Choriste du mois


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 04. I’m not drunk, I’m just really awkward...

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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
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MessageSujet: 04. I’m not drunk, I’m just really awkward...    Lun 10 Mar - 18:09


04. I’m not drunk, I’m just really awkward...



Le regard rivé sur le shooter rempli de tequila, Charlie plissa les yeux, incertaine. Le débat intérieur qui la tourmentait depuis plusieurs minutes était tel qu’elle n’arrivait pas à détourner le regard de ce petit objet en apparence innocent, mais qui l’était bien moins en réalité. Si elle le buvait, cela signifierait qu’elle était faible mais en même temps, cela la soulagerait du poids qui pesait lourdement sur ses épaules. Si elle ne le buvait pas, elle aurait la satisfaction d’avoir résisté mais son chagrin ne disparaitrait pas et elle devrait encore le supporter jusqu’à la fin de la journée. Or, avait-elle réellement envie de se souvenir de cette peine qui la rongeait depuis des mois ? Voulait-elle se remémorer les mêmes phrases qui la hantaient, les mêmes regrets qui la poursuivaient et qui ne la relâchaient que lorsqu’elle trempait ses lèvres à la boisson ? Non, bien sûr que non. C’était tellement plus facile de porter sa peine physiquement, de la dévoiler au reste du monde plutôt que de la dissimuler sous une tonne  d’artifices qui la pesaient tout autant que le chagrin lui-même. Charlie ne craignait plus la gueule de bois, ni de se rendre malade à force d’avaler des verres et des verres d’alcool. Au contraire, cette sensation était devenue si familière qu’elle avait l’impression que cela l’apaisait alors qu’en réalité cela ne faisait que l’enfoncer un peu plus dans son malheur. Elle était misérable, si misérable qu’elle ne s’en rendait même plus compte.

Fronçant le nez, elle posa son doigt sur le shooter et en caressa le verre. Installée au beau milieu de la cuisine de la Pension Preston, le silence qui l’entourait ne l’aidait absolument pas à prendre une décision. Au contraire, elle avait l’impression qu’il l’encourageait à vider ce shooter, ne lui offrant pas la moindre distraction possible. D’ordinaire, l’effervescence de la Pension était telle qu’elle avait rarement un moment à elle, un moment pour profiter du calme. Entre le gamin de Santana qui braillait toujours plus fort que tout le monde, Anna et Lexie qui se chamaillaient régulièrement et Mad qui était… eh bien, qui était Mad, Charlie était un peu perdue au milieu de tout ce beau monde qui se connaissait et savait comment cohabiter. Elle avait le sentiment d’avoir atterri dans un asile pour fous et cela ne l’aidait pas franchement à se sortir de la galère qu’elle traversait. Car au plus elle découvrait les habitudes pour le moins surprenantes des colocataires de la Pension, au plus elle trouvait ça normal de sombrer dans l’alcool pour oublier ses problèmes. Elle savait que ce n’était qu’une excuse de plus pour ne pas assumer ses responsabilités, mais elle ne parvenait tout simplement pas à se raisonner.

Agitée, Charlie saisit soudain le verre et le leva devant son nez pour mieux l’observer. L’odeur de la boisson transparente ne tarda pas à parvenir à ses narines et elle ferma furtivement les yeux pour mieux en apprécier les arômes. « Eh merde » S’exclama-t-elle vivement avant de porter le shooter à ses lèvres et d’en vider le contenu en une seule gorgée. Le reposant sur la table d’un coup sec, elle attrapa la bouteille et en servit un autre. Puis un autre. Puis un autre, et un autre, et un autre…

