Choriste du mois


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 04. [Gillepsie's] Bottoms up

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MessageSujet: 04. [Gillepsie's] Bottoms up   Sam 22 Fév - 18:17

Leah descendit du taxi avec le cœur prêt à exploser. Elle était devant l’immeuble où se trouvait son ancien appartement, elle savait que Christa y vivait toujours car elle versait toujours un petit loyer symbolique à Leah tous les mois. Mais à cette heure-ci, elle ne devait pas être là. A peine arrivée à Lima, elle se sentait mal et maudissait le chauffeur qui mettait tant de temps à encaisser la course et à ouvrir le coffre pour sortir ses bagages. Elle regardait ses pieds, de peur de croiser le regard de quelqu’un qu’elle connaissait. Elle se sentait vulnérable ainsi en plein jour à Lima. Elle se doutait que de nombreuses connaissances devaient la détester et la critiquer allégrement. Elle était une mère indigne, elle avait abandonné sa fille… Pouvait-on faire pire ? Elle avait le souffle court comme si elle allait faire une crise de panique. Mais heureusement, l’employé de l’immeuble se hâta vers elle et attrapa ses lourdes valises :

    « Bonjour Mlle Woods, ravi de vous revoir chez vous. »


Il ne posa pas plus de question, ne fit pas de commentaire supplémentaire. La discrétion était une qualité indispensable pour être au service de ceux qui habitaient le bâtiment : les riches de Lima. Mais il n’en pensait surement pas moins, après tout même s’il ne savait pas qu’elle avait laissée Livia, elle avait disparu 8 mois et revenait sans prévenir et surtout sans poussette. Elle s’engouffra dans le hall et expira longuement pour se calmer tandis qu’elle suivait l’homme jusqu’à l’ascenseur. Il la mena jusqu’à sa porte et quand elle mit la clef dans la serrure, elle eut l’impression d’entrer par effraction chez quelqu’un. Une image furtive traversa son esprit. Robbie était dans l’appartement à l’attendre avec Livia, ils avaient fini par s’aimer comme un couple et formaient une famille unie. Elle se donna une gifle mentale, non ça ne se passerait pas comme ça. Elle ne tomberait pas amoureuse de Robbie. D’ailleurs ce dernier devait la mépriser. Il allait peut-être lui sauter à la gorge quand il la verrait. Ou pire, il l’ignorerait et lui interdirait de voir sa fille…

Elle se décida enfin à pénétrer dans l’appartement. Il était comme elle l’avait laissé… Plus propre et plus rangé même vu l’état d’esprit dans lequel elle se trouvait avant d’accoucher. Elle avait prévu de poser ses valises et de se rendre directement auprès de Robbie. Elle savait que c’était la seule façon de ne pas réfléchir et de foncer. Et pourtant, c’était déjà trop tard. Elle avait cogité dans l’avion, dans le taxi et maintenant qu’elle était à Lima, elle était tout simplement terrorisée. Machinalement, elle allait ouvrir le frigo. Il restait deux bières de la marque préférée de Timothy et elle remercia Christa de ne pas boire d’alcool. Elle avait besoin de courage, juste de se détendre un peu et elle pourrait aller voir Robbie.

Elle but une bière et ça ne lui fit pas vraiment de bien. Sans même s’en rendre compte, elle décapsula la seconde bière et la vida également. Elle ouvrit sa valise au milieu de son salon et en sortit deux sacs en papier ornés de rubans. Elle les posa sur le canapé immaculé et extirpa de la première une peluche porte-bonheur japonaise : un Maneki-neko, chat avec une patte en l’air. Elle la serra dans ses bras avec tendresse comme si ça avait été un bébé. C’était un cadeau pour Livia. Elle plongea sa main dans le second sac et en sortit un petit kimono blanc orné de motifs branches de cerisiers. Elle étendit la tenue délicatement sur le canapé, elle imagina une petite fille de huit mois avec des boucles dorées à l’intérieur… Est-ce qu’elle aurait jamais l’occasion de la voir porter ce kimono ? Les larmes se mirent à couler sur ses joues. Elle se leva brusquement et se rendit compte que l’alcool commençait à lui monter à la tête. Elle avait bu du vin dans l’avion pour se déstresser et n’avait pas dormi la nuit précédente.

Elle faillit tomber à cause de sa valise étendue sur le sol et elle se retrouva nez à nez avec son reflet dans le miroir qui trônait dans le salon. Et c’est là qu’elle se rendit compte qu’elle ne pourrait pas aller voir Robbie, pas dans cet état, pas avec une haleine de bière et de vin… Et si elle n’y allait pas maintenant, est-ce qu’elle y irait jamais ? Toute sa détermination venait de finir dans le fond d’une bouteille… De rage, elle renversa deux chaises hautes près du bar de sa cuisine et se rua vers les placards. Maintenant qu’elle avait tout gâché à nouveau, elle ne voulait juste plus penser à rien. Elle trouva une bouteille de vodka derrière des conserves et s’en remplit un verre à ras bord. Elle descendit le plus vite possible, l’alcool la fit grimacer et elle sentit le trajet du liquide dans son œsophage.

