Choriste du mois


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 03. Smile like you mean it and let yourself let go

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Ginger Spice ; You bet you're gonna lose it to that hellbound crimson glory
Age : 25 yo
Occupation : Galeriste, chef auto-proclamée de la Pension Preston, life coach du dimanche et membre des Second Chance
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MessageSujet: 03. Smile like you mean it and let yourself let go   Ven 29 Nov - 17:09

Plantée sur un bout de trottoir, affrontant stoïquement l'air vivifiant - pour ne pas dire glacé - de décembre, la rouquine se demanda si elle n'allait pas faire demi-tour. Après tout, elle n'avait pas de rendez-vous. Après tout, sa stratégie, proche de celle du fake it until you make it des coachs de vie qui essaient de vous vendre des livres et des séances de psychologie de comptoir, avait relativement bien marché jusqu'ici. Après tout, elle était Lexie Antonia Jane Preston, elle n'avait pas besoin de l'aide d'une association qui donnait de la soupe aux SDF et aidait les mères de famille surendettées à ne pas se faire expulser. Elle secoua vivement la tête pour chasser cette pensée affreusement snob, qui n'était pas sans lui rappeler l'air dédaigneux et l'assurance si faillible de sa mère. Et peut-être était-ce la simple perspective de finir un jour comme Emilia qui mit ses longues jambes en mouvement. La jeune galeriste marchait d'un pas rapide et décidé. Elle ne pouvait plus faire marche arrière maintenant, elle venait de dépasser l'Eglise et serait à la LPA dans deux petites minutes. Elle inspira profondément, ce qui ne manqua pas de la faire tousser violemment, si bien qu'elle resserra son épaisse écharpe blanche autour de son cou. Fichu temps, c'était le pôle nord ici. La jeune londonienne en était presque à regretter le ciel gris et l'humidité ambiante de sa ville natale, mais il valait admettre qu'un vrai hiver enneigé avait son charme. Malheureusement, la météo ne parvint pas à distraire son esprit préoccupé bien longtemps et ses grandes enjambées pressées l'avait menée à destination. Quand faut y aller...

Elle poussa la porte avec une assurance qu'elle était loin de posséder, craignant terriblement de tomber sur une connaissance. Quand on est commerçante, fêtarde de renom et aussi flamboyante que Lexie, il était normal de connaître un certain nombre de personnes, ne serait-ce que de vue. Et il était toujours étonnant de voir que, malgré les quelques 40 000 habitants que compte le Grand Lima, elle semblait recroiser les mêmes visages. C'est pourquoi elle était venue munie d'une importante cargaison de cupcakes, muffins et cookies, tout à fait dans le ton de cette saison festive. Si elle se voyait forcée de faire la conversation avec quelqu'un, elle pourrait toujours dire qu'elle faisait sa BA de Noël. L'important était de ne pas voir l'un de ses amis ou l'un de ses colocataires et c'est pourquoi elle avait fait de son mieux pour calculer son coup le plus précisément possible. Et pour une fois, Lexie Preston s'était bien organisée visiblement. Elle servit un sourire chaleureux aux quelques âmes rassemblées dans la salle commune et posa son grand sac empli de tupperwares gourmands sur une table, annonçant à la cantonade qu'elle avait apporté des victuailles. Une jeune fille, certainement bénévole, qui ne lui disait absolument rien déposa quelques boîtes sur la table et se dirigea vers la cuisine pour ranger le reste. « Tu sais où je peux trouver Emma? J'aimerai la saluer ! » lança-t-elle avec un sourire léger et irradiant de confiance. On lui signala que la conseillère d'orientation était dans son bureau, en train de faire de la paperasse mais qu'elle serait sûrement disponible. La grande rousse remercia poliment et tourna les talons en direction du dit bureau, masquant avec brio l'anxiété qui la gagnait.

C'était parfaitement ridicule, elle le savait pertinemment. On le lui avait bien assez répéter "il n'y a pas de honte à demander de l'aide" et elle-même était encline à dire qu'il fallait un certain courage pour admettre que l'on ne pouvait pas s'en sortir tout seul. Mais visiblement, c'était une forme de bravoure qui lui manquait. D'ailleurs, Lex ne se serait jamais définie comme courageuse. C'était une indécrottable optimiste, une battante plus têtue qu'un troupeau de mules, mais elle était bien loin d'être courageuse. Elle estimait simplement ne pas avoir le choix. La jeune anglaise s'était refusée à flancher devant l'adversité, ce depuis qu'elle avait assisté à la lente spirale descendante qui s'était emparée de sa mère, encline à un spleen très Baudelairien, qui n'avait toutefois rien de poétique. Drapée dans sa fierté, son snobisme, sa froideur et son arrogance, Emilia Preston avait trouvé refuge dans ses sculptures un brin morbide et le plaisir sadique de bien faire comprendre à ses filles qu'elles ne seraient jamais assez bien pour elle. C'était un miracle qu'elle soit encore mariée, cette sale mégère. Mais cela aussi, Baby Preston avait fini par le comprendre. Elle avait après tout hérité de son cher père une extraordinaire capacité à vivre dans le déni et aller de l'avant. Lui le faisait avec un flegme et une passivité toute britannique, tandis que sa fille cadette se réfugiait derrière des sourires avenants et un optimisme obsessionnel. Lexie était un roc fait de pâtisserie, de thé et d'humour, un rayon de soleil pour tout à chacun, toujours encline à écouter, préférant proposer des solutions aussi farfelues soient-elles que de baisser les bras. Ses amis pouvaient compter sur elle, elle était toujours là, avec ses blagues bancales, son charme atypique et sa capacité à attirer les confidences les plus inattendues. Elle affectionnait beaucoup ce rôle de bonne amie à l'écoute, aimait à distraire les autres de leurs tracas avec son excentricité et ses bonnes idées à revendre. Aussi, il était difficile pour elle de lâcher prise.

Bien entendu, la jeune galeriste savait qu'elle pouvait se confier à ses proches amis, qu'ils la soutiendraient vaille que vaille. Mais, le problème ne venait pas d'eux. C'était elle qui n'aimait pas être vue dans une position de faiblesse ou de tristesse. Elle tenait beaucoup trop à son image de fille imperturbable et toujours de bonne humeur, désormais solidement ancrée dans les esprits. JJ et Anna connaissaient ses facettes les moins glorieuses et avaient déjà eu à la consoler et à l'aider, ne serait-ce que récemment quand elle s'était laissée aller à raconter son calvaire londonien lors de sa réconciliation avec sa grande soeur. Mais Lexie cherchait avant tout à les protéger et si elle pouvait s'autoriser à craquer de temps en temps devant eux, elle ne voulait pas qu'il sache qu'elle était encore loin d'avoir pleinement remontée la pente. La possibilité de perdre la galerie planait comme un sombre nuage au dessus de leur tête et cela la terrifiait bien plus qu'elle ne voulait l'admettre. Anna était déjà à deux doigts de baisser les bras, elle ne pouvait pas se laisser aller sur cette pente. Joachim faisait de son mieux lui aussi et il était hors de question qu'elle le charge de ses propres soucis. Une solution s'était alors imposée à elle, un souvenir d'une terrible année passée à Lima, séparée de ses deux moitiés (de ses tiers donc?) et d'une gentille conseillère d'orientation.

