Choriste du mois


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 03. Teenage nightmare

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MessageSujet: 03. Teenage nightmare   Sam 14 Déc - 0:30

Ce boulot était nul. Ce devait être la cinquantième fois - au moins - que cette pensée traversait l'esprit de la jeune fille, qui s'obstinait pourtant à se le répéter. Cela ne rendrait pas le pliage minutieux et le rangement plus agréable et ne servait qu'à lui faire prendre douloureusement conscience du temps qui s'écoulait si lentement. Si elle avait mis un peu du sien, Kara aurait peut-être pu s'occuper suffisamment pour que les heures de travail passent plus rapidement. Mais c'était une ado des plus typiques et mettre de la bonne volonté dans une tâche aussi ingrate que celle de vendeuse eut été impensable. Pourtant, elle profitait sans rechigner de la réduction qu'offrait la marque à ses employés et arborait fièrement un jean Levis flambant neuf, sans réaliser l'ironie qui consistait à renflouer les caisses du magasin avec l'argent gagné en y trimant quelques heures par semaine. C'était bien là son seul salut, les quelques lois qui régissaient encore le travail des mineurs aux Etats-Unis et qui lui permettaient d'empocher quelques jolis billets verts sans trop avoir à en faire. Pour la énième fois depuis qu'elle avait quitté l'entraînement pour se rendre au centre commercial, la demoiselle soupira. Sa supérieure lui lança un regard courroucé depuis la caisse, où elle ne fichait d'ailleurs strictement rien. Oh bien sûr, elle avait un cahier plein de chiffres et de colonnes, froncer les sourcils d'un air grave et passait des coups de téléphone, mais K était intimement persuadée que ce n'était que mensonge. Qui commande encore quoique ce soit par téléphone en 2017? Les problèmes se règlent par e-mail, c'est bien connu. Et quand bien même un appel serait nécessaire, pourquoi utiliser un fixe? Franchement, ce n'était pas le XX° siècle. Un nouveau soupir. Son tyran en chemisier la fixa de nouveaux de ses yeux d'animal sauvage et lui désigna du menton deux clientes, qui ne faisaient que s'ajouter à la masse. La moitié de la ville avait visiblement décidée de s'agglutiner dans ces petites boutiques. L'employée pas tout à fait modèle plia donc un dernier jean à la va vite puis se dirigea vers les nouvelles venues. Il fallait bien gagner sa croûte.

Contenant un énième soupir, K afficha son sourire le plus commercial et sa mine la plus joviale. Elle avança d'un pas léger vers les deux jeunes femmes, qui basculaient du côté grassouillet de la balance. La Cheerio rejeta sa jolie chevelure en arrière et prit une pose plus affirmée pour lancer le fameux « Je peux vous aider Mesdames? » Elle brûlait d'envie que les intéressées lui répondent par un tout aussi cliché "on ne fait que regarder." Mais elle n'eut pas cette chance et la plus grosse des deux, qui arborerait un blond décoloré qui ne l'arrangeait guère, demanda « Ah oui, je voudrais faire un cadeau à ma fille, pour Noël vous voyez. » Sans rire? Je croyais pour Pâques. Inspiration. Sourire. Hochement de tête. « Je voudrais quelque chose de basique mais de solide et un peu chic, qu'elle pourra mettre longtemps. » Un jean quoi. Elle maintint néanmoins son sourire factice mais étrangement efficace et répondit de cette voix quelque peu rocailleuse qui donnait un peu de chaleur à son imperceptible mépris « Et bien, une de nos valeurs sûres est le 501, qui existe en plusieurs modèles différents... Hum, pouvez-vous me décrire un peu votre fille, que je sache ce qui lui irait le mieux? » Subtile Sparks, subtile. La deuxième baleine hors de l'eau tiqua légèrement mas la mère de famille répondit, imperturbable et avec un fier sourire « Oh ben, elle nous ressemble un peu. C'est sa tante. » Ce n'était vraiment pas une précision nécessaire, elle n'avait pas besoin de l'arbre généalogique complet pour vendre un jean. « On est pas des maigrichonnes dans la famille si c'est ça que vous voulez dire ! » surenchérit la tante en question. Kara avait fait cette déduction d'elle-même mais garda toute réflexion pour elle, se contentant d'hocher passivement la tête et de diriger les clientes vers un portant « Je vous suggère donc la coupe boyfriend, qui sierra à son profil, sans nul doute aussi charmant que rebondi. Je vais vous laisser réfléchir, n'hésitez pas si vous avez besoin d'aide. » Sur un dernier sourire hypocrite, elle s'esquiva gracieusement, avant que l'une de ces deux abruties gorgées de Dieu sait quoi ne comprenne l'insulte à peine voilée.

