Choriste du mois


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 03. [Gillespie's] Le bon, la belle et le truand

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MessageSujet: 03. [Gillespie's] Le bon, la belle et le truand   Mer 8 Jan - 0:44

Curieux ? Stupide ? Fainéant ? Robbie était un peu de tout cela en même temps. Tout d’abord, curieux. Après s’être retrouvé seul au Gramophone, il s’était empressé d’aller dans l’arrière-boutique du magasin pour attraper un CD et essayé d’apercevoir son reflet dans celui-ci. Il ne pouvait pas voir son visage en une seule fois, alors il se contenta de localiser son inspection sur la partie ou était son nez pour voir l’ampleur des dégâts. De toute façon, il n’y avait que son nez qui l’intéressait à ce moment. Il craignait le pire et avait vraiment peur de se voir complétement défiguré. Oui, il était au point au sujet des discours concernant la beauté intérieure et tout ce tralala, mais il fallait jouer franc jeu aussi. On avait beau dire ce qu’on voulait, on a plus souvent envie de connaitre quelqu’un qui est beau au premier abord, qu’un gars défiguré avec une patate à la place du nez. De plus, il était persuadé que sa beauté intérieure ne valait plus grand-chose ces derniers temps et que s’il voulait séduire une fille un jour, son apparence était son plus grand atout. Il ne pouvait pas se permettre de perdre cela. Et puis, il y avait bien une raison d’utiliser l’expression comme le nez au milieu de la figure lorsqu’on voulait parler de quelque chose de flagrant. Le moindre défaut dans cette partie du visage prenait une ampleur incroyable due à son emplacement. Ensuite, stupide : une fois s’être rendu compte que son nez, bien qu’un peu enflé, ne semblait pas si différent des autres jours, il se dirigea vers le petit frigo réservé aux employés du Gramophone pour y stocker leur repas et attrapa une poche de glace qu’il se mit immédiatement sur le nez. Il ne savait pas qui avait eu la brillante idée de la mettre ici, mais il faudrait qu’il mène son enquête et offre un cookie ou deux à celui ou celle qui y avait pensé. Malgré tout le scénario catastrophe d’opération et tout ce jargon chirurgical, Robbie était sûr qu’avec un peu de glace, son nez retrouverait son apparence normale en moins de temps qu’il ne le fallait pour le dire. Risque stupide considérant l’amour qu’il portait à son visage jusqu’alors parfait. Fainéant car malgré tout, il se rassurait comme il le pouvait. Il ne voulait pas prendre la peine de se rendre jusqu’à l’hôpital pour une urgence nasale, surtout que les urgences étaient réputées pour prendre plus de temps plus la situation était grave. « Vous avez un tournevis planté dans l’œil ? Très bien, patientez gentiment le temps que j’aille désinfecter la plaie de cet individu qui s’est coupé avec une feuille en papier en pleine séance d’origami. » De plus, il ne savait pas vraiment si cet incident pouvait être qualifié d’accident professionnel et n’avait aucun moyen de quitter le Gramophone maintenant. Il ne pouvait pas fermer le magasin prétextant seulement qu’un fou lui avait prédit que s’il n’agissait pas au plus vite, son nez tomberait de son visage.  Évidemment, si l’urgence avait vraiment été importante (si cela concernait Livia par exemple) il quitterait son poste en moins de temps qu’il n’en faudrait pour le dire. Mais là, ça n’en valait vraiment pas la peine. Et Enfin, courageux ? Robbie était un homme, un vrai et malgré tout, il était prêt à avoir l’air d’un boxeur juste pour montrer à Christabella que son ami était vraiment louche. Quoique cela lui coute, il préférait avoir un physique désagréable à vie plutôt que savoir Christabella avec cette brute. Sa décision était donc prise : pas de médecin ni d’hôpital, mais un compte à régler avec ce fameux Ezrael.

Bien heureusement pour lui, la journée n’avait pas été très chargée et il avait pu vaquer à ses occupations avec une main pressant la glace sur son nez, et l’autre s’agitant à arranger un rayon. Il se sépara de son amie la glace un instant lorsqu’un client qui ne semblait vraiment pas doué lui demanda de l’aide pour un choix de guitare. Enfin, un peu avant dix-sept heures, il remit la glace au frais et plia bagage. Direction : chez Christabella. L’avantage était que Christabella n’habitait pas loin de chez lui, du coup il n’aurait pas besoin de faire de grand détour pour rentrer plus tard. Avant tout, il devait aller récupérer Livia et elle serait donc témoin de toute cette histoire. Il se dirigea vers sa voiture car il ne voulait absolument pas être en retard et encore moins paraitre pour un lâche face à Ezrael. De base, il n’aimait pas être en retard surtout dans ce genre de situation. Malgré son avance, le trafic ralentit sa course finit par arriver à bon port juste à temps et ne fut pas déçu de voir qu’Ezrael l’y attendait déjà. Ezrael avait dû passer tout ce temps à essayer de se trouver des excuses. Le pauvre médecin ne semblait pas à l’aise, et Robbie se délectait déjà de ce qui allait arriver. Tous ses espoirs reposaient sur son argumentation et sur le jugement de Christabella désormais. S’il avait réussi à bien la cerner (et il était confiant sur ce point) Ezrael ne sortirait pas indemne de cette confrontation. Il avança dans le couloir en direction de l’autre jeune homme et sourit en pointant son nez. Je sais pas où tu en es dans tes études de médecine, mais n’hésite pas à me donner ton nom de famille pour que j’évite de te consulter quand je serais vraiment malade. En effet, avec la glace qu’il avait utilisée à intervalles réguliers tout au long de l’après-midi, son nez avait été anesthésié et maintenant Robbie ne sentait plus aucune douleur. Il n’était pas médecin, mais il savait gérer les petits bobos du quotidien malgré tout. Evidemment, une de ses narines avait un peu plus de mal que l’autre à faire passer l’air, mais ça ce n’était pas différent de la fois où Ryder l’avait frappé. Au moins, Ezrael était bon au bluff : il devait être redoutable au poker. Malheureusement, où heureusement, Robbie n’aurait jamais à le voir à l’œuvre car une fois cette histoire réglée, il ne comptait pas le revoir de sitôt. Livia dormait tranquillement dans son couffin : c’était l’effet que la voiture lui faisait. Christabella serait tellement ravie de la revoir et Robbie savait que ça ferait pencher la balance en sa faveur un tout petit peu.


