Choriste du mois


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 03. The Devil plots wearing Prada

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MessageSujet: 03. The Devil plots wearing Prada   Jeu 26 Déc - 23:58

Une toute dernière signature sur ce bon de commande et il serait libre. Mais quelle liberté… Rien qu’une toute petite signature en bas de la page, et il pourrait rentrer chez lui. Dans son grand appartement vide, où rien ni personne ne l’attendait, et où il n’aurait rien à faire que de ressasser ses idées noires à l’abri des regards. Posant la pointe de son stylo sur la feuille, Wyatt ne put retenir un soupir en traçant lentement les courbes complexes de son nom dans son écriture fine. Plaçant la feuille sur le dessus de la pile des courriers à traiter à la première heure le lendemain matin par sa millième secrétaire remplaçante, il se laissa tomber dans le fond de sa chaise pour reposer son cou endolori. Ses paupières étaient lourdes de fatigue, et il s’autorisa à les clore rien qu’un tout petit instant. Il se levait tous les matins à l’aube, après des nuits bien trop courtes, hantées par la dernière conversation qu’il avait eue avec sa petite amie. Ex-petite amie. Le sommeil était le seul endroit où il ne pouvait pas échapper à Charlie et recouvrir toute sa soirée d’Halloween sous un voile de déni ou d’occupations diverses. Plus d’un mois s’était maintenant écoulé depuis sa rupture avec la jolie brune, et il ne voyait toujours pas d’amélioration dans cet état d’engourdissement permanent qui semblait envelopper son âme. Ses yeux vert étaient éteints et cernés, il ne se tenait plus droit qu’en public. Ses journées étaient sans fin, et il passait toutes ses forces à se convaincre que tout allait bien. Il courait tous les matins à l’aube pendant plus d’une heure, ses poids n’avaient jamais autant travaillé à l’appartement, et sa musculature avait déjà gagné en relief. Il avait même repris les entraînements de hockey plusieurs soirs par semaine avec une équipe d’adultes amateurs et jouait encore plus violemment que lorsqu’il était adolescent. Ses côtes étaient couvertes de bleus, et il était passé à deux doigts d’un cocard carabiné la veille lors d’une altercation un peu plus musclée que d’ordinaire au cours d’un match d’entraînement. Il avait beau pousser son corps à bout jusqu’à tomber d’épuisement le soir dans son grand lit vide, il refaisait toujours ce même rêve qui le laissait vide et exténué une fois le matin venu. Les premiers jours il avait songé prendre des vacances, s’en aller loin de Lima, seul, pour faire le point et se ressaisir. Il en avait déjà assez de jouer la comédie avec les autres. Mais la clinique n’en finissait pas de le rattraper, et il ne pouvait pas se permettre de perdre son travail en plus de tout le reste. Alors il s’y était jeté à corps perdu, et il pouvait désormais apercevoir au loin le bout du tunnel de ses dettes. Les ordonnances qu’il faisait occasionnellement à Tate et Santana Lopez étaient de très rentables à-côtés, et il s’arrangeait avec sa morale lorsqu’il s’agissait de régler les notes indécentes du détective privé qu’il avait envoyé aux trousses des voleurs lorsqu’il avait été clair comme de l’eau de roche que la police ne ferait plus rien. Il allait bientôt pouvoir équilibrer son budget, ne plus être constamment dans le rouge, et reprendre des horaires normaux. Adieu consultations gratuites à St Rita, adieu horaires à rallonges, et bonjour… Bonjour quoi ? Qu’avait-il à envisager maintenant ?

La seule autre chose sur laquelle il parvenait à se concentrer et qui constituait un véritable objectif c’était sa chorale. Et la présence de Ruby y était pour beaucoup. La jeune femme était devenue la seule personne sur laquelle il pouvait véritablement compter depuis cette fameuse soirée. La seule à ne jamais lui avoir menti. Elle n’avait pas commenté sa séparation avec Charlie, et bien que le gynécologue n’ait jamais abordé le sujet, il savait pertinemment que la nouvelle s’était répandue comme une traînée de poudre. Il fallait dire que la scène avait été on ne peut plus publique, précédant de peu l’arrivée en fanfare de la police locale pour mettre en déroute leur petite soirée de retour sous le feu des projecteurs. De quoi alimenter les commérage de la ville pendant un moment. Jusqu’à ce qu’ils mettent la dent sur une autre victime. Il était hors de question pour lui de passer du temps dans les bars de la ville. Il n’avait aucune envie d’être la cible des regards curieux ou pleins de pitié, pire encore, des tentatives d’approches de certaines filles qui s’imaginaient qu’il était dans la vie de tous les jours comme il avait été sur scène au piano-bar en compagnie de Ruby et Grace. Il avait dû être très convaincant pour permettre de telles fantaisies chez de parfaites inconnues, et chez Charlie… En attendant il trouvait toute la tranquillité dont il avait besoin auprès de sa camarade choriste qui lui offrait ses sourires doux, sans une once de pitié, et qui lui parlait comme elle l’avait toujours fait. La normalité lui faisait du bien. S’enfermer dans une routine sans Charlie c’était encore le plus simple pour oublier son absence. La vérité et la transparence lui faisaient du bien. Il n’avait pas à peser ses mots ou ses actions auprès d’elle. Elle connaissait les règles, elle jouait avec lui un jeu de séduction dont ils étaient tous les deux conscients et une fois les répétitions terminées elle n’attendait pas de lui que la comédie continue. Pour toutes ces raisons Wyatt avait fait de plus en plus de place à Ruby dans son emploi-du-temps. Il l’avait invitée à dîner chez lui pour la première fois, cinq jours après que Charlie ait disparu de sa vie, pour combler le vide de l’appartement, et se divertir du bruit de fond de la télévision avec une vraie conversation. Elle avait toujours été une camarade de chant des plus charmantes, mais elle s’avérait être une amie de choix. Et sa compagnie l’apaisait plus que ne le faisait toute cette routine sportive qu’il s’imposait.

La brève sonnerie de son téléphone qui vibrait à tout rompre sur le verre de son bureau le tira du semi-sommeil dans lequel il était tombé malgré lui. Rouvrant les yeux doucement, il tâtonna devant lui jusqu’à mettre la main sur le smartphone où brillait un nouveau message de Ruby. Lui demandant où il était. Pourquoi est-ce que ça l’intéressait au juste ? Wyatt s’apprêtait à répondre lorsqu’enfin il trouva la force de connecter deux neurones au travers du brouillard. Oh. Les répétitions. Merde ! Se redressant précipitamment, le médecin ramassa à la hâte ses clefs et son téléphone pour filer à sa voiture garée devant la clinique. Il avait au moins vingt minutes de retard, et avec le rythme que leur imposait Megan, il allait se faire tuer. Depuis qu’ils avaient décidé d’un concept pour leur char, les chorégraphies et les chansons avaient défilées et rien ne semblait satisfaire leur chef de chorale. Elle en voulait toujours plus et se montrait de plus en plus dure. Ce qui incluait les nouvelles recrues qu’elle n’avait de toute évidence pas peur de faire fuir. Seulement en dépit de son éternelle attitude de diva tyrannique, la brune avait été étrangement affable avec Wyatt ces derniers temps. Le gynécologue faisait de son mieux pour l’éviter, et pour ne pas chercher à comprendre à quel jeu elle voulait jouer. Arrivé dans le hall de l’immeuble dans lequel ils répétaient toujours, il pressa de manière frénétique sur le bouton de l’ascenseur pour le faire venir plus vite et finit par se rabattre sur les escaliers qu’il grimpa quatre à quatre. Le couloir du studio était étrangement silencieux, et lorsqu’il poussa finalement la porte de la salle de répétition, il tomba des nues face au vide qui lui répondait. Relevant la manche de son pull, il vérifia l’heure affichée sur le cadran. Il était en retard, mais pas à ce point. Ils n’auraient pas déplacé les répétitions sans lui en parler ? Grognant de frustration, Wyatt passa une main dans ses cheveux en désordre et releva le menton pour détendre sa gorge. Il fallait qu’il se ressaisisse maintenant. Il n’allait pas regretter cette fille qui n’avait jamais cru en lui toute sa vie. Elle ne voulait pas de son amour, grand bien lui fasse. Il s’apprêtait à tourner les talons lorsque le bruit régulier des talons aiguilles sur le parquet attira son attention vers le fond de la salle. « Ruby ? » appela-t-il sans grand espoir.
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MessageSujet: Re: 03. The Devil plots wearing Prada   Dim 29 Déc - 19:58

