Choriste du mois


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 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.

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MessageSujet: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Ven 15 Nov - 20:39



"Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside."
Peter et Andrew

La neige tombait. Déjà. Andrew n'avait pas l'habitude des hivers passés sous la neige, à entendre ronfler les feux de cheminées ou à se coller contre le radiateur de l'appartement histoire de se réchauffer un peu. Même s'il avouait volontiers adorer se blottir sous une couette épaisse, une comédie romantique à la tv, un chocolat chaud à la cannelle devant lui. Les trottoirs étaient blancs, pas assez pour empêcher les piétons de déambuler dans l'avenue enneigée, mais ralentissant la circulation. Et ce soir, le bar karaoké était bien calme. Le jeune homme était assis sur le rebord de la baie vitrée de la devanture, l'épaule collée contre la vitré givrée. Andrew s'amusait de voir sa respiration dessiner un nuage de buée sur la surface lisse et glacée. Comme un autre petit plaisir qu'il ne pouvait uniquement apercevoir pendant ses moments de pause, d’accalmie, entre deux chansons. Parfois, il s'amusait à dessiner des visages souriants dans la buée formée, faisant même une fois rire une petite fille qui passait avec sa mère stressée. Les périodes de fête on cette tendance à rendre l'atmosphère électrique et les gens pressés. Et puis, il pouvait se permettre de gribouiller des bouilles glacées, c'est lui qui irait nettoyer les vitres à la fermeture. La neige tombait. Et les cristaux de glace qui chutaient, virevoltant dans la brise froide de ce mois de décembre, scintillaient au rythme des lumières que le karaoké produisait lors des prestations des clients. Andrew adorait cette période, ce froid qui te faisait réfléchir à deux avant de sortir, les chansons de Noel qui passaient en boucle dans sa voiture, l'odeur des épices et des pâtisseries, la chaleur étouffante des cafés et des magasins qui faisait rougir les joues. Et le rire des enfants, parce que Noel était avant tout leur fête, leur moment, cet instant de magie qui les faisait tenir toute l'année, qu'ils attendaient avec impatience, presque plus que leur propre anniversaire. Et le jeune serveur redevenait un petit garçon, profitant de ces moments de fête pour oser le vert et le rouge dans ses tenues, les bonnets et les étoiles comme accessoires.

Déjà la chanson se finissait. Andrew ne ne saurait dire le titre que ce couple, charmant d'ailleurs, avait interprété. La faute aux beuglements sans doute. Alors, vêtu de son pantalon rouge, de sa chemise à carreaux verts et rouges et de son bonnet à grelots, il s'arracha à la contemplation de l'invasion de la neige sur les trottoirs de la ville pour débarrasser une table vide, une parmi tant d'autres ce soir, nettoyer un rebord de bar, ou encore ranger une chaise. Il ne restait plus grand monde dans le bar. Le couple, toujours amoureux, s'échangeant des baisers volés qui rappelèrent perfidement à Andrew la solitude dans laquelle il baignait depuis son arrivée à Lima. La magie de Noel allait peut être opérer cette année. Une mamie rockeuse aussi, toujours la même, qui ne venait pour chanter qu'une chanson, les yeux fermés, les lèvres tremblantes, mais jamais une fausse note. Un monument la mamie. Elle restait, jusque tard, souvent pour la fermeture, applaudissant les prestations même les plus horribles, souriant aux plus jeunes angoissés à l'idée de se produire sus scène. Andrew ne pouvait s’empêcher de repenser à son duo avec Ingrid, se demandant au passage si la jolie blonde retournerait chez ses parents pour les fêtes. C'est en retournant vers le bar pour passer la musique suivante qu'Andrew remarqua le dernier client. Accoudé au bar, il avait la tête baissé, sans doute pris dans une réflexion intense ou trop bourré pour se soucier des regards des gens. Mais Andrew en doutait. Il avait l'air propre sur lui, presque un modèle de vertu. Alors Andrew l'ignora, un moment, préférant vaquer à ses occupations plutôt que d'attirer l'attention, chose facile quand tu portes un bonnet à grelots qui sonne au moindre de tes pas. Bien joué, Drew, tu es le silence personnifié.

Les titres défilaient devant ses yeux. I. If I die young. I have nothing. I kissed a girl. Mais le couple, décidément les seuls à se produire ce soir, décidèrent de chanter If I were a boy. Costume anthracite et cravate rose pour lui, sans doute un banquier ou un homme de bureau sortant à peine de son boulot et venu ici pour sortir madame. Madame, petite bourgeoise malgré la trentaine à peine dépassée, robe pétrole et rangées de perles autour du cou et sur les doigts. Tout ce qu'Andrew adorait, après la guerre en Irak et les araignées invisibles. Mais il fallait rester professionnel, n'est-ce-pas ? Et les présenter avec le plus d'entrain possible. Les voici qui montaient déjà sur la scène surélevée du bar-karaoké. Les talons de la femme claquait dans le faux silence qu'avait laissé la musique d'ambiance, tandis que l'homme passait un bras derrière elle tandis qu'elle montait déjà les quelques marches. Pourvu qu'ils ne hurlent plus dans le micro. Ou qu'ils aient pris des cours de chant accélérés. Prière vaine, Andrew le savait, mais il qui ne l’empêchait pas de sourire pendant qu'il annonçait ses deux clients, creusant deux fossettes au coin de ses lèvres.

"Et on applaudit bien fort William et Martha qui vont nous interpréter non sans talent If I were a boy de Beyonce. Bonne chance à eux !"

Un applaudissement résonna dans la salle du bar. Celui de la mamie, Andrew en était certain. Quoique ce pouvait très bien être madame, très fière d'elle ou pour s'encourager, qui applaudissait à tout rompre. Les femmes, ces êtres étranges et inconnus. Et la voix de la femme commença, faux, on s'en doutait, accompagnée bientôt par le piano de la bande son. Les paroles défilaient, les lumières se baissaient, et pour une fois les baffles et les enceintes du karaoké ne hurlaient pas, saturés. Andrew revint vers le bar, dodelinant de la tête pour faire résonner les grelots en métal cuivré de son beau bonnet rouge. Je suis sûr que je serai pris pour être un elfe du père Noel. Passant un coup du chiffon qui pendait à sa ceinture sur le bar, il se pencha vers l'inconnu. C'était un homme qui devait avoir la trentaine, ou à peine moins. Châtain clair, mignon, enfin il semblait. Mais les pénombres pouvaient réserver de drôles de surprises. Andrew remarqua ses ongles parfait. Non ce n'est pas du fétichisme. Juste un bon sens de l'observation. Alors il se lança, prenant son courage à deux mains. Bon dieu qu'il angoissait. Il avait tellement entendu ou lu dans les journaux ces interviews de jeunes gays tabassés à la sortie des boites. Si le client accoudé au bar était un de ces homophobes ivres et n’attendant qu'une occasion pour frapper du pd, Andrew n'en menait pas large. Mais peut être était-il dans une de ces crises de paranoïa aigue. L'homme devait être un bon père de famille, ou juste un mec un peu seul. Alors Andrew se pencha par dessus le bar, son plus beau sourire vissé au visage, ses dents parfaites éclatantes.

"Je vous sers quelque chose monsieur ? Ou peut être voulez vous chanter ?"


Simple mais efficace. On est jamais trop prudent. Et déjà le refrain de la chanson de Beyonce arrivait, avec son cortège de fausses notes et de micro saturé. Andrew ne pu s’empêcher une critique facile, mouillée d'acide, un "Mon dieu !" silencieux qu'il hésitait presque à partager avec le solitaire de la soirée.
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Sam 23 Nov - 14:46

Une fois de plus, et contre toute attente, Peter se retrouvait devant l’entrée du bar karaoké, en train d’hésiter et de se dire que tout ceci était une mauvaise idée. Le neurologue avait beau repousser ses lunettes sur son nez et essayer de disparaître dans ce pull trop grand pour lui que sa mère avait fait pour lui il y a quelques années (le vêtement était rouge avec un rêne blanc représenté sur le torse de Peter, parfait selon Peter)... Il ne pouvait pas vraiment, car il avait promis. Oui, il avait promis qu’il allait faire des efforts concernant le chant, concernant la chorale et considérer de rejoindre les rangs des Awesome Voices et au delà de ses conversations avec Caitlin et Emma, il y avait une promesse encore plus importante: celle qu’il avait fait à Summer. Oui, sa fille. Parfois, Peter oubliait qu’il ne devait pas uniquement se méfier des inconnus ou même des Wyatt Pillsbury, il ne devait pas sous estimer Summer Grayson qui du haut de ses huit ans, faisait la pluie et le beau temps dans la demeure des Grayson et même dans la vie de son père. Le médecin savait que sa fille avait les meilleures intentions du monde et qu’elle ne demandait jamais à son père des choses impossibles à réaliser, sans oublier le fait que la jeune fille ne faisait jamais de caprices. Non vraiment, Summer était la fille parfaite selon Peter et c’était bien entendu pour cela qu’il ne pouvait absolument rien lui refuser. L’incident, comme Peter le nommait si bien, avait eu lieu au début de la semaine, alors que les deux Grayson s’étaient lancés dans la décoration de l’immense sapin qu’ils venaient tout juste d’acheter. L’arbre avait été placé dans un coin du salon et Summer avait dû grimper sur les épaules de son père afin d’ajouter la touche finale à leur composition, une étoile tout en haut du sapin comme le voulait la tradition.

