Choriste du mois


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 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door

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MessageSujet: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Mar 24 Déc - 15:58

Grace faisait partie de ces femmes qui savaient cuisiner. Et pour celles-ci, le terme prenait une dimension exponentiellement éloignée de l’image de couche de gras sur un four encore tiède et de bourrelet dépassant du tablier à dentelle que pouvait entretenir le reste du monde. Comme les agents du FBI et leurs codes plus si secrets, elles semblaient toutes disposer d’un petit lexique intégré à leur chaîne génétique, une connaissance sémantique universelle et dissimuler, un lien spécifique, mystique, qui n’avait sensiblement rien à voir avec leur propension troublante pour générale à porter des sous-vêtements Kate&William.

Une femme qui sait cuisiner n’est pas une cuisinière.

Ô que non. Changement de bestiaire, on recadre vite-fait, c’est dans une cour Queen-Size qu’elles exercent leurs talents. Ces augustes chefs de fourneau au brushing bien trop impeccables pour y placer une toque ne faisaient pas de l’art, ou encore moins de la nourriture. Non. C’étaient des faussaires sociales. Des créatures dangereuses, mais raffinée. Stratège comme sucrée. Un livre de recette devenait un permis d’arme, un kit à cupcakes mis entre leurs mains faussement non-manucurées se changeait en un croisement molotovien entre un accès VIP aux backstage du Super Bowl et une accréditation à gérer les missiles nucléaires dont disposait très certainement Sue Sylvester dans la majorité des métropoles du pays, y compris Las Vegas et le secteur des Grands Lacs.

Une femme qui sait cuisiner peut aller partout. N’importe quand. Un sachet de levure remplace tout les tournevis soniques de la BBC. Quel besoin de forcer une porte, fut-elle blindée, quand on peut se la faire ouvrir en deux cookies et un sourire correctement glossé ? Toutes ces vérités, Grace les connaissait depuis ses premières coques de macaron à collerette réussie. Et c’était ça qui l’avait conduite à avoir fait ses propres cupcakes pour aller à cet entretien.

Ses sens artistiques particulièrement… douteux, pour ne pas dire déviants, l’avaient poussée à engendrer une monstrueuse alliance, si naturelle que la nouvelle faune de Fukushima semblerait tout droit sortie d’un Disney des années cinquante, de bleu et d’orange sur le glaçage, étendard désigné pour cette nouvelle recrue un peu trop rousse pour que Grace s’évite d’y faire référence à chaque fois que ça lui serait possible. Car il n’était pas ici question pour elle de passer un test. Bien au contraire. Elle était pour la toute première fois de sa petite vie illuminée par Jésus et les groupes de pop chrétienne dans la position d’examinatrice. Et le plus amusant était sans doute que l’examinée n’en avait probablement aucune idée. La Foi s’accompagnait d’épreuve. Un peu comme un voyage initiatique. Ou un de ces régimes n’autorisant que la consommation d’aliment en poudre. Et si Dieu, ou Cassandra, jusqu’alors sa stagiaire en chef, ne paraissaient pas exactement déterminés à vérifier le CV des âmes que son principal instrument liménien recrutait, elle, y veillerait.

Oui. Grace avait des cupcakes. Et désormais, plus rien ne pouvait l’arrêter.

Du moins, c’était ce qu’elle pensait avant de découvrir un homme nu ou presque sur le pas de la porte à laquelle elle venait de frapper.

Autant dire que comme première impression, Grace s’attendait certes à quelque chose de festif… Mais peut-être pas non-plus à ce point. Les petits caillots sanguins en devenir entassés étaient la seule chose qui séparait ses yeux bleutés d’un renflement autrement plus gênant que celui de sa poche à douille. Mais tout allait bien. Elle avait fait une queue de cheval. Ca devait aller bien.

Elle s’était elle-même vaguement étonnée de ne pas sombrer dans un coma biblique une fois la coiffure maudite achevée, dans un coup de tonnerre obligatoire au dramatisme que la situation exigeait. C’était un peu un gage de paix, bien plus symbolique, et moins calorique, que les pâtisseries. La démonstration la plus expressive qu’elle ait pu trouver de son soutien, pure et très hypocrite convenance à un passé bien moins nostalgique lycéen qu'elle n'essaierait de le faire croire, aux anciennes activités profanatoires de Lexie. De toute façon, c’était ça ou le t-shirt « A rubber by night, keep your uterus alright » dégoté dans une obscure boutique du centre commercial, qui, en plus de tout simplement la mortifier au premier coup d'oeil, n’aurait de toute façon absolument pas convenu à l’écharpe géante de tartan qui lui servait alors de manteau-cape.

Sourire.

-Vraiment désolée de vous déranger. Je… Je ne savais pas qu’il était si…

Regard de haut en bas sur le tableau présenté devant elle. Clignement de paupières.

-Tôt. Je suis partie de chez moi à dix heures et…

Quelque chose de bovin dans le regard qui semblait chercher son interlocutrice dans les brumes d’un sommeil pas uniquement motivé par une camomille-miel faisait soudainement supposer à Grace une légère avance de quatre heures sur le cadran de sa montre. Peut-être cinq.

-Ok, c’est combien pour la boîte ?

Les yeux de la blonde s’ouvrirent grand, synchronisés avec sa bouche. Elle frissonna un instant de la voix gutturale.

-Oh ! Non, les gâteaux ne… ce n’est pas pour… Enfin, c’est pour vous, enfin, plus ou moins, enfin, ce n’est pas à vendre, je…

Petite pause de concentration.

- En fait, je… Je viens voir votre… hum… petite amie ? …

L’air soudainement encore plus désorienté de l’inconnu, ce qui n’était pas une mince affaire, la poussa à préciser, se mettant sur la pointe de ses pieds bottés pour vérifier en toute impunité l’intérieur du bâtiment dont elle n’aurait jamais vraiment cru avoir à s’approcher un jour par-delà le corps inattendu qui faisait barrage.

-Lexie. Preston. Rousse.

Un silence fut soudainement brisé par un rire accompagné d’un manque évident de Colgate préalable dans une bouche à peine remise d’un réveil visiblement brutal dont la conséquence odorante força Grace à reculer d’un pas.

-Lexie… Ma… Quoi ?

Fronçant ses sourcils, la jeune Hamilton leva un doigt incertain qui manqua d’éborgner son partenaire de dialogue matinal, désignant une silhouette qu’un tournage en petite tenue avec le reste des jeunes femmes formant la chorale de l’église, aussi étonnante que soit ce contexte, même bordé bien assez de jours après, lui avait rendue familière.

-Là.
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Mar 31 Déc - 15:47

Lexie Preston était d'excellente humeur ce matin là. Ou comme l'aurait dit sa soeur, dans une de ses phases d'hyperactivité. La jolie rousse ne manquait jamais de peps, mais il lui arrivait d'avoir un regain d'énergie inexplicable, qu'elle tâchait généralement de dépenser utilement. Cela se soldait souvent par un ménage ambitieux de la Pension Preston. Loin d'être maniaque, la jeune femme avait simplement besoin de s'occuper dans ses moments là. Et ses colocataires l'évitaient généralement soigneusement, sachant pertinemment qu'ils risquaient de se faire embaucher pour récurer une baignoire ou un parquet. Même si elle se plaignait régulièrement d'avoir l'impression d'être une mère au foyer des années 50 au service de sa famille nombreuse et machiste, la galeriste préférait largement avoir le contrôle sur le rangement des communs de la maison. Il était par exemple hors de question que quiconque touche à sa cuisine, maintenant qu'elle avait enfin réussi à lui rendre son aspect d'origine. Car lors de son départ de quelques mois, il avait bien fallu que les pensionnaires se nourrissent et il avait laissé le coeur de la maison dans un état des plus pitoyables et avait complètement désorganisé le système de rangement ultra efficace de baby Preston. Mais à coups de lubie ménagère, elle avait finalement réussi à remettre les choses à leur place. Affublée de sa grenouillère préférée - celle avec une capuche à petites oreilles et des rayures tigrées - et de ses ineffables chaussons roses et pelucheux, elle posa fièrement les mains sur ses hanches et lança un regard à son oeuvre. Il ne lui restait qu'à affronter un dernier problème. L'évier bouché. Elle fronça les sourcils, hésitant à faire appel à Jamie ou JJ pour cette tâche ingrate mais elle n'était pas certaine que le premier maîtrise la vieille tuyauterie et le second l'enverrait sans doute royalement sur les roses. Elle se résigna donc à affronter l'horreur, s'accrochant à l'idée qu'après ça, sa cuisine serait absolument parfaite. Et qu'elle pourrait s'essayer à cette tarte au citron meringuée dont la recette lui faisait de l'oeil depuis quelques jours.