*

Clignant des yeux afin d’adapter sa vue à la luminosité de la Galerie, Charlie tituba dangereusement dans l’allée sans faire attention aux quelques visiteurs qui l’entouraient et la dévisageaient avec surprise. Se dirigeant non sans une certaine résolution jusqu’à un tableau au fond de la salle, elle s’arrêta pile devant celui-ci et plissa les yeux. Il s’agissait d’une œuvre abstraite et un peu trop colorée à son goût, mais de toute façon elle n’était pas en état d’apprécier la moindre pièce d’œuvre que cette Galerie lui proposerait. Son regard suivit les lignes floues du tableau et au bout de quelques secondes, elle arqua un sourcil, perdue dans la contemplation de l’œuvre. « Un sexe masculin ! » S’écria-t-elle soudain. Pointant le tableau du doigt et la courbe en question, elle renchérit. « Ceci est un sexe masculin ! Un sexe masculin dans la Pension Preston, quelle idée ! ». Elle rit légèrement et lorsqu’elle se retourna, elle vit plusieurs paires d’yeux fixés sur elle. « Ben quoi, vous n’avez jamais vu un pénis de votre vie ? Je vous dis que c’en est un, je n’en ai peut-être pas connu énormément dans ma pauvre vie, mais j’en mettrais quand même ma main à couper ! ». La choriste fit la moue puis grimaça et se retourna pour oublier le regard que lui jetaient les admirateurs d’art. « Admirateurs… mes fesses oui, ils ne savent même pas reconnaitre un pénis » Murmura-t-elle plus pour elle-même que pour les autres.

Elle secoua la tête –ce qui lui donna rapidement le vertige- puis continua dans l’allée et s’arrêta finalement devant un autre tableau qui lui rendit immédiatement son sourire : il s’agissait également d’une peinture, mais celle-ci renvoyait l’image d’un paysage parfaitement dessiné. Si bien dessiné, à vrai dire, que Charlie l’associa automatiquement à l’environnement de San Diego, la ville de son enfance. « Mais c’est San Diego, ça ! Les meeeeeecs, c’est San Diego ! ». Sautillant sur place, elle applaudit avec frénésie, soudain excitée comme une puce en se remémorant – bien que vaguement- la ville californienne. Cherchant l’approbation des visiteurs qui l’entouraient, elle planta son regard dans celui d’un vieil homme qui lui plaisait et s’en approcha non sans chanceler à nouveau. Lorsqu’elle parvint à sa hauteur, elle posa sa main sur son épaule et esquissa un large sourire. « Mon cher monsieur, êtes-vous déjà allé à San Diego ? Je suis sûre que ça vous plairait beaucoup. Et puis, sans être méchante, vous êtes un peu palot, p’tit mec ! Le soleil de la Californie mettrait un peu de couleur ici » Fit-elle en pinçant un peu trop fort la joue du vieil homme. « Mais vous êtes folle, mademoiselle ! » Répondit-il, indigné. Charlie fronça les sourcils et fit la moue, déçue de la réaction de son interlocuteur. Après tout, elle ne voulait que son bien… et celui de sa peau.

Penaude, Charlie haussa les épaules et repartit en sautillant sans faire attention au voile qui enveloppait ses pensées et les rendait plus incertaines que jamais. Le nez en l’air, elle ne remarqua pas tout de suite l’adolescent qui se trouvait devant elle et le heurta de plein fouet. Déséquilibrée, la choriste tenta de s’accrocher à son manteau pour ne pas tomber mais finit par l’entrainer dans sa chute et tomba pile sur lui. « Aïe ! » Fit-elle en se massant le poignet. L’adolescent, lui, se releva aussitôt et l’insulta de tous les noms avant de quitter la Galerie en s’écriant qu’il n’y remettrait plus jamais les pieds. « Espèce d’idiot ! ». Charlie secoua la tête et s’apprêta à se relever quand son regard croisa celui d’Anna Preston. Et à en croire l’expression de son visage, elle allait passer un sale quart d’heure. « Oops ».
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MessageSujet: Re: 04. I’m not drunk, I’m just really awkward...    Dim 16 Mar - 22:04


