Choriste du mois


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 04. In the Grace of your love

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Occupation : Etudiant en lettres et arts à l'université de Lima ainsi qu'un danseur sur le retour.
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MessageSujet: 04. In the Grace of your love   Dim 2 Mar - 20:54


Goin' to the chapel of love

Un air angélique sur le visage, le jeune McCarthy dormait paisiblement. La nuit avait été courte, bien trop courte au goût de Silas. Il avait eu un mal de chien à trouver le sommeil la veille au soir, il s'était donc replongé dans son exemplaire du célèbre livre On The Road jusqu'à trois heures du matin, heure à laquelle il avait enfin trouvé le sommeil. Ces derniers temps, il avait plus ou moins du mal à trouver le sommeil, et il accumulait ainsi la fatigue. Il ne savait pas bien pourquoi, mais il lui était vraiment difficile de s'endormir à des heures décentes. Heureusement pour lui, nous étions samedi et il avait ainsi pu profiter de la matinée pour dormir. Enfin, c'était ce qu'il pensait. Lorsqu'une main se posa sur son épaule, il sursauta et se retourna vivement. En découvrant le visage bienveillant de sa mère, son pouls se ralentit de lui même. Il se laissa retombé dans son lit, tout en fixant sa mère. Cette dernière tapota son oreille, signe qu'elle voulait lui parler. Le jeune garçon soupira et attrapa ses appareils auditifs qu'il plaça avec précaution derrière ses oreilles. « Qu'est-ce qu'il y a ? » sa voix était rauque et trahissait son manque de sommeil. « Il faudrait que tu ailles chercher Candy à l'Eglise. ». Silas retint un rire avant de s'éclaircir la gorge « A l'Eglise ? Qu'est-ce qu'elle fait à l'Eglise ? » il fallait dire que de la part de la jeune fille, c'était plutôt paradoxale qu'elle soit aller à l'Eglise du coin. « Elle est avec sa Marraine, tu sais Mademoiselle Hamilton ? ». Il entrouvrit légèrement les lèvres. C'est vrai, Mademoiselle Hamilton. Candy devait s'é-cla-ter. Leurs parents étaient bien naïfs de penser que le déménagement et cette dite Hamilton avait pu changer leur fille. Certes, les premiers mois ça avait – plus ou moins – fonctionné, mais chassez le naturel, il revient au galop !

Le jeune blond regarda son réveil qui affichait presque onze heures. Il soupira de nouveau avant de se redresser. « C'est bon j'y vais, je vais la chercher. » lâcha t-il. Sa mère l'embrassa sur le front avant de sortir de sa chambre. C'était bien parce qu'il aimait sa sœur plus que son oreiller. Il s'extirpa difficilement de son lit, et s'étira de tout son long. Il se leva pour attraper un tee-shirt blanc et un cardigan gris dans son armoire, ainsi qu'un pantalon assorti. Il passa une main lasse sur son visage afin de chasser le sommeil. Il se dirigea vers la salle de bain afin de mettre un peu d'ordre dans ses cheveux blonds. Il prit soin de mettre sa petite chaîne en argent, au bout duquel pendait une petite croix - très discrète cependant - comme à chaque fois qu'il se rendait à l'Eglise. Il descendit rapidement les escaliers et trouva sur la table de la cuisine une assiette de cookies et cappuccino. Il avala sa boisson ainsi que deux biscuits et il s'empressa d'enfiler sa veste avant de partir. Sa sœur lui en devait une. Même plus que ça vu tous les allés-retours qu'il faisait pour elle. Mais bon, c'était sa sœur, et il l'aimait, donc il était prêt à sacrifier sa grasse-matinée.

* * *

Les nuages étaient bas et le vent soufflait sur la petite ville de Lima. Sil' se gara sur le petit parking et descendit de sa voiture. Le vent frais lui mordit les joues, et instinctivement il remonta le col de sa veste grise. Il marcha rapidement jusqu'aux grandes portes de l'Eglise. Il poussa la porte en bois et entra dans la grande bâtisse. Le silence régnait dans le bâtiment. On entendait seulement les pas du jeune homme qui foulaient le carrelage de l'allée centrale. Il avait eu l'occasion de venir quasiment tous les dimanches, avec ses parents, afin d'entretenir leur réputation de bonne famille croyante. La seule chose qui changeait des matins de messes, c'était que tous les bancs étaient vides. Il cherchait du regard sa sœur, en vain. Il s'approcha d'un pas assurée jusqu'à l'autel et fit le signe de croix rapidement – certaines habitudes perduré. Il n'était pas un fervent petit soldat de la paroisse, mais bon, ayant baigné dans la religion depuis sa tendre enfance, il avait certains automatisme. Il croyait en Dieu, certes, mais il avait parfois du mal avec tout ce qui l'entourait. Finalement, il remarqua une jeune femme dans l'aile droite de l'Eglise. Il s'avança avec précaution « Bonjour, excusez-moi ? » Il arriva à la hauteur de la demoiselle qui lui tournait le dos. Elle avait de long cheveux blonds qui descendaient cascade sur ses épaules, c'était la seule chose qu'il pouvait distinguer d'elle. « Pardon, j'espère que je ne vous dérange pas ? ». Il priait pour qu'elle-même ne soit pas en plein milieu d'une prière. Ce qui ferait de lui le trouble-fête venant briser sa conversation avec Dieu – ce qui, chez certaine personne, valait au moins comme punition, dix Ave Maria et dix Notre père, le jeune garçon en avait déjà fait les frais. Il reprit doucement la parole «  Je cherche ma sœur Candy McCarthy et sa.. euhm.. marraine, Mademoiselle Hamilton, vous ne sauriez pas où elles sont par hasard ? »
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MessageSujet: Re: 04. In the Grace of your love   Mar 4 Mar - 21:35

Grace faisait partie de ces gens capables de fantasmer de longues minutes sur de minuscules particules en suspension, scintillants dans un rayon de soleil, qui ne devait pas être autre chose que des petits morceaux de peau morte, et à qui on permettait quand même d’occuper des fonctions d’éducation, en grande partie parce que leurs cheveux semblaient particulièrement soyeux et leur haleine perpétuellement teintée du menthol.

Ses paupières piquées de cils blonds se battaient par-dessus ses prunelles, qui étreignait d’un regard attendri les enfants réunis à ses côtés sans se douter un seul instant que la grande majorité de ceux-ci, marmaille baptisée à la va-vite des drogués qui pullulaient dans les hauteurs de Lima, ne s’étaient décidés à traîner leur petite carcasse bourrée d’acide gras insaturés jusqu’à sa si chère église qu’après une menace de châtiment divers. Le reste des enfants était des éléments de la classe moyenne nettement supérieure, engagés dans un programme de découverte sociale, qui avait pour principal but de permettre à leurs parents d’avoir le temps de combiner séance de bronzage matinale et alcoolisme sans s’embarrasser de la présence de leurs rachitiques mini-eux, et ne dégainait leur sourire hypocrite que pour éviter la suppression de leur très précoce forfait illimité.

En effet, la jeune femme subsistait dans un univers où la misère et les vices n’existaient que dans la mesure où elle était là pour les soigner, et l’idée même que l’Amour de Dieu ne fut pas une propagande suffisante pour attirer ces êtres supposément encore vierges de toute trace du Malin, du moins, préférait-elle le croire, lui était tout simplement révoltante.

