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 03. lady and the tramp

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MessageSujet: 03. lady and the tramp   Dim 17 Nov - 0:49


    Quelques jours plus tôt ;
.
Ezrael sortait du travail, après une longue et intense nuit de garde. Il avait eu affaire à des cas plus que barbants, et n’attendait qu’une seule chose : rentrer dans son antre et dormir aussi longtemps que son corps le lui permettrait. Ses écouteurs vissés dans les oreilles, les Beatles lui rappelaient à quel point il avait sommeil. Lui aussi aurait bien chanté en chœur avec eux que « It's been a hard day's night, I should be sleeping like a log ». Mais il n’en ferait rien. Il avait beau être tôt, les rues étaient tout de même peuplées. Il marchait vers son domicile, son blouson fermé jusqu’au cou, les mains dans les poches de celui-ci. Ses oreilles et son nez commençaient à le faire souffrir à cause du froid glacial qui régnait à Lima depuis bientôt un mois maintenant. Il avait l’hiver en sainte horreur.

Alors qu’il faisait un petit détour vers l’épicerie du coin, afin de prendre un petit en-cas avant d’aller hiberner, un visage l’interpela. Au loin, à une bonne centaine de mètres de là où il se tenait, Elle était là. Christabella, la charmante élue de son cœur était elle aussi de sortie. Elle était emmitouflée dans ses écharpe, bonnet et manteau, et pourtant toujours aussi gracieuse et ravissante. Par quelle magie réussissait-elle à garder cette élégance en toutes circonstances ? Ezrael hésita. Devait-il aller la saluer ? Il s’arrêta net, et pensa qu’il irait acheter ce qui le nourrirait, et si elle se trouvait encore ici à sa sortie, il aviserait. Il sortit donc quelques minutes plus tard ; il chercha du regard sa belle et tomba sur… Un bébé ? Pourquoi tenait-elle un bébé ? Ezrael ne comprenait plus rien. Alors que cinq minutes plus tôt elle était seule, devant ce bâtiment, à tapoter sur son téléphone, elle se trouvait à présent en compagnie d’un blondinet aux cheveux vulgairement longs et un bébé dans les bras ! Mais que diable s’était-il passé ici ? Lui aurait-elle caché qu’elle avait trouvé un homme, qu’elle s’était mariée, et qu’elle avait eu un enfant avec lui ? Impossible. Simplement impossible. Mais qu’elle se trouve un homme avec un enfant. Les probabilités étaient plus fortes. Mais pourquoi ne lui en avait-elle pas parlé ? Il méritait de savoir.

Ezrael, pris d’une fureur sans nom, pris ses jambes à son cou et partit dans la direction opposée. Il voulait courir, hurler, taper dans un mur. La fatigue qui lui semblait pourtant si insurmontable un instant plus tôt, s’était comme transformée en haine et en agressivité qu’il ne savait contrôler. Une fois arrivée sous son toit, il jeta tout ce qu’il avait dans les mains, se déshabilla et fila sous la douche. Une douche brûlante, qui devait le calmer, mais ne faisait qu’empirer son état de tension. Il voulait frapper, insulter quelque chose. Pourquoi était-elle avec ce type ? Il n’avait aucune allure, on aurait dit un hippie. Ça ne lui ressemblait tellement pas. Elle devait être avec lui, c’était l’ordre des choses. Une princesse ne devait pas trouver un clochard. Oui ! Un CLOCHARD. C’est ce qu’il était.

Des idées lui traversaient l’esprit, des idées qu’il ne pensait pas pouvoir avoir en temps normal. Il réalisait un peu plus chaque minute à quel point il l’aimait. Il n’aimait qu’elle. Elle était devenue sa raison de vivre, il fallait qu’elle le sache. Il ne pensait plus qu’à elle, et se calma petit à petit. Il savait que de penser à son visage, à leurs moments, à ce qu’il ressentait pour elle, l’apaiserait. Et il réalisa à quel point son Amour était fort. Il n’avait jamais oublié ses sentiments pour elle ; il les avait seulement mis de côté quelques temps, le temps de s’apercevoir qu’il n’était pas bien sans elle.

Il sortit de la douche, se sécha. Il mangea un morceau, sans conviction. Et s’allongea sur son lit, et ferma les yeux… Impossible. De. Dormir.



    Le jour venu ;

Ezrael était de sortie. Il marchait vers l’inconnu, errant dans les rues de Lima ; il voulait simplement prendre l’air, se changer les idées. Il y avait cinq jours que l’épisode du clochard blond s’était produit ; la rancœur était plus présente que jamais en lui. Il voulait avoir une explication, aller en parler à Christabella, mais il ne trouvait aucune raison de lui en vouloir véritablement. Et puis, que lui dirait-il ? Après tout c’était sa vie, elle pouvait bien côtoyer quelque surfeur importun comme elle le souhaitait. Il n’était pas son petit ami, ni même son ami, pour ainsi dire. Il n’était que son ex, qu’elle n’avait pas vu depuis six ans, et qui se pointait soudainement dans sa vie, espérant la récupérer comme bon lui semblait. Tocard.

Ezrael s’arrêta devant le Gramophone, le disquaire le plus connu de Lima. Il aimait y passer de temps à autre. Il pouvait trouver de vieux vinyles de ses groupes favoris. Il ne s’intéressait pas vraiment à la partie instruments, il préférait seulement rêver devant les vieilleries qui lui parlaient tant. Il était face à la vitrine, observant les éventuels nouveaux trésors qu’il pourrait dénicher. Quand il remarqua soudainement qu’il était là. Le type. Le blond. Le clochard était là ! Il semblait même travailler ici. Comment se faisait-il qu’il ne l’ait pas reconnu plus tôt ? Il l’avait pourtant certainement déjà croisé ici plusieurs fois. Il avait ses cheveux détachés, et il ne faisait aucun doute ; c’était bien lui. Soudainement, Ezrael sentait le sang lui monter à la tête. Il avait extrêmement chaud. Il avait l’impression d’être devenu l’incroyable Hulk. Cette histoire le faisait devenir fou. Complètement déséquilibré.

Il entra dans la boutique. Il n’y avait qu’un adolescent dans la boutique, avec une guitare dans les mains, essayant d’enchaîner deux accords. Il ne fit pas attention à lui très longtemps. Il ne l’intéressait pas. La minette blonde ; c’était lui son objectif.