Anna estimait être une personne honorable.
D'accord, elle ne parlait plus à ses parents, hormis les fêtes, les anniversaires, et les politesses annuelles d'usage mais elle s'était toujours bien occupée de sa petite sœur, elle était généralement polie, payait ses impôts, recyclait ses déchets (surtout les bouteilles en verre), soutenait toujours l'équipe gagnante au Superbowl (pas de favoritisme mal placé, chez les Preston on aimait les winners, quels qu'ils soient !)...
Alors pourquoi, pourquoiiiiii, le Seigneur -ou qu'elle que soit la toute puissance qui régnait au dessus de sa tête- lui envoyait-il/elle chaque jour des fardeaux plus lourds les uns que les autres ?
D'abord il y avait la culpabilité qui ne la quittait pas depuis la visite de Tate.
Elle avait beau tourner et retourner les choses dans sa tête, elle en venait à ne plus dormir la nuit et il allait bien falloir qu'elle lâche le morceau. Mais à qui ?
Ensuite il y avait Lexie et Madeleine. Ces deux-là lui cachaient quelque chose, elle en aurait mis sa main au feu. Trop de chuchotements dès qu'elle entrait dans une pièce, de papiers soudainement roulés en boule à chaque fois qu'elle demandait à sa sœur si c'était le nouveau contrat pour The Gallery, d'éclats de rire étouffés entre deux portes, de regards d'agents secrets en déroute échangés... Mais quoi ?
Enfin il y avait Charlie Watson-Brown lâchée en pleine galerie comme un animal sauvage. Mais pourquoi ?

Les deux premiers problèmes, Anna les avait relégués sans ménagement dans un coin de sa tête au moment où le troisième avait fait son apparition.
Cela faisait plusieurs mois que Charlie dormait, mangeait et il fallait bien l'avouer, cuvait son vin (ou son rhum, ou sa vodka...) à la Pension.
Jusqu'ici, Anna n'avait jamais pensé à s'en mêler. Elle avait donné toute sa confiance et les plein pouvoirs à sa sœur pour gérer la situation délicate dans laquelle leur amie se trouvait.
Elle disait "leur" mais, en fait, Lexie était bien plus proche de Charlie.
Cette dernière, J.J., et bien d'autres, étaient les amis de Lexie avant d'être les siens (et ceux de Lexie plus que les siens).
Plus jeune, Anna avait souffert de cette supériorité amicale dont sa cadette bénéficiait au sein de leur entité sororale, mais elle avait appris à lui laisser bien volontiers le lien amical facile pour garder sa position de "grande-sœur-plus-âgée-et-plus-sage-vers-qui-on-finissait-toujours-par-se-tourner". Anna avait depuis développé sa palette d'amis... Et si elle comptait ceux, imaginaires, de sa meilleure amie Madeleine, qu'elle côtoyait au quotidien, elle devait bien en avoir autant que Lexie maintenant !
Et puis tous ceux qui les entouraient savaient qu'on ne pouvait fréquenter Lexie sans croiser Anna et vice versa.
Les parents Preston, du temps de l'adolescence de leurs filles, leur passaient les communications téléphoniques qui arrivaient dans la grande maison de Camden aléatoirement, prêtant peu attention à qui était au bout du fil et pour qui, sachant pertinemment que la plus solitaire des deux ferait passer les messages qui la concernaient à la plus extravertie, et que la plus tête en l'air des deux se rappellerait toujours de dire à son aînée qu'untel avait essayé de la joindre tel jour mais elle ne savait plus très bien pour quoi...
Pourtant, à voir l'état dans lequel Charlie errait dans la galerie, balbutiant des choses incompréhensibles, effrayant les enfants comme les adultes, bousculant de pauvres visiteurs qui n'avaient rien demandé, le temps était venu pour Anna de remettre en question la façon dont Lexie avait géré la situation jusqu'ici et de se montrer un peu plus intrusive au sein du duo formé par sa cadette et celle qu'elle considérait comme sa petite sœur d'adoption.
Sans attendre d'en voir ou d'en entendre plus, la jeune femme quitta son bureau, poste d'observation idéal depuis lequel elle avait eu l'occasion d'assister au désastre de loin, et elle fondit sur la brunette comme un aigle sur sa proie.
Elle attrapa Charlie par le bras sans un mot et sans ménagement -peu lui importait le nombre de bleus qu'elle lui ferait, tant qu'elle parvenait à la faire dégager de la salle principale de la galerie- adressa un petit signe de la tête à un J.J. intrigué qui revenait tout juste de sa pause cigarette et à qui elle confiait la gestion de tous leurs pauvres visiteurs, encore abasourdis par la scène qui venait de se dérouler sous leurs yeux.
Elle balança la jeune femme sur une chaise, violemment certes, mais en faisant attention à ne pas trop la déstabiliser. Hors de question qu'elle vomisse dans la pièce dans laquelle le directoire de la galerie passait le plus clair de son temps !
Une fois la porte du bureau fermée et Charlie suffisamment en équilibre sur son siège, elle laissa éclater sa colère.

