Choriste du mois


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 03. Hard out here for a bitch

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MessageSujet: 03. Hard out here for a bitch   Mar 7 Jan - 1:37

« Sparks, je crois que tu as surestimé ton pouvoir ici. Tu es nouvelle, tu n'es personne. On peut te détruire en un clin d'oeil, alors à ta place, je ferais attention à ce que je fais. Tu ne voudrais pas te faire les mauvaises ennemies. » Little K était-elle soudainement tombée dans une esclandre entre différentes factions de la mafia sicilienne? Avait-elle provoqué la colère d'un trafiquant de drogues? Ou bien s'était-elle mis à dos un patron de casino clandestin? Rien de tout cela, apparemment, la vie de la lycéenne lambda avait parfois des airs d'une scène du Parrain. La lumière sale des vieux vestiaires n'arrangeait pas la chose et un sourire sarcastique étira les lèvres de la jeune fille. « Ca te fait rire gamine? A ta place, je rentrerai dans le rang, tu ne veux vraiment pas qu'on mette en doute ta loyauté. Et on ne peut pas dire que tu as fait tes preuves. » Le trio de pompom-girls maléfiques, qui auraient sans doute fini avec la tête tranchée si ceci avait été un des films d'horreurs qu'affectionnait Kara, tournèrent en parfaite synchronisation leurs hautes queues de cheval et laissèrent la jeune recrue décider de ce qu'elle allait faire. Les choses avaient pris une tournure légèrement mélodramatique, visiblement Tiffany Stevens avait le sens de la mise en scène. Et surtout, c'était une élève de terminale, membre des Cheerios depuis son entrée au lycée, fidèle du clan de Regina et terreur des couloirs depuis des années. Dur de croire que quelqu'un appelé Tiffany puisse être intimidant. Mais malgré le ridicule apparent de la situation, la blondinette et ses deux fidèles copines avaient raison. K s'était fait remarquer. Elle s'entraînait avec discipline, s'était débrouillée pour être plutôt bien vue par le coach Fabray, avait rapidement gagné en popularité et comprenait plutôt bien le fonctionnement de la hiérarchie sociale du lycée. Mais l'adolescente avait aussi montré un manque d'enthousiasme certain envers miss Hemingway et revendiquait une certaine indépendance d'esprit, soignant sa petite image rebelle par le biais de certaines de ses fréquentations notamment. Et même si elle n'exprimait pas ouvertement ses ambitions pour secouer un peu l'élite de McKinley, pour la simple et bonne raison qu'elle n'était pas aussi ignorante qu'on voulait bien le croire, elle ne s'était pas fait que des amis au sein de l'escouade. Et apparemment, Tiffany ne l'aimait pas tellement. Et avait besoin de quelqu'un pour affronter ses ennemis à sa place. On pouvait la comprendre, sa dernière confrontation avec Sunny Palmer ne s'était pas spécialement bien terminée pour elle.

Parce que Kara n'était pas stupide. Elle savait pertinemment que Stevens aurait pu se contenter de lui mener la vie dure, de l'embaucher comme larbin, de l'humilier un peu devant le reste de l'équipe, bref, lui faire subir un bizutage des plus classiques. Si elle l'avait lancée dans cette folle mission contre la journaliste en herbe, ce n'était pas innocent. La jeune Cheerio était coincée, se voyait obligée de suivre l'ordre de sa supérieure. Alors cette dernière en profitait pour lui confier une mission kamikaze et surtout, pour lui faire faire son sale boulot. En fait, c'était exactement comme la mafia. Et little K n'était qu'un homme de main. Elle soupira, les mains posées sur le bord de l'évier écaillé du vestiaire. Elle retoucha son maquillage, passant soigneusement un trait de noir sous ses yeux clairs, resserra sa queue de cheval, puis lança un regard déterminé à son reflet. Elle allait se confronter à cette fameuse Palmer aujourd'hui même. Rien ne vaut le présent et elle n'avait pas l'intention de lancer un plan élaboré à l'encontre de la blonde. Certes, la gamine faisait ce qu'on lui disait, mais c'était à contre coeur et si Tiffany n'était pas satisfaite, elle irait livrer ses propres batailles à l'avenir. Sunny l'avait ruinée. Et ce n'était pas pour rien qu'il n'y avait qu'à des premières années pas encore bien installées au lycée qu'elle pouvait s'en prendre. Oh, elle avait regagné sa place sur l'échelle sociale et n'en était devenue que plus mesquine. Mais tout le monde savait que c'était elle qui avait déclenché une épidémie d'herpès l'hiver dernier et que son père avait payé quelqu'un pour qu'elle obtienne son diplôme. Dire que si cette satanée Palmer avait su se la fermer, la jeune Sparks n'aurait pas eu à supporter ce tyran des bacs à sable. Il était donc largement temps d'aller titiller le dragon d'un peu plus près.

Un large slushy framboise à la main, un sourire mutin aux lèvres, K fit son entrée à la cafétéria d'une démarche assurée. En toute logique, sa cible devait être dans le coin, puisqu'à peu près tout le lycée était réuni ici. Ca aurait pu virer en Flashdance si ces débiles du glee club était dans l'une de leurs humeurs artistiques, mais la jeune fille avait un scénario différent en tête. Par un coup de chance certain, qui était indéniablement le signe que c'était le moment où jamais de frapper, la tête blonde qu'elle recherchait se trouvait juste derrière deux des camarades en jupette de Kara. Cette dernière prit donc une courte inspiration, comme quand elle s'apprêtait à se lancer dans un sprint, puis fondit sur la file d'attente. Sans ménagement, elle poussa d'un coup d'épaule Palmer et lança un sourire radieux à ses "amies" « Hey ! Vous auriez pu m'attendre !  Fabray m'a fait courir deux tours de plus. Alors que ce n'est pas ma faute si Jenny ne tient pas sur ses jambes hein. » Des gloussements stupides lui répondirent et elle tourna finalement la tête vers sa proie du jour, faisant voler sa longue chevelure à quelques millimètres du visage de la demoiselle. « Je me disais que ça sentait un peu le rat mort tiens, mais je croyais que c'était la nourriture. » Des ricanements insupportables résonnèrent derrière elle, la petite Sparks s'était apparemment trouver du soutien. Elle aurait presque préféré éviter. « Un problème peut-être, loseuse? » Sans se défaire de son sourire suffisant, elle avala quelques gorgées de son slushy, ses prunelles bleues fixées sur le visage de son adversaire. Son entrée en matière était peut-être un peu faible, mais si cette fille était digne de sa réputation, nul doute qu'elle lui en donnerait pour son argent. Et un esclandre public au self, avec des répliques blessantes et un semblant d'humiliation devrait satisfaire Tiffany. Sinon, K ferait connaître ses positions au sein de l'escouade de cheerleaders un peu plus tôt que prévu.
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MessageSujet: Re: 03. Hard out here for a bitch   Ven 10 Jan - 18:44

