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 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones

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MessageSujet: 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones   Ven 28 Fév - 2:11


04. Too much alcohol always brings

The cute Ones


31 Décembre 2017, Lima

Il y avait ce type.
Et puis il y avait sa bouteille de bière. Enfin, beaucoup de bouteilles, beaucoup trop d'ailleurs, mais bon, sa mère avait un sourire aux lèvres alors autant boire, ravaler ce qu'il avait envie de dire et hocher la tête et jouer la comédie pas vrai? Oui, c'était ce qu'Aidan s'était dit sur le coup, il ne s'était pas emporté, il s'était laissé traîner jusqu'au bowling de la ville pour une soirée du nouvel an. Il avait conservé le silence tandis que sa mère lui présentait un ami du boulot, traduction, un homme qu'elle avait rencontré aux réunions des alcooliques anonymes. Aidan n'avait rien dit. Et maintenant, il se retrouvait assis à sa table, avec en face de lui, sa très chère mère en train de chercher les amygdales d'un parfait inconnu, et ce avec sa langue, soit dit en passant... Ce n'était pas un spectacle qu'il voulait voir, oh que non, aussi, il se contentait de vider ses verres, en silence pour une fois, cherchant une distraction. Le serveur était une distraction, le fixer était intéressant, pencher la tête à son passage pour voir à quel point il avait une belle personnalité était une très bonne idée, décider de laisser sa mère et son "charmant ami" partir pour la soirée et rester seul était une excellente idée. Surtout quand le dit serveur avait fini son service et se décidait enfin à venir à sa table. Et il était mignon, beaucoup trop mignon, dans le genre brun et ténébreux et tu vas regretter tout ceci le lendemain Aidan et on ne pouvait pas faire mieux. Et ses lèvres là allaient décidément l'occuper une partie de la nuit, et oui, on s'embrassait à minuit, c'était la coutume et pas juste une excuse pour embrasser un parfait inconnu.

Le reste de la soirée? Eh bien... Aidan ne s'en souvenait pas vraiment.


Février 2018, Lima

Seulement scolarisé depuis novembre dernier, Aidan apprenait vite.

Oui, il avait, comme tous les autres jeunes gens de son âge, développé cette habitude d'arriver chez lui, de laisser tomber son sac sur le sol et de tout simplement s'effondrer sur son lit, la tête retrouvant le coussin qu'il avait été forcé de quitter il y a environ huit heures de cela. Hello bed, did you miss me? Cause I sure missed you. Peut être qu'Aidan divaguait complètement et qu'il aurait dû ne pas veiller la nuit précédente, le blond trop perdu dans le montage d'une énième vidéo. Et pas du tout occupé à rédiger son compte rendu d'histoire, il l'avait bâclé pendant son heure de mathématiques et espérait s'en sortir avec un B moins ou quelque chose dans ce goût-là. Oui, contrairement à ce que tout le monde aurait pu penser, Aidan n'était pas particulièrement... eh bien idiot. Certes, il n'avait jamais été scolarisé mais il avait fait de son mieux pour glaner de la connaissance ça et là et plus jeune, il avait pour habitude d'acheter des cahiers de vacances dans les stations services, lorsqu'il était certain que sa mère ne pouvait pas le voir bien entendu. D'ailleurs en parlant de sa mère... Aidan se redressa, poussant un grognement avant de se défaire de sa veste et de ses chaussures et bien entendu de ses chaussettes. Il regagna la pièce principale en traînant des pieds, ses cheveux toujours en train de se livrer une bataille sans fin pour lui donner en permanence un air décoiffé (et vraiment, Aidan faisait des efforts), se dirigeant automatiquement vers le frigo. Il pria intérieurement pour qu'il soit plein mais Aidan se mentait à lui même, il ne fut même pas surpris en constatant que toute la nourriture qui était encore présente hier soir avait disparu. Okay. Il poussa un soupir, on se calme tout va bien, et son regard se posa sur le post it qui traînait là. Probablement un mot de sa mère.

"Dave est passé à la maison, il n'avait plus rien chez lui, je ne pouvais pas le laisser comme ça. Je t'ai laissé vingt dollars sur le comptoir. Je reviens dans deux jours."

Vingt dollars. Pour deux jours. Pas de mère, juste lui tout seul dans l'appartement. Okay. Aidan prit une grande inspiration et décida tout simplement de mettre le post it à la poubelle. Marre, il n'allait pas se prendre la tête ou s'inquiéter pour Moïra. Il n'allait pas se rappeler non plus les belles promesses qu'elle lui avait faites il y a seulement quelques mois de cela. Tu verras, ce sera différent, j'ai trouvé un boulot, blablabla... Le dit boulot où Aidan n'avait pas l'autorisation de mettre les pieds, à croire que l'endroit lui appartenait. Et les réunions des alcooliques anonymes, est-ce qu'elle y mettait encore les pieds? Non, il s'en fichait, ce n'était pas à lui de faire l'adulte, il avait un appartement pour lui tout seul pour deux précieux jours alors il comptait bien en profiter. Retournant dans sa chambre, il alluma sa chaîne hi-fi, réglant le volume à un niveau qu'on aurait pu qualifier de plutôt dangereux pour ses oreilles mais tant pis, il ne fut entièrement satisfait que lorsqu'il entendit Britney Spears en personne s'époumoner dans tout l'appartement, cette dernière disant avoir fait tomber un autre garçon dans ses filets, oh si seulement la vie était aussi simple chère Brit-Brit... Aidan avait réussi à retrouver le sourire au moment où il commandait une pizza (et on osait encore remettre en cause les joies d'internet) et le plus naturellement du monde il régla la webcam de son ordinateur et fit quelques grimaces à son propre reflet qui apparaissait à l'écran. Peut être qu'il y avait quelque chose qui clochait chez lui. La logique aurait voulu qu'il ne reste pas seul, peut être qu'il pouvait appeler à Matteo, non ce dernier poserait trop de questions sur la disparition soudaine de sa mère, Michael au moins se contenterait d'un sourire avant d'investir joyeusement son canapé et de lui voler les trois quarts de sa pizza... Hmm. Non. Plus Aidan observait son propre reflet dans la fenêtre vidéo de l'écran et plus il se rendait compte qu'en fait, il n'avait pas envie de sourire. Oui, le clown de service, qui faisait de son mieux pour toujours paraître comme quelqu'un qui respirait la joie de vivre et la bonne humeur lui... Il n'avait pas envie de sourire. "Mais où va donc le monde hmm?" murmura t-il à sa webcam. La chanson se terminait et il baissa un peu le volume, se passant une main dans les cheveux, il appuya ensuite sur play, fixant toujours l'objectif de son ordinateur.

"Okay confession numéro... Je sais plus où est-ce que je m'étais arrêté la dernière fois? Peu importe. Vous connaissez tous probablement le proverbe qui parle de jours avec et de jour sans? Vous faites quoi quand vous n'avez QUE des jours sans... Je sais déjà le genre de phrases que je vais trouver dans les commentaires : mais tu as tout pour être heureux, il y a des gens qui n'ont même pas de toit sur leur tête et blablabla... Mais hey, c'est écrit dans ma description de profil que je suis égoïste alors..." Aidan poussa un soupir au même moment où on sonna à la porte. Il tourna la tête avant de nouveau fixer sa caméra, un sourcil dressé. "Alors ça devra attendre plus tard car j'ai un visiteur. Bref appuyez sur le petit pouce vert etc, vous connaissez la chanson et pour ceux qui se posent la question, oui je vais bientôt recommencer les reprises de chanson, laisser vos suggestions dans les commentaires." Aidan prit tout de même le temps d'enregistrer le ficher avant de se diriger vers la porte d'entrée. Sa pizza n'était pas censée arriver avant au moins quarante minutes, avait-il en plus de tout, perdu la notion du temps? Peut être. Ou peut être que quelqu'un là haut avait décidé que sa journée ne serait pas complètement ruinée puisqu'il y avait le type devant sa porte d'entrée. Mais si le type, brun, grand, musclé, avec toujours cette expression de désintérêt total sur le visage qu'Aidan trouvait craquante. Le type. Le type qu'il avait embrassé au nouvel an et qu'il... Est-ce qu'Aidan était allé chez lui en plus de tout? Mon dieu, pourquoi est-ce qu'il se rappelait de tout là tout de suite maintenant? Des images, toutes plus immorales les unes que les autres (non Aidan ne savait pas qu'il était possible de faire ça avec ses lèvres et... wow, c'était à cause de lui qu'il avait une marque sur le cou?) défilaient dans l'esprit d'Aidan, si bien que le jeune homme se retrouva bouche bée, une de ses mains fermement agrippée à la poignée de sa porte. Earth to baby Aidan, god damn it, say something you moron. "Euh... Tu n'es pas le livreur de pizza."