-Charlie Watson-Brown ! Pour l'amour de Dieu ! Est-ce que tu peux m'expliquer ce que tu crois que tu es en train de faire ?!
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MessageSujet: Re: 04. I’m not drunk, I’m just really awkward...    Jeu 27 Mar - 14:08

Allongée sur le sol, le menton légèrement relevé pour mieux croiser le regard d’Anna, Charlie était dans une position des plus délicates, au sens propre comme au figuré. Si jusque-là elle était parvenue à échapper au regard accusateur de l’ainée Preston à la Pension, elle était désormais à peu près certaine que cette dernière ne la laisserait pas poursuivre son petit cirque plus longtemps, et la tempête qui menaçait de s’abattre sur elle s’annonçait particulièrement violente.  Finie la rigolade, les soirées à se morfondre avec sa bouteille de tequila au fond du lit de Lexie, les épisodes de déprime et autres dérapages récurrents, Anna Preston l’avait prise la main dans le sac, à la Galerie de surcroit, et la brunette était à peu près certaine d’en entendre parler jusqu’à la fin de ses jours. Or, Anna n’était pas Lexie. Si avec Baby Preston Charlie se permettait beaucoup de choses, considérant que la nature de leur amitié le lui permettait, il n’en allait pas de même avec Anna dont la choriste craignait davantage le jugement. Avec Lexie, tout avait toujours été simple : elles s’amusaient, se faisaient confiance, se confiaient deux-trois secrets, se prenaient même pour des apprentis Gangstas à leurs heures perdues. Certes, les récents événements avaient rendu ce genre de choses plus difficiles, et Charlie ne comptait plus les fois où elle avait préféré se renfermer sur elle-même plutôt que de demander de l’aide à celle qu’elle considérait comme l’une de ses meilleures amies. C’était son mécanisme de défense, celui qu’elle adoptait quand la douleur devenait trop forte, et les mots, trop superflus.

Avec Anna, en revanche, leur relation était moins basée sur l’amitié et davantage sur un principe de confiance mutuelle et d’affection implicite. Alors qu’avec Lexie les effusions de joie étaient de rigueur, la brunette se montrait bien moins expressive en présence d’Anna qui avait tendance à l’intimider pour une raison qui lui échappait toujours. Elles étaient pourtant proches, en un sens ; quand Lexie avait quitté la ville du jour au lendemain, elles avaient profité de la présence de l’une et l’autre pour se consoler, se rapprochant inéluctablement pour combler ce manque soudain. Ce départ avait marqué un véritable tournant dans leur relation et Charlie en avait profité pour en apprendre davantage à son sujet, mais aussi tenter de la cerner avec plus d’efficacité. Lorsque Lexie était finalement revenue en ville, les deux jeunes femmes n’en avaient pas pour autant coupé les ponts définitivement et avaient continué à se voir régulièrement, prenant des nouvelles l’une de l’autre et se retrouvant même parfois autour d’un café lorsque leurs emplois respectifs le leur permettaient. Du moins, jusqu’à ce que Charlie perde complètement les pédales et décide de fuir l’ainée Preston de peur de se confronter à la déception qu’elle était certaine de déceler dans son regard.

C’était lâche de sa part, elle en avait conscience. Anna qui l’avait toujours soutenue et qui avait même tendance à vouloir la protéger aurait probablement été la personne la plus neutre pour la conseiller et la remettre sur le droit chemin. Après tout, elle partageait quelques antécédents avec Wyatt et contrairement à ce que la plupart de ses proches essayaient de faire indirectement, Anna ne tenterait pas de lui prouver que l’espoir subsistait entre le gynécologue et l’assistante du Journal. Elle lui aurait permis de faire une croix définitive sur leur relation, et peut-être qu’avec son aide Charlie s’en serait sortie plus facilement, aurait tourné la page avec plus d’aisance -un but qu’elle était encore bien loin de pouvoir toucher du doigt quand elle passait son temps à se lamenter sur son sort et à hurler son désespoir à la Terre entière.