« Papa... Je crois qu’on en a encore trop fait. » avait lancé Summer, une fois sur ses deux pieds. Le sapin était richement décoré, le rouge, le vert et le doré se battaient en duel dans les branches, sans compter les flocons de neige en plastique qu’ils avaient collés sur les fenêtres et les différentes guirlandes disposés ça et là dans l’appartement. « Hmm... Je crois que tu as raison. » avait répondu Peter avec un sourire aux lèvres, mais pour lui, ce n’était pas un problème. C’était la première fois qu’il allait fêter Noël dans un foyer qui n’était pas celui de ses parents, non, cette année, c’était lui qui recevait, ses parents se déplaçaient de l’Illinois pour venir enfin voir la demeure de leur fils. Peter soupçonnait déjà sa mère de vouloir le persuader de repartir avec eux mais c’était ainsi qu’elle avait toujours fonctionné, elle n’avait qu’un seul fils, alors dans la catégorie mère attentionnée, Mrs Grayson était indétrônable. « Au moins, grand mère sera contente ! » avait affirmé
Summer , rangeant déjà le reste des guirlandes. « Pas de doute là dessus, et puisqu’on parle de grand mère, je vais acheter les cadeaux de tout le monde demain, tu ne m’as pas encore dit ce que tu voulais comme cadeau, Summer. »  C’était déroutant de se dire qu’à seulement huit ans, la petite fille ne croyait plus au mythe sacrée du Père-Noël. Elle était beaucoup plus réaliste que son père et à sa question, elle lui fit un sourire dont elle seule avait le secret avant de décréter. « Oh je ne t’ai pas dit ? Je veux que tu rejoigne une des chorales de la ville. Et oui, au cas où tu te poserais la question, j’ai surpris un bout de ta conversation avec Miss P. et oui je sais que c’est mal d’écouter aux portes Papa. »

...
Voilà donc pourquoi est-ce que Peter se retrouvait dans un endroit qu’il avait évité ces dernières semaines. Hmm... Le médecin fit une grimace avant de finir par rentrer. L’établissement était plutôt rempli et il prit presque peur en voyant tout ce monde mais il tint bon et ne fit pas tout simplement marche arrière. Non. Se disant que tout allait bien se passer, Peter, dans son pull très discret, se dirigea vers le bar, trouvant une chaise vide. Il fut tout de suite abordé par un des employés, qui lui aussi portait les couleurs de la saison avec une dérision folle,  et Peter fut distrait un moment par le chapeau de ce dernier, les grelots plus que de saison. Le neurologue n’était pas le seul à avoir la folie de Noël et c’était une très bonne chose selon lui. « Euh je... Je... » On lui avait posé une question et il eut un rire nerveux, pour cacher le fait qu’il avait espéré pouvoir s’accouder au bar, le plus innocemment du monde et regarder les performances des divers habitants... Sans trop s’impliquer lui-même. Non, Peter se trompait sur toute la ligne et il allait devoir être un peu plus actif s’il voulait donner son cadeau à Summer à temps pour les fêtes de fin d’année.  « On va commencer par la boisson je... est-ce que vous auriez quelque chose à boire sans aucune trace d’alcool à l’intérieur. Ce serait vraiment gentil. »  finit par répondre Peter. Au même moment, les voix du couple qui était sur scène se firent entendre et Peter se tourna légèrement vers eux... Okay. Peut être qu’il y avait encore de l’espoir pour lui au final.  « Et pour la chanson... Je ne sais pas vraiment... La scène est déjà bien prise... Et puis je suis tout seul alors ... Je risque un peu de casser l’ambiance vous ne pensez pas ? »  Pourquoi demandait-il conseil à ce serveur qu’il ne connaissait pas ? Parce qu’il était désespéré tout simplement, il était bien loin de sa zone de confort alors évidemment, perdu, Peter se raccrochait au premier sourire qu’on lui avait lancé... Cela allait être une très longue soirée.
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Mar 26 Nov - 17:51

For we need a little Christmas
Right this very minute
Candles in the window
Carols at the spinet

Yes, we need a little Christmas
Right this very minute
It hasn't snowed a single flurry
But Santa, dear, we're in a hurry


Les paroles semblaient flotter dans l'air. Tout ce qu'elles touchaient prenait cette teinte si particulière que les fêtes donnaient aux choses. Cette magie. Si enfantine, pleine de flocons qui volaient, de guirlandes qui clignotaient et d'odeur de pain d'épice et de sucre. Andrew se félicita d'avoir pris la peine d'avoir changé les musiques que le Bar-karaoké diffusait entre deux prestations de clients. A mesure que la musique résonnait à travers les baffles qui remerciaient le ciel de leur avoir accordé un peu de répit, le jeune serveur dodelinait de la tête en faisant le cocktail sans alcool de l'homme assis en face de lui. Un bar les séparait, deux mondes qui semblaient si proches pourtant, l'un qui résonnait au son des clochettes du bonnet d'Andrew, l'autre avec un pull démodé mais festif. Et bon sang, c'est qu'il est mignon. pensa le jeune homme, bien vite rattraper par une fraise qui se faisait la malle sous le bar. Sortir le verre du congélateur, et regarder la buée givrée se former, Andrew était toujours aussi ravi du résultat. Le sucre sur le bord du long et haut verre imitait à la perfection la neige qui était décidément d'époque. D'abord le jus de cerise. Puis la fraise, dégradant joliment le pourpre de la cerise. Et enfin une légère pointe de pamplemousse frais, qui venait ajouter un peu de rosé dans le verre. Andrew s'empara des nouveaux pics de l'établissement, une branche de sapin encore garnie de quelques épines qu'il planta dans des quartiers de fraises, des rondelles de banane et de kiwi. Le résultat avait fier allure, et résonnait aux couleurs de Noel. Déjà une nouvelle cliente s'avançait sur l'estrade, et les lumière se tamisèrent, intimes, pour ne laisser qu'un faisceau éclatant au centre de la scène, au dessus du micro. La musique commençait son oeuvre, et les premières notes de Last Christmas de Wham plongèrent la salle dans une sorte d'euphorie. Tout le monde se mit à fredonner ou chanter la chanson, à la suite de la pauvre jeune fille qui devait se sentir investir d'une drôle de mission, seule devant son micro, la foule des autres clients reprenant à sa suite les paroles qui défilaient sur les écrans.

"Et voici, cocktail cerise, fraise et soupçon de pamplemousse. J'espère que vous aimerez."

Le verre à pied glissa d'Andrew à Peter, sur la surface lisse du bar. Prétextant essuyer les verres qui séchaient derrière lui, il en profita pour détailler son client. Et le garçon se perdit dans la contemplation du pull qu'il voulait à tout prix retrouver quelque part en ville. Tout à fait son style à Noel ça, les pulls qui faisaient démodés mais qui, bien portés, étaient au comble de la mode lors des fêtes de Noel. Parce qu'il valait mieux ne pas porter ça à Pâques. Question de pure logique ou de bon sens pour sa vie sociale. Mais le porteur du pull n'était pas mal du tout, quoique un peu perdu dans un lieu qu'il ne semblait pas trop fréquenter d'ordinaire, ou tout simplement angoissé, morose ou on ne savait trop quoi. Andrew avait abandonné à chercher ce qui tracassait ses clients. Il essayait de leur faire passer un bon moment, avec les moyens qu'ils possédaient -un bon cocktail maison, une brochette de fruits ou de bonbons, une blague de temps en temps- mais s'était promis de ne pas interférer dans les affaires de ceux qu'ils servaient. De peur de ne jamais en finir avec l'histoire de la petite vieille qui avait encore perdu Mistigri, ou alors cette homme qui venait boire et profiter de la compagnie lointaine des autres parce qu'il avait perdu la garde de ses gosses. En même temps, si tu viens le soir pour picoler, je comprends un peu le juge, hein ! Non, le poteur du pull n'était pas déplaisant. Châtain clair, voire carrément blond, mais Andrew était toujours perdu dans les nouveaux noms que les coiffeurs à la mode donnaient aux couleurs des cheveux aujourd'hui, deux fossettes qu'on pouvait deviner, et un regard à vous faire chavirer le Titanic s'il n'avait déjà coulé. Pauvre Céline, jamais tu t'en remettras hein ? Alors il se lança, par sympathie, ou pour rassurer l'homme en face de lui.

"Ne vous en faites pas pour la scène, les nouveaux arrivants ont toujours accès à la scène entre deux représentations enregistrées plus tôt dans la soirée. Histoire de faire passer tout le monde. Et ce n'est pas grave d'être seul, regardez la jeune fille qui est en train de passer, elle l'est bien elle aussi. Vous pouvez aussi demander à quelqu'un de la salle de chanter avec vous, ce sont des habitués qui sont vraiment bien accueillants en général."