Dernière édition par Robbie Shane Morgan le Dim 9 Fév - 16:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. [Gillespie's] Le bon, la belle et le truand   Dim 26 Jan - 13:17

Ezrael était sorti depuis une dizaine de minutes de ce magasin de musique de malheur. Il ruminait alors toute la scène qui s’y était passée, repassant chaque seconde encore et encore dans sa tête. Tout semblait si invraisemblable ; mais c’était pourtant bien réel. Il lui avait fallu avoir vingt-quatre ans pour se battre, ou du moins, donner un coup au visage à quelqu’un, et tout cela à cause d’une fille. Certes, elle n'était pas n’importe quelle fille, mais ça n’excusait en rien son geste. Il avait frappé un homme, nom de Dieu. Qui plus est un inconnu ! Et bien qu’il réalisait à présent, que ce geste était en fait une preuve de l’amour inconditionnel qu’il portait à Christabella, c’était la pire de toutes les manières par laquelle il aurait pu s’en rendre compte. Peut-être que ça aurait pu en séduire certaines, la violence, mais une fille de bonne famille telle que Christabella ne cautionnerait jamais ce genre de comportement. Même si celui-ci représentait la plus belle des déclarations d’amour qu’il soit (ce qu’il n’était même pas…), elle resterait sur ses positions, et Ezrael savait pertinemment qu’elle aurait raison. Il avait envie de disparaître six pieds sous terre à cet instant précis de sa vie. Qu’on l’enterre, qu’on le laisse réfléchir à ses actes et qu’il périsse !

Ah, ce qu’il pouvait s’en vouloir ! Si seulement il était entré dans ce magasin, et s’était expliqué calmement avec Boby La Pointe autour d’un café et de quelques biscuits secs ! Tels deux hommes civilisés. Mais quand il y pensait, c’était vraiment lui le pire des imbéciles ! Bobbie n’avait pas du tout riposté, lui. Un type qu’il ne connaissait ni d’Adam ni d’Eve venait le frapper, et il ne renvoyait même pas le coup. Qui avait un sang-froid aussi développé ? Ezrael se mettait à la place du vendeur, et il était absolument persuadé qu’à sa place, il aurait contre-attaqué. La violence n’aurait rien solutionné, mais c’était un peu naturel après tout ; le besoin de se défendre était avant tout physique. Beaucoup d’études le prouvaient, mais la plus sensée des méthodes restait néanmoins la discussion. Bobbie prenait soudainement beaucoup de sagesse aux yeux d’Ezrael, ce qui ne faisait qu’augmenter sa méprise et sa colère envers lui. Et un tantinet sa jalousie, aussi... Une nouvelle fois cette envie de frapper un mur lui prenait à la gorge. Il n’arrivait vraiment pas à se calmer convenablement. C’était pitoyable… Il était pitoyable !

Ezrael marchait sans même savoir où il allait. Il était beaucoup trop perdu dans ses pensées, et il était dans des quartiers qu’il ne connaissait plus aussi parfaitement qu’avant. Il savait vaguement où il était, mais les rues ne lui parlaient plus vraiment. Pourtant, il continuait d’avancer, errant sans but. Mais pourquoi le seul jour de congé qu’il avait cette semaine, le passait-il à commettre les pires conneries de sa vie ? N’avait-il pas suffisamment de soucis dans sa vie comme ça ? Visiblement non, il lui en fallait toujours plus ! Ô problèmes, quel plaisir de vous accueillir en masse dans ma vie (cette phrase mériterait un petit cœur en guise d’illustration…) ! Quand il y pensait, il avait cette impression d’avoir l’âge mental d’un adolescent de quatorze ans, et la capacité de réflexion d’une huître.

Peut-être une heure après être sorti du Gramophone - il ne savait pas vraiment -, Ezrael rentra chez lui. Il prit une douche très chaude, bien qui en ait déjà prit une en se levant, quelques heures plus tôt. En en sortant, il enfila un pantalon de jogging, un t-shirt blanc, un sweater gris et des baskets. Il empoigna son téléphone et son casque, et partit courir dans le parc à côté de chez lui. Il avait besoin de se défouler. Peut-être irait-il même à la salle de sport après, donner quelques coups à un sac de frappe, sur lequel il pourrait se défouler sans culpabiliser de trop. Dans tous les cas, il fallait qu’il trouve de quoi s’occuper le corps et l’esprit jusqu’à dix-sept heures trente ; moment de vérité où il devrait aller frapper à la porte de Christabella, avec humilité et dignité.

Après de longues heures de défoulement qui lui firent le plus grand bien, Ezrael se sentait exténué, mais surtout détendu, et c’était là le détail le plus important. Il rentra chez lui, et prit une nouvelle douche. Il s’habilla du mieux qu’il put, souhaitant faire bonne impression auprès de sa belle. Il se rasa de près, puis attrapa son flacon de parfum, et réalisa juste à temps qu’il n’allait pas à un rencard. Il reposa alors la bouteille en verre, décidant qu’il n’avait probablement pas besoin de draguer Bobbie… Finalement, il partit de chez lui vers dix-sept heures, souhaitant être à l’heure juste au rendez-vous, afin de ne surtout pas faire mauvaise figure devant son adversaire. Il n’avait pas intérêt à lui donner plus d’arguments contre lui, qu’il n’en avait déjà. Ezrael prit un bus, qu’il savait l’amènerait à bon port, et arriva cinq minutes avant l’heure qu’il avait convenu avec le blondinet.

