Choriste du mois


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 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?

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Ginger Spice ; You bet you're gonna lose it to that hellbound crimson glory
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MessageSujet: 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?   Dim 1 Déc - 16:16

Eveillée par les maigres rayons du soleil qui perçaient à travers le fin rideau rose, Lexie se retourna dans son lit avec un grommellement des plus charmants. La rouquine tâtonna à gauche, puis à droite, glissant sa main fine sous sa collection d'oreillers, en quête de son cher téléphone, histoire d'avoir une idée de l'heure et du jour. Elle finit par sentir un objet froid et dur près de son pied, qui s'avéra bel et bien être George, l'Iphone rose, institution de la Pension à plus d'un titre. Il était de toutes les folies celui-là. George l'informa donc qu'on était le 1er novembre et qu'il était 12h13. Ce qui était plus que raisonnable, considérant que l'after party - qui avait atterri ici Dieu sait comment - s'était prolongée jusqu'au petit matin et qu'à sept heures, la maîtresse de maison finissait tout juste son ménage. Elle se demanda un instant si tout le monde était parti, le souvenir d'un jeune couple semi-comateux écroulé dans le canapé lui revenant en mémoire. Mais elle se rappela instantanément que JJ les avait attrapés par le col et installés à l'arrière de leur voiture. Sans se préoccuper d'avantage du sort de ces fêtards, elle s'apprêta à rejoindre paisiblement les bras de ce bon vieux Morphée, mais les divers scintillements de son portable attirèrent son attention. Quatre messages et un appel manqué. Deux venaient d'un Joachim en état d'ivresse et ils n'avaient plus raison d'être maintenant que tout était redevenu calme et que personne n'avait été arrêté. Un léger rire secoua Baby Preston quand elle songea à leur échappée belle par la fenêtre des toilettes du piano bar. Qui a dit que l'on s'ennuyait à Lima? Secouant la tête, toujours rieuse et remerciant la bonne étoile qui devait bien guider un minimum son chemin rocambolesque, elle s'intéressa à la suite des messages. L'un avait été envoyé par son ami fleuriste la remerciant pour cette soirée endiablée, tandis que l'appel émanait d'un numéro inconnu au bataillon. Mais c'était le quatrième message qui fit s'écarquiller les yeux bruns de la jeune galeriste et provoqua un hurlement digne du remake de Carrie.

Madeleine avait perdu l'esprit. Il n'y avait aucune autre alternative possible. Jamais sa soeur ne lui aurait caché une information pareille. Et, par tous les saints, jamais elle ne se serait marié. S'il avait fallu choisir une fille à Lima qui ne se marierait certainement pas dans l'année - ou dans la décennie - Lexie aurait choisi son aînée sans une once d'hésitation. Mais après tout, Anna Preston et Timothy Ainsworth n'avaient-ils pas été Miss & Mister Lima? Ca non plu, la rouquine ne l'avait pas vu venir et aurait bien incapable de le prédire. N'étaient pas en couple depuis, quoi, presque dix ans maintenant? Le mariage, n'était-ce pas la suite logique? Certes, le couple était atypique, mais cela le rendait d'autant plus imprévisible. Et sa grande soeur était de si bonne humeur la veille, acceptant à bras ouverts les excuses et les complaintes de Lex, renouant finalement avec elle après cette guerre froide. Oh. Mon. Dieu. La plausibilité de l'événement frappa la jeune femme de plein fouet. Elle relu le texto, histoire de bien assimiler l'information. Son sang, contenant sans doute quelques traces d'alcool tenace, n'avait fait qu'un tour mais elle conservait un semblant de raison, quelque part sous sa folle tignasse rousse. Aussi, elle ne pu s'empêcher de s'interroger. Pourquoi diable Tim blablatait-il sur son union à venir alors que personne dans le cercle d'amis proches du couple n'était au courant? N'avait-il pas encore fait sa proposition? Anna elle-même était peut-être encore dans l'ignorance. Peut-être que tout n'était pas encore perdu. Ou peut-être... Oui, peut-être que ce fourbe d'Ainsworth voulait-il simplement se débarrasser d'une maîtresse ! Les vannes de l'imagination débordante de Baby Preston avait été ouvertes et rien ne pouvait l'arrêter. Elle se devait d'éclaircir cette affaire et ce message laconique ne suffisait pas.

La longiligne rousse envoya valser sa grosse couette, enfila à la va vite son pull Rodolph fétiche et traversa le couloir en trombe. Sans plus de cérémonie, elle ouvrit brusquement la porte et bondit sur le lit de sa colocataire, en brandissant son portable comme une menaçante épée puis somma la Belle au Bois Dormant d'un cri autoritaire « Madeleine Wild ! Tu as intérêt à t'expliquer et si c'est une blague, je jure sur mes Louboutin que tu la paiera cher. Très cher, tu m'entends? » Elle s'affala sur le lit de son amie, avec tout le talent de drama queen qu'elle possédait et soupira exagérément. C'était après tout la possible fin du monde. Il s'agissait de l'avenir des Preston. Grands dieux, Anna allait-elle changer de nom? Anna Ainsworth. Oh non. Non. Lexie n'était pas certaine de pouvoir le supporter. Et, en cet instant, peu lui importait que cela n'avait rien à voir avec elle. Elle eut une pensée pour Wyatt et son dégoût pour le mariage Pillsbury-Schuester. Elle ne l'avait jamais mieux compris que maintenant. La rouquine inspira profondément, une main posée sur la poitrine et lâcha d'un ton plaintif « Oh Gosh, je vais vomir Maddie. Et ça n'a rien à voir avec le concours de teq paf que j'ai fait avec ces trois jeunes libertins. » Ou alors, ce n'était qu'une petite partie de son malaise. Un mariage Ainston. L'heure était grave et seule Madeleine avait les réponses. Que le Ciel nous vienne en aide.
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MessageSujet: Re: 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?   Mar 3 Déc - 17:05

