Choriste du mois


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 03. It's just another brick in the wall

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MessageSujet: 03. It's just another brick in the wall   Jeu 26 Déc - 15:50

La fierté des Pritchard n’avait aucune limite. Même au plus bas, Harper ne se fatiguait pas à demander de l’aide. Il aurait fallu qu’elle admette qu’elle avait besoin des autres. Or, pour l’aînée de la famille, la seule personne capable de lui fournir un tant soit peu d’assistance, et bien, c’était elle-même.
À l’exception d’un mois dans l’année, celui de décembre. L’arrivée de l’hiver s’accompagnait d’une tradition bien à elle : celle des marchés (relativement honnêtes) qu’elle passait avec les gens qu’elle côtoyait de loin. Rien ne s’obtenait gratuitement, Harper l’avait appris à ses dépens et la ville pullulait de gens aussi désespérés qu’elle. À l’approche de la veille de Noël, elle n’avait donc aucun scrupule à se servir de son carnet d’adresses rempli du nom d’individus à la moralité aussi inexistante que son intérêt pour les compositions florales. Alors qu’une femme pleine aux as lui tendait la main, une femme qui s’avérait être accessoirement de sa famille, Harper préférait cent fois se lever tôt pour uriner dans un flacon stérile et combattre le froid glacial de l’hiver pour délivrer son colis très spécial avant de vaquer à ses occupations du weekend.

Chez les Pritchard, même avec leurs moyens restreints, on fêtait la naissance du petit Jésus avec enthousiasme. Harper s’était arrangée pour passer un accord – le premier d’une longue liste – avec la responsable en chef du self du lycée, s’assurant ainsi de proposer un bon repas à sa famille à la soirée du réveillon. Contre une corvée d’épluchage de patates, elle pourrait ramener chez elle quelques restes du buffet proposé aux élèves le dernier jour précédent les vacances de fin d’année. Même si elle était épuisée, Harper se lèverait les quinze prochains jours avec deux heures d’avance pour aller tailler des légumes avec les petites mains du bahut, quoi de plus normal pour une jeune fille de son âge ? Les mets qu’elle rapporterait ne seraient probablement pas aussi délicieux que ceux que sa mère avait l’habitude de cuisiner quand elle était petite, mais au moins, un air de fête viendrait égayer leur table, et leurs estomacs n’en seraient que plus heureux.
Ils avaient de quoi manger toute l’année, en revanche, ils ne pouvaient pas se permettre de se faire des petits plaisirs futiles quand ils le désiraient. Noël était un bon prétexte pour gâter tout le monde à la maison. Elle avait déjà trouvé le cadeau du petit dernier qui n’avait de cesse de lui parler de cet avion télécommandé qu’il avait vu dans la vitrine du magasin de jouets. Harper avait dégoté un modèle quasiment neuf sur le web, elle s’en était d'ailleurs tirée à très bon compte ! De quoi raviver son entrain et rajouter deux personnes à sa liste des personnes à combler ; Andie et Jamie.
Sa mère n’était jamais claire sur ses envies, mais Harper l’avait surprise à contempler son alliance avec désarroi. Elle avait fait des pieds et des mains pour lui subtiliser son anneau, et l’avait déposé chez le bijoutier pour qu’il soit poli, décapé et rétréci – elle avait perdu beaucoup de poids depuis le jour de son mariage. Une belle remise à neuf en perspective, pour seulement quelques heures de tutorat gratuites, les résultats scolaires de la fille du bijoutier s’en ressentiraient sûrement ! Harper en était sûre, ça toucherait l’amoureuse éperdue que Mariella continuait d’être, malgré la mort de son époux. Les jumeaux, eux, s’étaient succédé dans sa chambre à coucher pour lui demander de laisser l’un d'entre eux s’installer au sous-sol de la maison. Ils partageaient leur chambre depuis leur naissance, et chacun d’eux ayant désormais une petite-amie, ils aspiraient à plus d’intimité. Harper avait refusé, mais à contrecœur. Pour se faire pardonner, elle avait contacté leur ancienne voisine, Amy, qui s’était mariée avec un joueur de l’équipe de hockey sur glace de la ville voisine. Les jumeaux aimaient ce sport, sauf qu'ils ne pouvaient pas assister aux matches aussi souvent qu’ils le souhaitaient. Un forfait pour suivre la saison prochaine depuis la tribune présidentielle était le cadeau parfait, seulement Harper avait dû accepter de mettre de côté ses idées primitives pour obtenir ces fameux passe-droits.

Junkie notoire, Amy était sous contrôle judiciaire. Toutes les semaines, elle devait impérativement procurer un échantillon d’urine aux autorités. Le deal était simple : test négatif, elle échappait à la prison ; test positif, aucun moyen de passer par la case départ pour récolter sa dose. La pauvre fille n’arrivait pas à décrocher des substances qui la faisaient planer… C’est là que Harper était entrée en scène, parée de sa plus belle panoplie d’hypocrite de service. Aussi saine qu’un nouveau-né, la jeune fille s’était proposé de lui fournir un peu de son jus, à la condition qu’elle lui obtienne des forfaits pour ses frères en échange. Pendant un mois entier, elle s’était engagée à lui apporter sur un plateau ses flacons scellés, jusqu’à ce que l’époux d’Amy reçoive les cartes d’adhérents des garçons.
Le marché touchait à sa fin et c’était tant mieux. Chaudement couverte, Harper était adossée contre un mur de briques visiblement abandonné, le regard inexplicablement captivé par la fumée sortant de ses lèvres tremblantes et gercées. Il faisait sombre dehors, ses paupières avaient du mal à rester ouvertes mais elle s’entêtait à vouloir que cette histoire soit conclue au plus vite, sans doute parce qu’elle exécrait devoir tourner le dos à ses quelques valeurs bien pensantes. Après consultation de sa liste mentale, elle fit le point sur ses dernières taches à accomplir en matière de présents. Suite à l'échange flacon contre pass, il ne lui resterait plus qu’à trouver celui pour Andie, et elle avait déjà une idée de ce qu’elle offrirait à Jamie. À ce moment, elle reporta graduellement ses yeux sur la devanture de la galerie d’art des sœurs Preston qui se trouvait juste en face d'elle. Si un marché était sur le point d’être bouclé, un autre germait déjà dans le cerveau productif de la brunette.

« Salut, gamine ! » Harper arqua un sourcil distant et tourna la tête vers la personne qui s’arrêta à sa hauteur. Elle n’attendit pas une seconde de plus pour sortir de sa poche le flacon précautionneusement emballé dans un sac en plastique. La main d’Amy se tendit mécaniquement, avide. Harper recula la sienne en lui disant d’une voix neutre « Teuteuteu ! Les tickets d’abord. » Ce n’était pas parce qu’elle lui donnait son urine qu’elle devait à tout prix lui faire confiance. Amy sortit une enveloppe de son sac, la donna à l'adolescente qui lui céda le sac en plastique sans plus de chichis. Elle vérifia le contenu de l’enveloppe, sourit en biais en voyant le nom de ses frères inscrits en lettres dorées sur les pass. Elle effaça aussitôt cette manifestation de joie contenue de son visage pour relever le menton vers sa locutrice « Ils vont être fous de joie. » Elle l’espérait. Amy lui fit un clin d’œil entendu et lui montra le chemin de droite de l’index « Je dois y aller, je suis pressée. T'es sûre que tu veux mettre fin à notre deal ? On… » Harper la coupa sans faire de politesse pendant qu'elle fourrait l’enveloppe dans la poche de son manteau « Ouais, certaine. » Sans même un merci, sans un dernier signe de la main, elle empoigna la bandoulière de son sac qu’elle glissa en travers de sa poitrine et en bousculant Amy au passage, elle se dirigea comme un automate vers le bâtiment qu’elle convoitait du regard depuis de longues minutes. La jeune femme derrière elle ouvrit grand la bouche, offusquée par tant de condescendance de la part de Harper, tandis que cette dernière poussa l’élégante porte de The Gallery et qu’elle posa un premier pied sur le seuil, le mur qu’elle venait de quitter s’étalant sur toute sa longueur par-dessus son épaule.
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MessageSujet: Re: 03. It's just another brick in the wall   Mer 1 Jan - 21:36

