Choriste du mois


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 03. Let me entertain you.

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MessageSujet: 03. Let me entertain you.   Jeu 9 Jan - 13:14

03. Let me entertain you.



Ses grands yeux verts scrutèrent son reflet dans le miroir et au bout de quelques secondes elle esquissa un sourire appréciatif : elle était prête. Enfin, presque. Attrapant son tube de rouge à lèvres sur le rebord du lavabo, elle le glissa dans la poche de son gilet avant de quitter la salle de bain. Ce soir-là, Candace avait un rendez-vous. Une première dans l’histoire de la cadette des McCarthy qui n’avait jamais pris la peine de ruiner ses éventuels amants au restaurant pour mieux les récompenser par la suite à l’abri des regards : audacieuse, l’adolescente attaquait généralement la récompense avant même de recevoir son invitation. C’était là toute la contradiction du personnage : elle aimait que l’on soit aux petits soins pour elle, mais appréciait encore plus être aux commandes et faire ce qui lui plaisait sans tenir compte des traditions. Cependant, tout ceci était à présent de l’histoire ancienne. Arrivée à McKinley quatre mois plus tôt, Candace avait fait de sa discrétion une priorité. Résistant à l’appel de la gente masculine sur laquelle elle ne s’interdisait pas pour autant de poser les yeux, elle était presque devenue l’adolescente modèle dont ses parents avaient toujours rêvé. Pas de scandale, pas de coucherie, et rien que de la sagesse –ou du moins, autant de sagesse qu’il pouvait en exister dans un esprit aussi dissipé. Elle s’était tenue à l’écart des garçons, se forçant à rester avec les filles de son nouveau lycée pour apaiser les soupçons de ses parents. Rejoignant le club de chasteté dès la première semaine, une condition que ses parents avaient immédiatement posée et à laquelle elle n’avait pu échapper, elle interprétait le rôle de la jeune ingénue innocente à merveille et s’était même découvert au fil des semaines un don pour la comédie. Ses parents n’y voyaient que du feu, une fois de plus, mais cette fois-ci ils n’étaient pas les seuls : ses petits camarades semblaient également s’être pris à son jeu, ce qui n’aurait pu la satisfaire davantage. Car sa discrétion était ce qui comptait le plus à présent : elle lui permettait de rester dans l’ombre tout en planifiant tranquillement ses prochaines actions. De toute évidence, elle n’avait pas encore fait une croix sur sa vraie nature ; cette dernière patientait simplement, désireuse de revenir avec triomphe sur le devant de la scène et ce dans les plus brefs délais.

Au bout de quatre mois toutefois, Candy avait décidé que la période d’observation devait toucher à sa fin, et maintenant qu’elle avait pris ses marques auprès de ses camarades et de son nouvel établissement scolaire elle avait une meilleure idée de ce qui l’attendait et des personnes qu’elle pourrait approcher sans éveiller une curiosité qui pourrait lui être néfaste. Elle avait ainsi décidé de passer à l’action et pour cela, l’aide de Silas lui avait été nécessaire : une fois de plus, il était son alibi pour la soirée. Pinçant les lèvres, la jeune McCarthy récupéra son sac à main sur son lit et quitta la chambre pour rejoindre celle de Silas. Frappant doucement à la porte, elle l’ouvrit avant même d’obtenir la réponse de son frère jumeau et sourit lorsqu’elle aperçut sa silhouette allongée sur le lit, un livre dissimulant son visage. Elle s’approcha doucement de lui et lorsqu’enfin il la vit, elle tapota doucement sur son poignet, indiquant sa montre. Fronçant les sourcils, le jeune homme jeta un coup d’œil à l’horloge posée sur sa table de chevet et ses yeux s’illuminèrent aussitôt. « Tu es prêt ? » Lui demanda Candy, un sourire espiègle jouant sur ses lèvres. Silas acquiesça et posa le livre sur les couvertures avant de se relever. Passant une main autour de ses épaules, il déposa un rapide baiser sur sa joue. « Evidemment, princesse ». Ils descendirent tous les deux jusqu’au rez-de-chaussée et attrapèrent leur manteau respectif. Aux yeux de Katherine et Gabriel McCarthy, les jumeaux étaient censés se retrouver tranquillement au Breadsticks avec des amis. Seulement, la vérité était toute autre : car si Candy se rendait bel et bien au Breadsticks, ce n’était pas avec son frère ni ses amis, mais le footballer avec qui elle avait rendez-vous. Silas, lui, se contentait de la conduire et d’aller au cinéma par la suite avec deux amis, avant de revenir la récupérer plus tard. Candace savait qu’elle ne risquait trop rien en faisant ça : progressivement ses parents recommençaient à lui faire confiance et ils ne viendraient jamais jusqu’au Breadsticks pour vérifier ses dires. De plus, Silas « était » avec elle, et ils ne craignaient rien venant de lui.

La voiture se gara devant le restaurant une quinzaine de minutes plus tard, et Candy attendit que Silas coupe le moteur avant de retirer sa ceinture et de se pencher vers lui afin de l’étreindre. Après quelques secondes, elle se dégagea de l’étreinte rassurante de son jumeau et esquissa un sourire. « Merci Sil ! Et ne m’oublie pas tout à l’heure » Ajouta-t-elle en fronçant les sourcils. L’adolescent répliqua qu’il n’en avait pas l’intention et rassurée, Candy sortit le tube de rouge à lèvres de la poche de son gilet et en appliqua doucement sur sa bouche, se servant du rétroviseur intérieur de la voiture pour s’aider. Une fois qu’elle eut terminé, elle remit le rétroviseur en place, lança un clin d’œil à son jumeau et sortit de la voiture, se dirigeant d’un pas conquérant vers le Breadsticks. A l’intérieur du restaurant, elle scruta la salle à la recherche de son « ami », mais ne l’aperçut nulle part. Il devait probablement être en retard. Haussant les épaules, elle choisit une table libre au hasard et s’installa derrière celle-ci. La lycéenne posa alors son sac à main à côté d’elle et ouvrant la fermeture éclair de ce dernier, elle en extirpa son téléphone portable. En un clic elle ralluma l’écran et vérifia sa boite de messagerie qui demeurait inexorablement vide. Elle était pourtant à l’heure : il était passé vingt heures.

Frustrée, elle posa son téléphone à côté d’elle et saisit la carte du menu pour se distraire. Ce Porter n’avait pas intérêt à lui poser un lapin. Cela faisait des semaines –depuis la rentrée, plus exactement- qu’il tentait de décrocher un rendez-vous avec elle. Elle avait longtemps résisté à cette proposition, la déclinant à plusieurs reprises, avant de finalement accepter lorsqu’elle avait jugé qu’il était temps pour elle de sortir de l’ombre. Or, le garçon avait le profil idéal pour l’aider à se familiariser avec les sommets de McKinley : footballer, il était dans l’équipe du lycée mais ne figurait pas pour autant parmi les élèves les plus populaires. Il était plutôt un mouton, se contentant de suivre les autres sans trop faire parler de lui. Pour être honnête, il n’avait pas l’air très intelligent ; après tout, ce n’était pas ce que Candace lui demandait. Il avait un sourire béat figé en permanence sur ses lèvres et son rire était plutôt agaçant, du genre à monter dans les aigus en un rien de temps, ce qui mettait singulièrement sa virilité en péril. Cependant, il était beau garçon et s’il était capable de se taire plus de trois minutes, les choses pouvaient s’avérer intéressantes. Soupirant à cette idée, Candy jeta un nouveau coup d’œil à son portable. 20h15, et l’idiot du village n’était toujours pas arrivé…
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MessageSujet: Re: 03. Let me entertain you.   Ven 10 Jan - 19:41

Ce n'était qu'au mois de décembre que Matteo avait décidé de se remettre enfin un peu à vivre. Le jeune homme avait eu quelques mois difficiles après le décès de sa mère. Il avait mis beaucoup de temps à s'adapter à sa nouvelle vie à Lima, bien différente de celle de New-York. Bien moins remplie surtout. L'avantage de la vie ici, était qu'il pouvait se lever le matin, et se demander ce qu'il allait faire de sa journée. Et bien qu'il n'y ait pas grand chose d'intéressant à faire, il fallait avouer que c'était plaisant de se sentir libre de pouvoir avoir le temps de faire ce dont il avait envie. Entre son emploi du temps New-Yorkais minuté et aménagé de sorte à ce qu'il puisse suivre ses cours, tourner les films, enchaîner les interviews, faire des séances de dédicaces, et encore toutes les activités que pouvait imaginer son manager pour maintenir sa carrière au top, et sa vie paisible à Lima, il n'y avait pas photo. La perspective d'avoir du temps pour lui, et uniquement pour lui, avait été drôlement étrange au début. La seule chose qu'il avait fait était rester sur son ordinateur, à regarder des séries et des vidéos sur youtube. Il aurait pu faire autre chose, mais il n'en avait pas l'idée, ni l'envie. Mais il avait fini par se rendre compte qu'il devenait un zombie. Cela lui avait fait mal d'ouvrir les yeux et de se rendre compte qu'il était le stéréotype parfait de l'adolescent en dépression, mais il s'en était rendu compte, c'était ce qui comptait. L'avantage, c'est que même si ses yeux avaient fini par le voir, ceux de ses camarades n'auraient jamais pu en avoir la moindre idée.