Le bruit charmant de l’eau remplissant une petite fontaine en bambou qui claquait à intervalles réguliers berçait Madeleine allongée de tout son long sur un épais tapis d’herbe grasse. Le soleil du matin caressait sa peau largement exposée dans un bikini tellement minimaliste qu’on aurait presque dit qu’elle ne portait rien, et elle n’avait pas la moindre idée de comment elle était arrivée dans cette verte prairie, mais n’aurait bougé pour rien au monde. Elle se sentait bien, légère, libre. Personne pour troubler son repos, ni pensionnaire matinal, ni lycéen, ni ami imaginaire. Il n’y avait qu’elle et cette fontaine zen. Une grenouille ou deux et on se serait cru dans ce CD de relaxation qu’elle ne jouait que lorsqu’elle planait si haut qu’elle pouvait parler aux fantômes de la Pension pour entretenir le buzz. La réalisatrice essaya de se redresser pour admirer le paysage, mais ses bras restèrent comme des poids morts sur le sol et elle ne parvint pas à soulever sa tête. Étrange. Observant du coin des yeux tout ce qu’elle pouvait apercevoir, elle réalisa rapidement que le décor était minimaliste. De l’herbe, une fontaine, un arbre qui ressemblait beaucoup à son coin préféré pour faire la sieste après la pause déjeuner au lycée, et voilà. Soudain la vérité vint la frapper en pleine face. Elle était morte au cours de cette horrible soirée d’Halloween et se retrouvait à présent au paradis, en paix avec elle-même. Elle ne ressentait aucune culpabilité, aucune douleur. Elle n’était même pas paniquée à l’idée d’avoir trépassé dans des conditions pittoresques. Dire que personne n’avait éteint ce malheureux feu dont on aurait pu croire, à tort, qu’elle était responsable puisqu’elle avait renversé les bougies qui avaient ensuite enflammé la nappe en papier. En réalité c’était bel et bien Amanda Stequelquechose la responsable ! Mademoiselle Jeveuxtoutorganiser. Quelle idée de laisser des flammes sans surveillance à la portée d’enfants. La perruque de Figgins aurait pu cramer pour peu qu’il soit passé à côté de cette table... Et maintenant ils avaient tous brûlé dans le gymnase. Quelle tristesse. Dans de telles conditions, la surveillante adressa une petite prière intérieur au Tout-Puissant, dans l’éventualité où il serait dans les parages et capable d’entendre ses pensées : «Seigneur, toi et moi ça n’a pas été de la tarte quand j’étais encore en vie, je te le concède. Rapport aux divinités hindous à qui j’ai fait des offrandes, ma virginité pas très bien gardée jusqu’au mariage, ou toutes les fois où je ne suis pas allée à l’église tout ça. Mais je t’en prie, je sais que t’es un mec bien, et que tu aimes ce qui est juste, alors ne laisse pas les pompiers et la police croire que c’était de ma faute. Je décline toute responsabilité, et je sais que tu sais que j’ai raison, puisque je suis au Paradis. Ou alors on nous a gravement arnaqué sur l’Enfer... Bref. Je n’entrerai pas dans un débat théologique maintenant Seigneur, j’voulais juste que les choses soient claires pour commencer l’éternité du bon pied.» Satisfaite de sa première prière en bonne et due forme, Madeleine referma les yeux et ajouta un solennel mais silencieux «Amen.»

Elle s’apprêtait à faire une liste de toutes les choses qu’elle allait pouvoir ne pas faire maintenant qu’elle était morte, à commencer par travailler et payer des impôts de fin d’année, lorsqu’un grand fracas fit trembler son Paradis. Elle rebondit violemment sur l’herbe qui avait tout à coup une texture beaucoup plus familière ressemblant à s’y méprendre à celle de son matelas et un objet froid et dur vint s’écraser contre son visage. Dans un grognement d’ourson mal léché, la blonde se résigna à ouvrir un œil puis l’autre pour constater sans grand soulagement qu’elle n’était pas morte, mais dans son lit à la Pension, rejointe par Lexie Preston en personne, qui venait de lui aplatir le nez avec son téléphone portable. Il n’était plus question du doux bruit de l’eau et du claquement régulier du bambou mais d’un horrible mal de crâne et de la voix stridente de sa voisine de palier en pleine crise existentielle pour dieu sait quelle raison. Lorsque sa colocataire s’affala à ses côtés, Madeleine rebondit à nouveau sur les ressors de son matelas et se rapprocha de manière critique du rebord de son lit, si groggy qu’elle aurait été incapable de se rattraper en cas de chute. Elle essaya de former des mots de protestation mais sa bouche était si pâteuse qu’elle renonça à interrompre la complainte de la rousse pour lancer du mieux qu’elle put son bras par dessus sa tête en direction de la table de nuit où devait trôner une bouteille d’eau, toujours présente pour ce genre d’éventualité. Sa main heurta le mur mais retomba par chance à proximité de sa lampe de chevet, et elle put tâtonner jusqu’à trouver le plastique un peu plus loin. Poussant sur ses pieds pour se remonter jusqu’à tenir dans une position assise, Madeleine put constater qu’elle n’avait pas ôté ses chaussures avant de se laisser tomber sur son lit, mais qu’elle avait dû semer sa robe quelque part dans la Pension, la laissant dans ses sous-vêtements avec son bandeau de perles et de paillettes sur la tête. Charmant. Elle n’avait pas la moindre idée de comment elle était rentrée à la Pension. En fait, elle n’avait pas la moindre idée de ce qui s’était passé après qu’elle ait mis le feu à la table des petits fours. Elle avait vaguement souvenir d’avoir échappé au shérif, puis d’avoir perdu Tim, et de l’avoir retrouvé, et puis... Non, vraiment, le trou noir. Laissant à plus tard ses efforts de réminiscence, la blonde ouvrit la petite bouteille et prit une grande gorgée en récupérant le téléphone qui avait glissé dans son décolleté pour lire le message affiché à l’écran.

«QUOI ?!» hurla-t-elle en recrachant gaiement l’eau qui était censée apaiser sa gorge en feu et en reversant une partie du contenu de la bouteille encore dans ses mains sur ses draps et le pull Rodolph de Lexie dans l’agitation. Elle lâcha immédiatement le téléphone comme s’il venait de la brûler au dixième degré et se retourna précipitamment vers la cadette Preston pour obtenir des réponses sur ce qui semblait être un sms qu’elle lui avait elle-même envoyé, après être entrée dans un état second dont elle ne gardait aucun souvenir et qui contenait une information aussi dangereuse que la bombe thermonucléaire dans les mains de Sue Sylvester. Si précipitamment qu’elle bascula de l’autre côté du lit pour atterrir à plat dos sur la moquette, escarpins en l’air. «Gah gah gah gah gaaaaah.» grommela-t-elle sans bouger pour ne pas risquer d’empirer la douleur qui avait pris possession de l’intégralité de son pauvre corps avant de se mettre à sangloter sur le sol les bras en croix. «Lexiiiie. Je ne me souviens pluuuus. J’étais... J’étais...» Sa poitrine se souleva d’un hoquet la forçant à s’interrompre avant de reprendre plus doucement. «Le puuunch, et le feuuuu, et je ne sais pluuuus.»
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MessageSujet: Re: 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?   Ven 6 Déc - 14:29

En temps normal, Lexie aurait été en mesure de déduire qu'un combo Madeleine + gueule de bois n'allait pas franchement l'aider en ces temps agités. Mais les temps ne seraient sans doute plus jamais normaux si les sombres prédictions de ce texto venaient à se réaliser. Si Anna et Timothy venaient à se marier, que restait-il de sûr et de sacré en ce monde? D'aucun pourrait objecter que le mariage est une institution des plus sacrées, mais le cerveau agité de la rouquine n'avait pas le temps de prendre en considération ces bigotes pensées. L'heure était grave. Et son seul salut, sa seule chance d'obtenir une once d'explication présentait un cas de post-alcoolémie-mal-vécue aggravé. Sa blonde colocataire avait été particulièrement à l'ouest la veille, maintenant qu'elle y repensait. Et la tenue qu'elle avait choisi pour dormir, ou plus vraisemblablement qui s'était imposée à elle, prouvait qu'elle était loin d'avoir toute sa raison quand elle s'était effondrée dans son lit. Qui s'endort avec des talons de douze encore aux pieds? Madeleine Wild, voilà qui. La londonienne secoua la tête avec un énième soupir extrêmement théâtral, maudissant la douce folie qu'elle adorait pourtant chez son amie. Son mince espoir d'éclaircir cette sombre affaire s'amenuisait de secondes en secondes, à mesure qu'elle constatait l'état de décrépitude avancée de la surveillante. Les mythes sur la trentaine étaient peut-être fondés finalement, Lexie avait des souvenirs de lendemain de soirée beaucoup moins pitoyable que celui-ci. Ou alors, elle avait vraiment forcé la dose. Ce qui, pour un foie de la Pension, voulait dire des quantités d'alcool suffisantes pour mettre le feu à un petit pays, disons le Luxembourg ou la principauté de Monaco.

