Choriste du mois


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 02. Gotta have some hot stuff.

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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
Humeur : Angoissée.
Statut : Épouse de Wyatt Pillsbury.
Etoiles : 1621

Piece of Me
Chanson préférée du moment : Coldplay ─ Charlie Brown
Glee club favori : Second Chances
Vos relations:
MessageSujet: 02. Gotta have some hot stuff.   Mer 4 Sep - 17:30


02. Gotta have some hot stuff.
Spin-off du scénario "Blood is on the dance floor"


Une fois la collégiale terminée, Charlie félicita ses camarades puis quitta la scène et se dirigea vers le bar. Toute l’excitation ressentie pendant le numéro retombait enfin, si bien qu’une seule image persistait dans l’esprit de la jeune femme : celui de son petit-ami, portant Ruby Caldwell à bout de bras sur scène. Une image qu’elle n’était pas près d’oublier. Elle les avait pourtant prévenus, l’un comme l’autre. Quelques mois plus tôt, elle s’était même disputée avec Wyatt à ce sujet et il avait tenté de la rassurer en lui promettant qu’il ne se passait rien avec sa jolie camarade de chorale ; ce que cette dernière avait finalement démenti lorsque la brunette avait forcé un rendez-vous entre elles, le mois dernier. Ruby était amoureuse de Wyatt, et Wyatt ne faisait rien pour briser ses illusions. Pis, il n’avait jamais pris la peine de mentionner le fait qu’il était déjà en couple avec quelqu’un. Avec elle. La laissant croire qu’il était célibataire. Depuis, Charlie ne pouvait s’empêcher de se montrer plus distante avec lui, ce qui n’était pas bien compliqué compte-tenu du fait qu’il était rarement à l’appartement ces temps-ci. Il prétextait sans cesse être rappelé par l’hôpital pour des urgences, mais à présent le doute s’immisçait dans l’esprit de la Second Chances. Lui qui défendait sa fidélité avec ferveur lui avait prouvé qu’il n’avait pas toujours été tout à fait honnête avec elle –car lui affirmer qu’une simple amitié le liait à Ruby était un mensonge. Ils partageaient bien plus qu’une complicité entre choristes. Et en les voyant sur scène ce soir-là, Charlie avait eu le sentiment qu’il s’était bien moqué d’elle. Comme s’il n’en avait rien à faire de ce qu’elle pouvait penser. Comme s’il s’amusait à piétiner le peu de confiance qui lui restait.

Les mâchoires serrées, la jeune femme interpella le barman et commanda un mojito « bien corsé ». Prenant place sur un tabouret libre, elle posa son coude sur la surface polie du bar et se retourna suffisamment pour garder un œil sur la scène. Si tout se passait bien, Megan et Joanna devaient être en train de se préparer dans les coulisses en préparation de leur duo qui scellait l’alliance du soir : celle des Awesome Voices et Second Chances. Elle-même avait un duo prévu un peu plus tard dans la soirée avec Ashandra Moon, qui était de loin la camarade qu’elle préférait au sein de leur groupe. Elles avaient déjà partagé un numéro ensemble l’année précédente, lors du Festival de musique de Lima : un mash-up réunissant deux chansons mythiques de Robbie Williams : Let Me Entertain You et Angels. Charlie s’était énormément amusée en sa compagnie et en gardait un agréable souvenir. Et puis, il semblait que la voix grave d’Ashandra était celle qui s’adaptait le plus facilement à la sienne, pourtant plus aigüe, ce qui réconfortait Charlie, toujours un peu incertaine lorsqu’elle chantait. Cette année, elles renouvelaient l’expérience et la brunette était certaine de s’amuser. Certes, elle aurait peut-être préféré partager un duo avec son petit-ami afin de profiter de l’alliance entre leurs chorales -qui ne se répèterait sans doute jamais- mais ce dernier ne le lui avait pas proposé, et elle n’en avait jamais fait mention non plus, encore trop irritée après le rendez-vous qu’elle avait eu avec Ruby Caldwell au Breadsticks.

Le barman fit glisser un mojito fraichement préparé dans sa direction et Charlie esquissa un sourire, posant sur la table quelques billets qu’elle avait coincés dans la ceinture de sa combinaison afin de régler ses futures consommations. Saisissant la paille entre son index et son pouce, elle prit une longue gorgée qui lui brûla instantanément la gorge. Satisfaite, la jeune femme reposa son verre et se retourna à nouveau pour profiter du spectacle offert par Megan et Joanna, qui venaient de prendre place sur scène sous les acclamations du public. Voilà un duo pour le moins détonnant. Les deux jeunes femmes possédaient toutes les deux une vraie force de caractère et les répétitions n’avaient pas dû être de tout repos. Pourtant, le résultat était véritablement époustouflant : les deux choristes s’agitaient en rythme au milieu de la scène, exécutant quelques pas de danse que Charlie aurait été incapable de reproduire. Suivant du regard le numéro, la brunette trempa ses lèvres au mojito à plusieurs reprises, et quand les applaudissements dans la salle marquèrent la fin du numéro, elle se rendit compte que son verre était déjà vide. Dépitée, la jeune femme en commanda un nouveau, qu’elle obtint juste avant le début du duo suivant… ou plutôt du trio suivant, et lorsque Charlie en reconnut les trois protagonistes, elle faillit recracher le cocktail qu’elle avait dans la bouche. Là, entouré de deux charmantes créatures pourtant trop familières aux yeux de la Second Chances, se tenait Wyatt Pillsbury, tout sourire. Quant à ses chères partenaires, il s’agissait ni plus ni moins de Ruby Caldwell et Grace Hamilton, les deux rivales incontestées de Charlie. La musique s’éleva dans la salle et les trois compères commencèrent leur numéro, tous plus enthousiastes les uns que les autres.

Charlie avait envie de vomir. Envie de jeter le contenu de son verre à la figure des trois choristes. Envie d’hurler, de taper du pied, de s’arracher les cheveux. Et pourtant, elle resta immobile sur son tabouret, incapable d’exécuter le moindre geste. C’était une plaisanterie. Une supercherie destinée à la mettre dans tous ses états. Il devait y avoir des caméras autour d’elle, prêts à filmer la moindre de ses réactions. Elle ne pouvait imaginer un autre scénario possible, un scénario qui suggérerait que Wyatt prenait un malin plaisir à la torturer, à lui voler son cœur pour mieux le réduire en miettes par la suite. Sans aucune pitié. C’était impossible. Il ne ferait pas ça, n’est-ce pas ? Il n’était pas comme ça. C’était un homme bon, droit et honnête.

Alors pourquoi ?

Mordillant avec force sa lèvre inférieure si bien que le goût de son sang se répandit bientôt sur le bout de sa langue, Charlie sortit de sa léthargie et se détourna de ce spectacle humiliant. Attrapant le cocktail sur le bar, elle retira la paille qu’elle jeta sans ménagement à côté d’elle et but à même le verre pendant plusieurs secondes, le temps de le vider. Lorsqu’elle le reposa brutalement sur le bar, seules les feuilles de menthe y tenaient encore. Et alors qu’elle s’apprêtait à quitter son siège, quitter cet endroit et renoncer à tous les projets qu’elle avait pourtant élaborés pendant des semaines en prévision de cette soirée, des bribes de conversation lui parvinrent. « Tu crois qu’il se tape laquelle ? Je penche pour la blonde, elle n’arrête pas de le toucher dès qu’elle en a l’occasion, elle en est folle c’est certain. Ah la fille du pasteur, mon œil ! Je suis sûre que cette petite garce s’envoie en l’air tous les soirs avec son beau rouquin ». Des éclats de rire suivirent ces commentaires et Charlie tourna la tête vers les deux commères. Sans réfléchir, elle glissa sa main au fond de son verre vide de tout alcool et s’empara des feuilles de menthe avant de se diriger vers les deux filles installées au bar. Divisant les feuilles de menthe humides dans ses deux mains, elle les écrasa spontanément dans les cheveux des deux amies, son visage tordu par la colère. Elle appuya bien afin que la menthe se répande dans leurs brushings puis s’écarta d’elles. Les deux filles l’observaient, la même expression de surprise peinte sur leurs visages. « La prochaine fois, pensez à tourner vos langues sept fois dans vos bouches avant de dire des conneries pareilles. Bande de pétasses » Fit-elle en appuyant bien sur les derniers mots. Puis, sans un dernier regard, elle s’éloigna de la scène, bien droite dans sa combinaison écarlate.

Se dirigeant vers le côté opposé de la salle, elle arriva bientôt à la hauteur des ingénieurs du son du piano-bar, engagés par la soirée. « Je peux vous emprunter un ordinateur, deux minutes ? ». Les deux techniciens échangèrent un regard, surpris par le ton impérieux employé par cette choriste en tenue disco. « Ou-oui bien sûr, allez-y ». Étonnée par la réponse positive, Charlie en profita avant qu’ils ne changent d’avis et lança un navigateur internet avant de taper sur Google les mots « Hot Stuff Lyrics ». Sans demander l’avis des employés, elle leur emprunta une feuille et un crayon, possé sur le devant de la table, et recopia rapidement les paroles. « Merci les gars » Les remercia-t-elle après avoir terminé. Piochant dans les billets glissés autour de sa taille, elle en extirpa un de la liasse et les leur tendit. « Pour votre gentillesse » Fit-elle avec un sourire. Elle s’apprêta à aller retrouver Ashandra quand elle s’arrêta net. « Ah et oubliez le Barry White pour le sixième numéro. J’espère que vous avez « Hot Stuff », de Donna Summer dans vos playlists, parce que c’est ce que je vais chanter ». Cette fois, la jeune femme s’éloigna vraiment des deux ingénieurs et partit à la recherche d’Ashandra, qu’elle trouva quelques minutes plus tard, non loin de la scène. « Je peux te parler s’il-te-plait ? » Lui demanda-t-elle avec un sourire. En voyant Ashandra acquiescer, elle l’emmena vers les vestiaires réservés aux Second Chances et une fois la porte refermée derrière elle, elle lui tendit la feuille sur laquelle étaient inscrites les paroles de la nouvelle chanson. « Finalement je ne suis plus vraiment décidée à chanter du Barry White » S’excusa-t-elle –à ses yeux du moins, cela faisait office d’excuse. « J’aimerais quelque chose de plus… osé, de plus… surprenant. Tu connais « Hot Stuff » de Donna Summer ? ».
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MessageSujet: Re: 02. Gotta have some hot stuff.   Jeu 5 Sep - 0:42

«Tenue intéressante.» Ashandra sursauta au son de cette voix grave dans son dos et manqua de renverser sa bière fraîchement commandée sur la combinaison orange qu’elle n’avait pas retirée après être descendue de scène et la faisait terriblement ressortir dans le paysage, malgré la diversité des costumes revêtus par les différents participants. Elle n’aurait pourtant pas pu plus s’en moquer. La choriste n’était pas encore tout à fait redescendue du petit nuage où elle était grimpée lorsque les applaudissements avaient retenti à la fin de la collégiale, et voir que les habitants de Lima s’étaient déplacés au Piano-Bar en nombre et en tenue ne faisait qu’entretenir son euphorie. On ne comptait plus les perruques afro géantes et les pantalons à pattes d’éléphants. La boule à facette n’était pas la seule à scintiller avec une telle concentration de paillettes à un seul endroit. Mais rares étaient les combinaisons intégrales de couleur fluo... Son intention avait d’abord été d’enfiler une petite robe à motifs psychédéliques qu’elle avait achetée spécialement pour l’occasion entre ses deux passages sur scène, mais dans la précipitation et l’excitation, elle avait complètement omis de la mettre dans son sac et se retrouvait condamnée à déambuler du mieux qu’elle pouvait avec des chaussures compensées de dix centimètres de haut pour ne pas gâcher la surprise de sa prochaine tenue. Pour leur seconde chanson, Charlie et elle avaient choisi d’adapter la chanson You’re the one I need de Barry White dans de longues robes aux motifs animaliers, une fois de plus choisies par Robin Faithorn qui avait usé et abusé de son budget costumes, mais qui avaient au moins l’avantage de couvrir sa gorge. L’énergique Charlie Watson-Brown n’avait pas été facile à convaincre, mais Ashandra avait argué que toute soirée qui se respecte devait avoir au moins un slow et, à force de supplier, avait réussi à obtenir gain de cause.

