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 04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her

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MessageSujet: 04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her   Lun 17 Mar - 20:25

« Chaton c’est moi. Wyatt. Je sais que j’aurais dû te rappeler plus tôt. Il y a deux mois, ou trois. Et j’entends déjà tes remarques sarcastiques depuis ta messagerie, mais je suis désolé. J’avais besoin de faire le point. Bref, je n’ai vraiment plus de place pour tes Tupperware dans mes placards. Donc quand tu auras du temps, j’apprécierais que tu viennes les récupérer. Avec deux ou trois autres choses. » Rouvrant les yeux qu’il avait fermé en collant le téléphone à son oreille, le gynécologue reprit une profonde inspiration avant de finir son message pour sa rousse préférée —après sa sœur— en ville. « Tu m’as manqué Lexie. J’espère qu’on se verra bientôt. » Wyatt reposa en silence son téléphone portable sur la table en verre de son salon et passa ses doigts sur la tête de Brownie qui s’était roulée en boule sur ses genoux lorsqu’il s’était installé sur son canapé en rentrant de son jogging de milieu d’après-midi. Le chat qui ronronnait d’aise de ce moment d’attention rouvrit les yeux d’un air accusateur lorsqu’il cessa ses caresses et fit mine de vouloir se lever pour prendre une douche. Amusé par la réaction du félin qui semblait l’avoir définitivement adopté comme maître ces derniers mois, le médecin se rassit dans le fond de ses coussins pour prolonger la séance de câlins exigés. « Qu’est-ce que je vais faire de toi, hein ? » Même avant le départ de Charlie, Wyatt s’était attaché à l’animal, qui le lui rendait bien. Mais depuis qu’ils étaient seuls dans le grand appartement, son affection pour cette boule de poils n’avait fait que croître et il avait le plus grand mal à imaginer s’en séparer à présent. La chatte avait fait sien le côté du lit qui avait appartenu à sa maîtresse, elle l’attendait sagement sur le fauteuil qui faisait face à sa porte d’entrée chaque soir et se levait tous les matins avec lui. Une compagnie silencieuse de choix qui parvenait à l’apaiser un peu malgré le rappel permanent de Charlie qu’elle lui imposait. « Je ne vais quand même pas te rendre à Lexie avec les valises. » dit-il au chat comme si celle-ci était en mesure de comprendre les enjeux de la décision qu’il avait finalement réussi à prendre au milieu de sa routine sportive sur son rare jour de congé.

Il en avait fini avec les regrets. Il était fatigué de penser à ce qu’il aurait pu faire différemment, à ce qu’il aurait dû faire différemment pour sauver sa relation. Il voulait se résigner et aller de l’avant. Or s’il devait tirer une croix sur Charlie Watson-Brown, la première chose pour s’y préparer était sans doute de lui rendre les affaires qu’elle avait laissé derrière elle. À l’exception de son chat, donc. Il était grand temps de prendre des mesures puisqu'il savait pertinemment qu’elle ne voulait plus rien avoir à faire avec lui. Pas une seule fois elle n’avait appelé ou donné signe de vie. Pas plus que lui, soit. Jamais leurs chemins ne s’étaient croisés depuis novembre, alors qu’il s’était une fois ou deux aventuré du côté de l’association de sa sœur où il avait entendu dire que les Second Chances répétaient à présent, sans succès. La seule fois où il aurait pu la revoir, lorsque Ecaterina avait fait appel à lui pour venir les chercher au milieu de nulle part alors que leur voiture était en rade, son ex-petite amie avait préféré fuir dans la neige que de passer vingt misérables minutes en voiture avec lui. Le message était clair. Pourtant il avait encore eu besoin de temps pour se décider. Chaque fois qu’il ouvrait le côté de son dressing où les vêtements de la jeune femme étaient toujours rangés, il se laissait happer par le vide qu’elle avait laissé dans sa vie en disparaissant du jour au lendemain. Il n’en était tout de même pas à déplier ses t-shirts pour y chercher les dernières traces de son odeur familière, mais il devait avouer qu’il avait rarement été aussi pathétique. Et ça ne lui ressemblait pas. Il ne faisait pas partie de ces êtres d’émotions qui ne vivent que d’une crise à l’autre en se nourrissant de leur propre malheur. Il était cynique, rationnel, distancier. Il pesait toujours soigneusement ses décisions selon ses intérêts et avait en sainte horreur les déballages de sentiments. Il était devenu ami avec Tate Bartowski pour l’amour de Dieu. Et pourtant…

Mettant cette fois un terme à sa séance de ronron thérapie malgré les protestations griffées de Brownie, Wyatt ôta son t-shirt qu’il jeta au linge sale par la porte ouverte de la salle de bain, se dirigeant d’un pas décidé vers ses placards. Tirant les valises de Charlie du fond de la penderie, il repoussa fermement l’image de la choriste tirant sa valise à travers l’aéroport de Paris, se retournant vers lui pour lui adresser un sourire rayonnant par dessus son épaule. Plus facile en théorie qu’en pratique. Il la voyait assise sur sa valise pour la fermer la veille du départ, trépignant d’impatience à l’idée de passer des vacances dans la ville de ses rêves. Il la voyait tirer tous les hauts qu’elle avait emmenés pour les lui soumettre avant de partir se promener. Et il se revoyait confisquer les hauts pour remettre à plus tard la tâche de se vêtir. Passant les deux mains dans ses cheveux roux en bataille, Wyatt poussa un profond soupir avant de se relever pour ouvrir la porte coulissante et attraper la première pile de jeans qui lui passait sous la main. À mesure qu’il remplissait les sacs de toutes ses affaires, vêtements, chaussures, bijoux, le gynécologue ne pouvait pas nier le nœud qui tiraillait ses entrailles. Il le faisait pour son propre bien. Parce que ce n’était pas sain de garder des affaires à elle dans un appartement où elle ne remettrait sans doute jamais les pieds. Parce qu’il ne pouvait pas aller de l’avant tant qu’il aurait son tube de rouge à lèvres sous les yeux chaque matin. Parce qu’il ne pouvait pas concevoir de ramener une femme ici tant qu’elle n’en serait pas totalement sortie. Et il avait besoin de se prouver qu’il pouvait revenir à sa vie d’avant. À des histoires sans avenir. Sans problème. Sans Charlie. Megan Morgan avait au moins eu raison sur un point. Il allait être contraint de la revoir aux compétitions. Et il comptait bien préserver son cœur.

