Choriste du mois


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 03. All Fired Up

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MessageSujet: 03. All Fired Up   Sam 16 Nov - 23:01

Si on lui avait dit un jour qu'elle serait l'instigatrice d'une telle opération, Cassandra ne l'aurait sans doute jamais cru. Son cœur avait beau tambouriner dans sa poitrine à l'idée de flirter avec l'interdit, rien ne pourrait ébranler ses convictions. En ce début de mois de décembre, la nuit s'abattait tôt sur la ville de Lima et le froid n'avait pas terminé de revendiquer sa légitimité à cette époque avancée de l'année. Vêtue d'un long manteau noir qui la camouflait dans l'obscurité, Cassie fit signe à ses compères de la suivre jusqu'à la porte des vestiaires, à laquelle on pouvait facilement accéder depuis le terrain de football. Leurs silhouettes se mouvaient sous les gradins, tandis que la porte s'entrouvrit, signal qu'elles pouvaient sortir de leur cachette. Le soir était bien choisi, alors qu'aucun entrainement des Titans ne s'était éternisé comme ils avaient l'habitude de le faire. Peut-être parce que la parade ne Noël leur semblait plus importante que le championnat qui se rapprochait à grands pas. Après tout l'image avait toujours prévalu sur le reste dans ce lycée et jamais la médiocrité de l'équipe n'avait entaché sa superbe auprès des autres élèves. Ou alors le nouveau coach avait une confiance digne de celle de Megan Morgan qui lui permettait en toutes circonstances de dormir sur ses deux oreilles. En vérité Cassandra s'en fichait bien, tant qu'elle pouvait se livrer à ses petites affaires. D'un signe de la main Joanna leur fit savoir que la voie était libre. Cassandra ne voulait même pas savoir comment elle avait pu s'introduire dans l'enceinte du lycée après la fermeture des portes, elle la remerciait seulement intérieurement d'être restée audacieuse malgré toutes les critiques qu'elle avait pu essuyer durant leur collaboration.

L'ex candidate de American Idol ne s'était jamais aussi bien portée. Cassandra savait que foncièrement elle avait toujours rêvé de ce jour où sa voix et ses méthodes se feraient enfin entendre. Leur défi de ce soir était sans doute le point culminant de leur renouveau et une étape décisive dans leur tentative de reconversion. Cassie avait bien senti que ses nouvelles tendances n'étaient pas du goût de tout le monde et, si elle avait dû subir ses états d'âme à leur place, elle aurait sans doute claqué la porte au nez de tous ces bouleversements. Sauf que personne n'avait rien dit et que, pour la nouvelle personne qu'elle s'efforçait d'être, cela signifiait que personne ne s'opposait strictement à la direction qu'elle avait choisie de prendre. C'était ironique, lorsqu'elle repensait à cette force de conviction avec laquelle elle avait défendu son droit à l'intégrité et à l'abstinence lorsque des harpies étaient venues cracher sur la représentation du Club de chasteté. Elle en avait fait du chemin depuis et, même si son père ne serait pas un grand défenseur de sa nouvelle ligne de conduite, elle ne semblait pas vraiment la remettre en question. Au fond elle trahissait tous ses idéaux en acceptant de s'abaisser à une telle subversion, mais elle avait récemment réalisé que, à l'époque où elle désapprouvait ce qu'elle considérait comme des obscénités, elle était trop jeune pour en comprendre l'enjeu véritable. Il n'était pas question de s'abaisser à la vulgarité pour l'amour de la provocation, il s'agissait plutôt de faire passer un message : un message de liberté et de non conformisme. Tout le contraire de ce qu'elle avait cru être la forme ultime de la bienséance. Tout le contraire de ce qu'on lui avait enseigné à la Mogadore Academy. Elle s'en voulait presque d'entrainer dans sa décadence le reste des filles de la chorale, mais il fallait se rendre à l'évidence : elle n'avait pas été la seule à changer. Peut-être avait-elle même été la seule à croire un instant à ces desseins d'absolue intégrité.

Cassandra se figea devant la porte et, en la retenant, fit signe à ses amies de rejoindre Joanna à l'intérieur. Elle referma ensuite la porte derrière elle et expira un bon coup, réalisant qu'elle était désormais au centre de l'attention. Maya était en retard, bien évidemment, mais elle avait pris soin de confier tous les costumes à Joanna - très certainement parce qu'elle restait assez lucide pour planifier sa ponctualité et son assiduité douteuses. Joanna avait tout disposé de façon à ce que la sélection se fasse avec la plus grande visibilité. Les costumes étaient accrochés sur des cintres qu'elle avait pendus en haut des casiers rouges. Madeleine était déjà présente elle aussi, avec tout son attirail de réalisatrice en herbe. Selon ce qui avait été prévu, les premières scènes se joueraient dans les vestiaires et le grand final chorégraphié devrait se dérouler dehors. Cassie en frissonnait d'avance alors qu'elle estimait d'un coup d'œil vif la qualité des tenues préalablement choisies. Toujours postée devant la porte, elle brisa le silence qui devenait de plus en plus lourd à supporter. "Nous y voilà. Histoire de vous rassurer, nous ne faisons pas vraiment dans la clandestinité. Disons qu'on a anticipé la réponse du proviseur qui ne devrait pas tarder à nous parvenir... Quand on lui posera la question." C'était rassurant. Un peu d'adrénaline n'avait fait de mal à personne, Joanna en était la preuve vivante. Elle vivait d'adrénaline. Elle avait même proposé d'investir la Galerie où elle avait décroché un travail récemment, mais depuis le cambriolage qui avait eu lieu la sécurité avait été renforcée. Et surtout Cassandra se souciait davantage de son potentiel renvoi que Joanna ne le faisait. C'était sans doute son vingtième emploi en deux ans. D'un coup d'œil circulaire Cassie détailla ses partenaires de crime. Hormis Joanna, Caitlin avait répondu présente. Leur relation avait comme qui dirait stagné depuis son audition : elles s'échangeaient des banalités sans le moindre malaise, mais c'était tout. Ashandra était là elle aussi, et Cassie la savait friande de sensation forte depuis qu'elle lui avait confié ses penchants pour la boxe. Il y avait Charlie, avec laquelle elle avait pu s'expliquer depuis leur altercation à la soirée d'Halloween. Entre cœurs brisés on se comprenait. Et tout à droite Grace et Christabella, qui semblaient moins ravies à l'idée de s'exposer devant la caméra dans des tenues affriolantes pour la raison insuffisante de faire leur promotion, mais au moins elles prouvaient une fois de plus leur loyauté et la confiance qu'elles accordaient à Cassandra. "Vous avez toutes bien révisé j'espère. Je vous laisse choisir la tenue qui vous convient pour la première partie du tournage." Elles étaient toutes incollables sur le parcours des Pussycat Dolls depuis que le verdict était tombé. Cassandra avait même aiguisé sa culture en étudiant la carrière solo de Nicole. Cette femme qu'elle méprisait dix ans plus tôt s'était révélée être une artiste accomplie.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mar 19 Nov - 18:36

Comment Caitlin s’était-elle retrouvée ici, furetant les environs d’un regard rappelant à s’y méprendre l’expression brise cœur du petit Bambi après le meurtre impitoyable de sa maman ? Le mystère restait entier. Ou pas tout à fait, car en croisant les yeux flamboyants de Joanna, un flash-back lui fit subitement baisser les paupières et se remémorer les détails de sa présence exceptionnelle sur les lieux d’un crime qu’elle ne sentait pas d’attaque à commettre.
Menaces et intimidations avaient été le lot quotidien de la jeune femme durant ses années de lycée, si bien que sa dignité s’était développée à un point tel qu’elle ne s’abaissait plus à répondre à ses détracteurs et qu’elle prenait tout avec le sourire. De ce fait, quand Joanna s’approcha d’elle d’un pas conquérant à sa sortie du travail, le lundi précédent, c’est armé de son plus beau sourire Colgate que la jeune professeure embrassa sa destinée, prête à affronter le parterre de reproches sous lequel elle fut enterrée. Le doigt pointé sur la poitrine de Caitlin, l’assistante de Cassandra ne lésina pas sur les qualificatifs pour définir la façon avec laquelle elle percevait son absence lors de la grande soirée d’Halloween – qui avait été un fiasco, voulut-elle rappeler à la principale intéressée, sauf que CJ jugea qu’il était inutile d’aggraver son cas. Peut-être qu’effectivement, elle avait raté quelques répétitions de la chorale au cours du mois passé, et peut-être aussi qu’elle avait oublié que s’engager dans un club de ce genre demandait une allégeance semblable à celle de Grace pour le Seigneur, mais de là à l’affilier à la descendance directe de Juda, il ne fallait pas pousser. Forcée néanmoins de rester dans ses petits souliers, douce et docile, comme à son habitude, Caitlin tenta toutefois d’user de quelques petits mensonges pour expliquer ses nombreuses absences. Seulement l’expérience de Joanna dans ce domaine ne parvint à la convaincre de la véracité de ses dires. C’est à ce moment-là qu’elle lui proposa un marché plus ou moins honnête ; elle devait se rendre au gymnase de McKinley à l’heure et à la date qu’elle lui indiquerait si elle voulait être réhabilitée. Caitlin accepta, car elle le savait, elle avait eu tort de ne pas se montrer.

Elle avait donc répondu présente, et maintenant, elle était là à attendre que quelqu’un daigne lui expliquer exactement ce qu’elles faisaient dans cet endroit. En vérité, les autres semblaient être au courant de toute l’histoire. A la vue des nombreuses heures de répétition qu’elle avait manquée depuis la reformation des Second Chances, il n’était pas étonnant que Caitlin soit dans un flou qui n’avait rien d’artistique. À leur entrée dans le gymnase, elle lança une œillade absente aux tenues suspendues aux cintres – elle crut rêver lorsqu’elle remarqua les armatures d’un porte-jarretelles pendre entre deux étoffes. Restant un peu à l’écart du groupe, elle se redressa en détournant le regard des habits, concernée par ce qui allait être dit, tandis que Cassandra prenait la parole.
Le cœur de la brune gonfla si fort qu’il remonta quelque part dans la région de sa gorge. Comme ça, elles n’avaient pas l’autorisation officielle de se trouver dans le gymnase de McKinley ? Tout en se hissant très lentement sur la pointe des pieds, elle chercha Ashandra Moon du regard. Elle aussi travaillait au lycée, elle était professeure d’anglais. Était-elle la seule à penser qu’elles risqueraient gros si elles venaient à se faire prendre en pleine prestation clandestine dans un endroit appartenant à l’établissement ? Se mordant la lèvre en ancrant de nouveau ses pieds bien au sol, elle se força à ronger son frein, reposant ses grands yeux bruns au centre de la pièce. Elle était heureuse que ce soit Cassandra qui s’occupe de leur expliquer la marche à suivre, car Joanna lui faisait peur, avec ses grands gestes et sa façon si particulière de faire de n’importe quelle situation, une situation d’urgence. Un sourire cordial étira sa bouche lors du regard qu’elle échangea avec Cassie, se satisfaisant de ce genre de moment trop rare à son goût. Mais après tout, elle l’avait bien cherché.
Toujours est-il qu’elle ne savait toujours pas ce qu’elle faisait ici. Joanna ne lui avait rien expliqué et quand il fut question de révisions (certaine que Cassie parlait de chorégraphie, sans doute de chanson aussi), elle battit des cils en s’avança enfin de quelques pas. Puis elle toussa très légèrement :

« Hum, hum. » fit-elle en leva un doigt en l’air, comme une élève particulièrement disciplinée qui souhaitait prendre la parole. Elle ne se laissa pas impressionner par les regards, pour la plupart soulignés de crayon khôl, qui se tournèrent dans sa direction. Et d’une voix claire, elle demanda « Qu’est-ce qu’on fait ici exactement ? » Joanna ne chipota pas, elle attrapa vivement la brunette par le bras et la dirigea vers l’opposé du centre du terrain en lui murmurant d’une voix sifflante « Tu te calqueras sur le rythme, je te soufflerais les paroles. Sois belle et tais-toi, Carine. » Caitlin fronça les sourcils « Caitlin. » la corrigea-t-elle. Joanna la cala fermement devant un portant rempli de petites tenues en lui répondant fermement « On s’en fiche ! » Abandonnée à son triste sort, la jeune femme lança un regard par-dessus son épaule gauche, la gorge un peu serrée. Clignant des yeux plusieurs fois d’affilée, elle songea encore une fois qu’elle ne réussirait jamais à faire véritablement partie de la bande et sans se faire prier davantage, elle fit glisser les cintres un par un, peu convaincue par le choix qu’on lui imposait.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mar 3 Déc - 13:52

Le regard vitreux, Charlie arriva dans la cuisine, appuya sur la pédale de la poubelle et y jeta la bouteille de vin complètement vide. La vie à la Pension Preston avait ses avantages : les armoires recelaient toujours plus de bouteilles d'alcool que de petits gâteaux, or ces derniers temps, c'était davantage la soif de la jeune femme qui la maintenait éveillée et moins son appétit. Roulant des yeux lorsque son regard se posa sur les autres bouteilles de vin qui s'entassaient au fond de la poubelle depuis son arrivée, elle secoua la tête et se détourna de ce spectacle afin de se diriger d'un pas trainant vers les escaliers qu'elle monta lentement pour mieux rejoindre la chambre de Lexie, où elle s'était installée une semaine plus tôt. Depuis sa rupture avec Wyatt, elle n'avait jamais osé remettre les pieds dans l'appartement qu'ils avaient partagé pendant près de deux mois dans le centre-ville et avait ainsi séjourné à Columbus pendant un mois chez Cat, avant de rejoindre Lima et d'être invitée par Lexie. Car si dans un premier temps elle avait jugé bon de refuser l'invitation de l'une de ses meilleures amies, pensant qu'il était préférable de prendre une chambre d'hôtel, elle s'était finalement laissée convaincre par la rousse pimpante et ce en dépit de ses soupçons à son égard -Charlie était persuadée que Baby Preston l'avait attirée chez elle pour mieux pouvoir la surveiller. Pour autant, elle ne pourrait se plaindre de ce séjour à la Pension qui l'avait non seulement obligée à faire une croix sur une solitude pesante -se retrouver seule dans cette grande maisonnée était carrément mission impossible, et les mots « calme » et « tranquillité » ne semblaient pas correspondre au vocabulaire de ses chers locataires qui ne cessaient de brailler du matin au soir- mais qui lui avait également permis de se rapprocher de Lexie. Et au vu de la situation dans laquelle elle se trouvait actuellement, le soutien de ses amies les plus proches était indispensable -sans elles, elle aurait probablement tout laissé tomber -travail, chorale, absolument tout- pour quitter la ville et se réfugier à l'autre bout du pays, là où rien ne pourrait plus lui rappeler ses récentes déceptions ou son cœur brisé.

Ouvrant la porte de la chambre de Lexie avec nonchalance, elle se dirigea lentement mais sûrement vers la commode et saisit le tube de rouge à lèvres qu'elle y avait laissé. Postée devant un miroir, elle retira le bouchon du tube et appliqua précautionneusement le rouge sur ses lèvres. Il se faisait tard et elle allait finir par être en retard à son rendez-vous avec les Second Chances si elle ne se dépêchait pas, mais au lieu d'attraper son sac et d'enfiler le premier manteau qui lui tomberait sous la main, elle leva doucement ses grands yeux verts bordés de noir vers son reflet et fronça les sourcils. Elle avait une dernière chose à faire avant de partir : posant la pointe du rouge à lèvres sur le miroir, elle rédigea quelques mots sur celui-ci avant de reculer de quelques pas afin d'apprécier son travail. « Rendez-vous sur le lieu de tes premières chorégraphies en mini-jupe, Gangsta Lexie. Je compte sur toi ».

