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 03. [Pritchard's] Auntie is Back !

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MessageSujet: 03. [Pritchard's] Auntie is Back !   Ven 29 Nov - 10:03

Un foyer, un refuge... C'est ce qu'était venue chercher Violet en revenant en Ohio. Mais un tel refuge pour qu'il soit réconfortant devait être accompagné de quelques souvenirs, or Violet n'en avait aucun de cette maison qu'elle avait déjà visité dans le passé. Qu'à cela ne tienne, elle saurait apprivoiser ce tout nouveau chez elle, elle n'avait aucun doute là dessus.

En effet, dès son arrivée elle semblait s'être crue de retour de vacance dans sa résidence principale. Pas une once d'appréhension ne l'avait faite hésiter à appuyer sur la sonnette, ni même la honte, la peur ou quoi que ce soit d'autre. Quand la porte s'ouvrit sur un jeune homme dont elle ignorait totalement l'identité, elle ne se retint toujours pas de lui pincer les joues pour y apposer deux gros baiser accompagner d'un bonus sourire. « Helloooo mon chéri ! » Elle le considéra quelques secondes sans se départir de son sourire puis lui montra ses bagages. « Si tu pouvais me prendre les deux valises tu serais un amour ! » Elle le laissa à sa besogne et pénétra dans la maison des Pritchard comme s'ils attendaient sa venue depuis des semaines. « Il y a quelqu'uuuun ?! »
Cette ainsi que la petite famille faisait ses adieux à leur (relative) tranquillité.

Violet vit un deuxième adolescent débarquer et lui offrit le même accueil qu'à celui qu'elle supposait être son frère. Elle se rappelait à présent très vaguement d'une histoire de jumeaux. Puis elle vit sortir de nulle part un troisième petit monstre qu'elle papouilla avec encore plus d'ardeur tandis qu'elle ignorait encore un peu plus qui il était ! Elle sauta au cou de sa sœur, la trouva terriblement maigre et maladive et ne se fit pas prier pour le lui faire remarquer. « Tu as une mine affreuse Mariella ! » lui dit elle avec un air inquiet en lui frottant la joue. Puis elle découvrit ce qu'était devenu la petite fillette d'autrefois, dont elle oubliait encore le nom, en voyant débarquer la désormais grande Harper. Elle ne s'embarrassa pas vraiment d'explications superflues pour justifier son arrivée fracassante, elle se contenta de prendre la visage de sa sœur entre ses paumes et de lui déclarer avec un sourire angélique et bienveillant : « Je viens habiter ici ! C'est formidable non ?! » En voyant le premier jumeaux embarrassé avec ses bagages elle lui dit « Tu peux mettre les valises dans une chambre et l'un de vous m'accueillera dans son nid ?! »
Une fois Violet invitée à dîner (un comble de se faire inviter dans sa propre demeure se dit Violet), cette dernière se vit tout de même forcée de délivrer quelques informations supplémentaires de la part de Mariella qui l'avait isolée dans la cuisine. « Tu n'es pas heureuse de me voir ?! On va s'amuser comme des folles, on va rattraper le temps perdu ! » « Ce n'est pas ça. Évidemment que je suis ravie de te voir, mais avoue que ce n'est pas rassurant de te voir arriver avec toutes tes affaires sans savoir ce qui t'es arrivé. » Violet en convint et prétexta qu'elle avait divorcé, qu'elle avait besoin d'un nouveau départ et n'avait pas su où se réfugier à part ici. Mariella se montra désolée mais Violet avec de grands gestes et grands sourires lui assura que « C'est la vie, ne t'en fais pas ! Ce n'est pas un drame, j'ai divorcé, comme toi ! » N'ayant pas vu Ethan dans les parages, Violet en avait conclu que leur mariage avait pris l'eau, mais Mariella lui avoua assez laconiquement que son mari était décédé presque dix ans auparavant. « Bon, et bien j'espère que tu aimes le whisky parce que je lui en avait ramener une bouteille. Nous allons boire à sa santé ! » Elle allait s'en aller chercher la bouteille mais s'interrompit juste avant de sortir. Il était difficile pour Violet de rester sérieuse et de considérer les événements avec une certaine solennité, mais elle plongea ses yeux dans ceux tout humides de sa sœur et la prit quelques secondes dans ses bras. « Je suis désolée... »

On passa à table un peu plus tard dans la soirée, sans que Mariella n'aie bu finalement une seule goutte. Violet avait appris dans la foulée que sa sœur était sous traitement depuis la mort d'Ethan. « Tu ne devrais pas prendre ces saloperies d'anti-déprésseurs, tu sais que la marijuana a des vertus thérapeutiques incroyables, et ça au moins c'est naturel ! » On ne tint pas compte de son argument mais Violet n'était pas décidée à jeter l'éponge.
Elle était venue là pour son bien à elle, mais en une seule soirée, elle découvrait bien assez que sa venue à Lima pourrait être bénéfique à sa sœur et même à toute sa famille. Violet n'était pas forcément quelqu'un d'altruiste, mais elle était tout de même sensible à la détresse, en particulier celle qu'elle considérait à nouveaux comme ses proches. Oui, Violet allait rendre leur vie meilleure.
Au cours du repas, elle pu réviser les prénoms de chacun. Elle entendit Joshua, quelque chose comme Justin ou July. Elle entendit Ethan, ce qui la plongea dans la confusion, et elle se souvint de Lilibeth. Elle avait les bases se disait elle, il lui faudrait un peu de temps pour avoir un sans faute. En attendant elle les interpellait tous d'un signe de la main, d'une caresse dans les cheveux en les appelant tous chéri, petit ange ou encore croquette. Il fallut également rappeler à toutes ces têtes blonde qui elle était finalement, car si les plus âgés l'avaient compris, c'était la première fois que Violet et la dernière petite fleur (comme elle le surnomma) de la famille se rencontraient. Cela ne lui déplaisait pas de devenir une tante à nouveau mais elle proscrit tous les sobriquets ridicules qui allaient avec le rôle. Elle semblait être la seules à disposer de tels surnom pour les nommer eux. Ce serait Violet ou Vi, mais rien d'autre !