Tant qu'il y avait du monde avec lui, pour le distraire, lui faire penser à autre chose, il était juste un lycéen de base, souriant, dynamique, sociable. Il s'était même arrangé pour faire partie de l'équipe de football, pour être comme tout le monde. Il n'avait bien sûr au début pas pu éviter les grands yeux ronds de quelques cinéphiles, qui lui rappelaient qu'il n'était pas exactement un adolescent de base. Mais à présent, il faisait partie du décor, ou presque. Le quasi-anonymat était fort agréable. Il pouvait maintenant profiter pour être celui qui observe les gens, plutôt que celui qui est observé par les gens. Il pouvait se promener dans la rue sans que des dizaines de lycéennes aux hormones en ébullition ne viennent le harceler pour avoir un autographe ou pour faire une photo avec lui. Il pouvait aller au restaurant sans avoir la sensation d'être suivi ou sans que les conversations s'arrêtent sur son passage. Lima avait bien des avantages, de ce point de vue là. Et cela avait pour conséquence qu'il sortait beaucoup plus de chez lui maintenant que plus personne ne prêtait attention à lui.

Après l'entraînement de football de cet après-midi là, il avait décidé d'aller faire un tour chez le disquaire et avait acheté quelques albums sortis récemment pour remplir le range-CD qui trônait sur son bureau. Marge et Murphy n'aimaient pas trop qu'il écoute la musique à un volume inconsidéré. Mais cela faisait bien rire Kayla de voir sa mère pester, et elle lui disait de surtout ne pas baisser le volume, alors évidemment, il ne baissait pas le volume, et ils riaient ensemble. Mais pas trop souvent quand même, Matteo était tout de même respectueux de ceux qui l'hébergeaient. Après avoir écouté le deuxième album qu'il venait de se procurer, il éteint la chaîne hi-fi en soupirant. Sa cousine n'était sans doute pas prête pour leur sortie au Breadsticks suivi du visionnage d'un film au cinéma. Il sortit dans le couloir et hésita quelques secondes avant de frapper à la porte.
- Bon Kay', t'es bientôt prête ?

La réponse ne se fit pas attendre puisque cette dernière ouvrit immédiatement la porte, tout sourire. Elle était pour une fois, prête à l'heure. Elle avait pourtant du passer du temps à se maquiller et à se coiffer. Comment cela était-il possible qu'elle soit prête ? Peut-être s'était-elle améliorée et avait augmenté sa vitesse de préparation.
- Ben dis-donc, c'est du rapide ! On y va ?

Sans attendre la réponse, il traîna sa cousine jusqu'au rez-de-chaussée, et ils sortirent tous deux à l'extérieur. La rue était légèrement embrumée et chacun de leur souffle créait un nuage de fumée. Il faisait trop froid pour discuter. Et les deux adolescents n'avaient pas grand chose à se dire, ils se connaissaient tellement bien que les mots n'étaient pas nécessaire pour savoir que les deux partageaient la même excitation à l'idée de cette soirée. Ils étaient arrivés à cent mètres du Breadsticks lorsque la sonnerie du téléphone de Kayla retentit.
- Hey ! Oui ça va, et toi ? ... euh non pas du tout. Enfin je devais aller au Breadsticks et au cinoche avec Matteo. Mais je... Hein quoi ? Attends j'arrive !

Matteo observa sa cousine appuyer sur la touche raccrocher, en levant un sourcil interrogateur. Celle-ci afficha immédiatement une moue boudeuse et se mordit la lèvre. C'était la même tête qu'elle avait lorsqu'elle avait peur de décevoir quelqu'un.
- Maddie a... un gros problème. Je peux pas te dire ce que c'est, mais je pense qu'elle a besoin de moi là. Je suis vraiment désolée Matt', je peux pas la laisser comme ça. On ira au Breadsticks une autre fois promis.

Le jeune homme leva les yeux au ciel. Il comprenait parfaitement que la meilleure amie de sa cousine puisse avoir des problèmes, mais il était tout de même déçu de voir cette soirée compromise. Surtout arrivé si près du restaurant. Il n'avait pas fait toute ce chemin dans le froid pour rien.
- C'est pas grave, vas-y, elle a besoin de toi ! Par contre, moi je vais quand même sortir hein. Tant qu'à être venu jusque là, autant que ça soit utile.

Sa cousine l'étreignit avant de déguerpir au pas de course dans la direction de laquelle ils venaient. Il expira un bon coup et reprit sa route tranquillement. La perspective de manger seul n'avait pas grand attrait mais les fameux breadsticks du Breadsticks étaient drôlement bons, et cela compensait presque le fait que sa cousine ne soit pas à ses côtés. Il poussa la porte du restaurant et entra. Il commença à passer devant toutes les tables pour en trouver une qui soit libre, mais cela semblait peine perdue. Il était presque arrivé aux dernières quand il repéra Candace McCarthy assise seule à une table. Matteo avait pris l'initiative d'aller discuter avec elle une fois dans les couloirs et il se souvenait qu'elle était souriante et drôle. Sauf que là, c'était surtout une expression renfrognée que semblait arborer son visage. Une idée traversa l'esprit du jeune homme. Il détourna le regard pour vérifier que toutes les tables étaient occupées, avant de se diriger vers la table de la lycéenne. Il s'arrêta à un mètre de celle-ci.
- Hey ! Tu manges toute seule ?

Il devina à la tête de Candace que la réponse était affirmative, et enchaîna :
- Je peux peut-être manger avec toi ? Y a plus trop de place ailleurs, dit-il avec un sourire en désignant le reste de la salle du menton.

En attendant de savoir s'il pouvait manger avec elle, il s'assit en face d'elle. Il n'allait pas non plus rester des heures debout au milieu de l'allée. Mais si elle ne souhaitait pas qu'il mange en sa compagnie, il partirait, et attendrait qu'une table se libère ou trouverait un autre endroit pour manger. Il la regarda droit dans les yeux.
- T'as pas l'air très en forme, dis-donc, déclara-t-il, une expression perplexe sur visage.
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MessageSujet: Re: 03. Let me entertain you.   Ven 17 Jan - 13:10

Au fil des minutes le regard de Candace se rembrunit, seule une lueur de colère perçant encore l’obscurité de ses pupilles. Trois hypothèses s’offraient à elle : soit Porter était en retard, soit il avait délibérément zappé le rendez-vous, soit il l’avait oubliée. Hm, à bien y réfléchir, il n’y avait véritablement de la place que pour deux hypothèses, Candace n’étant pas du genre à se faire oublier. A Norfolk, c’était tout juste si les garçons ne se bousculaient pas pour obtenir un rendez-vous avec la capitaine des cheerios du lycée ; et si la réputation de l’adolescente était alors sulfureuse, elle était également connue pour ne pas accepter de sortir avec n’importe qui.  En vérité, seuls les sportifs l’intéressaient véritablement, en plus d’une poignée de lycéens canons faisant office d’exceptions. C’était l’avantage d’être la reine du lycée : pouvoir jouer les difficiles et exclure les geeks de sa sélection sans une once de remords. Elle avait carte blanche. L’image avait beau être paralysée dans un stéréotype que les cinéastes s’évertuaient à contredire dans leurs films à l’eau de rose mettant en scène la capitaine des cheerleaders avec le plus geek des lycéens, il n’en demeurait pas moins qu’elle représentait la réalité, ou du moins sa réalité, celle qu’elle avait expérimentée en Virginie. Candy n’avait jamais eu aucune honte à clamer son attirance pour les beaux garçons au lycée : il suffisait de connaitre ses fréquentations pour savoir qu’elle attachait une importance toute particulière au choix de son entourage. Ses amis étaient tous des fils et filles de, des personnes de caractère ou des sportifs. Quiconque ne correspondait pas à cette description était automatiquement exclu de son cercle, ce n’était pas plus difficile que ça. Et quand on était aussi persévérant que Candace McCarthy, autant dire que prononcer le mot « non » n’était pas un problème.