Et un, deux, trois, quatre…
En professionnelle de la danse reconnue et adulée par plus grand monde à l'exception de son illustre personne, Megan s’apprêta à exécuter un tour sur elle-même pour faire la démonstration d’un pas des plus faciles à ses choristes. Si elle mettait beaucoup d’énergie à parfaire cet aspect de leur prestation, ses chanteurs semblaient se ficher comme d’une guigne des entrechats et autres mouvements de danse contemporaine qu’elle tenait à leur enseigner avec une patience exemplaire. Les bras arqués avec une grâce innée, en équilibre sur un seul pied, elle fixa un point invisible devant ses grands yeux verts et s’élança. Simplement, ses pieds chaussés d’escarpins vertigineux et recouverts de guêtres rose fuchsia (pour souligner l'hommage à Flashdance), butèrent lamentablement dans quelque chose de long et de dur qui la fit s’étaler de toute sa longueur sur le parquet ciré du quartier général des Awesome Voices. Recroquevillée en position fœtale, Megan ne mit pas plus d’une seconde avant de se relever, la colère et la vexation se lisant sur son visage devenu rose soutenu. Elle chercha du regard le responsable de sa chute, pointa aussitôt du doigt Tate Bartowski qui se trouvait à quelques mètres d’elle.
« Toi. » commença-t-elle en le fixant d’une œillade peu amène, les mains posées sur ses hanches et sa poitrine, tout en décolleté, se soulevant au rythme de sa respiration saccadée par l’effort. Elle s’approcha de lui l’air résolu, les ongles enfoncés dans la peau de son abdomen ruisselant de sueur. Le bruit de ses talons accompagna celui de sa respiration, et faisant le vide autour d’elle, elle plongea ses pupilles singulières dans ceux du jeune homme. D’un ton parfaitement calme malgré l’état de fureur dans lequel elle se trouvait, Megan lui dit « Je ne t’aime pas beaucoup. » Elle approcha son visage moite du sien et donna un coup de pied, nettement moins élégant que ses entrechats, dans la canne de son choriste pour la faire rouler à l’autre bout de la salle de répétition, sans éprouver le moindre sentiment de gêne à l’idée de se montrer aussi rude « Trouve-toi une jambe qui fonctionne. » lui susurra-t-elle à l’oreille, un sourire fugace et calculateur se dessinant sur son visage. Elle entendit les autres choristes s’agiter derrière elle, alors elle pivota sur ses hanches une fraction de seconde pour les observer, la main tendue devant son buste, comme une rappeuse américaine rompant avec son petit ami dans un clip vidéo « Retournez à votre place, maintenant. » Elle les pressa en claquant des doigts mais s’arrêta au bout de la troisième fois « Oh et puis non, vous savez quoi ? Déguerpissez ! Je ne veux plus vous voir dans mon quartier général ! Mes choristes doivent savoir faire un pas de bourré, ce qui n’est pas votre cas. Vous voulez vous ridiculiser à la parade de Noël ? C’est votre choix, mais ce n’est pas le mien ! » Elle les engloba dans un geste de la main et marcha dans le cercle qu'ils formaient « Allez dormir, et pensez… » Elle tapota son index droit sur sa tempe du même côté en plissant très fort les paupières pour accentuer la portée dramatique des événements. Continuant de marcher de façon circulaire, elle les fusilla un à un du regard « Pensez au mal que ça me fait de vous voir si peu concerné par tout ce qui se passe ici. » Un autre geste pour englober la scène et Megan posa brusquement sa main écartée sur sa poitrine, laissant échapper un faux sanglot tout en fermant les yeux « Quand on deviendra les Awful Voices, vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-même ! Partez ! »

Congédier ses choristes à quelques jours à peine de la grande parade de Noël n’était peut-être pas l’idée du siècle mais Megan n’en pouvait plus. Elle n’avait pas repris les Awesome Voices pour se retrouver comme à l’époque des Fairy Dust, à la tête d'une bande d’incompétents braillards qui n'étaient même pas capables de chanter en rythme ! Elle ne savait pas exactement qu’elle mouche les avait piquée au cours du mois de novembre, cependant le moins que l’on puisse dire, c’est que s’ils continuaient sur leur lancée, la chorale ne ferait pas long feu. Elle avait été satisfaite par leurs efforts lors de la soirée d'Halloween mais Megan restait lucide. Voilà pourquoi elle faisait tout ce qu’elle avait en son pouvoir pour faire de cet événement ô combien symbolique un moment historique pour sa chorale. Elle s'était mise aux enchères pour récolter de l'argent, avait fait jouer ses relations pour obtenir des vêtements et avait même réussi à débaucher des professionnels de l'image pour le jour-J !
On n’obtenait pas de résultat sans travail. Le talent était une chose, se reposer sur ses acquis en était une autre. Malgré les nombreux talents qu’il y avait chez les Awesome Voices, ils n’avaient jamais réussi à toucher le sommet. Elle était là pour faire changer les choses, mais il fallait que ses recrues se donnent les moyens d’y arriver et qu’ils comprennent que, si eux avaient toujours la possibilité de voir leurs erreurs rattrapées par leur chère directrice, Megan progressait sans filet. Elle devait assurer ses arrières, c'était sa peau qu'elle jouait ! Alors, elle était dure et très peu amicale, elle n’en disconvenait pas. À vrai dire, elle ne pouvait pas faire autrement quand elle voyait que Peter Grayson, un nouveau venu, avait la coordination d’une limace morte ou que Ryder Crawford était tellement grand que quand il levait les bras, il atteignait presque le plafond ! Elle qui se moquait des Urban Hymns et de leur membre très Benetton avait l’impression d’avoir une version plus moderne et plus talentueuse de sa chorale ennemie. Dieu merci, il y avait Ruby !

En parlant de Ruby, l’absence de Wyatt Pillsbury n’avait pas échappé à la jolie fée. Elle n’oublierait pas de lui en toucher deux mots lorsqu’elle le croiserait à l’occasion. Son regard se porta sur son téléphone portable posé sur son bureau ; peut-être qu’elle pouvait l’appeler pour s'assurer qu'il allait bien. Non pas que ça l'intéresse mais quand même. Depuis quelque temps, Megan mettait beaucoup d’espoir dans le couple Wyatt et Ruby. Oh, ils n’étaient pas ensemble pour de vrai, bien qu’ils soient tous les deux célibataires. Wyatt avait visiblement rompu avec sa Second Chance de petite amie, au grand plaisir de Megan qui avait un plan en tête. Elle était la témoin privilégiée de l’alchimie transcendante de Wyatt et Ruby, seulement cette complémentarité sur scène ne lui suffisait pas. Elle sentait le potentiel presse people de ces deux-là, et pour avoir longtemps fait les choux gras de ses torchons de papier, même si la gazette de Lima n'était pas comparable à People Magazine, elle savait que l’adolescente de quinze en pleine crise hormonale s’extasierait sur l’idylle du loup et de l’agneau. À l’instar d’Edward et Bella, Wyatt et Ruby représentaient l’amour à l’état pur. Le bel étalon et la brunette quelconque… Ça donnait de l’espoir aux gens ! Et qui dit espoir, dit sollicitation !
C’est pourquoi elle s’était lentement mais sûrement rapprochée du docteur. En toute amitié, sans arrière-pensée aucune. Avec Ruby, elle se considérait déjà comme assez proche, en revanche, avec le rouquin, elle n’avait jamais eu l’occasion de tenir ne serait-ce qu’une conversation. Probablement parce qu’elle avait entendu dire que le gène roux était contagieux et qu’elle tenait à sa longue crinière d’un noir de jais, ou tout simplement parce qu’elle ne lui avait trouvé aucun autre intérêt que de combler avec sa grosse voix impressionnante les moments où Ruby ne chantait pas. Comme quoi, les choses changent, car aujourd’hui, Meg ne jurait que par lui.

