Choriste du mois


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 02. Brother and Sister unite.

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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
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MessageSujet: 02. Brother and Sister unite.   Mer 7 Aoû - 18:38



Confinée dans l’espace restreint que lui offrait le cabinet de toilettes dans lequel elle s’était cachée, le regard vissé sur son téléphone portable, Charlie cliqua enfin sur le profil Facebook de son petit frère, mettant fin à une bonne dizaine de minutes d’hésitation. Après tout, avait-elle vraiment le choix ? Elle n’avait pas son numéro de téléphone, et bien que l’idée d’aller faire un tour à McKinley pour l’attendre à la sortie des cours ne fût pas si déplaisante à ses yeux –cela lui permettrait sans doute de l’épier en douce sans trop en avoir l’air-, elle avait malheureusement d’autres préoccupations à l’heure actuelle ; la nouvelle tournée de café pour ses collègues qui l’attendait, pour commencer, mais aussi la tonne de photocopies qu’elle devait faire pour le patron ainsi que la réorganisation complète de la salle des archives, qui lui prendrait probablement toute l’après-midi sinon plus. Autrement dit, si elle voulait agir, c’était maintenant. Poussant un soupir tout en priant pour que ses collègues ne viennent pas la trouver là, elle jeta un coup d’œil à la photo de profil d’Henry avant d’appuyer sur le bouton « Messages ».

Tout avait commencé quand sa mère avait débarqué à l’improviste chez elle, fin août, pour lui annoncer qu’elle venait s’installer à Lima. Au début, Charlie avait pensé qu’il s’agissait d’une plaisanterie et avait tout simplement éclaté de rire en conséquence. Vraiment, sa mère à Lima ? Elle qui était habituée depuis sa plus tendre enfance au soleil Californien et qui ne jurait que par Arnold Schwarzenegger ? Et c’était sans compter bien sûr son vaste cercle d’amis à San Diego, le club de lecture qu’elle présidait ainsi que tous les souvenirs qu’elle avait accumulés là-bas. Pourtant, la moue sérieuse que Paige Brown avait alors affichée devant elle l’avait finalement convaincue que tout ceci n’était guère une plaisanterie. Plus tard, installée entre les cartons de déménagement entassés dans le salon, elle lui avait confié ses derniers déboires sentimentaux en date. Apparemment, son ex-petit ami avait rompu leurs fiançailles et elle ne s’en était jamais tout à fait remise. Elle avait également déclaré en avoir assez de cette distance qui les avait séparées pendant quatre ans, et lorsqu’Henry lui avait proposé de prendre un tout nouveau départ en Ohio pour se rapprocher de Charlie, elle avait aussitôt sauté sur l’occasion. Depuis, elle avait entrepris de vendre la petite villa de San Diego dont elle était propriétaire et épluchait en parallèle les annonces immobilières afin de trouver la perle rare à Lima pour son fils et elle.

Au début, Charlie avait eu beaucoup de mal à digérer la nouvelle. Non pas que le fait de revoir sa mère lui était difficile ; au contraire, elle était heureuse que sa famille se rapproche d’elle. Elle n’avait eu que très peu de contacts avec celle-ci pendant quatre ans, et avait à peine vu son petit-frère grandir entre-temps. Lorsqu’elle avait quitté San Diego après le lycée, ce dernier avait alors douze ans et entamait tout juste l’adolescence. Et malgré ses efforts pour rester en contact avec lui, la distance les avait indubitablement séparés, si bien qu’au fil des années les mails et coups de téléphone s’étaient naturellement faits plus rares. Non, savoir sa famille plus proche d’elle n’était pas un problème ; ce qui l’effrayait vraiment était de ne pas savoir comment s’en accommoder. Elle avait été indépendante pendant des années, n’avait jamais compté que sur elle-même pour se débrouiller. Elle avait agi sans devoir demander l’avis de sa mère à chaque fois qu’une décision s’imposait, et avait peur que cette dernière ne décide de prendre tout à coup trop de place dans sa vie, en désirant plus ou moins la régir. Sa mère avait beau être douce et altruiste, elle n’en demeurait pas moins encombrante par moments. Les problèmes rencontrés par Charlie à l’adolescence avaient sûrement forcé ce trait de caractère chez elle, pourtant elle devait bien comprendre que ces derniers étaient désormais bien loin derrière elle ; la vie universitaire lui avait ouvert les yeux sur les priorités de la vie et depuis quelques mois, elle filait même le parfait amour avec Wyatt. En définitif, sa mère n’avait pas à s’inquiéter ni à s’impliquer plus que de raison. Or, depuis qu’elle s’était installée pour de bon à Lima, c’était précisément ce qu’elle faisait. A son grand désarroi.

En revanche, s’il y en avait bien un qui se montrait absent depuis son arrivée, c’était bien Henry. En un mois de temps, Charlie ne l’avait vu qu’à deux ou trois reprises, lorsque sa mère l’avait invitée à diner et qu’il n’avait pas pu se défiler. Lors de ces occasions, elle l’avait trouvé plutôt distant pour quelqu’un qui avait soi-disant « hâte de retrouver sa sœur ainée » quelques mois plus tôt. S’il n’était pas froid et ne refusait jamais de discuter avec elle, il y avait néanmoins quelque chose chez lui qui avait fini par attiser la curiosité de Charlie, sans qu’elle ne sache vraiment mettre le doigt dessus. Comme si son frère avait lui aussi quelques secrets qu’il n’était pas prêt à dévoiler, ou qu’il souhaitait rester un étranger pour elle. Une situation qui avait beaucoup fait réfléchir Charlie, qui avait finalement décidé de prendre le taureau par les cornes en organisant un diner « exclusivement fraternel », en espérant qu’il soit plus bavard en l’absence de leur mère. Voilà pourquoi elle se cachait derrière la porte des toilettes, son téléphone portable en main : elle voulait lui tirer les vers du nez et ferait tout pour obtenir les informations qui lui manquaient.

Perdue dans ses pensées et cherchant une façon de formuler correctement sa requête auprès d’Henry, Charlie sursauta quand elle entendit la porte de la pièce s’ouvrir. « C’est quand tu veux pour le café, Watson-Brown ! » Hurla l’un de ses charmants collègues qui avait sans doute fini par la trouver. Cachée derrière la porte du cabinet dans lequel elle s’était réfugiée, Charlie secoua la tête, indignée qu’on vienne la chercher jusque dans les toilettes pour du café. « Deux secondes, tu veux bien ? J’ai une petite affaire à terminer. Et puis, je te rappelle que ce sont les toilettes des filles ! ». Elle faillit ajouter un « sale pervers ! » mais se retint : si elle commençait à insulter ses collègues elle ne pourrait plus jamais s’arrêter et serait renvoyée avant la fin de la journée. Heureusement pour elle il finit par la laisser tranquille, non sans avoir poussé un grognement distinct avant de quitter les toilettes. Enfin seule, Charlie se pencha à nouveau sur son téléphone portable et tapota sur le clavier les premiers mots qui lui vinrent à l’esprit, sachant que le temps lui était désormais compté. «  Salut Henry ! Que dis-tu d’un bon diner entre frère et sœur ? Je pense qu’on a du temps à rattraper. Si tu es d’accord, rendez-vous au Rock’n’Diner ce soir, pour 19h. Je t’invite. Charlie ».