Pourquoi venait-il de terminer par "en général" ? 0 pointé en psychologie sur ce coup là. Mais Andrew ne se laissa pas déborder par la bourde qu'il venait de faire, profitant que l'homme ne s'était pas encore fermé dans une coquille de mutisme, de réserve ou de timidité pour disparaître sous le bar, ne laissant que le haut de son bonnet en velours rouge et ses clochettes dépasser, et revenir avec un épais classeur en plastique souple qu'il ouvra devant son client. Chanson américaines, anglaises, typiques ou modernes, de la variétés ou folkloriques, allemandes, espagnoles, mêmes quelques françaises, les plus connues, tout était fait pour ravir les envies mélomanes des plus sévères. Et puis Andrew participait activement à renflouer la banque musicale du bar-karaoké en ajoutant les chansons qu'il aimait. Donc souvent des chanteuses et divas afro-américaines qui braillent des airs de soul sur des rythmes passés. Ou le dernier titre pop à la mode. Le classeur ouvert, Andrew se pencha au dessus du bar, se rapprochant de l'homme au pull festif et le regarda avec son sourire immense de gamin content de lui.

"Alors, on la choisit à deux cette chanson ? Je suis aussi là pour vous conseiller après tout !"


Le regard noisette d'Andrew était vissé, amicale, sur celui azur de Peter. Même s'il ne le montrait pas, le jeune serveur savait pertinemment que son enthousiasme ou sa bonne humeur pouvait en déconcerter plus d'un, voire braquer des clients venant simplement regarder des gens chanter. Mais il ne pouvait pas, se départir de sa bonne humeur et de son sourire. Il espérait simplement que cette homme au pull forestier -quelle idée de porter un cerf blanc ? excepté pour jour dans Games of Thrones saison 24?- n'allait pas s'enfuir en courant et le laisser seul avec son bonnet rouge à grelots.
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Mar 3 Déc - 15:17

Il semblait bien que l'alcool était devenu l'ennemi de Peter Grayson. Ce qui était risible quand on connaissait le parcours du neurologue, qui avant sa petite virée avec Wyatt, était comme qui dirait un petit novice dans la matière. Que dire? Les études de médecine impliquaient des sacrifices et lorsqu'on était perfectionniste comme le blond, on n'hésitait pas à s'enfermer dans sa chambre pendant des jours entiers pour réviser et accessoirement s'endormir sur son livre d'anatomie. Sans compter l'arrivée de Summer dans sa vie, Peter avait dû faire de gros efforts d'organisation qui impliquait un suicide généralisé de sa vie sociale. Non pas qu'il aurait voulu... Il avait essayé une fois, en première année, au début et il s'était retrouvé à partir au bout d'une dizaine de minute, ses lunettes sur le nez,  pas question pour lui de se livrer à des jeux de boisson plus que populaire ou même jouer au poker. Ça, le poker Peter connaissait, la règle qui disait d'enlever ses vêtements à chaque fois qu'on perdait une mise, il connaissait moins. Il avait donc fuit cet univers qui lui paraissait un peu trop étranger et trop coloré, et tout ceci était revenu sous la forme de Wyatt, cet énergumène roux dont il se serait bien passé. Et puis il y avait aussi ce verre qui était poussé vers lui, coloré et aguicheur... Comment est-ce que Peter pouvait refuser? Il se mordilla la lèvre inférieure et, peut être que c'était l'entrain du serveur (non mais vraiment où était-il caché lors de la première venue de Peter dans le bar), ou alors le fait que Peter adorait la fraise ou même la chemise du serveur qui était parfaitement de saison, mais le médecin finit par se laisser tenter et il osa s'emparer de la paille qui accompagnait le verre. Après une première gorgée hésitante, un sourire s'afficha sur le sourire du docteur qui vida la moitié de son verre en quelques secondes.  "Mon dieu c'est super bon... Et pas une trace d'alcool? Je crois que vous allez me revoir souvent."

Oui, Peter avait 29 ans, et il était encore accro au sucre, la preuve, quand il était déprimé ou qu'il ne se sentait pas d'humeur à cuisiner, il se faisait tout de même une orgie de céréales, et pas n'importe lesquels, des Lucky Charms s'il vous plaît. Il reporta son attention sur l'employé qui s'adressait à lui toujours aussi enjoué, l'homme visiblement habitué aux clients qui n'osaient pas chanter. Peter ne savait pas vraiment, il y avait tellement de chanteurs plus doués et plus talentueux que lui en ville, Caitlin par exemple... Mais bon, il avait promis d'essayer pas vrai? Et puis mince, ce cocktail était bon, il ne pouvait pas tout simplement fuir sans payer... Ça aurait très stupide et très immature. Okay, pas la chose la plus immature qu'il ait faite de sa vie... Mais tout de même. Peter eut un léger rire en voyant l'autre disparaître sous le bar, revenant quelques instants plus tard avec les bras chargés, classeurs à la main. Il tourna distraitement les pages et Peter préféra se concentrer sur sa paille, plutôt que de penser à toutes ces chansons qu'il connaissait déjà. Cependant, et même Peter qui était intelligent devait savoir une chose, le verre avait bien un fond et une fois son cocktail terminé, le blond s'éclaircit la gorge, rencontrant le regard du serveur qui lui proposait déjà de choisir une chanson avec lui. Niveau persuasion, il était doué, très doué, tellement doué que Peter pouvait considérer d’éventuellement grimper sur la scène et d’attraper le micro et.... Hmm... Peut être. Mais il y en avait du monde. Peter s’éclaircit la gorge avant de reprendre la parole. "En fait je dois vous faire une petite confession... Ce n'est pas la première fois que je viens et j'ai déjà chanté ici en fait mais bon... La dernière fois je n'ai pas eu la chance de tomber sur un serveur qui prend en considération les demandes de ses clients." Et encore, c’était un euphémisme, il n’avait pas vraiment fait attention à son environnement pour tout dire, il le regrettait à présent. Il poussa son verre et se passa une main dans les cheveux, il avait déjà les joues rougies et il savait que c’était quelque chose qu’il devait travailler. Baby steps Peter, baby steps. Déjà, il parlait à un parfait inconnu, c’était déjà un grand progrès en soit.

"Et vous... vous chantez? Avec toutes les prestations que vous entendez toutes la journées, ça doit un peu... barbant à la longue... non?" Peter curieux, oui, et il était en train de gagner un peu de temps également. Il poussa un soupir, se trouvant ridicule avant de rapidement ajouter.  "Je ne crois pas qu'il y ait mon style de toute façon... Je suis plutôt comédie musicale que hits de radio... Ça, c'est plutôt le genre de ma fille." Parler de Summer était quelque chose de rassurant et il pouvait sans difficulté imaginer sa fille avec son baby sitter de la soirée, en train de profiter de l’absence de son père pour veiller tard en pyjama et à manger de la glace. Et oui, tous les Grayson étaient accro au sucre.  "Au fait... je m'appelle Peter... et vous?" Il venait de réaliser qu’il ne connaissait même pas le nom de cet étranger, et pourtant il se confiait déjà. Vraiment, le sucre, cela lui faisait faire n’importe quoi.
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Mer 4 Déc - 14:26

Summer. Il avait donc une fille. Au moins, Andrew était fixé. Et puis il avait bon goût. Summer, prénom qui respirait le sable chaud, les vacances et la chaleur. Quand il faisait trop froid en ce moment à Lima. Mais le jeune homme n'en avait pas terminé avec les surprises que lui réservait Peter. Il était déjà venu. Soit. Alors il savait comment se déroulait une soirée au karaoké. Mais si d'autres serveurs se seraient lassé de ce genre de clients ne savent pas vraiment ce qu'ils veulent faire quand ils passent la porte de l'établissement, Andrew voyait en eux un challenge. Un défi. Une façon pour lui de mieux comprendre les gens, ses clients, et de découvrir ce qui les amenait ici. Et puis, il se l'avouait facilement, il n'avait pas grand chose à faire ce soir. Quelques tables à débarrasser, et la programmation musicale. Alors il pouvait passer un peu plus de temps avec l'homme en face de lui qui était loin d'être désagréable, ce qui n'est pas donné tous les jours. Andrew l'écoutait alors parler. De son expérience au karaoké. Le complimenter sur son écoute des clients, ce qui eut le don de faire rosir les joues du jeune homme. Quelle agréable sensation que de se recréer une vie sociale dans une ville qui lui restait étrangère. Trop nouveau. Trop de monde. Trop de familles. D'histoires. Et Peter était sans doute une de ces exceptions qui lui donnaient parfois l'impression de faire partie de Lima.

"Merci. Pour ce que vous venez de dire. Sur ma façon de considérer mes clients. Je fais juste de mon mieux quand je suis là pour rendre la soirée agréable. C'est gentil, en tout cas."

