Choriste du mois


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 04. Striking like hell

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MessageSujet: 04. Striking like hell   Dim 23 Fév - 22:53

Leah sortit avec empressement de l’imprimeur, un grand carton à dessin sous le bras. Elle avait fait imprimer des affiches pour la prochaine exposition photo qui aurait lieu dans le hall de son studio Picture The World. Elle aurait pu envoyer un de ses employés les récupérer mais elle avait besoin de s’occuper l’esprit pour ne pas penser à sa fille, à Robbie et à tout ce bordel qui encombrait sa vie personnelle. Et puis, c’était thérapeutique pour elle de déambuler en centre-ville de Lima. Une semaine plus tôt encore, elle parcourait tout trajet en voiture, à l’abri de ses vitres teintées et priait le ciel pour ne croiser personne qui lui demanderait où elle était passée pendant huit mois. Et pourquoi elle avait abandonné sa fille. Et d’ailleurs c’était toujours le cas, mais elle essayait de se convaincre que tout allait bien. Cependant, elle avait l’impression que tout le monde la regardait alors qu’elle traversait la place Bellefontaine. Elle se persuada que c’était grâce à sa tenue voyante et plutôt très seyante. Elle portait une veste noire de tailleur relativement sobre mais en dessous, une robe de créateur assez audacieuse : rouge, moulante et très courte. Elle eut une pensée fugace qu’elle regretta aussitôt dans laquelle elle se félicita d’avoir mis à profit sa dépression post partum pour retrouver une ligne parfaite après l’accouchement.

Presqu’au milieu de la place, elle manqua de s’étaler sur le sol. Son pied droit habillé d’un escarpin noir à talon dérapa sur le pavé, elle se tordit la cheville et lâcha le carton à dessin pour réussir à retrouver son équilibre. Elle jura dans sa tête. Mais quelle idiote ! Tu ne sais pas mettre un pied devant l’autre et tu continues à porter des talons. Tu vas finir titulaire d’un Darwin Award ! Gênée et quelque peu énervée elle ramassa le carton en faisant bien attention à ne pas offrir ses sous-vêtements en spectacle à toute la place et se redressa. Elle se remit en marche tout en jetant un coup d’œil par dessus son épaule, certaine que les rires qu’elle entendait lui étaient destinés. Elle vit le groupe de jeunes qui ricanaient en la regardant. Furieuse, elle accéléra le pas et fut violemment arrêté quand elle s’encastra dans ce qui lui sembla être un mur. Décidément, elle faisait fort niveau perte d’équilibre aujourd’hui et en plus elle repartait sans regarder où elle allait.

Le choc de la rencontre fortuite avec un homme – ah ! Ce n’était pas un mur – la fit reculer de deux pas et vaciller mais elle parvint à retrouver l’équilibre. L’inconnu releva la tête. Sur le sol : un téléphone et un dossier qui semblaient lui avoir échappé des mains à l’impact. Et comme si le monde était contre elle, un coup de vent providentiel vint ouvrir l’intercalaire cartonné qui contenait une multitude de feuilles de papier. Elles s'envolèrent immédiatement. Leah entendit les rires redoubler dans son dos, elle avait envie de se retourner et de hurler contre ces gamins mais elle devait se calmer pour s’excuser auprès de l’homme. Elle rougit et bredouilla :


    « Oops... Excusez-moi ! »


Elle essaya d’attraper une feuille au vol pour se faire pardonner tout en scrutant la réaction de l’inconnu et c’est là qu’elle se rendit compte qu’il était bel homme, plutôt sexy à vrai dire…
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MessageSujet: Re: 04. Striking like hell   Dim 2 Mar - 20:41

« Comment ça, vous n’avez pas de Dewey? Depuis quand accepte-t-on d’ouvrir une librairie qui ne vend pas d’ouvrages de John Dewey? » Lyle se mit à rire, plus par exaspération que par amusement. Ce qui ne l’aida pas forcément à calmer son irritation due aux claires provocations du jeune bibliothécaire. Il ne pouvait s’agir que d’un malentendu, évidemment. Jamais personne ne l’avait prié de commander un classique de la littérature parce que celui-ci n’était pas disponible directement en magasin, pour la simple et bonne raison que cela ne se produisait jamais. Son indulgence quant à la taille ridicule de cette boutique était déjà relativement fragile, si alors on n’y était incapable de détenir les livres d’un des plus importants philosophes pragmatiques américains, autant fermer boutique immédiatement. Le jeune garçon de l’autre côté du comptoir se para d’un masque d’effroi, cherchant de tous côtés une aide, un soutien peut-être afin de se sortir de cette situation embarrassante. Son souhait s’exauça lorsqu’une vieille dame – apparemment la propriétaire du lieu – surgit d’une porte au fond de la pièce avec entre les mains une petite pile de livres de poche qu’elle alla tendre à l’écrivain, passant devant le stagiaire qui baissa le menton par dépit. Lyle les saisit, les parcourut rapidement d’un air sceptique puis releva finalement ses pupilles. « Madame, vous êtes pleine de surprises et de bon sens. » s’enchanta-t-il en fourrant dans sa sacoche son butin tant espéré. Il tira son portefeuille de la poche intérieure à sa veste et en sortit quelques billets qu’il déposa sur le bureau sans redemander sa monnaie. Puis il s’adressa à celui qui l’avait initialement pris en charge en le pointant du doigt. « Un conseil pour ta formation : ne te laisse pas déstabiliser par de vieux râleurs dans mon genre. Bonne chance. » Il sortit enfin de la libraire, fier de lui, avant de reprendre le chemin de la place Bellefontaine pour y retrouver sa voiture garée sur le parking de l’hôtel de ville.