-Allez, Maria, on reprend… I once was lost…, tenta-t-elle avec patience.

-I once was lost but now am found, was blind,..., s’exclamait avec confiance la gamine, totalement inconsciente de l’affront définitif qu’elle faisait à son Seigneur, à l’auteur de la partition, la plupart des représentants de la musique depuis quelques millénaires et à tous les tympans présents dans la salle.

Si Grace dissimula sa grimace avec complaisance, la légendaire amabilité des cinq-neuf ans se chargea de couper les efforts artistiques de Maria alors que sa note se prolongeait un peu trop pour le bien de tous.

-…but now I see.

-Nan mais oh, là, stop, qu’est-ce qu’elle nous chie, ça fait mal, là…

-Faut pas déconner…

-C’est trop clair, ok, Madame, tu sais, on t’aime bien, tout-ça, mais faut arrêter, elle est trop nulle…

Alors qu’un murmure suraigu approuvait ces vérités à moitié crachées, des larmes de fureur pré-pubère apparaissaient au coin des yeux de la petite casserole, étalant sur ses joues le mascara que sa mère avait cru bon de lui appliquer en quantité dragqueenesque. La Hamilton fronça ses sourcils et empêcha la victime de répondre à la petite lapidation verbale qu’elle avait subi d’une étreinte ferme mais affectueuse.

-Ca suffit. Vous n’êtes pas gentils., clama-t-elle, son air réprobateur un peu altéré par son sourire doux, quoique qu’elle le fit avec la même solennité que si elle venait de les annoncer porteur d’une tumeur  invasive, votre est bouche est un temple. Et vous l’avez volontairement sali.

-Ouais,  hé ben…

D’un geste sûr et trop quotidien à son goût, elle désigna son sac. Résignés, les petits révolutionnaires allèrent jusqu’au banc de prières et, ouvrant avec habitude le tupperware qu’ils y trouvèrent, avalèrent avec douleur les morceaux d’hosties qu’ils y trouvèrent. Du moins, c’était ce qu’ils avaient appris à croire. C’était un des moyens pseudo-pédagogiques que la jeune femme avait bien du mettre en place pour faire côtoyer autour du même orgue tant d’égo déjà si développé. Pour étayer ses théories, qu’elle s’était étonnée de constater si peu efficace, concernant la dégradation de leur qualité buco-théologique par les jurons, Grace avait instauré cette petite cérémonie. Si le moindre petit adverbe en dehors de la stricte limite de la courtoisie s’échappait, le responsable se devait d’avaler un morceau de blini tout simple, mais une blini de très bonne qualité, préalablement roulé dans de l’acide citrique cristallisé, dont elle avait attribué les propriétés gustatives incendiaires à la colère divine. Après tout, le mensonge était pieux, et même si elle était toujours peinée lorsqu’elle voyait leur petits visages tordus par le goût atroce, elle devait admettre que le niveau de langage s’était sensible élevé avec le temps et ses méthodes. Elle profita de la petite pause pour vérifier ses derniers messages. Toujours rien. Alors que le palais des deux enfants agonisaient dans leur coin, la blonde reprenait :

-D’autant que vous aviez faux ! C’était très bien Maria, très bien, oui il…

Mordillement de lèvre.

-Il faut juste que tu travailles sur ton… hum… sur ton vibrato, oui, voilà.

Elle attrapa le bras potelé de la gamine et inscrit le mot en lettres capitales sur son muscle flasque. La bénéficiaire de ce tout nouveau quasi-tatouage plissa son front avec perplexité et n’hésita pas à exposer son ignorance d’une plainte nasillarde :

-Vibraquoi ?

-Vibrato, précisa-t-elle plus lentement.

-Han, ouais, je vois…

Silence.

-C’est quoi un vibrato ?

Alors que Grace tentait de trouver une explication correcte à fournir, Chantelle, revenue de sa cure d’hostie, trouvait le moment adéquat pour développer ses capacités exceptionnelles en matière de définition.

-C’est ce qui fait que tu chantes comme un bébé vache. Un méchant bébé vache.

-T’as jamais vu de bébé vache.

-Bien sur que si. A la télé. Même que c’était super-moche. Et bruyant. Et tout gros. Juste comme toi.

-Comment c’est trop même pas vrai…

-Bah si.

-Bah nan.

-Bah si.

-Nan, Chantelle…

-C’est Chantelle.

-C’est c’que j’ai dit, d’abord…

-Nan…

-Bah si…

-Bah nan. C’est Chantelle. Chan-tel-le. Pas Chantelle. C’est français. Tu l’as dit mal, déjà. T’es même pas capable de prononcer mon nom. T’es trop nulle quand tu chantes. T’es trop nulle quand tu parles. Tu fais vachement de bruit quand tu respires. Même Madame, elle t’aime pas. Elle nous aime nous, ok ? Tu voudrais pas dégager, des fois ? Genre, aller te trouver des amis ou une barre de chocolat, je sais pas moi…

Ce qui devait arriver arriva. Dans un beuglement plaintif, Maria agita ses petites jambes jusqu’à l’annexe de l’église, laissant derrière elle une traînée éparse de goutes salées éclatées sur le sol. La main portée à sa bouche, Grace regardait la fuite dans l’enfant avec un visage peiné.

-Boum.

-Ce n’est pas drôle, Chantelle.

-Bien sur que si.

-Allez, c’est tout pour aujourd’hui. Vos parents vont bientôt arriver.


Après une demi-heure d’explications douces, de câlins, de cris, de larmes, de promesses de cupcakes, de glorification stylisée des vaches et de leur progéniture et d’encouragements sans aucun fonds, spécialités de la plus jeune des Hamilton qui avaient toujours eu un effet particulièrement notable sur l’incohérence enfantine, Maria s’était enfin décidé de s’extraire de la forteresse assez impressionnante qu’elle s’était construite à l’aide tous les sièges qu’elle avait pu amasser autour d’elle. Lovée dans les bras de Grace, elle s’accrochait à son cou avec une force qui lui laissait entendre un avenir prometteur dans la lutte gréco-romaine,  tandis que la blonde chantonnait à moitié, les ramenant toutes deux vers l’avant de l’église ramené au silence depuis le départ des enfants.

Ou tout du moins l’était-elle avant qu’une voix masculine s’y exprime.

- Je cherche ma sœur Candy McCarthy et sa.. euhm.. marraine, Mademoiselle Hamilton, vous ne sauriez pas où elles sont par hasard ?

La silhouette blonde se retourna.

-Candy ? Hein ? De quoi il me parle, lui ? Candy ? Candy-bar ? Genre, des bonbons ? Vous êtes qui, d’abord ? Et j’aimerai bien le savoir où elle est Mademoiselle Hamilton ! Qu’est-ce que vous voulez faire avec des bonbons ? Vous savez où est ma Maria ? Ma Maria ? Hein ? Vous le savez ? Vous voulez donner des bonbons à ma Maria ? Candy-shop ? Pervers. Ne vous approchez pas de moi ou… ou…

- Calmez-vous, Baillie. Je suis là. Et Maria aussi., fit-Grace en accélérant le pas, son ton le plus apaisant, et c’était dire, de sortie pour canaliser le fort accent qui explosait dans toute l’église.