Après le succès de la prestation des Second Chances, l’afro-américaine n’avait qu’une seule envie : recommencer. Chanter avait toujours été une véritable libération, mais aujourd’hui tout particulièrement, elle avait eu l’impression de laisser partir une partie de ses démons en enchaînant les harmonies à la limite de l’ultra-son. Elle avait finalement réussi à être quelques instants la jeune femme indépendante et libérée qu’elle ambitionnait de devenir. Sans prêter attention aux regards et critiques des autres, elle avait chanté et dansé avec confiance dans cette tenue ridicule, et elle malgré l’importance de la mission derrière cette chanson, elle s’était amusée, vraiment amusée. Depuis que les répétitions avaient repris, elle n’avait pas pensé à Damon une seule fois. Elle avait conservé plusieurs photos de famille bien en évidence dans son appartement, mais elle ne s’était pas arrêtée pour les regarder d’un air aussi triste que coupable depuis plusieurs jours, trop occupée à chanter à tue-tête et à répéter les mouvements un peu suggestifs de leur chorégraphie. Alors qu’elle n’y croyait plus, elle commençait enfin à lâcher prise sur sa peine pour se laisser vivre, tout cela grâce aux Second Chances. Il n’en demeurait pas moins qu’elle avait évité de croiser le chemin de Cassandra une fois descendue sur le parquet transformé en gigantesque jeu de dalles lumineuses pour l’occasion. Elle n’était pas encore prête à entendre de la voix de son amie la décision qu’elle avait prise au sujet de la chorale. Elle voulait vivre ce rêve encore un peu plus longtemps, au moins le temps de partager la scène avec Charlie, ce qui ne manquerait pas d’être riche en émotions. La dernière fois qu’elles avaient chanté ensemble, la brunette avait réussi à la convaincre d’arracher sur scène la robe blanche angélique qui constituait la première couche de leur costume pour dévoiler un costume de diable rouge qui illustrait la seconde partie de leur mash-up. Elle affronterait la réalité plus tard, pour le moment, elle voulait encore s’amuser et boire sa bière.

Se retournant vers l’homme qui l’avait interpellée, Ashandra découvrit avec surprise qu’il s’agissait de son entraîneur de boxe qu’elle reconnaissait à peine sous sa perruque crépue, ses muscles surgonflés moulés dans un costume blanc aux revers pailletés. «Coach !» s’écria-t-elle en reposant son verre sur le bois du bar bondé. «Qu’est-ce que vous faites là ?» Le boxeur massif posa sa main sur son épaule et la pressa doucement avant de faire signe au barman dans son dos. «La fièvre du samedi soir... Joli brin de voix Moon, tu devrais chanter plus souvent à la salle, ça nous changerait de la programmation de la fille de l’accueil.» Ashandra sentit ses joues rosir au compliment et elle ne put s’empêcher de détourner le regard soudainement gênée d’avoir été vue par quelqu’un qu’elle connaissait sans pour autant perdre son sourire ravi. Elle savait qu’en organisant cette soirée disco en même temps que la soirée de Sue Sylvester au lycée, aucun élève ne viendrait au Piano-Bar pour espionner ce qui se tramait et éventuellement faire tourner des vidéos du spectacle qui lui seraient à coup sûr retombées sur le nez. La nouvelle prof d’anglais toujours discrète et un peu coincée en train de se déhancher en combinaison fluo, voilà de quoi faire jaser ses classes jusqu’aux vacances de Noël. Cette certitude était un soulagement, mais il n’en demeurait pas moins que de croiser des têtes connues dans l’audience avait toujours quelque chose d’embarrassant. «Aaron dans le coin ?» Sa question lui fit quant à elle immédiatement perdre le sourire. Relevant les yeux vers son entraîneur, elle força ses lèvres à se courber en un rictus qui cachait mal sa déception. «Je ne l’ai pas encore vu... Il doit être en retard.» dit-elle d’une voix si basse que les voix de Joanna et Megan qui se déchaînaient sur scène comme deux divas des années 80 dans les dernières mesures de leur morceau couvrirent presque ses mots tandis que ses yeux étaient à nouveau fuyants.

Elle avait cherché son petit ami dans la salle après la prestation, sans succès. Il savait ce qui se jouait ce soir pour elle et lui avait dit qu’il passerait certainement. Ashandra n’avait pas voulu insister de peur d’être trop collante, et après la soirée qu’elle avait passée à Duo Dance, elle ne savait plus quoi faire. Et si jamais il ne venait pas ? Et s’il avait réalisé qu’il ne voulait pas vraiment être avec elle ? Ses dents mordillèrent l’intérieur de sa joue à ces pensées, mais son attention fut ramenée dans la salle lorsque son coach tapota sa joue en posant sur elle un regard plus tendre que son habituelle intransigeance. «Il va s’en mordre les doigts quand je vais lui raconter.» La choriste força un sourire plus large pour son coach avant de récupérer son verre pour en boire une longue gorgée. Elle n’avait aucun problème avec le fait que son coach épluche son alimentation et ses activités sportives, mais elle n’était pas prête à partager sa vie sentimentale avec lui. Et si elle voulait se confier à une montagne de muscles, elle avait toujours Warren. «Je um... Je vais essayer de me rapprocher de la scène pour voir le numéro suivant, évaluer la concurrence.» plaisanta-t-elle en paraphrasant les éternels conseils du sportif. Se détachant du bar, elle s’éloigna de quelques pas avant de se retourner vers l’homme qui l’avait suivie des yeux. «Profitez de votre soirée coach ! Merci d’être venu...»

Elle venait à peine de trouver un bon angle de vue à deux pas de la scène au milieu des danseurs qui se déchaînaient sur les rythmes endiablés de la chanson choisie par les partenaires de Grace qui était proprement méconnaissable lorsqu’elle sentit la main de Charlie sur son bras. Intriguée par l’expression sur le visage de la jeune femme, elle hocha la tête avant de la suivre dans le couloir menant aux vestiaires improvisés un peu plus au calme. «Quelque chose ne va pas ? Tu as l’air...» Shandy n’eut pas le temps de terminer sa phrase que la porte était refermée derrière elle et Charlie lui faisait une confession qui fit se contracter son corps tout entier. «Que... Quoi ?» bafouilla-t-elle dans un murmure alors qu’elle voyait déjà son deuxième moment de joie de la soirée s’envoler. Dire qu’elle était déçue était un doux euphémisme. Le monde venait de s’arrêter pour Ashandra Moon. La bouche entrouverte, ses yeux noirs ronds comme des soucoupes et son teint un ton plus clair trahissaient le choc qu’elle encaissait avec difficultés. Il fallait qu’elle réagisse, qu’elle proteste, qu’elle demande des explications, n’importe quoi... Cependant elle n’eut pas le temps d’essayer de convaincre Charlie qu’elles pouvaient chanter autre chose si elle n’avait plus envie de faire un slow que la jeune femme lui envoyait un deuxième uppercut avec son alternative pour le moins inattendue. «Quoi ?» souffla-t-elle à nouveau, son ton trahissant clairement son incrédulité. Mais quelle mouche avait bien pu la piquer ? Elle voulait changer de morceau à la dernière minute pour une chanson qu’elles n’avaient jamais chantée ensemble ?

Ses cils papillonnaient à toute allure alors qu’elle cherchait à trouver un sens à cette situation insensée, mais elle abandonna finalement pour sauter à pieds joints dans cette pure folie. «Je... Oui, je la connais... Enfin, je l’ai déjà entendue, mais je ne l’ai jamais chantée !» s’empressa-t-elle d’ajouter. «Mais Charlie... On ne peut pas chanter ça ! C’est... Enfin c’est... Et puis on n’a jamais répété ! On n’a pas de chorégraphie ! Je ne connais même pas les paroles !» S’avançant jusqu’à la choriste, elle lui saisit les mains pour les serrer dans les siennes et chercha son regard avec inquiétude. «Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que... Pourquoi ?» Porter une tenue si moulante qu’elle ne laissait plus grand chose à l’imagination et un décolleté si profond qu’on voyait presque son soutien-gorge, passe encore, mais si sa mère et le pasteur apprenaient qu’elle avait chanté du Donna Summer, elle allait être flagellée en place publique ! «Je savais que je n’aurais pas dû te forcer la main pour Barry... Je suis désolée... Je...» murmura-t-elle en baissant les yeux vers ses plateformes, sa gorge gonflée par l’émotion et le désarroi.
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MessageSujet: Re: 02. Gotta have some hot stuff.   Jeu 5 Sep - 17:04

La mouche qui avait piqué Charlie avait un nom : elle se prénommait Wyatt Pillsbury, une identité qui sonnait à présent douloureusement à l’oreille de la jeune femme. Elle ne comprenait pas. Ne savait pas comment il avait pu la trahir avec une telle facilité. Etait-ce sa façon de lui faire comprendre qu’il ne voulait plus être avec elle ? Qu’il avait trouvé mieux ailleurs ? Que tous ces mois qu’ils avaient partagés ne comptaient pas à ses yeux ? Pis, qu’ils étaient dénués de sens ? Ils vivaient ensemble, pourtant ! Il l’avait même présentée à ses parents. Cela faisait des semaines qu’il tentait de la rassurer à la moindre occasion, lui confiant à quel point il l’aimait et lui promettant que jamais il ne lui ferait de mal. Une promesse qui au vu des circonstances actuelles sonnait creuse. Il l’avait brisée. Comment avait-il pu lui faire ça, à elle ? Certes, elle était loin d’être un modèle, elle avait tout un tas de défauts et la jalousie en faisait manifestement partie. Au cours de ces deux derniers mois, sa possessivité avait repris le dessus et l’avait entrainée dans des situations impossibles. D’abord avec Ruby, qu’elle avait provoquée au Breadsticks et à qui elle avait demandé de s’éloigner de Wyatt -une demande que la choriste avait aussitôt refusée. Face à cette décision, Charlie avait dû se débrouiller seule pour faire en sorte de séparer les deux camarades et n’avait rien trouvé de mieux que de publier une petite annonce dans la Gazette de Lima au nom de Ruby, qui selon celle-ci recherchait l’homme parfait parmi les habitants de la ville. Elle n’avait jamais su si son petit plan avait abouti à quelque chose mais au vu de la complicité toujours plus forte entre Ruby et Wyatt sur scène, tout portait à croire qu’elle avait à nouveau essuyé un échec. Grace, quant à elle, n’avait pas été en reste. Gardant toujours un souvenir amer de leur rencontre à l’église, juste avant le début de l’été, Charlie avait voulu se venger d’elle en s’introduisant chez elle et en lui dérobant un bien précieux –un projet qu’elle n’avait pas tardé à abandonner, considérant que cela ne mènerait à rien en dépit de ses motivations premières.

