Choriste du mois


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 03. Only hate the road when you're missing home

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I'm obsessed with the mess that's America
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MessageSujet: 03. Only hate the road when you're missing home   Mar 24 Déc - 17:17

C'était bientôt Noël, la fin du premier trimestre approchait, et Ingrid avait pris sa décision concernant son orientation. Le choix avait été très difficile. Elle avait toujours su qu'elle voulait étudier à Harvard, mais elle avait du choisir entre un cursus musical spécialisé, et un cursus artistique plus vaste. Elle avait du choisir entre la tentation de faire carrière dans la musique, d'être elle-même la star, et une vie plus posée aux alentours de la musique et de l'art en général. Et c'est ce qu'elle avait choisi. Parce qu'elle était raisonnable et qu'elle savait qu'il était plus intelligent d'avoir un métier stable, qui lui permettrait d'être en sécurité côté financier, et sans doute de pouvoir élever des enfants. Même si elle n'en était pas encore là, elle envisageait toujours l'avenir avec un œil prévoyant. Elle n'était pas faite pour mener une vie de bohème, la stabilité et la routine avaient leur côté apaisant. Mais le souci, c'est qu'en choisissant d'entrer à Harvard en cursus artistique général, il allait falloir qu'elle pallie à certains handicaps, notamment le fait qu'elle ne sache pas dessiner. Elle s'était inscrite au studio de danse pour prendre des cours de danse, elle savait jouer du piano, elle chantait, faisait partie d'une chorale. Elle s'intéressait au théâtre et au cinéma, mais elle ne savait absolument pas dessiner et elle n'avait pas l’œil pour tout ce qui était esthétique de l'art. Il fallait donc qu'elle se mette au niveau si elle souhaitait intégrer la prestigieuse université de ses rêves.

C'était pour cette raison qu'elle avait demandé à Miss Rosenberg, la professeur d'arts plastiques de McKinley de l'aider en lui donnant les quelques cours particuliers dont elle avait sérieusement besoin. Et même si les progrès étaient à peu près constants, l'adolescente se sentait toujours aussi nulle en dessin. La preuve était que le dessin de nature morte qu'elle devait faire ce jour-la, ne ressemblait à rien. Tout était disproportionné, elle n'arrivait pas à imaginer la chose dans sa tête, et encore moins à la reproduire sur le papier. Sa corbeille en osier ressemblait à un sac poubelle, et la poire qui était censée se trouver dedans ressemblait à une pomme de terre. Elle froissa la feuille, et tenta de recommencer, mais ce n'était guère mieux. La fatigue la gagnait. Elle faisait tout son possible pour être dynamique et impliquée sur tous les fronts : les études, les enfants de Quinn, ses révisions, les répétitions du chorale, la construction du char, le piano, les leçons de danses, mais elle ne pourrait pas continuer à ce rythme très longtemps, il fallait qu'elle fasse une pause. Les vacances commençaient deux jours plus tard, et elle avait hâte, vraiment hâte. Elle était exténuée, et démotivée. Si seulement elle avait pu rentrer chez elle pour les vacances, pour voir les siens, passer Noël avec sa famille, qu'elle n'avait pas vu depuis maintenant trois mois.

Mais elle ne devait pas se plaindre, elle ne devait pas craquer. Elle avait des responsabilités, et les assumerait jusqu'au bout. Et c'était elle qui avait choisi d'avoir tant d'activités, elle s'était engagée maintenant, il fallait qu'elle continue sur cette voie. Et ce n'était pas son genre d'abandonner. Elle se focalisa à nouveau sur sa feuille, ce n'était pas le fait de penser à sa fatigue qui allait l'aider à dessiner sa corbeille. Et puis elle n'aimait pas se plaindre, même si c'était une plainte intérieure. Elle prit un autre crayon pastel, peut-être qu'elle aurait plus de chances avec celui-ci. L'adolescente commença cette fois par dessiner la poire, doucement, en traçant chaque trait avec attention. Lorsqu'elle eut fini, elle leva son dessin à un bras de son visage pour observer son travail. La queue était bien trop grande. Saperlipopette, n'y arriverait-elle donc jamais ? Elle regarda sa feuille, poussa un long soupir, mais ne se résolut pas à la jeter. Au moins, elle avait presque dessiné une poire. Elle prit un autre crayon, marron cette fois, et tenta de dessiner non pas une corbeille, mais une boîte cubique, ça serait beaucoup plus simple. Elle prit une règle pour les arrêtes du cube autour de la poire, et une fois cela terminé, elle dessina une petite note de musique sur la boîte puis coloria autour. Même si ce n'était pas fameux, elle avait dessiné quelque chose.
- Miss Rosenberg ? appela-t-elle, hésitante. Elle avait détourné l'exercice de base et le savait. Tant pis.

Elle attendit que la professeur arrive et lui montra son dessin, le rouge au joue.
- Je suis vraiment désolée, je... je n'arrivais pas à faire mieux. J'ai vraiment essayé... Désolée, sa voix se brisa. Elle n'arriverait jamais à faire mieux de toute façon, c'était peine perdue. Elle n'était pas douée pour le dessin.
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MessageSujet: Re: 03. Only hate the road when you're missing home   Jeu 26 Déc - 19:35