Avec un soupir, Lexie contempla longuement la série de paysages enneigés qui ccupait un pan de sa précieuse galerie, toute parée pour les fêtes. Des lumières dorées très élégantes illuminaient la vitrine, une jolie guirlande rouge bien fournie décorait le comptoir et d'autres pendaient au plafond et il s'en était fallu de peu pour qu'un arbre trouve sa place dans un coin. La rouquine avait aussi fait de son mieux pour imposer un esprit festif à ses collègues, même si JJ avait longuement rechigné avant d'enfiler le pull orné de flocons qu'elle lui avait offert. Et Anna se pliait sans doute à la lubie de sa petite soeur simplement pour panser leur relation. L'une comme l'autre avait fait des efforts et depuis cette conversation très mélodramatique et très Preston à Halloween, les choses allaient beaucoup mieux entre les deux soeurs. Cette réconciliation était nécessaire et la petite anglaise était intimement persuadée que c'était ce qui leur avait manqué pour repartir du bon pied. Preuve en était que les choses commençaient à doucement mais, espérait-elle, sûrement s'améliorer. Les assurances se décidaient enfin à vraiment lancer des démarches, le cambriolage avait eu quelques retombées positives avec les curieux venus voir les lieux du crime et la période des fêtes étaient synonyme de ventes. Toujours un peu trop maigres pour vraiment leur permettre de repartir, mais c'était un bon début. Ne manquait qu'un coup de pouce du destin, un miracle de Noël et baby Preston y croyait dur comme fer. D'autant plus qu'ils avaient opté, sur une idée brillante de sa personne évidemment, pour une exposition temporaire qui aidaient à plonger le tout Lima dans un esprit de Noël quasiment offensif. Toutefois, ces sages paysages et le remix de la scène de la nativité en matériaux recyclés ne tenaient pas exactement de l'avant-garde. Au fond d'elle, la jolie rousse avait l'impression de privilégier une stratégie commerciale plutôt que d'essayer de vendre de l'art. Le but de The Gallery était d'initier la population à des choses différentes, d'attirer des artistes prometteurs, d'apporter un nouveau souffle à la vie culturelle vampirisée par les chorales et sous le joug strict de la mairesse. Et avec leur petite opération Christmas Is All Around, ils avaient peut-être basculé du côté obscur de la force...

Mais Lexie Antonia Jane Preston ne se laisserait pas abattre. Ce n'était qu'un détour pour revenir à leurs fondamentaux, une fois les espèces sonnantes et trébuchantes - ou plutôt les gros chèques - revenus dans leurs caisses, ils reprendraient leur rôle de flambeau culturel. Elle ne se vendait pas. Elle faisait ce qu'elle avait à faire pour sauver sa galerie. Pour sauver sa vie en vérité, puisqu'elle dépendait largement du bien être de leur petite entreprise familiale, au moins d'un point de vue financier. Ce n'était pas la première fois depuis qu'ils avaient rouvert avec ces nouvelles oeuvres que la jeune femme se répétait le même discours, mais elle avait visiblement besoin de s'auto-convaincre plusieurs fois par semaine. Sa confiance en elle avait été ébranlée par son échec à la National Gallery et le cambriolage, les difficultés pour maintenir le business à flot n'avaient pas aidé. Son sourire lumineux ne la quittait pas et elle usait et abusait de son charisme Prestonien légendaire pour intéresser d'éventuels acheteurs et amadouer de nouveaux artistes, mais la vérité était là. Elle avait peur de l'échec. Ce n'était pas une peur à laquelle baby Preston était habituée, la vie ayant été plutôt généreuse avec elle. Famille aisée, esprit entreprenant, personnalité avenante et portes facilement ouvertes, sa chance et son culot lui avaient toujours donné l'illusion qu'il suffisait de vouloir quelque chose assez fort pour que ça marche. C'était peut-être la seule part américaine de son tempérament outrageusement britannique, mais c'était quelque chose d'important dans sa vie. Une foi en elle-même, en ces capacités qui n'avaient après tout rien de déraisonnable. Mais la débande qu'avait été sa vie récemment la poussait à une remise en question bien trop approfondie à son goût. Alors, pour la énième fois, Lex repoussa ses doutes, les remisa dans un coin de sa tête et s'efforça de pas y prêter attention. Elle devait y croire. Pour elle, pour Anna, pour JJ, pour prouver à ses parents qu'ils avaient tort. Elle n'aurait jamais ouvertement admis que ce dernier point lui tenait à coeur, mais c'était une grande partie de son refus obstiné d'abandonner. Il était certes dans sa nature de se battre et de se montrer optimiste, mais la londonienne avait besoin de cette victoire, d'une preuve pour elle-même comme pour le reste du monde. Et surtout pour James Preston.

Secouant la tête et se détournant finalement de ces images de neige qui n'étaient pas sans rappeler les environs, la galeriste retourna à son comptoir, pour guetter le client et remplir de la paperasse. Encore et toujours. Ca n'en finissait jamais. Mais cette fois, écrire ces courriers lui faisaient plaisir, puisqu'il s'agissait de propositions pour de jeunes artistes qu'elle avait repéré en lorgnant du côté du campus de Colombus. Et il ne s'agissait nullement de profiter de la jeunesse et de la naïveté de cette flopée d'étudiants rêveurs, elle avait trouvé de vrais talents et comptait bien les faire apprécier à leur juste valeur. Et faire gagner de l'argent, aussi bien à eux qu'à la galerie. Laissant sa plume enthousiaste courir sur le papier et faire passer par ses lignes la passion qu'elle savait si bien communiquer en personne. Mais elle fit de son mieux et venait de mettre le point final à sa deuxième lettre, très personnalisée et haute en couleur, quand le tintement de la porte retentit. Comme mue par un ressort, Lexie se redressa brusquement et fit un large sourire de pub pour dentifrice, prête à alpaguer le client. Mais la silhouette qui apparut sur le pas de la porte ne venait pas acheter un tableau, à moins qu'elle ai soudainement gagné au loto depuis la dernière fois qu'elles s'étaient vues. Le sourire commercial de la jeune galeriste se mua en une esquisse plus sincère tandis qu'elle s'exclama joyeusement « Harper ! Mais ça fait une éterniiiité mon petit, mes pâtisseries ne te manquent pas depuis le temps? » Elle eut un rire léger puis fit signe à la lycéenne de la suivre dans le bureau, où elle déplaça une pile de dossiers pour libérer une chaise. « Alors, que me vaut le plaisir? » Réalisant soudain ce qui liait l'adolescente renfermée à la Pension, une vague de panique s'empara d'elle et baby Preston fit un bond sur son fauteuil et demanda d'une voix forte « Tout va bien hein? Jamie n'a pas d'ennuis? Tu n'as pas d'ennuis? » Elle scruta le visage de la gamine d'un air inquisiteur, se demandant quelle sordide affaire pouvait conduire cette demoiselle à venir la voir sur son lieu de travail.
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MessageSujet: Re: 03. It's just another brick in the wall   Ven 3 Jan - 17:13

Amy et ses addictions étaient déjà de l’histoire ancienne. Harper entra dans la galerie d’art en se demandant si elle n’était pas suicidaire. Car elle n’avait pas oublié l’une des deux raisons qui l’avaient poussé à déserter la pension Preston pendant quelque temps, la confrontation avec Madeleine se rappelant à elle aussi souvent qu’elle passait devant la porte du bureau des surveillants de WMHS. Depuis, elle avait consenti à cesser d’éviter Jamie en lui racontant son tête-à-tête avec Larry, ce qui avait sonné la fin de plusieurs jours assez pénibles pendant lesquels elle avait passé plus de temps à se dérober du courroux potentiel du jeune homme qu’à arriver à l’heure à ses cours. Ç'aurait dû être largement suffisant pour lui faire retrouver ses habitudes au sein de la maisonnée, puisque ses rapports avec Jamie étaient redevenus on ne peut plus normaux, mais le fait était que Harper n’y avait plus remis les pieds. Le cocon rassurant que représentait la pension à ses yeux n’adoucissait pas les fausses promesses qu’elle avait faites à Madeleine pour absoudre son geste et elle préférait diminuer ses chances de tomber sur la surveillante. Cette menace planait déjà en permanence au-dessus de sa tête au lycée, elle estimait mériter un peu de répit en dehors. Dans ses petits souliers, Harper s’avança dans le vestibule de la galerie, ses joues rondes picotant par intermittence à cause du choc thermique entre l’extérieur et l’intérieur.
Ses craintes actuelles étaient donc basées sur la colocation qui liait Madeleine aux sœurs Preston. Entre colocataires, les nouvelles vont vite, et Harper pariait ses maigres économies que l’information avait finies par remonter au sommet de la tour Preston. Elle courrait, et vite comme toujours, à sa perte en cherchant à s’entretenir avec l’une des rousses qui partageaient ses doses de lessive avec celle qu’elle avait volée en réalité ! Seulement, Harper et son culot légendaire ne craignaient pas de se faire rabrouer. Elle devait tenter le tout pour le tout, et ne pas se laisser effrayer par l’image peu reluisante qu’on aurait d’elle, résultat de ses nombreux sursauts d'impulsivité. Elle s’en fichait royalement, à vrai dire, car à côté du terme mauvaise réputation sa photo avait été imprimée pour en illustrer la définition ! Et puis, elle avait déjà perdu du crédit auprès de Madeleine de toute façon, si les Preston lui fermaient définitivement la porte de leur vieille bâtisse, ils trouveraient toujours un moyen avec Jamie de regarder des navets ailleurs que dans sa chambre ; rien n'est insurmontable, n'est-ce pas ? En revanche, comment obtiendrait-elle son cadeau de Noël si elles les avaient liguées contre elle ? Un doute inattendu fit froncer ses sourcils, tandis qu’une petite voix dans son for intérieur lui soufflait de se la jouer fine.