*
Plusieurs heures plus tard, la jeune Watson-Brown se garait tranquillement devant le Rock’n’Diner, prête à affronter son petit frère et à lui poser toutes les questions qui se bousculaient dans son esprit depuis qu’elle l’avait revu, un mois plus tôt. Elle savait que la tâche ne serait pas forcément aisée : son frère était aussi discret qu’elle lorsqu’il s’agissait de sa vie privée. Mais ça valait néanmoins la peine d’essayer. Claquant la portière de la voiture derrière elle, elle verrouilla cette dernière et se dirigea avec résolution vers le restaurant. A l’entrée, elle balaya la salle du regard à la recherche de son frère et constatant qu’il n’était pas encore arrivé, elle se contenta de suivre une serveuse et de s’installer sur la banquette confortable d’une table libre. Elle ne dut attendre que quelques minutes supplémentaires avant de voir le joli minois de son frère franchir la porte du restaurant. Les traits détendus, l’air parfaitement à l’aise, il s’avança vers elle après avoir croisé son regard. Le sourire aux lèvres, elle le laissa s’installer face à elle avant de prendre la parole. «  Contente que tu sois venu » Fit-elle en guise de bonjour. Posant son coude sur la table, elle le détailla un moment, toujours aussi frappée par la ressemblance qui existait entre leur père et lui. Au plus il grandissait, au plus celle-ci était flagrante si bien qu’à chaque fois que Charlie le voyait, elle avait le sentiment d’être assaillie par les souvenirs de son enfance. Fronçant les sourcils, elle tenta d’oublier la boule qui lui nouait déjà l’estomac et se reconcentra sur la conversation. « J’espère que tu n’avais pas de projets pour ce soir, auquel cas je suis désolée de ne pas t’avoir prévenu plus tôt ». Souriant de plus belle, comme pour le mettre en confiance et ainsi préparer le terrain, elle désigna du menton le menu qui lui faisait face. «  Cela dit, tu ne le regretteras pas. J’ai entendu dire que ce restau servait des burgers incroyablement bons ». Autant ne pas entrer dans le vif du sujet directement, et prendre le temps de l’aborder en douceur. Car, qu’il le veuille ou non, Henry allait bel et bien être soumis à un interrogatoire dans les plus brefs délais.
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MessageSujet: Re: 02. Brother and Sister unite.   Sam 10 Aoû - 16:43

Henry était véritablement l'enfant parfait. Quelle mère pouvait se vanter que son fils, tellement prévenant envers elle, accepterait de sacrifier son après-midi dans le seul but de lui rendre un service ? Pas beaucoup, pensait Henry. Mais peu d'entre elles se vantaient également d'entrevoir derrière ces marques d'attention répétées un profond intérêt personnel. Le jeune homme se gardait bien de le dire parce que tout le monde y gagnait dans l'histoire, mais la perspective de tâter le terrain du club de lecture du country club l'enchantait bien plus qu'un match de football avec ses crétins de coéquipiers. Le dos bien droit sur sa chaise, il feignait alors prendre des notes tout en jetant des coups d'œil insistants à une femme assise au premier rang. De temps à autre il toisait d'un œil mauvais le seul homme du club, perdu à sa gauche, pestant contre le fait de ne pas être le seul être avisé à voir derrière ces réunions littéraires un moyen de draguer subtilement. Pas de quoi s'affoler de toute manière, contrairement à Henry cet homme était vieux et bedonnant. Cette réalité lui fit esquisser un sourire narquois qu'il camoufla rapidement en se concentrant de nouveau sur le carnet posé sur ses genoux. Il devait quand même réfléchir au compte-rendu qu'il ferait à sa mère en rentrant, au risque de dévoiler ses petites manigances malhonnêtes. Il lui raconterait probablement un mensonge comme quoi la chaleur avait découragé la moitié des membres et qu'il n'avait pu se faire une opinion intégrale de la valeur de ce club. Cela lui vaudrait sans doute de repartir en éclaireur la semaine suivante et cette fois-ci il n'aurait le droit à l'erreur. Il ne voulait pas non plus priver sa mère de cette distraction qui lui rappelait avec nostalgie la portée de sa réputation à San Diego. A Lima elle ne serait plus la présidente du club mais quelque chose lui disait que ce n'était qu'une question de temps. Au final la californienne et son fils avaient fini par s'accommoder de leur vie en Ohio tant ils s'échinaient à la calquer sur l'ancienne. C'était tout le contraire de leur objectif initial, mais en ce qui concernait Henry son objectif n'avait jamais été noble.

Le seul regret qu'il pouvait bien avoir c'était qu'à la place de la mer scintillante il ne voyait qu'une rue bordée d'arbres par la fenêtre. Pas de promenades sur la plage après - ou pendant - les cours, il devait se contenter de l'humidité des douches et de l'essence de sueur qui embaumait les vestiaires. Fort heureusement les femmes au foyer le plus aisées de Lima appréciaient elles aussi lézarder dans leur jardin, tandis qu'il faisait des repérages depuis sa chambre. Au lycée rien n'avait changé, les adolescents de l'Ohio n'avaient rien à envier à ceux de San Diego, si ce n'était leur bronzage étudié et leurs feux de joie prohibés sur la plage. Henry pouvait sans doute affirmer qu'il s'était forgé la même réputation que celle qui le précédait. Dès son arrivée il avait attiré les regards de convoitise des filles et la jalousie des autres. Quand on jouissait d'un charme naturel forcément l'intégration était facile. En ça les films pour adolescents ne mentaient pas. En revanche un nouveau aux traits disgracieux réussissait rarement à sortir avec la fille populaire. Ça c'était un ramassis de conneries. Il demeurait tout aussi insignifiant et finissait par pousser la chansonnette au glee club. En parlant de glee club, Henry pourrait bien finir par s'y intéresser de plus près...

Le vibreur de son téléphone le tira de ses rêveries. Il attendit que celui qui avait sans doute inspiré le personnage d'Homer Simpson - l'américain de base, en somme - comprenne que son agacement apparent ne l'impressionnait pas le moins du monde pour se décider à l'empoigner. Charlie. Voir ce nom suffit à l'intriguer, tandis que la femme du premier rang continuait la lecture. Le contenu du message lui arracha une expression de scepticisme. Bizarre. Très bizarre, pensait-il en fronçant les sourcils avec gravité. Elle l'avait pourtant eu à "je t'invite". Après tout c'était elle qui pouvait profiter d'un salaire, malgré l'ingratitude de son poste. C'était le sujet de tous les repas avec leur mère. C'est de l'esclavage, tu vaux mieux que ça blablabla. Et en dessert du Wyatt, c'était systématique. Henry ne l'avait même pas rencontré qu'il en faisait déjà une indigestion. Pourtant elle avait raison et cette fois il n'était pas question de se défiler, au risque de briser sa couverture de petit frère impatient de retrouver sa sœur chérie. Quoiqu'il avait déjà grandement mis en doute l'intégrité de ce prétexte en ne croisant sa sœur qu'à quelques reprises, toujours sous l'injonction maternelle.