Et vous savez quoi? Aidan était bien content que sa mère ne soit pas là, car s'il y avait bien une chose que Moïra n'avait jamais vu, c'était son fils en train de rougir.
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MessageSujet: Re: 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones   Sam 8 Mar - 3:59

Jeremy écrasa ce qui semblait déjà être sa millième cigarette de la journée, à en juger par le cendrier trop plein dont les mégots froids débordaient en cascade tout autour du petit récipient en verre noirci. Il avait à peine recracher la fumée qu’il avait dans les poumons qu’il se saisissait une nouvelle fois de son paquet de cigarettes pour venir placer un autre bâtonnet de nicotine entre ses lèvres fines. Il observait le bout encore éteint de ce dernier, approchant lentement sa flamme avant de prendre une première inspiration, un souffle puissant qui le rapprochait un peu plus du dernier… Mais qu’importe, Jeremy s’en fichait. À vrai dire, Jeremy ne se souciait d’absolument rien sur cette foutue planète. Il n’était pas triste, il n’était pas perdu ni égaré, il ne cherchait pas ce qui donnerait un sens profond et particulier à sa vie, il ne broyait pas du noir en se demandant à quoi l’avenir ressemblerait. Il se contentait d’être là, de peupler ce salon vide dont il avait fait l’acquisition à son arrivée en ville. Il se réfugiait simplement dans les volutes envoutantes de sa cigarette, bercé par les accords divins de l’un de ses groupes préférés. Il pouvait rester des heures ainsi, sans même bouger de ce fichu canapé, s’occupant à faire des ronds avec la fumée qui s’échappait de sa bouche. Jeremy n’était pas friand des journées de repos. Il voyait le temps défiler trop vite et il laissait vagabonder ses pensées, ce qui pouvait être… Dangereux ? Allez savoir. Après tout il était bien le seul à pouvoir assister à ses songes et il savait que passée une certaine heure, il était préférable qu’il finisse par s’habiller pour aller marcher dans l’air frais de l’hiver histoire de se remettre les idées en place.

Pour l’heure, il n’avait rien à faire à part attendre que le jour s’écoule, que le temps ne soit pas trop capricieux, que sa chanson ne se termine pas trop rapidement… Au pire il pourrait la remettre en boucle. Et si c’était seulement possible de faire pareil avec les jours ? Pouvoir revivre le même instant, toujours, inlassablement, et retrouver à chaque fois la sensation de la première fois. Mais est-ce qu’on ne finirait pas plutôt par se lasser ? Voilà que Jeremy recommençait à divaguer complètement, ses pensées se laissant porter au grès de la musique. Ce n’était pas totalement stupide comme concept après tout. On se levait bien tous pour se rendre sur le même lieu de travail, dans la même voiture, après avoir fait le même trajet, pour répéter les mêmes tâches encore et encore… Alors pourquoi s’empêcher d’en faire autant avec les autres instants, ceux qui passaient à une vitesse folle, comme une allumette qu’on frotte et qui s’enflamme avant de nous brûler les doigts. Alors il faut l’éteindre, il faut la lâcher et la piétiner puis en prendre une autre. Ou simplement regarder celle là se consumer jusqu’à la fin. Après tout, quand elle sera réduite en cendres, peut-être qu’elle renaîtra, peut-être qu’elle se retrouvera dans le nid que Jeremy avait créé dans son cendrier pour accueillir tous ces souvenirs qui pourraient rejaillir par hasard.

Par hasard oui. Et entre deux pensées vagabondes, son regard s’était posé sur les lunettes de soleil qui trainaient depuis deux mois sur sa table basse. Et par hasard toujours, il repensait à son propriétaire et à la soirée qu’ils avaient passé ensemble, le soir du nouvel an, pendus aux lèvres l’un de l’autre. Et si c’était lui ? Et si ce jeune homme auquel il repensait soudainement après plusieurs mois était en fait cet instant, cette allumette, cette petite cendre qu’il voulait voir renaître, qu’il voulait retrouver une deuxième fois comme s’ils ne s’étaient encore jamais croisé ? Et s’il voulait se consumer doucement dans ses bras, sans aller plus loin, sans que rien ne se passe à part l’étreinte dangereuse de deux coeurs qui s’enflamment ? Peut-être que Jeremy voulait chérir ce souvenir et pour se faire, il fallait qu’il le retrouve, qu’il le rencontre à nouveau et qu’il pose ses lèvres sur les siennes, simplement pour se rappeler et retrouver ce goût, cette étincelle, ce petit rien qui avait éclairé sa nuit alors qu’il avait pourtant prévu de rentrer et de se retrouver seul comme il l’était actuellement. Jeremy prit le temps de réfléchir en fumant sa cigarette, mais à quoi bon et pourquoi tourner autour du pot, de toute façon il fallait qu’il se rende chez ce jeune homme, qu’il lui ramène sa paire de lunettes, qu’il croise son regard pour revivre ce souvenir et se le répéter en boucle dans sa tête jusqu’à ce qu’ils le remplacent par d’autres. Ou jusqu’à ce qu’une autre allumette ne vienne lui faire perdre la raison, après tout, qui sait ?

Passant une main dans ses cheveux pour tenter de les coiffer, il ne perdit pas plus de temps et enfila un jean noir qui ne manquait pas d’allonger ses longues jambes encore davantage. Il revêtit ensuite un t-shirt à l’encolure en forme de V avant de se saisir de son paquet de clopes, sa veste, ses clés de voiture, et les fameuses lunettes avant de s’aventurer dans le froid, le col de son manteau relevé jusque sur ses joues pâles. Il avançait d’un pas déterminé, une troisième cigarette coincé entre ses lèvres. À sa plus grande surprise, il se souvenait encore du chemin jusqu’au domicile du garçon. Faisait-il une erreur ? Était-ce vraiment le bon moment pour se manifester ? Jeremy n’y songeait même pas. Ses jambes l’avaient guidé jusque dans sa voiture et il roulait sans même réfléchir, son instinct lui indiquant la route qu’il devait prendre. Sans même s’en rendre compte, il s’était retrouvé sur le pallier du garçon, son doigt poussant le bouton de la sonnette sans grande conviction mais avec la sensation qu’il avait bien fait et qu’il ne regretterait pas. Et à peine la porte fut-elle ouverte, que Jeremy souriait déjà, ravi de le revoir après… Combien de mois s’était-il écoulé au total ? Jeremy n’en savait rien et une fois encore, il s’en fichait royalement. Son sourire se transforma en un léger rictus face à la réaction du beau blond qu’il avait maintenant en face de lui. « Nope, je suis le livreur de… Lunettes ? » Yeah right, so smooth Joah, best pick up line ever. Il sortit l’objet de sa poche pour l’agiter devant le garçon, chassant rapidement les dernières pensées qui avaient traversé son esprit. Oh wait… Depuis quand est-ce qu’il se souciait de ce qu’on pouvait penser de lui au juste ? Oui, voilà, ça n’était jamais arrivé. Il se contenta donc de tendre la paire de lunettes. « Tu as oublié ça chez moi la dernière fois. Je suis… Je suis Jeremy, le serveur du bowling, je ne sais pas si tu te souviens. » Jeremy laissa son regard parcourir le corps du jeune homme avant de croiser ses yeux une nouvelle fois, se retenant de se mordre la lèvre. « En tout cas, je me souviens de toi. », ajouta-t-il avec un sourire charmeur et un clin d’oeil à peine perceptible. Et en l’observant ainsi, Jeremy réalisait à quel point il avait bon goût, et à quel point il avait envie de le voir se consumer, comme une allumette entre ses doigts, comme une cigarette entre ses lèvres. How could anyone forget about him anyway.