Ezrael connaissait l’adresse de Christabella, bien qu’il ne soit jamais venu chez elle encore. Mais il ignorait cependant le code de l’entrée de l’immeuble, ni même dans quel appartement elle vivait, et les étiquettes qui indiquaient les noms ne précisaient pas celui de Christabella. Ceci dit, Ezrael préférait quasiment que les choses soient ainsi. Il redoutait véritablement le moment où il devrait se retrouver face à elle et lui avouer ce qu’il avait occasionné le matin même. Il se voyait déjà, penaud, lui expliquer ses gestes, tel un enfant de cinq ans s’excusant à sa mère d’avoir brisé le vase du salon. Il se tenait devant ce grand bâtiment d’un des quartiers les plus côtés de la ville, et tout prenait une allure officielle, autant dans sa tête que dans les faits. C’était indubitablement la fin d’une ère. Son anxiété était palpable : son cœur battait à mille à l’heure, ses mains devenaient moites, son estomac se tordait, formant comme un nœud au beau milieu de son thorax. Il avait envie de fuir, tout de suite. Il allait le faire. Il se tourna, descendit la seule marche qu’il avait gravie, et à l’instant même où il avait décidé qu’il ne voulait finalement pas affronter ses fautes, Bobbie venait d’apparaître. Il l’assénait de propos auquel il devait absolument répondre, au risque de passer pour un moins que rien. Mais il n’avait même pas envie de se battre. Il savait qu’il ne gagnerait pas, de toute manière. C’était peine perdue…
    « Tu n’as peut-être pas mal maintenant, mais ne t’inquiète pas, ça finira par arriver. Demain, la semaine prochaine, dans un mois, peut-être dans un an, tu finiras par souffrir le martyr ! Tu ne viendras pas te plaindre, je t’aurais prévenu… » répondit-il sans véritable conviction.


Il savait que Bobbie pensait qu’il bluffait, et il en avait tout à fait le droit. Mais lui-même savait qu’il avait raison. Un jour, il finirait par s’en apercevoir, et regretterait peut-être de ne pas avoir écouté l’abruti d’anglais qui l’avait frappé. Ce jour-là, bien qu’il n’en saurait très certainement jamais rien, Ezrael pourra tout de même être fier de pouvoir lui dire (sans vraiment lui dire, évidemment. Le concept n’est pas tout de suite très évident à comprendre, je l’admets…) sur un ton hautain et mauvais : « je t’avais prévenu, dumbass ! ».

À ce moment, Ezrael remarqua la présence de la gamine qu’il avait vue avec Christabella quelques jours plus tôt. Visiblement, c’était une petite fille, et elle avait sur son visage, un petit quelque chose qui la rendait divinement adorable. Impossible de détester un petit ange pareil. Il trouvait d’ailleurs étrange qu’un type pareil ait donné la moitié de ses gènes à une beauté telle que sa fille. La mère devait être sublime, pour contrebalancer l’ignominie du paternel.
    « Tu aurais raison de m’éviter si jamais tu es vraiment malade. Je pense étrangement que je serais dans l’incapacité à trouver le bon traitement, et à te laisser crever dans tes propres excréments… »


Ezrael savait qu’il devrait arrêter de proférer des insultes envers ce type, mais c’était plus fort que lui, son visage ne lui revenait pas… Incontrôlable ! Ho et puis, considérant où il en était rendu, plus rien ne changerait les choses. Christabella n’oserait plus jamais le regarder dans les yeux, il finirait par tomber en dépression, il se droguerait, s’ouvrirait les veines, et mourrait seul, dans sa baignoire… Quelle belle histoire !
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MessageSujet: Re: 03. [Gillespie's] Le bon, la belle et le truand   Ven 31 Jan - 17:31

Les jours se suivaient, mais ne se ressemblaient pas. Christabella savait s'organiser, pour ne pas se laisser déborder, bien sûr, mais également pour ne pas trop s'ennuyer. Depuis qu'elle n'étudiait que l'art du cinéma, elle avait nettement plus de temps libre que l'année dernière, pendant laquelle elle avait suivi deux cursus, dont un qui lui prenait toute son énergie puisque demandant bien plus de travail personnel. A présent qu'elle avait abandonné la génétique, elle ne passait plus tout son temps le nez plongée dans les livres, et c'était bien plus agréable. Plus épanouissant. Elle avait ainsi pu augmenter son nombre d'heures au cinéma, et pouvait trouver du temps à consacrer à la chorale -même si, ces derniers temps, elle n'était pas spécialement ravie lorsqu'elle devrait retrouver ses comparses choristes. Et elle avait même des heures de liberté où elle pouvait... ne rien faire.
Cependant, ce n'était pas dans la nature de Christa de rester trop inactive. La paresse était un défaut que sa mère combattait ardemment, à grands renforts de punitions et de corvées supplémentaires. Christa avait gardé l'habitude de ne pas se reposer sur ses lauriers, tant que tout n'était pas fait. Son appartement était un modèle de propreté, même si elle n'avait que peu de mérites, puisqu'elle vivait seule et était naturellement ordonnée. Alors, pour s'occuper, elle préparait de bons petits plats et des pâtisseries, qu'elle partageait ensuite avec les membres de l'Eglise qu'elle s'était remise à fréquenter, ou les pauvres âmes qui venaient à la LPA en quête de soutien et réconfort. Aujourd'hui, une délicieuse odeur de tartelettes au chocolat embaumait l'appartement.