La rouquine remonta donc ses manches, enfila ses gants en caoutchouc puis ouvrit le placard sous l'évier. Une grande inspiration et là voilà allongée sur le dos , sa clé à molette à la main, dévissant le joint qui reliait les deux tuyaux et où résidait sans nul doute la source de l'embouteillage. Elle plaça une bassine près d'elle et avec une mine quelque peu dégoûtée, plongea la main dans la tuyauterie, pour en arracher les épluchures de légumes et autres choses bien moins ragoûtantes qui l'encombraient. Une boule de cheveux mouillés lui arracha un cri. Ew. Qui s'était lavé les cheveux dans l'évier? Lex jeta un oeil suspicieux à la masse informe, croyant y déceler du blond. Madeleine ou Anna. Etrangement, elle était plus incline à blâmer sa voisine de palier, qui était du genre à boucher la douche sans savoir comment y remédier. Elle soupira mais décida tout de même de ne pas aller chercher des noises à sa colocataire, notant tout de même qu'une réunion de famille sur les bases de la plomberie et la distinction importante entre cuisine et salle de bains s'imposait. Baby Preston entreprit finalement de remettre en place la tuyauterie, marmonnant dans son absence de barbe après la bande de bras cassés avec laquelle elle vivait. La stridente sonnerie de la porte d'entrée la tira de son monologue de plombière aigrie et la fit sursauter. Evidemment, elle se cogna contre le rebord du placard en se redressant brusquement et laissa échapper un flot de jurons. « JOACHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIM ! Va ouvrir bordel ! » Massant son front endolori, Lexie alla jeter le contenu de sa bassine de l'horreur et la rinça abondamment, avant de se laver les mains trois fois. Prudence est mère de sûreté. Et surtout, elle voulait se débarrasser de cette horrible odeur. Jugeant que le parfum de fraise avait noyé celui du travail manuel, la maîtresse de maison alla jeter un oeil vers la porte d'entrée, histoire de savoir qui pouvait bien frapper de si bon matin. Il était dix heures passés, certes, mais les pensionnaires recevaient rarement en journée.

Et elle ne fut pas déçue, en trouvant un JJ en caleçon devant la porte, hilare, face à une blondinette aux grands yeux que la jeune galeriste reconnaîtrait entre mille. Qu'est-ce que cette tarée venait faire chez elle? Voilà qui promettait une discussion des plus intéressantes. Lexie envisagea un instant de fuir mais la bigote l'avait vu et pointait un doigt qu'elle trouvait étrangement accusateur dans sa direction. Elle afficha donc un sourire léger et se dirigea d'un pas sûr vers la porte d'entrée, non sans mettre une petite tape derrière la tête de son meilleur ami « Joachim, c'est quoi ces manières? Et puis, tu vas attraper froid, va donc t'habiller. » Sans pouvoir se défaire de son fou rire, il obtempéra, laissant baby Preston aux prises avec baby Hamilton. Confrontation de choc. « Entre donc Grâce, je m'en voudrais que tu tombes malade devant chez moi ! » Elle referma la porte derrière la blondinette éthérée et lui fit signe de se diriger vers la cuisine, puisque c'était officiellement la pièce la plus propre et la mieux rangée. « Oh c'est pour nous? » fit-elle d'un air gourmand en désignant les cupcakes, tout en tirant une chaise pour que son invitée surprise s'installe. Elle était douée la petite, il fallait en convenir, personne ne refuse le droit de passage au porteur de gourmandises. Lexie Antonia Jane Preston l'avait illustré à maintes reprises et elle n'était donc pas trompée par l'apparente douceur de l'étudiante et de ses pâtisseries. Peut-être venait-elle l'exorciser? Lancer un sort sur sa maison? La rouquine tâcha de contenir ses regards suspicieux, s'affairant plutôt avec la bouilloire. Après tout, les bons britanniques ne savent pas recevoir autrement qu'en offrant du thé. « Lait, sucre? » demanda-t-elle avec un large sourire. Elle sortit deux tasses, laissant infuser la boisson dans sa théière TARDIS et posa le tout sur la table. Dissimulant la nervosité que provoquait chez elle cet énergumène fanatique et très certainement dangereux, la toute récente choriste demanda d'un ton badin « Alors qu'est-ce qui t'amènes en notre humble demeure Grace? » Puis mieux valait en venir au fait tout de suite. Peut-être était-il encore temps d'éviter la malédiction que cette prêtresse sournoise allait abattre sur eux.
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Mar 18 Fév - 22:14

Cris. Cheveux décoiffés. Caleçon. Et petite tape échangée. Grace cligna des yeux, préférant écarter la très dérangeante équation BDSM qui se profilait sous ses yeux. A l’image des nombreux augustes prédécesseurs qu’elle avait le bonheur de compter sur le chemin de l’évangélisation, elle devait se prévenir des idées préconçues sur les mœurs aborigènes qu’elle venait jauger. Ce n’était pas parce que deux personnes adultes d’apparence non-liées par aucune forme de sacrements se promenaient à moitié nu dans un périmètre quand même réduit pour des individus issus de l’espèce humaine, Très réduit même, qu’il fallait immédiatement songer à Ce Genre de Choses. Tolérance et respiration.

Preston fit preuve d’un sens de l’hospitalité aussi agréable qu’inattendu. Les souvenirs lycéens de Grace la plaçaient à « Naomi Campbell en semaine détox’» sur l’échelle de la Maîtresse de Maison. Elle tapait maintenant un large « Severus Snape post-après-shampoing». Intéressant. Main dans les cheveux. Rangée de dents dégainées à l’homme qui s’en allait, sa bonne humeur visible communiquant à Grace un sourire doux, dénué de toute compréhension, mais plein de bonne volonté.

-Très élégant votre… hum.. caleçon. J’ai une lampe de cette couleur.

Tête penchée sur le côté. Couinant un remerciement pour l’attention que son hôtesse portait à l’état de ses poumons, elle la suivit, réprimant le frisson qui la prit à l’instant où la porte se referma derrière elle. Le bruit métallique du loquet scella son entrée définitive dans le petit monde inquiétant de la Pension.

La cuisine apparu, Grace imprimant chaque détail du chemin en cas de retour impromptu, repérant déjà les autres issues à disposition, juste en cas d’incendie, volontaire ou non, ou tout autre cas d’incidents potentiellement terroristes, sans parler du non-négligeable facteur surnaturel, qui pourraient éventuellement se manifester dans les prochaines minutes de rencontre quasiment sacrilège.

« Oh c'est pour nous? »

-J’ai pensé à reproduire les visages de votre famille royale en pâte à sucre, puis je me suis dit que... Hé bien… La stigmatisation, tout-ça…

Elle agita sa main d’un air entendu.

Vint la cérémonie du thé. Concentrée à conserver un sourire serein, Hamilton junior aurait peut-être du s’attarder un peu plus sur son contrôle oculaire, ou, tout du moins, limiter la suspicion qui en dégoulinait par torrent vers les mains de la jeune femme qui s’affairaient auprès de sa boisson. Ce n’était pas qu’elle n’avait pas confiance en Lexie. C’était simplement qu’elle préférait ne pas la dispenser en ce moment particulier. Lait, sucre. Arsenic, uranium. Grace battit des paupières. Elle hocha la tête bien trop lentement, comme on évite tous gestes brusques en présence d’animaux féroces, et plus particulièrement quand ceux-ci tiennent une mini-cabine téléphonique remplie d’eau bouillante entre leurs pattes. Sans compter l’accent qui pourrait jaillir à tout moment, poison grammatical. Dans un cas, comme dans l’autre, elle préférait éviter de penser à la violence de l’impact avec sa personne.

-Juste du sucre… Enfin… Je… Oui, oui, du sucre. Juste du sucre. Ca sera bien. Très bien. Si.

Alors qu’elle envisageait mentalement la quantité de glucose qu’elle serait à même de dissoudre dans la tasse avant la saturation, ses mains s’agrippèrent à la tasse, évitant soigneusement les éventuelles traces que les doigts de la rousse avaient pu y laisser. Elle respira un instant le parfum de son contenu. Rien de trop meurtrier à dénoter.

« Alors qu'est-ce qui t'amènes en notre humble demeure Grace? »

-C’est à propos de toi, Lexie, bien sur. Evidemment.

Elle souffla sur sa tasse.

-Je te trouve…

Petite pause.

-… admirable, oui, tout bonnement admirable. Et pas uniquement à cause de tes cheveux. Non, non…

Sourire.

-Le chemin de la Rédemption est plein de casse-vitesse, mais tu as su prendre garde aux applications info-trafic et partir à l’heure.

Elle secoua la tête, comme si ses paroles étaient parfaitement sensées.

-Je suis heureuse que tu aies saisi ta Seconde Chance.

Ses yeux se rétrécirent malgré son air avenant. Elle regarda minutieusement autour d’elle avant de retourner au visage de la rousse.

-Tu as parlé à la première personne. Plurielle, je veux dire. J’ai d’abord cru que c’était du narcissisme un peu vintage mais… Tu parlais de vous… Vous…  

Elle  but une gorgée qui explosa le long de son œsophage.