Si dans un premier temps, la londonienne avait trouvé quelque peu risible qu'une personne aussi instable et effarouchée qu'Emma Pillsbury puisse donner des conseils à autrui, elle avait finalement trouvé en elle quelqu'un de confiance. Et c'était avec cette image en tête qu'elle revenait frapper à sa porte, pour le coup très littéralement. La désormais madame Schuester, qu'elle n'avait d'ailleurs pas franchement eu l'occasion de revoir hormis lors de son mariage l'invita à entrer et Lexie eu brusquement la sensation d'avoir à nouveau dix-sept ans. Elle servit un sourire moins étincelant mais néanmoins sincère à sa camarade rousse et fit un pas presque timide dans le bureau, laissant la porte se refermer sur elle. « Hum, excusez-moi de vous déranger, la demoiselle dans la salle commune m'a dit que je pouvais entrer. » Si baby Preston avait savamment orchestrée son arrivée en catimini, elle n'avait absolument pas prévu ce qu'elle allait dire. Peut-être aurait-elle dû. Elle s'éclaircit la gorge et ajouta « Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je m'appelle Lexie Preston, je... Je venais pas mal vous voir en terminale. Et je suis une bonne amie de votre frère, je l'ai accompagné à votre mariage. » C'était une version légèrement simplifiée de sa relation avec Wyatt, mais la sans doute prude Emma n'avait nul besoin d'en savoir plus. Et ce n'était pas le propos de sa venue. « En fait, j'aurais bien besoin de vos conseils, si vous avez deux minutes bien sûr, sinon je repasserai hein. » Nul doute que si elle repartait maintenant, Lexie ne retrouverait pas le courage de venir de si tôt. Mais elle n'avait, pour une fois, nulle intention de s'imposer et était prête à faire volte face et à y voir un quelconque signe du destin. Comme si l'univers avait du temps à perdre avec ses interminables tribulations.
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MessageSujet: Re: 03. Smile like you mean it and let yourself let go   Mer 25 Déc - 23:00

Le crayon à papier grisa une nouvelle case. Il ne fallait pas répondre au questionnaire en entourant les cases, moins encore en les cochant, mais bien en en colorant l'intérieur avec minutie et précision. C'était en tout cas ce qui était indiqué dans les petites lignes qui servaient de guide au remplissage de cet énième formulaire administratif. Emma avait déjà changé de crayon deux fois, le premier étant trop gras, le second trop prompt à laisser sa mine se casser pour lui confier une tâche d'une si grande importance. Désormais munie du crayon parfait, Emma prenait parfois plus de temps à noircir la case qui correspondait à sa réponse qu'à lire la question et trouver l’information dans les archives de l'association. Elle n'était pourtant pas stressée, et d'ailleurs si on lui avait dit que cette concentration intense pour remplir la totalité de la case dans une égalité si parfaite tout en évitant de n'envoyer un furtif coup de crayon -ne fut-il que d'un millimètre de long- hors de la case était dû à ses TOC, elle aurait eu un petit rire nerveux avant de ne confier d'un air tout à fait convaincu et simple qu'il s'agissait de pure logique. Déjà, la machine lirait mieux les informations si le travail était bien fait. Ensuite, c'était bien plus joli à regarder. Enfin, effectivement, elle ressentait ce picotement dans le bas de sa colonne vertébrale, prêt à lui lancer une décharge électrique remontant le long de son dos droit si une case n'était pas uniformément remplie. Mais ce devait être quelque chose de naturel. Elle était persuadée que tout le monde agissait de la sorte quand il s'agissait de remplir une sorte de QCM administratif. D'ailleurs, même les étudiants devaient s'adonner à de telles activités pendant leurs examens. Emma les plaignait. C'était bien trop de pression, bien trop de concentration nécessaire: elle-même avait déjà raté quelques examens parce que, trop concentrée sur ses cases, elle n'avait pas eu le temps de finir ou avait été trop accaparée par la précision de ses traits pour répondre convenablement.

Ses yeux auburn papillonnèrent nonchalamment vers le faux plafond de son bureau, auquel étaient accrochées des décorations installées pour l'arrivée des fêtes. Emma soupira alors qu'elle se perdait dans le rouge vif d'une boule de noël qui reflétait la pièce. C'était le passé. Si elle devait passer un examen, aujourd'hui, elle aurait une meilleure note. C'était certain. Tout le monde agissait de cette manière, de toute façon: elle était persuadée que des gens que l'on pensait "normaux" pouvaient rire avec leurs amis de leur tendance maniaque quand il s'agissait de noircir des cases. Si Emma croisait maintenant un bénévole et lui annonçait qu'elle était sur le même formulaire depuis dix minutes à cause de sa minutie, ça ne le ferait pas rire. Il ne se moquerait pas gentiment d'elle, il lui offrirait ce regard plein d'une empathie dont il ne disposait qu'à moitié et de désespoir certain. On lui dirait « tu es stressée en ce moment? tu ne veux pas rentrer chez toi? -je finirai les formulaires. ». Non, elle ne voulait pas rentrer chez elle. Elle n'était pas plus handicapée que n'importe lequel de ces bénévoles -quoi que. Pas quand il s'agissait de noircir des cases. Eux aussi devaient être maniaques. Sauf qu'elle, elle n'en avait pas le droit, parce que ce serait comparable à la rechute d'un alcoolique, à la récidive d'un libéré conditionnel, à celle d'un malade. Malade. Elle avait été malade, et parce qu'on ne savait pas très bien guérir le cerveau des anormaux, elle resterait toujours la conseillère d'orientation désorientée que la peur compulsive de l'imperfection troublait de manière obsessionnelle. Tout ça pour des cases... des demandes de subventions, qui plus est: Sue risquait de ne seulement pas prendre le temps d'étudier le dossier. Le monde devait paraître un peu plus paisible dans la rouge rondeur de son reflet, parce que madame Schuester semblait s'y être définitivement perdue. Elle respira à deux reprises, songeant qu'elle se faisait du mal pour rien. Après tout, puisque tout le monde agissait de la même manière qu'elle, pourquoi réfléchissait-elle à l'éventualité qu'on puisse la voir différemment des autres? « Je finis juste de remplir celui-là correctement... » -parce qu'elle avait commencé, quand même- « Et je ferai les autres plus rapidement. » Se promit-elle en guise de rédemption. Beaucoup de personnes auraient été incapables de le faire. Elle en était persuadée. Être forte devait passer par le fait d'arrêter de se penser faible aux yeux d'autrui. D'ailleurs, il n'y avait personne pour la juger: elle remplirait les cases comme bon lui semblait.