Après le dîner, Mariella alla se coucher et Violet constata que sa sœur souffrait véritablement d'une grande fatigue. Elle aida les enfants à tout débarrasser et ils s'installèrent dans le salon pour continuer les récits incroyables et inventés de Violet. Au bout d'un moment, la convivialité de la situation lui donna envie de fumer et c'est naturellement qu'elle se tourna vers les jumeaux. « Les chéris vous n'auriez pas un petit décontractant ? » Malgré son sourire entendu, elle dut insister plus explicitement devant la mine circonspecte des garçons. « De l'herbe ? » Toujours aucune réaction sinon une négation de la tête. « C'est pas vrai ?! Un joint ? Non ?! Vous êtes des adolescents ou quoi ?! » Elle se leva avec l'envie de rire aux éclats devant la tête de ses neveux et se dirigea vers la cuisine. « Il va falloir vous y mettre les garçons, je vais pas fumer des aromates moi ! »
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Occupation : Employée à mi-temps à la Lima Station, étudiante au Lima Health Sciences Program de l'Ohio State University
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MessageSujet: Re: 03. [Pritchard's] Auntie is Back !   Ven 29 Nov - 17:56

Laissant ses révisions de chimie de côté, au moins le temps de prendre connaissance de ce qu’il se tramait au rez-de-chaussée, Harper était descendue du premier au son mélodieux du carillon. La scène qui s’était jouée devant ses grands yeux bleus lui était apparue comme se déroulant au ralenti, tant et si bien qu’elle n’avait même pas remarqué les œillades appuyées des jumeaux en sa direction. Curieusement captivée par l’arrivée de la jeune femme entrée sans se soucier du dérangement qu’elle causait, Harper s’était arrêtée en plein milieu de la descente d’escalier. Perchée sur l’une des plus hautes marches, elle était restée interdite en regardant cette personne à la chevelure flamboyante prendre possession des lieux. Elle pépiait des ordres comme si les habitants de cette maison étaient censés savoir qui elle était. La colère qu’aurait dû ressentir la brunette face à cette visite importune était restée étrangement enfouie en elle. Anesthésiée par le choc d’un événement qui, elle l’avait senti jusque dans ses os, menaçait de bousculer son quotidien, Harper avait momentanément perdu sa voix, plongée dans une réflexion telle qu’on pouvait lire chacun de ses raisonnements, même les plus alambiqués, sur son visage.
Généralement, lorsque des inconnus se présentaient au seuil de la maison familiale, Harper les rabrouait superbement. Mais le fait était que l'individu qui demandait à ses frères de porter ses bagages n’était pas véritablement une inconnue. Elle le devina quand Mariella l’enserra dans ses bras maigrelets. Un sourire radieux remonta ses pommettes molles pendant qu’elle demandait à sa fille de faire bouillir de l’eau pour le thé. Harper avait crispé ses traits dans un effort de discernement, se mordant ses lèvres gercées par le froid s’abattant sur la ville depuis la fin du mois de novembre. Elle tenta de se souvenir de l’endroit où elle avait pu rencontrer cette visiteuse, car elle reconnaissait sa voix nasillarde. Ses yeux avaient une forme qu’elle connaissait également, ça l’avait troublé au point qu’elle avait cillé fébrilement. En plongeant son regard dans celui de sa mère, la lueur de lucidité qu’elle n’avait plus jamais revue s’était rallumée. Dans un même temps, Lilibeth avait mis le doigt sur l’identité mystérieuse de la rousse qui annonça son emménagement-surprise : il s’agissait de sa tante, Violet.

« On les met où ses bagages, hein ? Dans la chambre d’amis ? » Demanda Julian dans un murmure précipité. Sur les talons de sa sœur qui se dirigeait vers la cuisine, il s’approcha d’elle pour la regarder tirer vigoureusement sur les boucles de la poupée de porcelaine que Violet lui avait offerte en croyant avoir à faire à une petite-fille. Harper sentit le souffle régulier de son frère soulever les petits cheveux sur sa nuque tendue, alors elle chassa ce frisson désagréable en passant une main dessus et détourna son regard des yeux vides de la poupée fragile. S’engageant dans la cuisine, elle pressa avec son pied le mécanisme de la poubelle où elle laissa tomber le jouet avec tellement de force que la tête se brisa en mille morceaux. Harper ne réfléchit pas, elle lui répondit « Elles resteront dans l’entrée. » Elle pinça les lèvres, écrasant si fort leur ourlet qu’on ne distingua même plus la ligne charnue de sa bouche. Julian pencha imperceptiblement la tête en l’imitant – les mauvaises habitudes étaient héréditaires « Lili… » commença-t-il dans un soupir « Quoi ? » objecta-t-elle agressivement, tournant la tête vers lui. Un duel de regards se joua durant quelques secondes, mais Julian battit en retraite à cinq, à peine, et carra les épaules pour démontrer qu’il prenait bien la défaite. Vidant ses poumons de toute la lassitude que lui inspirait l’attitude belliqueuse de sa sœur aînée, il s’apprêta à s’échapper de la cuisine, mais s’arrêtant en chemin, il se retourna pour lui dire, moralisateur « Invite-la à rester dîner, ça fera du bien à maman. » Harper se tut, s’avançant vers l’évier. Il insista, sa voix s’intensifiant sous la colère agrémentant son discours « T’as vu son sourire quand Violet est entrée ? Pense à elle, ça va pas te tuer de rajouter un couvert. Je préparerais le dîner si ça t’est insupportable à ce point. » Et il quitta la pièce d’un pas vif. Juste à temps, songea sa sœur, qui avait envisagé d’expulser toute la colère qui sortait enfin de sa cachette, en lui jetant au visage l’éponge imbibée d’eau posée sur le rebord de l’évier.