Un tas de copies haut comme son bureau avait beau attendre le jugement gentiment impartial de Caitlin, la professeure d’arts plastiques était plantée depuis de longues minutes devant la grande fenêtre de sa classe, l’index posé sur le cœur de ses lèvres contractées en une moue boudeuse. C’était la nostalgie des vacances qui l’assaillait déjà. Quinze jours sans se rendre au lycée relevaient de la pure torture pour la jeune femme. Elle savait que durant le hiatus de ce début d’hiver, elle n’aurait plus aucune excuse pour ne pas participer aux répétitions des Second Chances. Son alibi favori, à savoir ses cours à préparer, ne prendrait pas auprès de Joanna durant cette période festive de l’année et c’était bien dommage, en plus d’être drôlement ennuyeux pour la malheureuse CJ. L’assistante de la chorale qu’elle côtoyait n’avait pas baissé sa garde la concernant. Elle continuait toujours à l’affubler de sobriquets rabaissant ou prenait plaisir à la prendre comme un exemple à ne pas suivre lorsqu’elle partait dans des envolés lyriques résumant tout le bien qu’elle pensait de la cohésion du groupe, des valeurs fondamentales de leur illustre directrice et de l’enthousiasme général témoignant de la fidélité de chacune des filles qui s’étaient engagée à rejoindre les rangs des Second Chances, et qui en passant la porte de l’annexe de l’église le jour même de leur audition, avaient signé un contrat tacite les liant pour toujours à la définition même du mot chorale et blablabla… Caitlin aurait eu deux ou trois modifications à apporter à la stylistique indigeste de sa congénère, mais elle doutait que ses corrections soient vraiment appréciées, alors elle se contentait de suivre ses discours avec une bonne dose de seconds degrés.
Sans nul doute que ses rapports cordiaux (trop pour être sincères, pensait-elle assez justement, d’ailleurs) avec son ex-meilleure amie étaient la cause principale de cet élan de démotivation chez la choriste. Elle ne se cachait plus d’éprouver une profonde tristesse à l’idée qu’un trait soit définitivement tiré sur cette relation si spéciale qui les unissait lorsqu’elle était amies. Mais puisqu’il devait en être ainsi, puisque Cassie avait pris la décision de ne plus en avoir cure des états d’âme et autres excuses de la brunette, cette dernière avait de son côté décidé de se montrer digne et de ne plus laisser l’occasion à personne de s’apercevoir qu’elle souffrait véritablement de cette situation. Désormais, CJ garderait la tête haute et son éternel sourire accroché à son visage. Elle se donnait le temps des vacances de Noël pour s’habituer à sa nouvelle politique, ce qui l’aiderait à supporter les longues journées de solitude qui se profilaient.

Un long soupir la tira de son observation distraite des arbres qui dansaient devant ses yeux. Caitlin détendit son visage et tourna la tête vers l’unique élève installée à une table au centre de la pièce. Ingrid Svensson était venue la trouver pour lui demander de l’aide en dessin, se disant très peu douée pour cette discipline. Caitlin avait accepté de l’accueillir plusieurs fois par semaine pour lui donner un coup de main et lui permettre de progresser. L’art était subjectif, Ingrid avait du mal avec cette notion pourtant essentielle dans le monde ultra-codé du dessin et de la peinture. Elle finissait par se braquer au moment où sa confiance s’effritait et que son travail lui paraissait indigne d’intérêt. Caitlin n’était pas de cet avis. Chaque élève qui passait dans sa classe avait le droit à un peu d’attention. Certes, il y en avait des plus doués que d’autres, mais pour la jeune femme, la frontière entre la nullité et la virtuosité n’existait pas : tout le monde pouvait dessiner, comme tout le monde pouvait danser.
La voix de l’adolescente résonna dans la pièce. Avec un sourire naturel, Caitlin s’approcha de sa table et glissa les lunettes qu’elle avait remontées sur ses cheveux pour les mettre devant son nez. L’exercice qu’elle avait donné à Ingrid était particulièrement difficile pour quelqu’un qui n’avait pas l’habitude de dessiner, mais Caitlin avait toute confiance en la volonté des individus. Aussi, lorsqu’elle remarqua dans le ton de la blonde un soupçon de détresse, elle ne put s’empêcher de s’en vouloir d’avoir été trop audacieuse en lui proposant pareil sujet et elle s’assit en face d’elle, les yeux rivés sur la feuille de papier qu’elle avait prise dans ses mains.

« C’est très bien, Ingrid ! » l’encouragea-t-elle en examinant chacun des détails de son dessin. La note de musique l’interpella et elle laissa aussitôt son regard, légèrement agrandi par les verres de ses lunettes, passer du dessin au visage de la blonde, et elle plissa les paupières. Loin d’elle l’idée de faire de la psychologie de comptoir, mais quelque chose semblait clocher chez la jeune fille. Étant membre des New Directions, la pression relative au défilé de chars organisé par le centre commercial ne devait pas être étrangère à cette mélancolie qu’elle lisait sur ses traits poupins. Caitlin releva le menton pour la regarder, un peu perplexe quant à ses excuses injustifiées et tout en déposant le dessin sur son pupitre, elle lui dit « Pourquoi tu devrais te sentir désolée ? » Elle croisa les jambes, puis vint tapoter très doucement la main de la jeune fille « Hey, c’est un joli dessin ! Ingrid… » commença-t-elle tout bas « On est que toutes les deux. Ce n’est même pas un vrai cours, ce n’est que du tutorat. » Pour la rassurer, elle accompagna ses paroles d’un tout petit sourire « Je sais que c’est difficile, toute cette pression. Les cours, le glee club, le choix de ton orientation… mais tu n’as rien à craindre ici, tu peux parler de tout ce que tu veux. À partir de… » Pour regarder l’heure sur sa montre, Caitlin leva le poignet devant ses yeux et attendit que l’aiguille sonne la fin officielle du cours particulier qu’elle lui donnait « À partir de maintenant, je ne suis même plus ton professeur. Je suis juste Caitlin. »
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MessageSujet: Re: 03. Only hate the road when you're missing home   Dim 29 Déc - 16:31

Malgré les encouragements de sa professeur, la lycéenne savait que ce qu'elle faisait n'était pas bien. Elle avait toujours eu un regard très objectif sur ce qu'elle faisait. C'était nécessaire pour tout améliorer. Et elle savait, que si elle montrait ce dessin à n'importe qui sachant à peu près bien dessiner, cette personne lui rirait au nez. Tant que ça sera disproportionné et qu'elle n'arriverait pas à bien placer les ombres et la lumière, elle ne serait pas satisfaite d'elle-même. L'université élitiste d'Harvard lui demanderait l'excellence, pas la médiocrité. Elle ne pouvait pas se permettre de continuer de dessiner si mal, elle devait redoubler d'efforts. Elle en mourrait d'envie de progresser, mais elle sentait son courage faiblir un peu plus à chaque trait qu'elle traçait. En chant et en piano, tout avait toujours été facile, sa progression avait été rapide, elle avait l'oreille musicale. Mais en art visuel, c'était une autre paire de manche, elle n'avait ni le coup de crayon, ni la représentation dans l'espace et elle se rendait à présent compte que cela allait lui faire cruellement défaut dans ses études à venir. Et quoi que sa professeur puisse lui dire, elle se sentait toujours aussi désolée de ne pas être à la hauteur de ce que celle-ci lui demandait. Ce n'était pourtant pas le premier cours qu'elle prenait, et elle n'était toujours pas au niveau.