C'était probablement la peur que ça ne redevienne anormal qui la minait à ce point. Pour tout dire, elle vivait quelques changements dans sa vie, et il lui en fallait peu pour se sentir menacée par son passé. Elle se sentait plus à l'aise et bien moins pointilleuse et troublée actuellement qu'elle ne l'avait été auparavant, mais elle se rappelait combien lors de sa grossesse, par exemple, elle avait été soumise à ses angoisses d'antan. Elle voulait rester normale. C'était plus simple à vivre. Et le plus simple pour ce faire était probablement encore d'arrêter d'avoir peur de ne plus l'être.

On toqua. Ciel, une distraction. Elle allait devenir folle -ô ironie- au milieu de toute cette paperasse. Or sa bonne résolution -un peu en avance- consistait à ne pas l'être. « Entrez? » demanda la rouquine d'une voix douce mais assez forte pour être audible de l'autre côté de la porte. Entra alors une jeune femme dont le visage lui était familier, apparemment peu convaincue de la pertinence de sa visite, qui entrait d'un pas hésitant quoique volontaire. Emma acquiesça d'un air encourageant en l'entendant se présenter. Si elle aurait pu ne pas reconnaître un élève lambda, il lui était plus difficile d'envisager de ne pas se souvenir de miss Preston, avec qui elle avait relativement beaucoup échangé au lycée et qui s'était avérée être l'invitée de son frère à son mariage. « Oui, bien sûr, Lexie! Qu'est-ce qui t'emmène? » Demanda Miss P. en se réinstallant sur sa chaise, croisant les mains devant elle en entendant la jeune femme lui expliquer qu'elle avait besoin de ses conseils. Un petit sourire se dessina sur les lèvres de la conseillère d'orientation, à la vérité agréablement surprise que la jeune femme ait pensé à elle pour l'aider, quels que soient les conseils dont elle avait besoin. « J'ai toujours le temps pour des conseils -je suis là pour ça, après tout! » assura-t-elle en désignant la chaise qui faisait face à son bureau. « J'étais en train de... hum... m'occuper de paperasserie, rien de bien passionnant ou d'urgent: j'ai tout mon temps. » À vrai dire, en s'efforçant d'aider Lexie, Emma s'aiderait elle-même. Son interlocutrice n'en saurait probablement rien -et c'était mieux comme ça-, mais il n'était pas évident de savoir qui des deux les conseils -espérons-le- avisés d'Emma aiderait le plus. Lexie était venue la voir, elle: alors, elle n'était peut-être pas très douée pour remplir des cases, mais on l'estimait pour sa dévotion à autrui. Et cela signifiait beaucoup pour elle.
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MessageSujet: Re: 03. Smile like you mean it and let yourself let go   Mer 1 Jan - 23:13

Lexie esquissa un sourire doux en voyant Emma adopter son attitude de conseillère d'orientation à l'écoute, mains jointes et sourire avenant, qu'elle avait déjà vu tant de fois. Cette simple vision mit un peu de beaume au coeur de la galeriste, qui parvint à s'avancer un peu plus dans le bureau et alla jusqu'à se poser sur le bord d'une chaise. Elle était toujours un peu mal à l'aise, mais ce puissant flashback du lycée lui avait redonné l'aplomb qu'elle avait failli perdre en ouvrant la porte de la LPA. Miss Pillsbury l'avait beaucoup aidé par le passé. Elle savait écouter, donner des conseils utiles et pas simplement de vagues leçons de vie qui ne servaient strictement à rien. Sa congénère rousse était la personne idéale pour lui venir en aide aujourd'hui encore. Elle avait su trouver les mots pour convaincre la gamine de dix-sept ans en crise qu'elle pouvait s'en sortir toute seule dans cette ville, qui n'était pas si nulle que ça et pouvait lui réserver de bonnes surprises. Quiconque sait parler à des adolescents capricieux mérite d'être reconnu, baby Preston le savait maintenant et voyait d'un oeil encore plus admiratif le travail d'Emma. Mais être en confiance et savoir comment demander de l'aide sont deux choses bien différentes. Et Lex manquait d'expérience en la matière et surtout, possédait une fierté certaine malgré les circonstances. Elle ne voulait pas avoir l'air stupide, incompétente ou faible en se confiant, même si elle savait qu'il fallait bien qu'elle se dévoile un peu. Elle n'avait pas non plus envie d'étaler sa petite histoire familiale, d'entrer dans les détails, mais il fallait quand même que la conseillère ai les cartes en main si elle voulait obtenir des conseils avisés. Il fallait donc trouver le juste dosage entre le déballage de linge sale des plus inconvenants et la trop grande réserve. Ugh, c'était tout de même beaucoup plus simple de pleurer et chanter du Adèle après quelques shots de tequila au bar karaoké. Mais c'était aussi comme ça que l'on sombrait dans l'alcoolisme, qui guettait déjà suffisamment les habitants et les invités de la Pension.

