Choriste du mois


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 02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane.

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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
Humeur : Angoissée.
Statut : Épouse de Wyatt Pillsbury.
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MessageSujet: 02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane.   Mar 27 Aoû - 22:30


02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane


« Putain, mais c’est pas vrai ! Dites-moi que je rêve ! » S’exclama Charlie en frottant furieusement sa cheville endolorie de ses deux mains. Le vicieux punching-ball avait encore frappé, et cette fois, c’était son pied qui en avait fait les frais ! Cet objet tout droit sorti de l’enfer semblait véritablement avoir une dent contre la Watson-Brown, qu’il maltraitait à la moindre occasion. Bon, c’est vrai, d’habitude c’était plutôt elle qui le maltraitait en l’envoyant valser aux quatre coins de la pièce, mais le punching-ball prenait visiblement un malin plaisir à prendre sa revanche dès qu’il le pouvait. Les traits crispés par la douleur qui s’était répandue en elle à la seconde même où elle s’était écroulée sur le sol, Charlie tenta de masser sa cheville du mieux qu’elle le pouvait tout en jetant quelques regards noirs en direction du satané objet qui l’avait mise à terre, et ce, pour la deuxième fois en quelques mois à peine ! La dernière fois qu’une telle trahison avait eu lieu, c’était son poignet qui avait tout pris, et autant dire qu’elle avait payé le prix fort : un mois à se trainer un plâtre qu’elle détestait et qui l’empêchait de jouer de la guitare ou même d’exécuter tous les petits gestes du quotidien. Si seulement elle s’était montrée plus prudente ! Si seulement elle n’avait pas écouté son satané égo qui l’avait poussée à installer le punching-ball chez Wyatt, pour pouvoir s’entrainer comme elle le faisait avant ! Relevant le menton, elle le détailla d’un air mauvais, le regard embué de larmes que la douleur lui avait arrachées. « Crétin ! Ça ne t’a donc pas suffi de me mettre K.O une fois, hein ? Il fallait que tu recommences ! » Cracha-t-elle avant d’écraser une larme qui roulait sur sa pommette.

Soupirant bruyamment, la jeune femme se mordit la lèvre inférieure avec insistance, la douleur à hauteur de sa cheville se faisant de plus en plus aigüe. Il fallait qu’elle se relève, elle ne pouvait pas rester allongée sur le sol de la chambre d’amis indéfiniment et le savait. Prenant appui sur son pied gauche, Charlie tenta de se redresser tant bien que mal en dépit de la souffrance que causait ce geste. Serrant fort les mâchoires, elle parvint à se relever et se raccrocha à une commode pour ne pas vaciller à nouveau. Jetant un dernier regard au punching-ball, elle ne put s’empêcher d’enfoncer son poing dans celui-ci, ce qui provoqua une nouvelle vague de douleur du côté de sa cheville, déstabilisée par le geste. « Gros naze » Grommela-t-elle entre ses dents avant de claudiquer vers la porte de la chambre, sur un seul pied. L’appartement ne lui avait jamais semblé aussi grand de sa vie qu’en cet instant précis. Le salon lui semblait terriblement lointain, et la salle de bain, hors de portée. Pourtant, il fallait à tout prix qu’elle mette la main sur la mini-pharmacie que son petit-ami conservait précieusement dans le premier tiroir de la commode de la salle de bain. Quand elle avait emménagé avec lui quelques mois plus tôt, il avait cru nécessaire de renouveler les médicaments et soins qui s’y trouvaient, et elle se souvenait encore du ton moqueur qu’il avait emprunté lorsqu’il lui avait confié l’emplacement de ces trésors. Car oui, pour une maladroite comme Charlie, c’en étaient réellement ! Grimaçant à outrance sur le chemin menant à la salle de bain, la jeune femme secoua la tête en y repensant. Elle qui avait toujours pensé qu’elle n’aurait su choisir meilleur parti qu’un médecin puisqu’il serait toujours là pour la soigner dès qu’elle trébucherait ou se couperait, n’avait visiblement pas envisagé la possibilité que ledit médecin la laisserait toujours toute seule chez lui, bien trop occupé avec ses patients à l’hôpital pour lui accorder ne serait-ce qu’une soirée ensemble. Levant les yeux au ciel à cette pensée, elle poursuivit son chemin au ralenti lorsqu’un chat se matérialisa soudain devant elle. S’arrêtant net pour ne pas s’effondrer sur l’animal, Charlie jeta un regard furieux à Brownie, son chat. « Espèce de gros débile, dégage ! Tu me bloques le passage, abruti ! Allez ! Dégage ! ». Brownie leva vers elle un regard penaud puis s’enfuit à toute vitesse de l’autre côté de la pièce, là où sa vilaine maitresse ne pourrait pas l’atteindre.

Les joues empourprées et le regard larmoyant, la brune repartit en clopinant et atteignit la salle de bain une minute plus tard. Coinçant sa cheville douloureuse contre son tibia gauche, elle ouvrit la commode et en sortit la trousse de Wyatt dans laquelle elle se mit à fouiller, à la recherche du remède qui lui permettrait d’oublier la douleur lancinante qui la foudroyait. Il y avait pourtant tout, dans cette pharmacie : des pansements, des bandelettes, de l’aspirine, de la Biafine, des cachets contre le mal de gorge ou le mal de ventre, tout, mais pas un seul antidouleur suffisamment puissant ! « Merde, merde, merde ! » Lança la jeune femme en reposant d’un coup sec la pharmacie sur la commode. Coulant un regard à sa cheville, elle constata que la zone était de plus en plus rouge en plus d’être étonnamment gonflée, ce qui, de toute évidence, n’augurait rien de bon. Prenant une longue inspiration, elle essaya de se calmer, certaine qu’il devait y avoir une solution à son problème. Et comme toujours, ce fut à cet instant précis que cette dernière lui parvint ! Se redressant illico, elle se dirigea le plus rapidement possible vers la chambre et plus précisément, vers la table de chevet de son côté du lit. Quelques secondes plus tard, son précieux butin se trouvait dans le creux de sa main. Il s’agissait des cachets qu’elle avait achetés à un jeune lycéen sur le campus de l’Ohio State University. Le garçon -Jamie si ses souvenirs étaient bons- lui avait assuré l’efficacité de ces derniers et avait même laissé son numéro de téléphone sur la boite au cas où il lui en faudrait davantage. A l’époque, elle avait prévu de les utiliser quand sa douleur au poignet reviendrait, mais avait fini par les oublier et ne les avait récupérés qu’en faisant ses cartons, fin août. Une chance qu’elle ne les ait jamais utilisés ! Ouvrant la boite, la brunette fit tomber plusieurs comprimés dans sa main –il lui avait conseillé d’avoir la main légère sur les quantités, mais qu’importe : elle avait bien trop mal pour se soucier des conseils d’un lycéen apprenti médecin- et les avala d’un coup. Et puis, elle s’allongea sur son lit et se mit à contempler le plafond, en attendant que les cachets fassent leur effet.

*
Son regard trouble louchait sur les petits numéros qui dansaient devant ses yeux écarquillés. Pourquoi avait-elle tant de mal à les recopier sur son téléphone portable ? Cela ne semblait pourtant pas si difficile ! Fronçant les sourcils, la jeune femme pencha légèrement la tête sur le côté puis recommença, prenant les numéros l’un après l’autre, avant de glousser en appuyant sur le petit téléphone vert de son écran tactile. Un petit « allô ? » lui parvint à l’autre bout du fil et elle gloussa à nouveau. « Oui allôôôô ! Jackie c’est ça ? Non, James ! Oh, je ne sais plus… Bref, toi qui est à l’autre bout du fil, j’ai essayé tes supers médocs, ils sont sen-sa-tio-nnels ! Non sérieusement, j’ai même plus mal à la cheville, c’est fou ! Je crois qu’ils sont magiques. Tu es un magicien, pas vrai ? Un petit Harry Potter à l’américaine ? Maintenant que j’y pense, il me semble que tu lui ressembles, en plus… Donc toi, oui toi Harry, ta baguette magique est genre magique ! Enfin, j’veux dire, ta boite magique est magique… Ces petits comprimés sont délicieux et je crois… oui je crois que je suis en train d’en tomber amoureuse. Incroyable, non ? Qui aurait pu imaginer que je tomberais amoureuse de médicaments ? Il n’y a que la petite-amie d’un médecin pour dire ce genre de choses, j’te jure ! » Lança-t-elle avant d’éclater de rire jusqu’à en avoir les larmes aux yeux. « J’me sens bien, mec. Trop, trop bien. Alors, je voulais savoir si tu pouvais m’amener une nouvelle boite de comprimés magiques ? Rien qu’une toute, toute petite boite et je te promets que je ne suis pas une apprentie cougar qui cherche à te séduire et à t’attirer dans son appartement, ça non ! Tu peux venir, n’est-ce pas ? Ahlala, j’ai chaud, il faut que je sorte ! Je vis au… 312, City center. Enfin, je crois. L’appartement du troisième étage. Allez dépêche-toi, Jackie, j’ai besoin de ces petits comprimés. Charlie en a besoin ! ». Et elle raccrocha.