Au débit délivré par la très protectrice mère, la Hamilton estimait son temps d’attente de quatre minutes. Des serres manucurées se ruèrent sur l’enfant, que la pianiste ne tarda pas une seconde de plus à placer avec soin entre les bras surchargés de bijoux en toc. Plaquant sa joue contre celle de sa progéniture, Baillie voyait sa célèbre voix esquintée par la gratitude.

- Maria ! Mon dieu. J’ai eu si peur. Merci, Mademoiselle, merci, je…

-J’m’étais cachée, maman, parce que je prononce pas bien Chantelle et que, hé bah, moi, je m’en fiche, les bébés vaches, même qu’en Inde, on aime vraiment ça… Dis, maman, je peux aller en Inde ?

-Les enfants., conclurent Grace et son petit roulement d’yeux, un sourire charitable en plus.  

Alors que mère et fille se promettaient amour éternel et glaces avec supplément de nappage pour le retour dans leur foyer, quittant à grand renfort de remerciements devenus inaudibles le lieu qu’on aurait encore bien du mal à considérer comme sacré après ce genre de scène. Se tournant sur le côté, Grace prit enfin attention au jeune homme vers qui s’était adressée toute cette agressivité maternelle. Esquissant un sourire d’excuses, baby Hamilton écarquilla les yeux :

-Oh ! Je suis désolée. Vraiment désolée. Je… Hum… Je suis Grace. Hamilton. C’est moi, je… hum… Bonjour !

Sans trop savoir comment le saluer, Grace finit par choisir l’alternative très européenne, et donc toujours adaptée, d’un baiser rapide sur chaque joue. Apparition dentaire.

-Tu dois être Silas, j’imagine ? Ravie de te rencontrer, je…

Choc soudain.

-Mais. Ta sœur n’est pas venue.

Sourcil arrondit.

-J’avais prévu une activité extérieure pour… hum… Lui permettre de découvrir des valeurs… heu… Différentes.

Sourire nerveux.

-J’étais sûre qu’elle allait adorer le contact avec les enfants.

Sourire timide, contaminé par la lueur paniquée dans le regard.

-Elle m’a prévenue quand elle était sur le chemin qu’elle ne se sentait pas bien, la pauvre chérie. J’ai essayé de la recontacter…

Vingt-quatre fois. Rien que pour les appels.

-…pour prendre des nouvelles, évidemment. Mais il doit y avoir des perturbations du réseau, j’imagine…

Main dans les cheveux.

-Je pensais qu’elle était rentrée chez vous depuis le temps…

Voix plus aigue.

-Elle s’est perdue sur le chemin, tu crois ?
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MessageSujet: Re: 04. In the Grace of your love   Mer 5 Mar - 15:21

La femme se retourna d'un mouvement vif et fixa le jeune lycéen d'un air méfiant. Silas n'eut pas le temps d'ajouter un mot que cette dernière l'agressa sans aucune honte. « Candy ? Hein ? De quoi il me parle, lui ? Candy ? Candy-bar ? Genre, des bonbons ? », le blond écarquilla les yeux, ne comprenant pas réellement qu'est-ce qu'elle voulait dire par là. De toute évidence aux vues de ses manières ce n'était pas Mademoiselle Hamilton. « Non Candy c'est ma soe... » il n'eut pas le temps de s'expliquer qu'elle repartait dans ses délires « Vous êtes qui, d’abord ? Et j’aimerai bien le savoir où elle est Mademoiselle Hamilton ! » le ton montait, à tel point que cela créait des grésillements dans ses appareils auditifs, lui arrachant une légère grimace. Il se gratta l'arrière de la nuque en baissant la tête. « Je suis Sil.. » encore une fois, sa tentative de calmer les choses fût tuer dans l’œuf. « Qu’est-ce que vous voulez faire avec des bonbons ? Vous savez où est ma Maria ? Ma Maria ? Hein ? Vous le savez ? Vous voulez donner des bonbons à ma Maria ? Candy-shop ? Pervers. Ne vous approchez pas de moi ou… ou… » Pervers ? Et bien de mieux en mieux, Silas un pervers. On lui avait dit beaucoup de chose, mais « Pervers » jamais. Et puis d'abord, c'était qui cette Maria ? Ave Maria ? La vierge Marie ? Il ne comprenait rien à ce qu'elle disait, il ne savait même pas qui elle était. Une catholique extrémiste ?
« Non, mais madame, je ne suis pas... » une voix derrière lui l'interrompit. Dans un mouvement rapide, il se retourna et fit face à une jeune femme blonde, jeune, superbe à vrai dire. Elle portait dans ses bras une petite fille aux yeux rouges et gonflés, comme si elle avait pleuré. Silas préféra se taire, observant silencieusement les retrouvailles entre la mère agressive et sa petite fille. Il passa une main nerveuse dans ses cheveux, jetant un coup d'oeil discret en direction de la jolie blonde qui se tenait à ses côtés. La femme remercia la jeune demoiselle et la petite partit dans un monologue incompréhensible, allant d'une certaine Chantelle jusqu'aux vaches indiennes. Le jeune garçon haussa un sourcil, tentant de trouver un sens à ce qu'elle venait de dire. Un léger sourire traversa les lèvres du lycéen à la conclusion de la jeune Hamilton. Son regard se posa sur cette dernière qui affichat un mince sourire alors qu'elle regardait la petite et sa mère.

Alors que mère et fille passaient le pas de l'église, la jeune femme blonde se tourna enfin vers Silas. Il découvrit alors les grands yeux de la jeune demoiselle, un mélange parfait entre le bleu et le gris. Son regard glissa de ses yeux à ses lèvres pulpeuses dont il avait du mal à détacher son regard. Il aurait pu donner pour excuse sa surdité, mais il préféra taire son handicap en de telles circonstances. Elle s'excusa avant de se présenter. Sil' plongea de nouveau son regard dans le sien, affichant un air étonné « Vous... Vous êtes Mademoiselle Hamilton ? Je... je ne pensais pas que vous étiez si... jeune. Et... si jolie. » ses derniers mots étaient presque inaudible pour lui, surement tinté d'un léger accent dû à son handicap. Effectivement, quand ses parents lui avaient dit que Candace allait avoir une marraine afin de la remettre dans le « droit chemin » - bon courage – il avait plutôt imaginer une vielle bonne sœur qui aurait un peu trop abusé du vin sacré et dont les rides auraient été aussi marqué que les cernes d'un arbre. Sa jeunesse et sa fraîcheur le surprenait donc un peu. Elle devait avoir d'autant plus de mal à se faire écouter par sa sœur. Il fût tiré de ses pensées alors qu'elle déposait un bref baiser sur chacune de ses joues, le prenant au dépourvu. Une effluve de parfum doux et délicat parvint à ses narines, lui arrachant un timide sourire. Il posa une main posa une main sur sa propre poitrine comme pour appuyer ses propos « Oui, lui même. Plaisir partager. » bien plus qu'il n'aurait osé l'imaginer à vrai dire. Elle s'interrompit semblant avoir eu une révélation. Elle lui apprit alors que sa sœur n'était pas venue. Le jeune homme fronça les sourcils. « Candy n'est pas venue ce matin ? » répéta t-il interloqué. Elle lui dit avoir prévu des activités pour découvrir certaines valeurs – elle avait décidément bien du courage – ajoutant qu'elle était sûre que Candy aurait adoré le contact avec les enfants. Un petit rire s'échappa des lèvres du jeune lycéen « J'en suis moins sûre que vous à vrai dire. Elle n'est pas très patiente. » déclara t-il doucement.