La jeune femme tordait nerveusement ses mains, cherchant comment s'exprimer. Elle fit un sourire d'excuse à son interlocutrice, se sentant légèrement coupable de lui faire perdre son temps de la sorte alors qu'il y avait des gens qui avaient vraiment besoin d'aide dans cette ville. Prenant une grande inspiration, Lexie décida finalement de se lancer, sans trop savoir ce qui allait sortir de sa trop grande bouche « Merci de prendre le temps de m'écouter déjà, je ne savais pas si j'avais besoin d'un rendez-vous ou... Bref, c'est gentil à vous. » Un nouveau sourire bref, qui lui servait plus d'encouragement que de marque de sympathie envers miss P. et elle aborda le fond de la raison de sa visite. « Bien hum, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais la galerie que je possède avec ma soeur et mon meilleur ami a été cambriolée il y a quelques semaines. Ce fut un sacré bordel et... » Baby Preston plaqua bien vite sa main devant sa bouche et se confondit rapidement en excuses « Oh pardon ! Euh je voulais dire, ça a été plutôt compliqué à gérer pour nous. JJ est plutôt doué avec le business et Anna a toujours eu le sens pratique mais on est encore nouveaux dans tout ça et ça a été un vrai coup dur. La galerie battait déjà un peu de l'aile, je suis partie quelques temps à Londres mais ça s'est très mal passé et je m'étais disputée avec ma soeur. » Se souvenant de sa promesse de ne pas étaler le moindre de ses petits tracas, elle tâcha de se ressaisir « Enfin bon, on a traversé une très mauvaise passe. Ca va mieux avec Anna maintenant et la galerie a rouvert, on a une nouvelle expo pour les fêtes et tout ça, mais c'est pas encore au beau fixe dirons-nous. On est dans une grosse panade financière et Anna et JJ, pensent même à vendre si ça ne s'arrange pas d'ici le début de l'année prochaine. Je crois d'ailleurs qu'Anna n'est plus vraiment dedans comme avant, mais je préfère ne pas aborder le sujet parce que je ne peux pas faire ça sans elle et je ne veux pas qu'on se dispute encore. » Preston, tu t'étales. Viens en au fait. « Mais si je suis venue vous voir, c'est surtout pour savoir si vous aviez des tuyaux pour les assurances. On a pas trop les moyens de se payer un avocat en ce moment et bon, on en connaît plus ou moins mais je lui ai lancé un muffin dessus et il voulait nous racheter, donc je ne sais pas s'il sera très enclin à nous aider. Il y a de quoi avoir de l'aide juridique ici non? Parce qu'on est dans notre bon droit, il n'y a pas eu d'erreur et le système de sécurité était en marche, ils doivent rembourser, mais ça aura plus de poids si je cite une loi fédérale que si je crie à l'injustice. »

La rouquine esquissa un maigre sourire et reprit son souffle, se rendant compte qu'elle avait parlé à toute allure et fuit le regard de la conseillère. « Désolée, je parle beaucoup trop, ça a toujours été un problème chez moi. Mais en gros voilà, j'aurais besoin de vous pour m'aider à y voir plus clair dans les démarches, parce que JJ n'admettra jamais qu'il s'y perd un peu et Anna a une fierté encore plus mal placée que la mienne. Ah et si vous pouviez nous faire un peu de pub à l'occasion, ce serait pas mal aussi. Figgins veut pas redécorer son bureau par hasard? Ou alors vous avez une vieille tante à qui un tableau ferait plaisir à Noël? » Cette fois ci, la londonienne eut un petit rire, plus léger et sincère. Vider son sac lui avait fait du bien, même si elle n'était pas allée au bout de sa triste petite histoire. Mais Emma n'avait pas la journée et il fallait avancer à petits pas. Elle était déjà soulagée d'avoir réussi à venir jusqu'ici et à dire tout ça. Lexie Antonia Jane Preston faisait apparemment des progrès et avait réussi à ravaler son ego. C'était digne d'être souligné.
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MessageSujet: Re: 03. Smile like you mean it and let yourself let go   Sam 25 Jan - 15:17

Revoir d'anciens élèves -qui plus est dans le cadre de son association- mettait toujours du baume au cœur de la conseillère d'orientation. Quelques mois auparavant, elle avait déjà eu l'occasion de retrouver le petit Avery, dont elle n'avait pas eu de nouvelles depuis un moment; aujourd'hui c'était une jeune femme qu'elle n'aurait à vrai dire jamais pensé retrouver ici qui poussait la porte de son bureau. Lorsqu'Emma prit le temps d'y réfléchir, elle songea que le seul fait de ne pas avoir envisagé qu'elle vienne un jour demander de l'aide était la preuve qu'elle en aurait besoin un jour. En réalité, quand on regardait Lexie, on avait l'impression d'une jeune femme droite et débrouillarde qui savait se sortir de n'importe quelle situation à coups de persévérance. On imaginait qu'elle avait un calme et un recul presque surhumains qui l'empêchaient de n'avoir besoin de qui ou quoi que ce soit pour parvenir à ses fins. Pourtant Emma aurait dû s'en souvenir plus tôt: en voyant ce comportement si fort, presque héroïque, l'entourage proche ou non de Lexie devait, comme Emma elle-même l'avait fait, commettre l'erreur de la penser invincible. De fait, ses épaules devaient supporter une pression plus intense chaque jour, et le rôle dans lequel on la confortait lui demandait de ne pas s'en plaindre. Jamais. C'était la crise de nerfs assurée car même si son entourage -lointain ou non- devait avoir tendance à l'oublier, elle était humaine et avait de fait ses failles. En l'occurrence, l'accumulation de troubles divers pouvait devenir totalement ingérable.

Il y avait fort à parier que le seul fait de se rendre à la LPA avait constitué une épreuve pour la jeune Preston. Pourquoi admettre son humanité était si difficile? C'était encore une affaire d'étiquettes: quiconque savait comment réagir dans une situation particulière devrait, selon les attentes déraisonnables qui reposeraient désormais sur lui, réagir parfaitement quoi qu'il arrive à l'avenir. Pourtant la bonne solution, c'était parfois d'aller demander de l'aide, et Lexie pouvait déjà être fière de l'avoir compris. Emma secoua légèrement la tête de droite à gauche quand elle demanda tout haut s'il fallait un rendez-vous pour venir à l'association. Elle fonctionnait comme au lycée: les personnes qui le souhaitaient pouvaient réserver un créneau, mais le reste du temps les gens venaient lorsqu'ils le pouvaient, sans réellement prévoir. S'ils n'étaient pas déjà avec quelqu'un, Emma ou les bénévoles d'une manière générale se faisaient un plaisir de les aider. Écoutant attentivement Lexie, qui commençait son récit, la rouquine eut un petit mouvement de recul en ouvrant de grands yeux alors que son interlocutrice portait une main à sa bouche, réalisant qu'elle venait de dire un "gros-mot" devant Emma Pillsbury. Elle en connaissait quelques-uns, il ne fallait pas croire; seulement Emma ne se rappelait pas vraiment de la dernière fois où elle en avait prononcé un. Elle trouvait qu'ils sonnaient terriblement faux et dix fois plus vulgaires dans sa bouche. En revanche Lexie pouvait s'exprimer comme elle le souhaitait: elle était là pour dire ce qu'elle ressentait surtout; si elle ressentait des mots vulgaires, elle était tout aussi libre de les formuler, fut-ce devant Emma, qui nécessairement le relèverait même si elle ne la jugerait pas pour si peu. « Hum, oui, j'en ai vaguement entendu parler... » Affirma-t-elle pour l'inviter à poursuivre. Elle avait cru le lire dans la presse local et en avait certainement eu des échos que ce soit au lycée ou à l'association. Ce qu'elle ignorait en revanche, c'était que Lexie était préalablement partie à Londres et avait eu quelques différends avec sa sœur et co-gestionnaire. Emma écoutait attentivement, ne voulant pas couper la jeune femme en si bonne voie. Elle avait peur que si elle l'interrogeait maintenant sur une chose précise qu'elle aurait pu dire elles ne partent dans une direction qui ne mènerait pas là où Lexie souhaitait aller. Si en revanche elle la laisser parler jusqu'à ce qu'elle pense avoir tout dit, miss Pillsbury pourrait mieux cibler ce qui était important pour elle. Elle eut un petit pincement au cœur en l'entendant dire qu'ils envisageaient de vendre, sachant pertinemment que ce devait être très difficile pour eux de l'envisager.