Elle avait le visage levé vers sa professeur mais le regard dans le vague, elle avait bien trop honte pour soutenir son regard. Lorsque Miss Rosenberg posa sa main sur la sienne, la jeune blonde qui avait pourtant pour habitude de s'éloigner de tout contact physique avec les gens, n'eut pas la force de retirer sa main, se laissant pour une fois envahir par le réconfort que lui apportait ce geste. Elle lança un rapide coup d’œil vers sa professeur et entraperçut son sourire, mais détourna immédiatement le regard vers autre chose. Et même si celle-ci lui disait que son dessin était joli, elle savait que c'était faux, rien ne la convaincrait. La seule chose à peu près réussie sur le dessin, c'était la note de musique. La seule chose qui ne faisait pas partie de l'exercice, et aussi la seule chose que la Suédoise avait l'habitude de dessiner.
- C'est gentil d'essayer de m'en convaincre, mais je sais que ce dessin est nul, miss Rosenberg. Je n'ai même pas respecté la consigne.

Elle ne devait plus laisser sa voix flancher. Elle ne devait plus laisser transparaître la fuite évidente de son courage. Elle devait faire comme si toute cette fatigue, et tout ce poids qu'elle avait sur les épaules, au sens propre comme au sens figuré puisque la pression qu'elle accumulait se traduisait par de sacrées tensions musculaires, n'existaient pas. Rien ne devait être visible. Il fallait qu'elle ait l'air forte même si dans son corps, c'était comme si chaque cellule menaçait de craquer, d'exploser, libérant ainsi toute l'eau qu'elles contenaient, l'acheminant progressivement vers ses canaux lacrimaux. Non. Elle ne devait pas pleurer. Pourquoi pleurerait-elle d'ailleurs ? Pour un malheureux dessin qu'elle n'avait pas réussi ? Non, bien sûr que non. Il était juste la goutte qui faisait déborder le vase désormais bien rempli de tout ce qui n'allait pas et dont elle ne parlait jamais à personne. Il fallait que tout sorte, mais elle ne pouvait pas en parler à qui que ce soit, Quinn avait assez de soucis pour ne pas en rajouter, et elle ne pouvait décemment pas se confier à sa professeur d'arts plastiques même si celle-ci essayait de la mettre en confiance.
- Je.. Ce n'est rien.

On ne se confiait pas à un professeur, ce n'était pas son rôle d'écouter les jérémiades des élèves. A moins que justement ladite professeur ne soit plus dans le cadre de l'exercice de ses fonctions, ne serait-ce que le temps d'une heure. Il fallait qu'Ingrid parle à quelqu'un de ce qui la tracassait avant d'exploser et il était vrai qu'elle faisait bien plus confiance aux adultes qui l'entouraient qu'à ses camarades lycéens. Alors si miss Rosenberg se proposait d'être une oreille attentive, il fallait en profiter.
- En fait c'est tout ce que vous avez mentionné plus tôt, miss Rosen... euh... Caitlin.

Elle n'avait pas l'habitude d'être si familière avec les membres du corps enseignant. Si elle appelait la mairesse et chef de choeur des New Direction "Sue" au lieu de "miss Sylvester", malheur s'en prendrait à elle. De toute façon, il fallait toujours être d'accord avec elle. Toujours l'écouter, toujours donner le meilleur pour que sa chorale gagne. A l'entendre, ce n'était même plus la chorale des élèves de McKinley... Les ND lui appartenaient, tels des esclaves. Ils travaillaient pour elle, et sous contrat en plus. Depuis quand on signe un contrat pour rentrer dans une chorale ? Plus cela allait, plus Ingrid regrettait d'avoir accepté d'intégrer la chorale. Remarque, même si elle n'avait pas accepté, elle aurait été enrôlée de force dans cet engrenage infernal et sans issue. Sans issue. C'était exactement cela. Elle aurait aimé pouvoir sortir de l'univers "compétition des chorales", s'évader de toutes les répétitions, ne serait-ce que pour quinze jours. Elle aurait aimé rentrer chez elle, mais elle était prisonnière de la chorale. Elle savait que si elle retournait voir sa famille, et qu'elle ratait des répétitions, elle aurait droit à un long discours sur son incapacité, de la part de la mairesse. Mais celle-ci avait trouvé la bonne combine pour obliger la Suédoise à rester à Lima en permanence. En lui mettait la pression et en lui donnant des responsabilités, elle forçait celle-ci à respecter ses engagements envers le glee club. Et Ingrid savait que cela voulait dire qu'elle ne pouvait pas rentrer chez elle, et donc, tant qu'à rester à Lima et participer aux activités des ND, elle mettait toujours tout son cœur à l'ouvrage, pour que tout soit parfait, et donc Sylvester était satisfaite, et lui donnait encore plus de travail, qu'elle faisait toujours aussi bien. C'était un cercle vicieux dont elle ne pouvait pas sortir. Et elle en avait marre.
- J'aurais aimé rentrer chez moi, en Suède, pour les vacances d'Halloween, mais il y avait le bal organisé par miss Sylvester, donc je ne pouvais pas rentrer. J'aurai également du passer Noël en famille, mais il y a le concours de char, et je suis encore soliste, comme d'habitude, et je ne peux toujours pas rentrer. Je sais que si je rentre, miss Sylvester va me passer un savon... Elle serait même capable d'attribuer notre défaite à la compétition à mon absence si l'on perdait. Elle me ferait porter le chapeau, en m'obligeant ainsi à donner encore et toujours le meilleur de moi-même par derrière. Elle s'en fiche que ma famille me manque elle. Tout ce qui compte, ce sont ses maudits trophées.