Dernière édition par Jeremy J. Porter le Ven 28 Mar - 0:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones   Dim 16 Mar - 6:16

Aidan Weatherly n'était pas gay.

Non, comme il y avait expliqué à Jace il y a quelques mois de cela, il ne croyait pas aux étiquettes, aux labels ou à ce genre de choses, sa vie avait toujours bougé trop vite pour qu'il ait le temps de nommer les choses. Il se fiait donc toujours à son instinct, ce qui n'était pas toujours une bonne chose, le blond était de ceux qui affrontaient ce qui était en face d'eux sans se soucier du reste. Et qu'on ne lui dise pas qu'il était jeune et qu'il disait uniquement cela parce qu'il n'avait pas encore été blessé, qu'il ne savait pas que les erreurs qu'on faisait dans la vie étaient eh bien... Les erreurs qu'on ne pouvait tout simplement pas rattraper, il avait traversé ce pays d'une côte à une autre et il avait eu le temps de se créer des souvenirs et d'être blessé à maintes reprises alors oui, il savait. Parfois quand il arrivait enfin à s'endormir, allongé sur le ventre et avec le son, plutôt rassurant, de son ordinateur qui tournait toujours, il se sentait vieux, trop vieux pour tout ceci, trop vieux et fatigué pour cette vie de lycéen qu'on le forçait à vivre alors que quelque part, il avait déjà dépassé tout ceci. Où était donc passée son insouciance et surtout son innocence? Oh, Aidan ne manquait jamais d'imagination et parfois, il lui arrivait de commettre des petits écarts, ce qui expliquait la présence de ce type, du type, Jeremy, là, juste à quelques mètres de lui. Ou peut être moins, Aidan avait vraiment du mal à évaluer les distances quand il sentit le regard de l'homme, plus âgé, le détailler, le déshabillant presque du regard. Presque, ça aurait été dommage que Jeremy lui donne cette impression là dés le début, n'est-ce pas?

Si Aidan n'avait pas possédé plus de retenue, il aurait pu en trembler mais pour l'instant, il se contentait de rougir, ne sachant pas pourquoi le destin avait décidé de lui jouer ce tour-ci. Pourquoi lui? Pourquoi aujourd'hui? Pourquoi maintenant? Jeremy, bien entendu, était parfait dans son rôle de ... de quoi exactement, qu'était-il? L'élément perturbateur, le souvenir qu'Aidan aurait dû oublier? Or just that really hot guy with amazing hair and amazing lips? Il prit la parole, expliquant avec un certain détachement la raison de sa venue. Of course, I remember you. Se retint d'ajouter Aidan, mais cela aurait été mentir car son cerveau avait enfin fait la connexion à ce moment précis. C'était bien ces mains- qui s'étaient posées sur ses hanches et qui l'avaient guidé vers un lit, un canapé, peu importe, quelque chose de confortable et ces lèvres- qui s'étaient posés sur les siennes, bien sur ces épaules- qu'il avait posé ses mains à lui et... Il se souvenait oui, il se rappelait s'être senti vivant, important, désirable, aimé même d'une certaine manière et il avait brûlé. Il s'était consumé entre les bras de Jeremy, il avait disparu et il était revenu et Jeremy n'avait pas cessé de l'embrasser. Aidan rougit d'avantage si c'était possible, laissant enfin s'échapper le souffle qu'il retenait depuis de longues minutes déjà. "Non je... je me souviens de toi et de mes lunettes." God Aidan, shut up. Difficile de croire que c'était lui qui affirmait que la timidité était un concept très surfait et qu'il n'y avait pas des timides juste des hypocrites. Aidan était sans doute le roi des hypocrites et il avait un appartement vide, pour lui tout seul, pour deux jours et son lit était plutôt grand et confortable. Keep it PG Aidan, he's not inside yet.

Il roula intérieurement des yeux avant de bouger, enfin, ouvrant la porte un peu plus. "Hmm... Tu ne devrais pas rester là je veux dire... Rentre, ce sera mieux pour... parler." L'invitation était plus que claire pour Aidan et il espérait que Jeremy comprendrait le message. Yeah come on in so we can make out. Non, peut être qu'il n'était même pas là pour ça, le blond ne savait pas, il ne connaissait pas les habitudes des serveurs du bowling de Lima. Il retint son souffle tandis que Jeremy le dépassait pour rentrer dans le maigre appartement, Aidan qui d'ordinaire n'aurait jamais laissé quelqu'un entrer aussi facilement se moquait bien de tout à cet instant précis. Il n'avait plus rien à cacher, il n'essayait pas d'éblouir Jeremy ou même de le charmer. Non avec un peu de chance, il avait déjà fait ça il y a des mois de cela, okay, il ne s'en souvenait pas, mais cela devait avoir marché vu que le brun était dans son salon à présent. Ou alors Aidan embrassait vraiment bien. Un léger sourire se dessina sur le sourire du blond et il referma enfin la porte, guidant Jeremy dans le salon qui servait accessoirement de chambre à sa mère. Oh comme il ne lui en voulait plus là tout de suite de l'avoir laissé pour deux jours, il ne se voyait pas vraiment lui mentir à propos de Jeremy et lui sortir l'habituel "he's a friend from school", s'il avait vu d'autres bruns aux jambes interminable et ce même air à la fois débauché et détaché sur le visage, pas de doute qu'Aidan serait bien plus content d'aller au lycée tous les matins. "Je n'ai pas eu le temps de faire les courses donc tout ce que je peux t'offrir c'est de l'eau." Il se sentit obligé d'ajouter ce simple détail, pourquoi? Bonne question, oui le frigo était vide, pas la peine de le mentionner, Jeremy n'était pas là pour ça, peut être qu'il s'en fichait complètement. Il tenait encore les lunettes de soleil d'Aidan dans ses mains et le jeune homme n'osait pas les lui reprendre, certain que le serveur s'éclipserait après, et à la réflexion faite, il n'avait pas envie de se retrouver tout seul.  "Au fait, comment est-ce que tu as trouvé mon adresse?" demanda soudainement Aidan se rapprochant de Jeremy. "Tu peux t'asseoir si tu veux, j'ai commandé de la pizza, on peut la partager." Et vraiment, Aidan aurait dû arrêter de parler.
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MessageSujet: Re: 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones   Ven 28 Mar - 0:50

Si Aidan n’était pas gay, Jeremy l’était pour deux.

Pourtant, le jeune homme était loin d’être un parfait stéréotype. Il n’était pas maniéré, ne nourrissait aucune passion pour le shopping ou pour quoi que ce soit d'autre qui aurait pu paraitre un tant soit peu efféminé. Il s’était contenté de rester lui-même depuis qu’il avait su, depuis qu’il s’était levé un matin en croisant son reflet dans le miroir et qu’il avait compris. Oh ce n’était pas arrivé soudainement, bien entendu, mais ce jour-là il avait simplement ouvert les yeux et il avait réalisé qu’il avait toujours été ainsi. Du plus loin qu’il puisse se rappeler, il ne se souvenait pas avoir un jour posé les yeux sur le corps d’une fille avec l’envie de l’embrasser ou même de l’aimer. Il était sortit du ventre de sa mère et il avait fait ses premiers pas, et puis il s’était retrouvé dans le bac à sable, dans la cour de récréation et il avait regardé un de ses petits camarades et il y avait songé pour la première fois. Il voulait prendre la main de cet autre gamin et il voulait dire à tout le monde que c’était son amoureux. Son camarade avait refusé son offre, après tout il avait le droit, et Jeremy était passé à autre chose. Mais jamais il n’avait réussi à envisager son avenir avec une femme, et quand enfin il comprit qu’il ne pouvait pas en parler librement et que le monde entier n’était pas comme lui, alors il avait sombré. C’était sans doute un peu brutal, un peu exagéré de le dire en ces termes, mais il n’existait pas de plus grande vérité que celle-ci. Jeremy avait lutté pendant de longues années pour parvenir à dire ce qui avait été une évidence toute sa vie durant.