Un réveil soudain de l'animal groggy prit de court la galeriste, qui se retrouva aspergée d'eau sans trop comprendre pourquoi. Le rapport de cause à effet s'imposa à elle quand elle vit la bouteille d'eau, encore éprise de quelques spasmes, que tenait Maddie. D'un geste vif de la main, elle sauva George de la noyade et l'essuya rapidement avec le bout de sa manche. Elle appuya sur quelques boutons, histoire de s'assurer qu'il allait encore bien. Mais c'était un dur à cuire, il en avait vu d'autres, notamment une mémorable chute dans les escaliers de la Pension. Cabossé, tourmenté mais fort. Quel beau symbole. Malheureusement, George était la seule trace du possible mariage Ainston, puisque sa blonde amie semblait ne pas tout à fait se souvenir de sa soirée. Elles iraient loin comme ça tiens. Mais, l'esprit de Baby Preston fut détourné de son obsession matinale - enfin, du réveil dirons nous - quand sa colocataire fit une chute des plus rocambolesques. Lexie eut beau tendre le bras pour essayer de la rattraper, elle était bien trop amorphe et distraite pour réagir assez vite. Des cris d'agonie se firent bientôt entendre et une Madeleine au bords des larmes gémit des excuses et mentionna un feu. Les yeux de Lexie s'écarquillèrent et elle s'approcha du bord du lit et s'écria, penchée au dessus de son amie « Le feu? Quel feu, qu'est-ce tu racontes? » Elle bondit enfin des chaudes couettes pour tomber à genoux près de la souffrante. Passant un bras derrière sa nuque, elle l'aida à se redresser, tout sentiment de nausée envolée. « Ca va, tu n'as rien? Mon Dieu Mad, dans quoi tu t'es encore fourrée? » Elle la serra dans ses bras, histoire de s'assurer qu'elle ne s'était pas ouvert la tête en tombant de son lit ou qu'elle n'était pas brûlée au second degré. Mais quelque chose lui disait néanmoins que miss Wild était impliquée d'une façon ou d'une autre dans cette histoire d'incendie. Pas complètement égocentrique, la londonienne mit entre parenthèses son drame familial à venir pour s'intéresser aux malheurs passés de sa voisine de palier. Et qui sait, parler de la soirée lui remettrait peut-être les neurones en place et elle se souviendrait des détails de sa conversation avec Tim. Non pas que Lexie ne s'intéresse pas au bien être de la blonde, mais son cerveau encore embrumé était présentement encombré de bien trop d'informations et il fallait procéder à des élucidations progressives, qui commenceraient par s'assurer que Maddie n'avait pas brûler le gymnase de McKinley High.
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MessageSujet: Re: 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?   Ven 20 Déc - 15:58

Madeleine Wild avait l’alcool heureux, parfois guerrier, mais la gueule de bois malheureuse. Elle se contentait souvent de passer la matinée au lit en s’enfilant des comprimés d’aspirine les lendemains de fête, ou bien chaussait ses plus grosses lunettes de soleil pour aller dormir au bureau des surveillants et faire acte de présence rémunéré, mais ce n’était de toute évidence pas une option ce matin là. Les épaules secouées de sanglots, de grosses larmes roulaient ses joues et elle enfouit son visage entre ses mains pour cacher son apparence vraisemblablement pathétique à la vue de Lexie qui était déjà descendue du lit pour la ramasser du mieux qu’elle pouvait dans ses bras. Elle n’était pas certaine de savoir pourquoi elle pleurait. La douleur ? Peut-être, mais le choc avait été gentiment amorti par sa fidèle moquette. La perte de mémoire ? C’était embarrassant, surtout compte tenu du SMS vital qu’elle avait eu la présence d’esprit de partager avec sa colocataire avant de sombrer dans une alcoolémie à plusieurs grammes. Le soulagement de ne pas être morte ? Sûrement pas, le paradis c’était vachement plus sympa d’après ce qu’elle avait pu en voir. Le plus terrible dans toute cette histoire, c’était que la surveillante n’avait même pas souvenir d’avoir bu au point de se retrouver avec un tel mal de crâne, et encore moins un trou noir de plusieurs heures. Elle avait certes commencé avant la soirée, et copieusement tapé dans le punch, mais rien d’indécent. À moins que ce ne soit l’âge… Non. Impossible. Elle était encore jeune et fringante. Pas une ride à l’horizon, et ce n’était pas seulement parce qu’elle avait investi une petite fortune en crèmes préventives. L’année dernière elle était encore étudiante, et elle défiait quiconque d’avoir eu une dernière année universitaire aussi festive que la sienne. Elle avait écumé toutes les soirées de Columbus, sans compter celles de la Pension. Son foie en avait vues d’autres.

On l’avait droguée ! C’était la seule explication ! Pas une petite pilule du genre de celles qu’elle trouvait parfois dans les casiers lors de ses rondes nocturnes, le genre de vilaine pilule qui vous fait perdre la mémoire. Et peut-être même mettre le feu à une table ! Elle n’avait pas menti à Dieu en lui disant qu’elle n’était pas responsable ! On avait abusé de sa confiance en lui refilant un verre pas net et BAM, plus de mémoire, plein de flammes, et... Sûrement d’autres choses atroces qui resteraient à jamais perdues dans son inconscient. Essuyant ses larmes dans le pull de la rouquine, Madeleine se ressaisit en laissant toutefois ses pieds en l’air contre le matelas. «On m’a droguée !» cria-t-elle indignée avant de refermer les yeux, agresser par le son de sa propre voix. La blonde reprit à voix basse cette fois : «J’arrive pas à le croire. Au lycée en plus ! Peut-être qu’on aurait dû laisser la police fouiller après tout, si c’est pour que ce genre de trucs arrive. Je te parle pas du petit pochon de base, nan nan, je te parle maxi poudreuse qui te vide la tête et y invite des joueurs de cymbales après, tu vois. Je ne me souviens de rien ! Enfin si...» Se dégageant de l’étreinte de la galeriste, elle roula difficilement sur le côté, quittant finalement les draps dans lesquels ses jambes s’étaient emmêlées pour s’asseoir contre sa table de chevet. «J’essayais d’éviter le shérif, tu vois, et j’étais sûrement déjà droguée parce que je ne tenais pas très bien sur mes jambes, alors que j’avais mis mes chaussures raisonnables pour danser tu vois.» Pointant ses très déraisonnables escarpins, Madeleine secoua la tête d’un air navré avant de poursuivre. «Donc euh, je recule, et là je rentre dans une table qui n’avait rien à faire là, et genre je fais tomber une bougie, ou deux. Et puis bah forcément ils avaient mis des nappes en papier, et ça s’est mis à cramer, et là... Trou noir.» Pinçant ses lèvres, la surveillante plongea son regard dans celui de sa voisine de pallier d’un air très sérieux. «Il faut que je me souvienne Lexie. Je... Si... Anna... Tim... » Balbutiant face à l’inconcevabilité de la situation, Madeleine passa la main sur ses cheveux, coincés en bataille dans son bandeau style années folles. «Anna va se marier ? Sérieusement ?»