Peut-être en avait-elle trop dire sur l'impitoyable directrice du Glee club. Et pourtant, elle brûlait d'envie d'en dire encore plus. Mais il fallait qu'elle se ressaisisse. Et peut-être que la professeur d'arts faisait partie des amies de cette dernière. Pour peu qu'elle ait des amis. Dans sa lutte perpétuelle contre la concurrence et le reste du monde, tenait-elle réellement à quelqu'un ?
- Ne lui dites pas que je vous ai dit tout ça s'il vous plait... demanda-t-elle avec un ton implorant et des yeux de merlan frit à son interlocutrice. J'aurais des soucis si elle savait que je l'ai dit.
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MessageSujet: Re: 03. Only hate the road when you're missing home   Dim 29 Déc - 22:21

« Tu peux m’appeler CJ. » rectifia finalement Caitlin au moment où Ingrid l’appela par son prénom. Elle sourit un instant avant de retrouver une expression sérieuse, plus appropriée à la situation qui se présentait puis se redressa sur sa chaise, face à Ingrid. Elle aurait été prête à parier ses capsules de bouteilles de sodas les plus précieuses que ce qui taraudait la blonde, c’était bel et bien ce qu’elle avait mentionné. Caitlin n’avait pas quitté l’adolescence depuis très longtemps, elle avait d’ailleurs la sensation d’y avoir toujours un pied. Peut-être était-ce à cause de son travail, car elle côtoyait des jeunes gens chaque heure de la journée et qu'elle se retrouvait dans tous leurs doutes et leurs soucis. Elle aussi avait été amenée à vivre avec une pression qui n’avait cessé de grandir au fur et à mesure que les jours défilaient. Elle connaissait cette sensation, c’était un avantage non négligeable qui l’aidait dans son métier de professeur de lycée. CJ se mettait à la place de ses élèves, elle les comprenait et n’aspirait qu’à une chose : qu’ils ne commettent pas les erreurs qu’elle avait commises. Évidemment, avant d’apprendre à marcher, il faut essuyer quelques chutes, mais plus celles-ci étaient douces et sans douleur, mieux c’était.
Les larmes dans les yeux d’Ingrid firent pincer les lèvres de tristesse à Caitlin et sa prise de parole suivante eut le don d’assombrirent ses traits irradiant pourtant d’ordinaire. Sue Sylvester. Encore elle, songea-t-elle. Caitlin avait su dès son retour à WMHS que les choses finiraient par tourner au vinaigre. L’ancien coach des Cheerios n’avait pas changé d’un pouce. Si la brune croyait au genre humain, elle ne croyait pas en l’espèce Sue Sylveter. Aucune évolution n’était possible chez cette femme à la poigne de fer et à la répartie acérée comme des lames de couteau. Il lui arrivait d’autoproclamer qu’elle était l’unique personne dans ce lycée à pointer du doigt des vérités qui dérangeaient mais la seule vérité qui dérangeait véritablement tout le monde à McKinley, c’était qu’elle tyrannisait la moitié des étudiants pour parvenir à ses fins et que le principal Figgins n’en finissait plus de dissimuler à la face du monde les nombreux scandales dont elle était l’unique fautive. Les médailles et autres trophées qu’elle faisait remporter à ses équipes étaient justifiés, car le travail qu’elles fournissaient était impressionnant, mais c’était au prix de quoi ? Les élèves avaient tout intérêt à s’investir corps et âme dans les clubs dirigés par Sue Sylvester, CJ était la mieux placée pour le savoir. C’est pourquoi elle se sentit plus concernée encore par le sort de la jeune fille qui se confiait à elle et naturellement, elle appuya son coude sur la table en l’écoutant attentivement.

« J’avais oublié que tu n’étais pas d’ici. » finit-elle par dire, absorbée par la voix de la Suédoise. Un autre pincement au cœur contraignit la brunette à détourner les yeux, et elle soupira de lassitude. L’angoisse à l’idée qu’elle répète tout à Sue perça dans la voix de la jeune fille, alors Caitlin se hâta de la rassurer « Je te l’ai dit, tu ne crains rien avec moi. On n’est pas vraiment amies, elle et moi, alors pourquoi j’irais lui raconter des petits secrets, hum ? » avoua-t-elle avec un certain dédain dans le ton. Un silence de cathédrale tomba dans la pièce. Caitlin repensa à ce qu’Ingrid lui avait dit sur la pression qu’elle subissait et sur les différentes menaces qui planaient sur sa tête. Une fille de son âge n’avait pas à subir ce genre de traitement sous prétexte qu’il y avait des trophées à la clef. Elle n’était pas venue en Amérique pour repartir de ce pays avec de mauvais souvenirs ! Si elle avait rejoint le Glee Club, c’était sans doute pour se créer un joli album photo mental qu’elle pourrait se repasser à sa guise toute sa vie, pas pour pleurer et déplorer qu’on ne la laisse respirer. Avec Will Schuester à la tête des New Directions, ça ne serait jamais arrivé. On pouvait dire ce que l’on voulait sur l’ancien directeur de la chorale, qu’il était passif et n’innovait pas dans le choix de ses chansons, ses intentions étaient louables et sa passion pour la musique nourrissait l’ambition des élèves. Caitlin se mordit la lèvre, laissant ses yeux vadrouiller le long des radiateurs sur sa droite, puis elle les reposa sur son élève. Laissant le silence s’étirer encore quelques secondes, elle reprit avec une douceur instinctive :

« Tu ne devrais pas avoir peur de Sue Sylvester. Les gens qui ont du pouvoir comme elle sont souvent malheureux. » Ça en disait long sur l'opinion qu'elle avait de la vie de la vieille femme, mais elle se garda bien d’expliciter. Elle pencha la tête et vint gratter avec son ongle peint en prune la couleur séchée sur la table « Tu as le droit de refuser des solos si tu en as envie. Sunny est aussi douée que toi, je suis quasiment certaine qu’elle aimerait en avoir davantage… il faut que tu apprennes à dire non. » Caitlin leva le menton tout en prenant une profonde inspiration et frotta ses mains pour les débarrasser des écailles de peintures « Tu ne dois pas te laisser marcher sur les pieds sous le prétexte que tu viens d’ailleurs. Le respect est le même partout, c’est une valeur universelle, je me trompe ? » Elle se pencha sur la table « Dis-moi, qu’est-ce que tu risques au juste si tu t’opposes à une décision du coach Sylvester ? » Caitlin s’aperçut qu’elle venait d’utiliser l’ancien titre de Sue ; une vieille manie qui lui était restée, même après son départ de McKinley. Elle continua sans se laisser déconcentrer « Elle va te virer du glee club ? Tu as le droit de faire appel au conseil du lycée et sache que si jamais ça doit arriver, je me porterais volontaire pour assurer ta défense. » Son regard flamboya de toute l’amertume qu’elle avait à l’encontre de Sue Sylvester. Elle s’imagina plaidoyer devant un parterre de gens qui s’alarmeraient de toutes les actions secrètes de la mairesse et qui ouvriraient enfin les yeux. La revanche qu’elle avait à prendre sur elle serait enfin assouvie. Caitlin secoua la tête, chassant toutes ces pensées vengeresses de son esprit, et une nouvelle fois, elle posa sa main sur celle d’Ingrid « Tu n’es pas seule. Si je peux faire quelque chose pour toi, si tu veux que j’aille lui dire un mot concernant tes difficultés à gérer la pression, je le ferais. » Elle n’était pas sûre néanmoins de parvenir à avoir gain de cause. Seulement, avec les révélations que la Suédoise venait de lui faire sur la contrainte qu’elle exerçait en permanence sur elle, Caitlin avait de quoi faire remonter l’affaire à un niveau supérieur. La balle était dans son camp, elle n’avait plus qu’à tirer… En était-elle capable ?
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MessageSujet: Re: 03. Only hate the road when you're missing home   Jeu 2 Jan - 18:14