    « Hé toi ! » brailla-t-il dans le magasin.

Tout se passa extrêmement rapidement.

Ezrael s’approcha de lui. Il lui attrapa l’épaule gauche pour l’interpeler encore plus. Il l’attira vers lui, pour qu’il se retourne. Et dans une violence qu’il sortait du plus profond de ses tripes, frappa son opposant. Un poing dans son visage de bellâtre. Par la force du coup, il tomba sur la batterie qui se trouvait juste derrière lui, entraînant un vacarme sans nom dans la boutique.

Ezrael senti une vive douleur dans sa main droite. Il approcha son poing de sa poitrine, comprimant celle-ci au maximum afin de diminuer l’afflux sanguin.


    « Putain » lâcha-t-il finalement dans l’impulsivité, réalisant ce qu’il venait de faire.
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MessageSujet: Re: 03. lady and the tramp   Lun 18 Nov - 22:03

Note à soi-même : penser activement à rechercher une baby-sitter, ou une crèche où placer Livia. L’idée de demander un congé de paternité lui avait même traversé l’esprit avant de se rendre compte que non, il n’allait pas déjà demander des faveurs alors qu’il était encore un tout jeune employé du Gramophone. Et puis, Glenn semblait toujours si joyeux d’avoir Livia, même si ce n’était que pour la matinée. Ça lui faisait plaisir, ça arrangeait Robbie et Livia voyait d’autres visages. Mais Glenn avait aussi une vie à gérer, et après tout, Livia était à Robbie s’était à lui de s’en occuper. Oui, il fallait vraiment penser à une baby-sitter. La question qui lui taraudait l’esprit était de savoir s’il ferait assez confiance à quelqu’un d’inconnu pour lui confier sa fille. Il n’en était pas si sûr et c’était d’ailleurs la raison pour laquelle il repoussait toujours l’échéance de parcourir les petites annonces. En tout cas, ce petit passage chez Glenn lui avait permis de prendre un café avec son ami, et ils avaient même convenu d’une journée shopping pour acheter des vêtements d’hiver pour Livia. Enfin ça, s’était l’excuse que Glenn avait donnée, mais Robbie connaissait trop bien son ami pour ne pas voir le piège se former. Il s’imaginait déjà entendre les prières de son ami styliste : puisqu’on est là, autant en profiter pour t’acheter un truc ou deux. Ou dix ! Glenn ne savait pas faire dans la demi-mesure. S’il conseillait un nouveau manteau à Robbie, il fallait que ce dernier ait les accessoires qui aillent avec. Il avait beau se plaindre, il savait que sans Glenn sa garde-robe serait remplie de vêtements troués par les mites. Il tourna au coin d’une rue avant d’arriver devant le gramophone. Aujourd’hui il travaillerait seul, du moins, pour la matinée et il serait donc libre de mettre ce qu’il voulait comme musique d’ambiance dans la boutique. Lui et Ryder partageaient les mêmes goûts musicaux globalement, mais avec l’arrivée de Livia et de Noël, Robbie avait un peu dérivé et voulait s’ambiancer avec des chants de Noël. Ryder avait été d’accord au début, avant de se rendre compte que Robbie était tellement pris par les festivité que même chez eux, il était obligé de subir les lubies de Robbie.

Il ouvrit la boutique, déballa un carton qui était arrivé la veille et y examina le contenu. Des CD que Robbie allaient devoir mettre en rayon s’y entassaient. Il alla dans l’arrière-boutique y déposer son manteau et brancha son téléphone à la chaine hi-fi reliée aux baffles et choisie évidemment de mettre sa playlist de noël. Mais attention, il n’était pas du genre à écouter les versions niaises que tout le monde connait. Oh que non, il préférait tout aussi bien écouter une reprise plus contemporaine et un peu plus près de ce qu’il écoutait en temps normal. Il pressa play, et retourna en boutique pour faire acte de présence. De toute façon à cette ci, il y avait rarement foule. Il alluma les lumières et ouvrit la porte pour montrer que la boutique ouverte. Il retourna derrière le comptoir ou se trouva la caisse et s’assit sur le tabouret qui s’y trouvait.  Il prêta une oreille attentive à la musique qui se diffusait à travers les enceintes, et reconnu la voix de Sierra Kusterbeck sur une version reprise de Santa Baby. Il eut à peine le temps d’en profiter une minute qu’un client se dirigea du côté des guitares après avoir salué Robbie. Il fut donc obligé de se lever et de s’activer. Il attrapa le carton et se dirigea vers une étagère pour y placer le nouvel arrivage de CD. Il écouta l’adolescent derrière lui essayer de faire trois accords et se décida d’aller lui proposer son aide. Aide dont il avait grandement besoin manifestement. Il se recula d’un pas ou deux pour voir si tous les CDs étaient bien placés quand on l’interpella d’une manière étrange. Il eut à peine le temps de se retourner pour proposer son aide à quiconque la lui demanderait qu’il se senti tiré par l’épaule et avant qu’il n’ait eu le temps de voir le coup venir, il était à terre parmi les cymbales d’une batterie. Il sentit tout de suite qu’il avait du mal à respirer, et porta sa main à son nez d’où sortait du sang.

Il se releva péniblement pressant l’arrête de son nez avant de fixer le jeune homme devant lui. Il avait beau chercher, il ne savait pas ce qu’il avait pu faire pour le mettre en colère. Il n’était pas blanc comme un agneau, c’était un fait indiscutable, mais pour autant énerver un gars, il avait surement du faire quelque chose à sa copine. Le dernier coup que Robbie avait reçu lui avait été porté par Ryder lorsqu’il avait découvert les dessous de sa relation avec Leah. Le bon vieux temps quoi. Sauf que maintenant, Robbie ne traînait plus avec aucune fille et ce depuis… Tout le drame autour de Livia. Qui était ce gars, et que lui voulait-il ? Putain ! Qu’est-ce qui t’arrives ? Robbie regarda par-dessus l’épaule de son assaillant pour voir si le jeune était toujours là. Apparemment la dispute avait dû le faire fuir car Robbie ne le voyait plus. Il n’était pas vraiment rassuré à l’idée d’être seul avec ce fou, mais au moins leur dispute n’était pas sujette aux regards curieux des passants. Il se dirigea vers le comptoir une nouvelle fois (en faisant attention à ne pas perdre de vue le gars qui venait de le frapper) et attrapa un mouchoir. Il remplaça sa main par le mouchoir et résista à l’envie de se faire un cône de papier à se placer dans la narine, mais il fallait être réaliste : il n’avait plus cinq ans, et en plus il perdrait toute crédibilité ainsi. T’es qui d’ailleurs ? Je te connais même pas. Qu'est-ce que tu me veux? Il observa son agresseur avec un peu plus d’attention maintenant qu’il avait de nouveau retrouvé ses esprits et se rendit compte qu’il ne le connaissait ni d’Adam ni d’Eve. En plus de ça, la scène était complètement ridicule avec sa paylist de Noël en guise de bande originale.
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MessageSujet: Re: 03. lady and the tramp   Mer 20 Nov - 18:49