Comment Figgins pouvait-il encore s'imaginer que les repas qu'on servait au self étaient comestibles, et surtout sans danger. Mystère. Le regard fixé sur les différents choix qui s'offrait à elle, Sunny restait dubitative. Qu'est-ce qui était le moins pire ? L'intoxication alimentaire qu'elle attraperait à coup sûr si elle choisissait les raviolis, ou l'allergie purulente que les fruits de mer causeraient si elle en mangeait ? Pourquoi avait-elle décidé de manger au self, déjà ? Ah oui, parce qu'il faisait un froid de canard, le genre à vous congeler sur place, et que le self, à défaut de servir des plats sains, était chauffé. En repensant à son sandwich, soigneusement emballé, dans son sac, Sunny se demanda une énième fois pourquoi elle ne s'en contentait pas. Mais elle savait que ce ne serait pas suffisant, avec la journée qu'elle avait aujourd'hui. Si la matinée avait été calme, l'après-midi serait chargée, et elle ne serait pas rentrée avant l'heure du dîner, dans le meilleur des cas. Il lui fallait donc prendre des forces.
Pour autant, cela méritait-il qu'elle se rende malade ? Certes non, aussi demanda-t-elle une assiette végétarienne, dédaignant les raviolis à la viande et les fruits de mer. Et elle fit le souhait que cette journée se termine aussi vite que possible, pour qu'elle puisse rentrer chez elle et déguster un bon petit plat fait maison. Si sa mère ne cuisinait pas, son père en revanche était un fin cordon bleu, fort heureusement pour la survie de Sunny.

Parvenue près des desserts, la journaliste en herbe se sentit gagnée par un regain d'enthousiasme. La part de gâteau au chocolat, la toute dernière, lui faisait les yeux doux, et elle savait que c'était l'un des rares desserts à être comestibles, puisque fourni gracieusement par une pâtisserie de la ville. Sunny vrilla son regard sur cette part de gâteau : il était à elle. Cible verrouillée, il n'y avait plus qu'à attendre que les élèves devant elle bougent leur derrière pour qu'elle puisse tendre la main vers cette petite assiette. Et espérer, bien sûr, que personne ne lui prendrait. Mais les deux filles devant elle portaient du rouge, et des queues de cheval. Autrement dit, sur leur plateau il ne devait y avoir que de la salade, et encore. Pas de risques, donc. Voilà qui remontait déjà le niveau de cette dure journée, voir même de cette semaine assez difficile. Requinquée, Sunny fit un pas en avant, se rapprochant de son but.
Une épaule osseuse la fit légèrement chanceler, mais à peine le remarqua-t-elle, totalement concentrée. Cette part de gâteau au chocolat ne devait pas quitter son champ de vision, sous peine de disparaître. Cette pensée la fit rire intérieurement : elle avait vraiment besoin de se détendre. Finalement, une voix aiguë la tira de ses pensées et elle manqua finir éborgnée par une queue de cheval agressive. Clignant des yeux, Sunny comprit que le second round était lancé. Une petite bataille qui avait débuté sans qu'elle comprenne réellement pourquoi, ni comment, mais qui montrait une nouvelle fois à quel point les Cheerios avaient une vie pathétique et ennuyeuse. Kara Sparks revenait à la charge. Les ricanements qu'elle récoltait ne laissait entrevoir que deux solutions : soit elle était devenue, par un malheureux hasard, la victime du jour pour le trio en jupette, soit Kara était en mission. Probablement un bizutage réservé aux nouvelles. Sunny avait vu ce genre de choses chaque premier trimestre depuis son entrée au lycée. Elle aurait pu plaindre Kara. Si celle-ci ne lui était pas déjà rentrée dedans quelques jours plus tôt. Une fois, elle pouvait laisser couler. Mais deux fois, et dans la même semaine en plus ; Kara avait besoin qu'on la remette à sa place. Et tant pis si ça ruinait ses petits plans.

« Très original Kara. » se moqua-t-elle avec un sourire en coin. « Venant d'une tête creuse, c'est même assez impressionnant. Syntaxe, conjugaison, à t'entendre on pourrait presque croire que tu sais aussi comment on écrit le mot nourriture. Mais je suppose qu'il ne faut pas non plus trop t'en demander. » ajouta-t-elle avec un air de fausse compassion.
Son regard remonta vers les deux comparses de Kara. Un public, évidemment. Deux paires d'yeux pour aller rapporter à qui de droit que Kara s'était bien acquittée de sa tâche, quoi que cela puisse être. Changeant son poids de pied, son plateau à la main, Sunny leur adressa un sourire entendu. « Jill et Kathy. Prêtes à aller vous faire vomir avant de retourner en cours ? N'oubliez pas de bien vous brosser les dents, la dernière fois c'était limite, et même Rick se pose des questions. N'est-ce pas Jill ? » La mine innocente, Sunny doubla le trio, alors que Kathy, petite amie officielle de Rick, jetait un regard outré à Jill, qui rougissait violemment. Ce petit incident derrière elle -littéralement- Sunny se retrouva, enfin, devant les desserts. Et sa main put attraper la petite assiette où trônait la part de gâteau au chocolat. Sa part.
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MessageSujet: Re: 03. Hard out here for a bitch   Ven 24 Jan - 20:02