Ses grands yeux bleus scannèrent le moindre centimètre carré d’œuvres se dépliant sur les murs épurés du bâtiment. Harper continua sa progression un instant, s’enfonçant dans l’allée principale d’un pas hésitant et vint se poster devant une fresque en mosaïque bordée de guirlandes lumineuses lui rappelant les décorations qu’ils avaient installées le long des clôtures entourant le perron de chez elle. Plantée gauchement devant la fresque, Harper refoula le plus loin possible la rétrospective qu’elle s’octroyait pour profiter du spectacle de petits carrées. Néanmoins, avant de s’attarder sur les détails du tableau sous ses yeux, elle risqua un regard circulaire, et étonnement timide, à l’endroit dans lequel elle se trouvait. Tout ce qui était exposé dans la galerie des sœurs Preston coûtait à coup sûr plus cher que la modeste demeure des Pritchard – mobilier, garage et cabane dans les arbres du jardin compris. Même les guirlandes lumineuses semblaient tout droit importées de l’atelier du père Noël, ça n’avait absolument rien à voir avec les vieilles ampoules défraîchies qui traînaient dans le garage le reste de l’année !
Harper remonta très doucement la bandoulière de son sac sur son épaule, puis se cacha le nez et la bouche avec la manche du pull blanc en grosses mailles desserrées dépassant de celle de son blouson, et retourna la tête pour reposer ses pupilles sur la fresque qu’elle convoitait. Cette minutie dont il fallait être doté pour accomplir ce genre de prouesse artistique, songea-t-elle en exécutant un pas en avant, l’index de sa main libre pointé sur un carré de mosaïque qui se décolla de son support au moment où le clapotis d'un paire de talons aiguilles résonna à ses oreilles. Ses yeux s’agrandirent sous le choc, ses doigts se crispèrent sur ses lèvres arrondies ; elle avait à peine frôlé le carré ! Prise d’un accès de panique, Harper se pencha pour le ramasser. Les bruits de pas se rapprochaient, elle devait agir vite et c’est en fermant les paupières qu’elle cracha sur le dos du carré de mosaïque pour l’enduire de salive mousseuse, et qu'elle vint le déposer dans le trou formé par la pièce manquante. Ça devrait être suffisant pour consolider le tout, chercha-t-elle à se convaincre en agitant ses mains. Harper appuya, appuya, appuya… quand cette fois, ce fut la voix de Lexie qu’elle entendit.

« Lexie ! » Harper se retourna, un sourire un tantinet crispé accroché aux lèvres. Elle se plaça stratégiquement devant la fresque, tentant de garder tout son naturel en ébouriffant sa frange brune « Je me contente de vos cookies. » lui répondit-elle vaguement à l’énoncé des pâtisseries de la galeriste. Elle aurait dû la remercier, car sans le savoir, Lexie complétait les repas de Harper en donnant du rab de cookies à Jamie pour le déjeuner. Évitant cependant de mettre en lumière le racket gentillet dont elle gratifiait quotidiennement le garçon, elle n'attendit pas une seconde de plus, elle la suivit.
Harper fut rassurée. La jeune femme ne l’accueillait pas avec une lance pointée en sa direction. Madeleine devait être capable de tenir sa langue, finalement. Sur le trajet, elle s’employa à jeter un regard discret par-dessus son épaule pour vérifier que la pièce qui s'était délogée de son emplacement y reste. Elle eut un profond soupir ; c’était le cas. Sa démarche se détendit aussitôt.

Dans le bureau de la rousse, Harper s’installa sur la chaise en face d’elle. Lexie fit un bond sur son fauteuil, un rire goguenard s’échappa de sa gorge « Non, personne n’a d’ennuis ! Pas cette fois en tout cas. » Harper croisa les chevilles, posa son sac à ses pieds « En fait, je viens vous parler du mur en face de la galerie. Il vous appartient, je me suis renseignée. » En vérité, elle l’avait supposé, car l’employé de la mairie avait refusé de lui donner des informations à ce sujet, même contre de la monnaie et un sachet de Skittles périmé depuis trois ans « Du coup, je pensais qu’on pourrait peut-être discuter pour… » Elle marqua une pause en secouant la tête, feignant le dépit « Enfin, il sert à rien ce mur à part enlaidir votre devanture ! À ce propos, graves classes, les guirlandes lumineuses ! » Un clin d’œil plus tard, et un coup de pistolet invisible en direction de l'anglaise pour accentuer leur complicité inexistante et féliciter leurs efforts notables de déco à sa manière, et Harper se pencha sur le bureau, s’y accoudant sur un bras. Elle baissa la voix, prenant soudain des airs de négociatrice tout en sortant de son sac son porte-monnaie dépouillé « Je suis venue avec mes copines. » Elle déversa son contenu qui tinta sur la surface lisse du bureau, et après avoir écarté les différentes pochettes pour vérifier que tout était tombé, et tout était tombé malheureusement, elle fit un rapide décompte en touchant les pièces une à une avec ses doigts crispés « 7$95. Bon, ça serait plus symbolique qu’autre chose, alors si vous voulez que je vous rende un service en plus pour concrétiser la cession du bien, je rechigne pas, hein. Mais je nettoierais pas la chambre de Dédé, je vous préviens d’emblée. » Elle fit glisser son pactole devant Lexie et alla s’adosser de nouveau à sa chaise, ses sourcils disparaissant sous sa frange effilée « Un homme avec un si grand front doit cacher trop de secrets si vous voulez mon avis. J’ai que 17 ans, et quelque part, vous tenez à préserver mon innocence, Lexie. » Harper opina du chef avec insistance pour appuyer ses propos, alors que ses pupilles s’écarquillaient d’excitation face à l’éventualité qu’elle venait de passer un marché avec la rousse.
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MessageSujet: Re: 03. It's just another brick in the wall   Sam 4 Jan - 18:56

Comme à chaque fois que la désormais brune adolescente s'obstinait à la vouvoyer, Lexie grimaça. Vraiment, elle ne s'y ferait jamais. Elle avait 23 ans, merde, elle n'était pas assez vieille pour qu'on la vouvoie. Elle n'était pas assez respectable pour ça. Elle était jeune, pas si insouciante mais tout de même aventureuse et pleine de vie. Elle n'était pas de celles qu'on vouvoie. Alors pour la énième fois, baby Preston soupira et lança un regard en coin à la lycéenne « Il faut vraiment que tu arrêtes de me vouvoyer, ça me donne des rides précoces et des envies de chocolat. » Le message n'était jamais passé jusqu'ici, peut-être parce que la jeune fille était trop bien élevée ou parce qu'elle préférait garder ses distances. Peut-être considérait-elle les soeurs Preston comme les tuteurs ou parents de Jamie et les identifiait donc à une autre génération, à la catégorie des professeurs et des dames à qui l'on cède sa place dans le bus quand elles ont les bras chargés de courses. Une nouvelle grimace déforma les traits de la rouquine, qui secoua la tête pour chasser cette pensée. Elle préférait ne pas s'interroger plus amplement sur la question et s'éviter des symptômes de crise de la trentaine en avance. Et puis, elle avait d'autres chats à fouetter sans doute. Qu'est-ce qui pouvait amener Harper à la galerie? Avait-elle besoin d'aide? Jamie s'était-il fourré dans les ennuis? L'appréhension serrait le coeur de la jeune anglaise, qui ne se le pardonnerait sans doute pas si ces sales gosses étaient aller mettre leur nez dans les problèmes. Ce n'était pas sa faute et, après tout, elle était beaucoup trop jeune pour être tenue pour responsable des activités de James Ainsworth. Elle était loin d'être un modèle et était plus encline à attirer les choses considérées comme mauvaises dans la vie du garçon. Mais, Lex prétendait tout de même à un minimum de légalité et de tenue dans sa maisonnée légèrement surpeuplée et tentait de veiller au bien-être général.