-Vous êtes une sorte de Communauté, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Ven 28 Fév - 18:59

Si Lexie parvenait à garder plus ou moins enfouis les doutes et la crainte que lui inspiraient la cadette des Hamilton, cette dernière s'avéra être beaucoup moins subtile. Ce qui n'était pas peu dire, au vu de l'expressivité naturelle de la rouquine. Mais elle savait garder un peu de contenance et si sa mère lui avait maintes fois rabâcher qu'elle ne savait pas se tenir en société, elle pouvait au moins se consoler en se disant qu'elle n'en était pas encore arriver au niveau de Grace. Cette fille n'avait absolument aucun tact. Mais alors, aucun. Et pourtant, les pensionnaires n'étaient pas particulièrement doués dans ce domaine non plus, mais là, on atteignait des sommets. Toutefois, la pâtissière amateur qu'était Baby Preston aurait été curieuse de voir des cupcakes avec le prince Harry, dieu Ginger s'il en était. Elle parvint bien vite à effacer cette image mentale, se contentant de tendre le sucre à l'hésitante blondinette. Au vu des regards suspicieux qu'elle lançait à son TARDIS, elle n'était pas familière de la science fiction. Ou bien, elle craignait de se voir empoisonnée. Elles étaient donc deux à croire en leur potentiel létal mutuel. Comme pour montrer que le breuvage était sûr, la londonienne prit la première gorgée de son thé, sans lâcher son interlocutrice des yeux. Après tout, cette fille pourrait à tout moment sortir de l'eau bénite d'une poche secrète de sa cape et essayer de l'exorciser. Ou elle allait tenter de la ramener vers le Seigneur et Lexie serait condamnée à aller éternellement au temple le dimanche matin pour éviter la plaie divine qu'était sans aucun doute Grace Hamilton.

La galeriste triturait donc nerveusement les lacets de sa capuche, attendant que la Jesus freak explique les raisons de sa venue. En toute honnêteté, Lexie avait toujours espéré que l'aura de pêché qui se dégageait certainement de la Pension suffise à tenir éloigné les spécimen dans son genre. Et puis, l'isolement considérable de la demeure éloignait aussi bien les vendeurs d'aspirateurs que les témoins de Jéhovah. Mais visiblement, les protestants étaient plus fort que le capitalisme et les sectes. Ils l'avaient prouvé à plusieurs reprises par le passé cela dit, on parlait après tout d'une religion fondée par un bonhomme prêt à convertir tout un pays pour satisfaire ses caprices personnels. Têtus ces gens là. Rien d'étonnant à ce que ses disciples soient aussi fervents. Et visiblement, un rien terrifiants à l'occasion. Mais la direction que prit la conversation ne put qu'étonner la rouquine. Elle était admirable. Voilà un argument qu'elle ressortirait la prochaine fois que JJ se plaindrait de ses retards compulsifs. Je fais ce que je peux tu sais, je suis admirable. Et elle avait de jolis cheveux? Du moins, c'était ce qu'elle avait déduit du petit speech de Grace. Toutefois, la blondinette semblait avoir légèrement extrapolé sur les raisons qui l'avaient poussé à rejoindre la chorale de l'Eglise du coin. On ne pouvait qu'admirer son sens de la métaphore cela dit. Et Baby Preston n'avait nullement l'intention de la contredire. Sinon, elle risquait bel et bien de la mettre au bûcher. La grande rousse s'estimait déjà chanceuse que sa chevelure ne la fasse pas passer pour une sorcière dans le petit monde fantasmagorique qui semblait exister sous la blondeur innocente de la bigote. Elle se contenta donc de sourire gentiment et de hocher la tête, comme captivée par les paroles de la prêcheuse. Elle l'était d'ailleurs un peu, cherchant à analyser et à comprendre ce qu'il se passait dans cette cervelle dérangée.

Néanmoins, Lexie dû faire appel à tous ses talents de comédienne pour contenir le fou rire qui naquit en elle quand son interlocutrice lui demanda si elle faisait partie d'une communauté. Elle n'était pas sûre de ce que la blondinette entendait par là, mais elle songea spontanément à un regroupement hippie et on pouvait dire que c'était plus ou moins ça. Ou alors, peut-être qu'elle les prenait pour des mormons ou une autre de ces sectes obscures qui pullulent aux Etats-Unis. La britannique prit quelques gorgées de thé, pour se donner contenance et courage puis répondit assez tranquillement « Je parlais bien de nous au sens moi plus d'autres gens, je ne me prends pas pour Louis XIV. » Elle s'autorisa un rire léger, espérant que les blagues historiques soit du goût de la jeune fille puis reprit « On est juste une bande de colocataires en fait, c'est à dire qu'on vit ensemble et qu'on partage les factures, les courses et tout ça. On est pas euh, une communauté... Je sais pas trop ce que tu entends par là, mais on ne fait pas partie d'une organisation ou... d'une... d'un groupe ou quoi. » La rouquine avait failli dire religion, mais c'était sans doute l'ultime mot tabou de cette discussion. Elle poursuivit donc sa petite explication, espérant qu'un peu de remise en contexte aiderait Grace à comprendre que malgré l'apparente promiscuité et le goût pour la fête qui régnait sous ce toit, ils étaient des gens parfaitement sains et que vraiment, ce n'était pas la peine qu'elle revienne fourrer son petit nez ici. « Tu vois, Anna - c'est ma grande soeur - et moi on a hérité de cette maison et d'une warehouse, de notre grand-mère. Alors on a décide de revenir à Lima, avec notre meilleur ami d'enfance Joachim, que tu as vu dans l'entée. On a ouvert la galerie tous les trois. Et on s'est retrouvé dans cette grande maison et on s'est dit que le plus rentable, c'était d'avoir des colocs et puis... Voilà ! » Elle illustra cette brillante conclusion d'un geste des mains désignant la cuisine autour d'elles et plus symboliquement, le reste de la maison du bonheur.

Un rien plus à l'aise, bien que toujours suspicieuse quant aux intentions de la grenouille de bénitier en chef, la rouquine plaça ses mains autour de sa tasse, laissant le thé lui procurer un peu de chaleur. Elle faisait vraiment de son mieux pour se montrer aussi douce et avenante que possible, distribuant des sourires chaleureux et parlant d'une voix posée, bien loin de son débit et de son volume coutumiers. Ses instincts avaient beau lui crier de mettre cette tarée à la porte et de ne plus jamais lui adresser la parole, son adhésion aux Second Chances l'obligeait à côtoyer Grace, qui avait fait l'effort de venir jusqu'à elle. Alors autant utiliser ce temps sagement et essayer de discerner un peu mieux l'énergumène. Elle doutait de jamais la comprendre tout à fait, mais Lexie était une créature sociable et plutôt facile à vivre, aussi se sentait-elle capable de trouver comment communiquer avec cette envoyée du Seigneur. Ou du Diable, c'était selon. Tâtonnant donc autour de ce qui l'intriguait vraiment, elle demanda sur le ton de la conversation « Mais tu as dit être venue pour moi... Hum, c'est à dire? » En vérité, Baby Preston n'était pas sûre de vouloir la réponse à sa question, mais mieux valait en avoir le coeur net. Et au pire, elle pouvait s'échapper par la porte arrière et laisser JJ s'occuper de l'échappée d'asile qui sirotait un petit thé dans sa cuisine impeccable.
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Lun 3 Mar - 16:33

-"Juste" une "bande" de "colocataires". Je…

Petite gorgée brûlante.

-… vois.

Du bout du doigt, elle tapota le bas de sa lèvre où s’était accumulée l’humidité de la tasse. Définitivement, Lexie savait comment faire du thé. Si ça n’avait peut-être rien d’impressionnant du point de vue du commun des mortels, la fascination de Grace pour les milles et une nuances de plantes mises dans de l’eau chaude ne lui permettait pas de rester insensible au talent de la rousse. Tout en espérant ne pas avoir fait une grossière erreur en décidant de ne pas exiger de mettre la boisson dans son propre mug stérilisé.

-… on ne fait pas partie d'une organisation ou... d'une... d'un groupe ou quoi.

-Vous n’êtes donc pas mormons ?, lâcha-t-elle tranquillement, l’air dubitatif derrière son sourire réjouis, Tu m’en vois sincèrement soulagée.

Et elle ne mentait pas. Une des règles que le lycée avait inculquée à Grace était bien de ne jamais, jamais, douter des prédispositions des cheerleaders pour la polygamie.