Elle lui dit alors que Candy l'avait prévenu sur le chemin qu'elle ne se sentait pas bien et qu'elle avait essayé de la recontacter en vain. Un léger « oh » se dessina sur les lèvres du jeune Silas. Elle « n'était pas bien », autrement dit « j'ai mieux à faire que passer mon temps avec une chorale de mioches ». Et par « mieux à faire » Silas avait bien une petite idée de ce qu'elle devait être en train de faire, et il valait mieux pour lui qu'il fasse comme d'habitude : la couvrir. « Oui, sûrement des perturbations. A cause du vent. C'est fou comme ça souffle ce matin ! » il sortit son large sourire charmeur et il était temps pour lui d'user de ses talents d'acteurs afin que cette histoire n'arrivent jamais aux oreilles des parents. « Elle a dû passer à la pharmacie se chercher des médicaments. » ou des pilules. « Elle était un peu patraque hier soir. Elle a dû oublier de prévenir notre chère mère. » un air désolé, pimenté d'un petit sourire en coin. Il sortit délicatement son téléphone « J'espère que le seigneur me le pardonnera, je ne voudrais pas qu'il lui soit arrivé quelque chose. » un petit signe de croix et il déverrouilla son portable qui affichait aucune notification, comme il aurait pu le parier. Il afficha un air faussement soulagé avant de ranger son téléphone. Il reposa son regard sur la jolie demoiselle « Ne vous inquiétez plus, elle est bien rentrée, ma mère vient de m'envoyer un message. Elle s'excuse que Candace vous ait fait faux bond. » large sourire compatissant et charmeur. Il replaça nerveusement son appareil derrière son oreille droite avant de reprendre la parole « Vous avez besoin d'aide ? Ou bien je peux peut-être vous raccompagner quelque part ? Puisque je suis venue, autant que ça ne soit pas pour rien. » un nouveau sourire qui laissa apparaître sa dentition parfaite et d'un blanc immaculé. Il n'était pas venu pour rien, mais au fond de lui, il n'avait pas réellement envie de partir tout de suite...
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MessageSujet: Re: 04. In the Grace of your love   Jeu 6 Mar - 21:27

Grace posa des yeux intéressés sur le jeune homme. Blond. Plus ou moins blond. Yeux bleus. Plus ou moins bleus. Beau. Bien plus que beau. Une taille très convenable, le menton volontaire, des traits définis, ce genre de traits qui méritaient bien d’avancer d’un ou deux rangs dans les offices de l’église, un sourire que la large expérience dentaire de Grace savait apprécier à sa juste valeur, entouré de deux lèvres faites pour la prière. Et celles qui en recueilleraient les baisers n’y trouveraient, malheureuses, certainement pas de péchés à rendre. Les vapeurs Shakespeariennes s’évadèrent du cerveau de la blonde au bout de trois battements de cils, alors que les notes vibrantes d’un piano s’élevaient dans l’atmosphère. Sourire doux. Pommettes rosées.

-Oh. Merci. Je…

Le regard palpa l'autre. Tâta ses prunelles avec une précaution inutile. Les accords tordaient les notes vers le grave.

-… Je dois te retourner le compliment.

Mèche de cheveux replacée derrière l’oreille. Et qui reprend immédiatement sa place, le long de sa tempe.

-Je ne m’attendais pas exactement à voir une Candy aux cheveux rasés, moustache et épaules de quaterback…

A vrai dire, c’était précisément à ce tableau qu’elle avait convenu lorsqu’on l’avait informée de la gémellité des enfants McCarthy. Et la vision avait eu quelque chose de fascinant. Et, en même temps, de particulièrement terrifiant. Dieu merci, seul le premier ressenti avait survécu à la concrétisation de ce fameux frère.

-… Mais elle n’est définitivement pas celle qui a volé tous les bons gènes à la distribution, affirma-t-elle, un petit rire, concerto carillonnant, aux lèvres.

Prise d’une intense envie de toucher ces cheveux pour s’assurer de la réalité bien trop suspecte de leur texture, Grace se contenta de passer ses doigts dans sa propre chevelure. Enchaînement d’accords en la.

La courtoisie du lycéen lui attira un dévoilement de deux dents supplémentaires, des échelons particulièrement remarquables sur l’échelle du ravissement que sa bouche formait chez la jeune femme. Un baisemain n’aurait pas même semblé de trop. Grace était bien trop heureuse de pouvoir constater que, peu importe ce que pouvait bien répéter ces talk-show proprement terrorisants, la nouvelle génération si préoccupante avait encore ses Princes depuis que le moule du Pillsbury avait été détruit.

Néanmoins, ces quelques éléments de satisfaction n’empêchèrent pas son langage corporel de s’alarmer de plus belle quand Silas s’avéra aussi confus qu’elle quant à la situation de leur protégée commune. Elle veilla pourtant à ne pas s’effondrer sur le sol et commencer à convulser et préféra répondre à la remarque que le jeune homme avait fait sur la patience de sa sœur.

-Oh, tu serais surpris. Les enfants sont parfois un peu énergiques, mais dans un lieu comme cette église, au contact de la musique, ils ont quelque chose de profondément…

Un flot d’images et de petits cris suraigus se précipitèrent derrière ses prunelles. Vache... Hostie... Faux... Nulle.... Bah si... NanSiNanSi... Vibraquoi ? I see now… Je-veux-ma-ma-man... Chantelle... Chan...telle... Chan-tel-le...

-…apaisants.

Les souvenirs se dissolvaient dans les notes claires. Sourire radieux.

-Un peu comme les chatons. Ou les chiots. Sans les griffes et crocs…

Petit rire. Arrêt net.

-Enfin…

Contemplation du son poignet encore égratigné par un petit Mozart en puissance aux ongles étonnamment longs qui avait catégoriquement refusé de se joindre à la réunion du jour, préférant encore réduire en lambeaux, bien fins, ses bras de sa mère et de sa Madame que se rendre à la plèbe enfantine. Haussement d’épaules.

-Ce sont les parents qui sont parfois les plus à craindre…

Elle croisa son regard. Les notes reprirent leur cours.

-Oui, le vent, fit-elle en hochant excessivement la tête, comme si la survie potentielle de la jeune fille à ce qu’elle voyait déjà comme un ouragan dépendait de la stricte intensité du mouvement de ses cervicales. Je comprends.

Sa mine toute en sérénité grave se retrouva brisée au bout d’une dizaine de seconde par un sourire au comble de la nervosité.

-Oh, tu n’as pas à t’en faire…

Elle s’en chargerait bien pour eux deux.

-… notre Seigneur sait bien quelles étaient tes intensions. Et puis, Candace fait de vrais efforts, j’en suis certaine, pour… hum… retrouver sa voie. Dans ses conditions, je ne doute pas qu’il veillera sur elle…

Peut-être que l’effet aurait été un peu plus convainquant si son genou droit ne s’était pas mis à s’agiter pendant son petit laïus sur la clarté du calme des ambitions divines pour la jeune fille. Message du Ciel, un sms avertit les deux chrétiens de la parfaite santé de Candy.

-Tu vois, tu vois, tu vois ! Je te l’avais dit. Notre Saveur reconnait ses vrais fidèles.

