Choriste du mois


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 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]

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MessageSujet: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Ven 17 Jan - 23:23

Pour la quatrième fois en moins de dix minutes, il leva les yeux sur cette maudite horloge qui avait décidé de ne pas avancer. Les poings sur les hanches, Kurt pinça les lèvres tout en jetant une œillade peu inspirée aux vêtements qui s’étalaient sur son lit. Certains dataient du lycée, des jeans slims ou des chemises colorées qu’il gardait par pur sentimentalisme. Du bout des doigts il effleura l’étoffe d’une tunique en laine qu’il avait lui-même conçu et esquissa un léger sourire nostalgique. Amusant comme il avait l’impression de redécouvrir sa garde robe, où du moins, ce qu’il en restait. Avec les années Kurt avait troqué les vêtements estampillés par de grands couturiers par de simples t-shirts, jeans, pulls… bien plus en adéquation avec son style de vie.

Mais cela ne signifiait pas qu’il ne le regrettait pas. Il suivait toujours l’actualité, lisait toujours ses magazines préférés et, quand il voulait vraiment se faire du mal, surfait sur ses sites d’achats en lignes. Un soupire lui échappa alors qu’il se laissait lourdement tomber sur le lit… C’était bien beau de refaire une visite de son armoire, ça ne lui disait toujours pas ce qu’il allait porter ce soir. Il rougit à cette pensée et grogna tout en se saisissant de son oreiller dans lequel il enfouit son visage. Son réveil numérique indiquait qu’il ne lui restait plus qu’une heure, et Kurt devait encore se doucher, se coiffer –très important- et s’habiller.

Rien de bien compliquer en soi, mais pour Kurt ça lui semblait brusquement irréalisable. Et alors qu’il commençait à se lamenter sur son sort, un poids s’installa sur son estomac et Kurt redressa un peu la tête pour apercevoir un chat au pelage tigré qui le fixait de ses grands yeux verts.

« Tu as bien de la chance toi, lança t-il avant de froncer les sourcils. Minute : comment tu es entré chez moi, Ty ? »

L’animal lui dédia un regard désabusé –Kurt aurait pu le jurer !- puis descendit pour aller se blottir sur l’un des nombreux coussins qui d’habitude ornait le couvre lit, mais que Kurt avait sans scrupule jeter par terre. Ty le chat –Tyrion de son prénom- appartenait à Mrs Marple, l’adorable petite dame qui vivait au bout du pallier. Depuis que Kurt avait prit soin de l’animal lors d’une hospitalisation de la vieille femme, celui-ci prenait l’habitude de venir squatter chez lui, non que ça ne le dérangeait. C’était parfois agréable d’avoir de la compagnie quand il rentrait le soir. Un nouveau coup d’œil au réveil le poussa à se relever, et à rapidement prendre une douche, insistant bien sur les ongles afin d’enlever toutes la graisse et le cambouis qui pouvaient s’y accumuler lors de ses heures de travail au garage.

Même si sa rencontre fortuite avec Lynn l’avait poussé à prendre son après midi… Sa journée avait été très bonne, revoir la jeune femme avait été un vrai plaisir et Kurt s’était même surpris à rire une ou deux fois. Il espérait simplement que sa soirée s’annoncerait toute aussi plaisante, même si le souvenir d’Andrew et de son charmant sourire lui donnait une bonne raison d’y croire. Ça faisait tellement longtemps qu’il ne s’était plus préparé pour un « rendez-vous » qu’il ne savait plus vraiment comment s’y prendre. Certes il lui était arrivé d’avoir des aventures sans lendemain, mais le concept était indéniablement différent.

Dieu, il était nerveux. Réellement nerveux.

L’horloge clignotait dangereusement, tel le compte à rebours d'une bombe qui menacerait d’exploser une fois arrivée à 20h00. Son regard passa une nouvelle fois sur les vêtements, avant d’en saisir quelque uns ici et là. Il n’avait plus le choix, il lui fallait se décider. Les yeux toujours fixés sur le réveil, Kurt s’appliqua à coiffer ses cheveux quand il entendit le claquement distinct et reconnaissable de sa porte d’entrée.

Assis devant la coiffeuse qui avait appartenu à sa mère, le jeune homme arqua un sourcil intrigué. Il n’attendait pourtant personne, et surtout pas ce soir. Les bruits venaient de la cuisine et il grinça en reconnaissant la silhouette qui fouillait sans gêne dans ses placards et son frigo.

« Finn ! S’exclama t-il, agacé. »

Celui sursauta et se retourna brusquement, une main sur le cœur, le regard écarquillé. Bien sûr, son frère était le seul à avoir le double de ses clés… Il lui arrivait d’ailleurs de regretter de les lui avoir confiés.

« Dude ! Me refais plus jamais ça… J’ai…
- Qu’est ce que tu fais ici ?
Coupa Kurt, les bras croisés sur son torse tout en s’adossant contre l’encadrement de la porte. Tu n’as pas un chez toi ? Surtout pour te faire un sandwich ? Et… quoi ? »

Finn le dévisageait comme s’il faisait face à un fantôme. Celui-ci cligna des paupières et se redressa un peu.

« Je voulais te voir, je t’ai pas vu de la semaine… Kurt, tu vas où comme ça ? C’est… wow ! »

Immédiatement cela eut le don de le faire paniquer.

« Quoi ? C’est trop ? Je devrais me changer, n’est ce pas ?
- Heu non, non. C’est juste que… ça fait un peu plus toi, tu vois. C’est cool ! Mais tu vas où ?
- Oh, chuchota t-il, ne pouvant s’empêcher de rougir. Merci. Je suppose. Et oui, je sors… avec quelqu’un.
- Un garçon ?
Demanda Finn en plissant les yeux, soupçonneux.
Kurt leva les yeux au ciel.
- Oui, un garçon. »

Oh mon dieu, allait-il avoir droit à la scène « grand frère protecteur » ? Sans attendre de réponse, Kurt retourna dans sa chambre afin de terminer de se préparer, d’attraper ses clés, portable et portefeuille qu’il enfouit dans ses poches.

« C’est qui ? Je le connais ? Comment il s’appelle ? Il fait quoi dans la vie ? »

Accélérant légèrement l’allure, Kurt se précipita vers la porte, Finn sur les talons. Il se tourna vers lui à la dernière seconde et lui adressa un sourire.

« Ferme la porte quand tu sors et nettoie ton bordel derrière toi. Merci, à demain.
- Hey, mais… »


Il claqua la porte derrière lui avec la plus grande satisfaction. Il se dirigea finalement vers sa voiture, direction les vieux quartiers. Kurt vérifia une dernière fois l’adresse d’Andrew et roula à travers les rues bien connues de Lima jusqu’à s’arrêter devant une ancienne maison bourgeoise. Le quartier semblait calme et accueillant, et il inspira profondément, puisant dans ce qu’il lui restait de courage. Il grimpa jusqu’au troisième étage qui débouchait sur deux portes... Kurt hésita à appeler Andrew puis se décida finalement à prendre les devants. Inspirant calmement, il baissa les yeux sur sa tenue, lisant machinalement sa cravate et remontant les manches de son chandail jusqu’aux coudes.

Il leva une main quand la porte s'ouvrit brusquement sur Andrew. Surpris, Kurt écarquilla les yeux, un léger sourire aux lèvres.

« Hey... Salut. Je suis un peu en retard, désolé. »


Dernière édition par Kurt Hummel le Mar 25 Fév - 0:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Dim 19 Jan - 0:04

14h34. Ils avaient dit de mettre quoi déjà ? Il était passé où ce beurre ? Mon dieu, il tournait encore dans le micro onde. Les citrons, il les avait acheté au moins ? Faire un sablé, faire un sablé, ils sont mignons sur internet, mais comment on fait ? Branle-bas de combat dans le cuisine. Les saladiers s'entre-choquaient sur le plan de travail. Les ustensiles se faisaient la malle, retrouvés quelques minutes après dans des lieux improbables. Comme la salle de bain. Andrew, la cuillère en bois à la main, fixa le reflet que le miroir lui renvoyait. Ses cheveux bruns et bouclés étaient en bataille, menant la même guerre de tranchées qui se menait en parallèle dans la vaste cuisine du jeune homme. Andrew savait cuisiner. Il avait entendre mijoter les plats, sentir les odeurs, remuer les sauces. Mais les desserts, s'il les dégustait et en redemandait, encore et encore, il ne les pâtissait jamais. Il s'était d'ailleurs posé la question. Allait-il commander ledit dessert chez un traiteur et le servir à Kurt. Non. Déjà parce qu'aucun pâtissier de Lima ne pourrait livrer le jour pour le lendemain un dessert aussi farfelu -disons étonnant- qu'un chessecake pistache et citron. Ensuite parce qu'il appréciait trop le jeune garagiste pour ne pas se donner du mal. Quitte à décevoir. Mais Andrew détestait mentir, et se faire passer pour quelqu'un d'autre. Au moins, Kurt saurait que les desserts n'étaient vraiment pas le fort du jeune serveur. Sauf quand il s'agissait de leur engouffrer. Et de se lamenter gentiment ensuite, pleurant sa ligne perdue et ses bonnes résolutions. Mais rien n'était encore jouer. Avec un peu de chance, ou un miracle, le dessert pouvait être réussi.

17h28. Dessert au frigo. Mais l'appartement ressemblait bien plus à l'attaque de troupes américaines à la recherche d'armes nucléaires au Moyen Orient qu'à un havre de paix accueillant. Si la chambre et le bureau, seuls rescapés de l'attaque pâtissière, ne lui demanderait pas trop de travail, ses habitudes de célibataire endurci et ses talents culinaires lui avaient rajouté du boulot. Déjà la cuisine. Farine, biscuit, pâte crue, autant de joyeusetés agréable à nettoyer. Armé d'un tablier beige et d'une paire de gants roses, Andrew devait s'attaquer au rangement et à la décoration du salon. La table en bois ne nécessitait rien de plus. Comme la console devant la télévision. Andrew n'avait qu'à rajouter quelques bougies parfumés -cannelle et fruit rouge, so Christmas- sur certaines étagères de la bibliothèque, à côté de la tv, et certaines sur le bar américain de la cuisine. Féminin, mais efficace. Le jeune homme aimait que tout soit chaleureux et doux. Et puis, les épices de Noel étaient tellement d'époque. Les coussins furent redressés, la poussière faite. Le poste radio, antique, la fierté d'Andrew, trônait dans son coin, prêt à faire tourner Wicked en fond sonore. Mais le plus gros restait à faire. Se coiffer et s'habiller.

19h40. Il s'était enfin décidé. Même s'il n'était toujours pas convaincu. Il ne l'était jamais. Mais cette situation était inédite finalement. Faire venir un garçon chez soi. Un garçon qu'il appréciait, avec qui il avait des points communs et des connivences évidentes. Il se regardait minutieusement dans le miroir de plein pied de sa penderie. Gilet beige, t-shirt -qui a dit moulant ?-, jean foncé, simple mais efficace. Andrew avait d'abord sorti un costume trois pièces, mais il était chez lui après tout. Ça aurait été suspect de s'habiller comme lors d'une cérémonie. Kurt n'était que Kurt, ce qui était déjà une qualité indéniable pour Andrew. Il ne recevait pas le président. Et heureusement, ou alors il ne lui aurait sans doute pas servi le cheesecake qui reposait sagement dans le frigo. Il avait décidé donc de jouer sur le côté décontracté, mais toujours avec élégance. Enfin il espérait. Il le verrait bien, au premier regard de Kurt. Et ça l'angoissait d'avance. Il n'avait pas l'habitude d'être jugé. D'ordinaire, c'est lui qui jaugeait les personnes qui venaient à lui, au Levis Store. Et cet inversement des rôles était inconfortable et totalement inédit pour le garçon. Le mécanicien amené un vent de nouveautés chez Andrew qui était excitant mais terriblement inquiétant.

Des pas dans le couloirs. Finalement, les minutes s'étaient égrainé bien plus rapidement qu'il ne l'avait pensé. Le temps était un génie pour ce genre de fluctuations. Rapide quand il avait cuisiné, Andrew avait couru après le temps. D'une lenteur incroyable quand il avait du ranger, pensant perdre son temps. Et de nouveau galopant, devant le miroir, doutant et hésitant entre deux cravates, ce neoud papillon ci, ou alors ce jean. Les pas se rapprochaient. Kurt était à l'heure, ce qui ne surprenait pas Andrew. Mais le jeune homme ne tint plus. Il se propulsa vers le frigo, l'ouvrant à la volée, et déposa le cheesecake, qui avait finalement fier allure -il tenait tout seul, ce qui était un exploit en soit- sur la table, présenté dans une jolie assiette noire et blanche. Deux verres l'accompagnèrent, hauts et longs, et une ronde de jus de fruit et de boissons plus ou moins alcoolisés finirent de composer le tableau. Les pas s'étaient arrêtés. Retour vers la porte, qu'il ouvra. Et Kurt était en face de lui, dans une tenue qui détonait complètement avec le bleu de travail qu'il l'avait vu porter dans le garage Hummel. Il paraissait plus fin, et la tenue lui allait mieux au teint. Déjà craquant, il devenait carrément mignon. Mais il n'était pas là pour ça.

En retard ? Coup d’œil sur sa montre.

"Non, tu es à l'heure. Et puis tu n'avais pas à te presser. Je t'en pris, entre."

Le disque tournait déjà, fond sonore subtile, qui leur permettrait de discuter, tout en écoutant leurs titres préférés. Que lui dire. Eviter les banalités. Mais Andrew n'était pas un habitué de ce genre de situation. Il le savait, son appréhension se sentait d'ici. Le jeune homme ne savait pas quoi faire de ses mains, les mettre dans les poches, derrière son dos ?