Certes. Grace avait parfois l’esprit plus ou moins, inutile de préciser vers quel côté penchait le plus souvent son caractère, hermétique aux concepts de cellule sociale qui ne s’approchait pas à plus de quatre-vingt pourcent de sa propre vie. Mais il fallait bien dire que Lexie, malgré le petit exposé sur l’historique romantisé de sa petite entreprise, bien mignonne sur le papier, qu’elle avait présenté de façon impeccable, n’atténuait aucunement la méfiance naturelle que lui inspirait la Pension et l’aura proprement terrifiante que les rumeurs chuchotées sur les bancs de l’église lui avait attribuée. La Hamilton lui accordait donc un sourire patient, gommette sociale offerte à ses indéniables efforts fournis pour diluer la réalité. Néanmoins, au final, ce que la blonde comprenait à ce que la rousse pouvait lui dire, c’était qu’ils étaient une communauté néo-hippie sans cadre de cohabitation concrètement établi, sédentarisé pour des besoins purement capitalistes, aux mœurs mystérieuses et composé d’individus que Grace qualifierait d’hétéroclites pour s’épargner d’autres adjectifs moins plaisants. Sourire. Dans le cas d’une Glee Club, ça n’aurait globalement posé aucun problème. Des adultes plus ou moins responsables sans aucune ambition dans le domaine de la comédie musicale, cela formait une situation plus inquiétante. Bien plus inquiétante. Sans compter que…

-On m’a dit que vous aviez… accueilli un adolescent ?

Regard appuyé. Ce « On » représentait une espèce d’hydre chrétienne aux multiples faciès retouchés à la pointe du scalpel et barbe taillée avec soin entre deux réunions au country club. C’était l’animal de compagnie préféré de Grace, peut-être un peu socialement monstrueux dans son genre mais si attachant, et elle lui vouait une confiance bien trop aveugle. Outil formidable d’information, et d’éradication d’hérétiques, il était le plus vieux et définitivement plus efficace médias de ce monde.

-Mais tu as dit être venue pour moi... Hum, c'est-à-dire ?

Elle hocha sa petite tête avec gravité.

-Mais oui, pour toi.

Elle reposa la tasse et passa quelques secondes à la recentrer dans sa soucoupe.

-Faire partie des Second Chances…

Pause dramatique.

-… C’est un privilège. Une opportunité unique. J’espère que tu t’en rends compte…

« Mais je sais bien que non », criait son sourire laconique. Après tout, une telle idée n’aurait pu lui venir qu’avec une reconversion complète, phénomène au petit côté hardcore, même pour une anglaise. Cependant, une minuscule particule d’espoir subsistait dans l’imprévisibilité de la rousse : qui pouvait bien savoir de quoi était capable un cerveau imbibé de complément alimentaire hyper-hydrogéné des réserves personnelles de Sylvester, de solvant de peintures et de vapeur de coloration pour cheveux aussi agressives ? Certainement pas Grace. Et elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine forme de fierté à cette incompréhension physiologique.

-… Mais il incombe également des responsabilités. Quoique nous ayons pris une direction artistique…, elle se signa rapidement,… « innovante », les fondamentaux restent inchangés. Nous représentons le corps croyant de Lima. Nous chantons pour eux. Nous dansons pour eux. Nous portons bien haut le Flambeau rougeoyant de la Foi pour eux. Et nous sommes financés par eux.

Regard planté dans le sien. Sourire sucré. Ton joyeux de petit lutin babillard.

-Tu n’es pas exactement la personne parfaite pour incarner ces concepts, vois-tu. Pas du tout, même.

Ses yeux bleutés balayèrent la cuisine une nouvelle fois. Décidément, elle devait admettre qu’elle ne s’était pas attendue à un degré d’hygiène si élevé. Aucun animal éventré sur le plan de travail, aucunes traces explicites d’explosions, pas d’odeurs particulièrement suspectes. On pouvait même presque supposer l’ensemble propre. Elle qui s’était attendue à une reconstitution miniature de Bagdad post-bombardements, une petite touche nucléaire en complément, elle en arrivait presque à croire que le masque naso-buccal qui ne la quittait jamais lorsqu’elle s’aventurait en pareil territoire était d’une prévention superflue. Presque.  

-Tu ne l’as jamais été.

Le plat de sa main effaça un pli sur ses vêtements jusqu’à satisfaction parfaite. Sourire constant.

-Mais les gens changent.

Silence.

-Parfois.

Rarement.

-Est-ce ton cas Lexie Preston ?
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Mar 4 Mar - 18:13

Avec une contenance qu'elle ne se connaissait pas, la rouquine se retint d'éclater de rire et parvint même à hocher la tête à la négative d'un air très sérieux, quand la petite Hamilton lui fit part de son soulagement en apprenant qu'il n'était pas des mormons. Lexie se serait bien aventurée à lui expliquer qu'elle n'avait pas renier toute forme de religion organisée pour se rabattre sur une institution sectaire, mais de tels propos auraient sans doute fait exploser la cervelle étriquée de la blondinette. Elle se ravisa donc et but quelques gorgées de thé avant de lui faire un rapide topo sur la naissance de la Pension et de la galerie, doutant que cela suffise à apaiser la curiosité et les doutes de son interlocutrice. Car à mesure que la conversation se poursuivait, la jeune anglaise comprenait de mieux en mieux ce qui avait poussé Grace à s'aventurer en rase campagne pour venir frapper à la porte de l'une des rares maisons dans un rayon de quelques kilomètres. Elle était venue lui faire subir un interrogatoire en bonne et due forme, possiblement pour sauver son âme, sûrement pour s'assurer qu'elle n'avait pas laissé le diable entrer dans son église. Face à n'importe qui d'autre, Baby Preston aurait usé de son charisme certain, fait quelques blagues, peut-être même aurait-elle montré sa frimousse à la messe une ou deux fois pour la rassurer. Mais cette sorcière se montrerait imperméable et de toute façon, se persuaderait de ce qui lui ferait plaisir dans sa folie furieuse. Et Lexie avait vu bien assez de gens prendre leurs pincettes autour de la cadette du pasteur et n'avait absolument pas l'intention de se faire avoir. Néanmoins, elle accepta de répondre à ses questions, espérant au fond d'elle que la demoiselle s'en aille répéter ce qu'elle avait appris au reste de sa communauté et que cette dernière arrêterait de lui lancer des regards suspicieux et de chuchoter dans son dos au supermarché. Elle n'y croyait pas tellement et n'avait de toute manière rien à faire de ce que ces gens pouvaient penser. Mais ce n'était pas terrible pour les affaires quand les gens les plus riches et les plus respectables de la ville tendent à vous prendre pour une dépravée encline à la promiscuité. Le ton de la jolie blonde montrait d'ailleurs clairement que le concept de vie commune avec des gens d'âge et de sexe différents la dépassait complètement.

Elle aborda d'ailleurs le sujet de Jamie, comme on parlerait d'un chiot égaré. Lex se retint difficilement de lever les yeux au ciel et se contenta de répondre patiemment « C'est exact oui, Jamie Ainsworth. Il a 18 ans et est en dernière année à McKinley. Il fait partie de la famille d'un ami et nous avons décidé de l'héberger car il n'avait nulle part où aller. » Avec un peu de chance, cela les ferait passer pour de bons samaritains dans le coeur chrétien et généreux de miss Hamilton. N'ayant pas envie de voir cette curieuse créature fouiner pour d'avantage de ragots et n'étant pas certaine de pouvoir l'entendre médire sur ses colocataires, la rouquine prit le parti de ramener la discussion à l'Inquisition que Grace semblait avoir lancer à son encontre. Cette dernière confirma d'ailleurs sa théorie, la bassinant sur l'honneur qu'était une place chez les Second Chances. A l'entendre, on aurait pu croire qu'elle était devenue nonne ou avait rejoint le Parlement. Nul besoin de s'emballer, ça restait une chorale, dans un trou paumé de l'Ohio qui avait décidé qu'une compétition de glee clubs était le meilleur moyen de redorer son blason. C'était mieux qu'une équipe de bowling ou une exposition de tracteurs, il fallait l'admettre. Mais ce n'était pas non plus aussi important que l'étudiante semblait le croire. D'autant qu'au vu de la direction artistique en question, Lexie doutait fortement que la communauté protestante de la ville soit très encline à soutenir leur joyeuse bande.