Julian n’avait pas eu besoin de s’occuper du dîner, Harper s’en était chargé, s’évitant ainsi d’être confrontée à l’intruse. Cette dernière prenait d’ailleurs les révélations qu’on lui faisait avec tant de détachement que plusieurs fois Harper avait rongé son frein, prête à lui demander si elle aussi n’était pas folle. Seulement, ç’aurait fait insulte à Mariella, de fait elle préféra se murer dans son mutisme pour ne pas tomber dans ce genre de maladresse.
Pour faire plaisir à l’assemblée, Harper s’était néanmoins bien comportée. Elle s’était à peine jointe à la conversation, employée à faire de ses pommes de terre le plus beau volcan de purée du pays, mais elle ne s’était pas montrée discourtoise pour autant. Pas même quand Violet prodigua ses conseils en matière de remède médicinal à sa mère. Elle se contenta tout juste de se mordre la langue jusqu’à sentir le goût du sang dans sa bouche et fredonna Twinkle Twinkle Little Star entre ses dents serrées au maximum pour calmer le feu atroce embrasant ses joues rondes. Une fois le dîner terminé, elle débarrassa la table sans plus émettre le moindre son.
Sa mère alla se coucher, lui laissant le bon soin de s’occuper de la vaisselle. Une autre occasion sur laquelle Harper sauta pour ne pas se joindre au comité d’accueil officiel de Violet. Était-elle jalouse ? Elle ne se posait pas la question, car elle reconnaissait l’évidence : bien sûr qu’elle l’était. Elle aurait tellement voulu avoir ses frères de son côté.

D’une oreille distraite, elle entendit donc sa "tante" raconter des histoires sur sa vie, sur son mariage et sur ses amies. Pas un sourire ne vint étirer la bouche pulpeuse de Lilibeth. Elle n’avait pas envie de participer à cette mascarade, et se garda bien de réagir aux rires en restant terrée dans la cuisine, face à l’évier débordant de mousse et d'assiettes propres qu’elle entassait les unes sur les autres. Harper ne parla pas, ne lança aucun regard à la fenêtre pour regarder le gel tomber sur les pointes du portail grand ouvert, mais quand Violet parla d’herbe, la réaction de Harper ne se fit pas attendre. Ses narines frémirent, son dos se redressa, douloureusement raide.

« Au lit, les garçons ! » s’écria-t-elle de la cuisine. Aussitôt, des complaintes protestataires se firent entendre. N’y prêtant pas attention, elle attrapa un torchon sec pour se sécher ses mains pleines de mousse parfumée, rejoignant l’encadrement de la porte, tandis que la rousse passa à côté d’elle, accompagnée par le cliquetis singulier de ses nombreux bijoux. Julian la regarda longuement et échangea avec sa sœur un regard qui signifiait clairement, Ne gâche pas tout, garde ton calme. Pas certain d’avoir réussi à faire passer le message, il se résigna toutefois et jeta son petit frère par-dessus son épaule. Joshua à leur suite, ils montèrent à l’étage, après s’être répandus en bonne nuit auprès d’elles deux.
Une fois que Harper fut sûre qu’ils soient montés, elle se retourna vers Violet. Les sourcils froncés, elle lui lança « C’est quoi ton problème ? » Parler de drogue sous le toit des Pritchard était interdit. Harper souffrait trop de voir sa mère si mal en point, si éloignée de la réalité à cause des médicaments qu’elle ne faisait pas la différence entre la drogue dite récréative et les traitements costauds qu’on donnait aux gens atteints de dépression comme Mariella. Elle abattit brusquement son torchon sur la table de laquelle elle s’était rapprochée, fixant la jeune femme sans cligner des yeux « Tu crois que tu peux débarquer, te faire nourrir et terminer la soirée en leur demandant de l’herbe sur le ton de la conversation. C’est quoi ça ? C’est la normalité de se défoncer après avoir pris un bon repas ? » Elle esquissa un sourire sardonique. Pas plus d’une seconde, car son visage se durcit aussi vite « Tu t’es cru où, exactement ? C’est pas un squat, ici. » Contournant la table pour retourner devant l’évier, elle en tira la bonde, puis pivota de nouveau pour appuyer ses reins contre le rebord en croisant les bras sur sa poitrine. Harper regarda Violet de bas en haut, et tout en arquant un sourcil, elle prononça un verdict sans appel « Tu peux pas rester. »
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MessageSujet: Re: 03. [Pritchard's] Auntie is Back !   Ven 29 Nov - 19:23