Relativement fière de sa répartie, la petite K s'apprêta à s'adonner à son activité favorite, à savoir faire mine de ranger des cartons dans l'arrière boutique jusqu'à ce qu'il soit l'heure de rentrer. Généralement, elle se planquait derrière une étagère, après avoir déballer quelques fringues à la vitesse d'un escargot qui aurait abusé des somnifères de sa soeur, et explosait ses scores à Candy Crush. L'apothéose de l'employée inutile payée à ne strictement rien faire. Il était surprenant qu'elle ai encore un travail à ce stade, mais visiblement le peu d'efforts qu'elle fournissait était suffisant pour faire illusion. Malheureusement, si sa supérieure se contentait de la regarder de travers et de froncer des sourcils au point de marquer à vie sa ride du lion, son formateur prenait sa mission à coeur. Cet énergumène pétri de bonne humeur avait passé des semaines à veiller sur ses faits et gestes et à lui apprendre les gestes du métier, comme s'il nécessitait un savoir faire et ne pouvait être exercé par une dinde décérébrée. Ou une adolescente désabusée et casse-pieds. Kara n'admettrait bien sûr jamais que c'était un travail usant, du moins quand il était fait à plein temps et de façon un tant soit peu investie ou que cette profession réclamait un véritable sens du contact et, surtout, un contrôle de soi à toute épreuve. Littéralement, en cette période de fêtes. Les enceintes l'enjoignaient à se lancer dans un rock autour du sapin de Noël, mais l'agile demoiselle préféra faire une pirouette autour de celui qui ornait le centre du magasin, histoire d'éviter cette plaie qui se prenait pour une sorte d'incarnation de l'esprit de Noël. Ou de George Michael pour le coup. Néanmoins, elle dut se faufiler entre trois clients, un arbre et un tas de jeans, ce qui causa donc de légers vacillements du côté du conifère. La Cheerio parvint à éviter toute chute d'elle-même ou des boules de Noël, mais il n'était plus question d'échapper à Andrew désormais.

Elle se tourna donc vers lui, croisant résolument les bras sur sa poitrine et abordant sa plus belle moue renfrognée. Immédiatement sur la défensive, ne soupçonnant pas que la rencontre dans cet espace relativement confiné puisse être fortuite ou qu'il veuille lui demander de faire quelque chose, la jeune Sparks s'imagina qu'il allait lui faire des reproches. Infondés, bien entendu. « Quoi? J'ai rien fait tomber hein et j'ai vraiment conseillé la meilleure option à ces dames. » Certes, peut-être pas de la façon la plus délicate ou la plus commerciale possible. Mais il n'était écrit nulle part qu'elle était sensée être un modèle de bonne humeur et de serviabilité digne d'une Cendrillon. Aux yeux de la gamine mal lunée, ce n'était là que les élucubrations d'un pauvre type qui avait passé beaucoup trop de temps à faire un petit job "en attendant" et se retrouvait sans carrière et sans autre but dans la vie que de choisir les vêtements les plus visuellement agressifs et courir sur le haricot des nouvelles recrues. Le charme de l'adolescence.
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MessageSujet: Re: 03. Teenage nightmare   Ven 3 Jan - 13:43

Rouge. Ou bleu. Peut être violet, ça avait le don de trancher, et puis ça change. Non, costume anthracite, regard sévère, cheveux poivre et sel implacablement coiffés en arrière, cachant au passage un calvitie naissante, l'homme n'était sans doute pas du genre à aimer le violet. Et préférerait sans doute le rouge. Ou le postérieur de sa protégée et néanmoins collègue. Andrew attendait là, derrière le quinquagénaire, une cravate rouge dans une main, une bleue dans l'autre, et le soupire au coin des lèvres tandis que son client lorgnait si peu discrètement Kara. Kara qui évidemment rangeait les piles de pulls en soupirant, qui évidemment ne savait pas plier un t-shirt du premier coup, et qui évidemment évitait l'attroupement de vieilles dames enrobées dans du parfum bas-de-gamme et de commentaires acides sur la jeunesse décadente. Les joies du troisième âge. Finalement, ça sera la rouge. Aussi rouge sans doute que l'agacement qui montait aux joues d'Andrew, qui tentait de le contenir à grand peine et renfort d'exercices de respiration. Il avait vu ça un matin sur une chaîne du câble. Une femme filiforme apprenait à d'autres, beaucoup moins filiformes elles, à respirer pour calmer les pulsations cardiaques de leur corps grassouillets. Andrew se voyait donc en body vert et shorty noir, gonflant et dégonflant lentement ses poumons, avant une crise de nerf qui ne tarderait pas.

Vraiment pas.