Combien de verres elle but ? Beaucoup trop et quand la clef tourna dans la serrure, elle était recroquevillée sur le canapé entourée de mouchoirs, la peluche et la tenue destinées à Livia soigneusement posées à côté d’elle. Un verre à moitié vide à la main, elle s’était trouvée à cours de larmes et regardait fixement les bouteilles de bières vides et la bouteille de vodka presque terminée qui trônaient sur la table basse. Elle leva les yeux vers Christa et s’attendit à se faire juger et condamner en un seul regard. Elle dit d’une voix enrouée par l’alcool et les sanglots :

    « Je suppose que tu t’y attendais pas, hein… A retrouver un déchet sur ton canapé… » Elle se redressa difficilement et leva son verre avant de le porter à ses lèvres et d’en engloutir une grande gorgée. « A la tienne, Sainte Christa ! »
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MessageSujet: Re: 04. [Gillepsie's] Bottoms up   Mar 4 Mar - 19:12

« Une rose pour la demoiselle ? »

Christabella esquiva d'un pas gracieux le vendeur à la sauvette qui, son panier de roses rouges sous le bras, venait d'accoster un énième couple, dans l'espoir de leur vendre une rose. Chaque année, à la St Valentin, de nombreux vendeurs de ce genre faisaient leur apparition dans les rues de Lima, et dès qu'ils croisaient un couple, ils affichaient un sourire commercial et agitaient leurs fleurs sous le nez des filles, conscients que ces dernières ne résisteraient pas et exigeraient de leur petits copains qu'il leur en offre une. Christabella eut un léger sourire. Partout où elle posait les yeux, tout n'était que fleurs, cœurs et chocolats. Les commerçants semblaient profiter du 14 Février pour ressortir leur décoration rose flashy, et elle-même n'avait pu résister. Non, elle n'avait pas l'intention d'exiger de qui que ce soit des fleurs ou des chocolats, mais plutôt de faire des présents aux gens qu'elle aimait. Elle avait déjà établie une petite liste mentale de ses plus proches amis, et au lieu de s’appesantir sur le peu de personnes qui s'y trouvaient, elle avait eu l'idée de leur préparer des biscuits au chocolat. Décidée, elle avait patiemment attendue d'avoir terminé sa journée au cinéma, et s'était plongée dans la foule d'amoureux qui flânaient au centre commercial, afin de faire quelques courses.

Il faisait nuit noire lorsqu'elle remonta la rue qui menait à son immeuble, les bras chargés de sachets en papiers. Le portier lui adressa un large sourire lorsqu'elle déboula dans le hall, et Christabella lui sourit en retour. « Désirez-vous de l'aide, mademoiselle Gillespie ? » demanda-t-il en amorçant un geste pour la débarrasser de ses paquets, mais Christa secoua aussitôt la tête. « C'est inutile, je vous remercie. Bonne soirée. » Poli et professionnel à l'excès, le portier lui souhaita une bonne soirée à son tour, et elle s'engouffra dans l’ascenseur. Vivre dans l'immeuble le plus chic de la ville avait des avantages, c'est certain. Les habitants étaient tous des modèles de calme, pas un bruit ne régnait dans l'immeuble, et ce à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, ce que Christa, en jeune femme discrète, appréciait. Elle avait vécu toute sa vie entourée, dabord chez elle, avec ses nombreux frères et sœurs, puis au pensionnat durant son adolescence, quand elle partageait un dortoir avec onze autres filles, et ensuite à l'université, où elle partageait tout un étage avec d'autres étudiants. Elle avait été confrontée au bruit toute sa vie, et depuis que Leah lui avait permis de vivre avec elle, elle avait l'impression de revivre. Le second avantage c'est qu'en tant que locataire d'un tel logement, elle vivait dans un confort total, et au moindre problème, elle n'avait qu'à passer un coup de téléphone pour que celui-ci soit réglé. Ici, elle se sentait au calme, et en sécurité.
Mais l'inconvénient, c'était cette impression qu'on la considérait comme une nantie. On lui adressait des salutations polies, le personnel faisait presque des courbettes devant elle, et lorsqu'elle donnait son adresse, les gens ouvraient de grands yeux. Elle ne serait jamais assez reconnaissante à Leah de lui avoir donné un toit, mais elle se serait contentée de beaucoup moins.

Parvenue sur son palier, elle se contorsionna pour sortir sa clef sans faire tomber ses sacs, et la glissa dans la serrure, avant de pousser la porte. Il faisait noir dans l'appartement, mais elle le connaissait sur le bout des doigts et sans prendre la peine d'allumer l'entrée, elle se dirigea vers la cuisine pour se débarrasser de ses courses, qu'elle déposa sur le plan de travail. Alors seulement elle remarqua les deux chaises au sol, et la porte du placard entrouverte. Christabella se figea aussitôt, l'oreille tendue et le cœur battant. Y'avait-il quelqu'un dans l'appartement ? Mais pourtant, elle avait dû utiliser sa clef pour entrer. Elle aurait pu partir travailler sans refermer le placard, mais les chaises au sol, ce n'était pas de son fait. Absolument immobile et silencieuse, elle se força à calmer ses respirations pour écouter. Il devait forcément y avoir quelqu'un ici. Et elle qui, quelques minutes auparavant, se réconfortait de vivre en sécurité, quelle ironie. La jeune femme chercha des regards quelque chose qui pourrait lui servir d'arme, mais fut incapable d'attraper un couteau. A défaut, elle empoigna un rouleau à pâtisserie, et se glissa silencieusement dans le séjour. Son doigt chercha l'interrupteur et elle alluma la lumière d'une des lampes, diffusant une lueur tamisée dans toute la pièce.
Et son regard tomba sur Leah. Cette vision la fit hoqueter et elle en lâcha son rouleau à pâtisserie. Leah, l'une de ses plus proches amies, était sur le canapé (à dire vrai, c'était son canapé, elle avait donc parfaitement le droit de s'y trouver), et dans un état déplorable, un verre à la main et quelques cadavres aux pieds. Christabella engloba la scène du regard. « Oh Leah... » souffla-t-elle en s'approchant de son amie. Et sans hésiter, elle la prit dans ses bras.
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MessageSujet: Re: 04. [Gillepsie's] Bottoms up   Mer 16 Avr - 19:27