Charlie avait tout fait pour se défendre, tout fait pour montrer à ces coureuses de caleçon qu’elle n’avait pas peur d’elles alors que la réalité était toute autre. Elle était effrayée, terrorisée à l’idée de perdre son Wyatt. Elle savait à quel point il serait difficile pour elle de se reconstruire si une rupture venait à les séparer. Elle était fragile, se sentait impuissante, et le petit spectacle auquel elle venait d’assister n’avait fait que renforcer ses craintes. Elle avait déjà l’impression de l’avoir perdu.

Son cœur se serrant dans sa poitrine, elle détourna le regard d’Ashandra qui se tenait debout face à elle, vissant son regard à la feuille qu’elle tenait entre ses mains tremblotantes. Elle était fébrile mais n’avait pas la moindre envie de révéler ses faiblesses. Elle voulait enfiler sa longue robe sexy prévue pour le prochain numéro, monter sur scène avec sa camarade préférée au sein de la chorale des Second Chances, et montrer de quel bois elle se chauffait. Se venger. Faire de l’œil à tous les hommes dont elle croiserait le regard, en se comportant d’une façon qui ne laisserait aucun doute sur son statut sentimental. Aux yeux du public du piano-bar, elle serait célibataire. Pendant trois minutes, c’est vrai, mais cela ne l’empêcherait pas de s’amuser. Wyatt ne s’était guère gêné lorsqu’il s’était lancé dans ce petit numéro énergique avec Ruby et Grace. Pourquoi donc se gênerait-elle, elle ? Qu’est-ce qui l’en empêcherait ? Elle avait mal et avait besoin d’oublier pendant trois minutes, cent quatre-vingt petites secondes, la trahison dont elle avait été victime. Tant pis si la chute s’avérait plus douloureuse par la suite. Tant pis si elle regrettait cette décision après-coup. Qu’importent les conséquences, elle n’en avait plus rien à faire. Elle avait déjà l’impression d’avoir tout perdu, alors à quoi bon s’imposer des limites ? Ce n’était certainement pas ce qui lui rendrait son petit-ami.

Il y avait cependant un bémol dans toute cette histoire : Ashandra. En dépit de ses résolutions, Charlie n’aimait pas l’idée de lui imposer une nouvelle chanson, à dix minutes à peine de leur passage. Elle savait que sa camarade pouvait être aussi anxieuse qu’elle lorsqu’il s’agissait de passer sur scène et elle n’avait pas envie de la torturer davantage en lui faisant suivre ses propres instructions. Malgré tout, si elle souhaitait aller au bout de son idée, elle n’avait pas le choix et devait se montrer ferme ; elle trouverait le moyen de s’excuser plus tard et de se faire pardonner. Comme elle l’avait prévu, la jeune femme l’observa d’un air consterné lorsqu’elle prononça le nom de Donna Summer. Les yeux écarquillés, la bouche légèrement entrouverte, Ashandra la contemplait comme si elle ne comprenait pas tout à fait ce qu’elle venait de lui dire. Charlie ferma les yeux un instant, la déception peinte sur le visage de son amie lui faisant l’effet d’un coup de poignard en plein estomac. Elle se rendait compte de ce qu’elle lui demandait, des sacrifices que cela nécessitait. Elle réalisait à quel point cette annonce déstabilisait Ashandra et pourtant elle ne parvenait pas à faire marche arrière, à faire comme si tout ceci n’était qu’une vaste plaisanterie destinée à détendre l’atmosphère avant de monter sur scène. Elle n’en avait pas envie. Elle voulait aller jusqu’au bout, monter sur scène et chanter du Donna Summer.

Pinçant les lèvres, Charlie rouvrit les yeux et affronta le regard de sa camarade qui lui disait connaitre la chanson mais ne l’avoir jamais interprétée. « On peut s’entrainer avant de passer sur scène, si tu veux. Il nous reste encore quelques minutes, Christabella et Ezrael ne sont pas encore passés. Quant à la chorégraphie » Charlie arqua un sourcil, hésitante. « Eh bien… on  pourra toujours improviser. Vu le thème de la chanson ce ne devrait pas être bien compliqué ». Haussant les épaules, elle s’écarta légèrement de la jeune femme et son regard se fixa au mur derrière elle. « Je sais que c’était très important pour toi de chanter ce slow… Ça l’était pour moi aussi. Mais les choses sont différentes à présent, je… je ne saurais pas l’expliquer, c’est compliqué ». Se prenant la tête entre ses deux mains, la jeune femme détourna le visage, les images du trio qu’elle avait aperçu sur scène quelques minutes plus tôt défilant dans son esprit. Elle avait besoin de se révolter. Besoin de rendre à Wyatt la monnaie de sa pièce. Il l’avait humiliée sur scène en flirtant ouvertement avec ses deux rivales, elle devait à son tour adopter la même attitude, jouer le même jeu. Que ressentirait-il lorsqu’il la verrait débarquer sur scène dans une tenue sexy, se trémoussant sur un air de Donna Summer particulièrement suggestif, renvoyant l’image d’une femme à l’aise avec son corps et libre comme l’air. De la surprise ? De la colère ? Peut-être même de l’incompréhension ? Si c’était le cas, alors il comprendrait ce qu’elle avait éprouvé lorsqu’il était monté sur scène avec Grace et Ruby.

Les excuses d’Ashandra retentirent dans la pièce et lorsqu’elle s’excusa d’avoir insisté pour qu’elles chantent du Barry White, Charlie retrouva son regard et secoua la tête. « Ce n’est pas à toi de t’excuser, Ashandra. Tu n’y es pour rien. C’est moi qui m’excuse de te faire faux bond à la dernière minute et de changer nos plans ». Scrutant le regard de sa camarade, elle y décela les émotions qu’elle avait redoutées. La Second Chances serra un peu plus les mains de la choriste dans les siennes et poussa un long soupir. « Je ne te demanderais pas ça si ça ne me tenait pas autant à cœur, tu sais. C’est la seule chose à laquelle je peux me raccrocher ce soir. Vraiment » Murmura-t-elle d’une voix fébrile. L’espace d’un instant elle baissa sa garde, oubliant qu’elle devait se montrer forte. Quelques larmes affluèrent sous ses yeux clairs et elle lâcha les mains d’Ashandra pour les essuyer aussi discrètement que possible. Serrant les dents, elle se ressaisit et posa une main sur l’épaule de la Second Chances. « Et puis, je suis sûre que tu ferais une magnifique Donna Summer. Tu as le look ! » Ajouta-t-elle, un sourire triste dessiné sur ses lèvres.
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MessageSujet: Re: 02. Gotta have some hot stuff.   Jeu 5 Sep - 23:46

Même étouffée derrière la porte des vestiaires, on distinguait encore la voix aiguë et reconnaissable entre mille de Grace et les bruits d’encouragement du public, mais Ashandra n’entendait plus que son cœur battre dans ses tempes. Elle était en train de paniquer. Charlie ne voulait pas entendre raison. Elle n’avait même pas besoin d’entendre ce qu’elle avait à dire, elle avait pu le lire dans son regard avant que celle-ci ne ferme les yeux. La choriste avait au fond de ses prunelles vert opaline une rage brûlante dont l’afro-américaine ignorait la cause mais qui ne s’éteindrait qu’une fois qu’elle aurait dépensé toute son énergie en se vengeant de ce qui l’avait provoquée, et rien ne pourrait l’arrêter. Qui mieux qu’Ashandra pouvait comprendre ce genre de besoin irrépressible ? Elle avait été animée par cette même colère pendant si longtemps sans jamais s’en rendre compte... Elle avait fait trébucher Christabella sur les marches du parvis de l’église à cause de cette colère. Elle avait failli perdre Cassandra pour de bon à cause de cette colère. Elle était toujours terrifiée à l’idée que ce mal qui la rongeait de l’intérieur ne prenne le contrôle de son destin malgré les changements qu’elle avait réussi à faire et lui fasse perdre tout ce qui comptait encore à ses yeux. C’était à cause de cela qu’elle n’osait plus impliquer Cassie dans sa vie, parce qu’elle craignait de faire une rechute, d’être sournoisement emportée par son angoisse d’être l’éternelle seconde, rattrapée par sa jalousie maladive. C’était aussi à cause de cela qu’elle avançait avec une extrême prudence avec Aaron en dépit de l’affection grandissante qu’elle avait pour le Cubain sur laquelle elle ne voulait pas mettre de nom. Elle avait si peur de l’étouffer et d’être finalement rejetée qu’elle n’osait presque jamais faire le premier pas ou lui réclamer quoi que ce soit. La brûlure dans sa poitrine qu’avait causée son absence à la soirée était une preuve de plus qu’elle n’était pas encore capable de contrôler ses émotions, et ce n’était rien en comparaison de ce qu’elle avait ressenti en le voyant danser avec Santana. À force de voir son reflet déformé par la peine et l’envie dans le miroir, Ashandra avait fini par déchiffrer cette expression jusque dans ses moindres détails et elle aurait pu jurer que ce qu’elle avait aperçu dans le regard de Charlie c’était précisément de la jalousie.

Lorsqu’elle croisa à nouveau son regard, Shandy prit conscience qu’elle n’aurait pas la force de s’interposer entre Charlie et l’objet de sa rage destructrice. Sa requête avait beau être aussi extrême qu’insensée, elle ne pourrait pas dire non à son amie. Elle ne ferait de mal à personne sur scène, mais si elle pensait qu’elle pourrait battre les fantômes qu’on lisait sur son visage en chantant du Donna Summer, elle ne pouvait pas le lui refuser. Cela n’ôtait malheureusement rien au malaise grandissant qui s’emparait d’elle et elle mordillait nerveusement le coin de ses lèvres alors que Charlie toujours aussi résolue lui expliquait que les répétitions seraient sommaires et que la chorégraphie devrait être improvisée. Si elle avait fait de grands progrès en chant pour faire sonner sa jolie voix grave plus fort, il n’en allait pas de même pour la danse. Elle était pourtant assez souple et possédait une grâce naturelle qu’elle ne soupçonnait pas. Aaron lui avait même appris quelques pas et elle n’avait eu aucun mal à suivre ses mouvements, se laissant guider par son corps agile et le rythme de la musique. Mais une fois sur scène, elle se raidissait immanquablement. Elle n’avait jamais été aussi détendue que lors de la collégiale qu’elles venaient d’achever. Mais là encore, ce n’était pas la même chose. Toutes les conditions étaient réunies pour qu’elle passe outre le regard de l’audience. Et il y avait eu le reste du groupe. Elle pouvait toujours s’imaginer que l’attention n’était pas fixée sur elle. Dans un duo, même si Charlie était magnétique, les spectateurs allaient bien finir par la remarquer en train de s’agiter à côté d’elle. Sans parler du fait qu’onduler sur une chanson de Mika n’avait rien à voir avec improviser une chorégraphie adaptée à l’aguicheuse chanson de Donna Summer. Elle ne voulait pas dire non, ne pouvait pas dire non, et n’était pas certaine d’y être autorisée de toute façon, mais ses réticences restaient entières.