Sourire éblouissant.

-J’essaierai de lui apporter des muffins. Et à ta mère aussi. Tous va mieux avec des muffins., affirma-t-elle avec le ton dogmatique qu’adoptaient généralement les moniteurs de vacances, les coachs de vie et les gourou de sectes ayant pour base de vénération lucrative des petits pots de beurre.

Ce n’était pas que Grace n’était pas absolument certaine que les soins qu’on pourrait apporter à la frêle McCarthy n’allaient pas être d’une prodigieuse efficacité. Mais elle ne serait parfaitement rassurée quant à sa survie que quand elle la saurait avec une pâtisserie dans la bouche.

-Amen, conclut-elle en fermant les yeux.

Elle secoua la tête, tentant de calmer les notes montant bien trop hautes, au point très étrange de recouvrir de mélodie l’ensemble de ses pensées. La proposition de Silas lui arracha ce qui se rapprochait le plus d’un couinement, elle parvint à atténuer à grand renfort de sourire poliment touché.

-Comme c’est gentil, je…

Son regard erra aux alentours. Ses yeux se dirigèrent avec automatisme vers la pile assez monstrueuse de boîtes diverses que le semi-déménagement des Second Chances avaient enfantés dans les coins de l’église. Elle fut plus particulièrement attirée par l’emballage bien plus neuf, et totalement inapproprié, de l’entreprise qui avait mis sous glace pare-balle le four à microonde marqué par la Vierge, subtilisé à McKinley et entreposé par ses soins obséquieux dans ces lieux, bâtiment les plus sacrés qu’elle ait  jamais pu connaître. Ou, en tout cas, plus sacré que les cuisines relativement graisseuse du lycée de la ville. Par instinct de protection, propre à toutes les mères et fanatiques religieuses du monde et de toutes les époques, elle se rapprocha de son butin et, évitant néanmoins à Silas le spectacle de sa personne étreignant avec affection l’objet béni, se contenta de faire s’envoler la couche de poussière accumulée sur la première boîte à sa portée, le coin de son œil toujours fixé sur l’artefact.  

-… Je comptais faire un peu de rangements, pousser quelques cartons, classer des partitions,… Si tu as du temps à perdre… Mais je ne voudrais surtout pas te retenir…

Fossette au coin de la joue. La musique reprend depuis le départ. Plus rapide. Les doigts invisibles semblent rebondirent de touches en touches sur le clavier de ses synapses. Elle toussota un peu et ouvrit le carton. Ses yeux revinrent pourtant sur le lycéen.

-Tu sais… C’est bien ce que tu fais. Pour ta sœur. Être là pour elle…

Regard soigneusement reposé sur le papier à musique jauni.

-Nous, les filles, ont est peut-être fortes et libres et… Plein de choses. Mais on a parfois besoin de quelqu’un…

L’index sur sa lèvre inférieure.

-Quelqu’un comme toi.
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MessageSujet: Re: 04. In the Grace of your love   Jeu 1 Mai - 20:50

Cette jeune femme avait quelque chose d’irréel. Ses longs cheveux blonds qui tombaient en cascade sur ses épaules, ses grands yeux bleus, son sourire intemporel. Il peinait à se concentrer tellement cette jeune femme la captivait. Elle avait quelque chose de différent, quelque chose qui piquait sa curiosité. Si Candy le voyait, elle ne se priverait pas de lui faire savoir qu'il avait l'air idiot. Le léger air de piano qui berçait le jeune garçon perdu dans sa contemplation. Il fallait qu'il parle, qu'il réponde, mais il n'arrivait pas à s'extirper de ses pensées. C'est la jeune demoiselle, par sa voix, si douce, qui le ramena à la réalité. Elle lui retourna son compliment, ce à quoi Silas répondit par un sourire timide mais sincère. Elle ajouta que Candace n'était pas la seule à avoir hérité des bons gènes de la famille. « Vous êtes trop gentille. » il aurait presque rougit à ses paroles. Il ne pouvait s'empêcher de replacer ses appareils auditifs, ne détachant son regard de la jeune femme.
Lorsque Sil' évoqua la patience de sa sœur, notamment concernant les enfants, la blonde lui assure que les enfants, en de tels lieux pouvaient avoir quelque chose d'apaisant. Il l'écouta, les comparer à des chiots, des chatons, et se perdre, rire, sourire, puis terminer sur les parents. Le blond ne pu réprimer un sourire attendrit. « Avec une professeure telle que vous, ils ne peuvent que se réjouir. Ils ont beaucoup de chance. » assura le jeune garçon.

« Je vous remercie de comprendre. » elle ne lui tînt par rigueur de l'utilisation de son téléphone portable, tant elle semblait inquiète. Elle ne voulait pas le montrer, mais le lycéen avait remarqué son genoux s'agiter au rythme du stress. Il aurait bien voulu la rassurer, d'une étreinte, des plus chastes bien entendu, ou d'une main rassurante sur son épaule, mais ça aurait été malvenu. Il usa de ses talents d'acteurs pour convaincre la demoiselle que Candy était bien rentrée à la maison, avec leur chère mère. Le soulagement se lu sur le visage de la jeune femme, et le blond se joignit à son enthousiasme « Oui, vous avez raison, le seigneur est bon. » il baissa la tête quelques instant, en signe de recueillement. C'est à cet instant que la jeune femme proposa d'emmener des muffins à Candy et à leur mère. Silas releva brusquement la tête. « Oh vous savez, notre mère travail beaucoup, comme notre père, il y a rarement quelqu'un à la maison. Vous pourrez les donner à Candy la prochaine fois que vous vous verrez, ça vous évitera des déplacements inutiles. Je suis sûre qu'elle appréciera cette généreuse attention. » affirma t-il vigoureusement.
Il accompagna la jeune femme dans sa légère prière, leur « amen » sortant en chœur et s'élevant dans le cœur de l'église.

Finalement, n'ayant nulle envie de partir, il proposa à la jeune Hamilton de l'aider, ou de la raccompagner, comme bon lui semblerait. Elle sembla apprécier, affichant un large sourire. Le jeune garçon la suivit du regard alors qu'elle s'approchait d'une pile de carton en tout genre. Elle lui dit alors qu'elle voulait faire un peu de rangement, de classement, lui assurant cependant qu'elle ne voulait pas le retenir. « Oh non, ne vous en faites pas, ça me ferait très plaisir de vous aider. » il esquissa un large sourire. Il s'approcha de la jeune femme et des différents cartons. « Par quoi voulez-vous commencer ? » Il posa une nouvelles fois les yeux sur la sublime jeune femme, en attente de sa réponse.
Elle ouvrit un carton, et un léger nuage de poussière s'éleva dans les airs. A l'intérieur se trouvait des partitions, un peu jaunis, mais avec beaucoup de charme. Il tendit la main vers la boite afin d'aider la jeune femme. Sa main entra en contact avec celle de la blonde. Sa main pâle, comme celles des belles femmes représentées sur les tableaux de la renaissance. Sa main resta un instant à côté de la sienne, se frôlant avant qu'il ne se ressaisisse « Je... excusez-moi. » il attrapa rapidement une partition pour faire diversion. « Vous avez une bien jolie église. Je ne pensais pas qu'une ville comme Lima aurait une telle paroisse. » dit-il en se replongeant dans le carton.

