Choriste du mois


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 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.

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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
Humeur : Angoissée.
Statut : Épouse de Wyatt Pillsbury.
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MessageSujet: 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.   Jeu 22 Aoû - 17:12


02. Cutlie on Fire (pt 2)/Bring the Action.


Deux combinaisons noires. Deux paires de lunettes de soleil teintées. Une épingle à cheveux. Un canif. Une lampe de poche. Une bombe lacrymogène. Et pour parfaire cet équipement haut-de-gamme de petit braqueur en herbe, il y avait même deux cagoules sombres, à utiliser en cas d’extrême urgence –si elles se faisaient courser par la famille Hamilton au grand complet, par exemple. Un sourire aux lèvres, Charlie acquiesça d’un signe de la tête, satisfaite. Tout était prêt pour la mission du soir, intitulée « Let’s steal Sister Hamilton’s chastity belt ». Il ne manquait plus qu’un élément, et de taille : son acolyte. Ecaterina Sara Robertson.

Réunissant tout son petit matériel qu’elle fourra dans un sac à dos noir -à l’exception de l’une des combinaisons qu’elle enfila sous son jean et sweat-shirt-, Charlie vérifia l’heure une dernière fois et se décida à quitter l’appartement désert qu’elle partageait désormais avec son petit-ami. Comme quoi, le travail de Wyatt avait parfois ses avantages : ce soir-là, nul besoin pour elle de trouver un mensonge sophistiqué qui justifierait son absence puisque le gynécologue avait une fois de plus accepté d’être de garde à Ste Rita. Et si par malheur il venait à rentrer plus tôt qu’elle, la brunette se contenterait de lui répondre qu’elle avait passé la soirée avec sa meilleure amie ; ce qui avait le mérite d’être vrai. Concentrée, Charlie vérifia que l’appartement était en ordre puis se dirigea vers la porte d’entrée, qu’elle fit claquer derrière elle après avoir quitté les lieux. Elle préparait ce projet depuis si longtemps qu’à l’approche de sa réalisation, son excitation était de plus en plus palpable. Elle n’avait pas pour habitude de s’introduire chez les gens en pleine nuit –et encore moins en étant parfaitement sobre- mais ce soir-là, c’était différent : elle avait prévu de prendre sa revanche sur Grace Hamilton –Garce Hamilton, pour les intimes. Si cette dernière pensait qu’elle s’en tirerait sans la moindre égratignure après l’avoir littéralement agressée au beau milieu d’une messe officiée par son propre père, de toute évidence, elle ne connaissait pas encore la vraie nature de Charlie Watson-Brown, la plus rebelle des Second Chances. Un an plus tôt, la jeune femme aurait sûrement oublié ce genre d’événement, ou l’aurait mis sur le compte de la folie dont Grace était victime. Un an plus tôt, elle ne se serait jamais aventurée dans ce genre de projet douteux, et risqué de surcroit. Mais cette Charlie-là était bel et bien enterrée ; aujourd’hui, elle était décidée à ne plus se laisser marcher sur les pieds ni à autoriser autant de femmes à tourner autour de son petit-ami, pensant à tort qu’elle n’était qu’une poupée de plus dans la vie du gynécologue. Il était son petit-ami, il l’aimait, point. Alors, peut-être que ce qu’elle s’apprêtait à faire n’était pas tout à fait légal, mais peu lui importait, tant qu’elle parvenait à faire passer son message.

Après avoir balancé le sac à dos dans le coffre de la vieille Ford, la Second Chances contourna la voiture, ouvrit la portière côté conducteur et s’installa derrière le volant. L’aventure pouvait enfin commencer !

*
« Je sais que tu ne dors pas. Je sais aussi que tu es encore affalée sur ton canapé en train de mater le cul de Kardashian à la télé. Alors je te conseille d’enfiler un jean, un t-shirt et une paire de sneakers (sombres, de préférence) et de me rejoindre en bas de ton immeuble dans les plus brefs délais. Sinon, je me ferais un plaisir de pousser le volume de mon autoradio au maximum et d’hurler ton nom tel un Roméo en transe. Je suis sûre que tes voisins seront ravis ! Allez, bouge-toi les fesses Cat, il te reste à peine quatre minutes et quarante-trois secondes ». Pas peu fière d’elle, la jeune femme verrouilla l’écran de son téléphone portable et guetta l’entrée de l’immeuble. Elle était certaine que Cat ne tarderait pas à réagir : d’une, parce qu’elle était persuadée qu’elle était vraiment réveillée -la lumière qui filtrait derrière les rideaux de la fenêtre de son appartement était là pour le lui prouver-, de deux, parce qu’elle était consciente que Charlie était capable de tout. Or, cette dernière était d’humeur espiègle et n’hésiterait pas une seule seconde avant de réveiller tout l’immeuble, quitte à s’attirer les foudres de sa meilleure amie s’il le fallait. Jetant un coup d’œil à l’autoradio de la Ford, elle constata qu’il ne restait déjà plus que deux minutes à Blondie, ce qui ne fit qu’accentuer son excitation. « Allez Cat, ne te fais pas désirer, tu sais que je tiens toujours mes engagements… » Murmura-t-elle pour elle-même.

Soupirant légèrement, elle jeta un regard aux alentours et constata que Columbus n’avait pas changé depuis qu’elle l’avait quitté, quelques mois auparavant : il suffisait de s’éloigner un minimum du campus de l’Ohio State University pour retrouver un peu de calme et d’ordre. Ici, les allées étaient aussi désertes que silencieuses ; seule l’ombre des divers immeubles bâtis dans les environs parvenait à détonner dans la nuit étoilée. Le regard de Charlie s’arrêta un instant sur les grandes structures universitaires que l’on décernait au loin, puis retrouva l’entrée de l’immeuble pour découvrir la silhouette familière d’Ecaterina qui se faufilait en direction de la Ford. Retrouvant aussitôt son sourire, la jeune femme ouvrit manuellement le carreau côté passager et adressa un clin d’œil à son amie. « Je le savais bien que tu viendrais. Grimpe, je te kidnappe pour la nuit ! » Lança-t-elle sur un ton enjoué. Charlie n’était pas dupe : elle savait que son amie ne serait pas ravie qu’elle vienne l’enlever sans la prévenir, surtout si elle ne lui donnait pas quelques raisons justifiant un tel comportement. Néanmoins la brunette avait roulé près d’une heure pour venir la récupérer, et n’avait pas la moindre envie de rentrer bredouille à Lima. Aussi lui jeta-t-elle un coup d’œil entendu dès qu’elle s’installa sur le siège, sans faire attention aux protestations de la jolie blonde. « Je te réserve une surprise. Fais-moi confiance, tu vas adorer ! ». Ou pas.

*
« When you hear us in the club, you gotta turn the shit up, you gotta turn the shit up, you gotta turn the shit up. When we up in the club, all eyes on us, all eyes on us, all eyes on us » Fredonna Charlie, reprenant l’air qui s’échappait à présent de l’autoradio. Sous l’œil méfiant de sa meilleure amie, elle s’aventurait enfin dans les rues de Lima après avoir passé une nouvelle heure à éluder les interrogations de Blondie. Charlie avait tout fait pour éloigner ses soupçons, sans toutefois savoir si Cat se doutait réellement de quelque chose ou non. Empruntant la route menant au quartier où vivaient les Hamilton, la jeune femme retint son souffle, persuadée que la réflexion qu’elle attendait ne tarderait pas à retentir dans l’habitacle. Cat connaissait la ville, elle y avait même vécu plus longtemps qu’elle. Il y avait fort à parier qu’elle finirait par comprendre ce qui se tramait dans l’esprit de sa meilleure amie –ce que cette dernière redoutait plus que tout. Il fallait qu’elle la mette devant le fait accompli, qu’elle ne lui laisse pas le choix. Si Cat comprenait avant qu’elles n’arrivent en face de la maison, c’était fichu d’avance, elle le savait.

Plissant les yeux, la jeune femme fit mine de se concentrer sur la route et reconnut les abords de la banlieue de la ville. Elle ne connaissait pas beaucoup cette partie de Lima, mais avait néanmoins entrepris quelques repérages un peu plus tôt dans la journée afin de ne pas se tromper. Mieux encore, elle s’était renseignée sur l’emploi du temps des Hamilton par l’intermédiaire de Cassandra et savait que toute la famille était partie à une petite soirée de récolte de fonds pour une association de charité dans la ville voisine. Ce qui, à priori, devrait leur laisser le champ libre. Après plusieurs minutes à chantonner tranquillement d’un air parfaitement innocent, Charlie sentit le rythme de son cœur s’accélérer alors qu’elle freinait non loin de la maison qu’elle avait prise pour cible. Fermant les yeux une seconde, elle pria pour ne pas se faire prendre et en profita également pour demander pardon à Cassandra de faire irruption chez elle dans de telles circonstances. Puis, rouvrant les yeux, elle prit une longue inspiration et se tourna vers Ecaterina. « Tu te souviens du rêve que j’ai fait la dernière fois ? Celui dont je t’ai parlé par sms. Eh bien… il est sur le point de passer dans la catégorie des rêves prémonitoires ! » Annonça-t-elle avec enthousiasme. Avant que Cat ne puisse réagir, Charlie retira son sweat-shirt et dévoila le haut de sa combinaison noire. « J’ai pensé à tout ! Il y en a une pour toi dans le sac à dos qui est dans le coffre. Je peux fermer les yeux pendant que tu te changes, si tu veux ». Haussant les épaules, elle esquissa un sourire. « Surprise !! ». Elle allait la tuer. C'était certain.
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MessageSujet: Re: 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.   Ven 23 Aoû - 17:36