"Tu as trouvé facilement ? Il n'y avait pas trop de monde sur la route ?"

Bien joué, si tu voulais toucher dans le ridicule, tu viens de faire mouche Drew ! Se ressaisir, vite. Mais le nouveau Kurt devant lui le perturbait. Mains délicates et propres, taille fine, allure raffinée et pourtant si décontractée. A croire que le sens de la mode et de l'élégance était inné chez lui. Ou peut être était-ce parce qu'il détonait complètement avec l'image du garagiste qu'il avait pu donner. Mais Andrew était rassuré, il avait eu raison de laisser son costume au placard. Le tapis gris sous la table en bois étouffait les pas des deux garçons, donnant plus d'importance à la musique d'ambiance. Mais Andrew n'écoutait pas vraiment ce disque qu'il appréciait par dessus tout. Ses sens étaient brouillés, seuls ses yeux, fixés sur Kurt, semblaient en état de marche.


If I go crazy then will you still
Call me Superman
If I’m alive and well, will you be
There a-holding my hand
I’ll keep you by my side
With my superhuman might
Kryptonite

Et Andrew en était presque certain. Il venait de trouver sa kryptonite.
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Dim 19 Jan - 22:48

Oh mon dieu ! Kurt se mordit la lèvre inférieure tandis que son regard glissait, appréciateur, sur son hôte. Bien malgré lui, il s’attarda un peu plus longtemps que nécessaire sur les épaules et les bras que dévoilait le t-shirt blanc d’Andrew. Il n’y avait plus aucun doute, le manteau qu’il portait au garage masquait un corps svelte, mince mais tout en tonicité… En témoignait les muscles qui se tendaient à chacun de ses mouvements, tirant délicieusement le tissu blanc sur sa peau. Il se racla brusquement la gorge afin de se reprendre, et de se donner une certaine contenance tout en détournant le regard, rougissant.

« Ça allait, répondit-il en pénétrant dans l’antre du jeune homme. J’ai eu l’aide précieuse de Tom et de sa voix orgasmique pour trouver ton adresse. »

Il n’allait pas lui avouer qu’il avait déjà fait un rapide repérage hier soir en retournant chez lui. Kurt ne voulait pas effrayer Andrew dès le premier soir… Un instant. Est-ce que cela signifiait qu’il se voyait passer d’autres soirées avec le jeune homme ? Il se retourna dans sa direction, lui dédiant un sourire avenant.

« Bien sûr, Tom n’est que mon GPS. C’est surement le seul homme de ma vie, continua Kurt en ponctuant d’un clin d’œil taquin. »

Etait-il en train de flirter ? Kurt se pinça discrètement la cuisse, n’arrivant pas à croire en sa nouvelle témérité. D’où venait-elle, d’ailleurs ? Il n’y avait pas si longtemps, le jeune mécanicien se dissimulait, refusant de faire le premier pas avec un quelconque inconnu. Soufflant afin de reprendre son calme, il lança une rapide œillade en coin à Andrew qui finit par lui faire esquisser un sourire. Pour un homme qui osait porter un gilet, Kurt était définitivement prêt à fermer les yeux, à faire une entorse à ses peurs absurdes, et à faire le premier pas. Se sentant un peu plus léger, il se décida à regarder autour de lui et son sourire s’agrandit sensiblement. L’appartement était à l’image d’Andrew : chaleureux et accueillant.

« J’aime beaucoup chez toi, déclara t-il alors qu’il se penchait afin d’admirer un tableau de plus près. Et j’aime beaucoup ce gilet, ça souligne ta ligne et accentue tes épaules. »

L’album de Wicked continuait de jouer en fond, mais Kurt s’en aperçut à peine. Ses sens étaient bien trop exacerbés par ce qu’il l’entourait. Ca faisait trop longtemps qu’il n’avait pas été chez quelqu’un d’autre. Surtout quelqu’un qu’il connaissait à peine, et cette témérité qui le saisissait, embrumait son esprit et sa raison. C’en était limite aphrodisiaque, cette nouveauté. Il ignorait vers quoi il se dirigeait, mais il sentait au fond de lui, au plus profond de son âme qu’Andrew pourrait –au moins- devenir un ami. Ce serait un premier pas vers la guérison.

Kurt retrouvait ce qu’il lui avait manqué depuis la mort de son père. L’espoir d’un renouveau. L’espoir d’un avenir meilleur. Et il souhaitait tellement pouvoir rester dans cet état d’esprit à jamais. Malheureusement les espoirs, tout comme les rêves, étaient éphémères : elles finissaient par disparaître aux premières lueurs de l’aube. Alors, rien que pour ce soir, Kurt se promit de profiter de cette insouciance retrouvée, et de la partager pleinement avec Andrew. Juste ce soir avant que la lumière du jour n’emporte tout sur son passage.

« Alors… hum… Tu vis tout seul ? Pas de petite amie ? »

Il enfouit les mains dans les poches de son pantalon, alors qu’il lui faisait face, s’installant sur le canapé qui faisait face à la télévision. La question pouvait paraître idiote… Mais Kurt avait eu assez peu de chance dans les choix de ses « flirts ». Finn et Sam en étaient de parfaits exemples. Et ses one night stand, il les dénichait habituellement dans les rares bars gays de Lima et de ses environs. Le jeune homme ne faisait donc pas confiance en son « gay-dar »… tout simplement parce qu’il n’en possédait pas !

«  Ou petit ami ? »

Il éclata de rire et secoua la tête en passant une main dans ses cheveux, risquant de les décoiffer.

« Je suis désolé…  Je suis absolument débile quand je suis nerveux. Et pour être honnête avec toi, je ne fais pas ça souvent. A vrai dire, je n’ai jamais fait ça… Sortir avec un de mes clients. Et ça fait tellement longtemps que je ne suis plus sortie que je me comporte comme un abruti. »

Il esquissa un faible sourire à ses mots. Presque nostalgique.

« Je m’excuse en avance pour toutes les conneries que je pourrais dire ou faire. Je… »

Kurt s’interrompit soudainement alors que son regard tomba sur le cheesecake qui attendait sagement sur la table.

« Oh mon dieu ! Dit-il en se levant pour marcher jusqu’à la table. C’est un cheesecake citron pistache ? Tu sais que j’avais dit ça sans le penser hier, n’est ce pas ? Tu n’étais pas obligé… Tout le monde n’aime pas. »

Kurt était ébahit et touché. Un sourire ravi aux lèvres et les yeux brillants, il leva la tête vers Andrew, plongeant son regard dans le sien.

« Je te préviens, si c’est toi qui l’as fait, je t’embrasse sur le champ !
Plaisanta t-il. »

Hum. Quoique…
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Dim 19 Jan - 23:54

Inspirer. Et expirer. Penser à respirer, accessoirement. La porte se referma sur Andrew, rassuré. C'était bien la première fois qu'il faisait ça. Il avait du mal à reconstituer le fil des événements dans l'ordre. Tout était embrouillé, confus. Et pourtant, il n'en était pas frustré. Le garage. Les regards échangés. Les rires, quand la radio s'était faite entendre, vraiment peu discrète. Tout était allé si vite. Wicked. Kurt. La voiture. Le moteur. Les mains, si étranges, sales et si fines. Le rendez-vous. Aujourd'hui. La porte claqua, et Andrew cligna des yeux, deux fois. Tout était allé vite, et si lentement. Il avait mal dormi, la nuit dernière. Tournant et retournant dans le lit, il s'était imaginé les secondes qui étaient en train de défiler. Comment serait-il habillé, Kurt ? Pourquoi l'avait-il imaginé ... autrement ? Plus masculin, plus que lui en tout cas. Son cheesecake allait-il prendre ? Le garagiste avait eu l'air d'y tenir. Et aurait-il le temps de ranger l'appartement avant qu'il n'arrive ? Le temps était capricieux et faisait un peu ce qu'il voulait. Mais là, c'est Andrew qui perdait son temps, à réfléchir à ce qui s'était passé sans profiter de ce qui allait se passer. Clignements, deux fois. Il était reconnecté à la réalité, au moment même au Kurt s'adressait à lui, prenant possession de l'appartement avec une aisance déconcertante. Certaines personnes auraient mal réagi aux déplacements, aux vas et viens du jeune hommes entre les meubles, se penchant pour mieux regarder la décoration du salon. Mais Andrew était rassuré. Kurt se sentait bien, et la soirée serait forcément agréable. Sans gêne, ni timidité. Et puis, Andrew avait profité que Kurt se penchait pour regarder un tableau pour admirer la tenue. Vraie agréable à regarder. Ou peut-être était-ce le garçon qui était ... Ne pas y penser. Surtout pas.

Tom, c'est qui Tom ? Andrew était étonné de la vivacité des sentiments qui se bousculaient dans sa tête. Voix orgasmique. Aide précieuse. Quelqu'un l'avait déposé ici donc. Le jeune homme adorait les cartoons, surtout le matin, vers onze heures, un bol de céréales devant lui, du lait frais et un bon verre de jus multivitaminé. Et s'il avait été dans l'uns des cartoons qu'il appréciait tant, il serait déjà écrasé sous le poids d'un bloc de béton d'une tonne, ou d'une enclume en plomb. Quel idiot il avait été. Bien sûr, un garçon comme Kurt, drôle, mignon et vraiment gentil, ne pouvait être qu'avec quelqu'un. Finalement, Andrew avait eu raison de garder la tête froide, enfin il avait essayé. Il ne serait pas trop déçu. Pas trop. Un GPS ? Tom. TomTom. Triple idiot. Il s'était fait avoir comme un bleu. Au moins, Kurt avait de l'humour. Et Andrew devait se faire à l'idée qu'il s'engageait dans une relation sociale et humaine nouvelle, et qu'il devait se faire aux nouvelles règles que ça engendrait. Comme comprendre l'humour sans se laisser aller à ... la jalousie ? Non. Pas déjà, c'était trop top, et rien n'était en court. Kurt pourrait être un ami. Sans doute. Et si Andrew n'ignorait pas les regards qui avaient glissé sur lui depuis leur rencontre au garage, ce n'était peut être que pour jauger l'aspect vestimentaire d'un client. Ce qui ne serait pas trop étonnant quand le jeune vendeur au Levis Store regardait la tenue de Kurt. Il se sentait presque mal fringué à côté de lui. Ce même Kurt qui était tout juste en train de le complimenter sur sa tenue. Ses joues se mirent à rougir, il le sentait. Et il passait une main gênée dans ses cheveux coiffés, histoire de garder contenance.

"Merci. De la part de quelqu'un qui s'habille aussi bien que toi, je prends ça comme de vrais compliment."

Sourire. Franchement solaire. Andrew était content de voir Kurt chez lui. Il était assis, sur son canapé, en face de la télévision, et le jeune serveur se surpris à penser qu'il avait sa place ici. Le jeune homme voyait déjà une tasse de thé fumante à côté du canapé, comme une douce habitude qui embaumerait l'appartement. Kurt feuilletterait un roman, ou peut être regarderait les informations d'un œil distrait. Andrew irait le rejoindre, s'asseyant à côté de lui, commentant le livre que le garagiste tenait entre ses doigts graciles, ou se moquant de son obsession pour les thés les plus fins. Mais ces images, aussi belles soient-elles, étaient-elles la vision d'une collocation amicale, ou d'une relation quelconque ? L'une de celles qu'Andrew n'avait jamais envisagé. Jamais vécu non plus. Réflexions rejointes par la question de Kurt qui perça le brouillard idyllique dans lequel Andrew s'était enfermé quelques instants. Vivre avec quelqu'un ? Pourquoi demandait-il cela ? Se renseignait-il sur sa situation amoureuse ou était-il simplement curieux, ou en train de lui faire la conversation ?

"Non, pas d'homme dans ma vie, si c'est bien ta question."

Second sourire, plus gêné celui-là. Andrew n'était pas encore habitué à avouer son orientation sexuelle. On ne lui demandait pas souvent en même temps, ne rentrant pas dans les stéréotypes efféminés, ou précieux, de la communauté. Communauté à laquelle il n'avait pas l'impression d'appartenir. Andrew n'avait jamais manifesté, jamais revendiqué quoi que ce soit. Il aimait les hommes. Un homme se justifiait-il quand il sortait avec une femme ? Lui ne voyait pas pourquoi il devait expliquer et épiloguer sur ses préférences amoureuses. Kurt doutait-il de son orientation ? Peut être était-ce Andrew qui s'était trompé sur le garagiste ? Il avait connu des hommes fins et légèrement maniérés qui étaient de vrais hétéros. Et il venait d'avouer à un garçon qu'il venait de rencontrer qu'il était gay. Mais qu'avait-il en tête, sérieusement ? L'air faussement détaché, et calme, il se déplaça, pour s'asseoir dans un fauteuil non loin du canapé. Et de Kurt. Finalement, rien en lui ne clamait son orientation sexuelle. Mais déjà le garçon se reprenait, s'excusant pour ses questions et son attitude qu'il jugeait ridicule. Comment lui dire qu'il était adorable, avec son visage lisse et parfait, et ses yeux si doux ?

"Tu n'as pas à t'en faire, je ne te trouve vraiment pas ridicule. C'est vrai que mon appartement est vraiment bien rangé un célibataire endurci, mais je dois t'avouer y avoir fait un brin de ménage avant ta visite. Rien d'exceptionnel, mais ça fait un moment que je n'ai pas eu de visite ici."

Plus bas. Presque chuchoté, confidence à peine voilée. Acte II. Bien sûr, c'était à ce moment là que As Long as You're Mine décidait de se faire entendre.