La question était malheureusement plus rhétorique qu’autre chose tant qu’elle n’aurait pas trouvé le moyen de retrouver ses souvenirs de la veille. Peu de chance que Facebook ou Twitter ne lui donnent la solution, toujours là pour afficher ses postures les plus embarrassantes, jamais là pour rendre service. Foutue technologie. Il fallait qu’elle fasse ça comme les vieux de la vieille. Elle avait brûlé sa dernière poupée vaudou, mais elle pouvait toujours en refaire une autre, ou bien trouver un équivalent... Soudain une illumination surgit des tréfonds de la grisaille de sa gueule de bois carabinée pour enflammer son esprit. Se projetant vers Lexie, la réalisatrice se rattrapa tant bien que mal à ses épaules, la secouant par la même occasion. D’un ton définitivement trop enthousiaste, elle partagea son coup de génie avec la jeune femme : «J’ai regardé un épisode de The Mentalist l’autre jour, et y avait cette fille là, la victime présumée criminelle, qui ne se souvenait de rien. Et genre, il l’hypnotisait, mais on peut pas le faire, et il l’emmenait sur les lieux du crime, mais je veux pas y retourner, mais bref, le but c’était de lui faire revivre la scène !» Lâchant sa prise sur Lexie, Madeleine se mit à quatre pattes pour ramper de son mieux sous le lit à la recherche du sésame qui lui rendrait la mémoire. Ses doigts se refermèrent plusieurs fois dans le vide avant d’attraper la bouteille en verre qu’elle avait rangée là pour les cas d’urgence. Tirant son litre de rhum de sous le lit, elle brandit fièrement sa trouvaille sous le nez de la rousse, se laissant même aller à un sourire convaincu. «Alors peut-être que si je me remets dans l’ambiance, tu vois, genre l’odeur du rhum, un peu de musique, et bah je me souviendrai de ce qui s’est passé !» Pas peu fière de son esprit brillant même diminué par la souffrance, Madeleine déboucha sans plus de cérémonie la bouteille et en prit une généreuse gorgée. Elle le faisait pour Anna. Ou plutôt, pour pouvoir la tuer en toute connaissance de cause avant d'organiser le mariage du siècle.
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MessageSujet: Re: 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?   Mar 31 Déc - 1:03

Les sanglots de Madeleine tenaient plus de la larme de crocodile qu'autre chose, mais cela n'empêchait pas le coeur de la jeune galeriste de se serrer légèrement. Elle détestait voir les gens qui comptaient pour elle pleurer, même si c'était certainement dû au choc brutal de ce réveil. Mais après tout, baby Preston en était responsable. Elle serra donc la blonde dans ses bras et la berça doucement, caressant gentiment sa tignasse malmenée par une soirée visiblement agitée. Elle la laissé déblatérer à son aise, fronçant néanmoins les sourcils en l'entendant dire qu'elle avait été droguée. Etait-ce possible? Lexie avait appris à ne rien exclure, fruit d'une expérience pas si longue mais très enrichissante. Toutefois, cela paraissait quelque peu... excessif. Donc, très Wild. Elle se contenta d'hocher la tête et d'aborder les expressions d'horreur et d'étonnement aux moments opportuns du récit, qu'elle n'avait d'ailleurs pas à feindre. Naturellement, la rouquine opina du chef avec détermination devant le choix de chaussures des plus sensées de sa colocataire. Après tout, elle l'avait vue enflammer les dancefloors sur des talons bien plus impraticables et elle savait - pour les avoir largement empruntés - que cette paire d'escarpins étaient ds plus confortables. Aussi, Mad avait soit pris la cuite de l'année lors du bal du lycée, ce qui entrait parfaitement dans l'esprit du personnage après tout, soit on lui avait effectivement fait ingurgiter des substances douteuses. Ou elle les avait prises de son plein gré et ne n'en souvenait pas. Ce qui semblait après tout plus plausible. Mais allez savoir à quoi s'adonner les lycéens de nos jours. Il n'y avait qu'à voir le spécimen qui vivait sous leur toit pour se rendre compte que les moeurs de ces jeunes gens étaient plutôt légères. Même si Jamie n'était certainement l'archétype de l'étudiant de McKinley High, pour le plus grand bonheur de la Pension Preston. Lexie n'avait de toute manière pas le temps ou l'envie de s'interroger plus amplement sur le pourquoi du comment de l'ébriété étonnamment avancée de la blonde, qui en était d'ailleurs venu à un semblant d'explication pour son histoire d'incendie. Typique. « C'est quoi cette sécurité pourrie franchement? On a pas idée, des bougies au milieu de tous ces sales gosses amateurs de drogue. Pff, tu mérites une prime de risque, je te le dis moi. » Clairement, le comité d'organisation des fêtes du lycée avait perdu de son standing. Et le proviseur était toujours aussi incapable. Une soirée comme une autre finalement.

A l'exception donc de ce fatal texto qui hantait ce pauvre George. Lexie était peut-être un peu égocentrique, mais après tout, les dégâts causés par son amie avaient visiblement été plutôt limités, elle allait très bien, hormis sa gueule de bois carabiné et il fallait éclaircir cette sombre affaire de mariage. Car après tout, l'union potentielle de Tim et Anna les affecteraient beaucoup plus qu'un amateur de pilules rigolotes probablement inexistant ou un pan de mur roussi dans le gymnase de McKinley. Anna allait se marier. Peut-être. Et même Madeleine voyait en quoi cela était dramatique, interrogeant sa voisine de palier avec anxiété. L'intéressée haussa les épaules et désigna la blondinette d'un geste de la main éploré, lui rappelant qu'elle seule détenait les réponses. « A toi de me le dire Wild. » Ce qui était bien sûr le coeur du problème. Certes, elles auraient pu aller rendre une visite concernée mais très amicale à Anna, histoire d'en avoir le coeur net. Mais tant de sens pratique n'était pas dans leurs cordes après si peu de sommeil et autant de relents d'alcool dans l'organisme. Et puis, la fourbe était sans doute terrée chez son fiancé. Et pouvait tout à fait nier la vérité, craignant certainement que les arguments très rationnels de sa petite soeur pour s'opposer à cette union ne parvienne à la convaincre de changer d'avis. Il valait donc mieux éveiller le cerveau confus de Madeleine. Ce qui pouvait s'avérer être une tâche difficile, mais cette dernière avait l'air inspiré. Son brusque sursaut pris quelque peu de court la jolie rousse, qui parvint néanmoins à la réceptionner sans s'étaler sur le plancher. Ses yeux bruns plongés dans les prunelles folles de sa blonde amie, il lui fallut quelques instants pour comprendre. Comment comptait-elle se faire hypnotiser? Ou revivre la scène sans se déplacer? Mais la réponse lui apparut sous la forme d'une bouteille de rhum déjà bien entamée. Haussant un sourcil dubitatif, elle observa Maddie avaler une goulée du breuvage, qui commençait déjà à embaumer la pièce. Devait-elle boire aussi? En toute honnêteté, baby Preston ressentait un vague haut le coeur rien qu'à cette idée. Et puis, il fallait bien que quelqu'un reste sobre pour encadrer cette reconstitution hasardeuse.