Et naturellement, il s’était senti obligé de compenser ces longs instants de silence en se jetant dans les bras de bien des amants. Peu importait même s’ils étaient plusieurs à la fois, Jeremy n’était vraiment pas difficile et il se souvenait encore de nuits blanches particulièrement sombres au cours desquelles il avait découvert de multiples pratiques. Il lui arrivait parfois d’y repenser, un léger sourire venant se blottir au coin de ses lèvres, mais il avait surtout fini par trouver ses limites, lui qui n’en avait aucune, et l’histoire s’était terminée en arrivant à Lima, quelques mois en arrière. Ou sans doute était-elle seulement sur le point de commencer… Impossible de prédire, mais quelque chose lui laissait croire que la solution se trouvait juste ici, derrière cette porte, ou plutôt dans le sourire de ce beau blond, ou même encore sur ses propres lèvres. Il aurait voulu la cueillir tout de suite s’il en avait eu l’occasion, mais il se ravisa, évidemment. Ce n’était pas aussi facile que cela, ce n’était pas comme ça que les gens normaux fonctionnaient. Il n’y avait décidément que Jeremy pour agir de manière aussi… Existait-il un seul mot pour pouvoir le décrire ? Non, sans aucun doute. Mais tant pis, Jeremy se contenterait d’être lui-même, encore et toujours, inlassablement, sans se poser aucune question, sans chercher à compliquer les choses. Il était là pour rendre les lunettes de soleil à ce garçon, ça n’allait pas plus loin, n’est-ce pas ? Oh bien sûr, ce qu’il avait exactement derrière la tête ne concernait que lui au final, et il ne valait mieux pas prendre la peine de s’étaler sur toutes les images qui lui traversait l’esprit…

Le beau blond se mit à rougir, ce que Jeremy ne put s’empêcher de remarquer et il fit de son mieux pour dissimuler son petit sourire malin qu’il menaçait d’arborer d’une seconde à l’autre. Mais après tout, c’était franchement craquant de le voir réagir de la sorte, et il espérait de tout coeur que ce soit effectivement le souvenir de la nuit qu’ils avaient passé ensemble qui le faisait rougir de cette manière. Au moins, il s’en rappelait, c’était déjà une bonne chose et Jeremy n’aurait pas besoin de faire de dessin pour tenter d’expliquer les circonstances dans lesquelles ce garçon avait finalement posé ses lunettes de soleil sur sa propre table basse. « Rentre, ce sera mieux pour... parler. » Jeremy ne se fit pas prier une seconde de plus, ravi de mettre un pied dans l’appartement du jeune homme, ne s’attardant pas plus que cela sur la décoration intérieure ou sur le mobilier parce qu’il se voyait déjà assis sur le canapé et… Non, Jeremy devait calmer ses ardeurs immédiatement. Il était venu pour parler, uniquement pour cela et rien de plus. Après tout, il n’avait pas encore eu l’occasion de rencontrer du monde dans les environs depuis qu'il s'était installé alors il serait peut-être temps pour Jeremy de s’intéresser d’un peu plus près à la personnalité des gens ?… Dit comme ça, Jeremy pouvait passer pour quelqu’un de relativement superficiel qui s’attardait rarement sur la profondeur des personnes qui croisaient son chemin… Ou peut-être que ces mots n’étaient pas bien choisis… En vérité, inutile de tourner autour du pot et d’essayer de faire dans la dentelle, Jeremy était comme ça et il n’y pouvait rien.

Il s’aventura dans le salon avant de se placer devant le canapé, tandis qu’Aidan lui confiait qu’il n’avait que de l’eau à lui offrir avant de se rapprocher de lui pour lui demander comment il avait retrouvé son adresse… Jeremy sourit simplement, regardant le jeune homme droit dans les yeux et retirant sa veste avec désinvolture, posant d’abord les lunettes de soleil sur la table basse puis son vêtement sur le canapé, dévoilant ainsi ses bras et le haut de son torse que son t-shirt blanc au col en V dévoilait bien trop pour que cela ne soit pas déjà considéré comme un véritable pêcher. Une pizza ? Jeremy haussa les épaules. Il ne mangeait pas beaucoup mais après tout, pourquoi pas, il se contenterait sûrement d’une part. Mais Jeremy avait maintenant l’impression de crouler sous les questions ou les demandes détournées et après avoir échappé un léger rire, il se baissa pour se retrouver presque nez à nez avec le blond, son regard ne quittant toujours pas le sien. « Gee, could you please relax ? Je vais pas te manger… Enfin, sauf si tu me le demandes gentiment. » Peut-être que ce n’était pas le meilleur moyen de mettre le beau blond à l’aise, et Jeremy réalisa sans doute trop tard, mais ne perdant naturellement pas la face, il se redressa, souriant toujours. « Bref, tout ça pour dire qu’un verre d’eau me suffit amplement. Et va pour la pizza, ça fait une éternité que je n’en ai pas mangé. » Fouillant les poches de son jean, il sortit son paquet de cigarettes. « Ça te dérange si je fume ? » Vraiment, un jour il faudrait qu’il compte le nombre de secondes qu’il pouvait passer sans tirer sur un bâtonnet de nicotine tant elles étaient rares… « Oh et… Je ne crois pas que tu te souviennes de tout au final, tu m’as donné ton adresse sur le chemin du retour, quand je t’ai ramené ici. » Et comme si cette précision n’avait au final pas grand intérêt, Jeremy haussa les épaules une fois de plus, partant à la recherche de son briquet au cas où la réponse à sa question soit positive.
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MessageSujet: Re: 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones   Dim 13 Avr - 5:18

Il était stressé. Oui, pour la première fois depuis trop longtemps, Aidan pouvait sentir son coeur battre la chamade dans sa poitrine et s'il n'était pas un habitué de ce genre de situations, il aurait sans doute pu rougir. Quelle genre de situation? Est-ce qu'il était en train de dire que de parfaits inconnus se pointaient souvent sur le pas de sa porte pour lui apporter un quelconque objet qu'il aurait oublié chez eux? Non bien sûr que non, à dire vrai ce genre de situation n'était jamais arrivé avant vu que ... Eh bien vu que le jeune homme ne restait jamais suffisamment longtemps dans la même ville pour devoir faire face aux conséquences de ses actes. Mon dieu, avoir un toit fixe et être normal s'avérait être beaucoup plus compliqué au final et si sa mère avait été dans les parages il lui aurait jeté un regard noir et ce sans hésitation. Quoi que, le blond exagérait encore, il ne s'était pas, et pour citer un de ses professeurs de lycée, vautrer dans la luxure avec Jeremy, ils s'étaient juste embrassés. Oui, juste embrassés, pas la peine de songer à s'exiler au Mexique pour éviter le dit Jeremy. (Quoi que, il pouvait déjà se voir avec une fausse moustache et une nouvelle identité... Augusto Al Gusto ça sonnait plutôt pas mal non? ... Non okay, il y songerait plus tard.) Le lycéen faisait de son mieux pour conserver un visage neutre et impassible tandis qu'il guidait l'autre homme dans son chez lui, son maigre chez lui. Aidan balaya son regard sur l'appartement, avant de se tourner vers Jeremy... Seulement pour voir ce dernier qui était en train d'ôter sa veste et à en juger par l'expression qu'il avait sur le visage, il était parfaitement conscient de son petit effet. ...