Au moment où, en bas de son immeuble, Ezrael et Robbie arrivaient, Christa était occupée, son ordinateur portable sur les genoux, confortablement installée sur son divan, une tasse de thé à la main. Elle étudiait quelque chose qui lui plaisait énormément, et le semestre prochain, les étudiants de deuxième année allaient aborder la réalisation d'effets spéciaux sur ordinateur. Comment faire apparaître des flammes, là où il n'y a rien ? Ils avaient déjà étudiés la théorie, ils allaient pouvoir passer à la pratique. Pour cela, quoi de mieux que de voir des professionnels en action ? Pendant quelques mois, les élèves de ce cours partageraient leurs temps entre les cours, et un stage dans un studio de tournage. Faute de moyens, Christabella avait opté pour New-York, où elle passerait trois semaines entières à travailler au sein de des studios Silvercup. Cela allait lui coûter cher, mais elle n'en pouvait plus d'attendre Février. Elle ne comptait plus ses heures sup' au cinéma, afin de mettre de l'argent de côté. Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était de trouver un endroit où loger.
Alors qu'elle faisait défiler les annonces pour les appartements à N-Y, et qu'elle songeait vaguement qu'elle devrait peut-être vivre en colocation avec ses camarades de classe pour faire quelques économies, la sonnerie de l'interphone retentit. Sans quitter des yeux son écran, elle se redressa pour déposer sa tasse de thé sur la table basse, puis son ordinateur qu'elle délaissa enfin pour se lever. En appuyant sur le bouton de l'interphone, quelle ne fut pas sa surprise de voir apparaître sur le petit écran les visages en noir et blanc de Robbie et Ezrael. « Oh ! » lâcha-t-elle spontanément, un sourire illuminant son visage. «Montez, les garçons. » Et elle déverrouilla aussitôt la porte d'entrée de l'immeuble.

Un peu étonnée, Christa s'empressa d'aller remettre de l'eau à chauffer. Ezrael buvait du thé, en bon anglais, et elle venait justement d'acheter de l'Earl Grey. Par mesure de précaution, au cas où il n'aimerait pas ce thé, elle déposa sur la table basse le petit coffret en bois où elle gardait ses thés et infusions, puis elle sortit une nouvelle tasse. Quand à Robbie, elle savait qu'il aimait boire une bonne bière bien fraîche, et bien qu'elle-même ne boive pas, elle en gardait toujours un pack au frais, au cas où il lui rendrait visite. Depuis le jour où ils s'étaient croisés, un beau dimanche, alors que Christa sortait de l’Église et que Robbie promenait Livia, la jeune femme éprouvait une réelle sympathie pour le jeune père. Ils s'étaient confiés l'un à l'autre, et sans être les meilleurs amis du monde, Christa appréciait les quelques fois où ils se voyaient. L'affection qu'elle avait pour la petite Livia y était également pour quelque chose : Christa l'adorait. En jetant un coup d'oeil à la pendule murale, elle se dit qu'il était l'heure de gouter pour la petite fille, aussi sortit-elle, en plus de la biere, un de ses yaourts aux fruits spécial enfant, qu'elle préférait aux yaourts « d'adultes ». Et en parfaite maîtresse de maison, elle déposa quelques tartelettes sur une assiette, et se prépara ainsi à recevoir ses invités inattendus.

Lorsqu'elle ouvrit la porte, ce fut avec un grand sourire aux lèvres. A peine avait-elle pris le temps de vérifier qu'elle n'était pas trop débraillée, avec le sweat Oxford qu'Ezrael lui avait offert lors de sa première année d'études en Angleterre, et son jean. Puis elle prit conscience de l'ambiance tendue qui régnait sur le pas de sa porte. Deux visages renfrognés, fermés, ce qu'elle n'avait pas remarqué au premier abord en répondant à l'interphone. Son sourire disparut. « Heu, bonjour. » hasrda-t-elle. Son regard s'arrêta sur le nez de Robbie, qui virait au violet. Elle s’effaça pour laisser passer les deux jeunes hommes. « Qu'est-ce qui s'est passé ? »
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MessageSujet: Re: 03. [Gillespie's] Le bon, la belle et le truand   Dim 9 Fév - 20:06

Il écouta encore une fois Ezrael lui dire ô combien sa blessure lui ferait mal dans un futur proche, mais sérieusement, Robbie en avait marre d’entendre les mêmes choses à répétition. Ils auraient pu argumenter pendant des heures et des heures durant lesquelles Ezrael lui aurait détaillé tous les symptômes qu’il connaissait et Robbie aurait été obligé d’écouter et de le croire sur parole, n’ayant pas la moindre connaissance dans ce domaine. Du coup, il préféra faire comme si son interlocuteur ne disait rien et se rendit compte qu’il était plutôt doué pour faire abstraction des nuisances sonores externes. Fort heureusement pour lui, Christabella mis fin à son calvaire en répondant à son interphone et en leur ouvrant la porte. Robbie se dépêcha de passer en premier : manière détournée de montrer à Ezrael qu’il connaissait très bien le chemin menant à l’appartement de sa dulcinée et laissant sous-entendre qu’il y avait été à de nombreuse reprise. Ce qui n’était qu’un demi-mensonge puisqu’il avait en effet été dans cet appartement de nombreuse fois. Ce n’était cependant pas pour voir Christabella à l’époque. Il appela l’ascenseur et le temps que celui-ci atteigne le rez-de-chaussée sembla s’étendre à l’infini. Finalement les portes s’ouvrirent et une fois de plus Robbie y entra en premier, appuyant sur le bouton du neuvième étage et déposant Livia sur le sol. Comme s’il prenait l’ascenseur avec un parfait inconnu, il n’ouvrit pas la bouche une seule fois et sorti son téléphone pour voir l’heure qu’il était et par conséquent, le temps qu’il lui restait avant le prochain repas de Livia. Le voyage prit fin au neuvième étage, Robbie attrapa le couffin de Livia fermement et sortit de l’ascenseur dès que les portes furent ouvertes. Il avança d’un pas décidé vers la porte de Christabella, et se retourna vers Ezrael une dernière fois. Il avait envie de lui dire quelque chose qui aurait pu être sorti du meilleur western au monde, un peu une sorte de tu as fait tes dernières prières, mais se ravisa au dernier moment. Il frappa légèrement à la porte. J’espère que tu as une bonne plaidoirie, dit-il un sourire aux lèvres. Il remarqua à quel point son timing était parfait car la porte de chez Christabella s’ouvrit avant même qu’Ezrael ait le temps de rétorquer quoique ce soit. Il eut le temps de renfermé son visage avant que Christabella ne le voit et, toujours en avant par rapport à Ezrael, il fut le premier que leur hôte vit et Robbie remarqua l’instant précis où ses yeux se posèrent sur son nez. Salut. Oh ça ? Il passa l’index de sa main libre sur l’arrête de son nez et feint une grimace de douleur. On va tout expliquer. Ce qui suivrait allait être délectable.