A Lima, Candace avait bien l’intention de répéter le même schéma, le seul qu’elle ait jamais connu. En dépit des suspicions récurrentes de ses parents et des bonnes résolutions prises au début de l’année scolaire, elle ne parvenait pas véritablement à faire une croix sur l’équipe des cheerios ni sur ses désirs, et s’était finalement faite une raison : malgré tout ce qui avait bien pu se passer à Norfolk, elle était toujours cette lycéenne un brin rebelle en quête d’aventures. Arpenter les couloirs de McKinley dans l’ombre des plus populaires n’était vraiment pas fait pour elle, elle ressentait le besoin irrémédiable d’être sous le feu des projecteurs et d’établir ses propres règles. La seule chose qui l’empêchait encore de prendre les rênes de McKinley était son appartenance au club de chasteté, dont elle ne pouvait malheureusement pas se défaire si elle souhaitait rester dans les bonnes grâces de ses parents. Or, être perçue comme la plus chaste des adolescentes n’était pas ce qui lui permettrait d’accéder à l’équipe des cheerios, bien au contraire ; cela ne faisait qu’écorner sa crédibilité auprès des sportives en mini-jupe. Elle devait donc trouver une autre alternative, et après avoir retourné le problème dans tous les sens dans son esprit elle en était arrivée à la conclusion que pour contourner sa réputation de sainte, elle devait convaincre les garçons de McKinley qu’elle n’avait rien d’une vierge et qu’elle n’était en aucun cas similaire aux filles qu’elle fréquentait au celibacy club. L’abstinence n’était pas pour elle ; elle voulait de l’action, toujours de l’action, rien que de l’action. Porter était ainsi sa toute première victime… du moins était-il censé l’être avant qu’il ne décide de la planter là. Fronçant les sourcils, l’adolescente jeta un nouveau coup d’œil à son portable. Elle patientait depuis très exactement seize minutes, et le grand blond n’était toujours pas arrivé. Glissant son index sur l’écran de son téléphone, elle l’éteignit et décida qu’elle attendrait encore quatre minutes avant de laisser tomber l’affaire.

Posant son regard sombre sur le menu, elle l’examina à nouveau, feignant l’intérêt. Un rire éclata alors devant elle et, haussant les sourcils, elle abaissa le menu et dévisagea les trois filles assises un peu plus loin qui la désignaient du doigt ; sa situation avait au moins le mérite d’amuser les clients de ce restaurant. Remarquant leur tenue, elle en conclut qu’elles ne faisaient pas partie de l’équipe de cheerleaders de McKinley et se permit de leur lancer un regard noir avant d’hisser le menu devant ses yeux afin de ne plus croiser leurs regards. Porter allait lui payer cette humiliation ! Rallumant l’écran du téléphone, elle constata qu’il ne restait plus que deux minutes au compte à rebours qu’elle avait établi et poussa un long soupir lorsqu’une voix masculine se fit soudain entendre. Relevant immédiatement le menton, elle tourna légèrement le visage et son regard croisa celui de l’adolescent se tenant debout, à côté de sa table. Ce n’était pas Porter, mais plutôt un lycéen qu’elle avait déjà croisé à McKinley… Matteo si ses souvenirs étaient bons. Il était déjà venu discuter avec elle au lycée, et sa veste de footballer avait immédiatement retenu l’attention de la jeune fille. Son regard s’illumina instantanément et elle esquissa un petit sourire. « Eh bien, ce n’était pas ce qui était prévu à la base mais j’imagine que c’est le cas maintenant » Répliqua-t-elle sur un ton qui laissait transparaitre l’agacement qu’elle éprouvait à l’égard de ce fichu footballer qui avait osé lui poser un lapin.

A peine sa phrase terminée, le garçon lui demanda spontanément s’il pouvait l’accompagner et avant même qu’elle n’ait le temps de répondre, il était déjà installé face à elle, un grand sourire étirant ses lèvres. Si ça, ce n’était pas de l’enthousiasme… Partagée entre l’incrédulité et la sympathie que lui inspirait son camarade de McKinley, elle se contenta d’hausser les épaules. « Ouais, si tu veux » Fit-elle tandis que son regard détaillait l’apparence de Matteo avec expertise. Sur sa veste était tissé le blason de l’équipe de football de McKinley, et elle sourit en pensant qu’elle était quand même parvenue à attirer un footballer ce soir-là. Ses grands yeux gris étaient teintés de malice et ses cheveux châtains en bataille lui rappelèrent ceux de Silas lorsqu’il débarquait dans la salle à manger pour le petit-déjeuner, les yeux encore gonflés de sommeil. Satisfaite par son analyse, Candy reposa le menu sur la table la séparant de l’adolescent et s’adossa contre le dossier de la banquette. Matteo remarqua qu’elle n’avait pas l’air en forme et elle haussa un sourcil. « Tu connais Porter Davis ? Il est dans l’équipe de football lui aussi. J’étais censée diner avec lui mais je crois qu’il m’a oubliée ». Levant les yeux au ciel, excédée à l’idée même d’avouer l’inavouable, elle soupira longuement et résista à l’envie de l’insulter de crétin face à Matteo, ne connaissant pas la nature des relations entre les deux footballers. Posant à nouveau son regard sur l’adolescent, elle aperçut dans son champ de vision les lycéennes installées un peu plus loin et esquissa un sourire alors qu’une idée germait dans son esprit. Se levant subitement de la banquette, elle contourna la table et vint s’installer à côté de Matteo. Sans prévenir, elle déposa un baiser sur sa joue et ses lèvres se dirigèrent vers son oreille avant de se figer à quelques millimètres de celle-ci. « Ça te dérangerait de passer ton bras autour de mes épaules ? » Chuchota-t-elle à son oreille. « Les filles installées derrière toi me reluquent depuis tout à l’heure, elles doivent être de mèche avec Davis. Or, j’aimerais bien leur donner une petite leçon histoire de leur clouer le bec… ». Reculant de quelques centimètres, elle coula un regard à Matteo, guettant sa réaction.
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MessageSujet: Re: 03. Let me entertain you.   Ven 17 Jan - 19:09

Matteo avait toujours pensé que dans la vie, les choses arrivaient lorsqu'elles devaient arriver, et que le destin envoyait parfois des signes. Peut-être que si Kayla avait du aller aider sa meilleure amie ce soir, le destin voulait que lui se retrouve seul au Breadsticks et qu'il tienne compagnie à Candace. Il n'aimait pas l'idée que quelqu'un puisse ne pas être en forme ou de bonne humeur. A présent qu'il s'était rendu compte de son zombisme affirmé, il tenait à ce que chacun puisse éviter les problèmes de la vie. Il allait donc faire en sorte d'aider sa camarade de McKinley à faire passer sa mauvaise humeur. En somme, ça serait sa bonne action de la journée. En plus, c'était exactement le genre de personne à qui il pouvait faire plaisir sans mettre en péril quoi que ce soit de sa bonne réputation acquise à McKinley. Bon, son métier avait bien entendu fait en sorte qu'il ne pouvait de base pas être trop en bas de l'échelle sociale, mais le fait d'être footballeur par dessus le marché n'avait pu qu'être un plus, et aider une jolie fille comme Candace ne pourrait absolument pas lui nuire. Ce n'était pas comme si elle faisait partie du Glee Club ou du club de chasteté. Enfin, si elle en faisait partie, elle n'en avait absolument pas la tête. Il était d'ailleurs étonné que celle-ci ne soit pas cheerleader. Et même si il ne l'avouerait pas comme ça, il aimait bien voir des jolies filles en uniforme.

Et si il était lui, respectueux des demoiselles et s'empêchait parfois des reluquer de haut en bas, ce n'était pas le cas de tous ces camarades. Porter Davis était l'exemple-même de l'irrespect. En y réfléchissant, Matteo avait bien entendu quelque chose dans les vestiaires sur une fille qu'il allait inviter à dîner et à qui il allait poser un lapin. Enfin il l'avait juste entendu, et n'avait pas participé à la conversation. Parler à un gars comme Davis n'avait rien d'intéressant, il n'avait pas de conversation, et les seules choses qui pouvaient éventuellement mettre son personnage en valeur était son sourire. Rien de plus. Et son irrespect pour la gente féminine ne faisait que ternir le tableau que se faisait Matteo de lui. Après l'entraînement, le jeune homme n'avait pas pris la peine d'écouter les planifications machiavéliques de son coéquipier, mais il aurait peut-être du. Il avait cru entendre que c'était à une fille du club de chasteté que celui-ci allait poser un lapin, pas à Candace McCarthy. Il ne valait mieux pas se mêler des affaires des autres footballeurs lorsqu'ils s'en prenaient à des membres à un emplacement inférieur de la hiérarchie sociale. S'il avait su qui concernait vraiment cette idée, il l'aurait sans doute prévenue. Mais il ne pouvait à présent qu'essayer d'arranger les choses. Il s'installa plus confortablement sur la banquette et attrapa un menu posé sur la table avant de répondre à sa nouvelle compagne de repas.
- Ce type est un crétin. Et je ne pense pas qu'il t'ai oublié. Soit il en disait trop, soit il n'en disait pas assez, et après tout, la lycéenne méritait sans doute une explication. Il me semble avoir entendu qu'il allait faire exprès d'inviter une fille du club de chasteté au Breadsticks et de lui poser un lapin. Qui aurait pu se douter que c'était de toi qu'il parlait ? Enfin, je te vois mal au club de chasteté.

Voilà qu'en tentant d'expliquer les choses il commettait une boulette. Il ne voulait absolument pas insinuer qu'elle était impure ou quoi que ce soit.
- Enfin je veux dire, tu ne peux pas faire partie de ces filles. T'as pas de grosses lunettes loupes ni d'appareil dentaire, ni quoi que ce soit qui pourrait te dévaloriser. Je suis sûr que les filles qui font partie de ce club y vont juste parce que c'est plus simple pour elle de se vanter de leur chasteté plutôt que de s'admettre à elles-même qu'elles n'intéressent personne.