Attrapant son portable en veille, Megan empoigna aussi une serviette éponge pour s’essuyer le cou. Elle s’approcha du miroir panoramique devant elle, jeta un furtif regard à sa silhouette qu’elle trouva parfaite moulée dans sa brassière de sport, et fit volte-face pour revenir au centre de la pièce. Une voix lui fit lever le menton cependant, et dans la lumière, Wyatt apparut. Megan arqua un sourcil, satisfaite par ce timing plus que parfait et en remuant son téléphone dans sa main, elle lança au jeune homme :
« J’allais justement t’appeler, Wyatt. » Elle marcha quelques pas pour le rejoindre, et avec le plus grand des sérieux, elle compléta « On est venu prendre sa fessée ? » Elle posa sa serviette sur ses cervicales et se pencha sur lui pour déposer un baiser de bonjour sur sa joue parsemée de tâches de rousseur « Les autres sont partis. Si tu veux, tu peux choisir ta punition. Ça sera notre petit secret. » ajouta-t-elle avec un peu plus de malice et en levant de nouveau un sourcil bien dessiné. Elle ne s’attarda pas plus de quelques secondes. Megan se retourna pour progresser vers la sono disposée dans le coin de la salle « Tu as raté une répétition laborieuse, Wyatt. J’en ai versé des larmes. » A supposé que Megan Morgan soit pourvue de glandes lacrymales, comme tout être humain normalement constitué. Sa phrase la fit sourire, elle se trouvait particulièrement en forme, ce soir et sur cet élan d'amour propre, elle posa sa serviette humide sur la barre de danse. Dans un même mouvement, elle tendit les bras des deux côtés de son corps et caressa subtilement le bois éraflé de la barre tout en gratifiant le docteur d’un regard à travers le miroir. Ondulant des hanches, elle lui demanda sur le ton de la conversation « Alors, c’est quoi ton excuse pour ne pas être venu ? » Megan tentait de paraître conciliante, mais l’on sentait que si son motif ne lui plaisait pas, elle exigerait un mot de ses parents. Elle continua à le regarder un instant, détaillant sa posture avec plus d'attention encore que d'habitude, puis elle leva les bras au-dessus de sa tête pour s’étirer.
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MessageSujet: Re: 03. The Devil plots wearing Prada   Lun 30 Déc - 16:41

Sa course dans les escaliers lui avait laissé le souffle un peu court, et ses côtes contusionnées le faisaient souffrir comme un chien. Passer de l’immobilité presque complète et du soutien parfait de son fauteuil de bureau à un sprint effréné pour rattraper son retard n’avait pas été la chose la plus avisée. Même s’il n’avait pas été en retard, il était de toute façon assez peu vraisemblable que le gynécologue eût pu aligner deux pas de danse corrects dans cet état. Il fallait qu’il calme son jeu de crosse ou il allait finir par se casser quelque chose et tout serait ruiné. La danse n’avait jamais été son activité favorite, mais il avait toujours eu la discipline nécessaire pour réaliser exactement ce qui lui était demandé, et mettre en valeur Ruby qui, elle, savait ce qu’elle faisait sur le parquet du studio. Il était dans l’intention et le jeu d’acteur, se servant de son corps et de son regard pour complémenter ce que sa voix devait transmettre au public, mais ce n’était rien en comparaison de la grâce de la jeune fille, et de sa présence singulière sur scène. Comme Megan, il était intimement persuadé qu’elle était la pièce maîtresse de leur chorale et que sans elle, ils n’auraient pas le même impact sur le public. Tout ce qu’il pouvait faire c’était la suivre et l’accompagner en s’efforçant d’être le meilleur possible, et en s’amusant.
S’il avait rejoint les Awesome Voices, ce n’était pas simplement pour faire de la concurrence à son beau-frère à l’époque où il dirigeait encore les New Direction en soutenant son meilleur ennemi, c’était aussi pour affirmer enfin sa passion du chant et prendre du plaisir à partager de la musique avec autrui. Bryan Ryan n’avait pas toujours été une partie de plaisir en répétitions, mais ce n’était rien en comparaison de ce que sa remplaçante exigeait d’eux. Ils avaient d’ailleurs perdu beaucoup de leurs membres lors de la transition après la fuite de Bryan pour dieu sait où malgré les efforts de Ruby pour apaiser les tensions. Tout le monde n’avait pas le cran de résister aux remarques acerbes et à la critique permanente de l’ancienne starlette. Peu importaient vos circonstances personnelles, Megan exigeait toujours le meilleur, et ses compliments étaient aussi rares que des oasis dans le désert. Le gynécologue n’avait pas l’habitude de se plaindre, et n’était très certainement pas du genre à aller pleurer dans les jupons de sa mère si la vilaine dame heurtait sa sensibilité en le comparant à un lombric écrasé lorsqu’il ne comprenait pas un enchaînement de pas, mais il fallait avouer que le semblant de trêve qu’elle lui avait accordé ces derniers temps avait quelque chose de reposant. La principale raison de sa présence dans la chorale aujourd’hui, c’était Ruby. Et pour lui faire plaisir il était prêt à encaisser quelques remarques désobligeantes de plus jusqu’au défilé.

La grande parade des chars de Noël approchait dangereusement et rien n’était encore au point. La dernière chorégraphie que leur directrice leur avait concocté était tout simplement infaisable sur une plateforme en mouvement, mais il avait tout de même fallu la dérouler plusieurs fois sous des insultes permanentes parce que rien n’allait comme elle le souhaitait. Elle avait sans doute dû imaginer une nouvelle routine pour la répétition de ce soir, toujours plus complexe et élaborée. À moins que ses pieds n’aient finalement retouché le sol et qu’elle ait réalisé qu’avec de nouvelles recrues sans formation de danseurs, ils ne parviendraient jamais à faire un spectacle digne des tournées nationales des Fairy Dust à leur heure de gloire. Quoi qu’il en soit, Wyatt n’imaginait pas un instant se plier en quatre ou porter sa partenaire ce soir. Il se serait sans doute lamentablement effondré devant les autres. Finalement, il s’était rendu service à lui-même en ratant cette maudite répétition, mais il allait maintenant devoir en payer les conséquences. Car ce n’était bien sûr pas Ruby qui était restée à l’attendre dans la salle, mais le Diable en personne. « Megan. » se contenta-t-il de répondre en guise de salut, coulant un regard dubitatif en direction du téléphone qu’elle lui agitait sous le nez. Il n’avait jamais reçu le moindre message de sa part, et ne lui avait certainement pas donné son numéro. Mais il avait consciencieusement rempli sa fiche d’inscription, lui donnant certainement accès aux contacts de tous ses choristes. Peut-être était-ce une erreur.
Le médecin retint difficilement un soupir lorsqu’elle plaisanta à propos de sa punition d’un ton un peu trop sérieux pour être vraiment léger. Ses marques d’humour étaient aussi rares que ses compliments, et Wyatt s’abstenait en général de rire, mais il força néanmoins un sourire vaguement embarrassé sur ses lèvres. Il était en tort après tout, et s’il fallait qu’il se fasse passer un savon comme un gamin qui a fait une bêtise pour que Miss Morgan s’en remette, il pouvait rester planté là à la laisser lui faire la morale avant de rentrer chez lui s’effondrer sur son canapé avec cette pauvre Brownie, elle aussi laissée derrière par Charlie, avec le reste de ses affaires. Seulement ça ne semblait pas être dans les plans de Megan ce soir là, et le jeune homme se raidit complètement quand la jolie brune l’embrassa sur la joue. Les yeux écarquillés par la surprise causée par ce geste d’une familiarité peu commune de la part de la jeune femme, il ne fit que hausser lui aussi les sourcils, incapable de répondre à ses propositions qui avaient l’air tout sauf honnêtes. Ce n’était pas la première fois qu’elle essayait d’engager la conversation avec lui, depuis plusieurs semaines elle semblait forcer le contact entre eux et faisait mine de ne pas comprendre les esquives répétées du choriste, mais jamais elle n’avait à ce point forcé le trait du double-entendre. Wyatt n’avait pas la moindre envie de devoir rembarrer sa coach, mais si elle espérait compenser la frustration de répétitions ratées avec une petite partie de jambes en l’air à la barre, elle allait devoir réviser ses plans. Il avait tenu un régime d’abstinence strict depuis sa rupture avec Charlie, ce n’était certainement pas pour faire quelque chose d’aussi idiot avec cette fille.