La sonnette de l’entrée le tira de sa tâche qu’il accomplissait de manière mécanique, s’imposant un rythme effréné pour ne pas avoir à se confronter aux souvenirs que chacun de ces objets évoquaient. Le gynécologue resta un instant accroupi face aux valises, sourcils froncés. Il n’attendait personne aujourd’hui. Et il n’était vraiment pas d’humeur à recevoir la parole de Jésus si des Témoins avaient encore réussi à s’infiltrer dans l’immeuble. C’était à se demander ce que le portier faisait de ses journées. Poussant sur ses cuisses, le gynécologue décida de passer outre le t-shirt pour renvoyer son visiteur inopiné là d’où il venait le plus vite possible. Avant qu’il ne faiblisse et n’abandonne la première étape de son plan pour se libérer de l’emprise de Charlie Watson-Brown. C’est donc pieds et torse nus, son pantalon de jogging tombant dangereusement sur ses hanches que Wyatt ouvrit la porte, prêt à chasser quiconque venait perturber son rituel. Son expression froide et fermée fondit néanmoins comme neige au soleil lorsqu’il se retrouva nez-à-nez avec Lexie Preston, dans toute sa splendeur. Ses sourcils haussés par la surprise, il oublia un instant sa tenue et prit dans ses bras sa meilleure amie. Relâchant son étreinte, il recula d’un pas pour laisser la jolie rousse entrer. « Je ne m’attendais pas exactement à te voir aujourd’hui, chaton. Mais je suis ravi. Surpris, mais ravi. »
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MessageSujet: Re: 04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her   Mer 19 Mar - 22:48

« Je pense vraiment que les travaux de cette jeune fille sont parfaits pour ce que vous souhaitez. Bon, je ne vais pas vous mentir... » Lexie se pencha au dessus du comptoir, pour s'adresser à sa cliente dans la confidence « Ses prix sont assez élevés pour une artiste aussi peu reconnue. Mais, elle en vaut la peine et elle le sait, que voulez-vous, c'est le prix de la nouveauté » Elle rejeta la tête en arrière pour rire légèrement et adresser un clin d'oeil famlier à son interlocutrice. Cette femme d'une quarantaine d'années était déjà venue plusieurs fois à la boutique et avait fait des achats ponctuels. Mais cette fois, c'était dans l'optique de redécorer entièrement le salon de sa maison principale à Chicago, où elle travaillait depuis plusieurs années comme styliste, qu'elle s'était rendue dans la petite galerie de sa ville natale qu'elle affectionnait tant. Mrs Roberts s'était maintes fois répandue en effusions sur combien cela lui faisait plaisir de voir enfin Lima se doter d'un capital culturel digne de ce nom. Riche, devenue hipster pour s'accrocher désespérément à la jeunesse et ne pas voir son monde s'écrouler, prête à tout pour faire mieux que ses pseudo amis du milieu, c'était une cliente idéale. Jamais elle n'avait hésité à signer un gros chèque et la rouquine avait été tenté plus d'une fois d'en abuser. Et finalement, maintenant que faire du chiffre était devenu plus vital que jamais, Baby Preston avait cédé à ses plus mauvais instincts. Ils ne gagnaient qu'environ cinq cent dollars de plus avec cette semi arnaque et enrichissaient au passage l'artiste qu'ils représentaient, ce qui permettait à la galeriste de laver quelque peu sa conscience. Mais elle n'en éprouvait pas moins une légère culpabilité à profiter de la naïveté et des faiblesses de sa cliente, par ailleurs relativement sympathique quoiqu'un peu arrogante. « Oh mais ce n'est rien, vous savez, si je faisais une commission pareille à Chicago j'en aurais pour bien plus. Quand je pense que mon voisin a été jusqu'à New-York pour acheter un tableau pour son studio, imaginez un peu ce que ça a dû lui coûter ! » Très franchement, Lexie préférait ne pas imaginer combien cette galerie là avait empoché sur le dos de ce brave homme. Cela ne faisait que lui rappeler combien son business était peu viable et la poussait à se demander ce que sa vie serait devenue, si elle avait vendu la maison et la warehouse et s'était installée à Londres avec JJ et Anna. Elle servit néanmoins son sourire le plus commercial à la cliente et prit le parti de l'ironie « Ah ça, on ferait fortune si on appliquait les tarifs d'escroc de NY ou LA. » Ce qui n'était certes pas entièrement faux. « Vous faites une affaire avec nous Mrs. R ! Je vous laisse consulter le livret et choisir ce que vous préférez, mais à mon avis on tient la gagnante. » Du moins l'espérait-elle, car la londonienne en avait assez d'écumer les artistes prétentieux du coin pour en trouver un qui convienne à madaaaame. Elle laissa donc la styliste feuilleter les travaux de ce jeune talent et s'apprêta à se diriger vers deux jolies jeunes filles qui fixaient depuis de longues minutes une des oeuvres exposées. Le thème St Valentin marchait peut-être sur ces deux donzelles, qui sait.

Néanmoins, elle fut prise au dépourvu par un JJ sauvage qui sortit subitement du bureau et lui barra la route. Les propos de la jeune Harper à propos de son vieil ami lui revinrent en mémoire. Gentil mais pervers. Elle soupira et échangea un regard entendu avec Joachim, qui lui adressa son sourire le plus charmeur. Lexie J. leva les yeux au ciel, le temps où cela aurait pu marcher sur elle était révolu depuis des lustres. Avant de fondre sur les pauvres innocentes, il eu néanmoins la courtoisie de lui signaler qu'elle avait eu un appel. Evidemment, il n'avait pas décroché pour prendre directement un message, il avait préféré laisser sonner. « Lire mon courrier ne te pose pas de problèmes, mais prendre mes appels, c'est trop réducteur pour toi? » Il marmonna une vague réponse, comme quoi c'était une carte postale, une fois et qu'il n'était pas un secrétaire mais un entrepreneur. « Ouais c'est ça, va donc entreprendre. Et essaie au moins de leur vendre quelque chose. » Après avoir adressé un sourire rassurant à la vieille Roberts, la rouquine prit donc la direction du bureau, où traînait son téléphone. Et qu'elle ne fut pas surprise quand George lui signala que non seulement l'appel venait de Wyatt Pillsbury - aka son ami fantôme - mais qu'il avait en plus de ça laisser un message. Ca devait être Noël en retard. Elle pesa un instant l'idée de le faire mariner une bonne semaine avant de rappeler mais sa curiosité était bien trop grande, tout comme son envie - quasi désespérée à ce stade - de savoir ce qu'il advenait du gynécologue. Le message vocal lui arracha un semblant de sourire, mais fit également naître en elle une détermination sans pareille. S'il l'appelait, c'était sans doute qu'il avait du temps libre, donc qu'il était chez lui. Elle pouvait y être en à un peine un quart d'heure de marche à pieds soutenue.

