Choriste du mois


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 03. Wake me up when it's all over.

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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
Humeur : Angoissée.
Statut : Épouse de Wyatt Pillsbury.
Etoiles : 1621

Piece of Me
Chanson préférée du moment : Coldplay ─ Charlie Brown
Glee club favori : Second Chances
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MessageSujet: 03. Wake me up when it's all over.   Ven 6 Déc - 13:22


03. Wake me up when it's all over.


Une ombre au cœur de l'Eglise. Le corps raide, les épaules voûtées, Charlie fixait d'un air absent la grande croix majestueuse qui dominait le chœur de la bâtisse. Vêtue exclusivement de noir, l'obscurité de sa tenue soulignait la gravité exprimée par ses traits tout en contrastant avec sa peau encore plus translucide qu'à l'ordinaire. Autour d'elle, les bancs étaient tous vides, et le silence qui pesait sur l'église était à la fois synonyme de réconfort et de solennité. Figée, la jeune femme n'avait pas esquissé le moindre geste au cours des cinquante dernières minutes. Son esprit, quant à lui, restait étonnamment vif, les souvenirs le traversant se succédant avec une intensité rare. Néanmoins, un seul visage dominait toutes ces pensées : le visage de son père. Il était partout dans ses souvenirs, les traits crispés ou le visage éclatant, soucieux ou particulièrement détendu, mais débordant à chaque fois d'énergie et de vie. Arborant toujours un sourire apaisant, un sourire qu'elle ne saurait jamais oublier, qui s'éterniserait à jamais dans sa mémoire, qu'importe le nombre d'années qui la séparait à présent de son père.
Dix-sept ans. Dix-sept ans qu'il était parti et l'avait laissée orpheline. Et en ce sixième jour du mois de décembre, Charlie se sentait plus seule que jamais.

Emprisonnant sa lèvre inférieure entre ses dents, la jeune femme poussa un long soupir et baissa le regard, le rivant au sol. Le goût amer sur sa langue était celui de la nostalgie, un sentiment avec lequel elle vivait chaque jour, qu'elle n'était pas encore parvenue à effacer en dépit de tous les efforts qu'elle réalisait au quotidien pour s'en débarrasser. La vérité était que son père était partout. Dans sa mémoire, dans son sang, dans les décisions qu'elle prenait mais aussi dans les erreurs qu'elle commettait. Il était là, avec elle, tout le temps, l'aiguillait dans ses choix et la protégeant à sa manière. Et si elle ne pouvait plus le voir, il existait dans sa mémoire et c'était sans doute ce qui la maintenait toujours en vie. Cet amour indestructible qui ne pouvait être que celui d'une fille pour son père.

Plongeant une main tremblotante dans la poche de son long manteau noir, Charlie en extirpa un carnet aussi sombre que sa tenue. Posant son regard sur l'objet, elle passa la paume de sa main droite sur celui-ci avant de le hisser devant ses narines et d'en inspirer l'odeur si particulière. Ce carnet ne ressemblait à aucun autre, et ce malgré l'étrange similitude pouvant exister entre celui-ci et tous les autres dans lesquels Charlie se confiait depuis toujours -ou presque. Sa couverture noire était lisse, et ses coins usés par le temps. Quand elle l'ouvrit à la première page, un sourire se dessina malgré elle sur ses lèvres. Il s'agissait de l'héritage le plus précieux que lui avait laissé son père, et c'étaient bel et bien ses mots, écrits de sa propre main, qui étaient couchés sur le papier jauni. Elle tourna précautionneusement les pages du livret, relisant avec la plus grande attention ces phrases tournées maladroitement qui retraçaient les souvenirs de Charlie Watson. Son père n'avait pas été un grand écrivain ; en vérité, quelques fautes d'orthographe s'étaient glissées entre ses mots et son lexique restait limité. Mais l'importance ne se situait pas là. Il s'agissait des pensées les plus intimes de son père, de ses réflexions sur ses voyages, sur la guerre, mais aussi sur sa famille et le bonheur que lui inspirait cette dernière. Quelques photos illustraient ses écrits, et une fois de plus Charlie les détailla non sans une certaine avidité, sentant la fierté vibrer en elle lorsque son regard se posa sur la photo de son père portant son costume de militaire, ou le chagrin la déchirer quand il rencontra sa photo préférée, celle de leur petite famille ; son père, assis dans le petit jardin de leur maison à San Diego, un bras sur les épaules de sa mère et l'autre enroulé autour de la taille de sa fille, dont le sourire figé respirait le bonheur. Il ne manquait qu'un personnage sur cette photographie : le petit frère de Charlie, Henry, qui n'avait jamais eu la chance de connaitre leur père. Henry, dont l'anniversaire correspondait avec celui de l’enterrement de son père.

Détachant son regard de la photo, Charlie réprima un nouveau soupir et tourna les pages plus rapidement, jusqu'à atteindre la dernière page dans laquelle s'était confié son père, et la première dans laquelle elle-même avait pris le relai. Cette page, sur laquelle son écriture remplaçait celle de son père, datait du 6 décembre 2008. Le huitième anniversaire de l’enterrement de son père, lorsque Charlie avait enfin eu le courage d'y inscrire ses premières pensées, alors âgée de treize ans. Depuis, tous les ans elle reprenait ce même carnet à la même date et y revivait son deuil à sa manière. Les derniers mots étaient ainsi datés du matin même, lorsque la jeune femme avait fait honneur à ce rituel. Elle relut rapidement les deux pages qu'elle avait remplies, puis referma le carnet avec douceur avant de se lever et de le remettre à sa place, dans son manteau. Ses pas résonnant dans l'église, elle se dirigea vers une table qui soutenait quelques cierges et en prit un au hasard, qu'elle alluma à l'aide d'un autre cierge. Lorsqu'elle le reposa à sa place, elle ferma les yeux une seconde. « Je t'aime, papa » Murmura-t-elle doucement, avant de rouvrir les yeux et de se détourner de ce spectacle.

Quittant l’église, la jeune femme se dirigea vers sa voiture avec un nouvel objectif en tête :  noyer sa peine au bar-karaoké de la ville, dans lequel elle avait pris ses aises au cours de ces dernières semaines. Roulant plus vite qu'à l'ordinaire, elle remarqua à peine le mécontentement des automobilistes autour d'elle lorsqu'elle grilla deux feux rouges d'affilée puis força un conducteur à freiner quand elle força son entrée sur le parking du bar-karaoké. Absorbée par ses pensées, déconnectée de la réalité extérieure, elle n'avait même pas pris conscience du danger qu'elle avait représenté pour les autres mais aussi pour elle. Le visage neutre, elle claqua la porte de la vieille Ford et marcha d'un pas déterminé vers l'entrée du bar. Il était peut-être un peu tôt pour s'y aventurer, sa montre indiquant à peine dix-neuf heures, mais ces derniers temps Charlie s'y rendait à toute heure de la journée. Repérant une place libre au bar, elle se dévêtit et s'installa sur le tabouret choisi. « Un dry martini, s'il-vous-plait » Commanda-t-elle auprès du barman qui hocha la tête, désormais habitué à la présence de la jeune femme.

Sortant son téléphone portable de la poche de son manteau, Charlie observa le fond d'écran d'un air amer : malgré sa récente rupture avec Wyatt Pillsbury, elle n'avait su se résoudre à supprimer sa photo de son écran d'accueil et ne pouvait réprimer un pincement au cœur à chaque fois que son regard se posait sur celle-ci. Clignant doucement des yeux, elle ouvrit sa boite de réception et commença la rédaction d'un nouveau message, adressé à son petit frère cette fois. « Joyeux anniversaire, frangin ! Je ne pourrai malheureusement pas venir à la maison ce soir pour fêter ça avec vous, mais sache que je pense énormément à toi aujourd‘hui. Je m'excuse encore pour la dernière fois, j'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur trop longtemps. Je t'aime ». Elle hésita un instant avant d'appuyer sur le bouton « envoyer » mais finit par le faire. Une fois son portable rangé, elle accueillit le dry martini non sans un certain réconfort et en prit une gorgée. Le goût familier de l'alcool lui brûla la gorge tout en la soulageant. Elle était seule, plus seule que jamais, mais pouvait néanmoins toujours compter sur ce bar pour lui apporter la compagnie qui lui faisait si cruellement défaut ces derniers temps.
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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Lun 9 Déc - 16:38

Le bar était bondé. Surtout si l'on considérait l'heure. La montre d'Andrew le narguait, avec ses aiguilles phosphorescentes et son bracelet vert orné de petits rênes. 19h30. Et la soirée ne faisait que commencer. Alors il devait enchaîner. Les politesses avec les clients. Les boissons et leurs couleurs éclatantes. Les chansons tantôt massacrées, tantôt interprétées avec talent. Et ce tous les soirs ces derniers temps, afin de pouvoir se payer enfin des cadeaux de Noel. Ils étaient deux ce soir pour tenir le bar. L'un au bar, son collègue, et Andrew en salle, débarrassant les tables et s'occupant de la programmation musicale. Il avait sans doute hérité de la tâche la plus agréable pour la soirée, entendre chanter les clients, chanter parfois même, mais surtout ne pas supporter les commérages du bar, les vieillards qui se plaignaient du froid, de l'humidité, ou des jeunes qui monopolisaient la scène en massacrant des tubes de rock'n'roll qui avaient bercés leur jeunesse. Mais il fut bien obligé de rejoindre le bar en voyant son amie arrivée, avec sa tête des mauvais jours. Et quel jour. Elle avait déjà un dry martini devant elle, servi par son collègue qui était déjà absorbé par les récits de guerres d'un autre client antique à la mémoire défaillante. Chaloupant entre les tables, attrapant deux verres vides au passage, Andrew se propulsa vers l'ordinateur du karaoké, pianota sur le clavier à la recherche des quelques titres qu'il restait à chanter, ajouta les chansons qu'on lui avait soumis sur les petites feuilles de papier mis à disposition des clients et quitta son poste de surveillance pour rejoindre Charlie.