Jerk, how dare you confuse the vulnerable eighteen years old that I am? Songea aussitôt Aidan en roulant intérieurement des yeux, yeux qui en réalité s'attardèrent un peu trop longtemps sur les épaules de Jeremy. Se détendre, oui, bien sûr, se détendre jusqu'à quel point? Au point d'arracher le t-shirt de Jeremy avec les dents et de lui montrer à quel point il se souvenait de lui? Bon, okay, peut être que les détails étaient importants mais les bras de Jeremy l'étaient tout autant et... Aidan, go back to the point, please. Il cligna plusieurs fois des yeux, reportant son attention sur le visage du brun, oui, son visage qui était beaucoup plus haut en fait, pour répondre à la question de ce dernier. "Non je ne me souviens pas de tout... J'étais un peu bourré ce soir là mais merci... de... de..." De ne pas l'avoir laissé passer le nouvel an tout seul à déprimer? De l'avoir embrassé? Merci de quoi, hmm, Aidan n'était définitivement pas doué pour tout ça, pour affronter la réalité, le monde, être un adulte tout ça, et... Non franchement, il se sentait tout simplement ridicule et ce n'était pas lui. Il se sentait toujours à l'aise et ce peu importe la situation, non, rectification, il arrivait toujours à faire semblant. Et c'était bien ça le problème en fait, devant Jeremy, il n'arrivait pas à faire semblant et peut être qu'il n'en avait pas envie. Oh génial, maintenant qu'il avait fait cette constatation, qu'est-ce qu'il était censé faire? Emmener l'autre homme dans sa chambre et lui montrer à quel point il y avait quelque chose qui clochait chez lui parce qu'il n'arrivait pas à vivre autrement qu'à travers l'objectif d'une caméra? Définitivement pas une bonne idée. "De m'avoir raccompagné." conclut simplement Aidan, à court de mot. "Et oui tu peux fumer, ça ne me dérange pas vraiment, enfin pas du tout, enfin..." Il avait l'habitude avec sa mère qui fumait de temps à autre, à dire vrai, l'odeur ne le dérangeait pas du tout et puis il était curieux, il avait envie de savoir si Jeremy était également à tomber lorsqu'il fumait. La réponse était probablement oui, mais pour diverses raisons, science maybe, le jeune homme avait besoin de preuves.

Et puis, peut être que Jeremy accepterait de se laisser filmer, pourquoi pas d'ailleurs, il avait déjà tout d'un modèle pour une grande marque des vêtements donc... Non, plus sous vêtements... Non franchement, avoir dix huit ans avait des avantages et de nombreux inconvénients. Aidan poussa un soupir, légèrement teinté de frustration, cherchant des yeux une distraction. Ses lunettes, oui les fameuses lunettes de soleil que Jeremy était venu lui rendre, il les avait volé dans une énième ville dans un énième supermarché, juste parce qu'elle lui donnait l'air cool. "Okay I need to know why you're here, it's obviously not because of the glasses I mean... They're just.... sunglasses, you could have thrown them away." Or just keep them, se retint d'ajouter Aidan, incapable de contrôler ses mains tremblantes, il les passa sur sa chemise à lui avant de les ranger dans les poches arrière de son jean. "So why Jeremy? Is that even your real name?" Il posait la question et un léger rire lui échappa, si la réponse était négative, il n'allait même pas être surpris, Aidan ne se souvenait même pas si lui avait donné son vrai prénom à l'autre homme pour être honnête, ce ne serait pas une première pour lui, il avait l'habitude de disparaître au petit matin. Sauf que ce n'était pas une de ces histoires-là évidemment, non, c'était beaucoup plus compliqué et franchement il avait envie de rendre les choses encore plus compliquées en franchissant la distance qui le séparait de Jeremy et se mettre sur la pointe des pieds (ugh why so tall?) et de poser ses lèvres sur celles de l'autre homme. "I mean... you're the one going around and kissing drunk boys and that's bad..." Qu'est-ce qu'il était en train de faire? Pourquoi souriait-il de cette façon? La partie rationnelle de son cerveau lui conjurait d'arrêter mais c'était trop tard, beaucoup trop tard et il offrait déjà son sourire innocent (qui dans le fond n'en était pas vraiment un) à Jeremy.

Pas le temps pour continuer de flirter, la sonnerie de la porte d'entrée se fit de nouveau entendre et pas de doute que cette fois-ci, c'était le livreur de pizza. "Je reviens." lança Aidan avant de se diriger vers la porte de l'appartement. Et s'il passa trop près de Jeremy à ce moment là, c'était une pure coincidence ... évidemment.
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MessageSujet: Re: 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones   Mar 22 Avr - 0:45

Jeremy souriait jusqu’aux oreilles, satisfait de sa personne et de l’effet qu’il pouvait avoir sur le jeune homme. C’était tellement plus facile de s’intéresser aux garçons de l’âge d’Aidan. Ils n’étaient pas tous innocents ou chastes, les choses étaient bien loin d’être aussi simples et ceux qui avaient parfois l’air d’être les moins prompts à se laisser aller étaient les pires que Jeremy ait eu l’occasion de rencontrer dans sa vie. Mais ce n’était pas seulement une vulgaire histoire d’attirance ou de luxure, de pratiques ou d’habitudes. Non, ils étaient jeunes et fous, ils avaient la fâcheuse tendance à se jeter les uns sur les autres sans vraiment comprendre ce qui se passait, juste pour rire, pour s’amuser et passer une bonne soirée. Au fond, ce qui faisait rêver cette catégorie de la population, c’était l’aventure, la liberté, l’indépendance. Il suffisait de pouvoir les inviter au restaurant en faisant mine de ne pas se soucier du chiffre sur le relevé de compte en banque, de se plaindre du boulot parfois épuisant, de montrer qu’on n’avait plus aucun compte à rendre à ses parents et se pointer au volant d’une voiture à la sortie du lycée ou de la fac avec la ferme intention de les emmener à l'autre bout de la ville pour bavarder, s’éteindre dans l’herbe et avoir la sensation que tout était possible. Parce qu’au final, ce n’était qu’un avant goût du quotidien qui les attendait et c’était ce qu’ils recherchaient tous, pas vrai ? Alors quelques petits sourires en coin et ils tombaient dans ses bras et Jeremy les récupérait à la volée et… Enfin, inutile d’employer le pluriel, ce n’était pas non plus devenu une habitude chez le jeune homme, et à dire vrai, il n’était pas aussi calculateur. C’était arrivé une fois par le passé, mais ce n’était pas la peine d’y repenser pour le moment et cela n’était en rien comparable à son histoire avec Aidan. Mais d’ailleurs, quelle histoire ? Pour l’instant il ne s’était pas passé suffisamment de choses pour que Jeremy puisse en tirer la moindre conclusion, pas vrai ?

Jeremy prenait donc un malin plaisir à regarder l'autre homme balbutier et chercher ses mots, ne retenant pas son petit rire amusé, passant sa langue doucement sur ses lèvres comme pour inviter Aidan à prolonger son discours. En réalité, s’il se taisait simplement, le blondinet allait sûrement continuer à combler le silence jusqu’à ce qu’il ne trouve plus rien à dire, pas vrai ? Et peut-être qu’à ce moment là, Jeremy pourrait parler à son tour et s’exprimer comme il l’entendait. Comment ça, avoir sa langue dans la bouche de quelqu’un n’était pas une façon de discuter ? C’était pourtant son moyen de communication de prédilection et Jeremy se serait fait un véritable plaisir d’avoir une longue conversation avec Aidan, ses deux mains posées sur ses hanches et la tête blottie dans le creux de son cou. Alors Jeremy se taisait, ne souhaitant même pas interrompre le garçon qui se débrouillait très bien tout seul, et il ne se fit pas prier une seule seconde lorsqu’on lui donna l’autorisation d’allumer une cigarette. Se saisissant de son paquet de clopes et de son briquet, il posa le bâtonnet de nicotine juste au bord de ses lèvres, ne les pinçant pas assez pour que la cigarette soit véritablement à l’horizontale, lui donnant un côté nonchalant et désinvolte qui allait parfaitement avec son regard de braise. Il ne quittait pourtant pas Aidan des yeux et le coin de ses lèvres était toujours relevé quand il approcha le briquet de sa clope, prêt à tirer les premières bouffées de fumée qui soulageraient enfin ses poumons qui n'étaient absolument plus habitués à ne respirer que de l’air pur. Mais au moment où il allait atteindre son objectif, Aidan reprit la parole, le coupant dans son élan et l’interpellant suffisamment pour que sa main s’arrête au milieu de sa trajectoire…

Que venait-il faire ici ? Très bonne question. Vraiment, il n’y avait pas réfléchi davantage et sans même s’en rendre compte, il haussa instinctivement les épaules, ce qui ne perturba visiblement pas Aidan puisqu’il continuait de parler et de le questionner sur ses intentions. Il n’en avait pas vraiment, il avait eu envie de lui rendre visite et puis… Il ne s’attendait à rien en vérité. Il ne s’en fichait pas non plus mais, il avait eu envie d’être ici, face à lui et s’il devait se contenter de savourer une énième cigarette en sa compagnie et rien de plus, alors Jeremy était déjà ravi d’avoir fait tout ce chemin. Mais il fallait qu’il lui réponde pas vrai, et avec les années, Jeremy avait appris que cela ne se faisait certainement pas d’être le plus honnête du monde. En tout cas, pas quand on s’appelait Jeremy Porter. Il ne voulait même pas imaginer la tête du beau blond s’il avait l’audace de lui dire qu’il s’ennuyait et qu’il s’était dit qu’il irait bien squatter le canapé de quelqu’un de charmant et qu’il était la première personne qui lui était venu à l’esprit. Oh et puis, à quoi bon essayer de se leurrer, il voulait l’embrasser et savoir s’il pouvait espérer un peu plus que d’ordinaire. Il ne s’agissait pas de venir froisser les draps d’Aidan pour le moment, non… À moins que ce dernier n’y voit pas d’inconvénient.

