Choriste du mois


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 03. [Grayson's] A Christmas miracle?

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MessageSujet: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Jeu 12 Déc - 1:35


“It's not really Christmas, if nothing magical happens right?”

« Papa... Tu as l’air absolument ridicule. »

À ces mots, Peter se retourna, arrêtant sa recherche de cookies qu’il aurait pu éventuellement cacher quelque part dans l’une des étagères de la cuisine (il ne pouvait pas avoir donner tout son stock à la LPA... si?), son regard rencontrant celui de Summer, l’autre Grayson, installée à la table de la cuisine, crayon en main, un sourire sur son visage en fixant son père. Son père qui soit dit en passant ne voyait pas en quoi il avait l’air ridicule. Était-ce le bonnet de Père Noël qui était posé sur ses mèches blondes, un récent achat fait au marché mis en place au centre commercial, ou même les sapins qui étaient dessinés sur les chaussettes de Peter ? Bonne question, c’était sans doute tout ça à la fois car la fillette se contenta de rouler des yeux et de rire avant de retourner à son dessin. Parfois, Peter se demandait qui était l’adulte dans tout ça, des deux Grayson, c’était certainement lui qui était le plus excité à l’approche des fêtes de fin d'année, cependant, il ne pouvait pas vraiment s’en empêcher. Cela avait toujours été sa période préférée de l'année, il aimait absolument tout : la température qui l’obligeait à se réfugier dans tous les pulls que lui tricotait toujours sa mère, qui prenait soin de les envoyer avant le début de l’hiver, les chants de Noël, décorer son sapin et franchement, c’était bien le seul moment de l’année où Peter pouvait manger des tonnes de pâtisseries en prétextant que c’était de saison. Summer était plus réservée que son père, déjà la petite ne croyait plus au père Noël, une chose inadmissible pour Peter qui avait cru dur comme fer à ce fameux bienfaiteur qui passait par les cheminées. Il avait toujours su que Summer était plus mature que n’importe quel enfant de son âge, chose plus que normal vu que son père ne lui avait rien caché et qu’il avait dû lui expliquer très tôt pourquoi est-ce qu’elle devait être la plus sage des petites filles et rester avec ses grands parents pendant que lui... étudiait. Les choses étaient bien différentes à présent et Summer avait grandit et même si elle affichait toujours son sourire aux lèvres et qu’elle avait largement participé à la décoration de leur appartement (très sincèrement, on aurait dit que le père Noël résidait vraiment dans leur appartement), Peter voyait bien qu’il y avait quelque chose qui clochait. Sauf qu’avec Summer, et Peter l’avait appris à ses dépends, il ne pouvait tout simplement pas lui demander de but en blanc, elle ne lui répondrait pas, s’il y avait bien une chose qu’elle avait pris de son père, c’était de sourire peu importe la situation.

Donc Peter se contenta de pousser un soupir et de se rapprocher de sa fille, dérangeant les mèches brunes. Elle lui lança un bref « papa qu’est-ce que tu fabriques » avant de lui tirer la langue et en un simple instant, sa petite fille de huit ans était de retour. Rassuré, Peter entreprit de trier le courrier du jour, principalement constitué de factures (à ce rythme, il allait pouvoir commencer une véritable collection) et cette fois-ci, ce fut Summer qui reprit la parole.
« Au fait tu n’as pas oublié que je dors chez Maisie ce soir ? »
« Non je n’ai pas oublié ma chérie. » répondit distraitement Peter, qui se demandait pourquoi diable sa facture de téléphone était aussi élevée. Hmm... il devait vraiment arrêter d’appeler sa mère deux fois par jour, ou alors trouver un autre opérateur téléphonique.
« Tu n’as pas oublié non plus que tu as dit à Caitlin de passer ce soir ? »
« Non je n... » Mais non Summer qu’est-ce que tu racontes, je n’ai pas dit à Caitlin de passer ce soir, elle doit venir le...

Peter venait de relever la tête vers sa fille qui du doigt lui montrait le frigo où étaient accrochés leur différent post it et autres mots que les deux Grayson avaient pris l’habitude de s’échanger. Parmi la liste des courses et autre coups de fil manqués, il y avait la date d’aujourd’hui et une heure plus tard dans la journée, en début de soirée même, avec le nom de Caitlin. Comment avait-il pu zapper ça ? Peter se maudit intérieument avant de fixer Summer. Non mais... Il allait être tout seul avec Caitlin ? Okay... Non pas que cela le dérange, mais une partie de lui comptait sur Summer pour l’encourager également, après tout, cela n’allait pas être très étrange de se retrouver à deux dans... son appartement. Hmm... Est-ce qu’il était trop tard pour annuler ? Et pour quelle raison ? « Allô je ne peux pas m’en sortir sans ma petite fille donc je crois qu’on va devoir annuler. » Même Peter se trouvait... eh bien ridicule et il se força à se dire que tout allait bien se passer. Et c’était encore ce que le médecin se disait quelques heures plus tard, juste après avoir déposé Summer chez son amie et après lui avoir promis que non, il n’annulerait et que oui, il ferait en sorte de passer une bonne soirée et de ne pas trop rougir. Quoi qu’il doutait légèrement sur le dernier point. Mais, il avait tout de même promis et il était rentré et voilà où il était à présent, son bonnet toujours en place sur sa tête, en train de faire les cent pas dans son salon. Il déplaça une chaise, remit en place quelques livres dans la bibliothèque et au moment où il se disait qu’il aurait peut être dû nettoyer un peu plus, la porte d’entrée sonna. Il sursauta légèrement avant de reprendre ses esprits et d’aller ouvrir. Caitlin, toujours aussi sublime, se tenait sur le pas de sa porte et rien que de la voir réussi à redonner son sourire à Peter. « Bonsoir ? Vous allez bien ? J’espère que vous n’avez pas eu trop de mal à trouver... Rentrez je vous en prie. » Peter ouvrit davantage la porte, s’écartant pour la laisser passer. Il remarqua son reflet dans le miroir de l’entrée et rapidement, il ôta le bonnet de Noël de sa tête. « Oui je... Je me suis laissé emporter. » ajouta t-il dans un rire nerveux, ses joues déjà rouges. Oui, cela allait être une longue soirée.


Dernière édition par Peter Grayson le Sam 29 Mar - 14:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Ven 20 Déc - 21:52

La voiture arpenta silencieusement les allées bordées de lumières, respectant au chiffre près les limitations imposées par les panneaux de signalisation qui gâchaient toute l’harmonie du décor de conte de fées dans lequel le véhicule progressait lentement. L’attention de Caitlin fut harponnée par les crépitements d’une guirlande lumineuse suspendue au-dessus de l’arcade imposante du bar karaoké, situé sur sa droite, et un sourire attendri étira ses lèvres carmin. Le véhicule s’immobilisa devant un panneau stop. Les yeux de Caitlin trouvèrent rapidement le ciel sans nuage, et elle fronça le nez en percevant l’odeur particulière que répandait le froid en hiver. La ville entière était en émoi. Le mois de décembre était propice à la célébration et au partage, les habitants semblaient se réjouir sincèrement des événements mis en places par la municipalité tout au long du dernier mois de l’année, et de nombreux concours de saison voyaient le jour un peu partout. Depuis qu’elle avait appris que la chorale des Second Chances était conviée à la parade annuelle du centre-commercial, l’entrain chronique de la professeure d’Arts plastiques paraissait s’être éteint comme le nez rouge de Rodolphe le renne, tant elle ne se sentait pas concerné par ce qu’il se déroulait dans les rangs le chœur le plus féminin des environs. Les travaux manuels de sa classe ne parvenaient même pas à chasser le malaise qui ternissait l’éclat perpétuel de son profil, car elle en était à un point où sa participation à toutes les exhibitions du groupe l’angoissait profondément.
Il fallait dire que son avenir auprès de ses camarades chanteuses était incertain. Il faudrait au moins un miracle (de Noël) pour qu’elle consente enfin à ignorer ce sentiment qui la rongeait depuis le tournage de leur spot promotionnel, au gymnase du lycée McKinley. Elle n’était pas en colère, ni même amère de la façon dont on l’avait traitée, elle était simplement affligée par le virage que prenaient la direction artistique du glee club. Cependant, elle n’était pas assez téméraire pour essayer de remettre les pieds sur terre aux responsables de cette métamorphose assumée. Et puis, les autres filles semblaient être satisfaites par ce changement, à l’exception peut-être de Christabella, Caitlin n’avait donc pas le droit de ruiner le bonheur qu’elles éprouvaient à l’idée de devenir la chorale préférée des hommes souffrant d’une crise de la cinquantaine bien entamée. Mener une rébellion à deux contre le reste du monde ne s’inscrivait pas dans la liste des idées les plus judicieuses de la brunette, et son désir d’insubordination demeurait étouffé par la crainte de froisser Cassandra une fois de plus, bien que leur amitié semblait définitivement consumée. Elle pouvait tout juste refuser de s’afficher de cette manière en participant aux prestations qui égratigneraient sa dignité exemplaire et cela qu’importe si on la qualifiait de traître. À croire que Caitlin avait pris goût à l'étiquette de paria qui lui collait à la peau.

