit. "Pour ce que ça vaut, oui je suis tout seul, mais je t'avoue que je suis plus certain maintenant... tu pouvais pas aller fumer au parc, comme toute personne censée ?" En vérité il lui en voulait d’avoir mis à l’eau sa grotesque tentative de prouver son professionnalisme. C’était pourtant une blague à laquelle il avait cru.
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MessageSujet: Re: 06. Madijuana   06. Madijuana EmptySam 9 Fév - 20:29

La fumée enivrante de son joint faisait flotter son esprit dans une dimension pacifique où rien ne l’atteignait. Elle était entourée de quelques uns de ses amis imaginaires reparus pour l’occasion, et de petits animaux qui passaient l’observer sur son trône d’émail et s’en allaient comme ils étaient venus sans se laisser toucher. Elle tenait de toute évidence mal les narcotiques, et son délire s’accentuait à vue d’œil alors que les cheveux de Timothy gonflaient sous son regard ébahi pour ressembler finalement à la touffe de Samuel au saut du lit. Mmmh, ils n’étaient sûrement pas aussi doux que ceux de son pseudo-meilleur ami, et Madeleine renonça à passer ses doigts dedans. En dépit d’une expérience indéniable en la matière, la jeune femme n’avait rien consommé depuis plusieurs mois au moins, laissant son endurance partir en fumée. Elle n’avait pas le temps d’aller aux fêtes étudiantes dans lesquelles elle faisait souvent tâche en tant que doyenne de sa promotion. Le lycée, les photos, les montages, les essayages, elle croulait sous le travail et les fêtes de la Pension avaient jusqu’alors suffi à éponger ses pulsions festives. Toutefois le départ de Lexie avait mis un coup d’arrêt à cette routine et l’ennui avait repris le pas. Malgré les nombreuses rumeurs insensées qui couraient à son sujet dans le lycée, la vie de Madeleine n’avait rien de très palpitant ces derniers temps, si l’on omettait bien sûr ses cinq à sept hauts en couleurs avec Youngblood toujours au rendez-vous pour une partie de jambes en l’air. Perpétuellement aux aguets dans les couloirs, elle aurait pu être nommée championne des potins toute catégorie confondue, mais pour le bien de sa curiosité elle prenait garde à ne pas révéler ses petits secrets au premier venu. Son ouïe avait sûrement décuplé depuis qu’elle avait commencé à travailler comme surveillante. Elle se targuait d’être capable de capter un murmure médisant à plus de cinquante mètres ! Elle avait fini par retenir le nom de presque tous les élèves pour mieux les situer sur la chaîne alimentaire de WMHS. Rien d’intéressant ne devait lui échapper. Et parfois elle se trouvait victime des ragots. Bien que ce ne fût pas son sujet de prédilection, les couloirs faisaient d’elle une dealeuse en fuite (comme si son scooter rose était discret) ou une ancienne modèle de Project Runway (trop flatteur, probablement raconté exprès dans le but de gagner une absence justifiée) voire de Extreme Makeover (nettement moins flatteur et sanctionné par une intolérance complète aux petits retards). Il y en avait pour tous les goûts, et elle ne perdait jamais une occasion de déambuler dans les couloirs pour mettre à jour sa base de donnée personnelle. C’était notamment grâce à cela qu’elle avait pu épingler la petite Nina au mur et qu’elle était allée tout rapporter à Anna concernant cette histoire de liaison fantasmée. Mais s’était sans compter sur le petit-ami de la rousse auprès de qui la nouvelle était très mal passée. Tout cela remontait sans doute à un peu plus de trois mois... Dans son état actuel, elle peinait à se souvenir des événements et l’habituel mépris qu’elle avait pour lui s’était dissous dans l’air avec sa bouffée suivante. Tim s’en était pris à elle comme si tout avait été de sa faute en arguant haut et fort qu’elle ne devait pas se mêler de sa vie, qu’elle aurait dû lui en parler avant, lui sortant le grand jeu du rebelle en colère. La conclusion de ce choc des surveillants avait été un silence glacial entre eux, posant Samuel comme entre-deux incapable et partial.