Jeremy resta impassible quand le garçon lui demanda ensuite s’il lui avait donné son vrai prénom. Après tout, il n’avait aucune raison de s’en vouloir, il n’avait pas menti. Peut-être que ses papiers en indiquaient un autre mais il n’avait plus rien à voir avec Joah depuis suffisamment longtemps pour qu’il refuse d’accepter qu’on l’appelle encore une seule fois ainsi. Il n’y avait que sa mère qui avait l’autorisation de le faire, estimant que celle qui avait souffert le martyr le jour de sa naissance pouvait bien se permettre ce qu’elle voulait, après tout il lui devait la vie et il ne la remercierait jamais assez. Ne serait-ce que pour lui avoir permis de voir le jour et de poser ses lèvres sur une cigarette ou même encore sur celles d’un autre homme. Il n’avait besoin de rien d’autre pour être comblé, vraiment. Enfin Jeremy se remit à bouger, essayant une nouvelle fois d’allumer sa clope mais Aidan le prit alors de cours et il ne put retenir un rire franc, l’obligeant à récupérer sa cigarette au passage. Tant pis, il la mettrait derrière son oreille le temps de lui répondre… Si seulement le livreur n’était pas arrivé à ce moment là pour les interrompre…

Jeremy observa Aidan passer juste devant lui, le suivant des yeux jusque vers l’entrée, sa langue passant à nouveau sur ses lèvres tandis que son regard s’égarait sur le dos d’Aidan. Oh Aidan, you have no idea what’s bad… No clue whatsoever. Et avec la ferme intention de lui faire part de ce qui l’avait poussé à sonner à sa porte quelques minutes auparavant, Jeremy n’attendit pas une seconde de plus et il rejoignit le blond dans l’entrée, se postant juste derrière lui, suffisamment près pour que le garçon puisse sentir son souffle contre son oreille. S’armant de sa carte bleue qu’il avait toujours dans sa poche, il la tendit au livreur, se baissant largement pour être certain qu’Aidan l’entendrait murmurer. « That’s on me. » Et sans même se soucier de l’inconnu qui devait les observer sans vraiment comprendre, il posa ses mains sur les hanches du lycéen, ses pouces bougeant doucement à cet endroit précis. « I came here because I wanted to see you. And mostly also because I wanted to kiss you. I mean god, your lips… » Who’s bad now, huh ? Il hésita à poser ses lèvres dans le cou d’Aidan mais il se ravisa, préférant récupérer sa carte bleue et la pizza qui allait avec, fermant ensuite la porte et laissant trainer l’objet de la livraison sur la commode qui se trouvait justement non loin de là.

Il se tourna ensuite vers Aidan, se rapprochant de lui, son regard planté dans le sien, le même sourire toujours accroché à ses lèvres. « So I thought maybe I could visit you and ask you out. On a date. » Il saisit à nouveau sa cigarette pour la mettre entre ses lèvres et cette fois-ci son briquet trouva instinctivement sa place, le batonnet s’embrasant aussitôt. « So what do you say, Aidan ?  »


Dernière édition par Jeremy J. Porter le Jeu 1 Mai - 13:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones   Mar 29 Avr - 6:44

I’ve SO got this, se disait Aidan en ouvrant la porte, son regard se posant enfin sur le fameux livreur de pizza. Oui, le jeune homme se disait qu’il avait habilement repris le contrôle de la situation. C’était important pour lui, il avait besoin de se savoir en charge sinon son stress latent reprenait le dessus et… Et Jeremy était le seul pour l’instant qui avait pu voir les désastreuses conséquences. Enfin, peut être qu’Aidan exagérait. Mais c’était bien ça le problème, il n’était pas bruyant juste pour amuser son petit monde et se faire remarquer, ça lui permettait de garder le contrôle et de toujours comment savoir comment se finirait la journée. Jeremy était la variable de trop dans cette équations, et Aidan était tellement dérouté par tout ceci qu’il se mettait à faire des mauvaises analogies et à parler mathématiques. Non mais vraiment… Où allait le monde? Pas de doute, l’autre homme n’était pas bon pour lui, bientôt, Aidan serait incapable de se tenir devant sa caméra et ça… C’était tout simplement inacceptable et non, juste non. Aidan choisit donc se concentrer sur sa pizza et d’offrir son plus beau sourire au livreur (oui, c’était comme ça qu’il avait réussi à obtenir une promotion la dernière fois… Et non, ce n’était pas un scénario qu’il avait piqué dans un film pour adultes… Bien sûr que non). Mais, oui, évidemment, il y avait un mais (bientôt, Aidan allait se lancer dans l’écriture d’un livre… Le titre? Simple: this is why I can’t have nice things), ce fut avant qu’il ne sente Jeremy en personne venir se placer juste derrière lui, à une distance beaucoup trop proche pour que cela soit anodin. Aidan fit de son mieux pour garder son sourire en place et ne pas se retourner et ne pas arracher les vêtements de Jeremy avec les dents et de décréter qu’il pouvait se rendre plus qu’utile. Non mais qui lui avait dit d’ôter sa veste? Et oui, Aidan était encore en train de penser à ses épaules alors que le brun se trouvait à très exactement trois centimètres de son corps à lui. God, pensait le blond, I’m so going to hell. Pensée qui fut plus que renforcée lorsque Jeremy se pencha vers lui, tendant sa carte bleue au livreur. Et peut être qu’Aidan aurait dû protester, lui dire que ce n’était pas les années 30 et qu’il n’était pas l’homme de la maison mais… Mais, il était bien faible et de voir Jeremy effectuer un geste aussi simple dira t-on, le laissait sans voix. (Et ça c’était la version polie, la vérité c’est qu’une fois que le brun aurait quitté les lieux, Aidan serait obligé de prendre une douche… froide). Alors Aidan se contenta juste de se tenir dans l’embrasure de la porte et, oui, respirer pouvait être une bonne idée de temps à autre et…