En entendant les insultes faites à son intelligence, Kara faillit éclater de rire. Elle se contenta de lancer un regard condescendant à son interlocutrice et haussa vaguement une épaule, pas affectée le moins du monde par la bassesse qui lui avait été lancée. Il en fallait un peu plus que ça pour l'atteindre. L'avantage d'avoir grandi entourée de soeurs et d'avoir partagé une chambre avec la garce de compétition qu'était Mandy, c'était de développer une certaine force mentale. La jeune fille avait essuyé bien pire lors des disputes éclatantes qui agitaient le foyer Sparks et en vérité, Sunny n'avait pas été cherché bien loin, se contentant de véhiculer des clichés un peu datés sur les porteuses de mini-jupe. Harvard avait bien une escouade de pompom-girls et personne n'irait à ses filles là qu'elle ne savait pas épeler le mot nourriture. Elles portaient même des couleurs similaires à celle des Cheerios de McKinley. Associer la bêtise au pompom était donc un peu facile, même si dans le cas de Jill et Kathy, tristement véridique. Ces deux là étaient de bien tristes énergumènes, mais cela ne donnait bien sûr pas le droit à cette minable de balancer ce genre de choses, surtout en public. Après tout, c'était Kara qui l'avait provoquée et c'était elle qui aurait dû subir son courroux. Mais évidemment, elle était une proie moins facile et Palmer pouvait raconter ce qu'elle voulait, elle faisait comme tout le monde et s'en prenait à plus faible qu'elle pour s'en sortir dans la jungle lycéenne.

Aussi, little K prit les devants sur ses deux comparses, qui se contentaient de se fixer avec des airs de poisson hors de l'eau. Jill était rouge jusqu'aux oreilles pour compléter le tableau, mais toutes deux se tenaient plantées comme des bécasses, bouches bées. Il fallait toujours retomber sur ses pattes, ne pas se laisser atteindre. Après tout, elles avaient un certain rôle à tenir et mieux valait ne pas se décomposer en plein milieu du self si l'on tient à conserver son image. Peut-être que cet incident invaliderait la mission de la jeune recrue. Mais elle n'en avait que faire et était désormais déterminée à tenir tête à cette pauvre fille qui se croyait tout permis. Sous prétexte qu'elle avait un certain talent pour déterrer les petits secrets de ces camarades, il ne fallait pas que Palmer s'imagine posséder une immunité quelconque. Du moins, ça ne passerait pas avec Kara. « Je pense qu'il va falloir descendre d'un ton Palmer. » Doutant qu'une simple injonction attire l'attention de la demoiselle, la Cheerio attrapa d'une main agile l'assiette à dessert que la blonde lorgnait avec envie et la déposa sur le plateau de sa collègue. « C'est la moindre des choses, après une révélation pareille, il faut bien apporter un peu de réconfort à cette pauvre Kathy. Après tout, ta remarque était très franchement de mauvais goût. Parce que tu peux monter sur tes grands chevaux autant que tu veux, tu es bien pire qu'une cheerleader, que visiblement tu associe à toutes les mean girls de série B. Mieux vaux pour nous tous que tu sois au Glee Club, je n'ose pas imaginer les secrets et les ragots qui circuleraient si tu étais une Cheerio. On a encore un peu de standing, heureusement. » Sparks afficha une mine un peu dégoûtée, fronçant ostensiblement le nez devant le tableau peu sympathique que lui offrait la choriste. « Sérieusement, qu'est-ce qui te donne le droit de faire ce genre de révélations, que je sache, Kathy ne t'a rien fait? J'espère que tu ne prétends pas impressionner ta chère maman avec tes tendances TMZ, c'est pas franchement ce que j'appellerai du journalisme. » La pique était mesquine et purement spéculative, mais aussi étonnant que cela puisse paraître, Kara lisait la presse et savait que la mère de sa victime du jour était une journaliste reconnue. Nul besoin d'être un génie pour faire les déductions qui s'imposaient et la lycéenne n'était visiblement pas aussi bête que Sunny voulait bien le croire. Et maintenant que les hostilités étaient lancées, sans doute little K pourrait-elle goûter à la pleine puissance du courroux de leur Nancy Drew locale.
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MessageSujet: Re: 03. Hard out here for a bitch   Ven 31 Jan - 16:07

Aujourd'hui, ce n'était pas un bon jour. Sunny l'avait sentie dès qu'elle avait posé un pied à terre, en s'extirpant de son lit si chaud et si confortable. Il y avait des jours où tout se déroulait à merveille, où tout s’emboîtait à la perfection et où elle rentrait chez elle avec un intense sentiment de satisfaction. Et puis il y avait des jours où rien n'allait. Il faisait trop froid, elle était fatiguée (pour palier à cela, il aurait fallu qu'elle dorme plus la nuit, au lieu de veiller comme elle le faisait depuis toujours) et elle était débordée, comme bon nombre d'élèves de dernière année qui devaient jongler entre leur dossier pour l'université, leurs résultats scolaires à maintenir au top afin d'obtenir une bourse, le stress de ne pas l'obtenir et de se voir refuser l'entrée dans les meilleurs universités, et les activités extra-scolaire. Sunny chantait au sein du Glee club, et elle était par ailleurs soulagée de n'être que dans les chœurs, elle dirigeait d'une main de fer le club de journalisme, et cela lui demandait du temps et de l'énergie, elle préparait un dossier d'entrée dans plusieurs universités et attendait une réponse pour une bourse. Sunny, à l'inverse de beaucoup de lycéens, ne travaillait pas. Elle n'en aurait, de toutes façons, pas eu le temps. Ses parents ne lui avaient d'ailleurs jamais demandé de prendre un petit job afin d'économiser pour l'université. Elle faisait partie des rares lycéens dont les parents pouvaient l'assumer jusqu'au bout, d'autant qu'elle était fille unique, et sa mère, brillante journaliste connue dans le milieu, avait des revenus confortables. Si elle décrochait cette bourse, elle pourrait intégrer une université de renom. Sinon, elle se contenterait d'une université plus modeste. Pour résumer, Sunny aussi avait ses mauvais jours. Aujourd'hui en était un.

