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 03. Audition de Tate Bartowski

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TATE ► don't play the odds, play the man
Age : 31 ans
Occupation : Avocat de la défense auprès d’une firme située à Columbus, et lecteur de droit à l’OSU. Collaborateur d’Ecaterina Robertson. Choriste/musicien chez les Awesome Voices.
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MessageSujet: 03. Audition de Tate Bartowski   Jeu 12 Déc - 19:37



I HATE THESE BLURRED LINES

Tate n’avait jamais réellement abandonné son amour de la musique. Ç’aurait été ignoré une partie trop importante de lui-même qu’aucun génie de la dénégation n’aurait été capable de camoufler. Cependant, il lui avait malgré tout tourné le dos à l’issue d’un concours de nouveaux talents diffusé à l’échelle nationale une dizaine d’années plus tôt. Expulsé de la compétition avec un ego brisé, une pression maternelle un peu trop efficace, il s’était persuadé qu’à défaut de ne pas être assez bon, le monde n’était tout simplement pas prêt à accueillir son talent indiscutable et avait révisé ses ambitions à la baisse.
Lima était une ville sans grand intérêt à ses yeux. Trop calme, trop insipide. Elle manquait cruellement de charme et d’une dynamique indispensable à son quotidien—sans doute parce qu’il n’avait presque tissé aucune affinité avec ses habitants; mais cette éventualité n’avait pas même effleuré son esprit borné. S’il existait un problème ce n’était pas lui, c’était Lima, un point c’est tout. C’est pourquoi il avait préféré s’installer dans la commune voisine, héritant d’une voisine singulièrement déplaisante et manquant conséquemment toutes les informations liées aux chorales locales. Autrement dit, toutes occasions de raviver une flamme d’intérêt pour un Ohio qui, jusqu’à présent, s’était révélé décevant.
C’est Wyatt Pillsbury—aka McDreamy— qui l’avait subtilement hameçonné quelques jours plus tôt. L’obstétricien se révélait décidément plein de surprises et Tate se félicitait de plus en plus régulièrement d’avoir porté leurs rapports en bonnes faveurs—omettant volontairement tout le hasard qui avait provoqué leur première rencontre et toute l’illégalité qui avait amené la seconde. Il l’avait interrogé un peu plus sur cette fameuse compétition des chorales qui lui avait manifestement échappé depuis son arrivée à Lima, se composant un masque désintéressé, presque indifférent, pour ne pas avoir à s’avancer trop vite sur une pente inconnue. Tate était pragmatique, calculateur. Après tout, rien ne lui prouvait que ces chorales—et notamment ces Awesome Voices dont Wyatt lui faisait l’éloge— détenait un réel talent. Tate n’avait aucune envie de rejoindre une troupe d’amateurs et puis, entre nous : quel était l’humble personnage à avoir décidé de nommer sa chorale, les Awesome Voices, hein ?
Particulièrement occupé par ses différentes obligations, la question des chorales avait été reléguée au second plan dans les jours qui suivirent. Du moins, jusqu’à ce que Wyatt prenne l’innocente initiative de lui envoyer un flyer par e-mail. Tate avait ostensiblement roulé des yeux devant son écran d’ordinateur, plus amusé qu’il ne le laissait paraître, avant de se décider à mener quelques recherches approfondies sur ces Awesome Voices. Déterminé à savoir si la chorale héritait son nom d’une prétention inappropriée, ou d’un talent certifié, il s’était lancé à l’assaut de Youtube pour visionner quelques-unes de leurs performances les plus récentes. Bientôt, il avait découvert les décors du piano-bars où performait Wyatt en compagnie d’une jolie brune et d’une blonde dont ile ne parvenait (heureusement) pas à deviner les traits à cause des gestes enthousiastes du caméraman. Allant de vidéos en vidéos, un sourire s’était glissé sur ses lèvres lorsqu’il avait reconnu le minois de Megan Morgan. Mademoiselle ‘je-n’-ai-besoin-de-personne-pour-réussir’ qui avait défrayé la presse à scandales quelques années plus tôt. Il avait pensivement refermé son ordinateur, pianotant distraitement sur son bureau. À demi-convaincu, il avait rapidement déchanté en découvrant la liste des chansons imposées pour les auditions. Good lord

Tate n’aimait pas Robin Thicke. « L’artiste » qu’il était confondait bien trop souvent classe et indécence, manquait cruellement de glamour et misait toute sa campagne de publicité sur la superficialité de ses clips pour réussir. Malheureusement, comme une majorité de la population américaine était à peu près tout aussi hormonée qu’une gamine de douze ans, ses ‘tubes’ avaient remporté un succès largement surestimé au cours des cinq dernières années. Tate regrettait le temps où l’on trouvait un potentiel sexy  chez Etta James ; une ballade amoureuse dans le répertoire de Chet Baker. À défaut de pouvoir interpréter l’un de ses titres préférés, Tate avait apporté quelques arrangements à la mélodie de ‘Blurred Lines’, dénotant un style jazz insoupçonné qui se marierait idéalement à son timbre de voix grave.

Lorsqu’il entra dans la salle d’auditions d’une démarche de conquérant, vêtu d’un costume gris clair soulignant délicatement sa silhouette, Tate était prêt. Il s’était accompagné d’un guitariste, ne maîtrisant absolument pas cet instrument et, se plaça derrière le micro dont il prit le temps de régler la hauteur. “Tate Bartowski, pour votre divertissement” se présenta-t-il d’une voix aux accents suaves. La main gauche serrée autour du pommeau de sa canne, il donna son feu vert au guitariste qui ne tarda pas à suivre les instructions qu’il lui avait donné une demi-heure plus tôt. “If you can’t hear, what I’m trying to say. If you can’t read from the same page. Maybe I’m going deaf, maybe I’m going blind, maybe I’m out of my mind” entama-t-il, sans esquisser le moindre geste pour s’approcher des quelques membres de la chorale qui assistaient à sa performance dans un silence religieux. Tate ne croyait pas en ‘l’investissement de la scène’. Occuper l’espace dans une série de mouvements plus souvent aléatoires que réellement chorégraphiés le laissait pantois et profondément indifférent. Non, pour lui il s’agissait d’attitude et de charisme. Deux choses dont il ne manquait certainement pas, pour les avoir cultivé des son plus jeune âge. Il n’avait aucune envie d’impressionner son audience en se déhanchant bêtement sur une scène comme celle-ci. Non, s’il devait marquer les esprits, se serait par son timbre de voix profond, grave et malléable. Il s’autorisait parfois quelques gestes autour du micro, comme n’importe quel autre artiste le ferait—on ne pouvait décidément pas rester complètement immobile en chantant, ç’aurait été grotesque d’essayer! “What do they make dreams for, when you got them jeans on, what do we need steam for. You’re the hottest b*tch in this place”. Le regard soudainement planté dans celui de la directrice, il arqua innocemment un sourcil et sa voix toucha un sommet avant de redescendre harmonieusement, dans un vibrato savamment mesuré.
Lorsque sa chanson toucha à sa fin, le guitariste qui l’accompagnait s’enflamma soudainement dans une conclusion improvisée qui déplût énormément au principal concerné. “Please stop. You're embarrassing yourself.” le matraqua-t-il d’un ton aussi sec que son regard pouvait être froid. Sans adresser un coup d’œil à l’audience présente, il leur adressa un vague geste de la main avant de quitter les lieux en faisant tournoyer sa canne entre ses doigts.






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