*
La sonnerie résonnait dans tout l’appartement, et Charlie se redressa enfin. Qui venait la déranger en pleine méditation ? Elle n’avait pourtant pas commandé de pizza. Se frottant les yeux, elle tenta de se remémorer la demi-heure qui venait de s’écouler, en vain. Elle se souvenait simplement du plafond qui l’observait avec insistance depuis tout à l’heure et du coup de téléphone… le téléphone ! Jackie était arrivé ! Sautant sur ses pieds pour se précipiter vers l’entrée, elle en oublia son petit accident avec le punching-ball et s’effondra aussitôt sur le parquet. « Oups » Pouffa-t-elle. Prenant appui sur ses coudes, elle rampa jusqu’au salon puis parvint à se relever difficilement pour mieux boitiller vers la porte d’entrée, qu’elle ouvrit à la volée. « Jackie ! » Fit-elle en apercevant le visage du lycéen.  « Tu es venu ! ». S’élançant vers lui en dépit de son handicap, elle se jeta dans ses bras et l’étreignit avec force. « J’étais sûre que tu viendrais ! Tu veux rentrer ? Enfin… c’est peut-être un peu déplacé ! ». Fronçant le nez, elle s’écarta un peu de lui et le détailla un instant, hésitante. « Attends, j’arrive ! » Fit-elle en retournant à l’intérieur de l’appartement où elle récupéra un sweat qu’elle enfila au-dessus de son t-shirt sale. Dans un moment de lucidité venu de nulle part, elle saisit les clés, éteignit les lumières de l’appartement et fit claquer la porte derrière elle. Une fois seule en tête à tête avec son bienfaiteur, elle se pendit à son cou et ferma les yeux. « Emmène-moi où tu veux, Jackie, tant qu’il y a des comprimés magiques et un peu d’air frais ! ».
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MessageSujet: Re: 02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane.   Lun 2 Sep - 1:12


BOY YOU GOT ME HIGHER LIKE YOUR NICKNAME WAS MARY JANE.

« Can you feeeeeeeeeeeel the love tonight ! » S'époumona Jamie en réalisant une pirouette dangereusement circulaire, les bras tendus vers une audience inexistante. Ses pieds s'emmêlèrent dans l'ourlet négligé de son pantalon et il retomba lourdement à plat ventre. Un gloussement contagieux s'échappa de ses lèvres gercées et le silence retomba sur le parc Lincoln. La nuit l'avait emporté sur le jour depuis plusieurs heures, aussi n'avait-il pas à se préoccuper de potentiels témoins à son état judiciairement répréhensible. Son rire s'arrêta aussi rapidement qu'il avait débuté : juste devant ses pupilles bleues azur, un brin d'herbe. « Salut toi. Ça va ? La pêche, la forme, la banane, la patate ? ». Pas de réponse, forcément ... « S'il te plaît, évite de me ruiner le Roi Lion. C'est toute mon enfance » Lâcha Riley, nonchalamment étendue à un mètre de lui, d'une intonation où se mêlaient boutade et avertissement. Un sourire tiré jusqu'aux oreilles, accompagné de trois battements de cils innocents lui répondirent et elle pouffa à son tour. Jamie poussa un long soupir de bien-être en sondant distraitement les alentours, s'amusant à imaginer quelques silhouettes excentriques dans les zones d'ombre qu'abritait le couvert des arbres. Après quelques secondes de contemplation silencieuse, il s'arma de son briquet Bic vert. Psht. Psht ! Psht psht ! Il grommela inintelligiblement lorsqu'il sentit le bout de son pouce s'endolorir face aux réticences de l'objet. Dans un très bref instant d'égarement intellectuel, il se demanda comment l'homme de Cro-magnon s'était-il démené pour ménager ses réserves de patience, lorsqu'il était manifestement moins bien loti que lui pour produire une maudite étincelle. Peut-être devrait-il se lancer à la recherche de deux gros cailloux, songea-t-il en plissant les paupières. « Donne-moi ça, du gland » Ordonna Riley, en tendant vers lui une main impérieuse à laquelle il obéit immédiatement. Sous le regard lointain de Jamie, l'adolescente réanima une flamme généreuse, tira une longue bouffée de marijuana sur le pétard qu'il avait roulé quelques minutes plus tôt, avant de le lui rendre dans une écharpe de fumée à l'odeur caractéristique. Jamie et elle sortaient à peine d'une soirée organisée par l'une des équipes sportives de l'OSU.  Ce n'était pas la première fois qu'ils se croisaient à vrai dire, cependant, ils ne s'étaient jamais donné de rendez-vous. C'était la force des circonstances à l'œuvre. Le Titan tira une taffe à son tour avant de s'étendre sur le dos pour s'éperdre dans l'observation d'un ciel nuageux, la tête bourdonnant agréablement.
Jamie savait qu'il aurait été nettement plus judicieux de rester à la Pension pour réviser les derniers points relatifs à la vie d'une cellule mis en évidence par Harper, en prévision du contrôle de biologie du lendemain. Ouais. Cependant, s'il possédait assurément quelques qualités, raisonnable n'en faisait que très (très) rarement partie. L'échec scolaire qu'il avait dû essuyer l'année précédente n'était pas parvenu à le dissuader de sortir non plus. Sans doute parce que l'opportunité de le faire avait été toute choisie. Par ailleurs, s'il avait besoin de fêtarder un peu pour son propre plaisir personnel, Jamie avait également des quotas de vente à respecter s'il ne souhaitait pas attirer l'attention de Mr. Hyde. Depuis qu'Harper l'avait surpris à récupérer l'objet de ses transactions au sein de la Gare routière, le Titan s'était appliqué à faire profil bas, en espérant que l'incident ne remonte pas aux oreilles de son fournisseur. S'il travaillait pour celui-ci depuis plusieurs semaines, l'adolescent ne le connaissait en aucun cas. Aussi ignorait-il quelle serait sa réaction s'il venait à apprendre qu'une tierse personne avait été amenée à découvrir son petit business ... Et ne tenait pas singulièrement à résoudre ce mystère. Quelques énigmes du quotidien n'avaient jamais tué un homme, hein ?
Le sens des choses lui échappait totalement désormais. Si les rouages de son esprit tournaient encore, c'était toutefois à vitesse minimale. Il pouvait entendre Riley parler inlassablement à sa gauche, sans saisir la teneur de ses propos. Et pendant un très court instant, il se surprit à espérer qu'elle ne lui ait rien demandé de foncièrement important. Ç'aurait tout de même été dommage qu'il ait continué à hocher négligemment la tête en apprenant ... que son chaton s'était fait renverser sur le bord de la route. Aussi arrêta-t-il d'acquiescer à tout bout de champ, par précaution. Il souleva momentanément son coxys pour récupérer son téléphone portable dans la poche arrière de son jean et releva l'écran lumineux devant ses pupilles : 00h11, et toujours aucune notification. Pas qu'il en attende une en particulier, non non non. Il poussa un soupir en laissant retomber l'appareil à sa droite. Il n'avait plus de nouvelles d'Harper depuis qu'elle avait annulé leurs plans à Sadie Hawkins. Qu'était-il censé faire ? Rien, lui soufflait une voix à l'arrière de son esprit. Il ne comprenait pas. Ou plutôt, refusait d'entrer dans le rôle du copain un peu trop collant pour son bien qui, par-dessus le marché, commençait à se faire des films surréalistes. Elle avait du retard dans ses devoirs, c'est une chose susceptible d'arriver au meilleur d'entre nous. Même Harper Pritchard. Peu convaincu, il tira sur son joint avant de le tendre à Riley, sans redresser le menton. Et non, il ne voulait pas se monter le bourrichon. Pas même quand il la soupçonnait de s'engouffrer dans les toilettes des filles, au moment même où elle remarquait sa présence au bout du couloir. Oui, pourquoi ferait-elle ça ? Se rassura-t-il, d'une voix mentale trèèèèèès lente. Il s'humecta les lèvres, la bouche sèche. Il avait faim. De glace. De n'importe quoi qui fût sucré. Come on ! Il ferma les yeux. Il se sentait léger, un peu absent mais rien de bien dérangeant. Au contraire. Et il aurait souhaité l'être un peu plus, si possible. C'était définitivement trop fatigant de réfléchir à des heures comme celles-ci. Surtout à des sujets si peu existentiels. Il n'allait tout de même pas se transformer en caricature de personnage vedette de teen movie américain.
Lorsqu'il rouvrit les paupières, se fût pour se retrouver nez à nez avec Rileu qui s'était silencieusement rapprochée durant sa brève récape mentale : « T'as déjà couché ? » Lui demanda-t-elle sur le ton de la conversation. La direction que prenait subitement celle-ci lui arracha un rire à demi-nerveux : « Pas tes affaires, lady ! » S'outragea-t-il théâtralement, telle une vierge effarouchée et les cheveux de la jeune femme lui chatouillèrent doucement le visage tandis qu'elle se superposait à lui pour l'observer suspicieusement : « T'es naze ! » Lâcha-t-elle finalement en se fendant d'un large sourire. Elle prit une nouvelle bouffée sur ce qui restait de marijuana et sans qu'il puisse réellement s'y préparer, elle approcha ses lèvres des siennes pour y propulser ce qu'elle venait de fumer. La tête de Jamie tourna délicieusement, comme lorsque l'on accentue la rotation des tasses dans les carrousels classiques et il sourit contre les lèvres pleines de l'étudiante ... Son téléphone émit sa sonnerie habituelle et Riley s'écarta de lui, surprise par ce déchaînement musical : « Qu'est-ce que ... ? » L'interrogea-t-elle du regard, et il lui offrit une moue navrée avant de décrocher d'un 'allô' rauque. Elle se rapprocha à nouveau de lui pour lui caresser nonchalamment les cheveux, alors qu'une voix peu familière s'élevait du combiné : « Attends, attends. C'est qui ? » Lança-t-il dans une vaine tentative pour interrompre le flux d'informations que lui balançait vertement la personne au bout du fil. Pendant ce temps-là, Riley s'était aventurée à déposer un bécot au creux de sa clavicule et il dut réunir toute sa maîtrise pour ne pas la chasser d'un mouvement d'épaule brusque : « Okay Princess No Sense, j'arrive ».