Penaude, la brunette cligna plusieurs fois des yeux et détacha finalement son regard de la directrice de la Galerie qui, bien loin de se démonter face à son comportement puéril, l’attrapa sans ménagement et la traina jusqu’à son bureau de force. Trop ivre pour lui résister, Charlie la suivit sans broncher, consciente malgré tout qu’elle n’allait pas forcément passer le meilleur quart d’heure de sa vie. A leur arrivée dans le bureau, Anna claqua la porte derrière elles et la fit s’installer sur une chaise, ses gestes brusques trahissant sa colère et son impatience. Posant ses deux mains sur les rebords de la chaise de peur d’en glisser, Charlie fronça le nez à outrance et riva ses yeux sur le sol, honteuse.

La tempête Anna ne tarda pas à fondre sur elle et la brunette sursauta dès le premier éclat de voix. Alors qu’elle n’avait eu aucune difficulté à créer le divertissement de l’année au beau milieu de la Galerie, soudain elle était muette, incapable de prononcer le moindre mot. Baissant la tête davantage, elle ferma les yeux une seconde, sa tête bourdonnant de manière insupportable. Elle tentait de reprendre ses esprits, de se reconnecter à la réalité mais rien n’y faisait, un voile épais enveloppait ses pensées et en dépit de ses efforts, elle ne parvenait à le percer. Rouvrant finalement les yeux, elle fit la moue et haussa les épaules, ses yeux verts fuyant toujours ceux d’Anna. « Je crois que je me suis perdue, Anna » S’expliqua-t-elle finalement, sans une once de conviction cependant. « J’étais à la Pension, et pouf! voilà que je suis ici, dans ton bureau. Je dois être victime de blackouts, tu sais, comme Emily Thorne dans Revenge. Oui, ça doit être ça… ». Elle secoua la tête, les paupières closes à nouveau. « Je crois que je me suis perdue » Répéta-t-elle d’une voix brisée.
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MessageSujet: Re: 04. I’m not drunk, I’m just really awkward...    Mer 16 Avr - 23:51

Anna ne savait que trop bien ce qui se passait dans la tête de Charlie.
L'année dernière, presque à la même période, elle se trouvait dans une situation similaire.
Le cœur constamment serré, la colère aiguë et l'auto-destruction facile, à la différence près que tout (ou presque) était de sa faute à elle, Anna Preston, et qu'elle avait préféré se jeter sur les cupcakes et le Nutella plutôt que sur le rhum ou la vodka.
Mais elle connaissait cette sensation d'étouffer à chaque fois que le visage de l'autre envahissait votre esprit, la solitude permanente même entouré des personnes qui vous voulaient le plus de bien.
Elle regardait Charlie et se retrouvait 18 mois plus tôt.

Un bruit de pas se fit entendre derrière la porte, sans doute J.J qui venait assister à l’exécution de plus près, et qui repartait, déçu ou soulagé de ne rien entendre.
Manque de bol pour lui, après son premier éclat de voix, la galeriste restait maintenant silencieuse, assise sur le bord de son bureau, ses bras tendus derrière elle la maintenant dans un appui précaire, attendant ou espérant une réaction de la part de Charlie. Définitivement pas celle qu'elle venait d'obtenir cependant.
Confuse et alcoolisée, la journaliste en herbe s'enfonçait un peu plus dans son tourbillon infernal et Anna perdait son sang-froid.

-Perdue ? C'est ce que tu appelles perdue ? Charlie !!!! Moi j'appelle ça ivre, droguée, dépendante, décadente, tout ce que tu veux, sauf perdue !!!

Elle aurait voulu ne pas avoir crié. Prendre son amie dans ses bras, lui dire que tout allait s'arranger, que la douleur s'estomperait avec le temps. Mais même Lexie dans ses pires crises adolescentes ne l'avait jamais autant poussée dans ses retranchements et elle se trouvait pour la première fois de sa vie démunie. Sa sœur faisait tout dans la bonne humeur et le cœur assuré de jours meilleurs, que ce soit rompre avec son petit ami du moment ou se disputer à mort avec Emilia Preston... La consoler était presque un plaisir, parce que son aînée savait qu'elle finirait toujours par trouver les mots ou les gestes pour la voir repartir confiante et apaisée.
Non, décidément, trop de choses en Charlie et son chagrin d'amour faisaient écho en elle et Anna ne savait finalement plus très bien si c'était une si bonne idée que ça de l'avoir enfermée dans la même pièce qu'elle et d'essayer de lui remonter le moral.
Regrettant d'avoir haussé la voix, Anna prit sa tête entre ses mains avant de poursuivre :

-Charlie, reprit-elle doucement, Charlie, je suis désolée. Je crois que tu as raison, tu t'es perdue. Mais pas seulement sur le chemin de la pension à la galerie...