Mais le rire de la jeune fille la rassura et elle chassa ses craintes. Même si la gamine lui arracha un froncement de sourcils. Comment ça pas encore? Préparaient-ils un mauvais coup? Mais la galeriste préféra ne pas poser d'avantage de questions, il fallait bien que jeunesse se passe après tout. Elle-même avait commis - et commettait encore à l'occasion - des folies adolescentes et elle s'en tirait à bon compte au final. Elle n'avait aucune crainte à avoir, d'autant plus que la jeune Pritchard lui avait toujours semblé être une jeune personne raisonnable, avec la tête sur les épaules et en mesure d'exercer une influence positive sur le dilettante Jamie. Du moins, c'est ce dont elle essayait de se persuader. Et l'attention de la rouquine fut vite distraite par l'air de mafieuse du dimanche qu'arbora soudain Harper. Son petit numéro ne provoqua qu'un haussement de sourcils étonnés de la part de l'anglaise, qui n'avait jamais vu la lycéenne adoptait ce genre d'attitudes. Certes, elle ne la connaissait pas tellement, mais le coup de pistolet invisible était un poil too much et semblait entrer en contradiction de ce qu'elle savait de l'attitude de la demoiselle. Elle articula néanmoins un vague merci, contente de voir que sa décoration travaillée était appréciée. Enfin, apparemment. Il était difficile de savoir si la gamine était sérieuse. Avait-elle abuser de substances plus ou moins licites? Etait-ce là le coeur de sa relation avec Jamie, un usage de drogues, que la londonienne espérait récréationnel et non pas digne de Sid Vicious et Nancy? Elle l'observa déverser ses piécettes sur le bureau et l'écouta attentivement, cherchant la moindre incohérence dans son discours, une trace de balbutiement ou un regard absent. Mais Harper Pritchard semblait saine de corps et d'esprit. Du moins, pas plus étonnante que d'habitude et elle continuait à malmener le surnom de ce pauvre Joachim, ce qui fit éclater le rire léger de Lexie, qui se transforma en un rugissement sonore à l'évocation des sombres secrets de son meilleur ami. Nul doute qu'elle ne confierait à personne la tâche de ranger la chambre de Mr Jones, même pas à son pire ennemi.

« Ne t'inquiète pas, je ne te laisserai pas approcher de la chambre de JJ. Même moi je ne m'y aventure pas, je préfère ne pas savoir quels monstres se cachent sous son lit. » Lexie eut un sourire en coin, puis repoussa le maigre pactole de l'adolescente dans sa direction en ajoutant « Mais, pour ton histoire de mur, il va falloir que tu m'expliques un peu mieux et qu'on mette deux, trois choses au clair. Déjà, je ne prendrais pas tes 7$95, j'aurais l'impression de te détrousser et je ne suis pas le Grinch. Et il va falloir que tu me dises pourquoi tu veux ce mur, je te le cède volontiers, parce que bon, tu as parfaitement raison, il ne sert à rien et on s'est demandés plusieurs fois ce qu'on pourrait en faire. Mais bon, si c'est pour coller des affiches publicitaires ou quoi, ça ne sera pas possible. » Il était peu probable que ce soit là les intentions de la lycéenne, mais cela n'empêchait que la galeriste ne pouvait pas céder un bout de sa propriété sans savoir ce qu'il en adviendrait. « Et vraiment, tu dois arrêter de me vouvoyer, sinon je rationne les cookies de Jamie. J'ai passé beaucoup trop de temps à remplir de la paperasse et avoir des conversations sérieuses dernièrement, je me sens assez vieille comme ça. Alors pas de vous et peut-être qu'on peut parler business. » Adoptant les faux airs de gangster de son interlocutrice, elle renifla de façon peu distinguée et croisa les bras contre sa poitrine pour lancer un regard de pseudo défi à Harper.
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MessageSujet: Re: 03. It's just another brick in the wall   Jeu 9 Jan - 21:59

On en venait enfin au cœur de la discussion. Lexie s’interrogeait sur la raison de sa requête insolite. Ce qui était tout à fait justifié, au demeurant. Après avoir remercié la Britannique d’un signe de tête frôlant l’exagération lorsqu’elle lui confirma que JJ était un homme plein de mystères qu’il ne valait mieux pas résoudre, Harper se ratatina sensiblement sur sa chaise incurvée – c’était la chaise la plus inconfortable sur laquelle elle s’était assise de sa vie, soit dit en passant. Ses traits se tendirent un chouïa, perdant soudain ce je-ne-sais-quoi d’inquiétant qui était passé dans son regard bleu clair à l’évocation du marché se jouant à l’instant. Nous y voici, lui chantonna une voix à l’oreille, des accents moqueurs déclenchant un tic nerveux agitant le coin de ses lèvres. Harper avait bien pensé que ça arriverait à un moment où un autre : elle devait fournir un motif à l’intérêt qu’elle portait à un mur resté nu depuis des années. Depuis toujours, même. Elle devait fournir le motif.
Le regard de la brune vacilla sur le secrétaire minimaliste posé tout contre le mur tandis qu’elle continuait d’écouter son interlocutrice d’un air pensif. La raison de sa démarche était pourtant très simple à expliquer. Harper voulait ce mur pour Jamie. Il taguait. D’après ce qu’elle avait pu entrapercevoir sur les polaroïds montrant ses graffitis qui traînaient dans son bric-à-brac ou sur les casiers du lycée, il était plutôt doué. Non pas que Lilibeth soit dotée d’une culture artistique très étoffée mais c’était déjà plus parlant que la fresque relatant les exploits sexuels d’un certain Noah Puckerman sous les gradins du terrain de sport de McKinley. Elle savait reconnaître quand quelque chose avait une certaine valeur et ce que Harper avait vu en avait indiscutablement.
Elle avait fini par admettre qu’elle ne pourrait pas rembourser l’argent que Jamie lui avait donné pour renflouer sa dette envers Madeleine. Les comptes quelle tenait en secret lui indiquait qu’elle mettrait beaucoup trop de temps et ce n’était pas la seule dette qu’elle devait éponger, malheureusement. Elle savait aussi que cette sensation de toujours lui devoir quelque chose mettrait peut-être leur amitié en péril à un moment donné car elle se connaissait. Harper n’avait pas envie que sa fierté l’étouffe avec l’embarras dans lequel ça la mettait de devoir autant de choses à quelqu’un, même à un ami proche comme Jamie. Elle ne pouvait pas lui offrir l’appareil photo qu’il avait mentionné plusieurs fois au cours des dernières semaines mais avec ses moyens elle pouvait tenter de s’acquitter de sa dette à sa manière. En plus, ça n’incluait pas de devoir se jeter dans la gueule du loup en sonnant à la porte de son bel appartement. Noël était un prétexte en or, ça rendrait les choses moins gênantes pour tout le monde.

Si elle pouvait assumer ses motivations dans l’intimité de ses pensées, Harper avait un peu de mal avec le fait de devoir argumenter à voix haute. Devant un habitant de la Pension Preston, qui plus est. Ce brusque coup de frein était dû à l’accusation portée par Madeleine, le soir de leur petite séance confessionnal à la pension. Découlant d’une rumeur concernant la grossesse (imaginée par des abrutis convaincus que vomir n’arrive qu’aux femmes enceintes) de la brune, elle n’avait pas été plus surprise d’apprendre que la surveillante les soupçonnait, elle et Jamie, d’avoir des rapports sexuels non protégés.
Non, Jamie et Harper ne couchaient pas ensemble. Bien que les principaux intéressés restaient vagues, voire résolument hermétiques, sur ce qu’il se passait réellement quand ils se retrouvaient enfermés pendant des heures dans la chambre du jeune homme, l’entourage de ce dernier semblait s’être fait une opinion bien avancée sur la chose. Ce que Harper trouvait particulièrement malsain. Sérieusement, quel individu de plus de vingt ans, ne faisant même pas partie de leur cercle familial dans le sens premier du terme, s’intéressait à la vie sexuelle d’adolescents de leur âge ? Inconsciemment, c’était aussi pour cette raison qu’elle avait choisi de ne plus grimper les marches du perron de la pension, car l’idée que l’on puisse les associer de cette manière la dérangeait d’une certaine façon. Elle ne voulait pas qu’on s’immisce dans leur amitié en leur faisant croire qu’il se passait autre chose entre eux, autre chose qui échappait à leur attention.
Cette histoire de mur était donc de l’eau apportée au moulin de la rumeur. C’est pourquoi Harper hésita longuement avant de reprendre la parole. Elle lança un regard en biais à Lexie et haussa un sourcil en la passant au rayon x sans éprouver le moindre sentiment de culpabilité à l’idée de la dévisager de la sorte. Elle paraissait moins godiche que Madeleine. Pas moins folle cela dit… À croire que c’était une condition pour avoir le droit de faire partie de la pléiade de colocataires occupant les chambres de la maison des sœurs. Mais au moins, Lexie rentrait dans son jeu en prenant des airs de gangster qui la firent esquisser un sourire sincère. De toute façon, si Harper voulait avoir ce qu’elle veut, elle devrait faire des concessions. Et mettre son amour propre de côté le temps d’une discussion était à sa portée quoiqu’on en dise. Elle n’aurait qu’à remettre les pendules à l’heure au cas où, elle savait bien le faire. Passant une main dans ses cheveux, Harper pivota sur sa chaise inconfortable et regarda Lexie encore une seconde. Elle était tentée de lui faire confiance et d’exaucer son souhait en la tutoyant.