*
Lorsque Charlie débarqua sur la pelouse du terrain de football d'un pas légèrement titubant, la plupart des filles étaient déjà présentes et elle se fondit dans le groupe sans la moindre difficulté. Malgré les trois-quarts de la bouteille de vin qu'elle avait vidés avant de partir, elle se sentait étonnamment bien à la perspective de cette soirée pour laquelle les choristes se préparaient depuis un bon moment. L'idée qu'elle puisse se déhancher au milieu des vestiaires ou du terrain de football devant les caméras vêtue d'une tenue « minimaliste », comme Cassandra les avait qualifiées, ne l'effrayait absolument pas ; au contraire, l'excitation qu'elle ressentait était bien plus forte que tout ce qu'elle avait pu expérimenter au cours de ces dernières semaines. De toute façon, elle n'avait plus grand-chose à perdre, et c'était sans doute la raison pour laquelle elle n'avait plus la moindre appréhension. Au pire, que risquait-elle ? Qu'on la charrie davantage sur son lieu de travail ? Que sa mère soit outrée de voir sa propre fille dans un tel accoutrement ? Et alors ? Il s'agissait de sa vie à elle, et si elle avait envie de danser à moitié nue sur un terrain de foot, c'était son problème, pas celui des autres.

Plus déterminée que jamais, Charlie suivit les autres dans les vestiaires et se posta à côté d'Ashandra pour assister au discours de Cassandra. Pourtant, ce ne fut pas sur la silhouette de la directrice de sa chorale que le regard de Charlie s'arrêta, mais plutôt sur les tenues accrochées au cintre derrière elle et, écoutant à peine les paroles de Cassandra -si elle avait révisé ? Elle ne faisait que ça depuis une semaine au point d'en agacer Lexie qui devait connaitre les paroles de cette chanson par cœur à cause d'elle- elle s'imaginait déjà chanter le refrain de la chanson des Pussycat Dolls devant l'objectif. Un sourire se dessina sur ses lèvres et dès que Cassandra leur demanda de choisir leur tenue, Charlie se rua vers les cintres si précipitamment qu'elle en oublia de faire attention à ses camarades de chorale autour d’elle et ne vit pas tout de suite Christabella, qui se trouvait malheureusement en travers de son chemin. Heurtant l'épaule de la jolie brune et déstabilisant ainsi son équilibre, elle la rattrapa néanmoins de justesse par le bras pour lui éviter de tomber, dans un éclair de lucidité venu de nulle part. Ouvrant de grands yeux horrifiés, Charlie plaqua une main contre sa bouche. « Christa, je suis... je suis désolée, je ne t'avais pas vue ! Tu vas bien, j'espère ? ». La choriste posa sa main sur l'omoplate de la jeune femme comme pour s'excuser à nouveau, puis esquissa un sourire navré avant de repartir vers les cintres. Passant en revue les tenues que ces derniers présentaient, elle finit par porter son choix sur une mini-mini-mini jupe sombre et terriblement étroite -elle ne savait pas encore comment elle allait pouvoir bouger correctement dans une jupe comme celle-ci, mais qu'importait- ainsi qu'un t-shirt blanc un peu plus large. Quant aux chaussures, la jeune femme avait déjà tout prévu : elle avait emprunté les plus hauts talons de Lexie avant de partir. Satisfaite, Charlie décrocha les cintres choisis et les serra dans ses bras, poussant légèrement Caitlin à côté d'elle au passage, sans même s'en rendre compte. Elle n'avait pas besoin d'un homme dans sa vie, et c'était ce qu'elle allait prouver, ce soir, dans cette tenue, avec ses copines des Second Chances !
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mar 3 Déc - 22:53


Ça lui faisait mal. Particulièrement mal. Extrêmement mal de le dire. Elle refusait même de l'avouer. Et si vous venez à l'entendre, elle le nierait avec aplomb, mais, sur ce coup en tout cas, Joanna avait eu une bonne idée. Rien que cette pensée arracha une grimace à Robin, déformant son visage. Depuis qu'elle avait fait resurgir les Second Chances, obtenant de plus en plus de crédit auprès de Cassandra Hamilton, l'assistante de la coach de la chorale ne faisait qu'augmenter la méfiance de l'épouse Faithorn, d'autant plus que cette gamine s'obstinait à tenter de convaincre Cassandra de la malhonnêteté du couple. Pour l'instant, il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, mais il ne fallait pas pour autant baisser la garde. Robin n'avait pas dit son dernier mot.

Enfin, les prudes s'étaient décidées à desserrer les fesses. Enfin, les saintes-nitouches allaient démontrer qu'elles étaient avant tout des femmes et qu'elles pouvaient séduire et jouer de leurs atouts. Mais surtout, surtout, Robin aurait enfin la possibilité de se détendre un peu et d'arrêter de jouer son rôle – sans une certaine retenue, certes, mais c'était quand même d'un soulagement.  Car, en effet, si la jeune femme passait pour une épouse chrétienne modèle, elle était légèrement, pour ne pas dire énormément, différente lorsqu'elle se retrouvait seule avec Larry.

La blonde s'était entraînée depuis qu'elle avait été mise au courant de l'idée de retour en force des Second Chances. Elle avait souvent fredonné, elle avait de temps en temps exécuté quelques pas discrets un peu n'importe où : au lycée pendant sa pause, dans sa voiture alors qu'elle rentrait chez elle, à la maison lorsque Larry n'était pas là. Car elle avait décidé, pour le bien du sadisme et pour le plaisir de le voir râler, de ne pas évoquer le projet des filles à son mari. Il n'avait été mis au courant que de l'essentiel : qu'elles avaient prévu de faire une sorte de clip promotionnel de la chorale et la chanson qui allait avec. Il pouvait bien entendu aisément deviner ce qu'elle pourrait faire dessus, mais sa femme avait joué la carte du mystère, entourant les questions de son mari par des sourires innocents et des regards malicieux. Il aurait pu la menacer de faire une grève consistant à ne plus la toucher jusqu'à ce qu'elle parle, elle serait restée de marbre – et puis de toute façon, il aurait craqué bien avant elle. Il découvrirait le résultat comme les autres, lors de la diffusion du clip.

Robin avait donc retrouvé le petit groupe pour une mission infiltration dans un lieu normalement interdit d'accès à une heure pareille de la nuit : le lycée McKinley. Quand elle y pensait, la jolie blonde ne pouvait qu'émettre un petit gloussement. Elle était en train de se faufiler dans la clandestinité la plus totale sur son propre lieu de travail, c'était assez paradoxale pour elle. Plus la fine équipe se rapprochait du bâtiment, plus elle pouvait ressentir son cœur s'affolait. Subtilement, de doux frissons bien trop connus la parcouraient, la forçant à esquisser un sourire. Cela avait fait trop longtemps qu'ils étaient sortis de sa vie, murés dans cette nouvelle identité qu'elle s'était forgée avec son époux, un nouveau départ sans recommencer les folies de leur vie d'avant. L'adrénaline, cette vieille amie, retrouvait la blonde après tant d'années d'absence. En pénétrant dans les vestiaires, le regard azur se porta instantanément sur la pièce, comme à la recherche de caméras et autres détecteurs. Pourtant, elle savait bien qu'il n'y avait rien. Mais le problème était là : elle ne faisait confiance ni à Cassandra et encore moins à Joanna. Par chance, la voie était libre et tout était prêt.

Un coup d’œil sur les tenues firent sourire Robin. Très peu de tissus, dévoilant ainsi des parties stratégiques. Il suffisait de choisir ce qui sied le mieux et la majorité des viewers masculins ne pouvait que tomber à la renverse. Les futures lionnes étaient à présent lâchées dans la jungle des cintres. Robin se déplaça lentement, prenant le temps d'observer chaque tenue. Elle esquiva même Charlie qui s'était ruée sur les crochets telle une hystérique pendant le Black Friday à New-York et qui finit sa course dans l'épaule de Christabella. La trentenaire observa chaque tenue avec attention. Quand elle voyait les minettes de vingt ans autour d'elle, elle se rappelait qu'elle-même n'était plus la jeune femme qu'elle était dix années en arrière. Les cintres glissaient sur les barres et la blonde souriait malicieusement. Secrètement, elle se demandait laquelle de ses tenues plairait le plus à Larry, laquelle le ferait rougir, laquelle lui ferait grincer des dents et serrer les poings et ainsi de suite. Finalement, elle avait trouvé quelque chose de simple, court, ce n'était même pas une question, mais qui convenait parfaitement à une femme mûre comme elle pouvait être – à son grand désarroi. À côté d'elle, Caitlin, une de ses collègues au lycée. Rien qu'à voir son visage, l'épouse Faithorn savait que la professeure d'arts plastiques n'approuvait pas vraiment la démarche. Il n'y avait pas besoin de lire dans les pensées pour savoir que la plupart des Marie ici présentes allait avoir du mal avec tout ça.

Tu devrais essayer ce haut et ce short, je suis sûre que ça t'ira bien.

Du doigt, elle venait de lui pointer une tenue qu'elle avait repérée à la base pour elle, mais elle s'était rendue à l'évidence, ça ne passerait pas pour une presque quarantenaire.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mer 4 Déc - 14:58

Le doute s'était emparé de Christabella au moment où la chanson avait été annoncée. Elle avait alors  eut une moue dubitative, mais était restée silencieuse. Elle ne voulait pas briser l'enthousiasme de l'équipe -même si elle aurait pu jurer qu'Ashandra, au moins, avait les mêmes réserves qu'elle. Elle aurait peut-être pu trouver du soutien auprès de Charlie également, si cette dernière n'était pas aux prises avec ses propres soucis. Mais au lieu d'exprimer ses inquiétudes à haute voix, elle avait affiché un léger sourire, un peu crispé, et s'était laissée faire. Elle soupçonnait Joanna d'avoir une vilaine influence sur son amie, mais cela non plus, elle ne l'avait pas dit. Elle connaissait Cassandra depuis des années, et elle avait mené une lutte féroce contre les New Direction, lorsqu'elles étaient encore au lycée, et que la chorale de McKinley optait pour des chansons que Cassie jugeait hors de propos pour des adolescents. De même, elle s'était offusquée lorsque Christa avait commencé à fréquenter Ezrael, lui enjoignant aussi gentiment que possible de ne pas s'écarter du chemin que Dieu avait tracé pour elle. Aussi Christabella trouvait-elle ce revirement assez suspect. Elle avait longuement observé son amie, qui extérieurement n'avait pourtant pas changé. Une jeune femme aux longs cheveux clairs, qui s'habillait de façon aussi sobre qu'à l'époque où elles n'étaient que des lycéennes. L'image même de la parfaite petite chrétienne. Et voilà qu'elle demandait à ses choristes de s'accoutrer...

Comme des professionnelles, songea Christabella en détaillant les bouts de tissus accrochés aux cintres. Les bras croisés comme pour se réchauffer, elle n'osait s'avancer pour faire son choix. Sérieusement, elles allaient devoir porter ça, dehors ? Avec les températures glaciales de ce mois de Décembre ? Cassandra avait-elle complètement perdue la tête ? Tout ce qu'elles risquaient, c'est une pneumonie, qu'elles soigneraient toutes en prison, après s'être fait embarquées pour exhibitionnisme. Les lèvres pincées, la jeune femme retint un soupir. Elle n'avait pas la plus petite envie de se changer, ni de chanter. Elle n'avait pas envie d'être là, en fait.
La soirée d'Halloween, qui s'était terminée avec l'intervention de la police, avait été comme un signe annonciateur que les Second Chance abordaient une voie que Christabella était loin d'approuver. Les tenues disco l'avaient déjà vraiment mises mal à l'aise, mais là, on atteignait des sommets de vulgarité. Où était passée la pureté des Second Chance, la sobriété et la douceur de leur numéro ? Joanna comptait-elle pervertir toutes les filles de la chorale ? Si elle essayait de se mettre au même niveau que les Awesome Voice et les Urban Hymns, c'était tout à son honneur, vu que les Second Chance peinait à suivre le mouvement. Chez les Urban Hymns, par exemple, les filles débordaient de sensualité et savaient danser comme des déesses. Quand aux Awesome Voice, Megan Morgan avait la réputation de ne reculer devant rien pour atteindre la victoire. En comparaison, les Second Chance faisaient figure de grenouilles de bénitier. Mais de là à déguiser les choristes en filles de petite vertu... Christabella n'avait certes pas rejoint la chorale pour ça. Mortifiée, elle ne se sentait pas du tout capable d'accomplir ce numéro. Cette fois, elle ne retint pas son soupir, qui se perdit dans les babillages des filles.

Si elle était venue, c'était uniquement pour Cassandra. Son amie supportait difficilement les échecs -quoi de plus normal- et tenait énormément à la chorale qu'elle avait crée, et portée, à bout de bras tout ce temps. L'amitié que Christa lui portait, son affection à l'égard de la petite blonde, voilà ce qui expliquait sa présence dans ce vestiaire, et certainement pas l'excitation de faire un numéro sur une pelouse à moitié gelée, au rythme d'une chanson que Christa n'aimait même pas. Parce que Cassie était son amie, elle était venue.
Néanmoins, elle ne put se retenir, et quand elle coula un regard en direction de Cassandra, ce fut avec une lueur de ressentiment dans les yeux. Elle lui en voulait de se laisser embobiner de la sorte par Joanna, et de prendre des décisions qui entacheraient l'honneur des Second Chance. Elle lui en voulait de se montrer aussi... faible. Pour la première fois, elle doutait. Elle n'avait plus envie de suivre aveuglément sa meilleure amie. Mais elle ne dit rien, et une fois de plus, resta la bonne fille qui sourit bêtement et fait ce qu'on lui dit de faire.

Un sentiment de révolte lui fit froncer les sourcils lorsque Joanna la frôla après avoir remis Caitlin à sa place. Mais pour qui se prenait-elle ? Comment osait-elle se comporter de la sorte ? Et pourquoi Cassandra tolérait-elle ce genre d'attitude ? En secouant la tête, navrée et déçue, Christabella chercha à capter le regard de Caitlin, pour lui adresser un sourire d'encouragement, mais la brune lui tournait déjà le dos, occupée à se chercher une tenue. Elle s'apprêtait à faire de même lorsqu'on la bouscula. Une petite main froid vint attraper son bras pour l'empêcher de tomber et Charlie se confondit en excuses. Le sourire que Christa esquissait se figea soudainement, alors qu'elle s'apprêtait à répondre que ce n'était pas grave. L'haleine de Charlie lui fit l'effet d'une gifle et elle cligna des yeux avant de sourire plus largement, en guise de réponse. Mais à l'instant où elle se détourna, son sentiment de malaise se fit plus présent encore. Charlie avait bu ! Et pas qu'un peu, à en juger par son haleine chargée. Clairement, les Second Chance étaient en train de sombrer, elle en avait une nouvelle fois la preuve.
A contrecœur, elle se choisit une tenue, en se répétant que ce ne serait pas pire que la soirée disco, où que la soirée déguisée à laquelle elle avait assisté à l'OSU, et pour laquelle elle s'était déguisée en cheerleader. A l'époque, sa jupe courte l'avait choquée, mais au final, elle s'était vite habituée, et s'était même amusée. Ce ne serait pas différent, elle aurait juste... très froid, constata-t-elle en levant le short et le t-shirt qu'elle tenait entre ses mains. Mais elle s'était engagée, et ne se défilerait pas. Sans mot dire, elle s'écarta pour aller se changer.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mer 4 Déc - 23:53

Jetant des coups d’œil anxieux à sa montre, Ashandra s’efforçait de se concentrer sur la correction des dernières interro surprises auxquelles elle avait soumis toutes ses classes cette semaine. Elle n’avançait définitivement pas à son rythme de croisière habituel, mais au moins, ça la forçait à essayer de se concentrer sur autre chose que sur ce que les Second Chances s’apprêtaient à faire. Un clip de promotion exclusivement féminin pour recruter de nouveaux membres et tenter de remporter la compétition cette année. Une idée aussi géniale qu’angoissante, surtout si l’on considérait le choix de chanson fait par Joanna et Cassandra. À des lieues du point de départ de la chorale qui avait longtemps été rattachée à l’église, elles s’apprêtaient à faire une reprise des Pussycat Dolls... À l’annonce de la grande nouvelle que sa nouvelle colocataire avait soigneusement gardée secrète pour lui faire la surprise, Ashandra avait senti ses pieds se dérober sous elle et son sourire radieux avait à coup sûr vacillé. La jeune professeure avait entendu les rumeurs qui couraient après la soirée d’Halloween qui s’était terminée de manière plus qu’abrupte. Certains disaient que si la police avait dû intervenir au Piano-Bar ce soir-là c’était à cause du numéro particulièrement osé qu’elle avait réalisé avec Charlie. Continuer sur cette lancée ce serait définitivement jeter de l’huile sur le feu, et elle craignait que tout ceci ne finisse par remonter aux oreilles du proviseur qui, jusqu’à présent, semblait encore sourd et aveugle à tout ce qui pouvait se tramer du côté des chorales, y compris celle de son lycée.