Le visage de l'aînée des Preston était préoccupé. Elle attrapa le fauteuil de l'autre côté du bureau et le tira de manière à s’installer en face de Charlie. Elle lui saisit les mains.

-Et je ne crois pas que tout ça aie quoi que ce soit à voir avec les blackouts d'Emily Thorne, ajouta-t-elle avec un pauvre sourire. Charlie... Je crois que tu es simplement malheureuse... Malheureuse à vouloir en crever.

Submergée par le désarroi de celle qu'elle considérait comme sa petite soeur d'adoption, Anna soupira longuement.

-Je ne sais pas ce qui s'est passé avec Wyatt et je ne te demande pas de me raconter. Tout ce que je sais c'est que tu ne peux pas continuer comme ça, affirma la jeune femme en secouant la tête. Que tu veuilles le récupérer ou que tu aies décidé d'avancer sans lui, te mettre à mal toi n'est pas une solution, crois en mon humble expérience...

L'auto-destruction était un chemin bien trop facile et y prendre goût bien trop évident. C'était celui vers lequel elle revenait toujours, surtout lorsqu'elle venait à douter d'elle et donc de son couple. Jeter la pierre à Tim parce qu'elle était incapable de mener à bien ses rêves, se rapprocher de la mauvaise personne sous prétexte de mauvaises raisons, défendre la nouveauté parce que le quotidien demande trop de travail...
Anna n'était pas sûre d'arriver à grand chose dans ce bureau mais si elle pouvait faire réaliser à la petite brune que sa priorité absolue dans la vie devait être de s'occuper d'elle et de sauver sa peau, envers et contre tous, alors elle pourrait peut-être regarder le cas Anna Preston en face.
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MessageSujet: Re: 04. I’m not drunk, I’m just really awkward...    Mar 6 Mai - 14:12

Charlie était lâche. Lâche parce qu’elle préférait noyer son désespoir dans la boisson plutôt que d’affronter la réalité et tenter d’y faire face, lâche parce qu’elle n’essayait même pas de sauver les apparences et offrait à tous un spectacle pitoyable. La détermination qui l’avait toujours portée jusque-là semblait s’être envolée, à l’image de l’ambition dont elle avait été si fière autrefois. Elle avait changé. En l’espace de quelques mois à peine, elle était passée de la Charlie méfiante mais dynamique à la Charlie misérable sans une once d’optimisme. Anna avait sans doute raison de lui passer un savon, d’essayer de provoquer un électrochoc qui lui permettrait peut-être enfin de comprendre que fuir la réalité n’était pas une solution et qu’au contraire, cela l’éloignerait de plus en plus de ses amis. Or elle n’avait plus qu’eux dans sa vie. Le futur qu’elle avait imaginé aux côtés de son gynécologue n’était à présent plus qu’une illusion lointaine, elle ne prenait plus le moindre plaisir à travailler au Journal ni même à lancer des piques à Jordan Avery, et sa famille… sa mère avait beau être de retour à Lima depuis le début de l’année scolaire, elle ne la voyait que très rarement. Ses amis en revanche avaient été là pour elle depuis le début. Ecaterina l’avait accueillie chez elle sans hésiter, Lexie avait pris la relève quelques semaines plus tard, Ryder avait rapidement oublié leur querelle le soir d’Halloween pour prendre de ses nouvelles, et même Anna, qui aurait pu tout à fait lui demander de quitter la Pension sur-le-champ à cause de son état, était restée muette et l’avait laissée vider la cave. Elle peinait à comprendre ce qui les poussait encore à l’aider alors qu’elle était au fond du trou mais force était d’admettre qu’ils ne lâchaient pas prise et qu’ils continuaient à lui tendre la main même lorsqu’elle n’avait plus le courage de l’attraper.