Baby Preston enfila son manteau et fila droit vers la sortie, sous le regard interloqué de sa cliente comme de son collègue. « Excusez-moi, c'est une urgence personnelle. Rien de grave, mais je dois filer. Ne vous en faites pas Mrs R, Joachim s'occupera très bien de vous. » L'intéressée n'avait pas l'air déçue pour un sou d'être confiée aux bons soins du britannique, qui n'eu pas franchement le temps de riposter. La tempête rousse fila donc à travers la ville, effectuant le trajet de The Gallery à l'appartement en centre-ville de son ami plus vite qu'elle ne le ferait jamais. Motivée à la fois par une certaine colère et l'envie de le revoir, elle entra dans l'immeuble quelque peu essoufflée, sous le sourire bienveillant du portier. Il semblait l'avoir reconnue, du temps où elle fréquentait plus que régulièrement les lieux. Cela voulait peut-être dire que Wyatt ne l'avait sans doute pas complètement effacé de sa mémoire non plus. La jeune galeriste s'accorda une brève pause sur le palier, où elle déboutonna sa veste, lissa sa robe-de-business-woman émeraude du plat de la main, tenta de remettre en place sa chevelure ébouriffée par ce trajet ultra efficace, puis appuya enfin sur le bouton de la sonnette. Elle retrouvait son souffle et son esprit tournait à vive allure pour essayer de trouver la meilleure manière d'aborder ces retrouvailles. Son meilleur ami vint finalement lui ouvrir, dans un attirail des plus négligés et visiblement surpris de sa prompte venue. Il la serra dans ses bras et elle lui rendit spontanément son étreinte. Il l'invita finalement à entrer d'un geste, non sans tenter de l'amadouer en lui faisant part de son ravissement quant à sa présence.

Sans se faire prier plus longtemps, elle entra d'un pas vif dans l'appartement qu'elle connaissait si bien, les talons de ses bottines claquant sur le sol. Lexie se délesta de son manteau qu'elle jeta sur le dos du canapé, non sans se douter que cela agacerait le maniaque qu'était Wyatt. Elle se tint face à lui, bras croisés contre sa poitrine et sourcils froncés, prenant son air le plus sévère possible. « Ravie de voir que tu es vivant et apparemment en bonne santé. Non parce que, comme je n'ai pas eu de tes nouvelles depuis genre six mois, je ne pouvais pas trop savoir. T'aurais pu te faire renverser par un bus ou rejoindre une secte, pour ce que j'en sais. En plus, tu change de secrétaire tous les trois jours, alors je n'ai pas réussi à établir suffisamment de confiance avec elles pour savoir ce que tu faisais de tes journées. Il y en a quand même une qui m'a dit que tu lui avais donné mes cupcakes. Je sais pas à quoi tu joues Pillsbury, mais t'es vraiment un connard. Je m'inquiétais. Je m'inquiète toujours d'ailleurs, puisque que mes amis sont des imbéciles. » Son discours se faisait de plus en plus incohérent, alors qu'elle cherchait à exprimer tout ce qu'elle voulait lui dire depuis des semaines en un seul monologue. Bien malgré elle, ses yeux devenaient humides, mais elle lutta activement contre la moindre larmichette et continua son laïus décousu, la voix nouée, pointant un doigt accusateur vers Wyatt « C'est toi l'adulte responsable je te rappelle et les gens raisonnables ne laissent pas leur amis en plan pendant des mois sans leur dire comment ils vont, bordel de merde ! » La vulgarité semblait de mise au vu des circonstances ou bien était-ce Charlie qui finissait par déteindre sur elle. Charlie... Quelque part dans sa cervelle agitée, la rouquine savait que ce n'était pas une bonne idée d'aborder le sujet sensible de la jeune journaliste. Aussi elle se contenta d'avancer vers son ami, profitant des quelques six centimètres de bonus que lui conféraient ses chaussures pour le regarder de haut et lança de son ton le plus menaçant possible « Ne me refais jamais un coup pareil. » Elle s'adoucit un peu avant d'ajouter « Vous allez me rendre folle hein. » et de serrer Wyatt contre elle aussi fort que possible. Les yeux fermés, elle ravala pour de bon ses larmes et chuchota « Tu m’as manqué lapin. » Et ils avaient beaucoup à se dire.
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MessageSujet: Re: 04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her   Ven 21 Mar - 19:10

En laissant Lexie Preston pénétrer dans son appartement, le gynécologue savait que c’était prendre le risque d’y faire entrer une tornade qui aurait vite fait de balayer toutes ses convictions durement acquises sur ce dont il avait besoin pour avancer. La galeriste avait toujours eu un avis sur tout, et elle ne s’était jamais privée de le partager. Il aurait donc été étonnant qu’elle n’ait pas son mot à dire sur sa rupture avec Charlie dont elle était elle-même très proche, ou plus simplement sur le silence radio qu’il lui avait imposé depuis Halloween. Et si la rousse n’avait pas encore ouvert la bouche, sa démarche déterminée qui résonnait sans doute dans tout l’immeuble en dépit de l’insonorisation et l’air de défi avec lequel elle se débarrassa de son manteau lui indiquaient qu’il ne s’en sortirait effectivement pas sans une bonne leçon de morale. Ce n’était pas exactement ce dont il avait besoin à cet instant, et venant de toute autre personne, le gynécologue se serait déjà braqué ou aurait remercié son visiteur sans plus de cérémonie, mais une leçon de la cadette Preston, ça ne comptait pas vraiment. Plus jeune que lui de presque sept ans, la jeune femme avait toujours tenu à montrer qu’elle ne se laisserait pas impressionner par le médecin, et qu’elle ne cèderait jamais sans se battre, même s’il avait raison.
Lorsqu’il l’avait aperçue à la Gallery pour la première fois, il avait bien sûr été d’abord séduit par sa plastique et sa chevelure rousse qui n’avait pas échappé à son regard aiguisé, mais le véritable ciment de la relation qu’ils entretenaient aujourd’hui avait tout à voir avec ce tempérament de feu. Dès le départ, elle avait joué cartes sur table, laissant au placard la fausse pudeur concernant leur accord d’amitié avec bénéfices pour profiter pleinement de ce qu’il pouvait lui apporter sans chercher à en avoir plus. Plus souvent qu’à son tour, elle aurait même voulu en réclamer moins, et rabrouer l’éducation de gentleman de Wyatt qui ne transigeait pas sur la galanterie, aussi triviale soit la relation qu’ils entretenaient. Combien de fois avait-il dû user de ruse pour régler la note lorsqu’il l’emmenait dîner, attendant qu’elle se soit excusée pour aller aux toilettes, ou laissant sa carte en arrivant ? Combien de fois l’avait-il entendue clamer qu’elle était libre et libérée et qu’elle ne tolèrerait pas d’être entretenue d’une quelconque manière alors qu’elle pouvait parfaitement payer sa propre nourriture, ou sa place de cinéma ou n’importe quelle autre bêtise qu’il considérait comme relevant de son devoir malgré la nature de leur relation ? Bien trop pour pouvoir les compter. Mais en dépit de leurs points de vue assez radicalement opposés, il lui trouvait un côté terriblement attachant lorsqu’elle s’embarquait dans l’un de ses monologues sur le pouvoir des femmes. Ce qui ne faisait en général qu’alimenter sa colère contre lui quand il se comportait de manière trop alpha à son goût et se réglait par une reddition apparente du médecin qui n’avait jamais essayé de lui imposer ses préférences mais n’avait rien changé de ses habitudes.