Il ne voulait pas être méchant avec toutes ces filles en disant cela, il savait très bien à quel point ça pouvait être dur d'être complexé par son physique. Il avait côtoyé bien trop de filles sur les plateaux de tournages qui préféraient rester derrière la caméra parce qu'elles n'osaient pas se lancer dans une carrière d'actrice en pensant qu'elles étaient repoussantes. C'était triste. Il n'aimait pas critiquer le physique des gens, mais il fallait bien admettre que s'il devait se retourner sur quelqu'un dans un couloirs, ce ne serait sans doute pas sur une de ces filles. Or, lorsqu'il releva les yeux et détailla le visage de celle qui était assise en face de lui, il se rendit encore une fois compte que celle-ci serait bien plus du genre de celles sur qui un footballeur pouvait se retourner dans un couloir. Cependant, il fut surpris lorsque celle-ci vint s'asseoir à côté de lui plutôt que de rester en face. Cela lui avait toujours fait bizarre quand un côté d'une table restait vide, même s'il savait que cela était parfaitement stupide. Cependant, cette surprise fut moindre comparée à celle du baiser qu'elle venait de déposer sur sa joue. Il fronça les sourcils de façon imperceptible pendant même pas une seconde, mais en acteur bien entraîné, il lui répondit aussitôt par un sourire, même s'il n'avait pas vraiment compris l'intention derrière le geste. Enfin, il n'eut pas longtemps à attendre pour avoir une réponse à ses interrogations intérieures. Il jeta un coup d’œil aux langues de vipères assises quelques tables plus loin et approcha à son tour la bouche de l'oreille de Candace.
- Pas de souci, je suis pas acteur pour rien, et ça fait longtemps que je ne suis pas rentré dans un rôle, haha murmura-t-il doucement avec un sourire malicieux qu'il assortit léger rire.

Il lui passa donc le bras autour de l'épaule. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti protecteur. Car oui, il se sentait comme un protecteur lorsqu'il passait un bras autour de l'épaule d'une fille, et ce n'était pas quelque chose de désagréable. Pour parfaire le jeu, il posa à son tour un bisou sur la joue de Candace avant de lui glisser à nouveau quelque chose à l'oreille.
- Et t'as raison, ces filles auraient bien besoin d'une bonne leçon. Ce n'est pas parce qu'elles sont cheerleaders qu'elles doivent se croire mieux que tout le monde et rire des déconvenues des autres.

Porter aussi aurait bien besoin d'une bonne leçon. Il ne fallait pas jouer avec les filles comme ça, qu'elles fassent partie du club de chasteté, des geeks, du club de cuisine ou de peu importe quel autre club. Cependant, comment lui faire comprendre son erreur ? Il avait sans doute espéré blesser la jeune femme en lui posant un lapin. Faire des mauvais coups aux autres dans le but de voir leur réaction, leurs larmes, était un passe-temps de choix dans le milieu des gens populaires. Alors ce qui pourrait le plus décevoir le coéquipier de Matteo, ça serait de voir qu'elle avait finalement très bien pris son absence et qu'elle s'amusait même un peu. Une idée germa dans l'esprit du jeune homme.
- Porter aussi mérite aussi une bonne leçon.

Il sortit son téléphone portable de sa poche, et le mit en mode photo, puis le tint à bout de bras.
- Fais ton plus joli sourire !

Il les cadra tous les deux en regardant dans le petit miroir en dessous de l'objectif et appuya sur le déclencheur. Puis, estimant que la photo était très bien il appuya sur le bouton "envoyer par mms" et sélectionna le numéro de son coéquipier. Il montra son téléphone à Candace pendant qu'il écrivait « Tu sais pas ce que tu rates. Manque de bol pour toi, elle a trouvé mieux ». Et il l'envoya.
- Si il voit que tu n'es pas en train de pleurer son absence, sa dignité en prendra un sacré coup, tu vois ?

Toujours avec un bras autour de l'épaule de sa camarade, il attrapa le menu avec celui qui était libre. A discuter et mijoter une petite vengeance contre Porter, il n'avait toujours pas fait son choix. La première chose sur laquelle ses yeux tombèrent fut les boissons.
- Je t'offre un petit verre pour fêter la rage qui va s'emparer de ce pauvre Davis ? demanda-t-il en ponctuant sa proposition par un petit rire mesquin. Il ne se réjouissait pas souvent du malheur des autres, mais cette fois, l'autre en question l'avait bien mérité.
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MessageSujet: Re: 03. Let me entertain you.   Mar 21 Jan - 17:26

Il ne l’avait pas oubliée. Porter Davis ne l’avait pas oubliée. Ces mots retentirent dans son esprit et ses poings se crispèrent en dessous de la table. Pour la première fois de sa vie, Candace McCarthy avait été celle à qui l’on avait posé un lapin, et non l’inverse. Sous prétexte qu’elle faisait partie du club de chasteté il avait voulu la ridiculiser en la laissant seule dans ce restaurant sous le regard de ses petites copines. Candy fixa Matteo, partagée entre la rage et l’incrédulité. Le sang afflua sous ses joues qui se colorèrent instantanément. Ce Porter allait le lui payer. S’il se figurait qu’il n’avait rien à craindre d’elle pour la simple et bonne raison qu’elle n’était qu’une loseuse abonnée au club de chasteté, il se trompait lourdement. Lorsqu’il s’agissait de défendre son image –et son égo- Candace était toujours pleine de ressources, et elle avait hâte de mettre en œuvre les plans qui s’organisaient déjà dans son esprit. Après tout, McKinley était devenue sa nouvelle cour de récréation et si elle voulait en devenir un jour la reine, elle avait tout intérêt à se faire respecter de ses camarades de classe, qu’importe le club qu’elle avait rejoint en début d’année pour faire plaisir à ses parents. Ah, si seulement ce Porter savait de quoi elle était capable. Sous ses airs de jeune ingénue, Candy était une vraie bombe à retardement qui attendait patiemment son heure pour exploser. Et si elle était loin d’avoir le quotient intellectuel d’Einstein, elle était néanmoins suffisamment maligne pour trouver le moyen de le ridiculiser à son tour. Sans compter qu’elle avait Silas de son côté. Son frère ferait n’importe quoi pour l’aider à revaloriser son image, il le lui avait prouvé à de nombreuses reprises en Virginie. Dès qu’elle préparait un nouveau coup, il comblait les failles que son plan comportait, lui permettant de ne jamais se tromper. Prenant sa défense dès que l’occasion se présentait, il faisait montre d’une loyauté et d’une ambition infaillible lorsqu’il s’agissait de sa sœur. Il était en quelques sortes son protecteur, celui qui veillait sur elle et l’aidait à ne pas commettre trop d’erreurs. Sans son frère jumeau, jamais Candy ne serait parvenue à prendre les rênes de l’équipe de cheerleading de son lycée à Norfolk. C’était lui qui l’avait poussée à organiser un coup d’état afin d’évincer la capitaine de l’équipe de l’époque et s’imposer comme la reine du lycée. Lui qui avait cru suffisamment en elle pour la guider vers les sommets de la popularité. Lui, encore, qui la soutenait depuis le début et l’aidait désormais à se reconstruire loin de tout ce qu’elle avait toujours vécu. Car en dépit de sa détermination à toute épreuve et toute la confiance qu’elle possédait, elle avait toujours besoin de son frère pour la pousser vers l’avant. Et Silas remplissait ce rôle à merveille.

Posant son regard sur Matteo, elle parvint finalement à esquisser un sourire, oubliant petit à petit Porter Davis et l’humiliation dont elle avait été victime ce soir-là. L’adolescent lui fit une remarque à propos du club de chasteté, évoquant le fait qu’elle n’était en aucun cas similaire aux filles qui fréquentaient habituellement ce club. Le sourire de Candace s’élargit davantage ; cela avait tout l’air d’être un compliment, or Candy adorait les compliments. Choisissant de taire le fait qu’elle faisait bel et bien partie du club, elle le rejoignit derrière la table afin de ne plus subir le regard des copines de Davis. Lorsqu'elle déposa un baiser sur sa joue, le garçon fronça les sourcils avant de sourire à son tour. De toute évidence le comportement de la lycéenne ne lui déplaisait pas, et cette dernière choisit de jouer de cet avantage, posant délicatement une main légère sur la cuisse du garçon tandis que ce dernier passait son bras autour de son épaule, comme elle le lui avait demandé. Leur soudaine proximité ne l’embarrassait pas le moins du monde ; à vrai dire, elle aurait même voulu remercier les garces derrière elle de lui donner l’opportunité de se rapprocher d’un garçon aussi séduisant que Matteo.