Ashandra avait appris à se blinder contre les regards méprisants de certains paroissiens et de tous ceux qui la prenaient de haut, mais il fallait bien admettre qu’elle n’avait pas été tout à fait emballée en apprenant la nouvelle. Le tournage aurait lieu sur son lieu de travail, elle risquait donc deux fois plus d’être surprise par un élève qui la reconnaîtrait avant même que la vidéo soit publiée, et c’était sans parler de l’administration. Que diraient les parents d’élève s’ils l’apprenaient ? Et puis elle avait pris le temps de considérer les choses de manière plus optimiste. Elle n’était pas la seule dans ce cas, il y avait aussi Caitlin, et Robin Faithorn, qui avait quelque chose d’effrayant malgré ses bonnes manières impeccables, et à qui personne n’oserait jamais dire non, surtout pas le principal Figgins. Restait le problème de la chanson elle-même... Mais cette fois l’attention serait largement répartie entre toutes les recrues, elle n’apparaîtrait sans doute pas plus de quelques secondes à l’écran, elle pouvait y arriver. Et si les paroles étaient parfois un peu... crues, elle comprenait tout à fait le message qui se cachait derrière et pouvait même s’identifier à ce que Nicole Scherzinger prônait, un petit peu. Pour se convaincre que tout irait bien, elle avait répété encore et encore la chorégraphie qu’elle connaissait sur le bout des doigts et qu’elle avait même montrée à Norah pour la convaincre qu’elle devait venir à cette répétition spéciale dans l’espoir qu’elle se décide à rejoindre la chorale. C’était l’occasion rêvée de montrer à son amie et collègue qu’elles n’étaient pas une chorale de bonnes sœurs et qu’elle pourrait s’amuser en s’inscrivant.

Lorsqu’enfin la trotteuse passa le douze sur le cadran de sa montre pour marquer la minute tant attendue, Ashandra bondit de sa chaise en laissant là ses copies pour filer vers le lycée puis le terrain de football dans l’obscurité. Elle reconnut immédiatement le petit groupe attroupé à quelques mètres des vestiaires et se dirigea droit vers ses camarades qui avançaient en silence mais nota immédiatement l’absence de Norah parmi elles. Peut-être était-elle en retard. Elle lui aurait sans doute envoyé un message pour la prévenir de son absence, non ? Elle patienta quelques secondes puis coula un dernier regard vers le fond du terrain dans l’espoir de la voir arriver avant de s’engager dans les vestiaires où une blonde très court vêtue pour la saison qu’elle reconnaissait comme l’une des surveillante du lycée se battait avec du matériel vidéo en se parlant vivement à elle-même. Prenant soin de ne rien faire tomber des cintres qui supportaient des tenues plus que minimalistes, elle se planta devant Cassandra, vite rejointe par Charlie qui n’avait une fois de plus pas l’air au meilleur de sa forme, ce qui n’était pas rare depuis leur fameuse soirée. Un peu perdue quant à la marche à suivre pour aider la brunette à se sentir mieux, l’afro-américaine se pencha vers son amie pour lui donner un petit coup d’épaule et attirer son attention avant de lui adresser un sourire complice. Elles n’en étaient pas à leur premier coup d’essai en matière de chanson olé-olé, et il ne faisait aucun doute que Charlie serait brillante, une fois de plus. En espérant que cela suffise à lui remonter le moral cette fois. Laçant ses doigts devant elle, elle tendit l’oreille pour écouter le discours de leur directrice qui n’avait toujours pas quitté l’encadrement de la porte. Elle n’avait pas été sûre de comprendre pourquoi elles avaient dû rentrer chez elles pour repartir au lycée, et malheureusement les paroles de Cassandra levèrent bien vite le mystère sur tous ces secrets qu’elles étaient obligées de faire. Seulement il était trop tard pour se dégonfler maintenant. Elle devait faire bonne figure pour Norah lorsque celle-ci arriverait, parce qu’elle finirait par arriver, et pour Cassandra. Cette nouvelle ligne de conduite semblait lui aller comme un gant, et elle était plus déterminée que jamais. Elles devaient être un groupe soudé, même dans la clandestinité. Et puis le lycée était désert, personne n’appellerait les forces de l’ordre cette fois. Forçant ses lèvres à tenir le sourire confiant qu’elle affichait depuis le début, elle se répéta que ce serait une expérience libératrice de plus, et qu’elle ne pouvait qu’en sortir plus forte.

Hochant de la tête à la fin de la brève intervention de Cassandra, elle tourna les talons pour suivre Charlie en direction des portants, mais lorsque celle-ci heurta Christabella, Ashandra baissa les yeux pour les contourner et trouver son bonheur ailleurs. Elle n’avait pas la moindre idée de ce que Cassandra lui avait dit au sujet de son déménagement, et elle ne tenait pas à être celle qui lui apprendrait la nouvelle ni à en parler avec elle. Elle ne voulait pas réfléchir à la relation entre Christabella et Cassandra, et elle ne voulait absolument pas réfléchir aux excuses qu’elle aurait dû présenter à la jeune femme pour son comportement. Une chose après l’autre, elle rien ne servait de précipiter le processus, ce serait courir tout droit à l’échec. Elle continuerait donc à la fréquenter de manière aussi cordiale que silencieuse jusqu’à ce qu’elle trouve le courage d’aller lui parler pour mettre les choses à plat entre elles, un jour prochain. Affairée à un autre portant, dos à elles, elle passa quelques cintres où étaient suspendus des t-shirts avec plus de trous que de tissu, des jupes plissées qu’on aurait pu confondre avec des mouchoirs de poche et des bas en résille. Voilà qui ne serait pas une mince affaire, soupira-t-elle intérieurement. Ashandra porta finalement son choix sur un corset noir qui révèlerait son ventre, dieu merci sculpté par le programme intensif de son entraîneur à la salle de boxe, et une jupe un peu plus longue que les autres qui descendait cependant très bas sur ses hanches. Se mordillant la lèvre en observant le résultat dans l’un des miroirs en pied de la salle, elle sursauta lorsque la réalisatrice se mit à crier : «Bon on se bouge, on va pas y passer la nuit là ! En place, en place les coquettes. Première prise dans cinq minutes. Vous avez intérêt à être au point parce qu’à ce prix là, je passe pas cent heures à faire du montage et de la retouche.»  Voilà qui avait au moins le mérite de l’avoir détachée de son reflet, mais quelque chose lui disait que ce tournage ne serait pas de tout repos à bien des niveaux. S’assurant que les bottines en cuir qu’elle avait réussi à dénicher étaient bien nouées, elle s’avança finalement jusqu’à Cassandra et posa sa main sur son épaule en se rapprochant le plus possible pour parler à voix très basse et ne pas attirer l’attention. «Tu es sûre que tout va bien se passer ?» demanda-t-elle en tâchant de garder le ton le plus neutre possible.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Ven 6 Déc - 21:39

Les yeux de Grace erraient sur le portoir. Devenus visiblement beaucoup trop gros pour les orbites desquels ils tentaient de s’échapper, la lueur de consternation un poil hystérique qui animait convulsivement ses paupières traduisait bien mieux que n’importe quel gémissement toute la détresse dans laquelle elle se retrouvait plongée.

Il fallait dire que la jeune femme avait de quoi être désorientée.

Elle avait toujours connu la chorale de la paroisse comme un cheminement paisible dans les pas du Seigneur, une randonnée pique-nique stylisée par Disney dans une vallée philosophique, les insectes en moins, les piano subito en contrepartie. Cassandra en tête de cortège, guide montagnard avisé, heureusement sans la barbe de trois jours et l’odeur de chevreau à peine mis bas pourtant de rigueur dans la profession, suivant l’itinéraire biblique qui devait les mener à... Quelque chose. De bien. De beau. De bio. Sauf que voilà, la petite bergère avait décidé de faire un détour assez conséquent, quitte à passer par une de ces autoroutes abandonnées et ses drugstores non moins glauques. Réactualisation de la direction qui exigeait apparemment de raser la laine neigeuse du troupeau et d’exposer un maximum de peau de ses membres à un monde très certainement un peu trop curieux pour être croyant.  Evidemment, Grace ne savait pas trop comment blâmer sa sœur. Elle avait vite conclu que l’aura aussi magnétique que nocive de Joanna avait tout simplement fait exploser sa boussole et que si elles dérivaient, c’était tout du moins toutes ensembles. Néanmoins, Grace n’aurait pas pu croire que ce qu’elle considérait comme une vaseuse tentative d’ouverture sur une chrétienté moins… chrétienne, puisse la mener dans les contrées odorantes d’un vestiaire dont la légalité de la location paraissait inexistante, à percevoir une discussion entre Robin et Caintlin avec au centre du débat le port d’un micro-short que Ke$ha elle-même aurait trouvé minimaliste.

Grace secoua lentement ses cheveux ramassés en chignon rapide. Elle mordilla sa lèvre inférieure.

Dans le cas de la première comme de la deuxième, leur position avait quelque chose d’affligeant vis-à-vis du petit panthéon psychologique dans lequel les avaient classées Grace.

Robin, douairière de son état, mère d’une famille dont l’enfant en pleine croissance était un capital monétaire que chacun estimait chaque jour à un montant plus élevé,  allait retrouver sa chaire flétrie exhibée dans des sous-sous-vêtements dont Grace n’était pas certaine de vouloir connaître la provenance. Elle hésitait à lui présenter ses condoléances.

De l’autre côté, Caitlin, un peu plus tôt à moitié agressée par Joanna, conspuée au rang de disco-Judasse, statut que Grace ne pouvait cependant s’empêcher, quelque part du côté de son lobe temporal cabossé, de trouver justifié. Restait Charlie, à l’aspect toujours aussi louche, très volontaire agresseuse de la pauvre Christabella, qui, au vu de la régularité des sévices subis depuis son adhésion aux Second Chances, devait d’ores et déjà avoir pris une assurance vie conséquente. La benjamine des Hamilton lui avait adressé un sourire circonspect, après tout, il était important qu’on sache qu’elle serait toute prête à témoigner si l’affaire devait dégénérer en procès pour tentative d’homicide. C’était ça, le soutient entre croyantes.

Claquant sa langue contre son palais, elle extirpa, les pommettes roses, de la masse de porte-jarretelle et de résille de toute sorte une espèce de body à manche et pois à la texture étrange. Plaçant le tissu sur ses hanches, elle hocha doucement la tête. Approuvé. Le bas de ce qui n’était à peu près qu’un haut ne cachait rien de plus qu’une petite culotte ne l’aurait fait. C’était parfait.

La quantité de chair dévoilée était mathématique. Si une gaine, l’angoissante nécessité de sa discrétion sur ce sujet s’imposait à mesure qu’elle voyait approcher le moment de se changer,  serrée au maximum lui compressait encore le ventre à l’instant-même, mieux valait prévoir une diversion efficace. Et, en l’état, ses rotules hydratées avec soin et leur cuisse pâle respective se chargeraient de détourner les regards de la courbe contrariée du bas de son buste. Les imprimés effaceraient les formes, troubleraient les volumes. L’ensemble avait cependant presque un côté enfantin. D’aucun pouvait trouver cela très creepy, elle se contentait d’en voir une douceur inespérée dans ce monde de phéromones. Nouveau mouvement approbateur.

Et Dieu savait qu’il lui avait fallu de la motivation pour ne pouvoir qu’exécuter ce geste du menton dans sa situation.

Elle avait pardonné le Disco. Au nom de la léthargie de sa sœur. Sous le couvert de la direction déviante de Joanna, évidemment encouragée par la lubrique Brown. Elle avait réussi à se détacher de l'événement, du décor, des costumes et à se concentrer sur les rythmes eighties. Jusqu’au point de parvenir à vraiment s’amuser tout là-haut, perchée à quinze centimètres du sol. Et la plus-value très, très rousse d'un certain Pillsbury n'avait pas été négligée. Mais, en la présence, il lui avait fallut beaucoup, beaucoup, beaucoup plus d’études, et de Foi, pour voir la situation avec un œil favorable. Elle n’avait aucune raison à se soumettre.  Aucune raison de croire que tout… cela, correspondait aux valeurs qu’elles étaient censées défendre et transmettre. Qui comptaient-elles attirer dans un pareil ensemble ? Grace ignorait les courants religieux qui gouvernaient la communauté nudiste, mais, au train où elles allaient, elle n’avait pas grand mal à imaginer l’organisation d’une tournée de grandes messes mises en musique dans l’ensemble des camps naturistes du pays. Et il n’était pas très utile de signaler que ça ne la mettait pas franchement à l’aise.

Elle n’avait même pas osé en parler à ses parents, qu’elle soupçonnait d’être au moins aussi préoccupés qu’elle de l’avenir de leur aînée, mais d’être bien plus doués pour le dissimuler. Certes, cette réticence à s'épancher sur ses activités récentes avait peut-être un minimum à voir avec le regard sceptique que sa mère lui avait jeté après l’avoir surprise en pleine imitation des relativement illustres chanteuses, avançant et rétractant sa poitrine face à un miroir. D’autant que les résultats peu concluants l’avaient elle-même très vite dissuadée à vouloir repartir à la conquête du contrôle absolu de son patrimoine mammaire. Certes. Mais tout de même.

Elle essayait. Encore là, dans cette salle, elle tentait de se convertir aux mœurs Pussycat. Ou plutôt de convertir l’idée des Pussycat à ses propres visions. La chanson choisie l’avait été par Cassandra. Il devait bien y avoir un but. Une justification. Peu importait le détail purement marketing des bouts de fesses luisants un peu trop apparents, ce groupe, cette chanson, ce n’était qu’une gigantesque métaphore autotunant le principe d’une vie basée sur des principes théocratiques, où la distance avec les hommes, avec les attaches terriennes d’une relation maritale, permettaient une élévation spirituelle. Mais oui. Les nonnes l’avaient compris depuis des lustres. Les Pussycat Dollz l’avaient chorégraphié en talons aiguilles. De même que le leitmotiv de l’eau, fut-elle sur les T-shirt, de leur clip symbolisait l’ablution, la purification. La renaissance. Un changement. Total. Voilà ce à quoi aspirait la chorale. Voilà ce que Grace redoutait derrière ses fossettes.

L’air absent, soigneusement ramassée sur elle-même dans un coin de la pièce, elle ajusta les manches de sa tenue, et glissa rapidement sous son col le Christ qui ornait son cou. Comme si sa place n’était plus exactement là. Mais pas encore tout à fait ailleurs.

Un cri nécessairement suraigu lui échappa alors que se matérialisait sur sa gauche une créature blonde au débit plus proche de la tueuse psychopathe à tendance cocaïnomane en pleine transe que de la réalisatrice professionnelle qu’elles étaient censées avoir dégotté.

« Première prise dans cinq minutes. Vous avez intérêt à être au point parce qu’à ce prix là, je passe pas cent heures à faire du montage et de la retouche. »

D’une main rapide, elle détacha sa chevelure et l’arrangea face à un miroir.

-Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande…

…elle s'est changée en demeure de démons, en repaire pour toutes sortes d'esprits impurs, en repaire pour toutes sortes d'oiseaux impurs et dégoûtants. Chuchotis et pensées s’entremêlaient à la limite du souvenir, au bord de ses lèvres tremblantes.