Réprimant le sourire qui arquait déjà les coins de sa bouche, Wyatt oublia un instant le terrain miné sur lequel ils risquaient de s’engager et glissa ses mains dans les poches de son jogging, détaillant avec délice l’expression stricte de son amie qui se préparait à le hacher menu. Malgré la culpabilité réelle qu’il ressentait à l’idée d’avoir été égoïste pendant tout ce temps, en ignorant les nombreuses tentatives de la galeriste d’entrer en contact avec lui, ses exagérations dramatiques eurent d’abord pour effet d’apaiser son esprit. Tant que Lexie était capable de faire vibrer sa corde shakespearienne, tout irait bien. Il n’en demeurait pas moins qu’elle avait toutes les raisons du monde d’être furieuse après lui avec le traitement qu’il lui avait imposé. Du jour au lendemain, elle était passée du statut de confidente à celui de repoussoir numéro un, parce qu’il savait que malgré le caractère relativement sociable de Charlie, la liste des personnes vers qui elle se tournerait pour se reprendre après leur séparation était assez courte, et en tête de ses soupçons se trouvaient Ecaterina Robertson et Lexie Preston. Or au lendemain de ce qu’il était contraint d’admettre comme la soirée la plus difficile de sa vie, il n’avait pas la force de s’entendre dire qu’il avait brisé le cœur de la journaliste, que tout était de sa faute, et qu’elle ne pourrait jamais lui pardonner son comportement. Au fond de lui, Wyatt savait que jamais Lexie n’aurait agi de la sorte, mais la raison objective n’avait pas été sa principale alliée et il avait préféré se replier sur lui-même pour panser ses plaies, ignorant donc la jolie rousse et la menace qu’elle représentait pour son cocon de déni.
Son journal d’appels de novembre avait explosé de messages qu’il supprimait sans écouter et de coup de fils de la jeune femme qu’il laissait sans réponse, à la clinique, à l’hôpital, à l’appartement, sur son portable, aucun numéro n’avait été épargné et elle n’avait commencé à se lasser qu’au bout d’une période qui avait semblé infinie à Wyatt. Les secrétaires s’étaient succédées, toutes plus incompétentes les unes que les autres, mais toutes avaient au moins été capables de noter les messages de Lexie, ou de réceptionner les Tupperware de cupcakes et autres denrées sucrées dont elle avait essayé de le gaver sans toutefois la laisser passer. Peut-être parce qu’il les amadouait lui-même avec ces pâtisseries dont il n’avait pas la moindre envie alors qu’il s’enfermait dans une routine terne qui n’était plus égayée que par la présence réconfortante de Ruby. Il savait que ce n’était qu’une question de temps avant que Lexie ne se lasse, et même s’il s’était persuadé qu’elle ne lui ferait peut-être pas reproche de tout ce qui s’était passé avec Charlie, il n’en avait pas plus envie d’affronter sa vérité, qu’elle ne manquerait pas de lui servir sur un plateau d’argent. Il ne voulait pas de l’espoir qu’elle risquait de représenter en lui jurant que tout pouvait encore changer avant d’avoir lui-même tiré un trait définitif sur son ex-petite amie. Et il avait mis beaucoup plus de temps que prévu à y parvenir.

Contrairement à tous les scénarios catastrophes qu’il s’était figurés et avaient alimenté sa détermination à garder Lexie en dehors de sa vie, aucun des reproches qu’elle lui adressait ne semblaient tourner autour de la soirée d’Halloween. Il serra néanmoins les dents face à la crudité de ses paroles, doublées d’une émotivité inhabituelle chez la jeune femme qui compensait visiblement son trouble en se grandissant de toute la hauteur de ses talons pour se redonner de la contenance. Sa culpabilité remonta en flèche alors qu’elle l’écrasait contre elle de toutes ses forces, tout humour ayant déserté ses traits, et le gynécologue l’entoura doucement de ses bras en lui chuchotant en retour : « Je suis désolé. » Lissant tendrement ses cheveux d’une main pour l’apaiser en la gardant pressée contre lui, Wyatt s’accorda un instant de silence pour passer outre la référence probable à celle dont il ne voulait pas mentionner le nom, qu’il n’avait malheureusement pas manquée. Il ne voulait pas savoir pourquoi elle la rendait folle. Il n’avait absolument aucune envie de savoir si les rumeurs qui couraient sur la nouvelle relation entre Charlie et la bouteille étaient fondées. Rien de ce qui la concernait de près ou de loin n’avait d’intérêt pour lui. Se détachant de la jeune femme, il força cette fois un mince sourire sur ses lèvres en la maintenant à bout de bras. « Ce n’est peut-être pas le moment de briser une scène si dramatique, mais je crois que ce genre de conversation appelle tout de même le port d’un t-shirt quelconque. » plaisanta-t-il en passant le revers de son pouce sur sa pommette avant de reculer pour lui laisser de l’espace et disparaître dans sa chambre. Ses yeux se posèrent sur les valises toujours ouvertes et à moitié remplies mais il les enjamba et repoussa la glace coulissante de son dressing pour faire disparaître les affaires de Charlie et choisir un t-shirt uni.
Il referma précautionneusement la porte de la suite en revenant dans le salon, préférant ne pas aborder tout de suite la question des “deux ou trois choses” supplémentaires qu’il comptait lui confier et se dirigea droit sur le canapé où trônait toujours Brownie qui épiait désormais leur invitée. « Bien. Comme tu as pu le voir, pas de cicatrice de collision avec un bus, je jure que je ne suis pas tombé dans le fanatisme religieux, et je suis navré de t’annoncer que si j’avais ingurgité moi-même tes cupcakes je ne rentrerais plus dans ce t-shirt. » posant ses coudes sur ses cuisses, Wyatt chercha le regard de la jeune femme en tâchant de maintenir un sourire un peu trop triste pour être rassurant. « Tu n’as pas à t’inquiéter pour moi Lex’. Après tout, c’est moi l’adulte responsable, hein. Il m’a fallu un peu de temps pour être raisonnable, mais c’est fini. » Sa poitrine se serra contre son gré et il déglutit de manière plus audible qu’il ne l’aurait souhaité. « C’est fini, et il est temps de te rendre ton précieux stock de boîtes. Je suis d’ailleurs très impressionné par tant de diversité. »
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MessageSujet: Re: 04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her   Sam 22 Mar - 18:27