Le fessier, ferme, on ne pouvait le nier, de Kara, frôla une énième pile de pantalons, en tentant d'éviter trois clients sans doute avides de bonnes affaires et de conseils, et l'énorme sapin qui trônait au centre du magasin. Andrew fourra, tout sourire, les deux cravates dans les mains de son libidineux de client, lâchant au passage "Vous avez le teint pour porter les deux, et en ce moment, pour un article acheté, le second est à moitié prix, profitez en !" et se pressa dans la direction du conifère. L'arbre était un peu sa fierté. Énorme, droit et fier, il occupait le centre du Levis Store, ajoutant une si belle touche de décoration festive au local. Et Andrew en avait passé des heures à le décorer, sous le regard furibond de la patronne, désespéré de Kara. Rouge et or s'enlaçait dans les guirlandes, les boules brillaient et les lumières scintillaient. Noel était là. Et il voyait vaciller son oeuvre à cause de la feignantise de sa collègue ? Il ne pouvait plus tolérer ça. Mais le jeune homme avait toujours été d'humeur charmante, frisant sans doute pour certains l'hypocrisie. Souriant. Conciliant. Patient. Mais pas quand on risquait de faire tomber l'esprit de Noel, Andrew enfilait son costume de Grinch.

« Quoi? J'ai rien fait tomber hein et j'ai vraiment conseillé la meilleure option à ces dames. » Mais de quoi pouvait-elle bien parler ? Finalement, Andrew avait bien plus à faire qu'il ne le pensait. Les boules cessaient leur dangereuse danse au bout des branche du conifère, rassérénant le cœur fragile du jeune homme qui avait frôlé la crise cardiaque. Il avait imaginé la scène d'ici, les éclats de boules de Noel qui se seraient éparpillé un peu partout, Kara obligée de nettoyer, qui aurait passé sa journée à ne faire que ça d'ailleurs, évitant ainsi la corvée que de s'occuper des clients. Et Andrew obligé de courir à travers le magasin pour satisfaire les envies des clients. Le jeune homme ignora d'un geste de la main la réplique de sa protégée et siffla entre ses dents :

"La réserve. Toi. Moi. Tout de suite."

Furibond, il n'attendit aucune réponse de la jeune fille, la propulsant d'un geste dans le dos par devant lui. Il savait que cette défection lui vaudrait une crise de la part de la patronne, mais il savait gérer les quarantenaire en pleine crise existentielle. Un sourire, un regard de chien battu, des excuses d'une voix mielleuse, et tout rentrerait dans l'ordre, bougonnement en prime. Mais beaucoup moins quand il s'agissait de s'occuper d'une gamine en pleine crise d'adolescence, qui n'en avait strictement rien à faire du job qu'elle occupait, et qui l'obligeait à en faire beaucoup plus qu'il ne le devait. Toujours rattraper une bourdes, une pile de vêtements branlante, une gestion des stock approximative, lui demandait de l'énergie et du temps qu'il n'avait pas forcément. La porte de la réserve se refermait sur un Andrew crispé, la mâchoire contractée, les saints sourcils froncés dans une moue qu'il voulait menaçante et sérieuse, mais qui ne ferait pas illusion, il le savait. Le fixant droit dans les yeux, il lui demanda, le ton étrangement plus grave que quand il s'adressait d'ordinaire aux clients :

"C'est quoi ton problème ? Qu'est ce que tu fais ici si c'est pour ne pas travailler ? Ou mal travailler ? Tu n'as pas besoin de ce job ? Si c'est le cas, le magasin n'a sans doute pas besoin de toi non plus."

Le ton était donné. Mais déjà Andrew s'en voulait. Il n'aimait pas être méchant, ou injuste. Et il trouvait qu'il jugeait bien vite la jeune fille en face de lui. Plus doux, il tenta de nuancer cette attaque frontale.

"Ecoute, je sais que ce job, c'est pas le boulot rêvé pour une jeune fille. Mais dit toi qu'en faisant des efforts, le temps passe plus vite. Je veux bien t'aider ou je ne sais quoi, mais n'oublie pas que les clients sont aussi ceux qui nous permettre de vivre."

Surtout ne pas brusquer une adolescente. En espérant secrètement qu'elle n'était pas dans la mauvais période du mois. Une jeune fille de cet âge là était un peu comme ces bombes mortelles qu'Andrew voyait parfois dans les fils. Si on les touchait ou secouait trop, elles explosaient. Et le jeune homme était pile dans la ligne de mire d'une déflagration qui ne saurait tarder.
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MessageSujet: Re: 03. Teenage nightmare   Dim 5 Jan - 1:27