Les carillons de la musique qui passait dans la boutique de musique résonnaient dans la tête d’Ezrael, comme une sentence binaire qui lui rappelait son geste encore et encore. Que venait-il de faire ? Il réalisait véritablement ce qu’il venait de se produire. Comme si les cinq dernières minutes n’avaient été qu’un rêve, qu’elles ne s’étaient jamais vraiment passées, et qu’il venait soudainement de se réveiller. Il avait été porté dans une sorte de transe, bien plus forte que sa raison, qui l’avait poussé à exécuter ce que son subconscient détenait de plus fort. Il avait eu une pulsion de violence ; jamais il n’avait ressenti cela auparavant. Mais ce qui le déconcertait le plus, était que jamais il ne s’était pensé capable d’aller jusqu’à suivre cet instinct presque animal qui l’avait soudainement envahi. Il savait d’où lui venait ce sentiment de véhémence, mais pourquoi cette réponse si vive aux sentiments. Son poing le brûlait encore, comme une punition que le bon Dieu lui ferait subir à présent. Il avait succombé à la colère. Christabella ne lui pardonnerait jamais son geste. Jamais.
Il venait à la fois de se battre pour celle qu’il aimait tant, et de creuser sa propre tombe.

Ezrael tourna le dos à ce type qu’il avait en horreur. Il aurait bien pu continuer à le cogner ; il voulait prendre sa tête, et la lui fracasser contre un coin de table acéré. Rien ne lui aurait fait plus de bien que de voir cet homme impuissant devant lui. Mais bien qu’il ait frappé une fois, on ne l’y reprendrait pas de sitôt. Il avait beau être d’une humeur extrêmement agressive, il sentait la pression tomber doucement. Il avait toujours ces visions abjectes à l’esprit, et plus il y pensait, plus elles semblaient ignobles et répugnantes. Il avait beau fulminer, il était toujours humain au fond. Très au fond, en ce moment, mais il l’était.

Une minute s’écoula, la musique se termina, laissant place à une autre chanson sordide de Noël, et Ezrael voulait toujours frapper quelque chose. Il aurait bien mis un coup de pied dans une ou deux guitares près de lui, mais il avait déjà suffisamment de problèmes comme ça pour le moment. Il rengaina sa haine au fond de lui, se mit accroupi sur ses talons, et hurla du plus fort qu’il put en remontant tout aussi vite. Il se bénit qu’il n’y ait personne d’autre que le vendeur pour le voir faire ces exercices de gestion de stress…
Lorsqu’Ezrael se retourna, sa victime avait pris un mouchoir et se tenait le nez. Il semblait souffrir. En d’autres circonstances, il lui aurait certainement proposé de lui remettre son nez tant que la blessure était chaude et lui aurait donné quelques conseils pour arrêter le saignement et diminuer la douleur. Mais il était très loin de son travail, et il n’avait même pas en tête de venir en aide à ce demeuré. Il lui posait une quantité de questions, et Ezrael avait tout sauf les idées à lui dresser son profil ou à lui faire une dissertation sur ce qu’il lui voulait.


    « Et toi t’es qui ? D’où tu la fréquentes ? Ça fait longtemps que t’as envie de te la taper ? ... » objecta Ezrael, sans même répondre à son interlocuteur, avec une large dose de hargne dans la voix. Il n’avait pas besoin de savoir qui lui était, mais Ezrael avait définitivement besoin de comprendre comment il en était arrivé à passer à côté de ce bohémien alors qu’il s’était informé de la vie de la jolie brune autant qu’il le pouvait. « … Christabella ! Ça te parle ? »

Tout se chamboulait dans sa tête. Lorsqu’il y pensait, il avait envie d’être toujours plus vulgaire et pugnace envers lui ; il lui sortait par les yeux. Et bien qu’il ne sache rien à son sujet, il savait pertinemment qu’il n’était qu’un parasite dans la vie de Christabella. Ça ne pouvait en aucun cas être autrement. Un guignol qui s’habillait en mendiant alors qu’il avait un métier - quel qu’il soit, ne jugeons pas - et vraisemblablement un logement, ne pouvait absolument pas être quelqu’un de convenable pour la ravissante et élégante Christabella. Comment ça, l’habit ne fait pas le moine ?
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MessageSujet: Re: 03. lady and the tramp   Ven 22 Nov - 22:20

Toujours derrière son comptoir pour créer une distance de sécurité entre lui et ce fou, Robbie passa son index sur l’arrête de son nez pour essayer d’y déceler une bosse suspecte. La douleur le lançait vivement lorsqu’il appuyait sur le côté gauche, là où le coup avait été porté, mais à part ça, rien de spectaculaire. Il n’était pas médecin, mais d’après ce qu’il avait vu dans Grey’s Anatomy, ça ne semblait pas être cassé. Si toutefois le saignement pouvait cesser, ce serait une bonne chose car le gout du sang qu’il sentait dans le fond de sa gorge n’était vraiment pas quelque chose d’agréable. Il baissa légèrement la tête pour diriger le fluide vers l’avant et respira par la bouche maintenant que son nez était hors-service. Son mouchoir n’avait plus un endroit de propre alors il s’empressa d’en attraper un autre avant d’avoir l’occasion de se tacher encore un peu plus. Il jeta un coup d’œil à son agresseur, et le vit se tenir le poing. « J’espère que t’as bien mal » siffla-t-il entre ses dents alors qu’il jetait son mouchoir sale. Vraisemblablement, donner des coups de poings n’était pas quelque chose qu’il faisait souvent. Maintenant qu’il y repensait, ce coup avait été bien moins puissant que celui que Ryder lui avait donné il y avait quelques mois de ça. Au moins avec Ryder, il lui fessait face et avait eu le temps de voir le poing se rapprocher dangereusement près de son visage. Avant que l’impact ait lieu, il avait eu le temps de serrer la mâchoire, alors qu’avec ce cinglé, tout avait été fait par surprise.