« C’est pour Jamie. » finit-elle par lui dire en décollant subrepticement ses fesses de la chaise pour se rasseoir plus confortablement et se tourner vers Lexie « Il tague, je sais pas si t’es au courant. J’ai pensé que s’il avait un mur à lui, il serait plus à l’abri. Parce que d’après ce que j’ai lu, c’est pas légal de faire ça sur un mur, ou sur n’importe quoi appartenant à la municipalité d’ailleurs. » Elle croisa les jambes si rapidement que son jean crissa. Son visage se détendit et ses doigts trouvèrent les cordons usés de son blouson. Harper choisit de ne pas mentionner les casiers du lycée car elle pensait déjà en révéler suffisamment sur ce qu’elle considérait être la vie privée du jeune homme. Ça l’embêtait vraiment, mais avait-elle le choix ? Elle ne voulait pas lui attirer d’ennuis néanmoins, pas cette fois, et elle tourna sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Marquant donc une courte pause, elle remplit ses poumons d’air en inspirant profondément puis annonça un peu plus fort « J’ai bossé trop dur pour qu’il obtienne la moyenne en bio, y’a pas moyen que cette tête de gland finisse en cellule avant la remise des diplômes. Surtout que j’ai fait tout ça gratos ! S’il m’avait payé, j’en n’aurais rien eu à foutre qu’il échoue. » Il avait déjà échoué, elle l’avait pris très à cœur. Ce constat lui fit lâcher un petit rire semblable à un reniflement. Elle s’estima heureuse que personne ne puisse lire ses véritables pensées.
Elle y était allée un peu fort mais elle ne s’excusa pas pour autant ; on pouvait lui reprocher ce qu’on voulait, Harper restait la même qu’importent les circonstances. Elle aurait peut-être dû faire un effort pour paraître plus polie face à une jeune femme qui représentait l’autorité au sein du foyer de son ami mais…
Suite à une autre et longue œillade en direction de la rousse, Harper se pencha de nouveau sur son bureau en baissant la voix « C’est non pour les affiches publicitaires mais pour les graffitis, c’est OK ? J’veux dire, c’est une galerie d’art que tu gères… » Les fesses au bord de la chaise, elle sonda le regard de la rousse avec sérieux et tout en se faisant lentement glisser pour retrouver le fond de l’assise, elle ajouta, sa voix teintée de suspicion et ses paupières réduites à deux petites fentes minuscules « T’es sûre que t’as pas besoin d’aide pour ta paperasse ? » Peu habituée à côtoyer des êtres à la bonté aussi évidente que celle de Lexie, Harper cherchait un moyen de rentabiliser l’échange des deux côtés, mais ce n’était pas la seule raison. En réalité, si Lexie lui cédait le mur sans rien demander en échange, Harper ne pourrait pas se l’approprier et en faire cadeau à Jamie. Elle aurait juste l’impression de servir d’intermédiaire.
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MessageSujet: Re: 03. It's just another brick in the wall   Dim 12 Jan - 21:16

La raison pour laquelle Harper Pritchard cherchait à se procurer un vieux pan de mur appartenant à la galerie titilla l'esprit imaginatif de la jeune Preston. Le plus logique aurait été qu'elle veuille se lancer dans des travaux de construction quelconque, comme c'était le cas de certaines entreprises sous contrat avec la municipalité, qui avait déjà cherché à délester la galerie d'une partie de son terrain. Ou bien, c'était pour un projet artistique quelconque. Mais l'adolescente n'était pas exactement un ponte du BTP ou une grande amatrice d'art urbain. Enfin, a priori. Aussi, Lexie écouta-t-elle attentivement quand la distraite demoiselle finit par se lancer dans une réponse. En entendant les motifs qui poussaient la lycéenne à se lancer dans ce deal des plus bancals, la rouquine faillait émettre un couinement d'enthousiasme. Elle parvint néanmoins à se contenir, lâchant à peine un petit "aah" qui pouvait être interprété comme une illumination plutôt que comme une expression d'enchantement. Mais voir la petite Harper mettre tant de coeur pour faire un cadeau aussi personnel et recherché à Jamie mettait le coeur de Tata Lexie en joie. Elle avait pleinement conscience qu'il était légèrement inquiétant d'avoir un tel intérêt pour la vie privée de deux gamins, mais ce n'était pas sa faute s'ils étaient aussi adorables. Et cette gosse pouvait se montrer aussi renfrognée et bougonne qu'elle le voulait, la londonienne était prête à parier sa paire de chaussures préférée qu'elle éprouvait de sincères sentiments pour son colocataire, et réciproquement. Bien sûr, tout ça est compliqué et l'adolescence est une période trouble que personne n'est jamais parvenu à comprendre. Et ce n'était pas Lex qui allait donner des leçons à quiconque sur la meilleure manière d'entretenir des relations, puisque ses deux meilleurs amis de sexe masculin étaient d'anciens amants. Mais mieux valait ne pas s'interroger sur les méandres courant l'esprit de baby Preston. Ses affres amicales variées n'étaient pas à l'examen ici, mais plutôt les liens tout particuliers qu'entretenait sa jeune amie avec ce cher Ainsworth Jr. Ces deux là pouvaient protester et nier tant qu'ils le voulaient, quelque chose d'unique existait entre eux. Et ce n'était peut-être pas le grand Premier Amour que les séries télévisées nous vendent comme la panacée de la jeunesse, mais c'était une belle amitié, voire le commencement d'une splendide aventure. Lexie était la preuve vivante que les relations forgés en pleine crise d'acné et de rébellion peuvent conduire aux amitiés les plus solides.

Elle avait donc la ferme intention de soutenir le projet de la petite Pritchard, d'autant plus qu'elle avait enfin consenti à la tutoyer. Même si, par comparaison, le cadeau qu'elle offrirait à Jamie ferait pâle figure. Qu'à cela ne tienne, Lexie Antonia Jane Preston était une excellente donneuse de cadeaux et ce nouveau défi ne l'effrayait pas. Elle était tout simplement ravie de l'idée présentée à elle. La rouquine se garda donc bien de souligner qu'une des composantes majeures du street art était son illégalité, sa volonté de se réapproprier l'espace urbain dévoré par la publicité et l'ordre établi, qu'il s'agissait donc de contester. Mais il n'y avait nul besoin de faire un petit cours sur les subtilités socio-politiques de la pratique du tag, d'autant que la maîtresse de maison responsable qui sommeillait en la petite anglaise était satisfaite de savoir que le jeune Jamie n'irait pas se rompre le cou ou risquer l'arrestation en pratiquant son passe-temps. Alors tant pis pour la contestation du système. « C'est effectivement illégal, c'est un peu le principe d'ailleurs, mais j'aime bien ton idée. Je suis sûre que ça lui fera plaisir. » Elle esquissa un léger sourire et hocha la tête, imaginant la petite tête de son colocataire s'illuminer de joie. Dans la mesure de sa mono-expression adolescente bien sûr. Le commentaire de la brunette sur ses papiers, pourtant soigneusement empilés suivant la couleur de leur pochette et l'urgence avec laquelle il fallait les traiter, fit froncer les sourcils de la jeune galeriste. Il ne lui fallut qu'un instant pour comprendre que la gamine lui proposait un nouveau marché. Elle allait regretter ses 7$95 une fois plongée dans l'administration de The Gallery. « Hum, je suppose qu'un esprit ordonné et efficace serait le bienvenu pour remettre un peu d'ordre dans tout ça. Je te laisse le soin de trouver un système de rangement que JJ ne ruinera pas en deux jours et en contre partie je signerai une autorisation pour que le mur soit mis à la disposition de ce cher James. » Un sourire mutin aux lèvres, elle ajouta « Et j'espère que tes efforts scolaires paieront aussi bien que tes idées de cadeaux ingénieuses, je vais pas faire ma vieille tata chiante, mais quand même, il serait temps que ce garçon ai un diplôme, au moins pour la forme. » En vérité, Lexie n'avait absolument pas hâte que le jeune Ainsworth s'envole vers d'autres cieux une fois ses années de lycéen révolues, mais cela ne voulait pas dire qu'elle voulait le freiner dans sa réussite future. Allez savoir ce que l'avenir réservait à un énergumène pareil. Harper pouvait s'assurer un bel avenir, nul doute qu'elle était assez intelligente et travailleuse pour obtenir une bourse d'études dans l'université de son choix. Mais Jamie n'était pas exactement issu du même tonneau. Après tout, sa meilleure amie lui offrait un espace de tags pour Noël
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MessageSujet: Re: 03. It's just another brick in the wall   Mer 15 Jan - 22:13

Il en fallait beaucoup pour intimider Harper. Pourtant, en remettant dans son contexte le concept du street art, Lexie venait de faire s’accroître le sentiment qu’elle avait eu en posant le pied dans la galerie. À savoir qu’elle n’avait rien à faire dans un endroit où même les poignées de porte coûtaient cher. C’était comme le soir où elle s’était rendue à Sadie Hawkins, et qu’en traversant le long corridor pour rejoindre l’entrée de la fête, elle s’était aperçue que sa présence au milieu de ses camarades était insensée, malgré ses efforts pour s’apprêter. Assise sur sa chaise incurvée, les reins en compote à cause de la position inconfortable qu’elle maintenait depuis dix minutes, Harper nota à quel point elle faisait tache dans le décor, et elle s’en sentit brusquement très mal à l’aise, presque autant que si elle avait eu sur le dos la robe à encoches dorées de Sheridan.
L’impression que ses démarches étaient stupides n’y était sans doute pas pour rien. Tachant de ne pas perdre son expression habituelle néanmoins, Harper glissa maladroitement ses mains sous ses cuisses pour se réconforter et ne pas penser au fait qu’elle était en train de se ridiculiser. Mais avant qu’elle n’ait le temps de s’en blâmer davantage, la rousse lui faisant face approuva son idée. Un petit sourire rehaussa ses pommettes, la délivrant d’une partie du poids compressant sa poitrine.