L'attaque de Kara n'aurait pas pu tomber plus mal. Qu'elle veuille prouver à un troupeau de dinde en mini-jupe qu'elle était digne de les rejoindre prouvait déjà à quel point elle était stupide. Sunny n'arrivait pas à comprendre toutes ces filles qui avaient du potentiel, et s'obstinaient à le gâcher en rejoignant les Cheerios. En réalité, Sunny n'avait rien à l'égard des cheerleaders. L'année dernière, elle avait couvert le championnat de cheerleading, et avait rédigé un papier là dessus. Elle avait été franchement impressionnée. Malheureusement, les Cheerios semblaient mettre un point d'honneur à se comporter comme des garces. Et c'était dommage, parce qu'elles avaient du talent.
Kara, par exemple. Elle était très mignonne, avec ses yeux bleus et sa frimousse. Elle était plus jeune que Sunny, donc cette dernière ignorait comment elle s'en sortait en cours, mais rien qu'à l'écouter parler, on pouvait deviner qu'elle n'était pas bête. Alors pourquoi perdait-elle son temps à se faire bien voir par des filles qui n'en valaient pas la peine, alors qu'elle aurait pu briller par elle-même ? Ce n'était pas sans lui rappeler Nina Stewart, que Sunny avait essayé de convaincre, l'an dernier, qu'elle n'avait pas besoin de filles comme Cissy pour s'en sortir à McKinley. Kara semblait suivre le même chemin. Dommage. Mais si c'était ce qu'elle souhaitait, tant pis pour elle. Sunny n'allait certainement pas perdre son temps à la plaindre. Du temps, elle n'en avait pas. Et l'envie, non plus.

Alors que sa main se tendait vers la petite assiette blanche, où trônait majestueusement la dernière part de gâteau au chocolat, Sunny vit des doigts fins s'en saisirent à sa place. Son regard suivit l'assiette qui atterrit sur le plateau repas d'une des Cheerios. Figée, Sunny ne réagit pas tout de suite, laissant le flot de paroles qui sortaient de la bouche recouverte de gloss de Kara glisser sur elle.
A cet instant précis, Sunny faillit réagir plus violemment que jamais. Elle ne sortait jamais de ses gonds. Elle savait attendre. La patience était sa plus grande qualité. On s'en prenait à elle, on l'insultait, très bien. Elle notait mentalement les noms de ceux qui l'attaquaient. Et cela pouvait prendre des jours, des semaines, mais elle leur faisait payer. Personne ne s'en tirait jamais, avec elle. Elle avait mis un point d'honneur à se venger, à chaque fois. Tout le monde savait de quoi elle était capable. Sunny n'usait pas de ses poings, elle utilisait les mots, et le faisait diablement bien. Mais en voyant que sa seule réjouissance de la journée venait de lui filer entre les doigts, elle faillit se jeter sur Kara, lui coller une bonne baffe qui la mettrait au sol, avant de la frapper de toutes ses forces avec un plateau repas, jusqu'à ce que celui ci se brise sous la violence des coups. Cette bouffée délirante de haine l'envahit, au point de faire bourdonner ses oreilles. Son regard passait sur le visage parfait de Kara, s'arrêtant sur ses lèvres qui remuaient, sur son petit nez, cherchant le meilleur endroit pour provoquer le plus de dégâts. Elle voulait la frapper. Elle voulait la faire pleurer. Personne ne s'en prenait à elle.
Du moins, avant. Avec autant de férocité que l'aurait fait une gifle, Sunny réalisa soudainement ce qui se passait. Sa réputation ne suffisait plus. L'année dernière, elle s'était forgée une armure, elle était devenue inattaquable. Personne ne s'en prenait à elle, parce que tout le monde avait peur d'elle (en plus de la détester). Aujourd'hui, c'était terminé. Kara n'avait pas peur. Plus personne n'avait peur.

Lentement, Sunny baissa les yeux, et posa son plateau sur le bord du comptoir, avec des gestes mesurés. Elle avait fait tellement d'efforts, pour changer. Pour devenir une ado comme les autres, qui ne passerait plus son temps à fouiner, à chercher des secrets et à s'en servir pour faire du mal. C'était une frustration de tous les jours, mais elle tenait bon. Depuis quatre mois, depuis que les cours avaient repris, elle n'avait rien fait. Pas de photos compromettantes, pas de chantages, rien. L'ado typique, banale. Elle se supportait à peine, dans ce rôle, mais elle tenait bon. Et aujourd'hui, on lui renvoyait à la figure que non seulement elle était pire que ces pestes de Cheerios, mais que cela n'était plus une défense. Elle s'était affaiblie. Elle était devenue... une cible.
Hors de question. Sunny releva les yeux vers Kara, le visage fermé. Il ne s'était écoulée que quelques secondes, entre le moment où Kara avait enfin fini par la fermer, et le moment où Sunny vrillait son regard dans le sien. Mais elle ne pouvait plus jouer la comédie.