Malgré lui, ses yeux glissèrent le long de la silhouette attrayante de la chanteuse peu vêtue dans cette salle surchauffée qui le regardait à présent au travers du miroir devant eux et il dû se contraindre à ne pas tourner les talons pour fuir au plus vite les lieux. Relevant les yeux lorsqu’elle se mit à onduler, il retrouva son regard brun dans le reflet de la glace et s’éclaircit la gorge avant de répondre de sa voix grave et posée : « Navré de l’apprendre. » Il était assez peu vraisemblable que Megan ait véritablement pleuré, en revanche, il avait moins de mal à l’imaginer congédier tout le monde au milieu d’une crise de diva, décidant qu’elle s’était assez sacrifiée pour la soirée et qu’ils n’avaient qu’à être meilleurs s’ils ne voulaient pas être ridicules. « J’avais du travail à la clinique. » se contenta-t-il d’abord de dire. Mais le regard perçant avec lequel elle le détaillait tout en lui tournant le dos le mettait mal à l’aise, et le médecin se sentit obligé de combler le silence. « Pour tout dire, si Ruby ne m’avait pas envoyé de message je ne serais sans doute pas venu du tout ce soir. » Il n’aimait pas du tout la tournure que prenaient les choses. Personne ne le mettait mal à l’aise, c’était son domaine d’expertise. Et pourtant il était planté là à passer son poids d’un pied à l’autre pour ne pas se tortiller sous le regard lubrique et inquisiteur de la directrice des Awesome Voices. On aurait dit Peter Grayson. Se redressant de toute sa hauteur, le gynécologue croisa les bras sur sa poitrine pour se donner un air plus assuré et reprit plus sereinement : « Mais je pense que je me vais me passer de punition. Vous n’avez de toute évidence pas beaucoup avancé dans les répétitions, et Ruby m’aidera à rattraper ce que j’ai raté aujourd’hui. » Reculant d’un pas, il hocha de la tête en guise de salut. « Bonne soirée Megan. »
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MessageSujet: Re: 03. The Devil plots wearing Prada   Lun 30 Déc - 20:38

Megan avait repris les Awesome Voices pour une seule raison. Récolter les lauriers. Les chorales, c’était démodé ! Et pourtant, ses yeux marron-vert s’étaient animés d’un éclat gourmand à l’évocation inopinée du Glee Club de Bryan Ryan. Les Awesome Voices représentaient tout ce qu’elle avait toujours voulu obtenir dans la vie. Douze personnes choisies par ses soins seraient dans l’obligation d’obéir à ses ordres pour la satisfaire, d’un point de vue artistique, bien entendu. Dans une mauvaise passe à cause de la séparation de son groupe, Megan avait fait les démarches nécessaires pour récupérer les accréditations qui lui permettraient de devenir officiellement la chef de la chorale de Bryan, sitôt que son cousin, Robbie, lui avait parlé du Glee Club laissé à l’abandon par son créateur. Son ego avait besoin d’être soigné, il avait tant souffert de tous ces ragots rapportés dans la presse à scandales. Quoi de mieux que d’occuper un post de pouvoir comme celui-ci ? Elle n’aurait qu’à claquer des doigts pour que tout le monde autour obtempère, tandis qu’elle s’occuperait des détails de gestion et autre ajout de paillettes. Megan avait du caractère, elle pourrait le faire. Si Priscilla folle du désert avait réussi à porter ces jeunes gens assez loin pour les faire briller, elle ne mettrait pas longtemps avant de les ériger jusqu’au sommet.
Avoir sa propre troupe, se retrouver à la tête d’une bande qui dépendrait d’elle, c’était un rêve qu’elle avait déjà vécu autrefois. Mais les Fairy Dust n’étaient qu’un produit marketé, une entreprise vouée à l’échec tant ses membres manquaient de cohésion. Les choix qui avaient été faits au sein de la maison de disque des filles n’avaient jamais convenu à la brunette et leur producteur se servait d’elles comme d’une boîte de mouchoirs les soirs de pêche amoureuse infructueuse. Megan, comme les autres, n’avait quasiment jamais eu son mot à dire sur la direction que prenait leur représentation ou sur la façon dont leur carrière devait évoluer, alors que tout le monde dans les médias la considérait comme le leader de ce girls-band à succès. Probablement que cette façon sectaire de les gérer avait été le point de départ de la rébellion de Megan, qui déjà dotée d’un caractère très peu malléable, avait précipité sa propre chute en abusant de sa notoriété grandissante et en perdant le contrôle.
Aujourd’hui, elle était la seule à mettre son veto quand quelque chose clochait dans les arrangements des tableaux qu’elle préparait avec le plus grand soin. On pouvait lui reprocher sa rudesse mais Megan mettait tout son cœur (certain aimer à penser qu’elle n’en avait pas) dans l’élaboration des numéros de sa chorale. Elle faisait tout pour mettre les Awesome Voices en valeur, n’hésitait pas à donner de sa personne quand ça s’avérait nécessaire et dépensait son propre argent pour subvenir à tous les besoins de ses chanteurs durant les compétitions. Oh, ce n’était pas dans le but de les cocooner et de les faire se sentir comme à la maison, mais bel et bien pour s’autocongratuler quand la victoire finirait par arriver, car elle était derrière chaque vibrato de Ruby, derrière chaque bruissement d’étoffe pendant les chorégraphies et le monde entier devait le savoir. Celle qui endossait le rôle de la maison de disque mercantile désormais, c’était elle.

Le malaise que ressentait Wyatt à l’idée de rester seule avec sa directrice de chorale suintait de chaque parcelle de sa peau tachetée, Megan décida d’en profiter mais pas tout de suite. L’attente alimenterait davantage la convoitise platonique qu’elle ressentait à l’égard du docteur. Elle se connaissait par cœur ; plus les préliminaires traînaient en longueur, plus elle tenait la distance. Si elle parvenait à se contrôler suffisamment longtemps, il y aurait fort à parier que Wyatt Pillsbury sortirait de cette salle de répétition avec la ferme impression de rater quelque chose s’il ne succombait pas au charme adolescent de Ruby Caldwell. En bonne entremetteuse, Megan n’hésiterait pas à mettre en exergue les regards en coin de la part de la jeune femme, ceux qu’elle surprenait de temps à autre quand Wyatt avait le dos tourné. Si officiellement, rien ne se passait entre eux, officieusement, elle sentait le rythme cardiaque du joyau des Awesome Voices s’accélérer dès lors que le rouquin posait ses mains d’expert sur ses épaules ou sur ses hanches généreuses. Megan s’humecta les lèvres en passant lascivement sa langue dessus et cessa de s’étirer les bras pour se retourner avec la grâce d’une ballerine lorsque son interlocuteur mentionna Ruby. Décidément, le sort lui était favorable ce soir, Wyatt lui tendait toutes les perches dont elle avait besoin pour arriver à son point.
Il annonça son départ, Megan ne se laissa pas ébranler. Elle leva son index devant elle, comme si elle lui demandait la parole, pendant que sa voix rocailleuse se répercuta sur les murs boisés du studio.

« Attends, s’il te plaît. » La courtoisie qu’elle s’appliquait à mettre dans son ton sonnait moins faux qu’elle l’aurait cru. Dans un sourire plus professionnel qu’enjôleur, elle poursuivit « J’aimerais te montrer un enchaînement que tu devras exécuter avec Ruby pendant la parade. Ça ne prendra pas plus de deux minutes, c’est très facile à mémoriser. » Megan tendit la main devant elle, replia ses doigts pour lui faire signe d’approcher par deux petites impulsions et élargit son sourire quand il céda et qu’il la rejoint au centre de la pièce. En attendant qu’il arrive, la jeune femme resserra les épingles de son bun entortillé sur le dessus de son crâne, replaça la ceinture de son short sur ses hanches et une fois qu’elle sentit la présence de Wyatt derrière elle, elle fit un pas en arrière pour se retrouver accolée à lui. En fixant le miroir en face d’eux, elle se redressa avec une lenteur étudiée « Pose tes mains sur mes hanches. » lui demanda-t-elle. Elle n’attendit pas qu’il le fasse de lui-même, elle prit l’initiative de venir chercher ses poignets avec délicatesse, puis déposa les paumes de ses mains sur le dos des siennes. Cambrant la taille, Megan raffermit sa prise avec ses petits doigts « Ça fait un… » Elle fit un premier pas de côté, Wyatt sur ses talons « Deux… » Elle en fit un deuxième, frôlant avec sa cambrure la boucle de la ceinture du jeune homme « Trois… » Un dernier pas, et elle fit un tour aérien sur elle-même avant d’être renversée sur le côté par Wyatt. Elle remonta doucement, un sourire satisfait illuminant ses traits « Parfait. » murmura-t-elle en retrouvant son équilibre et posant ses mains sur les épaules carrées de son partenaire. Elle considéra les traits de son visage avec un intérêt feint, la bouche entrouverte et la tête penchée, puis finit par rompre le silence qui s’était installé « Je crois beaucoup en toi, Wyatt. Est-ce que tu le sais ? » Elle pinça les lèvres en marquant une pause, ses yeux s’arrêtant un court instant sur le bas du visage du docteur « Toi et Ruby vous faites partie des gens les plus talentueux que j’aie jamais rencontrés. Vous avez toute mon admiration, c’est sincère. » Ou pas, mais qui s’en souciait véritablement ? Megan se détacha de lui en opérant un pas en arrière et reprit « Je compte beaucoup sur votre duo à la parade de Noël pour nous faire gagner des points auprès des habitants, alors… » Elle sourit, presque timidement « J’ose espérer que l’enchaînement qu’on vient de voir sera aussi réussi le jour-J. Tout le monde doit y croire, moi y compris. » Elle baissa brièvement le menton, laissant échapper un petit rictus de sa gorge « Je suis sûre que du côté de Ruby, ça paraîtra aussi vrai que nature ! C’est pour ça que je me permets de t’en parler. Tu dois davantage t’investir… » Megan releva graduellement la tête pour accrocher les pupilles de Wyatt avec une intensité grave, cherchant à faire passer tout ce qu’elle ne lui dirait pas ouvertement « Je me suis bien fait comprendre ? »
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MessageSujet: Re: 03. The Devil plots wearing Prada   Jeu 27 Fév - 23:19