L'idée que la professeur d'art plastique et la directrice du Glee club ne soient pas amies avait quelque chose de rassurant pour la jeune fille. Elle sentait que si elle avait encore d'autres choses peu mélioratives à dire sur sa directrice de chorale, elle pouvait les lui dire sans crainte que cela ne soit répété. Même si elle n'était d'ordinaire pas du genre à être médisante, elle avait parfois le besoin de lâcher tout ce qu'elle avait sur le cœur. Et il fallait dire que, si elle n'avait pas vraiment de soucis à la base, la chorale et sa directrice lui en avaient créés un bon paquet qui s'étendait maintenant sur tous les côtés de sa vie. Il fallait bien avouer que la pression, le manque de temps et de sommeil avaient un effet néfaste sur l'adolescente qu'elle était. Mais il fallait néanmoins qu'elle se ressaisisse, elle ne pouvait pas laisser sa faiblesse se voir autant, dans un monde où les gens profitaient du moindre faux pas pour enfoncer les autres. Elle profita du long silence pour sécher les quelques larmes qui avaient coulé et elle osa enfin regarder CJ droit dans les yeux. Son apitoiement sur elle-même commençait à passer, remplacé par de la curiosité. Pourquoi ce ton dédaigneux à l'évocation de Sylvester ? Avaient-elles eu des relations cordiales par le passé, puis une querelle ? Ou peut-être ne s'étaient-elles jamais entendues ? Selon l'âge approximatif qu'Ingrid donnait à chacune des deux, il était même possible que la mairesse ait été la professeur de celle qui était maintenant sa professeur à elle.

L'enseignante avait raison. Sue Sylvester devait être malheureuse au fond d'elle. Sinon, pourquoi serait-elle si exigeante, pourquoi en voudrait-elle tout le temps au reste du monde ? Les gens qui réagissaient comme elle, était souvent en désaccord avec eux-mêmes, et ce n'était malheureusement pas qu'une question de pouvoir, bien que celui-ci n'arrangeait rien. La mairesse mettait son pouvoir au service de sa malveillance et de ses rêves de trophée. Cependant, si celle-ci confiait des solos à la jeune Suédoise plutôt qu'à Sunny, il devait bien y avoir une raison. Même si Ingrid ne voulait pas admettre qu'elle avait plus de talent que qui que ce soit, ses camarades de la chorale et la directrice semblaient s'accorder sur le fait qu'elle doive avoir presque tous les solos. Mais en effet, que se passerait-il si elle refusait un solo ? Peut-être rien, mais l'hypothèse la plus probable, c'était que Sylvester lui jette un regard mauvais et lui donne d'autres responsabilités, encore plus prenantes. Mais peut-être que si Ingrid s'investissait moins dans le Glee club, la directrice se rendrait compte qu'il ne servait à rien de lui confier des tâches puisque son efficacité se ferait alors ressentir. La jeune fille était emplie de sentiments contradictoires : celui qu'elle pourrait faire moins pour obtenir moins de corvée, et celui de se donner à fond pour que la chorale ait une chance de gagner la compétition malgré tout. Même si la victoire ne lui importait pas, elle savait que ses camarades n'étaient pas du même avis et qu'ils rêvaient de gagner. Alors, pour eux, elle ne pouvait pas cesser de s'investir.
- De toute façon, même si je refusais des solos, elle me trouverait autre chose à faire de sans doute moins agréable. Je préfère encore chanter.

Même si ce qu'elle venait de dire passait pour une preuve de son égoïsme, dans le fond, c'était plus de la crainte ou de la détresse.
- Mais je pourrai toujours proposer à Sunny ou aux autres de prendre des solos, ça leur ferait sans doute plaisir, ne put-elle s'empêcher d'ajouter.

Même si Ingrid savait qu'elle ne risquait pas grand chose en s'opposant aux décisions de la chef de chorale, elle n'avait pas assez de courage pour s'y opposer immédiatement, elle acceptait à chaque fois, et finissait généralement par s'en mordre les doigts. Peut-être devrait-elle un jour prendre son courage à deux mains, et essayer de s'y opposer. Et même si Sylvester pourrait être tentée de virer la Suédoise du Glee club en cas de rébellion, la jeune fille la savait assez intelligente pour ne pas se débarrasser d'un de ses meilleurs éléments. Mais si c'était finalement le cas, la perspective de passer devant le conseil du lycée semblait intéressante, si ce n'est que la directrice de la chorale était également la mairesse et qu'elle aurait de quoi pourrir la vie de la choriste en guise de représailles. Elle avait le pouvoir, l'argent, et la conviction. En bref, elle était redoutable.
- Merci beaucoup. Mais cela ne l'empêcherait pas de continuer à me mettre la pression en dehors du lycée, même si je ne vois pas bien par quel moyen elle pourrait le faire. Elle a l'âme vengeresse, je le sens, ça émane d'elle. Elle n'abandonnera rien tant qu'elle n'aura pas gagné.

La proposition de Caitlin d'aller parler à Sylvester des difficultés de la jeune fille à gérer la pression était alléchante, mais elle savait déjà que ça ne mènerait à rien. Celle-ci n'admettrait jamais ses torts, et elle pourrait sans doute argumenter en disant que la jeune Suédoise ne s'opposait jamais. Non, elle ne s'opposait pas, parce qu'elle n'avait pas la force de caractère de le faire. Elle avait déjà progressé beaucoup sur sa timidité en l'espace de quelques mois, elle ne pouvait pas progresser sur tous les points. Elle fixa la main qui était posée sur la sienne, elle semblait forte.
- C'est gentil, mais à ce moment là, elle comprendra que je vous ai parlé de ça. D'après ce que j'ai compris quand vous l'avez appelée "coach Sylvester", vous avez été cheerleader ? Vous comprenez donc sûrement que quoi qu'on lui dise sur le mal-être d'un élève, ça ne changera rien. Quinn m'a raconté les choses ignobles qu'elle pouvait faire à l'époque. Je ne pense pas qu'elle ait beaucoup changé.