Oh, il était désolé. Voilà qui balayait les mois de silence absolu et d'inquiétude tenace. Lexie avait certes exagéré, succombant à ses penchants mélodramatiques, comme à chaque fois qu'une situation devenait un peu trop intense. Elle ne savait pas gérer ses émotions autrement qu'en les exprimant avec force de gestes et de tirades rocambolesques, ponctuées d'hyperboles et de métaphores douteuses. Contrairement à ce qu'avait pu penser certaines de ses fréquentations, la jeune Preston ne faisait pas dans le déballage sentimental pour que l'on prête attention à elle, pour être remarquée. Pour être entendue, certainement. Sans doute que la carapace de sa soeur l'avait poussée à s'exprimer pour deux, sachant aussi qu'il était difficile d'atteindre le coeur d'Anna sans tambouriner à la porte. Il existait une foule de facteurs qui faisaient que Lexie Antonia Jane Preston était une drama queen confirmée et elle avait décidé il y a longtemps de ne pas y remédier. Elle était comme elle était et ceux à qui cela ne plaisaient pas n'étaient vraiment pas obligés de rester en contact. Arrogante, grandiloquente, passionnée, bruyante. Chiante. Lexie était chiante et le savait pertinemment. Mais, à ses yeux, ce n'était pas une raison suffisante pour que Wyatt Pillsbury coupe les ponts, au moment où il avait indubitablement le plus besoin de sa douce folie dans son existence. Bien sûr, il était loin d'être sorti du même moule que la grande rousse et leur différence d'âge pouvait parfois s'avérer significative, mais elle avait néanmoins eu l'audace de penser qu'elle serait quelqu'un vers qui le prétentieux docteur se tournerait en ces temps difficiles. Qu'il lui faille du calme et du temps pour lui avant de se sentir prêt à lui parler, elle pouvait le comprendre. Si elle n'était pas spécialement calme, patiente et silencieuse, elle avait eu des années d'expérience avec des personnalités plus secrètes et introverties que la sienne. Mais il y avait un monde entre s'autoriser quelques jours de solitude pour faire le point et renier ses amis les plus proches pendant des mois. Et la pilule était difficile à avaler pour Baby Preston, non sans un certain égoïsme d'ailleurs. C'était sa confiance qui était mise à l'épreuve après tout. Toutefois la londonienne avait mûri - un peu - et était capable de concevoir que cela n'avait rien à voir avec elle et qu'il n'avait nullement eu l'intention de la blesser. Cela ne voulait pas dire qu'elle excusait entièrement son attitude, après tout, elle avait passé des semaines avec cette petite appréhension dans un coin de sa tête, déjà bien trop remplie de préoccupations. Elle avait beau vivre avec Charlie depuis décembre et être largement occupée par l'alcoolisme saisonnier qui s'était emparée d'elle, couplée à tous les syndromes de la dépression, cela ne voulait pas dire qu'elle avait oublié Wyatt. Bien qu'avec moins d'insistance, elle avait continué à essayer de le joindre et il ne se passait pas un jour sans qu'elle ne se tracasse de son bien-être. A qui parlait-il? Que faisait-il? Comment allait-il? La rouquine connaissait assez bien son ami pour déduire qu'il s'était plongé corps et âme dans son travail et s'occupait activement pour ne pas penser à son ex. Ce qui impliquait sans doute une implication nouvelle dans sa chorale et donc auprès de cette fameuse Ruby, dont Watson-Brown ne faisait pas exactement l'éloge après quelques verres de vin de trop. Toute cette histoire était absurde. Nourrie de quiproquos, de mauvaise communication, de jalousie et de fierté mal placée. Les torts étaient amplement partagés. Si cela n'avait pas été le cas, Lexie aurait sans hésité pris le parti qui méritait d'être soutenu mais, en l'occurrence, les choses n'étaient pas si simples.

Elle soupira légèrement alors qu'ils relâchaient leur étreinte, en partie pour éliminer toute envie de pleurer et en partie pour exprimer au mieux ses sentiments vis à vis de ces plates excuses. Elle savait toutefois que de la part d'un individu comme Wyatt Pillsbury, c'était une phrase précieuse et lâcha donc l'affaire. Il y avait plus important à traiter. La jeune galeriste esquissa un sourire, non sans se permettre une petite tape sur l'épaule de son ami, quand il se retira pour trouver une tenue plus décente. Bon. Ca aurait pu plus mal se passer. Elle s'approcha du canapé, avec l'intention de s'y laisser tomber avec une effusion toute dramatique, mais un feulement se fit entendre et une petite tête poilue la fixa. La rouquine s'immobilisa brusquement et rendit son regard à la créature, partageant sa curiosité et sa méfiance. Depuis quand Wyatt avait-il un chat? Puis, elle reconnut la bête. Brownie. Oh... L'image de son meilleur ami contemplant l'animal, douloureux rappel de l'absence de Charlie, s'imposa à son esprit et lui procura un pincement au coeur. Ce grand appartement lui avait toujours semblé triste, jamais vraiment rempli, surtout en comparaison avec sa maisonnée encombrée. Elle avait d'ailleurs trouvé excellente l'idée d'emménagement de ses amis, la jolie brune était la personne idéale pour donner un peu de vie à ces pièces design, tout droit tirées du catalogue d'une agence immobilière de luxe. Le départ de la jeune femme avait dû laisser un vide encore plus grand. Lexie tenta de s'approcher du chat, mue par cet instinct enfantin qui pousse à caresser tous les animaux mignons, mais Brownie alla se poster à l'autre bout du canapé, avec ce que la rouquine identifiait comme un air hautain. « Me regarde pas comme ça hein, je connais deux, trois traiteurs chinois qui diraient pas non à de la chair fraîche. » Elle échangea un regard mauvais avec la bestiole, qui de toute manière ne l'avait jamais trop aimée. Comme la plupart des chats d'ailleurs, créatures d'ego et de mesquinerie.