Le ton employé par Andrew surprit tellement la jeune fille qu'elle en oublia de lancer une réplique acerbe sur le fait qu'il était un peu déplacé de sommer une jeune fille mineure dans la réserve, d'autant plus quand c'était avec un grognement, qui tenait plus du loup affamé que du vendeur affable. Malgré ses efforts pour que cela se produise, Kara n'avait encore jamais vu son formateur s'énerver de la sorte. Il fallait croire que la folie de Noël lui tapait finalement sur les nerfs. Et cela venait confirmer que toute cette gentillesse, ces airs mielleux avec la patronne et sa bonhomie avec les clients n'étaient que du bluff. Elle le savait. Personne ne peut être d'aussi bonne humeur naturellement et surtout, constamment. En vérité, la jeune Sparks soupçonnait depuis le début le jeune homme haut en couleurs de consommer des substances illicites ou bien d'abuser d'anti-dépresseurs quelconque. Il fallait admettre que si c'était le cas, ils étaient plus efficace que ceux de Jessica, peut-être devrait-elle se renseigner sur son dealer. Et le soudain changement d'humeur de Lockhart venait renforcer sa théorie. Quoiqu'il en soit, avec un nom de famille pareil, des sourires aussi nombreux et de tels choix vestimentaires, il était normal de questionner ses habitudes de vie. Un sourire en coin sur les lèvres, K ne fit donc aucun commentaire et ne chercha pas à se dégager quand il la poussa dans le dos pour la faire avancer plus vite. Il craquait enfin. Ca promettait d'être amusant. Allait-il se mettre à chanter en fronçant ses épais sourcils? Après tout, il avait tout du personnage de comédie musicale ou de vieille série télévisée sans queue ni tête, ce serait dans le ton. Ou alors il lui servirait un monologue avec un air consterné et en pointant un doigt accusateur. Dans tous les cas, ce pouvait être drôle. Et ne parviendrait certainement pas à l'atteindre. Qui a grandit bercé par les cris et les tempêtes de Louise Sparks ne peut craindre de se faire disputer. Surtout par un énergumène aussi peu crédible.

Mais le jeune vendeur frappa un point sensible, d'un ton étonnamment calme, quoique la colère suinte sans sa voix et dans son ton. Kara, qui avait jusque là garder son sourire arrogant et les bras croisés dans une attitude de défi, serra les poings et son visage enjôleur perdit toute trace de sourire. Il n'avait aucun droit de dire ça. Il n'avait aucun droit de la juger, il ne savait rien d'elle ou de sa vie. Elle fit crisser ses dents blanches, laissant son formateur s'enliser en essayant de l'amadouer, en lui rappelant l'importance du service clientèle et lui servant ce vieux refrain qui veut nous faire croire que le temps passe plus vite quand on travaille bien. Andrew n'était pas un donneur de leçons avec un amour suspect pour le vert en fait, c'était une grand-mère prisonnière dans le corps d'un garçon plus gay que le déhanché de Ricky Martin. Il fallait admettre que c'était très fort et lui donnait doublement la capacité d'irriter l'adolescente. Cette dernière ne se priva pas pour rapidement cracher une réponse, un rictus de colère déformant ses traits « Crois-moi, si je n'avais pas besoin de ce job, je ne serais pas là. Et mon problème, c'est tous ces connards qui me prennent pour leur larbin, l'autre tâche qui se prend pour la reine du monde de derrière son comptoir et toi qui veut m'apprendre la vie dans ton costume d'elfe. » Elle ricana légèrement et ajouta « Sérieusement, t'as perdu un pari? Je comprends pas comment les gens peuvent suivre tes conseils quand il s'agit de fringues. » K s'adossa contre une étagère, qui vacilla sous l'impulsion et ajouta, plus mauvaise que nécessaire « C'est pas parce que tu t'es résigné à jouer à la bonniche souriante que je dois faire pareil. Et que je sache, j'ai déballé et rangé les cartons que tu m'as assigné et je viens de vendre un jean, alors viens pas dire que je fais pas mon boulot. » Mauvaise foi adolescente dans toute sa splendeur. Le pauvre Andrew était presque à plaindre.

D'autant que la gamine savait faire preuve de sens commun et n'était pas assez stupide pour ne pas voir que, dans le fond, il avait sans doute raison. Cela aurait été plus agréable pour tout le monde si miss Sparks avait été capable de ravaler sa fierté, sourire aux clients indécis et guider poliment les dames enrobées. Mais elle trouvait profondément injuste de devoir venir ici, perdre son temps, user sa jeunesse au service de ces ingrats alors que certaines de ses camarades se prélassaient dans les dollars de Papa et Maman. Alors que sa propre soeur ne faisait que prendre de la place et drainer de l'argent. Parfois même le sien, puisqu'elle avait été sommée de passer à la pharmacie après le boulot, pour racheter des médicaments à la dépressive de service et qu'elle savait pertinemment que Louise ne la rembourserait pas. Le seul moyen que Kara avait trouvé pour exprimer sa colère, de faire face à ce qu'elle vivait comme une corvée et une injustice était de traîner des pieds et de rendre la vie de ses collègues - et surtout celle de son formateur - aussi misérable que la sienne quand elle était enfermée dans ce fichu magasin. Elle ne faisait qu'être injuste envers lui, perpétuer la spirale de rancoeur qu'elle nourrissait contre tous mais ça, la jeune fille était un peu trop égocentrique pour s'en rendre compte.
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MessageSujet: Re: 03. Teenage nightmare   Ven 10 Jan - 20:53