Charlie ne parvenait même pas à se justifier, et le conflit intérieur qui la dévorait sautait au visage de la choriste qui sentit une lame la transpercer alors qu’elle réalisait que son amie ne lui faisait sans doute pas assez confiance pour lui confier l’objet de sa torture. Elle n’aurait pas dû être étonnée. Elle ne connaissait pas vraiment Charlie en dehors des Second Chances. Elles étaient d’excellentes camarades, s’était croisées plusieurs fois lorsqu’elles étaient encore étudiantes à Columbus, mais elle ne savait pas toujours ce qui se passait dans sa vie hors des répétitions qu’elles partageaient et n’avait par exemple jamais rencontré son célèbre petit-ami dont elle s’était vantée à plusieurs reprise. Ce n’était pas pour la remettre à sa place qu’elle avait dit cela. Ashandra en avait conscience, mais elle retint son souffle pour encaisser le coup avant de se forcer à respirer à nouveau pour faire disparaître la douleur dans sa poitrine. Si elle avait été une meilleure amie, elle aurait sûrement su quoi faire pour la consoler et apaiser sa colère, mais elle restait figée là, sans rien faire. Elle ne réussissait pas à lui faire voir que changer de chanson à dix minutes de leur entrée sur scène était une folie qui pouvait leur coûter cher. Ce soir c’était le retour des Second Chances dans la course qui se jouait. Tout devait être parfait pour que le public soit à nouveau conquis par leur style unique et la beauté des voix qui se trouvaient dans leurs rangs. Si Charlie prenait le micro dans cet état d’esprit il était fort possible qu’elle se laisse submerger par ses émotions et que la performance se termine mal. Elle ne pouvait pas permettre cela, ni pour Charlie, ni pour leur chorale. Si seulement elle avait fait un meilleur choix de chanson, quelque chose de plus dynamique, la choriste n’aurait pas ressenti le besoin de changer du tout au tout à la dernière minute... Elle avait été si stupide. Elle avait voulu jouer dans sa zone de confort avec une chanson qu’elle connaissait depuis sa plus tendre enfance quand son père la chantait encore à sa mère. Et au final, elle avait placé Charlie dans une position inconfortable.

Cependant la brunette n’accepta pas ses excuses et préféra souligner sa propre culpabilité. Ashandra n’était pas convaincue et savait bien que si elle n’avait pas été égoïste tout ceci ne se serait jamais produit, mais elle n’insista pas. Les lèvres froncées pour ravaler son désarroi, elle accepta la pression familière des doigts de Charlie autour des siens en hochant de la tête. Elle la sentait trembler toute entière, et lorsqu’elle vit les premières larmes s’échapper de ses yeux son cœur se brisa un peu plus devant cette détresse évidente. «Oh Charlie...» souffla-t-elle sans oser bouger, sa propre voix teintée par l’émotion communicative de la choriste. Lorsque la main de la jeune femme se posa sur son épaule et qu’elle lui offrit un maigre sourire, Ashandra l’engouffra finalement dans ses bras pour la serrer de toutes ses forces contre elle, sa cascade de boucles enfouissant son visage encore humide. «D’accord.» murmura-t-elle en relâchant Charlie pour lui rendre ce même sourire faiblard avant de mettre un doigt devant son visage. «Mais je ne connais même pas les paroles... Et si je dois improviser une danse... Ça risque d’être catastrophique, alors j’aurai besoin de toi pour me couvrir !» Baissant le regard vers la feuille de papier froissée que Charlie n’avait pas lâchée depuis qu’elle était venue la trouver, elle la lui prit des mains pour constater qu’elle avait tout prévu en recopiant les paroles. Elle parcouru le texte et frissonna d’avance à l’idée de devoir interpréter ce titre avec conviction mais ne laissa pas paraître sa peur. Elle était une femme indépendante et libérée. Elle n’avait pas peur des autres. Elle n’avait pas peur des hommes. Et de toute façon rien ne pourrait lui arriver tant qu’elle était perchée sur cette scène. Elle l’avait toujours perçue comme le lieu où toutes ses faiblesses étaient exposées. Il était temps d’explorer la supériorité qu’elle pouvait lui offrir. Elle aurait le style de Donna, elles avaient le même genre de voix grave, elle n’avait plus qu’à se laisser habiter par l’esprit du disco...

Toutefois elle retrouva le regard de Charlie pour reprendre d’un ton plus sérieux : «Tu dois me promettre que tu ne vas rien faire de stupide Charlie. Je...» Marquant une pause, elle hésita une seconde à mettre des mots sur ses craintes avant de reprendre. «Je comprends que ça a une valeur personnelle pour toi... Mais on ne peut pas se permettre de donner une mauvaise image des Second Chances, d’accord ?» Elle était prête à tout pour soutenir sa partenaire de duo, mais contrairement à elle, elle n’était pas aveuglée par la colère et voyait clairement tous les embêtements qu’elles risquaient de s’attirer si elles poussaient leur petit jeu trop loin.
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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
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Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
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MessageSujet: Re: 02. Gotta have some hot stuff.   Lun 9 Sep - 16:12

Mensonges et éloignement ne font pas bon ménage, ce dont Charlie se rendait finalement compte. Si les premiers n’étaient que le pur fruit d’omissions répétées et malgré tout quelque peu désirées, ils n’en étaient pas moins nuisibles pour autant et engendrait cette distance qui se creusait inexorablement entre les deux amants au fil des jours. Depuis sa conversation avec Ruby Caldwell à Breadsticks, Charlie se faisait toute petite dans l’appartement qu’elle partageait depuis peu avec son petit-ami. Le regard sans cesse vide d’expression, le sempiternel sourire qu’elle affichait ces derniers temps se faisant à présent bien plus rare sur ses lèvres, elle évitait toute confrontation directe avec Wyatt. Au fond elle savait que si elle se livrait à lui, cela ne se ferait pas sans séquelles. Et pour cause, lui restait toujours en travers de la gorge l’aveu fait par Ruby Caldwell à propos de son petit-ami : selon les dires de la jolie choriste brune, Wyatt ne lui avait jamais parlé de la relation qu’il partageait avec la Second Chances ; une révélation qui en plus de la blesser avait fait naitre bon nombre de questions pour lesquelles elle n’avait toujours pas trouvé de réponse définitive. Elle ne savait tout simplement plus à quoi il jouait avec elle. D’une part, elle lui avait prouvé à plusieurs reprises avoir une confiance absolue en lui et était tellement amoureuse de lui qu’elle essayait de se convaincre que ce fait n’était qu’un détail superflu, ou peut-être même un mensonge imaginé par Ruby destiné à semer le doute en elle. D’autre part, elle ne pouvait s’empêcher de chercher une explication plus rationnelle, ce qui la menait inéluctablement à douter des agissements du beau roux et de ses sentiments à son égard. S’il l’aimait vraiment, pourquoi aurait-il délibérément omis de parler d’elle à Ruby ? Un grand point d’interrogation flottait au-dessus de cette question qui se répétait indéfiniment dans son esprit. Alors oui, elle aurait pu lui en parler directement, tenter de mettre les choses au clair, agir en adulte mûre et responsable. Seulement elle avait si peur des conséquences de cette discussion qu’elle préférait se taire et se contentait de se blottir contre son corps chaud lorsqu’il la retrouvait dans leur lit au beau milieu de la nuit, les yeux grands ouverts dans l’obscurité et les lèvres impitoyablement scellées.

Ce qui s’était déroulé sous ces yeux quelques secondes plus tôt et qui se poursuivait probablement encore sur la scène du piano-bar n’avait fait que consolider ses doutes et fortifier ses plus grandes craintes. Elle avait mal mais faisait tout pour ne pas laisser paraitre sa peine face à Ashandra. Si elle s’était écoutée, elle aurait sans aucun doute pris ses jambes à son cou dès le début du numéro de Wyatt, Ruby et Grace, ce qu’elle n’avait pourtant pas fait par respect pour sa chorale. Elle n’avait pas l’intention de laisser tomber les Second Chances, pas une nouvelle fois. Elle n’en avait pas le droit, et certainement pas lors d’une soirée aussi importante que celle-ci. Tant d’efforts avaient été faits de la part de tous les choristes réunis qu’il serait injuste de se comporter en parfaite égoïste et de claquer la porte du piano-bar en plantant Ashandra et tous les autres sans la moindre explication. De plus, s’éloigner des Second Chances ne résoudrait en rien ses problèmes, ce dont elle était consciente ; au contraire, elle les considérait comme sa deuxième famille et si les jours à venir devenaient difficiles pour elle, elle aurait plus que jamais besoin de sa chorale pour se consoler et être réconfortée. Elle avait déjà essayé une fois de s’en éloigner et les conséquences avaient été désastreuses : renouant avec la Charlie d’autrefois, elle avait passé des semaines tapie chez elle, à ne plus vouloir mettre le nez dehors tant elle se sentait mal dans sa peau. Cela avait été une bêtise, elle s’en était rendue compte après-coup et en avait tiré une leçon : non seulement elle ne pouvait plus se passer de ses camarades de chorale mais se tenir éloignée de la musique pouvait également s’avérer extrêmement douloureux. Et contre toute attente, l’absence de sa guitare n’avait pas été l’unique cause de toute cette peine ; elle avait réalisé à quel point elle avait pris goût au chant mais aussi que ses cordes vocales étaient un instrument tout aussi intéressant que celui qu’elle maniait d’ordinaire avec tant de précaution. Elle qui n’avait jamais beaucoup misé sur sa propre voix comprenait enfin qu’une année à côtoyer les Second Chances l’avait changée. En bien.

La gorge nouée par l’appréhension, la colère et le chagrin, Charlie haussa légèrement le menton et planta son regard dans celui d’Ashandra, qu’un voile de déception couvrait. Elle avait conscience que sa demande relevait de la trahison, ce qui la meurtrissait davantage encore que l’expression du visage de son amie. Elle se détestait tant d’agir ainsi, de pousser Ashandra à faire quelque chose qui ne lui plaisait pas ! Pourquoi devait-elle toujours se comporter de la sorte avec ses amis ? Pourquoi devait-elle à chaque fois les décevoir ? Même si Ashandra ne le lui avouerait jamais, étant bien trop altruiste et généreuse pour cela, Charlie savait qu’elle lui causait de la peine. Cette dernière était omniprésente sur son visage. Elle creusait les rides d’anxiété autour de ses yeux, bouleversait la courbe naturelle de ses lèvres, assombrissait l’ensemble de son visage. Et que dire de la silhouette de la jeune femme, qui semblait s’affaisser sous le poids de ses inquiétudes ? Coupable de ce malaise apparent, la Second Chances n’avait qu’une seule envie : mettre un terme à celui-ci, quitter les vestiaires et retrouver le bar afin de noyer toute la haine qu’elle éprouvait pour sa propre personne dans les cocktails alcoolisés ; ce qui n’était malheureusement pas envisageable si elle souhaitait honorer ses engagements et monter sur scène, tout en se vengeant de la tromperie dont elle avait été victime.

Sans crier gare, Ashandra la prit soudain dans ses bras et la spontanéité de ce geste rassura malgré tout la brunette qui dut se concentrer pour ne pas laisser ses larmes s’échapper de son regard clair. Serrant à son tour très fort la jeune femme, elle profita de cet instant inédit entre elles pour tenter de retrouver ses esprits et redevenir la femme forte qu’elle faisait semblant d’être. Au bout de quelques secondes paisibles, le souffle chaud de sa camarade vint lui chatouiller la peau et en l’entendant accepter sa demande d’une voix douce, Charlie ne put s’empêcher de la serrer à nouveau dans ses bras avant d’accepter de la laisser se dégager de cette étreinte amicale. Un sourire triste se dessina sur ses lèvres. « Je ne pourrai jamais te remercier suffisamment pour ça, Ashandra » Fit-elle d’une voix teintée d’émotions. « Et ne t’en fais pas, j’assumerai ce choix s’il le faut. Je ne te laisserai pas -plus- tomber. Je te le promets » Déclara-t-elle solennellement. Elle s’apprêta à la serrer à nouveau dans ses bras lorsqu’elle entendit des applaudissements retentir dans le piano-bar, annonçant la fin du numéro du trio infernal. Se détournant aussitôt d’Ashandra, Charlie la laissa observer les paroles et se dirigea vers la porte des vestiaires qu’elle verrouilla précautionneusement. Si Grace avait terminé son numéro, tant mieux pour elle, mais la jeune femme n’accepterait pas qu’elle vienne parader devant elle dans les vestiaires. Elle avait eu ce qu’elle voulait : l’attention de Wyatt. Elle s’imaginait probablement qu’ils avaient tous les deux rompu et ne tarderait pas à venir lui donner la date de leur mariage ainsi que celle de la naissance de leur futur enfant. Or, Charlie doutait être capable de supporter un tel spectacle et ne souhaitait pas lui réserver le même traitement que son punching-ball. Elle voulait être au calme, encore quelques minutes au moins, sans doute les dernières d’une longue période qu’elle pressentait déjà. Car lorsqu’elle quitterait la scène après s’être amusée sur la chanson de Donna Summer, le Monde s’écroulerait probablement autour d’elle. Elle l’acceptait, mais tenait toutefois à retarder ce moment le plus longtemps possible.

