Choriste du mois


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 03. You can't touch this

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MessageSujet: 03. You can't touch this   Dim 9 Fév - 19:22

La Pension Preston était plongée dans un silence fort peu ordinaire. Le salon avait été déserté en début de soirée lorsqu’une Madeleine bâillant aux corneilles s’était retirée dans sa Tour d’Ivoire. JJ s’était empressé de lui emboîter le pas en prétextant un rendez-vous professionnel le lendemain matin—une couverture qui ne dupait toutefois personne, non seulement parce que ses deux collègues ici présentes auraient été averties d’une telle entrevue, mais aussi parce qu’ils savaient tous que Joachim attendait la dernière minute pour s’attaquer à ses achats de Noël. Les Pensionnaires lui laissaient cependant ce petit plaisir de mystères, avec affections. Anna s’était enfermée dans la salle de bains du dernier étage pour développer tranquillement ses derniers clichés et … “LEXIE !” s’époumona Jamie, posté devant la télévision du salon. L’adolescent observait l’écran récalcitrant avec désappointement. Celui-ci le lui rendait bien avec cette morgue tangible propre à toutes sources de mécontentement. Jamie le sentait : ce poste de télévision cherchait à le provoquer ! Mais il n’avait pas lancé ses derniers mots, ah ça non ! Jamie tira l’appareil vers lui et se pencha sur les fils de tailles, épaisseurs et couleurs différentes branchés derrière. Il s’humecta les lèvres, plissa les paupières, se craqua les jointures et … poussa un soupir d’impuissance. À vue d’œil, tout semblait en ordre. Y’avait couille dans l’pâté, pour sûr. “Put**n, de bordel, de m—“. Un éternuement intempestif vint interrompre sa flopée de jurons, terminant de le convaincre que l’univers avait un problème avec lui, aujourd’hui.
Il avait besoin d’un tournevis, réfléchit-il méthodiquement. Jamie était particulièrement doué pour les travaux manuels et avait notamment appris à réparer des appareils défectueux dans son garage lorsqu’il vivait à Portland. Une télévision ne lui poserait aucun problème, il en était convaincu. Il sonda la pièce circulairement comme s’il s’était attendu à trouver l’outil en question mis en évidence entre les revues fashion de Santana et le bataillon de télécommandes que JJ avait religieusement aligné sur la table basse et dont la moitié n’était plus d’aucune utilité et/ou ne fonctionnait plus. “Rien n’est jamais facile”, grommela-t-il en se grattant la tempe du bout de l’index. Il se servit un autre verre de tequila—Lexie et lui avaient entamé un apéritif tardif pour se préparer mentalement et physiquement à accompagner les participants de Dance With The Stars. C’était avant que le poste de télé décide de jouer les Divas, évidemment. Poussant un énième soupir, Jamie s’empara de son couteau-suisse.

Il était parvenu à démonter la partie arrière de l’écran lorsque Lexie refit apparition. D’un point de vue extérieur, d’accord, le spectacle n’était pas beau à voir : de nombreuses vis s’accumulaient au fond du verre que Jamie avait avalé; la plaqua en plastique sombre qui couvrait d’ordinaire le système était calée contre le mur. Le manuel de programmation de la télé était fermé. Un bruit d’électrochoc claqua dans l’air et Jamie se redressa : “Je crois qu’on va rater l’émission !” s’exclama-t-il, comme si le tableau qu’il offrait avait été parfaitement normal. Ses mèches brunes dans tous les sens, les joues rosées par l’alcool qu’il avait ingurgité, il se redressa : “Un problème ?”
La minute suivante, il rebranchait l’appareil sur le secteur et une musique fortement reconnaissable s’éleva des enceintes : “You can’t touch this” reprit-il en sautant sur ses pieds, les bras en l’air. Il tira Lexie vers lui, le visage éclairé, pour la faire tourner maladroitement et l’amener à sa droite avant d’enchaîner les premiers pas de la chorégraphie gauchement. “On a pu de tequilaaaa !” brailla-t-il par-dessus le tube, la bouche  l’envers.


Dernière édition par Jamie Ainsworth le Dim 24 Aoû - 16:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. You can't touch this   Jeu 27 Fév - 19:21

Etaient-ils pour Stacy ou Victoria? Ou bien Victoria était-elle la candidate de The Voice qui avait mit dix minutes à choisir son coach et était absolument adorable, avec de petites fleurs dans les cheveux? Non. Non, non, ça c'était Denise. Victoria était la concurrente peste de America's Next Top Model, qui ne cessait de répéter qu'elle n'était pas là pour se faire des amis, mais pour gagner et dont Lexie adorait les élans de drama queen. Dans Dancing With The Stars, ils soutenaient Stacy, la jolie actrice qui jouait une lesbienne dans une série HBO. Et ils voulaient que Krystal - obscure participante de Jersey Shore - soit éliminée. C'était ça. Suivre les infinis télés-crochet devenait de plus en plus difficile pour l'esprit vieillissant de miss Preston. Surtout quand elle avait eu la bonne idée d'entamer les teq paf avant les cocktails. Se concentrant sur la page tumblr qui lui expliquait comment faire un cocktail inspiré de Maléfique, à base de vodka black et qui ressemblait vaguement à du pétrole se déversant en mer, elle tira légèrement la langue et se remit au travail. Sur la photo c'était sublime. Entre les mains, certes expérimentées, mais pas pour autant magiciennes de baby Preston, peut-être que le résultat serait moins probant. Et c'était déjà la deuxième fois qu'elle recommençait, puisque après un échec initial, elle avait été déconcentrée par le cri strident de Jamie. Elle répliqua par un juron fleuri qu'il n'entendit probablement pas et retourna à sa tâche. La troisième fois se devait d'être la bonne. Tout était dans la délicatesse et la savante application des couches successives. Elle pouvait le faire.