Il passa devant Christabella et s’avança dans le salon sachant que les deux autres le suivraient. Une fois arrivé et ne laissant pas le temps à Ezrael de commencer à se justifier, il se retourna une nouvelle fois vers Christabella. Par contre, je suis désolé. Il désigna le couffin qu’il venait de poser sur le sol d’un geste du menton. J’ai pas pu la laisser chez Glenn plus longtemps, et elle s’est endormie dans la voiture. Peut-être qu’Ezrael ne le savait pas, mais là Robbie était en train de jouer son atout le plus fort : Livia. Et même si elle dormait pour le moment, il pouvait très bien la réveiller et détourner la conversation, si toutefois il se rendait compte qu’il était en train de perdre la bataille. Il ne voulait pas jouer au mauvais invité mais voulait prouver à Ezrael qu’il connaissait les lieux. Il espérait ainsi le mettre en rogne une nouvelle fois, sachant que maintenant et devant Christabella, il ne pouvait rien lui faire. Il s’assit donc sur un canapé du salon à l’opposé de là où était assise Christabella avant leur arrivé s’il se fiait à l’emplacement de son ordinateur et ouvrit le manteau de Livia pour lui enlever sans trop la remuer pour ne pas troubler son sommeil pour le moment. Il fallait qu’il joue intelligemment et qu’il suive minutieusement les étapes du plan qu’il avait monté dans son esprit tout au long de l’après-midi.

Il posa le manteau de Livia sur ses genoux et lança un regard machiavélique à Ezrael. Puis il reprit la parole. Tu ne croiras jamais ce qu’il m’est arrivé aujourd’hui au Gramophone Christabella. Il jaugea l’expression de son agresseur du coin de l’œil. Elle s’assit à l’endroit que Robbie lui avait attribué mentalement et vit qu’elle avait vraiment l’air intéressé. Mais Robbie savait que c’était une bonne hôte et qu’elle voudrait par conséquent s’assurer que les deux garçons soient à l’aise avant de commencer à papoter avec l’un d’entre eux. Surtout qu’ignorant les derniers évènements, elle n’avait aucun moyen de savoir que sa présence et celle d’Ezrael ici n’avaient rien d’une coïncidence. Oh, tu veux peut-être lui dire quelque chose avant que je raconte ma longue et ennuyeuse histoire, Ezrael ? Et ainsi commença le procès d’Ezrael. Le choix lui revenait : soit il commençait par se morfondre en disant à quel point il était désolé de ce qu’il avait fait, soit il laissait la parole à Robbie. S’il devait lui donner un conseil, ce qu’il ne ferait évidemment pas, il lui dirait de commencer à parler car s’il laissait Robbie s’en charger, il ne s’en sortirait pas grâce à de simples excuses. Il se sentait confiant, mais ne voulait pas pour autant trop le montrer. Evidemment, il se doutait que Christabella ne cautionnerait jamais le comportement de son ancien petit-ami, mais il ne connaissait rien de leur relation passée. Peut-être avaient-ils été si fusionnels que Robbie n’avait aucune chance face au médecin. Non, c’était impossible et il ne fallait pas qu’il commence à penser de la sorte s’il voulait sortir vainqueur.
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MessageSujet: Re: 03. [Gillespie's] Le bon, la belle et le truand   Lun 17 Mar - 12:14

Ezrael entra dans l’ascenseur à la suite de Bobbie. Chaque seconde qui passait le rapprochait dangereusement du moment fatidique où la vérité exploserait au visage pourtant si ravissant de Christabella. Il ne savait pas pourquoi il s’entêtait tant à vouloir à tout prix s’infliger un tel moment d’humiliation. Sa fierté devait vraiment arrêter de se sentir obliger de sortir le bout de son nez à tout-va, au risque de disparaître à tout jamais ! Il savait au fond de lui qu’il allait bien finir par devoir mettre son amour-propre de côté un moment durant cette entrevue avec sa belle, si convoitée. Mais il avait comme un soudain instinct animalier vivant et particulièrement sauvage, voire indomptable, en lui, qui lui hurlait que face à une femelle il ne fallait jamais, ô grand jamais, faire preuve de faiblesses, du moins, pas lorsque rude compétition il y avait. Cette après-midi-là, son esprit n’était tourné que vers ce besoin d’impressionner Christabella, et rien n’avait l’air plus important que cet objectif.

Ezrael était trop focalisé sur un moyen efficace d’arranger l’histoire de telle manière qu’il n’aurait pas été complètement dans son tort, pour se rendre compte par lui-même qu’il changeait véritablement d’avis comme de chemise. Entre jouer l’honnêteté, tout avouer et s’excuser mille fois à genoux en suppliant Dieu, être de mauvaise foi jusqu’à la moelle, ou encore s’enfuir en courant jusqu’au Nevada ; Ezrael était passé par tous les états de sincérité en sept heures de temps. Evidemment, sa bonne volonté et son amour profond pour Christabella lui ferait plutôt prendre la bonne décision : celle de jouer l’honnêteté et lui faire de plates excuses, mais la présence de Bobbie à ses côtés, l’en empêchait catégoriquement. Il allait passer pour un véritable abruti aux yeux du blondinet, mais il n’était plus vraiment à ça près. Il avait déjà perdu tout espoir de confiance venant de sa part, même dans un futur très, très lointain.