"Je ne t'ai jamais trouvé ridicule, bien au contraire."

Mais Kurt se levait, en direction de la table, et mécaniquement, Andrew pris sa suite. Qu'avait-il pu bien dire ? Mais déjà, le mécanicien répondait à ses inquiétudes. Le cheesecake à la pistache, il l'avait complètement oublié.

"Tu sais, je n'ai jamais mangé de cheesecake. Enfin pas à la pistache, et au citron. Mais c'était une excuse pour me mettre à la pâtisserie. Te remercier pour la voiture. Et te faire plaisir."

Des aveux à mi-mots. Andrew n'avait jamais autant apprécié se faire interroger.

"On s'installe pour le manger ? Tu veux boire quelque chose avec ?"

Andrew évitait de penser aux images qui avaient défilé devant ses yeux. Kurt s'approchant de lui. Andrew plongeant ses yeux mordorés dans ceux du jeune homme. Et les deux visages se rapprochant irrémédiablement, irrésistiblement. Ne surtout pas y penser. Même s'il ne pouvait faire autrement. Et puis, il avait passé une bonne partie de son après-midi à cuisiner, ce serait dommage de ne pas y goûter, à cette douce nouveauté. Comme tant d'autres que Kurt semblait amener dans son sillage. En Andrew avait hâte de voir les quelques autres surprises qu'il lui réservait.
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Mar 21 Jan - 1:03

Andrew lui plaisait. Andrew lui plaisait même énormément. Et ça dérangeait Kurt qui ne se sentait absolument pas prêt à débuter une quelconque relation d’ordre sentimentale. Le jeune homme était tout ce qu’il y avait de plus adorable, avec ses sourires et son regard à se damner. D’ailleurs était ce normal une telle couleur de yeux ? Ils semblaient hésiter entre un marron clair, presque dorée au soleil (Kurt s’en souvenait parfaitement), et un vert profond. Essayant de retenir le rougissement qui grimpait le long de sa nuque, il baissa la tête vers le cheesecake qu’il avait lui-même préparé.

Allait-il l’embrasser ? Ce n’était pas l’envie qui manquait à Kurt. Ce dernier ne voulait que s’emparer de son visage pour poser ses lèvres contre les siennes. Mais il se refusait de franchir une telle étape. Pas maintenant. Pas quand il était aussi peu sûr de lui-même, aussi peu capable de prendre soin et de lui et de ses sentiments. Le pire qui pourrait lui arriver serait de tombé amoureux. L’amour engendrait la passion et la passion n’apportait que souffrances et larmes. L’amour n’était que subsidiaire pour quelqu’un comme Kurt. Son côté romantique, fan de The Notebook, rêvait d’un prince charmant qui arriverait sur son blanc destrier, le prisonnier de cette tour dans laquelle il s’était lui-même enfermé. Mais le Kurt, l’amer, celui qui ne croyait plus aux contes de fées n’espérait plus grand-chose. Il se contentait donc d’observer, silencieusement et de loin, se laissant parfois à imaginer une vie meilleure.

Alors ce Kurt adulte, qui ressurgissait de temps à autre pour le prévenir de sa voix sournoise : ne fais confiance à personne, ou tu pleureras encore. Tu es bien mieux tout seul. Cette voix qui lui chuchotait à l’oreille qu’Andrew ne serait qu’une déception de plus, qu’il était inutile de se permettre de rêver. Qu’il était inutile de se permettre d’espérer, que de toute manière, il finirait par avoir mal. Où pire encore : qu’il finirait par lui faire du mal. Et cette voix qui ne cessait de le tourmenter, de le faire douter de ses qualités, paraissait tellement convaincante. L’euphorie qui avait saisit Kurt un peu plus tôt s’évanouit brusquement.

Pourquoi avait-il accepté de venir ? Ca ne mènerait à rien. Il ne valait rien.

« Oh oui… Oui, il a l’air délicieux, chuchota t-il en prenant place à la table. »

Et voilà qu’il se tenait crispé, presque sur le qui vive.  Il ferma lentement les paupières, s’efforçant de respirer calmement. Andrew devait très certainement le prendre pour un fou. Pourtant quand il ouvrit les yeux, Kurt s’attarda sur son hôte, admirant un instant son profil qui se découpait à travers les lumières des bougies. La courbe de sa mâchoire, l’ombre de ses cils sur ses joues, la finesse de ses lèvres…

« Je… »

Il s’interrompit et regarda autour de lui comme pour se raccrocher à quelque chose de connu. Kurt n’avait pas envie d’abandonner Andrew alors qu’ils n’avaient même pas commencé à se connaître. Car il sentait, quelque part au plus profond de lui, qu’une sorte de connexion s’était passée entre eux. Une connexion presque semblable à celle qui le liait à Finn, à Artie… ou à Alex. Non, pour une fois, il se voulait plus fort que ses peurs. Plus fort que ses doutes.

Il avait brusquement besoin d’air. Il avait besoin de respiré.

« Tu… Tu n’es pas originaire de Lima, n’est ce pas ? Je dois te montrer quelque chose. »

Il se leva et s’empara fermement de la main d’Andrew, sa paume se calant parfaitement dans la sienne. Un léger sourire un peu plus confiant s’esquissa sur ses lèvres. Kurt avait besoin d’un terrain neutre. Un terrain où il pourrait finalement parler sans restriction… Il avait tellement de chose dans sa tête, tellement de chose qu’il avait envie de hurler, mais qu’il gardait pour lui. Ça lui donnait l’impression d’imploser.

« Je te promets ça vaut le coup. »

Et sans plus de cérémonie, il tira le jeune homme derrière lui, non sans avoir prit le temps d’emballer le gâteau et de fermer la porte de l’appartement derrière eux.

« Il n’y a qu’un seul endroit qui vaille réellement le coup d’œil dans cette ville,
expliqua Kurt alors qu’il lui ouvrait la portière de son SUV. C’est loin de tout. Peu de monde le connait, c’est un peu mon coin secret... Je te jure que je ne suis pas un serial killer. »

Il ne voulait absolument pas effrayer Andrew et il ignorait pourquoi il avait cette soudaine envie de partager son sanctuaire avec cet inconnu. Peut-être était ce car il avait envie de lui parler sans barrière ou faux semblant. Ils roulèrent une demi-heure, s’éloignant des lumières de la ville pour traverser une ferme aux abords Lima. Finalement, il s’arrêta juste devant un champ qui s’étendait à perte de vu. Le froid de décembre le fit frissonner et machinalement, Kurt ouvrit le coffre pour en sortir une couverture en laine ainsi qu’un hoodie qu’il tendit à Andrew.

« Ce serait bête que tu tombes malade… Tu seras estampillé par la marque Hummel, très peu seyant mais ça te gardera au chaud. »

Un léger clin d’œil avant qu’il ne s’allonge sur la couverture par terre, le visage tourné vers le ciel et ses étoiles. On pouvait mieux les admirés ici, loin de la cacophonie et de la lumière de la ville.

« C’est beau, n’est ce pas ? Je t’avais dis que ça valait le coup, déclara t-il quand il sentit une présence le rejoindre. Je viens ici depuis la mort de mon père, ça m’apaise un peu… de savoir que je suis si ridiculement petit face à toute cette immensité qui s’étend au dessus de nous. »

Lentement, Kurt chercha la main d’Andrew sur la couverture et la serra dans la sienne… un moyen comme un autre de se réchauffer le corps à défaut du cœur. Il tourna la tête vers lui, et doucement il se pencha pour déposer un baiser, juste un effleurement de ses lèvres sur sa joue à vrai dire.

« Ça c’est pour le cheesecake, expliqua t-il dans un sourire. Alors, quelle est ton histoire Andrew Lockart ? Ici pas d’artifice, il n’y a que nous et les étoiles pour nous prendre en témoins. Je te promets qu’elles ne répéteront rien, ce sont de très bonnes confidentes. »

Il serra un peu plus sa main dans la sienne. Kurt voulait juste rêver avant que le jour ne le ramène à la réalité.
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Mar 21 Jan - 22:34


"L'amour brille sous les étoiles
D'une étrange lumière
La terre entière, en parfaite harmonie
Vit un moment royal
"

Petit Andrew, 8 ans à peine, était sur le ventre, devant la télévision. Il s'en souvenait encore, même aujourd'hui, malgré le temps qui passait à une vitesse folle. Le tapis duveteux qui sentait la poussière, ses motifs qu'Andrew, inconsciemment, suivait du doigt. Et les images, qui défilaient, tantôt tristes ou sévères, tantôt joyeux, amusantes. Et le petit garçon oscillait, entre les rires et les larmes. Non, bien sûr que non, le papa lion ne pouvait mourir. Parce que les méchants devaient toujours perdre, parce qu'il avait déjà tué la maman de Bambi, et parce qu'on le voyait dans le ciel parler à son fils. Dans la maison plein pied de ses parents, on se moquait de lui, de ses habitudes vestimentaires qu'il avait tiré de sa mère, ombre misérable et pourtant si parfaite, qui acquiesçait dans l'ombre d'un mur. Et de pleure à chaudes larmes quand l'oncle pervers forçait à l'exil le lion enfant, qui devait avoir son âge. Pars et ne reviens jamais. Personne ne s'étonnait plus de voir le petit Andrew pleurer. Il avait voulu faire de la danse, et inscrit au football, il avait renoncé. Il adorait cuisiner, avec sa mère surtout, qui lui apprenait à faire des petits bonhommes en biscuit. Et là, il pleurait devant le Roi Lion. Suite logique des choses. Le père ne pouvait avoir un fils promis à une carrière dans le football américain, quarterback de son équipe, adolescents multipliant les conquêtes. Alors qu'Andrew se réfugiait que trop souvent dans les jupes très Années 50' de sa mère. Pars et ne reviens jamais. C'est un peu ce qu'il avait vécu, avec son père sur le pas de la porte, une valise de prête, sa mère pleurant à côté du père, ne disant mot, et un frère absent. Mais manquait au cruel tableau un phacochère débonnaire et un mangouste épileptique.

La nuque pliée, Andrew était plus vieux maintenant. Réchauffé malgré la nuit froide de décembre, il ne savait si c'était du au sweet à capuche estampillé Garage Hummel ou à la main de Kurt dans la sienne, le jeune homme se sentait bien. Un nuage de condensation se formait à chacune de ses respirations, et il s'amusait à la voir s'évanouir dans les ténèbres, à peine éclairée au loin par le dôme lumineux que faisait Lima dans le paysage, et les étoiles, seules spectatrices. Bien sûr, Andrew s'était inquiétait. Un peu. Se faire embarquer hors de chez lui dans un lieu inconnu, hors de toute civilisation était un tantinet angoissant pour quelqu'un comme Andrew qui passait son temps sur le net pendant ses heures libres, à défaut de s'adonner à mieux. Même lorsque Kurt ouvrit son coffre, le coeur d'Andrew eut un raté, s'imaginant déjà devoir courir, échappant à un mécanicien fou, la bave aux lèvres, hurlant "On va jouer un jeu" et en brandissant une tronçonneuse habilement huilée. Bien entendu, il se rasséréna vite, voyant la couverture et le hoodie que lui avait tendu le jeune homme. Quelle douce attention, quand on regardait les températures de ce mois de décembre. Assis, épaule contre épaule, main dans la main, il n'échangerait sa place pour rien au monde. Ni le baiser furtif déposé sur sa joue déposé quelques instants plus tôt. Au moins, le garçon n'avait qu'une parole.

Raclement de gorge. Il n'avait pas voulu rompre cet instant magique. La nuque toujours pliée, la tête toujours tournée vers les étoiles.

"Oui, tu avais raison, cet endroit est vraiment magnifique."

Un sourire taquin, creusant au passage deux fossettes aux joues d'Andrew, se dessina sur son visage.

"Même si j'ai cru un instant vivre un remake de film d'horreur."

Rire. Sourd dans l'immensité du silence. Mais rien n'était angoissant. Andrew n'était jamais rassuré dans le noir, peur viscérale sans doute de l'animal qui dormait encore en l'espère humaine. Le réveil était indispensable pour le jeune homme, lui évitant de rater les premières heures de se service, mais surtout d'être plongé dans le noir complet de sa chambre. Idem pour la voiture, allumant en premier le plafonnier du véhicule lorsqu'il y entrait. Il n'était pas victime d'une imagination trop débordante, ou d'un traumatisme latent. Il voulait juste se rassurer et préférait la lumière. Mais ce soir là, rien d'angoissant, ni d'effrayant. Sa respiration restait régulière, calme, et il avait décidé de profiter de cette soirée. Qui sait, il en avait eu tellement peu, de soirées dans ce genre. Peut être était-ce la première qui le marquait autant. Se tournant vers Kurt, les deux visages irrémédiablement proches, il hésitait à répondre, perdu dans la contemplation du visage du mécanicien. La lumière blafarde des étoiles rehaussait la pâleur de la peau de Kurt, le rendant presque irréel. Andrew pouvait enfin, de tout son saoul, admirer les traits fins du jeune homme, la courbe de ses lèvres, les lignes de ses pommettes.

"Que veux tu que j'ai à raconter d'intéressant ? Tu connais mon âge, tu connais mon goût pour les comédies musicales et pour les essaies en pâtisseries de l'extrème."

Rire. Puis soupire.