Elle n’aimait pas Timothy. Vraiment pas. Il était arrogant, toujours à lancer une remarque désagréable ou à critiquer la moindre de ses actions. L’affection d’Anna pour ce gringalet était inexplicable. Pas désagréable à regarder, elle ne l’avait jamais vu sourire, et il était si maigrelet qu’elle suspectait que le mépris soit sa seule nourriture. Et pourtant, baignée dans ce nouveau monde de tolérance et d’amour où tout n’était que papillons et arc-en-ciels grâce à toute l’herbe qu’elle avait fumée, sa présence lui était presque sympathique. C’était à peine si elle se souvenait de leur brouille mortelle qu’elle se sentait toute prête à pardonner. Se concentrant tant bien que mal sur ses questions beaucoup trop nombreuses pour son système au ralenti, elle grinça des dents en le voyant disparaître de l’encadrement de la porte pour ouvrir la fenêtre. «Il ne faut pas aérer pff.» marmonna-t-elle pour elle-même alors qu’il reparaissait. «À ton avis Tim ? Je joue de la cornemuse voyons !» dit-elle avant d’éclater de rire en agitant son coude tout en recrachant beaucoup de fumée pour mimer l’instrument. Elle en avalait tellement à la fois qu’elle se mit à tousser et posa sa main sur l’épaule de Tim pour reprendre de la consistance. «Raaaah je tousse, tu vois. Il faut fermer la fenêtre, sinon on tombe malade.» Plongeant son regard gris dans celui du jeune homme, elle parlait avec tout le sérieux du monde, incapable de différencier l’air vicié du reste. À sa question suivante, elle se tourna vivement vers Jake adossé à la paroi sur sa gauche avec des yeux outrés, arrondissant la bouche alors qu’elle tenait fermement son cône entre ses doigts. «Vous ne vous êtes jamais rencontrés ? Ce n’est pas très poli de ne pas se présenter quand des inconnus font irruption Jaaaaaake.» Elle interrompit là ses remontrances en secouant un doigt menaçant devant le nez de son grand copain invisible pour le commun des mortels, puis se retourna l’air désolée vers Timothy. «Tu n’as qu’à l’ignorer, ça lui fera les pieds. Je n’arrive pas à croire qu’il soit aussi mal élevé. J’en toucherais bien deux mots à sa mère... Mais je ne la connais pas !» éclata-t-elle à nouveau. Secouant ses cheveux dorés en se congratulant elle-même de cette excellente vanne, la mention de Harper lui fit hausser un sourcil inquisiteur. «Ne dis pas de mal de la petite. Elle a trouvé le sac. C’est une bonne petite.» Hochant cette fois la tête en pinçant ses lèvres au souvenir douloureux de la disparition des cinq cents dollars qu’on lui avait confiés, Timothy renchérissait et elle perdait encore le fil chaotique de ses pensées où défilaient des douceurs que la lycéenne lui apportait régulièrement sans raison apparente.

Le regard vide, elle fixa un instant le jeune homme redevenu muet puis écarta les jambes pour toucher le sol avec ses pieds avant de se laisser glisser pour se mettre debout. Elle ouvrit grand l’espace de ses bras et après une enjambée maladroite pour se sortir de sa position inconfortable, elle s’abattit droit sur le choriste pour le serrer de toutes ses forces dans une étreinte chaleureuse. «Ne sois pas triste, je suis là.» Pressant sa poitrine contre la sienne, elle lui donna deux petites tapes dans le dos avant de s’écarter un peu et de déposer un baiser bruyant sur sa joue avant de lui coller son joint dans la bouche. «Tu n’es plus tout seul. Je suis làààà. Et il y a Jake aussi, même s’il ne dit pas grand chose. Et puis Doris va revenir, tu vas voir.» Tapotant sa joue de la main désormais libérée de la marijuana, elle lui offrit son sourire le plus compatissant réservé aux parents d’élèves riches uniquement. «Aspire, maintenant, aspire, aspiiire. Retiens. Et souuuuffle.» ordonna-t-elle en se rasseyant sur la cuvette cette fois. «C’est triste le lycée la nuit. On s’ennuie, y a personne tout ça...» La jeune femme leva les yeux vers le visage du brun et papillonna de ses grands cils cherchant quoi lui dire pour combler le blanc. «C’est pas grave pour le chat tu sais. Il va revenir lui aussi.»
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MessageSujet: Re: 06. Madijuana   06. Madijuana EmptyDim 24 Fév - 16:06