Avachie sur sa chaise, Charlie sursauta à nouveau quand Anna haussa le ton de sa voix et l’accusa d’être ivre. La journaliste battit des paupières une seconde, incertaine, avant de river son regard au sol d’un air abattu. Elle méritait cette leçon de morale. Elle méritait la colère d’Anna. Elle ne pouvait même pas blâmer son taux d’alcoolémie ; c’était elle qui s’était mise dans un état pareil, personne ne l’avait forcée à avaler tous ces shooters de tequila. Tout était de sa faute et elle se sentait mal, si mal… La gorge nouée, elle se mordilla la lèvre inférieure, son regard évitant toujours soigneusement celui de l’ainée Preston. « Je suis perdue » Murmura-t-elle une dernière fois. Elle ne faisait plus référence à son arrivée accidentelle à la Galerie, mais bien à son état d’esprit actuel, cette confusion qui la rongeait de l’intérieur depuis des semaines, ce sentiment d’être complètement perdue et de ne plus savoir comment faire pour aller de l’avant. Elle n’avait plus envie de rien, se réveillait chaque jour le cœur lourd et l’humeur maussade. Ce qui la passionnait auparavant ne parvenait même plus à lui rendre son sourire : elle suivait les répétitions des Second Chances sans grande ambition, caressait les cordes de sa guitare par simple nécessité, et boudait à la fois le punching-ball et les repas. Elle n’avait pas avalé un seul burger depuis des mois, ce qui plus que tout témoignait de l’état dépressif dans lequel elle se trouvait.

La voix d’Anna la ramena doucement à la réalité, et le ton qu’elle emprunta la poussa à relever les yeux. Penaude, elle planta son regard empli de désespoir dans le sien et acquiesça légèrement d’un signe de la tête. Sa tête continuait de bourdonner et les contours du visage d’Anna demeuraient incertains, mais les mots prononcés par son amie étaient quant à eux parfaitement clairs et lui allèrent droit au cœur. Quand la galeriste lui prit les mains, Charlie n’opposa pas la moindre résistance et poussa même un bref soupir de satisfaction, le contact physique l’apaisant. Pourtant, malgré ses efforts, elle ne parvint pas à retenir les larmes qui lui brûlaient les yeux, et quand Anna prononça le prénom de Wyatt, elle ne put réprimer un sanglot. Dégageant ses mains des siennes, elle les posa devant ses yeux afin de cacher son visage et prit de longues inspirations, tentant de se calmer malgré le trop-plein d’émotions qui la submergeaient. « Je suis désolée, Anna » Fit-elle en reniflant, ses larmes brouillant son regard. « Je ne sais pas pourquoi je fais ça… Je ne sais pas ce que je veux ». Ecartant ses doigts de ses yeux, elle plongea son regard dans celui de la galeriste et se recroquevilla davantage sur sa chaise. « Je n’ai pas envie d’être comme ça, c’est juste que… ». Elle secoua la tête, les larmes roulant désormais en continu le long de ses joues rosées. « J’y arrive pas… j’arrive pas à oublier ». Essuyant ses joues du revers de sa main droite, elle renifla une nouvelle fois. Ses yeux détaillèrent vaguement ceux d’Anna et elle fronça les sourcils. En son for intérieur, elle savait qu’elle pouvait se confier à elle ; malgré sa sempiternelle méfiance, elle avait toujours eu confiance en Anna. Elle ne la trahirait pas. « C’est la seule solution… je ne sais pas comment faire autrement. J’ai essayé… j’ai essayé et ça marche pas ». Se prenant la tête entre ses mains, elle baissa le menton et laissa libre court à ses émotions.
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MessageSujet: Re: 04. I’m not drunk, I’m just really awkward...    Dim 25 Mai - 14:30

Anna ne croyait pas à la magie, qu'elle soit noire ou blanche. Sa dernière (et malheureuse) expérience vaudou lui avait  causé plus de tracas à elle qu'à sa cible, elle n'avait jamais conjuré les esprits, mais plutôt sa sœur de cesser cette pratique inquiétante, et sa vague foi en une puissance supérieure s'arrêtait là où commençait sa liberté de faire la grasse matinée le dimanche matin.
Elle se rappelait pourtant avoir assisté à un rituel traditionnel africain un jour qu'elle était encore en Ouganda, mais malgré toute la bonne volonté des participants, elle n'en était pas ressortie convaincue. Certes la ferveur et l'engagement des protagonistes l'avaient touchée, mais elle avait du mal à considérer que de simples prières ou formules magiques puissent véritablement aider à guérir ou à s'attirer la bienveillance du destin.