La tirant de ses rêveries, ce dernier lui fit savoir qu’il n’était pas un acteur pour rien et Candace haussa un sourcil en réponse. Acteur ? Pourquoi ne le lui avait-il jamais dit ? Plissant les yeux, la jeune fille inclina doucement le visage, son regard plongé dans celui de Matteo. « Je ne savais pas que tu étais acteur » Lui répondit-elle avec prudence. « Un acteur à Lima, Ohio… Eh ben ça alors… » Poursuivit-elle, plus pour elle-même que pour lui. Se reconcentrant sur la présente situation, elle se blottit davantage contre l’adolescent et soupira de façon théâtrale lorsqu’il lui parla des cheerleaders installées derrière eux. Se gardant bien de lui dire qu’elle-même avait été cheerleader dans son ancien lycée et qu’elle adorait ça, elle se contenta d’acquiescer. A vrai dire, les cheerleaders étaient mieux que tout le monde. Elles étaient jolies, sportives et le simple fait de secouer leurs mini-jupes attirait le regard de la gente masculine –un atout qui n’était guère négligeable, et encore moins quand on s’appelait Candace McCarthy.

Visiblement aussi désireux qu’elle de porter un coup à la dignité de Davis, Matteo sortit son téléphone portable de sa poche et prit une photo d’eux qu’il envoya aussitôt au footballer. Presque admirative devant le culot de ce garçon, elle lui adressa un grand sourire. « J’ai hâte de voir ce que ce débile en pensera. Et tu as raison, ce gars-là ne sait vraiment pas ce qu’il rate ». Elle arqua un sourcil de manière suggestive et la paume de sa main se contracta légèrement sur la cuisse de l’adolescent. La proximité qui existait entre eux commençait à lui monter à la tête et elle peinait à garder son sérieux. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas été aussi proche d’un garçon… Elle avait été définitivement trop sage depuis son arrivée à Lima. Cela dit, avait-elle vraiment eu le choix ? Ses parents ne l’avaient pas lâchée d’une semelle au cours de ces trois derniers mois, et voulant entrer à nouveau dans leurs bonnes grâces afin d’apaiser leurs suspicions elle avait été forcée de rester chaste entre-temps. Quelle ironie : il avait fallu qu’elle entre dans un club de chasteté pour agir comme les filles de ce club. Pour autant, Candace n’avait pas encore fait une croix sur ses premiers instincts ;  en vérité, si elle refoulait sa nature du mieux qu’elle le pouvait afin de rester sage, ses hormones n’étaient jamais très loin et la menaçaient souvent de commettre un faux-pas. Pour l’instant, elle n’avait rien à se reprocher… seulement, nul ne pouvait savoir combien de temps cela durerait.

Quand Matteo lui proposa un verre, Candy revint enfin sur Terre et accepta d’un hochement de la tête. « Avec plaisir ! ». Elle jeta un coup d’œil au menu et son regard glissa avec envie sur les boissons alcoolisées. Techniquement, elles lui étaient interdites. Techniquement… Déviant son regard, elle observa les alentours et constata que la plupart des serveurs étaient des hommes. Parfait. L’un d’eux se dirigeant justement vers eux, Candy esquissa un sourire et coula un regard à Matteo. « Observe… et apprend » Murmura-t-elle sur un ton énigmatique avant de se redresser et de réajuster son top et surtout son décolleté. Lorsqu’elle jugea que ce dernier était suffisamment « attrayant », elle passa ses doigts dans ses cheveux qu’elle ébouriffa légèrement. Le serveur arriva enfin à leur hauteur et Candace capta immédiatement son attention. Posant son coude sur la table, elle se pencha légèrement en avant et le regard du serveur se posa furtivement sur sa poitrine. « Hmhm » Fit-elle afin de retrouver toute son attention. « Mon copain et moi prendrons deux bières s’il-vous-plait » Déclara-t-elle d’une voix autoritaire, qui ne laissait pas de place à la réplique. Le serveur hésita un moment et elle en profita pour lui adresser un clin d’œil suggestif. Son regard s’illuminant brièvement, il acquiesça finalement et repartit vers le bar avec leur commande. Satisfaite, Candace se tourna vers Matteo et ses lèvres dessinèrent un grand sourire. « Je dois t’avouer un petit secret : je fais vraiment partie du club de chasteté » Lui confia-t-elle sans se départir de son sourire. « Mais ne t’en fais pas, je suis loin de répondre aux exigences du club. Dieu merci, ils ne m’ont pas passée au détecteur de mensonges avant de m’accepter ». Son sourire s’accentua légèrement alors qu’elle imaginait la réaction de ses amies cheerleaders de Norfolk si elles apprenaient qu’elle jouait les prudes depuis la rentrée. Les apparences n’avaient jamais été aussi trompeuses.
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MessageSujet: Re: 03. Let me entertain you.   Mer 22 Jan - 14:54

Candace avait raison d'être surprise quant au fait qu'un acteur puisse vivre à Lima. A la base, ce n'était clairement pas un endroit ou Matteo aurait aimé vivre. Cependant, il n'en avait pas eu le choix, et avait tout de même fini par s'y habituer. Mais la vie à Lima n'était pas aussi attrayante que la vie à New York. Il n'y avait pas autant de soirée où il pouvait rencontrer du beau monde. En fait, à Lima, les seules personnes connues qu'il avait pu croiser étaient sans doute la mairesse Sylvester, et il lui semblait avoir aperçu Megan Morgan, la chanteuse à scandale, mais il n'était pas tout à fait sûr de l'avoir reconnue. Il s'était longtemps ennuyé dans cette ville d'Ohio, qui n'était ni très grande, ni très petite, et où il ne se passait jamais rien. Mais depuis début décembre, il s'y plaisait un peu plus. Depuis qu'il avait commencé à retrouver une once de vie sociale en fait. Forcément, une ville où il ne se passe rien, lorsqu'on a plus de vie sociale et qu'on devient ermite dans sa chambre, ce n'est pas intéressant. Mais à partir du moment où on retrouve des amis et qu'on a quelqu'un avec qui traîner pour faire des choses qui paraîtraient inintéressantes tout seul, tout devient plus motivant. A l'époque où il habitait encore à NYC, il était sans cesse sur les plateaux de tournage, il était en permanence en contact avec d'autres gens. Ses journées étaient entièrement occupée. Il vivait à la fois sa vie à fond, et pouvait à la fois s'en évader lorsqu'il jouait ses personnages. Voilà pourquoi cela lui avait manqué de ne plus tourner. Il n'avait plus que sa propre vie, et il fallait avouer que ces derniers mois, elle n'avait pas été terrible. En fait, il se demandait beaucoup comment se passerait son retour dans le métier après s'être éclipsé si longtemps. En attendant, il fallait qu'il profite de sa vie actuelle, qu'il commençait à apprécier. D'autant plus qu'il était en charmante compagnie.
- Ouais, enfin du moins, j'étais acteur avant d'arriver à Lima. Disons que je suis un peu en pause.

Au moment où la jeune fille se blottit encore plus contre lui, il se rendit compte qu'elle aussi jouait parfaitement bien le jeu du faux-rencard. La pression de sa main sur la cuisse de Matteo perfectionnait le rôle. Le souci était sans doute que lui, restait tout de même un adolescent et que ce geste, assorti de paroles pouvant laisser comprendre quelque chose d'autre que ce à quoi il s'attendait, ne pouvait pas le laisser indifférent. D'autant plus qu'il venait à peine de se remettre à avoir une vie sociale, et que cela faisait également très longtemps qu'il n'avait pas eu de tels contacts physiques. Ses hormones menaçaient de venir troubler le jeu auquel il jouait. Si cela continuait, si l'adolescente continuait d'avoir des actions suggestives, il serait sans doute capable de se prendre à son propre jeu. Enfin, le problème était qu'il doutait que son geste fasse partie d'une quelconque mascarade. Il ressemblait vraiment à une invitation, ce qui sema instantanément le doute dans l'esprit de l'adolescent. Il ne savait pas vraiment comment réagir à ça. Il aurait pu réagir comme le jeune homme sûr de lui qu'il était et faire ce que ce geste lui avait donné envie de faire, ou tout simplement continuer de faire comme il le faisait depuis le début : faire semblant. Si il continuait de faire semblant, il lui suffisait simplement de ne pas réagir. Et c'était sans doute la meilleure solution.

Il laissa aussi le choix de la boisson à Candace. Il pouvait être galant. Il devait être galant. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle allait demander au serveur, mais il allait bien voir. La dernière fois que quelqu'un lui avait dit d'observer et d'apprendre, il s'était retrouvé au marché de Noël avec des filles qui voulaient absolument le soutenir pour il ne savait trop quelle raison ou quel malheur il avait pu subir pour avoir droit à tant de réconfort. Enfin là, le contexte était un peu différent, et bien qu'il ne voyait pas très bien ce qu'il avait à apprendre de la technique pour commander une boisson, il avait effectivement quelque chose à observer. Il ne put pas s'empêcher de lorgner rapidement le décolleté de la jeune fille alors qu'elle ajustait son haut. Et après tout, il n'avait pas de quoi se sentir coupable ou gêné puisqu'elle lui avait bien dit d'observer, et que son attitude avait jusque là montré qu'elle ne serait sans doute pas contre. Le bref coup d'oeil qu'il avait jeté à la poitrine de Candace lui avait suffi pour conclure qu'en plus d'être jolie, elle avait en plus un sex-appeal qu'il n'aurait pu nier. Ce qui faisait que sa technique était sans conteste efficace pour obtenir des boissons rapidement.
- Bien joué ! dit-il en souriant lorsque le serveur s'éloigna.