N'ayant pas de meilleure idée, Lexie n'objecta pas et encouragea la surveillante à reprendre un peu de rhum, tout en se relevant avec difficulté. Les os de ses genoux craquèrent de manière légèrement inquiétante, mais elle ne s'en préoccupa guère et se dirigea vers la chaîne hifi. Du fait de son grand âge et de sa naissance au siècle dernier, Madeleine possédait un nombre raisonnable de CD et d'un vieil appareil pour les passer. La jeune galeriste devait bien en avoir tout autant, dont certains fort peu glorieux, mais elle se garda bien d'associer cela à la vieillesse qui la guettait. Elle fouilla les piles désordonnées et finit par mettre la main sur un album de Beyoncé, qui serait parfait pour mettre un peu de fête dans leurs coeurs et leurs esprits embrumés. Après tout, personne ne peut battre Queen B. La petite anglaise se déhancha quelques instants, tendant une main enthousiaste à sa colocataire. « Alors, ton esprit s'éveille? Tu veux que j'allume une bougie? » Précautionneusement, elle dégagea un coin du bureau et y posa la bougie à la vanille qu'elle avait offert à son amie, avant de lui lancer un regard interrogatif. Elle voulait certes stimuler sa mémoire, mais pas éveiller un quelconque traumatisme. « Maaad, ça va jamais marcher ! » s'écria-t-elle finalement, se laissant tomber lourdement dans la chaise roulante qui manqua de percuter sa propriétaire de peu. Elle fit tourner le fauteuil vers elle et lui lança un regard désespéré « Tu as peut-être mal compris. Avec la drogue tout ça. Parce qu'elle m'en aurait parlé, quand même. » Egoïstement, c'était ce qui chiffonnait le plus baby Preston dans toute cette histoire. Que sa soeur puisse prendre une décision aussi importante, vive un événement aussi important et ne lui en fasse pas part. A moins que la demande ai eu lieu hier - et encore - Anna était inexcusable. D'autant plus si elle avait accepté et n'avait pas pensé à proposer à Lexie de s'occuper de l'organisation.
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MessageSujet: Re: 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?   Ven 28 Fév - 17:45

Celui qui était venu avec l’idée révolutionnaire de soigner le mal par le mal était un abruti fini. Reprenant une gorgée du rhum arrangé à la couleur ambrée, Madeleine fronça le nez avec dégoût, dépitée de consommer sa bouteille secrète dans des circonstances telles qu’elle ne pouvait même pas l’apprécier. Mais elle n’avait pas de meilleure solution à proposer pour le moment, et peut-être qu’en se torturant elle-même elle ferait avouer son cerveau fourbe. Comme le lui avait fait remarquer Lexie, tous leurs espoirs reposaient sur elle. Et sur sa capacité à retrouver dans sa mémoire des souvenirs enfouis sous plusieurs strates d’alcool et autres stupéfiants. Mais la cause était juste et valait bien encore un trait de rhum. Fermant les yeux en portant le goulot de la bouteille à ses lèvres la surveillante entreprit de faire les cent pas dans sa chambre sur ses talons aiguilles manquant de trébucher dans chaque vêtement ou câble qui traînait sur le sol. Madeleine hocha la tête lorsque sa colocataire proposa d’allumer une bougie, cessant ses piétinnements. Elle planta la bouteille sur le coin de sa coiffeuse surchargée et inspira l’odeur de la mèche brûlée pour se rapprocher un peu plus de l’atmosphère qui régnait dans le gymnase de McKinley tandis que Beyoncé chantait à tue-tête dans toute la Pension sur ses enceintes. On n’y était pas encore tout à fait, mais elle sentait qu’elle l’avait sur le bout de la langue, elle savait qu’elle savait. Elle était persuadée de savoir. Elle n’avait pas pu inventer un truc pareil. Et comme Anna n’était pas à la soirée, elle l’avait forcément appris de Tim. Mais Tim ne lui aurait jamais confié un truc pareil… À moins d’avoir été dans le même état qu’elle… Probable. Mais elle ne parvenait pas à se souvenir d’une discussion en particulier avec son tatoué de collègue.

« Bien sûr que si ça va marcher ! » s’indigna-t-elle face à la rouquine qui venait de frôler l’accident de chaise roulante avant de faire un pas en arrière pour plus de sécurité. « Le tout c’est d’y croire. Je sens des choses. Je sais que c’est là, quelque part. » désignant l’air devant elle en faisant tourner son poignet, Madeleine plissa les yeux d’un air concentré comme si la réponse allait apparaître d’elle-même devant elle.  Mais visiblement Lexie était toujours plus que sceptique face à ses tentatives de fouilles archéologiques intracrâniennes. « Sérieusement Lex’. J’aurais pas inventé un truc pareil. C’est trop… Enfin… Tu me comprends non ? C’est trop invraisemblable pour être faux quoi ! » Retournant s’asseoir sur le bord de son lit, la blonde entreprit de se débarrasser de ses souliers et d’enfiler sa robe de chambre en soie en ressassant les mêmes souvenirs et les mêmes flash de la soirée précédente. Anna allait se marier. Avec Ainsworth. Yuck. Mais qu’importe. Elle avait cessé d’essayer de comprendre le fonctionnement du couple de sa meilleure amie depuis longtemps. Elle était heureuse avec ce taré, tant mieux pour elle. Après tout c’était elle qui devait le supporter. En fait ce n’était pas tellement ça son problème. Bien sûr il y avait tout ce côté de confiance trahie et de petits secrets complotés dans l’antre de Timothy, loin de la Pension où elle ne remettait plus si souvent les pieds. Mais c’était sans compter que cette nouvelle pointait douloureusement du doigt le fait que Mad n’avait pour sa part personne de fiable sur son radar et que ce fait ne semblait pas sur le point de changer incessamment sous peu. Dis avec moins de délicatesse, la réalisatrice vieillissait, seule, et sa meilleure amie de cinq ans sa cadette allait sauter le pas, avec Ainsworth. Ce qui ne laissait que peu de choses pour lesquelles se réjouir en dehors du fait qu’elle allait pouvoir se gaver de gâteau à la réception et boire du champagne par litres. Tout ça c’était de la faute de Tim de toute façon.

« TIM ! » cria-t-elle soudainement en enfilant la manche de son déshabillé crème, sautant sur ses pieds comme un diable sorti de sa boîte. « C’est lui ! C’est lui lui lui ! » Soudainement dépassée par l’excitation d’avoir retrouvé le moment clef de sa soirée, Madeleine peinait à présent à articuler une phrase grammaticalement correcte. « La coupure ! La fille au bar ! Marié ! Mariééé ! » À la limite de l’hyperventilation, la blonde se rua sur la bouteille qu’elle avait abandonnée auprès de Lexie et la rouvrit pour descendre une longue traite de rhum et calmer ses nerfs à vif. S’intimant mentalement le calme, la jeune femme décompta depuis dix avant de reprendre la parole en agrippant la cadette Preston par les épaules. « Après le feu, il y a eu une coupure de courant ! Genre double trou noir, c’est pour ça que j’ai eu du mal à retrouver… Bref. Forcément ça a été l’angoisse, et tout le monde s’est mis à se rentrer dedans le temps que la lumière soit remise plutôt que de rester à sa place. Je m’en rappelle parce que j’ai été bousculée et du coup j’ai marché sur le pied d’un gamin qui s’est mis à beugler dans mes oreilles. » Trop heureuse de retrouver la mémoire, Madeleine ne faisait plus dans l’économie de détails, ignorant tout de la perte de patience probable de sa colocataire qui n’avait d’autre choix que d’être suspendue à ses lèvres pour la suite. « Du coup je me suis barrée au bar avant de devenir sourde à cause de son blabla j’ai mal blabla tout ça. Pas besoin de lumière pour le trouver. Et là ! Là ! Forcément Ainsworth y était déjà. Mais il n’était pas seul tu vois, y avait cette pauvre fille qui s’accrochait à lui, mais genre d’où est-ce qu’elle sortait, j’en ai pas la moindre idée, ils filtrent que dalle à l’entrée en fait. Donc, la fille ! C’est là ! C’est là que je l’ai appris ! Genre il me l’a pas dit à moi en fait ! Il l’a dit à cette meuf sortie de Tralala City ! Il lui a dit genre “désolé je vais me marier” ! Nan mais t’y crois toi !? »