Au moment où la petite cage d’acier atteint le neuvième étage de l’immeuble, les portes s’ouvrirent et ils s’en extirpèrent, aboutissant directement devant la porte de l’appartement de Christabella. Robbie frappa trois fois sur celle-ci, et marmonna quelques mots concernant ‘la préparation de son écurie’, qu’il ne cerna pas totalement. Bien qu’il n’ait pas eu l’envie de le faire se répéter, Christabella ouvrit la porte à ce même instant, lui trouvant alors une parfaite excuse pour ne pas avoir à comprendre ce que les chevaux avaient à voir là-dedans. S’il avait voulu comparer le logement de Christabella à une écurie, d’une part Ezrael trouvait ça extrêmement impoli, surtout venant d’un ami, et c’était, d’autre part, très malvenu de sa part, étant lui-même clochard, et puis il trouvait ses propos très durs, sur le principe que, lui, était assez impressionné du bon goût qu’avait mis la jolie demoiselle dans son appartement. Pas impressionné dans le sens qu’il ne l’imaginait pas aussi raffinée dans ses goûts, loin de lui cette idée, mais plutôt sur le fait que son appartement était très bien agencé, et très accueillant, malgré sa décoration très classique. Son lieu de vie représentait à merveille la personne de Christabella : ordonné, accueillant, lumineux, très classique, sans fioriture. Un espace chaleureux, juste ce qu’il faut. Ezrael eut fini d’observer le salon de la jolie brune, et se tourna vers elle, ignorant complètement la troisième variable de cette équation. Il mima un sourire discret, plutôt synonyme de « je suis venu en paix. », parce qu’il voyait bien que Bobbie, lui par contre, avait usé de son sourire « je suis venu détruire ton ex devant tes yeux, et te montrer que JE suis le mâle dominant ! ». Et il n’avait pas utilisé que le sourire. Il jouait déjà ses cartes les plus fortes qu’étaient l’apitoiement sur son sort et son innocence quasi-malsaine. Dans tous les cas, Ezrael, qui n’avait en revanche pas beaucoup de cartes en sa faveur en main, allait devoir entrer dans la cour de justice, car son procès allait débuter et il n’était pas question qu’il soit jugé sans être présent.

    « Pour ma défense, cette histoire est un véritable quiproquo. » commença-t-il, en délimitant le cadre de cette histoire.

Il se souvint ce qu’on lui apprenait en cours de Sciences Humaines, où la majorité de ce qu’on lui avait appris résidait dans un concept très simple : vos argumentations doivent être organisées en un plan méthodique prévoyant une introduction, et respectant ensuite une trame telle que : constat-causes-conséquences. Il ne s’était jamais imaginé qu’il utiliserait ce principe dans un contexte différent de celui des SH, mais il pensa qu’il n’était pas complètement risqué de tenter le coup.
    « Je vous avais aperçu, il y a quelques jours de ça, toi avec la petite dans les bras. Je veux dire, je te connais plutôt bien, et je sais que c’est un peu dans tes aspirations d’avoir des enfants et un mari. Or, quand j’ai aperçu… Bobbie… avec toi, j’ai eu du mal à croire que tu ais choisi quelqu’un comme ça. Et surtout que tu ne m’en aies jamais parlé. Enfin tu vois, de là où je me trouvais, il n’y avait vraiment pas de doute à avoir : vous formiez une vraie petite famille. Sauf que quand je me disais que tu ne m’avais jamais parlé de cette histoire, j’ai tout de suite pensé que tu étais un peu… forcée dans cette relation. Tu vois, comme tu m’as racontée que tes parents t’avaient rejetée, que tu travailles au cinéma pour te faire un peu d’argent, que tu vis seule dans un si grand appartement, hé bien j’ai directement mis les pièces ensemble, et le puzzle s’est formé sans trop de difficultés dans ma tête ! Bobbie était un nécessiteux, qui avait besoin de papiers, et toi, dans ta générosité sans pareille, tu as accepté de l’épouser pour les lui procurer. Et puis bah une chose en amenant une autre, tu tombes enceinte. Tout collait ! Même le fait que tes parents te rejettent, simplement avec une autre hypothèse, j’admets. Alors voilà, quand je me suis trouvé devant le Gramophone, et que je l’ai aperçu, j’ai peut-être un peu perdu les pédales. Mais tu comprends, pour moi cet homme avait abusé de ta bonté, et mes nerfs n’ont pas supporté. Alors oui, c’est vrai, j’ai un peu pété les plombs, et je l’ai frappé, mais seulement dans l’idée de te protéger, rien de plus ! »

Ezrael avait très largement embelli l’histoire, faisant passer comme il le pouvait, Bobbie pour un vulgaire clochard, qui en plus, abusait de la magnanimité des bons-samaritains. Certes, ce fil de mensonges ne tiendrait pas complètement la route, et principalement lorsque Bobbie se mettrait à parler et à donner sa version de l’histoire. Mais il savait que Christabella saurait prendre un juste milieu, du moins, il l’espérait…
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MessageSujet: Re: 03. [Gillespie's] Le bon, la belle et le truand   Lun 24 Mar - 1:09