***
Il avait planté Riley. L'étudiante n'avait pas été très ravie de subir cette dérobade, mais il était convaincu qu'avec un peu de temps, elle finirait par ne plus lui en vouloir. Jamie s'arrêta devant le bâtiment qu'on lui avait indiqué au téléphone. Il redressa le menton en plissant doucement les paupières pour sonder les étages. La plupart étaient plongés dans l'obscurité, naturellement. Encore une fois, il pria pour que Charlie ne se soit pas trompée dans l'adresse fournie —autant pour ses hésitations, mais elle-même n'avait pas sonné très convaincue de l'endroit où elle vivait, à l'appareil. Chassant ses doutes, il pénétra dans le bâtiment et s'empressa d'accéder au troisième étage. Il appuya allègrement sur la sonnette de l'appartement. Peut-être un peu trop allègrement. Si bien qu'il se débarrassa de sa main en se grattant distraitement l'arrière du crâne, jusqu'à ce que la porte s'ouvre à la volée. L'enthousiasme manifeste de Charlie lui fit écarquiller les yeux : « Jamie » Corrigea-t-il sans grande utilité, alors qu'elle se jetait dans ses bras. Eh bien ! C'est de l'accueil. Il glissa un bras autour de sa taille pour la serrer maladroitement contre lui en la soulevant brièvement de terre, avant de la relâcher : « J’étais sûre que tu viendrais ! Tu veux rentrer ? » Lui proposa-t-elle très rapidement. « Ou—» S'apprêta-t-il à accepter : « Enfin… c’est peut-être un peu déplacé ! » Enchaîna-t-elle, sans lui laisser la moindre opportunité d'en placer une, et il s'empressa d'approuver ses propos d'un air parfaitement entendu –histoire de s'épargner un embarras inutile. Il l'attendit sur le palier, une expression lunaire sur le visage. Les vestiges de ses consommations de la soirée étaient toujours là, bien actifs. Il se pencha légèrement en avant pour jeter un coup d’œil curieux à l'intérieur de l'appartement : il repéra un long miroir et une masse de vestes, chaussures et autres accessoires vestimentaires lorsqu'elle réapparut. Il se redressa vivement, l'air de rien et sourit lorsqu'elle claqua la porte derrière elle : « Tu en as déjà pris combien exactement ? » S'esclaffa-t-il lorsqu'elle se suspendit à son cou, comme une adolescente un peu trop euphorique. Il glissa une main sur son front, pour écarter quelques mèches frivoles et ressentit leur différence de température, quasi-imperceptible. Il sourit à nouveau, connaissant parfaitement les symptômes de ce genre de consommations pour les avoir si souvent éprouvés par le passé : « Je connais un endroit ».

***

La dernière fois qu'il avait mis les pieds à la patinoire, c'était lorsque Nina et lui sortaient ensemble. Autrement dit, un sacré bout de temps. Jamie mit un genou à terre pour aider Charlie à escalader le portail qui délimitait l'enceinte de l'établissement, avant de la rejoindre de l'autre côté. Il l'entraîna vers la porte de derrière dont le verrou n'était jamais fermé —c'était Sunny qui le lui avait appris, après qu'elle se soit lancée sur la piste d'un ado qui travaillait là. « Shhhhhhhh ! We're being steaaaaaaalth » Chuchota-t-il en barrant ses lèvres de son index, très loin du seuil de discrétion qu'il pensait avoir. Sans doute parce qu'il savait, inconsciemment, que le gardien n'était pas très appliqué dans ses rondes de surveillance. À vrai dire, il piquait sans doute du nez dans son office en attendant la fin de son service. Il se laissa inutilement rouler par-dessus un banc avant d'ouvrir la porte qui, lorsqu'elle grinça affreusement, lui arracha une longue grimace : « Ça sonne comme un début de film d'horreur, tu trouves pas ? » Fît-il remarquer, la mine pensive. Il haussa distraitement les épaules, animé par le frisson du risque. Sa main dans la sienne, Jamie l'entraîna rapidement à travers les colonnes de gradins vides. « T'es déjà venue ici ? » Lui demanda-t-il avec curiosité, et les échos de sa voix se répercutèrent progressivement dans l'immense vide de la salle. Lorsqu'ils furent près de la piste glacée, il laissa tomber son sac à dos par-terre : « Tu t'en tiens aux pilules ? » Lui demanda-t-il, en fouinant un peu dans ce qu'il lui restait de la soirée universitaire. « T'inquiète pas. C'est de la marijuana médicinale » Précisa-t-il avec assurance, lorsqu'il surprit son regard sur le dernier sachet d'herbe en vue : « Ça va ta cheville ? Il t'a rien dis ton copain-médecin ? » Ajouta-t-il, à la fois soucieux de la santé de la jeune femme et, de ce qu'elle avait bien pu dire à son petit-ami. Une part encore légèrement lucide de lui s'étonna de le voir aussi précautionneux, dans l'état où il se trouvait. Il sortit son iPod, qu'il lança en mode aléatoire avant de s'approcher prudemment de la piste en brandissant le sachet de 'pilules miracles' par-dessus sa tête : « Come and get it, Buttercup ! » S'exclama-t-il en s'élançant sur la surface glissante. Cuisses raides, il se maintînt à la verticale un temps. « Fais-moi une faveur : ne te casses ri—» Commença-t-il. La chute qui s'ensuivit lui coupa la parole : « Aoutch » Lâcha-t-il douloureusement. C'était un peu redondant ces casses-gueules, dis donc. Il se frotta le menton doucement éraflé. « Charliiiiiiiiiiiiiiiiiie » L'appela-t-il, avant de partir dans une série d'esclaffements inexplicables. Il se redressa en position assise pour tendre les bras vers elle. C'était la playlist que Lexie lui avait téléchargée dans l'espoir d'élargir ses horizons musicaux aux années 80 : I NEED SOME HOT STUFF BABY THIS EVENING. I NEED SOME HOT STUFF BABY TONIGHT. Presque inconsciemment, Jamie tapa dans ses mains en rythme.
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MessageSujet: Re: 02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane.   Mar 3 Sep - 12:42