Alors que Violet fouillait dans toutes les boîtes et tous les placards de la cuisine, elle entendit Lilibeth envoyer ses frères au lit. La rousse ne s'en inquiéta pas outre mesure, bien trop occupée qu'elle était dans ses fouilles. Elle se contenta d'une petite moue désapprobatrice, compatissants autant qu'elle le pouvait avec les garçons. « Bonne nuit les chéris ! » Leur cria t-elle depuis les sachets de riz, d'aromates et de céréales. Ces circonstances la mettait bien en peine ! Ce n'était pas tant de ne pas pouvoir fumer le soir même, mais s'il n'y avait rien dans cette maison, il allait falloir se fournir ailleurs. Violet soupira bruyamment à cette idée tout en fermant les placards sans rien remettre en ordre. Elle abandonnait.
Elle considéra sa nièce qui semblait guetter le silence depuis l'encadrement de la porte et tenta de la raisonner. « Lili laisse les... » Violet eut à peine le temps de terminer sa phrase qu'elle se fit couper la parole par la petite brunette qui semblait vouloir ouvrir quelques hostilités. Violet resta coite et la considéra quelques secondes en haussant les sourcils, visiblement surprise de cette agression et lui lança en toute naïveté en levant les mains. « De quoi tu parles ? Tout va bien non ? » Si Violet s'attendait à ce que les choses tournent ainsi ? Absolument pas. Elle n'avait même pas remarqué les réserves de sa nièce depuis son arrivée. Trop confortablement installée qu'elle était dans son enthousiasme elle n'était pas disposée à considérer l'ambiance presque mortifère qui régnait en réalité dans cette famille, comme une ombre qui guettait la maison depuis ses sous-bassement. Elle avait fait son arrivée en fanfare sans prendre garde à ce qu'elle écrasait de si fragile au passage car prendre garde, ce n'était pas dans le naturel de Violet. Selon elle, tout était simple, et rien ne méritait de complication inutile. S'il y avait des ennuis, on fuyait, si l'on était triste, il n'y avait qu'à rire, et pour terminer une bonne soirée, oui, il ne fallait pas l'interrompre et seulement faire en sorte qu'elle soit encore meilleure si possible, enveloppé de quelques volutes de fumée si possible. C'est ce dernier point qui semblait ne pas convenir à Lilibeth. Qu'à cela ne tienne, Violet allait lui faire entendre son point de vue sur la question. Elle s'assit sur le plan de travail de la cuisine à côté de son bazar avec un sourire pour fouiller dans son sac en dédramatisant un peu. « Je t'en prie ce sont des ados ! Ce n'est pas ça qui va les tuer, ils ont besoin de faire leurs expérience ! Toi aussi, tu as déjà fumé j'imagine. Quand j'avais une quinzaine d'année comme toi je passais mon temps à faire l'expérience de la vie, je rêvais d'aller en Inde, à Woodstock ! C'était une sacrée époque tout de même ! » Elle pris son paquet de cigarette puisque c'était tout ce qui lui restait et s'appuya au mur en déclarant « Je ne me crois pas dans un squat, je me sens en famille ! C'est super non ?! »
Violet sortit une cigarette de son paquet, chercha un briquet des yeux quand sa nièce lui annonça avec une malice glaciale qu'elle ne pouvait rester. Violet, qui s'apprêtait à porter sa cigarette à sa bouche s'interrompit tout net en esquissant un sourire confus tout en fronçant les sourcils. Elle ne put que se redresser un peu pour se donner un peu de contenance. « Comment ça ? » Ce n'était décidément pas l'accueil qu'elle attendait. Du moins, elle n'avait rien à redire sur celui du reste de la famille mais elle avait expecté un engouement général. L'espace d'une seconde, le regard de sa brunette de nièce la blessa, une piqûre qui toucha son orgueil juste après son cœur. Pour qui se prenait elle ?! Violet n'avait aucune envie de ruiner ses retrouvailles avec sa famille le soir même, et surtout, si elle partait, elle n'avait nulle part ailleurs où aller et pour cela, elle était décidée à défendre sa place sous ce toit. « T'es le petit Franco de la famille en fait ! » lui lança t-elle avec ironie sans quitter son sourire. Elle descendit du plan de travail avec un petit saut maladroit et continua avec un soupçons en moins de nonchalance. « Tu n'es pas le chef de cette maison Lili et ce n'est pas à toi de prendre de telle décision. Alors je reste. on est d'accord ?!» Elle se remit en quête d'un briquet après lui avoir souri pour conclure et trouva finalement des allumettes dont elle s'empara. Elle passa derrière sa nièce pour accéder à la fenêtre et l'ouvrit. Le froid de cette fin de soirée pénétra en un souffle dans la cuisine.
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MessageSujet: Re: 03. [Pritchard's] Auntie is Back !   Ven 29 Nov - 23:52

Si tôt l’avait-elle appelé Lili que le sang de cette dernière ne fit qu’un tour. Hérissant les poils de ses bras, réveillant toute l’irritation qu’elle ressentait à l’idée de se confronter à une parfaite inconnue à ses yeux, la voix teintée d’enthousiasme de Violet devenait plus odieuse encore que lorsqu’elle avait conté ses péripéties aux garçons. Personne n’avait le droit de l’appeler Lilibeth. Ce privilège était réservé exclusivement à ses frères ainsi qu’à sa mère car il s’agissait d’une farce visant à la titiller gentiment ; ce surnom, témoignage permanent de leur affection, n’appartenait qu’à eux. Partager une branche sur le même arbre généalogique n’autorisait pas Violet à l’appeler comme ça, et ça l’autorisait encore moins à prendre ses aises comme elle l’avait fait depuis qu’elle avait passé la porte du foyer de Mariella. Le cœur de Harper se mit à battre très fort dans sa poitrine, au point qu’elle dut exercer une pression rapide avec la paume de sa main contre son buste pour masser l’endroit où il tambourinait à l’en faire souffrir.
Harper s’était retenue. Elle avait rongé son frein en gardant son impulsivité notoire enterrée dans les tréfonds de son âme pour contenter sa famille, sa vraie famille. Quelque part en elle, elle savait qu’elle aurait dû se montrer aussi chaleureuse que les autres à l’idée de recevoir quelqu’un sous leur toit, seulement Harper n’arrivait pas à s’en réjouir. Parce que c’était trop difficile, qu’il s’était passé trop de choses... et surtout qu’elle était trop amère, trop en colère contre le monde entier pour nourrir l’illusion qu’elle appréciait la sollicitude qu’on portait soudain à sa famille. Le silence qu’elle avait respecté durant le dîner n’avait été qu’extérieur. Dans le secret de sa conscience, elle n’avait cessé de se poser la question suivante : pourquoi maintenant ? Pourquoi Violet rappliquait sur le pas de leur porte après dix ans à faire comme tous les autres – c’est à dire à ignorer le malheur qui avait frappé sa famille au moment même où une bombe détonait quelque part dans le désert ?
Contrainte de rester sereine et respectueuse jusqu’à présent, Harper sentait monter en elle une vague qu’elle n’essaierait plus de repousser. Comme à chaque fois qu’elle essayait de se tempérer, elle en payait les conséquences en ressentant des douleurs bien réelles lui rappelant tristement qu’elle n’était pas censée agir avec autant d’entendement. Qu’elle n’était pas faite pour se taire et subir, tout simplement.