L’Apocalypse n’avait plus rien de littéraire.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Sam 7 Déc - 0:29

Accoudée au comptoir de sa galerie tristement vide et pourtant si joliment décorée, Lexie se demanda pour la énième fois comment elle s'était retrouvée à faire la fermeture. Cela avait sans doute à voir avec le fait qu'elle avait esquivé cette tâche - tout comme l'ouverture d'ailleurs - un nombre déraisonnable de fois ces dernières semaines. Ce n'est pas comme si The Gallery avait été beaucoup ouverte ou avait connu une folle affluence par ailleurs. Elle soupira pour la deux cent vingt-quatrième fois de la journée, au moins. Techniquement, elle fermait dans vingt minutes. Mais il faisait nuit depuis déjà bien trop longtemps, froid et personne n'allait se pointer maintenant. Elle éteignit donc la lumière, verrouilla la porte et mis en place le système de sécurité avec une précaution minutieuse, reflet de sa récente paranoïa. Lexie Antonia Jane Preston, qui était du genre à laisser les clés sur le contact quand elle s'arrêtait deux minutes pour acheter des clopes ou du lat, était devenue prudente à l'extrême. Elle rabrouait ses colocataires quand la porte arrière n'était pas verrouillée et refusait de céder, bien que plusieurs d'entres eux se soient retrouvés enfermés dans le froid de décembre depuis l'instauration des nouvelles règles. Même Charlie, qui bénéficiait de passe-droits divers et d'un asile politique à durée indéterminée avait été contrainte à user compulsivement de sa clé. La rouquine grimaça en pensant à son amie, qui passait un temps fou à se morfondre et à vider les stocks de vins de la Pension. Non pas que Baby Preston soit du genre à condamner ce genre d'activités, mais récemment, sa coloc en intérim avait sombré du côté flippant de la boisson. Et puis, si elle partait maintenant, il était possible que Charlie ne se soit pas encore envolée et elle pourrait peut-être la retenir dans une soirée films débiles - chocolat chaud - pâtisseries. N'incluant pas d'alcool, aussi étonnant que cela puisse paraître pour la londonienne.

Faisant donc définitivement fi de son devoir, la rouquine prit la poudre d'escampette et s'engouffra dans la voiture que JJ lui avait prêté, puisque môooosieur ne travaillait pas aujourd'hui. Pourquoi, Dieu seul le savait. Lexie détestait conduire, surtout par ce temps et elle manqua de déraper dans un fossé en chemin, mais parvint tout de même à bon port. Mais la Pension était étrangement calme. Film d'horreur calme. Pas de signe de Charlie, qui devait errer quelque part entre le piano-bar et le bar karaoké. Diable, il fallait vraiment faire quelque chose. Frissonnant légèrement, elle inspecta le rez de chaussée et fut rassurée de trouver un Joachim en état de décomposition avancée sur son lit. Il avait clairement forcé sur la fumette. Etrange, cette recrudescence du joint au sein de la Pension récemment... Mais la jeune galeriste ne pu s'en inquiéter d'avantage et regagna sa chambre, prête à se blottir dans une couette en pilou et relire Harry Potter, comme à chaque saison des fêtes. Cette année, c'était le tome 5. Des larmes étaient à prévoir, mais elle n'en était pas encore là. Toutefois, une trace suspecte sur le miroir de sa coiffeuse attira son attention. « Rendez-vous sur le lieu de tes premières chorégraphies en mini-jupe, Gangsta Lexie. Je compte sur toi. »

Ooooh ! C'était ce soir ! Miiiiince. Autant, la rouquine admirait l'originalité du message, autant elle aurait aimé être prévenue plus tôt. Elle avait complètement oublié. Pourtant, Charlie comme Madeleine la bassinait avec ce fameux clip promotionnel des Second Chances depuis des jours. Et elle devait admettre qu'elle était plutôt emballée par l'idée. Il lui en fallait peu pour s'enthousiasmer et s'agiter en petite tenue sur les Pussycat Dolls avec les bigotes de la chorale de l'Eglise, c'était un projet qui ne pouvait que la tenter. Elle s'était même surprise à chantonner le tube qu'elles avaient choisi de reprendre et avait même appris les pas auprès de sa faussement chaste possible future camarade. Car la journaliste en herbe était lancée dans une campagne de recrutement si acharnée qu'on aurait pu croire qu'elle avait rejoint une secte plutôt qu'un glee club. Souriant à cette traînée rouge sur son miroir - qui serait sans doute un cauchemar à nettoyer - Baby Preston n'hésita pas longtemps. Elle était sans doute déjà en retard. Elle prit à peine le temps d'observer sa tignasse, qu'elle avait décidé de boucler ce matin là pour une raison inconnue de tous, et de fourrer ses escarpins les moins chers dans son sac. Hors de questions de salir ses Louboutins dans la boue de McKinley. Finalement, elle rechaussa donc ses bottes fourrées fétiches - qui comme toutes chaussures qui se respectent comportaient un talon, même petit - et s'en alla affronter l'hiver. Non sans laisser un mot sur le plan de travail de la cuisine et des réserves de macaronis and cheese pouvant nourrir un régiment. Elle prenait soin de ses troupes après tout. La jeune femme grimaça en songeant à l'affreuse route qu'elle allait devoir affronter en sens inverse et fit de son mieux pour se concentrer sur sa trajectoire. Finalement, elle parvint à destination sans écraser d'écureuil ou se donner bêtement la mort.

McKinley High. Cela faisait des années que l'ancienne Cheerio n'avait pas mis les pieds ici. Un vague sourire nostalgique apparu sur ses lèvres quand elle se faufila sur le terrain de football, le plus nonchalamment du monde. Des années d'expérience en matière d'entrée plus ou moins légale dans des bâtiments peu sécurisés lui avait appris qu'un air confiant pouvait sauver la mise. Constatant la pelouse vide, elle supposa que les demoiselles en porte-jartelles étaient encore au chaud. Quelqu'un allait tomber malade à la suite de ce clip, c'était forcé. Priant pour que ce ne soit pas elle, Lex se demanda si la porte latérale du gymnase fermait toujours aussi mal ou si le verrou avait enfin été réparé. Sans surprise, le battant céda sans aucune difficulté. Décidément, ce lycée était un vrai dépotoir et ça n'allait pas mieux avec le temps. Se laissant guidée par les bruits de voix et sachant de toute façon où elle allait, elle poussa la porte des vestiaires pour découvrir une nuée de jeunes prudes en contemplation plus ou moins perplexe de leurs futurs costumes. Son arrivée ne fut bien sûr pas des plus discrètes - discrétion n'est pas Lexie Preston - et elle se sentit donc obligée d'adresser un geste de la main et d'adresser une salutation à la cantonade « Salut les filles ! Euuh, je suis Lexie, une amie de Charlie... Et colocataire de Madeleine, votre réalisatrice. » Elle scanna rapidement la petite salle et trouva sans mal les intéressées, dont une été déjà fort court vêtue. Elle lui fit un large sourire, adressa un clin d'oeil à Maddie et continua sur sa lancée « Je suppose qu'elle ne vous a pas dit que j'allai venir la coquine ! Hum... Elle essaie désespérément de me recruter depuis Halloween et comme je suis une ex cheerleader et que j'ai fait du cirque, elle s'est dit que je pourrais venir compléter le tableau pour votre clip. » La galeriste avait conscience qu'elle avait l'air de s'imposer comme si elle était la reine de Lima, aussi elle jugea bon de tempérer quelque peu ses propos « Mais, je peux me contenter de vous aider pour les costumes ou faire du thé hein. Enfin... je ne sais pas trop où je peux faire du thé mais, vous donner un coup de main quoi... » Elle avait sûrement eu l'intention de dire autre chose, mais son attention fut distraite par les portants, riches en tenues diablement sexy. Sa main trouva naturellement le portant d'une micro-robe en cuir noir qui lui irait certainement à ravir et la longiligne rousse se retrouva bientôt à plaquer le bout de tissu devant elle, cherchant l'approbation dans les yeux de Charlie qui se trouvait un peu plus loin. « C'est sympa ça dis-donc, ça m'irait pas mal non? Si vous voulez de moi bien sûr. » Qu'avait-elle dit déjà, sur le fait de ne pas s'imposer? Lexie pieds dans le plat frappait une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Lun 9 Déc - 20:53


"Pourquoi pas ?"
La réponse à la proposition d'Ashandra, si elle ne laissait pas paraître un grand enthousiasme, reflétait parfaitement la fidélité et le soutien que Norah souhaitait prodiguer à son amie.
Depuis sa crise de panique devant le cabaret et sa performance au bal d'Halloween, Shandy reparlait de plus en plus fréquemment de son engagement auprès des Second Chances, combien elle admirait Cassandra d'avoir tenu bon et de s’être battue pour la chorale, à quel point elle avait retrouvé du plaisir à chanter et comment elles espéraient toutes recruter de nouveaux membres pour donner une performance encore plus éclatante lors du prochain défilé de chars au centre commercial.
Sa collègue et amie avait compris à demi-mot qu'il s'agissait d'une invitation à rejoindre les rangs des choristes de Lima. Comment expliquer à Ashandra que sous ses airs de bonne chrétienne, jeune femme sérieuse et responsable, Norah gagnait une partie de sa vie en se déshabillant le soir venu ?
Certes, le Cabaret n'était pas le lieu le plus dégradant dans lequel elle eut travaillé, mais elle ne se faisait quand même pas d'illusions sur les raisons qui poussaient les habitants de Lima à en franchir les portes : plus que la qualité du spectacle, c'était évidemment le tour de poitrine des danseuses qu'ils venaient juger.

La jeune femme avait d'abord fait semblant de ne pas comprendre les signaux envoyés par Shandy, mais après quelques semaines de réflexion elle avait admis que l'idée ne lui déplaisait pas.
Petite fille, Norah adorait chanter à l'église. Il n'était pas rare que, remarquant son engouement, le maître de chorale lui fasse signe de se lever et de rejoindre le chœur. Cela ravissait son père et agaçait sa mère, même si depuis l'autel elle pouvait lire dans les yeux de cette dernière une fierté certaine dès que la voix chaude et étonnamment juste de sa fille s'élevait parmi celles des chanteurs de Gospel.
Norah ne se rappelait plus si elle avait mentionné ces épisodes de sa jeunesse à Ashandra, mais elle lui avait certainement parlé de son amour de la musique et du chant pour que son amie pense spontanément à la recruter parmi les membres de cette chorale.
Depuis son arrivée à Lima, la jeune femme avait eu le temps de se renseigner sur les différents groupes vocaux dont les querelles et compétitions rythmaient la vie de la ville. Le choix des chansons, les convictions de sa fondatrice, la présence de plusieurs de ses collègues avaient fait pencher la balance vers les Second Chances.
Norah savait pourtant très peu de choses de Cassandra Hamilton. Ashandra se fermait comme une huître après avoir prononcé son prénom, ou changeait presque instantanément de sujet de conversation. La professeure avait donc du se faire une idée toute seule et elle était curieuse de rencontrer la directrice de la chorale.
Encore plus depuis que Shandy lui avait révélé dans quelles conditions et tenues le clip promotionnel de ce soir allait être réalisé. Norah y trouvait un parallèle avec sa vie tout à fait réjouissant.

Assise dans le taxi qui la conduisait de chez elle à McKinley, enveloppée dans un épais et long manteau d'hiver, des talons de 12 cm aux pieds (ce qui expliquait le taxi), elle sentait son cœur battre la chamade. Elle était partie avec du retard, une conversation téléphonique avec sa mère l'avait retenue, et elle allait maintenant arriver la dernière. Même si elle finissait toujours par conquérir les cœurs, elle détestait arriver en retard, encore plus dans une telle situation où elle risquait bien d'être la seule nouvelle arrivante dans un groupe uni et dont les membres se connaissaient pour la plupart depuis des années.
Elle claqua la porte du véhicule après avoir remercié le chauffeur et se dirigea d'un pas pressé vers le gymnase. Réussir à pénétrer par effraction dans son lieu de travail était d'une facilité déroutante remarqua-t-elle avec désapprobation. Elle atteignait les vestiaires quand une blonde surexcitée, qu'elle reconnut comme la surveillante Madeleine Wild, en sortit en vociférant. Elle manqua de la bousculer mais la blonde ne le remarqua même pas et s'excusa encore moins, trop absorbée par ce qui la préoccupait

Norah poussa la porte et entra.

-Bonsoir, je suis Norah, l'amie d'Ashandra et je suis en retard, excusez-moi, lança-t-elle d'une voix calme et assurée tandis qu'elle embrassait l'assistance du regard, gratifiant Shandy d'un sourire chaleureux. J'ai pris la liberté d'amener moi même ma tenue, j'espère que cela conviendra, annonça-t-elle en retirant son manteau d'un geste vif et professionnel.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mar 10 Déc - 18:28

Peut-être que la chorale prenait après tout ce tournant féministe tel que Joanna l'entendait. Jusqu'à aujourd'hui Cassandra n'avait jamais compris l'obstination de son amie à vouloir revendiquer son indépendance et son émancipation du joug masculin. Elle avait longtemps pris cette résolution comme une manie de plus de sa part, un désir comme un autre de s'affirmer, et il lui avait fallu une déception monumentale pour réaliser l'enjeu véritable de sa lubie. Joanna ne vouait pas simplement une haine envers le sexe opposé qui aurait pu trahir d'amers antécédents, elle avait juste ce désir - normal après réflexion - de prouver que son bonheur ne dépendait de personne d'autre que d'elle-même. Comment avait-elle pu soutenir Cassie dans son mariage c'était un mystère qu'elle ne saurait résoudre, mais avec du recul elle avait fini par comprendre que Joanna savait faire preuve d'une complaisance insoupçonnée. Si au départ il n'avait pas été question de lui renvoyer l'ascenseur en acceptant de se plier à des volontés autrefois excessives à ses yeux, Cassandra demeurait consciente que son récent soutien n'était que pure justice. Elle y trouvait aussi son compte, elle qui avait définitivement laissé tomber le voile de sa conformité, alors qu'elle goûtait enfin à travers Joanna à l'affranchissement d'une moralité tellement lissée qu'elle avait fini par se rompre. Elle n'était pas la seule à avoir fait les frais de l'incompréhension masculine et ce soir c'était leur revanche à toutes, une tribune qui lui tenait particulièrement à cœur maintenant qu'elle se sentait prête à vivre sa propre vie. Du moins elle espérait que les autres filles l'entendraient ainsi, et non pas comme la publicité libertine de leur art.

L'annonce péremptoire de Madeleine l'obligea à cesser ses divagations et, comme brusquement ramenée à la réalité, elle constata avec un contentement dissimulé que les choristes s'affairaient déjà à choisir leurs tenues. Malgré quelques rictus et hésitations, les filles semblaient plutôt réceptives. Elle ignorait si c'était la confiance qu'elle leur inspirait ou simplement la fermeté artistique de Mad, mais toujours est-il que le résultat semblait la satisfaire. Aussi se mit-elle également en quête d'une tenue à la fois flatteuse et dans laquelle elle n'aurait pas l'impression d'être emprisonnée. Elle rassura Ashandra qui, toujours avec subtilité, lui communiquait ses doutes en lui assurant que tout se passerait à merveille, et se saisit d'une robe couleur corail dont le tissu manquant avait très certainement servi à des fins caritatives. Plus loin Joanna supervisait le groupe, se faisant un malin plaisir à réprimer les moindres signes de réserve. "Oh non non t'embête pas chérie, ta première tenue est là." dit-elle à l'attention de Caitlin, une simple serviette de bain tendue au bout des doigts. Le sérieux qu'elle affichait aurait pu dénoter une placidité professionnelle, mais Cassie savait qu'au fond elle se délectait de ce pouvoir qu'elle pouvait exercer ce soir. Cassie se contenta d'adresser à Caitlin un air de commisération, comme si elle ne pouvait rien contre la tyrannie extraordinaire dont faisait preuve son assistante.