Emma tentait d'assimiler tout ce que miss Preston lui disait, dans le but d'avoir tous les éléments importants à la compréhension de son problème. C'était une sorte de mission qu'elle avait, aujourd'hui plus encore que les autres jours: elle devait être utile, elle devait faire ses preuves, montrer qu'elle savait faire quelque chose de plus gratifiant et plus significatif que de griser des cases rapidement. Elles étaient cependant parfaitement grisées, même si ça lui avait pris un temps fou. Que les choses soient claires, s'il y avait eu une palme d'or pour les cases les mieux grisées, Emma n'aurait été en compétition sérieuse qu'avec Monsieur Adrien Monk. Il fallait qu'elle reste concentrée sur ce que lui disait Lexie, et pas sur le bout de questionnaire qui dépassait de sous une sorte de brochure qu'elle devrait consulter par la suite. En effet, la jeune femme abordait désormais le motif principal de sa venue. Aussi Emma releva le regard vers elle, abandonnant difficilement le coin de feuille qu'elle avait fixé pendant une bonne minute. Elle plissa légèrement les yeux en entendant Lexie évoquer un avocat à la figure de qui elle aurait lancé des muffins, dubitative. Effectivement, il ne voudrait certainement pas les aider à titre honorifique. De son côté, Emma n'avait que des notions rudimentaires de droit des sociétés, mais elle avait à ses côtés des personnes effectivement bien plus qualifiées qui pourraient certainement venir en aide à la petite famille. « Absolument! De ce que j'en sais, des personnes dans des situations assez similaires ont pu être remboursés. Je crois qu'il doit y avoir une enquête préalable, et certains délais à respecter, mais il n'y a pas de raison que vous n'obteniez pas d'aides. » Assura la rouquine, pivotant doucement sur sa chaise pour attraper un petit bout de papier et un stylo. « Je vais te donner les coordonnées d'une des personnes qui s'y connaît un peu mieux que moi. Elle n'est pas là aujourd'hui mais tu pourras certainement prendre un rendez-vous! » Emma griffonna le nom d'une certaine Mademoiselle Anderson, une adresse mail et un numéro de téléphone sur son petit bout de papier parfaitement rectangulaire, et le tendit ensuite à Lexie. « Par contre, je dois avoir les formulaires de demande de remboursement dans une armoire! Tu devras certainement remplir quelques sections plus techniques avec elle, mais on peut commencer à voir ce pour quoi je peux t'aider, si tu le souhaites? » Proposa-t-elle en acquiesçant légèrement, le regard interrogateur. Cependant, elle se figea net sur sa chaise en repensant à la forme desdits questionnaires. Le regard planté dans celui de Lexie, elle entrouvrit la bouche pour parler, ne laissant d'abord s'échapper qu'un souffle maladroit. « Euuh... enfin, pour les remplir, il faut être très bon pour griser les cases. » Sa respiration était presque hasardeuse. « Tu sais le faire? À moins que tu ne veuilles tout voir avec Mademoiselle Anderson? On peut juste... parler. » Emma se mordilla la lèvre inférieure en tentant de garder une certaine contenance, songeant que Lexie préférait peut-être aussi s'occuper de la paperasse en une seule fois. Si ce n'était pas le cas, la conseillère s'y ferait: elle lui laisserait griser les cases et s'efforcerait de ne pas regarder. ça pourrait fonctionner.

D'ailleurs, elles pourraient d'abord se concentrer sur la manière de promouvoir la galerie plus efficacement. En voyant que Lexie était encline à en rire, Emma sourit un peu plus, réfléchissant cependant sincèrement à une éventuelle grande tante passionnée d'art. Penchant légèrement la tête en plissant ses lèvres, Emma eut un petit sourire en coin. « Peut-être que Figgins est une piste sérieuse à exploiter, son bureau manque effectivement de fraicheur... je suis certaine que tu pourrais le persuader! » Elle imaginait déjà la force de conviction de Lexie face à un Figgins aux goûts un peu douteux mais qui se laisserait facilement convaincre que c'était une bonne idée de travailler dans un cadre agréable. « D'ailleurs tu peux presque envisager des partenariats avec le lycée, peut-être même en proposant des sorties artistiques ou quelque chose comme ça! » Convaincue, Emma acquiesça d'un air sérieux et encourageant. Ce n'était peut-être pas tout à fait ce que Lexie attendait d'elle, mais elle essayait surtout de lui faire savoir qu'elle partait du principe que tout allait s'arranger: croire en l'avenir, c'est déjà presque réussir.
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MessageSujet: Re: 03. Smile like you mean it and let yourself let go   Mar 18 Fév - 18:51

Malgré l'appréhension qu'elle avait senti en déposant ses pâtisseries au bureau de la LPA et la boule au ventre qui l'avait habitée depuis qu'elle avait sauté dans le bus en direction de la vieille ville, Lexie éprouva un immense soulagement une fois délestée de cette longue et fastidieuse présentation de ses déboires. C'était dit maintenant, elle n'avait pas à remuer le couteau dans la plaie plus avant et pouvait discuter de manière plus efficace avec son ancienne conseillère d'orientation. Finalement, la jeune femme parvenait à concevoir que venir demander de l'aide était une bonne idée. Ils n'étaient pas des assureurs ou des juristes, Joachim était le seul à avoir un semblant de formation en matière de business, qui comprenait d'ailleurs plus d'économie et de gestion que de droit. Ils avaient plongé contre leur gré dans la partie profonde de la piscine alors qu'ils savaient à peine faire le petit chien. Ils flottaient encore, mais être contre l'envoi d'une bouée était absurde. Et c'était simplement ça qu'elle était venue chercher. Pas de la pitié, pas une solution sur un plateau d'argent. Simplement un peu d'aide pour retourner là où elle avait pieds. Lexie parvint donc à faire un de ses premiers sourires sincères depuis qu'elle avait quitté le confort de sa maison, d'autant qu'Emma Pillsbury était l'interlocutrice idéale. Son optimisme sans faille était un parfait reflet de celui que s'efforçait d'avoir la londonienne et, comme l'expérience le lui avait appris, malgré les apparences elle dispensait d'excellents conseils et savait parfaitement écouter les gens. Peut-être était-ce parce qu'elle était l'une des personnes les plus gentilles et sincèrement, honnêtement, désintéressées et enthousiastes en ce bas monde. L'adolescente difficile qu'avait été baby Preston avait mis du temps à voir ce qui faisait que Miss P. était parfaite pour son métier, mais c'était désormais indéniable. Et si elle avait su l'aider une fois alors qu'elle s'était montrée récalcitrante, ça ne pouvait que faire des merveilles maintenant qu'elle venait de son plein gré.