Pourtant elle croyait au pouvoir des ondes, à la polarité, positive ou négative, que dégageaient les êtres humains. Combien de fois, marchant de méchante humeur vers la galerie, s'était-elle retrouvée avec un café infect, simplement parce que le pauvre serveur du Starbucks, sans doute impressionné par sa mine farouche, s'était emmêlé les pinceaux, volontairement ou non, dans sa commande ?! Et au contraire, combien de fois son air paisible et assuré lui avait-il garanti de signer les plus gros contrats du marché de l'art de l'Ohio ?!
C'était sans doute pour cela qu'elle s'évertuait à serrer les mains de Charlie aussi fort, cherchant à lui transmettre non seulement tout ce que son expérience lui avait appris des chagrins d'amour, mais aussi toute la force et la combativité qu'elle avait accumulé ces dernières années.
Ne pouvant prévenir, ni même empêcher les larmes de Charlie de couler à nouveau, Anna rapprocha son siège de celui de la jeune fille une fois que celle-ci se fut libérée d'elle pour laisser libre cours à son chagrin. La galeriste était incapable d'outrepasser ses limites de fille bien élevée et un peu coincée pour la prendre dans ses bras, mais elle se pencha un peu plus vers elle tandis que Charlie, au contraire, se recroquevillait sur sa chaise.
Lorsque les yeux de la petite brunette accrochèrent à nouveau les siens, Anna se sentit sincèrement désolée. Autant de dégâts et de tristesse pour un garçon tellement imbu de lui-même et insupportable.
Ce n'était pas sa place de juger Wyatt ou leur histoire à tous les deux, mais la féministe en elle s'offusquait de ce sempiternel schéma que subissaient les jeunes femmes : si elles n'étaient pas capables de garder un homme auprès d'elle et heureux, si elles laissaient leurs besoins et leurs envies reprendre le dessus, elle passaient pour des traînées, des cœurs de pierre, voire des frustrées, frigides et coincées.
L'amour pouvait être une chance, mais c'était dans certains cas un véritable poison.

"Tu n'as vraiment aucune idée de ce que tu veux?"demanda Anna un peu abruptement, bien décidée à ne pas laisser Charlie aller sur la voie de l'apitoiement. "Ou tu as peur de ne pas réussir avoir ce que tu veux?" Elle dévisagea son amie gravement avant de reprendre : "Et qui a dit que tu devais oublier ? Il me semble qu'au contraire, quoi que tu décides, quoi que vous décidiez, mettre de côté toute cette douleur serait une erreur. Si tu en es là, si tu ressens ce que tu ressens, c'est qu'il y a une bonne raison... Il suffit juste de trouver la clef pour comprendre pourquoi la douleur est là."

Un peu mal à l'aise devant ce débordement d'émotions, Anna se leva et partit en quête de mouchoirs et d'eau fraîche pour laisser à Charlie le temps de reprendre le dessus. Elle attrapa un paquet de kleenex traînant négligemment sur le bureau et secoua une bouteille en plastique qui contenait un fonds d'eau. Elle ne devait pas être de la première fraîcheur mais cela ferait l'affaire. Reprenant sa place devant la journaliste, elle prit soin d'humidifier un mouchoir avant de lui tendre le paquet et la bouteille, et elle commença à humecter doucement le front et les tempes de la jeune fille tandis qu'elle se rafraîchissait. Elle lui tendit le mouchoir mouillé avec un sourire.
"Si tu as essayé et que ça ne marche pas, il faut que tu trouves une meilleure solution. Si Wyatt est vraiment le fonds du problème, si tu as réglé tous les tiens, alors c'est par lui que tu dois commencer. Est-ce que tu, est-ce que... Vous vous êtes parlé depuis la séparation ?" La gorge d'Anna s'était nouée alors que remontaient à la surface des souvenirs douloureux. "Parfois il est bon de mettre sa fierté et ses certitudes de côté pour aller de l'avant..."
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