Si elle pensait à sa chorale, les mains étroitement serrées autour de son volant pour faire jouer ses phalanges engourdies par le froid, c’était parce qu’elle avait proposé à Peter de l’aider à répéter pour son audition éventuelle chez l’une des chorales rivales de la sienne, les Awesome Voices. En secouant très doucement la tête et en fermant ses paupières fardées, Caitlin s’imagina la réaction, forcément excessive, il ne pouvait en être autrement, de Joanna si elle venait à savoir que sa Jézabel personnelle se servait de ses talents de pédagogue pour faire chanter un homme qu’elle ne connaissait que grâce à des rencontres fortuites, et qui pourrait grossir les rangs de l’ancienne chorale de Bryan Ryan. Oh ! C’est que Joanna aurait du souci à se faire si Peter dépassait ses craintes en se présentant devant Megan Morgan ! Il avait du talent, comme tous les autres, mais le fait qu’il ne s’en aperçoive pas le rendait vraiment spécial, presque attachant, et la jeune femme se surprenait à prendre à cœur ses difficultés à accepter l’évidence, à savoir qu’il avait sa place dans une chorale. Elle espérait réussir à l’affranchir de sa timidité au moins pendant une chanson. Maniant son levier de vitesse pour s’élancer sur la chaussée, c’est pleine de bonnes intentions qu’elle se rendit au rendez-vous qu’ils s’étaient fixé.

Extirpant son sac à main et sa guitare du siège passager, Caitlin fit un arrêt à l’arrière de son véhicule pour prendre dans son coffre un paquet enveloppé dans du papier cadeau rose pailleté. Elle se dirigea vers l’immeuble derrière elle, s’arrêta devant la porte vitrée. Le froid glacial la fit frissonner et piétiner, tandis qu’elle vérifiait si tout ce qu’elle devait emporter était bien avec elle, puis elle s’engagea dans le vestibule, un grand sourire accompagnant sa démarche aérienne. Elle ne savait pas si Summer serait présente ce soir, ni si elle serait seule avec Peter. Parée à monter dans l’ascenseur, elle se demanda soudainement si elle ne s’immisçait pas dans la vie de famille du jeune homme. Caitlin les avait toujours rencontrés tous les deux, sans tierce personne, c’était la preuve qu’elle ne s’imposait pas, n’est-ce pas ? La question méritait d’être posée, même dans le fouillis créatif et les élucubrations fantaisistes de son cerveau d’artiste. Tentant de se convaincre que sa visite ne dérangerait pas la routine de la famille de Peter, elle sursauta violemment lorsque les portes s’ouvrirent et grimpa illico dans l’ascenseur.
Debout dans un coin de la boîte géante, Caitlin plissa les faux plis inexistants sur le papier cadeau rose. Elle avait promis à Summer des couleurs et des pinceaux, alors elle était passée à sa boutique préférée pour choisir le meilleur matériel à lui offrir. Elle avait bien fait ses armoires au lycée, mais céder des pastels et autres craies grasses déjà utilisées à quelqu’un d’autre, ça ne se faisait pas. C’était donc du neuf que Caitlin lui apportait, et elle espérait que son choix serait approuvé par la principale concernée. Les portes s’ouvrirent, Caitlin vérifia son rouge à lèvre dans le miroir, battit des cils pour donner du peps à son mascara et s’encouragea en se gratifiant d’un sourire éclatant, puis elle sortit. Tout en avançant, elle regarda sur son téléphone portable le numéro de porte que lui avait donné Peter et emprunta le couloir droit devant elle.

Sa guitare dans une main, le cadeau pour Summer dans l’autre, Caitlin sonna avec son coude. La porte de l’appartement s’ouvrit en grand, l’enveloppant d’une douce lueur orangée qui éclaircit instantanément ses pupilles marron glacé. Celles-ci trouvèrent d’ailleurs le pompon terminant le bonnet de père Noël que portait Peter sur la tête et elle laissa échapper un petit rire en guise de bonjour. Remarquant tout de suite les joues colorées du jeune homme, elle fit un pas sur le seuil de la porte pour rentrer dans l’appartement en le pointant du doigt. Avec une fausse sévérité dans le ton, elle lui dit :

« Interdiction de rougir ce soir, Peter ! Pour Summer. » Elle lui tendit le gros paquet enveloppé de rose et serra Peter dans ses bras tout de suite après pour lui donner une accolade amicale. Elle se décolla de lui aussitôt « Elle est ici ? » ajouta-t-elle, ne cachant pas son enthousiasme. Avec l’excitation d’une gamine de cinq ans, Caitlin se hissa sur la pointe de ses chaussures pour regarder par-dessus l’épaule de Peter tout en défaisant sa grosse écharpe et en déboutonnant son long manteau. Elle s’attendait à ce que Summer arrive vers elle en lui sautant dans les bras, comme les enfants ont coutume de faire, mais l’appartement paraissait très calme. Ses interrogations sur la vie familiale du jeune homme se rappelant à elle, Caitlin tourna subitement la tête vers lui, le contour de ses lèvres maquillées arrondies par la stupéfaction. Elle laissa sa guitare en légère suspension au-dessus du sol et lui demanda avec une politesse innée « Je ne vous dérange pas, au moins ? » Question stupide, étant donné que le rendez-vous avait été convenu depuis des jours. Elle s’entêta néanmoins et reprit dans un sourire « Parce qu’on peut remettre ça à une autre fois ! » Elle désigna sa guitare en la levant un peu plus haut « Elle sera toujours accordée la semaine prochaine ! Bon, l’ouverture de la porte avec le bonnet de père Noël sur la tête n’aura plus la même saveur, mais je suis une très bonne comédienne. Je jouerai la surprise ! » Elle joignit le geste à la parole et écarquilla ses grands yeux de biche, sa bouche s’arrondissant comme un instant plus tôt. Caitlin garda cette expression quelques secondes, avant de détendre totalement son visage et de dire dans un murmure « Vous voyez, je suis plutôt douée. » Un petit clin d’œil et un claquement de langue inopiné échappèrent à sa vigilance, alors qu'elle retirait la première manche de son manteau.
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Sam 18 Jan - 1:27

« Euh je... » On aurait pu croire que le fait de se trouver dans son propre appartement et donc en territoire connu rendrait Peter moins nerveux. Il n’en était rien, il avait déjà les deux joues rouges, encore plus quand il se retrouva, momentanément certes, dans les bras de Caitlin. C’était juste pour lui dire bonjour, pas de quoi en faire tout une histoire... (Allez donc dire ça à ses deux joues et ensuite on en reparlera). Mais ajoutez à cela le cadeau qu’elle venait de lui mettre dans les bras et Peter était tout simplement bouche bée. Et rouge. Oui, rouge et bouchée bée, c’était une très bonne description de l’état actuel du neurologue. Il écoutait Caitlin mais en même temps, son regard ne pouvait s’empêcher de dériver vers le paquet cadeau. Elle avait pensé à Summer. Alors qu’elle n’était pas obligée de le faire, alors que selon Peter leur première rencontre avait été plus que désastreuse (et non, il n’avait plus remis les pieds à Breadsticks depuis le fameux incident), alors qu’elle devait très certainement s’arracher les cheveux pour trouver des cadeaux pour tous les membres de la famille, enfin c’était dans cet état que se trouvait le neurologue, et malgré tout ça... Elle avait pensé à Summer. C’était certainement la chose la plus gentille que quelqu’un ait jamais faite pour sa fille et si Peter n’avait pas été aussi timide il aurait pu embrasser Caitlin tellement cela le rendait heureux. Wait... what ? What was that last part ? Si Peter ne contrôlait même plus son train de pensées, la soirée allait définitivement être très, très longue. Il se força à se concentrer sur Caitlin, qui lui faisait une démonstration parfaite de son air surpris. Le médecin ne put stopper le rire qui franchit ses lèvres, il n’y avait qu’un seul mot dans son vocabulaire pour décrire Caitlin : adorable. Il s’éclaircit la gorge avant de lui répondre, ne faisant pas du tout confiance à sa voix dans un moment pareil... Et il allait devoir chanter dans quelques minutes ? Oh joie. « Vous êtes même très douée... Et non vous ne me dérangez absolument pas, rentrez, rentrez, ne restez pas sur le pas de ma porte, hors de question que je joue les mauvais hôtes. Le salon est au bout du couloir. » Précisa le neurologue en refermant la porte derrière la jeune femme.