Et encore ce feu qui envahissait ses joues. Mon dieu, Drew, que t'arrive-t-il ? On dirait une jeune adolescente en pleine crise. Andrew reporta son attention sur l'écran qui faisait défiler les titres qui allait être joués. Histoire de se donner contenance sans doute. Et d'oublier l'état dans lequel il devait sans doute être, rougissant comme une jeune fille. Un autre client avait pris possession de la scène. Et le jeune homme ne s'en était même pas rendu compte, trop inspiré, absorbé, par sa conversation avec Peter. Andrew le connaissait, ce rockeur quinquagénaire, qui était maintenant sur l'estrade du bar-karaoké. Il venait tout le temps chanter les trois même chansons. Du vieux rock poussiéreux. Ce genre de rock qui rappelait forcément un souvenir à quelqu'un. Que l'on passait en voiture, les vitres ouvertes, les belles journées d'été. Ou que l'on étendait en sourdine dans les génériques de films. Andrew l'aimait bien, ce client. Il buvait toujours sa choppe de bière. Et était toujours d'une politesse rare. Mais le jeune homme avait l'esprit ailleurs ce soir. Il aurait l'occasion de lui parler un autre soir. Une autre fois, il en était certain. Alors que Peter, il en était moins sûr. La question de l'homme le désarçonna. Un peu. Les serveurs du bar n'avaient pour autant pas la réputation de chanter. Enfin, il ne lui semblait pas.

"Non je ne chante pas. Enfin si. J'ai du chanter une ou deux fois. Dont un duo avec une fille très talentueuse qui m'a sans doute sauvé la mise."

Ce souvenir ci le fit sourire. Son duo avec Ingrid resterait dans les annales de ce karaoké, ou du moins longtemps inscrit la mémoire d'Andrew. Mais le jeune homme n'avait pas réitéré l'expérience. De peur d'être ridicule. Ou de ne plus ressentir cette aisance qu'il avait perçu sur scène avec la jeune nordique.

"Je suis certain que l'on va trouver des comédies musicales. Personnellement, j'adore ça ! Au fait, moi c'est Andrew."

Maintenant, le jeu était de parler de comédies musicales sans étaler ses goûts très personnels en la matière. Vieux Broadway, culture gay, Andrew pouvait très vite verser dans la caricature, ce qu'il ne voulait pour rien au monde. Alors il se força à se remémorer des titres de comédies musicales connues, à la mode, et par forcément gay-friendly. Quand on vous met dans une case, c'est dur d'en ressortir. Alors il laisserait parler Peter en premier, pour prendre la température, et jauger de quoi il pourrait parler ou non. Un vrai jeu d'acteur, que de prétendre ce que l'on n'est pas. Loin du naturel d'Andrew qui devait pour le coup se faire violence. Ces considérations passaient rapidement dans l'esprit du jeune serveur, au rythme des pages qui défilaient devant ses yeux. Mais très vite, il trouva la section concernée. Comédies Musicales.

"Voilà, j'ai trouvé ce qu'il vous faut. Plus d'excuses pour ne pas vous lancer, hein ?"

Et maintenant, ça passe. Ou ça casse. Et si Peter était un fin connaisseur en comédies musicales, il se rendrait bien compte que le serveur avait des goûts particuliers. Et dire que parler télé-réalité et se moquer des candidats étaient tellement facile. Mais avec un peu de chance, il entendrait chanter l'homme en face de lui. Et ça, Andrew ne voulait pas le louper.
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Mer 11 Déc - 21:58

Andrew. Au moins il avait un prénom et la prochaine fois qu’il viendrait au bar karaoké (à bon ? Tu prévois de venir ici régulièrement Peter?), il pourrait chercher un visage familier. Quoi que non... Le médecin serait terriblement déçu en voyant Andrew en habit de tous les jours et pas aussi festif. Si ça se trouve, Andrew n’était même pas réel. Non, pas une seule trace d’alcool dans ce cocktail, que personne ne s’inquiète, c’était juste l’imagination habituelle et débordante de Peter qui faisait encore effet. Imaginez une seule seconde que la vie de Peter soit enfin devenue cette comédie musicale en noir et blanc ou tout le monde se dit bonjour avec un sourire aux lèvres et qu’il est coutume de s’asseoir sur son canapé tous les soirs pour manger des marshmallow grillés... Dans un tel schéma, Andrew, l’ange gardien de Peter, serait apparu au moment des fêtes car il aurait senti la détresse et le tumulte qui envahissaient son petit protégé. Et bien sûr, Andrew, dans son costume d’elfe de Noël, tentait de le persuader de faire une chose qu’il aimait par dessus tout : chanter. Et oui, ça, c’était l’état naturel de Peter. Qui garda bien pour lui toutes ces pensées et qui continua d’afficher un sourire crispé face à l’entrain d’Andrew, se gardant bien de lui expliquer tout ce qui se passait derrière ses lunettes et ses mèches blondes. (Non, ce n’était pas de la folie, il était neurologue, la folie, il la voyait tous les jours, il connaissait.)  Quoi qu’il en soit, Peter poussa un long soupir face aux nouvelles setlist qui lui étaient proposés, et, plus un tic nerveux qu’autre chose, il repoussa ses lunettes sur son nez regardant distraitement le catalogue avant que ses yeux ne se reportent sur Andrew. « Vous êtes très persuasif Andrew je dois le reconnaître. » La preuve, Peter n’avait pas pris la fuite en criant non pour se réfugier chez lui, tout au fond de son lit, très bien caché par ses couvertures, tellement bien caché qu’on aurait pu croire qu’il n’existait pas, une idée très tentante là tout de suite. Mais non, il faisait l’adulte et il n’était pas encore parti, il était là, heureusement qu’il était assis d’ailleurs sinon ses jambes l’auraient lâché depuis longtemps.

Il était là... Autant essayer pas vrai ? Pense à Summer, pense à Summer Pete et tout ira bien. Et puis Emma lui avait dit que si on voulait exploiter son talent c’était pour une bonne raison. Et Caitlin elle-même lui avait rappelé que la confiance en soi devait se travailler. Tant de petits anges pour veiller sur ce petit Peter qui était toujours désespérément perdu et qui ne savait pas ce qu’on lui voulait. « Bon... ma mère m’a bien élevé, elle serait atterré de savoir que j’ose dire non  à quelqu’un qui demande aussi poliment... » Là Peter se cherchait des excuses, pour se donner une bonne raison de chanter et pas tout simplement admettre que dans le fond, mais alors vraiment dans une partie cachée et inconnue de lui-même, qu'il avait peut être envie de tout simplement... Chanter. « Donc... voyons voir ça... » Peter avait dit ça avec un air prétendu détaché et cool (enfin, selon lui), observant le nom de chansons qu’il connaissait par cœur parce qu’il les avait déjà chanté ou parce qu’il passait trop de temps assis sur son canapé à regarder des DVDs. Le médecin connaissait les airs, les mouvements, mais le problème, c’est qu’il ne se voyait pas du tout les reproduire. Enfin si, il pouvait imaginer, mais d’un autre côté, cela l’effrayait un peu. Comprenez beaucoup. « Vous pourriez me refaire un autre cocktail aussi ? Je crois que je vais en avoir besoin. » Et une dose de courage, une. Peter tourna le catalogue lentement, tombant sur la liste des chansons de Hairspray, un grand classique. Il aimait tout dans cette pièce, l’ambiance rétro, les sujets sensibles et l’humour complètement décalé, rien d’effrayant et de trop ambitieux donc. Son index se posa sur une des chansons,Run and Tell That et il reprit la parole, son timbre de voix légèrement plus bas, presque comme s’il faisait une confession à Andrew.   « Je suppose que je pourrais chanter ... celle-là. Ça reste ma chanson préférée de cette comédie musicale, et puis la version récente était très bien alors je crois que je peux me lancer. »

Joignant le geste à la parole, Peter se redressa et se retourna, son regard tomba alors sur la scène vide. Une scène sur laquelle il s’était déjà produit. Complètement bourré. Sauf qu’il ne s’en rappelait pas. Mais il l’avait fait. Devant du monde. Et pas juste Summer, ses parents... ou même Caitlin. Pas quelques personnes ou une seule personne isolée. Une dizaine de personnes. Avec des yeux et des oreilles. La seconde après sa prise de décision, Peter sentit son rythme cardiaque s’accélérer et sa gorge se resserer, ses joues rouges à présent. « Je .... ne... » Non, mauvaise idée, marche arrière, il n’y avait même pas de piano sur scène, ni même un seul visage amical dans le public. Non, vraiment, marche arrière toute. Il finit par se rasseoir en respirant enfin. Il avait l’impression d’avoir couru des kilomètres alors qu’honnêtement, il n’avait pas bougé. Zut. Non. Avec ce genre de réactions, il était totalement exclu qu’il rejoigne la chorale de Wyatt, il ne pouvait tout simplement pas. Il serait obligé de dire à Summer qu’il ne pouvait pas tenir sa promesse. En désespoir de cause,  Peter se tourna de nouveau vers Andrew, sa plus belle moue triste sur le visage. « Vous êtes certain que vous ne voulez pas chanter avec moi ? »
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Lun 16 Déc - 12:09