Avoir de la visite était toujours une vraie source de joie pour Christabella, qui passait énormément de temps seule. Si elle n'avait pas eu ses quelques heures au cinéma, et ses cours à l'OSU, elle n'aurait eu personne à qui parler -et encore, elle n'avait que peu d'amis à l'université, la majorité des étudiants de sa promo étant plus jeunes et nettement plus enclins à faire la fête qu'elle. Il n'y avait pas grand monde pour venir la voir, dans cet immense appartement, dans ce luxueux immeuble qui laissait supposer qu'elle avait un compte en banque bien garni -ce qui était loin d'être le cas. Cassandra ne venait jamais, de même que les autres membres de la chorale, et depuis que Timothy était parti lui aussi, le silence régnait en permanence. A dire vrai, Robbie et Ezrael représentaient ses deux seuls visiteurs, à peu de choses près. Le premier parce qu'elle avait tissé des liens amicaux qu'elle se plaisait à entretenir, appréciant le jeune homme, son caractère et même sa chevelure emmêlée ; le second parce que c'était Ezrael, tout simplement. Si l'interphone lui avait fait levé le nez de ses recherches, elle n'en était pas moins heureuse, bien que surprise de voir Robbie et Ezrael ensembles, sur le pas de sa porte. Mais après tout, peut-être avaient-ils juste décidés de venir la voir en même temps, tout simplement, prouvant ainsi que le hasard existait vraiment. Mais sa joie d'avoir de la visite fut rapidement douchée par cette drôle de sensation quand elle ouvrit la porte et découvrit les deux jeunes hommes, et l'expression qu'ils arboraient. Plus sombre que ça, et Dark Vador lui-même aurait pu en avaler sa cape.
Après les avoir invité à entrer, Christabella referma la porte derrière Ezrael, Robbie étant déjà dans le salon. Il connaissait les lieux comme sa poche, à présent. Dabord parce qu'il était de nombreuses fois venu pour voir Leah, ensuite parce qu'il lui était arrivé de simplement venir avec Livia. Habituée à voir le jeune homme dans son appartement, Christa ne s'en offusqua pas, et suivit le duo dans le salon. L'apparition presque magique de Livia suffisait à lui faire oublier le nez violacé, la mine sombre et l'ambiance tendue. Elle dépassa presque Ezrael pour se rapprocher du couffin, comme toujours attendrie par la petite fille qui dormait à poings fermés, et pour rassurer le jeune papa, elle lui adressa un hochement de tête, qui voulait dire qu'elle ne voyait absolument aucun inconvénient à la présence du petit bout de chou chez elle, bien au contraire.

Robbie aborda alors la raison qui l'avait amené ici, du moins le supposa-t-elle, et Christa se rassit devant son ordinateur, qu'elle referma d'un geste distrait avant de pencher la tête sur le côté, son regard allant de Robbie à Ezrael. Pourquoi avait-elle l'impression qu'ils se connaissaient avant d'arriver devant sa porte ?
Parce que c'était le cas, plus ou moins. Lorsque Robbie laissa la parole à Ezrael, Christabella put se concentrer sur lui, et sur ce qu'il disait, mais les mots qui franchissaient ses lèvres lui paraissaient incompréhensibles. Des enfants ? Un mari ? Une famille ? A mesure que la situation s'éclaircissait, Christabella affichait un air ébahi, et lorsqu'Ezrael s'arrêta -probablement pour reprendre son souffle, après un tel monologue- la jeune femme prit une inspiration, comme pour assimiler tout ce qu'elle venait d'entendre. « Robbie. Son prénom, c'est Robbie. » corrigea-t-elle par automatisme, en s'enfonçant dans son fauteuil.
Clairement, il y avait eu quiproquos, et pas uniquement concernant la relation qu'elle entretenait avec Robbie. Christa pouvait aisément comprendre qu'en la voyant, près du jeune père, avec Livia dans ses bras, Ezrael ait pu s'imaginer qu'elle ait trouvé quelqu'un, qu'elle ait fondé une famille. Ce genre de confusion pouvait arriver à n'importe qui, et elle ne lui en voulait pas de s'être trompé sur ce point. Au contraire, dans d'autres circonstances, elle aurait même pu en rire. Ce qu'elle trouvait nettement moins drôle, en revanche, c'était tout le reste. Elle ne savait même pas par où commencer. Qu'Ezrael s'imagine que son but dans la vie était de trouver un mari et de pondre des enfants ? Qu'il la juge incapable de refuser un mariage, alors qu'elle lui avait maintes fois prouvée qu'elle ne parvenait pas à rentrer dans le moule, à l'instar de ses sœurs ? Alors qu'il lui avait semblé, le jour où elle lui avait déclaré son amour, lui avoir donné la meilleure preuve qui soit. Il ne s'agissait pas de générosité mais de faiblesse, et de toute évidence, aux yeux d'Ezrael, elle était faible. Trop faible pour dire non au mariage, trop faible pour dire non à une relation sexuelle non désirée. Mortifiée, Christabella se sentit rougir, et elle baissa les yeux sur la moquette du salon.

« Je ne suis pas.. certaine de comprendre. » amorça-t-elle sans regarder ni Ezrael, ni Robbie. « Tu as frappé Robbie parce que.. quoi ? Tu croyais qu'il avait abusé de moi ? Ou bien tu l'as frappé parce que tu me crois incapable de me défendre si cela devait arriver ? J'ai l'impression que.. que tu me trouves.. trop stupide pour me débrouiller. » balbutia Christa en s'agitant sur le canapé. Elle finit par se lever d'un bond. « Je vais te chercher de la glace. » Et les joues toujours écarlates, elle fonça dans la cuisine, pour en revenir avec une petite poche de glace. Son instinct la poussa, pendant un instant, à materner Robbie, à poser délicatement la glace sur son nez, tout en lui maintenant doucement la tête de l'autre main, ses doigts dans les cheveux blonds du jeune homme. Et puis la situation actuelle la convainquit que ce n'était pas une bonne idée, et elle stoppa son geste, se contentant de tendre la poche à Robbie. « C'est tout ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle alors, sans savoir à qui elle s'adressait vraiment.
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MessageSujet: Re: 03. [Gillespie's] Le bon, la belle et le truand   Mer 14 Mai - 0:39