Si Lyle avait abandonné pour un moment l’idée de se replonger dans l’écriture, laissant de côté sa carrière d’auteur populaire qui n’avait jamais réussie à le satisfaire malgré son succès indéniable, il n’avait cependant pas renoncé à la réflexion et aux études d’œuvres philosophiques qui étanchaient sa soif de savoir. C’est pourquoi il n’en avait jamais assez de compléter les étagères déjà bien remplies de sa bibliothèque personnelle, dans son immense habitation dont il parvenait à combler le vide en couvrant ses murs de livres bien rangés entre la décoration raffinée des lieux. Lire l’aider à lutter contre sa solitude et son ennui. Car même s’il n’avait jamais été le genre d’homme à rechercher excessivement la compagnie des autres, appréciant avoir la possibilité de se recueillir quand bon lui semblait, il n’était pas non plus de ceux qui ne supportaient pas d’être entourés. Bien au contraire, avoir quelqu’un pour lui rappeler sa majestueuse existence était nécessaire au maintien de son équilibre. Ainsi, en emménageant à Lima le mois dernier et à défaut de partager sa vie avec une autre personne, le philosophe s’était gentiment rendu dans une animalerie. Pour finalement ressortir avec un bébé labrador. Oui, ce genre de chien à la langue tombante qui remerciait le monde d’être nourri et câliné chaque jour tout en ayant la faculté remarquable d’oublier son identité toutes les dix secondes. Socrate – c’était son nom – avait déjà prouvé de nombreuses fois à son maître que la schizophrénie pouvait être attachante. Quant à son remarquable don pour la comédie, Lyle en aurait presque été jaloux de constater qu’une boule de poil à quatre pattes pouvait plus facilement feindre l’apitoiement que lui.

Outre sa nouvelle occupation consistant à remplir régulièrement des bols de croquettes ou encore résister aux innombrables attaques baveuses du chiot, l’écrivain trouvait toujours le temps de s’installer à une table pour noter dans son carnet ou sur des feuilles volantes les idées et questionnements qui fusaient dans son esprit après lecture ou observation d’un phénomène intriguant. Réflexions insignifiantes ou idées prometteuses, jamais il ne se séparait de ces écrits qui rassemblaient l’étendue de ses connaissances et lui servaient au quotidien pour son travail personnel.
Le travail. Lyle fut tiré de ses rêveries en se rappelant devoir répondre au dernier mail en date de sa maison d’édition qu’il prenait toujours grand soin d’ignorer dans l’espoir peut-être qu’un jour ils arriveraient à l’oublier. Cependant, ses patrons ne semblaient pas prêts à lâcher leur poulain, quelle que soit la réputation que l’écrivain s’était attiré avec l’affaire peu glorifiante du plagiat. Ce qui restait incompréhensible, c’était que les répercussions de son acte auraient également dû porter préjudice à son éditeur. Or celui-ci paraissait avoir tiré profit de son échec en multipliant les ventes des ouvrages de Dean-Ewers. Les messages que recevait Lyle chaque jour visaient à le tenir au courant des évènements. La colère qu’il avait engendré s’était finalement métamorphosée en reconnaissance pour avoir permis de redorer le blason de ses employeurs. Comment s’y étaient-ils pris? Peu lui importait de le savoir. En revanche, il ne tolérait pas qu’on se serve de son exil pour rectifier son image contre son gré. Sur internet, des articles de journaux plébéiens le qualifiaient de « victime de la page blanche ». Comme si ce qui lui était arrivé était simplement le fruit d’une panne d’inspiration. Certes, avouer qu’il avait toujours détesté écrire des histoires romantiques (quoique subtiles et riches puisque son style permettait de rendre ces niaiseries plus séduisantes) aurait sans doute déçu ses lecteurs. Mais faire croire à ces derniers que leur auteur était une victime! Il en était hors de question.