Il se demanda un instant si son appartement était rangé, hors de question de passer pour ce père célibataire qui ne savait même pas faire une machine à laver. Il avait fini par apprendre... après avoir ruiné bon nombre de ses chemises en les mélangeant aux vêtements plus colorés de sa petite fille. Fort heureusement, l’appartement des Grayson était d’une propreté irréprochable, Peter avait tendance à nettoyer le sol à la brosse à dent quand l’envie lui prenait, et le salon abordait toujours les couleurs de saison. Un peu trop même. Summer avait définitivement raison, ils s’étaient laissé emporter et toutes les décorations dans leur salon auraient éét suffisantes pour décorer au moins deux autres maisons supplémentaires. Oh et puis zut, Peter aimait Noël, il n’allait pas s’en cacher. « Comme vous pouvez le voir... C’est la folie de Noël ici. » commenta t-il simplement, priant pour ne pas rougir davantage. Ayant besoin de bouger, il alla mettre le paquet de Caitlin sous le sapin, c’était le seul cadeau pour le moment, et cela ajoutait un petit quelque chose en plus. Ou c’était encore Peter qui divaguait, au choix. « Et merci pour le cadeau, elle sera vraiment ravie, je lui dirai que c’est de votre part, de toute façon, elle ne croit plus au père Noël alors... » Il haussa les épaules comme si cela ne l’atteignait pas, à croire que c’était lui qui avait huit ans dans cette maison et pas sa fille. Le médecin s’écarta du sapin dans un autre soupir, reportant son attention sur Caitlin. « Ce sera juste vous et moi ce soir, il semblerait que ma fille est une vie sociale beaucoup plus remplie que pour la mienne. » expliqua alors Peter, justifiant l’absence de Summer. Ce qui était une bonne chose, lui qui avait craint que le déménagement la pousserait dans ses retranchements et qu’elle deviendrait aussi timide que lui, c’était tout le contraire. Summer se plaisait à Lima et comme elle l’avait déjà fait sous entendre plus d’une fois lors de leur dîner en tête à tête, il était hors de question qu’ils partent. Et Peter alors ? Son boulot lui plaisait, passer du statut de simple interne à celui de véritable médecin était plus que gratifiant et il avait une bonne raison de se lever le matin. Pour le reste, il tentait encore de trouver ses marques, sans alcool désormais mais il était certain qu’il était content d’avoir rencontré Caitlin. Il joua quelques secondes avec ses mains, se tordant les doigts comme il avait si bien l’habitude de le faire lorsqu’il était stressé, avant de désigner le piano de son index, faisant de son mieux pour paraître très cool et très décontracté et pas du tout intimidé par cette situation. On respire Peter, tout va bien.

« Bref... Voilà, c’est là que la magie a lieu si je peux dire... » Il jeta un coup d’œil à Caitlin qui avait toujours sa guitare à la main et il ajouta rapidement. « J’aurais peut être dû vus dire que ce n’était pas la peine pour la guitare, j’ai déjà la mienne, enfin elle est quelque part dans ma chambre, je peux toujours aller la chercher au besoin. » Il ne savait même pas que Caitlin savait jouer, était-elle absolument parfaite sur tout les fronts ? Peter s’abstint de lui poser la question pour ne pas paraître plus ridicule qu’il ne l’était déjà, tout comme il ne lui demanda pas comment est-ce qu’elle avait appris à en jouer et quelles étaient ses chansons préférées. Non, cela aurait été plus que déplacé. Au final, Peter reporta son attention sur les touches de son piano et il tenta de se passer une main dans les cheveux, geste plus que nerveux qu’autre chose, avant de se rappeler qu’il avait son bonnet sur la tête. Bonnet qui tomba au passage sur le sol et qu’il ramassa rapidement. « Et je manque déjà à tous mes devoirs, vous voulez quelque chose à boire peut être ? » Peter en train de gagner du temps ? Absolument pas.
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Mar 21 Jan - 22:12

Sous l’invitation de Peter, Caitlin emprunta le couloir qu’il lui désignait, rassurée de ne pas s’imposer. Se délivrant comme elle le put des manches de son caban rouge coquelicot, ses grands yeux curieux glissèrent instinctivement sur les cadres accrochés le long des murs tandis qu’elle remontait son sac sur son épaule. Summer dans toutes les étapes de sa vie – ou presque – lui souriait à chacun de ses pas. Elles ne s’étaient rencontrées qu’une seule fois, pourtant, la jeune femme avait ressenti la bonhomie naturelle de cette gamine. Elle appréciait son insatiable appétit d’en savoir toujours plus, d’où l’intention qu’elle avait eue en lui apportant un petit cadeau, comme pour l’encourager davantage, et avec une certaine subtilité, à voir plus loin que le bout de son joli nez. Summer respirait la joie de vivre et quelque part au fond d’elle, CJ l’enviait beaucoup. Car si elle-même avait eu la chance d’avoir une famille aimante et des parents toujours présents, elle avait vécu une enfance des plus introverties. Fragile, elle avait pris l’habitude de cacher son mal-être derrière de grands sourires et des éclats de rire qui sonnaient toujours un peu faux aux oreilles de ceux qui y prêtaient attention – très peu de gens en définitive. Alors que quand Summer souriait l’on sentait que c’était parce qu’elle était véritablement heureuse et en bonne santé. Caitlin ne pouvait s’empêcher de blâmer gentiment l’homme au bonnet de père Noël qui se trouvait derrière elle.

Ses réflexions se faisant trop intenses, Caitlin perdit momentanément son sens de l’orientation et s’arrêta en plein milieu du couloir pour faire le point. La main sur le mur de droite, elle se rééquilibra sur ses talons assortis à sa jupe patineuse. Lorsqu’elle crut distinguer Peter avec une blouse blanche sur le dos et un stéthoscope autour du cou, elle eut le réflexe inconscient de lui demander « Vous êtes médecin ? » Elle observa d’un œil plissé les détails de l’image, s’arrêta sur le visage des deux personnes plus âgées qui l’enlaçaient chaleureusement – probablement ses parents, l’homme à ses côtés lui ressemblait assez pour que ses suppositions soient justes. Clignant des yeux, Caitlin se tourna vers pour lui donner un sourire mi-rêveur mi-rayonnant et enfin, elle se remit en action puis entra dans le salon.
Englobant la pièce d’un regard circulaire, elle émit un long sifflement impressionné à cause de la décoration et alla immédiatement poser son sac et son manteau sur le canapé. Elle garda sa guitare à la main, car elle en aurait bientôt besoin. Ses yeux papillonnant à droite à gauche, CJ attendit que son hôte la rejoigne. D'autres l’auraient trouvé surchargée, cette fameuse décoration, mais l’harmonie était respectée et ses yeux d’amatrice de belles choses ne pouvaient qu’apprécier le choix des couleurs et la disposition des guirlandes lumineuses. Cela donnait à la pièce un je-ne-sais-quoi de féerique qui faisait briller ses prunelles et attestait la bonne impression qui l'animait, à savoir que cette soirée ne serait pas vaine et qu’elle réussirait à sa manière à faire chanter Peter sans qu’il se mette à rougir ou perde ses moyens.

La voix de ce dernier la fit se retourner de l'autre côté. Les mains délicatement serrées autour du manche de son instrument, Caitlin opina poliment du chef en appuyant ses propos sur la folie de Noël qui régnait dans le living-room. Elle fut peinée, mais pas surprise, d’apprendre que Summer ne croyait déjà plus au père Noël à son âge. Peter ne lui laissa pas le temps de s’y appesantir cependant, et il provoqua un petit rire chez la brunette qui lui répondit du tac au tac « Je dirais que vous ne vous en sortez pas trop mal niveau vie sociale. Vous auriez pu être condamné à rester seul ce soir ! » Elle glissa une mèche derrière son oreille, et ajouta, après avoir pincé les lèvres pour estomper son baume s’asséchant peu à peu « Je ne sais pas si je suis de bonne compagnie, mais je vous promets de faire tout mon possible pour que vous puissiez frimer auprès de votre fille et lui raconter à quel point vous vous êtes amusé sans elle. Elle s’en mordra les doigts, croyez-moi. »