Est-ce que Jeremy venait de poser ses mains sur ses hanches? Aidan avait dû mourir quand l’autre homme avait ôté sa veste, il n’y avait pas d’explication, ce n’était pas en train d’arriver, il n’était pas en train de rougir. Et pourtant si, Aidan était en train de piquer un fard, littéralement, des années de confiance en soi ruinée à cause d’un simple geste. Damn him and his hands. Les mots de Jeremy ne l’aidèrent pas à penser bien au contraire, Aidan était certain qu’il devait avoir l’air complètement ridicule et que ce fameux livreur n’oserait plus venir chez lui. « I… » Il voulait dire à l’autre homme de se taire, de juste arrêter de parler de ça, maintenant. Question timing, c’était plus que mauvais et Aidan ne comprenait vraiment pas pourquoi un simple baiser le déstabilisait autant. Enfin baisers au pluriel s’il vous plaît car ce n’était pas comme s’il avait passé des heures littéralement accroché à Jeremy. Aidan fut plus que content une fois que la porte fut refermée et il se rendit également compte qu’il retenait son souffle depuis plusieurs secondes déjà, il respira enfin, ayant la ferme intention de mettre le plus de distance entre Jeremy et lui. Si, voilà la preuve, il était mauvais pour lui, très mauvais. Et Jeremy devait lire dans ses pensées ou utiliser un truc que seuls les tombeurs dans son genre connaissaient car il se rapprochait encore une fois de lui. Et la cigarette? C’était vraiment nécessaire? Peut être, peut être pas, en tout cas, Aidan recula, presque instinctivement, sa main droite se leva même, le blond ayant la ferme intention de pousser Jeremy mais sa main finit tout simplement sur le torse du brun là où elle resta… Bien évidemment. Il ne savait vraiment pas ce qui était le plus déroutant, l’air je m’en foutiste de Jeremy ou sa question ou le fait qu’il se moquait totalement de faire d’Aidan une pauvre victime du tabagisme passif. « You mean a date… Like a date… date? » … Et non franchement, il aurait dû se taire. C’était la première fois depuis des années qu’il butait sur ses mots, ça et la couleur carmin qui devait être plus que visible sous ses joues… Aidan avait enfin l’impression d’avoir dix huit ans et pas de porter le poids du monde sur ses épaules comme c’était toujours le cas. Il osa enfin croisa le regard de Jeremy, oui, ses yeux était encore sur ses épaules, et il déglutit fortement, avant de se reprendre.

« Oublie ce que j’ai dit c’est probablement une très mauvaise idée… Je veux dire, j’avais bu ce soir là et on avait laissé passer le fait que tu en as largement profité mais je … Non. » Il n’avait que ce mot là pour se protéger et pourtant il sonnait faux. Qu’est-ce qu’Aidan risquait hein? Son premier vrai rendez vous, lui qui passait autant de temps devant une caméra, allait-il laisser passer la chance de vivre un cliché de film? Hmm… Peut être. Ou pas. Zut, il ne savait pas à la fin, ils ne pouvaient pas juste s’embrasser? Là au moins il savait quoi faire, ce n’était pas comme si Jeremy était revenu lui donner ses lunettes de soleil à cause de sa magnifique personnalité. Aidan poussa un soupir, reprenant la parole à toute vitesse.« Enfin pas non, non, c’est juste que je ne fais pas ce genre de choses et je crois qu’il ne vaut mieux pas qu’on s’engage sur cette pente très glissante je veux dire… » C’était lui. Lui, peut être que sa mère allait changer d’avis et que dans deux jours il allait quitter la ville. Peut être que dans deux jours il aurait envie de partir, il ne savait plus vraiment. « On devrait manger la pizza et je devrais arrêter de parler et… » Il se mordit la lèvre inférieure, incapable de bouger et quand il repris la parole, ce fut plus lentement. « Bon, imaginons… Hypothétiquement que je dise… Oui… Qu’est-ce que tu as en tête? Et c’est à intérêt à être mieux que le coup cinéma plus restaurant parce que sinon… Because otherwise you can say goodbye to my very nice lips. » Aidan retrouva momentanément son sourire aux lèvres, passant une main dans ses mèches blondes. Pas de doute, tout ceci était une mauvaise idée.  
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MessageSujet: Re: 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones   Sam 17 Mai - 22:35

« You mean a date… Like a date… date? » Jeremy tira sur sa cigarette, l’extrémité de celle-ci s’embrasant alors, certainement aussi rouge et brûlante que les joues d’Aidan à cet instant précis. Pourquoi s’être embarrassé avec un briquet ? Jeremy aurait très bien pu coller le baton de nicotine sous les yeux du pauvre garçon et le papier se serait sûrement mis à brûler de la même manière… Un léger sourire satisfait au coin des lèvres, le jeune homme observait les réactions du blond et une chose était absolument certaine : il s’en délectait. Mais qu’entendait-il exactement par ce fameux rencard ? Il ne le savait pas lui-même. À vrai dire, est-ce qu’il avait déjà invité qui que ce soit dans sa vie ? Il y avait bien eu une exception oui, mais elle ne confirmait pas la règle. Les rares diners qu’il avait passé en tête à tête avec son ex avaient été bien trop surfaits pour qu’ils soient véritablement consentis. De toute façon, Jeremy n’était pas un amateur de gastronomie et tous ces restaurants n’étaient franchement pas faits pour lui. Il avait essayé, pendant trois ans (voire un peu plus, il ne s’en souvenait même plus avec exactitude), de briller en société au cours des différentes soirées où les derniers comédiens et autres réalisateurs en vogue se retrouvaient chez un chef de grande renommée, histoire de parler business et d’anéantir la concurrence à coup de remarques aussi cinglantes que lâches. Jeremy avait fait semblant de rire aux éclats, il avait bu du vin âpre, et il avait fait des compliments qu’il ne pensait même pas ; et à présent, tout ceci appartenait au passé. Il refusait de commettre à nouveau cette erreur. Après tout, il n’y avait pas franchement d’intimité dans les grands soirs, et Jeremy voulait sans doute organiser quelque chose de plus discret, qu’ils aient un moment en dehors du temps, leur moment qui ne puisse appartenir qu’à eux.

La fumée de sa cigarette s’échappa par ses narines tandis qu’il n’avait toujours pas bougé, observant simplement la main d’Aidan, posée bien à plat sur son torse. Pour toute réponse, il s’était contenté d’hausser les épaules. Au fond, tout dépendait de la définition qu’Aidan se faisait du rendez-vous parfait, n’est-ce-pas ? Jeremy attendait donc patiemment, son coeur battant à un rythme des plus serein dans sa poitrine, aussi calme que si cette conversation n’avait eu aucun enjeu pour lui. Mais n’étaient-ce pas simplement les apparences qui se voulaient trompeuses ? Non. Après tout, si la réponse d’Aidan était négative, tant pis. Il se contenterait d’hausser les épaules, une fois encore, avant de faire dévier la conversation sur autre chose. Mais Jeremy n’avait franchement pas besoin de parler, son regard suffisait à déstabiliser Aidan qui reprenait tout seul, sans qu’on le sollicite outre mesure. Est-ce que Jeremy avait vraiment profité du taux d’alcoolémie du blondinet le soir du nouvel an ? On ne pouvait pas dire que cela n’avait pas joué en son avantage mais déclarer une telle chose revenait à confirmer qu’Aidan ne le connaissait définitivement pas. Il en avait vu d’autre et vraiment, même si leur soirée lui avait suffisamment donné envie pour qu’il soit venu toquer à la porte du lycéen, Jeremy avait déjà fait largement pire dans sa vie pour que cela lui paraisse complètement innocent. Peut-être que c’était cela qui avait fait le charme de cette nuit-là au final… Elle s’était démarquée des autres par sa simplicité.

Jeremy rapprocha sa cigarette de ses lèvres, tirant dessus comme si c’était sa dose d’oxygène à lui et qu’il ne pouvait pas respirer sans toute cette vapeur létale. S’il continuait sur sa lancée, la cendre allait bientôt lui brûler les doigts et il serait contraint d’abandonner son mégot dans le premier cendrier qu’il trouverait avant d’allumer une nouvelle cigarette, les consommant les unes à la suite des autres sans jamais s’attarder sur aucune. Elles avaient toutes le même goût de toute façon, alors pourquoi essayer de faire durer le plaisir en n’en appréciant qu’une seule d’entre elles toutes les heures, quand il pouvait se permettre de toutes les voir se consumer les unes à la suite des autres ? C’était encore plus beau, cet espèce de feu de joie qui engourdissait ses papilles, cet épais nuage qui apaisait ses sens. Peut-être qu’un de ces jours il finirait par tomber sur la cigarette, celle qui le brulerait par les deux bouts… Qui pouvait seulement le prédire. Pas lui en tout cas, et si Aidan n’avait pas aussitôt repris la parole, Jeremy se serait certainement mis à faire des ronds avec la fumée de sa cigarette. Il se ravisa au dernier moment, surpris que le blondinet revienne immédiatement sur ses propos - pour être tout à fait honnête, Jeremy était déjà passé à autre chose…