A peine 19h, Henry parvint au Diner. Il avait fait son débriefing à sa mère en lui promettant de boucler son travail d'expérimentation la semaine prochaine et avait réussi à noyer le poisson en évoquant l'invitation de sa sœur. Elle n'avait même pas semblé contrariée par le fait d'être mise de côté par sa propre famille ce soir là. Quelques minutes plus tard Henry dépassait la porte grande ouverte du restaurant, à l'affut de Charlie. Rapidement il la repéra avant que la serveuse ne puisse même le renseigner. Il prit ses aises facilement, le bras posé le long du dossier en cuir rouge du banc et gratifia Charlie d'un sourire sincère en guise de salutations. "Je t'en prie, la famille avant tout !" répondit-il avec un enthousiasme parfaitement feint. Il aurait sans doute prétexté avoir oublié son portable à la maison si jamais il avait eu des choses plus intéressantes à faire. C'était horrible à dire mais il avait des priorités dans la vie ! "Ah ouais, meilleurs que le burger lasagnes de Philadelphie ?" Autant évoquer d'agréables souvenirs maintenant qu'ils étaient là.
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MessageSujet: Re: 02. Brother and Sister unite.   Mar 13 Aoû - 16:38

Sans qu’il ne le sache encore, l’interrogatoire avait déjà commencé. Le regard planté dans celui d’Henry, Charlie passait au peigne fin ses réactions, certaine qu’elle y décèlerait quelques réponses. Au premier abord, son frangin semblait parfaitement à l’aise face à elle. Le bras tendu sur le dossier de la banquette rouge, ses traits étaient détendus et son sourire, franc. Il donnait l’impression de ne pas lui en vouloir de l’avoir prévenu tardivement et, mieux encore, semblait sincère lorsqu’il lui affirmait que la famille primait. Pourtant, Charlie ne pouvait s’empêcher d’être suspicieuse, comme si l’attitude de son frère cachait bien des secrets. Après tout, s’il était aussi doué qu’elle pour le mensonge, elle avait du souci à se faire. Et si elle ne le connaissait pas encore suffisamment pour certifier qu’il jouait un jeu avec elle, elle était bien décidée à crever l’abcès et obtenir les réponses tant attendues. Qui se cachait derrière cette façade parfaitement entretenue ? Comment avait-il évolué au cours de ces dernières années ? Selon les dires de sa mère, Henry s’était métamorphosé en un adolescent mâture et prudent, qui avait le sens des responsabilités. Toujours selon ces mêmes sources, Charlie avait cru comprendre qu’à San Diego, il vivait une vie normale : il avait sa bande de potes, une place de choix au sein de l’équipe de football de son lycée ainsi qu'une bonne réputation. Et s’il n’avait jamais présenté la moindre petite amie à sa mère, cette dernière ne cessait d’affirmer que son garçon était doté d’un charme qui ne laissait guère les filles indifférentes. Sur ce point, Charlie voulait bien la croire : il n’y avait qu’à l’observer un minimum pour se rendre compte que du haut de ses seize ans, Henry avait déjà développé un certain pouvoir de séduction. Avec son corps athlétique, ses beaux yeux clairs et son sourire faussement innocent, elle était certaine qu’il ne comptait plus les cœurs qu’il brisait. En revanche, s’il y avait une chose qu’elle remettait en doute, c’était bien la sincérité de sa mère lorsqu’elle lui affirmait qu’il avait tout d’un adolescent lambda, qui ne faisait pas de vagues. A en croire Paige Brown, Henry était le gentil fils à sa maman qui exécutait le moindre de ses souhaits, travaillait bien à l’école, et ne faisait pas parler de lui. Quel adolescent agissait de la sorte ? Il ne fallait pas se voiler la face : aucun, et si Henry s’évertuait à faire croire à leur mère  qu’il était blanc comme neige, Charlie n’y croyait pas. Son frère avait forcément ses défauts, comme tout le monde, et elle avait décidé qu’elle ne se laisserait pas amadouer par son joli minois. Après tout, ne voulait-elle pas devenir journaliste ? Si elle ne parvenait même pas à percer son frère à jour, elle pouvait tout de suite faire une croix sur cette carrière-là. Heureusement pour elle, ce n’était pas une option.

Esquissant un sourire lorsque son frère évoqua le burger-lasagne de Philadelphie, elle se rappela que de nombreux souvenirs les unissaient, ce qu’elle avait tendance à oublier à cause de tout ce temps qu’ils avaient passés séparés. Cela ne faisait que quatre ans qu’elle avait quitté la Californie, et elle avait l’impression que cela en faisait au moins dix. « Pas sûr. Mais ça vaut quand même la peine de tester, non ? ». Attrapant la carte placée au milieu de la table, elle l’ouvrit en son milieu et étudia le menu que proposait le restaurant. Des burgers, des burgers, et oh ! Encore des burgers ! Heureusement que Charlie avait une passion pour la malbouffe, ce dont elle n’essayait même plus de se cacher. Il était d’ailleurs étonnant qu’elle n’ait encore jamais mis les pieds dans cet endroit. En salivant presque d’avance en voyant les illustrations qui accompagnaient la présentation des différents burgers sur la carte, elle finit par jeter son dévolu sur un double burger « montagnard », dont la photo avait retenu son attention. Refermant la carte tout en espérant que le fromage serait aussi bon qu’il ne l’était en France, ce dont elle doutait malgré tout –question restauration, les Européens n’avaient vraiment rien à envier à l’Amérique- elle leva les yeux vers son frère et fit claquer ses ongles contre la table un instant, avant de se rendre compte que ce geste trahissait l’anxiété qui la gagnait peu à peu. Tout était une question d’entrée en matière ; une fois qu’elle serait lancée, elle était à peu près certaine qu’elle aurait du mal à s’arrêter. Son regard scrutant le visage serein de son petit frère, elle tenta à nouveau de sonder ses grands yeux verts. En vain. Se mordillant discrètement l’intérieur de la joue, elle finit par rompre le silence qui commençait à se faire long. « Alors, tu te plais à Lima ? » Fit-elle en toute innocence. Posant ses deux mains sur ses cuisses, elle désigna la fenêtre à sa gauche d’un léger mouvement de la tête. « J’imagine que McKinley doit te changer de ton école à San Diego. J’ai pas mal d’amis qui y étaient avant, apparemment ce lycée est un vrai cliché américain. Genre, les footeux d’un côté, les cheerleaders à leurs pieds, et tous les geeks partagés entre le club d’échec et le glee-club ». Le regard de Charlie glissa sur la veste de son frangin, à l’effigie des Titans de WMHS. « Visiblement tu ne t’en es pas trop mal sorti » Commenta-t-elle, retrouvant le regard clair et familier d’Henry.