Une fois que les deux parties de ce combat avait eu le temps de faire le constat de leur blessure respective, l’autre jeune homme repris la parole pour répondre aux questions Robbie. Ou presque. Attend, t’es sérieux là ? Tu me frappes sans savoir qui je suis ? Faut te faire soigner ! Après tout, c’était possible : Robbie avait très bien pu être au mauvais endroit au mauvais moment. Peut-être que cet individu avait eu un excès de colère et avait vu en Robbie le parfait punching-ball. C’était un peu tiré par les cheveux, mais possible malgré tout. Puis Robbie écouta plus attentivement pour essayer de démêler la situation. Mais de quoi tu parles ? Voilà que maintenant, une fille était impliquée dans l’histoire. En quelque sorte, c’était rassurant car cela voulait dire que Robbie n’était pas le destinataire de ces coups. Ne trainant/couchant plus avec aucune fille, il était sur de n’avoir mis en l’air aucun autre couple. Il avait retenu sa leçon depuis la dernière fois. Il fronça les sourcils pour se souvenir à quand remontait la dernière fois qu’il avait pu être vu avec une fille en public, sans compter Livia, mais n’arrivait pas à mettre le doigt dessus, démontrant ainsi que cela faisait donc une éternité. Il s’apprêtait à expliquer que tout cela n’était qu’un simple malentendu, lorsque son interlocuteur repris la parole. Et là, il ne savait vraiment plus quoi faire. Chri.. ? Oui ça me parle. Si seulement cet homme savait qu’entre lui et Christabella il n’y avait rien d’autre qu’une sincère amitié entre deux personnes pourtant venues de deux mondes bien différent, Robbie aurait pu échapper à un nez en sang. Et puis d’ailleurs, en parlant de deux personnes n’ayant rien en commun… Qu’est ce que tu lui veux ? Il croisa les bras devant sa poitrine et sortit de derrière sa cachette. Qu’est-ce qu’un gars si étrange voulait à quelqu’un comme Christabella ? Il valait mieux pour lui qu’il ait une bonne excuse pour expliquer son intérêt envers elle, parce Robbie était à deux doigts de lui rendre son coup de poings.

Sérieusement, Robbie pourrait être engagé par les plus grands studios Hollywoodiens pour  qu’il leur crée leur scénario. A l’heure actuelle, il essayait de deviner ce qui avait pu pousser Christabella à côtoyer quelque de si violent. Il s’imagina tout de suite le pire avant de se rendre compte que c’était stupide : il avait vraiment du mal à la voir dans une situation qui impliquerait un règlement de compte si violent. Christabella serait plutôt du genre à prier les grands saints pour que la situation s’améliore, plutôt que de déclencher une bagarre. Surtout qu’il ne voyait pas ce qu’il avait fait pour mériter une telle correction. La deuxième possibilité était que cet énergumène soit issu de la famille de Christabella, et qu’il avait frappé Robbie pour faire passer un message : reste loin d’elle. Si c’était ça, alors Robbie avait des choses à dire à ce gringalet. Comment pouvait-il se permettre de venir sur son lieu de travail et de l’agresser pour avoir prêté une oreille attentive à Christabella alors que lui et le reste de sa famille, l’avait mis à la porte car elle avait voulu être une ado comme les autres. C’était incompréhensible. Puis les mots de son assaillant lui revinrent à l’esprit. Oh, attends ! Tu crois que moi et Christabella on… Il fit un geste vague devant lui avec ses deux mains pouvant désormais relâché la pression sur son nez, avant de se moquer ouvertement de son interlocuteur. Robbie aimait peut-être courir après les filles, mais il avait changé depuis peu. Et Christabella était trop bien pour lui pour qu’il tente quelque chose si l’idée lui avait traversé l’esprit. Mais ça, l’autre gars n’avait pas besoin de le savoir. A bien y réfléchir, il n’avait pas le droit de savoir, en tout cas pas tant que Robbie n’en saurais pas plus à son sujet. Et ça ne me dit toujours pas qui t’es. Alors je te propose de t’expliquer vite fait, sinon j’appelle la police. C’est toi qui décide. Il avait continué d’avancer vers lui, et même si son nez plein de sang lui donnait une légère voix de canard, cela n’atténuait pas la menace. Il était sérieusement à deux doigts de sortir son téléphone et d’appeler la police.
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MessageSujet: Re: 03. lady and the tramp   Lun 16 Déc - 18:11

Plus les minutes passaient, plus la situation devenait étrange. Il y avait un vaste malaise entre les deux jeunes hommes, qui ne faisait que croître avec les minutes. Ezrael savait qu’il avait fait la plus grande bourde de sa vie en entrant dans ce magasin, et que l’impulsivité ne résolvait jamais rien. Et bien qu’il ait ressenti du soulagement en frappant le blondinet en pleine figure cinq minutes auparavant, il n’éprouvait plus qu’un vide en lui. Un grand trou noir de trente mètres de profondeur, qui lui rappelait encore et encore que Christabella ne lui adresserait plus jamais la parole, ni un simple regard, d’ailleurs. Quel abruti il était ! Mais pourquoi était-il passé devant le Gramophone, alors que ça n’était même pas son quartier ? Et pourquoi ce type bossait ici de toute manière ? Il pourrait juste être un clochard, et vivre dans la rue, comme il en avait l’air !

Le vendeur commençait à le questionner, après tout, il ne pouvait pas lui en vouloir. Il venait de se faire attaquer brutalement par un inconnu. C’était tout en son honneur de chercher à savoir qui était son assaillant. Débile, l’assaillant ; d’autant plus qu’il ne parlementait même pas. Il restait là, planté devant son adversaire, et plutôt que de s’enfuir et d’espérer échapper aux représailles, il lui tendait joyeusement le bâton.