Tout le monde eut l'air d'avoir trouvé sa place lorsque Lexie débarqua. Son assurance trahissait une expérience qui de toute évidence faisait défaut à une bonne partie de l'assemblée, si bien que Cassandra ne remit pas en question sa légitimité dans le clip. Qui plus est compter sur de nouvelles recrues amenait toujours un élan de fraicheur qui n'était pas sans motiver davantage leurs aspirations. "Bienvenue parmi nous Lexie ! Cette robe est faite pour toi on dirait." suggéra-t-elle pour lui faire comprendre que sa présence tombait à point nommé. Son entrée précéda celle de Norah qui, lorsqu'elle se présenta comme étant l'amie d'Ashandra, provoqua en Cassie une pointe de jalousie qui n'était pas sans lui rappeler quelque chose. Elle resta bouche bée un instant, alors que Norah se dévêtit d'un geste limite sensuel et trop rapide pour être remarqué. C'était comme si son manteau était tombé tout seul sur le sol dans un bruit sourd et équivoque. Même si c'était atrocement impoli, elle la dévisageait d'un air incertain, un mélange d'admiration et de suspicion mal placée. Aussitôt elle déglutit à la vue de sa robe bustier qui lui rappelait amèrement comme elle était ridicule lorsqu'elle essayait de jouer de son charme inexistant. Sans répondre elle se tourna vers le casier derrière elle et l'ouvrit délicatement, comme si la scène se déroulait au ralenti, tandis que Joanna, qui venait de poser les yeux sur elle, criait un "noooon" trop lointain pour l'empêcher de faire quoique ce soit. Une avalanche de neige s'abattit sur elle, sa poitrine se soulevant machinalement au contact du froid. Cassie resta figée un instant, le souffle coupé, tandis que la neige fondait au creux de son cou, souvenir mordant de ses années lycée et des lancées de slushy qu'elle avait dû essuyer. "Bah quoi, il fallait bien conditionner les nouvelles pour la parade de Noël." se défendit Joanna en hochant les épaules. Sans ménagement elle arracha la serviette des mains de Caitlin et la tendit à Cassandra avec un air qu’à moitié désolé. Quiconque connaissait Cassie aurait pu anticiper une réaction tempétueuse et se préparer à recevoir l’orage de sa colère, pourtant, un maigre sourire vint étirer le bord de ses lèvres, tandis qu’avec fermeté, elle empoignait le peu de neige qui s’était niché sur son buste. Avec un zèle inopportun elle écrasa sa récolte sur le crâne de Joanna, hochant à son tour les épaules, et réprimant un rire qui, sans doute, les aurait éloignées de leur but initial.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Ven 13 Déc - 18:17

Welcome to the past, CJ, se dit la brune. Elle tergiversa avec elle-même pendant de longues secondes en laissant le petit espace entre elle et les vêtements se réduire au fur et à mesure que l’on s’affairait en arrière-plan. Retirée dans une bulle faite de ouate et d’une bande-son assourdissante digne du final de Black Swan, la pression monta crescendo dans les membres paralysés de Caitlin qui écarquilla ses grands yeux en constatant qu’effectivement ; si le comité des parents d’élèves de McKinley venait à la surprendre affublée d’une pareille tenue, elle finirait ses jours à enseigner l’art du fusain à des maquerelles en tenue orange. Elle se mit à triturer du bout des doigts les tissus fluides des habits, l’air complètement absorbé par ses souvenirs. Son visage se rembrunit, ses paupières retombèrent et elle fronça les sourcils.
C’était exactement l’impression qu’elle avait. Celle d’être revenue à l’époque de son entrée dans l’équipe de cheerleaders de WMHS. On ne lui avait pas non plus demandé son avis quand elle avait rejoint leur rang. On l’avait mise devant le fait accompli en lui expliquant grosso modo que puisqu’elle acceptait de suer à grosses gouttes avec ses nouvelles meilleures amies, elle devait se soustraire à leur bon plaisir, quoi qu’il arrive : être belle et se taire comme Joanna lui avait conseillé de faire. Pétrie de bonnes intentions, à la recherche d’un nouvel horizon, elle s’était retrouvée dans celui où le pain est banni et le vin défendu, quand bien même il s’agit du corps et du sang du Christ. Caitlin s’était laissée entraîner, séduite par les opportunités que lui offraient la sainte popularité et le sentiment grisant de faire partie d’une aventure extraordinaire. Elle ne s’était pas attendue à courir après des licornes, à faire du toboggan sur les rayons des arcs-en-ciel et à monter des poneys roses mais on n’en était pas loin. La réalité avait fini par éclater et lui laissait aujourd’hui encore, un arrière-goût de vomissures dans la bouche.

On lui avait imposé les codes d’une mécanique bien trop complexe pour son esprit conditionné par les discours de Jean-Paul, Benoît et François. On la força à adhérer à des pratiques qui avaient causé une ribambelle de collapsus, jusqu’à celui qui lui fut fatal et qui la coupa du monde, de sa famille et de Cassandra. Voir resurgir ce genre de souvenirs n’entrait pas dans la vision naïve que se faisait Caitlin de son rôle au sein des Second Chances. Toutefois, elle devait admettre que tout dans la scène qui s’était jouée quelques instants plus tôt lui rappelait le nanar de sa vie. Les suites étaient souvent bien pires que les originales, Caitlin s’attendait donc à vivre un remake épouvantable de ses années lycée dans ce gymnase, ce qui n’arrangea pas l’appréhension qu’elle ressentait déjà en arrivant sur les lieux.
Pour des individus qui s’autoproclamaient nobles et faits d’une abnégation tout droit prélevée du cœur du Seigneur, les filles des Second Chances avaient une drôle de façon de faire preuve d’un peu appui. Apparemment, la mansuétude avait elle aussi ses limites – limites imposées par Joanna. La gorge serrée, son amour propre égratigné, CJ aurait tout aussi bien pu faire demi-tour et partir pour ne jamais revenir mais dans son dos, elle sentait les regards la transpercer de toute part. Ça la contraint à ne pas prendre la poudre d’escampette sous peine d’être crucifiée au mat du drapeau.
Venant des recrues qu’elle ne connaissait que depuis son arrivée dans la chorale, ça ne la surprenait pas qu’on la bouscule sans lui présenter d'excuses, qu’on évite ses regards appuyés ou qu’on ne lui tende pas la main pour l’éclairer sur leur présence dans ces lieux… Mais venant de Cassandra. Ceci dit elle n’aurait pas dû s’en formaliser autant qu’elle le faisait car en réalité, la blonde se conduisait exactement de la même façon que cinq ans auparavant. Sans lui accorder la moindre attention, sans même la soutenir ou l’encourager dans ses démarches. Si Caitlin s’était laissé bercer par l’espoir que les choses pourraient finir par s’arranger entre elles si elle trouvait la bonne chanson à lui interpréter, elle venait bel et bien de souffler sur la dernière lueur d’optimisme qui la poussait à participer aux répétitions de la chorale. Entre elles, rien ne pourrait jamais redevenir comme avant. Fin de l’histoire.

Sur cette triste note, Caitlin décrocha un cintre de sa tringle tandis que Robin Faithorn la gratifiait d’un geste d’une affabilité inattendue en lui proposant une tenue qui la fit froncer le nez et refuser d’un signe de tête ; le noir n’était pas sa couleur. Si elle devait participer à cette mascarade, autant apparaître sous un bon jour. Ce qui lui fit d’ailleurs jeter un regard aux silhouettes de ses camarades. Caitlin ne se sentait pas à l’aise avec cette idée de se montrer aussi dénudée au milieu de toutes ces jeunes filles bien faites et ça n’avait rien à voir avec un quelconque excès de pudeur comme ça l’était sans doute pour certaines des choristes, mais personne ne devait le savoir. Restes d’un passé à contrôler chaque calorie qu’elle ingurgitait, Caitlin ne put s’empêcher de se blâmer d’avoir pris un petit-déjeuner.
Elle se retourna pour choisir une autre tenue en remerciant Robin d’un regard timide. Joanna choisit ce moment pour refaire son apparition à ses côtés. La délectation qu’elle observa sur son visage quand elle lui tendit la serviette de bain lui fit remonter les larmes aux yeux. Comment pouvait-on être aussi méchant ? Le regard faussement compatissant de Cassandra l’acheva. Si bien que pour faire bonne figure, elle prit la serviette qu’on lui indiquait comme étant sa première tenue.

Regagnant sa bulle pour se protéger des potentielles nouvelles attaques de Joanna, c'est à peine si elle s'aperçut des nouvelles arrivées. Elle s’apprêta à rejoindre les cabines d’essayage situées dans le fond du gymnase pour se changer mais s’arrêta en bon chemin au moment où une avalanche de neige se déversa sur Cassandra. Par réflexe, Caitlin fit un pas en avant pour aller au secours de la directrice, sauf que Joanna la prit de court en lui arrachant la serviette des mains. C’eut le don de lui rappeler qu’elle n’était plus censée faire ce genre de choses pour Cassie, pas quand elle-même restait de marbre face aux offenses qu’on avait faites à sa recrue depuis leur arrivée dans le gymnase. Avec difficulté, elle se détourna de la scène pour rejoindre les rideaux rouges tendus sous les gradins, sans aucune tenue à enfiler.
Une fois derrière, Caitlin se laissa tomber sur un pouf en forme de poire et serra ses bras tout autour de son buste en évitant de croiser son reflet dans le miroir à pied posé en face d’elle. Elle comptait rester ici. Parce que sa présence n’était pas souhaitée et que personne ne s’inquiéterait de sa disparition de toute façon. Ravalant ses larmes, elle remarqua qu'un ensemble était accroché au porte-manteau sur sa droite mais bien décidée à ne pas bouger, Caitlin n’y prêta guère plus d’attention et en couinant, elle s'enfonça lentement dans sa poire.
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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Jeu 26 Déc - 15:03

Lorsque Lexie fit son entrée dans les vestiaires, avec certes un peu de retard, le regard de Charlie s’illumina instantanément. Elle était venue. Lexie Antonia Jane Preston avait finalement décidé de se laisser convaincre par la brunette, et de se joindre aux Second Chances le temps d’un clip. Charlie n’aurait pu rêver d’une meilleure alliée pour affronter ce titre des Pussycat Dolls dans le gymnase de McKinley High ; avec sa bonne humeur et sa folie notoire, la rouquine serait un véritable atout pour le groupe mais permettrait également à la jeune femme de retrouver un enthousiasme qui lui faisait défaut ces derniers temps. Car depuis quelques semaines, Lexie tenait ce rôle-là à merveille, et sans ses amies, jamais Charlie ne serait parvenue à retrouver le sourire, aussi éphémère fut-il. Ecaterina avait été la première à s’occuper d’elle, faisant  fi de ses propres problèmes pour la prendre sous son aile et l’aider à surmonter sa rupture avec Wyatt, n’hésitant pas une seule seconde avant de l’accueillir dans son appartement à Columbus et lui faire un peu de place dans ses placards. La vie à Columbus avec Cat avait été une vraie bouffée d’oxygène pour la choriste : elle lui avait avant tout permis de ne pas se terrer dans une solitude qui l’aurait pourtant accueillie à bras ouverts, mais aussi de pouvoir compter sur Cat lors des moments les plus difficiles. Lorsque la nuit elle ne parvenait pas à fermer l’œil, se remémorant cette fameuse soirée d’Halloween qui avait marqué la fin de sa relation avec Wyatt, elle se précipitait dans le lit de sa meilleure amie et se blottissait contre cette dernière, dont la présence la rassurait et chassait à elle seule ses vieux démons. Chaque matin, elle serrait son amie dans ses bras et la remerciait d’être là. Chaque jour, elle lui était reconnaissante et chérissait davantage leur amitié. Et si Charlie n’avait pu se contenter de Columbus, son travail au Journal de Lima exigeant un retour quotidien dans la ville qu’elle associait à présent à celle des déceptions, chaque soir, en reprenant la route de la capitale de l’Ohio, son cœur se faisait plus léger à l’image du poids qui pesait sur ses épaules.

A la fin du mois de novembre cependant, elle avait dû se résoudre à quitter Columbus et l’appartement de Cat, ne voulant pas profiter plus longtemps de l’hospitalité de sa meilleure amie et étant bien obligée d’admettre que ses aller-retour de Columbus à Lima n’étaient guère pratiques. Si elle avait considéré l’option hôtel dans un premier temps, Lexie l’avait néanmoins rapidement dissuadée de s’installer dans une chambre et l’avait invitée à la Pension, argumentant « qu’une personne de plus ou de moins, au point où on en est, ça ne fait plus la moindre différence ». Charlie avait hésité, ne souhaitant pas une nouvelle fois abuser de la gentillesse de ses amies, puis devant le ton insistant de Lexie, avait fini par accepter, sous une seule condition toutefois : que Lexie ne révèle pas à Wyatt sa présence chez elle. Elle ne voulait pas qu’il sache où elle dormait, ne voulait pas qu’il sache quoi que ce soit la concernant d’ailleurs. Lexie, à son tour, avait accepté et depuis elle vivait chez les Preston, se réjouissant du nombre de pensionnaires ayant également élu domicile là-bas, ce qui l’obligeait à ne jamais être seule. Or, dans sa situation, il s’agissait d’un détail de la plus grande importance. Peu à peu, elle s’était réhabituée à la vie à Lima, appréciant la proximité de sa famille et celle de ses amis. Car il ne faisait pas l’ombre d’un doute que seule, Charlie aurait sombré en une poignée de jours à peine. Sa dépendance récente à la boisson en était d’ailleurs la preuve.

La voix de Lexie la tira soudain de sa rêverie, et Charlie cligna rapidement des yeux avant d’arquer un sourcil devant la tenue que lui présentait son amie. « Umm, pas mal en effet ! Et puis on sera supers assorties ! » Fit-elle en désignant du regard sa propre tenue, qu’elle tenait toujours comme si sa vie en dépendait. Esquissant un grand sourire que son état euphorique devait sans doute encore plus accentuer, elle se jeta littéralement sur Lexie et la serra de toutes ses forces, plaquant sa tenue choisie dans le dos de rouquine. « Merci d’être venue, Gangsta Prestie ! T’es la meilleure ! » Murmura-t-elle à l’oreille de la jeune femme avant de desserrer son étreinte et, accessoirement, de laisser la pauvre Lexie respirer à nouveau. Au moment où elle se retourna vers la foule pour voir où ses camarades en étaient, la porte des Vestiaires s’ouvrit une nouvelle fois et la brunette retint son souffle, persuadée qu’il s’agissait du concierge du lycée ou d’un membre de la sécurité –après tout, leur présence dans les vestiaires n’était pas tout à fait légale. Néanmoins, lorsqu’elle vit une nouvelle jeune femme apparaitre derrière la porte, elle poussa un long soupir de soulagement : cette dernière n’avait rien d’un vieux concierge tel qu’elle en avait déjà vu dans les films –non non, l’image d’Argus Rusard ne lui vint pas immédiatement en tête, pas du tout- au contraire, la nouvelle venue dégageait un charme fou et lorsqu’elle mentionna le prénom d’Ashandra, qu’elle semblait connaitre, Charlie fut d’autant plus soulagée : si cette Norah était une amie d’Ashandra, elle ne pouvait être qu’une fille bien. Souriant de toutes ses dents afin d’accueillir la jeune femme, la brunette fut sur le point de lui souhaiter la bienvenue parmi elles lorsqu’elle aperçut du coin de l’œil une avalanche de neige s’abattre sur Cassandra. Se tournant vers cette dernière, elle ouvrit de grands yeux horrifiés et resta ainsi figée quelques instants avant d’éclater de rire en apercevant la moue déconfite de la directrice de la chorale. Bien loin de cesser, son hilarité reprit de plus belle lorsque Cassandra s’amusa de la situation et écrasa de la neige sur la tête de Joanna. Sans réfléchir, Charlie fit alors tomber la tenue qu’elle tenait, prit la main de Lexie et accourut vers la scène. Récoltant à son tour de la neige tombée sur le sol dans ses mains pourtant déjà glacées, elle l’envoya sur la pauvre Joanna sans une once de culpabilité, son rire résonnant toujours dans les Vestiaires.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mer 1 Jan - 23:59


Le reste des filles arrivait au fur et à mesure, toutes plus jeunes et plus niaises les unes que les autres, à l'exception peut-être de la certaine Norah, probablement l'une des plus âgées du tas, mais aussi la plus libérée avec son corps. Par ailleurs, si elle avait su qu'elle pouvait amener ses propres tenues - et surtout si elle n'avait pas été la Faithorn -, aucun doute que Robin aurait suivi Norah dans un habillement distingué, sensuel et sexy qu'elle avait pu porter par le passé et qu'elle continuait parfois à porter dans son intimité, pour faire plaisir - surtout le séduire - à Larry. La rouquine par contre attira l'oeil de la blonde. Elle avait déjà vu ce visage quelque part et elle ne mit pas longtemps à retrouver dans ses souvenirs la photographie qu'elle avait trouvée dans le journal de Lima. Lexie Preston, propriétaire de la - tristement à présent - célèbre galerie Preston dont une des précieuses oeuvres avait été volée il y avait de cela plusieurs mois. Le voleur avait soi-disant été appréhendé, malgré le fait qu'il ne cessait de clamer son innocence. Robin ne put s'empêcher de sourire sournoisement un court instant. Elle, elle connaissait le coupable, et elle était plutôt fière de le connaître et de vivre avec. Savoir la victime principale dans la même chorale qu'elle ne rassurait pas tant que cela la jolie blonde. On se savait jamais ce que l'avenir nous réservait. Robin devait donc être prudente et rester le plus naturelle possible. Jouer son rôle, comme à son habitude.