Mais que faisait-il ? Andrew était pourtant persuadé d'avoir fait mouche. Il l'avait vu se redresser, les épaules droites, le visage serein et volontaire. Il s'était même levé, lui tournant le dos pour se diriger vers la scène. Mais il n'avait pas fait un pas. Pas esquissé un mouvement. Peter était resté là, fixé, ancré dans le sol, à regarder la scène vide et le publique qui attendait une nouvelle prestation. Andrew se devait d'intervenir. Il se dirigea prestement vers l'ordinateur, programmant la chanson suivant, un tube qui passait à la radio en ce moment, et retrouva Peter. Que pouvait-il bien lui passer par la tête. Andrew ne savait que penser du beau blond. Il ne parlait que de sa fille. Et de sa mère. Un homme entouré par les femmes et qui ne parlait que d'elles. Le jeune serveur gardait le silence, préparant un autre cocktail pour Peter. Il lui avait demandé de chanter avec lui. Lui, se produire sur scène ? A vrai dire, ce n'était pas vraiment dans ses attributions. Mais surtout pas dans son domaine de compétence. Mais il gardait ses pensées pour lui, en sucrant le verre à cocktail et en mélangeant les sirops. Impassible, il le servit à Peter et s'accouda au bar. Que faire ? Que dire ? Gagner du temps. A tout prix. Tout était angoissant sur cette scène. Le vide auquel on était confronté. La seule lumière qui vous baignait tandis que le public était plongé dans les ténèbres. Le micro que vous teniez seul, votre voix qui était la seule à être entendue. Mais surtout le regard avide des spectateurs. Avides d'une fausse note. Ou d'une démonstration impressionnante. D'une catastrophe, ou d'une prestation géniale. Et Andrew avait cette douteuse sensation de faire partie des premières catégories. Et puis, l'attitude de Peter avait été si étrange qu'elle avait piqué au vif l’intérêt d'Andrew. Alors il se pencha au dessus du bar, se rapprochant de Peter, et lui demanda à voix basse, de cette voix aussi basse que Peter avait utilisé quand il lui avouait la chanson qu'il voulait chanter.

"Un problème ? J'ai comme l'impression que votre motivation vient de s'envoler. On en parle ?"

"Tu n'es qu'une pie, Drew. Tu as toujours aimé tout savoir des gens." Il se souvenait encore de cette phrase que son frère lui avait lancé, un soir. Lui était allongé sur son lit, parure de lit aux couleurs de son équipe de baseball préférée. Il jouait avec une balle que son lanceur favoris avait signé. Elle rebondissait, du plafond jusqu'à sa main. De sa main jusqu'au plafond. Dans une courbe parfaite. Et Andrew était enfoncé dans un siège moelleux, les cheveux déjà gominés, les vêtements déjà vintage. Andrew venait de lui raconter les derniers ragots sur la fille, la cheerleader, sur laquelle il avait jeté son dévolu. Lui le sportif. Elle la fille populaire. Et son frère avait eu raison. Andrew adorait parler aux gens, et en savoir plus sur eux. Il avait toujours été hyper-sociable, ça peut vous jouer des tours, mais ça a aussi des avantages. Comme discuter avec un beau blond qui avait maintenant deux verres dans le nez et une angoisse devant une scène vide. Et accessoirement une fille. On ne pouvait pas être parfait. Mais Peter n'était plus seul. On pourrait sans doute aller chanter, si Andrew l'accompagnait. Avec un peu de chance, il lui parlerait de son angoisse, se sentirait rassuré, et irait interpréter la chanson de comédie musicale sans son aide. Sinon il prendrait son courage à deux mains et accompagnerait ce nouveau client sur scène. Les yeux seraient sans doute un peu moins fixés sur lui s'il était accompagné par le beau blond. Il irait se cacher dans un coin sombre de l'estrade, laisserait Peter chanter les solos et les notes les plus impressionnantes, et lui l'accompagnerait, choriste plus que complice. Fixant la scène, il finit par s'adresser à Peter.

"C'est d'accord, j'irai chanter avec vous, si vous insistez. Mais d'abord, expliquez moi ce qui vous bloque."

Parce que Andrew savait ce qui le bloquait lui. Et elle s'appelait Summer. Dieu que la vie était injuste. Ou alors il était tout simplement en manque de ce qui était impossible ici à Lima.

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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Sam 21 Déc - 1:16

"Je..." Sa motivation ne venait pas juste de s'envoler, elle venait d'être écrasée violemment et brutalement par son bon sens. Elle venait d'être réduite à néant par sa timidité et enfin, sa maladresse et son éternel sentiment d'inutilité perpétuelle avaient pris le relais. Donc non, très cher Andrew, sa motivation ne venait pas tout simplement de s'envoler, c'était en réalité beaucoup plus compliqué que ça. Cependant Peter conserva le silence pendant plusieurs secondes, se demandant pourquoi diable avait-il réagi de la sorte. Hello Earth to brain, what the hell was that? C'était une réaction totalement disproportionnée et pour une fois, même Peter qui était le premier concerné, en avait pleinement conscience. Pourquoi en parler? Peter ne savait même pas par où commencer avec son petit problème. Pas de doute qu'il aurait le bonheur de n'importe quel psychologue de la ville. Peter n'avait pas envie de parler de lui-même et encore moins de s'apitoyer sur son sort, sa présence ici ce soir prouvait de sa bonne volonté et quelque part, le médecin avait espéré que cela soit suffisant pour... pour tout simplement grimper sur cette scène et s'emparer du micro et... chanter. Tout simplement chanter. Il se leurrait de toute évidence, Rome ne s'était pas faite en un seul jour et Peter ne viendrait pas à bout de ses démons en un seul coup de baguette magique. (Mais c'était le mois de Décembre, il avait même un pull pour le prouver, où était donc son miracle de Noël, où?) Il allait devoir s'investir un peu plus s'il voulait réussir à tenir sa promesse. Fais le pour Summer, se dit-il, mais il doutait de tout en ce moment, à cette seconde précise et même la seule pensée de sa fille ne réussit pas à le convaincre. Il avait besoin de quelque chose de plus, quelque chose qu'il n'avait pas eu lors de sa première "prestation"... Est-ce que c'était Andrew? Était-ce que c'était à ce moment là qu'il jouait son rôle de lutin de Noël? Peut être, peut être pas, et Peter devait vraiment arrêter le sucre, ça ne lui réussissait pas.

"Vous n'êtes vraiment pas obligé hein, ce serait juste vraiment gentil et je crois que j'ai un peu beaucoup peur de me retrouver tout seul devant... autant de monde." La dernière confession, Peter l'avait faite à demi-voix et en se penchant sur le comptoir, plongeant son regard dans celui d'Andrew. Pourquoi? Il ne le connaissait pas après tout, mais justement, Andrew ne s'était pas encore moqué de lui, il ne l'avait pas encore insulté et il ne lui avait pas dit qu'il était complètement ridicule ou quelque chose dans ce goût-là. Non, il voulait l'aider, Peter ne savait pas pourquoi mais il avait décidé qu'il aimait bien Andrew tout simplement. "La dernière fois que j'ai fait ça je n'étais pas du tout sobre. Mais pas du tout. Et il se pourrait que je ne me souvienne pas de tous les détails." Et là Peter était gentil, il était certain d'une chose à présent : plus de tequila pour lui. Il prit une profonde inspiration et se redressa, pas la peine d'avoir l'air trop désespéré pas vrai? Sauf que Peter ne se rendait pas compte qu'il avait largement dépassé ce stade et que non, personne ne faisait ce genre de confidences à un parfait inconnu. Mais ...Il n'avait plus rien à perdre pas vrai? "Et peut être aussi que je suis juste ici pour tenter de faire plaisir à ma petite fille qui voudrait bien que je t'intègre une chorale pour Noël, histoire de lui faire un joli cadeau. Peut être qu'elle aurait dû demander quelque chose d'un peu plus faisable ou que je devrai apprendre à lui dire non, ou même réaliser que ma place n'est tout simplement pas dans une chorale. Je veux dire ce n'est pas parce qu'on me provoque et qu'on m'accuse d'être un trouillard et un lâche que je dois réagir pas vrai? Parfois ça a du bon d'être un lâche et..."

Il n'avait jamais parlé aussi vite de sa vie et pour être franc, Peter n'avait pas prévu d'en dire autant, aussi vite et aussi tôt. Good Peter, now he'll really think you're a freak. Mais c'était plus fort que lui, Andrew avait un visage tellement amical et naturellement, Peter baissait déjà sa garde et avait envie de lui faire confiance. Il se tut finalement, son coeur ne s'était pas du tout calmé bien au contraire et Peter sentait les premiers signes d'une crise de panique arriver. Dieu merci, il était un médecin."Est-ce que vous auriez un sac en plastique que je puisse respirer dedans?" demanda t-il rapidement en faisant de son mieux pour garder son calme.
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Ven 3 Jan - 18:31

Laisser couler. Ne surtout pas le brusquer. Andrew était après-tout au service de ses clients. Et Peter en était un, de client. Il s'excusa, se retourna pour aller en réserve, et revint, un sac en papier à la main, qu'il ne tarda pas à tendre à l'homme. Andrew avait cette présence d'esprit, ou peut être était-ce simplement de la décence, de ne pas signifier aux gens qu'il était présent lors de moments de faiblesses. Il savait se faire discret, ce qui relevait du miracle quand on porte un bonnet pourvu de clochettes carillonnant à chaque mouvement de tête. Le jeune serveur comptait du coin du regard les expirations et inspirations de Peter. Elles étaient rapides, saccadées, irrégulières, et finirent par s'apaiser, quoique rapides. Andrew lui servit un verre d'eau, et lui répondit, souriant de toutes ses dents :

"Alors faisons le pour Summer. Je programme Run and Tell That de Hairspray et on y va ? Si vous voulez attendre, je peux le programmer pour plus tard, et le décaler. Un click et c'est fait !"