"Le reste n'est pas plus exaltant. Je suis vendeur, à plein temps. Et serveur au bar-karaoké, certains soirs. Au début c'était pour subvenir à mes besoins. Quand tu vis seul et que tu ne vois plus tes parents, tu apprends vite à être indépendant. Aujourd'hui, j'y ai pris goût. Je n'ai jamais vraiment eu de petit ami, pas un avec qui j'ai vécu du moins. Peur de l'engagement, ou d'admettre ce que j'étais, alors que c'est pour ça que je ne suis plus avec mes parents, je ne sais pas, et je ne veux pas savoir."

Retour vers les étoiles. Kurt avait raison, elles étaient belles, comme si Andrew les voyait pour la première fois. Première fois depuis longtemps. Finalement, en ville, baignés dans la lumière ambiante, on ne faisait plus attention aux coins de ciel qui perçaient encore entre les toits des buildings. Andrew s'allongea, imitant tardivement Kurt, serrant au passage la main du garçon un peu plus. Les deux mains vinrent rejoindre le torse du jeune vendeur qui sentait leur chaleur à travers les couches de ses vêtements. Peut être l'imaginait-il, cette chaleur, mais il voulait y croire. Comme il voulait croire que cette soirée ne serait pas la dernière. Les yeux mordorés d'Andrew se rabattirent sur un autre spectacle, celui du visage de Kurt, autrement plus captivant.

"Voilà, tu dois être déçu. Ma vie est loin d'être palpitante, alors que la tienne semble être si... unique ! Comment es-tu devenu garagiste ? Quand tu as le physique d'un styliste de haute couture ?"

Puis plus bas.

"En tout cas, je suis ravi d'être tombé en panne. Et d'être ici, avec toi. Vraiment."

Cette fois ci, c'était à Andrew de remercier Kurt. Et leur visage se rapprochèrent, comme plus tôt dans la soirée. Mais ce n'était pas la joue du jeune homme à laquelle ses lèvres étaient destinées, mais bien à celles du mécanicien.

"Sous les diamants des étoiles,
Quel magique univers.
"

Oeuf #8 (Lapin en vrai)
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Jeu 23 Jan - 23:16

Un léger rire lui échappa quand Andrew lui avoua avoir eu peur. Kurt ne pouvait lui en vouloir, à sa place il se serait très certainement enfuit en courant. Il avait levé les yeux des milliers de fois vers la voûte étoilée, et autant de fois, il avait été ébloui par les robes de lumière de toutes ces dames du firmament, des plus illustres aux plus anonymes. L'incomparable éclat de Vénus, la beauté wagnérienne de Cassiopée, la volupté de la Voie lactée. Inséparables compagnes qui l’avaient silencieusement admiré étancher sa douleur et sa tristesse au milieu de ce champ solitaire. Et même s’il ne croyait pas en l’existence d’un quelconque Dieu, Kurt se raccrochait puérilement à l’idée que ses parents le regardaient de là-haut. Un peu comme Mufasa continuait de veiller sur Simba. Inconsciemment, il se rapprocha un peu plus d’Andrew, afin de pouvoir profiter un peu plus de sa chaleur.

La joue calée contre l’épaule du jeune homme, Kurt écouta attentivement son histoire sans jamais émettre le moindre son. Andrew semblait avoir une relation difficile et complexe avec ses parents, chose que Kurt eut la chance de ne pas connaître. Burt était –avait été- le meilleur père du monde. A cette pensée, son cœur se serra douloureusement tandis qu’il baissait lentement les yeux sur leurs mains qui reposaient à présent sur le torse d’Andrew... et il ne put s’empêcher d’esquisser un faible sourire. Ce n’était peut-être qu’un simple geste, mais un geste qui lui réchauffait le cœur. Il laissa planer quelques longues secondes, son pouce caressa dans un mouvement réconfortant le haut de la main d’Andrew. Et quand il lui posa sa question, concernant sa situation actuelle, un sourire désabusé fut sa seule réponse.

« Je… »

Il s’interrompit quand il remarqua qu’Andrew se penchait dans sa direction. Figé Kurt plongea dans son regard et s’y noya sans le moindre scrupule, voulant graver à jamais dans sa mémoire cette couleur si particulière entre vert et marron. Cette couleur qui l’intoxiquait délicieusement. Son cœur battait férocement dans son torse, et ses mains devinrent moites malgré le froid… Dieu, il pouvait même se sentir rougir. Kurt se sentait stupide face à ses réactions d’adolescents. Il avait pourtant depuis bien longtemps passé ce cap, et il n’était plus impressionné ou crédule dans l'art et le plaisir de la chair. Mais il ne s’agissait pas d’une aventure sans lendemain avec un homme dont il aurait déjà oublié le prénom au petit matin.

Sa respiration s’accéléra sensiblement et il ferma les paupières, abandonnant la lutte avec ses peurs et ses appréhensions. Il en avait envie. Oh, il en avait terriblement envie… Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait plus ressenti une chose pareille. Et quand les lèvres d’Andrew rencontrèrent finalement les siennes, son rythme cardiaque monta en crescendo, tambourinant désespérément dans son cœur et ses tympans. Son cœur et son corps qui lui hurlaient, incrédules peut-être.

Oh, regarde Kurt, tu es encore vivant. Tu vois, tu ressens encore, tu n’es pas qu’un cadavre qui respire.

L’envie de pleurer lui étreint la gorge, et il se concentra sur le baiser auquel il répondit lentement, presque avec hésitation comme de peur de mal faire. Les lèvres d’Andrew étaient douces et elles se pressaient contre les siennes avec délicatesse mais fermeté. Kurt inclina légèrement la tête afin d’approfondir leur baiser… Il porta une main à la joue du jeune vendeur pour avoir un point d’appui, ou un point où s’accrocher pour ne pas sombrer. Quand ils se séparèrent Kurt garda les paupières closes, souhaitant rester un peu plus longtemps sa petite bulle loin de la réalité. Il finit pourtant par les ouvrir pour rencontrer les yeux d’Andrew et il sourit faiblement avant de reprendre sa position, se calant à nouveau contre son épaule, un petit soupir lui échappant.

Il y avait tellement de chose qu’il avait envie de dire. Qu’il avait envie de hurler au monde. Il leva les yeux et admira ces lumières bleutés au dessus d’eux, et les lumières de la ville qui brillaient comme un point à l’horizon.

« Qu’est ce que tu voulais faire quand tu étais petit ?
Demanda t-il finalement d’une voix basse et rauque. »

Il frissonna brusquement, mais il ne saurait dire si c’était de froid ou de toutes ces choses qu’Andrew lui faisait ressentir.

« Je t’ai entendu chanter, ou fredonner… Et du peu que j’ai entendu, tu as une très belle voix. Je ne sais pas, je t’aurais cru professeur de musique ou quelque chose comme ça. Tu chantes bien. J’adore ta voix, j’aimerais bien l’entendre plus distinctement la prochaine fois. »


Car oui, il y aurait définitivement une prochaine fois. Kurt serra un peu plus fort la main d’Andrew, comme de peur que celui-ci finisse par s’envoler ou disparaître.

« Quand j’étais petit, je voulais être acteur à Broadway,
déclara t-il dans un murmure. J’hésitais d’ailleurs entre la NYADA et Parsons comme universités. Les arts où le design peu m’importait, je voulais juste… faire quelque chose que j’aimais. »

Devait-il continuer ? Mon dieu, il était tellement pathétique. Andrew finirait par fuir et certainement ne serait ce pas une mauvaise chose.

« C’est… -il déglutit difficilement- Ma mère est décédée quand j’étais enfant, c’était il y a longtemps. J’avais six ans, pour tout t’avouer je m’en souviens à peine. »

Les souvenirs finissaient par disparaître avec le temps, peu importe comment on s’y accrochait. Kurt avait fini par oublier le son de sa voix, et celui de son rire. La manière qu’elle avait de l’appelé « mon chéri », s’il n’y avait pas les photos, il aurait sûrement fini par oublier son visage.

« C’est mon père qui m’a élevé… C’était un homme impressionnant avec des manières un peu rustres, mais en vérité il s’agissait d’un vrai bisounours, expliqua t-il dans un rire mouillé. C’est lui qui a créé le garage et il avait des gouts déplorables en matière de mode, crois moi… Les chemises en flanelles ? Très dépassé. Mais… »

Il dut s’arrêter pour prendre une grande respiration.

« Mais il a toujours prit soin de moi, et Dieu seul sait combien de fois je l’ai rendu fou… Il m’a toujours accepté, il m’a toujours soutenu, peu importe mes choix ou mon orientation. Mon père… c’était mon point d’ancrage. C’était la personne vers qui je me tournais quand tout partait en vrac. C’était la personne que j’aimais le plus au monde. »

Un silence. Kurt se détacha un peu d’Andrew, comme s’il voulait fuir… mais il se contentait de garder les yeux sur le ciel.

« Il est mort lors de ma dernière année de lycée. Une crise cardiaque. Et à partir de là mon monde n’a plus jamais été le même. Et il ne le sera plus jamais. L’université ne semblait plus aussi important après ça. Je suis resté à Lima, et j’ai repris le garage… Parce que c’est la seule chose qui me reste de lui, tu comprends ? Je ne peux pas l’abandonner, je ne veux pas l’oublier comme j’ai oublié ma mère. Je crois que ça me tuerais. »

Il se racla la gorge et essaya de sourire d’un air un peu plus jovial.

« Mon père s’était remarié, du coup je me retrouve avec une belle mère Carole, elle est géniale ! Et un demi-frère, Finn, que j’adore autant qu’il peut m'exaspérer… Oh, tu as surement déjà entendu parler de lui, il dirige un des glee clubs. Les Urban Hymns, tu connais ? »

Subtil changement de sujet, Kurt, bravo !
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Ven 24 Jan - 18:33

"Qu’est ce que tu voulais faire quand tu étais petit ?"

Cette question.

Andrew avait la tête posée contre la couverture, le regard tourné vers les étoiles. Il sentait même quelques brins d'herbe chahuter dans ses cheveux. Quelle question. Qu'allait-il répondre ? Que pouvait-il répondre ? Le jeune homme était encore sous l'effet du baiser, furtif mais intense, qu'il avait échangé avec Kurt. Avait-il eu raison de le faire ? Si le mécanicien y avait répondu avec ferveur, retenant son visage avec une main fraîche et gracile, il s'était maintenant éloigné. Laissant un espace entre leur deux épaules, entre leur deux corps, qu'Andrew n'osait combler. Fervent défenseur de son intimité, il savait qu'observer une distance de sécurité était parfois le mieux que l'on pouvait faire dans une relation. Mais des relations, il n'en avait pas eu, pas beaucoup. A peine y prenait-il goût que déjà elles se terminaient. Parce qu'Andrew travaillait trop, et ne profitait pas assez de sa jeunesse, soit disant. Ou parce qu'il s'attachait trop, trop vite. Échaudé, le serveur prendrait son temps, sans espérer. Laisser les choses se faire était sans doute le mieux. Toujours le regard fixé sur les étoiles, étrangement fixes dans le ciel quand on était habitué aux feux des avions ou aux lampadaires qui défilaient sur le bord de la route, il décida de répondre. Franchement. Se livrer était sans doute un premier pas, une première approche, une façon comme une autre de combler cet espace entre eux deux.

"Je ne sais pas. Je voulais faire un peu tout quand j'étais petit. Indiana Jones. Batman. Docteur Mamour."

Laisser les autres perspectives au placard. Freddie Mercury, Katy Perry, mais les places étaient déjà prises. Et puis, le pourquoi il était devenu serveur, et vendeur au Levis Store, était assez limpide et explicite pour ne pas être abordé. Andrew ne pu retenir un sourire amusé lorsqu'il entendit Kurt parler de sa voix, ou de ses prétendues qualités de chanteurs. Bien sûr, le jeune homme savait qu'il chantait juste, mais il était bien loin d'avoir une voix exceptionnelle. Contrairement à Kurt, et sa voix étonnamment haute et cristalline. Une véritable voix d'ange, avec ce côté désabusé qui plaisait tant à Andrew. Mais était-il encore totalement impartial, ou aimait-il cette voix si unique simplement parce que le propriétaire lui plaisait aussi ? Lui plaisait vraiment ? Des yeux bleus, immenses et sublimes, un sourire à se damner, et une simplicité qui pouvait mettre le cœur du serveur à ses pieds. Rapidement. Et ça effrayait Andrew, cet attachement fulgurant.

"Arrêtes tes compliments, tu as une voix exceptionnelle et unique. Mon côté chanteur de karaoké, aussi bons soient-ils à Lima, fait pâle figure à côté du peu que j'ai entendu."

Et il continua, le corps légèrement tourné vers Kurt, la main à mi-chemin entre lui et le mécanicien.

"Aurai-je le droit à un concert privé un jour ? Je suis sûr que tu as d'autres talents cachés, et que tu chanterais divinement bien sur mon album de Wicked."

Vas-y, enfonce le clou, Drew. Quel tact. Il se décida à avouer la vraie raison de cette réflexion. Une façon déguisée de l'inviter, et de rattraper sa bourde.

"Ce que je voulais dire, c'est que tu peux venir quand tu veux pour l'écouter."