Le blond s’étonnait de la violence dont il avait preuve, sans même savoir qui il était. Ezrael ne répondit même pas, il lui tourna seulement le dos, tentant de se calmer les nerfs. Il était tellement énervé. « Faut te faire soigner ! »… Oui, oui, peut-être le devrait-il. Mais s’il continuait à lui parler de la sorte, il finirait par ne plus avoir de nez du tout. Ezrael gardait ses mains dans ses poches, et levait la tête au ciel, inspirant profondément, afin de garder son calme au maximum. Le blond commençait à réagir petit à petit, et semblait remettre vaguement les pièces dans le bon sens. Evidemment, lorsque le prénom de Christabella sortit dans la conversation, tout avait dû s’éclaircir. Pourtant, il feignait toujours l’ignorance, ce qui avait tendance à exaspérer toujours plus Ezrael.
Inspire, expire, inspire, expire. Comment osait-il le prendre pour une truffe, comme il le faisait ? Oui, il croyait que Christabella et lui, ils… Ce sous-entendu le mettait encore plus hors de lui. Et ce ton de moquerie encore plus. Il poussa de nouveau un hurlement. Un braillement qui lui sortait du cœur - encore -, et qu’il ne put empêcher.

Le blond venait de lui poser un ultimatum. Il lui racontait ou il appelait la police. Soit. Après tout, il brûlait d’envie de poser les choses à plat ; carte sur table. Ezrael tournait toujours le dos au comptoir et à son interlocuteur. Et il se tourna brusquement, et s’approcha du blond plus vite que son ombre. Il tapa du poing sur le meuble en bois. Et avant que le bruit ne cesse de résonner dans la pièce, il commença à prêcher.


    « Je suis Ezrael. J’imagine que ça ne te dis rien. Je suis son ex, celui qui a pris soin d’elle avant toi. Celui qui l’a vraiment aimé et qui a fait l’erreur de la quitter pour suivre ses études. LA PLUS GROSSE ERREUR DE MA VIE, T’ENTENDS ! Et PUTAIN, c’est toi qu’elle a choisi. »


Il se tourna de nouveau, et poussa encore un cri. Plus intériorisé, mais aussi beaucoup plus puissant dans son ressenti. Il aurait voulu taper dans ce mur, face à lui, ou dans les trois guitares qui se trouvaient à ses pieds. Tout aurait été mieux que de garder cette haine au fond de lui.
Ezrael fit face de nouveau au blond.


    « J’ai envie de te détester, de te frapper encore et encore, de prendre ta tête et de la fracasser contre un bord de meuble bien tranchant. Putain, mais comment un mec comme toi a pu la foutre dans son lit ? Et avoir un GOSSE AVEC ELLE, quoi !! »


Ezrael se trouvait à l’autre bout de la boutique, préférant rester loin du blond. Il savait qu’il ne pourrait se retenir très longtemps, et être proche de la porte de sortie était comme une sécurité, autant pour lui que pour l’autre clochard. Qu’il lui en soit reconnaissant…


    « Ecoute, je suis médecin. Je te remets ton nez en place, je te donne quelques conseils, et en échange tu gardes cette histoire pour toi. Si elle venait à apprendre ce qu’il s’est passé, j’aurais véritablement signé mon arrêt de mort, et je ne peux pas m’imaginer ne plus lui parler. »


Si un mec se pointait devant lui, et lui demandait ça, Ezrael serait fou. Après tout, sa requête était totalement égoïste. Il voulait le beurre, l’argent du beurre, la laitière et la peau de l’ours avant de l’avoir tuée (oui, oui.). Le blond, s’il avait un minimum de dignité n’accepterait jamais, à moins qu’il ne considère pas Ezrael comme un potentiel adversaire, ce qui n’était pas non plus un bon signe.


Dernière édition par Ezrael Z. Ashmore le Lun 23 Déc - 22:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. lady and the tramp   Dim 22 Déc - 22:49

Avec la menace faite d’appeler la police, Robbie se sentait fort face à son assaillant même si en vérité, sans le comptoir entre eux, jamais il n’aurait osé monter sur ses grands chevaux. Au moins, s’il voyait que l’autre était prêt à lancer une nouvelle offensive, il pourrait entrer dans une course poursuite sans fin autour du meuble, digne d’un dessin animé qui pourrait faire rire Livia si toutefois l’issue de cette course ne correspondait pas à l’image de son papa avec le nez en sang une nouvelle fois. Mais Robbie était confiant, surtout maintenant qu’il avait diminué sa consommation de cigarettes et que son endurance était devenue bien meilleure ! Il observa l’autre bonhomme, non juste homme car il n’y avait rien de bon en lui, et s’il avait été dans une caricature ou autre, il y aurait eu de la fumée qui serait sortie de ses narines. Il détourna son attention vers son téléphone près à composer un numéro si une menace refaisait surface. Il n’avait aucunement envie d’appeler la police pensant déjà à la tonne de paperasse qu’il faudrait remplir, alors il décida qu’appeler quelqu’un responsable de ce magasin serait surement une meilleure idée. Il ne fallait pas se faire d’illusion, Ecaterina serait sans grande utilité dans cette situation, et Ryder avait un excellent crochet du droit. Robbie était bien placé pour le savoir. Il commença à faire le numéro de son colocataire au moment même où le fou qui lui faisait face et qui avait désormais un nom – Ezrael –  se retourne et l’agresse verbalement. Plus il écoutait ce qu’il disait, et moins il comprenait. C’était étrange comme sensation d’ailleurs. L’ex de Christabella ? D’accord, Robbie ne savait même pas que les gens comme elle, le nez toujours plonger dans la dernière version rééditée de la bible (comme s’il y avait une nouvelle ligne de conduite qui était apparu depuis la dernière édition), avait le « droit » d’avoir des petits-amis. Pour lui, ce genre de personne, et les filles encore plus, sortait avec un garçon de bonne famille à l’âge de 16 ans et avec l’approbation des familles respectives, se fiançait avec lui un an plus tard, se mariait et faisant tout en tas d’enfants dans la foulée. Apparemment, il avait bien tort et les mœurs avait dû changer depuis la dernière fois qu’il avait vérifié, mais là n’était pas la question pour le moment. Donc pour résumé, Ezrael était l’ex de Christabella et d’après ce qu’il disait, il l’avait largué pour faire ses études. Cette rupture n’avait pas dû être facile à vivre pour son amie (il se moquait pas mal que ce fameux Ezrael ait pu avoir le cœur brisé) et pour se remettre de cela, elle avait décidé de passer à autre chose avec… Robbie. C’était tellement ridicule. Il n’avait pas la prétention de dire qu’il la connaissait par cœur, mais apparemment, il l’a connaissait bien mieux que cet inconnu.