« Cinq ou six. Peut-être sept ! » Lui répondit-elle, un grand sourire béat figé sur ses lèvres alors qu’elle serrait de plus en plus fort Jamie dans ses bras, plantée devant la porte close de son appartement. A vrai dire, elle n’avait pas pris le soin de compter les petites pilules magiques : elle s’était contentée de les fourrer dans sa bouche en espérant qu’ils fassent rapidement leur effet. Ce qui, à en croire son état présent, avait été un franc succès. Elle n’avait plus le moindre contrôle sur ses faits et gestes. Son esprit était brouillé, sa vue, trouble, et ses pensées plus incertaines que jamais. Elle avait l’impression que des brouilleurs avaient été implantés dans son cerveau et l’empêchaient d’y voir clairement. Seule son imagination semblait véritablement alerte, vagabondant à une vitesse folle et créant toutes sortes d’images invraisemblables qui apparaissaient dans des flashs se succédant indéfiniment. Et pourtant, elle était heureuse. Nulle pensée pessimiste ne venait rompre ce bien-être précaire. Elle oubliait tout de sa colère à l’encontre de Caldwell, Hamilton ou encore Avery. Ses doutes envers Wyatt avaient été quant à eux gommés, seul son amour pour lui la remplissant d’une sensation délicieuse. Elle se sentait si bien ! Ses muscles étaient parfaitement détendus, bien que légèrement engourdis, et ses traits arboraient une douce expression d’extase. Elle flottait sur un nuage rose bonbon au parfum enivrant, qu’elle ne voulait plus jamais quitter.

La voix lointaine de Jamie retentit à son oreille et elle se libéra doucement de son étreinte pour observer son regard clair, dans lequel elle plongea avec une facilité déconcertante. Elle resta quelques secondes muette, fascinée par cet océan clair et presque familier, se laissant peu à peu emporter par ses vagues éphémères. Une ride se creusa entre ses deux yeux puis elle fut soudain tirée de sa contemplation. Elle ouvrit de grands yeux ronds et attrapa joyeusement la main de Jamie. « Un endroit magique ? » Demanda-t-elle avant de le tirer par le bras avec impatience. « On va bien s’amuser, Jackie ! »

*
La morsure du vent sur sa peau était à la fois apaisante et stimulante. Charlie s’était rarement sentie aussi décontractée de sa vie. La brise fraiche balayait ses mèches brunes et lui faisait battre des cils avec insistance. Son teint d’ordinaire laiteux était à présent légèrement rosé et son sourire illuminait son visage, lui donnant un air candide. La gangsta qui l’habitait habituellement semblait avoir disparue pour la nuit, laissant place à une jeune femme au regard doux et au sourire ingénu. On était bien loin de l’image qu’elle renvoyait une heure plus tôt : celle d’une folle irritée par un fichu punching-ball qui la mettait dans tous ses états. Et à vrai dire, ce n’était peut-être pas plus mal. Main dans la main avec Jamie, elle s’enfonçait dans les profondeurs de la nuit pour mieux se diriger vers la patinoire. Les rues étaient désertes et silencieuses, seul le frottement de leurs baskets contre le bitume et leurs chuchotements exagérés rompant cette atmosphère particulière. Charlie avait hâte de voir ce que son nouvel ami lui préparait. Pour une raison qui lui était étrangère, elle lui avait tout naturellement accordé sa confiance et l’avait suivi jusqu’à ce grand bâtiment planté en plein centre-ville, sans même réaliser que baisser sa garde de cette façon aurait pu être dangereux –heureusement pour elle, Jamie ne semblait pas être un jeune pervers capable de l’attirer vers des sentiers inconnus pour mieux profiter d’elle. Car à en juger l’état dans lequel elle se trouvait, ses poings n’auraient guère été de taille pour lutter contre son adversaire –et nul besoin de mentionner sa cheville encore fragile.

S’arrêtant net devant le portail entourant la bâtisse, Charlie fronça les sourcils et jeta un coup d’œil à Jamie. Si lui avait la moindre idée de la façon d’escalader ce genre de porte, elle en revanche n’avait jamais tenté l’expérience et était clairement dubitative. Pourtant, lorsqu’il posa son genou à terre et lui fit comprendre qu’elle devait monter dessus pour passer de l’autre côté du portail, la jeune femme ne se fit pas prier et esquissa un grand sourire avant de s’exécuter. Prenant appui sur sa jambe stable, elle s’agrippa à la barrière comme si sa vie en dépendait et grimpa maladroitement jusqu’à ce qu’elle se retrouve de l’autre côté, toute fière de son exploit. Réprimant un rire nerveux, elle plaqua une main contre sa bouche et ses yeux rieurs dévisagèrent Jamie qui posa un doigt sur ses lèvres afin de lui rappeler qu’il fallait rester silencieux. Ce geste ne fit qu’intensifier l’hilarité de la brunette et des bruits étouffés s’échappèrent de sa bouche. Son acolyte l’emmena alors vers la porte de derrière qu’il ouvrit après s’être amusé à rouler sur un banc, et elle se retrouva enfin à l’intérieur du bâtiment. « Un film d’horreur ? » Répéta-t-elle, le regard soudain empli d’effroi. « Tu veux dire qu’on va finir découpés en petits morceaux dans le congélateur d’un malade mental ? ». Elle haussa les sourcils et saisit à nouveau la main de l’adolescent, incapable de réprimer les frissons qui la parcoururent. Si elle n’avait pas été aussi bien accompagnée, elle aurait sans doute pris ses jambes à son cou et se serait aventurée dans les rues de Lima en criant au loup tant elle était paniquée. Heureusement pour elle néanmoins, la chaleur qui émanait de la main de Jamie suffit à la calmer et elle se mit à respirer bruyamment alors que son regard curieux détaillait à présent les lieux.

Entrainée par Jamie, elle se dirigea vers les gradins qui lui offrirent une plus belle vue encore. Le garçon lui demanda si elle avait déjà mis les pieds dans cet endroit et Charlie haussa les épaules, comme si la réponse était évidente. « Je suis venue voir des matchs de hockey avec mon gynécologue. Il adore ça. Je crois que sa passion pour la crosse est encore plus grande que sa passion pour le spéculus. Et pourtant, il ne se débarrasse jamaaais de son spéculus, ça non ». Elle secoua la tête avec insistance puis s’approcha de la glace qu’elle inspecta avec curiosité.  Ses yeux se plissèrent et elle s’agenouilla au bord du terrain pour mieux examiner la glace, sans faire attention à Jamie qui venait de balancer son sac juste à côté d’elle. Intriguée, elle posa son index sur le sol immaculé et grimaça quand la sensation glacée se répandit en elle. « C’est froiid ! » S’écria-t-elle, surprise. Retirant immédiatement son doigt, elle se redressa et loucha sur le sachet que Jamie tenait. « Tu n’as pas d’autre comprimé magique, plutôt ? J’ai déjà essayé de manger de l’herbe quand j’étais petite et c’était pas très bon » Fit-elle, clairement déçue par ce que lui proposait le lycéen. Elle fronça le nez avec dégoût et se débarrassa de son sweat malgré les basses températures de la salle. « Médicinale ? Comme dans médicament ? Ça veut dire que ça peut guérir ma cheville, ça aussi ? ». Bien plus enthousiaste à présent, elle fit un mouvement vers le sachet, prête à en avaler le contenu en dépit de l’aversion que cela lui inspirait, mais Jamie l’éloigna aussitôt, l’interrogeant d’abord sur sa cheville et l’avis de son copain-médecin. Sa bouche forma un grand O et elle se concentra à nouveau sur le visage de son interlocuteur. « Comment tu sais que j’ai un copain-médecin ? Tu aurais pu me le dire que tu lisais dans mes pensées ! Il y a plein de choses qui ne te regardent pas là-dedans ». Elle tapota sa tête doucement pour illustrer ses paroles. « Des trucs pas très corrects. Heureusement que tu es le copain d’Harry Potter, sinon je ne te le pardonnerais pas ».