D’eux-mêmes, ses yeux bruns suivirent la direction pointée par l'index de Peter et sa bouche s’entrouvrit légèrement « Oh, vous avez un piano. » fit-elle, confondue. Elle aurait dû s’en douter, elle l’avait entendu jouer lors de la soirée d’Halloween au lycée McKinley – quelqu’un avec un doigté aussi précis devait pratiquer souvent. CJ déposa sa guitare à côté de ses petites affaires et rejoignit sans attendre l’instrument, des étoiles dans les yeux. Elle vint caresser avec sa main gauche le couvercle du piano, secoua doucement la tête quand Peter parla de sa guitare et ses boucles brunes tressautèrent autour de son visage aux traits réguliers « Le piano suffira. » trancha-t-elle avec douceur. Elle leva brièvement les yeux pour croiser ceux du docteur, avant de les rebaisser sur l’acajou qui diffusait son reflet légèrement déformé.
Un soupir plus tard, Caitlin se redressa et contourna le piano pour s’approcher de Peter « Ça ira, je vous remercie. En revanche, gardez le bonnet. » lui dit-elle. Elle lui prit des mains pour lui enfoncer doucement sur la tête, une moue faussement concentrée crispant ses lèvres maquillées, puis elle vint lisser avec ses doigts les quelques cheveux blonds qui dépassaient sur son front « Le rouge est votre couleur, Peter. Et puis… » CJ lui tapota les épaules dans une tentative d’épousseter les moutons imaginaires recouvrant son pull, fit un pas de côté pour s’agenouiller près du sofa et défit les loquets de son sac à main duquel elle sortit un livret de partitions qu’elle lui tendit en se relevant gracieusement « Ça collera avec le thème de la chanson que j’ai choisi pour vous – page six. » précisa-t-elle, et dans un haussement d’épaules enjoué, elle pivota sur ses pieds pour rejoindre le piano. Caitlin laissa la banquette au jeune homme. Elle préférait s’installer à son opposé pour pouvoir faire face à son partenaire d’un soir… Quand il se déciderait enfin à l’accompagner ! Lui lançant un regard à la fois éloquent et teinté de mystère, elle lui lança, sa voix prenant soudain une intonation joueuse « Vous n’avez pas peur, hum ? »
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Dim 26 Jan - 17:38


"Vous êtes d'excellente compagnie croyez moi." dit-il à demi-voix alors que Caitlin remettait le bonnet en place sur ses mèches blondes. Pourquoi étaient-ils de nouveau si proches?  Excellente, question, le blond préférait ne pas se concentrer sur ce ridicule détail, il laissa donc Caitlin jouer avec quelques une de ses mèches de cheveux, cela le faisait bien sourire dans le fond. Quoi qu'il en soit, Peter était sincère, il n'était pas du genre à faire des compliments facilement, déjà, cela avait tendance à le faire rougir (à croire que ce soir il était en compétition avec son bonnet dans la catégorie qui pouvait devenir le plus rouge) et puis Caitlin le méritait amplement. Un jour, il devrait certainement lui demander quel était son secret et comment est-ce qu'elle faisait pour être toujours aussi patiente avec lui, n'importe qui de censé aurait laissé tomber depuis longtemps, en décrétant que Peter Grayson était une cause perdue. Chose qui était vraie dans un sens. Non pas que Caitlin ne soit pas censée, non, elle l'était, elle était parfaite selon Peter et certainement beaucoup plus mature que son âge... D'ailleurs... quelle âge avait-elle? Bonne question, il lui donnait vingt cinq ans mais pas plus. Pas de doute, elle était beaucoup plus jeune que lui, mais là encore, Peter ne se voyait tout simplement pas lui demander de but en blanc. La vérité était pourtant bien simple, il ne connaissait pas la jeune femme autant qu'il le voulait et il se promit intérieurement de rectifier le tir dès que possible. "Un jour promis, on aura une véritable conversation vous et moi et on ne parlera pas des chorales... Ou même de Summer." annonça Peter, Caitlin rejoignant déjà le piano. Ne pas parler de Summer serait un exercice particulièrement difficile pour lui, mais lui et Caitlin semblaient avoir de nombreux points en commun... Alors tout espoir n'était pas encore perdu pour ce cher Pete, et puis une conversation normale ne pourrait pas le tuer. "Et pour répondre à votre question, oui, je suis médecin, je suis neurologue." Il avait ajouté cela pour là encore, gagner de précieuses secondes, et pas parce qu'il était particulièrement fier de son métier. Si il était fier de son métier, très fier, cela l'étonnait tout de même de ne pas l'avoir mentionné avant. Quoi que... Première rencontre avec Caitlin? Summer avait accaparé toute l'attention et Peter lui avait cassé des verres. La deuxième fois? Hmm... Ils avaient principalement parlé de Wyatt et ils avaient dansé aussi... Une très bonne soirée.

Cela n'en restait pas moins bizarre. Et oui, cela lui paraissait tout simplement irréaliste de voir Caitlin chez lui, juste à côté de son piano. Il ne devait tout de même pas oublier que la choriste était ici pour l'aider, et puis ce n'était pas comme si Caitlin ne l'avait pas déjà entendu chanter par le passé, le médecin avait toujours en mémoire cette fameuse soirée d'Halloween où elle l'avait plus ou moins pris sur le fait. Là au moins, il avait pu feindre la surprise et s'arrêter de jouer, mais pas ce soir. Cela aurait été plus qu'immature de fuir dans son propre appartement et puis, chose que Peter avait découvert très récemment, il lui était bien difficile de dire non à Caitlin et à son ton enjoué. Peut être que Summer avait fini par apprendre les faiblesses de son père à la professeur de dessin, oui, le médecin imaginait sans aucun problème les deux brunes discuter de lui, les deux avec un sourire aux lèvres. "Très bien, alors je garde le bonnet." Il s'avança enfin devant le piano, concentré sur sa respiration, aucune raison raison de paniquer, il s'installait tous les jours devant ce piano. Sauf qu'aujourd'hui son "public" n'était pas Summer mais Caitlin. Ce n'était qu'un léger détail. "Moi peur? Non... Absolument pas." Il était enfin assis devant son piano, par réflexe, il fit craquer ses doigts, avant de se tourner vers le livre de partition, allant à la page indiquée. Il eut un sourire en voyant le titre de la chanson, ils avaient vraiment les mêmes goûts. Peter n'avait plus eu de partitions sous les yeux depuis un bon bout de temps, beaucoup trop habitué à tout simplement reproduire les airs préférés de Summer, les chansons passant souvent à la radio. Heureusement, il n'avait pas perdu la main et bientôt les premières notes de la chanson retentirent dans le salon. Ses yeux quittèrent l'ensemble de notes quelques secondes pour se poser sur Caitlin, posant silencieusement une question qui n'osait pas franchir ses lèvres, par crainte de gâcher le début de la chanson: devait-il se jeter à l'eau et chanter? Visiblement oui. Les deux joues rouges, Peter reporta son attention sur le livret. Well, here goes nothing, se dit le neurologue.

I never saw a reindeer fly
Make it's way across the sky


Il pouvait sentir le regard de Caitlin sur lui tandis qu'il s'efforçait de chanter juste, priant intérieurement pour ne pas totalement ruiner la chanson. Pas de doute, le médecin s'en voudrait à vie s'il piétinait pour toujours l'un des airs préférés de la jeune femme. Il prit une profonde inspiration avant de poursuivre:

But I know if I close my eyes my wishes will come true
Like the one I've saved for you


Il jeta enfin un regard à Caitlin, la suppliant presque du regard, de chanter avec lui. Peter avait osé se lancer, à présent, il lui fallait un léger coup de pouce pour poursuivre.
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Ven 31 Jan - 17:09


Pas peu fière d’avoir obtenu de Peter ce qui lui semblait être une réponse hautement assurée au ton de défi qu’elle employa volontairement pour le questionner sur son état d’esprit, Caitlin laissa filer un rire diverti en le voyant s’installer devant le piano et pendant qu’il fit craquer ses doigts et qu’il feuilleta le livret de partitions, elle l’observa plus longtemps, les mains tranquillement posées sur les bords de l’instrument et la tête inclinée près de son épaule, l’expression de son visage oscillant entre l’intérêt et la réflexion. Peter était donc neurologue, Summer ne devait pas avoir plus d’une dizaine d’années… D’après ses calculs savants – ou non –, les études du jeune homme n’avaient pas dû être de tout repos, surtout s’il avait jonglé entre les cours et l’éducation de sa fille, ce qui expliquait les raisons de l’indépendance évidente de la petite fille. Et un mystère de résolu, pépia-t-elle dans le fond de ses pensées, un autre sourire distrait naissant sur ses lèvres crémeuses. Il avait d’autant plus de mérite qu’il était célibataire. Du moins, c’est la théorie que la professeure continuait d’étayer, car en laissant vadrouiller ses grands yeux, tout en cils couleur carbone, le long des étagères et parmi les tentures et les rideaux qui habillaient les fenêtres de l’appartement, il n’y avait aucun signe d’une présence féminine quelconque dans la pièce. Summer, en enfant déterminée et pleine de vie qu’elle était, avait apporté sa petite touche personnelle à la décoration puisque CJ distinguait des papillons mauves s’échappant de la frise en papier peint longeant les plaintes, mais Peter et sa personnalité crépitaient de part et d’autre de la pièce à vivre, ça l’avait déjà frappé en traversant le couloir menant au salon. Les tons des murs étaient neutres et les fioritures étaient inexistantes. Absolument rien n’avait été pensé pour impressionner de potentiels invités ou pour pointer le niveau de vie sûrement très confortable du docteur. Mis à part les guirlandes lumineuses installées à l’occasion des fêtes de fin d’année, tout dans le living-room était doux et discret, jusqu’à la couleur du piano. Caitlin appréciait et elle se surprit à se sentir à son aise dans ce cocon à l’ambiance cotonneuse et rassurante. De ce fait quand les premières notes du piano retentirent, elle retomba dans le moment présent, la voix de Peter amortissant paisiblement sa chute imaginaire.