Laissant là ses efforts pour se souvenir du reste de la soirée, Madeleine laissa place à l’indignation d’avoir dû apprendre une telle nouvelle de cette manière. « Tu crois qu’elle ne nous l’a pas dit parce qu’elle a honte ? Elle aurait pas dit oui si elle avait vraiment honte. Si ça se trouve elle attend le dernier moment parce qu’elle veut se la jouer petite cérémonie intime les amis proches et la famille. » Posant les poings sur ses hanches, la blonde planta son regard azuré droit dans celui de Lexie. « Je sais pas toi, mais je ne survivrais pas à ce mariage s’il n’y a pas de fête massive pour noyer le tout. »
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MessageSujet: Re: 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?   Dim 2 Mar - 18:08

Le désespoir commençait à gagner Baby Preston, qui doutait franchement que sa colocataire parvienne à resituer l'instant clé des dernières 24 heures qui leur permettraient enfin de savoir si oui ou non Anna allait se marier. Ce qui était une perspective assez effroyable à envisager dès le réveil. Toutefois, Mad resta fidèle à elle-même et ne se découragea pas, humant et palpant l'air autour d'elle comme si les esprits de la Pension allaient lui apporter la connaissance. Ce qui n'était pas exclu en fait. La blonde lui avait déjà indiqué plusieurs fois que Granny Preston veillait sur la maisonnée et Lexie s'était toujours dit que cela expliquait sans doute que l'endroit ne soit pas encore tombé en ruines. Elle s'imaginait sans mal l'esprit de feu sa grand-mère protéger l'électricité vieillissante et la tuyauterie pleine de plomb, même si elle doutait qu'elle approuve grandement de ce qu'il se passait entre ses murs. Madeleine s'efforça donc d'entrer en communion avec les esprits afin d'accéder aux méandres les plus alcoolisés de sa mémoire, tandis que la rouquine pesait avec sérieux la possibilité de cette union. Après tout, aussi incongru que soit le discours de son amie, elle avait raison. Jamais elle n'aurait été inventé une histoire pareille, même sous l'influence de toutes les meilleures drogues possibles. Même l'esprit imaginatif - pour dire le moins - de Madeleine Wild n'était pas capable de marier Timothy Ainsworth et Anna Preston. Le corps tout entier de la londonienne frissonna à cette pensée, se demandant si cela voulait également dire qu'ils auraient un jour la folle idée de procréer. Autant, la perspective d'avoir des neveux et nièces à gâter et à éloigner du droit chemin était plaisante, autant elle la terrifiait. Quel genre de parents Ainston feraient-ils? Au moins, on pouvait espérer qu'ils aient appris des erreurs et des maladresses de leurs propres parents. Mais bon, reproduction du schéma familial tout ça. Il y avait du potentiel au désastre. Surtout que ces enfants imaginaires montreraient sans aucun doute les mêmes tendances à la rébellion que leurs parents si rock and roll. La vision d'un Tim aux tatouages fripés et d'une Anna peroxydée dans un comité de parents d'élèves, supervisant une rousse élancée et un petit brun à l'air blasé s'imposa à la cadette Preston, avec beaucoup trop de clarté à son goût.

Fort heureusement, un cri strident de Maddie l'arracha à sa vision du futur un brin trop réaliste, même s'il manqua aussi de la faire tomber de sa chaise tant elle sursauta. Tim. Oui. C'était de ça qu'il s'agissait. Peut-être que les goulées de rhum avalées de si bon matin avait été de trop pour la cervelle fatiguée de sa colocataire, qui avait apparemment perdu la capacité de faire des phrases avec des verbes. Mais elle parvint finalement à se ressaisir, attrapant solennellement Lexie par les épaules et soufflant son haleine chargée et quelque peu fétide sur son visage. La galeriste fit facilement abstraction de ce petit détail, se concentrant au maximum sur les paroles de la surveillante. Son récit était peut-être inutilement détaillé, mais au moins elle savait où elle allait. Du moins, c'était ce que Lex espérait. Finalement, Madeleine en arriva à l'habitante de Tralala City et la révélation ultime de son collègue. Bien sûr, en des circonstances moins rocambolesques, la britannique se serait sûrement souvenue de toutes les excuses qu'elle avait pu inventer pour échapper à un prétendant un peu trop collant. Elle avait même prétendu être enceinte, une coupe de champagne à la main et ne s'était pas laissé démonter quand l'apprenti Roméo lui avait fait remarquer cette légère incohérence. La perspective d'une grossesse non désirée et d'une rousse hystérique avait eu raison du tenace garçon. La révélation d'un mariage à venir aurait pu suffire à éloigner cette demoiselle, assez désespérée pour jeter son dévolu sur Ainsworth Sr mais pas assez pour jouer les briseuses de ménage. Mais présentement, l'esprit de la galeriste n'était pas capable de tant de considérations logiques. Non, le souvenir désormais très précis de Mad ne faisait que confirmer la nouvelle, puisque la source n'était autre qu'un des principaux protagonistes. Baby Preston avait regardé suffisamment d'épisodes de The Newsroom pour savoir qu'il fallait au moins trois sources avant d'annoncer une information. Mais elle était libre de faire fi de ce détail, qui après tout s'appliquait au journalisme et non à la vraie vie.

A la question de sa colocataire, Lexie hocha la tête à la négative si fort qu'elle aurait bien pu développer un torticolis. Anna n'avait pas honte. Pas de Tim. Pas de grand chose d'ailleurs. Mais certainement pas de Tim. Si sa cadette avait vaguement pensé que ce faux rebelle tatoué n'était qu'un instrument pour provoquer James et Emilia, elle avait rapidement balayé cette théorie. D'une part, c'était plus son style que celui de sa soeur. Ensuite, même si cela lui faisait peine de le dire à voix haute, quelque chose existait réellement entre ces deux là. Quelque chose que personne, même pas eux, ne semblait capable de comprendre. Mais c'était là, c'était assez fort pour résister à biens des épreuves et ce n'était pas près de s'en aller. La possibilité d'une union plus officielle s'imposa finalement comme pas aussi absurde qu'elle l'avait d'abord envisagé. Ca restait absurde. Et difficile à appréhender. Mais c'était... plausible. Néanmoins, elle se vit obligée de rejoindre son amie sur son dernier point « Il me faudra la fête du siècle et une caisse de champagne pour digérer la nouvelle je pense. Si mariage entre ma grande soeur et ce... Timothy il y a, il faudra que ce soit le plus beau mariage qu'on ai jamais vu. Mariage Schuester-Pillsbury inclus. » C'était placer la barre très haut, mais tout à fait envisageable dans l'esprit de la jeune femme. Après tout, si la cérémonie avait été parfaite et la soirée très réussie, c'était resté une affaire conventionnelle et un peu vieillotte. Et il y avait peu de choses moins conventionnelles qu'Ainston en ce bas monde. « Je n'arrive pas à savoir si je suis juste très très étonnée et encore un petit peu en état d'ébriété ou si je suis vraiment heurtée par cette idée. » lâcha finalement Baby Preston. « Je suis vexée qu'elle ne me l'ai pas dit. Mais à part ça, je ne crois pas que je lui en veux. » Ce qui pouvait sembler tout à fait normal, un mariage suscite en général des félicitations de la famille et des proches des intéressés. Mais connaissant Lexie, c'était un grand pas vers la maturité. « Mais, elle a tout de même intérêt à s'expliquer ! Et nous, à préparer le mariage du siècle. » Impossible n'est pas Preston, après tout.
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MessageSujet: Re: 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?   Jeu 6 Mar - 17:13