Ses jambes nues étendues sur le dessus de son canapé deux places, la tête en bas à quelques centimètres à peine du sol, Ecaterina fit éclater la plus grosse bulle de chewing-gum qu’elle n’avait jamais fait de sa vie en fixant son téléviseur l’air évaporé, percevant à l’envers les images qui défilaient sur l’écran. Elle ne savait pas ce qu’elle regardait, des clips vidéo lui semblait-il, mais elle n’en était pas certaine, car elle avait coupé le son pour se laisser bercer par le silence apaisant de son appartement.
Elle ne savait pas non plus l’heure qu’il était. À vrai dire, la dernière fois qu’elle s’était inquiétée de son inactivité, c’était lorsque Gale lui avait envoyé un sms pour lui demander ce qu’elle faisait. Elle avait hésité à lui dire la vérité, à savoir qu’elle était rentrée du travail plus tôt que d’habitude grâce à la bonté exceptionnelle de sa supérieure et qu’au lieu de réviser comme une acharnée pour son examen prévu le lendemain matin ou de faire un peu rangement dans sa chambre à coucher qui ressemblait de plus en plus à un capharnaüm (elle avait cessé de vouloir ressembler à Emma Schuester. Elle ne maniait pas aussi bien le désinfectant qu’elle, s’était-elle aperçue), elle avait préféré enfiler un short trop court, même pour ses petites jambes, et s’était affalée dans son sofa en engouffrant plusieurs plaquettes de chewing-gum à la cerise dans la bouche, histoire de se déculpabiliser en faisant travailler ses maxillaires. Elle avait l’impression que sa mâchoire était devenue assez robuste pour casser des noix à la force de ses dents et avait même envisagé une fraction de seconde d’en faire l’expérience. Sauf qu’elle n’avait pas la foi de se relever pour vérifier ses provisions.
Ecaterina ne faisait désormais plus qu’un avec son canapé. Elle sentait le simili cuir s’imprimer sur ses fesses. Lorsqu’elle tentait de bouger, le couinement protestataire du siège lui indiquait qu’il ne voulait pas qu’elle le quitte. Oui, son canapé avait une âme. Il était le seul qu’elle aspirait à retrouver après de longues journées à étudier ou à guider des étudiants dans les rayons de l’immense bibliothèque universitaire dans laquelle elle travaillait. Il était son seul réconfort en ces temps difficiles. Elle n’avait même pas répondu à son petit ami, cela lui évitait de devoir lui mentir. Elle comptait sur son sens aiguisé de la déduction pour qu’il comprenne tout seul comme un grand qu’elle était très occupée. Tu parles.

Son téléphone portable vibra sur son ventre. Le sang étant monté à son cerveau endolori, exécuter le moindre effort faisait battre ses tempes. Elle ne daigna même pas se relever pour attraper l’appareil. Elle préféra tendre nonchalamment la main en aspirant le surplus de chewing-gum qui s’était collé sur le bout de son nez. Le portant derechef à son oreille, la voix mélodieuse de Charlie résonna à l’autre bout du fil. Cat ne prononça même pas un « salut » poli, car elle savait très bien ce que Charlie allait lui dire. Elle ne la laisserait même pas protester, elle aurait pu le parier.
Depuis plusieurs jours déjà, Charlie la harcelait nuit et jour pour la faire plier à sa requête. Quelle était-elle ? S’introduire par effraction chez les Hamilton. Si Lima devait avoir sa famille royale, la famille Hamilton serait la candidate idéale. Ils avaient Dieu de leur côté. Cat n’était pas croyante, mais si elle croyait dur comme fer en quelque chose, c’était au fait qu’il était encore trop tôt pour qu’elle fasse la queue en Enfer pour rejoindre sa résidence éternelle. C’était bien elle pourtant qui avait soufflé l’idée à sa meilleure amie. Elle n’avait pas réfléchi à l’effet que ses paroles auraient pu avoir sur Charlie qui était furieuse contre la cadette du pasteur, Grace. Elle voulait lui piquer son petit ami ! Alors, Cat lui avait justement conseillé de contre-attaquer en lui subtilisant quelque chose de valeur, pour marquer le coup. Sa meilleure amie avait pris sa boutade au pied de la lettre et depuis elle n’aspirait qu’à une chose : la vengeance.
Quand Charlie lui dit qu’elle savait qu’elle était affalée sur son canapé, la blondinette se redressa d’un bond, en plissant très fort les yeux à cause de la pression sur son cerveau qui redescendait. Comment savait-elle ? Elle se leva aussitôt, un peu étourdie pour aller inspecter le plafond à la recherche de caméra, mais revint bredouille au milieu du salon et fronça le nez en l’entendant lui faire du chantage. Elle n’eut pas le temps de parler que Charlie avait déjà raccroché, ayant pris avant toute chose le temps de lui imposer un compte à rebours. Restant sur place à fixer son téléphone, Ecaterina s’anima de nouveau, courant jusqu’à sa chambre pour enfiler un jean et un sweat qui traînait dans le coin. Elle fit volte-face pour chausser ses sneakers qu’elle avait laissés près de la télévision qu’elle ferma en passant devant comme une furie. Puis elle ferma les lumières, glissa son portable dans la poche de son pantalon, et quitta son appartement. Elle aurait très bien pu refuser, car elle connaissait les intentions de Charlie, mais Ecaterina ne pouvait se résoudre à laisser faire ce genre de chose toute seule, surtout en sachant que c’était elle qui était à l’origine de ses plans douteux. S’il lui arrivait malheur, elle s’en voudrait toute sa vie. Et au fond, elle avait le mince espoir que si elle la faisait sortir de chez elle en pleine nuit, c’était tout simplement parce qu’elle voulait passer un peu de temps avec elle.

« Je te réserve une surprise. Fais-moi confiance, tu vas adorer ! » Lui avait dit Charlie pendant qu’elle était montée, la moue boudeuse, dans son carrosse. Calée dans le siège de la vieille Ford de sa meilleure amie, Ecaterina lui lançait des petits regards en biais, rongeant son frein quant à la musique qu’elle lui imposait. Mâchant les restes de son chewing-gum par intermittence, elle coula un regard désintéressé au paysage qui défilait à travers la vitre. Ecaterina avait vécu à Lima pendant longtemps, elle reconnaissait ces arbres et ce sentier tout près de l’hôpital St-Rita. Pendant un temps, elle se crispa. Et si Charlie décidait de l’emmener de force au service psychiatrique de l’hôpital ? C’était vrai qu’elle n’avait plus toute sa tête. Ses moments d’absences répétées ne présageaient rien de bon, elle n’était pas assez dans le gaz pour penser naïvement que Charlie ne s’était pas aperçu de son changement d’attitude, c’était visible comme le nez au milieu de la figure. Suivant la route avec appréhension, elle relâcha son souffle lorsque Charlie bifurqua à l’angle du sentier. Ouf, sauvée.
Néanmoins, Ecaterina espérait encore que Charlie ne l’emmène pas là où elle le soupçonnait. Seulement, une fois qu’elle arrêta la voiture devant la maison des Hamilton, ses espoirs se désagrégèrent en une petite pluie de déception qui fit s’affaisser les commissures de sa bouche. La blonde toisa dans la foulée la devanture de la demeure de la famille la plus respectable qu’elle n’ait jamais eu l’occasion de rencontrer. C’était le genre de maison qu’on ne voyait que dans les films, ceux dont les habitants se rendaient à la messe chaque dimanche et où une liste de corvées était fièrement placardée sur la porte du réfrigérateur. La pelouse était tondue, les rosiers tous à tailles égales ; tout était parfait, dans les moindres détails.

« Je le savais. » murmura-t-elle pour répondre à la tirade de sa meilleure amie. Elle jeta un dernier coup d’œil envieux à la devanture puis brusquement elle tourna la tête vers la jeune femme. Sans la prévenir au préalable, elle lui tira les cheveux avec brutalité en répétant plus fort, révélant quelques accents hystériques dans sa voix si grave « Je le savais ! » Elle secoua la tête de Charlie dans tous les sens pour lui faire comprendre qu’elle n’était pas contente du tout. Ecaterina ne savait pas se battre et la seule chose qui se trouvait à sa portée à ce moment précis, c’était la tignasse mal peignée de sa meilleure amie qu’elle tira, tira, tira…
Une fois qu’elle fût sûre que le message était bien passé, elle la lâcha en la poussant de toutes ses petites forces vers la vitre. Par pure provocation, Cat sortit son chewing-gum de sa bouche pour le coller droit sur le tableau de bord – Charlie tenait à sa voiture. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire railleur, et elle lança un dernier regard de défi à la brunette. Puis, dans un geste théâtral, elle fit voler ses longs cheveux en se retournant d’un bloc, et ouvrit la portière pour sortir de la voiture.
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MessageSujet: Re: 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.   Mar 27 Aoû - 17:52