Finalement, les intenses efforts de la rouquine lui permirent d'obtenir deux verres à cocktails, relativement similaires à l'image sur son ordinateur, actuellement en équilibre précaire sur le comptoir. Satisfaite, elle ferma le vieux Mac et s'en retourna au salon, prête à crier sa victoire avec fierté. Mais elle fut quelque peu distraite par le champ de bataille qu'était devenu la pièce à vivre et les dommages collatéraux qu'avaient visiblement subi cette pauvre télévision. Le bruit électrique qui claqua dans l'air manqua de faire sursauter Lexie, qui jugea plus prudent de poser ses précieux breuvages sur la table basse. La tête penchée sur le côté, la londonienne observa le massacre et ne manqua pas de noter que le manuel d'utilisation était toujours fermé et poussiéreux au dessus du lecteur DVD. Typiquement masculin. Comme si le bricolage était inscrit dans leurs gênes. Et bien non, jeune homme, non. Lexie Antonia Jane Preston ne payait peut-être pas de mines avec ses talons hauts et ses manucures impeccables, mais jamais elle n'aurait fait un massacre pareil. D'une part, elle aurait lu le mode d'emploi. D'autre part, elle savait admettre la défaite face à la technologie et appeler des professionnels quand c'était nécessaire. Mais elle se contenta de soupirer et lever les yeux au ciel d'un air réprobateur, semi-sérieux. Ce garçon était une catastrophe. Et Madeleine ne manquerait pas de faire une scène. Mais la rouquine était suffisamment imbibée de tequila pour ne pas trop s'inquiéter. Elle répondit donc avec un sourire placide « Aucun problème. En plus j'ai réussi les cocktails, donc on a pas tout perdu. » Elle gloussa légèrement en goûtant la boisson, qui s'avéra en effet plutôt réussie quoiqu'un peu acide.

La musique qui résonna finalement fit bondir l'enthousiaste demoiselle, qui abandonna son verre pour se laisser entraîner dans une chorégraphie déjà maintes et maintes fois reproduite ici-même. « Break it down ! » Laissant la Gangsta Lexie en elle s'exprimer librement, elle se lança dans un jeu de jambes tout droit venu de ses années de Cheerio et des cours de Brittany « STOP ! » enjoignant son colocataire à poursuivre avec elle et ignorant sa plainte au sujet du manque de tequila, elle ajouta le culte « Hammer time ! » avant de démontrer ses talents de rappeuse, qui pouvaient tout à fait être remis en question « Every time you see me, the Hammer's just so hype. Cause I'm dope on the floor and I'm magic on the mic. » Tout en marmonnant avec entrain les paroles, la galeriste ne perdait pas de vue l'écran, prête à huer s'il s'agissait de cette pimbêche de Krystal. Mais il s'agissait du sympathique Bobby, le clown de cette saison, animateur d'un late night show sur une chaîne câblée quelconque et qui était le deuxième favori de la Pension. Disons qu'il n'avait aucune chance de gagner, mais qu'ils espéraient sincèrement le voir rester le plus longtemps possible et continuer les prestations délirantes. « Aaaaah Bob, il est trop fort quand même ! Tu crois qu'on a raté Stacy? » C'eut été fort dommage. Mais avec les tribulations de Jamie, allez savoir quels dégâts irréversibles il avait fait subir à la fidèle télévision des Preston. La grande rousse se contenta donc de se trémousser avec entrain, plutôt que de se préoccuper plus longuement des sommes colossales qu'une réparation ou pire, un rachat, leur coûterait. Mais elle n'avait pas à s'en faire, après tout, Ainsworth Jr était le fautif dans cette affaire et c'était sur lui que les conséquences retomberaient. Lexie pouvait rapper tout son soûl en imitant la choré de Bobby sans - trop - se soucier du lendemain.
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MessageSujet: Re: 03. You can't touch this   Lun 12 Mai - 20:59

“Des cocktails?” releva-t-il en lâchant instantanément son tournevis; celui-ci roula sur une demi-douzaine de centimètres avant de disparaître sous le meuble de la télévision. Ses yeux s’arrêtèrent sur les deux coupes au contenu sombre que Lexie avait prudemment déposées sur la table basse. Il se fendit d’un sourire enfantin: “Qu’est-ce que c’est?” l’interrogea-t-il avec curiosité, sautillant brièvement sur place. “Attends, non.” Il se plaqua les mains sur les oreilles et pivota à demi sur lui-même pour se soustraire à une éventuelle réponse. “Ne me dis pas. Je vais deviner.” Il remonta les manches de son t-shirt à l’effigie d’Oasis comme s’il s’agissait d’une tâche herculéenne, et s’empara du verre qu’elle lui tendait entre ses deux mains. Il trinqua prestement avec elle avant de se lancer à la dégustation: “Vodka, évidemment” lâcha-t-il d’un air aussi appréciateur qu’entendu entre deux gorgées. Une valeur sûre à son humble avis. Jamie n’avait pas l’âge de boire et s’il avait un jour été inquiet de ne pas pouvoir mener tranquillement sa vie de fêtard invétéré en emménageant à la Pension, ses appréhensions avaient rapidement été balayées par une Lexie aussi vivante que lui—et qui finalement n’était que très peu regardante sur le sujet, à partir du moment où il préservait sa sécurité et celle des autres. “Du raisin aussi, non? Il y a autre chose mais …” Il trempa une nouvelle fois ses lèvres dans le cocktail sans réussir à identifier cette saveur fruitée et légèrement acide qui lui était pourtant très familière. Il sentait le regard de Lexie peser sur lui avec patience, et quelques secondes s’écoulèrent entre eux dans un silence troublé par les grésillements intempestifs de la télévision qu’il venait de remettre en marche. “Enfin. C’est bon !” conclut-il en abandonnant toutes tentatives de déductions boiteuses comme si de rien n’était.
Jamie n’était pas un spécialiste du karaoké, et encore moins des chorégraphies. À vrai dire, il était meilleur en batailles de lip synch et se sauvait la face qu’en remuant frénétiquement dès qu’une musique un tant soit peu entraînante se faisait entendre. Cependant, lorsqu’on vivait sous le même toit que Lexie Preston, il y avait des classiques auxquels on ne pouvait pas échapper. Surtout lorsqu’on passait autant de temps à visionner les mêmes télécrochets. Jamie reposa précipitamment son verre et se plaça aux côtés de Lexie pour imiter la chorégraphie de Mc Hammer avec toute la bonne volonté du monde. “It’s Hammer, go Hammer, MC Hammer, yo Hammer and the rest can go and play” renchérit-il avant de s’interrompre à bout de souffle un grand sourire sur le visage. “J’sais pas ! Ça a coupé juste avant Krystal” se lamenta-t-il en tournant une éphémère sad face façon smiley vers Lexie. “Mais au pire—“

Un claquement électrique lui coupa la parole, et l’écran devînt subitement noir. Jamie l’observa un court instant comme s’il s’attendait à ce que la machine se remette en marche d’elle-même dans un parfait miracle de Noël. Mais non. Il grimaça en montrant les dents, avant de se gratter l’arrière du crâne. “On prends la voiture de JJ?” proposa-t-il le plus naturellement du monde, ne tenant pas particulièrement à avorter leurs festivités  cause d’un problème technique ‘mineur’. Avec un air de bandit, Jamie sonda la pièce circulairement. Son visage s’éclaira lorsqu’il repéra la longue nappe blanche que JJ avait étendue la veille, derrière le canapé. Il s’en empara rapidement et la fît voler théâtralement par-dessus la scène de crime. “On pourrait faire croire à un cambriolage à la place” émit-il dubitativement en contemplant son œuvre, la tête penchée sur le côté. Ouaaaais, non. “C’toi qui cooonduit”