La jeune femme avait ce don qu'Andrew trouvait terriblement poignant. Si son visage était fermé, ses yeux respiraient la détresse et la solitude. Rouge et vert, du pantalon jusqu'au pull, faisant secouer les grelots de son chapeau de Noel, il se dirigea vers la tabouret de la jeune fille, toujours derrière le bar, histoire de parer à toutes les éventualités. Les coudes sur le bar, le menton calé dans ses paumes, il plaqua son regard noisette sur le doux visage de Charlie. Andrew ne savait jamais vraiment comment aborder des gens ouvertement en quête de solitude ou dans une tristesse profonde. Devait il faire de l'humour ? Etre compatissant, risquant d'être condescendant ? Ou alors garder le silence en se fixant en chien de faïence ? Le jeune homme avait pris le parti d'arborer un sourire contrit et de lancer une banalités, prenant la température du moral de la jeune femme. S'il s'écoutait, lui aussi aurait un verre de martini dans la main, une cigarette dans l'autre, et un bon vieux tubes d'Aretha Francklin qui tournerait dans le fond. Mais Andrew ne devait pas boire en service, et ne fumait même pas. Quant au tube, il doutait que quelqu'un ici lui commande du Aretha. Mais on pouvait toujours rêver.

"Journée pourrie hein ? Tu veux en parler ?"


Banal. Pouvant risquer un refus. Et pas très inspiré. Mais Andrew n'en avait que faire. Il continuer de fixer les yeux immenses de Charlie, ignorant superbement son collègue qui râlait dans un coin, devant prendre les nouvelles chansons des clients et les enregistrer dans l'ordinateur. Le jeune serveur avait décidé de s'accorder une petite pause, refusant de compter les heures qui lui restaient à faire avant la fin de son service et qui refusaient ostensiblement de s’égrainer. Prenant une fiche qui servait aux client à noter titre et artiste de leur choix, Andrew s'empara d'un stylo. Il y griffonna quelques lignes de son écriture penchée et liée.

I'll Stand by You
The Pretenders
Le monsieur aux yeux noisettes en face de toi n'arrête pas de te regarder
Je crois que tu as une touche. Ou alors il veut juste chanter avec toi.
Fais attention, il est bizarre, son pantalon est rouge, et sa montre porte des rênes.

Il poussa le papier dans la direction de Charlie, un sourire mutin flottant sur ses lèvres. Il savait qu'il faudrait changer les idées de la jeune femme. Et l'humour avait toujours été la meilleure des armes d'Andrew. Il avait réussi à résoudre des conflits presque atomiques, entre deux jeunes filles qui se battaient pour la fraise en bonbon qui était tombée d'une brochette, ou entre un jeune couple qui voulait chanter deux chansons différentes. Son collègue semblait gérer la situation, même si Andrew savait qu'il allait lui devoir quelques services, comme des remplacements d'heures ou la prise en charge des groupes d'adolescents déchaînes les vendredi soirs. Alors il était disposé à écouter. Ou parler. A faire ce qu'elle attendait de lui.
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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Jeu 26 Déc - 16:35

Ses doigts jouant distraitement avec la paille de sa boisson, Charlie songeait à tout ce qu’elle avait perdu au cours de ces dernières semaines, et la peine qui en résultait et la brisait un peu plus chaque jour. Tout avait commencé ce fameux soir d’Halloween, lorsque le trio Grace-Ruby-Wyatt qu’elle avait vu se produire sur scène avait éveillé sa colère, la poussant à se disputer avec son petit-ami -une dispute dont l’issue avait causé la perte de leur couple. Mais ce n’était pas tout. Ce soir-là, elle était également parvenue à se disputer avec Cassandra, puis avec son meilleur ami, Ryder. En définitif, Halloween n’avait pas réveillé les vieux fantômes censés hanter la planète cette nuit-là, mais plutôt les rivalités qui avaient écorché le cœur de la choriste. Se relever de cette série de déceptions n’avait pas été une mince affaire ; en réalité, elle se débattait toujours contre les conséquences de cette soirée désastreuse, et sa présence au bar-karaoké témoignait des difficultés qu’elle rencontrait encore à panser ses plaies. Elle qui s’était jurée de ne plus jamais tomber amoureuse à l’âge de dix-sept ans avait fini par être rattrapée par l’amour avec un grand A, un amour qui s’était néanmoins soldé par un échec et qui avait accentué son mal-être. On lui reprochait une méfiance et une jalousie excessives contre lesquelles elle éprouvait la plus grande difficulté à se battre. On lui reprochait de ne pas dévoiler suffisamment son passé, sans même s’imaginer que si elle défendait ce dernier avec autant de ferveur c’était parce qu’elle était incapable de se replonger dans les souvenirs qu’il abritait sans que ses cicatrices ne saignent à nouveau. Et alors qu’elle aurait dû profiter du présent et se concentrer sur son futur, c’était finalement son passé qui avait pris le pas sur le reste et avait détruit ses ambitions.

Son regard sombre se posa sur son verre plein et ses épaules se soulevèrent tandis qu’un soupir franchissait le seuil de ses lèvres. Elle avait conscience de l’image pathétique qu’elle renvoyait ces derniers temps, de la déception qui brillait dans le regard de ses proches lorsque celui-ci se posait sur elle. Car elle n’avait pas seulement perdu l’amour de sa vie en une soirée, elle avait aussi perdu sa dignité, son bonheur et ce qui lui restait de son amour-propre. Et si quelques semaines plus tôt elle affrontait la vie la tête haute, prête à en découdre pour obtenir ce qu’elle souhaitait, aujourd’hui elle n’était plus que l’ombre d’elle-même et sa détermination avait laissé place à une passivité qui l’empêchait de progresser et de passer à autre chose. Car ce n’était pas en noyant son chagrin dans l’alcool tous les soirs qu’elle parviendrait à remonter la pente et à arborer à nouveau un vrai sourire, c’était certain.

La jeune femme trempa à nouveau ses lèvres dans le martini et une vague de chaleur la submergea aussitôt. Levant les yeux dans l’espoir de croiser le regard compatissant du barman, ce fut sur celui d’Andrew qu’ils s’arrêtèrent. Charlie se figea aussitôt, son verre encore levé à côté de son visage, comme si la seule image du garçon réveillait sa culpabilité face à sa dépendance vis-à-vis de l’alcool. Et puis, lentement, les traits de la choriste se décrispèrent et ses yeux détaillèrent la tenue du serveur, tout de vert et de rouge vêtu. L’ombre d’un sourire parvint même à étirer ses lèvres. La vérité était que l’alcool n’était pas le seul responsable de sa venue au bar-karaoké, du moins n’était-ce plus le cas depuis plusieurs jours, la bonne humeur et la compagnie d’Andrew y étant également pour quelque chose. Le garçon l’avait abordée une ou deux semaines plus tôt, probablement témoin de la détresse qui se lisait aisément dans le regard de la jeune femme, et elle n’avait pas tardé à entrer dans la conversation et à apprécier ce personnage sympathique. Au fil des soirs, elle s’était naturellement habituée à la présence du serveur et était devenue une habituée de ce bar là en partie pour lui. Andrew avait toujours le mot pour la faire sourire ; attentionné et bavard, il n’hésitait jamais à venir la voir pour lui raconter une anecdote sur sa soirée ou alors pour se pencher de façon plus sérieuse sur les tracas de la jeune femme. Et si elle ne s’attardait que très rarement sur ces derniers, préférant détourner la conversation plutôt que de s’apitoyer encore et toujours sur son sort, elle appréciait en revanche toujours la compagnie du garçon, qui était devenu son point de repère, ici, au bar karaoké.