La jeune fille jeta un coup d’œil par la fenêtre puis focalisa à nouveau son attention sur l'enseignante.
- Il faudrait que je trouve un moyen de régler ça toute seule. Je devrais peut-être en parler aux autres choristes. Peut-être que s'ils ressentent la même chose, on pourra régler ça ensemble, mais j'ai l'impression que je suis juste plus faible qu'eux, sinon je le vivrais sans doute très bien.

La Suédoise avait en effet l'impression que ses camarades vivaient, eux, très bien les répétitions du Glee club. Sauf peut-être Addison, mais cela était compréhensible puisqu'il laissait clairement comprendre qu'il était là contre son gré, et que personne ne faisait, en conséquence, d'efforts pour l'intégrer.
- En fait, c'est comme si j'étais dans une impasse. Vous avez déjà ressenti ça, j'imagine ?
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MessageSujet: Re: 03. Only hate the road when you're missing home   Sam 11 Jan - 17:48

Caitlin se demanda si elle aurait eu la force de passer dans le camp adverse, celui des méchants. Avec les cartes qu’Ingrid venait de lui céder, elle avait de quoi mettre fin à la partie. Seulement au fond, elle savait que tout le monde en ville et au lycée était déjà au courant que Sue Sylvester était un bourreau se reposant sur sa collection de trophées pour justifier ses agissements. Rien ne changerait jamais, la situation d’Ingrid comme le futur des New Directions resteraient sans issue, car non, Caitlin ne passerait pas dans le camp adverse pour combler le trou béant qu’elle avait dans la poitrine lorsqu’elle repensait aux mois pénibles qu’elle avait vécu au sein de l’équipe des Cheerios, sa naïveté en bandoulière et son envie de voir le monde faisant briller d’excitation ses grands yeux bruns. Dieu savait pourtant à quel point elle avait à cœur de faire quelque chose pour que les choses redeviennent comme à l’époque de William Schuester. Le Glee Club avait tellement de potentiel. Les paillettes et les lumières onéreuses de leur directrice ne réussiraient pas à mettre en valeur le talent des jeunes puisque l’important ce n’était pas l’emballage mais ce qu’il y avait en dessous. Caitlin pensait sincèrement que ce n’était pas rendre service aux choristes de les couver avec autant de moyens, ils perdaient le sens des valeurs et au moment où leur piédestal s’effondrait, parce qu’il s’effondrerait ne serait-ce qu’à cause de la remise des diplômes et du passage dans la vie adulte pour les Seniors de cette année, ils suivraient le mouvement sans jamais réussir à se relever. Et à ça, personne ne les préparait.
Aussi elle avait appris qu’il était inutile de se frotter à plus grand que soit quand on est aussi fragile qu’elle l’était. Elle avait grandi bien sûr et son expérience lui avait apporté une certaine sagesse, sauf que le tempérament paisible de la professeure était de moitié constitué de mélancolie et d’appréhension. Caitlin était peut-être pétrie de bonnes intentions, ça ne suffisait pas. Sa confrontation avec Sue lors du bal de Sadie Hawkins avait au moins eu la fonction de lui faire revoir ses ambitions à la baisse. Elle n’était pas assez solide pour supporter un combat avec la mairesse, il lui fallait des alliés. Toutefois elle doutait de l’honnêteté du complot si elle s’affiliait à la cause des élèves malmenés par la directrice des New Directions. La voix d’Ingrid la plongea dans une profonde réflexion.
Planter des poignards dans le dos de ses ennemis – et parfois même de ses amis – était devenu une discipline olympique à Lima. Y vivre, c’était comme être au casting d’un soap-opéra dont la longévité s’expliquait, non pas par le jeu des acteurs souvent médiocres, mais par la qualité des intrigues montées de toutes pièces par une équipe consciencieuse et à l’imagination débordante. CJ avait pris des cours de théâtre, elle était bonne. Elle ne rentrait pas dans la méthode de jeu imposé par les scénaristes. Si pour arriver à ses fins, il fallait se montrer cruel et dépourvu de sensibilité, ils n’auraient qu’à tuer son personnage à la saison prochaine car elle n’irait pas jusque-là et elle s’en voulut d’ailleurs d’avoir mentionné le conseil du lycée.

« Quinn Fabray est la mieux placée pour relater les exploits de Sue Sylvester. Comment va-t-elle d’ailleurs ? » répondit naturellement la jeune femme à la mention de l’ex-head-cheerleader de sa promotion. Elle n’était pas sans savoir que Quinn avait repris les commandes de l’équipe, mais elles n’avaient jamais cherché à la contacter, bien qu’elles se croisaient de temps à autre dans les couloirs. Caitlin hésita un instant avant de décider de jouer franc jeu avec la Suédoise, et dans un sourire, elle reprit avec quiétude « J’ai fait partie de l’équipe pendant quelques mois. J’étais à peine au bas de la pyramide, rien de très sérieux. Mais j’aimais beaucoup danser. » Elle haussa les épaules comme une adolescente saturée d’incertitudes, concentra par pudeur ses pupilles marron sur son vernis à ongles qu’elle tritura avec son pouce « Pour être franche avec toi… » commença-t-elle – vérité ou mensonge ? se demanda-t-elle. Elle opta pour la vérité « Ça été horrible. Pourtant je ne regrette pas d’avoir passé l’audition parce que c’est grâce à ça que je suis devenue celle que je suis aujourd’hui. Et je ne sais pas ce que toi tu en penses, mais moi je trouve que je m’en suis plutôt bien sortie. » Elle laissa échapper un petit rire en relevant la tête « What doesnt’ kill you makes you stronger, right ? » Elle posa ses coudes sur la table et appuya son menton sur la paume de ses mains, regardant la jeune fille avec bienveillance « Si je peux me permettre de te donner un conseil, néanmoins : ne laisse pas le Glee Club devenir ton cauchemar, Ingrid. Tu n’es obligée de rien, c’est avant tout un plaisir et une expérience dont tu te souviendras toute ta vie. La victoire, c’est bien, mais si c’est au prix de ta passion pour le chant, ça ne vaut pas le coup d’obtenir la première place. » Caitlin battit de ses longs cils maquillés « Enfin, à mon avis. » Un sourire graduel étira encore un peu plus ses lèvres. Elle se retrouvait en Ingrid. Non seulement parce qu’elle était elle passée par des moments de doutes comme ceux-là mais aussi parce ce qu’elle vivait en ce moment avec les Second Chances se rapprochait des appréhensions de l’élève. Caitlin garda le silence un instant, se disant qu’elle devrait suivre ses propres conseils et cesser de redouter autant les répétitions de la sa chorale.
« Parle-en aux autres. Vous êtes dans le même bateau. Vouloir chasser le rat des cuisines, ce n’est en aucun cas être faible. » Elle fronça le nez en retenant un rire « Tu as bien entendu, j’ai comparé Sylvester à… un rat ! » Et finalement, elle se mit à rire pour de bon.
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MessageSujet: Re: 03. Only hate the road when you're missing home   Jeu 16 Jan - 21:25