***

“Lex ! Ce co—charmant monsieur ne veut pas me vendre d’alcool, j’ai oublié ma carte d’identité à la maison et il n’a pas confiance. Ce qui est euh parfaitement légitime” se reprit-il en dernier moment en remarquant que le manager avait contourné son comptoir de liquor store désert pour venir voir qui l’accompagnait. Une vingtaine de minutes plus tôt, Lexie et lui s’étaient emparés des clés de JJ et avaient mis les voiles en toute discrétion avant que le principal intéressé ne se rende compte des méfaits de ses colocataires. Ils avaient roulé jusqu’au centre ville après avoir bidouillé les stations de radios douteuses de JJ.
“Vous avez 21 ans?” lâcha le Pas-Si-Charmant Monsieur en détaillant Lexie de pieds en cap, l’air peu convaincu. C’était un homme d’âge mûr aux tempes grisonnantes, et à la peau grasse. Sa bidoche dépassait légèrement de son t-shirt qui un jour avait sans doute été blanc. Une seconde s’écoula. “Déguerpissez avant que j’appelle le Shérif pour ivresse sur la voie publique” ajouta-t-il en lorgnant un Jamie qui avait été un peu trop expressif à l’intérieur de la boutique quelques minutes plus tôt. “Eh ! M’regardez pas, j’suis toujours comme ça hein” objecta-t-il, fière de sa répartie. Le manager roula des yeux en grommelant quelques mots inintelligibles avant de claquer désagréablement des mains : “Et que ça saute!” Les pressa-t-il avant de leur tourner le dos en grattant sa barbe florissante. Il tourna une pancarte “CLOSED” en les observant à travers la porte vitrée, puis ni une ni deux, fit tomber les stores vénitiens. “Eh ben … votre perte !” s’exclama Jamie en levant brièvement le poing à court d’arguments frappants.
Il planta ses poings sur ses hanches en hochant gravement la tête. “Au pire, on va au Bar-Karaoké à côté du truc de tatoo. Ça doit encore être ouvert hein”


Dernière édition par Jamie Ainsworth le Dim 24 Aoû - 16:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. You can't touch this   Mar 20 Mai - 18:46

Lexie s'apprêtait à révéler les errances sur la toile qui l'avait conduite à trouver ce fabuleux post tumblr proposant des recettes de cocktails inspirés de Disney, mais Jamie voulu faire le fier en devinant lui-même la composition du breuvage. Avec un sourire en coin, la rouquine se posa sur l'accoudoir du canapé et sirota son verre, observant d'un air mi-amusé, mi-moqueur, les déductions du jeune homme. Trouvant finalement ce jeu auquel elle ne participait pas un peu lassant, elle rétorqua d'un ton claironnant « C'est un cocktail Maléfique ! » Elle cru bon de préciser son propos, car le lycéen pouvait parfois cruellement manquer de connaissances, pourtant évidentes, en matière de pop culture. Disney, c'était peut-être trop mainstream pour lui, allez savoir. Et il aurait été capable de comprendre de travers et penser qu'elle voulait l'empoisonner avec un cocktail maléfique. Importance de la majuscule difficilement à transcrire à l'oral. « Comme dans La Belle au Bois Dormant s'entend. Et j'te dirais pas ce qu'il y a dedaaaans. Mais oui, c'est grave bon, je suis fière de moi. » Avec une moue taquine, elle bu une nouvelle gorgée de la boisson, franchement délicieuse donc et elle disait ça sans prétention. Deux testeurs, deux votes positifs, c'était que quelque chose fonctionnait. Mais elle n'eut pas le loisir de se laisser aller à sa gloire de barmaid amateur bien longtemps, puisque la télévision, dans un sursaut de bonne volonté, les laissa profiter de Bobby sur Can't Touch This. Et de Lexie et Jamie dans leur salon et autant dire qu'ils vendaient du rêve en barres. Le pauvre gamin et ses poumons de fumeur précoce avaient du mal à garder le rythme d'une Ginger Spice, qui était du genre à être au top de sa forme sinon rien. Et puis, dix ans de cirque et deux ans de cheerleading, ça vous met dans de bonnes dispositions physiques. Surtout quand on ajoute à cela un talent certain pour mettre le feu au dancefloor... à sa manière. La rouquine avait un excellent sens du rythme et était plutôt souple, mais son absence totale de dignité en matière de performance, plus ou moins artistique, ne jouait pas toujours en faveur quand il était question de shaker son booty. Mais ce n'était pas Ainsworth Jr qui allait la juger à ce niveau là, puisqu'il avait dû avaler un balai quand il était petit. C'était d'autant plus drôle qu'il ne manquait pas d'enthousiasme mais ne semblait guère avoir de contrôle sur son propre corps.

Toutefois, la séance de danse improvisée et de rap malheureux - MC Hammer devait se retourner dans sa tombe, professionnelle puisqu'il n'était pas effectivement pas mort, du moins pas à sa connaissance - fut interrompue par un dernier claquement sec de la télévision. Ecran noir. Fin. Fronçant les sourcils, Baby Preston s'approcha prudemment de la prise et, du bout des doigts, débrancha la télévision d'un geste sec. Aucune étincelle ne vola, ce qui était relativement rassurant, au vu de l'état de la vieille maisonnée et de la surcharge d'appareils qui pesait sur le réseau électrique. Les plombs sautaient régulièrement quand la machine à laver tournait en même temps que le lave-vaisselle et que quelqu'un branchait l'ordinateur ou le sèche-cheveux de trop. Joie d'avoir une maison plus vieille que l'âge de tous ses habitants réunis, au moins. Tandis que Lexie s'assurait que rien n'exploserait, son jeune colocataire proposa une solution pour faire durer la fête et camoufler les dégâts. La maigre part responsable de l'esprit agité de miss Preston s'interrogea sur sa capacité à conduire qui, d'après JJ, était inexistante même quand elle était sobre. Boire ou conduire, il faut normalement choisir. Et Lex n'était pas du genre à se lancer dans des opérations inutilement risquées et était la première à confisquer les clés en cas d'état d'ivresse trop avancée. Mais elle n'était pas non plus adepte de la tolérance zéro. Histoire d'en avoir le coeur net, elle laissa Jamie couvrir son crime télévisuel - qui n'avait malheureusement rien de métaphorique - et décida d'effectuer un test de sobriété. « Attends, je vérifie que j'suis en état de prendre le volant. » Le plus sérieusement du monde, la galeriste leva sa jambe gauche, sous laquelle elle passa son bras droit, avant de se pencher en avant pour se pincer le nez. Elle maintint la position cinq secondes puis vacilla légèrement, pour finalement se reprendre et revenir à une posture moins acrobatique. « C'est bon, on peut y aller ! » C'était moins orthodoxe qu'un éthylotest en bonne et due forme, mais avait l'avantage de réussir beaucoup plus souvent. La londonienne avait appris ce petit tour il y a des années et ça avait toujours été sa méthode pour prouver que non, elle n'était pas bourrée. Ca et réciter le nom de tous les états du pays par ordre alphabétique inversé. Ca faisait généralement son petit effet, mais son numéro d'équilibriste était un rien plus rapide. Les états, c'était plus en cas d'intervention des forces de l'ordre, qui préféraient en général les laisser partir plutôt que de subir sa démonstration dans son intégralité. A regret, Lexie abandonna ses jolis cocktails et s'empara des clés de Joachim dans l'entrée, avant de filer à l'anglaise pour de nouvelles aventures.