Retrouvant Ashandra au milieu des vestiaires, Charlie l’observa attentivement lorsqu’elle leva enfin son regard vers elle, après avoir lu les paroles de Hot Stuff. Elle lui demanda de lui promettre de ne rien faire de stupide, ne voulant pas couvrir les Second Chances de honte ou pire encore, entacher leur belle réputation. Fronçant les sourcils, la jeune femme hésita un instant avant d’acquiescer. « Je n’ai pas l’intention de faire un strip-tease sur scène ou bien même d’exécuter des gestes tendancieux -et encore moins de te pousser à faire ce genre de choses- si c’est ce que tu entends par stupide. Je souhaite simplement m’amuser sur cette chanson… véhiculer le sens porté par les paroles, mais sans tomber dans l’excès. Promis ». Cette fois, elle parvint à esquisser un vrai sourire et ses traits se décrispèrent subrepticement. « On peut être sexy sans pour autant avoir l’air d’une pétasse, tu sais ». Son sourire se gomma légèrement alors qu’elle réalisait qu’elle-même n’avait jamais eu le sentiment d’être très sensuelle et qu’elle devrait probablement faire de gros efforts si elle voulait se montrer convaincante dans ce rôle. Se remémorant la tenue qu’elles avaient prévue, Charlie arqua un sourcil avant de se détendre : n’importe qui serait sexy dans une telle robe. Ashandra et elle feraient un tabac. « Je vais chercher mon portable, on va s’entrainer » Prévint-elle avant de se diriger vers ses affaires, tassées sur un banc. Fouillant dans la poche de son jean, elle récupéra son téléphone et pianota sur le clavier de ce dernier afin de se connecter à Youtube et d’entrer le titre de la chanson dans la barre de recherche. Esquissant quelques pas vers sa partenaire de duo afin de la rejoindre, elle eut un sourire quand la musique résonna finalement dans la pièce et se tut afin de l’écouter avec Ashandra.

Lorsqu’elle se termina enfin une poignée de minutes plus tard, Charlie ne lui laissa pas le temps de douter et reprit rapidement la parole. « Tu vois, les paroles ne sont pas très compliquées. Le refrain est sensiblement le même à chaque fois, seuls quelques mots changent. La seule difficulté pourrait à la limite se trouver au niveau des couplets » Expliqua-t-elle en désignant la feuille du doigt. Les mojitos qu’elle avait bus un peu plus tôt dans la soirée avaient beau commencer à faire leur petit effet, elle se concentrait sur les paroles pour ne pas se laisser emporter par le peu d’ivresse qui aurait pu troubler ses pensées. « Deux choix s’offrent à nous : soit tu préfères que je commence auquel cas je me charge du premier couplet, soit tu préfères éviter le second couplet qui est plus… hm, explicite, et je te laisse le premier. Personnellement ça ne me dérange pas de tenir un discours plus ambigu, mais commencer n’est pas non plus un problème ». Se penchant au-dessus du bout de papier que tenait Ashandra, elle lui montra le refrain. « Ensuite, je pense qu’on pourrait chanter à deux les refrains. Comme ça au pire, on pourra s’entraider si l’une d’entre nous oublie les paroles. Quant à la chorégraphie… » Charlie releva légèrement la tête, croisant le regard d’Ashandra. « Pas besoin de faire très compliqué. Sur ce genre de musique, on peut facilement se contenter de bouger les épaules d’avant en arrière au rythme de la musique, tu sais, comme ces choristes font toujours à la télé, derrière les grandes divas ? Si on fait ça en rythme, ça peut être convaincant. Limite, pendant toute la partie instrumentale, on peut faire ce genre de mouvement ensemble et lorsque le refrain reprend, on pourrait claquer des doigts en rythme, qu’en penses-tu ? Je demanderai d’installer deux grands micros sur pied avant notre duo. Au final, il n’y aura qu’au moment de nos couplets respectifs qu’on s’avancerait sur le devant de la scène, comme tout à l’heure sur Mika, et qu’on se livrerait à une petite chorégraphie improvisée » Dit-elle sur un ton détaché avant de se reprendre lorsqu’elle aperçut le regard de son amie. « Là encore, tu n’es pas obligée de faire quelque chose qui soit parfaitement organisé. On n’est pas là pour danser comme des Déesses, mais pour mettre l’ambiance ! Et nos prouesses vocales seront là pour ça » Acheva-t-elle d’expliquer avant d’adresser un clin d’œil à Ashandra.
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MessageSujet: Re: 02. Gotta have some hot stuff.   Mar 10 Sep - 1:30

Rien que pour ce sourire sincère bien que peiné, Ashandra savait qu’elle avait fait le bon choix en décidant de céder aux demandes insensées de Charlie. Pour elle, il ne s’agissait que d’une histoire de musique. Troquer une de ses chansons favorites, qu’elle avait choisie pour célébrer les bons moments passés qu’on lui avait arrachés et sa nouvelle vie où elle n’avait plus besoin de ces fantômes pour se sentir forte, contre un morceau plus provoquant et aguicheur. Il n’y aurait personne pour lire entre les lignes de Barry White pour elle de toute façon, alors qu’est-ce que ça lui coûtait ? Il ne faisait pas l’ombre d’un doute que le public réagirait de manière positive à leur prestation à en juger par l’ambiance qui animait l’audience devant le numéro des Awesome Voices et de la petite sœur Hamilton, lui-même assez épicé, du peu qu’elle en ait vu avant d’être entraînée dans les vestiaires. L’enseignante avait une bonne mémoire, elle pourrait sans doute retenir les paroles après les avoir lues quelques fois de plus, et elle trouverait bien un moyen de faire avec les mouvements dont elles conviendraient. Ça avait beau être une folie, Charlie était d’ordinaire assez rationnelle, notamment pour ce qui était de mettre en route un numéro. Lors de leur premier duo c’était elle qui avait pris la plupart des décisions, et pas seulement parce qu’Ashandra était trop effacée pour oser prendre la parole, mais parce qu’elle avait d’excellentes idées. Elle avait sûrement un plan ou des suggestions concrètes pour la manière dont pourraient se dérouler les choses sur scène. Si la choriste était encore un peu mal à l’aise à l’idée de devoir mettre de la conviction dans de telles paroles et de jouer la comédie pour avoir l’air crédible en séductrice désespérée, si tant était qu’elle en était capable, elle finirait par se faire à l’idée et se divertirait peut-être en se glissant dans la peau de quelqu’un qu’elle n’était pas. Si Aaron finissait par arriver il serait sûrement amusé par son petit jeu et elle attirerait peut-être même son attention... Elle n’avait rien à perdre. Pour son amie, tout ceci représentait bien plus. Même si elle avait préféré ne pas partager ses motivations, l’afro-américaine voyait bien que derrière ses arguments se cachait un message qu’elle avait l’intention d’adresser à quelqu’un en particulier. Qui et pourquoi, ça ne la regardait pas. La question lui brûlait les lèvres, mais elle ne voulait pas la pousser aux confidences de peur que la brunette ne se referme sur elle-même. Tout ce qui comptait c’était sa présence. Elle était venue la trouver plutôt que de se laisser dépasser par ses émotions au point de ne plus pouvoir chanter pour trouver la paix. Son plan d’attaque n’était peut-être pas le plus arrangeant ou le plus confortable, mais au moins elle lui offrait l’occasion de remonter sur scène et Ashandra pourrait jouer un petit rôle dans la gestion de sa colère.

Elle lui rendit son sourire, plus chaleureux que le sien, espérant qu’il suffise à lui faire comprendre qu’elle ne lui en tenait pas rigueur, bien trop embarrassée à l’idée de se montrer une fois de plus socialement pataude en essayant de mettre des mots sur ce qu’elle ressentait. Avec Warren, qui avait la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, elle pouvait se laisser aller à dire ce qu’elle pensait sans se soucier de la forme, mais avec les autres êtres humains il était recommandé de faire preuve de plus de subtilité. Elle suivit un instant le trajet de Charlie jusqu’à la porte en silence, puis se plongea dans la lecture et sentit ses joues se réchauffer au fur et à mesure qu’elle s’imaginait prononcer les paroles de la chanson. Elle pouvait le faire. Elle devait le faire. Elle avait promis de le faire. Ce n’était qu’une chanson. Juste un jeu de rôle dans lequel son personnage avait une folle envie de ne pas rentrer seule chez elle ce soir. En cherchant bien, elle pouvait même s’identifier à la chanteuse. Elle n’aurait certes pas formulé les choses de cette manière, et son amant n’aurait très certainement rien de hasardeux, mais... La choriste cligna des yeux à toute allure en secouant la tête comme pour chasser ces pensées de son esprit et acheva sa lecture en se forçant à mémoriser les lignes griffonnées à la main avant de retrouver le regard de Charlie. Ses lèvres pincées par l’embarras elle prit malgré tout son ton le plus strict, celui qu’elle utilisait avec ses élèves lorsqu’elle voulait s’assurer d’être entendue (et qui, pour tout dire, ne fonctionnait pas très bien), pour s’assurer que leur petit numéro ne mettrait pas en péril l’avenir de la chorale. Joanna serait probablement furieuse de ne pas avoir été mise au courant, mais Charlie était bien plus proche d’elle que ne l’était Shandy, elle saurait sûrement apaiser son courroux. Le programme n’avait pas été distribué, il suffirait de faire changer la musique et le tour serait joué. La gorge de la jeune femme se serra en voyant les yeux de son amie se plisser à son sous-entendu concernant son état émotionnel et ses joues s’enflammèrent à nouveau à l’idée d’avoir été blessante. S’il existait des cours pour apprendre à tenir une conversation normale sans insulter son interlocuteur ou avoir l’air d’être attardée, il était grand temps qu’elle s’y inscrive.