S’il ne laissait rien paraitre, Charlie savait qu’elle commençait doucement mais sûrement à aborder le sujet qui lui tenait à cœur. Parler de McKinley n’était qu’une façon pour elle de mettre en relief les différences existant entre l’Ohio et la Californie. Et elle avait beau aimer son État d’adoption, il était évident que la vie en Californie était beaucoup plus divertissante que celle que l’on pouvait avoir en Ohio, surtout en habitant une ville telle que San Diego. En y réfléchissant bien, Lima et San Diego étaient diamétralement opposés. La première était la petite ville charmante par excellence, qui ne comptait pas suffisamment d’habitants pour être reléguée au rang de « grande ville américaine », mais qui en avait trop pour être comparée à un petit village. Avec son cinéma, son centre commercial et ses quelques restaurants plantés aux quatre coins de la ville, on ne manquait de rien, et la compétition entre les quatre chorales de la ville était suffisante pour amener un peu d’animation et faire parler d’elle. Cependant, vivre à Lima n’avait rien de bien trépidant, au contraire d’une vie à San Diego. En plus de bénéficier d’une météo agréable sept jours sur sept, la ville proposait tout un tas d’activités propres à son style californien. L’on y comptait également plusieurs écoles et lycées, et pas moins de trois grandes universités. Et c’était sans parler de l’importante activité touristique qui faisait tourner la ville : là-bas, il était courant de rencontrer des étrangers, au contraire de Lima où les rares touristes n’étaient là que pour faire une escale avant de repartir vers Columbus. En bref, le mode de vie de ces deux villes n’était pas comparable, et Charlie avait du mal à croire que son frère soit venu ici de son plein gré, tout en sachant ce qu’il perdait au change. Et son argumentation consistant à faire croire à leur mère qu’il était venu pour se rapprocher de sa sœur ne fonctionnait pas non plus. « Ça n’a pas été trop difficile de quitter San Diego ? » Demanda-t-elle, consciente qu’elle mettait enfin les pieds dans le plat. « Tu étais le quaterback de l’équipe de football là-bas, c’est ça ? Un poste de prestige » Souligna-t-elle, un sourcil subtilement arqué. « Et qui aurait pu te permettre d’accéder à de nombreuses bourses universitaires. Alors qu’un poste dans l’équipe des Titans de McKinley… disons que les recruteurs des grandes universités se déplaceront moins facilement ici pour venir apprécier ton jeu » Observa-t-elle, la moue interrogatrice. « Du coup, je me demande ce qui t’a vraiment motivé à venir ici. En dehors de ton grand esprit chevaleresque qui t’a poussé à vouloir éloigner maman de son ex-futur-époux, je veux dire » S’empressa-t-elle d’ajouter, avant d’esquisser un nouveau sourire. Et un point. Un point pour Charlie.
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MessageSujet: Re: 02. Brother and Sister unite.   Dim 6 Oct - 1:01

Henry avait beau jouer la carte de la famille unie, il était bien conscient que leur cas était à la limite du désespéré. Il n'avait jamais connu son père, sa sœur les avait abandonnés lui et sa mère à la première occasion, pas étonnant qu'il avait développé ce sentiment un peu trop exacerbé de possessivité envers la seule famille qu'il lui restait. Si jamais il lui arrivait par malheur de décevoir sa mère, il n'aurait plus qu'à compter sur sa propre personne et cette pensée le faisait frissonner. Et malgré cette assurance qu'il dégageait dans la moindre de ses expressions, il redoutait presque la confrontation avec Charlie. Selon son prétexte il aurait dû se réjouir d'un tel moment de partage rien qu'à eux, mais il avait foncièrement peur que le fossé qui les séparait ne soit infranchissable et ne les condamnent à demeurer de simples étrangers l'un pour l'autre. Ne pas savoir ce qu'en pensait Charlie de son côté n'arrangeait pas les choses, parce qu'il la soupçonnait d'avoir organisé ce rendez-vous pour des raisons aussi malhonnêtes que lui avait accepté. C'était évident, auquel cas elle n'aurait pas attendu des mois avant de lui proposer ce tête-à-tête auquel il avait fait semblant de rêver durant ces derniers temps. Pourtant il ne laissait rien transparaitre et au contraire parvenait à dégager une sérénité à la limite de l'affront tant elle paraissait naturelle. Il fixait sa sœur sans grande difficulté, le regard parfois attiré par les nombreux passages qui s'effectuaient ou par une conversation qui faisait un peu trop aisément son chemin jusqu'à ses oreilles pour être personnelle. Il se demandait sans arrêt ce que pouvait bien penser Charlie de son côté. Trouvait-elle son regard troublant de ressemblance avec celui de son père ? Pensait-elle à la soirée qu'elle avait sacrifiée pour se retrouver avec lui ce soir ? Dans tous les cas sa démarche n'était pas désintéressée, mais Henry était bien déterminé à ne pas en découdre. Il serait un frère modèle, comme il était un fils modèle, qui transpirerait la sincérité et l'exemplarité.

Hors Charlie n'était pas Paige Brown. Elle avait assez de recul sur les évènements pour pouvoir faire preuve de lucidité. Henry agrippa à son tour la carte, scrutant le menu avec une attention dissipée. Visiblement évoquer Philadelphie n'avait pas réussi à noyer le poisson - un requin baleine en l'occurrence. L'interrogatoire commençait. En toute innocence à première vue, sauf qu'Henry avait appris à se méfier depuis qu'il flirtait d'un peu trop près avec le danger de se retrouver un jour cogné par un mari en colère. L'espace d'un instant il crut qu'elle lui faisait véritablement un compliment en soulignant son appartenance à l'équipe des Titans. Sauf que dans les clichés qu'elle évoquait Charlie était plutôt la fille assise entre deux chaises : une éventuelle popularité rendue impossible par des manières pas assez distinguées. D'ailleurs son cher copain n'était sans doute pas un grand sportif dans l'âme. Henry avait hâte de le rencontrer. "C'est pas si mal." répondit-il en hochant les épaules. Son plan parfait pour s'échapper de San Diego n'incluait bizarrement pas de discours prémâché sur son intégration à Lima. En vérité c'était complètement nul à côté de la Californie. Pas de surf, pas de bikini et une compétition de chorales pour seul rebondissement. Les lycéens étaient encore plus débiles et le rythme de vie à mourir d'ennui. "J'ai pas remarqué. Dans l'ensemble les autres gars sont cool et le programme sportif plutôt soutenu. Il manque juste le bruit des vagues en fond sonore mais on a le Glee Club pour compenser." confia-t-il dans un élan d'inspiration hypocrite. Charlie le croirait sans doute. Après tout c'était elle qui avait quitté San Diego en première pour s'installer ici, et de toute évidence elle n'avait eu aucun mal à faire une croix sur le soleil californien et les abdos des accros de la planche.

Voilà qu'elle abordait justement le sujet. Pas du tout, voulait-il répondre, c'était ça ou me faire refaire le portrait. Il la laissa terminer avant de débiter un nouveau mensonge mais son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle évoqua l'ex de leur mère. Comment savait-elle ? Il la connaissait perspicace et était demeuré sur le qui vive depuis le départ mais il avait pourtant eu l'impression d'être parvenu à la berner comme il avait berné leur mère. Il n'en resta pas moins impassible pour autant, au risque de se faire démasquer. S'il ne pouvait plus jouer au fils modèle, il n'avait qu'à jouer la carte de l'adolescent perdu. "Au contraire, les mecs doués ça court les rues dans les grandes villes. C'est qu'une question de temps avant que je reprenne le poste de quarterback et au moins ici j'aurai moins de concurrence. C'est qu'il y en a là dedans." dit-il en pointant son index sur son crâne. "Mais t'as raison, je plaide coupable." Il laissa planer le doute avant de reprendre son argumentation. "Je devais éloigner maman pour qu'elle fasse son deuil tu comprends. Cette rupture a été difficile pour elle et je me suis dit que ce serait peut-être plus facile si elle avait ses deux enfants auprès d'elle. Alors d'accord j'ai été malhonnête, c'était pour elle avant tout, pas pour moi." conclut-il. Ça se tenait. "Donc non ça n'a pas été difficile. Mais tu dois le savoir mieux que quiconque, tu m'as pas l'air d'avoir trop regretté ton choix." Il avait voulu rester dans le discours enjôleur mais sa phrase sonnait malgré lui comme un reproche. Ce n'était pas pour lui qu'il vivait cette décision de quitter la Californie comme un abandon de la part de Charlie. C'était pour sa mère. Et personne n'avait le droit de faire du mal à sa mère.
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MessageSujet: Re: 02. Brother and Sister unite.   Lun 14 Oct - 16:34