« C’est d’accord ? » dit-elle avec incrédulité, et elle se redressa, aux aguets. Lorsqu’elle comprit qu’elle venait de sceller un marché avec Lexie, son cœur se mit à battre plus fort. La joie d’avoir obtenue ce qu’elle désirait se lisant sur son visage, Harper ne sut comment réagir. Se mordant la lèvre, elle choisit de se lever, mais resta plantée devant sa chaise. Les remerciements seraient pour plus tard. Elle souriait. C’était une preuve de toute la considération qu’elle éprouvait pour la galeriste, inutile d’en faire des caisses « Ça devrait aller vite, j’ai l’habitude. » Elle s’occupait de la paperasse à la maison. Aussi se garda-t-elle d’expliciter « Je peux laisser un mot pour que JJ s’y retrouve. Mais bon… il a l’air pervers, pas idiot. » Elle enleva son blouson qu’elle déposa sur la chaise, replaça son pull oversize sur ses épaules dénudées. Prenant le partie de s’y mettre tout de suite, elle pivota sur ses pieds pour rejoindre le secrétaire sur sa droite sur lequel elle éparpilla en éventail les dossiers qu’elle avait récupérés sur le bureau. En ouvrant le rabat du premier, Harper grimaça devant l’amas de feuilles volantes « T’as des trombones ? » demanda-t-elle en se retournant de nouveau vers Lexie qui parlait du diplôme de Jamie. Les sourcils levés très haut, son cœur menaçait d’exploser, mais elle resta stoïque, maître de ses émotions, se concentrant plutôt sur les propos de l’Anglaise.

Harper ne s’était jamais demandé pourquoi Jamie vivait à la pension Preston. Elle trouvait étrange bien sûr qu’un garçon de son âge soit livré à lui-même, sans parents et sans réelles attaches lui fournissant certains repères, puisque la seule figure familiale qu’elle lui connaissait – Timothy, en l’occurrence – l’avait repoussée. Simplement en apprenant à le connaître, en rentrant dans son monde par le biais d’un chantage grotesque, elle avait vite compris qu’il était du genre bohème. Il devait bien tenir ça de quelqu’un – je règle mon pas sur le pas de mon père, dit-on. Peut-être que ses parents faisaient partie d’une communauté baba-cool et qu’il était stipulé dans leur règle de vie que leurs progénitures conçues sous acide devaient s’émanciper jeunes pour goûter le plus tôt possible aux joies de l’indépendance et de l’indolence. Non seulement, ça expliquerait bien des choses si Jamie avait été conçu sous acide, mais c’était également tout à fait plausible, vu le monde dans lequel ils vivaient. Harper n’apportait aucun jugement contre les parents de son ami, elle trouvait juste dommage qu’ils passent à côté de l’homme que leur fils était en train de devenir. En fait, elle trouvait ça triste, surtout pour Jamie. Car depuis qu’ils se connaissaient, pas une seule fois elle ne l’avait entendu parler de sa famille, quand de son côté, la sienne était ce qui la maintenait sur ses deux pieds.
Au moins, Harper savait que la pension Preston était un endroit sûr – lorsqu’on avait la chance de ne pas tomber sur Madeleine Wild au réveil d’après James. Ce qui, Dieu merci, n’était jamais arrivé à Lilibeth. Si ses parents se fichaient de l’avenir de leur fils, ses colocataires s’inquiétaient pour lui en revanche et c’était rassurant. Si jusqu’à présent ça ne lui était apparu que sous l’aspect d’une logique évidente, comme un secret qu’il faut préserver pour que tout le monde continue à se regarder droit dans les yeux, entendre Lexie formuler ses inquiétudes à intelligible voix lui fit réaliser qu’elle avait définitivement vu juste – son intelligence lui offrait la perspicacité, quand bien même elle n’était pas douée pour les rapports humains. A défaut de connaître les parents de Jamie, Harper pouvait  faire confiance à sa famille de substitution pour le garder dans le droit chemin.

« Tu peux dormir sur tes deux oreilles. » lança-t-elle en ouvrant la boîte de trombones « Il l’aura son diplôme. Je lui fais confiance. » Ce n’était pas un moyen de rassurer Lexie – ou peut-être rien qu’un peu –, Harper y croyait et son ton convaincu en témoignait d’ailleurs. Elle releva le menton pour croiser son regard, se précipita pour compléter « Ça changera rien au fait que c’est un abruti, hein ! Au moins, ce sera un abruti avec un diplôme. Ça lui donnera accès à toute une palette de conneries nettement supérieures à celles auxquelles il est habitué, et avec un peu de chance et de volonté, il se trouvera même un job. Je crois que la fac, c’est pas dans ses projets. » Elle prit plusieurs trombones qu’elle fit tressauter dans sa paume, rompant d’un coup le contact visuel et en haussant les épaules « La fac, c’est pas une fin en soi de toute façon. Je lui fais confiance. » répéta-t-elle. Son pouls rapide se calma d’un trait. Se tournant de nouveau pour commencer à assembler les feuilles volantes entre elles, Harper s’affaira.
Après un silence durant lequel elle calma les manifestations gênantes de sa joie, la jeune fille reprit la parole, certaine maintenant de ne pas se trahir en gloussant ou en dansant la gigue « Euh… Lexie ? Tu lui diras pas, hum ? » Dos à sa locutrice, Harper frotta le coin de son nez avec son doigt, gênée. Devoir faire autant de mystère, ce n’était pas dans ses habitudes, mais il fallait garder un minimum de surprise, sinon ça perdrait tout son intérêt. Plusieurs feuilles en main, elle vrilla de l’autre côté et appuya ses fesses sur le rebord du secrétaire « Merci, d’ailleurs. C’est cool d’avoir dit oui. » Elle leva très brièvement les pupilles en direction de Lexie « Ça… » Seigneur, Lilibeth, persifla-t-elle intérieurement « Ça veut dire beaucoup pour moi. » Ne s’attardant pas plus d’une seconde, elle toupilla rapidement pour échapper aux yeux de la jeune femme, continuant de trier comme si de rien n’était.
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MessageSujet: Re: 03. It's just another brick in the wall   Ven 24 Jan - 21:57

Lexie aimait faire plaisir et rien ne l'emplissait de joie comme le sentiment d'avoir éclairci la journée ou même l'heure de quelqu'un. Et à voir le sourire et les prunelles extasiées - enfin, c'était tout comme - de la si réservée miss Pritchard mettait du beaume au coeur de la galeriste. Les gens ne faisaient pas assez de cadeaux venus du coeur et celui de la jolie brunette était la balance parfaite entre le sentimental, le bien pensé et l'original. La londonienne qui se targuait d'être une experte en cadeau géniaux était presque déçue de ne pas avoir l'idée la première. Mais c'était d'autant plus touchant de la part d'Harper, qui n'avait visiblement pas l'habitude d'obtenir ce qu'elle voulait facilement et n'avait pas une fortune à investir dans ses offrandes et s'était clairement sortie de sa zone de confort pour imaginer ce présent. Après tout, elle lui avait toujours semblé terre à terre, réaliste, logique. Des qualités faisant cruellement défaut à Jamie comme à Lexie, du moins dans le sens où elles étaient couramment admises. Ils avaient plus de sens commun qu'il n'y paraissait. Mais la rouquine n'eut pas le loisir de se laisser aller à ses digressions mentales sur ce qui faisaient quelqu'un de pragmatique puisqu'une des énièmes remarques brutalement honnêtes de la lycéenne la fit éclater de son rire sonore et un tantinet terrifiant pour qui n'y est pas habitué. Pervers mais pas idiot. Quelle belle définition de Joachim Jones, la jeune femme était presque tentée de le faire graver derrière une gourmette, mais elle ne voulait pas abuser de la créativité de la gamine, qu'elle exploitait déjà dans un travail laborieux et non payé. Essuyant les larmes qui avaient perlé au coin de ses yeux pendant son fou rire, elle tendit la bien nommée boîte à trucs à son employée du jour, qui avait apparemment résolu de s'acquitter rapidement de sa tâche. Voilà un zèle qui aurait fait plaisir à Anna. La cadette des Preston ne manquerait pas de lui faire remarquer qu'elle préférait largement alimenter les comptes en banque maigrichons des adolescents ne roulant pas sur l'or plutôt que de subventionner plus avant la folie des grandeurs de Joanna. Elle l'appréciait, mais même pour la tornade rousse, l'éminence grise des Second Chances demandait des efforts de patience et d'endurance.