Wyatt se voyait déjà dehors loin de cette ambiance étouffante à la limite du glauque et de cette version étonnamment polie et aguicheuse de Megan Morgan qui lui ferait peut-être faire des cauchemars si tant était que Charlie le laisse en paix suffisamment longtemps pour que son esprit s’inquiète de quelqu’un d’autre. Quoi qu’il fasse elle était toujours là en filigrane, hantant constamment le moindre de ses mouvements, se rappelant sans cesse à lui alors qu’il faisait de son mieux pour ne pas entendre les bruits qui couraient à son sujet en ville, notamment autour des comptoirs des bars de Lima. Ce qu’elle choisissait de faire avec sa vie ne le concernait plus à présent. Elle avait décidé de jouer les étudiantes en route pour une cirrhose, grand bien lui fasse. Qu’elle s’amuse avec des gens de son âge à qui elle n’avait pas à accorder sa confiance ou à  confier quoi que ce soit de sa vie privée, puisque ça semblait tant la gêner. Elle n’était pas prête pour avoir une relation mature, il était mieux sans elle. Il n’avait plus à s’inquiéter de rentrer tard ou de la réveiller en partant à l’aube. Il avait enfin eu le temps de réorganiser sa cave et sa bibliothèque, de s’abonner à une chaîne de sport du câble dédiée presque exclusivement aux sports sur glace, bref, tout le temps qu’il ne passait pas à redresser son cabinet il le consacrait à son propre bien-être. Il n’avait cependant pas trouvé le temps de mettre tous les vêtements qu’elle avait laissés dans des sacs pour les déposer chez Lexie, qui tentait pourtant de le joindre depuis des semaines sans succès. Il n’était pas prêt à voir la jolie rousse et à s’entendre dire ses quatre vérités. Bien accointé avec le franc parlé de la galeriste, Wyatt savait qu’elle ne serait certainement pas aussi tendre que certain des messages dont elle accablait toutes ses messageries ne le laissaient présager. Si son amie prenait le parti de Charlie il n’était pas sûr d’être en mesure de digérer les tirades enflammées qu’elle ne manquerait pas de lui infliger. La seule personne sur laquelle il pouvait vraiment compter c’était Ruby. Elle et elle seule. Et il lui devait des excuses pour l’avoir plantée un soir de répétition où Megan avait décidé que rien n’allait.

Ses excuses devraient de toute évidence attendre puisque Miss Morgan ne semblait pas satisfaite de celles qu’il lui avait présentées et n’était pas disposée à le laisser partir sans ajouter son grain de sel. Retenant un soupir, Wyatt s’immobilisa pour lui faire face une fois de plus, grinçant des dents à l’idée de devoir répéter en tête à tête avec leur directrice. Mais quel choix avait-il vraiment ? S’il refusait de se plier à sa volonté elle trouverait un moyen de le sanctionner pendant les répétitions suivantes, voire pendant le défilé même, et il ne voulait pas pénaliser sa partenaire à cause de sa mauvaise humeur dont elle pâtissait déjà bien assez au quotidien. Après la soirée d’Halloween Ruby n’avait pas une seule fois posé de questions concernant ce qui s’était passé avec Charlie, bien qu’elle ait vraisemblablement été au courant, et lorsqu’il lui avait avoué avoir rompu avec sa petite amie, elle n’avait eu que des paroles bienveillantes pour lui. Elle méritait mieux qu’un ami dont elle devait sans cesse changer les idées, mais elle n’avait pas encore ému de plainte concernant le rapprochement stratégique que le médecin avait opéré pour combler le vide dont il s’était par ailleurs entouré. Il lui devait bien de rester un peu en compagnie de Cruella d’Enfer pour apprendre quelques pas de danse qu’ils répèteraient ensemble plus tard. Traînant des pieds, il prit donc place en silence derrière Megan, prenant soin de maintenir une distance respectueuse entre eux. Démarche vaine puisque la jeune femme se plaqua immédiatement à moins de cinq centimètres de lui avant de coller de force ses mains sur ses hanches. Jusqu’à présent, Wyatt n’avait jamais vraiment réalisé la proximité dont il jouait sur scène. Depuis qu’ils s’étaient lancés corps et âme dans l’incarnation du couple de choristes, il s’était habitué à danser avec Ruby, à lui faire confiance et à jouer avec sa souplesse et sa grâce, mais le simple fait de réaliser un enchaînement dont il avait décliné des dizaines de versions similaires avec une autre femme que sa partenaire habituelle lui fit ouvrir les yeux sur le regard que pouvaient porter les autres sur leur petit jeu de scène. Et peut-être sur celui que Charlie avait pu avoir ce fameux soir. Ce qui avait l’air si évident avec sa partenaire de duo devenait pesant avec Megan. Ses pieds habitués à ce genre de routine se placèrent naturellement à l’intérieur des traces de la brunette, ses doigts s’agrippant doucement à la cambrure de sa taille pour accompagner son mouvement sans l’entraver, il la réceptionna sa peine dans son étreinte une fois son petit tour terminé, mais tous ces frôlements, ces mouvements faussement sensuels n’avaient rien de l’évidence qu’il ressentait avec Ruby, et s’il était parfaitement honnête, n’avaient pas grand chose d’agréable. À cet instant il ne ressentait que malaise et embarras à l’idée que ce qui lui était jusqu’à présent apparu comme le prolongement naturel des choix de chansons qu’ils interprétaient était en fait allé trop loin.

Tiré de ses pensées lourdes de silence par la voix de Megan qui le fixait toujours, Wyatt se concentra à nouveau sur sa chef de chorale qui avait à présent les mains sur ses épaules et il lâcha immédiatement sa prise sur ses hanches. Déjà plus que troublé par sa réalisation tardive de la dimension qu’avait pris son jeu de rôle avec Ruby, le médecin ne comprenait pas le moins du monde d’où sortaient tout à coup ces compliments qu’ils n’avaient pour la plupart pas mérités. Que Ruby soit plus talentueuse qu’une simple choriste lambda, cela ne faisait aucun doute, et si ce n’était sa timidité elle aurait sans doute déjà signé dans une maison de disque quelconque, mais le médecin savait que s’il avait clairement une belle voix, le chant restait un loisir, et son talent ne dépassait pas cette sphère. Où voulait-elle en venir à la fin avec ses punitions et ses compliments, ses répétitions en tête à tête et son petit jeu de séduction ? La patience du jeune homme s’amenuisait à la seconde et il voulait mettre un terme à son malaise le plus tôt possible. Glissant ses mains dans ses poches, il toisa Megan en tâchant de deviner quel serait son prochain mouvement. Sans succès. Ses paroles étaient toutes plus troubles les unes que les autres. Quel rapport entre le succès de leur char et un malheureux dip ? Fronçant les sourcils en ne saisissant pas d’où venait tout à coup toute cette intensité qu’elle tentait de lui communiquer, Wyatt entrouvrit la bouche un instant avant de répondre finalement. « Je me suis déjà excusé pour mon retard aujourd’hui. Il me semble que c’est la première fois que ça se produit, et ça n’arrivera plus. Ce n’est pas parce que j’ai beaucoup de travail en ce moment que je ne suis pas aussi investi qu’avant dans la chorale, Megan. » Tirant ses mains de ses poches il croisa à nouveau les bras en position défensive face à sa coach. « J’ai bien conscience que Ruby est plus talentueuse que moi, mais il me semble que nous avons toujours fait de notre mieux pour donner le meilleur de nous-même. Et nous investir à cent pour-cent. »
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MessageSujet: Re: 03. The Devil plots wearing Prada   Jeu 6 Mar - 14:58