Contrairement à ce que sa mère et son frère pensaient, quitter la Californie n’avait pas été facile pour Charlie. Non pas parce que la région en elle-même lui manquerait –le soleil de San Diego avait beau avoir ses avantages, il ne lui avait que rarement manqué au cours de ces dernières années- mais plutôt parce que quitter sa seule famille avait été la décision la plus difficile à prendre de sa vie. Si elle n’était pas spécialement proche de sa mère, avec qui elle était la plupart du temps en conflit, il n’en demeurait pas moins qu’elle était le seul parent qu’il lui restait et qu’elle l’aimait plus qu’elle ne le lui avait jamais avoué. C’était elle qui l’avait aidée à la mort de son père, lorsqu’elle avait été dévastée par la perte de son héros. C’était elle, également, qui l’avait poussée à se confier à un psychologue, à l’adolescence, après une première déception sentimentale difficile. Malgré son impuissance face au caractère difficile de sa fille ainée, Paige Brown avait toujours fait de son mieux pour qu’elle soit heureuse et qu’elle garde une image positive de son père, mettant souvent de côté ses propres sentiments pour paraitre forte à ses yeux. Et elle y était parvenue. Charlie considérait sa mère comme un véritable roc ; une femme assez fragile en apparence, mais aux épaules bien plus solides que les siennes. Et si la communication entre elles n’avait pas toujours été aisée, partageant une relation mère-fille des plus typiques, quitter le foyer familial lui avait paru incroyablement difficile. Elle avait eu l’impression de répéter le même schéma que son père, en abandonnant à son tour sa famille. Elle avait longtemps culpabilisé d’être à Colombus, à des centaines de kilomètres de sa famille, et aujourd’hui elle s’en voulait toujours un peu d’être partie aussi précipitamment, comme si elle avait sauté sur la première occasion pour le faire. Certes, c’était en partie vrai, mais si elle avait ressenti le besoin de s’éloigner de San Diego c’était surtout à cause du deuil qu’elle avait dû faire des années plus tôt et que lui rappelait constamment la ville. Elle avait voulu prendre un nouveau départ, là où le souvenir de son père ne pourrait plus la hanter, là où elle pourrait enfin panser ses cicatrices. Tout ça pour se retrouver dans la ville de son enfance quelques années plus tard, preuve qu’elle ne s’était toujours pas débarrassée de cette nostalgie paternelle.

Revoir son frère ravivait inéluctablement les souvenirs de son enfance, et c’était la raison pour laquelle elle avait tant tardé à lui proposer un rendez-vous strictement fraternel : elle avait peur du regard qu’il poserait sur elle. Henry n’avait que douze ans lorsque Charlie avait quitté San Diego, et les années qui s’étaient écoulées depuis avaient sans doute été les plus déterminantes de sa vie ; l’adolescence était arrivée, amenant son lot de découvertes et de changements. Aujourd’hui, il n’était plus le garçon calme et discret qu’elle avait connu, celui qui passait son temps à courir derrière sa mère, toujours prêt à lui rendre service. Il avait grandi, mûri et s’était métamorphosé en un personnage charismatique qui ressemblait de plus en plus à Charlie Watson, leur père. Autrement dit, il n’avait plus grand-chose à voir avec l’image que la brunette s’était toujours faite de lui. A présent, il n’avait plus besoin de sa sœur pour l’aider à faire ses devoirs après l’école, plus besoin d’elle pour le réconforter après une bêtise ou une maladresse –bien que bien plus adroit qu’elle, il n’en commettait que rarement, même à l’époque. Il était devenu Henry Watson-Brown, l’adolescent sportif, séduisant et indépendant. Mais surtout, l’adolescent particulièrement réservé lorsque l’on s’en prend à sa vie privée...

Guettant toujours les réactions de son frangin dans un mélange d’appréhension et de curiosité, Charlie ne se laissait berner par la douce expression de ses traits ou encore l’innocence que dévoilait son sourire. Choisissant une entrée en matière plutôt subtile, elle lui parla de McKinley et des différences qui existaient entre San Diego et Lima, sans se douter une seule seconde qu’Henry avait prévu d’être interrogé de la sorte. Prenant un air détaché, le jeune homme lui répondit que la vie à Lima n’était pas si inintéressante qu’elle ne le laissait penser, en dépit du bruit des vagues en fond sonore qui semblait lui manquer. A la mention du Glee Club, Charlie eut un sourire. Selon elle, les quatre chorales de Lima –Charlie ne pouvait se résoudre à penser qu’il n’y en avait plus que deux- étaient véritablement un atout pour la ville. Cependant, elle doutait qu’Henry s’intéresse à la compétition qui existait entre ces dernières ; peut-être se trompait-elle, mais elle avait l’impression qu’il était bien plus intéressé par le football américain que par un concours de chant. Acquiesçant doucement d’un hochement de la tête sans se départir de son sourire, elle scruta le regard de son frère. S’il semblait encore calme pour le moment, elle était impatiente de le bousculer davantage afin de connaitre ses réactions.

Entrant enfin dans le vif du sujet, Charlie évoqua les difficultés de se faire repérer par les grandes universités dans une ville aussi petite que l’Ohio, tout en s’interrogeant à voix haute sur les motivations ayant poussé son frère à suivre sa mère à Lima. A son grand désarroi, Henry resta parfaitement calme et lui expliqua avoir préféré éloigner leur mère pour qu’elle fasse son deuil auprès de ses deux enfants. Pourtant, Charlie eut l’impression de marquer un point lorsqu’il lui retourna plus ou moins la question, soulignant le fait qu’elle non plus n’avait jamais regretté « son choix ». Pour la première fois depuis qu’il s’était installé à Lima, Henry lui semblait enfin sincère. Fronçant les sourcils, la Second Chances sentit néanmoins son cœur se serrer face à ce constat innocent en apparence mais qui dissimulait bel et bien un reproche. « Tu sais très bien pourquoi je suis partie, Henry » Fit-elle sur un ton bien plus sérieux que celui qu’elle avait emprunté précédemment. Il n’avait pas le droit de lui en vouloir d’être partie aussi tôt. Henry n’avait pas connu ce qu’elle avait connu. Il avait vécu une enfance paisible, dénuée de drames, alors qu’elle avait dû faire face à une perte brutale qui l’avait marquée à vie. Se reprenant juste à temps pour ne pas perdre de vue ses objectifs, Charlie se redressa doucement sur sa banquette et s’éclaircit la gorge. « Cela dit, je suis contente que tu aies aussi bien pris soin de maman. Elle ne tarit pas d’éloges à ton sujet, tu sais. Depuis qu’elle est rentrée, c’est « Henry par-ci », « Henry par-là ». A croire que tu as véritablement été un fils modèle pour elle ». Charlie arqua un sourcil, comme si elle remettait en question cette dernière affirmation. « Tu comprends mieux pourquoi je suis curieuse à ton sujet maintenant. Tous ces compliments… ça m’a donné envie de te connaitre davantage. De rattraper le temps perdu, tu vois ». L’arrivée d’une serveuse à leur table força Charlie à s’interrompre, mais ne l’empêcha pas pour autant d’observer son frère avec curiosité alors qu’ils prenaient tous les deux leur commande. Aussi sauta-t-elle sur l’occasion dès que la serveuse s’éloigna d’eux. « Plutôt jolie, non ? » Fit-elle en désignant la petite blonde d’un signe de la tête. « Enfin, j’imagine que tu en as connu des tonnes, de filles, à San Diego… C’est qu’en général, les quaterbacks ont beaucoup de succès avec la gente féminine… ».
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MessageSujet: Re: 02. Brother and Sister unite.   Mer 30 Oct - 18:17