Clin d'oeil. Aussitôt regretté. Ne surtout pas faire croire à Peter qu'il essayait de le draguer alors qu'il voulait juste le rassurer, le rasséréner. Le redonner confiance. Et offrir à sa fille un beau cadeau de Noel.

"Vous savez, je dois avoir du sang d'elfe dans les veines. Je ne supporterai pas qu'une charmante petite fille n'aie pas le cadeau de ses rêves à Noel."

Voilà. Maintenant, il te prend pour un dingue. Mais si ça pouvait faire plaisir à sa petite fille, Andrew était prêt à monter sur scène. Et puis, il l'avait convaincu. Rejoindre une chorale, rencontrer d'autres gens, faire des spectacles, c'était sans doute le meilleur moyen pour lui de s'intégrer dans une ville qu'il ne connaissait pas après tout. Il lui restait tant à découvrir, et ce n'est sûrement pas ses jobs au Levis Store et au bar-karaoké qui constituaient la plupart de ses journées qui lui permettraient de rencontrer du monde, de sortir, et de se faire une place, même minime, à Lima. Le déménagement, la perte de repères, la perte du contact avec sa famille, autant de points qui le poussaient à s'inscrire, à passer une audition, malgré l'angoisse de se produire devant des inconnus. Des inconnus qui le jugeraient. Des inconnus qui seront là à attendre la faille.

Se retournant vers l'ordinateur, il programma un break musical, laissant la scène dans les ténèbres des projecteurs éteints. Ce break lui permit de débarrasser quelques tables en attendant que Peter ne retrouve le contrôle de sa respiration, de répondre à des commandes, et de parler avec des habitués, contents ce soir des prestations et de l'ambiance dans le bar. Andrew riait, faisant tinter ses grelots, lavait, écrivait sur son carnet, un regard toujours tourné vers le bar. Et vers Peter. Enlève le toi de la tête, Drew. Il se persuada, intimement, qu'il ne faisait que vérifier qu'il ne tombe pas dans les pommes, risquant au passage de se prendre le coin du comptoir. Un accident, il ne manquerait plus que ça. C'était un coup à perdre ses extras ici. Adieu le karaoké. Adieu Peter. Retournant derrière le bar, le carnet gribouillé d'abréviation typiques des commandes de bar, il s'adonna à son activité préférée, la préparation de cocktails. Activité qui lui permettait de maintenir une conversation toute en givrant les verres ou mélangeant sirops et alcool. Le dos tourné, il demanda par dessus son épaule, un verre à la main :

"Vous ne voulez pas boire quelques chose. J'ai du mal à me dire qu'un homme qui parait si sage ait pu être ivre ici. Mais si ça peut vous donner du courage, je peux vous servir un verre de vin ou d'alcool fort sans vous mettre dans des états ... extrêmes."

Parole d'un garçon ayant écumé les boîtes une fois libre de l'autorité parentale et aussi souvent la cuvette des toilettes. Se souvenir de rien était sans doute le plus grand regret d'Andrew qui avait pris la résolution de ne plus boire quand il commençait à trop rire, ou trop parler. Ce qui ne tardait jamais quand rhum, vodka ou tequila dansaient sur les tables de ses amis. Andrew se retourna, signifiant à Peter qu'il ne se moquait le moins du monde de lui et de sa prestation bourrée qui devait être mythique, mais qu'il était prêt à le soulager -mon dieu que ça sonnait tendancieux- pour faire plaisir à Summer. Une promesse faite à une petite fille et qui l'incluait désormais. Andew se préparait psychologiquement à chanter. Devant Peter, et comment ne pas perdre la face devant ce client aussi sympathique que mignon. Devant le publique, toujours enthousiaste à l'idée de voir un serveur pousser la chansonnette. Il devait positiver. Se dire que c'était un entrainement avant une audition qu'il envisageait de plus en plus. Et puis, au pire des cas, il pouvait toujours se laisser pousser la barbe, changer de nom, déménager, et recommencer une vie au Pérou en élevant des lamas. C'est beau, un lama.
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Sam 18 Jan - 1:28


Ce n’était certainement pas la première crise de panique de ce cher neurologue et cela ne serait pas la dernière. Lorsque l’on était quelqu’un d’aussi timide que Peter, ce genre de petits incidents était plus que récurrent, le blond avait appris à faire avec et à penser à autre chose et surtout se concentrer sur sa respiration. Il ne remercia pas Andrew pour le sac, s’en voulant déjà pour son impolitesse, et il se contenta de coller le dit sac contre son visage et de respirer. Lentement Peter, lentement, tout va bien, personne n’est sur le point de te demander de partir et tu ne t’es certainement pas réveillé en sous vêtements dans le bar, tout va bien, regarde, même ce serveur est sympa avec toi... Peter ferma un instant sur les yeux, se concentrant sur cette petite voix empreinte de raison qui réussissait toujours à le calmer. Cependant, il ne pouvait rien faire contre ce sentiment d’inutilité qui l’envahit une fois qu’il eut retrouvé son souffle. Il ne savait même pas pourquoi est-ce qu’il avait réagi de la sorte, sa réaction n’était pas du tout adaptée à la situation. Voilà, il y a une seconde il paniquait, et à présent, Peter se sentait coupable. De quoi ? De faire perdre son temps à Andrew, de ne même pas pouvoir réussir à faire ce qu’il aimait tout ça parce qu’il y avait un peu trop de monde dans le bar et par dessus tout, coupable parce qu’il devrait voir de la déception sur le visage de Summer, probablement pour la première fois depuis huit ans. Peter n’était peut être pas le père de l’année mais lorsqu’il s’agissait de faire plaisir à sa fille, il était capable de soulever des montagnes.

« Je vais bien... je vais bien, enfin je crois. »  parvint-il à dire enfin, sa voix beaucoup plus faible qu’il ne l’aurait voulu. Andrew avait raison dans le fond, cela aurait été vraiment dommage de reculer maintenant, cela avait déjà été suffisamment difficile d’entrer dans ce bar et ne pas repartir tout de suite. Il prit une profonde inspiration, se levant le plus lentement possible, pas besoin de tenter le diable, pas vrai ? Le médecin reposa le sac en papier sur le comptoir et offrit un maigre sourire à Andrew, rien à voir avec l’expression qu’il utilisait tous les jours et même lorsqu’il était mal à l’aise, non, c’était un véritable sourire qui s’était dessiné sur le visage du médecin, du genre que même lui ne pouvait pas vraiment imiter. Ah s’il n’avait pas été aussi timide et maladroit, Peter aurait très bu devenir comédien. Mais chaque chose à la fois, déjà, il était debout, c’était un miracle en soit. Il fixa de nouveau la scène puis son regard se reporta sur Andrew, ou plutôt sur les épaules de ce dernier. C’était quoi le dicton ? On ne vit qu’une fois pas vrai, ou quelque chose dans ce genre-là ? Peter ne pouvait pas passer toute sa vie à avoir peur et craindre l’inconnu, l’inconnu c’était tout ça, Lima, cette ville, son nouveau boulot, son nouvel appartement... Et quelque part même, cette scène. Peter ne réalisait même pas qu’il était en train de sautiller sur place, prenant de profonde inspiration, comme s’il s’apprêtait à courir le marathon de la ville... Non de sa vie, et oui, la métaphore plutôt joli soit dit en passant. Il fixa de nouveau Andrew, sérieusement, il allait devoir trouver un moyen de remercier le jeune homme après tout ça, avant de reprendre la parole :

« Et je crois que vous avez raison sur un point, je ne vais décidément pas réussir à faire ça sobre. » Il n’attendit même pas que le serveur finisse de lui préparer ce qu’il avait en tête non, Peter se dirigeait déjà vers la scène, en chemin, il s’arrêta à l’une des tables et piqua son verre à un client, le vidant d’un trait. « Excusez moi mais j’en ai beaucoup plus besoin que vous. » lança t-il simplement face à la mine déconfite du client qui venait de se faire piquer son shot de tequila, chose que Peter ignorait complètement vu qu’il n’était pas du tout familier avec tous ces alcools. « Okay, let’s do this. » Le médecin fit claquer ses deux mains ensemble, plus motivé que jamais, il grimpa sur la scène et s’empara rapidement d’un micro, se faisant même croire que non, ses mains ne tremblaient pas. Okay... Tous les regards sont tournés vers toi Peter, c’est quoi la suite de ton plan... Hmmm... Peter se mordit la lèvre inférieure pendant une longue minute avant de prendre littéralement son courage à deux mains. « Bonsoir, je suis Peter Grayson et... certains d’entre vous m’ont déjà sans doute aperçu dans les couloirs de l’hôpital de la ville et bref... Je vais vous chanter une des chansons d’une de mes comédies musicales préférées et j’espère que je ne vais pas trop massacrer cette chanson sinon... IRM gratuite par tout le monde ! » Il parlait trop, il était nerveux, mais tant pis, au moins il n’était pas devenu soudainement muet et tout allait bien pour le moment. Il pouvait oublier son pull ridicule ou même ses lunettes... Tout allait bien. « Et merci à ce cher Andrew de m’accompagner. » Il lança un clin d’œil à l’autre homme alors que les premières notes du morceau se faisaient entendre. Peter ferma les yeux, oublia tout le reste, il imagina même Summer qui lui tenait la main.