L'annonce du fait qu'elle était au club de chasteté fut vraiment une surprise. Son comportement depuis quelques instants laissaient justement penser tout le contraire. Le garçon eut un espèce de rire nerveux amusé. C'était sans doute une blague, elle ne pouvait vraiment pas faire partie du club de chasteté. Et elle souligna, comme il l'avait fait plus tôt, qu'elle ne remplissait pas les critères habituels d'intégration à ce club. L'allusion au détecteur de mensonge qui aurait pu être utilisé, acheva de convaincre Matteo que c'était peut-être finalement vrai. Il reprit son sourire. Après tout, qu'est-ce que cela changeait ? Elle se retrouvait juste inutilement en bas de l'échelle sociale alors qu'avec son physique et son comportement elle pourrait déjà lorgner le titre de reine du lycée. Dans sa tête, il imaginait très bien la jeune fille avec un uniforme de Cheerio. Ses jambes découvertes, l'uniforme moulant parfaitement ses formes, et la jupette virevoltante alors qu'elle ferait des pirouettes tout en haut de la pyramide. Du peu qu'il connaissait de son caractère, il semblait évident qu'elle ne pourrait pas être en bas de la pyramide et s'en contenter. Il était même sûr que si elle essayait d'intégrer l'équipe des cheerleaders, elle pourrait sans problème avoir une belle ascension sociale. Elle semblait être exactement le genre de fille qui pourrait prendre les rênes du lycée, et sur laquelle tous les footballeurs, et pas que les footballeurs, pourraient se retourner dans le couloir si elle portait un uniforme, au lieu de simplement penser qu'elle était une fille banale, juste parce qu'elle ne faisait pas partie des athlètes.
- Ca c'est une surprise ! dit-il avec un sourire. Franchement, c'est pas une blague ? rit-il. Pourquoi tu t'embêtes à aller au club de chasteté ? Tu pourrais être cheerleader, non ? Ca t'irait franchement mieux, déclara-t-il plus sérieusement.

En recevant la commande, il prit les deux bouteilles et en tendit une à Candace, puis il leva la sienne :
- A la rage de Porter Davis !

Il but une bonne goulée et se tourna vers la jeune fille, pensant soudainement à quelque chose.
- Attends, notre jeu n'est pas parfait, les filles là bas vont se poser des questions, murmura-t-il en désignant les espionnes de Porter.

Et donc, pour parfaire le jeu, il se rapprocha à nouveau d'elle et lui colla sur les lèvres un vrai baiser de cinéma. Un rencard où les gens ne s'embrassent pas n'est pas convainquant. Et même si le garçon faisait cela en bon professionnel, cela faisait quand même bien longtemps qu'il n'avait pas embrassé quelqu'un et il ne se rappelait pas que la sensation de lèvres si douces collées contre les siennes créaient cette sensation. Mais cela était purement dans le jeu du faux-rencard, il le savait. Et bien que ce soit un baiser sans aucun sentiment, les sensations restaient enivrantes.
- Ca sera plus crédible comme ça lui glissa-t-il à l'oreille.
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MessageSujet: Re: 03. Let me entertain you.   Ven 24 Jan - 15:16

Flirter avec Matteo s’avérait particulièrement intéressant, et Candace se surprit même à vouloir pousser le jeu un peu plus loin, curieuse de savoir jusqu’où le garçon serait capable d’aller. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas profité d’un jeu de séduction comme celui-ci. Depuis septembre, sa vie sentimentale –ou sexuelle, puisqu’il était rarement question de sentiments dans les relations qu’entretenait Candace avec la gente masculine- était particulièrement déserte, au plus grand regret de la principale intéressée qui n’avait pas été habituée à une abstinence aussi soutenue. A Norfolk, elle n’avait jamais rencontré un tel problème : ses relations allaient au gré de ses envies, et c’était à peine si elle ne corrompait pas les adolescents de son ancien lycée pour les attirer dans ses draps. Ces jeux dangereux alliant désir et passion, Candace les maitrisait à la perfection et elle l’avait prouvé à de nombreuses reprises par le passé. L’adolescente n’avait pas froid aux yeux, si elle voulait quelque chose il était rarissime qu’elle ne l’obtienne pas, mettant généralement toutes les chances de son côté pour accéder au désir de son choix et le réaliser. Le charme naturel qui émanait de la jeune fille était un sérieux atout pour mettre le grappin sur les garçons qui lui plaisaient et autant dire qu’elle en avait largement usé auparavant, faisant de nombreuses victimes au passage. Mais ce n’était pas tout et son physique contribuait également en grande partie à sa vie sexuelle débridée : ses longues jambes fuselées à peine dissimulées sous sa mini-jupe de cheerleader avaient fait des ravages, à l’image de ses formes généreuses qu’épousait à la perfection son uniforme. Et pour couronner le tout, Candace soignait toujours son physique jusque dans les moindres détails : son beau visage ovale était le plus souvent saupoudré d’une fine couche de maquillage mettant en valeur ses yeux clairs et ses fines lèvres rosées. Sans en faire de trop pour ne pas ressembler à ces hideux pots de peinture qui l’écœuraient, le tout était harmonieux et suffisamment naturel pour que ses parents ne le commentent pas outre mesure. Car il s’agissait là d’une priorité de taille : faire en sorte d’avoir un physique assez attrayant pour capter les regards sans pour autant s’attirer les foudres du duo parental.

Devant l’œil inquisiteur de Matteo, Candace ne manquait pas de mettre en avant ses nombreux atouts, comptant faire de son mieux pour ne pas le laisser complètement indifférent à sa plastique. Après des mois à suivre les conseils de ses parents et à se faire discrète, Candy semblait littéralement exploser ce soir-là, et le naturel qu’elle avait laissé aux vestiaires de Norfolk revenait finalement au galop, non sans un certain entrain. Passant distraitement ses doigts dans ses longs cheveux châtains, la jeune fille esquissa un sourire quand le footballer la gratifia d’un compliment suite à son petit manège face au serveur de Breadsticks. Rassurée quant à son pouvoir de séduction –bien qu’elle n’en ait jamais véritablement douté- elle se rapprocha subtilement du garçon et posa à nouveau sa main sur sa cuisse d’un air tout à fait innocent. Malgré son attitude qui prouvait qu’elle n’était pas semblable aux filles qu’elle côtoyait au club de chasteté, elle mit néanmoins un point d’honneur à être sincère avec Matteo en lui révélant son appartenance au club. A vrai dire cette révélation était si ironique qu’elle s’en amusait elle aussi, et lorsqu’elle mentionna le détecteur de mensonge qui aurait immédiatement deviné son inaptitude à faire partie d’un tel club, elle réalisa qu’elle avait toute l’attention de l’adolescent. Surpris, il lui demanda si c’était une blague et elle secoua la tête, un sourire amusé dansant toujours sur ses lèvres légèrement entrouvertes. Probablement dans le but de la complimenter, il ajouta qu’elle aurait eu davantage sa place dans l’équipe de cheerleaders, ce qui n’aurait su la ravir davantage. « Tu penses ? » Demanda-t-elle d’un air candide qui contrastait singulièrement avec la flamme qui illuminait toujours son regard. « Peut-être que j’essayerai un jour alors ». Elle haussa les épaules. « Et puis, j’ai toujours rêvé de porter cette fameuse mini-jupe… » Ajouta-t-elle, se mordillant doucement les lèvres pour réprimer ce sourire sardonique qui menaçait de tromper sa véritable identité.

Le serveur qu’elle avait charmé un peu plus tôt sans une once de culpabilité revint bientôt avec leur commande, interrompant le discours nuancé tenu par l’adolescente. Esquissant un sourire éclatant à l’adresse du jeune homme, elle dévia ensuite le regard et saisit la bouteille que lui tendait Matteo. Trinquant avec le footballer, elle répéta ses mots avec un réel enthousiasme : « A la rage de Porter Davis ! ». Portant le goulot à ses lèvres, elle avala une longue gorgée de bière avant de reposer la bouteille sur la table. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas bu ce genre de boisson, qui lui rappelait incontestablement toutes les soirées auxquelles elle avait participées à Norfolk. D’une voix énigmatique, Matteo lui annonça soudain que leur jeu n’était pas parfait et Candace lui coula un regard faussement surpris. En effet… elle avait bien une petite idée de ce qu’ils pourraient faire pour rendre leur comédie plus convaincante. Aussi, lorsque le garçon approcha lentement son visage du sien elle ne bougea pas d’un cil et accueillit le baiser avec plaisir. Posant délicatement une main sur la joue du garçon, elle goûta à ses lèvres non sans une certaine avidité qu’elle tenta néanmoins de freiner, de peur de le faire fuir. Se calant volontairement sur le rythme imposé par Matteo, ses lèvres dansèrent contre les siennes pendant quelques secondes avant que l’adolescent n’éloigne finalement son visage du sien.