***

La grande rousse pouffa légèrement en voyant Jamie argumenter avec le gérant du liquor store. Arborant son air le plus mâture et responsable possible, elle s'avança vers l'homme bedonnant et grisonnant, ses talons claquant sur le carrelage pas si étincelant. Quand il lui demanda si elle avait bien 21 ans, la galeriste fut si stupéfaite qu'elle en fut réduite au silence pendant quelques secondes. Et quand on connaissait Lexie Antonia Jane Preston, c'était un exploit qui méritait largement d'être souligné. Toutefois, elle reprit bien vite contenance et rejeta sa longue chevelure en arrière avant de rire à gorge déployée, puis de poser sa main manucurée sur l'avant bras poilu du manager. « Vous me flattez mon bon monsieur, vous me flattez... Vous pouvez continuer hein. » Elle lui adressa un clin d'oeil exagéré et fit mine de mettre la main sur une bouteille de rhum, mais il lui asséna une tape sur la main qui la laissa pantoise. Visiblement, il ne voulait rien entendre et ce n'était pas la répartie, certes amusante, de Ainsworth Jr qui allait arranger leurs affaires. Agacée par le comportement de rustre de ce malotru, elle leva fièrement la tête et prit son colocataire sous le bras quand l'homme menaça d'appeler le shérif. La bonne blague. « Appelez-le tiens et dites lui que Lexie lui passe le bonjour et que j'ai prévu un Risk pour la prochaine fois ! » Sur ces bonnes paroles, elle tourna les talons d'un mouvement sec et quitta le magasin miteux. S'il ne voulait pas faire de ventes ce soir, c'était son problème et il n'avait que retourner se gratter le ventre devant une rediffusion de la College Football League. La jeune femme lui lança un dernier regard noir à travers la vitre, avant qu'il n'abatte les stores et ne ferme boutique. Quel sale type. Toujours plein de ressources, Jamie suggéra alors qu'il fasse un tour au bar karaoké et cela lui semblait être une excellente idée. Elle battit donc joyeusement des mains et poussa un cri enthousiaste « Oh ouiiiii, on pourra faire un duo ! T'es plus Beyoncé et Jay-Z ou Elton et Kiki? Ouais non, t'as pas ce qu'il faut pour faire Jay-Z. » Catégorique, elle hocha la tête de droite à gauche, puis remonta dans la voiture et mit une vieille station pop à plein régime, riant d'avance des difficultés que JJ aurait à retrouver l'obscure radio trip-hop-électro-new wave qu'il aimait imposer dans l'habitacle.

En quelques minutes, ils trouvèrent une place - pas tout à fait légale - à deux pas du karaoké, dont Lexie poussa la porte avec autant d'assurance que si elle en avait été la propriétaire. Le véritable gérant leur fit tout de même savoir qu'ils allaient fermer dans une heure et qu'ils n'acceptaient plus qu'une ou deux réservations de chansons. Un groupe de filles s'égosillait sur Single Ladies, reproduisant la chorégraphie avec autant de grâce qu'un troupeau de vaches affolées par l'orage. La rouquine fit une moue désapprobatrice, puis inscrivit leurs noms et la chanson qu'elle avait choisi pour eux dans le registre. « Regarde pas, c'est une surprise ! » Elle tira le bras de Jamie pour l'entraîner au bar, où elle commanda deux Guinness, sans rien demander à son colocataire. Mais comme c'était elle qui payait, ils boiraient ce dont elle avait envie. C'était parfaitement logique. « Ces dindes vont rester encore longtemps? » lança-t-elle à l'intention du barman. « Non parce que j'avais une ouïe parfaite en rentrant, j'aimerai la garder. » Avec un sourire en coin, qui montrait qu'il était sur la même longueur d'ondes qu'elle, l'intéressé lui répondit. « Ecoute sweetie, si toi et ton petit frère vous faites mieux, je vous offre vos bières. Statistiquement, les gens qui montent sur scène juste avant la fermeture sont trop imbibés pour être bons. » Ginger Spice haussa un sourcil hautain, comme pour demander si ce gringalet de barman la mettait vraiment au défi. Puis avec un sourire assuré elle rétorqua sans détour. « Oh, it's on ! » Quasiment d'un même geste, son ami et elle pivotèrent sur leurs tabourets de bar puis se dirigèrent droit vers la scène, où la bande de gourgandines protesta mais se laissa évacuer, sous quelques applaudissements satisfaits des clients qui finissaient leurs verres. Lex chuchota à l'oreille du DJ, qui se souvenait bien sûr de leur entrée sur la liste quelques minutes plus tôt et ne posa pas plus de questions que ça. La rouquine s'empara du micro et annonça « Notre ami le barman nous a promis un verre si notre performance était meilleure que celles de ces... hum, charmantes demoiselles. Alors, n'hésitez pas nous encourager. » Elle adressa un clin d'oeil taquin au barman en question, qui essuyait ses verres avec une mine amusée. La musique commença et Jamie entonna donc Don't go breaking my heart, avant que la rousse ne passe son bras autour de ses épaules et réponde « I couldn't if I tried. » Il allait voir, Mr Le Barman Snob, s'ils ne valaient pas mieux qu'une bande d'étudiantes éméchées !
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MessageSujet: Re: 03. You can't touch this   Mar 26 Aoû - 20:19