Finalement, Caitlin avait choisi une autre tenue, qui, selon toujours Mrs. Faithorn, ne lui allait pas vraiment. Peut-être que la mode avait changé d'une génération à une autre, allez savoir. Robin se contenta d'hausser les épaules avant de commencer à se déshabiller. Elle jeta des regards autour d'elle. Parfaitement dans son rôle, elle était devenue pudique, se réservant habituellement au regard de son cher et tendre mari. Elle avait été soft dans son choix, malgré le manque de vêtements. Après tout, elle reste la doyenne de la chorale, mais ce n'était pas non plus une raison pour se wrapper dans une tenue qui, au final, détonnerait avec celles de ses consoeurs. Et puis elle n'avait rien à envier aux jeunettes, à part peut-être un peu plus de fermeté. Elle rangea ses ballerines dans son sac et sortit ses chaussures préférés : des talons noirs vernis lui faisant gagner quelques centimètres.

Elle sortit son petit miroir pour retoucher son maquillage lorsqu'elle entendit le "Non" sonore de Joanna. Relevant la tête, elle eut la surprise de voir du blanc, beaucoup de blanc. Du mauvais blanc à vrai dire. Il neigeait et pas qu'un peu. La suite de la scène fut pour la blonde des plus magiques. Cassandra venait d'abattre une main enneigée sur la tête de Joanna, provoquant une réaction peu étonnante mais pourtant tellement délicieuse aux yeux de la trentenaire de la part de Charlie. L'alcool avait dû lui faire pousser des ailes car elle venait, sans remord aucun à coup sûr, de déclencher la guerre de la boule de neige. Robin fit un pas vers l'action avant de s'arrêter brusquement. Si son envie de participer était violente - pour la simple et bonne raison qu'attaquer la co-directrice ne pouvait que lui procurer un soulagement et un plaisir immense -, elle ne pouvait se le permettre. Cela deviendrait trop flagrant si elle, Robin Faithorn, faisait le deuxième pas. Non, il valait mieux laisser le loisir à d'autres de se joindre à la bataille avant cela.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Dim 5 Jan - 12:15

En constatant le chemin que la chorale prenait, Christabella avait eu des doutes. De sérieux doutes, d'ailleurs. Elle avait l'impression que ce qui lui avait plu dans les Second Chance, au départ, était en train de s'étioler. Il n'était plus à présent question de donner l'opportunité à ceux qui en avaient besoin, de s'en sortir, de remonter la pente. On ne tendait plus la main vers ceux dans le besoin. A en juger par l'haleine chargée de Charlie, on tendait plutôt la main vers la première bouteille d'alcool qui passait. Pour autant, Christa savait que Charlie n'était pas portée sur la boisson, en temps normal. Elle vivait actuellement une rupture difficile, et c'était une façon comme les autres de garder la tête hors de l'eau. Pour autant, Christa estimait que le moment était assez mal choisi pour se balader à moitié à poil. N'y avait-il pas de meilleures choses à faire, alors que la chorale prenait tout droit le chemin inverse qui avait été le leur tout ce temps ? Tout avait commencé avec l'élimination des Second Chance de la compétition. Cassandra l'avait mal vécue, ce qui était légitime après tout. Mais Joanna s'était engouffrée dans cette brèche et aujourd'hui, Christa avait du mal à reconnaître sa meilleure amie. La soirée disco n'avait fait que confirmer ses craintes, avec le numéro plus que suggestif d'Ashandra et Charlie comme pièce maîtresse de cette mascarade. Ce soir, elle avait l'impression qu'elles avaient toutes touchées le fond. Et Cassandra, aveuglée, ne se rendait compte de rien. Une fois encore, Joanna avait profité de la faiblesse de son amie pour lui monter la tête et lui faire faire des choses qu'en d'autres circonstances, Cassy n'aurait pas fait. Mais elle aussi vivait des choses difficiles, et cette vidéo était une échappatoire comme les autres. Un moyen de s'en sortir, de prouver quelque chose. C'était regrettable, d'être obligée d'en arriver là. Et Christa se sentait, à ce moment, pleine de regrets.
Des regrets teintés d'amertume et de ressentiment. Elle avait voulu se convaincre que sa tenue ne serait pas aussi osée qu'elle le semblait sur le cintre, mais en vérité, jamais elle n'avait porté de vêtements aussi provocateurs. Un oeil extérieur n'aurait vu qu'une belle jeune femme, svelte et sans une once de graisse, à la peau ferme et satinée, parfaitement mise en valeur par sa tenue. Christabella était belle, sans le savoir. Mais lorsqu'elle se contempla dans le miroir, en se forçant à décroiser les bras qu'elle gardait contre sa poitrine tant elle était mal à l'aise, elle se sentit mortifiée. C'est précisément le genre de choses qui aurait fait hurler ses parents. Là, ils auraient eu une bonne raison de la mettre à la porte. Une nouvelle fois, elle songea que toute cette histoire était une très, très mauvaise idée.

Autour d'elle, les filles se changeait, certaines avec enthousiasme, d'autres avec circonspection, et bientôt, les choristes des Second Chance changèrent de peau. De petites grenouilles de bénitiers, elles devinrent des femmes fatales, prêtes à appâter le client avec un déhanché sauvage. Christabella se passa les deux mains sur le visage, comme pour se réveiller d'un mauvais rêve. Mais en ouvrant à nouveau les yeux, elle était toujours en mini short, pied nus. La tentation de quitter les lieux fut alors si grande qu'elle amorça un geste vers la sortie, prête à courir aussi loin que possible de ce qu'elle désapprouvait totalement, sans même prendre le temps de se changer tant elle mourrait d'envie de s'éloigner. Mais elle s'était engagée, et elle ne revenait jamais sur sa parole. Ses épaules s'abaissèrent et elle accepta son triste sort. Christabella Alessa Gillespie allait danser à moitié nue devant la caméra. Il allait lui en falloir des bains d'eau bénite pour se laver de cette infamie.
En s'asseyant pour enfiler ses chaussures, des escarpins qui allaient faire saigner ses pieds et qui lui feraient presque regretter les bottes compensées de la soirée disco, elle jeta un rapide coup d'oeil autour d'elle. Les personnes présentes se divisaient en deux catégories. D'un côté celles qui n'avaient pas du tout l'air à leur place, dans leur tenue minimaliste, mal à l'aise et pressée d'en finir. Et de l'autre, les vraies femmes, celles qui n'avaient aucun mal à se dévêtir "pour la bonne cause". Par là, une rousse flamboyante et super mignonne choisissait sa tenue près d'une Charlie à la bonne humeur suspecte. Et dans ce coin, une métisse ouvrait son imperméable d'un geste si sensuel que Christa se sentit gauche et ridicule, à gesticuler pour faire glisser son pied dans son escarpin. Mais elle ne manqua pas de remarquer qu'Ashandra était plus hésitante, ce qui la réconforta quelque peu. Elle espérait que les visages peu convaincus de la moitié des choristes suffiraient à faire réaliser à Cassy à quel point c'était une mauvaise idée. Mais, peine perdue, son amie était plus occupée à amorcer une bataille de boule de neige improvisée avec Joanna. Christabella les observa de loin. Puis, avec difficulté, elle se leva en chancelant sur ses talons pour s'éloigner de la scène. Elle n'avait plus envie d'être près de son "amie".

A l'écart du groupe, elle trouva Caitlin enfoncée dans un pouf, disparaissant presque dans celui-ci. L'attitude de la jeune femme lui revint en mémoire. Effacée, intimidée, et surtout, cible facile pour Joanna qui ne s'était d'ailleurs pas privée pour l'attaquer, sans provoquer la moindre réaction de la part de Cassandra. Sans hésitation cette fois, Christabella rejoignit Caitlin. Elle lui semblait être la seule personne avec laquelle elle pourrait s'entendre ce soir, peut-être parce qu'elle semblait ne pas être à sa place ici, ce soir. « Je suis gelée. » confia-t-elle à la jeune femme en se frottant les bras, dont la peau se couvrait déjà de chair de poule. Elle se trouva un petit tabouret pour s'installer, et se pencha en avant, les bras croisés sur la poitrine, comme pour cacher son corps. Elle ne voulait pas dire du mal de Cassandra, surtout pas, mais elle ne put se retenir totalement : « Je trouve que... ce n'est pas une bonne idée. » chuchota-t-elle en se mordillant furieusement la lèvre inférieure. Son regard glissa vers Caitlin. « Ça va toi ? » demanda-t-elle en tendant la main pour la poser sur le genoux de sa compagne.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Lun 3 Fév - 21:28

Cassandra n’en démordrait pas, cette nouvelle direction pour la chorale était ferme et définitive, et rien ni personne ne la ferait changer d’avis. Sans avoir besoin d’articuler un seul mot, le regard et le sourire bienveillant de sa colocataire respirait l’assurance, mais celle-ci prit tout de même la peine de lui répéter que tout irait bien. Ashandra se sentit presque coupable de douter encore de son amie alors que celle-ci lui avait déjà communiqué à plusieurs reprise son enthousiasme et la confiance qu’elle avait dans ce projet pour l’avenir des Second Chances. Ils ne pouvaient pas se contenter de jouer les chorales d’église s’ils voulaient aller le plus loin possible dans la compétition, voilà la leçon que leur directrice artistique souhaitait qu’ils tirent de leur échec. Après avoir été éliminés lors des Sectionals lors de l’édition précédente puis la dissolution des chorales vaincues, Joanna semblait plus déterminée que jamais à élargir leur spectre d’influence pour remporter le plus de suffrage possible en ville puis parmi les juges. Mais cela ne risquait-il pas de leur coûter le soutien de la communauté chrétienne passablement réactionnaire de Lima ? L’enseignante n’avait que peu de connaissance des influences politiques et religieuses en ville, mais elle savait mieux que personne que leur communauté n’était pas exactement aussi accueillante que ne le laissaient penser les sermons affables du Pasteur Hamilton. Ce n’était pas tant de Cassandra, ou même de Joanna qu’elle doutait, ou même de la réception de leur petit film, mais plutôt d’elle-même, et de sa capacité à jouer le rôle qu’on attendait d’elle. Elle avait fait des progrès infinis pour s’assumer aussi bien sur scène que dans sa vie, mais de là à jouer les femmes fatales indépendantes et guerrières, c’était beaucoup attendre d’elle. Madeleine Wild n’était de toute évidence pas patiente, et elle ne la connaissait pas, elle ne prendrait donc pas de pincettes pour lui expliquer ce qu’elle attendait d’elle. Elle n’avait d’autre moyen que de la juger sur ses apparences, et avec des vêtements qui dévoilaient plus de choses qu’ils n’en dissimulaient, Ashandra savait qu’elle ne ressemblait pas à la sage petite professeur qu’on ne voyait en général pas dans les couloirs.

La porte donnant dans les vestiaires depuis le terrain de football s’ouvrit alors, tirant la jeune femme de ses pensées démoralisantes et ses yeux cherchèrent immédiatement l’allure familière de Norah. Mais ce ne fut qu’une des amies de Charlie qui fit son entrée tonitruante. Rompant le silence relatif qui pesait dans les vestiaires tandis que chacune se préparait encore pour la première prise, ruminant sans nul doute ses impressions sur la politique de Joanna, la pétillante rousse se lança dans une tirade animée, passant du coq à l’âne sans la moindre hésitation avant de se laisser happer par l’une des tenues qui était restée sur les portants. Restée près de l’entrée à côté de Cassandra, la professeure d’anglais s’apprêtait à se présenter et à souhaiter la bienvenue à cette nouvelle arrivante qui rehaussait déjà les couleurs des Second Chances, lorsque la porte s’ouvrit à nouveau pour laisser paraître celle qu’elle attendait le plus ce soir là. Elle était venue ! Avant même qu’elle n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche pour partager son enthousiasme qui venait de renaître de ses cendres, Norah avait fait tomber son manteau d’une manière presque dramatique qui avait quelque chose d’étrangement imposant. Ignorant complètement la réaction de Cassie, la jeune femme se précipita vers sa collègue et amie pour attraper sa main entre les siennes. « Je suis tellement contente que tu sois venue Norah ! » annonça-t-elle dans un souffle, ses lèvres tirées en un sourire radieux gommant l’incertitude qui s’était nichée au creux de son ventre. « Juste à temps. La surveillante, enfin la réalisatrice a dit qu’on allait bientôt commencer. » Passant son bras dans le sien, elle allait l’attirer en direction de Charlie et de l’autre nouvelle tête de leur groupe pour faire des présentations détaillées, mais elle fut interrompue au milieu de sa foulée par le cri de Joanna, suivi d’une avalanche de neige sortie d’un casier qui recouvrit Cassandra.

Ses yeux s’arrondirent jusqu’à avoir la taille de deux soucoupes, à peu de choses près, mais sa mâchoire tomba elle aussi ouverte lorsque sa colocataire répliqua à cette attaque involontaire de Joanna en la couvrant à son tour de poudreuse. « Seigneur » jura-t-elle entre ses dents avant de porter sa main à sa bouche, spectatrice impuissante à cette scène tout droit venue d’une autre dimension tandis qu’une Charlie hilare se précipitait pour se joindre à cette bataille de neige naissante entre des filles peu vêtues. Définitivement à des lieues de l’ancienne ligne de conduite des Second Chances. Accrochée à Norah comme à une bouée de sauvetage au milieu d’un naufrage,  Ashandra ne sortit de sa torpeur que lorsqu’elle fut secouée par leur réalisatrice qui revenait de ses dernières installations sur le terrain de foot et lui rentra dedans sans ménagement.  « Non mais sérieusement ? » lâcha la blonde d’une voix incrédule suffisamment forte pour se faire entendre de toutes. « Si vous voulez faire du combat de neige en sous-vêtements c’est dehors, devant la caméra, et dans la lumière. Je vous préviens, y aura pas de scènes coupées ou de making off, alors gardez votre enthousiasme pour après que j’aie dit “action”. Et qu’il y en ait pas une pour se dégonfler. Le script c’est le script. » Tournant à nouveau les talons, faisant voler derrière elle sa chevelure dorée, la jeune femme continua à maugréer pour elle-même puis disparut derrière la porte. Ashandra s’apprêtait à commenter la scène, et à assurer à son amie que ce n’était pas toujours comme ça, et qu’elles étaient en général beaucoup plus mesurées, et calmes, et matures, mais la tornade blonde rouvrit la porte avec fracas pour se remettre à crier. « Et j’ai dit première prise dans cinq minutes, ça laisse une minute aux retardataires pour se pointer sur le terrain. » Laissant cette fois la porte ouverte, et le froid glacial de l’hiver investir les vestiaires, Madeleine retourna s’installer derrière sa caméra soigneusement placée sur un trépied dans la fine pellicule de gel qui couvrait le sol.