Ou me voir. Changer de sujet, et rapidement. Andrew ne pouvait pas prendre le risque de s'embourber dans une conversation glissante qui risquerait de lui coûter cher. Pas maintenant. Pas au début. Si les parents de certaines de ses amies avaient toujours trouvé en lui le gendre idéal, il ne l'était pas suffisamment pour garder auprès de lui ceux qu'il chérissait. Et Kurt semblait en faire parti, même s'il ne savait pas encore jusqu'à quel point. Le jeune homme s'était confié à lui, lui racontant sa vie, ses douleurs, son enfance. Il avait eu confiance en lui, et c'était sans doute la plus belle marque d'affection. Mais Andrew avait peur d'aller trop vite. Et de ne pas profiter de ces début de relation que l'on regrettait toujours ensuite. Les papillons dans le ventre, les regards pétillants, les sourires timides, les joues rosées. Et les premiers gestes, les premières pulsions, les premières envies. Tout passait trop vite. Toujours. Et le temps filait entre les doigts d'Andrew. Il ne pouvait se résigner à travailler comme un forcené si ça lui faisait perdre du temps passé en compagnie de Kurt. Mais le choix n'allait peut être pas s'imposer à lui, et cette soirée serait hypothétiquement la dernière. Mais il ne fallait surtout pas y penser, pas maintenant, et profiter des minutes qui semblaient courir les unes après les autres et s'enfuir pour faire venir le matin plus vite.

"Je vais te décevoir, mais je ne connais ni ton beau-frère, ni son glee club. Je ne connais pas bien la ville, et ne suis pas vraiment quelqu'un d'intégré dans le milieu. Quoique, j'avoue en voir défiler des talents au bar-karaoké, comme Peter, ou Ingrid. Des New Directions."

Puis plus bas, plus proche, et pourtant si terriblement éloignés au goût d'Andrew, il continua.

"Et je ne peux t'imaginer ailleurs que sur la scène. Tu es si talentueux Kurt ! Mais je respecte ton choix. Pour le garage. Tu es un mec bien Kurt, vraiment. Il y en a trop peu par ici, je peux te l'assurer."

Quelle heure était-il ? Andrew n'aurait su le dire. Mais il ne se risqua pas à lancer un regard vers sa montre. De peur de voir que plusieurs heures s'étaient déjà enfuies.
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Sam 25 Jan - 0:28

« Tu aurais été adorable en Indiana Jones, déclara t-il avec un sourire. »

Il se l’imaginait parfaitement, cette version miniature d’Andrew armé d’un chapeau et d’un fouet en plastique se lançant à la recherche de l’Arche Perdue. Son sourire ne se tarissait pas tout au long tout au long de son explication. Kurt se contenta de lever les yeux, et de le regarder silencieusement, appréciant les reliefs nouveaux que creusait la lumière blafarde de la lune et des étoiles. L’envie de tendre la main pour chasser une boucle rebelle de son front le saisit, mais il se força à garder ses mains pour lui. Toucher Andrew, peu importe comment, serait une très mauvaise idée. Pas quand son âme hurlait pour sentir tout contre lui la chaleur du corps d’Andrew. Pas quand ses mains avaient envie de glisser le long de ses bras afin d’en apprécier les muscles et la douceur de sa peau. Pas quand ses lèvres ne voulait que saisir les siennes pour le faire sien. Kurt n’était qu’une brindille de bois et Andrew en était l’allumette qui finirait par le consumer.

Il plissa néanmoins les yeux tandis qu’il se redressait sur un coude afin de surplomber Andrew.

« Tu sais ce que je crois ?
Murmura t-il sur le ton de la confidence. »

Ses yeux capturèrent les siens et son sourire s’agrandit sensiblement.

« Je crois que tu te sous estime. Je pense que tu ne prends pas conscience de toute la dimension de ton talent… »

Lentement sa main alla rejoindre les deux ficelles du hoodie qui pendaient sur son torse, il s’en empara les triturant rêveusement.

« Et surtout, je pense qu’il faut que tu apprennes à accepter les compliments… Surtout quand ils viennent de moi, susurra Kurt alors que sa main remontait jusqu’à la mâchoire d’Andrew qu’il effleura du bout des doigts. Tu es bon… Et j’aimerais réellement t’entendre chanter plus distinctement, parce que je suis certain que tu en vailles la peine. Mais je te remercie, ton avis me touche… je suis particulièrement fier de ma voix. »

L’une des seules choses qui lui restaient de son ancienne vie. Son cœur bondit dans sa poitrine et ses sens s’embrasèrent, le menottant au bucher infernal du désir. Ses lèvres s’esquissèrent en un sourire en coin, charmeur.

« Tu peux avoir droit à tout les concerts privés que tu veux, répondit-il avec sincérité alors qu’il chassait finalement cette boucle récalcitrante qui l’obnubilait. Mes talents cachés se feront un plaisir de te dévoiler toute la puissance de ma voix… Certains plus que d’autres d’ailleurs, mais ça implique à ce que tu m’accompagnes. A ce stade, je pourrais chanter sur tout ce que tu voudras. »

Parlait-il seulement de musique ? Le sous entendu était évident. Kurt agrémenta sa réponse d’un clin d’œil taquin, et même s’il mourrait intérieurement de honte, il ne pouvait s’en empêcher. Andrew était magnifique quand il rougissait.

« Tu peux aussi l’écouter chez moi la prochaine fois. Hum, je veux dire… Tu pourrais venir avec ton album pour l’écouter chez moi. Si tu veux, évidemment. »

Kurt souhaitait montrer à Andrew qu’il voulait s’impliquer dans ce semblant de relation dont les prémices ne faisaient que commencer. Il ignorait toujours où cela les mènerait, mais là, en cet instant précis, le jeune homme s’en moquait pertinemment. Il profitait de cette soirée, et ne ferait face qu’aux conséquences demain matin –si conséquences il y aura.

« Peter ? Quelqu’un de spécial, peut-être ?
Taquina t-il, essayant d’alléger l’atmosphère. »

Il lui avait avoué ne jamais avoir eu de petit ami, mais cela ne signifiait pas qu’il n’avait jamais eu de faible pour quelqu’un.

« Oh, les New Directions… Oui, je connais. J’en faisais parti au lycée, comme plus de la moitié des Urban Hymns à vrai dire. Je peux te les présenter si tu veux ? Je suis certain que Finn serait ravi d’avoir un nouveau membre, et être dans une chorale te permettrait de cultiver et d’entrainer ta voix à un niveau assez élevé. Tu as déjà pensé à rejoindre une chorale ? »

Voilà qu’il s’enthousiasmait. Mais ce fut à son tour de rougir, et il baissa les yeux sur Andrew, brusquement impassible. Dieu… cet homme était-il seulement réel ? Il le dévisagea un instant avant de fondre sur lui, capturant sa bouche avec la sienne et l’embrassant avec passion. Il aurait voulu lui dire : Je ne suis pas un mec bien ! Mais toi, toi, tu l’es ! Kurt enfouit ses mains dans les boucles d’Andrew, tirant son corps contre le sien, frissonnant sous les vagues d’adrénaline qui courraient, douceâtre, dans ses veines.

« Okay... »

Il devait arrêter.

« Okay, okay… souffla t-il en se détachant et en se redressant brusquement. Stop. Je suis désolé c’est… »

Fébrile, Kurt se passa une main dans ses cheveux, se mordant instinctivement la lèvre inférieure.

« Ça va trop vite… Écoute Andrew, tu me plais. Tu me plais même énormément, je te trouve adorable, gentil, talentueux et tu me rends complètement fou. »

Littéralement. Il pinça les lèvres, nerveux, alors qu’il replia ses jambes sous lui.

« Ce qui est idiot, on s’est à peine rencontré hier… Et je ne suis pas prêt à commencer une relation sérieuse avec qui que ce soit. »

Un silence. Durant lequel, Kurt se tourna vers lui pour prendre sa main dans la sienne.

« Mais je ne suis pas prêt non plus à abandonner ce que nous avons… peu importe ce que nous avons. Oh mon dieu, tu dois me prendre pour un fou. Mais j’aimerais faire les choses dans l’ordre, ne pas aller trop vite pour ensuite regretter. Je sais que je finirais pas tout gâcher, et je ne veux pas que ça te retombe dessus. »

L’émotion commençait à le prendre à la gorge, et Kurt du prendre une profonde inspiration.

« Je… Je te propose de commencer par être… amis ? J’aimerais vraiment ça. A partir de demain, nous serons amis et nous prendrons les choses lentement. Qu’est ce que tu en dis ? »

Il entremêla leurs doigts pour lui prouver à quel point cela lui tenait à cœur. Il n’était définitivement pas prêt à dire adieu à ce sourire qui le faisait chavirer, et à ce regard qui l’intoxiquait délicieusement.

« Je t’en prie dis moi oui… Parce que j’ai une envie irrésistible de t’embrasser tout de suite. »

Encore une nuit… Juste une nuit.
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Sam 25 Jan - 12:47

Andrew ne savait vraiment pas comment réagir. Finalement, que voulait Kurt ? Il s'était penché vers lui, l'embrassant, rompant la distance de sécurité qu'il avait maintenu entre eux, et maintenant le repoussait. Non, il ne l'avait pas repoussé. Il avait fait exactement ce qu'Andrew avait désiré. Avait pensé désirer. Mais le terme "ami" était devenu tellement dur et cruel dans la bouche du mécanicien. Andrew s'était laissé faire, statue de marbre, lorsque Kurt avait posé ses lèvres sur les siennes, lorsqu'il s'était tendu pour repartir ensuite. Invasion cruelle, furtive. Atilla roi des Huns n'aurait pu faire mieux. Ou pire. Allongé, stoïque, sur la couverture, le regard vide lancé vers les étoiles, Andrew était ne savait trop quoi répondre. Comment lui dire, alors que sa raison lui hurlait de rester amis, qu'il avait enve d'aller plus loin. Kurt était un animal blessé qui tentait de retrouver le cœur que d'autres avaient piétiné. Et c'était à Andrew de lui redonner confiance. Quitte à ce que la relation qui semblait s'esquisser ne se transforme en une amitié étrange. Évitant le regard de Kurt, de peur d'y sombrer et de rompre les digues de son ressentiment et de sa tristesse, les yeux brillants tournés vers le ciel qui n'avait cessé de les regarder, il décida de faire la seule chose qu'il savait faire à ce moment là. Chanter.

"You want all my love and my devotion.
You want my loving soul right on the line.
I have no doubt that I could love you forever.
The only trouble is you really don't have the time.
You've got one night only, one night only - that's all you have to spare...
One night only... let's not pretend to care...
One night only, one night only, come on, big baby, come on...
One night only... we only have till dawn...
"

Andrew avait toujours adoré ce film. Dreamgirls. Les chansons, l'ambiance, les relations humaines qui se tissaient, entre amour et trahison. Entre amitié et argent. Et cette chanson, One Night Only, était sans doute celle qui convenait le plus à la situation. Encore une nuit, avant que le matin ne vienne mettre un terme à ce qu'ils avaient construit et qui s'effondrerait comme un château de cartes. Le jeune homme continua, de sa voix basse et éraillée pour l'occasion. Le froid sans doute, ou les émotions qui se bousculaient au portail de ses lèvres et qu'il contenait tant bien que mal. Il évitait que Kurt ne l'entendit, la gorge nouée, le visage légèrement détournée, regardant en direction de la ville qui serait le point finale de cette nuit. Et de tellement plus finalement.

"In the morning this feeling will be gone.
It has no chance going on.
Something so right has got no chance to live!
So let's forget about chances!
It's one night I will give...
One night only, one night only - you'll be the only one...
One night only - then you have to run...
"

La dernière note s'était évanouie dans le silence de la nuit. Andrew se redressa sur son coude, le visage toujours tournée vers un ailleurs qui l’empêchait de croiser les yeux de Kurt. Pourquoi se mettait-il dans cet état ? Finalement, il ne le connaissait que depuis la veille. C'était comme perdre un jouet qu'on venait de s'acheter. Mais quand le coeur s'y mêlait, rien était facile. Finalement, il tourna ses yeux noisettes vers le jeune homme, un sourire feint aux lèvres. L'habitude du vendeur obligé d'être aimable avait parfois de bons côtés.

"Voilà, tu voulais m'entendre chanter. C'est bien le moins que je puisse faire...pour un ami."

Andrew n'avait pas cherché à cacher sa déception. Ni sa frustration. Il n'était pas assez orgueilleux pour faire semblant que ça ne le touchait pas, que la situation n'était pas devenue inconfortable. Que leur proximité était devenue presque toxique pour Andrew. Il se mit en tailleurs, rabattant la capuche du sweet sur son cou, serrant les cordons comme pour s'envelopper un peu plus. Une fois la passion éteinte, il faisait froid, et la nuit n'arrangeait rien à la situation. Finalement, Disney était resté un dessin-animé, et il n'y avait que les lions qui pouvaient s'aimer sous les étoiles. Les humains, les adultes, eux, ne pouvaient qu'être rattrapés par la cruauté des sentiments. Andrew soupira, formant un nuage de vapeur devant sa bouche. Kurt était compliqué. Voulant resté ami, tout en lui avouant vouloir l'embrasser. Le jeune serveur brûlait de vouloir se pencher et fusionner ses lèvres à celle du garagiste. Mais il savait qu'il souffrirait, tant que Kurt n'avait pas mis de l'ordre dans son coeur.

"Je ne suis pas sûr que tu veuilles m'embrasser Kurt."

Rire triste. Presque blessé. Mais Andrew tentait de le cacher aussi bien qu'il le pouvait, le coeur au bord des lèvres, les yeux irrésistiblement humide. Et il se sentait incroyablement ridicule.

"Parce qu'on n'embrasse pas ses amis."
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Lun 27 Jan - 13:30

Comment la soirée avait-elle pu passée de légère et agréable à… ça ? Kurt remarqua le brusque malaise d’Andrew, et il s’empressa de lui lâcher la main. Inconsciemment, il s’éloigna sensiblement, ne voulant pas empiéter davantage dans l’espace personnel du jeune homme. Il se mordit les lèvres tandis que les premières paroles d’One Night Only de Dreamgirls retentissaient entre eux. Elle faisait tellement sens, cette chanson là, maintenant, en cette soirée étoilée qui virait au cauchemar.  Le cœur de Kurt se serra et il détourna le regard, refusant de voir cette lueur dans les yeux d’Andrew. Dieu, il était stupide. Tout simplement stupide. La chanson se termina et il hocha la tête, dissimulant autant que possible l’émotion qui lui étreignait la gorge.