« Tu dis ça parce que je suis blanc, hein ? » Avait-il rétorqué en étrécissant les paupières, lorsque Lexie avait remis en question ses capacités à ‘faire un bon Jay-Z’. Ils remontèrent dans la voiture après avoir lancé un dernier regard mi-dépité, mi-désabusé au liquor store le moins intéressé de la ville. Lexie et Jamie ne sortaient pas souvent ensemble. Ou du moins, pas assez au goût de l’adolescent et cette pensée l’imprégna à nouveau tandis que Lexie lançait le tacot de JJ sur l’asphalte altéré dans un tumulte mécanique. Jamie lui coula une œillade discrète qu’elle ne remarqua probablement pas, trop concentrée sur la route et le meilleur chemin à prendre pour arriver à destination dans les plus brefs délais. M83-Wait, s’éleva du poste de radio et Jamie tendit les doigts pour monter un peu le son et emplir l’habitacle des notes apaisantes du titre. Il actionna la poignée pour baisser sa fenêtre de quelques centimètres, et alluma une cigarette dans la foulée. Lexie était rentrée de Londres depuis quatre mois à présent et le climat polaire qui avait séparé les sœurs dans les semaines suivantes n’était plus qu’un mauvais souvenir. Mais Jamie se rappelait très bien ce qu’avait été la vie à la Pension au cours des cinq mois que Lexie avait passés de l’autre côté de l’Atlantique. Anna et lui s’étaient occupés de débarrasser sa chambre des effets personnels qu’elle n’avait pas eu le temps de trier avant de partir, et Jamie avait dû convaincre Anna de ne pas mettre le tout à la benne. Ils avaient un week-end entier à faire des cartons en dépit des instructions que Lexie leur avait envoyé par mail, et avait rangé le tout dans un coin du sous-sol, près du minibar, dans l’espoir—pas si improbable, rétrospectivement—devoir Lexie rentrer à la maison. Tout ça pour dire que Jamie avait sincèrement regretté de ne pas avoir davantage profité de la compagnie de Lexie durant les mois qu’elle avait consacré à la National Gallery ; et qu’il mettait aujourd’hui un point d’honneur à rectifier le tir. Il savait qu’elle n’avait pas l’intention de remettre les voiles de sitôt ; mais on n’était jamais trop certain.

Jamie s’empressa de terminer sa cigarette avant de suivre Lexie à l’intérieur de l’établissement sous le regard impassible du staff de sécurité posté à l’entrée. Un sourire enthousiaste s’épanouit sur son visage, et l’adolescent roula prestement des épaules pour se défaire de sa veste en jean doublée d’une laine duveteuse, tout en s’efforçant de ne pas sautiller sur place. « OK, je te fais confiance » répondit-il en se bandant instantanément les yeux d’une main, le menton légèrement relevé pour contenir sa curiosité naturelle et donc l’envie de consulter le registre malgré tout. Ils se frayèrent un chemin jusqu’au comptoir de service et pendant que Lexie s’occupait de commander leurs boissons, Jamie scruta la scène et les visages qui s’agglutinaient devant. Il émit un sifflement encourageant entre ses deux auriculaires à l’intention des quatre jeunes filles qui se ridiculisaient considérablement sur du Beyonce ; avant de poser sa veste sur le tabouret voisin de Lexie, et de l’enfourcher d’un seul mouvement. « Quoi ? Elles sont mignonnes » Se justifia-t-il en haussant des épaules ; et ses pupilles s’illuminèrent devant les deux pintes de Guinness que Lexie avait ordonnées. « C’est vrai qu’elles sont meilleures en Angleterre ? Mon père dit qu’ici, c’est du vrai jus de chaussettes ! » Lança-t-il en arquant un sourcil interrogateur à l’intention de Lexie—qui avait eu plus d’occasions de boire de la bière à Londres, que lui.
« Cheers, my dear ». Jamie approcha précautionneusement son verre de celui de la jeune Preston, et trinqua joyeusement avec elle avant de se pencher vers le comptoir pour y tremper ses lèvres sans rien renverser à côté. Pendant ce temps-là, Lexie avait entamé la conversation avec le barman et lorsque celui-ci se méprit en le prenant pour le petit frère de Londonienne, Jamie ne prit même pas la peine de le corriger—bien trop ravi de l’erreur. C’était toutefois à se demander comment ce fameux barman était arrivé à cette déduction ; car Lexie et lui, au-delà de leur teint pâle, n’avaient pour ainsi dire aucune ressemblance physique. Elle était démesurément grande et rousse comme une Weasley ; lui était de taille moyenne, et aussi brun qu’on puisse l’être.  Mais bon ; Jamie eut un haussement d’épaules mental. Who cares about those things, à ses yeux, Lexie avait tout de la sœur aînée qu’il n’avait jamais eu.

Une mine réjouie s’épanouit sur le visage de Jamie, tandis qu’ils pivotaient sur leurs sièges avec une coordination presque parfaite. Les mains toujours enroulées autour de sa pinte, Jamie se demanda un court instant s’ils allaient vraiment se lancer à l’eau avant de conclure que oui parce que, comme l’avait dit Lexie, c’était on. C’est l’une des choses qu’il appréciait sincèrement à propos de Lexie ; elle n’avait pas peur de se montrer audacieuse, et c’était une qualité rare. « You heard the lady » lança Jamie par-dessus son épaule à l’intention du barman—qui haussa une épaule en happant un verre près de l’évier, manifestement amusé par ce petit épisode de fin de service. Jamie posa son verre et se lança sur les talons de Lexie, posant momentanément ses mains sur ses épaules pour la suivre. Il la dépassa brièvement pour l’aider à monter les quelques marches un peu raides qui menaient à la scène, et s’empara d’un micro en continuant de sourire, les mains légèrement moites. S’il n’était pas sans savoir que Lexie était capable de performances vocales tout à fait admirables, lui en revanche n’était pas aussi bien loti. Oh, sa voix n’était pas insupportable mais il était très loin des talents professionnels des choristes de la ville. Après une courte minute à débattre avec lui-même, il convint à dire que ça n’avait pas d’importance. Ils n’étaient pas là pour gagner une compétition mais pour s’amuser ; après tout, que risquaient-ils à part d’avoir à payer leurs consommations ?
Jamie plissa légèrement les yeux en entendant les premières notes retentir. Ceux-ci s’éclairèrent lorsqu’il mit le doigt sur le titre de la chanson, et il éclata franchement de rire en pivotant vers Lexie. « Alors, je suis ton Elton ». Ce n’était pas une question, juste une constatation qui imposa un goofy-smile sur ses lèvres. « Don’t go breakin’ my heart » entama-t-il en glissant une main autour de la taille de Lexie tandis qu’elle passait entourait ses épaules d’un bras. « Honey if I get restless » Enchaîna-t-il en gardant un œil attentif sur les paroles qui défilaient sur l’écran plat qui surplombait le comptoir de service, car il était loin de les connaître sur le bout des doigts. Il s’empara de l’une des mains de la jeune femme pour la faire tranquillement danser lorsqu’ils atteignirent le refrain et lui adressa un clin d’œil affectueux.
« Tu devrais entrer dans l’une de ces chorales en vrai ; leur montrer c’est qui le papa ! Yo, avec Charlie ! Tu devrais aller avec Charlie » Lança-t-il avec enthousiasme, une demi-heure plus tard, en quittant le bar-karaoké, bras dessus bras dessous. Non seulement ils n’avaient pas payé leurs premières Guinness, mais ils avaient en plus été les heureux bénéficiaires d’un deuxième cocktail fort en rhum blanc, offert par les quatre jeunes filles qui les avaient précédé sur scène. La tête bourdonnant agréablement, Jamie leur imposa un bref arrêt pour prendre Lexie dans ses bras. « Merci de m’avoir emmené là-dedans, c’était cool ». L’étreinte dura un chouia plus longtemps que prévu, mais Jamie n’y accorda pas trop d’attention ; de toute manière, Lexie—contrairement à Madeleine—n’était pas allergique aux démonstrations d’affection. « Lexie » commença-t-il le menton sur son épaule, en lisant lentement la promotion de Noël placardée devant ses yeux. « T’as déjà fait un tatouage ? ». Sans plus attendre, il glissa sa main dans la sienne et l’attira doucement-fermement vers la boutique qui—à sa plus grande surprise—était encore ouverte.