En un rien de temps, Christabella l’avait prise dans ses bras. Elle la serrait contre elle comme si elle avait été un animal blessé ou un enfant perturbé à qui l’on pardonne toutes ses bêtises. Mais elle n’était ni un petit animal, ni un enfant. Elle était une adulte consciente de ses actes et de leurs conséquences. Elle était une adulte qui avait merdé, encore une fois. Si l’étreinte de Christabella la réconforta pendant quelques infimes secondes, elle n’eut pourtant pas l’impression de la mériter. Et cette compassion qu’elle avait vu dans le regard de son amie, elle l’a pris pour de la pitié. Ou pire, de la condescendance. Elle repoussa la jeune femme un peu trop brusquement, ne mesurant pas sa force à cause de son taux d’alcoolémie, puis elle s’énerva :

    « Lâche-moi ! Arrête… Arrête de jouer à Mère Térésa ! Je ne suis pas un de tes projets humanitaires, ok ? »


Elle se leva du canapé en titubant légèrement. Elle fixait Christabella, les yeux débordants de larmes mais le visage fermé. Elle avait envie de la gifler, elle avait envie de l’énerver suffisamment pour qu’elle lui dise enfin ses quatre vérités. La voir aussi calme, aussi conciliante, aussi… parfaite… Ca la rendait dingue ! Comment une personne comme elle pouvait avoir la moindre empathie pour un déchet comme elle ? Leah saisit une des bouteilles de bière sur la table basse et la brandit sous les yeux de Christa en criant :

    « Regarde ! Je suis venue me saouler ici ! Regarde le bordel que j’ai mis ! Tu n’es même pas un tout petit peu en colère ? Je vous ai tous abandonnés ! Tu dois me détester ! DETESTE-MOI, je le mérite !!! »


Elle jeta la bouteille contre le mur à l’opposé de la pièce et celle-ci se désintégra en une poussière de verre. Elle attrapa la deuxième et l’envoya subir le même sort. Dans le coin, le plancher était jonché de morceaux de verres. La pièce était si grande qu’il suffisait de contourner cette zone pour se déplacer. La jeune femme retourna son attention vers Christa et répéta :

    « Alors, toujours pas en colère ? Vas-y, dis moi que je suis juste un sac-a-vin assez stupide pour revenir à Lima dans l’espoir de… »


Elle s’interrompit, sa voix faiblissant. Elle n’arriverait pas à le dire à voix haute… Sa fille, Livia, avait grandie sans elle pendant ces quatre mois et maintenant, elle arrivait la fleur au fusil pour prendre une place dans sa vie. Comme si c’était aussi facile. Et puis, à peine était-elle arrivée à Lima qu’elle reprenait ses vieilles habitudes. Ses amis « Dépression » et « Alcoolisme » l’avaient gentiment attendus sur le canapé pendant toute son absence. Et encore une fois, elle n’avait pas su leur dire non.

Agitée et perdue dans sa crise de culpabilité vis à vis de sa fille, elle se mit à faire les cent pas dans la pièce sans prêter attention aux débris sur le sol ou alors, elle les occultait sciemment. Quelques morceaux qui avaient glissé jusque là se plantèrent dans ses pieds nus mais elle n’y prêta pas attention. Elle avait récupéré la bouteille de vodka et la brandissait dans les airs en s’autoflagellant :

    « Je ne suis qu’une sale conne, une mère indigne, une amie déplorable… Demande à Ryder, peut-être qu’il a la lucidité de me haïr lui au moins ! J’aurai mieux fait de me jeter sous le métro ce jour-là. Non… Lapidation, ça se serait une fin à la hauteur de toutes les horreurs que j’ai faîtes. Robbie, Ryder, toi et tous les autres, je vous offre une bonne tonne de caillasse et puis on en finit… »


Elle commençait à délirer légèrement mais ses mouvements étaient toujours brusques et son ton agressif. Il ne semblait pas être une bonne idée de s’approcher d’elle pour l’instant d’autant que la bouteille de vodka fendait l’air frénétiquement au rythme de ses gesticulations imprévisibles. Les petits bouts de verre avaient commencé à entailler sa chair et du sang commença à tâcher le sol dans son sillage mais, elle n’y faisait pas attention. Elle pleurait, criait, insultait et planifiait son meurtre par ses anciens amis comme si Christabella n’avait pas vraiment été là. C’était un triste spectacle auquel assister…
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MessageSujet: Re: 04. [Gillepsie's] Bottoms up   Mer 16 Avr - 22:00