Le propriétaire des lieux - et de la bête désormais? - refit rapidement surface et alla s'installer près de l'animal peu docile et reprit la conversation là où ils l'avaient laissé. Lexie offrit un sourire sarcastique au gynécologue quand il lui assura que ni secte, ni bus n'avaient croisé sa route. Imbécile. Elle tenta une nouvelle approche pour s'asseoir à ses côtés et fit déguerpir Brownie d'un geste rapide de la main. Ce n'était pas pour faire preuve de cruauté envers nos amis les bêtes, mais la britannique était incapable de se concentrer ou de se détendre avec cette arme griffue qui la menaçait. Le chat continua à l'épier depuis l'autre bout de la pièce, s'assurant sans doute que cette intruse ne ferait de mal ni à son nouveau maître, si à son canapé, mais la jeune femme se sentit tout de même plus à l'aise. Elle ne retint donc pas un ricanement en entendant la réplique de son ami. Ultra convaincant. « Non bien sûr, tu te portes clairement comme un charme. D'ailleurs, si je puis me permettre, c'est si tu continue à forcer sur les pompes que tu rentreras plus dans tes T-shirt hein. » Il n'était pas bien difficile de remarquer que le docteur avait pris du muscle, surtout après qu'il ai ouvert la porte torse nu. Il n'avait jamais été un gringalet mais était plus du côté finement dessiné, qui ne se remarque pas forcément tout de suite, de la force musculaire. Sans doute une énième échappatoire pour ce garçon qui, décidément, allait très bien. « Pas de ça avec moi lapin. On ne se retrouve pas après des mois pour que tu me serve les salades que tu déverse à tout le monde et dont tu finis par te convaincre. C'est moi. Et tu ne me mens pas. » C'était le fondement même de leur amitié. Ils avaient toujours été honnêtes l'un envers l'autre, exprimant clairement ce qu'ils voulaient ou non, ce qu'ils attendaient de leur relation. Il y avait eu quelques éclats, le tempérament enflammé et spontané de Baby Preston ne s'accordant pas toujours aux usages d'un autre temps qui animaient parfois son meilleur ami. Mais il n'y avait pas de non-dits et de secrets qui revenaient leur exploser au visage. Ca avait toujours été le deal, dès l'instant où elle avait accepté ses avances, pas franchement subtiles par ailleurs. Et elle espérait bien que ça n'avait pas changé. « T'as le droit de pas vouloir en parler. Ou me parler. Mais n'essaie pas de me faire croire que tout va bien et que je suis juste venue ramasser trois Tupperwares. Parce que si c'est le cas, tu peux te les garder et je m'en vais tout de suite. » Il n'était pas question qu'elle subisse ses simagrées et que leurs rapports futurs ne soit qu'un écho de leur lien si particulier.

Lexie était loyale, encourageante et présente, prête à beaucoup pour ceux qu'elle aimait. Cela faisait d'elle une très bonne amie, pour peu que l'on s'accommode de ses élans shakespeariens et de la suite d'événements improbables qu'était son existence. Mais elle était aussi exigeante et attendait un degré d'engagement égal au sien. Elle était généreuse et entière, ce qui ne signifiait pas qu'elle se donnait pleinement dans la moindre de ses interactions avec autrui. Son amitié véritable, sa dévotion la plus totale se méritaient et, très franchement, elle refusait de la donner à qui n'en voulait pas, ou plus. Certaines amitiés solides s'étaient effritées avec le temps et la distance, notamment avec ses amis d'enfance ou les gens qu'elle avait connu à la fac et c'était quelque chose contre lequel il était difficile de lutter. Elle n'éprouvait pas de rancoeur envers ces gens avec qui elle n'échangeait plus que quelques appels et cartes de voeux. C'était la vie et ce n'était pas grave. Mais la londonienne avait bien plus mal vécu la brusque coupure dans son amitié avec Wyatt et, jusqu'à présent, avait été bien trop affairée et en colère pour véritablement s'en rendre compte. Mais après avoir asséné ce qui ressemblait un peu trop à un ultimatum, la rouquine prenait pleinement conscience de la peine qu'avait provoqué la distance du docteur. Il était un des meilleurs amis qu'elle s'était fait depuis longtemps, certainement depuis JJ en fait et elle n'avait aucune envie de le perdre. Aussi, elle ajouta d'un ton plus doux « Je préférerai rester hein. Mais c'est toi qui vois. » La balle était dans son camp et Baby Preston ne pouvait qu'espérer qu'il sache que, s'il confirmait sa volonté d'avoir une rousse siphonnée experte en pâtisseries et en plans foireux dans sa vie, elle était là pour rester. Mais elle avait besoin que tout soit mis au clair avant de s'aventurer plus loin dans ces retrouvailles/réconciliation et se trouver déçue. Par réflexe, elle voulut chercher la main de son ami, mais ses doigts se replièrent et elle ramena sa main contre sa cuisse. Finalement, ça allait peut-être très mal se placer.
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MessageSujet: Re: 04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her   Jeu 27 Mar - 1:12

Il y avait tant de choses que Charlie avait ruiné, sans doute à jamais, pour lui. Des films, des lieux, des morceaux de musique, les hamburgers devant la télévision. Et puis ces mots. Des mots qu’il ne pouvait plus dire. Qu’il pensait ne plus pouvoir dire. C’est fini. Il avait développé des trésors d’imagination pour remplacer cette expression banale par d’autres synonymes qui ne lui rappellerait pas le moment où il avait abandonné, où il avait lâché prise, où Charlie était sortie de sa vie. Pendant des semaines, le simple fait de les entendre suffisait à le ramener à cette soirée où il avait perdu tout semblant de contrôle sur sa vie. Des années à vivre parfaitement heureux de ce qu’il avait, un travail dans lequel il excellait, et pour lequel il était reconnu, et grassement payé, une famille certes poussive et envahissante mais qui l’admirait et était prête à tout pour lui, un défilé de jolies femmes qu’il choisissait avant tout pour leur chevelure rousse et l’absence de promesse. Des années qui semblaient illusoires maintenant qu’il devait vivre avec ce creux dans sa poitrine que rien ne semblait combler. Pas le travail, pas la musique, pas le sport. Il occupait chacune de ses heures éveillées et rien n’endormait tout à fait la douleur sourde qui le brûlait doucement de l’intérieur depuis plus de trois mois. Étrangement, il se souvenait de l’absence de sensation alors qu’il prenait la décision qui changerait sans doute le reste de sa vie. Anesthésié par toute la haine qu’il avait pu lire dans le regard de Charlie, il avait presque eu l’impression de vivre la scène depuis un autre point de vue, protégé par le bouclier instinctif qu’il avait érigé entre eux quand les coups avaient été trop durs à encaisser. Seulement le bouclier avait fini par tomber, et les cicatrices étaient restées, gravées dans son esprit comme dans sa chair, et il devait se battre contre lui-même pour ne rien montrer. Il avait sculpté son corps, poussant les limites de ses muscles jusqu’à ne plus sentir que les courbatures le lendemain. Il avait repris le hockey avec un jeu agressif, cherchant sans cesse le contact, évacuant la frustration en provoquant des combats ridicules sur la glace dont il ne sortait pas toujours vainqueur. Il avait besoin de sentir quelque chose, de se prouver qu’il pouvait sentir quelque chose, n’importe quoi, et s’il fallait pour cela qu’il ait les côtes couvertes de bleus ou les bras gonflés par des séries sans fin de tractions, eh bien ainsi soit-il. Tant qu’il ressentait quelque chose, il pouvait prétendre qu’il n’avait pas mal à cause de Charlie. Qu’il n’avait pas été détruit par cette séparation qu’il avait lui-même provoquée. Il n’avait pas à affronter cette réalité qui lui faisait peur. Wyatt Pillsbury n’avait peur de rien. Il n’était pas dominé par ses sentiments. Et il avait décidé qu’il était temps de laisser derrière lui sa première histoire d’amour.