L’adrénaline. Tout ne tenait qu’à l’adrénaline. Charlie en avait découvert les bienfaits que tardivement dans sa vie de jeune adulte, mais en était désormais accro. A la manière du café ou du tabac pour d’autres, l’adrénaline provoquait chez elle une folie certaine qui la menait à commettre des actes improbables, voire pour la plupart dénués de sens. A croire que la jeune femme était plus corruptible que la moyenne lorsqu’il s’agissait des petites addictions de la vie. L’alcool avait été la première de toutes à faire des ravages chez elle : conscients qu’elle ne tenait absolument pas la boisson, ses camarades de l’Ohio State University s’étaient amusés à l’inviter aux plus grandes soirées estudiantines de l’université dans l’espoir qu’elle finisse la soirée complètement ivre, à exécuter le moindre de leurs petits plaisirs pervers. Elle n’avait pas accepté la moitié de ces invitations, bien sûr, mais en avait néanmoins fait les frais lorsque naïve, elle s’était rendue à certaines d’entre elles. Elle savait à présent que cela aurait pu mal tourner si elle n’avait pas été accompagnée de camarades plus sérieux, qui faisaient en sorte de l’éloigner des mauvaises fréquentations. La plupart du temps, on la raccompagnait complètement saoule jusqu’à sa chambre universitaire, où elle passait le reste de la nuit la tête plongée dans le seau placé à côté de son lit. Les choses ne s’étaient guère arrangées lorsqu’elle s’était installée à Lima et avait à nouveau succombé à la tentation après avoir rencontré la fêtarde Lexie Preston. Pourtant, en un sens, l’ambiance des soirées passées à la pension était complètement différente de celle qu’elle avait rencontrée à Colombus. Avec Lexie ou même Anna dans les parages, elle savait qu’il y avait toujours quelqu’un pour garder un œil sur elle au cas où elle dérapait, ce qui était largement plus sécurisant que de se retrouver dans un appartement universitaire entourée de grands gaillards la reluquant d’un air mauvais. Elle n’avait dérogé à la règle que deux fois chez les Preston, lorsqu’elle avait quitté la pension en compagnie d’un homme, qui n’était autre que Wyatt. Celui qui deviendrait son Wyatt. Lima avait heureusement la chance d’accueillir plus de gentlemen que Colombus.

L’adrénaline était quant à elle sa dernière addiction en date, qu’elle avait d’abord découvert au cours de ces soirées avec Wyatt, puis, dans un autre contexte, avec Ecaterina lorsqu’elles s’étaient lancées dans une compétition « Second Chances vs. Urban Hymns », quelques mois plus tôt. Elle qui avait toujours eu l’étiquette de fille sage et discrète s’était retrouvée embarquée dans une aventure dangereuse qui avait mis en évidence une attirance avérée pour le risque. Lorsqu’elle avait enfilé sa combinaison noire pour la toute première fois, elle s’était étrangement sentie plus affirmée, comme si cette tenue possédait quelques pouvoirs insoupçonnés qui parvenaient à mettre sa détentrice dans la peau d’une super-héroïne. Aussi, passés les premiers moments d’appréhension en sortant de chez elle en pleine nuit dans cet accoutrement pour le moins révélateur, elle avait oublié la terreur qu’elle aurait dû ressentir à l’idée de se faire prendre et s’était élancée jusqu’à la gare, où elle avait inscrit le nom de sa chorale en toutes lettres à l’aide d’une bombe de peinture bleue. Seule la sirène en provenance d’une voiture de police était parvenue à calmer ses ardeurs et à lui remettre les idées en place quelques minutes plus tard, et elle n’avait probablement jamais couru aussi vite de sa vie, fuyant à la fois la surveillance des policiers et la menace d’une nuit passée au commissariat.

Voilà pourquoi elle avait décidé de jouer avec Ecaterina ce soir-là et de l’emmener chez les Hamilton : pour goûter une nouvelle fois au risque, et tester ses limites. Elle était la seule à qui elle faisait confiance pour ce genre de mission, la seule également qui connaissait son penchant pour ce genre d’aventure rocambolesque –si l’on excluait Warren Delacroix de l’équation, à qui elle avait autrefois offert ses services d’espionnage. Jamais elle n’aurait pu partager ce genre de virée nocturne avec qui que ce soit d’autre, et encore moins Wyatt qui, pour sa dignité, ne devait jamais découvrir que sa petite-amie avait tendance à s’amuser de petits délits commis pour le plaisir. A la limite, elle pourrait raconter ce genre de chose à Ryder, peut-être même à Lexie –elle était certaine que ça ne les choquerait pas- mais le beau gynécologue devait à tout prix rester éloigné de ces histoires. S’il venait à apprendre qu’elle s’apprêtait à débarquer chez les Hamilton au beau milieu de la nuit pour se venger de leur fille cadette, elle était certaine qu’il ne l’approuverait pas et la pousserait à abandonner de tels projets. Et il en était hors de question.  

Appuyant sur la pédale de frein pour faire ralentir le véhicule, Charlie finit par se garer dans la banlieue et annonça la « surprise » à Ecaterina, certaine que cette dernière ne tarderait pas à lui crier les pires insultes pour l’avoir emmenée là contre son gré –et pourtant, Cat n’était pas du genre à avoir l’insulte facile. La réaction de cette dernière fut pourtant toute autre : au lieu de puiser dans son vocabulaire les pires méchancetés du monde, elle se contenta de lui dire qu’elle le savait depuis le début… avant de se jeter sur elle pour lui tirer les cheveux et la secouer dans tous les sens comme une vulgaire poupée de chiffon. Au lieu de lui prier de s’arrêter, Charlie la laissa faire, certaine qu’il fallait qu’elle se défoule pour pouvoir ensuite entrer dans son jeu. « C’est bon ? Tu as fini ? » Lui demanda-t-elle quand Cat s’éloigna enfin d’elle. Posant une main sur son crâne douloureux, Charlie fronça le nez : cela lui faisait encore un mal de chien. Du coin de l’œil, elle aperçut Cat qui collait son chewing-gum sur le tableau de bord avant de sortir de la voiture. « Dégueulasse. Cette fille est dégueulasse » Murmura Charlie, dégoûtée par ce geste. Ouvrant la boite à gants, elle récupéra un paquet de mouchoirs et en extirpa un du plastique pour retirer le chewing-gum tout humide.  « Beurk » Fit-elle avant de poser le mouchoir dans le renfoncement de la portière –elle s’en occuperait plus tard. Jetant un coup d’œil à l’arrière de la voiture, elle constata que Cat avait récupéré le sac à dos dans le coffre. Avec un peu de chance, elle s’exécuterait et enfilerait sa combinaison. Pour patienter, Charlie acheva de dévoiler la sienne : après avoir retiré ses sneakers, elle fit glisser son jean jusqu’à ses pieds puis noua à nouveau les lacets de ses chaussures. Plongeant ses deux mains dans ses cheveux châtain, elle les attacha rapidement puis vérifia son allure dans le rétroviseur intérieur. Certes, elle était encore reconnaissable ainsi puisque son visage était toujours à découvert ; néanmoins elle avait toujours la cagoule sombre dans le sac à dos pour le protéger des regards indiscrets. Plissant les yeux, elle tenta de se donner un air dangereux puis releva le rétroviseur pour le repositionner correctement, prête à se lancer.

Faisant claquer la portière derrière elle, Charlie rejoignit Cat derrière la voiture et constata qu’elle avait enfilé la combinaison qu’elle avait prévue pour elle.  Et un point pour la brune, un ! Car oui, c’était déjà une victoire en soi. Souriant de toutes ses dents, Charlie attrapa le sac à dos dont elle fit glisser la lanière sur son épaule puis tapota la joue de Cat. « Allez, souris un peu, Robertson ! On dirait que t’as rendez-vous avec la grande faucheuse, là ! ». Prenant son amie par l’épaule, elle l’attira vers l’avant de la voiture avant de grimper sur le capot. S’installant sur ce dernier, elle jeta un coup d’œil en direction de la maison des Hamilton, que l’on discernait mieux de ce côté-là. « D’après ce que je sais, les Hamilton sont partis pour la soirée, ce qui nous laisse le champ libre. Je ne suis jamais entrée dans cette maison, mais je n’ai pas l’impression qu’il y ait un dispositif d’alarme ou de vidéosurveillance. Encore un bon point ! Bref, pour entrer, je pense que nous pourrions d’abord vérifier le tapis devant la porte principale, ou les pots de fleur. Avec un peu de chance, les Hamilton y laissent un double des clés, comme tout américain qui se respecte. Sinon, on peut vérifier l’arrière de la maison, côté jardin, voir s’il y a des fenêtres ouvertes. Et en dernier recours, eh bien… il y a toujours la trappe du chat. Tu es petite, tu passeras forcément. Et puis comme ça, une fois à l’intérieur, tu pourras m’ouvrir ! » Annonça-t-elle, toute guillerette. Son plan avait ses failles, elle le savait, mais qui ne tente rien n’a rien. Or, elle était bien décidée à tout tenter. « Une fois à l’intérieur, il faudra trouver la chambre de Grace et faire en sorte de ne rien bouger dans les autres pièces de la maison. Je n’ai pas spécialement envie que le pasteur découvre que quelqu’un s’est amusé à rentrer chez lui. Lui, je l’aime bien. C’est sa fille qui me donne des envies de meurtre » Choisit-elle de préciser. Elle détailla le regard de Cat pour tenter de savoir si elle était vraiment prête à la suivre jusqu’au bout, puis reprit. « Et enfin, une fois dans la chambre… tu sais quoi chercher ! ». Le regard de Charlie s’illumina d’une lueur mauvaise. Elle avait hâte de se lancer ! « Alors, prête ? ».
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MessageSujet: Re: 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.   Mer 28 Aoû - 19:25