Jetant un dernier regard en direction des participantes à la bataille de neige, Ashandra releva les yeux vers Norah à qui elle offrit un sourire contrit qui se voulait encourageant. « Je crois qu’il vaudrait mieux y aller maintenant, avant de se faire attaquer par Miss Wild, ou par Cassandra… » Parmi celles qui traineraient la patte, il faudrait sans aucun doute compter Caitlin et Christabella qui s’étaient recluses dans un coin, mais avec un peu de chance elles se laisseraient prendre au jeu. Quoi qu’il en soit, et Dieu l’en garde, il ne revenait pas à Ashandra de leur redonner du courage alors qu’elle en manquait elle-même. « Je suis sûre que ça va être… intéressant. » assura-t-elle à voix haute, autant à sa camarade qu’à elle-même. L’heure était venue de danser de toutes ses forces pour ne pas attraper une pneumonie.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Lun 17 Fév - 22:13

Le charme de Baby Preston avait visiblement pris, puisque Sainte Hamilton en personne lui avait donné sa bénédiction pour enfiler sa courte tenue et s'agiter avec le reste des jolies jeunes filles ici présentes. Lexie avait presque oublié que Cassandra était la directrice de cette chorale et elle fut quelque peu désarçonnée de la revoir. Non pas qu'elles aient été de grandes amies au lycée, mais l'une comme l'autre avait une certaine réputation. L'une de jesus freak illuminée - même si apparemment sa petite soeur gagnait à ce jeu là - et l'autre d'excentrique venue d'ailleurs. Pondérant un instant les mutations qu'avaient sans nul doute traverser la jolie blonde pour en arriver là aujourd'hui, la londonienne lui rendit son sourire et la remercia d'un signe de tête. Elle reporta finalement son attention sur Charlie, qui démontrait un enthousiasme faisant plaisir à voir. Quand elle la prit dans ses bras, la rouquine répondit naturellement à son étreinte mais ne put s'empêcher de remarquer l'haleine plutôt chargée de son amie. Fronçant discrètement les sourcils, elle reprit néanmoins bien vite constance et répliqua avec un clin d'oeil taquin, suffisamment bas pour que le reste des recrues n'entendent pas. « Tu rigoles, des grenouilles de bénitiers sur les Pussycat Dolls, je n'aurais manqué ça pour rien au monde. » Elle eut un rire léger puis se décida finalement à se dévêtir, se débarrassant de son jean bien taillé et de son joli pull, si confortables et chauds, au profit de ce microscopique bout de tissu qui ne la protégerait pas des rigueurs de l'hiver. Rien que dans ce vestiaire plein de courants d'air, elle frissonnait.

Alors qu'elle fouillait dans son immense sac à main pour retrouver ses escarpins, une nouvelle entrée la fit légèrement sursauter. Elle leva les yeux vers la nouvelle venue, à la peau mate et aux yeux perçants, qui dégageait une aura de charisme et de sensualité qu'elle n'avait encore jamais rencontré auparavant. Bluffée par cette entrée à la fois ultra sophistiquée et indéniablement sexy, Lexie se perdit un instant dans la contemplation des formes parfaites et du charme incomparable qui suintait de toutes les pores de cette Norah. Voilà quelqu'un dont elle avait envie de faire la connaissance. Se rendant finalement compte qu'elle devait avoir l'air d'une serial killeuse ou d'une adolescente en émoi, baby Preston s'arracha à sa contemplation et enfila rapidement ses chaussures. C'était un bon choix, que cette vieille paire légèrement usée par les ans et diablement confortables. Elle tourna la tête vers Cassandra et Joanna, pensant peut-être qu'elles leur indiqueraient la marche à suivre. Mais bientôt, une vague blanche surgit d'un casier et les événements s'enchaînèrent à toute vitesse, si bien qu'elle se retrouva plantée à côté d'une Charlie hilare et manqua de recevoir de la neige dans les cheveux. Ses instincts de citadine snob refaisant surface, la galeriste s'écarta vivement et lança « Ah non, je risque déjà la pneumonie, on va pas en rajouter hein ! »

Son salut survint alors en la personne de Madeleine, qui vint faire preuve d'une autorité qui manqua de faire rire sa colocataire. C'était à peine si sa blonde amie l'avait remarqué, dans ce professionnalisme qu'elle réservait à la photo et la vidéo, mais Lex jugea bon de prendre les devants et de ne pas éveiller la colère Wild. Elle s'empara de la main de Charlie et tonna « T'as entendu la dame mon petit, allons-y ! » Néanmoins, la rousse se permit un petit détour pour enfiler son épais manteau d'hiver bleu nuit, qui certes ne la couvraient pas en dessous des cuisses mais qu'elle comptait bien porter jusqu'à la dernière minute possible. Se souvenant qu'elle avait rempli son fidèle thermos de thé avant de partir - ce dont elle se félicitait grandement - elle mit la main dessus et s'en alla finalement rejoindre sa colocataire, bras dessus, bras dessous avec sa gangsta préférée. Le froid la fit violemment frissonner et en voyant le sol dur et gelé, elle se demanda un instant quelle mouche les avait piqué. Ce n'était plus le rhume qu'elles risquaient mais une fracture quelconque. Touchant la caboche blonde de Maddie pour se porter chance en se disant qu'elle ne s'était encore rien casser et que ce n'était pas le moment de commencer, elle lui planta ensuite un léger baiser sur la joue et dit « Je compte sur ton génie et notre chance du débutant pour avoir bouclé ça en trois prises maximum. Sinon on va faire une hypothermie. » Trépignant sur place pour se réchauffer et éviter une possible paralysie de ses jambes découvertes, baby Preston serra son thermos entre ses mains pour en absorber un peu la chaleur, elle le déboucha ensuite pour en avaler quelques gorgées et se donner du courage, british style. Elle en offrit à ses camarades qui commençaient à affluer puis se tourna finalement vers leur réalisatrice pour lui adresser un clin d'oeil et un salut militaire probablement peu réglementaire et lança un joyeux « C'est quand tu veux chef ! » En toute honnêteté, elle avait hâte de commencer pour se réchauffer les miches et aussi, pour voir à quel point cela allait être laborieux. Que le Seigneur soit avec ses belles brebis égarées ce soir.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mar 18 Fév - 21:55


Le froid était glacial.
N'importe quelle autre équipe de réalisation, sauf restriction de budget majeure, aurait choisi un lieu de tournage en intérieur, ne serait-ce que pour que les filles se détendent un peu.
Dans le cas de ses petites camarades de jeu, l'objectif "détente" aurait pourtant été inatteignable d'avance de toute façon.
Norah jeta un rapide coup d’œil aux filles autour d'elle. En plus de leur gêne et de leur gaucherie manifestes, la plupart étaient frigorifiées, sauf peut-être la pétillante petite rousse qui avait eu la bonne idée d'emmener son manteau et qui en profitait pour réchauffer son amie, une brunette qui semblait avoir de la rage a revendre, à coup de coups bus dans un thermos (alcool ou boisson chaude, la jeune femme n'avait pas encore identifié le contenu de la flasque).
La directrice de la chorale, qui l'avait admirablement snobée depuis son arrivée, souffrait plus que les autres en se remettant doucement de l'avalanche de neige qu'elle avait reçue sur la tête quelques minutes plus tôt. Plutôt que de l'observer à la dérobée, Norah avait opté comme à son habitude pour un regard franc et honnête, préférant ne pas montrer de signe de compassion devant sa mésaventure. Elle était restée distante, mais polie, au contraire des plus jeunes qui n'avaient pas caché leur hilarité.
En lisant entre les lignes des récits d'Ashandra, elle avait compris que ces deux là avaient été très proches, pas étonnant alors que Mlle Hamilton ne voie pas d'un bon œil son amitié avec sa collègue.
Pourtant elle l'avait acceptée parmi ses rangs ce soir et Shandy avait même mentionné des auditions à venir...

La surveillante/réalisatrice s'agitait dans tous les sens, semblant plus brasser d'air que d'art, mais Cassandra et son bras droit - Joanna si elle avait bien compris ?- paraissaient entièrement lui faire confiance, alors que la moitié des filles qui se trouvaient là n'avaient l'air de prier que pour une chose : se rhabiller et rentrer chez elles.
Norah avait de bonnes habitudes de travail. The show must go on, même quand une agrafe de soutien-gorge sautait et dévoilait un peu trop de chair un peu trop tôt, même quand de la laque avait été pulvérisée trop près de ses yeux et que des larmes coulaient sous l'effet de la lumière trop vive des spots, même quand le moment de la "douche" devenait un cauchemar parce que l'eau glacée la transperçait jusqu'aux os.
Elle ne ferait donc pas de caprices et se plierait aux attentes de la cinéaste.
Étonnant d'ailleurs comme tout McKinley semblait réuni ce soir. Entre le corps enseignant et la surveillante la plus incompétente qui lui ait été donné de côtoyer, la jeune femme s'étonnait de voir à quel point elle détonnait parmi ses collègues de travail, hormis peut-être Robin Faithorn, qui avait l'avantage de l'âge et de l'expérience.
Elle se tourna vers Ashandra, reconnaissante que cette dernière ne l'aie pas lâchée d'une semelle et de son accueil chaleureux.

-Intéressant, c'est tout à fait l'adjectif que je cherchais, ironisa-t-elle à son oreille mais avec tout de même de la réserve, soucieuse de préserver son amie.

Elle adressa un clin d’œil au groupe composé de la pétillante rousse et de son double brun. Elles aussi semblaient remarquer l'ironie de la situation et le manque de chaleur général, pas seulement dû aux conditions météorologiques hivernales. Comment était-il possible d'attendre de filles aussi peu sûres d'elles et de leurs atouts de retourner la tête des spectateurs de ce clip ?
Elle retint son souffle alors que s'amorçait véritablement le début de leur folle soirée.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Ven 7 Mar - 14:36

L'ancienne Cassandra n'aurait jamais eu l'idée d'encourager un peu plus la profonde malice de son assistante. Si leur duo avait aussi bien fonctionné, c'était parce que leur complémentarité était telle que, ensemble, elles parvenaient à équilibrer une inflexibilité et un laxisme respectifs qu'elles maitrisaient à l'excès. Elles étaient un peu le bon flic et le méchant flic, même si à en juger par l'aura d'antipathie que dégageait Joanna présentement, il était difficile d'imaginer qu'elle avait pu, un jour, endosser le rôle du gentil. Depuis la remise en question de Cassie, l'ordre établi avait définitivement été chamboulé, à l'image de la linéarité préconçue de sa vie. De toute évidence, lorsque l'impatience de la directrice n'était pas là pour tempérer le flegme de Joanna, les connexions étaient rompues. Personne ne voulait d'une chorale aux mœurs intransigeantes mais, de toute évidence, une clémence démesurée menait à l'anarchie plutôt qu'à la victoire. Heureusement le reste des Second Chances n'avait pas suivi leur directrice dans sa lente et innocente décadence. La spontanéité du geste de Cassie avait suscité l'euphorie de Charlie qui, sans le soutien général, n'était parvenu à attiser la moindre flammèche d'engouement. Cassie, que la surprise gelée avait d'abord fait frissonner, avait fini par oublier l'affront dont elle avait été la victime inespérée. L'adrénaline, combinée à cette expression d'ahurissement qu'elle devinait sur le visage penché de Joanna, l'avait animée d'une allégresse inédite. C'était le goût agréable de l'interdit, auquel elle aurait rapidement pu s'habituer si ses badineries n'avaient pas été heurtées à l'indifférence et à l'apparent agacement dont faisait preuve Madeleine. Une douce ironie, d'après ses souvenirs de lycée. A l'époque, c'était elle qui foulait le sol de cet endroit avec une précoce maturité, tandis que Mad s'adonnait aux jeux qu'elle-même avait délaissés depuis que la Mogadore Academy avait pompé toute l'innocence de sa jeunesse. Au moins, l'espace d'un instant, Cassandra avait oublié les circonstances dans lesquelles elle et ses compères se retrouvaient et le caractère un peu trop frauduleux de son audacieuse entreprise.

Elle avait oublié également ces sentiments inédits que l'arrivée remarquée de Norah avait suscités à l'unanimité. Ce fut dans un silence généralisé qu'elle s'apprêta à sécher les gouttes de neige fondue sur ses bras et les pointes de ses cheveux. Madeleine était sortie en fulminant et, si Cassie n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer le personnage, elle aurait pu jurer qu'elle était véritablement douée d'autorité. Pourtant, tout le monde s'exécuta. Les quelques prévoyantes n'eurent qu'à enfiler des bottes trop peu fourrées pour la saison ou des talons vernis avant de lui emboiter le pas, avant que les autres - les choristes d'origine, au final - ne se décident à braver leur pudeur avec une silencieuse minutie. Peu habituée à une telle proximité, Cassandra se fit violence malgré tout et, avec une technique qui trahissait des heures et des heures de pratique, parvint à se glisser dans sa robe sans dévoiler plus de peau que nécessaire. Par respect, et surtout parce qu'elle avait pour principe de ne pas faire ce qu'elle ne voulait pas qu'on lui fasse, elle avait fixé le fond du casier tout du long, comme fascinée par la fonte des quelques flocons de neige restant. Quelques secondes plus tard, elles se retrouvaient toutes sur le terrain, les bras croisés pour la plupart, trop penaudes pour même oser se dévisager. Cassie demeurait à côté de Joanna, la seule des filles visiblement à l'aise qui lui inspirait confiance. Lexie n'était pas méchante, elle se rappelait avec une certaine précision la confrontation passionnée de leurs innocentes convictions, à l'époque du lycée. Elle doutait que la rousse la perçoive comme quelqu'un de hautement respectable, mais malgré tout elle ne semblait pas la mépriser. C'était préférable, parce que la Cassandra qu'elle était devenue, tout comme celle qu'elle avait toujours été, n'avait aucun remord à condamner ses détracteurs. Si Glenn McAllistair avait osé fouler les planches de la LPA pour auditionner, elle lui aurait épargné la peine de s'embarrasser en le remerciant de son intérêt avant même qu'il ne daigne se présenter. Lexie avait beau avoir un avis différent du sien, elle n'en faisait pas une vérité indubitable. Mais ce n'était toujours pas assez pour la hisser au sommet des personnes auxquelles Cassie pouvait se fier. Quant à Norah, elle continuait de la considérer avec une implacable placidité, et ce malgré la méfiance instinctive qu'elle lui inspirait. Elle remarqua en balayant la scène du regard que Caitlin et Christabella manquaient à l'appel, mais elles ne tardèrent pas à fouler le terrain, d'un pas un peu récalcitrant que Madeleine condamnait du regard. Leur respiration régulière formait des voiles de fumée qui s'envolaient dans l'air glacial de l'hiver. Seule Madeleine, à l'abri sous plusieurs couches aux textures variées, semblait vivre plus que survivre.