Violet sous-entendit alors que Harper bridait l’adolescence de ses frères. Ce n’était pas vrai. Julian et Joshua étaient libres de leurs mouvements et de leurs choix. À l’exception des recommandations strictes de leur sœur aînée sur les drogues, elles leur faisaient une confiance aveugle et ne leur interdisaient absolument rien. Ils sortaient, avaient des amis, des petites copines depuis très récemment, et ne souffraient pas d’avoir une sœur trop envahissante sur le dos, car elle leur laissait vivre leur vie sans demander de rapport complet à leur retour à la maison. Ils savaient que s’ils commettaient des erreurs, elles les aideraient à les assumer en conséquence, mais qu’elle ne porterait pas le fardeau qui leur revenait de porter si jamais un malheur se produisait. Harper était juste avec eux, ni plus ni moins. Elle s’employait à rendre leurs jours ingrats les plus agréables possible en abordant tous les sujets sans aucun tabou pour qu’ils ne s’enferment pas dans le secret et qu’ils n’aient pas à vivre tout ça tout seuls, comme elle avait été forcée de le faire à la puberté. Elle savait ce que ça faisait, elle ne voulait pas qu’ils en fassent l’expérience, eux aussi. La gorge de Harper se serra sous le coup de la vexation, mais elle ne dit rien néanmoins, sachant qu’il lui restait une meilleure carte à jouer. 
Elle ne tarda pas à le faire d’ailleurs, bien décidée à faire resurgir la face moins glorieuse de sa personne et annonça d’un ton glacial à Violet qu’elle ne pouvait pas rester. L’expression de surprise sur le visage de sa tante lui fit esquisser un sourire en biais, à la limite de la réjouissance sadique, et elle croisa plus fort les bras sur sa poitrine, tandis que l’eau dans l’évier s’écoulait lentement. Elle lui demanda d’expliciter, Harper n’hésita pas un instant « C’est simple, je veux que tu prennes tes valises, et que tu te tires. » Comme éclaircissement, il n’y avait pas mieux. Pendant que l’estomac de Harper se décontracta sous l’effet libérateur de cette revendication, Violet pointa du doigt le rôle de sa nièce au sein de la fratrie.

Oh, oh, pensa-t-elle en assistant à l’éclat de voix ridicule de sa tante qui sauta du plan de travail, la cigarette au bec. Si les garçons se comportaient en charmants jeunes hommes bien élevés la plupart du temps, la seule fille de la famille en revanche avait pour habitude de faire preuve d’un caractère des plus exécrables. Si Violet pensait l’impressionner en usant d’intonation autoritaire, elle se fourrait le doigt bien profond, parce qu’à part un petit rire insolent, ça ne provoqua rien d’autre chez l’adolescente. Alors que l’écume de la vague de colère qui s’apprêtait à dépasser ses lèvres se faisait plus dense à mesure qu’elle suivait du regard la quête de la jeune femme, Harper choisit de ne rien répondre sur le moment. Ce fut seulement quand Violet ouvrit la fenêtre de la cuisine pour fumer sa cigarette en paix qu’elle reprit vie. Donnant un vif coup avec le dos de sa main dans le filtre de la cigarette qui dépassait de sa bouche et qui sauta ni une ni deux à l’extérieur de la maison, Harper la regarda directement dans les yeux. Cette forme en amande qui lui disait quelque chose, c’était la même que celle des yeux de sa mère. Ça ne l’arrêta pas, toutefois. Elle d’approcha d’elle, son visage se retrouvant à quelques centimètres à peine du sien.

« Détrompe-toi, Violet. » Elle insista lourdement sur son prénom, grimaçant avec désinvolture « Je paie les factures. D'après la définition que tu trouveras dans tous les bons manuels de gestion d’un foyer moyen, ça fait de moi le chef de famille. » Elle prit une expression d’ahurie, levant les mains en l’air tout en remuant la tête et ouvrant très grand la bouche « Surpriiiiiise ! » S’arrêtant brusquement d’avancer, laissant tomber ses bras le long de son corps, Harper étudia un moment le visage de la rousse avant de reprendre « Le putain de bon repas que t’as avalé ce soir, c’est moi qui l’ai cuisiné mais pas seulement ; je l’ai aussi payé. Alors, tes leçons de morale à la con, tu peux te les garer là où je pense. » Elle arqua un sourcil en reculant la tête et posa une main sur le haut de sa propre poitrine comme pour mimer l’incompréhension totale. L’expression sur son visage suivie l'intention qu'elle voulait donner à son geste, à croire que Lilibeth avait des talents insoupçonnés pour la comédie « Je dois te montrer l’endroit dont je te parle ? C’est peut-être trop subtil pour la bobo-chic que tu es. » Elle ne la laissa pas répondre. À la place, elle vint placer sa bouche près de son oreille et lui murmura, les dents serrées « Et ne m’appelle plus jamais Lilibeth. Sinon je te promets sur ma vie que je te fais bouffer tes breloques. » Elle lui tapota doucement l’épaule et s’écarta en souriant de toutes ses dents. Écarquillant les yeux en s’affairant à épousseter le tissu fluide du top de Violet, elle ajouta « Saupoudrées de quelques aromates, hum ? Ça devrait être délicieux ! Qu’est-ce que t’en dis ? » Comme si de rien n’était, Harper haussa les épaules en émettant un son faussement enjoué, puis elle se retourna sur l’évier vide. Elle rinça les reliefs de mousse parcheminant l’inox, alors que dans sa tête, elle ne put s’empêcher de réciter pour elle-même : Nobody fucks with the Pritchards.
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MessageSujet: Re: 03. [Pritchard's] Auntie is Back !   Lun 2 Déc - 0:59