Puis plus rien. Ezrael lui tourna le dos encore une fois et Robbie se permis de sourire à ce que venait de dire, et d’impliquer l’autre jeune homme. Qu’il était bête. Il remit son téléphone dans sa poche étant sûr qu’avec l’expérience qu’il avait acquise depuis sa tendre adolescence, il saurait gérer cette crise de jalousie amoureuse sans plus de dégâts. Il s’apprêta à sortir de derrière son comptoir pour gentiment ouvrir la porte de sortie à Ezrael, lui laissant une chance de finir ce malentendu ici même, mais à peine avait-il eu le temps de bouger d’un pas que déjà son assaillant lui fit de nouveau face. A ses mots, Robbie fit un pas en arrière instinctivement, son corps lui criant de sortir d’ici et d’aller le plus loin possible de cet être possédé. Désormais, il n’était plus question de se moquer de son malheur mais plutôt d’assurer sa survie. Il leva les deux mains, paumes face à Ezrael pour montrer qu’il capitulait.Du calme mon grand. Je sais pas ce qui te fais penser qu’elle et moi on ait pu coucher ensemble mais c’est faux. C’est. Faux. Okay ? Il baissa ses mains, mais fit quand même un pas de plus en arrière, juste pour être sûr. Il se retrouva ainsi contre le mur et n’avait rien d’autre que le comptoir pour le mettre à l’abri d’Ezrael. J’ai pas besoin de te faire un dessin, mais si j’ai pas couché avec elle, j’ai pas pu la mettre enceinte. A moins qu’Ezrael soit du genre à croire qu’une femme puisse se retrouver enceinte grâce à une intervention divine. C’était ridicule, mais craignant de déclencher une nouvelle vague de colère en Ezrael, il garda cette remarque pour lui. Je sais même pas quand tu as pu nous voir ensemble, tous les trois, mais le bébé c’est le mien. Juste à moi. Et à Leah resta en suspens, mais vraiment, Robbie cru bon le fait de passer quelque petits détails sous silence. Ezrael avait reculé lui aussi et ils étaient tous deux à une bonne distance de sécurité l’un de l’autre. Robbie remarqua avec soulagement qu’Ezrael se tenait près de la porte de sortie ce qui ne pouvait signifier qu’une chose : qu’il était sur le point de mettre fin à leur conversation, et partir.

Il attendait sa réaction et lorsqu’il vit Ezrael ouvrir la bouche, il prépara déjà ses prochains arguments pour sa défense. Cependant, ce n’étaient pas de nouvelles accusations qui parvinrent à ses oreilles et il eut du mal à y croire en premier lieu. Ce n’était pas des excuses non plus, mais au moins, il n’y avait rien de menaçant dans son ton, ce qui permit à Robbie de reprendre le contrôle de la situation, sans pour autant sortir de derrière le comptoir. Il sourit machiavéliquement à l’entente de ce qui attendrait Ezrael si Christabella apprenait ce qu’il venait de se passer ici. Robbie mourrait d’envie que ce scénario se réalise car si Ezrael était du genre à être violent avant d’avoir tous les éléments pour comprendre quelque chose, alors son amie était bien mieux sans lui. Il prit appui sur le comptoir et arqua un sourcil. Et qu’est-ce que moi je gagnerai à ne rien dire à part un nez remis en place ? Je ne suis pas médecin mais je sais que tu n’es pas boxeur. Son nez n’était pas cassé, il le savait, du coup Ezrael n’avait rien à négocier pour acheter le silence de Robbie. A la base, il n’avait pas prévu d’aller voir Christabella, mais sachant qu’Ezrael préfèrerait qu’il se taise lui donnait envie de fermer boutique et de courir chez elle. Il regarda le visage d’Ezrael se décomposer au fur et à mesure qu’il parlait et un sentiment de satisfaction s’empara de lui. Il reprit son téléphone en main, composa le numéro de Ryder mais n’appuya pas encore sur le bouton vert pour l’instant. Voilà ce que je te propose : tu vas sortir d’ici et aller la voir. Une fois arrivé à destination, tu vas lui dire toi-même ce que tu viens de faire. D’ailleurs, dans ton récit n’oublier pas de me donner un nom. Robbie par exemple. Un petit conseil : ramènes lui des chocolats pour faire passer la pilule. Il sourit une nouvelle fois à sa remarque. Comme s’il la connaissait assez pour savoir son péché mignon qui lui ferait tout oublier. Il savait qu’Ezrael bouillonnait de l’intérieur et ajouter un peu d’huile sur le feu était ce que Robbie préférait à cet instant. Je finis mon travail à 17 heures et à la fin de ma journée, je vais aller chercher ma fille et rentrer chez moi. Il s’arreta de parler un instant, laissant penser à Ezrael que c’était la fin de ce qu’il proposait. Il effaça le dernier chiffre qui était sur son écran et le retapa juste après, dans le simple but de laisser planer ce silence. Il reporta son attention sur Ezrael qui semblait plus incrédule que jamais. Robbie aimait se trouver en position de force. A l’heure actuelle, c’était un homme normal alors qu’Ezrael n’était qu’une fourmi pétrifiée par la peur, se demandant si oui ou non l’énorme chaussure de Robbie viendrait l’écraser. Robbie était un peu sadique et préférait jouer un peu avec la fourmi avant de l’écraser. Ou peut-être que j’irai chez Christabella lui raconter ce qu’il vient de se passer. Si tu as un peu de chance, on aura même l’occasion de se retrouver chez elle, tu sais, pour qu’elle ait les deux versions de l’histoire. C’était une situation vraiment plaisante et Robbie se délectait de plus en plus de la tournure que prenaient les évènements. Ezrael réfléchirait à deux fois la prochaine fois qu’il voudra frapper Robbie sur la simple supposition qu’il sort avec Christabella.
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MessageSujet: Re: 03. lady and the tramp   Lun 23 Déc - 22:35