Elle avait rêvé à ces retrouvailles de nombreuses fois. Leah était l'une de ses plus proches amies -en réalité, l'une de ses deux meilleures amies, Cassandra étant la première. Leur amitié avait été assez bancale au lycée, chacune ayant leurs différences. Leah était vive, intrépide, délurée et elle aimait les garçons. Adolescente, Christabella était timide, prisonnière de principes étouffants que lui avaient inculqués ses parents. Pourtant, elles arrivaient à s'entendre. Leur amitié s'était renforcée lorsque Christabella avait emménagée chez Leah, et les deux jeunes femmes avaient appris à se connaître. Christa avait la conviction qu'elles avaient chacune une bonne influence sur l'autre. Si elle parvenait à tempérer le caractère fougueux de Leah, et plus important, à faire disparaître ses mauvaises habitudes, Leah quand à elle savait comment pousser Christabella à prendre des risques, à agir comme une femme. C'est Leah qui avait appris à Christabella comment se maquiller, par exemple. Christa lui devait beaucoup. Elle tenait énormément à Leah, et quand celle-ci avait décidé de vivre sa grossesse loin de Lima, Christabella avait respecté sa décision, et n'avait jamais dit, à qui que ce soit, où elle se trouvait. Elle avait patienté, jusqu'à ce que Leah revienne, son bébé dans les bras. Elle avait imaginé à quoi ressemblerait sa vie, avec un nourrisson dans l'appartement. Ses nuits seraient certainement plus agitées, pour sûr. Mais en fin de compte, ce serait un excellent entraînement pour le jour où elle-même deviendrait maman. Mais quand finalement, Leah avait laissé Livia à Robbie, avant de fuir au Japon, Christabella avait eu du mal à l'accepter. Non pas parce que Leah avait paniqué, et n'avait pas su assumer son nouveau rôle de mère (qui lui était quand même tombée dessus sans qu'elle s'y attende) mais parce qu'elle était partie, alors que Christa n'attendait qu'une chose, que Leah revienne. Elle n'avait pas pu lui en vouloir, elle ne le pouvait pas, tout simplement.
Et à présent que Leah la repoussait avec toute la violence dont elle était capable, ivre comme elle l'était, Christabella ne parvenait toujours pas à lui en vouloir. Elle était trop heureuse de retrouver son amie. Peut-être faisait-elle à nouveau preuve de naïveté, en s'imaginant que Leah était revenue pour retrouver une vie normale de jeune maman, et que sa solitude se terminerait enfin. Leah lui avait manqué, tout simplement, aussi avait-elle réagi spontanément en la prenant dans ses bras. Visiblement, l'étreinte n'était que peu appréciée par la blonde, qui se leva promptement -aussi promptement que possible vu son taux d'alcoolémie.

Rejetée en arrière, Christa rendit son regard à Leah, à la seule différence que le sien était teinté d'incompréhension, et remplis d'interrogations. Et puis, Leah se mit à hurler. Et Christabella comprit. Avec un sursaut, elle se recroquevilla quand la première bouteille explosa contre le mur, suivie d'une seconde, et elle pria pour que les appartements soient bien insonorisés et que les voisins n'entendent rien du raffut que Leah faisait. Du regard elle la suivit, hésitant sur l'attitude à adopter. Se lever, et risquer de se prendre un coup de bouteille de... vodka ? Leah avait l'air vraiment saoule, et, les deux bouteilles brisées pouvaient le prouver, elle semblait prête à tout casser, du moment que c'était à portée de sa main. S'approcher d'elle ne semblait définitivement pas être la meilleure option. Mais rester bêtement les fesses posées sur le canapé ne servirait à rien non plus. « Leah... » tenta la jeune femme en une vaine tentative pour attirer l'attention de son amie, et peut-être, la distraire de ses funestes pensées. Mais pourquoi diable voudrait-on la lapider à coups de pierres ? Et qui donc était ce Ryder auquel elle faisait allusion ?
Christabella serra les poings. Il fallait qu'elle réagisse, malheureusement elle n'avait que peu, voir aucune, expérience quand il s'agissait de venir en aide à une personne saoule qui déprimait, et risquait de se jeter par la fenêtre à tout moment. L'idée de simplement jeter un seau d'eau au visage de Leah lui effleura l'esprit, et elle amorça un geste pour se lever. Elle n'avait jamais vu Leah ivre. A dire vrai, elle n'avait jamais côtoyé qui que ce soit qui ait l'habitude de boire, de façon régulière. Exception fait de Timothy, à qui il arrivait de décuver toute la journée dans sa chambre.

Timothy. Lui saurait comment réagir. Sans plus attendre, Christa récupéra son téléphone dans la poche arrière de son jean, et déverrouilla l'écran. Son doigt glissa jusqu'à la petite enveloppe et elle tapa rapidement un message, qu'elle envoya ensuite à son ancien colocataire. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il soit disponible pour une mission sauvetage imprévue. Et surtout, qu'il ait envie de venir, parce qu'après tout, rien ne l'y obligeait.
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Age : 25 ans
Occupation : Prof de guitare à domicile, travaille dans un foyer de groupe, chanteur du groupe Against The Odds
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MessageSujet: Re: 04. [Gillepsie's] Bottoms up   Lun 21 Avr - 19:28

Tout avait paisiblement commencé par quelques accords à la guitare. Timothy détestait être sous pression, surtout lorsqu'il s'agissait de composer de la musique, mais s'il voulait prouver à Megan et à ses troubadours qu'il s'en sortait bien mieux sans eux, il devait absolument coucher des notes et des paroles sur ces partitions vierges. Pour ça Robbie et Ryder étaient plutôt du genre tolérant, peut-être même un peu trop. Tim avait été clair de toute façon, leur association n'avait d'autre but que de se divertir et de se défouler un peu après une journée de travail harassante. Pourtant il avait été habitué à davantage d'exigence, si bien qu'aujourd'hui il ne pouvait s'empêcher de se flageller mentalement au moindre relâchement. Les effets secondaires d'un séjour chez les Awesome Voices très certainement. Ryder n'avait d'ailleurs pas sa dose de masochisme et, lorsqu'il avait confié s'être engagé chez l'ennemi, Tim avait manqué d'exploser de rage. Megan Morgan le suivait partout, quoiqu'il fasse, et cette perspective le mettait hors de lui. Il avait fini par faire la paix avec cette réalité, espérant très égoïstement que Ryder se rendrait bientôt à l'évidence qu'il avait choisi le pire moment pour pousser la chansonnette dans une chorale. Tant que Megan serait à la tête des Awesome Voices le moment ne serait pas le bon. Quoiqu'il en soit il avait commencé par gratter une modeste mélodie, quelques harmonies pour l'aider à mettre un rythme sur les sentiments qu'il avait envie d'exprimer. Les mots n'avaient pas tardé à affluer, timidement mais assez pour ne pas lui laisser trop de répit et le distraire de ses pensées. A vrai dire le vacarme de son cher voisin du dessus suffisait largement à le détourner de son objectif. Tim n'arrivait plus à se souvenir de cette période lointaine où personne ne faisait bruyamment sa vie au dessus de sa tête. Il n'avait jamais vu la tête de son voisin du dessus, qui n'avait emménagé que quelques jours plus tôt à vrai dire, mais il devinait facilement une espèce de gros lourdaud moustachu et dégarni. Le genre de gars qui se déplaçait en moto et filait en meute sur les routes désertes d'Arizona. Sauf à certaines périodes de l'année, où il aspirait à une vie normale : poser ses grosses fesses sur son canapé, une bière à la main et ennuyer royalement son voisin du dessous pour bien signifier son existence.