Regard. Qui se voulait discret. Du haut en bas. Andrew ne voyait vraiment pas ce qui pouvait clocher dans sa tenue. Bien sûr, comme tout ce que portait le jeune vendeur, elle était osé, old school, pas vraiment dans les tendances en cours. Et puis, il était raccord avec les fêtes de fin d'année, les festivités hivernales et les couleurs traditionnelles de Noel. Pas de quoi fouetter un chat. Il ne portait ni robe en viande de cheval, ni un short transparent. Et puis, depuis quand allait il se remettre en question devant les remarques acides d'une adolescente. Lui même n'était vraiment pas un adepte des tenues que Kara portait quand elle arrivait au Levis Store, avant de commencer sa journée. Et il ne se serait pas permis de commenter sa tenue. Mais puisqu'elle insistait, Andrew comptait bien profiter de la perche qu'elle lui tendait pour se défouler un peu. Ça faisait trop longtemps qu'il gardait ce sourire crispé composé pour la circonstance sur son visage. Ses yeux se plissèrent, ses lèvres se raidirent et ses sourcils se froncèrent. Lui ne risquait pas sa place après tout. Il était sous contrat, et travaillait maintenant depuis presque un an dans le magasin. Andrew pourrait alors se permettre de bousculer alors la jeune fille. Et se serait avec grand plaisir. Plaisir sadique et malsain d'un garçon qui tentait depuis trop longtemps sans doute de se contenir.

"Je pense que les gens prennent bien plus au sérieux un garçon qui a fait ses preuves et qui assume ses goûts plutôt qu'une ado rebelle en pleine crise s'habillant comme tout le monde, d'une banalité affligeante et aussi souriante que la patronne."

Ca faisait du bien. Un bien fou. Et il n'allait pas arrêter tout de suite. Pour une fois qu'il la tenait, il n'allait pas la lâcher. Comme un vautour qui avait décider de fondre sur sa proie.

"Tu ne fous rien. Je suis obligé de repasser derrière toi, et encore si tu ne faisais rien, je m'en sortirai mieux. Tu sais ranger trois cartons, grand bien t'en fasse. Et tu as vendu un jean, en période de grande influence, autant dire que ce n'est rien."

Continuer. Andrew ne s'était pas défoulé depuis un bon bout de temps. Et il y prenait goût.

"Maintenant, tu ne m'aimes pas ? Franchement, ne pas me faire aimer d'une cheerleader qui a besoin d'exister et de se faire remarquer, je m'en moque un peu. Et ça ne va pas changer ma vie. Et si tu n'aimes pas les clients, manque de pot ici, tu n'as que deux choses à faire : être hypocrite et vendre."

Finalement, il aurait du accepter d'aller faire du sport. Il parait que ça détend. Andrew tourna les talons, ouvrant la porte à la volé. La colère lui avait rougi les joues, et il avait décidé de ne pas attendre la réponse de la jeune fille. Un sourire éclairait cependant son visage. Il était fier de lui. Fier d'avoir su sortir de ses gonds, d'avoir abandonné son sourire aimable pour exploser et se laisser aller. Voyant deux clients arriver, appartenant à ce genre de clients qu'Andrew savait déjà bien lourds et hésitants, quatre vestes sous le bras, trois pantalons du même coloris, et deux t-shirt, le jeune vendeur en profita pour se venger. Il ne ressemblait pas à un elfe, qu'on se le dise. Et s'il n'avait jamais rien dit aux moqueries dont il avait été la cible depuis son adolescence, ce n'était jamais resté impuni. D'une manière ou d'une autre.

"Bonjour mesdames. Bienvenues au Levis Store de Lima. Ma collègue va s'occuper de vous. C'est certainement la personne la plus à même à vous conseiller. Et n'hésitez pas à lui poser des questions, elle est là pour vous."

Sourire aimable. Ton chaleureux et voix enjouée, presque chantante. Andrew se retourna vers Kara, un demi-sourire carnassier sur les lèvres, le visage dur et le regard froid.

"A toi de jouer."

Comme un dernier avertissement soufflé.

Si elle ne croyait pas en la magie de Noel, le vendeur allait lui apprendre qu'il ne fallait pas trop pousser l'elfe dans les sapins.
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MessageSujet: Re: 03. Teenage nightmare   Ven 24 Jan - 20:58