Dans l’ensemble, les gens avaient tendance à sous-estimer Ecaterina. Évitons pour une fois d’énumérer les centaines d’idées reçues dues à son physique de poupée et à sa blondeur naturelle, son entourage ne se méfiait pas d’elle pour la simple raison qu’elle était dotée d’un caractère calme, bien qu’alambiqué sous certains aspects, mais après tout personne n’est parfait. Les malheureux oubliaient le proverbe qui dit de se méfier de l’eau qui dort, car à de maintes reprises la jeune femme avait également prouvé qu’elle était imprévisible à souhait. Personne ne savait jamais comment elle réagirait à une situation qu’on lui imposait. C’était la raison pour laquelle on ne lui préparait pas de fête surprise ou qu’on ne l’emmenait pas pour des virées à l’autre bout du pays sans la prévenir au préalable par peur qu’elle leur fausse compagnie. Dorian, qui avait quitté sa jeune sœur lorsqu’elle était encore enfant, s’était aperçu sur le tard que l’adolescente qu’elle était devenue avait tendance à se rebiffer de manière tout à fait opposée à celle qu’il imaginait. Il n’était pas le seul à avoir été la victime de la blondinette et de son tempérament au cours de ces six dernières années. Aussi, Lynn avait dû s’y adapter, tandis que Seth avait su l’apprivoiser, et que Gale avait appris à ses dépens qu’il valait mieux ne pas la contrarier. Charlie venait elle aussi de goûter à toute l’étendue des humeurs changeantes de sa meilleure amie qui n’avait pas trouvé mieux que de passer sa déception sur sa tête qu’elle avait secouée de toutes ses forces pour finalement la laisser comme une âme en peine à l’avant de sa vieille Ford.
Ecaterina avait beau avoir débusqué le pot-au-rose bien avant que Charlie daigne lui révéler la raison de leur voyage nocturne chez Jesusland, elle eut un pincement au cœur en constatant que ces temps derniers, elle semblait l’appeler uniquement pour mettre en route cette chasse à la pucelle dans laquelle elle s’était lancée. Ne pouvaient-elles pas passer une soirée entre filles comme avant ? La blonde était loin d’avoir cédé aux chants mélodieux de la jalousie, mais elle avait bien le droit de prendre mal les choses quand celle avec qui elle avait vécu pendant des mois ne se souvenait de son existence que quand il s’agissait d’aller voler des biens à une fanatique religieuse. Ses sentiments mis à mal, Ecaterina claqua la portière de la voiture avec vivacité, ses longs cheveux se replaçant d’eux-mêmes sous la brise fraîche qui se faufilait dans les rues mal éclairées de la banlieue de Lima. Après avoir jeté un regard vague par-delà le grand arbre érigé au bord de l’allée des Hamilton, elle se dirigea vers l’arrière pour récupérer la panoplie de la parfaite cambrioleuse que Charlie lui avait préparée.

Sans doute poussée par le désir de passer un peu de temps avec sa meilleure amie, Ecaterina se dit que maintenant qu’elle était là, elle ne pouvait plus faire marche arrière, contredisant sans même ressentir un peu de gêne son habitude de contrer les projets que les autres faisaient à sa place. Néanmoins, elle n’était toujours pas d’accord avec la brunette. En ouvrant la fermeture éclair du sac qui gardait les vêtements qu’elle devait enfiler sous les ordres d’Action Charlie, elle se promit de lui faire savoir qu’elle la trouvait idiote à bien des niveaux, puis caressant de bout des doigts la cagoule qu’elle tenait entre ses mains, elle roula des yeux en la jetant à l’arrière de la voiture, et se débarrassa de son sweat dans la foulée, se retrouvant en soutien-gorge au beau milieu du trottoir.
Elle n’était même pas certaine d’avoir envie de rejoindre la cause de Charlie en réalité. Ecaterina la comprenait, seulement, elle savait qu’il y avait d’autres moyens plus efficaces pour faire entendre raison à une jeune femme qui visiblement s’était amourachée de Wyatt sans véritablement connaître les enjeux de ses penchants érotomanes. Et surtout, sans s’imaginer une seule seconde que la petite amie de sa cible divine soit aussi déjantée que l’était Watson-Brown. Ecaterina avait été bête de penser que c’était en faisant justice elle-même que Charlie en viendrait à bout, car en réanalysant la situation dans la précipitation, frissonnant au contact de la fraîcheur sur sa peau dénudée, elle comprit que le cas Grace Hamilton relevait plus de la psychiatrie qu’autre chose, et que ce qu’il lui fallait, ce n’était pas que quelqu’un lui retire le balai qu’elle avait coincé entre les fesses comme l’avait dit Charlie avec toute la distinction qui s’impose lors de sa visite à Columbus, mais que quelqu’un lui prescrive une bonne dose de psychotropes pour qu’elle évite de déclencher la World War Watsbury.

Le zip de la fermeture éclaire qu’elle remonta précéda la voix de Charlie qui s’approcha d’elle, la mine victorieuse. Ecaterina détourna les yeux quand elle lui tapota la joue, et ne releva pas à sa remarque, rongeant docilement son frein. Elles avaient déjà été à deux doigts de se faire embarquer pour le même genre de méfaits, une fois. À l’époque, Ecaterina avait eu peur, mais ce n’était rien comparé à l’appréhension qu’elle ressentait à l’instant-t. Elle choisit cependant de ne pas se départir de l’expression neutre qu’elle revêtit en même temps que ses sneakers, et forcée d’écouter Charlie lui exposer son plan plus que boiteux, elle s’attacha les cheveux, les rassemblant en un bun impeccable.

« Moi, je suis certaine qu’ils ont un dispositif de sécurité, et tu sais ce que c’est ? » Ecaterina se rapprocha de Charlie, et après avoir glissé une dernière mèche récalcitrante dans son chignon, elle pointa le ciel comme si elles étaient sous-surveillance « Lui. » Mais Charlie s’en fichait. Alors, attrapant les gants noirs qu’elle enfila en étirant ses doigts, elle se contraignit au silence, puisque son avis n’avait de toute façon aucun effet sur la jeune femme. C’est seulement quand Charlie lui demanda si elle était prête qu’elle releva lentement le regard vers elle, cessant de faire jouer le cuir de ses gants en remuant les mains comme un savant fou prêt à disséquer de pauvres bêtes et qu’elle lui répondit « Absolument pas. » Elle leva la tête puis croisa les bras sur sa poitrine, un sourcil en accent circonflexe « T’es folle ou quoi ? » Dur « Dans quelle époque tu vis ? Tu crois vraiment que la fille Hamilton se trimballe avec une ceinture de chasteté ? Les Jonas Brothers ont inventé l’anneau de pureté il y a quinze ans, c’était pour quoi à ton avis ? Ça ne m’étonnerait pas qu’elle ait préféré cette alternative plutôt que de vivre avec les ovaires comprimés ! » Elle sonda intensément les yeux de son interlocutrice, pendant qu’un sourire dépité se dessina sur son visage. Elle leva les bras au ciel et secoua la tête en soupirant avant de reprendre « Seigneur ! » Ce n’était peut-être pas le bon moment, pensa-t-elle un peu trop tard. Elle mit toutefois ses craintes de côté, continuant un peu plus fort « C’était une blague, Charlie ! J’étais pas sérieuse, l’autre fois. Tu as déjà la chose la plus importante pour elle : Wyatt ! » À supposer que Wyatt soit une chose. Certes, elle ne le portait pas dans son cœur depuis toujours, mais il ne fallait pas pousser non plus. C’était un homme, voyons « Elle aura compris le message une fois qu’il te passera la bague au doigt. Ce qui ne devrait pas tarder à arriver. Je sens ce genre de choses, j’ai un don. » Elle renifla l’air avec dédain, comme si elle sentait l’odeur de la pierre ornant une bague de fiançailles invisible, puis elle recroisa les bras, et baissa d’un ton pour poursuivre « Te venger, c’est lui accorder de l’importance. Au fond, c’est ce qu’elle cherche. Comment tu crois qu’elle va interpréter ton geste si elle vient à apprendre ce que tu es sur le point de faire ? Elle se dira que tu as peur d’elle, et que tu n’as pas confiance en Wyatt. Bingo ! Ça lui ouvre la voie pour passer au niveau suivant. Et toi, ma vieille, tu seras game over. » Voilà comment on s’exprimait après avoir connu Seth Catalano.

Dans un dernier soupir, Ecaterina leva les yeux au ciel, ses pupilles claires détaillant les étoiles à peine visibles. Elle pourrait faire ce qu’elle veut, Charlie n’entendrait pas raison, elle en était consciente. De fait, se mordant une dernière fois la lèvre, elle inclina la tête sur le côté, coulant un regard plein de désolation à sa meilleure amie « Il nous faut un signal si jamais les choses tournent mal. » Elle miaula brusquement – avec talent, ceci dit – et sortit son téléphone portable du jean qu’elle avait plié pour le glisser dans la ceinture de sa combinaison moulante « Ça sera ça, et rien d’autre. » Puis elle se dirigea d’un pas déterminé vers le perron des Hamilton, laissant le soin à Charlie de verrouiller sa voiture.
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MessageSujet: Re: 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.   Jeu 29 Aoû - 17:06

Ses projets avaient beau paraitre futiles, pour Charlie ils revêtaient néanmoins une importance toute particulière. Son but premier n’était pas tant d’impressionner Grace Hamilton ou de lui démontrer ses talents de cambrioleuse, mais plutôt de se rassurer elle, de se prouver à elle-même qu’elle était capable de se venger. Qu’elle n’avait pas peur. C’était ce qui la poussait à aller jusqu’au bout, quitte à ennuyer Cat qui manquait cruellement d’enthousiasme dans cette affaire. Elle savait que cette dernière ne pouvait pas comprendre ; avait-elle déjà été une seule fois menacée par d’autres filles ? Non, bien sûr que non. Cat avait tout pour elle : un physique de rêve, un esprit vif et une confiance en soi que lui enviait Charlie. Qui aurait voulu se mesurer à elle ? La partie était de toute façon perdue d’avance. La Second Chances, elle, était loin de s’approcher de la perfection. Trop impulsive, lunatique et susceptible, elle possédait le genre de caractère qui pouvait faire fuir les hommes. Pendant longtemps, elle avait considéré cet aspect de sa personnalité comme une façon de se protéger de ces derniers, qu’elle n’avait pas voulu faire entrer dans sa vie, encore trop bouleversée depuis les désillusions survenues au cours de son adolescence. A l’époque, elle souhaitait simplement qu’on lui fiche la paix afin qu’elle puisse continuer de vivre sa vie tranquillement, loin de toute tentation qui engendrerait inévitablement de nouvelles déceptions. Et le moins que l’on puisse dire était qu’elle y était parvenue avec brio pendant plusieurs années. A l’Ohio State University elle n’était jamais sortie avec personne, déclinant machinalement chaque invitation, l’une après l’autre, sans la moindre hésitation. Et elle aurait pu continuer longtemps ainsi si elle n’avait pas rencontré le Docteur Pillsbury, qui avait réussi à se frayer un chemin jusqu’à son cœur pourtant si bien protégé. Le piège s’était finalement refermé sur elle et elle avait compris qu’elle pouvait enfin se reposer sur quelqu’un, accorder sa confiance. Aimer.