Cette scène lui apparaissait comme un mauvais souvenir qui ne cessait jamais de le hanter. En dépit du temps Timothy ne pouvait pas exactement se targuer d'avoir énormément changé, mais il y avait des habitudes, des réflexes et même des sentiments dont il ne disposait plus. Voir Madeleine détenir entre ses doigts la véritable fontaine de jouvence faisait bouillir en lui l'envie impérieuse, bien que surprenante, de retomber en enfance avec elle. Bien entendu il n'avait jamais arrêté de s'exercer à ce petit jeu et il fallait même souligner qu'il n'avait même pas besoin de substances illicites courant dans son organisme pour agir comme les enfants qu'il était censé surveiller, mais il avait justement décidé tout récemment de changer de comportement. Au moins sur son lieu de travail, tempérait-il. Madeleine avait donc décidément toujours le mauvais rôle. Elle brisait à la fois les maigres espoirs de son futur et ranimait les déboires de son passé. La cigarette au départ - avant qu'il ne dérape dans la cour des grands - avait été une panacée et une amie lorsqu'il n'avait personne à qui se confier. C'était idiot, lui-même se rendait compte qu'après tout il avait peut-être fini par personnifier ces nébuleux ingrédients tassés dans du papier fumant comme elle le faisait avec à peu près tout. C'était ce qu'il en déduisait du moins, alors qu'elle s'adressait à ses amis imaginaires sans la moindre once de gêne. C'était tout le problème avec Madeleine : son manque de pudeur la poussait à agir sans faire preuve de discernement. Elle était une enfant de huit ans coincées dans un corps qui, il fallait quand même l'avouer, vieillissait. Tout ressentiment mis de côté, Tim se demandait quand même comment elle pouvait s'entendre aussi bien avec Anna, elle qui appréciait ce genre de discussions philosophiques qui vous faisaient passer pour un moins que rien. La fibre artistique très certainement. Il fallait être un peu perché pour comprendre et apprécier l'art. Tim ne l'était pas, de toute évidence. Mais il ne cherchait plus à comprendre ce qui pouvait lier Anna à ses proches, lui qui savait pertinemment que c'était la question que tout le monde se posait à propos de leur couple. Et autant dire qu'il s'en moquait bien.

Chaque bouffée de fumée ramenait donc Madeleine des années en arrière, un peu à la Benjamin Burton. Sauf que contrairement à lui, elle partait d'un âge pas très avancé, et à en juger par sa capacité à répondre complètement à côté de la plaque, elle avait à peu près 2 ans : elle comprenait certaines choses et parvenait à exprimer des pensées dont tout le monde se fichait. Timothy ne lui en tenait curieusement pas rigueur. Pourtant il n'avait pas à se faire bien voir d'Anna en ce moment, il n'y avait aucun nuage menaçant qui planait au dessus de la barque instable de leur couple, mais s'il pouvait pour une fois prendre un peu d'avance, pourquoi pas ? Il avait donc décidé de ne pas lui fermer la porte au nez - quelque chose lui disait que de toute façon Mad aurait eu la bonne idée de le suivre partout après ça - et s'adossa alors contre la paroi de la cabine, réfléchissant à la question qu'il devait poser pour que son interlocutrice daigne enfin éclaircir ses doutes. Mais non, enfant de 2 ans, elle baragouinait des propos incohérents qui avaient au moins le mérite de l'amuser elle. De la cornemuse, très drôle. Tomber malade, très drôle. Il devait faire au moins 20 degrés dehors à cette heure pourtant avancée de la soirée. Il se contenta d'acquiescer avec un dédain qu'il n'arrivait pas à masquer. Elle ne s'encombrait sûrement pas de ces détails de toute manière. Puis son expression se teinta d'une crainte toute nouvelle : c'était son côté "je m'occupe des autres" qui s'exprimait, alors qu'elle expliquait sa proximité avec Jake. C'était peut-être un défunt frère ou autre membre de sa famille. L'espace d'un instant Tim s'en voulut presque de l'avoir tant détestée alors que de toute évidence sa souffrance lui faisait voir les fantômes de ses proches. Malgré tout il ne savait pas comment réagir à cet aveu, aussi décida-t-il de l'écouter et d'ignorer ce petit interlude riche en révélations.