On dit que le cœur a ses raisons que la raison ignore, et Madeleine Wild avait pour habitude d’ignorer sa raison. Elle n’avait donc pas été effleurée par le doute, ni en surprenant une bribe de conversation entre Timothy et une sombre inconnue dans un état d’ébriété avancé, ni en revenant sur la scène à tête presque reposée et à peine imbibée de rhum arrangé. Pour elle, tout était limpide, Anna avait décidé d’épouser Ainsworth en douce, et elle ne leur annoncerait pas la nouvelle avant d’être certaine que Lexie et Mad ne puissent pas mettre ses plans de cérémonie discrète et rapide en déroute. Grave erreur Preston Première. Et puis de toute façon, comment pouvaient-ils espérer garder ça secret en l’annonçant à des inconnus dans des soirées douteuses en attendant que le courant soit rétabli ? Est-ce qu’Anna en avait fait de même au Piano-Bar en balançant à toutes les perruques crépues et pattes d’eph’ qu’on allait lui passer la bague au doigt ? Ce n’était certes pas la première fois que sa meilleure amie lui faisait des cachoteries. Si tout finissait toujours par se savoir entre elles, il fallait parfois compter un certain délai pour formuler les choses. La surveillante pouvait difficilement lui jeter la pierre après avoir abondamment pratiqué la nouvelle procrastinée concernant sa désastreuse vie sentimentale, si tant était que le terme puisse être appliqué aux relations pour le moins complexes qu’elle avait avec les hommes, mais elle n’imaginait pas que cette petite routine puisse s’appliquer à quelque chose d’aussi massif qu’un mariage. Avec Ainsworth. Bouddha tout puissant puisse-t-il les protéger tous quand la fin du monde s’abattrait sur Lima aux douze coups de minuit le 31 décembre 2017. Timothy Ainsworth allait se passer la corde au cou ? Monsieur La-Vie-Ne-M’atteint-Pas-Et-Je-Te-Méprise ? Pas vraiment le premier qu’elle aurait imaginé dans le rôle du marié. Elle était peut-être convaincue que cette union allait réellement avoir lieu, mais la blonde ne parvenait pas à imaginer Timothy se mettre à genou pour demander la main d’Anna. Ni même entrer dans une bijouterie pour lui acheter une bague. Il ne lui avait quand même pas jeté un anneau en plastique au visage en lui demandant si elle acceptait de continuer leur relation cyclothymique pour le reste de leurs vies, si ? Une chose était certaine, la réalisatrice ne voyait pas comment Anna se serait lancé dans une telle demande sans en parler ni à sa sœur ni à elle. Quoi qu’il en soit, les voies d’Ainston restaient impénétrables pour les profanes. Et Madeleine était secrètement persuadée qu’ils n’avaient pas eux-mêmes une meilleure compréhension de leur fonctionnement pour le moins original.

Ses relations avec l’autre surveillant de choc de McKinley s’étaient sensiblement améliorées depuis qu’ils s’étaient trouvé des ennemis communs, mais tout ceci restait extrêmement subtil et il n’était pas rare qu’ils en reviennent à leurs bonnes vieilles habitudes de couteaux tirés. Elle l’évitait autant que possible, ne s’intéressait pas vraiment à sa vie, et maintenant que la question se posait, elle se demandait bien qui elles pourraient inviter pour remplir les bancs de son côté… Il fallait pourtant que la fête soit aussi pleine que possible pour faire passer la pilule. Alors même si Tim n’était qu’un rebelle asocial, elle lui trouverait des amis, elle lui louerait des amis, elle inviterait ses cousins d’Angleterre s’il le fallait. Elle acquiesça donc vivement à la comparaison que fit Lexie avec le mariage d’Emma. Même si la challenge semblait dur à relever étant donné les moyens qui avaient été déployés pour la cérémonie des Schuester. Sans compter qu’ils connaissaient à eux deux la moitié de la ville tandis que Tim et Anna étaient plus… réservés. « Laisse tomber la rancœur et les questions Lex’, on va pas avoir le temps pour ça. » annonça Madeleine d’un ton résolu. « Elle ne doit pas savoir qu’on sait. Parce qu’on sait toi et moi que si elle sait qu’on sait elle va vouloir nous empêcher de préparer le mariage du millénaire. »  Posant les mains sur les épaules de Lexie, elle plongea son regard dans le sien avec tout le sérieux du monde. « Elle veut la jouer discret, cérémonie privée, c’est certain. Sinon pourquoi elle ne l’aurait pas dit ? » Arquant un sourcil interrogateur, elle poursuivit avant de véritablement laisser le temps à sa voisine de pallier de trouver une réponse à sa question rhétorique. « On va préparer le mariage. Toi et moi. Ce sera parfait, puisqu’on l’aura préparé. Peut-être qu’elle a la trouille qu’on approuve pas… Parce que franchement… On est d’accord… Ainsworth… Bref. » La blonde leva les yeux au ciel en secouant la tête de dépit. « Il nous faut une robe, et de la déco, et des fleurs, et des invités. Mon dieu qui est-ce qu’on va inviter ? Je peux piquer le téléphone de Tim pour voir s’il lui reste des amis qu’on pourrait caser… Et puis côté Anna, les éternels. » Elle lâcha finalement sa prise sur les épaules de la rousse pour recommencer à faire les cent pas dans sa chambre. « J’ai jamais organisé de mariage. T’as déjà organisé un mariage ? Je suis sûre qu’on peut le googler. Mais avec quoi on va payer ça ? » Posant ses deux mains contre son front Madeleine sentait la migraine revenir et ne savait plus si c’était la montée de stress à l’idée de se charger en douce de quelque chose d’aussi important, ou si c’était simplement sa gueule de bois et son volume sonore. « Faudra vérifier qu’ils n’ont pas fait de réservations en ville, et… et… » La jeune femme s’assit de manière précaire sur le rebord de son lit, talons fermement ancrés dans le sol, fixant le bout de ses pieds. « T’es avec moi hein ? » Relevant le regard vers Lexie, Madeleine était profondément partagée entre l’impatience et l’angoisse, mais au fond d’elle-même, elle savait qu’elle faisait le bon choix en acceptant ce mariage et en sautant à pieds joints sur le train des préparatifs.