Christabella ne regarda pas une seule fois Robbie lorsqu’Ezrael raconta les faits de son point de vue. Clairement, son choix de vocabulaire témoignait de son envie de minimiser ce qui s’était passé un peu plus tôt. Le médecin savait qu’il était en tort et décida donc de commencer son récit par expliquer qu’il avait fait une erreur. Connaissant l’histoire qui s’était déroulée au Gramophone un peu plus tôt, il porta son attention à Livia qui commençait à s’agiter légèrement dans son lit de fortune, surement à cause de tout ce bruit de conversation autour d’elle. Il se courba et fit basculer son couffin pour la bercer pendant qu’Ezrael expliquait qu’il avait confondu Livia pour l’enfant de Christabella et que prit de rage, il avait décidé de s’en prendre à Robbie. Si tout cela n’avait pas fini (commencer à vrai dire) par un coup de poing, Robbie aurait pu s’amuser de l’idée que cet enfant soit le fruit de l’union entre deux personnes si différentes. Il ne prêta cependant pas plus d’attention à ce qui était dit, jusqu’à ce qu’il entende son nom de la bouche de Christabella, ce qui signifiait que l’autre énergumène de la pièce avait fini de parler. Soudain, tout redevenait intéressant. Il se redressa donc et continua de balancer Livia avec son pied tout en écoutant Christabella. Il savait qu’elle serait choquée de ce qu’Ezrael avait fait, mais il fut agréablement surpris de voir qu’elle ne lui en voulait pas pour le coup de poing mais plutôt pour l’avoir mal jugée. Au début, il avait voulu qu’elle s’énerve en prônant que la violence ne réglait jamais rien et tout ce genre de sermons, mais ce qu’il entendait était bien mieux. Il avait voulu qu’Ezarel passe pour un gars violent, mais à la place il était en train de passer pour un macho qui croyait qu’une femme avait absolument besoin d’un homme pour la défendre étant bien trop frêle pour s’en charger elle-même. Comme si Christabella était une demoiselle en détresse attendant que son chevalier vienne à son secours. Cependant, il n’osa pas interrompre Christabella, la laissant digérer ce qu’elle venait d’apprendre. Il regardait Ezrael assis face à Christabella et essaya de décrypter son expression : il était blanc comme un linge et semblait crispé. La situation était plaisante, mais il n’allait faire aucune remarque par respect envers son amie. Du coin de l’œil, il la vit se lever précipitamment du canapé et tourna la tête si vite qu’il manqua de se froisser un muscle dans le cou. Il n’avait pas eu le temps de voir son visage, il ne savait pas ce qu’elle comptait faire et se demanda un instant si elle voulait s’isoler pour intégrer tout ce qu’elle venait d’entendre. Il lança un regard plein de haine à Ezrael, encore un, et s’apprêta à se lever pour la suivre, quand elle leur fit savoir qu’elle allait chercher de la glace pour Robbie. Il reprit donc sa place initiale et attendit qu’elle revienne.

A son retour, elle se rassit à ses côtés, un peu plus prêt qu’avant et plaça la glace sur le nez de Robbie comme une infirmière l’aurait surement fait s’il s’était rendu à l’hôpital. Il lui souffla un merci qu’Ezrael ne pouvait pas entendre de sa place. En même temps, il se fichait bien de l’autre homme de la pièce à ce moment. Alors qu’elle aurait pu s’énerver contre lui, le chasser de chez lui, lui rendre une gifle ou n’importe quoi, Christabella avait décidé de s’occuper de Robbie avant tout. Les personnes qui auraient réagi de la sorte étaient bien assez peu nombreuses pour que Robbie soit reconnaissant. Il sentit une tension dans la main qui était enfouit dans ses cheveux et plaça instinctivement sa main sur la poche de glace, sachant que Christabella allait s’éloigner. Puis elle demanda si c’était tout ce qu’il s’était passé. Robbie ne savait pas vraiment si la question lui était destinée ou non, mais décida qu’Ezrael avait déjà dit assez de chose. Le pauvre, il devait se sentir bien mal à l’heure actuelle. Si seulement Robbie pouvait ressentir un peu de pitié pour lui… A part le fait qu’il m’ait salué par un coup de poing sans demander la moindre explication ? Je ne crois pas. Il fit mine de réfléchir un instant à la recherche d’un détail pour rendrait le cas d’Ezrael désespéré. Puis il pensa à quelque chose. Si Ezrael comptait vraiment pour Christabella, ce dont Robbie ne doutait pas, elle le prendrait vraiment mal. Il a utilisé tout un jargon médical pour essayer de se racheter de m’avoir cassé le nez, même si Robbie savait pertinemment que ce n’était pas casser, et comme tout bon médecin qui se respecte, ô ironie, il a proposé de me soigner si j’acceptais de garder ce petit incident entre nous. Il s’arrêta encore un instant, replaçant la poche de glace sur le haut de son nez et s’arrêtant de balancer Livia de son pied. Je crois qu’il a dit un truc comme quoi si tu apprenais tout cela, tu ne lui pardonnerais jamais et que ce serait comme s’il signait son arrêt de mort. Quelque chose comme ça non ? Il destina sa dernière question à Ezrael évidemment. Il prenait un malin plaisir à le descendre devant Christabella, mais en même temps, plus elle en apprenait, plus son amie semblait anéantie. Ce n’était vraiment pas ce qu’il voulait. Il ne voulait pas la blesser et la rendre triste. Elle ne méritait pas d’être déçue à cause d’un individu qui n’est pas capable d’avaler sa colère pour avoir une conversation civilisée. Il essaya donc de la rassurer un peu malgré tout, non pas pour faire une faveur à Ezrael, mais pour qu'elle se sente peut-être un peu moins coupable d'avoir été intégré dans ce quiproquo. Mais tu sais Christa, si j’en crois mon expérience, il ôta la poche de glace pour montrer son nez, ce n’est pas cassé.
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03. [Gillespie's] Le bon, la belle et le truand

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