Oubliant complètement de lui parler de sa cheville, elle pinça les lèvres et suivit les gestes de Jamie du regard. Après avoir posé son iPod au bord de la piste, il s’élança vers celle-ci et trébucha au bout de quelques secondes à peine. Charlie éclata de rire en le voyant se masser le menton et des larmes ne tardèrent pas à faire leur apparition au coin de ses yeux. « Jackie est maladroit ! Jackiiiie est maladroit ! » Répéta-t-elle à tue-tête quand soudain, la musique qui s’échappa de l’iPod la fit s’arrêter net. « C’est Donna Summer ! J’adooore Donna Summer ! » S’écria-t-elle avant de sautiller sur place, toute joyeuse. Coulant un regard enthousiaste à Jamie, elle eut alors une idée. Fronçant les sourcils pour mieux se concentrer, elle écarta ses bras de chaque côté de son corps et s’accroupit afin de prendre de l’élan. Soudain, elle prit appui sur ses pieds et sans se soucier de la douleur au niveau de sa cheville, elle s’élança à plat ventre sur la glace, glissant facilement jusque Jamie en riant de plus belle. « Woop-woop ! ». Plantant ses ongles dans la glace pour s’arrêter, elle se redressa et sourit. « Gotta have some lovin', gotta have love tonight I need hot stuff, hot love. Lookin' for hot love » Chantonna-t-elle. Agitant les bras pour tenter de conserver son équilibre précaire sur la glace –ce qui était relativement difficile en baskets- elle esquissa un petit pas de danse et secoua la tête en rythme. « C’est dément, Jackie ! ». S’approchant de ce dernier précautionneusement elle entoura sa taille de ses bras et posa sa tête contre son torse. « Tu es mon Jackie-doudou-d’amour ! ». Tout sourire, elle posa sa main sur la tête du garçon et caressa ses cheveux châtains avant de se redresser et de déposer un baiser sur la joue de l’adolescent. Puis, sans crier gare, elle glissa sur la glace loin de lui en tendant les mains vers l’iPod… et tomba sur les fesses quelques secondes plus tard. « Aïeee ! ». Son poing frappa la glace de rage et elle coula un regard penaud à Jamie. « Je crois que je vais avoir besoin de ton truc médicinal finalement. Ça fait maaal ! ».
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MessageSujet: Re: 02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane.   Lun 23 Déc - 0:11

Jamie n’avait jamais rencontré Charlie en dehors de leurs obligations professionnelles respectives. Une fois à l’OSU, une fois à la librairie de Lima et la boucle avait été bouclée. À vrai dire, il ne s’était même pas attendu à ce qu’elle ait conservé son numéro de téléphone, après avoir passé l’été à attendre un potentiel feedback de sa part—convaincu d’avoir pourtant marqué des points lorsqu’ils s’étaient croisés sur le campus—mais elle n’avait pas rappelé et lui avait cessé d’attendre. Jusqu’à ce soir, en tout cas. Quelques secondes de réflexion s’étaient imposées pour qu’il réussisse à associer un nom à cette voix étrangement exubérante qui l’interpelait depuis le bout de la ligne. Et sans doute ne se serait-il pas déplacé s’il n’avait pas été assis dans l’herbe à moins de deux blocs de distance de l’adresse indiquée. Et sans doute aurait-il regretté de ne pas l’avoir fait, en définitive.
“Tu viens ici avec ton gynécologue ?” s’étonna-t-il en lui jetant une œillade par-dessus son épaule, interloqué. Un frisson qui n’avait strictement rien à voir avec les températures du congélateur géant dans lequel ils se trouvaient le traversa entièrement. Il secoua prestement la tête en grimaçant, inexplicablement dérangé par cette idée insolite: “C’est ce que l’on appelle de l’investissement. Il doit euh beaucoup apprécier son travail !” commenta-t-il quelques secondes avant que ses propos ne prennent sens dans son esprit. Encore une fois, il grimaça à l’abri du regard de la jeune femme et résista à l’envie de se frapper le front. Il descendit précautionneusement les gradins aux marches ridiculement raides, tenant la main de Charlie derrière lui pour prévenir une chute fortuite.

Jamie avait chaud. S’il ne s’en était pas aperçu plus tôt, c’est seulement parce qu’il s’était acharné à décortiquer les propos incompréhensibles de Charlie. Massant son menton endolori par sa chute, il roula des épaules pour se débarrasser de sa veste qu’il laissa choir près de lui avant de se renverser sur le ventre et de pivoter vers Charlie à l’aide de ses bras. Elle avait l’air complètement allumée, songea-t-il et l’euphémisme était là. Était-ce ce à quoi il ressemblait lorsqu’il prenait un cacheton de trop? Naaaah ! D’ailleurs, la plupart du temps, personne ne réussissait à faire la différence lorsqu’il était lucide ou défoncé. Sauf Harper, peut-être. L’adolescente semblait avoir développé un flair antidrogues particulièrement efficace depuis qu’ils se fréquentaient et il pouvait souvent le lire sur son visage lorsqu’elle comprenait qu’il avait consommé. “Charlie, t’as l’air d’un pingouin. Un pingouin avec des cheveux longs ! Un pingouin trop mignooon !” fît-il remarquer en plissant légèrement les paupières pour mieux distinguer ses traits, le menton appuyé sur ses paumes rougies par la glace. “Tu ferais un malheur sur la banquise. J’te jure !” Il aurait été incapable de dire pourquoi, mais il avait soudainement l’intime conviction que les pingouins idolâtraient les brunettes au teint de neige, lorsqu’ils n’étaient pas trop occupés à comparer la longueur de leurs nageoires en débattant de leur capacité à voler un jour en tout cas.
Jamie se redressa difficilement sur ses pieds lorsqu’il la vit s’avancer dans sa direction et s’agrippa à elle autant qu’elle s’agrippait à lui, s’assurant mutuellement un équilibre précaire au-dessus de cette surface glacée, témointe de nombreuses chutes. “This feels really nice actually” commenta-t-il alors que Donna Summer attaquait un nouveau couplet de son hit le plus connu. “Tu es toujours aussi affectueuse avec tout le monde?” gloussa-t-il en la serrant contre lui, sans la moindre arrière-pensée.