Voilà pourquoi elle était inquiète en permanence. Pourquoi elle ne pouvait s’empêcher d’éloigner toutes tentations de son petit-ami et de leur faire comprendre, à toutes, qu’elle n’avait plus l’intention de se laisser marcher sur les pieds ni de souffrir comme cela avait été le cas par le passé. Elle était plus forte, aujourd’hui, plus affirmée. Sa démarche était peut-être maladroite, mais elle faisait tout pour défendre son couple. Et si, pour se rassurer, elle devait se venger de Grace Hamilton en prenant les conseils de Cat au pied de la lettre et en tentant d’effrayer la Second Chances, elle était prête à aller jusqu’au bout, afin de connaitre la satisfaction de se savoir protégée. Elle n’avait plus le droit d’abandonner son projet maintenant qu’elle était si près du but. Et pourtant, au plus elle observait Cat dont la moue était définitivement réprobatrice, au plus elle doutait. D’elle-même, de son plan foireux mais aussi de l’objectif de sa mission. Alerte, son adrénaline semblait déjà rebrousser chemin, et les paroles de Cat n’arrangèrent en rien la situation. La détermination de la jeune femme en prit un sacré coup, à l’image de son égo lorsque Cat la qualifia de folle. Le regard vissé sur celui de sa meilleure amie, Charlie l’écoutait patiemment, ses certitudes s’amenuisant au fil de ces paroles pleines de sagesse. Bien sûr que non elle ne s’attendait pas réellement à trouver une ceinture de chasteté dans la chambre de Grace, ou même une clé appartenant à ce genre d’appareil. Elle n’était pas si idiote. Seulement, cela lui donnait un but. La ceinture de chasteté de Grace n’était qu’un prétexte pour s’introduire dans sa chambre et y chercher un objet précieux qui lui manquerait une fois qu’elle l’aurait dérobé. Pourtant, Charlie ne répliqua pas, trop vexée pour lever le ton de sa voix. Elle avait l’impression d’être dans la peau d’une fillette de dix ans à qui l’on fait la morale après qu’elle ait volé des bonbons à la boulangerie. C’était humiliant. Tout ce qu’elle souhaitait était s’amuser avec Cat, c’était pour cette raison qu’elle l’avait embarquée dans cette aventure. Elle voulait partager un nouveau souvenir avec elle, l’éloigner de son appartement morose, de son quotidien ennuyant. Depuis qu’elle vivait à Columbus, Cat lui semblait plus distante, moins encline à sortir. Elle voulait la réveiller une bonne fois pour toutes et lui montrer que le Monde continuait de tourner autour d’elle, que tout ne se résumait pas à Columbus, sa nouvelle vie universitaire ou encore à son job à la bibliothèque universitaire !

Serrant les dents, Charlie détacha son regard de celui de sa meilleure amie et le riva au sol alors que cette dernière lui parlait à présent de mariage, comme si Wyatt allait lui faire sa demande du jour au lendemain. La brunette ne put s’empêcher de rire jaune, pivotant sur le capot de la Ford comme pour échapper davantage au regard bleu de son amie. Depuis qu’elle avait emménagé chez lui, Wyatt passait le plus clair de son temps à l’hôpital et Cat pensait qu’il était prêt à s’engager ? Le couple n’avait pas passé une seule soirée ensemble depuis des semaines sans que celle-ci ne soit interrompue par des coups de fil incessants en provenance de Ste Rita. Wyatt la laissait toujours seule chez lui. Elle s’endormait seule sur le canapé, se réveillait seule dans son lit. C’était bien simple : Charlie ne l’avait jamais aussi peu vu que depuis qu’elle vivait chez lui. A croire que tous les prétextes étaient bons pour s’éloigner de cet appartement où vivait à présent sa petite-amie. La Second Chances avait beau essayer d’éloigner ces pensées pessimistes de son esprit, ils revenaient à la charge dès que les doutes refaisaient surface. Or ce soir-là, installée devant la maison des Hamilton, alors qu’elle avait tout fait pour rendre les choses amusantes, elle doutait à nouveau en écoutant les paroles de Cat. Et une chose en entrainant une autre, elle se dégonflait déjà, avant même d’avoir mis un pied sur le terrain appartenant à la famille modèle de Lima. Il n’y avait pas plus influençable que Charlie Watson-Brown, pour sûr.

Perdue dans ses pensées, la jeune femme n’entendit même pas les dernières paroles de Cat et ne se réveilla que lorsque cette dernière s’aventura en direction de la maison des Hamilton. « Arrête, Cat » L’interrompit-elle. Elle qui avait hâte de se lancer quelques secondes plus tôt, toute excitée à l’idée de faire le tour de la propriété afin d’en découvrir la faille et de s’introduire dans la chambre de Grace, venait de renoncer à ses projets. Elle avait été idiote de penser qu’elle parviendrait à convaincre Cat. Levant le regard vers la silhouette de la jolie blonde, elle secoua la tête. « J’ai compris, tu ne veux pas y aller, tu trouves que tout ceci est débile. Message reçu cinq sur cinq. Désolée de t’avoir amenée ici contre ton gré, désolée aussi de t’avoir mêlée à ces histoires ». Sautant sur ses pieds, elle rouvrit la portière côté conducteur d’un geste vif, s’installa sur le siège et posa nonchalamment son coude sur le volant avant de caler son menton dans le creux de sa main. Elle était déçue, cela ne faisait aucun doute. Renoncer, c’était prouver à la cadette Hamilton qu’elle avait raison de s’en prendre à elle sans se soucier des conséquences. Elle avait beau clamer haut et fort qu’elle avait un véritable potentiel badass, au fond elle n’était qu’une femme effrayée de perdre tout ce qu’elle était parvenue à construire en une année de temps. Se mordillant la lèvre inférieure, elle se redressa avant de jeter un coup d’œil en direction de Cat, qui s’approchait à présent du véhicule. Malgré tout, Charlie ne pouvait lui en vouloir : c’était elle qu’il fallait blâmer dans cette histoire, pas Cat. Ouvrant la vitre de la voiture pour observer directement son amie, elle parvint à esquisser un mince sourire. « C’est dommage, parce que tu es vraiment sexy dans cette tenue, tu sais » Fit-elle afin de détendre l’atmosphère, sans toutefois parvenir à décrisper ses traits. Et puis, levant un regard plein d’espoir vers Cat, elle fit une dernière tentative. « Dis, tu penses que ce serait crédible si je me faisais passer pour le Seigneur en écrivant une lettre destinée à Grace dans laquelle il serait écrit noir sur blanc que Wyatt n’est pas son âme-sœur mais qu’en revanche… je ne sais pas moi, Larry Faithorn lui est destiné ? Ou mieux encore, Jordan Avery ! Tu sais, mon collègue macho ? Ça se tente, je suis sûre qu’elle y croirait… Et puis, elle me lâcherait la grappe… ». Elle croisa le regard de Cat et haussa les épaules. « Non ? Bon tant pis, j’aurais essayé ».
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MessageSujet: Re: 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.   Dim 1 Sep - 17:42

Charlie avait besoin d’Ecaterina pour faire la peau à une morue qui voulait attirer dans ses filets le beau gynécologue roux – soit. Elle ne partageait définitivement pas la vision des choses de Charlie, et n’était pas très chaude pour se lancer dans un remake de The Bling Ring, la détresse dans laquelle sa meilleure amie s’était enfoncée la contraignait cependant à mettre son jugement farouche de côté pour lui venir en aide. L’amitié, c’était important pour Ecaterina, plus que l’amour en réalité. Charlie avait fait des choses pour elle que jamais elle n’oublierait. Elle l’avait prise sous son aile, mettant de côté son mauvais caractère pour la sortir de sa léthargie à bien des reprises, et d’après son propre jugement, elle n’avait jamais su lui rendre la pareille, quand bien même elle avait timidement tenté de lui faire retrouver le sourire lorsqu’elle avait perdu momentanément l’usage de sa main au cours des derniers mois durant lesquels elles avaient vécu ensemble. Bien qu’elle pensait qu’avoir recours à ces enfantillages était une erreur monumentale qui leur retomberait probablement sur le coin de leurs jolis nez, si Charlie avait cru bon mettre tous ses espoirs en son potentiel badass, c’était qu’au fond, Ecaterina avait les capacités requises pour faire mordre la poussière à Bernadette Soubirous. Pour le bien de Charlie, elle devait mettre son amour propre de côté pour lui confirmer une fois pour toutes qu’elle n’avait rien à craindre de Grace Hamilton, et qu’elle était la seule propriétaire du cœur de Wyatt. Seulement, ce n’était pas en l’assénant d’un discours moralisateur qu’elle y parviendrait. Après avoir éprouvé le besoin de faire savoir à la jeune femme qu’elle était contre ce qu’elles s’apprêtaient à faire, Ecaterina se mit en marche vers la demeure des Hamilton, prête à passer par la chatière si jamais elles ne trouvaient pas les clefs.
Sa course déterminée fut interrompue par la voix de Charlie qui résonna dans le vaste espace qui la menait jusqu’à l’entrée. Elle lui demandait de s’arrêter, et à l’instant même où elle ouvrit la bouche, Ecaterina s’aperçut qu’elle avait été trop intransigeante. C’était ce qu’elle craignait, d’avoir été trop dure ou trop franche dans ses propos. De là où elle était, elle pouvait sentir toute la déception de Charlie de ne pas avoir réussi à faire entendre raison à la blonde qui s’était cantonnée à lui exprimer toute la répulsion qu’elle avait pour son plan qui semblait pourtant avoir été mûrement réfléchi. Distinguant la silhouette de son amie qui se redirigea vers la voiture dans laquelle elle remonta, Cat ferma les paupières en se mordant les lèvres, s’en voulant immédiatement de s’être montrée si peu enthousiaste.