Il était stupide. Tout simplement stupide.

« Et tu ne fais que confirmer ce que je disais… Tu es doué. »

Un silence maladroit s’installa et Kurt frissonna ne pouvant s’empêcher la culpabilité de l’envahir tout entier. La culpabilité et le… regret ? Sa première véritable sortie depuis des mois –ou était ce des années ?- et voilà qu’elle tournait en fiasco. Par sa faute. Il ne pouvait que s’en prendre à lui-même. Kurt avait cru, stupidement peut-être, avoir la force et le courage de se faire confiance à nouveau en acceptant l’invitation d’Andrew. Pourquoi l’avait-il accepté d’ailleurs ? L’avait-il prit comme un défi, un test qui lui prouverait qu’il était capable de s’ouvrir aux autres et d’enfin surpasser le décès de son père ? Un test qu’il venait lamentablement d’échouer. Lentement, Kurt tourna son regard vers Andrew et se prit à admirer un instant son profil qui se découpait dans la nuit, éclairé seulement par l’éclat froide et blafarde de la lune.

De qui se moquait-il ?

Il avait accepté l’invitation d’Andrew tout simplement parce qu’il avait envie de le revoir. Sensation étrange et inconnu, cette affection qu’il ressentait pour le jeune homme. Cette affection rapide et surprenante qui le prenait au dépourvu, le désarmant et le laissant pantelant de désir. Et toutes ses émotions le noyaient tel un raz de marée balayant tout sur son passage : peurs, doutes, appréhensions. Les écrivains possédaient un terme spécifique désignant cet étonnant symptôme : le coup de foudre. Au premier regard. Kurt ferma les paupières, refusant de se laisser guider par de quelconques chimères qui n’existaient pas. Il n’était pas le héros littéraire d’un roman à l’eau de rose, le jeune homme avait appris, à ses dépends, qu’il ne devait pas se laisser bercer par des fantasmes… aussi tentateurs étaient-ils. La réalité était tout autre, et la réalité était cruelle et pouvait faire mal. La réalité pouvait tuer. Et il était arrivé à Kurt de souhaiter que cette réalité l’achève pour l’emporter dans son sillage. La mort paraissait tellement douce parfois. Elle promettait de ne plus souffrir. Autant de penser qui l’avait traversé quand il était au plus mal, quand il refusait de laisser quiconque l’approcher de trop près.

Et pourtant voilà qu’il avait emmené Andrew dans son sanctuaire à lui. Dans un endroit dont il n’avait parlé ni à Finn, ni à Ryder. Ni à personne. En une après midi, le jeune homme avait réussi à percer ses défenses avec une facilité déconcertante. Et Kurt en était terrifié. Il avait déjà perdu tellement de chose, il avait peur de s’attacher à quelqu’un, de s’offrir à lui pour finalement le perdre à la fin. Son cœur avait assez souffert, et il se sentait tellement las et fatigué.

Il poussa un soupir tandis qu’il frottait ses mains l’une contre l’autre dans l’espoir futile de se réchauffer. Kurt n’avait plus qu’une envie, rentrée à la maison et se rouler en boule dans son lit, attendant avec impatience que les premières lueurs du jour viennent chasser l’obscurité de la nuit. L’atmosphère était lourde, suffocante, inconfortable. Andrew faisait semblant de rien mais Kurt devinait que son cœur n’y était pas, son sourire n’atteignait pas ses si beaux yeux. Que devait-il faire ? Il avait tout gâché. Il ne faisait que ça : il réduisait tout à néant. Ses rêves, ses espoirs, ses parents… Finalement, peut-être que son destin était de resté enfermer dans son garage, sans jamais pouvoir se lier à d’autres personnes. Andrew semblait vouloir être ailleurs, être loin d’ici. Loin de lui.

« Je… »

Sa voix était rauque et faible, et Kurt du se racler la gorge pour reprendre un peu de sa contenance.

« Je te ramène, déclara t-il dans un murmure. »

Que faire d’autres ? Il ne voulait pas obliger Andrew à rester en sa compagnie. La bulle de béatitude dans laquelle il flottait venait d’éclater. Peut-être était ce mieux ainsi. Il fit un mouvement pour se lever mais il fronça brusquement les sourcils en remarquant les larmes qui s’amoncelaient aux bords des yeux du vendeur.

« Et puis non, dit-il d’une voix ferme, en s’asseyant à nouveau. »

Merde. Quel était le réel but de tout ça ? Kurt aimait beaucoup Andrew, et l’idée que cette soirée soit la dernière le rendait malade. Il ne pouvait pas dire adieu à quelque chose qui n’avait même pas encore commencé. Mais il ne pouvait pas non plus commencer quelque chose dont il ne se sentait pas prêt.

« Andrew, regarde-moi s’il te plait, ordonna Kurt d’une voix douce en saisissant son menton entre le pouce et l’index pour l’obliger à tourner son visage vers lui. »

La tristesse qui transperçait de son visage lui retourna l’estomac. Kurt plongea son regard dans le sien, chassant une larme de sa joue à l’aide de son pouce.

« Je ne sais pas quoi faire. A vrai dire, je ne sais pas ce que je fais. Je… Tu me plais vraiment beaucoup, mais je suis qu’un idiot maladroit comme tu as pu le constater. Je ne veux pas mettre un terme à ce que nous avons… Mais j’ai l’impression que tout va trop vite, et tu me fais ressentir toutes ces choses et… »

Il prit une profonde inspiration.

« J’ai peur. Je suis terrifié. J’ai peur qu’on s’avance trop rapidement et qu’on finisse par le regretter. Ma vie n’est pas simple, je sors à peine d’une période ou j’étais au plus bas. Je ne veux pas te faire souffrir, je ne veux pas t’entrainer là dedans, mais je ne veux pas que tu t’éloignes non plus. »

Kurt essayait vraiment de faire les choses bien. Il essayait vraiment. De toutes ses forces.

« Dis-moi ce que tu veux, Andrew. Dis-moi ce qu’il faut que je fasse. Si tu veux qu’on essaye, je suis plus que partant, mais je ne peux pas te garantir que je ne ferais pas de conneries. Si tu plonges, je te jure que je plongerais avec toi. »

Soupirant, il ferma les yeux et posa son front contre celui d’Andrew.


Dernière édition par Kurt Hummel le Ven 7 Fév - 16:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Lun 27 Jan - 18:13

Andrew en était persuadé, son coeur ne pouvait pas faire d'aussi grands écarts. Sauf dans le wagon verni d'une attraction à sensation. De vraies montagnes russes. Tantôt au sommet, lorsque leurs mains s'étaient touchées, leurs lèvres effleurées. Tantôt au plus bas, voguant dans les très fonds, surfant sur sa tristesse. D'ailleurs, il avait été d'abord étonné de la puissance des sentiments et ressentiments qu'il avait éprouvé. Le jeune homme avait préparé des réponses mouillées d'acide, acerbes ou sarcastiques. Mais ce n'est pas vraiment pas dans son caractère de s'en prendre à quelqu'un, surtout pas quand Andrew appréciait la personne. Et puis, il ne pouvait décidément pas résister à ces deux grands yeux qui le fixaient, presque vindicatifs. Conquérants. Alors qu'Andrew était une terre déjà acquise. A l'intérieur, il bouillait d'impatience, hurlant de joie, joie que ses yeux noisettes devaient sans aucun doute trahir. Mais s'il fallait faire l'éducation sentimentale du jeune garagiste, Andrew était ravi de jouer au professeur. Beaucoup moins de servir de cobaye. A la demande de son ami -mais étaient-ils vraiment amis?- Andrew tourna ses yeux vers le jeune homme, et savait à l'avance qu'il ne pourrait résister au contact.

Soupire. Las. Il fallait vraiment tout lui expliquer. Andrew s'empara de la main de Kurt, l'enfermant doucement pour ne plus la lâcher.

"Kurt. Je vois bien que tout va trop vite pour toi. Tu me proposes d'être ton ami, et je suppose que tu fais ça pour te protéger."

Plus bas. Andrew s'était rapproché, leurs genoux se touchaient, toujours front contre front.

"Je tiens vraiment à toi Kurt. Et tu sais ce que je désire le plus. Si je suis ici, c'est pour suivre la personne de qui je ne peux rester éloigné trop longtemps."

C'était drôle de constater pour le jeune homme que trois petits mots lui venaient si simplement à l'esprit, qu'il pouvait les dire si facilement. Mais il était trop tôt, pour lui, pour eux, et ce n'était pas vraiment le moment. Andrew se connaissait, il s'attachait vite. Très vite. Sans doute une conséquence de ses relations amoureuses mortes dans l'oeuf ou trop rapides pour en avoir profité. Que Kurt lui ait demandé de ralentir le mouvement avait finalement rassuré le jeune homme. Il en avait presque soupiré d'aise. Lui n'était pas prêt à mettre un frein à ce qu'il commençait à éprouver. Le vendeur avait besoin de quelqu'un qui pouvait le canaliser, qui lui demandait ce qu'il ressentait. Mettre un mot enfin sur ce qui naissait sur cette couverture, entre trois arbres et la voûte étoilée. Mais la question de Kurt avait fait se rompre une digue chez Andrew, et sa langue se délia, ses yeux plantés dans ceux du mécanicien. Comment pouvait-on résister à ces deux yeux bleus ? Kurt devait en avoir fait chavirer des coeurs avec ce regard.

"Tu sais, je ne saurai pas dire ce que je veux. Je peux seulement te dire ce que je ressens. Ici, je me sens bien avec toi. Ton regard me captive, ta présence me rassure. Te toucher, te voir, ça me fait me sentir vivant. Maintenant, je sais que tu n'as pas eu une vie facile. Et ce que je veux, c'est que tu sois heureux."

Relativise. On dirait que tu vas le demander en mariage. La pensée furtive d'un avenir à deux le foudroya, un éclair qui le plongea dans une béatitude soudaine. Un sourire mutin naquit sur les lèvres d'Andrew. Il voulait briser cette atmosphère lourde et pesante qui s'était abattue sur les deux garçons. Andrew s'écarta de Kurt, les mains passées derrière la tête, et se laissa tomber sur la couverture. Une figure même de la décontraction et de l'oisiveté.

"Et puis, s'il faut pour ça que je tombe en panne plus souvent, ou te vendre mon album, tu n'avais pas besoin de faire semblant de douter. A moins que tu sois tombé amoureux de mon cheesecake et que tu trouves une excuse pour ne pas faire l'homme qu'on achète facilement. Surtout avec de la nourritures. Au passage, je suis un expert des macarons !"

Nuque relevée. Sourire à faire pâlir de jalousie les pubs Colgate Max White One.

"Je déconne Kurt. Tu fais ce que tu veux. Moi je t'attendrai. C'est pas comme s'il y avait du monde qui se bousculait pour moi. Et puis, pas un ne t'arriverait à la cheville."

Tout simplement parce qu'il n'y en a pas un que j'aimerai autant que toi. Andrew se rallongea sur le dos, les yeux tournés vers le ciel. Il était prêt. Si Kurt voulait qu'ils restent amis, Andrew était prêt à fermer son coeur et à faire taire ses sentiments naissants pour le garagiste. Tant bien que mal, même si ça n'allait pas être facile. Loin de là. Mais si le jeune homme décidait d'accepter cette relation sur laquelle Andrew n'osait mettre de mots, le jeune serveur ne pourrait sans doute pas se contenir plus longtemps et exploserait de joie. Quitte à faire la roue dans l'herbe et danser la salsa sous le clair de Lune. Quel beau tableau il ferait.
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Ven 7 Fév - 16:49

Le sourire d’Andrew le frappa de plein fouet, lui laissant avec la brusque sensation de s’être pris une gifle magistrale. Légèrement sonné, Kurt le dévisagea un instant, n’arrivant pas à détacher ses yeux, admirant son profil, la courbe puissante de sa mâchoire et celle, plus douce, de ses lèvres. Et Kurt se surprit à répondre à son sourire, ses lèvres se courbant d’elles même, ressentant à nouveau cet enthousiasme qu’il croyait avoir perdu. Que c’était étrange, cette sensation, celle qui lui brulait les reins et qui serrait délicieusement son estomac. Cette légèreté qui le faisait léviter juste au dessus d’un espoir retrouvé.

Mais pouvait-il seulement y croire à cet espoir ? Pouvait-il seulement lui faire confiance ? Kurt connaissait pourtant les pièges que semait la réalité. Une seconde de bonheur pour une vie de malheur. Néanmoins, un seul regard vers Andrew et Kurt sentit les fondations sur lesquelles étaient construit le mur de ses défenses trembler un peu.

Juste un peu.

Signe de faiblesse qui lui rappelait un peu cruellement, un peu ironiquement : tu n’es qu’un être humain. Kurt se mordit la lèvre, son sourire toujours présent sur ses lèvres, se demandant un instant si tout cela était bien réel. Si Andrew était bien réel, et s’il se tenait bien là, juste à ses côtés. Instinctivement sa main rechercha la sienne, et il la serra fermement, s’y accrochant… c’était comme s’il ne pouvait pas s’en empêcher. Il avait besoin de ressentir sa chaleur, de se rassuré de sa présence, de le savoir vivant et vrai.