C’est faux. Ces mots résonnaient dans sa tête ; tout était plus confus que jamais. Le blond continuait à déblatérer il-ne-savait-quoi, et pourtant rien ne lui parvenait plus aux oreilles. Tout était devenu brouillé autour de lui. Il essayait de remettre tout en ordre dans ses esprits. Alors Christabella n’était pas avec un clochard. Ce blond avait une fille, à lui, et rien qu’à lui. Du moins, pas avec Christabella. Il avait bien pu engrosser qui il voulait. Tant qu’il ne s’agissait pas de celle que lui convoitait, il s’en contrefichait à peu près autant que de l’an quarante. Donc ce jour où il les avait aperçus tous les trois, et elle avec ce bébé, il n’y avait rien d’ambigu. Rien du tout. Pas le moins du monde. Il avait donc cogné un type qui ne lui revenait pas. Oui, oui, juste un mec dont la tête ne lui était pas revenu. Mais bordel,  qu’est-ce qui lui avait pris ? Le désespoir s’abattait alors soudainement sur ses épaules. Et la rage et la haine qu’il portait en ce garçon devant lui, s’était transformée en colère contre lui-même, et surtout en consternation quant à sa bêtise. Oui, oui, il était bête. Un abruti de première.

Ezrael leva les yeux au ciel, puis les posa de nouveau sur le blond. Tout redevint clair, et il n’avait aucunement envie de savoir ce qu’il avait monologué durant une minute. Certainement une mise au point de ce qui semblait n’avoir été qu’un vaste quiproquo. Mais il n’en avait pas terminé. Il continuait à vociférer des propos, et lui faisait visiblement du chantage. Au premier abord, Ezrael ne voyait pas où il allait en venir, et au fur et à mesure, tout s’éclairait. Il avait vu juste en lui ; il ne s’avouerait  pas vaincu. Après tout, il avait raison, et en y pensant, Ezrael aurait réagi exactement de la même manière. S’ils n’étaient pas partis d’un si mauvais pied tous les deux, ils auraient très certainement faits de merveilleux amis. Ils semblaient avoir le même genre de fonctionnement, très lucide et méthodique. Mais il était trop tard à présent ; on ne devient pas ami avec quelqu’un qui se présente en vous frappant. Et encore moins avec un maître-chanteur.

« Tu n’es pas médecin, en effet. Et vu d’ici, bien que ça n’ait pas l’air cassé, je peux te dire c’est très clairement décloisonné. Avec un peu de chance, tu n’as qu’une obstruction unilatérale et comme c’est encore chaud, en deux mouvements c’est réglé. » jaugea-t-il de loin. « Mais si c’est bilatéral, tu auras des problèmes respiratoires, ta valve nasale sera endommagée et tu auras soit un écartement des ailes narinaires, soit un relèvement de la pointe du nez, voire les deux. Dans tous les cas, si je ne regarde pas ça rapidement, tu finiras par avoir une rhinoplastie, qui est coûteuse mais surtout extrêmement douloureuse pour le patient. C’est toi qui juge. » affirma Ezrael avec cran.

Il avait bien cerné que son rival avait envie de jouer les malins, mais s’il cherchait Ezrael à ce jeu, il finirait par le trouver, et il n’aimerait pas ça. Cependant, il n’avait pas spécialement envie d’en arriver là. Il avait déjà frappé un mec pour, finalement, aucune raison. Il n’était vraiment pas question de perdre son sang-froid une nouvelle fois.

« Donc très bien, je ne regarde pas ton nez, tu iras à l’hôpital. D’ici, si tu as une voiture, tu peux y être en une demi-heure, et je pense que de toute manière, tu auras droit à quelque chose de beaucoup plus douloureux que si je m’en occupe de suite. Dans les deux cas, le fait que ce soit encore chaud te ferait moins souffrir. Si tu dois y aller en bus, ou pire, à pied, tu es bon pour une chirurgie. Dans moins d’une heure, ton cas n’est plus gérable à la main. » termina-t-il d’arguer.

Ezrael avait besoin de bons arguments, qui ferait pencher ce ‘Bobbie’, en sa faveur. Il finirait par trouver un terrain d’entente. Et il n’était véritablement pas question qu’il prenne la main. Il ne devait garder la tête haute, le buste droit, les épaules en arrière. C’était aussi son combat, et bien que le blond tentait de le ridiculiser et de lui montrer que lui aussi avait une paire de testicules dans son pantalon, il se devait de se défendre. Et il ne gagnerait pas. Non.

« Tu peux bien appeler qui tu veux, les flics, les pompiers, même Christabella si ça te chante. Je ne fléchirai pas. Quoi qu’il arrive, j’ai bien l’impression que tu n’as pas l’air d’être quelqu’un de grande confiance, et tu finiras par tout baver. Tu lui rapporteras tout, comme un gamin de dix ans. Je n’ai certainement plus rien à perdre, comme je suis. Et je n’ai pas besoin de chocolats pour l’acheter, non plus. »

Sa manière de le prendre de haut le débectait. Ce garçon semblait être tout ce qu’il y avait de plus détestable qui soit. Un air supérieur, qu’il n’avait pas sur le visage lorsqu’il était entré dans la boutique une dizaine de minutes plus tôt. Et qui s’était peinte sur sa figure d’Arien au moment même où Ezrael avait avoué indirectement qu’il était follement amoureux de Christabella. Il avait raison, quand il trouvait ce garçon mauvais pour la jeune femme. Il n’était pas à la hauteur de sa grandeur à elle.

« Finalement Bobbie, tu sais quoi ? Reste avec ton décloisonnement. Surtout, donne-m’en des nouvelles. »

Ezrael tourna les talons, décidé à sortir de ce magasin de malheur. Mais avant d’ouvrir la porte, une envie le brûlait encore l’intérieur. Il voulait vraiment que son abruti d’interlocuteur comprenne qu’il n’avait pas affaire à une fiche molle. Il n’était certainement pas un caïd, mais il avait besoin d’un minimum de respect. Il avait du courage, et il ne devrait pas avoir à le prouver au monde entier, pourtant, il ne put s’empêcher de revenir sur ses pas et se poster encore devant Bobbie.