Dernière édition par Jamie Ainsworth le Ven 19 Sep - 22:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. You can't touch this   Mar 9 Sep - 21:45

Lexie avait peut-être réussi à maintenir une expression neutre devant le débordement hormonal de Jamie devant les gourgandines en mini-jupe qui quittaient la scène, mais elle ne retint pas un ricanement des moins discrets quand son jeune ami l'interrogea sur la qualité des bières américaines. C'était un sujet sur lequel elle aurait pu disserter des heures, puisque l'abysse de médiocrité dans lequel les breuvages houblonnés américains étaient plongés ne connaissait pas de fond. Mais elle se contenta d'hausser une épaule et d'avaler une gorgée de sa Guinness. Ils n'avaient pas toute la nuit et le jour où Ainsworth Jr mettrait un pied en Angleterre - ou mieux encore, en Belgique - il comprendrait de lui-même pourquoi elle était aussi snob et était prête à faire une demi-heure de route, quand il s'agissait de ses bières. « Ton père a pas tort, mais bon avec la Guinness tu as un minimum de garantie qualité vu que c'est importé, ils l'ont pas refaite à la sauve yankee. Ceci dit, ils savent jamais les servir. » Elle adressa un mince sourire à l'adresse du barman, qui n'avait pas manqué d'hausser un sourcil en s'entendant dire qu'il ne savait pas faire son métier. « Maaaaaais, pour la défense de notre ami... » Elle fit un geste de la main en direction du jeune homme, qui comprit après quelques secondes qu'elle lui demandait son nom. « Ed. » Lexie hocha la tête et poursuivit comme si elle n'était pas incroyablement grossière. « Donc un bon point pour Ed, c'est qu'il sait que la Guinness, ça sert en deux fois et que si je peux pas dessiner un trèfle dans la mousse, j'ai le droit de la renvoyer. Bon dessiner des trèfles dans la Guinness c'est bon pour les touristes, personne veut que quelqu'un mette ses doigts sales dans sa bière. Tout ça pour dire que l'ami Ed sait à peu près ce qu'il fait, c'est à se demander s'il est vraiment américain. » Apparemment, boire une bière quasi locale - les irlandais de sa connaissance l'auraient crucifiée en place publique si elle avait osé rattacher leur petit pays à la couronne britannique - avait éveillé l'arrogance britannique en Lexie. Il fallait dire qu'elle s'était indubitablement américanisée et que sa mère aurait été horrifiée en voyant l'absence de Marmite dans ses placards et les casquettes de baseball qu'elle avait offertes à sa soeur. Mais la londonienne en elle n'était jamais bien loin, une bière avec du goût et elle était éveillée et plus sarcastique que jamais.

Ed eut alors le culot de mettre en doute le talent musical du duo, qui n'était peut-être pas frère et soeur de sang mais c'était tout comme. Le challenge fut bien entendu accepté - Lexie Antonia Jane ne réfute jamais un défi, surtout quand une boisson gratuite est à la clé - et la scène fut donc rapidement enflammée par la réincarnation d'Elton et Kiki. Dans une version un rien moins flamboyante, aucun d'entre eux n'arborant des paillettes ou une permanente à défrayer la chronique. Mais la robe bleue virevoltante de Lexie n'était pas sans panache et le flegme de Jamie avait son charme. Le choix de la chanson n'avait pas manqué de faire rire le gamin, mais il fallait bien s'y attendre. Il était effectivement un peu trop blanc pour faire un Jay-Z à l'aura gangsta mais surtout, Lexie n'aurait jamais eu l'audace de s'essayer à un titre de Queen B en public. Elle n'hésitait pas à s'époumoner sur Who Run The World sous la douche ou à faire une performance agressive de Flawless devant son miroir, mais jamais elle n'aurait osé s'atteler à la reine de la musique devant une audience. Surtout pas aussi sobre. Elle chantonna donc joyeusement l'air du plus fabulous des chanteurs britanniques, dans une alchimie attendrissante avec son colocataire. Le barman fut apparemment convaincu, tout comme les autres chanteuses du dimanche et les boissons affluèrent pour le duo. Comme quoi, si tout le reste échouait, il pourrait toujours aller chanter dans les rues. Et nul doute que s'ils avaient été seuls, les deux compères auraient obtenu un - voire plusieurs - numéros de téléphone de leur groupie. Si Ed était plutôt subtil et pouvait presque faire croire que sa drague discrète était une pure déformation professionnelle, la plus pulpeuse - mais pas la plus brillante - des étudiantes n'était pas aussi délicate dans ses tentatives d'attirer l'attention de Jamie. La rouquine gloussa sous cape plus d'une fois, la dite cape imaginaire se faisant de plus en plus invisible à mesure que le taux d'alcoolémie général grimpait et que la blonde se faisait désespérée. Affligeant. Le genre de filles que JJ avait tendance à retrouver dans son lit quand il forçait un peu trop sur la tequila. Une importante leçon à tirer donc.