En réalité, Caitlin se demandait comment elle avait pu se montrer aussi présomptueuse en proposant son aide à Peter car il était indiscutable qu’il avait plus de talent qu’elle n’en avait. Pas plus d’expérience cependant. Caitlin avait des années de chant derrière elle. Elle avait commencé à faire profiter de son grain de voix à un public, souvent composé de parents en pâmoison devant leurs enfants, en rejoignant la Mogadore Academy et sa chorale, puis elle avait continué à pratiquer les gammes en suivant ses études des Arts de la scène tout juste après avoir quitté l’Institut spécialisé qui l’avait accueilli pour la soigner de ses troubles alimentaires. C’est seulement suite à des mois à tatillonner dans différentes directions qu’elle s’était tournée vers les Arts plastiques et le dessin, alors qu’elle aurait très bien pu devenir professeure de théâtre ou de chant ; ç’aurait été plus logique quand on connaissait son parcours, mais ce que femme veut…
Depuis son retour à Lima, elle était membre des Second Chances. Et bien que sa présence au sein de la chorale restait relative tant on ne lui accordait aucun crédit – elle était en partie responsable, son implication restait sommaire malgré les efforts qu’elle tentait de faire –, elle avait gardé des notions de solfège et s’amusait toujours des exercices de préparation qu’elle s’astreignait à pratiquer pour s’échauffer les mâchoires avant les représentations du Glee Club de Cassandra. Simplement face à Peter, CJ n’était pas sûre d’être légitime et lorsqu’elle croisa son regard suppliant, elle hésita un moment, ses longs doigts triturant le bout de ses ongles peints en chocolat cette fois-ci. Puis se calant sur le rythme, elle entama le refrain.

« Let it snow, let it snow, let it snow, let it snow
Don't care it' s cold outside
Let it snow, let it snow, let it snow, let it snow
I'll keep you warm tonight. »


Dans l’intimité de l’appartement, sa voix lui parut criarde, presque tremblotante et elle préféra baisser la tête pour cacher la gêne qui commençait à colorer ses pommettes saillantes. Ce coup-ci, ce n’était pas Peter qui rougissait, mais Caitlin. Emprisonnant sa lèvre inférieure avec ses dents, elle songea à se taire, sauf qu’elle était venue pour prouver à Peter qu’il était inutile de cacher un talent aussi flagrant que le sien, alors si elle se terrait dans le silence, elle était persuadée que toute son argumentation partirait en fumée. Sous ses airs angéliques et sa douceur innée, Caitlin Joy Rosenberg était une jeune femme digne et déterminée, jamais elle ne laisserait l’occasion au médecin de se défiler aussi facilement, lui offrant une issue vers la dérobade. Elle devait prendre sur elle pour mieux le contraindre à enfin admettre qu’il avait vraiment quelque chose de spécial et qu’il avait sa place chez les Awesome Voices – bien qu’en le regardant, elle détectait le potentiel Second Chance qui émanait de lui. Retenant sa respiration une seconde, elle releva le menton et reprit avec un peu plus d’assurance, faisant un pas de côté pour contourner l’instrument et se poster sur la gauche de Peter qui l’accompagnait.

« Through the good times and bad
Happy and sad
I'm still holding on
I know what I have
And all that I want is Christmas Eve with you. »


Comme lors de la soirée d’Halloween, Caitlin se courba sur le piano et s’accouda sur le couvercle fermé. À ce moment-là, elle aurait dû continuer à chanter, mais au lieu de quoi, elle fronça ses sourcils qui se rejoignirent. Les joues toujours colorées d’une nuance rose très clair, elle tenta de trouver un peu de fraîcheur en effleurant son visage avec ses doigts, en vain. Et de sa voix parlée, elle dit enfin :
« Vous êtes sûr de vouloir rejoindre les Awesome Voices ? » Elle tourna la tête vers Peter, glissa ses mains sous son propre menton en souriant très discrètement, ses pupilles opérant un mouvement de pendule entre l’œil gauche et l’œil droit du jeune homme « Les Second Chances manquent d’hommes. Il y a bien Larry Faithorn mais je ne crois pas qu’il soit véritablement concerné par tout ce qui se passe au sein de la chorale. Qui devient une chorale féminine d’ailleurs et vous savez, les femmes entre elles… » C’était l’unique fois depuis des mois que Caitlin disant tout haut ce qu’elle pensait de la direction que prenait sa chorale et des accents marqués de tristesse transperçait dans son ton, comme si elle cherchait un peu de soutien auprès de quelqu’un qu’elle savait neutre ; pour l’instant en tout cas. Offrant un dernier coup d’œil à Peter, elle détourna le regard en clignant des paupières, concentrant son attention sur ses mains qu’elle reposa sur le piano pour mieux triturer de nouveau ses ongles et elle lança tout bas « Pardon, je m’égare. Où est-ce qu’on en était ? »
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Sam 15 Fév - 0:55

Peter mentirait certainement s'il disait qu'il n'avait pas attendu cette soirée avec une certaine impatience. Caitlin avait le don de toujours le faire sourire, un plus selon le neurologue, et, depuis la soirée d'Halloween pour être honnête, il avait hâte de l'entendre de nouveau chanter. Leur duo improvisé lui avait grandement plu et derrière ses joues rouges et sa timidité maladive, le médecin s'était dit que chanter devait toujours être aussi amusant et quelque part aussi... confortable. Peut être que ce qu'il disait n'avait absolument aucun sens mais tant pis, s'il chantait au départ c'était bien pour s'évader et pour oublier tous les petits soucis du quotidien, pour devenir quelqu'un d'autre, pour rêver. Oui, certains chantaient, d'autres dessinaient, lui Peter s'installait derrière son piano, avec souvent Summer sur les genoux, et il chantait. Il apprenait sa fille à lire correctement les notes et identifier les différents sons que pouvaient produire un piano, la jeune fille avaient énormément de progrès au fil des années et si au début elle se contentait juste d'appuyer sur les touches pour faire sourire bêtement son père, désormais, elle se concentrait vraiment et Peter était plus que content d'avoir réussi à transmettre cette passion à sa petite fille et il attendait avec une certaine impatience le moment où Summer lui dirait qu'elle voudrait prendre des cours de chant. Les parents de Peter n'avaient jamais pris le temps d'encourager le hobby de leur fils, c'était bien la seule chose que le neurologue pouvait reprocher à Mr et Mrs Grayson qui faisaient parti de ces gens aux moeurs bien américaines si on pouvait dire... Comment expliquer son père qui était un grand passionné de baseball et de bières qu'il voulait prendre des leçons de piano ou même apprendre à chanter juste? Ou même sa mère qui était beaucoup trop occupée à rédiger les différents bulletins de la paroisse... Bref, Grayson ne rimait pas forcément avec musique et rien, absolument rien, aurait pu présager le fait que Caitlin se retrouve ici ce soir, chez le médecin, prenant la suite de la chanson. Et très franchement, même s'il ne s'y connaissait pas du tout en matière de musique, Peter trouvait qu'elle avait une voix superbe. Et tant pis s'il n'était pas objectif, il avait tout de même remarquer la légère hésitation de la jeune femme, mais franchement, qui était-il pour lui en tenir rigueur? Le plus grand timide de la terre ce soir c'était lui et certainement pas elle. Il continua de jouer, la voix de Caitlin accompagnant parfaitement les différentes touches du piano. Et Peter se remit lui même à chanter, sans vraiment le réaliser, concentré sur les différentes notes qu'il avait en face de lui, son regard voyageant entre les touches et la partition.