Quinn était effectivement l'une des personnes les mieux placées sur terre pour raconter tout ce que pouvait faire le monstre Sylvester. D'ailleurs, l'hôte de la jeune suédoise allait-elle vraiment bien ? Son travail lui prenait énormément de temps et la fatiguait beaucoup, elle avait deux enfants à charge. Bon, la moitié du temps, mais c'était tout de même quelque chose de conséquent. Et même si Ingrid en avait la plupart du temps la responsabilité, avoir des enfants, c'était se faire un tas de souci pour eux. Alors allait-elle vraiment bien avec tout cela ? La jeune fille ne pouvait pas s'avancer sur la question alors qu'elle n'était pas vraiment sûre de connaître la réponse. Elle avait beau vivre avec la nouvelle coach des cheerleaders au quotidien, elle savait que celle-ci ne montrerait jamais de faiblesse même quand elle allait mal. Elle paraissait toujours forte, donc comment savoir ?
- Son travail est très prenant, mais j'imagine qu'elle va bien dit-elle dubitative, le regard dans le vague.

Sans s'en rendre compte, elle prit un crayon dans sa main et commença à gribouiller une nouvelle feuille, toujours en écoutant ce que sa professeur, qui n'en était plus une à cette heure-ci, racontait. En l'observant bien, il était très facile d'imaginer qu'elle ait pu être cheerio lorsqu'elle était au lycée. Elle avait une silhouette dynamique et élancée, et elle était jolie. Dieu sait que Sue Sylvester choisissait ses filles principalement sur leur apparence, et ensuite elles ne devaient pas être trop mauvaises en danse. Mais la différence entre elle et les cheerios actuelle, c'était qu'elle n'avait pas une tête de pétasse. Oui, parce que d'après Ingrid, beaucoup des cheerios avait la tête que quelqu'un qui n'hésiterait pas à écraser les autres pour la réussite. La professeur d'arts plastiques elle, semblait plutôt douce, et pas du genre à enfoncer les gens le plus possible dans un simple but de réussite personnelle. Et elle semblait avoir tout de même réussi, autant que le laissaient entendre ses paroles. Et cela malgré le fait d'avoir côtoyé Sylvester durant ses années lycée.
- Vous avez raison. Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. Encore faut-il être capable de s'en rendre compte avant que ça ne soit trop tard. Il y en a qui ne s'en rendent jamais compte et qui n'ont personne pour le leur dire.

A ce moment là, Ingrid se sentit emplie d'un sentiment de gratitude et elle releva la tête vers sa professeur, lui adressant un sourire. Si sa professeur avait réussi à s'en sortir, et si elle-même était soutenue, elle savait très bien qu'elle pouvait se tirer de la situation dans laquelle elle s'était mise. Peut-être pourrait-elle même en tirer avantage si elle réfléchissait. Premièrement, la chorale lui apportait une expérience musicale, et cela lui avait aussi permis d'améliorer un peu sa façon de danser, même si pour cela, c'était surtout les cours au studio, qui avaient été efficaces. Ensuite, Sue Sylvester n'avait-elle pas promis de la mettre en contact avec des producteurs dans la musique ? Cela pourrait donner un coup de pouce à sa carrière alors qu'elle n'avait même pas encore fini ses études. Alors pourquoi ne pas en profiter ? Il fallait qu'Ingrid persiste dans son investissement au Glee Club. Cependant, il fallait qu'elle se ressaisisse pour changer sa façon de penser et prendre plus de plaisir à ce qu'elle faisait, comme au début. Et elle savait que sa professeur avait raison. Il ne fallait pas qu'elle s'entête à vouloir gagner cette fichue compétition des chorales si elle se dégoûtait en même temps de ladite chorale.
- En fait, vous avez parfaitement raison dans tout ce que vous dites. Peut-être que si je change de façon de voir les choses ça ira mieux aussi.

Elle avait repris son crayon et s'était remise à dessiner, inconsciemment. Et après avoir adressé encore un sourire à Caitlin - non, décidément, le surnom CJ ne rentrerait pas - elle plongea les yeux vers sa feuille. Elle venait de dessiner une ballerine dans un studio de danse. Pourquoi ? Elle n'en savait rien, et elle ne s'en rendait compte qu'à présent. En rit de bon coeur à la métaphore du rat dans la cuisine, et eut l'idée de dessiner que le ruban d'un des chaussons de danse du personnage se serait décroché et volerait dans les airs, et qu'un rat serait en train de les ronger au bout, les réduisant en pièce. Lorsqu'elle eut fini, elle tendit son dessin à la professeur d'art plastique.
- La ballerine c'est les choristes, le rat, c'est Sylvester, annonça-t-elle avec un sourire malicieux. Et c'est bien de vouloir chasser le rat des cuisines, mais encore faut-il avoir quelqu'un pour le remplacer.