Jamie se laissa retomber à terre lorsqu’elle s’éloigna subitement de lui en direction de son iPod. Il frissonna à nouveau et se laissa glisser sur le dos pour s’offrir une vue panoramique de l’endroit—et une autre, inquiétante, du plafond endommagé de la patinoire. L’année précédente, le concierge avait été obligé de placer des seaux aux points stratégiques de la patinoire pour prévenir les inondations qui accompagnaient les fontes des neiges du Printemps. Basile, un Sophomore de McKinley, était même venu réclamer une interview dans l’espoir de se faire publier dans le journal du lycée et s’était fait jeter dehors comme un malpropre.
Lorsqu’il l’entendit se casser la figure quelques fractions de seconde plus tard, il roula des yeux: “Qu’est-ce que je t’avais diiiis” fît-il mine de ronchonner en essayant de se redresser. “Ne bouge pas, j’arriiiiiiiiiive.” Oh, il ne savait pas pourquoi il communiquait comme un super-héros demeuré à l’heure actuelle, mais au moins Charlie ne bougeait pas. Il cala son sachet d’herbes entre ses dents et rampa jusqu’à elle—les fesses en l’air, histoire d’aller plus vite sans se casser lamentablement la binette. “T’as été gourmande niveau cachets hein ! Faut faire attention en vrai, c’est comme le beurre de cacahuètes. Faut pas en abuser sinon KABOOOOM !” Il mima une explosion parfaitement convaincante à l’aide de ses mains, se rappelant très vaguement une scène similaire dans Wanted avec James McAvoy, avant de l’observer en hochant gravement la tête : “J’te jure. C’est passé à la télé et c’était très moche. Des milliers de rats sont morts” renchérit-il en se frottant les mains l’une contre l’autre pour les désengourdir. Ses mains tremblaient, mais il ne semblait pas réellement s’en rendre compte. Il passa une main sur son visage perlé de sueurs, avant de lui sourire : “Tu as mal où?” s’enquit-il doucement. Il se sentait comme une pile déchargée. La seconde d’avant, il aurait été paré à courir un marathon et maintenant, il n’aspirait qu’à fermer les yeux. Mais il ne pouvait pas.

Il commença à rouler son herbe. Ses doigts s’activaient autour de la feuille de tabac avec la minutie d’un artiste. Bientôt, il passait sa langue sur la zone autocollante, terminait son cône et enflammait la zone superflue d’un geste expert. “Voilà pour toi !” s’exclama-t-il fièrement en lui tendant le joint. Lorsqu’elle l’eût entre les lèvres, il fit apparaître une flamme devant elle, brandissant son briquet. C’est à peu près à ce moment qu’il remarqua le cheville de Charlie. Elle était enflée, rouge. Semblait avoir encaissé un très mauvais mouvement : “Wow, tu as fait examiné ça?” lui demanda-t-il nonchalamment en lui prenant le joint pour tirer une bouffée à son tour. La musique s’éteignit et le silence de la patinoire fondit sur eux.

C'est à peu près à ce même moment qu'une porte s'ouvrit quelque part dans le bâtiment. Le concierge commençait sa ronde.
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MessageSujet: Re: 02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane.   Ven 10 Jan - 17:24

En l’espace de quelques heures à peine, Charlie avait perdu dix ans d’âge mental. Loin de l’image de la fille sérieuse qu’elle renvoyait depuis plusieurs semaines, elle semblait enfin libérée et cette savoureuse sensation de délivrance était si puissante qu’elle dominait toutes les autres émotions qu’elle aurait pu ressentir ce soir-là. Bien sûr, cet enivrement n’avait rien de naturel. Même elle, du haut de son petit nuage rose bonbon, en avait conscience. La compagnie de Jamie Ainsworth y était pour quelque chose, et si elle était capable de retrouver un semblant de lucidité sans doute qu’elle parviendrait à trouver la cause de cette frénésie soudaine –ce qui n’était clairement pas le cas à l’heure actuelle. Elle évoluait dans la ville de bisounours-town et il s’avérait que le maire de cette ville n’était autre que son fameux Jackie. Dès qu’elle posait son regard sur lui, une vague d’admiration la submergeait délicieusement et elle se sentait connectée au garçon sans toutefois connaitre la nature de leur liaison. De toute évidence, il n’était pas son ami ; elle ne l’avait vu que deux fois de toute sa vie et leurs conversations n’avaient jamais véritablement abouti. Il n’était pas non plus son amant, et à cette pensée le visage de Wyatt Pillsbury s’imposa immédiatement dans son esprit. Non, elle n’avait qu’un amant et ce dernier était roux. Fronçant les sourcils, elle réfléchit davantage, certaine d’être capable de découvrir la vérité. S’il n’était ni son ami ni son amant, que pouvait-il bien représenter ? Certainement pas une menace : avec son regard pétillant et son sourire empreint d’émerveillement il n’y avait rien d’effrayant chez lui. Renonçant finalement à trouver l’intitulé exact de leur relation, Charlie se contenta de reconnaitre en lui une connaissance doté de bonnes attentions.

Libérée de ce petit souci d’ordre relationnel, Charlie prit pleinement conscience de l’environnement dans lequel elle évoluait depuis leur arrivée à la patinoire et ses grands yeux ahuris se délectèrent du décor frappé. La voix de Jackie résonna dans la salle et un sourire béat s’installa sur ses lèvres à la mention du gynécologue. Ca, pour apprécier son travail, il l’appréciait ! Un petit peu trop d’ailleurs, compte-tenu du nombre d’heures supplémentaires qu’il faisait depuis la rentrée scolaire. Fronçant subrepticement les sourcils, Charlie oublia rapidement cette pensée négative et réalisa un nouveau tour sur la glace. La voix de Donna Summer retentissait dans l’ensemble de la patinoire et rapidement, elle commença à se déhancher sur la glace. Jamie, allongé face à elle, la compara à un pingouin et elle s’amusa de sa réflexion. Forçant le trait, elle se mit à rouler davantage des hanches pour satisfaire la vue de l’adolescent avant de se jeter sur ce dernier et se blottir contre lui, luttant toujours pour conserver son équilibre sur ses patins maladroits. Le commentaire de Jackie eut à peine le temps de résonner dans ses oreilles qu’elle se laissait déjà glisser sur la glace, en direction de l’iPod. A mi-chemin cependant, elle vacilla et s’étala brusquement sur la glace. Honteuse, elle se mordilla la lèvre un court instant puis appela Jamie à la rescousse. Ce dernier ne tarda pas à se relever pour venir l’aider et quand elle le vit arriver les fesses en l’air, elle ne put s’empêcher de glousser comme une gamine de douze ans. D’accord, elle était sous l’influence de substances peu légales et ne répondait plus de grand-chose, mais Jamie n’avait pas l’air d’être dans un meilleur état qu’elle. A vrai dire, elle avait même l’impression qu’il était encore plus drogué qu’elle. Riant aux éclats malgré la douleur qui se propageait au niveau de sa cheville, elle suivit du regard le sachet d’herbe qui se balançait aux dents de Jamie et quand ce dernier arriva enfin, elle lui adressa un grand sourire.

Sa bonne humeur disparut pourtant bien vite lorsqu’il la réprimanda au sujet des cachets qu’elle avait pris. Fronçant les sourcils et grimaçant, le nez plissé et les coins de ses lèvres affaissés, elle secoua la tête vivement. « Tu m’avais dit qu’ils m’aideraient à aller mieux ! » Répliqua-t-elle. « Et arrête de me faire peur avec tes rats morts ! C’est pas marrant, Jackie ! » Bougonna-t-elle, l’air résigné. Faisant de son mieux pour se redresser, elle prit appui sur ses poignets et parvint à s’asseoir sur la glace à peu près correctement. Frustrée, elle balaya les mèches brunes emmêlées devant son visage d’un geste vif de la main et soupira tout en relevant la tête pour observer Jamie qui l’interrogeait sur ses blessures. Elle désigna immédiatement sa cheville endolorie et son agacement se métamorphosa en confusion lorsqu’il se mit à rouler l’herbe devant ses yeux ébahis. Ses gestes étaient si précis, si minutieux qu’elle avait l’impression qu’il avait fait ça toute sa vie. Une fois de plus, son Jackie se révélait être un magicien. Ses lèvres s’entrouvrirent légèrement alors qu’elle suivait ses gestes avec la plus grande attention et lorsqu’il termina enfin, elle saisit le joint entre son pouce et son index et le manipula avec prudence, comme s’il s’agissait d’une bombe capable de lui exploser à la figure d’une minute à l’autre. Le portant à ses lèvres, elle le coinça entre ses dents et attendit patiemment qu’il l’allume afin de pouvoir en profiter. En vérité, elle ne savait pas exactement ce que cette drôle de cigarette faite maison allait lui faire : elle n’avait jamais fumé de sa vie et elle se sentit un peu idiote, ne sachant pas comment réagir. Une flamme s’alluma enfin au bout du papier et elle arqua un sourcil tout en prenant une légère inspiration. L’effet fut immédiat : ses poumons se remplirent d’air toxique et elle toussota, tentant de le recracher en vain.