Finalement vinrent les attaques personnelles auxquelles la londonienne s'était attendue, mais qu'elle n'appréciait pas pour autant. Du tréfonds de ses entrailles, la grande rousse éprouva une violente envie de coller la baffe de sa vie à cette prétentieuse gamine avec ses principes archaïques et ses jugements hâtifs. Lexie n'était pas parfaite dans ce domaine, il lui arrivait de former des opinions un peu trop promptes sur les gens. Mais elle s'était beaucoup améliorée dans ce domaine et était, au fond, quelqu'un d'ouvert d'esprit. Les êtres humains étaient beaucoup plus complexes que Grace Hamilton semblait être capable de le comprendre. Et peu de choses irritaient plus la jeune Preston que la bigoterie pure et simple et l'incapacité à voir plus loin que le bout de sa rue bien proprette et ordonnée. Malgré ses efforts de politesse et sa volonté première de faire preuve d'indulgence envers cette fille qui souffrait clairement d'un trouble psychologique quelconque, en plus des séquelles d'une éducation effroyable, Lexie céda. « Alors ma petite, tu va ouvrir grand tes oreilles de cul bénie biberonnée à l'intolérance et tu va bien m'écouter. Tu n'as aucun droit de venir dans MA maison pour insulter ma famille, mes amis et mes choix de vie. Je suis prête à y mettre du mien, prendre le thé gentiment et discuter avec toi, mais je ne tolérerai pas que tu viennes me juger jusque chez moi. Je crois que tu as un peu trop l'habitude que les gens acceptent l'incroyable grossièreté dont tu fais preuve envers qui ne partage pas ta foi. Je suppose que c'est parce que tout ne tourne pas très rond là haut et que tout le monde a peur que tu pète une durite et essaie de noyer quelqu'un dans de l'eau bénite, mais il est grand temps que quelqu'un te remette à ta place. » La rouquine prit une inspiration et une gorgée de thé pour se calmer un peu et conclut calmement, désignant l'entrée d'un vague geste de la main « Alors si tu ne te sens pas capable de mettre tes préjugés de côté deux minutes, je pense que tu sauras trouver la sortie comme la grande fille qu'il est temps que tu devienne. »
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Mer 5 Mar - 15:09

-Comme c’est charitable.

L’épithète n’était peut-être pas la meilleure que Grace ait pu choisir. Premièrement, elle ne pouvait s’empêcher de se dire que LPA aurait été bien plus indiquée qu’un rassemblement quand même très tourné sur la bacchanale perpétuelle pour accueillir un innocent et très certainement méritant jeune homme, à n’en pas douter plongé dans la frayeur et la fragilité émotionnelle la plus complète depuis qu’on l’avait attiré dans cette antre « d’éducation » particulièrement toxique. Deuxièmement, pourquoi cet enfant n’était-il pas avec l’ami en question, s’ils étaient donc du même sang ? Les Preston avaient-elles déchiré une famille aimante dans leurs pulsions malsaines de s’en recréer une pour elles-mêmes sur ce Continent ? Grace enquêterait. C’était son devoir. Mouvement de cheveux.

Lexie se mit soudainement à monologuer. Fine rides sur son front, points d’interrogation faciaux. Depuis quand était-elle sienne et petite ?

Les sourcils de Grace se collèrent à son cuir chevelu alors qu’un flot nauséabond d’insultes noyait ses tympans de variations particulièrement désagréables à son propos. C’était incompréhensible. Elle avait amené des muffins. Comment pouvait-elle ne serait-ce qu’envisager de lui parler ainsi ? Lexie ne méritait même pas le titre de maîtresse de maison. C’était révoltant. Elle avala une nouvelle gorgée de thé. Quoique vu l’état des nerfs de la rousse, dont la dégradation subite était seule explication probable à son explosion impromptue, ce soit plutôt elle qui en ait grand besoin, et en perfusion, Grace ne voyait pas d’attitude plus appropriée à l’agression qui  l’écrasait minutieusement.

-Tu n'as aucun droit de venir dans MA maison pour insulter ma famille, mes amis et mes choix de vie

Techniquement, Grace n’était pas exactement sûre que ça soit spécifiquement stipulé dans la Constitution. Elle préféra néanmoins ne pas s’informer plus en avant de cette information, le choc la contraignant à une grimace informe ses traits délestés de toutes traces sanguines. Sa main effleura son ventre.

Sourcillement. Lexie se considérait donc la plus civilisée des deux. Grace devait bien lui concéder ses manières parfaites, mais, compte-tenu de l’avantage londonien génétique dont elle disposait sans effort, toute la grammaire infecte qu’elle lui régurgitait dessus était impardonnable. Elle était la sauvage, par nature. Et si la rousse n’était pas en mesure de s’en rendre compte, c’était qu’elle était encore plus aveuglée par sa vie dissolue que Grace ne l’avait supposé. Hochement imperceptible de la tête. Baby Hamilton l’avait bien trop surestimée.

-Je suppose que c'est parce que tout ne tourne pas très rond là haut et que tout le monde a peur que tu pète une durite et essaie de noyer quelqu'un dans de l'eau bénite, mais il est grand temps que quelqu'un te remette à ta place

La bouche de la pianiste dessina un rond parfait. Son visage livide, les dernières couleurs relativement humaines qui y résidaient encore avaient définitivement reflués, s’était durci jusque dans la moindre fibre, figeant son expression comme dans la cire. Ses yeux attrapaient la lumière plus facilement. Sans doute à cause de la fine pellicule humide qui s’y était déposée au bord de ces cils. Elle baissa la tête. Contrainte à l’abandon de sa tasse par ses mains bien trop tremblantes, elle la déposa soigneusement, lentement. Elle posa ses paumes à plat sur ses genoux serrés. Quand elle releva les yeux, un sourire compatissant glaçait son visage entier, ces canaux lacrymaux apparemment bloqué par un jeu de muscles contractés par se mouvement.

-Je ne te juge pas, Lexie.

Flamboiement dans la pupille.

-Dieu le fait. Tous les jours. Toutes les secondes. A chacune de tes respirations. Et tu veux que je te dise ?, ton candide., Tu le sais. Au fond de toi, tu le sais. Mieux que quiconque. Et tu as honte.

Sourire absurde. Il n’y avait pas d’autres explications. Elle l’avait complimentée sur ses cheveux. Et Dieu savait que ça ne devait pas arriver souvent. Alors, en quoi l’avait-elle insultée ? En cherchant à mieux la connaître ? En tentant de protéger sa Communauté ? Grace avait bien agi. Il fallait être sérieusement dérangé pour ne pas le reconnaître.

-Je viens peut-être dans ta maison, mais tu fais de même, Lexie Preston. Tu es venue impunément dans notre maison à tous : l’Église. Et tu n’es pas du genre à t’essuyer les pieds avant de rentrer. Ce qui en soit n’est pas très étonnant venant d’une fille recrutée par Charlie Watson-Brown.

Jésus seul devait savoir ce dont ce démon brun pouvait bien être capable. Infecter les Second Chances de Lexie Preston, ce n’était qu’effleurer son potentiel de destruction. Grace n’était pas dupe. Et c’était sans doute cela qui gênait l’anglaise. Voix plus claire.

-Tout le monde partage ma Foi. Chacun croit. A sa façon, certes. Mais Dieu est dans tous les cœurs. Dans toutes les vies. Quant à ceux qui revendique leur vide d’âme… Hé bien, ils emplissent les quartiers de haute surveillance des prisons et le Cabaret de Lima.

Point. Regard entendu.

-Et c’est bien là que tu nous insultes. Toi, l’athée haineuse parmi Nous. Ton passé est une insulte. Tes convictions sont une insulte. Ta présence est le plus gros manque de respect que tu pouvais infliger à cette chorale, Lexie.

Caitlin avait expié sa faute dans les cuvettes des toilettes en même temps que ses repas. Christabella avait résisté  à la tentation. Cassie était une sainte. Ashandra une repentie, encore assaillie par ses démons. Emma était parfaite. Norah disposait d’une prestance qui ne pouvait venir que comme cadeau du Divin. Warren avait une glorieuse toison dorée. Les Faithorn’s étaient bien trop charismatiques et de trop grands mécènes pour pouvoir être soupçonné de quoique ce soit. Elle-même s’était faite honorée d’une Immaculée conception. Tous les membres de la chorale avaient mérité leur place. C’était leur Destin d’en faire partie. Ca allait dans la logique, dans le Plan. Mais qu’est-ce que Lexie pouvait bien avoir à faire avec toutes Planifications ? Rien. Rien du tout. Non. Pire. Du Mal. Voilà tout ce qu’elle pouvait amener. Le Mal. Et les queues de cheval.

Elle suivit du regard la main de Lexie. Puis hocha la tête gravement. Sans bouger.

-Je ne partirai pas, Lexie. Oh non. Ce serait bien trop facile.

Soupir.

-Dieu ne renie jamais ses enfants. Ce sont eux qui se détournent de Lui. Et c’est la mission de leurs frères et sœurs de les ramener au Foyer et de les aider à se pardonner eux-mêmes.

Sourire. Paillettes dans les prunelles.