« Ah, souffla t-il en penchant légèrement la tête sur le côté afin de mieux pouvoir le dévisager, l’admirer. Je ne sais pas pour ton cheesecake, je ne l’ai pas encore gouté… par contre en ce qui concerne ton album, on peut toujours s’arranger. »

Il se pencha et du bout des doigts chassa une boucle rebelle qui pendait sur son front.

« On dirait pas comme ça, mais je peux passer mon temps à manger. D’ailleurs, j’aimerais essayer tes macarons à l’occasion, monsieur l’expert… Mais en attendant, je vais chercher ton cheesecake. »

Et sans y penser, il réduit l’espace entre eux et déposa rapidement un baiser sur les lèvres d’Andrew avant de se lever. Il l’avait fait sans réfléchir, naturellement, et il se figea un instant stupéfait de se sentir aussi à l’aise avec le jeune homme, surtout en si peu de temps. Lui qui avait l’habitude se repousser les gens, se complaisant dans une solitude qu’il pensait amicale… mais qui ne faisait que le détruire un peu plus. Un peu plus lentement. Kurt en prenait doucement conscience à présent. Il poussa un soupir et se dirigea vers sa voiture pour s’emparer du gâteau fait par les soins d’Andrew et des couverts à dessert. Tout à sa précipitation, Kurt n’avait pas prit le temps de prendre les assiettes… Peu importait, ce n’était pas indispensable après tout.

Il rejoignit à nouveau Andrew sur la couverture et s’assit près de lui, déposant l’assiette entre eux et lui tendant un couvert.

« Pour quelqu’un qui n’avait jamais fait de cheesecake, je peux déjà te dire qu’il a l’air très bon, commenta t-il en lui adressant un clin d’œil taquin. »

Et sans plus de cérémonie, il planta sa fourchette dans le crémeux du fromage pistache-citron et le porta à sa bouche. C’était bon. Le gout de la pistache ressortait plus que celui du citron, mais ce n’était pas mauvais. A vrai dire, ça en était même surprenant.

« Oookay, maugréa t-il, une légère moue sur le visage. Si tu fais tes macarons aussi excellents que ça, tu risques de devenir mon dealer de sucre préféré. Tiens, goûte. »

Oh mon dieu, qu’il était niais. Qu’il se sentait ridicule. Kurt avait l’impression d’être un adolescent qui ressentait ses premiers émois. Mais une nouvelle fois, un regard vers Andrew et toutes ses appréhensions se volatilisaient comme neige au soleil. Le jeune homme n’était pas humain... Avec un sourire, Kurt leva une main et essuya le coin des lèvres du jeune vendeur, chassant les miettes du gâteau qui s’y étaient logées.  

Sa main s’accrocha à sa joue, son pouce caressant le grain de sa peau, Kurt n’arrivait pas à ne pas le toucher. Andrew finirait certainement par le prendre pour un serial killer et déposait une plainte contre lui, l’interdisant de le toucher à nouveau. Dieu, qu’il pouvait être idiot quand il stressait. Précautionneusement, le mécanicien déposa le cheesecake derrière lui, afin de lui permettre de se rapprocher du jeune homme. Il posa lentement son front contre le creux du cou du vendeur, respirant profondément le parfum qui s’y dégageait. Une odeur tellement Andrew qu’il eut le mérite de détendre Kurt qui poussa un petit soupir serein.

« Tu ne vas pas le faire croire que personnes ne veux de toi. C’est impossible. Tu es… Tu es magnifique, Andrew. Et gentil et rassurant et… Je me sens bien avec toi. »

Comme pousser par un être invisible, Kurt se déposa un baiser dans le creux de son cou, profitant allègrement de sa chaleur. Il ferma les paupières, et laissant bercer par la respiration d’Andrew, laissant quelques longues secondes de silence s’installer entre eux.  

Un silence confortable et apaisant.

« Et si… »

Il se racla la gorge maladroitement avant de se reprendre.

« Et si on ne mettait pas de mot sur… ça ? Sur ce que nous avons, cette relation qui est en train de naitre entre nous ? Pas besoin d’étiquette. Je me sens bien, et je ne veux pas penser au reste. Et si… »

Kurt leva les yeux et plongea son regard dans celui d’Andrew.

« Et si on se contentait d’être Andrew et Kurt ? D’être juste nous, tout simplement… Est-ce que ça t’irait ? J’aimerais vraiment ça. »

Un coup de vent un peu plus glacial frappa la plaine et Kurt se blottit un peu plus contre le jeune homme. Il commençait à faire de plus en plus froid… Il serait raisonnable de rentrée pour ne pas tomber malade, mais Kurt ne voulait pas partir. Il voulait rester ici avec Andrew pour toujours. Au diable le temps, le monde et les difficultés de la réalité.
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Sam 8 Fév - 18:58

Finalement, Kurt était un garçon étonnant. La réflexion s'était imposée à Andrew, tandis qu'il sentait le cœur du jeune homme battre à tout rompre contre sa poitrine. L'odeur des cheveux de Kurt, sucrée et douce, chatouillait les narines du jeune serveur, complètement enivré. Il ne pourrait décidément plus se passer de cette odeur si vite -trop vite?- devenue familière. Et addictive. Les bras du mécanicien passés autour de lui étaient d'une chaleur bienvenue. Le vent s'était levé, rappelant douloureusement à Andrew que la nuit était bien entamée et que le froid viendrait sans doute les chasser. Posant son menton sur le haut du crâne de Kurt, il ferma les yeux, se délectant une dernière fois de l'odeur de ses cheveux rebelles. Un sourire taquin naquit sur les lèvres d'Andrew. Relevant le menton pâle du jeune homme d'un index autoritaire, il planta ses yeux noisettes et brillants d'un éclat euphorique et plaqua ses lèvres sur celles de Kurt. La poussée avait été calculée, assez puissante pour que le torse d'Andrew amène dans sa chute le corps du garagiste. Assez douce pour que Kurt ne se fasse pas mal en s'allongeant, contraint. Les lèvres de Kurt avaient ce même aspect sucré sur son odeur. Douces, elles demandaient à être goûtée patiemment. Et Andrew ne voulait pas s'habituer aux baisers furtifs qu'ils avaient jusqu'alors partagés. D'abord les lèvres, puis leur commissure. Les bras tendus, bandés pour ne pas se laisser tomber sur Kurt, les cuisses enserrant les hanches de son ami, le jeune vendeur avait décidé de prendre son temps, profitant de la surprise -et de la joie- qu'il pouvait lire dans les yeux de l'autre. La commissure, puis les reliefs de la mâchoire de Kurt. Plus bas, toujours. C'était cette fois-ci au cou de Kurt de subir une inspection soufflée. Andrew sentait la respiration de Kurt s'accélérer, ou peut-être était-ce la sienne qui faisait écho au désir qui le tiraillait. Le cou, embrassé, tantôt mordu, mordillé avec douceur, puis de nouveau les lèvres de Kurt. Et cette fois-ci, leurs langues se joignirent à la partie. Brièvement. Andrew avant rompu le lien.

Les yeux mordorés regardaient toujours ceux clairs de Kurt. Et Andrew ne pouvait s’empêcher de sourire. Parce qu'il se sentait bien, étrangement bien dans ce froid hivernal. Parce que le corps de Kurt n'était plus étranger, et qu'il savait qu'il lui restait encore une infinité de détails à découvrir. Le garçon s'allongea sur le flanc, et passa un doigt aventurier sur les reliefs du torse de Kurt qui se dessiné discrètement à travers les vêtements. Les yeux d'Andrew ne pouvait, avides, que suivre sa trajectoire. Du torse, il passa à la base du cou. Du cou, il visita les lèvres entrouvertes. Andrew ne voulait pas encore découvrir le reste, la base du buste ou les bras habitués aux travaux physiques. Ils auraient du temps finalement. Kurt le lui avait proposé, et Andrew avait une réponse toute trouvé.

"Etre un nous me convient parfaitement, Kurt." souffla-t-il, les lèvres non loin de l'oreille du garçon.

Se ramassant sur ses jambes, Andrew se releva, entraînant avec lui Kurt qu'il enveloppa d'une épaisse couverture.

"Tu as froid, tes mains sont gelées. Rentrons."

Un bras passé autour de la taille de Kurt, moins possessif que voulant le réchauffer, il se dirigea vers le véhicule de Kurt. Il ramassa au passage les restes de leur nuit étoilée, seuls vestiges des sauts vertigineux qu'avait fait le coeur d'Andrew. Heureux. Puis déçu, à en avoir mal, à vouloir s'enfuir et partir, loin. Tout oublier. Mais le sourire qui flottait irrésistiblement sur ses lèvres ne pouvaient que conclure cette soirée et les sentiments qu'il était en train de ressentir. Même s'il ne pouvait se résigner à mettre un mot dessus. Qu’éprouvait-il réellement ? Il était certain que son corps ressentait un désir pour Kurt qui le consumait. Plus habitué aux coups d'un soir, il aurait volontiers continué son exploration dans l'herbe. Mais certains sentiments naissaient. De l'amour ? De l'affection ? Andrew ne s'avait quoi répondre. Il appréciait Kurt. Et Kurt l'avait finalement embrassé. Deux fois. S'était-il lui aussi pris d'affection pour lui. Une ombre passa sur le visage d'Andrew. Et si l'ambiance idyllique avait poussé Kurt à ces gestes qu'il était déjà en train de regretter, enrober dans sa couverture ? Le serveur détestait ces doutes qui ne cessaient de l'assaillir. Et il fallait laisser libre cours à ses envies.

Regard tourné vers le jeune garçon qu'il attira vers lui. Le métal de la carrosserie glacée tira un frisson à Andrew. Mais la chaleur qui irradiait du corps de Kurt était réconfortante, et rassurante. Il ne pouvait se décider à croiser le regard de Kurt, ne peur que ce soir la dernière fois qu'il ne le croise. Le visage enfoui dans le cou du garagiste, Andrew chuchota:

"Alors que faisons nous ? Et que sommes nous, Kurt ?"
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Lun 17 Fév - 21:11

Son cœur venait de rater plusieurs battements effrénés. Kurt aurait pu mourir de bonheur, juste là, entre Andrew et le froid glacial de sa voiture. Peu importait, plus rien n’avait d’importance en cet instant : le garage, Finn, la cruelle absence de son père, sa solitude, ses doutes, ses vérités, ses peurs. Plus rien n’existait. Car l’espace d’une seconde, temps suspendu au fil invisible du monde, Andrew était tout ce qui comptait. Lui, plus rien que lui. Le reste, ce n’était que subsidiaire. Lentement, Kurt leva une main, son pouce effleurant délicatement la lèvre inférieure du jeune homme, se nourrissant des frissons qui parcouraient le corps du vendeur, jouissant de sa présence réconfortante et apaisante. Il s’approcha un peu plus – si cela était encore possible- et se colla tout contre lui, ses mains glissant le long de sa taille et son nez s’enfouissant dans la chaleur tentatrice de son cou, inspirant profondément cette odeur dont il ne pourrait plus se passer.

Il en était certain, Andrew était en train de le rendre fou, mettant à bas toutes ses convictions, détruisant une par une les barrières de ses appréhensions. Et lui, pauvre âme solitaire, ne demandait qu’à le suivre dans cette folie passionnelle qui leur ouvrait à tout deux les bras. Au diable sa raison, il ne voulait plus qu’être dicté par sa passion. Il déposa un fugace baiser à la base de la mâchoire d’Andrew, puis se redressant mais ne s’éloigna pas, au contraire. Un léger soupir satisfait lui échappa alors qu’il penchait la tête sur le côté, offrant librement l’accès aux lèvres du vendeur. Fébrile, tremblant, Kurt passa une main dans les cheveux du jeune vendeur, ses doigts s’accrochant doucement à ses boucles rebelles.

« Il serait déjà bien que je te ramène, non ?
Taquina t-il dans un léger rire amusé. »

Il ferma les yeux et se laissa bercer un instant dans les bras de son… Qu’étaient-ils au juste ? Amis ? Définitivement pas. Petits-amis ? N’était ce pas trop tôt ? Kurt ne voulait pas mettre de mots sur ce qu’ils étaient.

« Nous sommes juste nous. Toi et moi. Rien d’autre n’a d’importance. Nous. Ensemble. »

Il se détacha légèrement pour pouvoir plonger ses yeux dans les siens. Un sourire tendre s’esquissa sur ses lèvres tandis qu’il caressait du bout des doigts la joue d’Andrew, appréciant le grain de sa peau.

« Je veux faire les choses biens, déclara t-il en l’embrassant rapidement. Je ne veux pas tout gâcher, je te jure et c’est une promesse, j’essayerai de te rendre heureux. »

Oh mon dieu, pouvait-on faire plus niais ? Mais Kurt le pensait sincèrement. Il le pensait vraiment. Il voulait rendre Andrew heureux avec lui. Il voulait qu’ils soient heureux.

« Rentrons, boyfriend, lança t-il en lui dédiant un clin d’œil taquin. »

Il ouvrit la portière pour son petit ami, la pensée lui donna d’agréables frissons qui le traversèrent de part en part. Le chemin du retour se fit dans le silence, profitant simplement de la présence de l’un et de l’autre. Une main sur le volant, l’autre tenant fermement celle d’Andrew, Kurt se sentait pousser des ailes. Il en aurait presque oublié cette sensation. Cette fantastique sensation qui le rendait euphorique et terriblement niais. Ils échangèrent quelques sourires et de longs regards langoureux, le désir grimpant à mesure qu’ils arrivaient chez le jeune vendeur… et avec elle la promesse d’une nuit enragée, passionnelle et sensuelle.