La jeune fille se rappela des récits de Quinn concernant l'époque bénie de Will Schuester et de ses bouclettes. Lui qui était toujours là pour écouter ses élèves, et qui les aidait non seulement à développer leurs talents, mais aussi à grandir. Il faudrait aux New Directions quelqu'un qui sache les écouter, leur donner envie d'évoluer et de mûrir, pas juste de gagner. Il faudrait quelqu'un pour qui l'amour de la musique et le développement des étudiants prime sur la réussite sociale et financière. Et si Will Schuester ne pouvait plus vraiment le faire, Ingrid avait une parfaite petite idée de qui pouvait le remplacer.
- Je suis certaine que vous seriez une super chef de chorale, vous semblez être bien plus à l'écoute des élèves que celle qui est en poste. Oh, et vous pouvez garder le dessin ! dit-elle en rangeant ses affaires dans son sac, prête à partir.
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MessageSujet: Re: 03. Only hate the road when you're missing home   Sam 18 Jan - 17:02

Caitlin fut captivée par la façon dont Ingrid traçait sur le papier, si bien qu’elle perdit le fil de la conversation qu’elles étaient en train de tenir. Cette fâcheuse tendance à se noyer dans ses vives réflexions lui portait très souvent préjudice et lui valait d’être catégorisée par son entourage proche comme la dernière des étourdies, mais c’était tout le charme de CJ ; si concernée et distraite à la fois. Le menton posé sur sa main ouverte, elle suivit avec attention les courbes noircissant le papier, à mille lieux désormais de la bulle de réconfort et de confidences qu’elles s’étaient créées, elle et Ingrid. Retirée dans son monde à elle, la brune soupira paisiblement. Au dehors, la nuit était tombée depuis longtemps, et dans quelques minutes à peine, Liberty Boyle, accompagnée de son enthousiasme transcendant, viendrait la rappeler à l’ordre en lui indiquant pour la centième fois de l’année qu’elle n’était pas censée rester aussi tard dans la soirée et qu’il était temps qu’elle songe à rentrer chez elle si elle ne voulait pas passer la nuit entière entre ces murs. Elle lui glisserait avec bienveillance le nom des élèves qu’elle aurait à surveiller lors de la matinée de retenue qu’elle dispenserait le lendemain, et cette pensée la fit esquisser un sourire, car elle était persuadée qu’une fois encore, Jamie Ainsworth se serait arrangé pour figurer en bonne position parmi les élèves les moins disciplinés de WMHS.
Le lycée avait été son cauchemar, un endroit qu’elle avait craint et tellement aimé en même temps. Les sentiments contradictoires qu’elle éprouvait pour cette période de sa vie nourrissaient chez Caitlin son envie de faire bouger les choses. Personne n’avait le droit de connaître ce qu’elle avait vécu, et les illusions qu’elle s’était faites en pensant que s’intégrer dans un groupe aussi populaire que les cheerleaders ne devaient pas induire en erreur d’autres étudiants en détresse, trop naïfs et soucieux de l’image qu’ils renvoyaient, comme cela avait été son cas à un moment donné. Bien sûr, chaque expérience est différente et tous les lycéens de la planète n’avaient pas soufferts, ne souffraient pas et ne souffriraient pas, mais d’après elle, il valait mieux prévenir que guérir. Sa discussion avec Ingrid la faisait camper sur ses positions.

Ingrid lui tendit alors son dessin. Caitlin sembla se réveiller d’un long songe qui lui fit cligner plusieurs fois des paupières, ses cils maquillés fendant l’air avec une grâce presque agaçante. Tenant la feuille entre ses doigts, elle ébaucha un nouveau sourire, et les yeux pétillants de fierté, elle lui dit en relevant la tête :
« Tu vois. Quand tu ne penses pas à ce que tu fais, tu es tout à fait capable de dessiner. Sois plus indulgente avec toi-même. » lui conseilla-t-elle avec un clin d’œil. Elles se levèrent à l’unisson ; leur débat touchait à sa fin. La jeune femme se dirigea vers le tableau noir, trifouilla dans la tranche en ferraille pour récupérer parmi ses craies de couleurs à demi-entamées deux aimants à la forme géométrique tandis qu’Ingrid lui fit le plus beau compliment qu’elle n’avait jamais reçu de sa vie. Elle ferait une super chef de chorale. Caitlin resta plantée devant le tableau, ses pupilles chocolat fixées sur les aimants qu’elle faisait jouer dans la paume de sa main droite, son pouce repoussant toujours plus loin le magnétisme qui existait entre les petits objets. Elle n’était pas convaincue par les dires de l’élève, mais au fond d’elle-même, CJ savait néanmoins qu’elle aurait pu apporter quelque chose – comme un petit supplément d’âme – à cette chorale qui, malgré ses nombreux talents en son sein, n’était devenue rien d’autre que la nouvelle lubie d’une vieille femme à l’ego démesuré.

Respectant le silence poli qui s’était momentanément installé, Caitlin laissa l’élève faire quelques pas de plus avant de pivoter sur ses talons et d’embrasser la scène du regard « Ingrid. » la rappela-t-elle soudain. Penchant la tête sur le côté, elle affronta son regard avec une certaine pudeur « Personne n'a le droit te dire que tu ne vaux rien, même pas toi-même. Si tu te sens incapable de te trouver des qualités, crois-moi, il y aura bien quelqu’un autour de toi pour qui la tâche sera plus aisée. » Elle opina sensiblement du chef, pinça les lèvres en haussant les sourcils « Je te souhaite bonne chance… la porte de ma classe te sera toujours grande ouverte. À bon entendeur. » Elle lui sourit de toutes ses dents, et brusquement, sentant le silence refaire son apparition, elle fit un geste rapide de la main pour la chasser gentiment « Allez, file ! » Ingrid s’exécuta, provoquant un petit rire à la professeure qui resta un instant à regarder par le cadre de la porte.
Si elle avait été plus forte et plus téméraire, Caitlin aurait été la plus à même de se confronter davantage à Sue Sylvester, car elle se souciait vraiment du Glee Club. Elle aurait pu enfoncer les portes que leur directrice s’entêtait à fermer à double tour et se rallier la cause de William Schuester, mais Ingrid avait raison quand elle disait que la mairesse avait l’âme vengeresse, et le pouvoir qu’elle avait en sa possession pouvait faire bien plus de dégâts qu’elle ne s’imaginait. Sue pouvait, entre autre, lui retirer son travail… La jeune femme ne le supporterait pas, et il n’y avait aucun doute que si elle osait ne serait-ce qu’encore une fois lui adresser ses pensées les plus amères, c’était la première chose qu’elle ferait : la faire virer.
C’est donc avec morosité et résignation que CJ se retourna face au tableau. Elle s’en approcha d’un pas supplémentaire, repoussa ses longs cheveux bruns dans son dos, et se hissant sur la pointe des pieds, elle accrocha dans le coin gauche tout en haut le dessin d’Ingrid Svensson.

- Topic terminé
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