«Je suis désolée, je ne voulais pas dire que...» chuchota-t-elle tout bas, les yeux rivés vers le sol avant d’oser regarder Charlie sous ses cils. Ses dents se refermèrent sur sa lèvre inférieure au terme assez vulgaire employé par la jeune femme et elle sentit la peau de sa gorge s’assombrir sous le coup de la honte. Ses pupilles retombèrent à nouveau sur ses plateformes orange vif alors que son cœur battait à nouveau contre ses côtes. Si l’on omettait le fait que si les paroissiens de Lima s’étaient déplacés ce soir elles seraient sans doute reléguées aux bancs du fond pour le reste de leur vie et que le pasteur leur conseillerait vivement la confession pour laver leurs péchés, le véritable risque de la chanson était d’avoir l’air ridicule en essayant de se glisser dans la peau d’un personnage aux antipodes du sien. Elle ne savait pas être sexy. Et elle ne voulait pas avoir l’air d’une... hum fille de mauvaise vie en essayant. Elle savait que ses courbes avaient un attrait certain pour les hommes, et qu’elles attiraient l’attention. Elle savait qu’Aaron la trouvait séduisante, et il n’avait jamais repoussé ses avances, bien au contraire. Grâce à lui elle se sentait de plus en plus à l’aise dans sa peau, elle n’avait pas honte de se dévoiler en sa présence, elle perdait souvent le contrôle en se laissant emporter par les vagues de sensations qu’il réussissait à provoquer en elle, mais ce n’était pas ça être sexy, si ? Elle n’avait aucune idée de comment être sexy. Elle n’était pas même certaine de vraiment savoir ce que c’était que d’être sexy. Croisant ses bras sur sa poitrine, elle mâchonna une seconde l’intérieur de sa joue avant de trouver le courage de souffler à Charlie : «Je ne suis pas sûre de pouvoir être hmm... sexy, Charlie.». Elle fit sa confession sans croiser son regard, ses doigts s’enfonçant dans la peau de ses avant-bras. «Je veux dire... Tu m’as vue...» Sa voix presque inaudible, elle éclaircit sa gorge avant de reprendre un ton au-dessus. «Je ne veux pas te décevoir.»

Prenant son courage à deux mains, elle redressa le dos en entendant les premières mesures de la mélodie résonner sur le téléphone de sa camarade. Secouant doucement la tête en rythme, elle s’efforça de minimiser les efforts qu’elle devrait faire pour se glisser derrière ces mots en pensant de toutes ses forces à Aaron. Seigneur, donnez moi la force pria-t-elle intérieurement en fermant ses paupières pour répéter les refrains qui tournaient dans sa tête. Après tout, Dieu avait donné à Donna Summer une longue carrière et un chemin marqué par la réussite, il ne devait pas lui en vouloir d’avoir été une mauvaise fille pour quelques unes de ses chansons... Rouvrant les yeux alors que Charlie commençait à lui expliquer sa version de la chanson, Ashandra acquiesça d’un signe de tête en suivant son doigt sur le papier. Relisant une fois de plus le second couplet, la choriste décida qu’elle préférait encore ouvrir le bal, elle s’attirerait davantage d’attention de cette manière mais au moins elle pourrait chanter sans avoir l’impression de rougir de la tête aux pieds et serait sans doute plus crédible qu’en clamant son désir de ramener un inconnu au sang chaud chez elle. Rassurée par l’assurance de la jeune femme, Ashandra prit une profonde inspiration et tâcha de se calmer alors que l’anxiété commençait à la regagner. Il fallait qu’elle se concentre sur la chorégraphie, et les paroles. Quelque chose de simple. Osciller derrière un pied de micro c’était tout à fait faisable. Sa chorégraphie libre serait sommaire, elle se contenterait de chercher un point fixe dans le public pour lui adresser sa chanson en donnant l’illusion de chanter pour une seule personne. Charlie avait parfaitement raison. Il suffisait de donner le meilleur d’elle-même en chant et personne ne se soucierait de savoir si elle serait la prochaine recrue de So you think you can dance. Tout le monde dansait sur le carrelage lumineux de toute façon. Personne ne la regarderait.

Ses lèvres formèrent un sourire timide tandis qu’elle essayait d’affermir son auto-persuasion sans grand succès. «D’accord.» reportant son regard sur la feuille de papier, elle répéta plus doucement «D’accord.» comme pour se rassurer alors que tout ceci prenait une tournure bien trop réelle pour qu’elle parvienne à faire face seule. «Je pense... Je pense que je préfère commencer. Et les micros seraient parfaits, mais tu es sûre qu’on pourra les avoir ? Je veux dire... À la dernière minute... Est-ce qu’ils vont avoir notre musique ? Et les lumières ?» Sa voix trahissait à nouveau son inquiétude croissante mais elle s’arrêta un instant pour ravaler ses peurs. «Pour être parfaitement honnête, je ne suis pas sûre d’être à la hauteur.» commença-t-elle en plongeant son regard dans celui de la jeune femme. «Je ne suis pas aussi... Enfin... J’ai besoin de beaucoup répéter pour avoir assez... d’assurance. Alors...» C’était un euphémisme sur lequel l’afro-américaine n’insista pas plus, son air abattu révélant pour elle l’étendu de son manque de foi en ses propres capacités. «Je voudrais vraiment être plus confiante, plus comme les autres, plus comme toi... Mais si je fais tout rater...» Attrapant sa lèvre inférieure entre ses dents, elle détourna le regard vers les portants où l’on apercevait les longues robes moulantes où une fente profonde révèlerait une bonne partie de sa jambe gauche pour lui permettre d’évoluer sur scène sans ressembler à un pingouin. Retournant son attention vers Charlie, elle laissa là sa tentative de discours pour demander d’une petite voix : «Tu es sûre ?»
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MessageSujet: Re: 02. Gotta have some hot stuff.   Mar 10 Sep - 15:58

Le fait de se savoir en duo avec Ashandra la rassurait autant que cela l’inquiétait. D’une part, il était apaisant de se savoir en aussi bonne compagnie : la jolie Second Chances était l’une des rares personnes en qui Charlie avait entièrement confiance au sein de la chorale et elle savait qu’elle ne la trahirait pas. Douce, sensible et généreuse, la jeune femme était dotée d’un tempérament facile qui rendait les choses incroyablement aisées lorsqu’il s’agissait de travailler en groupe. Pas une seule fois elles ne s’étaient chamaillées à propos de leurs numéros, trouvant toujours un terrain d’entente même lorsque leurs avis divergeaient. Ashandra prenait constamment en compte ses idées même lorsque ces dernières s’avéraient fantasques et de son côté, Charlie l’encourageait toujours à s’investir et à lui dire ce qui lui ferait plaisir. Il n’y avait pas d’histoire d’égo entre elles pour la simple et bonne raison qu’elles ne se prenaient pas autant au sérieux que d’autres choristes. Chez les Second Chances, tout le monde était sur un même pied d’égalité et était en droit d’apporter sa contribution sans que la hiérarchie de la chorale ne s’y oppose ; un système qui semblait différer de celui choisi par les autres chorales de Lima. Charlie avait vu comment ces dernières fonctionnaient et n’avait pas la moindre envie de les imiter. Peut-être faisait-elle erreur en pensant cela mais des chorales comme les Urban Hymns ou les New Directions ne lui semblaient pas aussi libres que la sienne dans la mesure où elle voyait souvent les mêmes choristes se retrouver sous le feu des projecteurs tandis que d’autres se tassaient toujours dans le fond de la scène, à chanter les chœurs sans pouvoir accéder à leur heure de gloire. Le fait que certains d’entre eux aient déjà vécu les compétitions y était probablement pour quelque chose, ce qui était d’autant plus vrai dans le cas des choristes d’Urban Hymns qui pour la plupart étaient d’anciens lycéens de McKinley qui avaient fait partie de la première génération des New Directions ; cependant Charlie considérait que tout le monde avait sa chance et préférait de loin sa propre chorale, qui poussait l’ensemble de ses membres à s’investir et éventuellement à occuper le devant de la scène.

D’autre part, la présence d’Ashandra à ses côtés avait tendance à l’inquiéter, non pas parce qu’elle doutait de ses capacités -bien au contraire Charlie restait souvent admiratrice devant le talent de la jeune femme- mais plutôt parce qu’elle avait peur de la décevoir et de bouleverser à la fois ses plans et son état d’esprit. Il lui tenait à cœur de la rassurer sur leur prochain numéro, de lui dire qu’elle n’avait rien à craindre de sa future performance parce qu’elle était certaine qu’elle assurerait. Ashandra n’était peut-être pas la choriste la plus confiante de tous les temps, mais elle avait un grand potentiel au sein des Second Chances, ce que Charlie avait réalisé dès son arrivée. A l’époque, elle s’était laissée tenter par Cassandra Hamilton et avait fini par rejoindre la chorale qui lui faisait de l’œil depuis un moment. Ne connaissant personne hormis la jolie directrice qui l’avait convaincue, elle avait dû se faire sa propre opinion de ce groupe déjà formé bien avant qu’elle n’arrive. Joanna avait été la première qu’elle avait remarquée, ce qui était sans doute dû à la confiance et l’expérience qu’elle dégageait. Il y avait ensuite eu Larry et Robin Faithorn, le couple de choristes –presque trop- parfait, et enfin la jolie Ashandra, plus discrète, qui n’avait pas manqué de l’étonner lorsqu’elle l’avait entendue chanter. Son timbre était plus atypique que les autres, plus surprenant, ce qui avait intrigué la jeune femme. Elle se savait chanceuse d’avoir le privilège de partager un duo avec elle, car en plus d’apprécier son talent elle se sentait plus proche d’elle que des autres et pas uniquement parce qu’elles partageaient de nombreux points communs ; Ashandra lui semblait surtout plus mûre, plus compréhensive et surtout plus abordable. Ce qu’elle lui avait d’ailleurs prouvé à de nombreuses reprises.

Retrouvant peu à peu son calme –la présence de la choriste à ses côtés n’étant sûrement pas étrangère à ce phénomène- elle couva Ashandra d’un regard attendri lorsque celle-ci lui fit part de ses craintes : elle avait peur de ne pas être sexy. Haussant légèrement les sourcils, Charlie détailla du regard la silhouette de la jeune femme, clairement dubitative. Ashandra était sexy, il ne fallait pas être un homme pour le remarquer. Certes, son caractère la rendait prudente et elle ne dévoilait probablement pas son corps par pudeur, mais elle était belle et sans aucun doute désirable d’un point de vue masculin. Elle était mince et néanmoins pourvue de courbes qui accrochaient le regard, possédait des traits fins et joliment dessinés. Elle était plus petite qu’elle, certes, mais ce détail jouait aussi en sa faveur. De toute façon, nul besoin d’avoir une taille mannequin pour qu’on la remarque : dès qu’elle monterait sur scène et chanterait les paroles de la chanson, Charlie était certaine qu’elle accaparerait toute l’attention. « Bien sûr que je t’ai vue, Ashandra » Approuva la jeune femme après avoir à nouveau planté son regard dans celui de sa partenaire. « Et je peux te dire que tu n’as aucun souci à te faire. Il suffit que tu y croies un minimum et tu deviendras sexy. Tout se passe là-dedans » Fit-elle en tapotant délicatement le front de la jeune femme de son index.

Après avoir récupéré son téléphone portable sur le banc et écouté la chanson une première fois, Charlie prit les choses en main et proposa à Ashandra de choisir le couplet qu’elle souhaitait interpréter avant d’enchainer sur les détails de la chorégraphie qu’il leur faudrait exécuter. N’étant elle-même que très peu douée en danse, elle n’avait guère l’intention de prévoir des figures acrobatiques qui épateraient le public du piano-bar ; la simplicité était dans ce genre de contexte son meilleur allié. Aussi proposa-t-elle à sa partenaire quelque chose de simple, qui ne leur poserait pas la moindre difficulté, dans le but de la rassurer. L’avantage de se positionner derrière un micro sur pied était que celui-ci serait un obstacle entre la foule et les choristes, ce qui leur permettrait de se sentir davantage en sécurité et constituait ainsi l’argument parfait si elle voulait convaincre Ashandra. Patientant quelques secondes avant que celle-ci ne prenne sa décision quant à la répartition des paroles, Charlie jeta un rapide coup d’œil à la feuille et répéta le refrain en silence, tachant de le mémoriser le plus rapidement possible. Peu lui importait la décision que prendrait sa camarade : qu’elle ouvre le bal ou décide de chanter le deuxième couplet, elle serait satisfaite dans les deux cas. Si Ecaterina avait été là pour la coacher, elle aurait probablement tout fait pour la convaincre qu’une vengeance n’était pas ce qui ferait avancer son couple, comme lorsqu’elle l’avait dissuadée de s’introduire chez les Hamilton quelques jours plus tôt. Seulement voilà, Cat n’était pas là et Charlie était si aveuglée par sa colère qu’elle se fichait pas mal des conséquences, tant qu’elle parvenait à aller au bout de sa petite entreprise.