«  Hey........!
I can't see
Why people look at me
And only see the color of my face»

Il rouvrit les yeux et se tourna vers Andrew, priant tous les dieux que ce dernier ne change pas d’avis... Pas maintenant.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Dim 19 Jan - 22:04

Et déjà les premières notes débutaient. Andrew n'avait rien vu venir.

L'ordinateur déjà. Lui qui été censé contrôler la soirée, le passage des chansons, la liste des clients devant chanter, il n'avait pas vu le titre monter, lentement, doucement, vers le haut de la liste. Et commencé à être lu par la bande. Les lumières s'étaient éteintes, la musique d'ambiance s'était faite discrète, et déjà Run and Tell That! commençait sur un rythme endiablé.
Peter ensuite. C'était sans doute parce qu'Andrew avait les yeux rivés sur lui, ou sur son pull qu'il enviait secrètement, qu'il n'avait pas vu le coup venir. Il s'était levé d'un bond, fendant la foule comme un brise-glace la banquise. En espérant que la soirée ne finisse pas comme le Titanic. Quoique jouer le rôle de Jack -ou de Rose- ne lui déplairait vraiment pas. Attrapant même au passage le verre d'un client. Andrew nota le numéro de la table, et la boisson engloutie par l'homme, histoire de quand même assurer son rôle de serveur. Finalement, Peter avait pris au sérieux ses conseils en matière de boisson et de désinhibition. Ne jamais plaisanter en gardant une figure sérieuse, c'était dangereux. Mais Andrew était content de voir Peter dans cet état presque d'euphorie. carrément plus agréable, et rassurant, que le garçon crispé et renfermé qu'il avait connu au début de la soirée.

Clignement de yeux, hébété. Les deux iris mordorées d'Andrew se fermaient et se rouvraient, comme pour balayer ce qui ne pouvait être qu'un rêve. La musique, les premières notes du titre, se firent entendre. Et Peter, tout sourire, commençait un speech sur scène, sans doute pour évacuer son stress. Un vrai moulin à parole. Ce qui fit sourire Andrew. Le voici, le Peter enjoué qu'il avait tenté de voir toute la soirée. Et une poussée d’adrénaline aidée d'un verre d'alccol était en train de faire tout le boulot, et d'en retirer les bénéfices. Soit, au moins Peter d'amusait. Et C'était plus ou moins le job d'Andrew. Qu'attendait-il, ébahit derrière le bar. Il voyait d'ici sa tête, la bouche entrouverte, le regard tantôt perdu, tantôt épaté par le changement radical d'attitude de Peter. Un autre homme. En espérant que Summer ne voit que cet homme là, et pas le loup solitaire de Noel accoudé à un bar. D'ailleurs, elle était où ce soir Summer ? Mais la voix de Peter l'arrachèrent à ses pensées. Il se propulsa vers l'ordinateur, s'emparant d'un micro, et rejoignit la scène en petite foulée, faisant tinter au passage la ribambelle de clochettes de son bonnet rouge. Inspiration. Regards échangés. Sourire divin, typiquement Peteresque. Comment ne pas se lancer ?

Trompettes. Guitares quelque part. Rythme enjoué d'une grosse caisse totalement jazzy.

And then there's those
That try to help, god knows
But always have to put me in my place


La voix d'Andrew était, pour une fois, complètement claire. Dépouillé de l'étranglement des débuts, et de son timbre rauque qu'il avait quand il prenait la chanson un ou deux tons trop bas. Peter commençant, il l'avait guidé, l'aidant à reprendre la suite. Les hanches du jeune serveur se déplaçaient, souples, au rythme de la musique. Il avait toujours adoré le jazz, les années folles, le New Art et ce genre de chanson était complètement ce qui le mettait de bonne humeur. Clin d'oeil à Peter, et il reprit la suite, regardant l'homme droit dans les yeux, un franc sourire affiché. Il avait appris à dompté le karaoké, et y travaillait maintenant depuis trop longtemps pour s'y sentir mal, ou angoissé.

but i won't ask you to be color blind
'Cause if you pick the fruit
Then girl, you're sure to find...


Dernier regard vers Peter. A toi la suite ! Dernier sourire. Et la scène était de nouveau sous le charme du beau blond. Andrew ne dérogeait pas à la règle. Et il savait qu'il avait raison d'avoir pris la décision de passer les castings. Chanter avec Peter était sans doute révélateur de l'ambiance générale de la chorale. Et le serveur espérait s'y sentir bien. Comment pouvait-il en être autrement ?
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Dim 26 Jan - 12:39

Une seule seconde. Il ne s'était écoulé qu'une seule et unique seconde entre le moment où Peter finissait de chanter la dernière note de son couplet et qu'il s'était tourné vers Andrew, pour que le jeune homme reprenne la suite du morceau. Juste une seule petite seconde, un regard. Et il aurait pu se passer tellement de choses. Andrew aurait pu juger que son travail était bien plus important que Monsieur Grayson et qu'il ne pouvait pas laisser ses clients désoeuvrés et surtout assoiffés, ce qui était normal vu qu'il s'agissait tout de même de son travail. À combien de pourboires disait-il adieu à cause de ce cher Peter? Pas de doute, le neurologue devrait faire quelque pour remercier Andrew. (Mais quoi? Lui laisser un généreux pourboire lui aussi? Lui apporter des cookies, qui eux seuls représentaient toutes les compétences culinaires de Peter? Hmmm... C'était une bonne idée.) Lui dire merci et probablement le prendre dans ses bras, okay bon peut être qu'Andrew trouverait cela bizarre, et par peut être comprenez beaucoup, mais tant pis... Peter fut tellement content et soulagé lorsque la voix d'Andrew se fit entendre, que ce fut un véritable sourire qui apparut sur ses lèvres, le médecin fixant le serveur. Andrew avait de la voix et pas de doute qu'il était beaucoup plus compétent que lui dans ce domaine et c'était très certainement lui qui devait sérieusement songer à intégrer une chorale. Peut être que Peter pouvait réussir à le convaincre à auditionner? Là, les choses seraient beaucoup plus intéressantes, pas de doute qu'avec quelqu'un comme Andrew, Peter serait un peu plus enclin à monter sur scène. Il s'égarait, il rêvait les yeux grands ouverts, trop occupé à fixer Andrew, mais, et Peter le savait, s'il tournait le regard et voyait vraiment les autres clients du bar, il risquait d'avoir de nouveau besoin de ce fameux sac en plastique. Non, pour l'instant, il n'y avait que lui et Andrew, Andrew qui commençait déjà à danser. Est-ce que Peter aussi devait se prêter au jeu? Il avait vu et revu Hairspray des centaines de fois et ce serait mentir de dire que lui, et Summer soit dit en passant, ne connaissaient pas toutes les chorégraphies par coeur. Les Grayson ne faisaient jamais les choses à moitié, c'était le cas de dire. Mais pas le temps de réfléchir, c'était déjà à Peter de reprendre les paroles et le refrain ô combien connu, arrivait déjà, le médecin n'avait d'ailleurs pas besoin de regarder les paroles défiler sur l'écran.

The blacker the berry
The sweeter the juice
I could say it ain't so
But darlin', what's the use?
Et Peter ne put pas s'en empêcher, est-ce que ses pieds ou même le reste de son corps agissaient de leur propre volonté? Il lui semblait bien que oui, car sinon comment expliquer que lui aussi se mette à danser, timidement quand même, il restait toujours Peter, mais pas de doute qu'il bougeait bien sur cette scène. Pour Peter Grayson, c'était déjà beaucoup, c'était un exploit qu'il ait réussi à trouver sa voix cette fois-ci, et sans une seule goutte d'alcool (non, ce petit verre qu'il avait pris en passant ne comptait définitivement pas) et sans qu'on le provoque. Peut être que le docteur ne divaguait pas complètement et qu'Andrew était véritablement un elfe de Noël.

The darker the chocolate
The richer the taste
And that's where it's at...
Est-ce que Peter venait de faire une pirouette sur scène pour se rapprocher d'Andrew? Oui, le monde ne s'était pas encore effondré, ni Peter d'ailleurs, son petit mouvement n'était même pas raté... C'était à se demander où était donc passé le médecin timide et qui rougissait à la moindre occasion. En fait, là tout de suite, il était presque aussi confiant que lorsqu'il arpentait les couloirs de l'hôpital les autres jours de la semaine. Dédoublement de personnalité? Peut être, mais Peter n'était pas de service ce soir et il n'allait certainement pas s'amuser à analyser ses propres traits de caractère.

... Now Baby run and tell that!
Il était juste à côté d'Andrew à présent, leurs épaules se touchant, son regard indiquant que c'était à l'autre homme de reprendre la suite des paroles, Peter prêt à chanter avec lui.
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Jeu 30 Jan - 18:41


"Mais si le Père Noel n'existe pas, on en fait quoi de la magie de Noel ?"