Les révélations continuèrent puisqu'elle renchérit sur une histoire de sac qui, contrairement au reste, l'intrigua véritablement. "Quel sac ?" demanda-t-il, sachant pourtant qu'elle changerait une fois de plus de sujet.
Aussi incroyable était-ce à croire, Tim avait vu venir l'embrassade de Madeleine comme une tornade sur sa voiture - il trouva l'image drôlement bien trouvée. Seulement il ne fit aucun mouvement brusque pour empêcher la collision d'arriver et l'accueillit avec une sympathie quand même mêlée d'une certaine aversion. Il détestait les accolades amicales. Triste, disait-elle ? C'était le pire prétexte qu'il n'avait jamais entendu pour qu'on puisse s'approcher de moins de quelques centimètres de lui. Le baiser fut quant à lui inattendu et un peu déplacé. Machinalement il passa sa main sur sa joue pour effacer les marques de ce geste inhabituel, avant qu'elle ne lui flanque le joint dans la bouche. Bien joué, pensait-il, il n'aurait pas à tergiverser sur la nature des liens qui l'unissaient à Doris comme ça. Il exécuta les conseils de Madeleine à mesure qu'elle les prodiguait, plus pour lui faire plaisir qu'autre chose, et recommença à plusieurs reprises. Il s'assit alors aux pieds des toilettes, les jambes pliées le long de la cabine, avant de rendre à Madeleine ce qui lui appartenait - ou pas, elle n'avait toujours pas répondu à sa question. "On a besoin de personne pour s'amuser au lycée la nuit." avoua-t-il en repensant à ses nombreuses escapades durant le lycée. Il laissa un silence planer après la dernière indication futile de Madeleine. C'était peut-être le moment de s'intéresser à elle. "Sérieusement Mad, qu'est-ce que tu fais là ? T'es quand même pas obligée de venir jusqu'ici pour fumer ton joint hebdomadaire, c'est même une idée complètement stupide qui pourrait te valoir un renvoi." dit-il sans pour autant paraitre la sermonner. Il fallait avouer que les couloirs du lycée seraient bien tristes sans sa folie pour les égayer. "Anna a décrété qu'on ne pouvait plus fumer à la Pension ? Parce que si c'est le cas je pose mon véto. Je pourrais lui faire du chantage, j'ai quelques idées sous le coude." Comme le fait que ce nouvel amendement compromettait encore davantage son possible emménagement chez elle. Il y pensait d'ailleurs de plus en plus depuis le départ de Lexie.
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MessageSujet: Re: 06. Madijuana   06. Madijuana EmptySam 2 Mar - 17:29

L’air qui passait par la fenêtre et dissolvait les volutes de fumée épaisse avait beau être doux, la peau encore laiteuse de Madeleine se couvrit de chair de poule alors que son regard se perdait dans le vide au-dessus de la tête de son interlocuteur qui s’essayait une fois de plus à l’interroger. Elle n’aurait pas pu se concentrer sur ce qu’il disait, l’eût-elle voulu. Son esprit embrouillé était aux prises avec des images psychédéliques aux couleurs inouïes, et malgré son état second elle se surprit à vouloir tenir sa caméra pour capturer le délicieux mélange des nuances qui semblaient suinter du néon pâlichon des toilettes. Comment voulez-vous vous concentrer sur une dette d’encore plus de trois cents dollars quand vous avez sous le nez un dragon digne du nouvel an chinois tout prêt à se jeter sur la gueule d’ange de votre collègue le plus ennuyant. Ainsworth junior avait bon goût. C’était la première fois qu’elle ressentait une telle synesthésie. Elle aurait pu jurer que les remarques cinglantes de Timothy peignaient les murs de rouge sang, et loin d’être effrayée, la surveillante était terriblement excitée. Ses pupilles dilatées, le souffle court, ses muscles étaient à la fois détendus et gorgés de sang, prêts à bondir au moindre signe de son cerveau. Son herbe était sûrement coupée à la poussière de lune ou au plutonium, et elle le regretterait amèrement le lendemain lorsque sa tête ressemblerait à une enclume et qu’il faudrait se battre avec la tyrannique Faithorn pour garder ses lunettes de soleil sur le nez. Mais en attendant, elle prenait son pied. Même en embrassant Ainsworth senior sur la joue. Ce n’était tout de même pas peu dire. Elle s’était reculée d’un pas et ne put retenir un pouffement de rire en le voyant essuyer sa joue sans vaincre tout à fait son rouge carmin qui avait la fâcheuse tendance à s’accrocher à la peau, son grand copain volage lui en serait témoin. Pauvre chaton... soupira-t-elle intérieurement. Même à travers son rideau de délire, elle savait que jamais, dans aucune dimension parallèle, ils ne s’entendraient. Il était sauvage, solitaire, toujours mal luné et cynique, et elle bien sûr était parfaite. Incompatibilité chronique et relations inévitables, voilà qui résumait bien leur cohabitation au lycée et à la pension. De toutes les créatures qui pouvaient hanter les couloirs de la grande bâtisse, c’était sans doute celui qu’elle redoutait le plus. Parce qu’il fallait serrer les dents et sourire à Anna. Une blonde à forte poitrine traversant l’entrée sur la pointe des pieds après avoir quitté la chambre de JJ ? Sujet de potinage autour d’un bol de café. Un bébé qui pleure au milieu de la nuit ? L’occasion de se faire offrir un croissant par la mère latino la plus sexy de Lima si les cernes étaient suffisamment convaincantes. Un gay survolté venu jeter toute votre garde de robe parce qu’il veut voir du neuf en ville ? Il y avait toujours moyen de se rouler sous sa couette avec les vêtements à valeur sentimentale et attendre que l’ouragan passe. Mais avec Tim, il fallait juste sourire poliment en faisant de son mieux pour ne pas lâcher de remarques désobligeantes, aucun fun. Qu’il reste donc seul au lycée plutôt que de venir dans le grenier si ça l’amusait tant.