« Tes copines savent très bien ce qu'elles ont fait. » rétorqua-t-elle avec un regard entendu en direction des deux cheerleaders. « Permets-moi de te faire remarquer qu'avant que tu ne débarques, je faisais simplement la queue pour déjeuner. Contrairement à vous, je n'attaque pas sans raison, Sparks. » cracha-t-elle. « Admettons : je suis pire que vous. Et alors ? »
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MessageSujet: Re: 03. Hard out here for a bitch   Lun 17 Fév - 0:43

Kara Sparks avait grandi dans un environnement que d'aucun pourrait décrire comme légèrement hostile. Sa mère était une véritable tempête, capable de faire de véritables dégâts comme de simplement brasser de l'air et apprendre à anticiper et gérer ses réactions étaient devenus naturels chez ses filles. Qui elle-même ne manquaient pas de piment et étaient capables de se lancer dans des disputes furieuses, en particulier Mandy et little K. Et son père sortait parfois de sa torpeur alcoolisée pour s'en prendre à sa famille, dans un accès de colère incontrôlée. Aussi, la lycéenne ne manqua pas de voir les signes d'énervement qui commençaient à apparaître chez son interlocutrice. La jolie blonde semblait prête à exploser et à devenir physiquement violente. Ce qui, d'après ce qu'elle avait entendu sur elle, n'était pas particulièrement son genre. Voilà qui était intéressant... Mais Sunny avait plus de maîtrise d'elle-même que les Sparks et elle fit preuve d'un calme et d'une froideur presque plus inquiétants qu'un élan de violence ou des cris. La colère était un sentiment que Kara connaissait bien et de ce qu'elle savait de son adversaire, cette froideur était le signe de la vengeance inéluctable qui s'abattrait sur elle. Son ton était néanmoins assassin et, pendant un bref instant, sa réplique déconcerta la Cheerio. Elle ne s'était pas attendue à une admission. Elle imaginait la fière Palmer défendre son honneur de paria, crier qu'elle n'avait rien à voir avec les viles diablotins en mini-jupe contre qui elle semblait vouer une haine farouche. Mais K ne se laissa pas prendre au dépourvu et afficha un sourire suffisant, finalement divertie par la demoiselle qui commençait à se montrer digne de sa réputation. Mais, malheureusement pour elle, elle n'était pas Tiffany Stevens et n'était pas assez stupide pour laisser ses petits secrets la rattraper. Toutefois, elle aurait préféré ne pas avoir à provoquer Sunny et éviter de réveiller l'eau dormante.

Mais elle s'était déjà trop engagée et quitta à se lancer dans cette bataille qui n'était pas la sienne, autant le faire bien et en profiter un peu. Grâce à ses soeurs et à Louise, la jeune fille avait développé un certain talent pour la joute verbale et c'était bien la première fois qu'elle trouvait quelqu'un à McKinley qui titille vraiment son esprit vif et sa langue acérée. « Dis-toi que c'est le karma qui te rattrape pour tous les secrets que tu as exposé alors que tu n'en avais pas le droit. » Stevens méritait sans doute amplement son sort, mais nul doute que miss Palmer devait bien regretter sa langue bien pendue de temps en temps et qu'elle avait commis des erreurs regrettables. Parfois, les gens gardent des secrets pour de bonne raison et personne ne gagne rien à ce qu'il soit révélé au grand jour. Tablant sur l'ironie de la situation, elle ajouta « Ai donc la décence de ne pas faire semblant d'être une pseudo justicière, tu vois bien que ce n'est pas crédible et que nous n'agissons jamais que dans notre intérêt. Je suis sûre que c'est plus fort que toi, ça t'amuse de répandre des ragots, de ruiner la réputation des gens. Et ta chorale de losers ne te donne pas le même sentiment d'excitation je parie. » C'était largement spéculer sur ce qui poussait Sunny Palmer à se faire un mélange étrange entre Gossip Girl et Veronica Mars, mais cela semblait être une théorie solide. Et puis, mieux vaut être craint qu'être aimé.

Un sourire carnassier aux lèvres, elle se pencha un peu plus vers la blonde et glissa doucement, trop bas pour que les oreilles avides de Jill et Kathy puissent l'entrendre et rapporter ses propos à leur sergent major. « Et puis, tes talents pourraient être utilisés à de meilleures fins que colporter ce que tout le monde sait déjà sur des dindes comme ces deux là. » C'était une manoeuvre risquée, mais plus elle provoquait le dragon, plus Kara se disait qu'elle n'avait nullement envie d'arpenter les couloirs en se demandant quand le courroux de Palmer s'abattrait sur elle. Et elle ne perdait pas de vue son véritable objectif depuis qu'elle avait compris la manière dont fonctionnait cet endroit. Et peut-être qu'elle pouvait trouver une alliée inattendue chez cette fille. Après tout, elle était déjà parvenue à la surprendre et peut-être qu'attiser sa curiosité attirerait suffisamment son attention. Little K se redressa et lui lança un regard appuyé, accompagné d'une ombre de sourire avant d'ajouter pour le public qui commençait à les observer « J'espère que tu n'essayais pas d'épater la galerie hein, je crois que tu es à peu près aussi menaçante qu'un chihuahua. Et il semblerait que tu ai déjà abattu tes cartes, mais à part faire couler le mascara de Jill, je pense que ça n'aura pas beaucoup d'effets. » La provocation était plus suicidaire encore, mais elle ne pouvait pas risquer de faillir à sa mission aux yeux du reste de l'escouade de pompoms girls. Si Sunny arrivait à lire entre les lignes, la jeune fille pouvait espérer gagner largement au change. Mais si Stevens se montrait inlassablement insatisfaite, elle vivrait en larbin pour le reste de sa freshman year. Et Kara Sparks avait des plans beaucoup plus intéressants pour les mois à venir.
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MessageSujet: Re: 03. Hard out here for a bitch   Lun 17 Fév - 22:38