Quelques minutes plus tard, elle refit le chemin inverse pour rejoindre la voiture à son tour. Par la vitre, elle salua l’effort de Charlie de faire un peu d’humour, et pour ne pas creuser le malaise, elle tourna sur elle-même en défilant sur plusieurs mètres sous ses compliments (elle savait y faire, ce fut son métier, après tout), avant d’ouvrir la porte et de se caler dans son siège en lançant un regard navré à Charlie.
Elle aurait voulu comprendre pourquoi elle semblait avoir aussi peur de cette fille, alors que Wyatt n’avait d’yeux que pour celle qui se trouvait à ses côtés. Jamais ils n’avaient parlé de Charlie ouvertement, leur relation tendue ne leur permettant pas de s’épancher sur ce genre de sujet très intime, mais Cat ressentait tout ce que Wyatt éprouvait pour Charlie. Comme une éponge qui absorbait le liquide pour mieux gonfler, elle se nourrissait de l’adoration du jeune docteur pour sa meilleure amie, cela la rassurait quant au fait qu’elle était entre de bonnes mains et que jamais il ne la ferait souffrir.

Écoutant la jeune femme continuer sur le ton de l’humour, Ecaterina posa l’arrière de son crâne sur l’appui-tête, et quand le silence s’installa dans l’habitacle, elle se risqua à dire à voix basse « De quoi tu as peur, Charlie ? » Les yeux de la blondinette restèrent fixés sur le pare-brise sale de le vieille Ford, pendant qu’elle continuait sur un ton assez doux « Elle n’est pas aussi jolie que toi, ni plus intelligente, si c’est ça qui te contrarie. » Elle fit alors glisser son regard sur Charlie et se redressa pour la regarder, un sourcil levé « D’accord, elle a Dieu de son côté, mais toi aussi tu l’as, tu vas à l’Église tous les dimanches. Tu n’es peut-être pas l’image qu’on se fait habituellement des croyants, mais c’est ça qui fait ta force. T’es différente de tous ceux qui croient en celui que tu pries. » Elle marqua une pause, puis attrapa le menton de Charlie pour qu’elle affronte son regard bien en face « Est-ce que Grace peut prétendre être aussi unique que toi ? Je ne crois pas. Elle est juste un mouton parmi tous les autres. » Ecaterina serra les lèvres très fort, s’apercevant que le goût de son chewing-gum s’était déposé sur l’ourlet de sa bouche qu’elle humecta par réflexe. Elle récupéra sa main pour resserrer l’élastique de sa queue de cheval, et dans un soupir, elle continua « Maintenant, si tu as vraiment besoin de ça pour te rassurer, et aller constater par toi-même que cette pétasse ne vaut pas mieux que toi, j’en suis. Je garderai mes états d’âme pour moi jusqu’à ce que tu réussisses à te rentrer dans le crâne que c’est toi que Wyatt aime. » Elle haussa les épaules, comme si c’était une évidence « Au moins tu sais ce que j’en pense, Charlie. » Soudain, elle fronça le nez, se repassant mentalement tout ce qu’elle venait de dire. Elle avait juré. Chose qu’elle ne faisait pas d’ordinaire, venant d’une famille où les grossièretés ne passaient pas le seuil de la maison ; c’était dans ces moments-là qu’elle prenait conscience qu’elle était une vraie Robertson, ce dont elle doutait de temps à autre. De fait, elle prit une moue dubitative et rajouta, la voix pleine de sourires « Et ouais, je l’ai bien traité de pétasse. » Un vrai sourire cette fois passa sur son visage, et elle retourna son minois vers Charlie « Je peux le dire encore si ça te fait plaisir ! Si j’étais toi, j’en profiterais ! »
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MessageSujet: Re: 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.   Lun 2 Sep - 16:34

Si Charlie utilisait l’humour pour détourner l’attention de Cat de ses véritables problèmes, elle n’en demeurait pas moins attristée d’avoir dû faire une croix sur son projet initial. Elle n’avait pas l’habitude de se dégonfler ainsi ; lorsque Charlie Watson-Brown avait une idée derrière la tête, il était généralement difficile de la lui déloger. Têtue au possible et plus persévérante que la moyenne que ce soit sur un plan professionnel ou plus personnel, elle ne perdait que rarement de vue ses objectifs et s’arrangeait toujours pour les atteindre, qu’importe le temps que cela pouvait bien lui prendre. Après avoir décroché son diplôme au lycée, par exemple, elle avait tout fait pour s’éloigner du noyau familial et se rapprocher de l’Ohio et des racines de son père, ce qu’elle était parvenue à faire avec brio. Plus tard, lorsque ses capacités et notamment son manque de progrès en cours avaient été remis en question par son professeur de latin à l’Ohio State University, Charlie avait tout fait pour lui montrer qu’elle était tout à fait capable d’évoluer et que si elle n’avait pas pris la peine de se pencher suffisamment sur son cours, ce n’était pas tant parce qu’elle n’avait pas les capacités requises mais plutôt parce qu’elle jugeait que ses autres cours étaient bien plus importants que celui-ci. Le semestre suivant, ce n’était plus un pauvre B- qui figurait dans son bulletin de notes, mais bien un magnifique A, et elle n’avait nullement hésité à se pâmer devant le vieux bougre qui lui servait de professeur, l’année suivante. Charlie aurait pu citer des dizaines d’anecdotes relatives à sa vie estudiantine de ce goût-là. Si elle avait réussi, c’était principalement grâce à ce trait de caractère. Elle détestait l’échec mais savourait la réussite, surtout lorsqu’elle avait travaillé dur pour l’obtenir.

Pourtant, son entêtement n’était pas toujours une qualité, ce dont elle avait parfaitement conscience. Lorsqu’elle ne parvenait pas à ses fins, c’était sa confiance qui en prenait un coup et elle s’enfonçait alors dans le déni ou la frustration. Ce soir-là, si elle n’avait pas eu Cat à ses côtés elle aurait probablement réagi de la même façon ; agacée de ne pas avoir le dernier mot, elle se serait enfermée dans sa voiture sans un mot, rembrunie par l’échec essuyé. La seule chose, ou personne, qui l’empêchait d’agir ainsi en cet instant était Ecaterina Robertson. Malgré le ressentiment qu’elle éprouvait à l’idée de ne pas avoir obtenu gain de cause, elle était néanmoins parvenue à mettre sa fierté de côté et n’essayait plus de la convaincre de faire quoi que ce soit. Non pas parce que ce serait probablement inutile, Cat étant bien déterminée à ne pas passer du côté obscur de la force –ou plus exactement, du côté criminel de la force- mais surtout parce qu’elle voyait bien que si elle continuait à l’assommer de résolutions nourries par son esprit de vengeance, elle finirait par la perdre. Or, ce n’était pas le moment d’agir en parfaite égoïste. Depuis qu’elle était rentrée de Paris, Charlie avait l’impression que sa meilleure amie n’était plus tout à fait la même, sans pour autant parvenir à mettre le doigt sur ce qui n’allait pas. Elle avait tenté de la distraire avec ses propres histoires, tenté de la secouer un peu et de la sortir de son quotidien, mais rien n’y faisait. Cat semblait être en permanence dans un état second, loin de la réalité. Et elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, la justification d’un tel comportement lui échappait complètement. Elle s’était peut-être montrée trop égocentrique ces derniers temps, à ne penser qu’à sa petite personne et ses problèmes futiles, si bien qu’elle en avait oublié d’apporter le soutien qu’elle réservait généralement à la jolie blonde. Ou peut-être qu’elle avait simplement commis une erreur avant de partir qui lui était restée en travers de la gorge ; Charlie ne savait plus. Tout ce qu’elle espérait était récupérer son amie en l’éloignant de Columbus. Une démarche qui, jusqu’à présent, s’était révélée vaine.