Kara avait passé le clair de son temps à essayer de faire enrager son formateur depuis qu'elle avait été engagée. La bonhomie, les vêtements colorés et les sourires infaillibles du garçon à bouclettes ne lui paraissaient pas naturels, ils cachaient quelque chose. C'était un hypocrite et elle avait l'intention de le briser. Peut-être était un désir nihiliste d'adolescente en crise, ayant besoin de gâcher et noircir le monde autour d'elle. Peut-être Kara Sparks avait-elle hérité du gêne de garce en puissance de Mandy ou bien elle était simplement une très mauvaise personne. Quoiqu'il en soit, elle avait fait de son mieux pour faire faillir Andrew, traînant des pieds, bâclant son travail, se plaignant et mâchant grossièrement du chewing-gum quand la patronne regardait ailleurs. Et jusqu'ici, il avait fait preuve d'une patience d'ange, ne s'était pas laissé démonter et avait su être au dessus de ses bassesses pour le moins puériles. Mais le stress de cette période de rush de Noël ou un quelconque drame personnel avait enfin fait lâcher la dernière digue qui contenait la fureur du jeune Lockhart. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que little K ne s'y était pas attendue. Il y avait apparemment du vrai dans ce fameux effet cocotte-minute, qui stipule que plus la colère est contenue, plus elle éclate violemment. La douceur et la gentillesse de son formateur avait volé en éclats. Adieu optimisme et petit elfe dévoué. Il se dévoilait, montrait ce visage authentique qui ne transparaît que dans les émotions les plus fortes. La rage, la peur, une grande tristesse. Et cette démonstration brutale de ressentiment enfoui arracha un sourire mauvaise à l'adolescente. Il n'était bel et bien qu'un hypocrite. Il était comme tout le monde. Satisfaite d'avoir assouvi son besoin de salir tout ce qui brille, elle se laissa entraîner dans l'arène sans répliquer, à demi sous le coup de la surprise, à demi en train de laisser sa propre colère bouillir. Comme tous les sales gosses qui se respectent, Kara en avait toujours après quelqu'un ou quelque chose et Andrew venait de lui fournir de solides arguments. Mais il ne lui laissa pas le temps de formuler une pique assassine ou un speech bien senti et poursuivit le châtiment qu'elle avait tant mérité.

Le sourire de rapace et la voix enjouée de son collègue lui donnaient de légers airs de sociopathe et la jeune fille se contenta de lui lancer un regard circonspect, parfaite imitation de celui des dames qui leur faisaient face. Par esprit de contradiction ou pour prouver à son formateur comme à elle-même qu'elle pouvait vendre la moitié des stocks du magasin si elle mettait du coeur à l'ouvrage, elle prit un air cordial et afficha un sourire lumineux. Avec une mine conspiratrice surfaite, elle se pencha vers les clientes aux bras chargés et chuchota de manière parfaitement audible « Vous excuserez mon collègue, il est un peu sous pression, je vous jure qu'il n'a pas l'air prêt à tuer des chatons dans son jardin d'habitude. » Elles échangèrent un rire poli, avant que la jeune vendeuse ne demande d'un ton chaleureux « Alors, dites-moi tout, vous cherchez quelque chose de spécial, c'est pour offrir? » La plus jeune des deux lui dit vouloir faire un cadeau à sa fille et hésiter entre un t-shirt et une veste, tandis que la plus âgée lui fit part de son souhait de s'acheter un nouveau pantalon, plus dans l'air du temps. Une course intergénérationnelle donc. Faisant preuve de tout son sens du business, K fit remarquer que l'un des t-shirt étant significativement soldé, il était tout à fait possible de le combiner à la charmante veste grise et ainsi de procurer à l'heure élue un ensemble des plus seyant. Le plan semblait faire son petit succès et la lycéenne alla jusqu'à enfiler les vêtements pour montrer à l'indécise l'effet que cela ferait sur sa fille, qui avait apparemment une carrure similaire à celle de l'athlétique Cheerio. Sans doute était-elle une de ses rivales de Carmel High, auquel cas, nul doute que cet ensemble gentiment BCBG lui plairait. Il semblait ravir sa mère en tout cas, ce qui était l'essentiel puisqu'elle était détentrice de la carte bleue. La mamie chic fut facilement convaincue par le choix fashion et raisonnable que représentait un jean rouge foncé, qui se mariait d'ailleurs à merveille avec les accessoires d'hiver en promotion exceptionnelle en ce mois de décembre enneigé. Ce fut donc un T-shirt, un blazer, un pantalon et un ensemble écharpe-bonnet-gants qui fut encaissé, sous l'oeil étonné de la responsable du magasin, qui n'avait vu son employée à mi-temps déployer de tels trésors de conviction.

Kara préférait se mordre la langue plutôt que d'avouer qu'il avait été amusant de conseiller ces acheteuses indécises et de leur faire acheter plus que ce qu'elle avait initialement prévu. C'eut été donné raison à Andrew et lui pardonner son impulsion. Et Sparks était plutôt du genre rancunière. Néanmoins, ce fut avec un parfait sourire professionnel qu'elle vint se planter en face de lui, l'aidant à plier quelques pulls avec une précision insoupçonnée, avant de glisser d'une voix basse « Ne t'avise jamais de me refaire un coup pareil. Tu n'as aucun droit de me parler de la sorte et Dieu sait que ce pays est devenu procédurier. Une larmichette et une complainte de harcèlement moral et tu es un homme mort Lockart. Alors garde ta mauvaise humeur et tes bons conseils pour toi et évite de m'emmener dans la remise d'un air autoritaire. Sur ce, j'ai un client. » La gamine lui servit un sourire aussi resplendissant qu'insolent, persuadée de l'avoir mouché, et se tourna vers un joli garçon qui contemplait d'un air perplexe le rayon des T-shirts. Nul doute que la charmante adolescente trouverait un plaisir certain à conduire ce torse finement musclé vers les cabines d'essayage, quelques tops un peu trop étroits sous le bras.
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MessageSujet: Re: 03. Teenage nightmare   Dim 26 Jan - 21:33