Tout était parfait ! Une clope au bec, un lit pour ce soir – dont elle n'assurerai la place pour longtemps – et la petite Harper méchamment envoyée dans les roses. La soirée pouvait reprendre son cours agréable malgré l'air glacial qui chiffonnait déjà les oreilles de Violet. Elle alluma son allumette, la porta vers sa cigarette... et la tranquillité de cette soirée ce retrouva une fois encore sur la sellette !
Si Violet n'avait pas été si surprise, elle aurait souffler aussi bruyamment qu'il était possible de le faire pour que son soupir soit à la hauteur de son exaspération. Ce n'était pas la patience qui allait bientôt faire défaut à la jeune femme, car Violet n'avait aucune patience. Sa nonchalance hors du commun prenait très bien les airs de la patience mais c'était en réalité un manque cruel de volonté et d'endurance qui caractérisait cette apathie sympathique qu'elle affichait face à l'adversité. Seulement, Harper venait d'éjecter d'un geste son sésame pour une soirée sympa à travers la fenêtre, et c'est avec une stupeur et un désarroi un tant soit peu exagéré qu'elle considéra les ténèbres dans lesquelles s'étaient perdues sa dose de nicotine. Oui, Violet semblait patiente, mais de quelques natures que fut cette patience, elle avait des limites, et Harper étaient sur le point de les franchir.
La rousse garda la bouche ouverte, béante et considéra Harper sans rien pouvoir dire. Puis elle chercha à nouveau dans la nuit. Harper, nuit, Harper, nuit, et chaque mouvement du regard semblait faire s'ouvrir sa bouche encore un peu plus grand comme si tout cela tenait d'un mécanisme pour le moins tout à fait original. Pourquoi tant d'acharnement ? Ni Herbe, ni clope. Et quoi ensuite ? Si elle continuait à jouer les républicaines du tea-party, elle allait finir par faire un bûcher de tous ses bagages !

Violet n'eut pas l'occasion de lui demander une explication que sa nièce grimaçait déjà en insistant sur son prénom pour l'attaquer une fois encore. La rousse saisi alors le problème. Sa dernière remarque avait piqué au vif la petite brune puisque cette dernière ne perdit pas de temps à lui expliquer comment tournait la maison Pritchard à grand renfort de grimace et de provocations. Harper s'occupait de tout et de tout le monde. Mais quelle rudesse chez cette jeune fille tout de même, se disait Violet. Bien sûr elle compatissait, mais était il nécessaire pour prendre en charge une maison de se forger un cœur de pierre et d'aboyer ainsi comme un chien de combat ? Des chefs de famille comblés, il en existait un stock considérable. Harper était impressionnante, elle devait l'avouer, et rarement on n'avait fait preuve d'autant d'agressivité à son égard, mais Violet réussit tout de même à élaborer quelques hypothèses psychologiques sur le cas de sa nièce entre deux œillades inquiètes. Elle avait beaucoup lu sur le sujet, il avait été indispensable de cerner un minimum les méandres de l'esprit humain pour garder la face lorsqu'il s'agissait d'écouter les histoires de ses clients avant de leur faire la diseuse de bonne aventure, et voilà ce que Violet en pensait : Harper avait besoin de fumer un bon truc qui la calmerait ! Un truc bien chargé, qui la rendrait stone pour quelques jours si possible, car pour le moment, elle semblait tout simplement ingérable et même, assez inquiétante. Cette aigreur toute glaciale qu'elle lui déversait au visage à chaque sourcil arqué, chaque sourire, chaque intonation de voix... Et en plus elle était vulgaire ! Violet esquissa une moue dubitative à propos du langage de la jeune fille et encore une fois elle ne le regretta pas puisque la petite peste surenchérit à nouveau en singeant un élan offusqué. Bobo chic ?! À nouveau son visage trahit une surprise toute honnête et elle ne put s'empêcher de gémir ce qu'elle aurait préférer dire avec autorité « Lili s'il... » Mais sa nièce vint l'interrompre en la menaçant de lui faire bouffer ses breloques s'il lui venait encore à l'idée de l'appeler Lili. Avec des aromates !

Violet n'avait rien compris de ce qui lui était tombé dessus, elle pensait arrivée auréolée d'amour et voilà qu'une gamine de quinze ans – c'était son estimation – avait décidée de gâcher la fête. Elle resta un moment à considérer sa nièce qui terminait sa vaisselle et secoua la tête pour signifier son incompréhension. Puis, elle repensa à sa cigarette, aux deux autres qui se battaient en duel dans son paquet et se dit que ça n'allait jamais être assez pour supporter la brunette en furie au cas où celle ci réclamait un deuxième round. Sans que Harper ne se soit encore retournée, Violet lui déclara d'un ton méfiant « Je vais chercher ma cigarette, interdiction de m'enfermer dehors. » Elle allait quitter la cuisine quand elle s'arrêta pour finir. « C'est un ordre de ta tante.... » Elle chercha rapidement dans sa mémoire le véritable prénom de Lilibeth mais faute de mieux elle termina avec un « Mademoiselle... » En quittant la cuisine pour de bon, elle se dit à elle même que ce n'était pas très convaincant comme avertissement, pourtant il allait falloir s'en satisfaire. Mais arrivée devant la porte d'entrée elle se ravisa. Il était évident qu'elle ne pouvait avoir aucune confiance en sa nièce. Elle chercha rapidement les clefs de la maison aux alentours de l'entrée, sans succès. Violet tapa du pied en soupirant et fit marche arrière. Il allait falloir contre attaquer le dragon. Cette gamine ne l'aurait pas volé après tout. Elle n'avait pas berné la police de Kenai, Alaska, laissé en plan son pêcheur de saumon et survécu à une fronde de ménagère pour se laisser marcher sur les pieds par sa nièce.