Alors que Cat se réinstallait à ses côtés, la Second Chances essaya une nouvelle fois de détendre l’atmosphère, sans pour autant être elle-même convaincue par le ton de sa voix que l’inquiétude ressentie perçait plus qu’elle ne l’avait souhaité. Comprenant le fond du problème, Cat lui demanda de quoi elle avait peur et Charlie détourna aussitôt le visage, son regard devenu vide fixant soudain le tableau de bord. Les compliments de son amie ne furent pas suffisants pour lui rendre son sourire et son visage se referma au fur et à mesure de ses paroles. Entendre Cat désigner ses craintes avec une telle facilité lui était difficile. C’était peut-être idiot mais elle ne voulait plus être considérée comme une faible. Elle n’avait aucune envie de partager ses inquiétudes, ni d’accepter que tout n’était pas aussi rose dans sa vie qu’elle ne le laissait penser. Tout ce qu’elle souhaitait était qu’on la considère comme une femme plus mûre et plus affirmée, qui connaissait enfin le bonheur qu’elle avait toujours recherché. En apparence, c’était le cas : elle avait Wyatt, une tonne d’amis, un travail et de véritables projets pour les Second Chances. Pourtant, si l’on y regardait de plus près, cette réalité était bel et bien controversée. Certes, elle avait Wyatt, mais elle craignait de le perdre avec toutes ces filles qui lui couraient après et ne pouvait s’empêcher de penser qu’il se plongeait dans son travail pour éviter leur vie de couple. Ses amis ignoraient quant à eux tout de cette situation, puisqu’elle en défendait férocement les détails et leur montrait toujours un visage serein, se gardant bien d’être toujours entièrement honnête avec eux. Quant à son travail, devait-elle vraiment en parler ? Être assistante n’avait rien de bien glorieux et elle détestait ses collègues. Seule la chorale semblait être à l’abri, pour l’instant : avec la soirée Disco prévue dans quelques jours à peine, la jeune femme espérait que cela remotiverait les troupes et notamment leur directrice, Cassandra.

Soupirant légèrement, Charlie sortit de sa torpeur quand Cat lui attrapa le menton et qu’elle fut forcée de l’observer droit dans les yeux. « Elle n’est peut-être qu’un mouton, comme tu dis, mais un mouton qui sait ce qu’il veut et qui est bien déterminé à tout faire pour l’obtenir. Qui sait si elle n’est pas déjà passée à l’action avec Wyatt ? Ça ne m’étonnerait même pas » Commenta-t-elle en détaillant le regard clair de sa meilleure amie, dans lequel elle aurait pu facilement se noyer. « Je ne pense pas qu’il me le dirait si c’était le cas, tu sais. Après la dispute qu’on a eue à ce sujet, j’imagine qu’il fera tout pour ne plus me faire douter. Sauf que ça ne fonctionne pas, Cat. Ça ne fonctionne pas » Répéta-t-elle avant de dégager son visage de l’emprise de ses doigts. Il fallait qu’elle rompe le contact visuel si elle ne voulait pas céder à ses émotions et laisser libre cours aux larmes qu’elle retenait depuis trop longtemps. Se mordillant la lèvre, elle détourna ainsi le regard et observa le volant d’un air désintéressé. Cat lui proposa alors d’y retourner si c’était véritablement ce qu’elle voulait, lui promettant qu’elle garderait ses commentaires pour elle. Mais le cœur n’y était plus, et la jeune femme secoua la tête dans une moue réprobatrice. La seule chose qui lui rendit son sourire fut le juron prononcé par Cat. Charlie n’avait malheureusement pas l’habitude d’entendre ce genre de mot sortir de la bouche de son amie, et elle esquissa un sourire en conséquence, admirant les efforts de Cat. Lui jetant un coup d’oeil, elle leva les yeux au ciel et tenta de dénouer le nœud placé en travers de sa gorge. Avec succès. « Tu vois que tu es une badass, au fond » Souffla-t-elle sans se départir de son sourire. « Je l’ai toujours su ». Elle observa Cat un long moment avant de retrouver un peu d’entrain. « Tu serais d’accord pour un duo de badass, prochainement ? Pas dans ce genre de contexte, promis, j’ai retenu la leçon. Je pensais plutôt à un petit retour au bar karaoké ensemble… tu te souviens de la dernière fois ? Ça pourrait être drôle. Par contre, pas de Miley Cyrus cette fois ! J’ai eu ma dose ! ».
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MessageSujet: Re: 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.   Jeu 5 Sep - 14:40

S’apercevoir que sa meilleure amie doutait si fort d’elle meurtrissait Ecaterina. Elle qui était pourtant la témoin privilégiée de toutes les qualités évidentes de Charlie, avait l’amère sensation de ne pas avoir suffisamment de pouvoir pour lui faire accepter une bonne fois pour toutes qu’elle n’avait absolument rien à envier à toutes ces filles qui toupillaient sans cesse autour du docteur McDreamy. Toutes les paroles qu’elle lui avait dites précédemment étaient sincères, sortant tout droit de son petit cœur malmené, néanmoins la jeune femme se rendit vite compte que même si cela avait manifestement touché Charlie, quelque part au plus profond d’elle-même, elle n’était toujours pas convaincue. Se retrouvant impuissante, la blonde détourna pudiquement la tête tout en la secouant après avoir conclu sur une note humoristique. Lasse, elle scruta la vue inquiétante qui s’étalait devant ses yeux teintés par une lueur persistante d’abattement. Ce qui permettait à l’ennemie de battre en retraite, c’était la confiance perceptible de l’adversaire en face. Même s’il s’agissait d’une assurance montée de toutes pièces, cela avait toujours un effet immédiat sur des détracteurs, quels qu’ils soient. Il n’y avait qu’à voir le rituel des All Blacks, rien que de la poudre aux yeux qui marchait pourtant à merveille sur les équipes du monde entier. Ecaterina n’avait certes pas la carrure d’un rugbyman néo-zélandais (elle était beaucoup moins poilue), elle n’était pas pour autant dépourvue de ressources. Elle avait appris grâce à des années de pratique que s’étoffer de plus de confiance en soi que l’on en avait en réalité était essentiel pour survivre dans ce monde rempli de cruauté. Aujourd’hui encore, qui pouvait se douter qu’une fille comme elle n’était faite que d’insécurités ?
Pas son entourage en tout cas. Elle avait toujours mis un point d’honneur à ce que personne ne s’inquiète de son sort, et ne s’aperçoive jamais que sous ses allures d’arrogante de base, une petite-fille fragile sommeillait. Elle aurait aimé rajouter du panache à son discours en prodiguant ses précieux conseils à son interlocutrice, mais le faire aurait été comme admettre ouvertement qu’elle n’était pas au meilleur de sa forme. Charlie avait assez de soucis pour devoir s’émouvoir de ceux de son amie. De ce fait, cette dernière choisit de mettre un terme à la discussion qui de toute façon tournait en rond. N’étant pas sûre que cela aille à l’avantage de Charlie, Ecaterina se mura de nouveau dans le silence pour méditer un instant sur les mots qu’elles venaient d’échanger.

Charlie avait affirmé que Wyatt ne la préviendrait pas si Grace passait à l’offensive à cause de leur dispute. Le docteur avait des défauts, mais il était un homme honnête. Cat avait été à de nombreuses reprises la cible de ses élans de franchise, elle savait donc parfaitement de quoi il en retournait ! La jeune blonde avait un regain de confiance exceptionnel envers le médecin après les évènements de juin, son jugement n’en était pas moins objectif. Un certain moment, Ecaterina hésita, envisageant d’interrompre Charlie pour lui dire qu’elle se trompait. Elle ouvrit même la bouche, mais se dégonfla aussitôt. Elle pensa que contredire Charlie encore une fois ne servirait pas sa cause et pressentit que si elle se permettait de la contrarier, cela finirait par une dispute qu’elle n’était pas la plus à même de supporter.
La voix enrouée de Charlie lui serra la gorge à elle aussi, et tandis qu’elle retournait ses yeux vers elle, Ecaterina laissa échapper un petit rire à sa proposition de refaire un duo toutes les deux mais dans d’autres conditions. La jeune femme avait conscience de ne pas avoir été d’une compagnie efficace, ni même agréable ce soir à cause de ses leçons de morales déplacées, alors elle chercha quelque chose pour se rattraper, et ne pas faire regretter à Charlie d’être son amie. Se mordant les lèvres brièvement dans un effort de concentration, elle leva la main pour contraindre Charlie au silence, et libéra son téléphone portable de la ceinture de sa combinaison moulante. Faisant danser ses doigts sur le clavier tactile, elle consulta la musique qu’elle avait à l’intérieur, et quand elle trouva ce qu’elle voulait, un petit sourire malicieux étira ses lèvres pleines.