Oh comme elle avait envie de lui faire ravaler son sourire. De la gifler, de toutes ses forces. Elle avait envie d'imprimer ses doigts sur le visage parfait de cette poupée en jupe rouge. Puis elle lui attraperait les cheveux, tirant de toutes ses forces sur son immonde queue de cheval, et lui enfoncerait le visage dans cette part de gâteau au chocolat qui était la sienne, la sienne bon sang. Kara devait disparaître de ce lycée, de cette ville, de cette galaxie.
Étourdie par cette bouffée de rage, par cette envie dévorante de violence, Sunny était à deux doigts de craquer. Peu lui importait d'être exclue temporairement pour s'être battue. Et elle se fichait de récolter quelques coups au passage, ce qui ne manquerait pas d'arriver, vu la façon dont Kara se comportait en permanence. La Cheerios n'avait pas froid aux yeux, elle ne flancherait pas pour une simple gifle. Elle rendrait les coups. Non, il faudrait lui faire vraiment mal. Lui casser quelques dents, peut-être. La faire taire un bon coup. Peu importait les conséquences. Sunny ne voulait pas être une victime, une cible. Elle ne le supporterait pas.
Elle était pleinement consciente qu'elle ne valait pas mieux que les pires élèves de ce lycée. Elle avait déterrer des secrets soigneusement enfouis, s'en était allègrement servi pour faire du chantage. Elle avait brisé des réputations, des couples, elle avait mis à terre des élèves populaires. Elle avait fait vraiment beaucoup de mal. Et ne l'avait jamais regretté. La seule et unique fois où elle s'était dit qu'il était temps de changer, c'est en rencontrant Harper. Elle seule avait été en mesure de pousser Sunny à devenir moins... moins dure. Moins intrusive. Moins cruelle. Et tout ça pourquoi ? Pour se faire verbalement agresser par une pétasse en mini-jupe ? Tout ce qu'elle avait fait l'an dernier, tout ce qu'elle avait durement construit, avait disparu. Elle avait voulu devenir normale, elle l'était devenue. Tristement normale. Faible. Pathétique. Cette idée était insupportable, mais ce n'était pas la première fois qu'elle se sentait frustrée par cette situation. Elle n'avait pu que constater à quel point c'était difficile d'être normale. Pas quand on s'appelait Sunny Palmer, et qu'on était destinée à faire ce qu'elle savait faire le mieux : dénicher les secrets des gens. Elle savait qu'elle était faite pour ça, elle savait qu'elle le faisait mieux que personne dans cette fichue ville, et ce malgré son jeune âge. Elle deviendrait une grande journaliste. Encore meilleure que sa mère. Alors pourquoi s'obstinait-elle, depuis des mois, à vouloir agir comme une ado normale ? C'était ridicule. Kara avait raison. Sunny avait besoin d'être une fouine.

Elle ne voulait pas s'attarder sur ça. Elle ne pouvait pas. Que Kara ait raison était déjà trop déprimant, trop agaçant. Elle ne voulait pas se dire que tous ses efforts n'avaient servi à rien, qu'aujourd'hui elle était devenue quelqu'un qu'elle détestait, et qu'elle mourrait d'envie de faire ce pourquoi elle était faite. Son esprit bouillonnait. Son cœur battait la chamade. Et si elle se contentait de faire payer à Kara ses paroles ? Ce ne serait pas compliqué. Elle irait fouiller dans son dossier scolaire, trouverait tout ce qui concernait sa famille. Les petits détails sur ses parents, sur leurs compte en banque, leurs affaires personnelles, elle saurait tout. Et d'expérience, Sunny savait que tout le monde avait des secrets. Kara n'échappait pas à la règle. Sunny allait lui faire payer, elle allait trouver ce qu'elle cachait, peu importe ce que c'était. Elle la traquerait, la suivrait partout pour trouver le bon moment, et elle ferait de sa vie un enfer. Kara allait souffrir, peu importe les moyens.
Plutôt que de penser à tout ce dont elle était capable, à la façon dont elle s'étouffait elle-même, elle ferma les yeux et s'efforça de faire le vide en elle. Sinon, elle allait craquer. Et Kara se retrouverait avec une portion de carotte en salade sur la tête. Alors les pièces s’emboîtèrent dans son esprit. Et elle comprit que Kara, en plus d'être une idiote qui s'acharnait à vouloir être acceptée par les Cheerios, voulait faire d'elle... son alliée ?
« Ne me cherche pas trop Kara. Tu sais de quoi je suis capable. Sinon, tu ne me dirais pas ce genre de choses. » rétorqua-t-elle en insistant bien sur les derniers mots. Kara avait bien compris à qui elle avait à faire. Et Sunny avait compris ce qu'elle lui proposait. « Je pourrais bien te surprendre. Je suis capable de faire précisément ce que certaines personnes n'aimeraient pas que je fasse. » ajouta-t-elle. Kara était idiote. Et en même temps, assez maligne pour savoir choisir ses alliés. Sunny accepterait-elle ? Rien n'était moins sûr. Elle n'avait que moyennement apprécié d'être traitée de la sorte. La cheerleader ne s'en sortirait pas aussi facilement, et en constatant qu'autour d'elles, les gens s'attardaient pour les regarder et les écouter, Sunny se sentit encore plus furieuse. « Ce n'est pas comme ça que tu obtiendras ce que tu veux. » prévint-elle sombrement. Si Kara voulait que Sunny lui rende service, elle avait tout intérêt à ne pas trop tirer sur la corde. Et à éviter de piquer les parts de gâteaux au chocolat à celles qui en avait désespérément besoin.
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MessageSujet: Re: 03. Hard out here for a bitch   Ven 28 Fév - 2:34