« Oh, vous exagérez... C'est normal, c'est ma jumelle. » un léger sourire traversa ses lèvres. Il est vrai qu'il ferait n'importe quoi pour elle, et surtout pour la protéger. La jeune femme reprit la parole, en disant que les filles avaient parfois besoins de quelqu'un de fort, de quelqu'un comme lui. Il plongea son regard dans celui de la jeune femme avant de baisser et de regarder ses chaussures. « Vous allez me faire rougir. » lâcha t-il. Il releva les yeux et passa une main dans ses cheveux. « Je suis sûre que quelqu'un de bien mieux que moi sait prendre soin de vous. » un sourire en coin se dessina. Il imagina la jeune blonde au bras d'un grand homme, et bien malgré lui, se sourire s'estompa. Il secoua légèrement la tête afin d'effacer cette image de sa tête. « Vous êtes quelqu'un de très bien aussi. Je n'ai entendu que du bien sur vous, mes parents ne tarissent pas d'éloge à vôtre égard. » son sourire réapparu et il posa son regard bienveillant sur la demoiselle. « Je suis content de vous avoir rencontrer. ».
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MessageSujet: Re: 04. In the Grace of your love   Sam 3 Mai - 16:22

Les sourcils de Grace se rapprochèrent dans une moue peinée quand Silas signala que ses parents n’étaient pas tant présents qu’on n’aurait pu le supposer. Du travail. Evidemment. Elle hocha la tête, gravement. On devait se plier à ce qu’on avait à faire. Chacun avait son labeur, tous utiles à la société, à la Vie, à Dieu, aux bébés phoques. Le Seigneur confiait à chacun des talents que les hommes se devaient d’user, de perpétuer et de transmettre, le travail était un exutoire parfait à ces potentiels et il n’y avait pas à douter que les McCarthy’s étaient de bien trop bonnes âmes pour faire l’impasse sur ce genre de dévouement.

Cependant, la pianiste savait parfaitement qu’à dix-sept ans, aussi baigné dans l’Amour du Sauveur et imbibé de celui-ci que sa petite personne à la Foi spongieuse devait être, il était difficile de concevoir tout cela avec sérénité. Certes, on pouvait esquisser un sourire et hocher la tête, persuader tout le monde, jusqu’à soi-même que ça n’a pas d’importance, que les prières se suffisent à elle-même, que l’affection vient du Ciel, que personne n’a besoin de pancake en forme d’animaux pour devenir un adulte sain et équilibré,… Mais on ne peut jamais tout à fait y croire. Grace l’avait vécu, et bien plus encore. Sa famille avait littéralement sacrifié sa vie à Dieu. Et si l’amour avait toujours gouverné chez les Hamilton, leurs moments de communion avaient toujours été placés dans des cadres strictement chrétiens. Certains employés de bureau ramenaient des dossiers chez eux après leurs heures de travail. Les pasteurs, eux, vivaient littéralement vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec leur Travail. Chaque respiration découlait de celui-ci, chaque pensée devait lui être dédiée. Et si Grace ne se serait jamais autorisée le moindre commentaire sur l’éducation que lui avait fournie ses parents, elle savait mieux qui quiconque ce que la solitude et la distance pouvait représenter dans un cocon familial.

Réprimant la furieuse envie d’entourer ses bras autours du garçon et de le serrer tout contre elle, Grace rabattit ses cheveux sur le côté alors qu’un fa dièse vibrait depuis un peu trop longtemps.

Elle devrait se rappeler de faire un peu plus de pâtisserie quand elle donnerait son panier à Candace. Elle ne doutait pas que Silas apprécierait le geste à la mesure du goût des gâteaux. Sourire évasif. Elle baissa la tête, mordillant l’intérieur de sa lèvre inférieure, tentant d’éviter les compliments qui pleuvaient du lycéen comme les nuages de sauterelle se déversaient sur l’Egypte les Huitièmes Jours après le début des Dix Plaies... Avec peut-être un peu moins de dramatisme mythique.

-Oh, si tu savais tout ce que peut bien cacher Lima…

Sourire doux.

-Mais merci beaucoup. Mon père a donné énormément pour que cette église soit à la hauteur de la Foi des paroissiens…

Eclat brillant dans les yeux.

-Je sais qu’il n’admettra jamais qu’il en est fier, mais je reste persuadée que ça ne serait pas même pécher que de retirer de l’Orgueil de… tout-ça…

Elle désigna l’espace avec affection.

-Vraiment.

L’air rêveur, elle retourna à ses cartons.

Un frisson la parcouru. Ses yeux tombèrent sur sa main, là où celle de l’adolescent l’avait touchée. Elle la contempla. Comme si elle y voyait autre chose que ses doigts. Comme si la situation n’était pas assez étrange comme-ça.

-Ce n’est rien.

Sa voix carillonna. Alors pourquoi avait-elle l’impression de mentir délibérément ?

Expirant par à-coups, elle se détourna du visage du blond et poussa une nouvelle boîte, plus pour trouver de quoi s’occuper les mains que pour un résultat concret.

-Oh, vous exagérez... C'est normal, c'est ma jumelle.

Elle releva rapidement la tête.

-Je n’exagère jamais.

Petit rire.

-Jumelle ou pas… La Famille, c’est un choix, un choix important, Silas McCarthy.

Fossettes, encore. Elle se rendit compte qu’elle fixait ses cheveux et la main qui les agitaient doucement, ferma donc sa bouche laissée béante et baissa la tête immédiatement. Ses doigts effleurèrent les feuilles et couvertures cartonnées stockées dans la boîte. Elle s’arrêta sur une partition et arrondit un sourcil.

« Je suis sûr que quelqu'un de bien mieux que moi sait prendre soin de vous. »

-Oh !

Elle stoppa son mouvement puis recommença a extirper sa trouvaille, plus lentement. Croisant les yeux de Silas, elle laissa filtrer un regard hagard dans le bleu liquide de ses yeux. Puis un sourire pâle enroba ses paroles.

-Je… Oui… Oui, bien sur… Enfin, non, pas bien mieux que toi… Enfin… C’est…

Compliqué. Battements de paupières.

-Il y a quelqu’un de bien.

Tout court.

De dangereuses réflexions bordaient ses idées, Grace se contraint à les gommer sans attendre. Elle était quelqu’un de bien. Son cœur pulsa un peu plus fort que d’habitude. Ses joues s’empourprèrent encore un peu plus. Peut-être qu’elle aurait du éviter son regard, ce regard, mais elle ne le fit pas. Et elle ne s’en sentait as plus mal.

-« Je suis content de vous avoir rencontrée. »

Un silence s’installa tout autour d’eux.

Elle pencha la tête sur le côté et respira doucement, la partition collée contre sa poitrine. Elle parcouru son visage avec des yeux hésitants. Et le silence continua. Les battements de son cœur, le bruit léger de ses expirations, tout cela rythmaient le tempo de la symphonie qui prenait de plus en plus d’ampleur. Les notes s’encombraient lourdement contre son front.

Elles devaient sortir.

Grace hocha lentement la tête, pour elle-même. Lentement, délicatement, elle glissa sa paume sur la main du jeune homme. Puis tourna les talons.