A l'inverse, la candeur d'Harper était divinement rafraîchissante et Lexie avait bien envie de passer le reste de sa journée à papoter avec elle dans le bureau, plutôt que de se confronter au vide intersidéral, vaguement interrompu par des touristes égarés et des donneurs de cadeaux plus ou moins sincères. C'était l'inconvénient, autant l'achat d'une oeuvre d'art pouvait être un geste très intime, faisant écho à une quelconque Madeleine de Proust personnel ou aux goûts du receveur, autant ce pouvait être la démonstration d'un snobisme affligeant. Et elle en avait vu ces derniers jours, des bobos se croyant fin connaisseur et voulant épater leur oncle enseignant à Columbia ou leur cousine qui a mieux réussi sa vie. Trop rares étaient les cadeaux comme celui de la jeune Pritchard. Elle parvint d'ailleurs à arracher un nouveau rire à la galeriste, un rien plus discret cette fois, en lui faisant son speech sur la réussite inéluctable d'Ainsworth Jr. Lexie était rassurée de la voir aussi confiante, même si elle partageait largement son avis sur Jamie comme étant un abruti avec un diplôme. De toute manière, c'était plus une formalité qu'autre chose et nul doute que le jeune homme était fait pour la vie active plutôt que les bancs de l'école, car même s'il ne manquait pas d'une certaine érudition et de capacités intellectuelles des plus respectables, les carcans du système scolaire ne pourraient guère le contenir plus longtemps. La grande rousse abonda donc dans le sens de son interlocutrice « La fac, c'est parfois beaucoup d'argent pour pas grand chose, surtout dans le cas de quelqu'un comme lui. Et tu as parfaitement raison, ça ne veut rien dire. Regarde, je suis diplômée de NYU, ma soeur de McKinley High et il n'est pas difficile de deviner qui maintient le bateau à flot. » Elle s'accorda un sourire sarcastique, plus à l'intention d'elle-même que de Harper et ajouta après un temps de réflexion. « C'est sûrement JJ en fait, c'est lui le businessman, il a pris des cours du soir pour le prouver et tout. Et il évite les naufrages en cas de crise familiale. Bref... » Réalisant qu'elle partageait potentiellement trop d'informations avec cette pauvre fille qui n'avait rien demandé, baby Preston entreprit de mettre sous pli les quelques lettres qu'elle avait composé plus tôt, tâchant de s'affaire pour dissiper le léger malaise.

Harper en profita pour elle-même tâtonner autour ce qui la gênait, demandant à la petite anglaise de ne pas vendre la mèche et la remercia maladroitement. Reprenant du poil de la bête, Lexie lui fit un sourire rayonnant et tendit son petit doigt à la lycéenne pour sceller son silence dans le plus sacro-saint des serments, Fidelitas exclu « Je ne dirais pas un mot. Pinkie promise. » Elle attendit que le pacte soit complété par sa vis à vis puis ajouta « Tu m'as l'air plutôt efficace niveau paperasse. Pour être honnête avec toi, on est plus organisés que ça en vrai, enfin surtout Anna et JJ, mais disons qu'avec tout ce qu'il s'est passé... Et puis, c'est difficile de tout gérer, même à trois. Enfin, on avait plus ou moins quelqu'un mais ça coûte cher d'employer quelqu'un, même à mi-temps. » Lexie ne savait pas vraiment où elle voulait en venir elle-même, mais les mots sortirent de sa bouche avant qu'elle ne puisse les pondérer quelques instants « Disons que si tu a le coeur de venir nous dépanner de temps en temps contre de modiques sommes et des rations des plats de ton choix, on pourrait avoir un arrangement intéressant. » Ne voulant pas donner un sentiment d'obligation quelconque à la jeune fille, elle ajouta rapidement « Enfin, ce serait juste comme ça hein et puis si t'as pas le temps ou pas envie, y a pas de soucis, on se secouera un peu les miches pour tenir nos affaires en ordre. Je ne te mets pas le couteau sous la gorge hein. » Voilà qui ne lui donnait pas du tout des airs psychotiques. Si tant est qu'elle ai eu l'intention de considérer l'offre, la pauvre Pritchard allait certainement prendre ses jambes à son cou maintenant.


Dernière édition par Lexie A. Preston le Mer 26 Fév - 23:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. It's just another brick in the wall   Ven 31 Jan - 12:55

La diatribe d'Harper sur l'université et Jamie trouva manifestement racine sous l'amas de mèches auburn de la Londonienne qui ne se fit pas prier pour rebondir sur ses propos. Ce dont la jeune fille se serait finalement bien passée. Car même si ce que Lexie lui dit en allant dans son sens rasséréna ses difficultés plus que compréhensibles à imaginer son propre futur sans un arrêt intermittent par les bancs de la faculté de ses rêves, elle ne put s'empêcher de ressentir une note aiguë de tristesse en pensant à la fameuse bourse sportive qu’elle n’obtiendrait plus désormais. Tentant de camoufler son embarras en faisant glisser son regard maussade sur les montants exorbitants des factures, Harper écarquilla brusquement les yeux. Si elle avait l'habitude d'en venir à bout des dettes et des comptes de sa mère, c'était la première fois de sa vie qu'elle avait l'occasion de s'apercevoir en direct qu'un bien pouvait atteindre des sommets en matière de valeur. Ce prix tout en bas du bordereau avait le montant le plus ostentatoire qu'elle n'ait jamais vu et sans l’en aviser, sa gorge se serra, lui provoquant une toux qui ne soulagea en rien le picotement soudain obstruant sa glotte. Et dire qu'il y avait à peine une heure de cela, elle avait troqué son urine contre l'assurance de pouvoir offrir des cadeaux décents à ses frères pour Noël.
Elle profita que l'émanation putrescente du malaise s'installe entre elle et Lexie pour constater avec un goût doux-amer sur la langue que les sœurs Preston avaient eu plus que de chance qu'elle et qu'elles étaient typiquement le genre de personnes dont elle aurait pu être jalouse si elle avait eu un tant soit peu de temps à accorder à ces petites choses malsaines dont raffolait le genre humain. Harper cessa de tousser, retrouvant sa placidité ordinaire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et fixa consciencieusement les factures entre elles, prenant dorénavant le soin de ne plus s’arrêter sur les chiffres en pied de page.
À en juger par la maison dans laquelle les sœurs vivaient et qui était sans doute le fruit d'un héritage – personne n'avait idée à leur âge de venir s'enterrer au cœur d'une bâtisse de ce style à un quart d'heure de marche de la banlieue, se disait-elle à chacune de ses visites –, Lexie et Anna avaient dû recevoir la visite des meilleures fées d'Angleterre à leur naissance. Harper le ressentait, c’était facile à déceler et une part d'elle, la plus bienveillante, sourit à cette pensée. Des personnes de leur acabit qui offraient le gîte à un jeune homme de dix-huit ans débarqué de nulle part méritaient tout le bonheur du monde à son sens. La générosité n’était plus une valeur courante, elle avait eu le loisir de s’en rendre compte bien trop souvent. Trop fière et adorant alimenter l'image de la grincheuse de service qu'elle reflétait, Harper se garderait bien de faire part de la profonde affection qu'elle commençait à ressentir pour les propriétaires de la pension cependant ; ou au moins pour Lexie qui venait de s’attirer sa sympathie éternelle en lui cédant ce qu’elle appellerait à présent le mur, tout simplement.

Un rire nerveux résonna dans la pièce lorsque Lexie lui tendit son petit doigt pour sceller sa promesse de silence. Harper hésita au moins deux longues secondes avant de venir crocheter le sien à celui de la rousse. C’était ridicule, songea-t-elle et pourtant un sourire inconscient étira subtilement ses lèvres.
« Ouais, j’ai appris pour le cambriolage. » avoua-t-elle. Haussant mollement les épaules, elle tourna son visage vers Lexie « Bah je lis la presse locale. » Pour y trouver des petites annonces, principalement, parce qu’elle se fichait des derniers potins concernant les chorales de la ville – qui s’en souciait réellement d’ailleurs à l’exception des protagonistes ? Croisant le regard pétillant de sa locutrice, l’observation de Lilibeth fut interrompue par la sonnerie de son téléphone portable et pendant que Lexie continuait de se répandre en paroles, lui proposant avec gentillesse de se joindre à l’organisation de la paperasse de la Galerie, elle rejoint sa chaise.