La voix d’Ashandra retentit à son oreille et Charlie releva le menton, acquiesçant d’un signe de la tête lorsque la jolie brune décida de prendre le premier couplet, ce qui laissait à Charlie la chance de pouvoir interpréter le second, qui lui plaisait davantage dans le cadre de sa mission. « Parfait, je m’occuperai du deuxième couplet dans ce cas » Accepta la Second Chances avant de relire les paroles de ce dernier, un sourire aux lèvres. Elle n’aurait aucune difficulté à retenir ces mots-là, qui étaient presque déjà ancrés dans son esprit nébuleux. Et si le moindre doute s’imposait à elle une fois sur scène, elle pourrait toujours compter sur l’alcool qu’elle avait avalé au bar pour lui redonner un peu d’énergie. « Pas de problème pour la musique, j’ai déjà prévenu les ingénieurs du son » Déclara-t-elle en plongeant son regard dans celui d’Ashandra. « Et vu le pourboire que je leur ai donné, j’ose espérer qu’ils préviendront les autres techniciens pour que tout soit parfait ». Malgré son ton qui se voulait rassurant, Charlie sentait que les incertitudes d’Ashandra la freinaient encore et l’empêchaient de se projeter. Aussi, lorsque la jeune femme lui confirma ses craintes, elle n’hésita pas une seule seconde avant de s’avancer vers elle et de poser ses deux mains sur ses épaules. « Tu penses que je suis confiante ? Dans ce cas, je joue très bien mon rôle car ce n’est pas le cas. Moi aussi, j’ai peur. Moi aussi, j’ai l’impression que je ne serai jamais à la hauteur » Lui dit-elle d’une voix particulièrement douce. « Mais j’essaye de ne pas y penser et de me concentrer sur notre numéro afin d’oublier tout ça, tout simplement. Tu seras à la hauteur, Ashandra. Je n’en doute pas une seule seconde. Si tu as su monter sur scène déguisée en petit démon l’année dernière, tu sauras gérer ce nouveau duo. Et si jamais tu venais à paniquer, je serai à tes côtés, tout près de toi. Fais-moi confiance, tu seras parfaite. Si tu fais partie des Second Chances, ce n’est pas par hasard ». Un sourire se dessina sur ses lèvres, et elle retira finalement ses mains de ses épaules. Si elles voulaient être prêtes à temps, mieux valait se mettre au travail le plus rapidement possible ; de là où elle se tenait, elle entendait la voix de Christabella vibrer dans le piano-bar. Ce qui ne signifiait qu’une chose : elles étaient les prochaines sur la liste.

*
Vêtue d’une longue robe rouge à motifs qui épousait ses courbes délicates, Charlie se tenait derrière le rideau, prête à monter sur scène. Au cours de ces dernières minutes, Ashandra et elle avaient pu répéter leur numéro, chantant tour à tour leurs couplets respectifs avant d’associer leurs voix et d’interpréter ensemble les refrains en prenant bien en compte les ajustements techniques que la chanson nécessitait. Si Charlie se sentait plus à l’aise avec celle-ci, toujours habitée par la même colère et désir de prouver à son petit-ami qu’elle n’avait pas dit son dernier mot, Ashandra en revanche lui semblait toujours un peu fébrile et incertaine. Jetant un coup d’œil dans sa direction, Charlie lui prit doucement la main qu’elle serra dans la sienne. « Tout se passera bien, Ashandra » Répéta-t-elle à nouveau. « Et n’oublie pas : il suffit de croire en toi et tu seras sexy aux yeux du public ». ‘Fais ce que je dis, pas ce que je fais’ pensa Charlie. « Tu seras époustouflante » La rassura-t-elle, ponctuant ses mots d’un sourire sincère. De sa main libre, la Second Chances écarta délicatement un pan du rideau et jeta un coup d’œil à la scène : les ajustements qu’elle avait exigés à la dernière minute avaient été respectés et deux micros sur pied avaient été installés sur scène. « Tu es prête ? » Lui demanda-t-elle juste au moment où la mélodie de Hot Stuff s’élevait dans le piano-bar. Charlie eut soudain le souffle court et sentit l’appréhension monter en elle. Pourtant, lorsqu’elle lâcha la main d’Ashandra et se dirigea derrière son micro, elle avait l’air plus confiante que jamais.
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MessageSujet: Re: 02. Gotta have some hot stuff.   Lun 16 Sep - 17:12

Derrière le rideau menant à la scène, Charlie avait l’air nerveuse malgré son ton qui se voulait rassurant. Son visage trahissait son inquiétude, si bien qu’on aurait dit qu’elle essayait de se convaincre elle-même avec ses propres mots autant que de convaincre Ashandra de leur réussite à venir. Dans les vestiaires, elle avait fait de son mieux pour paraître déterminée et confiante, même après lui avoir avoué ses propres doutes avant qu’elles ne répètent sommairement leur chanson. La jeune professeure avait jusque là eu du mal à croire qu’elle était elle aussi en proie au trac, mais le fait était qu’à mesure que l’échéance se rapprochait, la brune longiligne semblait sur le point de s’effondrer si jamais l’adrénaline l’abandonnait. Elles flirtaient avec le danger, elle le savait, mais elle n’était absolument pas disposée à lâcher prise. Il était trop tard de toute façon. Plus le temps de faire marche arrière, elles devaient foncer tête baissée dans les flammes disco et espérer passer de l’autre côté sans se brûler. Christabella et son ami venaient de descendre de scène de l’autre côté des coulisses et la musique d’ambiance permettant aux employés de mettre en place leurs micros et de s’assurer que la scène était propre sans que les spectateurs ne cessent de danser et de s’amuser touchait à sa fin. Glissant un regard en direction de la régie où deux employés du bar s’affairaient avec leurs ordinateurs, sans doute pour préparer leur entrée, l’afro-américaine ferma les yeux pour prendre une profonde inspiration et calmer ses nerfs à vif en se remémorant les paroles d’encouragement de sa camarade.

De tout ce qu’elle lui avait dit pour la convaincre qu’elle était capable de le faire, une phrase en particulier était restée gravée dans son cœur comme une marque au fer rouge qui brûlait sa poitrine d’une chaleur familière. Elle ne faisait pas partie des Second Chances par hasard. Elle avait mérité sa place, comme tous les autres. Elle avait passé l’audition obligatoire, et elle savait Cassandra suffisamment impartiale pour ne pas laisser leur amitié en dicter le résultat. Elle avait travaillé dur pour obtenir des solos, et des duos, et ne pas rester dans les rangs du fond à faire les chœurs pour d’autres chanteurs plus enhardi. Elle s’était améliorée en technique, en diction, et ne s’était jamais contentée de sa voix grave atypique pour justifier sa présence au sein de la chorale. Mais plus que cela, elle était intimement persuadée que Dieu avait choisi de mettre cette chorale sur son chemin, et qu’elle était intrinsèquement liée à son accomplissement personnel. Ce n’était pas un hasard si Charlie était venue la trouver pour bouleverser leurs plans et exiger un changement de chanson à la dernière minute. Ce n’était qu’une épreuve de plus. Une épreuve devant laquelle elle ne pouvait pas échouer. Une épreuve qui la rendrait plus forte et lui apporterait la confirmation que toutes les choses qu’elle avait changé dans sa vie l’avaient menées jusqu’à ce moment particulier où elle serait capable d’incarner une reine du disco à la sexualité débridée derrière laquelle se cachait sans doute une jeune femme seule et fragile, souffrant de l’absence d’un homme capable de donner du sens à ses nuits.

Trouvant le regard de son amie, elle pressa la main de Charlie dans la sienne et lui souffla tout bas sans la relâcher : «Toi aussi.» Le tissu fluide de sa robe moulante tombait jusqu’à ses chevilles enserrées dans des bottes compensées noires assorties aux motifs de sa robe qui donnait l’impression qu’elle n’était pas si petite aux côtés de la brune. Elle n’eut pas le temps de répondre à son ultime question, la musique retentit dans la salle et les spots de lumière blanche se mirent à tournoyer au-dessus de la scène redevenue sombre avant de se planter en plein sur les micros installés au centre. Ashandra se contenta de hocher de la tête, ses lèvres pincées, avant d’emboîter le pas de Charlie en sentant ses doigts glisser entre les siens tandis qu’elle s’élançait plus confiante que jamais. Elle n’était pas prête, elle ne sentirait sans doute jamais prête, mais il fallait qu’elle fasse illusion. La tête haute, les épaules carrées, elle avança d’un pas assuré pour traverser l’espace qui la séparait de son micro sans prêter attention aux applaudissements qui les accueillaient. Son cœur battait la chamade à tel point qu’elle le sentait dans sa gorge. Elle n’avait que quelques secondes pour trouver sa place et s’installer confortablement face au pied du micro avant de chanter. Les premières mesures du synthétiseur avait déjà retenti et prise de peur à l’idée de rater son départ, elle posa fermement sa main sur le micro pour le déloger de son support.
«Sittin' here, eatin' my heart out waitin'
Waitin' for some lover to call
Dialed about a thousand numbers lately
Almost rang the phone off the wall»
Balançant ses épaules d’avant en arrière en rythme sur la musique tout en s’approchant du rebord de la scène en faisant doucement rouler ses hanches de manière lascive, elle s’arrêta pour balayer la salle du regard pour y trouver Aaron. Elle ne voulait pas chanter pour n’importe qui, elle voulait chanter pour lui. Il devait être là. Il devait être caché quelque part au milieu de ces visages anonymes, en train de la regarder, de l’encourager. Il ne pouvait pas l’avoir laissée seule ce soir alors qu’elle avait besoin de lui plus que jamais. S’il n’était pas là, où pouvait-il être ? Est-ce qu’il était avec Brittany en train de répéter ? Ou bien est-ce qu’il était avec Santana... ? Son intonation se fit plus désespérée à mesure qu’elle le cherchait en vain dans la salle, pensant le reconnaître puis s’apercevant qu’il s’agissait de quelqu’un d’autre.
«Lookin' for some hot stuff, baby this evenin'
I need some hot stuff, baby tonight
I want some hot stuff, baby this evenin'
Gotta have some hot stuff
Gotta have some love tonight»
Ses couplets se terminant déjà, elle entreprit de reculer à l’aveugle jusqu’à son pied aligné avec celui de Charlie, comptant ses pas dans sa tête, puis fit demi-tour pour replacer le micro sur son support avant de refaire face au public et claquer des doigts en rythme sur le refrain qu’elle entonna en chœur avec sa camarade.
« I need hot stuff
I want some hot stuff
I need hot stuff»
Tandis que la jeune femme prenait à son tour le devant de la scène pendant l’intermède musical pour chanter, Ashandra continuait à osciller doucement derrière la barrière de son accessoire de scène, mais son regard était trouble à présent, et elle n’osait plus se concentrer sur l’audience. Il n’était pas venu. Si elle n’avait pas croisé le regard de tous les hommes du Piano-Bar, elle était certaine de ne pas avoir senti sa présence dans la salle. La soirée avait déjà considérablement progressé. Il ne viendrait plus. Il n’avait pas donné de nouvelles. Elle devait encore faire semblant de s’amuser, mais elle sentait au fond d’elle-même quelque chose se briser doucement, sans faire de bruit. C’était à peine si elle avait la force de prêter attention à Charlie sur scène. Ses yeux noirs marqués par la déception et la crainte sortirent finalement du brouillard où elle s’était plongée quelques secondes pour se concentrer sur la jeune femme qui était sur le point d’entonner le refrain sans elle à ses côtés et elle la rattrapa de justesse, en claquant à nouveau des doigts en rythme. Son regard glissa vers Charlie à qui elle adressa un sourire complice forcé mais convaincant avant de se tourner vers elle pour lui faire face en dansant sur la mélodie de la guitare pour faire les chœurs.
«Hot hot hot hot stuff
Hot hot hot
Hot hot hot hot stuff
Hot hot hot»
Elles étaient presque au bout. Elle n’était plus portée que par l’énergie de Charlie et les encouragements du public qui n’avait pas l’air de se douter un seul instant de ce qui était en train de se jouer devant lui, emporté par l’illusion de gaité de la chanson. Elle aurait dû savourer ces applaudissements et ses cris enthousiastes, se réjouir d'avoir réussi à être convaincante, d'avoir chanté haut et fort, d'avoir fait vibrer les danseurs enfiévrés, mais sa joie était encore entachée de l'absence de celui qu'elle avait attendu toute la soirée. Elle profiterait plus tard. Quand elle aurait la force de se raisonner et de trouver une explication rationnelle. Sans se départir de son sourire charmeur, elle se laissa guider par la musique. Plus que quelques mesures et elle pourrait redescendre se fondre dans la masse, continuer à éviter Cassandra et se glisser jusqu’au bar pour faire redescendre la pression à l’abri des regards dans l’anonymat le plus total.
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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
Humeur : Angoissée.
Statut : Épouse de Wyatt Pillsbury.
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MessageSujet: Re: 02. Gotta have some hot stuff.   Mer 18 Sep - 17:05