-Tel est mon chemin.
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Jeu 6 Mar - 20:11

Même quand elle jugeait ses actions charitables, Grace ne parvenait pas à contenir tout le mépris qu'elle éprouvait pour la Pension. C'était amusant quand même, que de tous les bon samaritains du coin, ce soit elle qui se permette de venir ici pour établir son jugement divin sur leur maisonnée. Cette gamine n'avait sans doute jamais rien fait dans sa vie qui ne soit pas motivé par sa bigoterie, pour ne pas dire lobotomie. Oeuvres caritatives, galas de bienfaisance et travaux humanitaires devaient orner son CV et elle était sans doute persuadée que là était son devoir. Mais la charité qui consistait à s'acheter un ticket d'entrée au Paradis pouvait-elle vraiment être considérée comme sincère? La fille du pasteur aurait-elle eu un si grand coeur si on ne lui avait pas inculqué que c'était nécessaire pour qui veut faire partie de la brave communauté religieuse locale? Bizarrement, la londonienne en doutait fort. Toutefois, même si Lexie se sentait doucement perdre patience et finit par céder à son impulsion de remettre la prude Hamilton à sa place, elle ne put s'empêcher de se demander quel genre d'éducation cette pauvre fille avait reçu. Et avoir un peu pitié. Là, où l'enfant moyen regarde des films de ce bon vieux Disney et écoute des contes ancestraux, Grace avait-elle été abreuvée uniquement à la Bible? La Genèse et l'Arche de Noé faisaient de charmantes histoires, mais il y avait dans ces quelques milliers de pages des anecdotes plutôt affreuses. Et contradictoires. La rouquine se demanda comment son invitée forcée réagirait dans un débat théologique qui la confronterait à la réalité pure et simple des Ecritures. Ou peut-être que la petite étudiante s'était rodée à ce genre de discours et lui trouveraient des arguments foireux pour justifier le bordel sans nom qu'était les religions judéo-chrétiennes et leur rapport à la Bible. Jusqu'où allait la dévotion fanatique de la jeune fille, la jeune Preston ne tarderait pas à le savoir.

En voyant les grands yeux clairs de la gamine s'auréoler de larmes, elle s'était presque sentie coupable de la virulence de ses propos. D'autant plus qu'elle savait pertinemment que ce n'était pas la bonne approche à avoir. Il ne servait à rien de l'insulter et de la bousculer violemment dans ses convictions. Comme elle s'efforça de le démontra ensuite, la blondinette était irrécupérable et il était certainement parfaitement inutile d'essayer de la faire redescendre sur Terre. Grace Hamilton était sérieusement perchée et elle le resterait probablement toute sa vie. Si Seigneur Tout Puissant il y avait, ne restait qu'à espérer qu'il prenne le temps de se pencher sur le cas de sa fervente ambassadrice pour s'assurer qu'elle ne se reproduirait pas. Parce que sinon, nul doute que c'était le genre à avoir une flopée d'enfants ariens terrifiants avec des tresses et des petites culottes repassées. Peut-être Lexie assimilait-elle quelque peu enfants de grenouilles de bénitier et jeunesse hitlerienne, mais dans le cas présent, le résultat serait sans doute plus ou moins similaire. Et puis, la petite avait beau prétendre parler au nom de son Dieu, comme une Jeanne d'Arc moralisatrice des temps modernes, c'était bel et bien elle qui la jugeait et essayait de lui laver le cerveau. Malheureusement pour elle, Hamilton Jr était tombée sur un os en la personne de Baby Preston, qui était plus têtue qu'un troupeau de mules et entièrement confiante en son mode de vie. Et qui avait laissé la religion dans un coin de Camden, il y a bien une décennie. Elle se contenta donc de lever les yeux au ciel avec un sourire sarcastique en l'entendant lui dire qu'elle avait honte. Voilà bien un mot qui n'avait presque jamais été associé à Lexie Antonia Jane Preston. Honte. Mais bien sûr.

Légèrement calmée, la rousse laissa sa camarade choriste s'emballer, buvant son thé d'un air parfaitement désintéressé. Elle regrettait de s'être donnée la peine de gaspiller son énergie pour secouer un peu cette échappée d'asile qui - Lex le comprenait plus clairement que jamais maintenant - était parfaitement imperméable à la moindre once de raison. Pourtant, la britannique n'était pas des plus cartésiennes et était prompte à croire à bien des choses, regardait les émissions sur les événements surnaturels avec une passion certaine et était plus agnostique que vraiment athée. Il existait peut-être une Entité ou un Pouvoir qui les dépassait. Peut-être que l'univers était juste un amas de poussière d'étoiles voguant vers l'infini dans un hasard des plus complet. Peut-être brûlerait-elle en Enfer. Mais elle avait depuis longtemps arrêté de réfléchir à ses questions, préférant son style de vie hédoniste. Carpe diem, tout ça. A trop chercher à comprendre l'insaisissable, on finit par arrêter de vivre. Il n'y avait qu'à voir l'esprit torturé et grincheux qu'était sa chère maman pour se convaincre que l'optimisme était la seule conviction digne de ce nom. Une telle ouverture d'esprit échappait bien sûr totalement à l'ange blond t possédé qui occupait présentement sa cuisine. Sa tasse à la main, la nouvelle choriste pondéra ses options un instant, après s'être assurée que l'évangéliste en avait fini. Il était clairement établi à ce stade que cette fille était allumée et pas de façon rigolote. Pas comme Madeleine et ses amis imaginaires et ses idées farfelues. Non, Grace Hamilton était hautement flippante. Ce que Lexie savait déjà en vérité, mais malgré tous ses doutes, elle n'aurait jamais pu imaginé le monologue qu'elle venait de lui pondre, sur sa rédemption obligatoire et Dieu qui était partout. Cette idée était particulièrement dérangeante. Si Dieu il y avait, n'avait-il pas mieux à faire que de traîner sous la douche des filles? Genre sauver des enfants du cancer, tout ça.

Après un léger soupir, elle grommela dans son absence de barbe, sans pouvoir se retenir « Ton chemin va te mener à la porte ouais. » Avec un peu de chance, la bigote n'avait pas encore développé des oreilles bioniques et n'avait rien entendu. La jeune galeriste parvint à servir un sourire tout ce qu'il y a de plus hypocrite à sa vis-à-vis et répondit finalement dans un roulement d'yeux « Très bien, fais comme tu veux et qu'on en finisse. Comment ça va se passer, tu veux me confesser? Il risque d'y en avoir pour un moment et tes chastes oreilles seront probablement traumatisées à vie. Tu va me jeter de l'eau bénite pour chasser le démon en moi? » Elle ricana légèrement, incapable de prendre sérieusement l'énergumène qui se présentait à elle et lassée des pincettes dont tout le monde faisait preuve avec elle « Je suis ce que je suis Grace et j'ai assez confiance en moi pour ne pas me laisser atteindre par ton avis d'illuminée. Et si tu enlevais tes oeillères de temps en temps, tu te rendrais peut-être compte qu'il existe des gens bien qui ne s'usent pas les fesses à l'Eglise tout les dimanches. Je viens en aide à mon prochain, je ne jette pas la première pierre, je sais que ma liberté s'arrête là où commence celle des autres et j'estime être quelqu'un de généreux et tolérant. » Avec un froncement de sourcils, elle se replongea dans sa tasse de thé après avoir ajouté « Et je ne me comporte pas comme je le fais parce que quelqu'un me l'a dit ou parce qu'on m'a appris que c'est ce que Dieu attendait de moi pour que je passe l'éternité à me prélasser sur un nuage. J'agis suivant mon expérience, ce que j'ai établi comme mon code moral. Le monde n'est pas aussi manichéen que tu le crois, tu sais. » Finalement, la rouquine soupira et fit main basse sur un muffin. Pourquoi diable s'était-elle lancée dans cette discussion qui, elle le savait d'avance, ne mènerait à rien? Et qui lui prendrait sûrement la journée maintenant, quelque chose lui disant que la gamine pouvait être bavarde quand elle en avait envie. Au pire, elle irait demander de l'aide à JJ et la mettrait dehors de force. Sa mauvaise réputation n'était plus à ça près de toute façon.
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Ven 7 Mar - 20:54

-…Tu veux me confesser ?

-Oui.

Grace n’avait pas hésité une seconde. Il y avait des experts psychiatres qui passaient leur vie entière à rencontrer les cas les plus extrêmes de sociopathes, les pires meurtriers, ces hommes qui basculaient, un jour, sans prévenir, et, mathématiquement broyés dans la psychose, ne pouvaient plus faire marche arrière. Jamais. A une époque, juste après l’exécution, à peine déconnectés, on extirpait ces cerveaux de leur boîte crânienne. Soigneusement tranché, ces spécialistes vouaient leur existence à l’examen minutieux de ces coupes, cherchant à expliquer par tous les moyens l’état de dégénérescence auxquels ils avaient été livrés, à décortiquer ces monstres travestis en humains.

C’était exactement sa position actuelle.

Elle voulait comprendre l’esprit de Lexie. L’expliquer. Développer une théorie concrète, logique à sa personne. Grace n’était pas folle. Elle n’espérait pas précisément pouvoir la soigner. Mais l’étude dissiperait premièrement le brouillard trouble et psychotrope qui entourait le cas Preston 02. Et elle n’allait certainement pas perdre sa probable seule chance d’avoir accès à la cervelle de la rousse. Elle voulait sa tranche de cerveau.