Efficace et enjouée comme à son habitude, sa camarade rousse lui tendit les coordonnées d'une certaine Gillian Anderson, ce qui fit sourire l'éternelle geek sous couverture qu'était la britannique. Si cette demoiselle pouvait être à moitié aussi douée que l'actrice sous les traits de l'agent Scully, ce démêlé d'assurances serait réglé en un clin d'oeil. Y voyant un signe que l'univers était finalement de son côté sur le long terme, Lex prit dont le papier avec soin et le rangea dans la pochette pleine de paperasses variées qu'elle avait emmené avec elle, au cas où. Elle releva la tête, s'attendant à ce que la conseillère lui tende les formulaires en question mais cette dernière s'était brusquement figée, digressant sur les cases qu'il fallait griser. La rouquine fronça les sourcils pour manifester son incompréhension et préféra dissiper ce moment quelque peu étrange en répondant d'un ton léger « Hum, si ça vous convient, je prendrais juste les formulaires. Je les donnerai à JJ et je le laisserai prendre rendez vous avec mademoiselle Anderson. Il est plus doué que moi pour tout ça et il a quelques notions... Ce sera plus simple. » Elle ponctua sa phrase d'un sourire affirmatif, ne laissant pas l'ombre d'un doute sur la capacité de ce cher Mr Jones à gérer un document aussi important. La seule chose qu'elle pouvait possiblement craindre, c'était qu'il se laisse distraire si cette Gillian s'avérait être un peu trop jolie. Mais même JJ savait faire la part des choses et se focaliser sur l'essentiel dans ce genre de situations. Du moins, c'était dans son intérêt.

Emma rebondit alors tout à fait sérieusement sur les idées farfelues de promotion de la jeune Preston, estimant à juste titre que le bureau du principal méritait une petite remise en beauté. Si le lieu ressemblait à ses souvenirs, qui étaient sans doute assez exacts puisqu'elle avait eu l'insolent privilège de le contempler depuis le trône de Figgins, à la lumière du néon éclairant la pièce. Elle tâcha toutefois de ne pas se laisser distraire par le souvenir de son escapade à travers un McKinley High désert avec Madeleine Wild et se concentra plutôt sur les propositions de la pimpante rousse. Toutefois, Lexie ne put s'empêcher de grimacer en entendant parler de potentielles visites des lycéens à la galerie. Son expérience avec ce genre de pratiques lui laissait un goût plutôt amer. « La dernière fois qu'une classe a visité une de nos expositions, un enseignant a failli mourir assommé par une installation plus ou moins phallique. Et puis, je ne pense pas que Figgins soit particulièrement enthousiaste à l'idée de débourser le moindre centime pour une sortie culturelle ou tout simplement à signer une décharger de responsabilités. » Elle se souvenait parfaitement de ce fichu bout de papier que cet abruti fini de Seth avait rechigné à signer jusqu'à la dernière minute, avant que le tuyau mortel ne s'abatte sur lui. Toujours plus ou moins encline à voire les signes du destin qui l'arrangeait, la galeriste ne prenait pas ça comme une approbation pour que des lycéens décérébrés s'aventurent vers l'art. Ne souhaitant pas plomber les idées de Miss P. qui somme toute étaient censées, elle ajouta rapidement « Mais après tout, il y a d'autres écoles dans le coin et on peut éventuellement proposer des animations découvertes pour les enfants, des choses comme ça. » Lexie n'avait que de très vagues notions de médiation culturelle et muséale, mais organiser des ateliers pour initier les petites têtes blondes à l'art ne semblait pas complètement insurmontable. Avec un sourire en coin, elle nota quand même « Après, on a fait de notre mieux pour obtenir des partenariats et des accords avec la mairie ou le journal, mais à part quelques brochures à l'Office du Tourisme, un vague article sur l'inauguration, on a pas obtenu grand chose. A part une fabuleuse couverture médiatique du cambriolage. »

Un peu amère à cette pensée, elle secoua vivement la tête pour retrouver son sourire coutumier et reprit son babillage. « Mais les fêtes vont nous être bénéfiques et puis, une fois qu'on aura réussi à avoir nos remboursements et que le scandale se tassera, ça ira mieux. » Il suffisait d'y croire. La bonne vieille méthode Coué. Et simplement parler à Emma avait redonné un élan de vitalité à baby Preston, qui se sentait doucement revenir à ses tendances naturelles pour l'optimisme. Aidée par la plus ginger des rousses de Lima, l'esprit de l'agent Scully - qui arborait aussi le roux sacré - et son éternelle débrouillardise, elle ne pouvait que réussir. Après tout, elle-même ne manquait pas d'idées ou d'entrain. Une fois n'est pas coutume, Lexie s'était simplement laissée abattre. Un instant, elle avait été découragée. Le slpeen maternel et le pessimisme sororal l'avaient gagnée. Mais elle était la fille de son père et de sa grand-mère, têtue et professionnelle du déni si puissant qu'il peut devenir retournement de situation. Elle avait touché le fond, oublié un moment de battre des pieds et des mains pour continuer à nager. Il lui avait fallu un petit coup de pouce. Mais Lexie était une survivante et ne pouvait que donner un grand coup de pied pour remonter à la surface, plus déterminée que jamais.
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MessageSujet: Re: 03. Smile like you mean it and let yourself let go   Sam 8 Mar - 15:45