Il fut plus que dérouté lorsque Caitlin arrêta de chanter et il en fit de même, se tournant vers elle, les sourcils froncés. Avait-il massacré le morceau à ce point là? Il était prêt à aller se cacher au fin fond de sa chambre et ne plus jamais ressortir, enfin si, probablement pour manger un bol de Lucky Charms et oui il mangeait des céréales pour enfant quand il était nerveux, que personne ne le juge... Il ne s'attendait certainement pas à la voir rougir, cela eut le don de faire sourire Peter mais il ne pouvait pas lui en tenir rigueur... Surtout qu'il ne savait pas dans quel état était ses joues à lui... (Et cela serait très certainement bizarre de se tâter les joues devant Caitlin là tout de suite...) Il haussa un sourcil à sa question, pour être honnête, il n'avait jamais considéré cette option. Il ne savait absolument rien des Awesome Voices ou même des Second Chances, les seuls représentants de ses chorales respectives qu'il avait rencontré était Wyatt et Caitlin... Et même si chanter avec la brune lui plaisait (peut être même un peu trop), il avait un compte personnel à régler avec le gynécologue, non pas que ce soit le genre de Peter de directement le confronter, loin de là. Il s'apprêtait à dire quelque chose, s'excuser même, avant de remarquer l'expression qu'abordait à présent la professeur de dessin, il avait l'habitude de la voir avec un sourire aux lèvres. Il se sentit d'abord coupable puis gêné, pas de doute, ils devaient changer de sujet de conversation et le plus vite possible. "Non ne vous excusez pas... Peut être qu'on pourrait arrêter et reprendre plus tard?" Ceci étant dit, Peter se leva, croisant les bras sur sa poitrine.  "Je veux dire... Les seules conversations que nous avons eu pour l'instant concernaient de près ou de loin les chorales ou alors Summer... Ma fille n'est pas là pour le moment et je ne crois pas que le piano soit sur le point de disparaître." Il eut un léger rire à la fin de sa phrase, un petit rire nerveux pour cacher le fait qu'il ne savait pas vraiment ce qu'il était en train de dire. Eh oui mon cher Pete, à part les chorales et ta fille, qu'est-ce qu'il te reste donc comme sujet de conversation? Tu vas devoir improviser. Et comment dire ça de façon très polie... L'improvisation n'était pas vraiment son fort. Il plaqua son éternel sourire sur son visage parcourant rapidement le salon du regard.

"Vous avez déjà mangé?" demanda t-il abruptement et sans vraiment articuler, le reste de son discours n'avait pas vraiment de sens et peut être qu'il rougissait encore mais Peter se disait qu'il devait dire ce qu'il avait en tête avant de tout simplement le regretter. "La seule chose décente que je sais faire sont des cookies mais on doit bien avoir quelques restes ou sinon, nous pourrions commander quelque chose à manger... " Comment expliquer les grands gestes de la main qu'il était en train d'effectuer en ce moment? De la nervosité tout simplement, peut être qu'il venait juste d'avoir la pire idée du siècle et que Caitlin voudrait tout simplement récupérer sa guitare et rentrer chez elle... Peut être.
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Mer 19 Fév - 16:29

Caitin eut un rire discret à l'instant où Peter lui dit que leurs discussions tournaient souvent autour de Summer et des chorales. Il n'avait pas tort, et tout naturellement, sentant une pointe de quelque chose percer dans la voix posée du neurologue – du regret peut-être, elle ne réussissait pas à mettre le doigt sur ce qui altérait exactement son élocution –, la jeune femme s'en voulut d'être aussi peu intéressante et de ne pas être capable de renouveler leurs sujets de conversations. Qui plus est, il devenait de plus en plus délicat de disserter sur tout et n'importe quoi car Peter et ses rougeurs incessantes commençaient à légèrement indisposer son invitée au point qu'elle se remit en question. Elle ne faisait rien pourtant qui méritait que l'on rougisse, elle ne faisait qu'agir comme elle le faisait chaque fois. Une part de doute venue de nulle part s'empara d'elle. Est-ce que Peter était comme ça avec tout le monde ou lui envoyait-elle des signaux inconscients qui le faisaient se comporter de cette étrange manière ?

Dans le monde de Caitlin, il n'y avait pas de place pour la séduction. C’était en partie à cause de cela qu’elle ne réussissait pas à s’intégrer au sein de la nouvelle direction prise par la chorale des Second Chances. Joanna voulait que ses petites protégées deviennent des femmes fatales, à l’image des talentueuses danseuses dont elle leur parlait sans arrêt et qui avaient été leur source d’inspiration pour le clip promotionnel qu’elles avaient tourné quelques semaines plus tôt ; à savoir, les Pussycat Dolls. Candide, mais pas ignorante pour autant, Caitlin s’était dit qu’avec un nom pareil, elle était suffisamment renseignée sur leur art et que pour la première fois de sa vie, elle ne céderait pas à la curiosité excessive qui l’animait depuis sa plus tendre enfance. Cependant, avec la complicité de certains de ses élèves, elle avait habilement eu accès à toute leur discographie, histoire de ne pas mourir idiote. Les paroles de leur chanson suffirent donc largement à assouvir le besoin qu’elle avait ressenti d’être avisée de l’image que les Second Chances refléteraient une fois le clip publicitaire diffusé. Et un soupir de dépit s’était échappé de ses lèvres.
Caitlin était une belle femme, avec certains atouts qu’elle avait appris à apprécier à leur juste valeur, mais elle n’était pas fatale. Peut-être un peu sexy, toutes les femmes l’étaient à leur manière. Elle ne se servait pas de son physique pour obtenir ce qu’elle désirait loin de là et si elle souriait, si elle se montrait chaleureuse, voire parfois tactile avec son entourage proche comme moins proche, c'était tout à fait désintéressé. On lui avait appris très tôt qu’une pression sur une main, qu’une caresse dans les cheveux ou qu’un sourire bienveillant pouvait apaiser la détresse d’autrui plus vite que n’importe quel médicament. C’était un peu naïf comme conception des choses, mais jusqu’à présent, elle avait eu le loisir de constater à de nombreuses reprises que sa mère avait raison quand elle lui disait que le don de soi finissait toujours par payer. La plus belle récompense que des gens généreux comme eux pouvaient recevoir, c’était une étreinte de la personne prise dans les filets de l’adversité qu’ils avaient eu à cœur d’aider – des câlins de remerciements, Caitlin en avait reçu quelques-uns depuis ces dernières années. Alors on pouvait bien se moquer d’elle et de sa délicieuse naïveté, Joanna pouvait même essayer de profiter de sa profession pour faire naître chez les hommes de Lima des pensées impures, c’était toutefois tout à l'honneur de CJ de garder cette innocence innée qui en aucun cas ne la faisait souffrir ou la mettait dans l’embarras. Elle n’était pas travaillée, absolument pas jouée ; la candeur de la brune était comme son talent pour le dessin, elle était innée. Et quand, s’apercevant enfin de l’ambiguïté de la situation, les rouages de son cerveau d’adulte s’enclenchèrent et elle analysa la scène se jouant actuellement. De fait, elle écarquilla brusquement ses grands yeux bruns.

Courbée sur le piano, les yeux plongés dans ceux de Peter, elle trouva soudain sa position trop incorrecte et se releva rapidement. Si rapidement d’ailleurs qu’elle se froissa un nerf au niveau des cervicales et qu’un gémissement de douleur échappa à son attention. La main sur sa nuque, elle serra les dents et très mal à l’aise, elle fit un pas de côté pour s’éloigner de Peter qui lui demandait si elle avait mangé. Elle lui lança un regard par-dessous ses longs cils, se massant au niveau de sa douleur traître et tandis qu’il continuait sur sa lancée, elle se ranima pour lui dire :
« Ce n’est pas une bonne idée ! » Elle avait presque hurlé. Son élancement ses réveilla en même temps et c'est en fronçant les sourcils qu'elle poussa une autre complainte. Caitlin ferma les yeux et ajouta précipitamment, le haut de sa poitrine se soulevant au rythme de la profonde inspiration qu’elle s’accorda « Vous êtes très doué, Peter. Vous savez chanter et je… vous me rendez nerveuse. » Se tenant raide comme un piquet, le cou douloureux, elle attrapa son manteau sur le sofa et l'enfila sans attendre. Relevant avec un temps de retard le double sens de ses paroles, elle se hâta de poursuivre en tournant la tête vers lui ; sa nuque la rappela à l’ordre « Pas dans ce sens-là ! Je veux dire que vous êtes si… que vous me… » Elle s’enfonçait. Se pencha abruptement pour récupérer son écharpe qu’elle enroula dans de grands gestes désordonnés autour de son cou malmené, elle pinça les lèvres. Ses paupières se mirent à battre fébrilement pendant qu’elle empoignait sa guitare, puis les doigts crispés, elle mit ses mains devant elle, cherchant tant bien que mal à marquer son point « Si j’ai fait quelque chose qui vous a mis mal à l’aise, j’en suis vraiment désolée. Ce n’était pas dans mon intention. » Caitlin évita son regard. Elle fonça alors vers la gauche pour sortir de la pièce mais à peine avait-elle passé l’angle du couloir qu’elle se rendit compte qu’elle avait oublié son sac à main. Serrant les mâchoires, elle ignora le pincement aigu au niveau de sa nuque et pivota sur ses talons pour rebrousser chemin. Et lorsqu’elle apparut dans l’encadrement de la porte, elle posa très brièvement les yeux sur Peter. En avançant vers le sofa, elle murmura d’une voix d’excuse « J’ai oublié mon sac, hum. »
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Ven 28 Fév - 5:16