Ses pas bondissants s’approchèrent du piano laissés abandonnés dans son coin, entraînant le jeune homme dans son sillage avec une fermeté qui parvenait encore à susciter un étonnement profond même chez les gens accoutumés à l’enthousiasme en fusion de Baby Hamilton. Atterrissant prêt de la bête cordée, elle l’effleura du bout du doigt. Fixant les partitions qu’elle arrangeait devant, elle s’adressa pourtant à Silas, extatique.

-Pour la St-Valentin, nous organisons une messe spéciale.

Le sourire qui se dessinait sur sa bouche clamait tous les droits d’auteurs que cette idée pouvait avoir.

-Il y a les chants habituels, évidemment. Mais, je voulais essayer quelque chose de… différent.

Regard sous les cils. Murmures.

-Dis-moi ce que tu en penses…

Les notes démarrèrent.

- I walked across an empty land
I knew the pathway like the back of my hand
I felt the earth beneath my feet
Sat by the river and it made me complete


Le piano était resté.

- Oh simple thing, where have you gone?
I'm getting tired and I need someone to rely on


Peu importait les déménagements, les décisions administratives et les cicatrices. Le piano était resté.

- I came across a fallen tree
I felt the branches of it looking at me
Is this the place we used to love?
Is this the place that I've been dreaming of?


Elle aurait pu l’amener à la LPA.

-Oh simple thing, where have you gone?
I'm getting old and I need something to rely on


Emma ne s’y serait sans doute absolument pas opposée.

- And if you have a minute why don't we go
Talk about it somewhere only we know?
This could be the end of everything,
So why don't we go
Somewhere only we know…


Elle savait que Warren avait tout à fait les capacités musculaires pour gérer ce genre de manoeuvre, mais elle n’avait su s’y résoudre. Son instrument appartenait à l’église, tout comme elle. Ce sanctuaire était son élément, c’était là où il se devait d’être. C’était une petite partie d’elle, des Second Chances, dans le sens le plus essentiel, le plus originel, du terme, qui demeurait au plus près de Dieu. C’était ce qui lui semblait juste. Et ce jour-là bien plus que tous les autres.

-Somewhere only we know

Elle écrasa une larme au coin de son œil droit. Elle savoura le silence en souriant.

-Alors ? Tu aimes ?
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MessageSujet: Re: 04. In the Grace of your love   Sam 3 Mai - 18:51

Son regard vaguant entre la jolie Grace et les murs de l'Eglise, ses pensées allant de la beauté des grands yeux bleus de la demoiselle à celle des vitraux, Silas se perdaient sans cesse. Il remémora un instant les messes à Norfolk. L'Eglise était plus grande, bien sûr, mais l'ambiance était la même, comme dans tout bâtiment religieux. Il se revoyait assis aux côtés de sa sœur, et de sa mère. Les jumeaux étaient allés à la messe dès leur plus jeune âge. Ils s'étaient fait réprimander de nombreuses fois, notamment lorsqu'ils essayaient d’échanger quelques mots discrètement. Avec le temps, ils avaient fini par adopter le mutisme religieux le temps de la messe, et ils leur suffisaient d'un regard pour se comprendre. Il se rappela également la fois où il avait voulu souffler tous les cierges de jour de leur anniversaire, ou encore lorsque Candy avait fait sonner un portable en plein milieu de la messe. Ces souvenirs lui arracha un mince sourire. La vie était bien différente à Norfolk, lorsque leurs parents n'avaient aucune idée de comment Candy occupait son temps libre, lorsque il entendait encore sans l'aide d'appareils.

« J'imagine que cette ville me réserve encore des surprises. » La jeune Hamilton en était la preuve. Il écouta avec attention, hochant de la tête aux dires de la demoiselle « Vous pourrez lui dire que cette endroit est superbe, il a fait du très bon boulot. » il marqua une courte pause « Il devrait être fier de lui pourtant, je pense. Ce genre de fierté n'est pas un péché, au contraire puisqu'il permet à toute la paroisse de se retrouver dans une Eglise digne de ce nom. ». Il balaya du regard la nef, puis l'autel avant de le reposer sur la jeune femme « Sans vouloir vous offensez, ou encore votre père. » il appuya ses propos d'un léger sourire avant de se remettre à fouiller dans les cartons. Par mégarde, sa main effleura celle de la demoiselle, et il resta un instant à regarder leur deux mains se touchaient sans avoir la décence de l'enlever. Il se reprit malgré tout et s'excusa aussitôt, gêné. La blonde le rassura en disant que ce n'était rien. Il releva doucement les yeux vers elle et esquissa un timide sourire.

« Oui, la famille. Toute une histoire, n'est-ce pas ? » il sourit une nouvelle fois, et replongea son attention dans les cartons. Lorsqu'elle lui dit que les filles avaient beau être forte et libre, elles avaient besoin de comme lui, il dit être sûr que quelqu'un de bien mieux que lui savait prendre soin d'elle. Elle esquissa un petit « oh » qui attira l'attention du jeune homme. Il releva la tête vers elle, et fronça légèrement les sourcils, inquiet. Elle balbutia quelques mots, disant vaguement qu'il n'était pas mieux que le lycéen, mais elle assura en effet qu'il y avait quelqu'un, de bien. Ces paroles, pour une raison inconnue l'affectèrent plus qu'elles n'auraient dû. Son regard traversa la jeune femme et se perdit, fixant un point invisible. Il battit plusieurs fois des cils avant de revenir à la réalité, puis il détourna le regard, se plongeant une nouvelle fois dans la petite boite qui se trouvait devant lui. Il pinça le bout de son nez, tentant de repousser une vague de sentiments contradictoires le submerger.  Il secoua la tête légèrement et prit une grande inspiration. Il releva son regard vers la jeune blonde et lui dit que c'était quelqu'un de bien aussi et combien il avait entendu du bien à son propos. Il ajouta également qu'il était content de l'avoir rencontré, chose qu'il n'aurait peut-être pas du faire. Elle ne releva pas, et un silence s'installa dans l'Eglise. Il passa une main nerveuse dans ses cheveux qu'il laissa descendre dans son cou. Malgré tout, ils se scrutaient l'un l'autre, dans ce silence religieux. Un silence ni long, ni lourd, juste une parenthèse dans le temps. Son sang battait contre ses tempes, créant un bruit désagréable, mais il ni prêta même pas attention. Ses yeux glissèrent de ses yeux à sa bouche, de sa bouche à ses mains. Il laissa retomber sa main sur le carton et un mince sourire se dessina sur ses lèvres, sans même qu'il n'en ai conscience. Il détacha enfin son regard de la jeune femme, jetant un coup d’œil à la montagne de cartons.