Reposant finalement son verre, son regard vert toujours plongé dans celui d’Andrew, elle haussa les sourcils lorsqu’il lui demanda si elle souhaitait parler de sa « journée pourrie ». Que pouvait-elle bien lui dire, après tout ? Aujourd’hui, ça fait dix-sept ans que mon père a été enterré et j’ai toujours autant de mal à l’accepter ?. Non, elle ne pouvait pas lui dire ça, elle ne pouvait pas lui parler de ça, c’était bien trop difficile. Alors elle haussa finalement les épaules et baissa le regard. « Pas vraiment » Fit-elle d’une voix monotone. Peu perspicace et risquant fortement de tuer l’enthousiasme d’Andrew, mais elle n’avait malheureusement rien d’autre à dire. Plaquant la paume de sa main contre le verre de martini, elle fut sur le point d’en avaler une nouvelle gorgée lorsqu’Andrew capta à nouveau son attention : le jeune homme saisit un bout de papier et rédigea quelques mots sur ce dernier à l’aide d’un stylo. Quand il eut terminé, il fit glisser le papier dans sa direction et, sa curiosité piquée à vif, Charlie lut le petit paragraphe rédigé avec soin avant d’esquisser un sourire franc cette fois. Coulant un regard au serveur, elle arqua un sourcil d’un air interrogateur. « T’es pas si bizarre que ça, tu sais, je te trouve même plutôt mignon dans cette tenue » Lui répondit-elle sur un ton plus enjoué. C’était ce qu’elle préférait chez Andrew : sa façon bien à lui de la faire sourire en usant de son humour légendaire. Et puis ils avaient l’amour du chant en commun, et si Charlie n’avait pas encore eu la chance de faire un duo avec lui sur scène afin de vérifier par elle-même son talent, elle demeurait néanmoins persuadée qu’il était un excellent chanteur. Décollant ses doigts du verre, elle tendit son index vers l’un des grelots de la tenue d’Andrew et le remua délicatement. « Permets-moi de te dire que tes grelots sont très mignons, eux aussi ». Elle plissa les yeux un instant, hésita, puis finit par ajouter : « et je t’assure qu’il n’y a aucun sous-entendu déplacé dans cette phrase ». Ses lèvres esquissèrent un sourire triste qui n’atteignit pas tout à fait son regard mais qui semblait toutefois suffisamment convaincant –plus convaincant que d’habitude, du moins. « Tu n’as toujours pas le droit de boire pendant ton service ? Je suis prête à partager mon verre avec toi, sinon » Dit-elle doucement en désignant son verre d’un signe du menton.
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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Sam 4 Jan - 17:35


Les filles avaient toujours été un sujet compliqué pour Andrew. Depuis qu'il était petit. Enfant, il aimait jouer avec elles, mais ne comprenait pas pourquoi ses parents l’empêchait de faire comme ses petites amies : porter des petites robes mignonnes avec de la dentelle, se maquiller, aller à une pyjama-party. Plus grand, il trouvait que les filles étaient un sujet délicat. Quand ses amis lui parlaient de filles, de jeunes filles, et de leurs fantasmes quand elles passaient devant le petit groupe en jupe courte l'été, lui ne savait jamais quoi dire. Comment leur dire que lui ne ressentait aucun désir envers elles ? Comment leur dire que non, les jupes toujours plus courtes à mesure que la température montait de faisait monter en lui aucun désir ? Il ne parlait plus vraiment aux filles, de peur de passer finalement pour ce qu'il était. Et une fois à Lima, il avait dit adieu à ses amis, et ses jobs ne lui permettaient plus tellement de redevenir le meilleur ami des femmes. C'était donc devenu compliqué de parler aux femmes, et Charlie en était une. Mais Andrew avait toujours été étonné de la simplicité déconcertante avec laquelle le contact avait été facile, rapide avec elle. Un sourire, quelques banalités, un rire franc, et depuis ils se voyaient souvent au bar-karaoké. Elle lui parlait de ses problèmes, de temps en temps. Pas souvent, elle préférait le laisser parler lui. Et Andrew ne s'en privait pas. Après tout, ça faisait aussi parti de son job de serveur, parler jusqu'à savoir ce qui ferait plaisir aux clients, conseiller, diriger une conversation. Alors il parlait, de tout, de Noel récemment, des guirlandes, des boules sur les branches des sapins, des chansons qui étaient jouées en boucle à la radio. Et elle le regardait parler, sans doute attendrie par son regard d'enfant et sa naïveté. C'est ce qu'elle aimait chez lui, et Andrew n'avait pas le droit d'être quelqu'un d'autre pour elle. Pas en ce moment. La fixant de ses yeux noisettes, penché vers elle par dessus le bar, il lui dit en souriant.

"Je n'ai jamais dit que j'étais bizarre. Le papier si. Mais ce n'est qu'un papier après tout."

Sourire. En coin. Ce n'était pas le moment d'afficher un sourire franc. Ses sourcils parlaient pour lui. Et ses yeux qui pétillaient aussi. Mais il ne pouvait retenir l'explosion de rire, qui fit au passage retourner quelques têtes dans la salle, lorsque son amie vint à lui parler de ses grelots. Andrew pouvait se l'avouer, il en avait eu des remarques sur ses grelots. Le patron, quand il l'avait vu la première fois arriver avec son bonnet de Noel, l'avait regardé, un main sur l'épaule du jeune serveur, soupiré, les yeux au ciel, puis était reparti en sifflotant. Un client qui lui avait fait remarquer que ses grelots me gênaient énormément dans sa préparation psychique et mentale essentielle pour une prestation exceptionnelle. Qui s'était soldé par un massacre en règle d'un classique de la country. Et maintenant Charly qui s'adonnait à l'humour graveleux et osé. Ne manquait plus que l’œillade aguicheuse et une robe en lamé brillante, et Andrew aurait pu se croire dans un de ces films des années 30's qu'il affectionnait particulièrement. Calmant à grand peine son fou rire, qui le laissa à demi plié derrière le bar, des larmes au coin des yeux, il se releva, regarda sa montre, et haussa les épaules en direction de Charlie, décidant de ne pas relever l'allusion aux clochettes de peur de tomber dans un humour qu'il ne maîtrisait pas.

"Aujourd'hui le patron ne viendra pas, et mon collègue peut s'occuper du bar."

Seule explication qu'il donna avant de tremper quelques secondes ses lèvres dans le verre de son amie après avoir vérifié son assentiment du regard. Bien sûr, il n'avait pas le droit de se servir de l'alcool du bar à des fins personnelles, comme se servir un verre par exemple. Mais ici, c'était une cliente et amie qui lui offrait, alors il ne pouvait pas refuser. Et puis, il en avait assez de rester debout à attendre les prestations des gens. Surtout en début de soirée, quand il n'y avait pas foule. Ils étaient deux, bien assez pour gérer les quelques personnes qui avaient trouvé un refuge chauffé au bar. Reposant le verre devant la jeune femme, il décida d'enfreindre son intime conviction qui lui conseillait de ne pas rebondir aux allusions salaces, et se lança.

"Je me doutais bien que mes grelots te plairaient. Je les agite depuis tout à l'heure pour que tu les remarques bien. Tu veux les toucher."

Ok, c'était soft. On ne pouvait pas demander à un garçon qui pourrait être membre émérite du club de chasteté de Lima depuis son déménagement de verser dans le tendancieux la première fois. Il regrettait même la dernière partie de sa phrase, se mordant la lèvre inférieur, mi-honteux mi-angoissé que ce trait d'humour ne passe mal. Chassant ce doute de l'esprit, il s'accouda devant elle, le visage à la hauteur du sien.

"On va jouer à un petit jeu, enfin si tu acceptes. Puisque je suis d'une curiosité insatiable, je veux savoir ce qui me vaut cette mine renfrognée et triste. Alors je vais te poser des questions, et à chacune des réponses que tu me donneras, tu auras droit à un verre gratuit ou à me poser une question. Bien sûr je serai moi obligé de te répondre, alors lâche toi !"

Clin d’œil. Et agitation de clochettes.  