Clignant doucement des yeux elle reprit son souffle, se rendant compte qu’elle avait arrêté de respirer tout au long de ce baiser. Un sourire étira néanmoins ses lèvres et elle passa ses doigts sur ses joues, légèrement empourprées. « Crédible » Répéta-t-elle. « Hmm… en effet ». Saisissant à nouveau sa bouteille, elle se retourna et la souleva à l’adresse des cheerleaders installées derrière le faux couple. « A la vôtre, les filles ! » S’exclama-t-elle, ne manquant pas de remarquer au passage que les bouteilles posées sur leur table n’étaient pas alcoolisées. Bande de petites joueuses, pensa Candace. Retrouvant le sourire de Matteo, elle but une nouvelle gorgée de sa bière sans le quitter une seconde des yeux. « Je dois avouer que ton jeu d’acteur est assez impressionnant » Fit-elle en reposant la bouteille. « J’y croirais presque ». Scrutant son regard, elle tenta d’y déceler quelques indices quant aux réelles intentions de Matteo mais ne parvint pas à tirer de véritables conclusions. « Ça t’arrive souvent d’accoster les filles au restaurant et de les embrasser sans prévenir ? Ou tu ne réserves ce genre de traitement qu’aux filles du club de chasteté ? ». Son sourire s’accentua légèrement, preuve qu’elle n’était pas véritablement sérieuse en disant cela. « En tout cas… » Commença-t-elle avant de se pencher vers Matteo et de lui souffler la fin de sa phrase au creux de son oreille. « C’est loin de me déplaire, sache-le ».
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MessageSujet: Re: 03. Let me entertain you.   Ven 24 Jan - 21:57

La question concernant la raison de l'appartenance au club de chasteté de la jeune fille ne trouva pas sa réponse, laissant ainsi le mystère plein. Pourquoi une fille comme la jolie Candace, sur laquelle il y avait l'occasion de se rincer l'oeil, serait-elle abonnée au club de chasteté alors qu'elle affirmait elle même qu'elle n'avait rien de chaste ? Et qu'elle aurait l'occasion d'attirer bon nombres d'adolescents aux hormones mal canalisées dans son lit si elle n'avait pas cette étiquette de jeune fille pure et chaste collée sur elle ? Le garçon la fixa, dubitatif. Il n'aimait pas beaucoup ne pas avoir les réponses à ses questions, mais étant lui-même peu enclin à raconter les petits détails de sa vie, il comprenait tout à fait que l'adolescente ait des choses à cacher. Peut-être avait-elle une bonne raison d'être inscrite au chasteté. Par exemple, en soutien à son frère, dont Matteo avait entendu au début de l'année qu'il était un aimant à filles, rendant parfois ses coéquipiers footballeurs jaloux, et qui était tout de même inscrit au club de chasteté. Il était sans doute plus probable que là soit la raison de la présence de Candace à ce club. L'éclat dans les yeux de celle-ci alors qu'elle évoquait une éventuelle intégration aux Cheerios ne passa pas inaperçu aux yeux de Matteo, même si elle semblait douter de cette possibilité. Tandis qu'elle faisait une remarque sur la perspective de porter une minijupe, le regard du footballeur dévia des yeux clairs de sa comparse vers son corps en général, s'arrêtant rapidement sur sa poitrine, sa taille, le creux de ses reins, ses jambes, qu'une minijupe dévoilerait et mettraient en valeur. Elle remplissait effectivement les critères esthétiques des cheerleaders, sans aucun problème. Et avec un peu d'entraînement, ce n'était sans doute pas sorcier d'apprendre une chorégraphie avec quelques pirouettes. Un peu de souplesse, d'échauffements, de mémoire, et le tour était joué. En fait, on pouvait dire ce qu'on voulait de la fréquente stupidité de certaines cheerleaders, si elles arrivaient à se souvenir des chorégraphies, c'était sans doutes qu'elles n'étaient pas aussi bêtes qu'elles en avaient l'air. En revanche, les préjugés sur la stupidité des footballeurs étaient régulièrement fondés. Il releva les yeux vers elle, son analyse terminée.
- Je ne pense pas, j'en suis sûr. Il attendit quelque secondes avant de reprendre. Et la minijupe t'irait très bien, ça aussi c'est une certitude.

Porter Davis ne savait effectivement pas ce qu'il ratait. La jeune fille aurait pourtant sans doute été parfaitement à son goût, malgré sa soit-disant chasteté. Et en attendant, c'était lui qui trinquait une bière avec elle et qui était en train de profiter de la douceur de ses lèvres et de l'enthousiasme mal canalisé qu'elle mettait dans ce baiser. Ses mains sur la peau du jeune homme étaient aussi douces que ses lèvres. Et même s'il s'efforçait d'avoir l'air le plus naturel possible, ces sensations auparavant familières, qui ne l'étaient à présent plus tant que cela, lui avaient, au bout du compte, manqué. S'éloignant légèrement lorsqu'il décolla ses lèvres de celles de la jeune fille, et après lui avoir murmuré quelque chose sur la crédibilité de l'acte à son oreille, il lui sourit. Et le fait qu'elle confirme que c'était crédible ne le surprit pas plus que ça. Il se distrait quelques instants le temps de lever lui aussi sa bouteille pour narguer les voisines. Leurs sodas lui montrèrent qu'elles étaient mineures. Quelles cheerleaders majeures auraient bu un simple jus de fruits à bulle ? Remarque, quelles membres du club de chasteté auraient bu une bière ? Matteo commençait à ne plus croire les choses fondamentales de la société, qui avaient jusque là régi toutes sa scolarité.

La remarque sur son jeu d'acteur tira néanmoins Matteo de sa réflexion concernant ses croyances profondes sur la hiérarchie sociale et des stéréotypes lycéens. Embrasser quelqu'un, que ça soit devant une caméra ou dans sa vie privée, était quelque chose qu'il maîtrisait bien. Parfois les actrices qu'il embrassait, embrassaient comme des pieds, et ils devaient rejouer la scène plusieurs fois de suite. Parfois, les filles avec qui il avait pu avoir des rencards étaient hésitantes, et ce n'était pas un problème. Mais en l'occurrence, Candace, elle, n'était absolument pas hésitante, et cela rendait la tâche amplement plus facile, et le rendu plus réaliste. L'explication de toute la crédibilité du jeu était là. Le principe d'embrasser quelqu'un découlait lui-même du principe d'avoir une relation de proximité avec une personne. Et le principe d'une relation, était d'être deux. Etant donné que chacun d'eux y mettait du sien, ils n'avaient aucun mal à faire comme si la chose était réelle. Et si on ajoutait à cela une légère ambiguïté dans leurs comportements respectifs, toute l'action semblait la plus probable. Mais il n'avait pas l'intention de laisser paraître cette ambiguïté dans son discours ou ses actions.
- C'est une habitude, affirma-t-il posément. A force de pratiquer, tu t'habitues et ça devient de plus en plus réaliste. Et disons que ma partenaire ne se débrouille pas mal non plus, ça aide beaucoup, dit-il sans perdre son sourire.

Il avait finalement laissé passer une petite partie d'ambiguïté à travers cette dernière phrase. Quand aux questions de l'adolescente, qui n'en étaient pas vraiment puisqu'elle connaissait sans doute les réponses, elles le perturbèrent un peu, et son sourire s'évanouit quelques secondes, au cours desquelles il eut les yeux dans le vague, réflechissant. Même si c'était une blague, il s'avérait qu'il devait bien répondre quelque chose, et son professionnalisme semblait l'abandonner au fur et à mesure qu'ils avançaient dans la soirée. Plus ça allait, plus il devenait juste un adolescent normal et se prenait au jeu du rencard, pour de vrai. Le piège était là. Cette fois, il n’était pas avec une actrice qui faisait ça purement pour son travail tout comme lui. Les sensations n’étaient absolument pas les mêmes et les réactions conjuguées des deux adolescents non plus. Lorsqu'il se rendit compte que son égarement pouvait montrer au grand jour le doute qui s'était insinué au fond de lui, il saisit sa bouteille et en but une gorgée en fixant Candace dans les yeux. Il reposa sa bouteille et choisit de répondre par l'humour.
- Ca t'arrive souvent de te faire poser un lapin et de demander à quelqu'un de faire semblant d'avoir un rencard avec toi ? Ou c'est juste parce que je suis acteur ? répondit-il avec un sourire en riant.