Deux yeux noisettes. Immenses. Embués de larmes. Les cheveux déjà impeccablement peignés, petit Andrew fixait, le cou tendu vers son paternel, le regard sévère de son père. Comment pouvait-il encore croire au Père Noel ? Qui continuait à lui raconter ses bêtises ? Les yeux du garçon glissèrent sur sa mère. Qui ne tarda pas à disparaître derrière le coin d'un mur. Et les remontrances continuèrent. Trop vieux pour encore croire à ces conneries. Son frère lui avait les pieds sur Terre, il en fallait au moins un. Et les mots continuaient à le marteler, tandis qu'il montait les marches pour retrouver sa chambre.

Mais là, sur cette scène, il savait qu'il avait eu raison de continuer de croire en la magie de Noel. Tu vois Papa, j'avais raison. Bien sûr, il savait depuis un bon moment que le mythe du Père Noel n'avait de raison d'être que mon protéger les enfants de l'impitoyable monde de la consommation, de l'obligation de faire des présents. Quand Andrew regardait Peter évoluer sur cette scène, souriant, enthousiaste, osant même une pirouette pour se rapprocher de lui. Osant le contact entre eux deux. Le jeune serveur piqua un fard qu'il tenta de camoufler tant bien que mal. Et puis, il lui fallait se souvenir de l'air de la chanson, se concentrer sur son souffle et ne surtout pas laisser s'échapper une fausse note. L'épaule de Peter contre la sienne. Non, ne surtout pas y penser. C'était le cadeau de Noel de Summer. Pas le sien, mais si ça en avait tout l'air.

Déjà c'était à son tour de chanter. Peter semblait prêt à l'accompagner. Le duo prenait une tournure vraiment intéressante. Andrew, pariant sur cette constatation, décida qu'il chanterait un ton au dessus, faisant les harmonies pour Peter. Ce n'était pas par pure altruisme. Pas seulement. Si Andrew voulait entrer dans une chorale, il lui fallait apprendre à chanter avec d'autres, à positionner sa voix dans un ensemble. Autant s’entraîner tout de suite. Peter chantait assez bien pour couvrir les éventuelles faussetés d'Andrew. Vas y, lance toi Drew, tu ne risques rien.

Run and tell that!
Run and tell that!
Run and tell that!

I can't see
Why people disagree
Each time i tell them what i know is true
no no!

Étonnant comme leurs voix pouvaient s'harmoniser aussi facilement. Même leur présence physique était similaire. Quoique plus timide, Peter savait danser. Il suivait les mouvements initiés par Andrew. Genoux légèrement fléchis, comme prêts à danser le rock. Mais déjà les couplets reprenaient, plus haut d'un ton. Andrew décida de prendre la suite. A Peter de faire le final. A lui de récolter la gloire. Le jeune serveur avait décidé de faire du zèle.

"And if you come
And see the world i'm from
1 bet your heart is gonna feel it too
"

Puis redescendre. Andrew avait oublié comme cette chanson était compliquée à suivre. Peter devait avoir un sacré niveau pour pouvoir s'attaquer à un titre comme Run And Tell That. Et dire qu'il l'avait poussé à être casté dans une chorale. S'ils avaient tous au moins ce niveau là, Andrew ne tiendrait pas la route bien longtemps. Ne pas trembler. Garder le micro ferme et ne surtout pas vaciller dans la voix. Il sentait le regard complice de Peter mais n'osait le rencontrer trop souvent, de peur de s'oublier et de rester là, sur la scène, à le regarder. La musique le fit revenir à la raison, il lui restait encore un couplet à chanter avant qu'il ne laisse la place à Peter.

"Yeah. I could lie
But baby. Let's be bold
Vanilla can be nice
But if the truth be told...
"

Tour à droite, Peter était au centre de la scène, et Andrew dansait à ses côtés. Ne surtout pas avoir l'air d'une danseuse minaudant autour du chanteur carrément craquant. Genoux pliés, bassin ondulant avec souplesse, Andrew était une vraie gravure tirée des années folles. Prohibition, fêtes somptueuses et crises économiques poussant les Américains à profiter de la vie sans penser au lendemain. Andrew avait toujours été fasciné par cette période. Et puis, avec son pantalon rouge et son nœud papillon, ses références étaient limpides. Pas sur le côté. Regard lancé en biais vers Peter. Le jeune serveur n'aurait quitté la scène pour rien au monde.
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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   Mar 18 Fév - 2:36

Peter Grayson était en train de chanter. Et il n’était pas seulement en train de chanter devant une vingtaine de personnes, ce qui, pour le neurologue aurait pu déclencher une crise cardiaque du genre fatal (et non le narrateur de cette histoire n’avait pas une tendance à toujours dramatiser, le dit narrateur avait tout simplement l’habitude des frasques du Grayson), c’était tout simplement… formidable. Magique même, peut être qu’il y avait quelque chose dans le cocktail qu’Andrew lui avait donné, ou alors c’était le sourire d’Andrew ou même son entrain naturel ou encore le fait qu’il n’avait hésité qu’une seule seconde lorsque Peter lui avait demandé de l’accompagner. Et il était là, ce cher Andrew avec lui, sur la scène, meilleur danseur que Peter c’était certain, oh il fallait bien plus qu’un simple verre pour faire perdre toutes ces inhibitions au médecin, mais c’était déjà un bon début. Un excellent début quand on savait qu’il avait pour habitude de chanter sous la douche ou dans son salon, assis devant son piano, ou même sur le toit de l’hôpital, quand il était certain que personne ne pouvait l’entendre. (Et Dieu merci, en plus de tout, il n’avait pas le vertige.) Peter se disait juste que ce n’était pas le genre de moment qu’il voulait partager avec qui que ce soit, pas ce genre de moment où il était presque lui-même, où il était presque libre en fait. Et pourtant, maintenant, il se disait qu’il avait tort, il était dans la bonne ville pour développer sa passion, passion que beaucoup de gens dans cette ville semblait partager, sinon comment expliquer le fait qu’à Halloween il se soit retrouver à fredonner quelques notes avec Caitlin? Ou même qu’il était là, presque à imiter Andrew qui bougeait les hanches tandis que leur voix se mêlaient ensemble et… s’accordaient même? Ce n’était pas le médecin qui pouvait juger ce genre de chose, il n’était pas vraiment expert dans ce genre de domaine, mais cela avait presque l’air naturel. Pas de doute, il allait plus qu’insister pour qu’Andrew rejoigne les Awesome Voices en sa compagnie, il y aurait au moins un visage familier, une raison de moins pour que le rouge monte aux joues de Peter.

The blacker the berry
The sweeter the juice
I could say it ain't so
But darlin', what's the use

Peter n’avait même pas réalisé que Andrew lui avait cédé la place sur scène alors qu’il chantait de nouveau le refrain. Il ne rougissait plus, les notes sortaient claires et précises et on aurait pu croire qu’il avait fait cela toute sa vie. Si ce n’était pas pour les lunettes sur son visage, et son pull cousu main, il aurait bien été difficile de l’identifier comme le grand timide qu’il était. Les notes fusèrent et bientôt, la voix de Peter fut remplacée par la voix off pour les dialogues, très célèbres du film, où Seaweed présentait sa soeur à Tracy et à ses amis (et oui, le médecin connaissait véritablement le film par coeur). Il en profita donc pour se rapprocher d’Andrew, passant, le plus naturellement possible un bras autour de la taille du jeune homme et murmurant au creux de son oreille.« Je crois que nous ne sommes pas en train de massacrer la chanson non? » Il accompagna sa phrase par un clin d’oeil tandis que le morceau reprenait déjà.

I've got a new way of movin'
And I got my own voice

La voix de Peter, le plus naturellement du monde, venait de taper dans les tons aigus, à croire que cette chanson avait été écrite pour lui ou quelque chose dans ce goût là. Non, il n’était pas parolier, simplement un mordu de cinéma et il avait la chance d’avoir un piano chez lui. Et le morceau continua, de refrain en refrain, de paroles en paroles et tandis que le dernier couplet arrivait, il n’y avait plus à présent que Peter était véritablement en train de danser et qu’il y prenait même un certain plaisir. Sa voix s’éleva enfin, plus forte que celle d’Andrew sur la dernière note, qu’il tint… jusqu’au bout… pendant une seconde puis deux…. et pendant très longtemps. Et, sans vraiment savoir ce qu’il faisait là, Peter était à genoux debout sur la scène, avec les deux bras levés, la chanson terminée. Hmmm….. And now what Grayson? Évidemment, il se mit à rougir, violemment, encore plus en voyant une des clientes du bar, assise au premier rang, lui adresser un grand sourire. Les applaudissements se firent alors entendre,  d’abord timidement puis de plus en plus fort. Peter baissa les bras, lentement, comme s’il reprenait possession de son corps après un mauvais rêve, sauf que ce n’était pas un mauvais rêve, loin de là. Le médecin se tourna alors vers Andrew. « Vous venez de rendre ma soirée mille fois meilleur. » déclara Peter avec un grand sourire sur les lèvres, le genre de sourire qu’il réservait normalement à Summer. Mais son lutin de Noël, alias Andrew, l’avait plus que mérité.


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MessageSujet: Re: 03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.   

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03. Baby it’s bad out there. Say what’s in this drink? No cabs to be had out there, baby it's cold outside.

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