Timothy avait d'abord grogné, puis avait fait mine de se concentrer à nouveau sur son travail. Forcément, il avait fallu qu'il habite seul pour que ce genre d'inconvénient se produise. Après quelques vaines tentatives, il avait branché son ampli pour couvrir la musique qui perçait à travers le plafond jusque dans ses oreilles. S'il s'était senti inspiré par une finesse passagère, ce n'était rien comparé à toute la haine qui stimulait sa créativité. Il n'avait jamais été aussi bon que pour écrire des chansons de haine de toute façon, c'était le seul sentiment dans lequel il excellait. "If you feel so filthy, so dirty, so fucked up. If you feel so walked on, so painful, so pissed off. You're not the only one refusing to go down. You're not the only one. So get up. Let's start a riot, a riot. Let's start a riot, a riot. Let's start a riot." vociférait-il par dessus la musique, espérant que la sienne portait aussi bien à l'étage du dessus. Ce n'était pas la première fois que les deux voisins s'adonnaient à cette guerre froide. Du moins pas pour Tim, mais il soupçonnait fortement l'énergumène du dessus de s'en foutre impérialement. Oui, Tim entrait en guerre tout seul et il ne capitulerait pas avant d'obtenir gain de cause. Miracle, la musique s'arrêta alors, l'obligeant à faire de même pour jauger sa victoire. A présent debout sur son canapé, il tendit l'oreille pour être bien certain de ne plus entendre aucun bruit, sa guitare toujours fermement accrochée en bandoulière. Et, alors qu'il s'apprêtait à déposer les armes, la musique reprit de plus belle au dessus de sa tête. "Alors là non. NON !" cria-t-il en entendant la voix nasillarde de Miley Cyrus faire trembler ses meubles. "Je vais le tuer, ce sale enfoiré." Il bondit du canapé, empoigna un stylo et gribouilla un message sur une partition encore vierge. Attention tes pieds, je vais trouer ton plancher au sabre jusqu'à ce que tes boyaux tombent. D'un hochement d'épaule, Tim déclara sa satisfaction avant de sortir de son appartement. Il grimpa les escaliers plus vite que jamais, glissa la note sous la porte du voisin et fit marche arrière. Ce fut à cet instant précis qu'il reçut un message de Christabella. Bien entendu il l'ouvrit tout de suite, trop curieux de savoir ce que son ancienne colocataire avait à lui dire, et manqua presque de lâcher son téléphone au sol. Il répondit en vitesse, attrapa un manteau à la volée, les clés de sa ruine motorisée, tourna à fond le volume de ses enceintes et claqua en trombe la porte derrière lui. Une espèce de jeune blondasse descendait les escaliers et, avant qu'il ne disparaisse lui-même, cogna à sa porte. Il la gratifia d'un sourire hypocrite et se fit la malle. Il n'avait pas le temps de s'occuper de ses querelles de voisinage tout de suite.

Le chemin jusqu'au loft de Leah était encore clairement gravé dans sa mémoire. Le quartier était drôlement plus plaisant, c'était d'ailleurs pourquoi il ne s'y était jamais senti à sa place. Même à l'abri des regards dans le garage, sa voiture détonait avec cette luxueuse aura qui émanait même des égouts. Il se gara à la hâte, sur une place de livraison, et grimpa jusqu'à l'étage où il avait vécu presque un an avec Christa et Leah. Sa voiture finirait très certainement à la fourrière avant la fin, de toute façon il n'y avait que là bas qu'elle se fondait à merveille dans le décor. Le code n'avait pas changé et, lorsqu'il parvint sur le palier, il se risqua avec succès à ouvrir la porte sans frapper au préalable. La scène faisait peur à voir. Une Leah folle de rage, des débris de verre qui jonchaient le sol, et une Christabella recroquevillée dans un coin, totalement désarmée. Sans attendre, il se dirigea vers Leah, lui arracha avec difficulté la bouteille de vodka à laquelle elle s'accrochait fermement, et l'entoura de ses bras pour tenter de la maîtriser. "Wow, wow, tu nous fais quoi là Leah ? C'est la première impression que tu veux donner aux gens ?" demanda-t-il sans lâcher prise. Il savait qu'il allait avoir droit à ses quatre vérités, il n'était pas étranger à l'ivresse, mais il était prêt à encaisser les coups. Et surtout, sous aucun prétexte il ne desserrerait son étreinte, à moins qu'elle ne décide de se calmer. "Quelqu'un m'explique ce qui se passe ?"
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MessageSujet: Re: 04. [Gillepsie's] Bottoms up   Mar 22 Avr - 1:57