1 - 1, match nul. Enfin, il n'y avait pas combat, mais en répliquant par l'exacte construction qu'avait utilisée la jeune fille, il avait la sensation d'avoir réagi de la bonne manière. Cependant, ce qu'elle lui glissa à l'oreille perturba le peu de conviction qui lui restait d'être encore purement dans la fausseté de tout ce qu'il faisait depuis le début. Si cela lui plaisait à elle, pourquoi continuerait-il de faire semblant d'être complètement neutre par rapport à la situation ? Cela serait tellement plus simple d'être pleinement lui-même et de se laisser aller un peu. Après tout, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas profité d'un rencard, improvisé ou non. Avant de répondre, il fit glisser doucement, avec légèreté, le bras qui était plus tôt sur les épaules de l'adolescentes jusque dans le bas de son dos, plaçant sa main sur la taille fine de Candace. Il approcha ensuite à son tour son visage de celui de la jeune fille, et l'embrassa en bas de son cou, puis remonta, en déposant à chaque fois un léger baiser, jusqu'à son oreille pour murmurer quelque chose à son tour.
- Dans ce cas, autant joindre l'utile à l'agréable.

Pour ponctuer cette phrase, il attrapa délicatement le menton de l'adolescente avec sa main libre, et le tourna vers lui. Il fixa ses grands yeux verts pendant une bonne seconde avant de faire glisser sa main dans les cheveux de la jeune fille, et de coller ses lèvres sur les siennes, l'embrassant avec moins de retenue que la première fois. Il s'exprimait cette fois pour lui-même, comme l'adolescent normalement hormoné qu'il était, qui profitait simplement d'une soirée avec une jolie fille qui semblait toute aussi encline que lui à savourer l'instant. Il ne laissa toutefois pas passer autant de fougue qu'il aurait pu le faire dans ce baiser, ce qui ne l'empêcha pas d'avoir des papillons dans le bas du ventre. Les sensations ne partirent pas lorsqu'il éloigna son visage de celui de Candace, mais il valait mieux qu'il arrête là cette embrassade pour le moment. Avant d'avoir envie de déraper. Il attrapa sa bière avec la main qui était une petite seconde plus tôt dans les cheveux de la jeune fille et en but une longue gorgée avant de fixer à nouveau son regard droit dans les yeux verts de l'adolescente.
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MessageSujet: Re: 03. Let me entertain you.   Lun 27 Jan - 14:58

Candace avait beau prétendre être plongée dans un jeu de séduction familier, la passion trop longtemps enfouie en elle ressurgissait avec une intensité qui lui était étrangère et qui n’était pas sans la déstabiliser. La vérité était qu’elle avait un peu perdu la main. Sept mois d’abstinence et la jeune femme avait l’impression de tout redécouvrir, comme si elle n’avait pas eu de relation avec un homme depuis des siècles. Les sensations étaient virulentes, mordantes, et la tension sous-jacente la troublait inéluctablement. Elle ne contrôlait pas ces perceptions venues d’ailleurs qui se confondaient si facilement qu’il en devenait difficile d’en retrouver la nature exacte. Perdue dans un nuage de désir, elle n’avait qu’une hâte : s’oublier. Or Matteo semblait être l’adolescent parfait pour ce genre d’exercice ; non seulement il était séduisant mais elle avait aussi conscience qu’elle ne le laissait pas indifférent, ce qui n’aurait pu la satisfaire davantage. Candace avait besoin qu’on la remarque, besoin qu’on la désire. Elle ne supportait pas de rester tapie dans l’ombre à l’abri des regards et c’était probablement pour cette raison qu’elle ne se sentait pas encore tout à fait à sa place à McKinley High. L’adolescente portait en horreur l’anonymat qui s’était abattu comme un voile autour d’elle et la bannissait des sommets de la popularité. La faute au club de chasteté, cela ne faisait pas le moindre doute. Au moment où elle avait inscrit son nom sur la fiche d’inscription, les projecteurs dirigés vers elle s’étaient tous éteints, l’aveuglant à moitié. Aujourd’hui, elle ne souhaitait qu’une seule chose : trouver un moyen d’accéder à l’équipe des cheerleaders sans s’attirer les foudres de ses parents, et évoluer à nouveau dans la lumière. Candace ne rimait peut-être pas tout à fait avec audace, mais de l’audace, elle en avait à revendre.

Scrutant les prunelles foncées de celui qui l’avait sauvée d’une sombre soirée, Candace se mordilla la lèvre inférieure. La remarque qu’il lui avait faite à propos de la minijupe n’était pas tombée dans l’oreille d’une sourde, et la lycéenne dû réprimer ses ardeurs afin d’éviter de le relancer sur le sujet. Un sourire dessiné aux lèvres, elle soupira de contentement avant de reprendre une gorgée de bière. A nouveau, elle ressentit le besoin de flirter avec les limites du garçon et, déviant le regard, elle s’appuya contre lui, sa main toujours posée sur sa cuisse. Jusqu’à présent, il ne l’avait jamais arrêtée ; pis, il avait presque lancé les hostilités avec ce baiser. Il avait pris lui-même les initiatives, et s’il ne savait pas encore à quoi –ou plutôt à qui- il se frottait, Candy était bien déterminée à le lui faire découvrir dans les plus brefs délais. Il ne le savait peut-être pas encore, mais Matteo Chester ne sortirait pas indemne de cette soirée riche en émotions. Réagissant au gré de ses pensées, ses doigts se mirent soudain à caresser la cuisse du footballer sans même que la principale intéressée ne s’en rende compte. La proximité existant entre le garçon et elle avait tendance à la rassurer mais les idées qui en découlaient n’étaient pas franchement saines, et si Candy faisait de son mieux pour ne pas les laisser transparaitre sur son beau visage, cela ne semblait toujours pas suffisant.

Reprenant temporairement les rênes de leur soirée, Matteo lui rétorqua que ses talents d’actrice n’étaient pas mauvais du tout et Candy le gratifia d’un sourire satisfait. « Je fais ce que je peux » Répondit-elle au bout de quelques secondes. « Jouer la comédie n’est pas si difficile que ça, en fin de compte. Je suis sûre que je pourrais m’habituer et te faire de la concurrence » Le taquina-t-elle sur un ton amusé. Saisissant doucement la bouteille de bière, elle posa son regard sur celle-ci et la pencha doucement d’un côté puis de l’autre d’un air distrait. Si seulement elle n’avait pas de contraintes, ni de couvre-feu… Si seulement elle avait une voiture dans laquelle elle pourrait attirer Matteo et lui faire explorer les sentiers où elle s’était perdue à de si nombreuses reprises avant de les ignorer pendant une longue période. Elle n’avait plus que ça en tête. Ses hormones bouillonnaient et au fil des secondes, le rythme de ses pulsions ne fit qu’accélérer. Et quand la voix de Matteo s’éleva à nouveau ce fut à peine si elle l’entendit, toutes ses pensées convergeant dans une seule et même direction. Cependant, lorsqu’il lui proposa de joindre l’utile à l’agréable, ses paroles ne lui échappèrent pas plus longtemps et les yeux de la jeune fille s’illuminèrent aussitôt. Reposant la bouteille sur la table, elle se tourna vers lui alors qu’il prenait précautionneusement son menton entre ses doigts. Il l’observa un moment puis plaqua à nouveau sa bouche contre la sienne, ses mains s’attardant dans les longs cheveux châtains de la jeune fille. Ce baiser avait une saveur différente. Matteo semblait plus déterminé et elle savait que ce n’était plus seulement une histoire de jeu à présent. La peau de l’adolescente irradiait sous l’effet de ce nouvel assaut et elle s’accrocha presque désespérément à lui, prolongeant le baiser le plus longtemps possible. Elle avait conscience des regards qui se posaient sur elle –le Breadsticks était peut-être réputé pour accueillir des adolescents qui savaient se tenir ?-mais n’en avait cure, bien trop absorbée par ses pensées et le désir qui la rongeait.

Aussi, quand le footballer recula enfin et mit un terme à leur baiser, elle était à bout de souffle et son cœur était sur des montagnes russes. Ses doigts remontèrent instantanément le long de la cuisse du garçon, répondant probablement à un vieux réflexe, puis elle se figea quand elle se rendit compte de ce qu’elle faisait. S’écartant brusquement de lui, elle posa ses deux mains bien en évidence sur la table. Braquant son regard sur Matteo, elle haussa légèrement les sourcils. « J’ai besoin de prendre l’air ». La lycéenne se redressa et se pencha par-dessus la table afin de récupérer son sac à main. Tirant sur la fermeture éclair, elle plongea ensuite sa main dans le sac et en extirpa son portefeuille dans lequel elle trouva un billet chiffonné de vingt dollars qu’elle posa sur la table. « Tu viens ? » Demanda-t-elle au garçon, lui coulant un regard en biais au préalable. Sans même attendre sa réponse, elle lui attrapa la main et se dirigea vers la sortie.
Pressant la main de Matteo dans la sienne, Candace contourna le bâtiment une fois sortie de celui-ci et ne se figea que lorsqu’elle trouva un endroit partiellement dissimulé. Son regard papillonna alors en direction du footballer et l’attirant doucement vers elle, elle s’adossa contre le mur et prit son visage entre ses deux mains, ses lèvres retrouvant naturellement le chemin qui menait aux siennes.
Cela faisait si longtemps. Trop longtemps. Peu à peu, elle s’abandonna dans ses bras, laissant la lune être le seul témoin de ce nouvel écart de conduite.

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03. Let me entertain you.

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