La soirée s'annonçait intéressante. Paradoxalement, lui comme Charlie avaient prétexté ce diner pour rattraper le temps perdu et bavarder dans les limites imposées par l'étroitesse de leur relation. Sauf qu'à y regarder de plus près, aucun de deux ne semblait véritablement écouter l'autre, et c'était un véritable dialogue de sourd qui semblait s'entamer. Le but était simple, ricocher sur les propos de l'autre jusqu'à le déstabiliser. Du moins c'était ce qu'en avait déduit Henry, lorsque sa sœur avait commencé à le questionner sur sa vie privée comme si elle remettait en question la véracité des faits énoncés par leur mère. Paige buvait littéralement les paroles de son fils et cette estime qu'elle avait de lui n'avait d'égal que celle que lui-même avait pour elle. Si un concours devait les départager à ce niveau, Henry gagnerait sans doute la palme du plus haut piédestal érigé, et ce malgré les mensonges qu'il pouvait bien proférer. S'il mentait à sa mère c'était pour la préserver et, surtout, pour qu'elle préserve cette image de perfection incarnée qu'elle se faisait de lui. S'il échouait dans la tâche de faire sa fierté, elle n'aurait plus personne sur qui se reposer, et cette perspective le tuait. Bien sûr qu'Henry savait pourquoi Charlie était partie. Elle n'avait pas fugué, elle n'avait pas plié bagages sur un coup de tête, sa décision avait été mûrement réfléchie. Mais comment pouvait-elle croire son jeune frère lorsqu'il disait qu'il approuvait ce choix ? Henry avait beau avoir des défauts, il n'était pas assez égoïste pour entraver le bonheur de sa sœur. Il l'avait laissée partir, parce qu'après tout avait-il eu le choix ? Lui reprocher aujourd'hui de les avoir abandonnés était injuste, mais cette amertume trahissait ces sentiments de jeune adolescent qu'il n'avait pu exprimer à l'époque, parce que trop occupé à se soucier des moindres mouvements de sa mère. Il devrait même remercier Charlie d'avoir pris cette décision, parce que dans un sens il doutait fortement d'avoir pu devenir celui qu'il était à cet instant s'il n'avait pas fait l'expérience de cet abandon lui aussi. Charlie avait perdu un père, il avait perdu une sœur.

Regrettait-elle autant que lui San Diego ? Peut-être bien. Elle y avait vécu plus longtemps que lui. Elle y avait forgé plus de souvenirs que lui. Mais il ne faisait aucun doute que le soleil timide de l'Ohio lui allait bien mieux au teint. Même si d'apparence elle se fondait mieux dans la masse à Lima, Henry demeurait persuadé que la folie et l'exubérance californiennes faisaient toujours partie intégrante de sa personnalité. "Je sais, excuse-moi." concéda-t-il avec sincérité. Ce n'était pas à Charlie qu'il devait en vouloir. C'était à ceux qui avaient fait partie de sa vie ces dernières années et avaient vite fait de le remplacer dans son esprit. En y réfléchissant, il n'y avait que le nom de ce Wyatt qui lui venait à l'esprit, comme une aigre rengaine qui empoisonnait ses pensées. Henry avait réussi à garder sa mère que pour lui tout ce temps, mais il n'avait pu en faire de même avec sa sœur. Tout n'était pas encore perdu cependant.
Encore une fois le ton de Charlie lui sembla un peu trop doucereux pour être bien interprété. Alors comme ça sa mère faisait son éloge ? Cette fausse révélation lui arracha un sourire de satisfaction. C'était d'ailleurs marrant que Charlie note la fréquence à laquelle leur mère parlait de lui, parce que quand il était question de Charlie c'était plutôt "Wyatt par ci", Wyatt par là" ou "j'ai hâte de rencontrer ce Wyatt". Ne plus être le centre d'attention de sa mère le rendait particulièrement jaloux. "Je fais de mon mieux." dit-il en secouant imperceptiblement la tête. "Elle a l'air si heureuse quand elle se vante de mes prouesses à ses amies que ça me motive encore plus. C'est un cercle vertueux." conclut-il en opinant du chef, comme s'il venait d'apprendre ce concept en cours et qu'il était fier de le restituer. Son regard bifurqua légèrement par la suite, se perdant quelque part entre le menton et le décolleté de la serveuse. Il hésita à commander une bière pour provoquer Charlie mais se ravisa. C'était probablement une mauvaise idée s'il ne voulait pas entacher une réputation à laquelle, de toute évidence, elle doutait fortement. Il était persuadé que s'il arguait la blague elle trouverait tout de même un moyen de le questionner sur son comportement lors des soirées étudiantes.

A la place, il hocha les épaules, le nez froncé comme pour feindre son indifférence. En vérité il ne feignait rien du tout. Cette serveuse devait avoir quoi, 25 ans. Elle travaillait ici pour rembourser son prêt étudiant et finirait avec un diplôme dans 2 ans. Dans 5 ans elle pourrait espérer décrocher un vrai travail et, accessoirement, un rendez-vous avec lui. Dans l'état c'était impensable. Était-elle jolie en revanche ? Indéniablement. La remarque de Charlie le fit nerveusement rire. Vraiment, ils avaient rattrapé 4 ans et avaient le droit de parler sentiments ? Enfin, sentiments dans le cas de Charlie sans doute. "Je te rassure Alice, je ferai pas mon coming out ce soir, ni dans 2 ans, ni jamais." Il avait eu l'impression que c'était ce qu'elle sous entendait. "Mais moi je fais pas la charité. Je sais pas comment ça se passe ici, mais j'ai pas besoin de m'afficher avec une pouffe en jupe courte pour me sentir important. Elles m'intéressent pas. Moi, moi, moi. C'est tout ce qu'elles ont dans la bouche." dit-il en les mimant de sa main droite.  "Ah non. Il y a aussi : mes chaussures, mon carrosse, ma couronne, ma petite fleur bleue." ajouta-t-il avec des airs affectés. Il n'allait pas lui confier qu'il les préférait plus âgées parce que l'égoïsme s'étiolait avec le temps, mais c'était ce qu'il pensait. L'expérience quant à elle se fortifiait... que des avantages en somme. Et ce même si au final il était relégué au simple rang d'objet. "En fin de compte je crois qu'à McKinley c'est encore pire. Je suis sûr que si je refile ce blouson au pire des losers il se transformera en Ryan Gosling à leurs yeux. C'est pour ça que le Glee Club ça me tente bien."
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MessageSujet: Re: 02. Brother and Sister unite.   Jeu 21 Nov - 20:25