Kara ne doutait pas que Sunny ai compris où elle voulait en venir. Ses propos le montraient, du moins le lui montraient et elle était loin de sous estimer l'intelligence de la pourtant très blonde demoiselle. Toutefois, la Cheerio n'était pas certaine de cerner la réaction de sa vis à vis. D'une part, elle semblait l'envoyer royalement sur les roses et se draper dans le peu de dignité qui lui restait pour faire face à l'adversité. Mais ses propos étaient suffisamment ambigus pour être lu de diverses façons. Et la journaliste le savait sans doute parfaitement, après tout, manier les mots était son domaine de prédilection. Elle avait donc l'intention de laisser Little K interpréter ses paroles comme bon lui semblait et tant pis pour elle si elle visait à côté. C'était bien vu en un sens et la pompom-girl ne pouvait pas exactement le lui reprocher au vu des circonstances. Bien sûr, elle s'agaçait légèrement de cette fille qui se croyait tellement plus maligne qu'elle avec ses paroles énigmatiques et ses airs menaçants. Mais malgré tout, la gamine affichait un éternel sourire arrogant, triturant la paille de son slusly sans lâcher la blondinette du regard. Même si cette fille pouvait lui être très utile et qu'elle n'avait nullement intérêt à se la mettre à dos - après tout elle savait effectivement très bien de quoi Sunny Palmer était capable - quelque chose chez elle lui donnait envie de grincer des dents. Peut-être était-ce la certitude qu'elle valait mieux que tout le reste du lycée qui transpirait du moindre de ses pores, alors que cette pauvre fille avait peiné à prendre la tête d'un misérable club de journalisme et chantait dans ce qui était indéniablement le glee club le plus minable de tout le Midwest. Même si ces deux là parvenaient à un accord, ce qui n'était pas si improbable finalement, nul doute que cela se ferait dans le sang et les larmes. Kara était prête. Elle avait dressé une liste des faiblesses que ses petits camarades pouvaient potentiellement mettre à jour et s'était dit qu'elle saurait supporter la plupart des affronts. La seule façon de la mettre vraiment en danger était d'exposer ses activités les moins innocentes, dont l'uniforme rouge et blanc qu'elle arborait fièrement au sein du lycée, à Louise. Ca, ce serait signer son arrêt de mort. Mais même Palmer n'était pas omnisciente et découvrir la menace que représentait Mama Sparks pour sa benjamine réclamait plus que des talents d'investigatrice. Il fallait déjà savoir où chercher et la lycéenne ne se confiant guère à ses pairs et sa chère mère ne fréquentant guère que l'Eglise et le supermarché, comme une bonne consommatrice américaine, le risque était minimal. Alors pourquoi Kara avait-elle passé à toute allure les diverses manières dont Sunny pourrait être amenée à découvrir son plus gros point faible?

Elle mâchonna donc sa paille, un sourire suffisant étirant ses traits enjôleurs. Son regard scanna discrètement la salle. La plupart des élèves les observaient depuis les tables, plongeant le nez dans leur assiette quand ils sentaient le regard perçant de la Cheerio se poser sur eux. Ceux qui étaient dans la file d'attente protestaient faiblement pour certains et se contentaient d'observer pour d'autres. Un footballeur avec qui la brune était en classe d'histoire avait même sorti son téléphone portable, espérant visiblement un combat de bouffe plus ou moins sexy à poster sur le net. Quel idiot. La jeune fille leva les yeux au ciel puis reporta son attention à ses deux acolytes. Toutes deux avaient des yeux de panda peu seyants et se confondaient en chuchotements très théâtraux et en regards assassins. Etrangement, plus à Sunny qu'entre elles. Qu'était-il advenu du vieil adage, don't shoot the messenger? Mais apparemment la loyauté de la mini-jupe pouvait survivre à toutes les bassesses. C'était presque attendrissant. En vérité, c'était dans ce genre de moments que Kara pouvait comprendre ceux qui vouaient une haine farouche à l'escouade de pompom-girls et les prenaient pour des écervelées finies. Mais ce n'était pas le moment de laisser son esprit indépendant s'éveiller. Un air mesquin sur le visage, la Cheerio ôta nonchalamment le couvercle en plastique, qu'elle jeta sur le plateau de la petite blonde. « Sunny Palmer, terreur des bacs à sable. Etayons la théorie. » Elle coula un regard vers Jill et Kathy et demanda d'un ton faussement innocent, tout en faisant tournoyer la glace pilée avec sa paille « Alors les filles, devrait-on oui ou non réinstaurer le rituel du slushy spécialement pour notre petite fouineuse en chef? » Son sourire de peste visé aux lèvres, elle bu quelques gorgées du froid breuvage puis ajouta à l'intention de Sunny « Framboise, j'espère que tu aimes. » Le silence se fit soudain pesant, les deux pimbêches ayant visiblement plus de bravache pour se répandre en ragots dans les vestiaires que pour s'en prendre véritablement à une pseudo légende de ce trou paumé. « Alors, verdict? »

Jill ouvrit ses lèvres tremblantes, visiblement prête à porter le coup final pour sauver ce qu'elle pouvait difficilement appeler son honneur, quand elle fut sauvée par le gong. Une voix qui se voulait apparemment masculine couina « Fais le ! » La queue de cheval de miss Sparks pivota à la vitesse de l'éclair et elle repéra bien vite le courageux, qui n'avait pas l'air aussi hardi maintenant qu'il était dans le champ de vision de la Cheerio. C'était à croire que cet endroit vivait pour le cliché. La grande gueule un peu garce venue du Sud, les pompom-girls stupides et lâches, la petite fouine aussi blonde que Veronica Mars et maintenant, le binoclard avec des bretelles, qui devait faire partie du club de maths ou d'échec, sinon le tableau n'aurait pas été parfait. Y voyant l'occasion parfaite d'asseoir sa réputation sans véritablement se frotter de trop près au contre-pouvoir de McKinley, elle fondit sur le pauvre diable en quelques enjambées rapides. « Ce n'est franchement pas sympathique, ou digne d'un gentleman de souhaiter le malheur des jeunes demoiselles. Je pense que tu as besoin d'une bonne leçon. Non? » Elle échangea un regard avec le loser le plus proche, tout aussi boutonneux que son ami, qui ne pipa pas un mot pour voler à la rescousse du bigleux. Et qui ne dit mot consent. « Fort bien alors. J'espère que tu te souviendras qu'on ne traite pas les filles comme ça la prochaine fois. Et remercie-moi, ça te fera une occasion de changer de chemise. » Et sans se défaire d'un vague sourire, elle vida l'énorme gobelet de glace pilée garnie de colorants rouge foncé sur la tête du jeune garçon. Quelques rires s'élevèrent dans l'assistance, la caméra du petit footballeur n'en avait pas perdu une miette et Kara tourna les talons sans une once de remords. Elle reprit sa place dans la file du self comme si de rien était et posa une assiette à l'allure douteuse sur son plateau, qu'elle agrémenta donc de salade et de quelques fruits et yaourts, histoire de pouvoir avaler quelque chose de comestible ce midi. Little K servit finalement un nouveau sourire à Sunny et lança tranquillement « Tu comptes te bouger de là maintenant ou je dois aller racheter un slushy? »
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MessageSujet: Re: 03. Hard out here for a bitch   Jeu 6 Mar - 23:46