Elle refit son apparition dans la cuisine, s'empara de son paquet de cigarette pour arracher à la survivante son avant dernière cigarette et déclara du ton le plus ferme possible « Car oui, que ça te plaise ou non, je suis ta tante ! Alors c'est fini de jouer les Mussolini en cavale ! » Elle prit les allumettes et sans la laisser répondre elle pointa l'index en l'air. « De UN, j'ai besoin d'une clope. » Parce que tu me tapes sur le système. Elle alluma d'un geste sa cigarette, en expira une bouffée de fumée puis pointa deux doigt en l'air. « Et de DEUX, c'est moi la chef de famille maintenant. » Elle leva les bras en l'air en les agitant comme une danseuse de flamenco ne l'aurait jamais fait, faisant cliqueter sa fanfare de bijoux au passage et imita Harper en lançant avec un grand sourire « Surpriiiiiise ! » Elle prit une nouvelle bouffée de sa cigarette en s'appuyant sur le plan de travail. « Ouai, c'est moi qui paie les facture. À partir d'aujourd'hui ! J'ai assez d'argent de côté pour ça, crois moi. » Violet continua alors sur un ton plus serein et souriant en levant trois doigt devant elle. « Et de trois, lâche toi. » Ou contiens toi, c'était selon. « Je suis ici pour vous aider. » Et surtout pour avoir un toit sur la tête. « Alors inutile de t'en prendre à moi. On va bien s'amuser tu verras. Je te promets le début d'une nouvelle vie, si ce n'est pas incroyable ça ! » Violet avait presque oublier la violence de leur échange seulement quelques minutes plus tôt, mais c'est parce qu'elle avait décidé de ne pas prendre Harper au sérieux. C'était une adolescente se disait elle, les hormones faisait l'effet d'un cocktail explosif dans son petit cœur de jeune fille et Violet n'avait pas le cœur à détruire celui de celle qui décidait de sa place ici ou non.
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MessageSujet: Re: 03. [Pritchard's] Auntie is Back !   Mer 4 Déc - 18:29

Pour la seconde fois de la soirée, la voix criarde de Violet creusa une profonde galerie dans les tympans assourdis par la rage contenue de Harper. Saisie par ce bourdonnement intempestif, elle glissa son auriculaire gauche dans son oreille du même côté pour tester son ouïe en pensant pendant une minute que cette grognasse à froufrous venait de lui pourrir son audition – sale hippie puante, pesta-t-elle, les mâchoires serrées. D'ordinaire prémunie contre les cris, les pleurs, les complaintes et même les supplications, Harper n'en pouvait plus. Les accents aigus dans le ton de Violet l’insupportaient davantage qu’une armée de bambins à la sortie de l’école maternelle. Et elle comprit ainsi que tout en sa tante avait été conçu pour la contrarier. De ses breloques clinquantes (sûrement du toc) jusqu’à son parfum aux notes prédominantes de marijuana et de tabac (bien moins agréables que les résidus qu’elle flairait quand Jamie était dans les parages), en passant par ses ongles peints de différentes couleurs (seule Andie portait bien la manucure dépareillée)… Ses cheveux rouge vif, son simulacre d’enthousiasme, ses vêtements vaporeux, son rire de sotte : tout, absolument tout chez cette femme lui donnait envie de foncer sur elle pour la faire quitter les lieux en la tirant par les cheveux. Et ça malgré qu’à chaque fois que Harper la regardait droit dans les yeux, la sensation d’avoir à faire à une version plus jeune de sa mère la frappait avec tant de violence qu’elle se jura de ne plus jamais affronter directement son regard pour ne pas se laisser attendrir. Ça lui faisait mal d’avoir un aperçu de ce qu’aurait pu être sa vie si Mariella avait su sortir la tête de l’eau après le décès de son époux. Plus soucieuse de préserver sa propre sensibilité que d’habitude, Harper se renfrogna. Puisqu’on lui donnait l’autorisation de la haïr, mettant sur son chemin des caractéristiques qui l’indisposaient au possible, la brunette ne bouderait pas son plaisir. Pas de quartier ! C’était terminé de s’apitoyer. Si elle voulait la guerre, Violet l’aurait.

Ne se faisant pas prier pour pousser un soupir impoli, Harper roula des yeux avec une lenteur étudiée. Se répercutant sur les murs bien isolés de la cuisine, les paroles de la rousse la firent à demi-sourire et elle se para aussitôt de son célèbre zèle avant de faire volte-face. Elle retrouva sa position fétiche ; reins posés contre les rebords de l’évier, les bras croisés sur sa poitrine toujours aussi douloureuse – son cœur cherchait-il à en sortir ? Se mordant férocement les lèvres, l’air absent, Harper voua un intérêt feint au trajet de sa tante jusqu’au vestibule, se concentrant avec soin sur le bruit que faisait ses talons sur le sol pour ne pas bondir sur elle. Songeant avec ravissement aux différentes façons de la tuer sans que ça ne vienne jamais aux oreilles de quiconque, elle sursauta quand contre toute attente la folle aux breloques rebroussa chemin en faisant ainsi perdre tout espoir à Lilibeth de l’attaquer par-derrière avec la râpe à fromage qu’elle s’était mise à convoiter d’une œillade gourmande.
À la place de sa tante, elle ne tenterait pas le diable. Car Harper se connaissait par cœur et qu’elle n’était pas sans savoir que son plus gros défaut, c’était qu’elle n’avait aucun filtre. Elle n’éprouverait aucun regret à s’armer de sa facilité à partir dans des discours éloquents parce qu’elle ne s’en cachait pas ; son objectif premier lorsqu’elle se retrouvait prise à partie de la sorte, c’était que la personne en face d’elle batte en retraite pour la laisser victorieuse. Depuis qu’elle était en âge de se servir de son bagou naturel, elle avait toujours eu le dernier mot, la mésaventure Faithorn mise à part. Cette fois encore, Harper s’appliquerait à poser le dernier point, que son interlocuteur fasse partie de sa famille ou pas.