Il parait que les jeux les plus dangereux étaient souvent les plus savoureux. Andrew avait peur de s'y brûler les ailes, ou de froisser l'humeur déjà chagrine de son amie. Mais il ne pouvait l'aider sans la connaître un peu plus, un peu mieux. Et avec un peu de chance, ils pourraient bien s'amuser.
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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Jeu 16 Jan - 15:10

Posant délicatement ses doigts sur le verre humide, la Second Chances poussa un petit soupir alors qu’un frisson provoqué par le contact de sa peau contre le verre lui traversait le dos. La paume de sa main se contracta autour du récipient et, le soulevant légèrement, elle fit tournoyer l’alcool à l’intérieur de celui-ci, son regard se perdant dans les nuances claires du liquide. Ces derniers temps, cette boisson était devenue sa seule véritable alliée ; celle qui ne la jugeait pas et qui l’accompagnait sans émettre le moindre commentaire. Il s’agissait d’un compagnon fidèle, toujours au rendez-vous pour l’aider à enterrer sa peine et à recoudre ses blessures encore à vif. Depuis son retour à Lima, la boisson était son seul réconfort, la seule chose qui lui permettait encore d’oublier les désastres de sa vie. Sans même s’en rendre compte la jeune femme était devenue un cliché ambulant typique d’une période post-rupture douloureuse : elle ressassait du noir à longueur de journée, noyait son chagrin dans l’alcool dès qu’elle en avait l’occasion, et avait surtout perdu toute notion d’ambition et de bonheur. Les seules choses auxquelles elle se raccrochait férocement pour éviter de sombrer davantage dans une dépression pourtant déjà bien entamée étaient ses amis, sa famille et sa chorale. Elle ne vivait pratiquement plus que pour eux. Cat, Lexie, Ryder ainsi que tous ses camarades des Second Chances lui permettaient d’y voir clair et de ne pas succomber à l’envie de tout plaquer et d’aller s’installer à l’autre bout du pays afin de tourner la page dans l’ignorance générale. Car la vérité était qu’elle y avait déjà songé ; elle aurait voulu être suffisamment courageuse pour faire ses valises et quitter l’Ohio du jour au lendemain, sans en avertir quiconque, mais force était d’admettre qu’elle était bien trop attachée à Lima et plus précisément aux amitiés qu’elle avait liées dans cette ville pour faire une croix définitive sur ce qu’elle y avait vécu. Elle ne pouvait tout simplement pas s’imaginer partir alors qu’elle était enfin parvenue à avoir une vie sociable plus ou moins cohérente. Elle ne pouvait pas jouer les absents alors que ses amis avaient été là pour elle. Le seul fait d’imaginer Ecaterina perdue et peinée après l’annonce de son départ lui brisait le cœur, surtout après tout ce qu’elle avait fait pour elle. Car son séjour à Columbus tout au long du mois de novembre était ce qui lui avait permis de mieux supporter sa rupture avec Wyatt. A l’époque elle n’avait pas eu besoin d’alcool pour aller mieux ; la seule présence de sa meilleure amie lui avait permis de se sentir un minimum à l’aise. Sans doute qu’elle ne parviendrait jamais véritablement à lui rendre la pareille : Cat avait fait plus pour elle qu’elle n’aurait jamais pu l’imaginer, et c’était à présent à ce genre de chose qu’elle se raccrochait.

Andrew faisait également partie des bonnes surprises de cette fin d’année, de ces personnes qui lui insufflaient un certain réconfort avec un naturel déconcertant. Ils ne se connaissaient certes que très peu et pourtant elle avait l’impression de le connaitre depuis des années. Son regard avait quelque chose de familier : c’était comme si elle l’avait toujours connu sans pour autant l’avoir rencontré auparavant. Le jeune serveur dégageait une telle empathie, un tel altruisme que sans même le connaitre elle avait immédiatement eu confiance en lui –une chose rarissime pour Charlie, qui n’avait de cesse de se méfier de chacun, en permanence. Andrew était son exception, celui qui ne lui inspirait ni crainte, ni suspicion mais qui parvenait à la stimuler de manière positive. Et en un sens, elle l’admirait beaucoup pour la générosité et la bonté qui semblaient émaner de lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.

Les paroles du garçon la ramenant à la réalité, elle releva les yeux et lui coula un regard à travers ses longs cils bruns. Elle opina du chef lorsqu’il se défendit en lui disant que le papier était bizarre, pas lui, et elle souleva le verre afin d’en reprendre une gorgée. Le rire d’Andrew ne tarda cependant pas à éclater lorsqu’elle lui parla de ses grelots amusants et elle ne put réprimer son sourire face à l’hilarité de son serveur favori. Son rire était communicatif et la Second Chance se surprit même à glousser légèrement à son tour, bien que plus discrètement qu’Andrew. Reposant son verre sur le bar, elle le poussa vers lui et hocha à nouveau la tête lorsqu’il accepta de partager ce dry martini avec elle. « Tu as bien raison » Lui répondit-elle en haussant les sourcils alors qu’il portait le verre à ses lèvres. D’ordinaire Charlie ne lui proposait pas ce genre de chose, persuadée que le job du beau brun l’obligeait à garder la tête froide, mais après tout qu’est-ce que cela pouvait bien faire aux clients s’il profitait lui aussi des boissons de la maison ? Aux yeux de Charlie, cela devrait surtout les rassurer quant à la qualité de leurs produits. Andrew reposa son verre et, satisfaite, Charlie plongea son regard dans le sien. Le serveur rebondit alors sur le commentaire légèrement déplacé qu’elle lui avait fait quelques secondes plus tôt et elle leva les yeux au ciel lorsqu’il lui affirma qu’il exposait ses grelots dans l’espoir qu’elle les remarque. « Charmeur ! » Répliqua-t-elle non sans un sourire. Dans la bouche de n’importe quel autre garçon ces paroles auraient eu un sens totalement différent et sans doute qu’elle aurait immédiatement pris ses jambes à son cou devant de telles insinuations. Cependant, Andrew était Andrew, et elle savait qu’elle n’avait rien à craindre de sa part. « Et ne me tente pas, s’il-te-plait » Ajouta-t-elle, le sourire sur ses lèvres s’évanouissant progressivement.

Se redressant sur son tabouret, Charlie plissa les yeux devant la proposition de jeu de son ami et hésita un moment avant de l’accepter. Une fois de plus, c’était sa pudeur qui était en jeu : elle avait peur de se dévoiler mais également honte de ce qu’elle avait à dévoiler ; et c’était sans compter tout ce qu’elle dissimulait à propos de son identité depuis son arrivée à Lima. Cependant avec une certaine dose de prudence peut-être qu’elle parviendrait à ne pas compromettre ses secrets et c’est ce qui la poussa finalement à accepter –et puis, il y avait des verres gratuits en jeu, ce qui n’était pas négligeable non plus. « D’accord » Répondit-elle d’une voix légèrement hésitante. Trempant ses lèvres à sa boisson, elle la vida d’une traite avant de la reposer sur le comptoir. « S’il y a des verres en jeu, tu te doutes que je ne peux pas refuser. De plus, comme tu peux le constater, le mien est vide… Je t’écoute ».
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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Sam 18 Jan - 23:07

Il était toujours un peu dur de réfléchir, pour Andrew, quand tout se bousculait. La lumière. Qui flashait, tantôt vive, tantôt tamisée, qui passait devant les yeux des serveurs et des clients à coup de stroboscopes et d'éclairages rotatifs. Le bar karaoké était bien équipé, et parfois un peu trop bien pour le jeune garçon. Le bruit. Les discussions, les chuchotements de ceux qui se bousculaient devant le bar, les baffles qui hurlaient dans les oreilles du serveur quand il ne voulait que se concentrer sur la voix de Charlie. Les odeurs, celle de la transpiration quand la soirée avançait. Fin de journée, fin du job, ou alors émotions de la scène. Le sucre, des brochettes qu'il faisait avec les cocktails, qui utilisait pour givrer les verres longs et colorés. Andrew avait toujours été un peu distrait, peu apte à se concentrer totalement quand autant de choses venaient le perturber. Se concentrer. Sur les yeux, si beaux, de Charlie. Sur la voix, si douce et brisée de son amie. Et oublier le reste. Se concentrer sur eux-deux. Et fusiller au passage les quelques clients qui tentaient de le détourner du droit chemin. Il n'était plus en service, son badge, il l'avait dans la main. C'était une preuve qu'il n'était plus présent pour eux non ? Et puis son collègue pouvait bien s'occuper des quelques clients qui avaient besoin de lui.

Regard. Fixé sur celui de Charlie. On ne rigolait plus. Mais par où commencer ?

"Pourquoi es-tu assise ici, seule, ce soir ?"

Simple mais efficace. Il ne fallait pas non plus la brusquer. Il ne la sentait pas, la Charlie. Regard triste, épaules voûtées, regard fuyant, et humour pour se voiler la face. Enfin, c'est ce qu'il pensait. Psychologie à l'adresse des nuls, par le professeur Andrew Von Lockart. Finalement, il ne la connaissait pas vraiment. Elle venait souvent, ils avaient sympathisé. Mais finalement, il avait cette intime conviction de la connaitre, un peu. Comme deux amis du lycée qui se voyaient de temps en temps, au détour d'une soirée, et d'un verre. Leur relation récente était étrange, Andrew avait cette impression qu'elle était plus profonde que certaines autres plus longues et tellement plus superficielles. Charlie devait avoir des problèmes, même peut être passagers. Mais Andrew le sentait, et ne se trompait que rarement.

"Non, tu peux me répondre n'importe quoi. Je te connais, avec ton humour acide. Tu serais capable de me dire que tu es là pour chanter, et je grille une question pour rien."

Regard, faussement outré. Faussement énervé. Franchement amusé. Il ne savait pas mentir, même ses sourcils étaient de mèches avec ses yeux et son sourire et le dénonçaient outrageusement. Il l'a connaissait, l'animal. Un sourire en coin, un regard furtif, avec un éclair rieur. Et elle ouvrirait sa belle bouche parfaite pour lui répondre une banalité aussi affligeante que sa question. Bien sûr, elle se moquerait de lui, le verre promis à la main, le liquide flirtant avec ses lèvres, tandis que lui s'en voudrait. Il fallait trouver autre chose.