Harper s’employa à fixer l’écran de son appareil qu’elle récupéra dans la poche de son blouson. C’était pour éviter d’exposer la lueur reconnaissante qui, elle le devinait, illuminait ses prunelles alors que la galeriste terminait son discours. Son offre la laissa coite et restant immobile, la brune eut la sensation d’éprouver cette fois un réel sentiment d’envie ; elle aurait aimé être aussi gentille et charitable que Lexie Preston, vraiment. Laissant son téléphone sonner, le nom (celui de son frère, Julian) apparaissant sur son écran lui suffit à comprendre qu’elle avait trop traîné, et après un moment de flottement, elle se réanima promptement. Repositionnant son pull large sur ses épaules, elle enfila son manteau.
« Pendant les vacances, je pourrais venir te filer un coup de main si hum… Anna ? » Elle s'auto persuada qu’elle n’avait pas dit de sottises, poursuivit ainsi « Si Anna et JJ sont d’accord. J’ai pas trop le temps pendant les cours, c’est ma dernière année et puis avec le boulot à la gare… » Un sourire intérieur paracheva sa tirade. Elle se souvenait des paroles de Jamie lors de Sadie Hawkins, quand il lui avait fait savoir qu’il n’avait pas cru une seule seconde à son excuse pour ne pas se rendre à la fête : “Oublie que je suis Harper Pritchard et que je boucle la moitié des travaux de ma promotion en avance”. Crétin, râla-t-elle de mauvaise foi avant d’enchaîner, chassant ses longs cheveux bruns du col de sa parka « Je ferai ça gratuitement, sans soucis. » Même elle avait du mal à y croire. Elle remonta sa fermeture éclair, enroula son écharpe autour de son cou et glissa son téléphone dans sa manche « Ça serait malhonnête d’attendre de toi que tu me files du fric pour mettre de l’ordre dans des papiers alors que tu m’as rendu un sacré service, tu vois. » Des propos pleins de sagesse qu’elle regretta à la seconde même où ils dépassèrent sa bouche. Seulement pour une fois dans sa vie, Harper sentait qu’elle devait faire preuve d’un peu de moralité ; elle ne voulait vraiment pas profiter de l’amabilité de Lexie et puis le jeu en valait la chandelle, car elle avait obtenu ce mur pour Jamie. Au final, c’était ça le plus important et un sourire sincère remonta ses pommettes, tandis qu’elle attrapait son sac à bandoulière.

Faisant un premier pas en direction de la porte, elle se ravisa et pivota sur ses pieds. Elle alla récupérer les pièces qu’elle avait laissées sur le bureau un peu plus tôt et en les fourrant dans la poche arrière de son jean, elle dit à la rousse « Quand t’as besoin d’aide ici, envoie-moi un texto ou transmet le message à Ainsworth, il sera ravi de se rendre utile pour une fois. » Harper fit un signe de tête concis, comme un salut particulièrement déterminé, puis s’arrêtant à côté de Lexie, elle lui chuchota près de son oreille « Je crois qu’il manque une pièce à la fresque au bout de l’aile nord. » Elle élargit son regard sous la hâte et haussa la voix « Je l’ai pas volé hein, elle est tombée toute seule ! » S’apercevant qu’elle en avait trop dit, Harper se redressa avec une certaine dignité et tout en plissant les paupières, elle conclut « Bon, je dois y aller. » Montrant la porte derrière elle avec ses pouces, c’est sans plus de cérémonie qu’elle s’engagea vers le couloir.
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MessageSujet: Re: 03. It's just another brick in the wall   Jeu 27 Fév - 0:05

En entendant Harper mentionner le cambriolage, la jeune femme se contenta d'un bref sourire crispé, préférant ne pas s'aventurer plus avant sur ce terrain. La presse locale s'était fait un plaisir de pouvoir relater autre chose que les guerres de chorales et les extravagances de la mairesse, que Lexie soupçonnait d'ailleurs d'avoir commandité certains articles peu flatteurs qui avaient été publiés sur la galerie après l'incident. Après tout, Sue Sylvester n'était pas la plus grande supportrice des arts et avait à peine tolérer l'ouverture de The Gallery, ne manquant pas de faire comprendre aux jeunes propriétaires qu'elle leur accordait les droits nécessaires à leur installation uniquement pour pouvoir promouvoir Lima et qu'il ne fallait pas espérer de subventions municipales. La rouquine réprima un soupir et chassa ses pensées peu optimistes de son esprit déjà bien trop encombré. Toute la ville était au courant du désastre et une bonne partie des habitants ricanaient sans doute du sort défavorable qui était tombé sur ces gamins prétentieux qui se croyaient à New-York avec leur galerie d'art et leurs accents bizarres. C'était ainsi et il ne servait à rien de se lamenter, ils étaient de toute façon bien trop occupés par tout le reste. Lexie savait que (re?)gagner le coeur des citadins n'était pas la tâche la plus ardue qui les attendaient et se concentra donc sur sa jeune invitée, tâchant de lui faire une offre qui ne ressemble pas trop à de l'esclavage d'enfants. Même si bien sûr le très bas salaire, en partie payé en pâtisseries, qu'elle comptait lui offrir était risible, voire illégal, surtout au vu des compétences et de l'efficacité dont Pritchard semblait être dotée. C'était clairement à se demander comment cette fille avait fini par être amie avec Jamie, alors qu'elle aurait dû au mieux lui soutirer ses maigres dollars en échange des bonnes réponse à l'examen de mathématiques. Et encore, Lexie n'était pas entièrement sûre que ce soit le genre de la brunette, qui avait l'air de pencher du côté trop honnête de la force.

La petite vint d'ailleurs confirmer son hypothèse en lui disant qu'elle acceptait de venir leur donner un coup de main durant les vacances mais se refuser à accepter tout revenu, en échange du service que les Preston lui faisaient. La londonienne aurait presque été tentée d'accepter ce deal miteux, mais même elle avait un minimum de principes. Aussi, elle balaya ses objections d'un geste de sa main aux ongles d'un vert pomme assez visuellement agressif « Foutaises, c'est toi qui nous rend service. On n'a jamais su quoi faire de ce pauvre bout de mur gris et on a pas tellement temps d'y réfléchir, tu nous apportes la solution idéale en fait. Et Anna ne crachera pas sur un coup de main, maintenant qu'on est en restrictions budgétaires. » Ne pas avoir à payer Joanna était un pas non négligeable sur la voie de la rentabilité. Ils n'y étaient pas encore, loin de là, mais baby Preston avait bon espoir de se sortir du rouge cramoisi d'ici le 21 mars, deadline fixé par son aînée et accessoirement, son anniversaire. Les deux soeurs avaient un sens de la mise en scène imparable. La galeriste était donc prête à laisser la gamine vaquer à ses occupations, n'ayant pas manqué la sonnerie de son téléphone et l'air préoccupé qu'elle avait eu en voyant son appelant. Il y avait plus urgent que le classement des factures sans fin de The Gallery. Lexie s'apprêta donc à retourner à sa correspondance quand Harper fit brusquement volte-face pour récupérer sa menue monnaie étalée sur le bureau. Et elle faisait bien, la rousse avait déjà oublié les sept dollars quatre-vingt quinze que la lycéenne avait été prête à investir, alors qu'elle semblait en avoir bien plus besoin qu'elle.

La petite anglaise opina du chef, montrant qu'elle avait bien reçu les instructions de la brunette et qu'elle ne manquerait pas de la solliciter. Après tout, elle était la candidate idéale, même en tant que saisonnière. Elle fit légèrement pivoter sa chaise de bureau et prit des airs conspirateurs, en voyant miss Pritchard s'immobiliser et se pencher vers son oreille, s'attendant à une révélation quelconque. Mais on lui signala simplement que cette fichue fresque se refaisait la malle. Lexie leva les yeux au ciel et prit mentalement note de ne plus jamais exposer cet incompétent et de lui faire remarquer que son travail manquait clairement de précision. Franchement, on a pas idée, c'était à se demander s'il s'était contenter de super-glue de supermarché pour coller ses mosaïques. Toutefois, elle rassura Harper avec douceur, haussant une épaule désabusée « Bah ne t'en fais pas pour ça, ce truc tombe en ruine. C'est joli comme tout mais absolument pas solide et ça n'a rien d'une métaphore intéressante, c'est juste casse-pieds. Je suppose que ça nous servira de leçon. Enfin bref, merci, je vais aller arranger ça. » Finalement, la gamine dû retourner à ses obligations quelconques et la jeune Preston lui fit un sourire chaleureux et lança, tandis qu'elle s'éloignait déjà vers la salle d'exposition « Bonne journée Harper, à bientôt ! »

Elle espérait sincèrement avoir l'occasion de discuter à nouveau avec cet intéressant personnage, qui restait encore plein de mystères. La rouquine était tenté d'interroger Jamie sur le cas Pritchard, mais quelque chose lui soufflait que ce n'était pas une bonne idée et que l'adolescent allait se braquer. Après tout, les pensionnaires avaient une tendance légèrement agaçante à trop se mêler de la vie de chacun et il était possible que ce soit cela qui ai poussé la jolie brune à limiter ses visites. Lexie prit le parti de simplement informer Ainsworth Jr de sa rencontre avec son amie et que sa venue sous leur toit était la bienvenue. Et donc, de lui promettre qu'elle ne ferait pas le moindre commentaire sur leurs interactions. Elle saurait se contenter de gloussements et de chuchotements sur les deux jeunes gens en compagnie de Madeleine. S'arrachant à ses considérations sur la bonne attitude à adopter face aux créatures mystiques qu'étaient les adolescents, la galeriste fouilla les tiroirs du vieux bureau et mit la main sur un tub de colle, avec lequel elle s'en alla affronter la fresque en ruines.
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03. It's just another brick in the wall

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