"Je propose un petit échauffement avant quand même, histoire de détendre un peu nos muscles." déclara-t-elle en tapant énergiquement - du moins c'était son intention initiale - des mains. Tandis que les filles s'exécutèrent, Cassie en profita pour se concerter avec Joanna, non loin de Mad. "Tu sais..." s'interrompit-elle, alors que le terrain fut soudainement plongé dans un noir accablant. Des hoquets de surprise résonnèrent à l'unisson, et son cœur fit un bond considérable dans sa poitrine. Dieu tout puissant, si elles se faisaient prendre c'en était fini des Second Chances avant même qu'elles ne reviennent sur le devant de la scène. "Mon Dieu, vite sous les gradins !" commanda-t-elle en claudiquant dans ses bottes. Avant même qu'elle n'entreprenne de faire quelques mètres la lumière réapparut et la porte du vestiaire s'ouvrit en fracas.
"Vous foutez quoi dehors ?" demanda Maya en réprimant un peu difficilement son rire. Face aux regards noirs qu'elle essuya, elle ajouta : "Oh ouais, désolée pour ça." dit-elle en désignant les projecteurs d'un signe nonchalant du menton. "Je me suis gourée de bouton... C’est un vrai casse-tête là dedans. Mais je croyais que le début du script se passait à l'intérieur. Les bancs des vestiaires, les douches tout ça. A moins que ce soit après..." Oui, logiquement on se douche après l'effort, pensait Cassandra agacée. "Ça n'explique pas ton incroyable retard. Si vous êtes d'accord les filles on se cotisera pour acheter une montre à Mademoiselle White." Un truc en plastique à $20, faut pas déconner. Et un livre des bonnes manières aussi.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mar 11 Mar - 14:24

Un hochement de tête empreint d’incertitude suffit à Caitlin pour renseigner Christabella sur son état d’esprit actuel. Comment allait-elle ? Si on en croyait les manifestations incontrôlables de son organisme, ses yeux embués et la fine pellicule de transpiration qui faisait glisser les paumes de ses mains sur ses bras qu’elle enveloppait étroitement, tassée très profond dans son pouf, elle était sur le point de fondre en larmes. Une part de Caitlin pensait que c’était ce que voulait Joanna, que l’une d’entre elles pique une crise de nerfs pour enfin se départir des derniers monceaux d’ingénuité qui faisait la légende des SC et inscrire en lettres de fard à paupières un tout nouveau mythe fondé sur le spot de publicité qu’elles s’apprêtaient à tourner par moins et quelques degrés en sous-vêtements, dans le seul endroit au monde où la jeune professeure se sentait en sécurité, le lycée lui-même – le terrain de sport du lycée, mais ne jouons pas sur les mots. Elle avait toujours été le mouton noir, la petite chose fragile qui dès les premières heures de sa vie avait dû se battre pour s’imposer. Elle avait vécu dans l’ombre de sa seule amie. Une fois qu’elle avait appris à savoir comment voler de ses propres ailes, celle-ci s’était désolidarisée de sa présence pour mieux faire comme si elle n’avait jamais existé. Maintenant que les rôles étaient inversés, que Caitlin réprouvait en tout point la nouvelle ligne de conduite de Cassandra, sœur de cœur et camarade de prières, Caitlin comprenait mieux comment cette dernière en était arrivée à lui tourner si facilement le dos.
Mettre de côté des souvenirs d’enfance se révélait être plus qu’accommodant quand les valeurs que vous partagez se scindent soudain en plusieurs parcelles qui se désassemblent d’elles-mêmes tant elles sont devenues différentes, contradictoires. Même si c’est faire preuve d’une étroitesse d’esprit effarante, on côtoie des gens qui, dans la majorité des cas, partagent la même vision des choses que nous et non le contraire. Il aurait été si aisé pour la brune de ne plus faire cas de tout ce qui concernait Cassandra de près comme de loin, car elles n’étaient plus ces jeunes filles fusionnelles qui se complaisaient dans des valeurs bien pensantes et des principes imposés par leurs croyances. Seulement Caitlin ne pouvait s’empêcher de penser à elle, de la considérer, si ce n’était comme une amie, au moins comme une personne qui avait eu une importance capitale dans sa mutation. Cassandra souffrait des évènements malheureux qui avaient fait éclater la bulle de perfection dans laquelle elle évoluait depuis toujours, c’était un fait que Caitlin ressentait. S’en remettre à l’expérience de Joanna, laisser libre court à ses fantasmes en matière de mise en scène, était probablement une façon pour elle de s’occuper l’esprit pour le détourner des pensées tristes qui devaient l’assaillir parfois. Du moins, c’était l’espoir grotesque, sans doute, qui animait Caitlin pour justifier le changement surprenant de son amie. Caitlin avait de la peine pour elle. Elle aurait aimé la soutenir comme elle l’aurait fait dans le passé mais elle n’était pas sans savoir que la main qu’elle tendrait à son ex-meilleure amie serait repoussée à la seconde à peine où l’idée même lui frôlerait l’esprit. Le seul moyen en réalité qu’elle avait pour faire comprendre à Cassandra qu’elle pouvait toujours lui faire confiance et s’en remettre à ses conseils, c’était de rentrer dans le rang et de ne pas se confronter à Joanna. De toute façon, elle l’enterrerait avec une aisance qui lui appartenait et sans éprouver de remords.

« On devrait peut-être… » Caitlin se sécha brusquement les yeux avec ses doigts, se levant gracieusement de sa poire ratatinée lorsqu’elle entendit la voix de Madeleine appeler les retardataires. Elle ne s’était toujours pas changée. Croisant le regard de Christabella, elle le détourna aussitôt « Je vais me changer. » Elle se tourna, compta jusque trois pour se donner du courage en inspirant très fort, et retira son barda pour se retrouver en sous-vêtements, dos à sa voisine de cabine. Elle avait fait ça des centaines de fois, se changer devant quelqu’un au cours de son parcours au sein des Cheerios et se souvenait à quel point il s’agissait d’une épreuve difficile, car on scrutait le moindre de ses défauts avec un œil particulièrement critique ; là, elle ne risquait pas grand-chose. Christa faisait partie des gens les plus gentils qu’elle avait eu l’occasion de rencontrer, malgré les désaccords qui englobait leur amitié singulière avec Cassandra.
Après avoir passé la tenue accrochée au cintre, se demandant si ce qu’elle faisait était la solution à ses problèmes, Caitlin confronta son image au travers du miroir à pieds qui se trouvait devant elle. À l’extérieur, elle entendait l’agitation des filles qui se pressaient pour rejoindre l’endroit qu’on leur indiquait, lui permettant ainsi de ne pas s’attarder sur sa silhouette imparfaite ou sa poitrine compressée dans le corset blanc immaculé qu’elle avait préférées à l’ensemble qu’elle avait déniché au milieu du bazar mis à sa disposition dans le gymnase. Pour Cassandra, se répéta-t-elle sans faiblir en fermant les yeux.
Attrapant son manteau rouge coquelicot, Caitlin l’enfila et dans un regard bienveillant à Christabella, elle lui dit « Tu es magnifique. » Elle lui donna un sourire sincère, bien qu’un peu éteint. Aboutonnant sa veste, c’est perchée sur ses talons, sa jupe de fils se balançant au rythme de sa démarche cadencée, qu’elle suivit les Second Chances à la traîne, direction l’extérieur.

« Ashandra ! » cria-t-elle avec douceur en arrivant près de petite brune. Le froid lui mordait les mollets, alors dans un geste idiot, elle se frotta les bras à travers son manteau. Elle gratifia la créature – elle la connaissait, elle travaillait à McKinley, elle aussi – tout droit sortie d’un clip vidéo qui était avec la jeune femme d’un doux regard de politesse, puis raffermissant l’étreinte autour de son propre corps pour combattre la température, elle se penchant vers l’oreille de sa collègue, et lui demanda avec timidité « Est-ce que tu pourras m’aider avec la chorégraphie ? J’ai manqué plusieurs répétitions. » Il était judicieux de mettre de côté l’inimitié qui la liait à Ashandra car elle était l’une de celle vers qui il valait mieux se tourner pour ne pas tomber dans l’excès de roulement de hanches et de secouages d’épaules à en propulser au moins un sein – si ce n’était les deux. Elle s’apprêtait à se présenter officiellement auprès de Norah – elle se souvint de son prénom de justesse –, quand la lumière du terrain s’éteint brusquement. Comme toutes les autres, Caitlin hoqueta se surprise, une main posée sur sa bouche. Pivotant sur ses talons, Caitlin suivit les instructions qu’on lui donnait et se dirigea à petits pas pressés vers les gradins. Sauf qu’arrivée à la hauteur de la première embouchure, l’ourlet de sa jupe de fil se prit dans le coin de la porte en ferraille, et tandis qu’elle se propulsait en avant pour avancer, le tissu se déchira dans un crac sonore, amplifié par l’impression d’être dans un cauchemar qui frappa Caitlin aussitôt qu’elle comprit ce qu’il se passait. Le tissu retomba en petit tas sur le sol glacé. C’est à ce moment-là que la lumière se rouvrit et que pudiquement, la jeune femme tenta d’allonger le bas de son manteau pour dissimuler à la vue de ses compères la culotte rose fuchsia qui, non sans la mettre en valeur, attirait tous les regards.
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Lun 17 Mar - 12:05

Sans doute que si elle avait été sobre, Charlie aurait réagi de manière totalement différente et n’aurait pas cédé avec autant de facilité à l’euphorie qui l’avait gagnée lorsque sous ses yeux ébahis, Cassandra Hamilton avait écrasé de la neige sur le crâne de Joanna Ellingson. Seulement, cela avait été plus fort qu’elle et les nombreux verres de vin qu’elle avait bus avant de débarquer à McKinley High n’étaient pas étrangers à cette réaction spontanée. Depuis plusieurs semaines, c’était comme si Charlie se laissait emporter par le courant. Passive même lors des répétitions avec les Second Chances, qui avaient pourtant toujours été une  sorte d’exutoire pour elle, elle ne répondait plus de rien et semblait avoir perdu toute notion d’ambition. Elle en était même arrivée à un point où le ridicule ne l’atteignait plus et où réagir comme une gamine de huit ans ne lui posait pas le moindre problème, même sous l’œil averti de ses camarades choristes devant lesquelles elle avait toujours fait en sorte de paraitre sous son meilleur jour. Car les Second Chances l’avaient toujours tirée vers le haut et dans les moments les plus pénibles, elle avait toujours trouvé un certain réconfort auprès de celles qui l’avaient acceptée sans rechigner ou remettre en question son talent. Cassandra était sans aucun doute celle qu’elle estimait le plus parmi toutes ces choristes, et pour la remercier de l’avoir acceptée dans sa chorale, elle faisait toujours de son mieux pour ne pas la décevoir. Ces derniers temps cependant, elle avait échoué lamentablement à cette mission première et si les choses s’étaient finalement arrangées entre elles, Charlie demeurait légèrement embarrassée en sa présence, l’aspect de sa personnalité qu’elle avait dévoilé lors de la soirée d’Halloween la hantant en permanence. Et il en allait de même avec Ashandra, qu’elle avait prise au dépourvu le même soir et envers qui elle ressentait depuis une certaine pointe de culpabilité.

C’était la raison pour laquelle Charlie avait autant insisté pour que Lexie l’accompagne lors de cette soirée spéciale. Avec son enthousiasme toujours débordant mais également son obstination permanente, elle avait reconnu en elle la personne qui l’aiderait à se changer les idées et à poser des limites quand elle n’était pas capable de les établir elle-même. Pour le moment, cela fonctionnait plutôt bien : si Lexie avait d’abord échoué en la laissant filer entre ses doigts, elle finit par la rattraper et le ton qu’elle employa ramena vite Charlie à la réalité. Penaude, la brunette plaça docilement sa main dans celle de Baby Preston et partit récupérer sa propre tenue, qu’elle avait laissée tomber sur le sol pour se jeter sur la neige. Lâchant momentanément la main de Lexie, elle se déshabilla au beau milieu du vestiaire, pas pudique pour un sou, et  retrouva son amie quelques minutes plus tard. Se laissant une fois de plus entrainer par cette dernière comme si elle n’était qu’un vulgaire pantin incapable de contrôler ses faits et gestes, elle franchit bientôt le seuil des vestiaires et la fraicheur de la brise la rattrapa aussitôt, lui brûlant la peau. Avec sa mini-jupe sombre et son t-shirt clair et suffisamment ample pour laisser passer le vent, Charlie frissonnait à souhait et la menace de la pneumonie lui revint aussitôt à l’esprit. « Lexie, il fait froid, je vais tomber malade… » Gémit-elle, les lèvres pincées. Poursuivant néanmoins sur le terrain de football, elle s’arrêta vers le milieu de celui-ci et lorsque Cassandra leur proposa de s’étirer, la choriste grimaça, ennuyée. Lâchant la main de son amie, elle prit son élan et effectua maladroitement une roue sur le sol. Retombant lourdement sur celui-ci, elle se frotta les poignets et se releva aussitôt. Elle n’était pas certaine de savoir en quoi consistait exactement l’entrainement prévu par Cassandra, mais après tout elle n’avait jamais clamé être une grande sportive et elle doutait que ses multiples entrainements en compagnie de son punching-ball fétiche lui soit d’une quelconque aide, alors tant pis.

La tirant brusquement de sa rêverie, les lumières du terrain s’éteignirent soudain en chœur et Charlie retint son souffle alors que la voix paniquée de Cassandra lui parvenait : elles devaient se cacher derrière les gradins ! « Lexie, t’es oùùùù ? » Fit-elle, désorientée par l’absence totale de lumière. La réponse de son amie se fondant probablement dans les éclats de voix des choristes, Charlie décida de prendre la fuite seule et courut dans une direction au hasard. Seulement, son regard ne perçant absolument pas le décor sombre planté autour d’elle, elle se heurta à un grand panneau au moment même où la lumière revenait sur le terrain. Sonnée, elle se massa les tempes et tituba un peu plus sur les talons hauts prêtés par Lexie. Quelques étoiles firent leur apparition devant ses grands yeux verts mais finirent néanmoins par s’évaporer pour son plus grand soulagement. Retournant auprès de ses camarades en quelques enjambées maladroites, elle se planta à côté de Lexie et croisa les bras devant sa poitrine alors que la chorégraphe s’expliquait. Elle avait déjà hâte que tout ceci se termine pour retourner à la Pension et se réchauffer à l’aide de quelques verres supplémentaires. Elle n’avait peut-être pas besoin d’un homme dans sa vie, mais elle n’avait pas non plus besoin d’attraper un coup de froid ou pis, de se tuer sur le terrain de football d’un lycée où elle n’avait même jamais été auparavant.



lapin du 26 Mai
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MessageSujet: Re: 03. All Fired Up   Mar 6 Mai - 7:28


La situation était devenue assez cocasse. D'un côté, il y avait les gamines qui jetaient de la neige comme si elles n'en avaient jamais vue auparavant et de l'autre les pudiques qui râlaient plus ou moins contre le froid. Robin aurait pu être de celle qui râlait, mais à la place, c'était un long soupir de solitude qui sortit. Elle ne se sentait pas à sa place et n'avait qu'une envie : partir en claquant la porte - et peut-être en alertant le concierge. Mais elle avait un rôle à tenir, un rôle qu'ils s'étaient créés, Larry et elle, pour changer de vie. Recommencer leurs méfaits n'avaient certes pas fait partie du plan initial, mais la jolie blonde s'était rendue à l'évidence, elle ne pouvait pas changer son passé, et encore moins ce qu'elle était.

La réalisatrice commençait à perdre patience, un peu comme Robin. Le tournage allait bientôt débuter et certaines filles n'étaient même pas encore changées. Au final, l'idée de Joanna n'avait pas été le succès que la trentenaire avait pu imaginer. Dans un sens, elle était assez contente, cela ne faisait qu'un échec de plus pour cette ennemie et elle, elle gardait un peu de crédit auprès d'Hamilton. La professeure prit son courage à deux mains et à deux pieds et sortit des vestiaires sans prendre la peine de passer son manteau. Elle savait qu'elle risquait la crève, mais elle avait quelque chose à prouver - même si cela semblait un peu extrême. Et puis elle ne rechignerait pas de se faire chouchouter par son cher et tendre.

La partie la plus amusante allait commencer, les muscles s'échauffaient. Robin les faisait doucement rouler sur sa peau, comme une athlète confirmée qui avait fait cela des années durant. Soudain, la nuit les envahit. Instantanément, Robin fut prise d'une bouffée d'adrénaline. C'était comme si elle était sur un coup et que sa victime rentrait plus tôt que prévu. D'un coup d'oeil rapide, elle avait déjà vu les gradins pour abri, mais se força à ne pas foncer se fondre dans le décor, il aurait été trop suspect d'agir ainsi. Cassandra la libéra de ses chaînes invisibles, mais à peine eut-elle le temps de faire les trois premiers pas, la vérité éclata. Maya White arrivait en retard, pour changer de ses habitudes. Robin poussa un long soupir de soulagement. Au moins, ce n'était pas la police ou le gardien, elle ne risquait pas d'avoir des problèmes de ce côté-là, pour l'instant tout du moins.

Mais un nouvel événement interrompit encore une fois les filles dans leur quête de réalisation. Cette fois-ci, elles avaient eu le droit à une Caitlin qui s'improvisait strip-teaseuse, mais qui avait manqué cruellement de grâce et de pratique selon la trentenaire. Cette dernière roula des yeux alors que sa collègue tentait vainement de masquer son sous-vêtement affriolant. La jolie blonde soupira une énième fois avant de répliquer d'un ton agacé et qui se voulait à la fois nerveux. Pourrait-on accélérer le mouvement avant de nous transformer en glaçon ambulant ou se faire attraper par le gardien ? Certaines d'autres nous ont leur place en jeu dans cette histoire. Il était vrai qu'elle en voudrait terriblement à la chorale si elle venait à prendre son travail à cause de cette stupide lubie de vouloir jouer les femmes fatales alors qu'elles osaient à peine montrer un genou.
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