"Je recommence. Je sais que tu m'adores, et que tu ne peux te passer de moi. Alors pourquoi tu passes ta soirée avec un serveur, aussi mignon soit-il, alors que tu as l'air de passer une sale journée ?"

Pas franchement convaincu non plus. Mais il ne fallait pas abuser de la patience et de la gentillesse de la jeune femme. Elle avait son caractère Charlie, et c'est ce qu'aimait Andrew. Une de ces femmes robustes, et si fragiles. Piquante, avec de la répartie, et un regard à se damner. Andrew était sous le charme, autant que pouvait l'être un garçon épris d'un autre. Mais Andrew était aussi un grand sentimental. Il allait mal quand il voyait les bêtisiers à la télévision et les chutes des imprudents. Son cœur se serrait quand un enfant pleurait en faisant ses dents. Et là, il sentait que son amie allait mal. Empathique, il ne pouvait qu'aller mal avec elle. Mouvement. Prudent. De la main du jeune homme, qui rejoignit l'avant bras de son amie. Il avait évité la main, trop intime. Et Charlie était un peu sauvage. Il lui fallait encore la dompter, et lui montrer qu'elle pouvait avoir confiance en lui.

"Je suis là tu sais."

Andrew se sentait ridicule. Il le savait, ses yeux brillaient, et il ne savait pas pourquoi. Il refoulait des larmes, ou peu s'en fallait, et une tristesse qu'il percevait chez la jeune femme. Il se voyait, prostré par dessus le bar, le visage tendu vers elle. Le jeune homme ne supporterait pas que son amie se sente mal en sa présence. Andrew se sentait inutile, et il détestait ça. Finalement, peut être que lui aussi avait besoin d'un verre. Ou deux. Mais il lui faudrait se changer avant. S'il ne voulait pas perdre son poste.
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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
Humeur : Angoissée.
Statut : Épouse de Wyatt Pillsbury.
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Chanson préférée du moment : Coldplay ─ Charlie Brown
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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Jeu 23 Jan - 11:36

Charlie avait toujours défendu le tableau de son passé avec une ferveur rare. Conservant ce dernier à l’abri des regards de peur que ses reliefs effraient son entourage, que ses couleurs sombres et empreintes de morosité éloignent ses amis les plus fidèles, elle n’en gardait qu’une seule reproduction, et celle-ci était gravée dans sa mémoire, là où personne d’autre ne pouvait l’atteindre. C’était en partie ce qui avait causé sa rupture avec Wyatt : cette sempiternelle retenue qui l’avait poussée à taire les événements les plus saillants de son passé. Alors que le rouquin lui avait tout raconté de son enfance, de son combat contre une hyperactivité qui avait causé de nombreux soucis à ses parents mais aussi de ce regret à l’égard de sa sœur qui le consumait depuis des années, Charlie était restée étonnamment silencieuse, incapable de partager à son tour quelques souvenirs triés sur le volet. Elle ne lui avait jamais parlé de son père, figure emblématique de son enfance qui avait disparu du jour au lendemain, la laissant à moitié orpheline. Elle ne lui avait jamais expliqué que son véritable prénom n’était pas Charlie, mais Alice, et lorsque le couple avait voyagé jusqu’en Europe pour passer deux semaines à Paris, la jeune femme avait passé le plus clair de son temps à dissimuler son passeport et l’identité qu’il enfermait des yeux de son petit-ami. Elle ne lui avait pas non plus dit à quel point son père lui manquait et qu’il ne se passait pas un seul jour sans qu’elle pense à lui ou à son enfance avortée par une perte tragique prématurée. Elle avait souvent hésité, prête à se jeter à l’eau afin de lui prouver que l’amour qu’elle lui portait était un amour on ne peut plus sincère et que si elle défendait autant ses souvenirs ce n’était pas parce qu’elle ne voulait pas les partager avec lui par pur égoïsme, mais parce que se les remémorer ravivait toujours les cicatrices encore rosées et que la souffrance qui en résultait était rarement supportable.

Braquant son regard sombre sur Andrew qui débutait ses interrogations, Charlie sut qu’elle n’était pas prête à délivrer toute la vérité, même pas à cet ami fidèle qui la couvait toujours d’un regard attendri et protecteur. Elle ne l’avait pas fait avec Cat, ni avec Ryder, ni avec Lexie, qui étaient pourtant ses trois amis les plus proches, alors comment pourrait-elle dire toute la vérité à Andrew, qu’elle connaissait à peine ? Certes, elle lui faisait confiance et avait l’impression de le connaitre depuis toujours malgré leur récente rencontre, mais cela restait insuffisant. La vérité était que rien ne serait jamais suffisant pour justifier le partage des tourments les plus profondément ancrés dans son âme. Les seules personnes avec lesquelles elle aurait pu mentionner les faits étaient sa mère et Henry, et encore… même dans un cadre familial elle s’efforçait de taire la peine qui la rongeait depuis presque toujours. C’était comme ça. Elle n’aurait su justifier davantage son choix, mais toujours était-il qu’elle n’était pas encore prête à faire une croix sur ce dernier, qu’importe le nombre de verres qui lui seraient offerts si elle se confiait.

Le sourire réconfortant d’Andrew parvint néanmoins à l’apaiser et elle inspira une grande bouffée d’air, prête à en découdre avec l’interrogatoire qu’il lui réservait. Il lui demanda d’abord la raison de sa venue dans ce bar. Charlie arqua un sourcil : celle-là était presque facile, elle se rendait au bar-karaoké presque quotidiennement ces derniers temps et la raison pour cela ne concernait pas vraiment son deuil. Ou du moins, pas celui de son père. Charlie venait pour éponger son chagrin né de sa rupture avec Wyatt. Depuis cette fameuse soirée d’Halloween, elle vivait un enfer perpétuel, et si le fait de vivre à Columbus avec Cat lui avait permis de respirer un minimum au cours des premières semaines, sa rentrée à Lima début décembre avait sonné le dur retour à la réalité. Bien sûr que Lexie l’aidait à s’en remettre elle aussi, mais c’était différent car l’environnement l’était : à Columbus, Charlie et Cat étaient seules, ce qui permettait à Charlie l’intimité dont elle avait besoin. A la Pension Preston en revanche, l’ambiance était loin d’être aussi apaisante ; entre les sœurs Preston qui, bien qu’adorables, se confrontaient régulièrement, Madeleine Wild qui passait le plus clair de son temps à brailler, Santana et son chérubin dont les cris la réveillaient la nuit, et enfin le jeune Jamie qui lui rappelait une certaine nuit à la Patinoire et qu’elle prenait soin d’éviter, il était souvent complexe de se retrouver seule pour pouvoir faire le point. Certes, l’effervescence de la Pension lui permettait également d’être distraite et cela avait du bon mais parfois elle aurait simplement souhaité retrouver une chambre d’hôtel vide et silencieuse –malheureusement, Lexie lui avait quasiment interdit d’aller en réserver une, préférant malgré tout la garder à l’œil.

Avant même que Charlie n’ait le temps de répondre, Andrew revint sur ses paroles et lui posa une autre question, arguant que la première offrait la possibilité de répondre à côté de la plaque alors qu’il souhaitait une réponse sincère. La question suivante ressemblait un peu à la première mais lui semblait néanmoins plus facile. Se mordillant doucement la lèvre inférieure, Charlie soutint le regard du beau brun et choisit d’être honnête avec lui sans toutefois lui dévoiler toute la vérité, qu’elle continuait de protéger non sans une certaine pudeur. « Je viens ici parce que ça m’aide, justement » Lui répondit-elle avec sérieux. Soulevant délicatement son verre vide, elle le désigna d’un signe de la tête. « Ca, ça m’aide. Et toi aussi tu m’aides, même si tu ne t’en rends probablement pas compte ». Elle esquissa un sourire peiné qui, une fois de plus, ne se refléta pas tout à fait dans son regard. « Tu as raison, j’ai passé une sale journée, et si les sales journées font plus ou moins partie de mon quotidien depuis un moment, celle-ci a été particulièrement douloureuse ». Elle grimaça et reposa le verre sur le bar. Prenant une longue inspiration, elle poursuivit. « C’est la période qui veut ça. Ça ira mieux demain, tu verras ». Ses yeux scrutèrent ceux d’Andrew à la recherche d’indices et elle y décela une pointe d’empathie qui lui réchauffa temporairement le cœur. « Demain est la promesse d’un meilleur jour, n’est-ce pas ? » Ses lèvres se fendirent d’un triste sourire et elle se tut.