Son ton n’avait rien d’agressif ou de moralisateur pour une fois, au contraire, il avait l’air plutôt satisfait de se trouver le joint au bec. Pourtant quelque chose ne tournait pas rond, et un regard furtif en direction de Jake ne la rassura pas. Il avait les sourcils crispés et la bouche tendue en une ligne, il semblait désapprouver le partage du précieux cône. La jeune femme prit donc le parti de l’ignorer un moment, elle récupèrerait son bien avant la fin. Appuyée contre le mur d’une main pour garder l’équilibre qui lui semblait tout à coup plus précaire maintenant qu’elle avait quitté son trône, elle dévisageait le surveillant qui s’acharnait à vouloir communiquer. Elle fronça le nez pour essayer de se concentrer sur la bouche du jeune homme et lire les mots qui en sortait. Hebdromadaire ? Remploi ? Ses lèvres se pincèrent d’un air embarrassé alors qu’elle n’était pas certaine de comprendre là où il voulait en venir. Déterminée à répondre malgré le possible contre sens sur ses paroles énigmatiques, elle se redressa sur ses chaussures vertigineuses pour se trouver à hauteur du jeune homme. «C’est pas de l’herbe à dromadaire que je fume pff. C’est celle de ton frère. Et personne n’a dit que j’allais revenir travailler là à la rentrée. Je finis mes études moi, ouais ouais, avec un beau diplôme.» Mimant le papier rectangulaire de son diplôme, elle montra le bout de sa langue à Tim avant de la rentrer malicieusement. Intriguée sur cette question de remploi — est-ce que c’était même un mot ? — sa gorge se serra en repensant aux choix qu’elle allait devoir faire après les vacances pour la suite de sa carrière. Elle secoua la tête d’un air à la fois désapprobateur et fier, en se concentrant davantage sur ce qui venait pour être certaine de tout comprendre cette fois. Ses yeux s’arrondirent de surprise lorsqu’il mentionna du chantage et elle poussa violemment son épaule. «Dis donc Ainsworth !» lâcha-t-elle tout à coup fâchée de son comportement à l’égard de sa meilleure amie. «Un, tu fais pas de chantage à Anna. Tu t’es cru à Beverly Hills ou quoi ? Et un, tu n’as pas de droit de veto dans le conseil de sécurité de la Pension.» Terminant sa phrase sur un ton sec malgré le peu de cohérence de ses propos, elle lui offrit ensuite son plus large sourire et bien vite ses épaules étaient à nouveau secouées de pouffements de rire. Le conseil de la Pension n’avait jamais existé, mais les locataires commençaient eux à se réduire de manière drastique, et ça n’avait rien de très plaisant. Et surtout rien que la présence de Timothy n’apaise. «Ce qui se passe chez moi ne te regarde pas.» conclut-elle en récupérant le joint sur lequel il continuait à tirer généreusement pour le reporter à ses lèvres et inspirer une nouvelle bouffée. «Tu veux quand même pas planter la tente ? Non parce que c’est très très occupé hein. Je suis sûre que Jake ne dirait pas non à son propre lit déjà, et puis Doris a toujours rêvé d’un bureau sur lequel mettre son propre bazar.» ajouta-t-elle en plissant les yeux, comme pour le mettre au défi de s’approcher trop près de son trousseau de clef. Mais un instant plus tard, elle était repartie ailleurs. Ses yeux bleus s’illuminèrent lorsqu’elle entendit un bruit dehors. «Doris ?» lança-t-elle à voix haute pour se faire entendre depuis l’extérieur. Sans réponse, elle écarta la tatoué du passage et se faufila à l’extérieur de la stalle pour s’élancer vers la porte et le couloir. «Doriiiiis ?» cria-t-elle cette fois en sortant des toilettes pour commencer à errer. «Où tu te caches ma grande ?» Titubant de quelques pas en manquant de se briser les chevilles sur dix centimètres, elle s’immobilisa tout à coup submergée par l’impuissance. «Tu as trouvé le chat ?» chevrota-t-elle d’une petite voix alors qu’elle sentait les larmes lui monter aux yeux, oubliant complètement Ainsworth et sa tente.
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Timothy Ainsworth
I don't give a damn 'bout my bad reputation
Age : 25 ans
Occupation : Prof de guitare à domicile, travaille dans un foyer de groupe, chanteur du groupe Against The Odds
Humeur : Sérieuse
Statut : Autre moitié fiancée d'Ainston
Etoiles : 4932