-…tes chastes oreilles seront probablement traumatisées à vie.…

Sourire posé. Elle essayait d’éviter. Elle avait honte. Evidemment.

-Je ne servirai pas d’excuse à ton reste de conscience, Lexie…

C’était une Intervention. Elle était là pour l’aider. Pas pour lui faire plaisir.

-Tu va me jeter de l'eau bénite pour chasser le démon en moi?

Sourcillement. Pour qui la prenait-elle ? Une dérangée incompétente ?

-Ne sois pas ridicule.

Hochement grave de la tête.

-Tu n’exigerais pas plus qu’une simple apposition de crucifix.

Petit sourire poli. La consultation était sans honoraire. C’était son cadeau de bienvenue.

Ce que la Preston appelait confiance en elle, Grace le nommait satanisme. Ca devenait de plus en plus évident à mesure que le discours de l’anglaise se prolongeait. Certes, peut-être Lexie n’écorchait-elle pas des chèvres-toy noires au milieu de pentagramme inversé, encore que la blonde n’ait pas eu le plaisir de découvrir les autres parties de la Pension, ce qui, à la réflexion, était presque une raison suffisante pour supposer une chambre de torture dans les sous-sols, mais sa haine pour Dieu ne pouvait pas être humaine. Elle refusait de le croire. Aucune âme intacte ne pouvait se dégrader à ce point. Il fallait un déclencheur, une toxine pour infester son esprit. Et c’était de cela que Grace souhaitait préserver les Second Chances. Cheerio au club de chasteté, fille-mère pour l’été. Proverbe McKinleyen authentifié.

-...J'agis suivant mon expérience, ce que j'ai établi comme mon code moral.

Elle s’autorisa un air complaisant aux paroles de la jeune femme.

-Je ne doute pas qu’on puisse vivre correctement sans appliquer chaque jour la moindre virgule de tous les principes de notre Sainte Bible…

Mensonge éhonté. Mais il fallait établir une forme de communication.

-Mais dans ton cas, tu m’excuseras si je trouve un peu… abusif de parler de « moralité ».

Index et majeurs  collés se plièrent avec répétition sur ce dernier mot soigneusement articulé.

-Tu as tes mœurs, tes... coutumes. Que notre civilisation tolère. Comme elle tolère les peuplades cannibales d’Amazonie. Ou comme la loi ne condamne pas les séropositifs à ne plus avoir de rapports. Ca ne veut pas dire que c’est une bonne chose au final.

Haussement d’épaules.

- Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance. C’est bien là la seule injustice de notre Seigneur.

Regard insistant.

-Qui. Se. Repent.

Elle afficha l’air lassé d’une mère qui change une nouvelle fois les bandages de la main de sa fille après lui avoir répété vingt fois d’arrêter de ne pas appuyer sur les coussinets du chat endormi.

-Trois qualités ne compensent pas mille vices, Lexie. C’est un bon début. Mais ça reste évidemment insuffisant. Tu le saurais si tu avais effectivement ta place parmi nous.
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Ven 14 Mar - 10:29

Grace n'était donc pas contre l'idée de l'exorciser, crucifix en main et incantations latines à l'appui, sans doute. Voilà qui venait confirmer les plus sombres doutes de la rouquine, même si elle s'efforçait de plaisanter et de faire preuve d'autant de bravade que possible. Allez savoir ce que cette tarée pouvait faire ensuite. La forcer à réciter dix Notre Père. Grimper jusqu'au grenier sur les genoux en se fouettant avec une corde à rideaux en signe de pénitence. Faire Carême et manger du poisson le vendredi. Ou bien était-ce les catholiques? Qu'importe, la fanatique était passée en mode full on Jesus freak et semblait donc persuadée que son petit laïus pouvait convaincre Lexie de renier sa vie de pêcheresse et d'accepter avec béatitude la grâce - littéralement - du Seigneur. Mais Lexie Preston et le Tout Puissant avaient déjà réglé leurs comptes il y a moment et étaient parvenu à un accord. La jeune femme n'était pas certaine à 100% qu'Il ai accepté, mais Il n'avait pas non plus montré de signe de désapprobation trop évident, du type éclair sur la tête ou colonie de sauterelles. Il était facile de déduire, à partir de là, qu'elle n'avait rien commis de si répréhensible aux yeux de cet hypothétique Dieu. Alors qu'elle devait avoir douze ou treize ans, la demoiselle, saisi d'un doute des plus existentiel, avait adressé de petites prières à toute une panoplie de divinités. Elle s'était adressé à Yahveh, Allah, Bouddha, Zeus et une myriade d'autres déités, venues de diverses mythologies, histoire d'assurer ses arrières et de ne pas léser qui que ce soit. Elle avait même fait des recherches sur les totems et les esprits des ancêtres et s'était prise de curiosité pour les dieux nordiques, pour le moins haut en couleurs. Elle leur avait demandé pardon à tous, pour toutes les fautes qu'elle avait ou allait commettre, avait juré qu'elle ferait de son mieux pour être quelqu'un de bien et préciser qu'elle ne voulait offenser personne. Depuis, la galeriste s'était sentie plus ou moins débarrassée de toute corvée religieuse, estimant avoir mis ses affaires en ordre avec quiconque régnait - ou non - sur le commun des mortels. Personnellement, elle espérait croiser Thor ou Aphrodite si au delà il y avait, mais son peu de connaissance en matière scientifique la laissait suspicieuse quant à cette éventualité. Même si le polythéisme était beaucoup plus logique à son humble avis. Qui a le temps et l'énergie de veiller sur tout ce troupeau d'humain débile, en plus des bêtes et de la météo? Un vieux barbu débordé expliquerait pourquoi tout commençait à partir à vau l'eau ceci dit. Après plusieurs millénaires de bons et loyaux services, il ne pouvait être tenu pour responsable du bazar qu'avait mis l'humanité et commençait à décrocher. Mouais. La londonienne n'était pas franchement convaincue.

Perdue dans sa petite digression mentale, qui l'empêchait de vraiment écouter les âneries que débitait Blondie et donc d'avoir envie de lui écraser la tête dans ses muffins, Lexie finit par raccrocher les wagons, offrant un sourire distrait à son interlocutrice, qui s'était mise à lui citer les Saintes Ecritures. Elles pouvaient être deux à ce petit jeu là, après tout, Baby Preston avait reçu une bonne éducation typique et avait eu son lot de cours d'éducation religieuse. Et puis, elle avait par la suite étudié à foison la littérature britannique, notamment du XIX° siècle, qui étaient parsemée de références bibliques Et inutile de parler de son cursus d'histoire de l'art. Sur ce terrain là, la rousse avait des connaissances plutôt solides, d'autant qu'elle n'aimait rien tant qu'utiliser les armes de ses adversaires contre eux. Avec un sourire aussi angélique et flippant que celui de la petite Hamilton, elle rétorqua donc « La seule injustice, vraiment? On donnera à celui qui a, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. Bon déjà, c'est un peu lourd comme structure de phrase mais, je suppose que c'est un effet de traduction. Et si je me souviens bien, il y a plus d'une histoire de lapidation, de femmes en particulier et une obscure interdiction au sujet des fruits de mer? » Elle fronça les sourcils d'un air interrogatif, comme pour s'en remettre au jugement de l'experte en la matière, mais reprit bien vite son argumentation, aussi vaine soit-elle. « Ce qui est compréhensible, pour l'époque quoi, la chaîne du froid, ça devait pas être trop-trop ça. Mais bon, ne vient pas me citer la Bible pour te justifier. C'est un ensemble de textes disparates qui peut vouloir dire tout et son contraire suivant le passage que tu choisis. » La galeriste accentua son sourire blancheur et ajouta, non sans une certaine lassitude « Ecoute, je me fiche bien que tu sois une illuminée, je m'inquiète un peu pour ta santé mentale et ton bien être sur le long terme mais bon, après c'est pas mon problème. » Et s'il y avait un pays pour que cette tarée puisse prospérer en paix, c'était les Etats-Unis d'Amérique. Amen. « Tu vis comme tu l'entends et je ne juge pas. Alors, fais pareil de ton côté. Jésus était un mec plutôt cool, il s'est fait laver les pieds par une catin ou je ne sais quoi, il a dit qu'il fallait pas juger son prochain tout ça. Suis donc sa ligne de conduite, je suis sûre que ça sera mieux pour tout le monde. » Après tout, le personnage historique réel qu'était ce bon vieux Jésus était un type plutôt hors du commun, surtout pour l'époque. Il traînait avec douze bonhommes et des collecteurs de taxes, une bande d'intouchables, de pauvres, de mendiants et de malades et diffusait un message précurseur du mouvement hippie à une époque de conquêtes et de bains de sang. Ca avait certes très mal fini pour lui, mais c'était un personnage des plus sympathiques et intéressants. Persuadée qu'il aurait fait un excellent camarade de beuverie et de discussion, Lexie refusait donc de voir sa parole utiliser contre elle 2000 ans plus tard.