Quelques secondes passèrent et elle s’enfonça progressivement dans la nostalgie qui la guettait depuis son réveil. Finalement, elle sentit les doigts d’Andrew se poser contre son avant-bras et son regard s’éclaira légèrement alors qu’elle chassait les souvenirs. Il lui déclara être là pour elle et elle acquiesça légèrement de la tête, ses lèvres étroitement serrées comme pour refouler un sanglot. « Merci ». Sa voix se brisa et elle dévia doucement le regard loin de celui de son ami. Elle s’éclaircit alors la voix et ses doigts se refermèrent autour du verre devenu tiède. « Tu sais, » Commença-t-elle avant de plonger à nouveau son regard dans le sien. « Finalement, je crois que je vais attendre un peu pour le deuxième verre. Je préfère te poser une question à mon tour ». L’une de ses mains abandonna le verre vide et, dégageant doucement son avant-bras, elle avança ses doigts afin de les poser sur le dos de la main d’Andrew. « Tu es sûr de ne pas aimer les filles ? Enfin, je veux dire… aimer-aimer ? ». La lueur de tristesse se dissipa dans son regard, substituée par un éclair d’amusement. « Non parce que je crois que je suis en train de tomber amoureuse… Je ne te l’ai peut-être jamais dit, mais j’ai une fâcheuse tendance à m’enticher d’hommes préférant les hommes ». Cette fois-ci, un vrai sourire se dessina sur ses lèvres et un rire franchit à son tour le seuil de ses lèvres, un rire clair et d’une douceur infinie. « Le pire, c’est que c’est vrai. Enfin, pour la deuxième partie de l’histoire, je veux dire ». Elle repensa à sa première déception amoureuse mais ne parvint pas pour autant à effacer le sourire de ses lèvres en dépit de la souffrance que lui apportait généralement cette pensée. Tout ceci était presque risible à présent. Sa rupture avec Wyatt avait été si douloureuse que celle-ci lui paraissait dérisoire en comparaison.
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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Sam 25 Jan - 14:57

Ah. Ahah. Un gloussement montait insidieusement dans la gorge d'Andrew, qu'il réprima à grand peine. Pourtant, il était habitué à ce genre de question. Beaucoup moins de la part de Charlie cependant. Andrew le savait, il était loin des canons, ou des stéréotypes que les gens se faisaient des homosexuels. Quoique. Il portait des pantalons colorés, n'hésitait jamais quand il fallait enfiler des bretelles pimpantes ou un nœud papillon en plein été. Mais il lui arrivait aussi de porter des t-shirt, comme tout le monde, des jeans, comme tout le monde, et ne pas revêtir de bonnet de Noel avec des clochettes. Mais Charlie avait l'habitude de le voir au karaoké, il le patron avait eu la mauvaise idée de dire à Andrew qu'il pouvait porter ce qu'il voulait tant que ça restait décent. Et le jeune homme ne s'en privait pas. La question étonna donc le jeune serveur, un peu étonné par les révélation de son amie. Mais il mit cette confession sur le compte de l'alcool et de la journée difficile qu'elle venait de passer, et surement pas sur celui d'un élan d'amour et d'affection soudain. Andrew se voyait déjà, assis sur les fauteuils d'Ellen DeGeneres accompagné de Charlie dans une de ces émissions appelée "Mon ami gay et moi, une histoire impossible" ou encore "Pourquoi aime-t-il les garçons quand moi je l'aime." Andrew évita de peu le sourire qui commençait à naître sur son visage. Non, ne surtout pas rire. Ni glousser comme gamine à qui on vient de faire une déclaration. Il connaissait assez Charlie, et son caractère, pour savoir qu'elle pourrait, à juste titre, se sentir vexée de cette réaction. Et puis, il fallait mieux éviter de l'énerver. Andrew préférait être honnête. On devait toujours l'être avec ses amis finalement. Il planta ses yeux noisettes dans ceux de son ami, son visage à la hauteur de celui de la jeune fille.

"Oui, je suis sûr. Enfin... je ne suis jamais tombé amoureux d'une fille. Donc je suppose que oui, j'aime les garçons."

Silence. Il ne s'était jamais posé la question. Mais puisque il avait toujours été attiré, physiquement ou sentimentalement, par des garçons, il ne voyait pas pourquoi ça aurait pu être autrement. Andrew rajouta, un sourire taquin étirant ses lèvres.

"Mais en même temps, je te pardonne volontiers. En général, les homo sont carrément canons."

Le jeune homme secoua exagérément son bonnet, comme ces femmes dans les pubs pour shampoing qui voulaient absolument à voir que leurs cheveux étaient brillant et éclatant de vitalité. Histoire de dédramatiser la situation. Et puis, il ne doutait pas que Charlie avait elle aussi son succès. Comment pouvait-on résister à ces deux grands yeux clairs, à ce sourire mutin, et au physique carrément grandiose de la jeune femme. D'ailleurs, Lima était un sacré vivier, Andrew avait rarement rencontré de physique peu conventionnel comme disait les journaux bien pensants. Puis, sur le ton de la fausse confidence, le regard rieur, il se pencha un peu plus. Il pouvait presque sentir la respiration de Charlie, et son parfum.

"Mais tu sais j'aime les filles. A ma façon. Je les admire, je les écoute. Je les trouve belle, parfois plus que certains qui ne voit en elles que des bouts de viandes."

Une nouvelle chanson avait commencé, sans qu'Andrew ne s'en soit rendu compte. Un classique rock, peu étonnant. Il avait définitivement lâché prise, se résignant à ne plus être de service ce soir. Et puis, le patron ne serait pas de la parti ce soir, et le jeune serveur devait finir tôt son extra de la journée. Autant en profiter. Alors il fit un clin d'oeil, demandant à Charlie de patienter cinq petites minutes, alla se changer. Plus de bonnet, ni de pantalon flashy. Un jean beige, que le jeune homme savait taillé parfaitement, doux avantage de travailler à plein temps dans un Levis Store, et un pull cintré gris. Bien loin de l'image qu'il aimait donner derrière le bar. Andrew revint, plus tôt que prévu, s'installant cette fois-ci à côté de Charlie. Si elle comptait passer une partie de la soirée ici, autant qu'il soit présent totalement pour elle, et non de façon sporadique à cause de son service derrière le bar. Il savait qu'il allait devoir rattraper des heures le lendemain, mais son amie semblait en avoir besoin.

Un verre de Tequila Sunrise à la main, il se demandait quelle question il pouvait bien poser à Charlie. Bien sûr, elle éluderait toutes ses interrogations concernant cette journée carrément foutue, ce qui la tracassait et ce qu'il pouvait faire pour elle. Et Andrew ne le savait que trop bien, il n'y avait qu'un remède pour se changer les idées. Et ça ne passait pas forcément par l'alcool.

"A moi de te poser une question. Et rassure toi, je te laisse tranquille pour ce qui est de ta journée. Dis, tu veux qu'on chante ensemble. Je vais peut être te surprendre, mais je connais bien le serveur, et je peux bidouiller l'ordinateur pour avoir la chanson de notre choix et l'ordre de passage qui nous arrange."

Sourire, éclatant cette fois-ci. Andrew était décidé à ce que Charlie passe une bonne soirée. Et s'il le fallait, pour ne pas la laisser toute seule, il l'inviterait à passer chez lui, à regarder des films bien mièvres à la télévision, un tasse de chocolat à la main, une assiette de guimauve devant eux. Il avait de la place, du temps. Et ne voulait surtout pas s'inquiéter toute la soirée. Il était trop jeune pour avoir des cheveux blancs, et ça ne lui irait sans doute pas au teint.
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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Lun 3 Fév - 16:54

En dépit des apparences, la question de Charlie n’était pas anodine. En vérité l'homosexualité l'avait toujours intriguée, non pas en raison d'un intérêt soudain pour les filles -certains diraient que la brunette avait toujours eu un petit faible pour sa meilleure amie ; ne les écoutez pas- mais plutôt parce que sa première déception amoureuse datant de ses années lycées l'avait forcée à s’interroger à ce sujet. Lorsqu’elle avait rencontré Miles en première, elle était immédiatement tombée sous le charme même si elle refusait alors catégoriquement de se l’avouer. Footballer, beau garçon, il évoluait dans un monde étranger au sien qui flirtait avec les sommets de la hiérarchie lycéenne, dont elle-même s’était volontairement écartée. Un garçon populaire, qui s’intéressait à elle, lycéenne on ne peut plus banale… le rêve de toute adolescente, n’est-ce pas ? Charlie, elle, demeurait méfiante. Sa suspicion naturelle l’encourageait à se tenir éloignée de lui un maximum, considérant que les attentes du garçon ne devaient pas être entièrement saines. Après tout, elle n’avait rien d’extraordinaire, Miles aurait pu tout aussi bien s’enticher d’une de ces cheerleaders populaires et exubérantes à souhait –ce n’était pas ce qui manquait à San Diego. Pourtant, il s’était acharné et elle avait fini par baisser sa garde, charmée par ce sourire espiègle dansant en permanence sur ses lèvres et cet air mutin qui ne la laissait guère indifférente.
Alors, elle était sortie avec lui. Pendant près de quatre mois, tout s’était déroulé à merveille : non seulement il était galant et débordant d’humour, mais Miles s’était aussi révélé être patient et à l’écoute. Plus important encore : il la respectait. Pas une seule fois il ne l’avait poussée dans ses draps de force. Charlie s’était sentie protégée en sa compagnie, plus qu’elle ne l’avait jamais été depuis la mort de son père. Lui étant reconnaissante de ne pas la pousser à faire quelque chose qu’elle ne voulait pas faire, elle avait pris son temps et profité de leurs chastes étreintes au lieu de vendre sa virginité au premier venu, comme la plupart de ses camarades de classe le faisaient. Néanmoins, après trois mois elle s’était finalement décidée à sauter le pas et ce fut à ce moment précis que les choses commencèrent à déraper. Malgré plusieurs tentatives destinées à lui montrer l’étendue de son désir pour lui, Miles trouvait toujours un prétexte pour se défiler, et quelques semaines plus tard, il mettait un terme à leur relation sans la moindre explication. Lorsqu’elle obtint enfin cette dernière, la nouvelle fit l’effet d’une bombe explosant à l’intérieur même de son cœur et brisant tout ce qui était à sa portée. Il ne pouvait pas être avec elle comme elle le souhaitait pour la simple et bonne raison qu’il était attiré par les hommes, ce qu’il n’était pas parvenu à accepter jusque-là. Il voulait soi-disant la « protéger » -cette protection, Charlie s’en serait bien passée. Elle avait vécu cet aveu comme une trahison et la preuve irréfutable qu’elle n’était pas suffisamment attirante pour séduire les hommes. En son for intérieur, elle s’était toujours imaginée que c’était elle qui l’avait rendu incapable de désirer une femme, et puisqu’elle avait instantanément rompu tout contact avec lui, Miles n’avait plus eu la moindre chance de démentir cette idée.  