Piece of Me
Chanson préférée du moment : This is gospel - Panic! At The Disco
Glee club favori : Ne se prononce pas
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MessageSujet: Re: 06. Madijuana   06. Madijuana EmptyMar 12 Mar - 14:24

Les jambes recroquevillées contre la paroi, Tim ne savait plus ce qu'il faisait ici. Qu'était-il censé faire maintenant ? Surveiller Madeleine, son aînée d'au moins une décennie, comme si c'était la précieuse mission qu'il s'était vu confié ? Il ne savait plus. A cet instant il se contentait d'embrasser le moment présent comme s'il était le seul qui importait. L'expert en lui savait au moins une chose : c'était la drogue qui lui faisait complètement perdre les notions de sens et de responsabilités. Comme s'il avait déjà su ce qu'étaient les responsabilités de toute façon. Il se souvenait désormais à quel point ce cône magique était un allié de choix lorsqu'il était nécessaire de faire s'évaporer les désagréments de la vie. Une partie de lui criait qu'il n'en avait pas en ce moment, et c'était d'ailleurs curieusement vrai, mais le son de sa voix était dérisoire à côté de ce concert qui commençait à se jouer dans son esprit. C'était une sorte de vacarme assourdissant et pourtant si agréable, comme le brouhaha ambiant sur lequel on pouvait se concentrer allongé sur le sable chaud d'une plage en été. Lorsque Tim releva les yeux pour s'assurer de l'état de Madeleine, et que son regard croisa le sien - même s'il était affreusement vide - il la gratifia d'un vague signe de la tête, qui lui signifiait que le poids de leur ridicule mésentente venait de tomber de ses épaules.

Madeleine n'était pas une si mauvaise amie. Elle était juste impulsive et totalement irréfléchie, un peu comme il l'était lui-même. Sauf que contrairement à lui, elle se mêlait d'affaires qui ne la regardaient pas. Et pourtant, Tim en venait à se demander s'il n'aurait pas fait la même chose avec Samuel... S'il avait eu écho que... Non cet exemple ne fonctionnait pas et de toute façon Tim refusait qu'on puisse même penser une seule seconde à comparer sa relation avec Anna à n'importe quelle relation que son ami entretenait avec on ne sait qui. De toute évidence il n'avait pas inhalé assez de fumée encore pour concevoir que le geste de Mad était justifié. Il demeurait convaincu qu'elle aurait dû lui en parler à lui avant de sauter à des conclusions qui semblaient l'arranger. Elle n'était peut-être pas une bonne amie après tout, juste une amie... peu conventionnelle et aux méthodes maladroites. Tim ne pouvait plus lui en vouloir lorsqu'il la regardait se perdre dans un délire qu'il savait à peine fomenté par l'herbe. Elle délirait tout le temps. Aussi bien faisait-elle semblant d'avaler la fumée pour légitimer son comportement autrement préoccupant. Tim s'en fichait bien de toute manière, tout ce qui lui importait c'était à quel point cette herbe était bonne et qu'il se devait absolument de savoir qui était son fournisseur. "Quoi ?! L'en**lé !" s'exclama-t-il en se levant d'un bond. Il venait d'ailleurs de remarquer qu'il était assis sur le sol des toilettes... si ça c'était pas dégueu. Heureusement que Mad avait eu la décence de choisir les toilettes pour filles. Tout le monde savait que les filles allaient aux toilettes seulement pour se repoudrer le nez, le reste c'était seulement des mythes. "C'est pas mon frère d'ailleurs, mais on lui piquera toute sa came, tu peux me faire confiance."