Dernière édition par Madeleine Wild le Dim 30 Mar - 22:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. Pension Preston | Big Fat British Wedding?   Ven 7 Mar - 14:41

Lexie avait beau retourner la chose dans tous les sens, il lui semblait y avoir une incohérence majeure dans l'annonce de cette union. Non pas que Tim et Anna ne s'aimaient pas sincèrement. Ils étaient impossibles à suivre, eux-mêmes ne se comprenaient sans doute pas entièrement et ils formaient le couple le plus improbable qu'elle ai jamais vu. Mais ils s'aimaient envers et contre tout. Et pourtant, la galeriste était familière des unions improbables. Leurs parents déjà, étaient un bel exemple. Sa soeur reproduisait peut-être le schéma familial à sa façon. Jeune fille issue d'un milieu bourgeois qui s'entiche d'un garçon que sa famille n'approuve pas. Le cas d'Anna Lee était un peu plus extrême mais la définition convenait également à Emilia. Après tout, sa famille maternelle ne s'était jamais remise d'avoir des petits enfants semi-américains. Affront suprême. Et leurs propres parents étaient du genre à regarder de travers les tatouages du jeune Ainsworth et à observer d'un air sévère leur fille aînée, en se demandant pourquoi elle s'obstinait à gâcher sa vie. Lex aussi avait été coupable de ce jugement hâtif la première fois qu'elle avait été introduite à cette relation. Mais c'était uniquement parce qu'elle craignait pour le bien-être de sa grande soeur. A raison parfois, on ne pouvait pas dire qu'Ainston était 100% fonctionnel. Mais cela n'avait rien d'étonnant et semblait procurer un semblant d'équilibre dans la vie des deux intéressés. Au final, ce couple était même assez évident en fait, quand on grattait un peu la surface et les préjugés. Aussi, la rouquine avait cessé de questionner le pourquoi du comment et se contentait de suivre de loin leurs hauts et leurs bas, histoire de savoir quand elle devait se ranger farouchement du côté de son aînée et tourmenter Timothy plus que d'habitude. Mais cette fois, le problème était différent. Comment diable en étaient-ils venus à être fiancés? Etait-ce Anna qui avait plaisanté à propos de l'avenir, de maison avec une jolie barrière blanche et un labrador et conduit à une proposition en bonne et due forme? Les connaissant, une blague devenue sérieuse n'était absolument pas à exclure. Et peut-être que Tim était capable d'élans romantiques insoupçonnés. Ce garçon était à peu près aussi ouvert qu'une huître en colère, allez donc savoir ce qui se tramait sous ses cheveux décoiffés. Quoiqu'il en soit, Lexie se devait de savoir le fond de l'affaire et une séance Inquisition britannique s'imposait.

Mais elle n'eut même pas le temps de s'extirper du fauteuil de bureau confortable de sa colocataire que cette dernière coupa toute idée de discussion avec les intéressés. La cervelle encore un peu imbibée de Baby Preston mit quelques secondes à saisir ce ils doivent pas savoir qu'on sait, digne d'un épisode de Friends. Mais finalement, l'information percuta son cerveau, tandis que Madeleine s'emparer de ses épaules pour lui exposer le plan de bataille. Lexie n'eut donc pas l'occasion d'objecter que les futurs mariés avaient pu garder le silence pour une foule de raison. D'autant qu'elle préférait ne pas se pencher de trop près sur ce qu'elle aurait immédiatement considéré comme un manque de confiance de la part d'Anna, il n'y a pas si longtemps. Mieux valait donc suivre le chemin de pensée confus, mais enthousiaste, de la blonde. Oui. Timothy et Anna étaient des gens réservés, tout à fait capables de s'éclipser en douce à la mairie et annoncer le mariage trois mois après, comme si de rien n'était. Et elles se devaient d'empêcher ça. De faire les choses avec un minimum de standing. La londonienne n'était pas la plus grande fan de l'institution du mariage, ne croyant pas spécialement en la monogamie de l'être humain à la base. Et l'histoire pour le moins franchement patriarcale et dérangeante de la cérémonie ne lui plaisait pas non plus particulièrement. Mais ici c'était différent. Et puis, un mariage - dans son sens le plus moderne possible donc - était une fête, une célébration de l'amour de deux êtres merveilleux. Et ces deux là méritaient bien un minimum de panache, que leurs amis étaient prêts à leur fournir puisqu'ils en manquaient clairement. A mesure que Mad s'emballait, la rouquine se laissa prendre et hocha la tête d'un air déterminé. C'était ce qui devait se passer. Un mariage surprise. Ca allait être magnifique. Et si l'un des deux avait songé à se défiler, ce serait tout bonnement impossible devant des invités. Peu d'invités, comme l'avait souligné sa voisine de palier, les protagonistes n'étaient pas franchement des créatures sociables, mais des invités quand même. La folie de l'entreprise ne manqua pas de submerger l'instigatrice du plan, qui lança un appel quasi désespéré pour le soutien de Lexie.

Cette dernière se propulsa de la chaise pour venir s'agenouiller aux pieds de Maddie et s'emparer de ses mains. Ses traits s'étaient fait très sérieux et elle regarda son amie droit dans les yeux en répondant « Bien sûr. Bien sûr. On va y arriver. Toi et moi, on peut tout faire, pas vrai? » Elle lui fit son plus beau sourire, ne laissant pas transparaître ses propres doutes. Le budget serait pour le moins serré, la galerie remontait peut-être doucement la pente mais ils étaient loin d'être sortis du rouge. Et typiquement, une cérémonie de mariage réclamait de l'argent pour être un minimum réussie. Mais elle n'allait pas se laisser abattre, après tout, s'il y avait des gens qui avaient appris à faire des merveilles avec peu de moyens, c'étaient les occupants de la Pension Preston. Combien de soirées géniales avaient-ils organisés ici même? Ils étaient une institution à Lima, pour le pire et le meilleur. Et avec un peu de temps et d'économies, c'était parfaitement jouable. Lexie prit donc son ton le plus persuasif, qu'elle utilisait indifféremment sur des clients hésitants ou sa soeur indécise et affirma sans l'ombre d'une hésitation « Ca sera épique mon chou. J'ai jamais organisé de mariage non plus, mais tu es bien placée pour savoir que je suis une experte de la fête réussie. A-t-on déjà eu des plaintes? Non, garantie Preston, 100% satisfait. » Réfléchissant aussi rapidement que possible au vu de ses capacités cérébrales quelque peu réduites, elle poursuivit avec entrain, marchant de long en large dans la chambre de sa complice « Je ferais le repas moi-même, on économisera déjà une petite fortune. Et puis on pourra faire ça ici ! Dehors, on attendra qu'il fasse un peu moins froid et on déblaiera la grange ou un truc comme ça. Pareil, la déco sera home-made. Et on invitera pas cent personnes de toute façon, ce sera intimiste. Cosy. Oui, oui, ça va être parfait. » Soudainement inspirée, la rouquine fondit vers le bureau de son amie, ouvrit son ordinateur et s'empara d'un papier et d'un stylo qui traînait. Elle pianota quelque peu, de Tumblr à Pinterest, pour chercher de bonnes idées et fit signe à Mad de la rejoindre. « Viens voir, je suis sûre qu'on peut faire un truc dans ce genre là. En moins prout-prout quoi. » Lexie frétilla sur sa chaise et nota frénétiquement quelques pistes. L'idée de communiquer avec sa soeur pour en avoir le coeur net s'était envolée et Baby Preston s'était lancée tête la première dans ce plan farfelu. Peut-être qu'au fond d'elle, c'était sa manière de faire payer son silence à Anna. Ou alors, le simple enthousiasme de sa colocataire et son propre dynamisme lui suffisaient pour se convaincre qu'il s'agissait de la voie la plus évidente à suivre. Toujours est-il qu'elles avaient un mariage secret à préparer, des fleurs à trouver, des invités à trier. Une tâche conséquente mais pas insurmontable pour ce duo de choc.
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