En tant que neurologue, Peter avait été confronté à quelques spécimens étranges de la nature. Des gens qui n'arrivaient pas à se fondre dans la masse ou que l'on montrait du doigt, quelque part, le docteur qu'il était ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine empathie pour eux, d'autant plus que lui-même était concerné. En dehors des murs de l'hôpital, dans le vrai monde, Pete avait un simple rôle de figurant, même dans sa vraie vie semblait-il. Et mêmes ses interactions avec les autres n'étaient pas bien glorieuses, trop timide, trop réservé, beaucoup trop poli, on lui trouvait facilement tous les défauts du monde et au final, peu de personnes osait l'aborder et ce n'était certainement pas lui qui allait faire le premier pas. Et c'était presque ancré en lui à présent, comme un mécanisme de défense, et il était très bien dans son petit cocon et hors de question de chambouler ses acquis... Pas vrai? Non, ça c'était le Peter d'avant, celui qui vivait toujours dans l'Indiana, il était un homme changé, nouveau et... la réalité était beaucoup plus difficile mais il se disait qu'il faisait des efforts, de gros efforts, ce qui expliquait probablement la présence de Caitlin chez lui. Et est-ce qu'il venait de proposer de cuisiner? Mauvaise idée, déjà qu'en présence de Summer, il ne brillait pas par ses talents culinaires, devant Caitlin les choses seraient autrement compliquées. Peut être qu'il pouvait lui proposer d'allumer le poste de télévision en attendant. Quoi que cela n'était tout à fait correct de laisser son invitée seule dans le salon pendant qu'il cuisinait, il avait déjà vu sa mère le faire plusieurs fois, mais bon, son père restait toujours dans le salon pour offrir différentes anecdotes à ses invités. Et lui, est-ce qu'il en connaissait des anecdotes ou même des histoires marrantes? Voilà pourquoi est-ce que le Grayson ne recevait jamais personne chez lui et voilà pourquoi il disait toujours qu'il possédait autant de spontanéité qu'un poisson hors de l'eau. (Bon certes, métaphore plus qu'alambiquée, mais il était neurologue pas... professeur de littérature). Il venait de lui proposer de rester il y a trente secondes de cela et voilà qu'il se retrouvait déjà à paniquer et en train d'élaborer différents scénarios dans sa tête, tous les scénarios se finissant évidemment mal et avec une Caitlin qui voudrait probablement l'éviter jusqu'à la fin des temps. Pas de doute que Summer lui en voudrait. Mon dieu Summer, elle aurait su quoi faire dans un moment pareil, pas de doute là dessus.

Cependant, rien n'avait préparé Peter à la réaction de Caitlin. Elle n'avait pas répondu à sa question et il était vrai que le blond n'avait même pas considéré le fait qu'elle puisse lui dire non. Et quel non... Il manqua de sursauter au ton de la jeune femme, la regardant avec des yeux grands ouverts. Qu'est-ce qui n'était pas une bonne idée? Manger? Les cookies? Venir chez lui? Il l'avait encore fait pas vrai, il était encore à côté de la plaque et il avait poussé la jeune femme dans ses retranchements sans même s'en rendre compte. Peter se donna une gifle mentale et ouvrit aussitôt la bouche pour formuler des excuses.  "Je..." Il ne put pas terminer sa phrase, fixant Caitlin qui se trouvait à quelques mètres seulement de lui. Est-ce qu'il était en train de rêver? Il devait s'être perdu dans ses pensées encore une fois car ce n'était définitivement pas en train d'arriver. Peter ne comprenait tout simplement pas, de quoi parlait-elle? Lui doué? Certainement pas et... Elle n'allait tout de même pas partir quand même? Peter resta figé sur place pendant une fraction de secondes, assez pour voir Caitlin et ses mèches brunes s'éloigner, le médecin fouillant dans sa mémoire et se repassant la soirée en boucle pour tenter de voir là où il avait outrepassé ses qualités d'hôtes. Et comment pouvait-il rendre une femme comme elle nerveuse? Non, rien ne pouvait atteindre Caitlin, c'était impossible. Il en était là de ses conclusions lorsque son regard se posa sur le sac de la demoiselle qu'elle avait oublié.  "Ne partez pas sans..." Peter ne put vraiment finir sa phrase, dépité au possible, il attrapa simplement le sac de la professeure de dessin, bien déterminé à la rattraper et à lui présenter des excuses. Il ne rougissait plus, non, plus que jamais il s'en voulait et il tenait à rectifier cela. Il n'eut pas besoin d'aller bien loin car Caitlin elle même s'était rendue compte de son oubli et était revenue sur ses pas, le médecin tenait toujours son sac dans ses mains et il fixa la besace pendant une seconde avant que son regard ne trouve celui de la brune.

"Je... Caitlin..." Il n'y arrivait pas, il bloquait encore, parce qu'il se trouvait tout simplement stupide et parce qu'il n'avait pas les mots. Il ne voulait pas la rendre nerveuse, il ne voulait même pas rougir en sa présence dans le fond, elle était l'une des seules personnes dans cette ville qui l'avait toujours encouragé, chorale ou pas chorale d'ailleurs. Elle n'avait pas trouvé sa maladresse déplacée ou même considéré cela comme une tare en plus et elle n'avait même pas été déroutée par l'entrain de Summer... Dans un moment pareil, Peter aurait souhaité pouvoir être quelqu'un d'autre pendant quelques minutes, histoire de parler et de faire comprendre tout ceci à Caitlin. Si seulement sa vie était ... comme une de ses comédies musicales qu'il aimait tant, il n'aurait même pas besoin de parler, il aurait juste besoin de chanter et tous ses problèmes s'envoleraient. À cours d'inspiration, Peter ferma tout simplement les yeux et décida de se jeter à l'eau, prononçant les paroles d'une autre de ses comédies musicales préférées.

"My gift is my song... and this one's for you..."

Sa voix trembla légèrement sur la dernière note mais tant pis, ces mots là n'étaient pas les siens mais ils devraient faire l'affaire pour l'instant. Rouvrant les yeux, Peter prit une profonde inspiration et poursuivit.

"And you can tell everybody that this is your song
It may be quite simple, but now that it's done
I hope you don't mind, I hope you don't mind
That I put down in words...
How wonderful life is, now you're in the world..."
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Lun 3 Mar - 17:20

Pour quelqu’un d’aussi sensible que Caitlin, il était délicat de dissimuler ses sentiments. Elle ne trichait pas souvent, et exigeait d’elle-même d’être la plus sincère possible sans pour autant user de la franchise incisive – blessante, en vérité – d’une Joanna Ellingson. La plupart du temps, elle ne voulait pas heurter l’amour propre de son entourage à travers des vérités pas toujours bonnes à dire, la douceur restant ainsi sa tactique primaire pour exposer son point de vue. Mais il y avait des moments où l’afflux de sentiments était si intense qu’elle perdait pied. Caitlin n’était qu’une humaine, pleine d’incertitudes et de contradictions, elle finissait donc par faire ce que tout être sensé faisait quand il était pris au piège ; elle craquait.
Si CJ était l’illustration parfaite de la bienséance chaque jour de sa vie, quand l’imprévu se présentait à elle, sa voix montait dans les aigus et son visage se parcheminait de plaques réactives qui ne passaient pas inaperçues. Elle pouvait facilement garder son calme face à Cassandra et même face à Joanna, parce qu’elles diffusaient toutes les deux à leurs façons un petit quelque chose d’impressionnant qui exigeait qu’elle reste dans ses petits souliers – elle avait peur d’elles, quelque part. Mais c’était nettement différent avec Peter. Lui, il ne lui faisait pas peur – c’était elle qui semblait lui faire peur. Il la forçait à se montrer plus expressive, plus enthousiaste et extravertie encore que d’ordinaire car il fallait qu’elle comble la gêne permanente, celle qui semblait le ronger à chaque mot qu’elle prononçait. C’était désagréable. La jeune femme avait la sensation d’être une sorte de monstre, un individu intransigeant qui implicitement obligeait ses interlocuteurs à baisser la tête au moment où ils voulaient s’adresser à elle ; elle avait l’impression d’être Cassandra et Joanna. Et si elle se serait sentie flattée d’avoir l’étoffe d’une Hamilton dans le passé, à la vue des récents évènements et de la façon dont l’aînée du pasteur l’avait traitée, elle estima qu’il s’agissait là d’un des pires affronts qu’on ne lui avait jamais fait.