Les évènements s'enchainaient à une vitesse vertigineuse quand on était perché. Comment faisait Mad pour vivre comme ça tous les jours ? Une chose était sûre ça méritait le respect. Mais voilà qu'après lui avoir tiré la langue de la façon la plus puérile qui soit - son diplôme de cinéma, autant dire qu'elle reviendrait l'an prochain - elle essayait vainement de le réprimander comme si ce rôle lui convenait. Tim réprimait un sourire à mesure qu'elle débitait ses inepties. C'était quoi le rapport avec Beverly Hills ? De son point de vue son avis comptait autant que le sien. Elle n'était qu'une réfugiée et lui il avait choisi de ne pas subir la cohabitation avec tous les cas sociaux de Lima. Anna était trop généreuse, elle ferait mieux de renommer la Pension et d'acheter un studio en ville. Qui voudrait s'infliger de son plein gré une promiscuité avec une schizophrène cougar, un cliché latino condamné aux abysses et un manouche qui se faisait passer pour son cousin ? Pas lui en tout cas. "File-moi ça." dit-il en lui arrachant le cône des doigts. C'était l'herbe de son cousin - oui quand ça l'arrangeait il acceptait ce lien familial - alors c'était la sienne. Il inspira longuement trois fois de suite avant de lui rendre son bien. "Les fantômes ne dorment pas dans des lits Mad. Est-ce que ça dort un fantôme déjà ? Et je plante ma tente si je veux. Dans le jardin, dans le salon, en plein milieu de ta chambre." affirma-t-il en opinant inlassablement du chef. Ce serait marrant de camper dans sa chambre quand même.

Des fois Madeleine Wild faisait vraiment peur. Elle était comme un jouet réglé pour débiter cinq phrases différentes : des fois, par chance, elle parvenait à réagir de la bonne façon et d'autres fois ses réactions étaient complètement à côté de la plaque. Ce fut le cas lorsqu'elle le poussa en toute impunité pour retrouver sa tendre Doris. "Attends, Mad !" Comment lui dire que Doris était morte ? Tim savait bien qu'il n'aurait jamais fait un bon médecin. Confier des atrocités édulcorées c'était pas son genre, il était plutôt de celui qui ne prenait pas de gant - pour ça qu'il aurait fait un piètre médecin déjà, entre autres. Mais l'herbe le rendait incroyablement empathique et attentif, aussi décida-t-il de ne pas lui avouer cash que sa sœur était enterrée dans son jardin ou Dieu savait où. Il se précipita vers la sortie pour rattraper la folle en détresse, empoigna le poubelle située à l'angle et, apercevant la silhouette de Mad qui se découpait au loin, la balança en sa direction dans un vacarme qui avertirait sans doute plus que les morts. "Reviiiens, elle est là !" mentit-il en pointant le casier d'en face. Ou peut-être ne mentait-il pas ? Il lui semblait voir quelque chose se mouvoir, comme lorsque la chaleur était étouffante au dessus du bitume. "Doris ?"
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MessageSujet: Re: 06. Madijuana   06. Madijuana EmptyVen 5 Avr - 22:02

Fronçant le nez alors que Timothy lui reprenait la drogue des mains, ses lèvres pressées l’une contre l’autre dans une moue boudeuse, la surveillante ne tint sa langue que parce que c’était plus facile que d’articuler une phrase cohérente. Si elle en avait douté auparavant, cette fois elle avait définitivement atteint le point de non retour où même une douche froide ne l’aiderait pas à reprendre ses esprits. Jake avait aussi vrai que Tim à ses pieds, ou Tim aussi vague que Jake, elle aurait été incapable de le dire. Mais sa bouche forma un O parfait tandis que ses sourcils blonds essayaient de se fondre avec ses mèches désordonnées sous le coup de l’indignation alors que l’idiot qui servait d’amant à Anna accusait son meilleur ami fantasmé d’être un fantôme. Pour qui la prenait-il ? Jennifer Love Hewitt et sa voix doucereuse à la poursuite de tous les morts avec des problèmes de conscience ? Plutôt mourir. Là non, très peu pour elle. Elle avait assez de sa propre conscience à gérer. C’était même le rôle de Jake, Doris, Meadow et tous les autres. Ils l’aidaient à prendre en charge le quotidien quand celui-ci devenait trop pénible ou qu’on lui imposait trop de responsabilités. Ils avaient été la solution à la pression constante de maman-cum-dictateur tyrannique Wild et elle ne s’était jamais tout à fait débarrassée de cette habitude. Non seulement ils étaient vivants, mais ils ne vieillissait que si elle en avait besoin. Amis pour la vie. Et certainement les seuls à obtenir l’autorisation de camper dans sa chambre. Le regard azur de la jeune femme dévisagea le visage souriant sous son nez avec suffisamment d’intensité pour tenter d’y enfoncer un poignard ou deux par la pensée. Non pas que Tim y ait prêté la moindre attention. Il semblait avoir entré une autre dimension de paix et d’amour où elle n’avait de toute évidence aucun pouvoir sur lui. Le culot de ce gamin la sciait. Une vague liaison avec la propriétaire de la maison et il s’imaginait déjà maître des lieux. Ses pieds retrouveraient bien vite le sol, en compagnie de son charmant postérieur, quand Santana en aurait fini avec lui. Il faudrait lui passer sur le corps pour emménager dans la Pension. Elle était prête à sortir l’artillerie lourde du chantage affectif et des coups bas pour éviter un tel cataclysme. Deux Ainsworth sous un même toit allié dans le but de faire fondre ses nerfs c’était la promesse d’une mort lente et douloureuse. Son esprit se laissait aller à imaginer comment l’étouffer à l’intérieur de sa tente sans se faire prendre ou à une crucifixion où les saints clous seraient remplacés par des sardines de camping lorsqu’elle reprit contact avec ce qu’elle crut être le monde réel. Un bruit. Une porte qui claque ? Un casier ? Le charriot du concierge ? Elle s’élança hors des toilettes et une seconde plus tard le bruit de ses talons aiguilles remplaçaient le fantasme sonore de ce qu’elle avait imaginé être Doris.