« Wyatt, Wyatt, Wyatt… » murmura une Megan roucoulante à souhait en jetant au principal intéressé un regard des plus pénétrant. S’approchant d’un pas lascif tout près de lui, elle vint lisser la boutonnière de sa chemise avec ses doigts, accordant à sa tache un soin tout à fait exclusif, la tête penchée sur le côté pour mieux savourer la position de force dans laquelle elle se trouvait. Clairement, elle adorait ça et se délectait du droit qu’elle s’octroyait en le couvant du regard comme elle le faisait ou en le touchant avec une délicatesse innée. Fronçant ses sourcils parfaitement dessinés en hochant imperceptiblement la tête, Megan revêtit une expression de feinte désolation « Venant de quelqu’un comme toi, ta dévotion pour les Awesome Voices me touche profondément. » Elle sourit brièvement, appuyant davantage ses doigts contre les muscles qu’elle devinait à travers la chemise de son choriste « Qui aurait pu soupçonner qu’un homme de ton acabit puisse trouver un quelconque intérêt à ce genre d’activité ? » Megan se mordit doucement la lèvre, presque au ralenti pour laisser le temps à ses dents soignées de laisser une marque opaline sur l’ourlet de sa bouche, puis elle opéra un pas dans le sens inverse. Aussi, elle croisa brusquement les bras en réponse à la posture défensive que le jeune homme adoptait pour s’adresser à sa directrice. Megan le toisa de bas en haut, perchée sur ses talons, le menton rentré et le sourcil arqué haut sur son front. Wyatt Pillsbury, sous ses faux airs de Christian Grey, n’était qu’un grossier et stupide personnage. Même Timothy Ainsworth dans ses mauvais jours avait l’air plus brillant que ce satané docteur, et dieu savait que le tatoué n’était pas un spécimen doté d’assez d’intelligence pour s’amender de sa fidélité écœurante au défunt Bryan Ryan. Wyatt, sans le savoir, venait de démonter toute la comédie qu’elle avait mise en place, toute l’ambiance pesante et ses propos pleins de sous entendus qu’elle avait puisés dans les plus mauvais films des années 80. Elle allait devoir trouver une autre tactique pour en venir à son point, et réussir la mission qu’elle s’était fixée. L’improvisation était son quotidien, néanmoins, et en y songeant rapidement, un sourire sardonique étira les coins de sa bouche.
Il lui était apparu que Wyatt avait plus de jugeote que la moitié de ses chanteurs et qu’il était le plus à même de comprendre ce dont elle voulait parler. Lui aussi semblait s’amuser des sentiments notoires que Ruby avait pour lui. Quelqu’un d’honnête ne toucherait pas une fille en pâmoison de cette façon, même pour la beauté de l’art, et quelque part, Megan était persuadé que Wyatt prenait plaisir à se délecter secrètement du sentiment d’adoration qui émanait de la petite brune à chaque fois qu’elle se trouvait à proximité de son partenaire de choc. Megan était manipulatrice. Sans foi ni loi, elle profitait des faiblesses des autres pour arriver à ses fins, mais Wyatt n’était pas aussi innocent qu’il voulait en donner l’impression et dans un rictus maîtrisé, la jolie fée pivota sur ses talons, s’avançant de son pas chaloupé vers le coin stéréo du quartier général.

« Je crois qu’on gagnerait beaucoup de temps si on évitait de se mentir, Wyatt. » Elle fit volte-face, droite comme la danseuse professionnelle qu’elle fut jadis, en continuant dans une sérénité effrayante qui voilait sa voix grave et éraillée « J’ai appris ta rupture avec ta petite amie. Oui, les nouvelles vont vite, et disons que si tu avais voulu que cette information soit tenue secrète, tu aurais évité de jeter ta vie privée en pâture lors de la soirée d’Halloween. L’actrice en moi apprécie la dramaturgie de la situation, je n’aurais probablement pas fait mieux, pour tout t’avouer, mais quand ton talent pour la mise en scène met en péril la réputation de ma chorale, je deviens un tantinet moins admirative. » Megan se courba élégamment pour retirer ses escarpins et baisser ses chaussettes hautes sur ses chevilles délicates. Descendant de plusieurs centimètres, ça ne l’empêcha pas de garder cette assurance agaçante qui lui permettait de faire face à n’importe qui de plus grand qu’elle « Ceci, ta scène de ménage avec Charlie, ne se reproduira plus jamais en compétition, c'est entendu ? » Levant les bras au-dessus de sa tête, Megan se tût, son regard vairon se perdant dans ce qu’elle pouvait percevoir de celui de son interlocuteur et tandis qu’elle défaisait son chignon savamment maintenu avec des épingles de toute taille, sa chevelure ombrée retomba sur ses épaules dénudées. Reposant ses accessoires sur la tablette à ses côtés, elle coula un regard mi-concerné mi-sévère à son choriste qu’elle rejoint en quelques enjambées « Ne m’en veux pas. Je me devais de te faire le sermon avant que les autres pensent que je tolère ce genre d’incartade, mais Wyatt… » Elle soupira interminablement en posant une main sur sa propre poitrine, l’autre sur sa hanche pulpeuse. Ses yeux, qu’elle fixa sur un point invisible à l’autre côté de la pièce pour parfaire son jeu d'actrice, se remplirent de fausses larmes, et elle mit un temps fou avant de reprendre la parole, un flot de pensée se bousculant dans son cerveau calculateur. Megan tourna son visage vers le jeune homme, et des larmes dans la voix, elle poursuivit « Je suis une femme avant tout. J’ai connu de nombreuses ruptures douloureuses, tu sais. Quand Justin… » Timberlake « m’a quittée, j’étais dévastée. Je ne mangeais plus, je ne prenais même plus le temps d’aller faire ma manucure hebdomadaire. Mes mains étaient dans un état épouvantable, mes cuticules n’en faisaient qu’à leur tête, j’en frissonne encore. » Elle joignit le geste à la parole en étant secouée par un violent frisson « J’avais mis tellement d’espoir, fait tellement de projets avec lui que quand il est parti, j’ai eu l’impression que le monde avait cessé de tourner, que plus jamais je ne serai heureuse à nouveau, ça a précipité la fin des Fairy Dust et puis… oh, tu vas sûrement trouver ça ridicule. » Elle se cacha le visage dans ses mains en gloussant, comme une enfant prise sur le point de faire une bêtise, et encore une fois, elle instaura un délicieux silence. Jouer la carte de la bienveillance avec Wyatt n’avait jamais fonctionné, mais Megan avait l’impression que si elle se mettait à son niveau en parlant de sa vie privée, elle réussirait à obtenir quelque chose de lui, et peut-être réussir à glisser des allusions à peine masquées à l’amour inconditionnel de Ruby Caldwell pour son petit derrière rebondi. Megan posa une main sur sa joue, dégageant l’autre de son visage en gratifiant Wyatt de petits regards à la dérobée ; and the Oscar goes to… « Les Awesome Voices m’ont sauvé la vie, Wyatt. Ils sauveront la tienne aussi si tu consens à te montrer aussi consciencieux qu’à l’accoutumée. Ne laisse pas les épreuves difficiles détruire ta passion pour notre travail, ouvre-toi à nous. » Oh pitié, songea-t-elle, elle avait l’impression d’être une pâle imitation des filles Hamilton, la culotte de chasteté en moins, mais vu que Wyatt semblait particulièrement aimé le côté niais des bonnes sœurs du coin, elle choisit d’user de cette méthode pour mieux l’attraper dans ses filets. Déchaussée, Megan dut faire un effort supplémentaire lorsqu’elle s’approcha de Wyatt et qu’elle le prit dans ses bras. Hissée sur la pointe de ses pieds, elle le serra fort contre elle, espérant sincèrement que le dégoût notoire qu’elle ressentait à l’idée de se montrer aussi maternelle avec un homme plus âgé qu’elle ne se ressentirait pas dans son étreinte. Dans la foulée, elle tâta les muscles de ses omoplates en affaissant les coins de sa bouche dans un signe appréciateur de sa carrure athlétique, et tout en se reprenant avant d’être tentée de lui pincer les fesses, elle lui murmura avec une douceur confondante au creux de l’oreille « Oublie Charlie, elle ne sait pas ce qu’elle rate. Ne nous tourne pas le dos, Wyatt.»
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MessageSujet: Re: 03. The Devil plots wearing Prada   Ven 14 Mar - 20:41