Loin de connaître son interlocutrice à la perfection, Emma avait en revanche cru comprendre de ce qu'elle en avait vu et entendu qu'elle était une jeune femme très optimiste et du genre à ne pas baisser les bras facilement. Ne jamais les baisser, en réalité. On en avait de l'extérieur l'image d'une personne pétillante et toujours de bonne humeur qui ne devait certainement pas avoir de problèmes étant donné les sourires sincères qu'elle affichait sans cesse. Un petit bonheur sur pattes, probablement. Aussi avait-elle été quelque peu étonnée de la voir entrer dans les locaux de l'association, de la voir venir demander de l'aide, ou au moins des conseils. Elle paraissait si sereine, tout le temps, en toutes circonstances, qu'il avait été plus facile pour Emma -et pour une grande partie de son entourage- de penser Lexie Preston tout bonnement invincible. Pourtant, Mrs Schuester savait pertinemment que tout le monde avait ses failles; elle avait juste eu le tort de penser celles de Lexie si faibles qu'elles puissent être négligeables. En vérité, elle qui n'avait jamais été un exemple de robustesse, quoiqu'elle en fut un d'optimisme, pensait sincèrement de ce qu'elle en voyait qu'il devait être difficile pour la jeune femme de renier cette perception qu'on avait d'elle pour accepter de déléguer ou éventuellement de demander conseil à autrui. Tout le monde en avait besoin à un moment ou à un autre, personne ne s'en trouvait jugé, mais il était certainement plus compliqué pour quelqu'un dont on avait l'impression qu'il savait tout gérer seul d'accepter et de reconnaître précisément que ce ne soit pas le cas.

Si Emma pouvait l'aider, ce n'était probablement pas en matière juridique, dont elle n'avait que des notions fondamentales et très superflues, mais elle pouvait en revanche faire acte de présence et ajouter à leur rencontre cet optimisme qui la caractérisait lorsqu'il s'agissait de régler les problèmes des autres -c'était plus délicat pour les siens. Elle pouvait apporter à Lexie -en plus du numéro d'une personne compétente- une forme de recul qu'il devait lui être difficile de prendre dans une telle situation. Définitivement, elle ne pourrait guère lui apporter plus dans la mesure où la seule perspective de ne devoir griser des cases avait tendance à la paniquer. Remarquant d'ailleurs le regard légitimement interrogateur de Lexie, Emma se repositionna maladroitement sur sa chaise, forçant un léger sourire voué à détourner l'attention de sa remarque peu pertinente. « Très bien, les formulaires. Très bon choix. » L'armoire. Ils étaient dans l'armoire. Le temps de traiter l'information et Emma se leva, avançant vers l'endroit où se trouvaient lesdits formulaires. Elle farfouilla quelques instants dans les papiers, en tirant finalement une petite liasse avec un sourire satisfait. Ses talons claquèrent le sol à plusieurs reprises alors qu'elle revenait à sa place initiale, tendant les feuilles à Lexie.

Ne pouvant plus vraiment garantir son efficacité dans ce domaine, Emma préféra enchaîner sur des idées théoriquement applicables mais pratiquement inconcevables en proposant diverses alternatives. Malheureusement pour elle, au lieu d'obtenir une approbation à toute épreuve en laquelle elle ne croyait qu'à moitié, Emma fut confrontée à la terrible réalité: la mort par installation phallique. Les yeux ronds comme des billes, la conseillère posa un regard horrifiée sur sa camarade rousse, osant à peine imaginer la détresse dans laquelle avait dû se trouver l'assommé. Constatant tout aussi dépité que l'idée des partenariats ne serait que peu probantes, miss Pillsbury laissa ses lèvres s'étirer du côté gauche d'un air un peu déçu. Elle avait un peu de mal à trouver une nouvelle idée cette fois-ci terriblement révolutionnaire et intelligente dans la seconde, Emma dut se contenter d'un signe à nouveau relativement enthousiaste en entendant Lexie proposer d'autres alternatives. « Je suis persuadée que ça peut fonctionner. Si vous prenez le temps d'y réfléchir, vous trouverez certainement petit à petit des solutions que vous n'aviez pas envisagé jusqu'à présent. » Ce qui l'intéressait dans ces idées, ce n'était pas tant leur réalisation potentielle, mais bien le fait qu'elles existent: c'était Lexie qui les proposait, elle qui les envisageait, qui y réfléchissait. Elle faisait la démonstration silencieuse qu'elle reprenait espoir -et au fond, c'était bien cet espoir perdu qu'elle était venu chercher dans les bureaux de la LPA plus que des dossiers de remboursement.

D'ailleurs, la jeune galeriste ne s'arrêtait pas là; elle allait désormais de l'avant, réfléchissait au futur avec un peu plus de confiance en parlant de l'effet bénéfique des fêtes de fin d'année. Ayant un peu le sentiment exagéré d'avoir appris à un petit oiseau à voler, Emma souriait sans vraiment le réaliser, contente de voir que désormais c'était Lexie qui était à l'origine de multiples idées et messages encourageants pour l'avenir. C'était elle seule qui parvenait à envisager les jours à venir comme un peu meilleurs, elle qui évoquait des possibilités ingénieuses auxquelles Emma n'avait pas pensé. C'était la démonstration qu'elle était prête. « Honnêtement, je suis sûre que tout va s'arranger. Vous êtes déterminés, tout va bien se passer. » D'un air protecteur, la conseillère d'orientation songea qu'il était peut-être temps de s'attarder sur un autre point. « Tu sais, ça vaut ce que ça vaut, mais je trouve ça courageux d'être venue jusqu'ici. » Emma acquiesça d'un air convaincu, ravie de voir Lexie peu à peu passer du sentiment que rien allait à celui que quelque chose pouvait aller un peu mieux d'ici quelques mois. L'essentiel était d'y croire. « Et tu peux être certaine qu'on inscrira Emily aux ateliers découvertes! »
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MessageSujet: Re: 03. Smile like you mean it and let yourself let go   Lun 17 Mar - 16:06

Lexie reprenait du poil de la bête, motivée par la simple aura d'Emma Pillsbury. Elle était également plus encline à accepter de l'aide de sa part, plutôt que de quelqu'un d'autre. Honnêtement, si elle n'avait pas été présente, la rouquine aurait rebroussé chemin et ne serait sans doute jamais revenue. La jeune galeriste avait du mal à admettre sa vulnérabilité à n'importe qui. Certes, elle n'avait aucune honte à pleurer au cinéma ou à avoir des conversations très animées en public, tout comme elle admettait volontiers être physiquement incapable de regarder la scène de la mort de Mufasa dans Le Roi Lion. Mais reconnaître qu'elle était en position de faiblesse avancée et était bien incapable de s'en tirer avec son simple bagout était une autre paire de manches. La vie n'avait pas été trop injuste avec miss Preston, lui donnant simultanément un talent pour se mettre dans des situations impossibles et un sens de la débrouillardise incomparable. Avec son culot et sa chance parfois insolente en bonus, il existait peu de conditions dont la jeune femme ne saurait sortir gagnante. Mais cela arrivait et elle y était mal préparée. Aussi, il lui fallait bien une miss P. pour se redonner courage. La conseillère d'orientation avait fini par devenir un vrai modèle de bravoure pour la britannique, qui l'avait tout d'abord considérée comme une illuminée ayant obtenu un diplôme de psychologie dans une pochette surprise. Mais à force d'entretiens houleux, puis intimistes, puis amicaux, elle avait fini par comprendre le processus complexe qui avait fait d'Emma ce qu'elle était aujourd'hui. Cette femme admirable avait surmonté bien des choses et si elle demeurait quelque peu maniaque et étrange, cela était devenu rassurant pour Lexie. Après tout, elle était beaucoup plus encline à accepter les conseils et les recommandations de quelqu'un qui avait trimé, qui n'était pas parfait, qui avait ses propres difficultés à surmonter. C'était ce qui rendant le personnage humain et sympathique. D'autant qu'elle était d'une gentillesse sans égal et même si ses principes étaient clairement différents de ceux de Baby Preston, cette dernière ne s'était jamais sentie jugée en sa présence. Elle était encouragée, soutenue.