Ses yeux s’agrandirent et elle dévisagea Jamie, mitigée. Ce dernier saisit à son tour le joint et après en avoir pris une bouffée, il lui demanda si elle avait fait examiner sa cheville. Haussant les sourcils, elle secoua la tête en signe de dénégation. « Nope, je pensais que tes cachets le guériraient ». La musique s’éteignit brusquement et Charlie attrapa à nouveau le joint coincé entre les dents de son camarade et le porta à ses propres lèvres afin de voir si elle était capable de fumer sans recracher ses poumons, comme lui le faisait. La seconde fois s’avéra effectivement plus concluante que la première ; fière comme tout, elle saisit le joint entre ses doigts et tendit le bras, le hissant le plus haut possible. « C’est pas mauvais du tout, ton truc ! » Fit-elle, envoutée. Dépliant les jambes, elle s’allongea sur le sol et soupira bruyamment, observant le plafond d’un air apaisé. Le silence avait quelque chose de tranquillisant et elle se sentait étonnamment bien sur cette glace qui lui brûlait le dos tant elle était gelée. « Tu sais » Commença-t-elle avant de reprendre une troisième bouffée, « j’ai toujours rêvé d’être une patineuse artistique. Dommage que je sois si maladroite, parce que je crois que ça me plairait de passer ma vie sur ces machins-là » Commenta-t-elle tout en levant son pied valide en l’air pour désigner son patin à glace. Tournant légèrement le visage vers Jamie, elle lui coula un regard énigmatique et plissa doucement les yeux. « Tu crois que ce serait possible ? Toi et moi sur cette glace, pour toute la vie ? Pas d’obligations, pas de travail, pas de petit-ami-qui-passe-son-temps-à-l’hôpital-sans-se-préoccuper-de-sa-copine, rien que nous sur cette glace, avec ces patins aux pieds. Hmm… oui, je crois que ça me plairait » Déclara-t-elle avant de fermer progressivement les yeux, profitant de cette douce sensation d’extase qui la transportait loin, très loin…
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MessageSujet: Re: 02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane.   Ven 28 Fév - 17:57

“T’es un drôle d’oiseau” commenta-t-il en inclinant négligemment la tête sur le côté, se fendant d’un sourire sincèrement amusé lorsqu’elle lui répondit qu’elle pensait que son entorse se guérirait d’elle-même. Charlie ne cessait de formuler des réponses surprenantes et il aurait été incapable de déterminer si les substances qu’elle avait ingérées en étaient complètement responsables. Il se surprit à espérer que non. C’était tellement exceptionnel que de rencontrer quelqu’un d’aussi désinvolte, détendu et enclin à tout, sans s’interroger sur le pourquoi, du comment et des conséquences. “On te mettra une bande avec un peu de crème toute à l’heure” promit-il en lui tendant le joint qu’il venait de rouler. C’était marrant parce qu’il n’était même pas certain d’où ils se trouveraient la demi-heure suivante, mais l’idée de formuler un point à cocher à voix haute le rassérénait un petit peu sur la santé future de Charlie. Il ne tenait pas particulièrement à ce qu’elle se blesse davantage sous sa surveillance, ah ça non.
Jamie s’étendit à nouveau contre la glace et appuya sa nuque contre le ventre de Charlie. Il grelottait sans vraiment s’en rendre compte, mais ça n’avait pas d’importance. Ses paupières étaient lourdes et il renonça bientôt à les maintenir ouvertes. Il se concentra sur son audition pour écouter l’ancienne libraire s’exprimer sur ses aspirations et une part de lui hocha vigoureusement à ses propos. Ce serait tellement bien de pouvoir oublier qu’on existe parfois, ne serait-ce qu’une dizaine de minutes. La patinoire n’était pas le pire endroit où ils pourraient vivre le restant de ses jours. Après tout, ils avaient tout ce dont ils pouvaient avoir besoin à proximité. Une bonne compagnie, des machines à snacks, un terrain de jeux, de la musique. Que demande le peuple ? “J’sais pas, mais je crois que ce serait cool” répondit-il d’une voix lente. L’idée se développait paisiblement dans son esprit à la manière d’un quick drawing et ce qu’il voyait lui plaisait. “Ton copain, il s’occupe pas de toi?” releva-t-il en redressant légèrement le menton dans sa direction, paupières mi-closes, sans vraiment se soucier de savoir s’il dépassait les bornes ou non. C’était un intérêt purement amical, une invitation aux confidences. Ce n’était, selon lui, pas plus étrange que d’appeler un quasi-inconnu au beau milieu de la nuit pour s’infiltrer dans une patinoire publique.
Ils durent s’assoupir quelque temps. Jamie ignorait combien de minutes s’étaient exactement écoulées depuis qu’il avait fermé les yeux, mais c’est la tête lourde qu’il se redressa sur ses coudes en percevant un bruit sourd en provenance des hauteurs des gradins. C’était la double-porte métallique. “Hooold me close and hold me fast, the magic spell you cast, this is la vie en rose”. La voix profonde du concierge lui parvînt très clairement à travers l’espace désert de la patinoire et Jamie s’empressa de donner un petit coup de coude à Charlie en posant un index sur ses lèvres pour l’inciter au silence. “Dépêche-toi” lui souffla-t-il, le visage encore engourdi, en se penchant sur les patins à glace qu’elle avait pris le temps d’enfiler. Il perdit quelques précieuses secondes à s’acharner sur ses lacets : “T’es dans la marine ou quoi ?” s’exaspéra-t-il à voix basse, tirant sur les nœuds tenaces qu’elle avait formés. Lorsqu’il en vînt finalement à bout, il les lui ôta avec suffisamment de délicatesse pour que la douleur de sa cheville ne se réveille pas.

Par miracle, le concierge ne semblait pas les avoir remarqués—pour le moment en tout cas. Jamie s’approcha silencieusement de la bordure de la patinoire, faisant signe à Charlie de le suivre à la trace et, risqua un coup d’œil par-dessus. Plissant légèrement les paupières, il remarqua que le concierge progressait lentement sur les hauteurs de la salle, un casque de Walkman sur les oreilles. Jamie ne perdit pas de temps à s’attarder sur cet antique choix de lecteur musical et se tourna vers Charlie. Sans décrocher le moindre mot, il la désigna du bout de l’index, tapa du poing deux fois sur sa paume gauche, tourna son pouce vers l’endroit où ils avaient laissé ses affaires, inclina deux doigts vers le bas et acquiesça de la tête avec assurance. À ses yeux, son message était parfaitement clair, mais apparemment, il était seul à maîtriser ce langage des signes approximatifs. Aussi répéta-t-il l’opération plus rapidement, comme si ça avait été la chose la plus compréhensible du monde. Il poussa un soupir. Se penchant vers elle, il glissa un bras autour de sa taille pour lui servir de béquille au cas où elle aurait mal à la cheville, et l’entraîna avec lui pour récupérer son iPod et son sac à dos qu’il passa sur son épaule. Lorsque le concierge tourna la tête dans leur direction, il la força à s’accroupir précipitamment. “Aoutch, désolé” murmura-t-il en grimaçant. Il se passa une main sur le visage avant de pointer du doigt, la sortie des joueurs de hockey menant aux vestiaires.