Charlie ne savait plus vraiment où cette conversation les mènerait ; de toute évidence, ni l'un ni l'autre n'était prêt à souffler sur les barrières invisibles qui étaient toujours érigées entre eux et qui les interdisaient de partager une vraie discussion fraternelle. Elle avait beau essayer de piéger son frangin en lançant pique sur pique, ce dernier était doté d'un calme olympien et bien loin de plier sous le poids de ses remarques, sa carapace demeurait inébranlable au grand dam de la choriste. Son attitude trahissait une solide confiance en lui et une aise qu'elle aurait pu lui envier ; car toutes ces qualités que son frère possédait étaient en réalité celles qui n'avaient jamais été à la portée de Charlie, qui lui avaient toujours fait défaut. Or dans ce genre de situation, c'était précisément ce qui pouvait faire pencher la balance du mauvais côté et faire gagner son petit frère. Alors, pour faire en sorte de ne pas se laisser marcher sur les pieds et ne pas dévoiler les intentions dissimulées derrière son sourire tout à fait innocent, la jeune femme n'avait plus qu'une seule alternative : compter sur sa détermination et sa curiosité pour alimenter la conversation et faire en sorte qu'elle sorte du restaurant la tête haute, en ayant en tête tous les petits secrets que son frère venait de lui déballer.

Ce serait certes une mission délicate, mais pas impossible. Son frère ne pouvait pas être parfait, elle refusait de le croire : quitter aussi précipitamment la ville de son enfance, sans opposer la moindre résistance, était le comportement type d'un adolescent qui cherche à enterrer de sombres secrets. Et ces secrets, elle voulait justement les connaitre. Non pas pour se vanter auprès de sa mère que le fils qu'elle avait toujours préféré était en réalité une personne dotée de nombreuses imperfections, non pas pour satisfaire un quelconque désir de vengeance -elle aimait son frère et n'avait jamais eu la moindre intention de lui faire du mal- mais tout simplement pour ôter de son esprit les doutes qui le peuplaient. Sa méfiance ne connaissait pas de frontières, et son intuition l'avait souvent conduite à rétablir la vérité ou du moins à démasquer ceux qui voulaient la tromper. Aujourd'hui, c'était son but : faire tomber le masque d'Henry et connaitre la vérité, toute la vérité, rien que la vérité à son sujet. Personne d'autre n'avait besoin d'apprendre les détails de son existence mais elle, si.

Son frère s'excusa auprès d'elle et elle soutint son regard un moment avant de river le sien sur le pot de ketchup posé sur la table qui les séparait. Ressasser les raisons de son départ de San Diego la rendait mal à l'aise et elle préférait changer de sujet avant de laisser la nostalgie s'installer et les nombreux souvenirs de son enfance ressurgir. Si elle était retournée en Californie à quelques reprises seulement au cours de ces dernières années, il y avait une raison à cela, une raison que son frère connaissait et qu'elle n'avait aucune intention de répéter. C'était trop douloureux. Traverser les pièces de cette maison, pleine de souvenirs, de photographies où on le voyait apparaitre, lui était trop difficile. Le moindre recoin de la demeure californienne lui rappelait son père. Il était partout dans cette maison, que ce soit dans la cuisine, où il lui avait appris à bien tenir sa poêle lorsqu'elle faisait sauter les crêpes, la salle de bain, lieu de nombreuses batailles d'eau, sa chambre, là où il lui racontait toujours les meilleures histoires, ou encore le jardin, qui avait souvent été leur champ de bataille favori, l'endroit où elle sautait sur ses épaules et s'agrippait à son cou pour ne pas tomber alors qu'il s'agitait dans tous les sens, la faisant rire aux éclats ; tout, absolument tout lui rappelait la présence de son père mais surtout son absence. Elle ne voulait pas voir son propre visage, collé au sien sur les photos, ne voulait pas poser son regard sur ce vieux fauteuil dans lequel il avait pris ses aises autrefois et dans lequel plus personne n'osait s'asseoir.

Elle avait réussi à panser ses cicatrices, ici, en Ohio, loin de tout ça ; elle avait grandi, mûri, s'était métamorphosée en une jeune femme indépendante qui ne se laisse plus hanter aussi facilement par le souvenir de son père ; du moins, la plupart du temps. Alors pourquoi risquer de brusquer cet équilibre précaire en retournant là-bas ? Malgré ses airs de battante, elle était toujours cette petite fille fragile traumatisée par la perte de son père ; et le seul moyen de lutter contre son démon était de l'éviter, quitte à s'éloigner de la seule famille qui lui restait. Un éloignement qui avait causé de nombreuses failles dans ses relations avec sa mère et son frère ; elle en était d'autant plus consciente maintenant qu'elle se retrouvait face à Henry, dans l'impossibilité de passer outre cette distance qu'elle leur avait pourtant elle-même imposée.

Relevant doucement le menton, elle s'éclaircit la voix et chassa les pensées obscures de son esprit, tentant de se concentrer sur ses priorités. Dans sa plus belle imitation de garçon parfait, le jeune homme lui parla de sa mère, lui affirmant que c'était le bonheur et la fierté qu'il lisait dans ses yeux lorsqu'elle parlait de lui qui le poussait à se montrer irréprochable. Amusée par ces paroles teintées d'hypocrisie -ce qu'Henry omettait probablement de préciser était les réelles intentions qu'il cachait derrière un tel comportement, et qui intéressaient justement la choriste- elle acquiesça vaguement d'un signe du menton sans en rajouter, préférant de loin observer l'attitude d'Henry face à la serveuse plutôt que d'argumenter une fois de plus. Lorsque cette dernière s'éloigna, elle ne put s'empêcher de changer une nouvelle fois de sujet, testant son frère sur les filles. Avec son physique parfait et son petit sourire en coin, elle était certaine qu'il faisait tourner les têtes, et s'il y avait une piste à creuser là-dessous, elle était impatiente de la découvrir.

Lorsqu'il prononça son véritable prénom, elle souhaita néanmoins ne jamais s'être montrée aussi curieuse. Alice. Il l'avait appelée Alice. Ses grands yeux verts s'agrandirent instantanément et elle le dévisagea un instant, scandalisée par l'emploi de ce prénom, avant de dévier son regard et de s'assurer que personne autour d'eux ne l'avait entendu dire ça. Comment pouvait-il encore l'appeler comme ça ? Comment osait-il ? Personne ne l'appelait Alice, pas même sa mère. Elle n'avait confié ce secret à personne et tenait à ce qu'il reste enterré avec le reste de ses secrets. Après avoir jeté un coup d'œil aux environs et constaté qu'elle ne connaissait personne dans ce restaurant, elle fit face à son frère et le fusilla du regard. Elle n'avait presque rien écouté de son petit discours sur les cheerleaders de McKinley, bien trop concentrée sur ce vieux prénom qu'il avait déterré. « Ne m'appelle plus jamais comme ça. Plus jamais. Je m'appelle Charlie, pas A-... je m'appelle Charlie, point ».