Soudain, à travers le brouillard de colère et d’ivresse qui l’entourait, une poigne déterminée à lui ôter la bouteille de vodka des mains la ramena sur terre. Dépossédée de l’objet qu’elle brandissait depuis plusieurs minutes, elle sentit des bras l’enserrer avec force. Elle étira son cou pour voir qui était à l’origine de son immobilisation au même moment où son ancien coloc ouvrit la bouche. Elle reconnut sa voix une demi-seconde avant d’entrevoir son visage. Pendant une seconde, elle fut contente de le voir. Il était un peu comme elle, sous certains aspects. Ils avaient tous les deux leur carte au club des « Fucked up » de Lima pour des raisons différentes et ils avaient fait un certain nombre de conneries ensemble. Mais ce qu’il dit et la poigne autour d’elle qui ne faiblissait pas finirent par très rapidement lui apprendre qu’il n’était pas là pour trinquer avec elle. Elle commença à se débattre, ses pieds hérissés de petits morceaux de verre tapant frénétiquement le sol et les jambes du jeune homme :


    « Lâche-moi, Tim ! Lâche-moi, bordel ! T’as eu le temps de t’en faire plus d’une d’impression, me dis pas que je vaux mieux ça, tu sais que c’est faux ! LACHE-MOI PUT**N ! »


Elle continua de plus belle à gesticuler dans l’espoir de se défaire de son étreinte. Tim avait beau ne pas être un tas de muscle, il avait bien plus de force qu’elle et elle avait peu de chance d’arriver à se libérer, d’autant qu’elle était ivre et avait du mal à coordonner ses mouvements. Timothy, perplexe, demanda à ce qu’on lui explique ce qu’il se passait. Elle s’écria :


    « Ben ça ne se voit pas ? J’ai pris l’apéro ! Merci pour les bières et la vodka d’ailleurs… Tu veux pas trinquer avec une mère indigne et une amie de merd* ? »


La colère était toujours là mais la tristesse commença à reprendre le dessus certainement grâce à son immobilisation par Timothy. Ses gestes se firent plus mous, même si elle n’arrêta pas de se débattre pour autant, elle se sentit brusquement lasse et fatiguée. Et soudainement, elle se remit à pleurer. Pas seulement des larmes, mais de réels sanglots qui secouèrent son corps. Elle avait envie de disparaître à tout jamais, de se cacher le visage derrière ses mains et de ne plus jamais les découvrir mais ses bras étaient immobilisés par son ami. Incapable de contenir ses sanglots, elle réussit à articuler d’une voix étranglée :


    « Lâche-moi, Tim… S’il te plait, lâche-moi… »


Ce n’était plus une injonction mais une véritable supplique. Elle avait arrêté de se débattre et tout son corps se relâcha. Elle voulait juste tomber à genou, enfouir son visage dans ses mais, contre ses cuisses, se rouler en boule et pleurer. Elle gâchait tout, absolument tout. Son retour à Lima était censé être un acte raisonnable bien que tardif, il lui avait fallu travailler sur elle-même et prendre son courage à deux mains pour revenir affronter ses démons et tous ceux qu’elle avait abandonnés ici… Mais elle n’avait pas pu s’empêcher de retomber dans ses mauvais penchants une fois ici. Elle avait pourtant décidé d’arrêter de tout foutre en l’air, de s’empêcher d’être heureuse et de faire du mal à son entourage. Elle avait décollé du Japon ce matin très tôt pleine de bonnes intentions et prête à faire face à ses erreurs pour essayer de les réparer. Et voilà qu’elle se trouvait à en commettre une nouvelle ? Pourquoi ? Est-ce qu’elle ne pouvait pas s’en empêcher ? Etait-elle définitivement inapte à vivre avec les autres ? Comment pouvait-elle espérer trouver une place dans la vie de sa fille en étant aussi instable ? Elle fit finalement, entre deux sanglots, le constat qu’elle n’arrivait pas à verbaliser jusqu’alors devant Christabella mais sa voix était faible et presqu’inaudible :


    « J’ai abandonnée ma fille. Je n’ai pas réussi à l’aimer. J’ai fui comme une lâche et vous feriez bien de me détester… »
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MessageSujet: Re: 04. [Gillepsie's] Bottoms up   Ven 25 Avr - 0:59

En fin de compte, le seau d'eau glacée paraissait être la solution la plus radicale, et Christabella jaugea du regard la distance qui la séparait de la cuisine. Leah remarquerait-elle son mouvement, ou bien serait-elle trop accaparée par sa détresse ? Et si elle décidait de l'assommer à coup de bouteille d'alcool, sous le coup de la colère ? Le chagrin et l'angoisse qui terrassaient Leah l'avaient poussé à se saouler, mais à présent, elle semblait surtout hors d'elle, bien trop ivre pour laisser la tristesse reprendre le dessus. Il semblait à Christa qu'elle avait envoyé ce message à Timothy depuis des heures, et bien qu'il ait répondu aussitôt -au grand soulagement, mais également à la surprise, de la jeune femme- il lui fallait tout de même traverser toute la ville pour venir. Et pendant ce temps, Leah arpentait le salon en piétinant allègrement des morceaux de bouteilles cassées. La moquette serait bonne à jeter, à en juger par les petites taches écarlates qui la constellaient. Cette pensée bassement matérialiste semblait si irréaliste et déplacée, aux vues des circonstances, que Christa comprit qu'elle était elle aussi en état de choc. Le retour soudain de Leah, mais surtout, sa petite crise de démence, c'était un coup émotionnel auquel elle ne s'était pas préparée. La gorge serrée, incapable de bouger, elle suivit du regard son amie qui faisait les cent pas en braillant et gesticulant.