Ils progressèrent très lentement, s’abaissant aux moindres signes de détection de la part du concierge. Mais l’homme de couleur n’était visiblement pas très investi dans son travail—qui le serait après tout?—et bientôt, ils s’infiltrèrent dans les vestiaires vides de la patinoire, habituellement réservés aux matchs professionnels. “Oh, attends” l’arrêta-t-il lorsque ses yeux s’arrêtèrent sur un nécessaire à pharmacie. L’aidant à s’asseoir sur l’un des bancs, il s’empressa ensuite d’ouvrir la petite mallette à la recherche d’une bande pharmaceutique. “Bingo !” s’exclama-t-il fièrement en brandissant la chose. Ne trouvant pas de pommades à sa plus grande déception, il s’empara à défaut d’un spray de froid local pour anesthésier temporairement la douleur. “Attention” fît-il en se mettant à genoux devant elle pour lui retirer doucement sa chaussure, sans même lui demander son avis. “Ça va être un peu froid” la prévint-il juste avant de pulvériser le produit sur sa cheville enflée. Il commença à enrouler la bande autocollante autour de son entorse avec précaution avant de reprendre : “Il faut qu’on sorte d’ici, on va se faire pincer” grimaça-t-il.
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MessageSujet: Re: 02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane.   Lun 24 Mar - 11:02

A la mention de Wyatt, les yeux de Charlie se rouvrirent légèrement et elle pinça les lèvres, esquissant une moue adorable. « Mon copain, il préfère faire joujou avec son spéculus plutôt que de passer un peu de temps avec moi ». Inclinant le menton, elle coula un regard à Jamie qui s’était à son tour allongé et avait posé sa tête sur son ventre. « Mais c’est pas grave. Parce que je t’ai toi mon Jackie ». Rapprochant le joint de ses lèvres, elle en tira une nouvelle bouffée et les muscles de son visage se décrispèrent à l’unisson. Elle n’avait jamais fumé auparavant et même si en cet instant précis elle manquait clairement de discernement, elle devait avouer que c’était le meilleur antistress auquel elle avait goûté de toute sa vie ; un antistress qui lui aurait d’ailleurs été bien utile du temps de l’Ohio State University, lorsque la jeune femme se débattait continuellement avec son anxiété pathologique avant les examens. Laissant à nouveau ses paupières retomber devant ses yeux ensommeillés, Charlie se laissa bercer par les souvenirs vagues qui refaisaient surface, des souvenirs liés à ses quatre années passées à l’université, là où elle avait profité de bon nombre de soirées étudiantes contre son gré, et lors desquelles elle n’avait toutefois jamais été sous l’emprise de la drogue. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir été confrontée aux tentations de ces dernières : la jeune femme ne comptait plus les fois où on lui avait proposé une cigarette en toute innocence, ni les fois où elle retrouvait de vrais déchets humains à l’extérieur des bâtiments, qui avaient sans doute un peu trop profité des substances illicites. Tout cela ne l’avait jamais tentée. La fumée, la drogue, les sachets qui se baladent de main en main, la poudre retrouvée sur le bord de la cuvette des toilettes. Peut-être un peu trop sage pour ces soirées estudiantines un peu trop décalées à son goût, Charlie s’était toujours contentée de l’alcool pour s’amuser, et au vu de l’effet que la boisson avait sur elle cela lui suffisait amplement.

Si la jeune femme n’avait pas été mal informée dès le départ sur la provenance et la composition exacte des cachets qu’elle avait si promptement avalés après sa blessure à la cheville, sans doute qu’elle n’aurait jamais touché à ces cochonneries de toute sa vie. Cela ne lui ressemblait pas. Elle n’était peut-être pas vraiment un modèle pour quiconque, mais il n’en demeurait pas moins qu’elle avait toujours eu des principes. Etait-ce Lima qui la métamorphosait ainsi ? L’euphorie qui existait dans cette ville chantante était-elle à l’origine de ces malentendus qui s’enchainaient et qui la faisaient indubitablement évoluer, qu’importe la direction que prenait cette transformation ? La principale intéressée ne s’était peut-être jamais posé la question, mais il était vrai que depuis son arrivée dans ce trou paumé de l’Ohio elle avait évolué de façon considérable. D’une jeune femme sans problèmes, un peu trop studieuse et fleur bleue pour faire l’unanimité, elle s’était métamorphosée en l’espace de quelques mois en un bout de femme dynamique et sociable, dont la méfiance légendaire vis-à-vis des histoires d’amour s’était peu à peu évaporée pour laisser place à quelques espoirs fondés grâce à l’existence de Wyatt Pillsbury dans sa vie. Certes, tout n’était pas rose dans celle-ci : son petit-ami était de moins en moins présent, le nombre de vautours qui lui tournaient autour semblait grossir à vue d’œil, et ses insécurités revenaient inéluctablement à la charge malgré des efforts certains réalisés depuis plusieurs mois. Mais elle était heureuse, peut-être plus qu’elle ne l’avait jamais été en Californie ou dans la capitale de l’Ohio, et c’était ce qui importait le plus en fin de compte.

Un doux sourire se dessina sur ses lèvres et la jeune femme tomba progressivement dans les bras de Morphée, l’esprit bourdonnant d’images vives. Son sommeil fut néanmoins de courte durée, et quand Jamie lui donna un coup de coude brusque pour l’en sortir la jeune femme ouvrit grand les yeux, tous les sens soudain en alerte. Le doigt que l’adolescent posa sur ses lèvres la dissuada de poser des questions, et sans véritablement comprendre la raison de la panique qui animait à présent le jeune Ainsworth elle le suivit sans mot dire, plus conciliante qu’elle ne l’avait jamais été. Ils se rapprochèrent silencieusement du bord de la patinoire après que Jamie ait pris le temps de lui retirer ses patins, et grimaçant à cause de la douleur qui se réveillait à hauteur de sa cheville, Charlie s’arrêta en même temps que lui et suivit sans comprendre les gestes qu’il lui adressait.

Ce fut néanmoins à ce moment-là qu’elle comprit la nature du danger qui les menaçait : suivant le regard de Jamie, elle distingua à peu près clairement la silhouette du concierge de la patinoire, affairé tout en haut de la salle, un casque audio sur les oreilles. Ses lèvres s’écartèrent soudain l’une de l’autre, sa bouche dessinant un grand O de surprise. « Le concierge ! Le concierge ! Il va nous attraper, Jackie ! » Fit-elle alors que ce dernier la poussait à s’accroupir. Poussant un petit hoquet de douleur, la journaliste grimaça, les sourcils si froncés qu’une ride parfaitement dessinée se creusa entre eux. Telle une poupée sans vie, elle se laissa entrainer vers les vestiaires et lorsqu’enfin elle put s’asseoir sur l’un des bancs, ce fut avec un soupir de soulagement qu’elle accepta ce moment de répit. « J’ai mal, Jackie ». Sa plainte résonna dans le vestiaire désert, et la jeune femme se pencha pour vérifier l’état de sa cheville qui était de plus en plus gonflée. Comment allaient-ils se sortir de cette galère ? Charlie ne pourrait jamais suivre Jamie, c’était impossible avec une cheville dans un tel état.

Des larmes roulèrent bientôt sur les joues de la choriste, qui écouta à peine les paroles d’encouragement de son camarade d’infortune, ne sentant qu’une sensation de froid se propager à hauteur de sa cheville blessée. Ecarquillant les yeux, elle battit des cils à plusieurs reprises avant de se détendre légèrement. Ramenant mécaniquement sa main sur son genou, elle se rendit compte que ses doigts ne tenaient plus le joint qu’elle avait goûté un peu plus tôt dans la soirée. Haussant les épaules, elle coula un regard à Jamie. « L’issue de secours, Jackie, il doit forcément y en avoir une » Déclara-t-elle dans un éclair de lucidité venu d’ailleurs. Posant sa main sur l’épaule du lycéen pour ne pas tomber, elle se redressa et sautilla à cloche-pied afin de faire le tour du vestiaire avec lui et découvrit une porte de secours à peine dissimulée de l’autre côté de la salle. Une longue barre métallique barrait celle-ci, et sans réfléchir, Charlie lâcha Jamie et s’agrippa à cette dernière, la poussant de toutes ses forces. Par chance, la porte ne tarda pas à céder et dans un bruit sourd qui retentit dans les vestiaires, elle s’ouvrit sur l’extérieur du bâtiment. Aussi excitée par cette découverte qu’elle n’était épuisée par toute leur mésaventure, la choriste se jeta dans les bras de Jamie. « Ramène-moi à la maison, mon Jackie » Lui souffla-t-elle à l’oreille, ne souhaitant à présent plus qu’une seule chose : retrouver la chaleur et le confort familier des draps du lit qu’elle partageait avec son gynécologue.
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02. Boy you get me higher, like your nickname was Mary Jane.

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