Mais comme attendu, rien n’échappait au regard acéré de sa meilleure amie qui avait troqué l’émotion pour le sarcasme en un rien de temps. Le sourire mince du gynécologue s’affina encore alors que ses lèvres charnues se pressaient l’une contre l’autre pour digérer la manière effrontée dont elle balayait ses faux-semblants. De quel droit venait-elle faire éclater sa bulle de déni qui ne le protégeait déjà guère de son propre regard critique ? Est-ce qu’elle avait été à sa place pour recevoir les coups ? Est-ce qu’elle avait la moindre idée de ce que l’on pouvait ressentir quand tout ce que vous figuriez pour votre avenir vous est arraché au moment où vous vous y attendez le moins ? Elle n’imaginait pas un instant qu’il lui avait fallu tout ce temps pour l’appeler parce qu’il ne supportait pas de voir en elle le souvenir de sa vie d’avant Charlie, et qu’il supportait encore moins le reflet de l’amour naïf et pur qu’il avait eu pour celle qu’il avait rencontré par hasard, et dont il s’était épris presque instantanément, comme si le destin l’avait amenée dans son cabinet, comme s’il avait finalement rencontré Lexie pour qu’elle soit celle qui les réunisse. Elle n’avait pas le droit d’exiger la vérité, parce que la vérité était trop dure à avaler, parce qu’il avait fui la vérité pendant des mois pour enfin parvenir à lâcher prise et remplir deux valises de vêtements dont il avait été effrayé jusqu’alors. Son corps tout entier raidit par la tension qui électrifiait ses muscles, Wyatt ne desserra pas les dents, le regard fixé sur ses mains qu’il avait mêlées sur ses genoux pour ne pas avoir à lire celui de son amie. Il ne voulait pas y voir la déception qu’elle devait ressentir, le jugement, la colère, ou même la peine. Il n’avait pas la force d’affronter la trahison qu’elle pouvait ressentir après trois mois passés sur le banc de touche. Il aurait voulu avoir le soutien de Ruby à cet instant. Croiser son regard patient et toujours si doux qui lui avait donné le courage d’affronter le quotidien, les répétitions, de faire comme si tout allait bien même lorsqu’il était impossible de nier que sa vie tombait en lambeaux. Pas une seule fois elle ne l’avait forcé à parler, mais elle avait toujours été là pour lui, chaque fois qu’il avait eu besoin d’elle, elle avait répondu présente. La confiance absolue qu’elle lui faisait et qui brillait dans ses yeux avait réussi à lui rendre un peu de sa maîtrise et il se sentait toujours plus fort lorsqu’elle était là pour le soutenir. Elle n’avait jamais eu besoin de mots, alors pourquoi fallait-il que Lexie vienne casser ce mur derrière lequel il avait endigué ses émotions à grand renfort d’ultimatum ?

Elle avait beau tenter d’arrondir les angles, la violence de ses paroles était là, et il était impossible de nier la colère qu’elle avait éveillé en lui. Dans la périphérie de son champ de vision il aperçut sa main tenter de venir se poser sur les siennes avant de se replier sagement sur ses propres genoux. Relevant le regard, ses yeux durs se plongèrent dans ceux de Lexie. « Tu n’as pas la moindre idée de ce que tu demandes Lex. » dit-il avec une colère maîtrisée en se relevant pour avoir plus d’espace pour se calmer. Lexie était l’une des rares personnes avec lesquelles il ne s’était jamais querellé. Elle s’était fâché après lui des dizaines de fois à cause de ses convictions féministes, mais jamais de manière sérieuse, et la réciproque ne s’était jamais produite. Le gynécologue adorait cette femme pour ses opinions et sa joie de vivre, mais s’il s’était cru capable de les supporter, il s’était de toute évidence trompé. « Qu’est-ce que tu veux entendre au juste ? Mmh ? » Il se rapprocha de l’accoudoir du canapé où elle était encore assise et se plia vers elle, prenant appui sur le tissu. « Tu veux qu’on en parle ? Tu veux que je te dise que ça ne va pas ? Et que ça n’ira jamais vraiment parce qu’elle n’est pas avec moi et qu’elle ne le sera plus jamais, et que ça, ça fait mal ? Tu te fous pas mal que j’aie eu besoin de trois mois pour me dire qu’il était peut-être temps d’arrêter d’y croire et de reprendre ma vie en main, pas vrai ? Non, toi tu veux qu’on en parle. » Sans quitter son regard il se redressa en levant les mains au dessus de sa tête. « Mais allons-y chaton, parlons de tout ce que tu veux puisque tu es confortablement installée ! Par quoi on commence ? Est-ce qu’on distribue les parts de responsabilité ? Parce que si tu en as parlé avec Charlie tu dois être au courant que c’est de ma faute. Parce que je l’ai trompée, tu savais pas ? Je me demande même pourquoi elle ne m’a pas accusé de coucher avec toi aussi tant qu’elle y était. Au moins y aurait eu un fond de vérité quelque part. » cracha-t-il alors qu’il sentait la bile remonter dans sa gorge tandis que toute la rancœur et l’incompréhension qui s’étaient accumulées débordait sans qu’il ne puisse plus les contenir. « Ou bien est-ce qu’on parle de la manière dont elle a préféré s’enfuir au milieu d’une tempête de neige dans un trou perdu plutôt que de me voir ? Tu veux savoir ce que ça m’a fait ? Ou tu veux que je te dise pourquoi j’ai pas trouvé la force d’appeler la personne à cause de qui je suis tombé amoureux de cette fille en premier lieu ? » finit-il par crier avant de se détourner d’elle pour reprendre son souffle en enfouissant ses mains dans ses cheveux.
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MessageSujet: Re: 04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her   Ven 28 Mar - 22:38