Un rire cristallin, étonnement spontané et dépourvu de toute tentative de jouer la comédie, sortit de la bouche de Harper. Violet pensait sans aucun doute pouvoir la blesser en utilisant tous les patronymes insultants possibles mais au contraire tout ça ne faisait qu’éclater autour d’elle, comme un feu d’artifice particulièrement distrayant, sans jamais l’atteindre. Harper était blindée, totalement hermétique aux attaques qui la prenaient pour cible. La seule façon d’ébranler la tenace Lilibeth, c’était de s’en prendre directement à sa famille. On avait fait courir des rumeurs sur elle au lycée et même dans le voisinage, elle en était sortie plus forte et plus éclairée sur le genre humain. Transformer tous les potins, tous les coups durs en arme redoutable pour mieux prendre les autres à leur propre jeu, c’était son moyen de survie. Oui, Violet pouvait s’attaquer à elle si ça lui chantait, Harper était assez orgueilleuse pour ne pas prendre les insultes d’une ratée dans son genre, mariée à dix-sept ans, droguée à vingt-huit, pour argent comptant. La plus misérable dans l’histoire, songea-t-elle, ce n’était inéluctablement pas elle.
Violet se rapprocha d’elle, allumant sa cigarette en se fichant comme d’une guigne que la maison soit une zone non-fumeur. Le rire de la brune s’amenuisa péniblement dans la cuisine chaleureuse des Pritchard, si bien qu'elle posa ses doigts sur sa bouche pour s’empêcher d’éclater de rire de nouveau. Regardant Violet se débattre avec le caractère affirmé de sa nièce qui continuait à l’écouter en affichant un sourire narquois sur son visage. Une fois qu’elle eut achevé son discours boiteux, cette dernière lui dit :

« Tu es ma tante, c’est bien ça ? » Un couinement d’hilarité s’enfuit de ses lèvres. Elle prit une grande inspiration, aspirant à calmer le feu abominable qui continuait de grandir dans sa cage thoracique mais qu’elle tentait de dissimuler grâce à son attitude toujours aussi désinvolte. Ses poumons remplis d’air, pas soulagée pour autant, Harper reprit avec un soupçon de sourire dans la voix « On a le même arbre généalogique, ça fait pas de toi un membre de ma famille. Je vais t’expliquer, juste au cas où, parce que visiblement dans ton monde enfumé, on n’a pas les mêmes codes que dans le monde réel : les liens familiaux, ça se tisse au fil des années, tu saisis ? Thanksgiving, Noël et tous les événements malheureux comme… » Elle joua la réflexion en reposant un index sur l’ourlet de sa bouche une fraction de seconde à peine « Ah, mais oui ! Les enterrements ! » s’exclama-t-elle joyeusement. Bien qu’elle s’était promis de ne pas affronter son regard de plein front, Harper plongea pourtant ses pupilles bleues nuancées dans celles de Violet en espérant de tout son cœur battant la chamade qu’elle aurait assez de jugeote pour savoir de quoi elle parlait. Après une pause, elle poursuivit, un peu moins affirmée mais toujours aussi teigneuse et en se moquant même ouvertement de la jeune femme. Elle détacha bien chacune de ses phrases, comme si elle s'adressait à un enfant en bas âge « C’est à l'occasion de ce genre d’événements qu’on crée des liens, dans mon monde.» Son visage se rembrunit instantanément « T’étais où à Thanksgiving dernier, Violet ? T’étais où aux dix derniers Thanksgivings ? T’étais où à Thanksgiving de cette année-là ? insista-t-elle sans relâche. Sa voix choisit ce moment pour se fêler. Néanmoins, bien que surprise par ce déraillement incontrôlé, elle ne rompit pas le contact visuel et ajouta dans un rire guindé « Ma voisine fait plus partie de ma famille que toi, tatie Violet. » La fumée de sa cigarette l’incommoda soudain et fit monter les larmes à ses yeux qui se bordèrent de larmes. C’était un mensonge, ce n’était pas à cause de la cigarette que ses yeux s’embuèrent, mais comment ne pas utiliser une excuse qu’on lui fournissait sur un plateau ?
Toussant exagérément, le poing devant la bouche, Harper détourna la tête et d’une vive poigne, elle arracha finalement le paquet de cigarettes des mains de sa tante, lui arracha aussi celle qu’elle avait dans la bouche puis elle se tourna pour ouvrir le robinet d’eau froide. Elle jeta sous le jet ces immondices, les noyant sans regrets, tout en s’intimant de ne pas craquer maintenant. Lorsqu’elle fut sûre d’avoir retrouvé bonne contenance, elle s’exprima de nouveau « C’était il y a dix ans qu’on avait besoin de ton aide. Et encore, on s’en est toujours sortis à merveille sans l’aide de personne. » Encore un mensonge. Refermant le robinet, elle fixa un instant les cigarettes détrempées dans l'évier « Puisque tu sembles avoir teeeeellement d’argent, tu verras pas d’inconvénients à passer la nuit ailleurs que dans cette maison. » Elle se redressa pour carrer les épaules, cherchant à retrouver son assurance et tourna la tête pour regarder Violet. Les yeux totalement secs désormais, elle crispa une dernière fois la mâchoire. Au prix d'efforts considérables pour ne pas exploser, Harper secoua sensiblement la tête et pivota sur ses talons pour rejoindre l’entrée de la cuisine.
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03. [Pritchard's] Auntie is Back !

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