L’intelligence supérieure au commun des mortels dont Wyatt se vantait depuis toujours ne lui avait pour le moment pas été du plus grand secours, et il aurait de loin préféré faire face à une équation mathématique insoluble qu’à Megan Morgan à cet instant. Suffisamment irritante lorsqu’elle se comportait en parfaite garce menant sa chorale à la baguette et distribuant les critiques comme personne, cette nouvelle facette de la personnalité de l’ancienne starlette était aussi troublante qu’étouffante. Ce ton doucereux dont elle usait et les regards lascifs dont elle ne cessait de le gratifier venaient de passer le cap de l’embarras pour plonger tout droit dans le domaine de l’horripilant. Elle avait certes été sensiblement plus agréable avec le gynécologue ces dernières semaines, clémence qu’il avait reçue avec une gratitude tacite étant donné son humeur générale, mais de tels compliments dans sa bouche relevaient purement et simplement de la schizophrénie. Ou de la comédie. Mais quel intérêt avait-elle à lui mentir sur l’opinion qu’elle avait de lui ? Elle ne s’était pas gênée pour donner son avis jusqu’à présent, alors pourquoi ce revirement ? Il n’avait pas montré de signe de retrait vis-à-vis des Awesome Voices, au contraire. Il était plus dévoué que jamais à la pratique du chant et l’alchimie naturelle qu’il possédait avec Ruby n’avait été qu’accrue par tout le temps qu’il passait en sa compagnie en dehors des répétitions. Ce soir marquait la première répétition à laquelle il n’avait pas assisté, pas de quoi imaginer qu’elle allait perdre l’un de ses chanteurs donc. Toutes les tentatives du gynécologue pour rationaliser ce qui était en train de se jouer ne faisaient qu’épaissir le brouillard dans lequel il évoluait avec sa directrice que rien ne semblait décourager. Sans compter que chaque fois qu’elle revenait jouer avec l’encolure de sa chemise, Wyatt se laissait davantage tenter par la fuite pure et simple. Ruby, dans toute sa patience et sa gentillesse, devrait trouver en elle la force de le pardonner s’il s’attirait les foudres de la remplaçante du fondateur de leur chorale, il ne comptait pas se laisser déshabiller par cette folle qui le palpait en minaudant comme une adolescente sous son nez. Il n’aimait pas cette lueur sombre dans son regard, pas plus que son attitude. Et il n’aimait pas cette discussion tout court.

Sur le point de jeter l’éponge en abandonnant ses bonnes manières pour planter là Megan qui s’était enfin éloignée de lui pour entreprendre de se déshabiller elle-même, sa nouvelle tirade le cloua sur place. Ses poings se serrèrent instinctivement à mesure qu’elle exposait son point de vue sur sa rupture et sa mâchoire déjà passablement contractée se serra si fort que les muscles saillaient au creux de ses joues affinées par un régime plus sec. Elle pouvait avoir l’esprit tranquille, c’était certain. Le médecin n’était pas prêt de remettre les pieds dans une relation avec un quelconque avenir de si tôt. Il n’était de toute évidence pas taillé pour ce genre de rapports. Il avait voulu tout donner sans rien cacher, toutes ses craintes, ses hontes inavouées, ses faiblesses, pour finalement échouer à cause de son orgueil au moment où il aurait eu le plus besoin de Charlie pour faire face à la crise qu’il devait endiguer à la clinique. Non pas que tout cela ait vraiment compté pour la choriste qui n’avait visiblement aucune intention d’avancer au même rythme que lui dans leur relation et avait préféré se cacher derrière une infidélité prétextée avec la petite Hamilton et même Ruby, tout ça pour se trouver une issue de secours. Alors les scènes de ménage c’était fini. Dès qu’il aurait le courage de rendre toutes ses affaires à Charlie il retournerait à sa vie d’avant. Finies les histoires d’amour où la confiance est maîtresse. Il serait sans doute difficile de retrouver une partenaire aussi idéale que l’avait été Lexie Preston au début de leur relation, mais ce ne devait pas être impossible de rencontrer une femme qui ne chercherait pas le grand amour à Lima. Toutefois, tout ceci ne regardait absolument pas Megan Morgan, et son ton arrogant lui intimant de bien se tenir comme s’il n’était qu’un petit garçon qu’on gronde était la goutte d’eau qui fit déborder le vase de sa patience. « Je ne vois absolument pas en quoi ça te regarde Megan. » lâcha-t-il sans desserrer la mâchoire, dévisageant la jeune femme qui feignait encore l’innocence de tous ses faux cils. « De toute évidence ma “scène de ménage” n’a pas empêché le retour de la chorale dans la compétition et personne n’a eu la grossièreté de m’en faire reproche jusqu’à présent. »

Bien loin de décourager le démon, celle-ci changea instantanément de stratégie, et de ton, poussant même le vice jusqu’à faire monter des larmes de crocodile. Mais qui pensait-elle tromper en jouant la carte mélodramatique à ce stade ? Wyatt avait peut-être décidé de se plonger dans le déni après avoir eu le cœur brisé par Charlie Watson-Brown, il n’en était pas devenu stupide. Même Peter Grayson ne serait pas tombé dans ce piège là. Comptait-elle vraiment sur lui pour sortir les mouchoirs et pleurer sur sa rupture avec ce drogué de Justin Bieber ? Comparer ce qu’il avait vécu, et ressentait toujours, avec sa propre expérience superficielle et enjolivée avait peut-être été une idée de génie pour parvenir à ses fins —quelles qu’elles soient— dans l’esprit de Megan, mais elle ne faisait que braquer davantage le gynécologue qui ne se retenait de l’étrangler que parce que son corps tout entier était tendu de rage. Depuis quand parlait-elle des Awesome Voices comme de sa bouée de sauvetage ? Il ne faisait pas l’ombre d’un pli que d’une manière ou d’une autre elle ne se servait de ses choristes que comme d’un marche-pied pour retrouver sa gloire passée et qu’elle n’avait jamais eu que ses propres intérêts à cœur. Si sa rupture avec Charlie n’avait pas été aussi publique et humiliante elle n’aurait même jamais eu la moindre idée de ce qui se passait dans sa vie, comme elle ignorait ce qui se passait dans la vie des autres choristes. Parce que ça ne l’intéressait pas. Elle leur apportait son expertise et son expérience, mais tous savaient qu’il ne fallait pas attendre d’elle autre chose. Croyait-elle vraiment qu’il existait un “nous” organisé autour d’elle chez les Awesome Voices ? Ou bien fallait-il lire entre les lignes et comprendre que derrière le nous c’était sa propre aide qu’elle lui offrait ?

Les yeux de Wyatt se froncèrent alors qu’il refusait de comprendre ce qui faisait finalement sens dans toute cette mascarade. Depuis le début, les compliments, les reproches concernant Charlie, son obsession étrange pour son investissement dans la chorale… Était-ce une manière pour Megan de lui faire du rentre-dedans ? L’idée même était absurde, et au moment où il allait chasser cette idée tordue de son esprit, la jeune femme l’enlaça à nouveau, hissée sur la pointe des pieds et entièrement collée à lui de manière assez inconfortable pour lui murmurer à l’oreille de quoi affermir sa conviction nouvelle que Megan Morgan en avait après lui. Posant fermement ses mains sur ses hanches, Wyatt la força à redescendre de son perchoir pour se dégager de son étreinte et recula d’un bon pas en la dévisageant de son air le plus froid. « Si c’est une blague, ce n’est pas de bon goût Megan. Et si c’est une proposition, la réponse est non. » La rudesse de son ton trahissait la pointe de colère qu’il réprimait à grand peine, tâchant de garder sa contenance face à Megan. Quelle qu’ait été l’idée que sa directrice s’était faite à son sujet, il ne serait jamais assez désespéré pour tomber dans son lit, mais les principes qu’on lui avait inculqués depuis l’enfance ne lui permettait pas de dire les choses de cette manière à une jeune femme, même s’il s’agissait d’une fée vénéneuse. Prenant une profonde inspiration pour retrouver son calme, le gynécologue ferma les yeux avant de reprendre de manière plus cordiale. « Comme je le disais, je ne vois pas bien en quoi ma vie personnelle t’intéresse. Je suis certain que tout ceci partait d’une bonne intention. » Dans ses rêves. « Mais je gère parfaitement la situation, et je ne tourne le dos à personne. Ruby m’en sera témoin. Maintenant, si tout est dit, j’ai d’autres choses à faire. »
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MessageSujet: Re: 03. The Devil plots wearing Prada   Lun 17 Mar - 16:15