Deux heures - ou bien était-ce vingt minutes - s'écoulèrent avant que finalement, le patron ne vienne mettre tout le monde dehors. Lexie planta un baiser sur la joue du barman - qui s'était avéré être canadien d'ailleurs - et bientôt le troupeau s'envola et les deux pensionnaires se retrouvèrent plantés sur le trottoir, un sourire bienheureux sur les lèvres. La britannique accorda une pensée à la voiture qu'elle n'était pas en état de conduire jusqu'à la maison, puis oublia bien vite cette once de raison pour enlacer avec douceur son jeune ami. Elle n'était guère habituée à de telles marques d'affection de la part du garçon, qui n'avait certes jamais fui devant l'une des étreintes attendries de Tata Lexie, mais qui n'était pas non plus outrageusement expansif. S'il y avait quelque chose de British en lui, c'était cette difficulté à exprimer simplement ses émotions. Chez Lexie, cela se manifestait par une théâtralité parfois agaçante et une façade colorée et joviale que rien ne pouvait ternir. Jamie était presque plus proche du tempérament réservé de l'aînée des Preston, quoiqu'il était plus enclin à se lancer dans des aventures rocambolesques et n'était pas aussi misanthrope. Toute à ses divagations sur ce qui rendait le jeune homme plus Preston qu'Ainsworth, elle l'entendit à peine chuchoter son prénom contre sa tignasse rousse. Elle réagit toutefois au mot tatouage et cligna stupidement des yeux, se laissant entraîner vers une devanture, affichant le mot Tattoo avec des néons bleus. Etrangement bien assortis à sa tenue par ailleurs. « J'ai failli me faire tatouer à la fac, mais j'me suis dégonflée parce que celui de ma pote Janice s'était infecté et c'était trop flippant. T'en as un toi? » Elle plissa les yeux, jetant un coup d'oeil suspicieux au brun. Peut-être y avait-il de la fibre Ainsworth en lui, si sa peau était déjà marquée à un si jeune âge.

Sans trop savoir comment, Lexie se retrouva assise sur un des sièges semblables à ceux du dentiste, le haut de sa robe défait, exhibant son soutien-gorge turquoise à la vue de tous. Tous étant donc la tatoueuse, son assistant et Jamie. La rouquine répéta que oui, elle était assez sobre pour savoir qu'elle voulait un tatouage. « Je chante encore juste j'vous dis ! Et si je me souviens d'une phrase en latin, c'est que j'ai encore toute ma tête, nan? » Elle entendit le jeune tatoueur - tout aussi roux qu'elle - dire qu'il avait trouvé la phrase sur Google et qu'elle était correcte. Dressant fièrement le menton, la britannique se retint à grand peine de lâcher un « Na, je te l'avais dit ! » enfantin, qui n'aurait pas servi sa cause. « Ouais, c'est la devise de Paris même. Paris, en France hein. J'ai étudié les ponts parisiens à la fac et y a le sigle dessus. Battue par les flots mais qui ne sombre pas, ça veut dire. Classe hein? » Elle opina du chef, approuvant son propre propos et tourna la tête vers Jamie et lança d'un ton enthousiaste. « Haaaaaaan, shoudl we get matching tattoos? Ou tu as ton idée déjà? » Elle était curieuse de voir ce que cette énième folle entreprise allait donner et servit un sourire rayonnant à la tatoueuse, affirmant que oui, elle voulait la citation sur son flanc droit qu'importe la douleur ou le côté strip-teaseuse de la chose. Elle avait suffisamment bu pour être légèrement anesthésiée et avait de toute façon un grand respect pour les danseuses de club, qui avait élever le pole dance au rang d'art et possédait un self control qu'elle enviait. Et malgré sa réticence à s'approcher des aiguilles en temps normal, elle avait décidé de placer sa confiance en cette jolie brune dont elle n'aurait su prononcer le nom de famille. C'était décidément parti pour être une nuit mémorable.
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MessageSujet: Re: 03. You can't touch this   Dim 21 Sep - 3:37

Jamie se hissa sur la pointe des pieds pour que l’étreinte reste confortable tandis qu’il lisait les informations encrées sur la vitrine du salon par-dessus l’épaule de la londonienne. La puberté l’avait doté d’une taille tout à fait respectable, même pour un garçon; mais il fallait reconnaître qu’il faisait piètre allure à côté de Lexie, et son mètre quatre-vingt qu’elle n’hésitait jamais à grossir à l’aide d’une paire de talons outrageusement élevés. Jamie ne lui en voulait pas; de toute manière, depuis l’arrivée d’Addison à McKinley, il s’était habitué à devoir se dévisser un peu plus régulièrement le cou pour s’adresser aux autres. “Non, mes parents n’ont jamais voulu me signer l’autorisation” lui avoua-t-il en se détachant doucement d’elle et en haussant une épaule désinvolte. Il s’était pourtant plié en quatre pour convaincre Simon et Isabelle Ainsworth qu’un tatouage ne pouvait être plus anodin au milieu d’une société qui passait son temps à admirer ou critiquer les dernières frasques vestimentaires de Lady Gaga; mais à sa plus grande frustration, ils s’étaient montrés intraitables à chaque fois que le sujet avait été abordé. “Mon père trouve ça vulgaire; mais je crois qu’il en a plusieurs, alors il peut toujours causer” ajouta-t-il en glissant sa main dans la sienne et en poussant la porte de l’établissement avec son épaule. Jamie n’avait pas l’habitude de parler de ses parents; mais les confessions insignifiantes comme celles-ci lui venaient plus facilement avec Lexie; elle écoutait sans analyser, et était l’une des rares personne à savoir comment il avait atterri à Lima. Aussi, l’alcool qu’ils avaient ingurgité au cours de la demi-heure précédente lui montait doucement à la tête, et lui déliait efficacement la langue. Il ne le savait pas, mais si son père mettait autant d’énergie à réfuter toutes connexions avec cette image ‘voyou’ que lui suscitait par exemple un tatouage, c’est parce qu’elles le menaient toujours à accorder une pensée à son frère—le père de Timothy—emprisonné en Angleterre, et aux endroits mal famés qu’ils avaient l’habitude de fréquenter quand ils étaient plus jeunes. Oui, Jamie l’ignorait; et il sourit en s’imaginant mentalement l’expression à moitié constipée, à moitié offusquée, que lui aurait adressée son père s’il était rentré chez lui ce soir même, un tatouage au compteur. Il aurait probablement passé un très mauvais quart d’heure, mais le jeu en aurait indéniablement valu la chandelle.