Surtout, ne pas réagir. Ne pas ciller. Ni se déconfire. Andrew avait l'impression d'être un charmeur de serpents faisant face à un cobra particulièrement tenace. Et agressif. Le jeune garçon pouvait aisément se l'avouer, il n'avait que rarement été mouché de la sorte. Surtout par une ado en pleine crise. Il ne s'inquiétait pas trop de ses menaces d'ordres juridiques, elle avait tenu assez de propos sur ses tenues et sa façon d'être pour être traînée devant un tribunal pour propos homophobes. Mais il s'en voulait. De s'être laissé dépasser par la situation. D'avoir craqué, littéralement. Etre méchant et mesquin ne faisait d'ordinaire pas parti de son caractère. Il n'avait simplement pas l'habitude de se retrouver en face d'une lycéenne en crise. Mais Andrew était fier de lui aussi. Finalement, lui avoir remis les pendules à l'heure avait porté ses fruits. Kara, qui portait décidément un nom aussi étrange que propice à la création d'une marque pour anorexiques bourrées de fric, n'avait jamais aussi bien travaillé. Une superbe vente, et elle s'était littéralement jeté sur un client pour le conseiller. Même si la plastique largement avantageuse qui ne laissait pas Andrew indifférent devait y être pour quelque chose.

Le sourire aux lèvres, celui-ci non feint pour une fois, surtout quand il avait Kara dans les pattes, il se replongea dans le rangement de la réserve. Autant échanger les rôles, sa collègue semblait prendre à cœur son rôle, rien que pour l’embêter. Les joies de la psychologie inversée. Empiler les cartons. Les numéroter. Préparer les étiquettes des soldes qui auraient lieux après les fêtes de fin d'année. Jeter un coup d’œil sur la nouvelle collection et geindre sur ce qu'il ne pouvait pas encore s'acheter. Simplement parce que ce n'était ou pas sorti ou hors de prix. Bon dieu comment ce jean pouvait afficher autant de numéro sur l'étiquette ? Finalement, Andrew en venait à envier l'insouciance et la nonchalance de Kara. Elle venait travailler sans se soucier de ce qu'on pouvait penser d'elle, percevait un salaire et profitait du zèle du garçon pour ne pas avoir trop de responsabilité sur les épaules. Et Andrew était bien, sur cette chaise, à souffler un coup pendant le rush des festivités. Pas au point de piquer un somme, ce qu'il désirait le plus au monde pour l'instant. Juste derrière la baisse des œstrogènes fous de Kara.

Il ferma la porte de la réserve derrière lui, et décida de faire comme sa collègue. Il replaça une piles de vêtements qui était finalement bien à sa place, se baladait avec un carton à moitié vide, souriait aux clients sans vraiment les regarder. Activité qui lui permis au passage de faire un peu plus attention à la gente masculine que pouvait accueillir le magasin. Et certains valaient le coup d’œil. Jeans serrés astucieusement, t-shirts qui galbaient divinement les bras ciselés, col en V rehaussant le torse sculptural, travailler dans le prêt à porter avait des avantages que le vendeur ne pouvait négliger. Et puis, parfois il avait de la chance, et certains clients faisaient tomber le haut pour prendre le sweat-shirt qu'il leur avait tendu. Kara était d'ailleurs en train de profiter de ces mêmes avantages. Andrew se planta derrière elle, croisant les bras. Il essayait de garder son visage fermé, la moue sévère.

"Finalement, tu as raison. Je dois prendre mon boulot trop à coeur. Et prendre ta place -ne rien faire dans la réserve et faire semblant de bosser- peut avoir du bon."

Inspiration. Comme si dire cette phrase lui avait coûté. Et qu'il avait été en apnée. Expiration. Il n'en avait pas fini.

"Je ne dis pas que je cautionne ce que tu fais. Pas tout le temps. Mais je ne peux pas nier que j'ai été dur avec toi. Et que tu avais raison sur ... pas mal de chose me concernant. Bref, désolé pour ce que j'ai dit. Enfin, une bonne partie de ce que j'ai dit."