Son cœur manqua un battement lorsqu'il senti la main de la jeune femme se poser sur la sienne. Il releva vivement la tête. Il entrouvrit les lèvres, mais il n'eut le temps de dire quoique ce soit que la jeune Hamilton l'entraînait dans une autre partie de l'Eglise. Il la suivit, sans rien dire, jusqu'à un piano, abandonné dans un coin. L’enthousiasme de la demoiselle déteignait sur le lycéen, et devant tant d’entrain, il ne pu réprimer un sourire attendrit. Il la regarda s'installer, toujours avec une incroyable ferveurs. Elle lui apprit alors qu'ils avaient prévu une messe spéciale pour la Saint Valentin. « Oh, vraiment ? Sûrement que nos parents ont prévu de venir alors. » dit-il. Elle reprit en lui disant que en plus des chants traditionnels, elle voulait essayer autre chose, de plus différent. Silas hocha la tête, et elle commença à jouer. Le regard du jeune homme se baladait entre le visage de la jolie blonde et ses mains qui jouaient parfaitement sur l'instrument. Il reconnu de suite la chanson qu'elle avait choisi, une chanson qu'il appréciait d'ailleurs beaucoup. Le piano, ces notes, tout lui rappelait l'époque où lui même pratiquait cet art. Il avait toujours son piano dans sa chambre, mais il ne jouait plus depuis son accident. Il le regrettait souvent.
Il écoutait avec la plus grande attention la demoiselle à la voix douce et fluette. C'était eux deux, seuls, dans cette Eglise. Pour la première fois, il aurait voulu que cette chanson ne se termine jamais. Pourtant ce fût le cas. Il remarqua la blonde essuyer une larme discrètement. Elle finit par briser le silence qui s'était installer, et lui demanda ce qu'il en pensait. Il plongea ses yeux bleus dans les siens et sourit. « Je peux ? » demanda t-il en s’asseyant à ses côtés. Son regard emplit de nostalgie se posa sur les touches blanches et noires, puis il le releva vers Grace. « C'était génial, j'ai adoré. » dit-il appuyant ses paroles d'un sourire dévoilant ses dents parfaitement blanches. « Vous avez une très jolie voix. Et vous jouez à merveille, et je sais de quoi je parle. » il effleura les touches avant de reposer sa main sur sa cuisse. « Vous chantez souvent ? ». Il replaça correctement l'un de ses appareils auditifs avant de reprendre « Vous allez chanter alors à cette messe ? ». Il repensa à cette larme qu'elle avait essuyé. Il se risqua à lui demander « Pourquoi cette larme ? ».
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MessageSujet: Re: 04. In the Grace of your love   Mar 13 Mai - 20:28

-Je peux ?

Elle s’écarta poliment, un léger sourire un peu confus plaqué sur les lèvres, et le laissa s’installer. La tête toujours penchée, elle sentait la chaleur tiède qui pulsait du corps adolescent à ses côtés. Elle sentit ses poils se dresser sur toute la longueur du frisson qui sinuait sous sa peau. Le regard de Grace, planté sur les vagues tâches noires et blanches luisant sous ses doigts, roula lentement le long de la ligne de ses paupières et, planqué derrière le rideau de quelques mèches qu’elle croyait proprement impénétrables, se posa sur le jeune homme. Elle connaissait ce regard.

- Ca fait longtemps ?

Elle avait murmuré la question. Pas besoin de plus, pas besoin de moins. Il comprendrait. N’importe quel pianiste comprendrait. N’importe quel pianiste qui n’avait plus effleuré les touches depuis quelques temps. Elle observa ses mains. Pâles. Longues. Soignées. Elle replaça une mèche derrière son oreille. Les doigts tremblaient un peu. Les pattes blanchies d’araignée stylisées, fascinantes, sublimes. Créatures vivantes, indépendantes, elle imaginait leur danse lente et gracieuse sur l’ivoire patiné du clavier. Elles traceraient une toile toute artistique, un filet fait de note et d’air tissé, qui enlacerait les âmes et les arracheraient à leur corps engourdis avec une douceur exquise. Elles esquisseraient des caresses comme de petites touches de peinture ajoutées à un chef d’œuvre. Elles mêleraient leurs doigts à d’autres. Et elles seraient heureuses. Oui.

Toutes les petites araignées albinos du monde seraient heureuses.

Elle replia ses doigts en poing et les cacha sous le piano.

Il la complimentait encore. Elle voulait mettre sa main sur sa bouche. Elle voulait qu’il arrête d’embraser ses joues à la moindre virgule expirée. Elle voulait ne plus autant apprécier le son de sa voix. Se rappeler que l’accent rauque était probablement un relent de mue, rien de plus. Que les phéromones du garçon devaient provenir de la récente disparition de son potentiel acné. Mais elle en était incapable.

Et Silas était de toute façon bien trop chrétien pour que le Seigneur l’ait affligé du moindre problème de peau.

- Vous chantez souvent ?

Sourire éblouissant.

-Oh ! Si tu savais ! Je fais partie d’une chorale, les Second Chances… C’est un… Glee Club, en fait… Mais lié à la paroisse… Peut-être que tu nous connais ? Ma sœur, Cassandra, en est la directrice, et elle fait un travail incroyable, oui, incroyable… Nous avons perdus la compétition l’année dernière, mais cette année… , hochement de tête grave,… cette année, c’est autre chose. Et ça demande beaucoup d’investissement. Mais c’est tellement…

Pause. Regard sur les bancs alignés un peu plus loin.

-… tellement Magique de pouvoir chanter, de pouvoir partager sur scène, avec le public, avec les choristes et… Avec Lui, bien sur…

Elle leva le ciel vers le visage du Seigneur qu’elle imaginait sans aucun problème penché sur eux deux, embrassant la rencontre des silhouettes de ces deux fidèles d’un regard affectueux.

-Vous allez chanter alors à cette messe ?

Elle hocha lentement la tête.

-Je pense, oui… Tu sais, il y a tellement de gens qui sont seuls…

Ses yeux s’embuèrent d’une lueur confuse.

-… Ils pensent qu’il n’y a plus rien qui les attend, que la St-Valentin n’est qu’une occasion de plus de se morfondre, tout au plus un prétexte pour vendre du chocolat…

Elle planta ses prunelles dans celle du garçon, le souffle court.

-…Mais c’est tellement plus. C’est l’Amour. Pour tous. Partout. Et je veux que cette Église soit un endroit où on peut réellement Le ressentir.

Fossette.

-Où l’ont peut croire que personne ne sera plus jamais seul…

Elle ferma les yeux et respira longuement. Plus jamais.

Sous ses paupières, elle voyait un noir troué de tâches colorées, lentement absorbées, lentement assombrie. Ses yeux picotaient. Des vitraux éparpillés dans son cristallin. Des éclats dorés perdus entre ses cils. Des coulées de miel ambré éclaboussant la toile sombre de ses iris. Des arc-en-ciel déchirés. Des cieux frangés de nuages gonflés d’éclairs. Des nuées écorchées par les rayons d’un soleil roux.

Roux.

Emma. Second Chances. LPA. Cassandra. Sœur. Famille.

Oui. La famille. Oui. Oui. Oui. Il en avait parlé. Oui. Important. Oui. Toute une histoire. Oui. Leur histoire. Intégrés. Aimés. Heureux. Chéris. C’était bien. Bien. Très bien. Oui.

-Tes parents vont venir, donc… Tu comptes les accompagner ?

Il y avait dans son ton un peu trop d’espoir pour la moue détachée qu’elle avait essayé d’y coller. Légère toux.

- Je…

- Pourquoi cette larme ?

Elle referma la bouche. Un peu trop vite. Un peu trop fort. Ses ongles s’enfoncèrent dans ses paumes. Ses dents dans ses joues.

-Oh. C’est…

La mélancolie décrocha quelque chose dans son regard, sembla dissoudre d’un coup les fils qui la rattachaient au sol. Et Grace semblait déjà bien loin.

-… C’est simplement une belle chanson…

Elle baissa son ton jusqu’à atteindre l’inaudible.

-… Une très belle chanson…
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04. In the Grace of your love

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