Elle avait perdu ses moyens. C’était ce qui s’était passé à l’instant où le parfum du quiproquo se fraya un chemin au milieu du salon bien décoré de Peter, diffusant son fumet nauséabond dans toute la pièce. Il y avait méprise entre les deux choristes, et ça ne s’arrangea pas  le moins du monde lorsque celle des Second Chances tenta d’écouter leur petite séance de répétitions d’une façon aussi brusque que surprenante. Ça devait être aussi troublant pour Peter que pour elle d’être confronté à un retournement de situation pareil. Pourtant, Caitlin prit le partie de faire preuve d’un peu d’égoïsme pour une fois, et de ne pas s’en inquiéter pour filer à l’anglaise… Sans son sac.
Une fois dans le couloir, elle s’aperçut de son oubli. Ses rougeurs désagréables lui montaient dans le cou, agrandissant le malaise manifeste qui l’avait forcé à prendre la fuite, et pendant un instant, testant le bon fonctionnement de sa nuque douloureuse en la tordant de tous les côtés telle une danseuse se préparant à entrer en scène, elle nourrit la possibilité de partir sans ses affaires. Cependant, son trousseau de clefs était à l’intérieur, comme ses papiers d’identité, ça impliquerait logiquement un retour prématuré chez le médecin pour les récupérer. Elle n’avait pas le choix, elle devait rebrousser chemin.

CJ se surprit à prier, avec une foi réelle, semblable à celle qui l’avait animé autrefois. Implorante, elle demanda à Dieu s’il pouvait faire en sorte que le docteur ne la retienne pas, passant un marché secret avec le seigneur en lui promettant de participer à la vente de gâteau de la paroisse s’il consentait à exaucer son souhait. Comme elle le redoutait, et malgré ses efforts, il n’entendit pas ses prières – peut-être était-il en colère qu’elle ne le sollicite plus autant qu’avant, elle ne se posa pas réellement la question, mais n’envisagea par de lui pardonner néanmoins –, car la première chose que fit Peter lorsqu’elle dépassa le seuil du salon, ce fut d’ouvrir la bouche pour… Pour quoi, d’ailleurs ?
Se raidissant vivement, la brune lui lança un regard à la dérobée sans savoir quoi ajouter ; elle s’était déjà excusée de l’avoir potentiellement gênée, elle ne pouvait rien faire d’autre si ce n’était réitérer son geste. C’est ce qu’elle se prépara à faire. Peter, seulement, en avait décidé autrement.

« Oh mon dieu. » murmura-t-elle en plongeant rapidement son regard dans la contemplation de ses chaussures coquelicot. Pourquoi se sentit-il obligé d’agir comme le héros d’une comédie romantique ? Encadrant son visage avec ses deux mains moites, Caitlin se mordit la lèvre, ses plaques réactives prenant de l’ampleur sur son front et ses pommettes. Elle ne voulait pas paraître désagréable mais c’était ridicule. Les larmes lui montèrent aux yeux ; pas parce qu’elle était émue, mais bel et bien parce que cette fois, elle avait honte pour Peter.
Prenant une décision à la va-vite, elle releva brusquement le menton, et dans un sourire qui se voulait rassurant, mais qui était en réalité le plus nerveux qu’elle n’ait jamais ébauché, Caitlin lui dit « Bonne chance pour votre audition ! » Une certaine détermination perça dans son ton, mais ses yeux brillaient de larmes et pour ne pas indisposer davantage son interlocuteur, elle les détourna. Aussi, elle voulut lui tapoter l’épaule du bout des doigts, sauf qu’elle se souvenait des raisons pour lesquelles elle était si embarrassée. Au dernier moment, elle esquiva son propre geste en passant une main dans ses cheveux à la façon d’un rockeur prétentieux qui replace ses mèches graisseuses avec un peigne à dents rapprochées, et tandis qu’un ange passait, elle se ranima pour prendre son sac, réajusta sa guitare sur son épaule, et fonçant tête baissée dans le couloir, Caitlin quitta la pièce.
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MessageSujet: Re: 03. [Grayson's] A Christmas miracle?   Sam 15 Mar - 22:50

Peter Grayson ne vivait pas dans la réalité.

Non, vraiment, il vivait dans un autre univers tout simplement parce que la réalité et ses règles et ses conventions, ce n'était pas fait pour lui. Peter était tout simplement perdu et ce en permanence, que ce soit chez lui, à l'hôpital ou même... N'importe quel endroit, n'importe quelle situation et vous pouviez être certain qu'il serait là avec sa maladresse habituelle et ce rouge si particulier aux joues. On ne pouvait pas lui reprocher de ne pas essayer car c'était complètement faux, c'était même tout le contraire, il essayait en permanence de se fondre dans la masse et de paraître le plus discret et le plus effacé possible. Il n'y avait eu personne pour lui dire qu'il était important d'être original ou même différent et qu'il avait le droit d'avoir un avis, de tout simplement parler, s'exprimer. Il avait 29 ans à présent et peut être que cette leçon là arrivait trop tard, bien trop tard pour le blond qui se disait bien souvent que se taire restait tout de même la solution à la plupart de ses problèmes et qui s'excusait toujours des petits écarts de Summer. Summer qui se contentait seulement de vivre et qui était sûrement mieux placée que quiconque pour expliquer toutes ces choses-là à son père. Lui dire que la vie n'était pas un film tout simplement et encore moins une comédie musicale. Peut être que Peter se serait senti plus à l'aise sur scène ou même dans une de ces nombreuses adaptations, et qu'il aurait pu être narrateur et rêveur à la fois. Il ne savait même pas, il savait juste qu'en général, dans ce genre de films qu'il affectionnait tant, une chanson était suffisante pour que tout rentre dans l'ordre. Et très franchement, il n'avait pas envie que Caitlin quitte son appartement, surtout qu'il ne savait même pas où tout avait dérapé.

Est-ce qu'il aurait du tout simplement continuer à chanter en faisant comme si de rien était? Ou alors qu'il s'était trompé sur toute la ligne, que Caitlin ne lui faisait qu'une faveur et qu'elle était vraiment désolée pour le cas Grayson. Elle devait très certainement avoir quelque chose de plus intéressant à faire de sa soirée, on devait l'attendre ailleurs et elle venait de réaliser en quelques secondes que oui, Peter une cause perdue et qu'il n'y avait personne pour le sauver. Non, pas celui-ci, définitivement pas celui-ci. Alors quoi? Il était censé la laisser partir sans rien dire, non, il avait fait la seule chose qui lui paraissait être utile dans ce genre de situation et il avait chanté. Ces mots là n'étaient pas les siens et tant pis, qu'on le pardonne s'il avait chanté faux, il avait ... essayé pas vrai? C'était ce qu'il se disait, le souffle court, fixant Caitlin. Il attendait le pire vraiment, qu'elle éclate de rire en lui disant de se réveiller et de réaliser que ses propos étaient tout à fait déplacés...La réalité encore une fois s'avéra plus affreuse dans un sens, elle lui souhaita bonne chance mais il se sentait loin d'être chanceux à cet instant, il se sentait terriblement ridicule et pathétique dans un certain sens et l'accolade manquée de Caitlin lui donna encore plus ce sentiment. Non, ne surtout pas le toucher, la nullité ou ses autres homologues devaient bien être contagieux alors non, ne surtout pas le toucher, les choses étaient bien mieux ainsi. Aussi, Peter ne répondit pas sur le coup, n'ayant même aucune réaction alors qu'enfin, Caitlin quittait son appartement, le bruit plus que caractéristique de sa porte d'entrée lui parvenant enfin.  

"Merci."  murmura enfin le médecin. Il fixa pendant quelques secondes l'endroit où Caitlin s'était tenue avant de pousser un soupir et de porter son regard sur le piano. Que s'était-il passé? Il ne savait pas trop, en quelques minutes tout avait dérapé. Il poussa un autre soupir avant d'ôter le bonnet qui était encore posé sur ses mèches blondes,l'appartement semblant encore plus vide sans Caitlin et surtout sans Summer. Summer, il songea un instant à la petite fille, se demander s'il devait lui raconter cette soirée ratée ou pas, elle aurait beaucoup trop de questions auxquelles il ne pourrait répondre. Il ne pourrait pas lui dire pourquoi la professeure de dessin était parti et pourquoi il ne jouerait plus de piano pendant un bon moment. Ce qu'il pouvait faire en attendant? Sourire comme à son habitude.


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