« Et j’y serai. À dix-sept heures trente chez Christabella. Et j’espère bien t’y trouver. »
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MessageSujet: Re: 03. lady and the tramp   Mar 24 Déc - 12:27

Il avait beau faire le coq de basse-cour, tout fière de son allure, mais il fallait avouer que les termes employés par Ezrael lui faisaient quand même un peu peur. Il n’avait pas envie de finir avec un nez de la taille d’une patate, ou avec des problèmes respiratoires à cause d’un malentendu. Cependant, il ne pouvait pas mettre à la poubelle toutes ses menaces et courir auprès de son agresseur juste pour être sûr de garder son nez comme il l’avait toujours connu. Et puis, il ne pouvait pas se résigner à faire confiance à cet individu qui venait de l’agresser sans raison fondée. Peut-être qu’en fait son nez n’avait rien, et que tout cela n’était qu’une excuse pour s’en approcher et finir le travail proprement ? Que faire dans ce cas ? C’était tout simple, il n’allait pas se rabaisser à demander de l’aide à Ezrael  (son égo ne lui permettrait jamais) et il allait prendre le risque d’avoir un nez avec une bosse, ou peu importe l’effet qu’Ezrael avait décrit avec des termes bien trop compliqué pour lui. D’ailleurs, avec un peu de chance, il avait dit tout ça dans le simple but de déstabiliser Robbie et l’embrouiller encore un peu davantage. Cette version l’emballait beaucoup plus et il était prêt à prendre le risque de ne pas s’occuper de sa blessure. De plus, à bien y réfléchir, si vraiment il avait le nez en vrac, ce serait une preuve plus qu’efficace pour aller voir Christabella plus tard pour qu’elle fasse son constat et si toute fois la blessure était permanente, alors à chaque fois qu’il verrait son amie, son nez serait un rappel constant qu’il ne faut pas faire confiance à ce fou à lier. Tout ceci prenait une tournure que Robbie appréciait de plus en plus et la peur qu’il avait éprouvé il y avait de cela quelque secondes avait fait place à une sorte de satisfaction. Jamais Christabella ne pourrait pardonner Ezrael son geste violent, Robbie en était presque sûr. Il passa ses doigts sur l’arrête de son nez, puis sur les côtés et grimaça légèrement en appuyant sur le bord droit. Il aurait pu prendre peur et supplier Ezrael de le soulager mais non, il mit simplement cette douleur sur le dos du coup qu’il avait reçu lorsqu’Ezrael était entré dans la boutique. Je prends le risque, dit-il simplement, croisant les bras et balayant la proposition d’Ezrael. Stupide ou borné, cela ne faisait plus grande différence à présent.

Robbie avait beau être fort pour prodiguer des menaces, Ezrael quant à lui ne semblait pas être quelqu’un qu’on déstabilise facilement. Enfin, sauf lorsque le sujet abordé concerne une certaine brune, pieuse et dont il serait apparemment épris. Robbie ne connaissant Ezrael que depuis une poignée de minutes mais déjà il observa un changement dans son attitude : au moins maintenant, il semblait réfléchir avant d’agir ce qui était une bonne chose. D’un point de vue extérieur, il fallait avouer que leur conversation était une excellent sorte de joute verbale, où l’un menaçait l’autre qui prenait peur un instant avant de se ressaisir en un temps records et de proférer des menaces à son tour. C’était plaisant d’être face à un adversaire avec du répondant. C’était désormais au tour de Robbie de faire peur en menaçant l’autre jeune homme de tout raconter à Christabella. A vrai dire, Ezrael avait été bien naïf d’avouer vouloir garder cet incident pour eux et Robbie comptait s’en servir en sa faveur. En temps normal, il n’était pas du genre à fermer le Gramophone plus tôt dans l’unique but de tout aller raconter à Christabella. A vrai dire, il devait la voir le lendemain pour lui laisser Livia une heure ou deux selon le trafic, le temps qu’il aille à Colombus. Il aurait mis son œil au beurre (autant ne pas se voiler la face, Robbie ne serait pas beau à voir pendant une semaine tout au plus) sur le dos d’une quelconque bagarre à la sortie d’un bar, sauf que le fait de savoir que Christabella était la corde sensible d’Ezrael était un atout majeur. Cependant, Robbie eu à peine le temps de penser à son prochain coup que déjà l’autre jeune homme se défendait, contre-attaquait et semblait partir de la boutique. Non, non ! Robbie avait encore d’autres arguments pour l’achever, il ne pouvait pas partir maintenant. Et alors qu’il s’apprêtait à lui rétorquer quelque chose à propos de son fameux décloisonnement, Ezrael fit volte-face.

Robbie eut peur un instant que la distance entre eux soit avalée en trois pas, et qu’il se prenne encore un coup de poing dans le nez (faisant de vrais dégâts cette fois), mais rien de tout cela arriva, fort heureusement. A la place, un nouvel Ezrael plus courageux et enfin prêt à assumer ses actes se tenait devant lui. Il voulait faire le chevalier noble et tout avouer à Christabella ? Très bien, Robbie ne comptait pas manquer ce misérable spectacle. Le rendez-vous était donc fixé à 17h30. J’y serai. Robbie n’avait pas peur de lui. A dix-sept heures trente, il irait au point de rendez-vous avec un nez en bazar et pourrait tout mettre sur le dos d’Ezrael, preuve à l’appui. D’un côté, il espérait que son nez soit vraiment en train de se décomposer (d’après ce qu’il avait compris de ce qu’Ezrael lui avait dit) pour faire culpabiliser l’autre jeune homme à vie. Déjà qu’il ne semblait pas s’être pardonné d’avoir quitté Christabella pour faire ses études, jamais il n’arriverait à oublier le fait qu’elle refuse de le voir, de lui parler parce qu’il s’est un peu trop pris la tête. D’un autre côté, il espérait que son nez serait moche un jour ou deux, avant de revenir à sa forme initiale. En tout cas, une chose était sûre, cette affaire ne faisait que commencer, et Robbie comptait bien la gagner. Il prêta une oreille attentive à la musique qui jouait actuellement et un sourire parcourut son visage en reconnaissant Merry Christmas, Kiss my Ass qui semblait si bien illustrer la situation.
[RP TERMINÉ]
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