Elle fronça les sourcils puis prit un peu de recul en s'appuyant contre le dossier de la banquette, pour mieux s'éloigner de son frère et ainsi avoir une meilleure vision d'ensemble. « Ne me prend pas pour une idiote, Henry, tu as seize ans : n'importe quel adolescent de ton âge voudrait faire plaisir à ces pétasses en mini-jupe. Tu ne me feras pas croire que tu n'y as jamais pensé » Fit-elle, retrouvant peu à peu son calme. Elle n'était pas dupe et n'avait aucune envie de jouer les naïves. « Toi, intéressé par le glee-club ? » Répondit-elle du tac au tac lorsqu'il mentionna son intérêt pour la chorale du lycée. Elle éclata d'un rire franc à cette idée ; imaginer son petit frère aux côtés des New Directions était tout simplement hilarant. Elle se rapprocha de lui et attendit de se calmer avant de poser ses coudes sur la table et de le dévisager. « Et si tu me disais vraiment ce que tu as derrière la tête, Henry ? ». Elle plissa les yeux, le regard inquisiteur. « Arrêtons de jouer à ce petit jeu un instant, ça en devient presque pathétique. Alors, dis-moi... qui es-tu vraiment, Henry Watson-Brown ? ».
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MessageSujet: Re: 02. Brother and Sister unite.   Dim 1 Déc - 14:23

Même si le prénom Alice sonnait à ses oreilles comme une douce plaisanterie, Henry ne le considérait pas uniquement comme sa carte maitresse dans cette lutte fraternelle. Il se délectait certes de l'effet que son évocation produisait sur la principale concernée mais ce qu'il n'avait jamais révélé c'était qu'il détestait appeler sa sœur Charlie. Le fait qu'elle s'était appropriée le prénom de leur père ne faisait que le relayer, lui, au simple rang d'étranger dans cette famille qu'ils avaient été. Il lui était déjà assez difficile de constater la joie qui illuminait les quelques photos qui trônaient dans leur salon ou qui ornaient les murs du vestibule et de se dire qu'il n'y avait pas contribué. Sa naissance avait définitivement tourné un chapitre dans la vie de sa mère et sa sœur, comme s'il avait marqué leur existence à jamais en voulant effacer ce qui avait bien pu se produire avant. Paige ou Charlie n'avaient sûrement jamais réalisé qu'Henry aussi avait dû effectuer son deuil, le deuil d'une vie telle qu'il ne la connaitrait jamais. Il avait vécu une enfance très heureuse et les photos de lui aux côtés des femmes de sa vie ne manquaient pas elles aussi, mais il lui était difficile de concéder le monopole du chagrin à Charlie, aussi égoïste cette pensée pouvait-elle être. Ces souvenirs elle les avait vécus et Henry savait bien que leur situation était incomparable. Pourtant il ne pouvait s'empêcher de penser que c'était lui qui aurait dû porter l'héritage de son père, à savoir son prénom, ne serait-ce que pour avoir ce détail auquel se raccrocher. Et à chaque fois qu'il devait prononcer le prénom volé de son père, c'était une déchirure de plus dans son âme.

Aussi n'avait-il même pas pu s'amuser de la rogne dans laquelle il avait bien pu mettre sa sœur. C'était encore une fois la preuve définitive que leurs échanges n'étaient plus les mêmes. S'il y avait une chose à laquelle il avait bien pu se raccrocher, c'était à la miséricorde de Charlie, qui malgré les questionnements intérieurs d'Henry sur la place qu'il occupait au sein de cette famille, n'avait jamais fait de lui un indésirable. Ce soir il avait pourtant l'impression d'avoir été rattrapé par un passé douloureux qu'il n'avait même jamais expérimenté. La colère de Charlie ne suscitait pas en lui cette même joie puérile qu'il ressentait lorsqu'ils étaient plus jeunes. Au contraire, cette inspection qu'avait faite Charlie des lieux avant de le remettre à sa place avait souligné le fait indéniable qu'elle avait relégué au placard sa vie d'avant et que ce prénom, si elle le considérait comme le pur produit de la taquinerie fraternelle lorsqu'ils habitaient encore en Californie, était ici le fantôme importun de ses souvenirs. Cette pensée acheva de faire comprendre à Henry comme sa présence à Lima était de trop. Il avait déjà eu ce sentiment lorsqu'ils s'étaient revus pour la première fois à leur arrivée. C'était comme si Charlie avait vu le spectre d'une vie qu'elle avait rayée et que, malgré la surprise qu'elle s'efforçait de feindre, le rictus de son malaise trahissait. Henry ne répondit rien à sa tentative ratée d'intimidation, il se contenta de rouler des yeux avec une nonchalance hypocrite. Intérieurement il bouillonnait d'envie de crier à la ville entière que sa sœur était un imposteur qui s'appelait Alice et que tout ce qu'elle avait bien pu raconter - ou pas - sur elle était le fruit de ses fabulations. Avait-elle même avoué avoir une famille quelque part dans le pays ? Et c'était ça la vie dont elle rêvait ? Jongler entre le journal, la chorale et son idiot de petit ami, en prenant soin de pleurer de temps en temps sur ses épaules son boulet de famille ?

La confidence qui suivit fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. En réalité les vieilles craintes d'Henry ressurgissaient, celles qui faisaient de lui un garçon transparent dont les secrets n'étaient pas si secrets. La perspective que Charlie puisse voir à travers lui l'obligea à se braquer de toute sa mauvaise foi. Il ne pouvait pas la laisser deviner la raison véritable de sa présence. Pourquoi avait-elle ce besoin impérieux de savoir de toute façon ? C'était dans tous ces ressentiments qu'Henry puisait un jeu d'acteur irréprochable. Il se leva d'un bond et mit fin à leur calvaire. "Qu'est-ce que tu veux que je te dise Charlie ? Qu'est-ce que tu as besoin d'entendre pour te rassurer sur ta condition ? C'est vraiment si difficile de croire que je dis la vérité, que ce n'est pas que de la poudre aux yeux ? C'est toi qui es pathétique, à vouloir me percer à jour comme si j'étais un imposteur dans cette famille. T'as qu'à croire ce que tu veux, que la palme d'or de la déception me revient à moi si ça peut te faire plaisir. Mais j'ai pas de compte à te rendre. J'en ai plus depuis longtemps." Sur ces paroles il empoigna son sac et s'extirpa de la banquette. "Je te laisse la note, j'ai plus faim. T'auras qu'à appeler ton super copain Wyatt, il est sûrement irréprochable lui. Est-ce qu'il sait au moins qui tu es ? Les secrets c'est de famille chez les Watson-Brown." Et il l'abandonna à son sort, non sans une pointe de remords. S'il devait s'aliéner de sa propre sœur pour garder ses secrets il le ferait. Il n'était pas certain d'être capable de partager ce fardeau avec elle. Il n'avait plus la confiance nécessaire pour le faire. Avant de sortir, il prit soin de lui glisser un dernier aveu. "Et pour ta gouverne, moi chez les New Directions c'est tout aussi risible que toi qui chantes dans une chorale de bonnes sœurs."
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