Le regard fixé sur son écran, prêt à répondre sévèrement à la requête de son éditeur le priant de se rendre à Lansing le week-end prochain et d’endosser le temps d’une interview son rôle d’écrivain dépassé par son procès, il fut brutalement interrompu quand il se heurta à un obstacle massif. Le choc lui fit s’enfoncer le coude dans la cage thoracique, lui coupant la respiration et, sonné, il lâcha par réflexe son téléphone qui alla se briser sur le sol en un millier de microcristaux. Le dossier qu’il tenait jusque là sous son bras glissa également, s’ouvrant lorsqu’il rencontra l’asphalte pour laisser s’envoler de l’autre côté du trottoir toutes les feuilles qu’il contenait. Pinçant les lèvres pour éviter d’émettre une longue plainte douloureuse, Lyle se mit à grogner sourdement. « Bordel! » Il se retourna et observa impuissant ses réflexions sur Dewey disparaître au loin alors qu’il demeurait replié sur lui-même. Puis il baissa la tête vers une paire de jambes interminable. En parcourant de bas en haut la silhouette qui se dressait devant lui, il ne put se retenir de lever les yeux au ciel. « Évidemment, c’est une femme. » s’agaça-t-il en tenant ses côtes endolories, le visage crispé. Les rires répugnants d’une bande de jeunes écervelés accentuèrent davantage son courroux. Un sourire faux se dessina sur ses lèvres tandis qu’il se redressait pour retrouver une once de prestance. « Hey vous là-bas! Oui, oui, c’est à vous que je parle. Si vous pouviez nous épargner votre vision, je pense que le monde se porterait mieux. Et par le monde, j’entends plus que ma simple personne si vous aviez des doutes. » Lyle posa finalement ses yeux azurés sur la jeune femme à l’origine de cet encastrement. À peine vêtue, ses fines jambes étaient si découvertes que le jeune homme pensa à une provocation de sa part. Aussi l’auteur éprouva plus de pitié que d’attraction en la regardant. C’était tellement caricatural. Mais finalement d’humeur compatissante, il s’empara de la feuille que l’inconnue avait réussi à récupérer au vol d’un geste vif puis la jaugea d’un air contrit. « Je ne vous en veux pas. Vous savez ce qu’on dit concernant les femmes et leur don pour l’orientation, hum? C’est dans votre nature, vous n’y pouvez pas grand-chose. » Il agita le papier sur lequel était noté une infime fraction de sa dissertation puis pointa du doigt les pièces détachées qui avaient remplacé son smartphone neuf en haussant un sourcil. « Par contre, ça ne signifie pas que je vous épargnerai les frais. »


Dernière édition par Lyle Dean-Ewers le Dim 30 Mar - 22:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. Striking like hell   Mar 25 Mar - 0:17

Au même moment où Leah se disait que l’homme était sexy, ce dernier cassa cette illusion de raffinement qui s’émanait de lui. Oui, une parfaite illusion car dès qu’il ouvrit la bouche, Leah en resta bouche bée. Evidemment, c’est une femme… Elle fut tellement abasourdie par le naturel avec lequel il avait dit cela qu’elle ne réagit pas tout de suite. Elle crut même qu’elle avait mal entendu quand il prit « relativement » sa défense auprès des jeunes qui ricanaient dans son dos. Et pourtant, il réitéra ses observations sur le manque de sens d’orientation des femmes. Vous n’y pouvez pas grand chose, c’est dans votre nature… La mâchoire de Leah se contracta, elle avait beau être fautive dans cette collision, elle ne comptait pas se laisser parler comme ça. Sur le coup de la surprise, elle s’écria seulement :

    « Dans ma nature ?! »


Et en plus voilà qu’il lui demandait de lui rembourser son téléphone… Ce n’est pas que l’argent soit un problème pour elle, loin de là. Et si elle était rentrée dans une personne plus sympathique, elle aurait proposé elle-même de rembourser le dit appareil. Mais, là elle ne comptait pas se laisser traiter de la sorte. Elle fusilla du regard qu’elle ne pouvait s’empêcher de trouver très attirant, malgré ses remarques misogynes et s’énerva davantage :

    « Alors, je vous arrête tout de suite Monsieur Je-marche-en-pianotant-sur-mon-téléphone. Je n’ai aucune intention d’accepter votre pardon condescendant, ni d’écouter vos réflexions philosophiques de comptoir sur les qualités et défauts d’une femme ! Les frais ? Non mais… Oh si, attendez ! »


Elle se baissa pour ramasser le téléphone avec l’écran fissuré et attrapa son chéquier dans son sac, elle commença à en remplir un rapidement et tendit l’appareil cassé avec le chèque vers l’inconnu :

    « Voilà un chèque pour que vous puissiez vous racheter un téléphone deux fois plus cher et jouer en HD à Angry Birds ou quoique ce soit que vous faîtes là-dessus au lieu de regarder devant vous… » Au moment où il tenta de se saisir du téléphone et du chèque, elle retira son bras, les éloignant du misogyne. « Par contre, vous allez devoir vous excuser pour votre attitude phallocrate, d’abord. »


Elle croisa les bras et resta là, à attendre des excuses de l’homme qu’elle avait bousculé. En même temps, elle ne supportait pas de telles attitudes. Leah pouvait être qualifiée par certains de « féministe ». Elle ne se considérait pas comme telle mais elle en avait certaines convictions effectivement. Elle ne se laissait jamais marcher sur les pieds, elle était une femme d’affaire féroce et ce n’était pas cet idiot prétentieux qui allait la traiter comme une « pauvre femme » à qui l’on doit pardonner ses erreurs du fait qu’elle fasse partie du sexe faible.
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04. Striking like hell

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