Le bruit de la porte qui s'ouvrait en grand lui arracha un sursaut et la vision de Timothy provoqua en elle une vague de soulagement nettement visible, à tel point qu'elle faillit même lui décocher un sourire. Elle se leva d'un bond, comme si la simple apparition de jeune homme l'avait arrachée aux entraves invisibles qui la retenait clouée au sofa. Lui saurait quoi faire. C'était injuste de penser cela, mais Christa avait l'impression que son ancien colocataire avait dû être maintes fois exposé à ce genre de situation, où l'alcool poussait les gens à faire n'importe quoi. Et au fond d'elle-même, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait dû se retrouver lui aussi dans le même état que Leah. Malgré sa silhouette filiforme, il encercla Leah de ses bras, l'immobilisant fermement, ce qui ne devait pas être une mince affaire, tant la blonde se débattait.

Mais la colère était passée, enfin. La douleur revint, et Leah s'effondra sous le poids de celle-ci, secouée par de gros sanglots. Soulagée de constater que la crise semblait, à première vue, terminée, Christa s'approcha doucement, mais refusa de toucher Leah, ou même de se pencher vers elle. Les morceaux de bouteille cassée crissèrent sous la semelle de ses bottes, s'enfonçant plus profondément dans la moquette. Son regard s'attarda sur la silhouette prostrée de son amie, sur ses boucles blondes qui lui cachaient le visage. La vision de Leah sur le canapé, en mode « surpriiiise », l'avait bouleversée, et emplie de joie. Elle avait tellement attendue ce moment, qu'elle aurait pu se mettre à danser tant elle était heureuse. La voir se mettre dans cet état ne faisait pas que l'attrister. La jeune femme qu'elle avait sous les yeux n'avait rien à voir avec la Leah vive et enjouée avec laquelle elle avait vécue. Elle était déçue, comme elle l'avait été, en réalité, lorsque Leah avait pris la fuite. Elle pouvait aisément comprendre que ce soit difficile de devenir mère, surtout par accident, et avec un homme avec lequel on n'est pas en couple. La situation n'avait rien de facile. Ce qui l'était, en revanche, c'était de se réfugier dans l'alcool au moindre obstacle. Ce qui était facile, c'était de fuir, effectivement. Christa fronça les sourcils. Elle aurait pu soutenir Leah, l'accueillir à bras ouvert, l'aider dans son rôle de jeune maman. L'abnégation de Christabella n'avait pratiquement aucune limite, elle avait été élevée dans ce sens, mais elle était surtout profondément bonne envers les autres. Elle serait restée aux côtés de Leah, du début à la fin. Mais elle ne voulait pas s'occuper d'une Leah adepte de la bouteille.
« Ça suffit. » Christa croisa les bras, sans quitter des yeux Leah. « On a tous des problèmes. On souffre tous. Ce n'est pas pour autant qu'on se saoule à la moindre difficultés. » Ses mains tremblaient, tant elle avait peu l'habitude de s'exprimer aussi fermement, et elle les replia au creux de ses coudes pour les dissimuler. « J'ai été mise à la porte par mes parents. Je n'avais plus rien, pas de maison, pas d'argent, pas de travail... plus de famille, rien. Et pourtant, je ne me suis pas cachée au fond d'une bouteille. Si tu es venue ici uniquement pour nous montrer quelle quantité d'alcool tu peux boire, ce n'est pas la peine de rester. » Avec ces mots, Christabella prenait un gros risque, dans la mesure où l'appartement dans lequel elle vivait appartenait à Leah, qui le lui louait gracieusement et aurait très bien pu exiger qu'elle aille vivre ailleurs. Christa comptait sur la honte que devait ressentir Leah pour la faire réagir, et elle espérait ne pas se tromper. « Mais si tu es revenue pour prouver que tu peux être une maman, tu es la bienvenue. » reprit-elle d'une voix plus douce. Après une hésitation, elle récupéra la bouteille que Timothy avait arraché des mains de Leah, et s'accroupit devant cette dernière. « Tu as déjà fui une fois. A toi de choisir si tu veux fuir une seconde fois. » conclut-elle en lui tendant la bouteille de vodka.
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MessageSujet: Re: 04. [Gillepsie's] Bottoms up   Sam 24 Mai - 15:18

Malgré la virulence avec laquelle Leah tentait de s'arracher à son étreinte, Tim tenait bon. Il avait beau ne pas avoir la carrure la plus impressionnante du comté, il avait déjà prouvé qu'un direct résolu valait bien mieux que le crochet incertain d'un gosse de riche à la musculature ostentatoire. L'important, c'était de connaitre sa force et de savoir s'en servir. L'adrénaline aidait souvent dans ces cas de déséquilibre évident, mais à l'instant Tim était motivé par autre chose que le désir impérieux d'asseoir son rang de rebelle. La détresse de Leah avait fait écho en lui avec une incroyable clarté, chassant par la même occasion la rancune potentiellement engendrée par son départ inopiné. Son geste lui avait été dicté avec un naturel déconcertant, comme si la dernière vision d'une Leah ivre et en colère remontait à hier, et qu'il l'avait répété encore et encore, jusqu'à en faire un automatisme. C'était d'autant plus faux que, d'aussi loin qu'il se souvienne, son amie avait toujours eu l'alcool heureux, au point même où elle avait fini par déteindre sur lui. Leurs petits apéritifs improvisés lui manquaient certes, mais jamais ils n'avaient causés des scènes d'une violence si crue et désolante. Pourtant cette impression de déjà vu était vivace, tellement qu'il se surprenait à savoir exactement comment les choses allaient se dérouler. Il allait tenir prise, muet, jusqu'à ce qu'elle se calme et s'effondre en sanglots. Timothy savait que les débordements de Leah n'étaient pas prémédités, mais il devait bien avouer que, aussi triste était cette réalité, elle avait peut-être facilité leurs retrouvailles. Leur exposer ses faiblesses, c'était une façon pas très noble de se faire pardonner, et Tim savait comme un peu de courage liquide aidait parfois à mettre le doigt sur des sentiments inexprimables. Il aurait dû lui en vouloir. Il aurait dû la blâmer comme il avait blâmé les autres, lui tourner le dos et effacer les bons souvenirs pour ne garder que celui d'une jeune femme lâche et déloyale. Mais il en était incapable. Peut-être parce que son amitié à elle comptait plus que les autres. Ou peut-être parce qu'il réservait cette haine au jour où elle serait assez lucide pour mesurer l'impact de ses actes.