En savourant son muffin entre deux blasphèmes, Lexie constata qu'elle n'avait pas tout perdu et que la petite et ses moeurs de femme au foyer des années 50 avait du bon, puisque ses pâtisseries étaient pour le moins excellentes. La jeune anglaise ajouta donc, dans une nouvelle tentative de chasser l'agneau du repère de la meute, « On en a fini non? T'as eu ta dose, tu peux aller crier à Papa et Cassandra que moi et ma maison sommes l'objet du démon. Mais merci pour les muffins hein, délicieux. Si tu veux, on fait un échange de recettes? Histoire que je n'ai pas complètement perdu mon temps. » Peut-être qu'un changement de sujet la ferait déguerpir plus vite. Elle avait foi.
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MessageSujet: Re: 03. [Pension Preston] Knockin' on Heaven's door   Jeu 27 Mar - 20:54

-La seule injustice ?

Elle hocha la tête avec le sourire d’un assureur de voiture qui voit se profiler dans l’horizon de son bureau frénétiquement nettoyé le contrat de charge des véhicules de l’entièreté de la famille Kardashian, poussettes à moteur électriques brodée de "YOLO" au fil d'or comprises.

-"On donnera à celui qui a, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a."Bon déjà, c'est un peu lourd comme structure de phrase mais, je suppose que c'est un effet de traduction.

Grace ne se sentait pas à l’aise. Entendre Lexie Preston déclamer des passages de la Sainte Bible comme l’annonce d’une promotion spéciale sur le bacon mariné au supermarché du coin, cela avait quelque chose de profondément dérangeant. C’était un peu comme si on lui avait agité sous les yeux un original d’Edgar Allan Poe faisant l’apologie des Licornes ou un documentaire de trois heures sur le réarrangement des quarks top dans la fission atomique réalisé par Brittany S. Pierce. Cela frôlait quand même un peu trop le domaine de blasphème. Pour faire face à l’absurdité vaguement horrifique de la situation, la Hamilton adopta l’attitude qui depuis la nuit des temps, des femmes au foyer du néolithique en passant par les matrones à peine nubile de la Rome Antique jusqu’aux Californiennes composés à près de quatre-vingt-trois pourcents de plastique fondu qui passaient dans ces show télé sur l’addiction à la chirurgie esthétique, était l’ostentation la plus probante de la Dignité Féminine : bouche largement ouverte et main plaquée au-dessus de son opulente poitrine.

-La Parabole des Talents.

Le murmure qui s’était échappé de ses lèvres avait un petit côté guttural qui n’avaient absolument rien à envier aux vagissements des oursons émergeant de leurs quelques semaines d’hibernation ferme.

Evidemment, la rousse ne pouvait pas comprendre. Grace ne jugeait pas excessif, au vu de la considération qu’elle avait pour ses principes déviants, de considérer que Lexie devait nécessairement se vautrer dans luxure et paresse à longueur de jours, usant et abusant chaque jour plus profondément du système et de la crédulité des pauvres gens à qui elle refourguait les fins de pots de peinture de sa Pension en prétendant orgueilleusement qu’un peu de poussière et de crasse en faisait de l’Art. Et quant à l’usage des quelques notes correctes que le Seigneur avait daigné dans sa mansuétude glisser dans sa voix, elle ne doutait pas qu’elle servait bien plus la cause d’hymnes à beuveries que le chuchotement de prières innocentes.

-Quant au serviteur inutile,…

Regard insistant.

-… jetez-le dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents.

Sourire éclatant.

-Je ne vois pas où est le problème.

-...il y a plus d'une histoire de lapidation…

-Il fallait bien distraire les enfants.

-… de femmes en particulier…

-Une belle preuve de Parité.

-… Et une obscure interdiction au sujet de fruits de mer ?

-C’est de la prévention. Prends les mollusques. Ils n’ont ni écailles ni nageoire. Ni… visage. Et pourtant, ils survivent depuis des millénaires. Dans l’eau. Tu ne trouves pas ça suspect, toi ?, éclata-Grace dans un frisson, interloquée face à la naïveté de la Preston.

Elle glissa un Amen complaisant à l’évocation des déficits de la chaîne du froid dans la Jérusalem pré-Crucifixion.

-...ne vient pas me citer la Bible pour te justifier. C'est un ensemble de textes disparates qui peut vouloir dire tout et son contraire suivant le passage que tu choisis.…

La blonde se leva d’un bond. Ingénue Voltairienne aux reflux gastriques, Lexie crachait sa bile alcoolisée sur tout ce qui composait l’existence de Grace, sa raison d'être. Sur l’essence-même des Second Chances. Et elle était sensée supporter ça ? Pâle et tremblante alors qu'une hippie grosso modo civilisée remettait en question sa Foi dans chaque respiration, et prétendait s'inquiéter de son bien-être ? Voilà l'attitude qu'on attendait d'elle ? Le nez dans ses pâtisseries, sa langue coincée entre ses molaires ? Hors de question.

-Tu vis comme tu l'entends et je ne juge pas. Alors, fais pareil de ton côté. Jésus était un mec plutôt cool, il s'est fait laver les pieds par une catin ou je ne sais quoi, il a dit qu'il fallait pas juger son prochain tout ça. Suis donc sa ligne de conduite, je suis sûre que ça sera mieux pour tout le monde…

Sourire amer.

-Jésus a fait confiance à Judas.

Ses yeux criblèrent ceux de l’anglaise d’un regard peut-être un peu trop brillant.

-Peu importe la condition sociale de ses pédicures, peu importe ses messages d’Amour ou du nombre de tresses qu’il a pu faire avec sa barbe … Son Choix et les conséquences qui en ont suivi nous servent d’exemple. De leitmotiv. L’histoire se répète. Je le Sais. Je le Vois. La Traîtrise est Inévitable. Elle est d’ores et déjà dans nos rangs. Ne le nie pas. Je ne te laisserai clouer le corps de personne sur la place publique, Lexie Preston.

Son timbre virait dans des aigus relativement inquiétants. Pourtant, étonnamment, Grace était parcourue d'un étrange sentiment de satisfaction. Lexie n'avait pas évolué. Elle était restée elle-même. Aux antipodes de ce que Grace appelait l'être humain. C'était rassurant à un point inattendu. Elle n’avait jamais aimé les changements. Pour elle, l’Ordre était fixé depuis bien plus longtemps que jamais ne pourrait l’imaginer l’Homme et se poursuivrait, inéluctable, bien après que le moindre atome humain ait disparu de l’Univers très organisé par le Seigneur, sorte de Control Freak Cosmique, chef d’un orchestre qui avait placé au millimètre près la plus infime vibration du plus petit électron dans la grande partition de l’existence. Et elle n'était pas prête à laisser une ressortissante débauchée tout bouleverser.

Les cils s’effleurent. Une fois. Deux fois.

-On en a fini non?

Grace certainement, mais elle ne doutait pas que Dieu saurait se rappeler à elle à l’heure du Jugement. Et ce jour-là, elle comptait bien être la première à recevoir la notification divine.

-T'as eu ta dose, tu peux aller crier à Papa et Cassandra que moi et ma maison sommes l'objet du démon.

Sourire glacé.

-Je saurai bien me charger de tout-ça toute seule, ne t’inquiète pas…

D’un mouvement capillaire d’une maîtrise parfaite, Grace ramena sa masse dorée sur le côté et s’écarta vers la porte de sortie. Son pas si déterminé fut cependant stoppé net.

-Mais merci pour les muffins hein, délicieux. Si tu veux, on fait un échange de recettes? Histoire que je n'ai pas complètement perdu mon temps.

Une seconde de silence. Une seconde figée. Le sac à main tomba sur le sol. Elle pivota en une microseconde et il n’en fallu gère plus pour qu’elle se retrouve à quelques centimètres du visage de la rousse. Dans son élan, elle s'élança de tout son poids et enroula ses bras autour du corps de la Preston, stoppant son mouvement en étreignant avec une force inattendue sa prise. Sa main se glissa dans les cheveux roux luisants, sa bouche s’approcha de l’oreille qui en émergeait.

-Tu seras pardonnée, un jour, Lexie. Ne t’en fais pas.

La compression cessa aussi brusquement qu'elle s'était exercée. Sans attendre, elle se détacha et tourna les talons sans une hésitation, récupéra son sac et, celui-ci fermement accroché à ses doigts, elle se pressa jusqu’ à la porte.

-Oh, pour les muffins…

Sa main sur la poignée, elle se tourna vers la silhouette laissée derrière elle.

-Le secret de la pâte, c’est les vers de farine.

Pauvres en matières grasses et petit goût de noisette. Et l'apport d'un croquant incomparable, évidemment.

Trois fossettes creusées par un sourire enfantin dans la joue droite.

La porte claqua.
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