Et prenant son rôle de Kara-bis pour la journée à cœur, il s'en retourna sans attendre une répondre de la jeune fille et continua son hobby de la journée : faire passer les minutes rapidement en en faisant le moins possible. Il travaillait depuis trop longtemps, en cumulant ses deux jobs, et il pouvait s'accorder une journée de repos. Ou d'acte de présence.
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MessageSujet: Re: 03. Teenage nightmare   Dim 16 Fév - 20:30

Aussi professionnelle que possible, Kara ne se priva néanmoins point de lorgner sur les muscles finement dessinés du jeune homme et son visage de mannequin Calvin Klein, avec ses hautes pommettes ciselées et ses yeux perçants. Ce charmant garçon était clairement en train d'égayer sa journée. La lycéenne rejeta en arrière sa longue crinière, dans un geste familier et maîtrisé et éclata d'un rire faussement spontané après une plaisanterie affreusement banale de son client. Le bon Dieu avait visiblement décidé de ne pas lui donner tous les atouts pour réussir dans la vie et avait misé sur son physique de rêve, plutôt que sur son intellect. Il avait néanmoins l'air sympathique et il écouta la jeune conseillère babiller d'un ton docte sur comment ce bleu mettait en valeur ces yeux, mais comment ce T-shirt là soulignait son torse et combien les col en V et les manches de polo retroussées savaient faire leur petit effet. Il la laissa empiler des tas de tissus variés sur ses bras puissants, se laissant même convaincre d'essayer un jean plutôt serré, qui était largement destiné au plaisir visuel de Kara qu'à ces besoins. Il semblait quelque peu distrait par ailleurs, observant le magasin avec des yeux pensifs. La jeune fille préféra ne pas trop l'interroger, car d'une part cela ne la regardait pas et d'autre part, elle en avait strictement rien à faire. Il était peut-être en train de penser à combien son ex lui manquer ou à ce qu'il allait manger ce soir et dans tous les cas, la Cheerio n'avait pas besoin de le savoir.

Il était donc planté face à elle, avec ses airs de statue grecque et sa moue dubitative reflétée dans le miroir, tandis qu'elle vantait la matière du T-shirt quand Andrew refit finalement surface. Elle fronça les sourcils, se demandant s'il allait à nouveau la sermonner avec un angle différent mais se retourna néanmoins pour écouter la suite. Interloquée, elle n'eut pas le temps de réagir et se trouva prise au dépourvu. Et surtout, n'avait rien à répliquer, ce qui la connaissant, n'était pas peu dire. Little K n'était pas franchement habituée aux excuses, ce n'était pas spécialement le genre de la maison Sparks. Quand elle se disputait avec Mandy par exemple, cela se transformait souvent en celle qui avait la rancune la plus tenace. Sara était peut-être la plus à même à demander pardon, mais ce n'était pas elle qui créait le plus de conflits dans la famille. La lycéenne était donc quelque peu décontenancée et même si son esprit d'ado rebelle et sa tendance naturelle l'incitaient à profiter de cette victoire, voire à abuser de ce qui pouvait être lu comme une faiblesse, elle se surprit à sourire dans le vide. La voix du joli client la sortit de sa brève absence et elle afficha de nouveau son sourire le plus lumineux pour lui accorder son attention pleine et entière. « Dites, ça vous dérangerait de demander l'avis de votre collègue? Vous savez, d'homme à homme, j'aimerai bien avoir son opinion. » Les joues du jeune homme rosirent légèrement et le sourire de Kara se fit légèrement taquin, mais elle s'abstint de faire le moindre commentaire et se contenta de répondre gaiement « Mais bien sûr, je vais le chercher tout de suite, un instant je vous prie. »

Sans grande difficulté, elle retrouva Andrew qui s'adonnait à ce qui était ordinairement son activité préférée, faire semblant de replier des jeans. Il maîtrisait à merveille le travail selon Kara. Et ça ne lui faisait sans doute pas de mal de se détendre un peu. Le monde du Levi's Store n'arrêtait pas de tourner parce que Mister Lockart se comportait comme un employé moyen plutôt qu'un employé modèle. Elle s'efforça d'afficher un léger sourire, pour signaler qu'elle venait en paix. « Hey ! Le beau gosse façon Abercrombie veut un avis masculin sur ses achats. Sans vouloir m'avancer, je crois qu'il veut spécifiquement ton avis et que tu lui a tapé dans l'oeil. » Elle appuya son affirmation d'un clin d'oeil complice et désigna d'un geste du pouce l'emplacement de ce joli morceau de chair fraîche. Avec un léger rire, elle ajouta « Va donc en profiter, moi je vais affronter la pré-ado et sa mère qui ont beaucoup trop d'argent et de temps libre. » Le duo arborait un air arrogant, des vêtements suintant le casual chic beaucoup trop cher et n'allait pas être une partie de plaisir. Mais si quelqu'un pouvait vendre plus que nécessaire à une gamine de 12 ans avec la carte bleue de maman, c'était bien Kara. Un sourire quelque peu carnassier aux lèvres, elle s'attela donc à sa tâche, non sans lancer un dernier regard à son beau client. C'était la manière Sparks de s'excuser sans le dire, d'une certaine façon.
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03. Teenage nightmare

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