Kurt se gara rapidement devant chez Andrew, et ils se dépêchèrent de grimper les escaliers le plus silencieusement possible. Chose difficile quand, main dans la main, ils échangèrent des baisers surprises et fugaces entre deux rires amusés. Des gamins, Kurt aimait cette sensation d’insouciance qui le saisissait à nouveau. Les joues rouges du froid, ou d’avoir trop rit, Kurt s’arrêta sur le pas de la porte d’Andrew attendant que celui-ci ne l’ouvre.

Mais le mécanicien  n’avait pas envie que cette nuit se termine. Il passa ses mains, experts, le long du torse du vendeur avec un sourire appréciateur.

« Garde le hoodie… C’est le mien, mais j’aime l’idée que c'est toi qui le portes. Et en plus, il te va mieux qu’à moi. »

Il se rapprocha plus près.

« C’est ici que je te quitte où est ce que je peux espérer partager ton lit ce soir ? Susurra Kurt à l’oreille d’Andrew, sa bouche effleurant délicatement cette peau sensible située entre la mâchoire et la nuque. »
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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Mer 19 Fév - 13:47


"Tu pensais sérieusement que j'allais te laisser filer comme ça ?"

Le couloir était étrangement silencieux. Un coup d’œil sur sa montre rappela à Andrew qu'en dehors de son petit nuage rosé, ils atteignaient des heures indues et que le silence était de mise quand la nuit des autres était déjà bien entamée. Le jeune homme sorti ses clés dans un tintement métallique et léger, en tourna une dans la serrure de la porte et l'ouvrit. La chaleur de l'appartement lui fouetta le visage, comme cette odeur épicée et fruitée des bougies qui étaient restées allumées toute la nuit. Attrapant la main de Kurt, il le propulsa devant lui, en face de lui, soudant ses lèvres aux siennes. Son pied percuta la porte qui se ferma dans la volée et, reculant, un sourire gourmand sur le visage, il amena Kurt vers sa chambre dans la foulée. Il se stoppa à peine quelques secondes après qu'ils soient entrés dans la pièce. Andrew planta son regard doré dans celui métallique du garagiste. Garagiste. Il ne se faisait toujours pas à l'idée que Kurt puisse exercer un métier aussi surprenant. Le jeune Lockart ne connaissait pas grand chose de son ... boyfriend. Il n'en revenait pas. Il le savait juste doué pour chanter, extrêmement renfermé, et pourtant si gentil. Et tellement talentueux. Pourquoi devait-il exercer un métier comme celui-ci ? Un rapport avec sa famille, si Andrew avait bien compris. Son père ? Sa mère ? Non sans doute pas cette dernière. Ou peut-être par nécessité. Le besoin de payé un loyer dans l'urgence. De se nourrir. Et Kurt ne devait avoir trouvé que ce job pour subvenir à ses besoins. Mais Andrew s'en moquait bien. Le garagiste, puisque c'est ce qu'il était, était complexe. Et tellement fascinant.

Leurs yeux étaient plantés les uns dans les autres. Contact presque aussi enivrant que celui de leurs paumes qui se rejoignaient. Les lèvres entrouvertes, il ne pouvait décidément plus respirer convenablement par le nez, l'air entrait trop péniblement, en trop petit quantité, alors que son coeur battait à tout rompre, Andrew susurra quelques mots à l'oreille de Kurt. Assez proche pour sentir la peau évanescente du garçon frémir sous son souffle.

"J'espère que tu n'as personne à prévenir. Tu risques d'être occupé cette nuit. Et demain matin."

Andrew profita du trouble du jeune homme pour se saisir du bout des doigts le téléphone de Kurt, l'éteignant au passage, et le posa doucement sur une des tables de chevet qui encadrait le lit. Andrew avait toujours été fier de son lit. Toujours impeccablement fait. Respirant le frais. La tête de lit comme le sommier, blancs, ajoutaient à la pièce ce cachet qu'on ne pouvait nier. Bois clair, blanc, presque beige, dans une chambre blanche et marron. Mais Andrew se foutait maintenant bien de l'état de son lit. Et de sa chambre. Qui ne ressemblera sans doute à rien dans quelques heures. Les bras entourant le torse de Kurt, il le propulsa sur le lit. Kurt allongé, le jeune serveur accroupi sur lui, Andrew eu comme un doute. Que devait-il faire maintenant ? Le garagiste ne voulait pas aller trop vite. Il le lui avait dit. Mais le feu qui brûlait dans ses reins dissipa le doute qu'il avait. Le jeune homme commença par retirer son haut, délivrant sa peau nue et déjà brillante d'excitation qu'il plaqua contre le tissu du pull de Kurt. Sa main traversa les reliefs du torse de Kurt, soulevant au passage le t-shirt qui rejoignit bien vite le haut d'Andrew. Physiquement, Kurt était aux antipodes des garçons qu'avait fréquenté Andrew. Et de ça aussi il s'en moquait. Le torse brun se colla à la peau clair de Kurt. Grain serré, musculature saillante et ligne sombre d'un pilosité contrôlée contre peau lisse et parfaite, sans aucun défaut. Mais déjà les mains puissantes d'Andrew exploraient d'autres recoins du corps de Kurt. D'abord les hanches, puis le dos. Les sourcils d'Andrew se levaient, étonnés, quand ses yeux rencontraient les tatouages qui ornaient la peau blanche de Kurt. Ruisselant de sueur, dessoudant ses lèvres à celle de son petit-ami, il lui chuchota.

"Ils sont beaux." Il passa un doigt sur les traits sombres qu'avait tracé l'encre dans la peau de Kurt. "TU es beau. Putain ... je t'aime Kurt."

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Le rayon de Soleil perça les persiennes de la chambre. Andrew s'éveilla sans un bruit, laissant Kurt endormi dans le lit. Un unique drap autour des hanches, le serveur se leva, s'étirant au passage, et, laissant la porte de la chambre ouverte, commença à préparer du thé. Un coup d'oeil au miroir du salon le fit sourire. Pas de traces des plis de draps sur sa joue qui avait passé la nuit sur l'épaule de Kurt. Mais ses cheveux avaient retrouvé leur folie habituellement contenu dans le gel qui servait à les coiffer. Andrew passa une main lasse dans l'épaisseur de ses cheveux et se retourna, l'eau commençant à bouillir, vers la chambre à coucher. Kurt dormait encore à point fermé, l'oreiller d'Andrew collé contre son torse dénudé. Il était si beau, semblait si fragile dans l'immensité de la couette blanche et chaude. L'eau chaude fit se bruit si feutré qu'elle faisait toujours dans les tasses lorsque le garçon la versa sur les sachets de thé. D'un pas léger, les tasses fumantes refroidissant sur un coin du bar de la cuisine, Andrew rejoignit Kurt dans la chambre. Passant par dessus le jeune homme, bras et jambes passés d'un côté et de l'autre du garagiste, Andrew approcha ses lèvres de l'oreille du jeune homme.

"Il est l'heure de se lever, honey." Baiser soufflé au coin du cou. Même si après leur nuit agitée, ils auraient mérité une bonne journée de sommeil. Mais Andrew ignorait si Kurt devait travailler ou non. Et le Soleil commençait déjà à être haute dans le ciel. Baisser soufflé au coin des lèvres. Et Andrew n'avait pu se départir du sourire qui animait ses lèvres. Comment l'aurait-il pu ?

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MessageSujet: Re: 03. I'll be seeing you In all the old familiar places [terminé]   Mar 25 Fév - 0:21

Il étira ses muscles –délicieusement- endoloris et retint un bâillement sonore qu’il étouffa dans le tissu cotonneux de son oreiller. Les paupières fermées, il esquissa un sourire conquis tandis qu’il respirait cette odeur qui commençait déjà à devenir familière : ce parfum qui définissait tellement Andrew. Son amant. Son petit-ami. L’espace d’une seconde, Kurt se demanda s’il n’était pas devenu complètement fou. Quelle personne sensée et parfaitement saine d’esprit se lancerait dans une telle aventure ? Surtout à ce stade de leur relation. Andrew et Kurt étaient des inconnus, ils ne se connaissaient pas, ou du moins si peu... Mais malgré cela, malgré les jugements qu’il risquait de recevoir de son entourage –il pouvait déjà entendre Finn- Kurt s’en moquait… Il était prêt à assumer cette relation, et à prendre son temps pour connaître son petit-ami.  Un petit ami qui lui avait déclaré sa flamme quand la frustration de leur désir avait été à son paroxysme.

Trois petits mots. A peine un souffle à son oreille. Et son âme qui s’embrassait jusqu’à l’agonie.

Rapidement suivit par la peur et l’incrédulité. Se crispant entre les draps encore chaud de la présence de son amant, Kurt souffla et se tourna sur le dos, son regard fixant le plafond immaculé de la chambre. Il n’avait pas répondu à ce « Je t’aime », le mécanicien s’était contenté de l’embrassé passionnément, faisant taire sa peur et la noyant sous un flot de gémissements extatiques. Son cœur battait rapidement dans son torse, et il soupira doucement tandis qu’il entendait Andrew s’agiter dans la cuisine. Peu importait finalement, Kurt était prêt à ne pas revenir dessus, se disant que le vendeur avait été prit par la force de leur moment.

Un grognement satisfait lui échappa alors qu’il s’agrippait à l’oreiller d’Andrew, enfouissant son nez, dissimulant la rougeur de ses joues face aux souvenirs de la veille qui lui revenaient en mémoire. Leurs souffles précipités et saccadés, la douceur de leurs caresses ou la cadence frénétique de leur coup de reins… Leurs prénoms murmurés lorsqu’ils arrivaient aux prémices de leurs délivrances. Leurs regards qui ne se quittaient pas, et leurs lèvres qui se rencontraient avec envie, passion et frénésie.

Kurt était certes douloureux, mais une douleur qui n’était que doucereuse, lui rappelant la force avec laquelle ils s’étaient unis la nuit dernière. Fermant les yeux, espérant rester encore un peu dans sa bulle d’illusion, Kurt commença à se rendormir quand il sentit des lèvres effleurées la base de son cou ainsi qu’un souffle à son oreille.

« Pas envie, marmonna t-il en agrippant Andrew par l’épaule pour le faire rouler sur le lit. »

Kurt le surplomba et l’embrassa légèrement, presque chastement. Le bout de son index passa sur une marque violacée, un suçon, entre sa mâchoire et son cou avec un sourire tendre et amusé. Finalement, il se laissa tomber à ses côtés, sa main caressant distraitement la hanche d’Andrew tandis que leur nez se frôlaient.

« Je n’ai aucune envie de quitter ton lit. Il est trop confortable, je pense que je vais hiberner ici jusqu’à la saison prochaine. »

Il léger rire lui échappa, alors que sa main glissa de la hanche d’Andrew, voyageant le long de son flanc, de son bras et de son épaule pour atterrir à sa joue qu’il caressa affectueusement. Kurt aurait vraiment souhaité rester ici au lit avec son amant toute la journée, oublier le monde extérieur pour continuer à profiter de la chaleur et de la présence du vendeur. Pourtant, la cruelle réalité se rappela à lui quand il aperçut le cadran du réveil qui indiquait 9h… Il était déjà en retard d’une demi heure et il ne pouvait pas se permettre de louper une journée de travail. Quelle image donnerait-il à ses employés ? Grommelant, il grimaça quand il se hissa sur un coude pour saisir son portable sur la table de chevet.

2 appels manqués, 7 messages non lus.

Et tous de Finn qui lui demandait où il était et ce qu’il faisait. Kurt se laissa retomber lourdement sur le lit.

« Je vais devoir y aller, chuchota t-il avec une pointe de déception. Je suis désolé… Mais je suis déjà en retard et les gars se demandent où je suis et… Je peux utiliser ta salle de bain ? »

Il avait besoin d’une douche… et il aurait demandé avec plaisir à Andrew de l’accompagner, mais il savait que ça ne ferait que le mettre encore plus en retard. Sans réfléchir, Kurt se pencha pour l’embrasser avec un sourire au coin des lèvres.

« Je *baiser* hum *baiser* t’appelle dans *baiser* la *baiser* journée...»

Le jeune homme se détacha avec un sourire et le regard à nouveau lourd de désir.

« Il va falloir arrêter ça, dit-il en ne pouvant s’empêcher de l’embrasser encore une fois. Okay… maintenant j’y vais. »

Et il se leva en direction de la salle de bain avant de faire à nouveau demi-tour, agrippant le visage de son amant, déposant une dernière fois ses lèvres sur les siennes.

« Et puis merde ! Grogna Kurt en agrippant plus fermement son portable.  Finn ? C’est mo… Quoi ? Non je ne suis pas mort. Je vais bien… De… Quoi ? Non, je n’ai pas été enlevé par un gang mafieux. Tu regardes trop de film. »

Il leva les yeux au ciel tandis qu’il s’installait à califourchon sur les cuisses d’Andrew à qui il adressa un clin d’œil complice.

« Finn, ferme là et laisse moi en placer une. Merci. Je ne viendrais pas travailler aujourd’hui. Est-ce que Frank et toi pouvez gérer jusqu’à demain ? Oui… Si je suis en… Ça, ça ne te regarde absolument pas Finn Hudson ! Bye. »

Et il raccrocha brusquement en jetant son portable quelque part derrière lui sur le lit. Il arqua un sourcil alors qu’il se penchait sur Andrew, taquin.

« J’espère que tu n’as pas de plan de prévu aujourd’hui… car j’ai l’intention de te garder dans ce lit toute la journée, déclara t-il en se mordant la lèvre. »

Et dans la lumière du matin, Kurt souleva le drap qu’il passa au dessus de sa tête afin de les recouvrir aux yeux du reste du monde.
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