Les années qui suivirent furent marquées par une profonde détermination de tuer toute relation amoureuse éventuelle avant même que celle-ci ne voie le jour. Se concentrant sur ses études, elle avait fait de son mieux pour éviter les hommes, et les seuls qui s’étaient intéressés à elle avaient été soigneusement ignorés. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Wyatt, l’homme capable de lui rendre un semblant de confiance en l’amour. Aujourd’hui, son cœur était plus brisé que jamais et ses espoirs passés étaient désormais en lambeaux. Son sourire ne trompait personne : les rares fois où il étirait ses lèvres, son regard tuait aussitôt la lueur d’espoir qu’il faisait naitre.

Se redressant lentement sur son tabouret, elle se força à se reconnecter à la réalité, ses souvenirs menaçant de faire rouler les larmes qui n’attendaient que son signal pour quitter ses yeux émeraude. Plantant son regard dans celui d’Andrew, elle soupira très légèrement et saisit le verre posé face à elle avant de le porter à ses lèvres. Ce ne fut que lorsqu’elle l’inclina davantage pour recueillir la boisson qu’elle se rendit compte qu’il était vide, et l’espace d’une seconde elle regretta d’avoir questionné Andrew au lieu d’accepter le verre qu’il avait promis de lui offrir si elle répondait à sa première interrogation. Déçue, elle reposa le verre et serra les poings, le regard scrutant toujours celui de son ami. « Tant pis, je jetterai mon dévolu sur un autre » Répondit-elle sur le ton de la plaisanterie, ponctuant sa phrase d’un haussement d’épaules. Le beau serveur secoua alors son bonnet et ses grelots tintèrent en conséquence, ranimant l’hilarité sur les traits de la choriste. Il lui confia avoir un immense respect pour la gente féminine et Charlie acquiesça, son sourire peinant à disparaitre. « Et c’est tout à ton honneur » Fit-elle en soupirant. Andrew lui adressa alors un clin d’œil et lui demanda de patienter quelques minutes avant de disparaitre. Pinçant les lèvres, Charlie reporta son attention sur le bar en attendant, les yeux plissés.

Le temps qu’il revienne, elle avait commandé un autre dry martini qu’elle avait déjà sensiblement vidé. Le regard pétillant –l’alcool n’était probablement pas étranger à ce regain d’énergie- elle esquissa un grand sourire à l’adresse d’Andrew et de son Tequila Sunrise. L’air énigmatique,  ce dernier s’approcha d’elle et lui proposa de chanter avec lui sur scène. Coulant un regard en direction de la scène, la Second Chances fronça les sourcils, incertaine. Elle n’avait pas spécialement envie de se donner en spectacle derrière un micro ce soir-là mais d’un autre côté la perspective de partager une chanson avec Andrew était attrayante. Après une seconde d’hésitation, elle finit par hocher la tête. « D’accord ! Mais une chanson fun s’il-te-plait, j’ai mon quota de drames pour l’année, voire même pour 2018 aussi. Et puis, quitte à chanter ensemble, autant mettre le feu à ce bar, non ? ». Descendant de son tabouret, la jeune femme prit la main d’Andrew et le guida vers la scène. Un couple s’égosillait déjà derrière les micros, mais Charlie avait bien l’intention de passer devant tout le monde et de filer sur scène dès que le duo de l’horreur l’aurait quittée. « Après eux » Fit-elle à Andrew en désignant d’un signe de la tête les apprentis-chanteurs qui écorchaient ses tympans. « Tu choisis le titre » Ajouta-t-elle, arquant un sourcil. Elle se pencha alors vers lui et se hissant sur la pointe de ses pieds, elle approcha ses lèvres de l’oreille d’Andrew. « Surprends-moi ».

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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Lun 10 Fév - 11:34

"Mais qui es-tu, Charlie Watson-Brown ? Qui es-tu vraiment ?"

Comment une fille pouvait-elle se lever aussi vite sans paraître ridicule à sauter de son tabouret ? Andrew ne savait plus trop quoi regarder. Il devait avoir l'air ridicule, ses yeux allant de l'ordinateur à Charlie, de Charlie au couple censé chanter avant eux. D'eux deux à Charlie. Encore. Que lui arrivait-il ?

Une fois la question posée, Andrew ne pensait pas qu'elle réagirait aussi vite. Il avait l'habitude de se préparer psychologiquement avant d'aller chanter. Se rappeler qu'il ne chantait pas si mal que ça, que les autres, ceux du karaoké, étaient habitués à ses débarquements militaires et colorés sur la scène. Mais il n'avait jamais chanté devant Charlie. Et Andrew savait qu'elle avait de l'expérience. Lima fourmillait de chorales en tout genre, lycéennes ou non, et la jeune femme en faisait partie. D'une d'entre elles. Même s'il n'en savait pas plus. Mais elle irradiait, d'un self-contrôle que le garçon n'avait sûrement pas, d'un aura que seules les chanteuses comme Maria Carey, Céline Dion ou sa mère sous la douche avaient. Un regard. Ou alors elle allait bouffer les deux personnes sur la scène. Elle avait peut-être faim après les deux -trois?- verres qu'elle avait engloutie. Irréelle. Elle était irréelle. De longues boucles brunes, ondulés par de lourdes anglaises. Andrew se serait damné pour avoir les mêmes, s'il avait été une fille. Il ne comprenait pas comment Charlie pouvait avoir le coeur briser quand c'est elle qui devait en briser plus d'un d'un seul regard. Regard qui le fixait à l'instant, comme attendant une réponse de sa part. Ah oui, choisir une chanson. Chanson fun. Mettre le feu à la scène. La surprendre. Pression.

Regard noisette. Malicieux. Il savait ce qu'ils allaient chanter. Le temps de claquer un baiser furtif sur la joue gauche de Charlie, de partir en riant comme un enfant, et de programmer leur chanson et ça serait à eux de chanter. Retour rapide, tout aussi joyeux. Ils allaient bien s'amuser.

"Suis moi, et éclate toi."

Andrew s'empara doucement de la main de son amie, avala les quelques marches en bois menant à la scène, et se plaça devant l'un des deux micros. Les premières notes de la chanson se firent entendre, tandis que les écrans affichaient devant eux The Human League - Don't you want me. Ça datait, mais c'était tellement bon. Clin d'oeil en direction de Charlie. Andrew devenait séducteur, et séduisant. Il devait jouer le jeu. Don't you want him, Charlie ? Il avait décider de commencer. Parce qu'il avait choisi la chanson, pour commencer dans ses graves quand il supposait Charlie avoir de magnifiques aigues. Et si elle ne connaissait pas le titre, elle pourrait se caler sur lui. Andrew ferma les yeux, quelques secondes, et commença à chanter.

"You were working as a waitress in a cocktail bar
When I met you
I picked you out, I shook you up, and turned you around
Turned you into someone new
Now five years later on you've got the world at your feet
Success has been so easy for you
But don't forget it's me who put you where you are now
And I can put you back down too
"

Ses membres suivaient le rythme. Irrésistiblement. D'abord le pied qui battait la mesure. Puis la tête qui remuait devant le micro, les yeux réduits dans un sourire communicatif. Il planta ses yeux mordorés dans ceux cyan de Charlie et se rapprocha d'elle, charmeur.