Sunny ignorait quelle aurait pu être sa réaction si Kara l'avait prise pour cible. Le lancé de slushy était plus ou moins une tradition au sein de McKinley, et depuis son entrée au lycée, Sunny avait vu un nombre incalculable de gobelets en plastique voler dans les couloirs, leur contenu se répandant sur de pauvres élèves malchanceux, victimes d'une règle stupide qu'un élève populaire avait un jour imaginé. Elle y avait échappé, pendant plus de trois ans. Dabord parce qu'elle ne faisait pas partie des loosers, des geeks ou des gleeks. Ensuite parce qu'elle avait très tôt mis les points sur les i, faisant comprendre à tous qu'elle n'était pas une victime toute désignée. Elle était passée entre les mailles du filet, autrement dit, et lorsque Sue Sylvester avait repris les rennes du Glee Club, en début d'année, personne n'aurait eu l'idée de s'en prendre aux choristes, peu importe l'envie qui taraudait les élèves populaires.
Si Kara avait finalement choisie de s'exercer sur Sunny, les choses auraient pu dégénérer. Gravement. Sunny était à bout de nerf. Elle ne perdait pas souvent patience, très rarement en fait. C'était une condition essentielle quand on veut devenir journaliste, et qu'on passe son temps à se cacher pour obtenir de bonnes informations. Ces derniers temps, en revanche, elle avait du mal à rester calme. La fatigue y était pour beaucoup, et elle vivait beaucoup de désillusions depuis que l'année avait débuté. Depuis les vacances d'été, pour être honnête. La déception s'ajoutait à la frustration, et tout se mélangeait, la rendant irritable et prompte à s'emporter. Jamais elle n'avait fait preuve de violence. Son truc, c'était d'utiliser les mots. Pourtant, si Kara avait osé lui jeter ce gobelet...Sunny aurait cédé à la colère qu'elle sentait bouillonner en elle. Elle l'aurait peut-être regretté, après coup. Mais bon sang, quel soulagement ! La glace pilée n'aurait pas été suffisante pour calmer sa fureur, pour apaiser sa frustration. Sunny ne s'était jamais battue, mais après tout, donner des coups, ce n'est pas compliqué. Comme si la joue de Kara était spécialement conçue pour recevoir la main de Sunny. Ou comme si sa queue de cheval était conçue pour qu'on s'y agrippe et qu'on tire dessus frénétiquement. Comme ce serait drôle de pouvoir s'y balancer. Et Kara, savait-elle se battre ? A en juger par son talent pour les joutes verbales, elle n'en était pas son premier coup d'essai, et Sunny n'aurait pas été étonnée si Kara avait également su donner des coups de griffes.

Mais Kara décida de changer de cible, à la vitesse de l'éclair, et le contenu du gobelet atterrit finalement sur une autre tête que celle de Sunny, qui faillit relâcher un peu la pression. Pas de catfight aujourd'hui, en fin de compte. La journaliste en herbe détourna les yeux du triste spectacle qui s'offrait à elle, alors que l'élève recouvert de glace pilée battait des paupières sous les rires et les sifflements de la foule. Sunny eut une pensée pour lui, fugace, mais sincère. Il n'avait pas eu de chance, il aurait mieux fait de se taire, car alors Kara n'aurait pas reporté son attention sur lui, et se serait contenté de faire ce pourquoi elle était là : faire ses preuves. Ce qui s'était passé suffirait-il pour lui faire gravir ce précieux échelon ? Quelle autre mission allait-on lui confier avant qu'elle soit jugée digne de son uniforme ? Kara avait besoin des Cheerios, mais apparemment, elle avait également besoin de Sunny, sinon elle ne se serait pas empressée de choisir le premier venu à sa place. La moindre goutte de slushy sur la blonde chevelure de la journaliste, et Kara aurait pu faire une croix sur une éventuelle collaboration. La chance était du côté de la Cheerios.
Sunny ne réagit pas immédiatement à la dernière menace de Kara. Le regard toujours baissé, posé sur son plateau, elle serrait les dents, tendue à l'excès. Elle avait mal à la tête.
Finalement, elle délaissa la contemplation de son plateau -où ne trônait pas sa part de gâteau au chocolat, seule consolation de cette journée pourrie- et releva les yeux pour rencontrer ceux, suffisants et insolents, de Kara. « Je sens que je vais bien me marrer, le jour où tu auras besoin de moi. » lui souffla-t-elle. Son bras se tendit, et s'abbatit brutalement sur le plateau de Kathy -qui elle aussi passait une bien mauvaise journée- pour en faire tomber le contenu. Les couverts rebondirent au sol, tandis que les assiettes se brisaient en plusieurs morceaux, répandant leur contenu. Et la part de gâteau au chocolat suivit le même chemin, atterrissant sur les baskets blanches de la Cheerios. Ravalant sa fureur, qui la poussait à fondre sur Kara pour lui enfoncer les feuilles de la salade qu'elle avait choisie au fond de la gorge jusqu'à ce que mort s'en suive, Sunny tourna les talons, ses boucles blondes volant sur ses épaules, et d'un pas rapide elle se fraya un chemin à travers le self. Son visage n'exprimait qu'une chose. Il était temps pour Sunny Palmer de faire ce pourquoi elle était le plus douée : se venger.
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