« Et pourquoi pas maintenant ? C’est vrai quoi, la nuit est à nous ! » Elle se pencha pour déposer un baiser qui claqua sur la joue de sa meilleure amie, lui pinça les joues en fronçant le nez façon tata gâteau, et appuya enfin sur le bouton play du bout de l’index. La musique s’élança des haut-parleurs de son téléphone portable, et les premiers accords de We Can’t Stop de Miley Cyrus emplirent l’avant de la vieille voiture : It’s our party we can do what we want. It’s our party we can say what we want. It’s our party we can love who we want, we can kiss who we want, we can see who we want.
Cat fit mine de fusiller son acolyte du regard, puis annonça d’une traite « Si tu répètes à quelqu’un que j’ai cette chanson dans mon lecteur, je dis à Grace que toi et Wyatt vous avez rompus ! » C’était définitivement trop tôt pour plaisanter avec ce sujet. Ne laissant pas le temps à Charlie de comprendre cette blague d’un esprit douteux, Ecaterina se balança sur son siège au rythme des basses, et en même temps que la chanteuse qui, il fût un temps, avait le meilleur des deux mondes, elle entonna « Red cups and sweaty bodies everywhere, hands in the air like we don’t care, ‘cause we came to have so much fun now, got somebody here might get some now. » Au-dessus de sa tête, Ecaterina tendit son téléphone éclairé en fermant les yeux, habitée par la chanson qu’elle connaissait par cœur – chacun ses faiblesses. Elle ondula doucement le haut du corps, suivant les intonations rauques de feu Hannah Montana « If you’re not ready to go home, can I get a hell no, ‘cause we gonna go all night, ‘till we see the sunlight, alright. » Dans un mouvement brusque, elle activa la commande de la voiture pour la mettre pleins phares, éclairant la rue calme, et elle descendit de la voiture dans la foulée, son téléphone toujours brandit dans les airs « So la da di da di, we like to party, dancing with Molly, doing whatever we want… » En sautillant sur ses pieds comme Laura Ingalls dans son champ de pâquerettes et exécutant des pirouettes sur elle-même lui donnant des airs de patineuse artistique sous substance non identifiée, elle se dirigea vers l’avant de la voiture pour se retrouver face au pare-brise dégoûtant. Elle était littéralement sous les feux des projecteurs. Cela ne lui fit même pas plisser les yeux, à croire qu’elle avait gardé l’habitude « This is our house, this is our rules ! » Sondant intensément le regard de Charlie à travers la vitre, elle se fendit d’un grand sourire, et poursuivit le refrain en lui faisant signe avec sa main de la rejoindre sur sa scène improvisée « And we can’t stop, and we won’t stop. Can’t you see it’s we who own the night, can’t you see it, we who bout’ that life. » Sa voix s’éleva en écho dans la rue déserte pendant qu’elle faisait des petits moulinets du poignet façon danseuse du ventre en se déhanchant paresseusement au rythme de la musique.
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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
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Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
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MessageSujet: Re: 02. Cutlie on Fire/Bring the Action.   Ven 6 Sep - 17:10

Gommant peu à peu les images douloureuses de son esprit, la jeune femme concentra toute son attention sur Ecaterina afin de tenter d’oublier ce qui l’avait amenée à se retrouver là, dans sa vieille Ford, au beau milieu de la nuit. Elle devait arrêter de s’apitoyer sur son sort, de penser à toutes ces potentielles rivales qui cherchaient à s’attirer les faveurs de son petit-ami sans se soucier de leur couple. Et pour cela, quoi de mieux que retrouver le regard réconfortant de sa meilleure amie et lui proposer quelques projets qui sauraient suffisamment capter son attention ? Un duo entre amies semblait être le plan idéal. Cela n’incluait ni effraction nocturne ni esprit de vengeance et, cerise sur le gâteau, ce serait l’occasion pour elle d’entendre à nouveau Cat chanter, ce qui ne lui était plus arrivé depuis ce petit duo partagé sur un air de Miley Cyrus, au mois de juin dernier. D’autant plus que Charlie devait tester leur capacité à évoluer à deux sur scène et à faire correspondre leurs timbres de voix si elle souhaitait un jour proposer à Cat de la rejoindre chez les Second Chances –une idée qui la travaillait déjà depuis un moment, et plus précisément depuis que la  belle blonde avait quitté les Urban Hymns. A chaque fois que Cat se mettait à chanter, Charlie ne pouvait s’empêcher de penser que l’absence d’appartenance à une chorale de la jolie blonde était un véritable gâchis : avec son talent, elle aurait pu être un atout déterminant pour une chorale, de ceux qui pouvaient tout à fait faire pencher la balance en la faveur de l’une d’entre elles. Jugeant néanmoins qu’il était encore trop tôt pour l’inviter à rejoindre les nonnes de Lima –qui n’en étaient plus vraiment, d’ailleurs- elle n’avait jamais osé aborder la question en sa présence, de peur d’essuyer un refus. Ce projet lui tenait tellement à cœur qu’elle voulait au moins avoir le temps d’établir une stratégie, un plan d’attaque avant de s’engager sur ce sentier qu’elle n’avait encore jamais exploré. Elle ne voulait pas risquer de foncer tête baissée et de se jeter dans la gueule du loup sans avoir réfléchi au préalable à la façon d’aborder la question. Ce serait comme ruiner ses chances avant même qu’elles aient eu le temps de se manifester.

Le regard de Cat s’illumina soudain et la jeune femme haussa les sourcils, oubliant instantanément ses projets. Elle avait déjà vu cette lueur vibrer dans le regard clair de sa meilleure amie par le passé et aurait pu la reconnaitre entre mille : elle apparaissait à chaque fois qu’Ecaterina avait une idée derrière la tête, se traduisait comme un cocktail fait d’excitation, de malice et d’ingéniosité. Intriguée, Charlie releva le menton et alors qu’Ecaterina dévoilait ses projets, un sourire se dessina graduellement sur les lèvres de la jeune femme. Enfin, sa meilleure amie lui revenait ! Son regard vide s’était enfin animé, ses lèvres s’étaient étirées en un sourire chaleureux et son enthousiasme contagieux contaminait l’intérieur du véhicule à une vitesse folle ! S’approchant d’elle, la jolie blonde déposa un baiser furtif sur sa joue avant d’attraper son téléphone portable. « Maintenant ? Mais… » Charlie n’eut même pas le temps de finir sa phrase qu’une musique en provenance du portable de Cat résonnait déjà dans l’habitacle. Reconnaissant presque aussitôt le timbre particulier de Miley Cyrus, la brunette fronça le nez, affichant une moue boudeuse. « Je te dis « pas de Miley Cyrus » et toi bien sûr, tu me sors du Miley Cyrus ! » L’accusa-t-elle sans grande conviction ; en réalité, elle était bien trop heureuse de retrouver l’entrain de Cat pour rechigner. Cette version de sa meilleure amie lui avait tellement manquée ! Elle avait l’impression qu’elle ne l’avait pas vue dans cet état depuis des siècles et qu’elle ne faisait que fréquenter l’ombre de la belle Barbie Robertson depuis. Ecaterina Robertson is back, bitches.

Cette dernière lisant presque dans ses pensées, elle se dandina soudain sur son siège tout en reprenant les paroles de Miley Cyrus après l’avoir férocement menacée d’aller trouver Grace Hamilton si jamais elle osait dire à quiconque qu’elle avait du Miley Cyrus dans son téléphone. Faisant mine de ne pas relever le dernier nom prononcé par Blondie, Charlie l’observa d’un regard appréciatif, réellement heureuse de reconnaitre sa Cat. Cette dernière, qui faisait à présent de son mieux pour se déhancher tout en restant assise, prit une nouvelle fois les devants et alluma les pleins phares sans même laisser le temps à Charlie de réagir, puis quitta brusquement le véhicule afin de s’installer devant celui-ci, brandissant bien haut son téléphone dont le volume sonore élevé bouleversait la quiétude des lieux. L’observant avec un amusement certain depuis l’intérieur de la voiture, la Second Chances se demanda combien de minutes s’écouleraient avant que l’un des voisins n’appelle la police.  La banlieue était censée être un lieu calme ; elle misa donc sur une dizaine de minutes tout au plus.

Souriant de plus belle en retrouvant elle-même son enthousiasme, elle secoua néanmoins la tête lorsque Cat tenta de l’attirer dehors et de partager ce duo avec elle. Elle n’avait pas l’intention de se donner en spectacle à cette heure-ci de la nuit, pas l’intention de chanter du Miley Cyrus –pour la deuxième fois de sa vie, qui plus est !-, pas l’intention de… oh et puis zut ! Rouvrant la portière de sa voiture, sans même savoir ce qu’elle faisait réellement, elle s’arma de son plus beau sourire et rejoignit Cat sous les feux des projecteurs. « It’s our party we can do what we want, it’s our party we can say what we want, it’s our party we can love who we want. We can kiss who we want we can see who we want » Articula-t-elle d’une voix démesurément grave. S’arrêtant pile en face de Cat, elle se mit à danser sur le même rythme que son acolyte, levant les bras pour reproduire les mêmes gestes qu’elle. « To my home girls here with the big butt shaking it like we’re at a strip club, remember only God can judge ya forget the haters cause somebody loves ya ». Attrapant la main de Cat, elle mêla ses doigts aux siens et la souleva doucement. « And everyone in line in the bathroom trying to get a line in the bathroom we all so turned up here, getting turned up, yeah, yeah ». Entrainant son amie vers le capot, elle grimpa sur celui-ci la première puis aida Cat à en faire de même. Qu’importait l’état de sa voiture, elle avait fait ce genre de choses une bonne centaine de fois et la vieille Ford avait toujours résisté. Reprenant ensemble le refrain, Charlie soutint le regard de Cat sans se départir de son sourire. « So la da di da di, we like to party, dancing with Miley doing whatever we want. This is our house, this is our rules. And we can’t stop! And we won’t stop… ». S’interrompant brusquement, la brunette lâcha la main de son ex-colocataire et se jeta littéralement sur elle afin de la serrer dans ses bras. Nouant ses bras autour de ses épaules, elle ferma les yeux, la voix de Miley résonnant seule dans la rue déserte. Elle se sentait bien comme ça, paisible. Elle était à sa place. Profitant de ce moment qu’elle fit prolonger quelques secondes supplémentaires, elle finit néanmoins par reculer légèrement et scruter le regard de Cat. « Tu es la meilleure ! » Lui dit-elle spontanément. « Tu veux bien rentrer avec moi à l’appartement ? Wyatt sera sans doute à l’hôpital quand je rentrerai et je n’ai pas envie de dormir seule encore une fois. Je n’ai jamais testé la literie dans la chambre d’ami mais je suis sûre qu’elle doit être excellente ! ». La perspective de s’endormir aux côtés de Cat la fit sourire : elle était presque impatiente de se blottir contre elle sous les couvertures. « En souvenir du bon vieux temps ? ».


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