Présentement, il se sentait responsable. Pas dans le sens où il avait motivé cette scène de dépit, mais parce qu'on l'avait appelé lui pour y mettre un terme. Après réflexion, Leah leur vouait peut-être une confiance aveugle pour se montrer sous un jour si pitoyable. Tim n'était pas certain que Robbie ou même Ryder l'aurait accueillie avec la même sympathie. Il lui était presque reconnaissant, pour elle, d'avoir eu la clarté d'esprit de se pointer chez elle avant de frapper à la porte de celui qui avait gardé sa fille, tandis qu'elle profitait d'une vie volage et insouciante. Lorsqu'elle le supplia de lâcher prise, il ne s'exécuta pas, même si son emprise se faisait plus tendre, à l'image de l'étreinte avec laquelle ils auraient pu initier leurs retrouvailles, si Leah n'était pas si ivre et lui si taciturne. Il l'accompagna jusqu'au sol, lentement, tandis que comme il l'avait prévu elle céda au désespoir qui avait motivé son geste dès le départ. Son discours demeura cependant le même, une invitation à s'apitoyer sur son sort que Timothy avait jusque là ignorée. Et il continuerait à l'ignorer, parce que si quelqu'un méritait des plaintes, c'étaient bien toutes les personnes qu'elle avait laissées derrière elle. Sa fille, pour commencer. Et Robbie, pour qui Tim se surprenait à compatir malgré les blessures qu'il lui avait lui-même infligées. Si l'envie lui prenait d'être mauvais, il aurait pu dire que le karma avait frappé, mais il y avait quelqu'un qui n'avait rien demandé dans l'histoire. Alors non il n'allait pas la détester pour sa lâcheté. Non il n'allait pas pleurer parce que bouhou elle était une mère indigne. Ce n'était pas de son ressort. "Tu vas te ressaisir Leah, parce que Christa et moi sommes peut-être conciliants, mais il y a des personnes ici qui ont bien plus de raisons que nous de te détester. Et je te le dis, t'as pas envie d'être aussi pitoyable le jour où tu iras rendre visite à Robbie, parce qu'il hésitera pas à te claquer la porte au nez. C'est ça que tu veux ?" Dans le feu de l'action, Tim n'avait même pas fait attention aux débris de verre scintillant dangereusement près d'eux. Assis derrière Leah, les jambes dépliées, il la libéra enfin avant de poser ses mains soigneusement derrière lui, en chassant le verre.

Ce fut au tour de Christa de réciter son sermon. Tim dut alors se rendre à l'évidence que leur trio était d'un incroyable pathétique et que, après tout, leur colocation passée n'était peut-être pas si hasardeuse. Le discours de Christa fut néanmoins plus empreint d'optimisme, malgré l'évocation des déboires de sa vie. Tim avait eu des doutes, mais avec du recul il savait que jamais sa mère ne l'aurait mis à la porte, et ce en dépit de ses menaces répétées. Du moins elle aurait fini par lancer un avis de recherche au bout de 48h pour finalement se morfondre en excuses. En ce qui concernait Christa, sa famille semblait accepter atrocement bien la nouvelle. Il devrait penser à aller les insulter un jour, au beau milieu d'une messe, pour accentuer le côté dramatique. Certains chrétiens de la ville avaient beau être étriqués, il doutait qu'ils soutiennent un pasteur qui avait abandonné sa fille de sang froid, sans même un coup d'œil en arrière. Quoiqu'il en soit, Christa était peut-être un peu trop optimiste, et lorsqu'elle offrit un dilemme à Leah, il ne put s'empêcher d'intervenir. "Nan mais ça va pas !" dit-il en lui arrachant la bouteille. "La laisse pas s'apitoyer sur son sort. Elle a fait des conneries, elle les assume comme une grande. Et surtout. Surtout. Propose jamais un dilemme à une personne ivre. Elle fera toujours le mauvais choix." Avec difficulté, il se releva, avant de tendre la main à Leah pour qu'elle en fasse de même. "T'as pas le choix Leah. Tu décuves, tu assistes aux réunions AA de la ville si t'as un problème avec l'alcool depuis ton départ et tu reprends ta vie en main. Y'a pas de tu bois ou tu prouves que tu es une maman. Tu vas le prouver. T'as pas le choix. Tu vas quand même pas me faire croire que t'es revenue pour chialer ta vie. Nan, t'es revenue pour la récupérer. Et tu vas t'en donner les moyens ok ?" Il se tourna alors vers Christa pour lui murmurer un conseil. "Tu dois pas avoir peur d'être crue avec les gens bourrés. Ils sont comme les gosses, ils oublient et ils t'en veulent pas."
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