Elle était tout près du but, à deux doigts de réaliser sa petite vengeance personnelle. Là, derrière le rideau, elle se tenait bien droite, le regard rivé sur ce qui la séparait encore de son but final, ce pan de tissu rouge qui lui barrait la vue et l’empêchait de parcourir du regard la foule devant laquelle elle allait bientôt livrer son petit numéro. Elle pouvait sentir l’adrénaline couler dans ses veines, réveiller ses sens, la tenir dans un état d’euphorie qu’elle n’avait que trop peu expérimenté par le passé. Ses joues prirent au fil des secondes une teinte plus rosée et ses grands yeux clairs se plissèrent graduellement alors qu’elle se concentrait, tentait d’oublier son palpitant qui battait la mesure dans sa poitrine avec une telle force qu’elle le soupçonnait de vouloir s’en échapper. Elle ne tenait plus en place. Toute la colère et l’amertume qu’elle ressentait la faisaient vibrer, lui donnaient l’envie de repousser ses limites et de montrer à tous de quoi Charlie Watson-Brown était capable. Cette fois, elle ne se dégonflerait pas, ne ferait pas jouer son caractère lunatique en changeant ses plans à la dernière minute. Elle n’était pas faible, n’avait pas la moindre raison de paniquer devant ce qui l’attendait. Tous les ingrédients étaient réunis pour que la performance qui était sur le point de commencer soit des plus savoureuses : sa détermination, sa haine, son entente avec Ashandra, son désir de vengeance ainsi que l’alcool ingurgité qui serait là pour lui donner un coup de fouet si toutefois elle en avait besoin. Oublié, Barry White. Ce soir, l’air de Donna Summer allait mettre le feu au piano-bar !

Coulant un long regard à Ashandra elle lui donna ses derniers conseils, ou du moins ce qui s’en apparentait. Si elle voulait que tout se passe à merveille sur scène, elle se devait de rassurer sa camarade qu’elle avait tant malmenée au cours de ces quinze dernières minutes. Au fond, elle savait qu’Ashandra n’était pas prête, qu’elle aurait voulu obtenir de longues heures de répétition supplémentaires pour se sentir parfaitement à l’aise sur ce type de titre. Elle était consciente de son égoïsme, haïssait la façon dont elle l’avait mise devant le fait accompli, la poussant à faire quelque chose qu’elle ne désirait pas. Ashandra ne méritait pas qu’on la traite ainsi, elle qui était toujours à l’écoute et encline à aider ses camarades. Pourtant, Charlie n’avait su faire marche arrière et annuler ces plans machiavéliques qui lui avaient traversé l’esprit à la seconde même où elle avait entendu le discours des pimbêches au bar. Elle avait bien trop de fierté pour cela. Il fallait absolument qu’elle quitte cette soirée la tête haute. Sans larmes, sans regrets. Et pour cela, elle devait mettre sa sensibilité de côté et se montrer plus forte qu’elle ne l’avait jamais été. La brunette ne pouvait courir le risque de réveiller la douleur qui lui brûlait l’estomac à chaque fois qu’elle songeait à tout ce qu’elle avait raté dans sa vie, de raviver les souvenirs passés et le constat que l’on pouvait en tirer : qu’elle échouait tout ce qu’elle entreprenait et que si elle avait évité les hommes pendant aussi longtemps, il y avait une bonne raison à cela ; elle était incapable de retenir suffisamment l’attention d’un homme sans qu’il ne soit tenté d’aller voir ailleurs ou pis, de virer de bord du jour au lendemain. Elle avait fait une erreur en pensant que Wyatt serait l’exception, qu’elle serait capable de le rendre heureux. Et elle devait aujourd’hui affronter ses erreurs sans avoir recours aux larmes.

Se redressant brusquement en entendant l’air de Donna Summer, elle prit une longue inspiration et tenta de reprendre confiance face à l’appréhension qui la submergea aussitôt. Serrant les poings et relevant le menton bien haut, elle observa le rideau s’ouvrir et la lumière du piano-bar vint bientôt lui irriter la rétine. La vue du public lui arracha un sourire victorieux et elle se dirigea derrière le micro à pied qu’elle avait réservé. A présent elle n’avait plus peur, comme si l’engouement de la foule avait gommé toutes ses craintes. Posant une main sur le haut du micro et la seconde dans le creux de sa hanche, elle chercha du regard les visages familiers dans la foule et reconnut Lexie, puis Ryder un peu plus loin. En plissant davantage les yeux, elle aperçut également Joanna dont les sourcils froncés trahissaient l’incompréhension devant ce numéro inopiné, et enfin son regard s’arrêta sur Wyatt Pillsbury. La choriste l’observa un instant, le visage fermé. Ses traits ne semblaient nullement marqués par le regret ou l’émotion, il se contentait de la dévisager, ce qui la mit d’autant plus en colère. Elle soutint son regard une seconde supplémentaire puis détourna le sien, qu’elle posa sur la silhouette d’Ashandra qui entamait le premier couplet. La jeune femme avait beau douter de ses capacités à interpréter une telle chanson après un temps de répétition aussi réduit, en quelques secondes à peine elle était parvenue à se mettre dans la peau de Donna Summer. Impressionnée, Charlie l’observa tout en se trémoussant derrière son micro, fière de constater que son amie s’en sortait à merveille. Et lorsqu’Ashandra la rejoignit, reprenant place derrière son propre micro, la brunette lui adressa un clin d’œil avant d’entonner le refrain avec elle.

Le moment qu’elle avait tant attendu était enfin arrivé. Le refrain terminé, elle décrocha le micro de son pied d’un geste expert en prévision de son couplet. Balançant ses épaules d’avant en arrière sur le rythme de la musique, elle compta silencieusement les secondes, impatiente, avant de finalement s’avancer vers la scène. Le menton bien haut, elle chercha le regard des hommes présents dans la salle –tout en prenant bien soin d’éviter celui de son petit-ami- et arqua un sourcil. Elle ébouriffa vivement ses cheveux de sa main libre puis, portant le micro devant ses lèvres rouges, elle chanta son couplet tout en se déhanchant à outrance.

« Lookin' for a lover who needs another
Don't want another night on my own
Wanna share my love with a warm blooded lover
Wanna bring a wild man back home
»

Son regard s’arrêtant sur un homme au hasard, ses lèvres s’étirèrent un en sourire satisfait et elle esquissa un signe de la main, comme pour l’inviter à venir vers elle. L’ambiance disco de la soirée mêlée aux enjeux de la chanson semblaient lui donner des ailes et en dépit des avertissements d’Ashandra avant leur représentation, elle ne parvenait plus à s’arrêter. Se trémoussant de la façon la plus sensuelle qui soit sur le devant de la scène tout en se félicitant d’attirer les regards, elle poussa un peu plus loin le jeu en passant une main le long de son corps, frôlant sa hanche gauche et le haut de sa cuisse sans la moindre gêne.

« Gotta have some hot love baby this evenin'
I need some hot stuff baby tonight
I want some hot stuff baby this evenin'
Gotta have some lovin'
Gotta have love tonight
»

Après un dernier sourire, la jeune femme imita Ashandra et recula à son tour en direction des micros. Après un bref demi-tour, elle posa le sien sur le pied face à elle et répéta le refrain avec sa camarade :

« I need hot stuff
Hot love
Lookin' for hot love
»

Reprenant la petite chorégraphie orchestrée lors de leur courte répétition avec plus d’énergie que jamais, Charlie profita de l’interlude instrumentale pour savourer le moment, graver dans sa mémoire la satisfaction qu’elle ressentait. Elle ne savait pas si c’était l’alcool, le jeu des lumières, ou le fait d’être parvenue à aller au bout de son idée, mais elle avait l’impression de flotter sur un nuage, très haut au-dessus de la scène. Cet épisode avait des allures de rêve, comme si tout ceci n’était pas véritablement réel, que son imagination lui jouait des tours. Pourtant, lorsqu’elle croisa à nouveau le regard du beau gynécologue qui la fixait à présent d’un air furieux, elle réalisa qu’elle ne rêvait pas et qu’elle était véritablement en train de se fourrer dans le pétrin. Sans tenir compte du pincement au cœur qu’elle ressentit, elle éloigna son regard de Wyatt, consciente qu’elle ne devait pas flancher. Pas maintenant. Jetant un coup d’œil à Ashandra, elles reprirent ensemble :

« Hot hot hot hot stuff
Hot hot hot
Hot hot hot hot stuff
Hot hot hot
How's about some hot stuff baby this evenin'
I need some hot stuff baby tonight
Lookin' for my hot stuff baby this evenin'
I need some hot stuff baby tonight, yeah-yeah
I want some hot stuff this evenin'
I want some hot stuff baby tonight
»

La musique s’éteignit peu à peu, à l’image de la scène sur laquelle les deux choristes se tenaient, et soudain les applaudissements retentirent de tous les côtés. Glissant sa main dans celle d’Ashandra, Charlie profita des félicitations du public avant de battre en retraite en direction des vestiaires. Lorsqu’elles furent enfin seules à l’abri des regards, la jeune femme se jeta littéralement sur Ashandra et l’étreignit de toutes ses forces. « Tu as été géniale, Ashandra ! Gé-niale ! » S’exclama-t-elle, encore portée par l’euphorie qu’elle avait connue sur scène. « Une vraie Donna Summer ! » Ajouta-t-elle avec un sourire avant de s’écarter légèrement de la jeune femme afin de la laisser respirer. « Ça te dit de venir boire un verre avec moi au bar pour fêter ça ? C’est moi qui régale ! Tu vas voir, les mojitos sont excellents ! ».


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