Bien sûr, fréquenter la pimpante rousse au quotidien devait s'avérer usant mais malgré tout, elle arracha sans difficulté un franc sourire à Lexie, qui hocha vigoureusement la tête en s'entendant dire qu'il y avait des solutions auxquelles ils n'avaient pas pensé. C'était indéniable, la jeune femme avait beau se targuer d'avoir un don naturel pour la communication - ce qui n'était pas entièrement faux - ils pouvaient certainement faire mieux. Concilier le nécessaire pragmatisme pour faire tourner le business et l'amour de l'art, le besoin viscéral de voir ce projet fonctionner. C'était toute sa vie après tout, pour le poser en des termes un rien mélodramatiques. Mais s'il n'y avait pas eu The Gallery, la londonienne aurait sans doute obtenu un emploi dans une galerie hype de New-York ou bien serait retourner dans sa ville natale. Peut-être serait-elle allée faire ses preuves sur le continent, à Paris, Milan ou Amsterdam. Mais jamais elle ne serait revenue s'enterrer à Lima sans une bonne raison. Et celle-ci ne pouvait donc pas partir en fumée, puisqu'il était hors de question qu'elle s'en retourne à Londres, chez ses parents, la queue entre les jambes. Et elle n'avait pas non plus les moyens d'aller se reconstruire ailleurs. C'était sa propre version de Game of Thrones; you win or you die. Elle se devait donc de gagner. Et si elle-même en venait parfois à douter de son potentiel, Emma était visiblement prête à miser sur eux malgré tout. Il était agréable de voir que même des gens n'ayant aucun intérêt personnel à les voir réussir croyaient en eux. L'avis de la fondatrice de la LPA pouvait être pris avec des pincettes, sans doute était-elle prête à croire en n'importe qui, tant qu'il faisait preuve d'initiative. On aurait pu croire que les habitants d'un pays entièrement construit sur la ferveur capitaliste et la liberté d'entreprendre étaient un peu plus dynamiques et innovants. Mais apparemment, le mémo n'était pas vraiment parvenu jusqu'à Lima, où réussir signifiait bien souvent parvenir à s'échapper.

Mais Lexie ne fuirait pas. Pas cette fois. Et tant pis si elle devait faire profil bas, user et abuser de la fibre vénale et consumériste de l'américain moyen pour sortir la tête de l'eau. Ils étaient créatifs, entreprenants, jeunes, talentueux et plein d'une effronterie qui manquait cruellement dans les environs. Si quelqu'un pouvait et devait réussir, c'était eux. Même si cela impliquait céder du terrain à Anna et considérer de plus près son projet de gîte. La cadette des Preston aurait aimé pouvoir subvenir à leurs besoins entièrement via la galerie, mais il fallait se rendre à l'évidence. Même si elle redressait la barre, il leur faudrait des mois avant de faire autre chose qu'éponger les dettes. Il était hautement improbable qu'ils fassent le moindre bénéfice avant quelques trimestres. Les loyers que payaient leurs colocataires couvraient à peine les factures et nourrir et abreuver tout ce monde nécessitait un budget assez conséquent. Ils se débrouillaient et vivaient au jour le jour sans trop s'inquiéter, ce qui fonctionnait à peu près pour tout le monde. La rouquine se félicitait chaque jour d'avoir attendu que ses parents paient pour ses études supérieures avant de couper les ponts avec eux. Si elle avait dû rembourser des prêts étudiants faramineux en plus du reste, jamais ils ne s'en seraient sortis. Merveilleux pays que les Etats-Unis d'Amérique, quand il s'agissait d'éduquer sa jeunesse. Même en 2017, bientôt 2018, après Barack Obama, après les erreurs du Royaume-Uni et du Canada, ils croyaient encore en leur système inéquitable d'Ivy League et de trust funds. Heureusement donc, Lexie Preston n'était pas de ceux là. Et même s'il fallait faire des cupcakes pour des hipsters venus goûter à la vie rurale, elle se sortirait de ce mauvais pas.

Elle esquissa donc un sourire doux à l'intention de la conseillère, touchée par sa confiance et regonflée à bloc par cette entrevue, brève mais efficace. Cette femme avait un don. Parfois, on disait de Baby Preston qu'elle avait un talent pour redonner le sourire et diffuser de l'enthousiasme. Si cela était vrai, elle le partageait avec miss P. Sans doute un super pouvoir de rousses. « Je suis sûre qu'Emily est une super petite amatrice d'art. » La gamine était curieuse, éveillée et baignait déjà dans la musique, elle avait un bon profil. Mais Lex doutait fort que sa soeur consente à se lancer dans de la médiation culturelle à destination des enfants. Succomber au capitalisme saisonnier oui, fréquenter des hordes d'enfants, non. Il y avait des limites à tout. Néanmoins, la jeune galeriste garda l'idée dans un coin de sa tête déjà bien remplie et reprit d'une voix moins assurée, mais plus sincère. « Merci Emma. Je... Je ne pensais pas que j'arriverai à venir jusqu'ici mais j'ai bien fait. Ca m'a fait du bien, vous êtes vraiment douée hein ! » Elle lui glissa un clin d'oeil amusé, peinant à se dévoiler avec autant de sérieux. « Et puis, ça m'a fait plaisir de vous revoir. J'essaierai de vous tenir au courant de ce qui se passe. » Du moins, si les choses évoluaient bien. Lexie ne voulait pas non plus que cette pauvre femme déjà surmenée s'inquiète de leur cas en plus de tout le reste. « On va y arriver. Du courage, du travail et un petit coup de chance et ça repart, pas vrai? » La rouquine eut un rire léger, tâchant de se convaincre tout autant que son interlocutrice. Mais il fallait bien commencer quelque part.
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