Ils s’étaient attardés dans l’entrée pendant une dizaine de minutes pour détailler attentivement les motifs qui tapissaient le mur derrière le comptoir d’accueil; mais aucun ne lui avait franchement tapé dans l’œil. Il s’était rapidement détourné des modèles les plus excentriques—et ses yeux s’étaient écarquillés de stupeur en reconnaissant le visage d’Edward Cullen sur ce qui semblait être une fesse massive. Non, il était davantage tenté par un motif un peu plus discret et, espérait-il, plus significatif que le minois d’un ‘sex-symbol’ pour préadolescentes hormonées. Ses recherches se révélèrent toutefois infructueuses et il se serait probablement ravisé s’il n’avait pas craint de décevoir Lexie—ou qu’elle interprète son indécision comme une dérobade déloyale.
C’est à ce moment-là, alors qu’il s’apprêtait à baisser les bras, que la Londonienne récita une phrase dénuée du moindre sens à voix haute, et s’attira les œillades interloquées de la tatoueuse, son assistant et de Jamie. Dulce entraîna Lexie vers l’arrière-salle où ‘la magie se produit’ déclara-t-elle avec assurance, pour s’assurer que le taux d’alcoolémie de la jeune femme n’obscurcissait pas son discernement. Une remarque qui fît naître un sourire en coin sur le visage de Jamie qui leur emboîta le pas. “Excuse, Prison Break” lança-t-il d’une voix un peu plus rauque que d’habitude pour l’effet comique, cherchant à contourner l’assistant qui lui barrait le chemin, occupé à Googler la citation de Lexie sur un ordinateur qui semblait dater du siècle dernier. L’assistant lui retourna un regard peu amène: “S’il te plaît?” ajouta-t-il en dévoilant toutes ses dents en guise de drapeau blanc de la paix; le rouquin marmonna quelque chose dans une langue étrangère—ou peut-être était-ce un accent écossais très très prononcé—et Jamie traversa le couloir mal éclairé.

Jamie se hissa sur l’une des chaises en cuir, et laissa pendre ses pieds dans le vide en scrutant l’intérieur du salon avec curiosité tandis que Lexie Antonia Jane se débarrassait de son haut sans démontrer la moindre gêne. “Pardon?” s’étonna-t-il, soudainement arraché à sa contemplation des instruments qui s’entassaient dans la pièce, quand l’assistant les rejoignit et souleva l’idée qu’il serait préférable qu’il attende dehors pour, argumenta-t-il, ‘préserver la pudeur de sa cliente’. “C’est qu’une paire de seins hein. Et c’est pas sur celle-là que je vais me rincer l’œil—no offense love” Il adressa les derniers mots à la principale concernée; oh il savait qu’elle ne le prendrait pas comme une insulte. Lexie avait une plastique superbe, elle le savait, il le savait. Mais il ne la regardait pas de cette manière, et qu’elle lui passe sous le nez en sous-vêtements le laissait on ne peut plus indifférent. L’idée qu’on puisse lui prêter ce genre d’arrière-pensées vis-à-vis d’elle lui hérissait les cheveux sur l’arrière du crâne et ne pourrait le déranger plus profondément tant elle s’associait à la définition de l’inceste. Il suivit le rouquin des yeux en hochant doucement la tête de droite à gauche, dépité par cette intervention des plus grotesques.

“Qu’est-ce que ça veut dire?” lui demanda-t-il, en se penchant à l’extrême sur son siège pour lire la citation originale par-dessus l’épaule de la tatoueuse, qui tenait en mains le papier où Lexie l’avait rédigée un peu plus tôt. “Fluctuat nec mergitur… Je le prononce bien?” À vrai dire, sa prononciation était très maladroite, mais si on passait sur sa non-maîtrise des ‘r’ français, il ne s’en tirait pas trop mal. Il arqua un sourcil interrogateur, et quand elle répondit à toutes ses questions, il se répéta mentalement les mots comme s’il cherchait à s’imprégner de leur sens. “J’aime bien” lui avoua-t-il après une dizaine de secondes de silence; à vrai dire, la phrase correspondait aux critères qu’il s’était fixé en entrant dans la boutique. Un soupir de soulagement lui échappa quand elle lui proposa qu’ils partagent le même tatouage: “Je n’osais pas te le proposer” lui confia-t-il en claquant ses paumes avec satisfaction; peu désireux cependant de lui avouer qu’aucune idée ne lui avait traversé l’esprit avant qu’elle ne lui prête celle-ci.
Il bondit sur ses pieds et se plaça en face du miroir à la recherche d’un endroit où se faire tatouer. Il coula une œillade curieuse vers Lexie qui avait manifestement décidé de l’inscrire sur son flanc droit. Il s’approcha, tandis que la tatoueuse préparait ses aiguilles. “Ouuuh tu vas douiller ma pauvre” commenta-t-il sans le moindre tact en grimaçant. Il lui caressa brièvement les cheveux avant de reprendre: “Courage, hein. Je nous appellerais un taxi après” ajouta-t-il avant de reprendre place sur son siège. Il se débarrassa de son t-shirt et baissa les yeux sur son torse, puis sur son épaule. Il ne voulait pas que ce soit trop visible. “Ici, ce serait cool” indiqua-t-il au rouquin qui s’était approché de lui. Il lui indiqua le haut de son bras, et ajouta que ce serait parfait sur deux lignes en italique. Il bloqua sa respiration quand l’aiguille s’approcha de sa peau mais ne détourna pas la tête. C’était comme pour une prise de sang, estima-t-il en retenant inconsciemment son souffle. Il préférait savoir quand est-ce que l’aiguille le toucherait plutôt que de regarder ailleurs et d’avoir une surprise.


Jamie ouvrit la portière à Lexie, salua une dernière fois la propriétaire du salon pendant qu’elle s’installait confortablement sur la banquette arrière, puis s’engouffra dans l’habitacle à sa suite. Celui-ci était habité d’une forte odeur de nourriture thaïlandaise qui lui souleva le cœur. “J’attends depuis dix minutes. Ça restera sur votre note” grommela le conducteur, et Jamie roula ostensiblement des yeux. “Fonce, Alphonse” répliqua-t-il avant de lui donner l’adresse de la Pension Preston. Il s’empressa de baisser la fenêtre de quelques centimètres pour laisser passer un peu d’air à l’intérieur; rien ne viendrait ternir sa bonne humeur, pas même un vieux rustre dégoûtant ! Jamie alluma le plafonnier pour trouver plus facilement le boîtier de sa ceinture, avant de poser sa tête à côté de celle de Lexie. “Toi aussi, ça gratte?” lui demanda-t-il alors que le véhicule réalisait un large demi-tour pas très légal. “T'imagine, y'en a ils se font tatouer sur la...” Un brusque écart de la part du conducteur lui coupa la parole. “On viendra chercher la voiture de JJ demain. Elle risque pas grand-chose là où elle est” Lima n’avait pas beaucoup de ‘quartiers chauds’ et ceux-ci ne se trouvaient pas au milieu du centre-ville, heureusement. La seule chose qu’ils pouvaient craindre, c’est qu’elle soit ramassée par la fourrière. Mais comme elle l’avait indiqué un peu plus tôt dans la soirée, Lexie avait des connexions avec le Shérif, alors si malheur survenait, ils pourraient toujours passer quelques coups de fil. Il éclata nerveusement de rire, quelques minutes plus tard : “Anna va nous tuer”
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