"Don't, don't you want me?
You know I can't believe it when I hear that you won't see me
Don't, don't you want me?
You know I don't believe you when you say that you don't need me
It's much too late to find
You think you've changed your mind
You'd better change it back or we will both be sorry
"

Ils étaient à quelques centimètres l'un de l'autre. Andrew pouvait sentir le parfum de Charlie, encore dépourvu de relents d'alcool qu'elle aurait du avoir après deux -trois?- verres. Comment pouvait-elle avoir l'air aussi ... fraiche après une journée qui semblait avoir été cataclysmique et deux verres d'alcool ? Andrew serait déjà en train de rire comme un gamin, en se déhanchant sous le rythme du tube de 1981. La folies de années 80 avait du bon.

"A toi de jouer Charlie. Je veux savoir qui tu es."
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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
Humeur : Angoissée.
Statut : Épouse de Wyatt Pillsbury.
Etoiles : 1621

Piece of Me
Chanson préférée du moment : Coldplay ─ Charlie Brown
Glee club favori : Second Chances
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MessageSujet: Re: 03. Wake me up when it's all over.   Mer 26 Fév - 14:44

La perspective de chanter avec Andrew était loin d’être déplaisante ; Charlie avait beau être d’humeur maussade depuis le début de la journée, elle savait que le beau brun parviendrait à lui faire oublier momentanément l’absence de son père, si pesante en ce sixième jour du mois de décembre. Elle ne savait pas encore exactement comment, mais le sourire d’Andrew faisant généralement retomber à lui seul la tension qui contractait le moindre de ses muscles, il y avait fort à parier qu’un duo avec ce serveur si charmant lui permettrait de se lâcher un peu et d’oublier le poids qui écrasait ses frêles épaules. Après tout, n’était-ce pas lui qui la faisait se sentir mieux chaque soir, lorsqu’elle entrait dans le bar karaoké ? Depuis qu’elle était revenue à Lima après un mois passé à Columbus aux côtés de Cat, il était la personne qui l’apaisait le plus. Là où tout le monde échouait, lui réussissait à faire ralentir adroitement sa consommation d’alcool en la divertissant d’histoires plus anecdotiques les unes que les autres. Même si elle ne s’en rendait pas tout à fait compte, bien trop déconnectée de la réalité pour ne serait-ce que tenter de l’analyser, la présence d’Andrew avait un effet positif sur sa personne, et la raison paraissait d’ailleurs évidente : il était le seul à être complètement étranger à tout ce qui s’était passé dans la vie de Charlie récemment. Le seul dont elle ait fait la connaissance après les événements d’Halloween, et par conséquent, le seul qui ne la connaissait que de cette manière : le regard sombre et fuyant, les lèvres pincées, les cernes plus marquées que jamais. Et en dépit de ce constat terrible, il était l’un des seuls à ne pas la juger ni à la bombarder de questions qui la mettaient mal à l’aise. Elle ne savait pas de quelle planète Andrew Lockart était issu, mais une chose était certaine : il était bien plus délicat que le commun des mortels, et c’était pour cette raison qu’elle l’appréciait tant.

Le regard rivé sur la scène où se produisait –ou se ridiculisait, tout dépendait du point de vue que l’on préférait adopter- le couple de l’horreur, Charlie remarqua à peine l’absence d’Andrew, parti s’occuper de la programmation de la chanson qu’il avait choisie. Un sourire triste dessiné sur les lèvres, ses yeux suivaient les moindres faits et gestes de ces apprentis chanteurs qui étaient on ne peut plus faux sur le moindre vers. Derrière elle, la salle était complètement amorphe, les clients s’étant de toute évidence résignés à rejoindre leurs discussions puisqu’encourager les chanteurs de l’extrême revenait à admettre un talent qui était inexistant. Les deux pauvres « chanteurs » poursuivaient donc leur chanson dans l’ignorance générale, seule Charlie consentant à poser ses yeux sur eux, mais seulement pour mieux témoigner de leur incapacité à chanter correctement.

Andrew revint finalement à ses côtés, et le sourire en coin qu’il arborait rappela à la brunette pourquoi elle avait accepté de chanter avec lui. Au même moment, le couple installé sur scène termina sa chanson et quelques applaudissements discrets respectèrent néanmoins leur prestation. Acceptant la main d’Andrew, Charlie le suivit sur scène et avec une aisance qui attestait de leur expérience respective, ils s’installèrent derrière les micros. Le regard de la brunette balaya la salle un instant, et elle remercia intérieurement leurs prédécesseurs d’avoir été si mauvais ; seuls quelques regards étaient à présent posés sur elle, ce qui lui évitait d’être plus nerveuse que de raison. Regrettant de ne pas avoir bu un verre supplémentaire pour se donner du courage, la jeune femme posa son regard sur Andrew et les premières notes de la chanson qu’il avait choisie retentirent dans la salle ; un sourire élargit aussitôt les lèvres de Charlie –elle connaissait cette chanson, et celle-ci répondait tout à fait aux critères d’un « titre fun ». C’était Don’t you want me, de The Human League, une chanson qui datait des années quatre-vingt, certes, mais qui n’en demeurait pas moins excellente.

Pour son plus grand soulagement, Andrew fut le premier à se lancer. Fascinée, Charlie ne rata pas une miette de ce spectacle qui se jouait devant elle ; le garçon était parfaitement à l’aise derrière son micro et sa voix si juste était un pur bonheur pour les oreilles de la brunette. Elle qui ne l’avait jamais entendu chanter de sa vie était on ne peut plus satisfaite : ce garçon aurait pu faire partie de l’une des chorales de Lima sans le moindre problème, et Charlie se demanda soudain pourquoi il n’avait pas encore fait sa demande d’intégration auprès de l’une d’entre elles. Il serait accepté sans une once d’hésitation, cela ne faisait pas le moindre doute, et Charlie aurait d’ailleurs été ravie de le compter parmi ses camarades des Second Chances.

Peu à peu, Andrew gagna en confiance et commença à s’agiter sur le rythme de la chanson, jusqu’à se rapprocher d’elle juste avant le refrain. S’arrêtant à sa hauteur, il planta ses yeux dans les siens et Charlie ressentit les effets de sa bonne humeur contagieuse. Son sourire s’élargit à nouveau, un vrai sourire, authentique ; un sourire qui était aux abonnés absents depuis plusieurs semaines. Alors, sans poser une seule fois les yeux sur le prompteur qui faisait défiler les paroles de la chanson, elle se lança : « it’s much too late to find, you think you’ve changed your mind, you’d better change it back or we will both be sorry ». Sa voix claire retentit dans la salle avec une assurance qui la surprenait elle-même. Certes, elle était habituée aux répétitions avec les Second Chances, mais elle ressentait souvent un complexe d’infériorité face à tous ces chanteurs plus talentueux les uns que les autres –et plus talentueux qu’elle, pour sûr. Avec Andrew, c’était différent, elle était consciente du talent qu’il possédait et qui aurait pu tout aussi bien la rendre muette, mais celui-ci ne l’effrayait pas pour autant et elle avait envie de se surpasser et de lui faire plaisir en partageant ce duo avec lui. Elle y mettait donc toute son énergie.

« Don’t you want me, baby ? Don’t you want me, ohh ? Don’t you want me, baby ? Don’t you want me, ohh ? ». Sa voix parvint aisément dans les aigus, rejoignant celle d’Andrew dans ce refrain entrainant au possible. Après un dernier regard, elle décrocha le micro de son pied et s’éloigna du garçon de quelques pas avant de jeter un coup d’œil au public ; à sa plus grande surprise, l’énergie qui émanait de ce duo avait visiblement atteint les clients et ces derniers les observaient avec la plus grande attention, certains dansant même au rythme de la musique. Cette vision la rassura et elle se lança dans le prochain couplet, seule. « I was working as a waitress in a cocktail bar, that much is true. But even then I knew I’d find a much better place, either with or without you ». Se tournant vers Andrew, elle le rejoignit en quelques pas et se posta pile en face de lui. « The five years we have had have been such good times, I still love you ». Elle caressa furtivement la joue du garçon avant de la retirer d’un air presque théâtral. « But now I think it’s time I live my life on my own, I guess it’s just what I must do ». La voix d’Andrew se mêla à la sienne et ils poursuivirent, ensemble : « Don’t, don’t you want me ? You know I can’t believe it when I hear that you won’t see me. Don’t, don’t you want me ? You know I don’t believe it when you say that you don’t need me. It’s much too late to find when you think you’ve changed your mind, you’d better change it back or we will both be sorry ».

S’animant soudain avec une énergie venue de nulle part, Charlie se mit à sautiller sur place avec Andrew, un grand sourire franc étirant ses lèvres. « Don’t you want me, baby ? Don’t you want me, ohh ? Don’t you want me, baby ? Don’t you want me, ohh ? ». Sautillant toujours telle une fillette de six ans le jour de Noël, elle attrapa la main d’Andrew et répéta avec lui le refrain deux dernières fois avant de recueillir les applaudissements chaleureux et les sifflements enthousiastes du public. Pourtant, Charlie ne quitta pas le regard d’Andrew à une seule reprise. Encore toute fébrile après avoir dépensé autant d’énergie, elle se rapprocha finalement de lui et l’étreignit avec force, avant de lui murmurer un « merci » au creux de l’oreille.
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03. Wake me up when it's all over.

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