Jeremy laissa échapper un ricanement des plus francs lorsque son hôte lui répondit alors qu’il ne faisait pas ce genre de choses, sous-entendu qu’il n’était sans doute pas dans ses habitudes d’accepter un rendez-vous galant aussi facilement. Peut-être qu’Aidan ne souhaitait pas vraiment faire ce genre d’allusion et que c’était l’esprit de Jeremy qui déformait ses propos une fois de plus, mais le serveur aurait bien aimé l’interrompre à cet instant précis pour connaitre dans les détails le genre de choses auquel il s’adonnait plus communément. Oh, so you’re into kissing older strangers only then, is that it ? You do know we don’t have to date or anything if that’s your thing, I wouldn’t mind. At all. Aidan se mordait maintenant la lèvre inférieure, lèvre que Jeremy ne quittait justement pas des yeux, passant sa langue doucement sur la sienne avant de reposer sa cigarette à l’endroit exact où elle devait se trouver s’il voulait en tirer tous les méfaits. Sans même que Jeremy ait eu l’occasion ou même la chance d’en placer une, Aidan était déjà revenu tout seul sur ce qu'il venait de dire, sa dernière question provoquant un haussement de sourcil chez le plus âgé... Pourquoi diable fallait-il que Jeremy fasse un pas de plus vers l’avant à chaque fois qu’il allait ouvrir la bouche ? Très bonne question. Il avait sans doute besoin de réduire à néant l'espace qu'il y avait entre eux, sans doute pour que les joues d'Aidan rougissent à nouveau.

« Hmm that’s a good one. Haven’t really thought about it yet but then again… » En prenant soin de relever la tête pour expirer et ainsi ne pas étouffer Aidan avec sa fumée de cigarette, Jeremy planta ensuite son regard dans celui du beau blond, son pouce venant s’attarder doucement sur les lèvres du lycéen, un nombre incalculable d’images lui traversant alors l’esprit. Disons simplement qu’il n’imaginait pas la bouche d’Aidan seulement posée sur la sienne… Prenant une profonde inspiration, il retira ensuite son doigt, son attention se reportant brièvement sur sa cigarette, ou plutôt sur ce qui en restait. « I’m really not into that whole… diner and cinema package thing… » Très peu pour lui. Il ne mangeait pas, ou plutôt il n’avait jamais faim, et il n’avait pas franchement envie de croiser un ancien collègue projeté sur un écran géant pendant plusieurs heures consécutives. Pour peu qu’il ait deux ou trois anecdotes à raconter sur l’acteur en question et il serait rapidement… grillé. Tout en tirant sur sa cigarette, il reprit. « Hmm I don’t know, I was thinking maybe we could get into my car and get away for a few hours. I haven’t had the time to go around town since I moved here, we could just drive. I’m pretty sure there are pretty locations out there. And besides, that would actually give you a good excuse to wear your sunglasses… » Il haussa les épaules. « Just saying. » Il fit quelques pas pour retourner dans le salon, réalisant qu’il faudrait bientôt qu’il se débarrasse de la cigarette qui était en train de rendre son dernier souffle entre ses doigts. Sans prendre la peine de faire volte-face, il fit en sorte de parler distinctement de là où il se trouvait. « Oh, and did I tell you I own a convertible ? It’s a bit old now but… still. Again, just saying. » Et sans attendre une seconde plus, il se mit en quête de son paquet de cigarettes.

Spoiler:
 


Dernière édition par Jeremy J. Porter le Mer 21 Mai - 15:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones   Lun 19 Mai - 23:53

Jeremy ne pouvait décemment pas être réel.

Oui, Aidan s’était encore endormi en cours de mathématiques, pendant que Miss Foreman lui expliquait les joies des équations du second degrés et Aidan avait créé cette arme de séduction massive de toute pièce. Il ne pouvait tout simplement pas exister, Aidan avant franchement envie de lui dire d’arrêter, d’arrêter de fumer, d’arrêter d’être aussi nonchalant et d’arrêter d’envahir son espace personnel et… Zut, comment est-ce que le blond était censé réfléchir maintenant qu’il ne pensait qu’à une seule et unique chose. Et non, ses yeux ne se trouvaient pas près du visage de Jeremy, c’était très loin même des yeux du grand brun qui eux n’avaient pas quittés Aidan. Il n’avait rien dit, il avait été plus que surpris quand ce doigt était passé sur ses lèvres et il avait retenu son souffle, haussant un sourcil. Non, Jeremy ne pouvait définitivement pas être réel, son doigt quitta les lèvres d’Aidan et ce dernier inspira enfin. Il réalisa également que sa main était toujours sur le torse de Jeremy et que cela ne l’aidait pas du tout à se concentrer. Voilà, récupérer sa main, voilà qui était beaucoup mieux pour pouvoir réfléchir et écouter le brun. « That… actually sounds like a good plan. » Laissa échapper Aidan sans vraiment s’en rendre compte. Pour une fois il était sincère et il se disait que Jeremy ne plaçait pas la barre trop haut, et il pouvait très bien imaginer la scène, Jeremy, avec sa cigarette à la bouche qui roulait avec le vent dans ses cheveux, et Aidan, dans la veste de Jeremy bien entendu, et ses lunettes de soleil sur le nez, en train de chanter avec l’auto-radio parce que bien évidemment, il aurait imposé sa propre musique et ce, contre les protestations de Jeremy. Étrangement, Aidan ne le voyait pas être fan de Britney Spears, étrangement non… Cette proposition était parfaite, le blond se voyait déjà dire à Jeremy de s’arrêter dans une célèbre chaîne de fast food pour le forcer à acheter trois menu pour qu’Aidan puisse remplir l’estomac (il était en pleine croissance après tout), avant qu’ils reprennent la route.

Destination? Nowhere. Pas besoin dans le fond, Jeremy avait suffisamment d’argent pour faire le plein d’essence et ils pouvaient dormir sur le cabot de la voiture ou même sur la banquette arrière de sa voiture.

C’était une bonne idée, c’était une excellente idée et plus il y pensait, plus Aidan se disait qu’il aurait dû demander à Jeremy s’il avait ses clés de voiture sur lui. Ils pouvaient très bien partir là tout de suite et quitter Lima à la minute et ne jamais revenir. Non. Non, bien sûr qu’ils ne pouvaient pas, il s’était promis de ne pas fuir. Non. « I’ll… I’ll have to think about that but yeah, that could be fun. » Understatement. Mais Aidan ne dit rien, non, il ravala ses désirs d’aventures et son envie de passer ses mains dans les cheveux de Jeremy, quoi que, il pouvait toujours faire ça là tout de suite, ce n’était pas exclu pas vrai? Il n’y avait qu’eux dans cet appartement pour le moment, aussi, ayant décidé qu’il en avait ici de rougir, de bégayer et… De ne pas être lui quoi, Aidan se rapprocha dangereusement de Jeremy, osant même déposer un baiser, simple et rapide sur les lèvres de ce dernier avant de s’éloigner, le tirant de nouveau vers le salon. « Hmm… But for now let’s not think too much, I mean, we’ve got pizza… And maybe you can stay for the rest of the day and we can watch something on TV. » Ça c’était beaucoup plus facile et c’était maintenant, Aidan n’avait pas vraiment envie d’imaginer ce qui se passerait vraiment s’il essayait avec Jeremy. Parce que c’était bien ça le problème, il n’avait aucun moyen de fuir et de se cacher et c’était quelque chose qu’il n’avait jamais fait auparavant, que ce soit avec Jeremy ou même avec quelqu’un d’autre. Alors oui, lui Aidan Weatherly avait peur, il était terrifié même, mais il était hors de question qu’il l’admette à voix haute, non ce jour là n’était pas encore arrivé. « The couch is not so great but my bed is pretty confortable so… » Alors autant qu’il se taise et autant oublier la pizza et poser ses lèvres contre celles de Jeremy et laisser les mains de ce dernier s’aventurer sur ses hanches et le laisser le pousser contre son matelas. C’était beaucoup plus tentant et en tenant ses épaules les épaules de Jeremy, il avait l’espoir que le brun non plus ne partirait pas.

C’était sans doute pour ça qu’il avait été incapable de le lâcher lors de ce nouvel ans ou même pendant les heures à venir. Mais là encore, Aidan ne l’admettrait jamais.


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04. [Weatherly's] Too much alcohol always brings the cute ones

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