Wyatt avait tort. Quand les choristes de Megan choisissaient de s’amouracher d’un membre de la chorale concurrente, ça la concernait, et de très près. Rien dans le contrat tacite qu’ils avaient chacun accepté de signer à la reprise inopinée des AV par la célèbre leader des Fairy Dust n’indiquait que ce fut interdit pourtant. On ne prévoyait pas ce genre de chose après tout, elle-même reconnaissait qu’il y avait de belles libellules dans le marais putrescent d’à côté. Les interdire de tomber sous le charme aurait été inhumain. Malgré tout, Meg réprouvait sévèrement les échanges de fluides corporels entre les différents chanteurs de la ville. Par esprit d’éthique, certes, mais surtout parce que, d’après ce qu’on racontait entre deux shots musclés au comptoir du piano-bar, les habitantes de cette ville ne connaissaient pas la contraception. Quinn Fabray, membre des Urban Hymns et pondeuse précoce, en était d’ailleurs l’exemple parfait. Par Meryl, mais que faisait la brigade des mœurs ! Megan n’était pas prête pour devenir la marraine d’une ribambelle de bébés puants et braillards portant son joli patronyme en guise d’hommage ! Et bien que cela aurait pu apporter un petit quelque chose de tout à fait shakespearien à la compétition qu’ils menaient depuis des mois contre ces pantins désarticulés, elle n’avait pas accueilli l’information traitant la création d’un Watsbury (ou whatever) avec son éternel sourire Colgate, mais plutôt avec cet imperceptible mouvement nerveux au-dessus de sa lèvre supérieure qu’elle réservait en général aux journalistes qui osaient pointer du doigt sa consommation excessive de tequila. Charlie faisait peut-être partie de la chorale des nonnes, le vice se lisait sur son visage ; elle devait être aussi vierge qu’elle l’était et un nombre affolant de scénarios catastrophes avaient effleuré l’esprit vertueux – absolument – de la jolie fée. Megan n’avait pas fait l’affront à Wyatt de lui glisser une boîte de préservatifs et un flacon de lubrifiant dans ses affaires, car en immersion quotidienne grâce à son métier, il devait savoir s’y prendre pour éviter que sa sainte petite amie n’expulse de sa fleur un immonde rouquin maladroit. Mais quand même, elle avait caressé l’idée de lui apprendre les cinquante nuances des contraceptifs, effrayée à l’idée que sa chorale ne devienne une garderie de luxe.
Enfin dans le fond, elle aurait adoré qu’une bataille sans merci pour sauver l’honneur de leur fratrie d’adoption vienne secouer la platitude exténuante des répétitions de son glee club. Megan ne disait jamais non à un peu d’action ! Surtout quand un ou deux choristes des Second Chances perdraient potentiellement la vie sous les fleurets de ses petits protégés. Malheureusement, avant même d’avoir émis le projet d’organiser un combat sanglant sur le parking du bar karaoké, elle avait senti que ces derniers étaient trop tendres, pas intéressés par le combat au corps à corps – pas à ce genre de combat au corps à corps en tout cas. Ses envies de grandeurs à la Baz Lurhmann avaient filé sans qu’elle n’ait le temps d’endosser le costume bien taillé d’Escalus, et ça ne faisait qu’accroître de fait cette sensation désagréable de ne pas être la seule, l’unique, à déplacer les pièces sur l’échiquier géant des chorales.

Tout était une question de pouvoir en vérité. Faire et défaire les couples, créer et démonter les tableaux mettant en scène ses choristes, souffler le chaud et le froid… Ne pas avoir la main mise sur les sentiments que ressentaient ses chanteurs la frustrait grandement. C’est pourquoi elle profitait des déboires amoureux de son nouveau choriste préféré pour faire ce dont elle avait toujours rêvé ; jouer les entremetteuses. Sans succès, cependant, car à en croire la réaction électrisante du jeune homme, elle ne s’y prenait pas de la bonne manière. Soit. Megan n’avait pas posé toutes ses cartes, et si Wyatt mettait fin à la partie aussi vite, il lui restait son meilleur coup à jouer ; se rapprocher de Ruby. Comme elle l’avait dit quelques instants plus tôt, il y avait fort à parier que la brunette se laisserait davantage charmer par les conseils bienveillants que son « amie » lui soufflerait entre deux répétitions. Plus que l’avenir proche des Awesome Voices, c’était sa réputation qui était en jeu. Leur succès, son succès, dépendait de la façon dont ses deux protégés se comporteraient en public et qu’importe l’éthique, elle était prête à tout pour qu’on croit à leur histoire.

« Ouh, quelle poigne. » gloussa-t-elle au moment où Wyatt la repoussa par les hanches. Faisant rouler ses lèvres l’une contre l’autre, Megan prit une expression choquée lorsqu’il tenta de la remettre à sa place tandis qu’il prenait ses distances « Wyatt, loin de moi l’idée de te proposer quoi que se soit, enfin. » Elle le toisa en penchant la tête sur le côté, raffermissant le contact de ses lèvres entre elles. N’empêche qu’elle n’aurait pas dit non, elle. Arquant un sourcil, elle croisa très lentement les bras sur sa poitrine pour le regarder avec attention, se délectant de la vue qu’il lui offrait. Il essayait de garder son contrôle et c’était pénible, visiblement ; était-il en colère ou tenté ? Megan l’analysa longtemps. Un sourire en coin étira les coins de sa bouche pendant qu’une lueur de pitié vint éclairer ses pupilles bicolores. Il était en colère, assurément. Elle avait touché un nerf, un sacré, à en juger par la réaction qu’elle observait dans son petit laboratoire psychique. Elle le ressentait au son de sa voix suave et à la façon dont il reprenait sa respiration. Cela fit naître en elle un soupçon de convoitise qu’elle dissimula sous un sourire hypocrite alors qu’il reprenait la parole.

« Bien sûr que ça partait d’une bonne intention. Je suis inquiète pour toi, je t’assure. » Autant qu’elle était inquiète pour la santé mentale de Britney Spears. En d’autres termes, elle s’en fichait comme de sa première compote, mais il fallait sauver les apparences et ne pas l’énerver davantage. Wyatt restait un membre de sa chorale qui, si elle poussait le bouchon trop loin, n’hésiterait pas à prendre son baluchon pour aller chanter ailleurs – pas dans la chorale des Second Chances cela dit car son petit cœur brisé ne le supporterait pas. Un éclat de rire mental résonna dans la tête de Megan qui était toujours épatée par son machiavélisme enfoui, et reprenant très vite le fil de la conversation, elle baissa la tête, son jeu d’actrice s’étoffant à mesure qu’elle se savait piégée ; jouer avec les limites, ça l’excitait autant que de se promener à minuit dans une boutique de chaussures – elle était au bord de l’extase « Je suis sincèrement désolée que tu le prennes de cette façon, je pensais que si tu le voulais, tu aurais pu te confier à moi. Tant pis. » Elle releva doucement les yeux en battant des cils, haussa les épaules timidement « Si tu gères, c’est très bien. J’espère simplement que les prochaines compétitions ne seront pas trop dures pour toi. Charlie sera là, sublime et toute talentueuse qu’elle est... Elle se surpasse toujours pendant ce genre d’évènements, je l’ai remarqué. Elle aussi, elle est très douée. » Dans le genre animatrice de camp pour attardés mentaux certainement « Il faut préserver ton cœur. » Elle accompagna ses propos en posant la main sur son propre palpitant et après un instant à confronter les pupilles glaciales du jeune homme, tentant dans les toutes dernières secondes de lui faire passer un message indicible en plissant les paupières, elle soupira de dépit. Non, Wyatt ne rentrerait jamais dans son jeu « Tu peux partir. » Megan pivota sur elle-même, mais tourna la tête au dernier moment pour regarder par-dessus son épaule et de son ton habituel, déterminé et cassant, elle lui dit « Sois à l’heure, la prochaine fois. »

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03. The Devil plots wearing Prada

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