Pas une seconde elle ne s’inquiéta de savoir si suivre la trace de l’auteur de ce son pourrait lui apporter des ennuis. Elle était intouchable, tout puissante. Était-ce le fait d’avoir imaginé planter des sardines dans les mains ouvertes d’Ainsworth qui l’avait rendue si courageuse ? Plus vraisemblablement, elle entrait dans une nouvelle phase de son assimilation de la meilleure marijuana qui lui ait été donné de fumer depuis longtemps. Tout ce qu’elle sentait c’était du courage liquide couleur dans ses veines alors qu’elle s’élançait à la poursuite de son amie imaginaire. Mais une fois dans le couloir, le vide total la laissa titubante et fragile. Elle s’éloigna des toilettes dans l’espoir de voir la grande brune élancée qui avait disparu depuis que Timothy était venu l’importuner. Doris était beaucoup trop timide. Avait-elle remarqué la présence du surveillant dans le lycée ? Est-ce qu’elle s’était éclipsée à cause de lui ? Qu’un chat ait peur de ce grand abruti, soit. Mais une femme adulte sortie de son imagination, ça non. Sans aller jusqu’à ce montrer aussi méprisant que Jake, elle aurait pu essayer de faire connaissance. Quand il n’essayait pas de l’insulter ou de dormir dans un tente à l’intérieur de la Pension, il pouvait être sympathique ce rockeur en carton. Soudain prise à la gorge par la solitude, Madeleine sentit les larmes lui monter aux yeux lorsqu’un bruit de fracas la fit presque sortir de sa peau. Son cœur s’emballa et elle vrilla sur elle-même aussi vite que ses talons et son corps engourdi par l’herbe le lui permettaient. Découvrant Ainsworth au loin devant les toilettes puis la poubelle qui roulait jusqu’à elle sur le flanc, elle s’apprêtait à l’insulter de tous les noms les plus colorés qu’elle connaisse lorsqu’il se planta devant un casier pour appeler Doris. «Doris ?» répéta la blonde incrédule et toujours choquée alors que le conteneur venait de terminer sa course contre le bout de ses chaussures. «Elle est dans le casier ?» demanda-t-elle ensuite paniquée à l’idée qu’elle ait essayé d’imiter Saskia, son amie imaginaire contorsionniste russe. Elle n’était pas du tout prête pour ce genre de pirouette, elle allait se froisser un muscle ou quelque chose du genre. Et aux dernières nouvelles, elle n’avait pas de carte de sécurité sociale et les médecins ne la voyaient pas, le traitement s’annonçait donc des plus difficiles. Contournant la poubelle vide, elle revint sur ses pas à toute allure puis sans attendre son reste poussa Timothy hors du passage avant de dégainer son pied de biche toujours accroché à sa ceinture. «Doris tu es là dedans ? Tu m’entends ?» Ces casiers étaient encore plus petits que dans son souvenir, il n’y avait aucune chance pour qu’elle ait réussi à s’y glisser. Son regard perçant se retourna contre Tim désormais à terre et elle pointa son outil sous son nez. «Tu me fais marcher ? Tu trouves ça drôle ? Quelqu’un a peut-être disparu, elle a peut-être été kidnappée par un psychopathe dans les couloirs et toi tu me lances des poubelles ?» Cette fois-ci, les larmes roulèrent le long de ses joues et elle se laissa tomber à genoux devant la rangée de casiers. «Et le petit chat n’est pas revenuuuu...» couina-t-elle entre deux sanglots en lâchant le pied de biche pour ramener ses jambes fuselées contre sa poitrine et se rouler en boule. «Jaaaake...» continua-t-elle à pleurer pour convoquer son autre ami imaginaire resté en arrière pour qu’il lui apporte le soutien dont visiblement Ainsworth était incapable.
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