Dès l'instant où elle avait vu les muscles de Wyatt se crisper et son corps de tendre, la rousse avait compris qu'elle s'était engagée sur une pente des plus savonneuses. Ce n'était clairement pas une bonne idée. Mais d'un autre côté, il fallait que toute cette tension sorte. L'effet cocotte-minute émotionnel finissait rarement bien et tant qu'à faire, autant qu'il explose au visage de Lexie, plutôt que de quelqu'un d'autre. Encore une fois, Baby Presto se débrouillait pour être précisément au bon endroit, au bon moment, pour déclencher un cataclysme dramatique. C'était un don certain et si la violence de l'impact ne l'avait pas frappée de plein fouet, sans doute aurait-elle eu le coeur à en rire. Ou du moins à s'interroger sur ce qu'il y avait chez elle qui poussait à la confession plus ou moins volontaire. La tempête qui animait son meilleur ami était injustement dirigée contre elle, mais surtout, pleine de colère et d'une peine comme elle n'en avait jamais vu chez lui. Comme il n'en avait jamais connu certainement. Enfonçant ses ongles manucurés dans ses cuisses pour garder son calme, la jeune anglaise ne quitta pas le gynécologue des yeux et ignora le torticolis en devenir qui lançait sa nuque. Elle se contenta de planter ses prunelles marron dans les yeux enragés de son ami et de garder un visage fermé. Si elle s'autorisait à laisser ses émotions se lire ou si elle les exprimait, la jeune femme risquait fort de dire des choses qu'elle regretterait. Elle était en colère elle aussi, avait envie de crier par dessus Wyatt, de lui dire qu'il se montrait égoïste.

Après tout, Lexie avait également vécu une période difficile et ce depuis son retour à Lima en vérité. Et la soudaine distance d'un de ses plus proches amis n'avait pas franchement aidé. Elle aurait voulu lui rappeler qu'elle passait ses journées à lutter corps et âme pour sauver le projet qui portait son existence. Lui rappeler que les relents du dernier conflit ouvert avec sa soeur se faisait encore sentir. Qu'elle avait brièvement, mais intensément, perdu toute confiance en elle et en ses ambitions. Que la réalité aimait à se rappeler cruellement à elle et qu'elle aurait apprécier un peu de soutien de son meilleur ami. Le business sans lequel sa vie pouvait tout à fait tomber en ruines. Les Preston ne roulaient pas franchement sur l'or et avoir une maison c'est bien joli, mais encore faut-il la chauffer. La londonienne était l'intendante de sa maisonnée, jonglant avec les maigres loyers que ses colocataires lui versaient, l'argent qu'ils mettaient de côté pour les courses, les innombrables imprévus qui ne manquaient jamais de leur tomber dessus. Elle était débordée, avait fait une crise de nerfs en plein milieu d'un supermarché, pour l'amour du ciel ! Et, stupidement, évidemment, l'instant où son téléphone avait affiché une photo de Wyatt, affublé de son surnom, la galeriste avait laissé un deal important et une opportunité de vente - ce qui se faisait rare - aux mains de Joachim et avait accouru. Elle ne le regrettait pas mais aurait simplement aimé un peu de considération. Depuis le début, Lexie J s'était enroulée dans sa carapace enjouée, avait souri, asséné des phrases encourageantes à Charlie, fait bonne figure. Elle ne s'était pas accordé le droit de faiblir. Et on ne lui avait pas donné. Après tout, qui était-elle en effet pour se plaindre? Avait-elle vécu une rupture extrêmement douloureuse avec le grand amour de sa vie? Avait-elle perdu tout espoir de trouver l'âme soeur après avoir eu le coeur brisé? Pouvait-elle s'enfoncer dans la dépression et la réclusion? Non. Parce qu'elle devait sauver son avenir. Elle n'avait pas le loisir de se laisser aller à la tristesse, n'en avait pas le temps et préférait user ses dernières forces dans une tentative de régler ses problèmes, plutôt que de s'enfoncer. Elle n'était pas sa mère. Elle n'était pas Anna. Elle n'était pas lâche comme son père. Lexie Antonia Jane Preston était une battante, une force de la nature, auréolée d'un optimisme sans pareil et d'un sourire renversant, forte dans l'adversité, présente pour ses amis. Mais elle n'avait donc pas la possibilité de sombrer.

Même maintenant, alors qu'elle se fait hurler dessus et accuser de tous les maux, elle décidait de prendre sur elle. La rouquine s'autorisa un mince sourire, songeant qu'il y a quelques années la situation aurait brutalement éclaté. Elle aurait cédé à son impulsion, écouté ses nerfs à fleur de peau pour pleurer sa rage. Et ça n'aurait fait qu'envenimer la situation déjà difficile. Alors elle mordit sa langue et se tut, le laissa terminer, cracher toute sa bile. Il en avait besoin. Ironique qu'il parle autant, lui si froid et réticent à parler de ce qu'il ressentait, qui n'avait absolument pas appelé la petite anglaise pour enfin avoir quelqu'un qui le sorte de sa torpeur. Ceci n'était qu'une histoire de Tupperwares, non? La jeune ferme inspira légèrement et ferma les yeux une seconde, ne prêtant pas attention à l'humidité au coin de ses yeux. Après un silence aussi bref que pesant, elle chassa toute ses pensées négatives d'un mouvement de la tête et se leva avec un air déterminé. Elle posa une main sur le bras de son ami, qui lui tournait le dos, et laissa, comme à son habitude, un flot de paroles se déverser sans savoir où il allait la mener. « Je n'attends rien de toi, si ce n'est de l'honnêteté, tu le sais. Dis-moi d'aller me faire foutre, dis-moi de me taire, dis-moi que tu ne veux pas en parler ou que tu ne veux pas parler du tout. Même si, bon, je crois que tu viens toi-même de prouver que ce n'était pas vrai, tu as beaucoup de choses à dire pour quelqu'un qui ne veux pas discuter. » Baby Preston s'autorisa un mince sourire avant de continuer sur sa lancée « Je me contrefous de savoir sur qui repose la faute, j'ai pas douze ans. Je veux juste être là pour toi. Que tu me laisses être ton amie. T'aider, si je peux. » Avec un plissement de nez et un sourire en coin, elle ajouta avec moins de pathos « Et accessoirement que tu ne m'accuses pas de choses contre lesquelles je ne peux rien. Qui suis-je pour lutter contre le destin Pillsbury? » La plaisanterie était sans doute des plus mal venues mais Lexie n'était pas Lexie sans un timing déplorable. « Tu sais que je t'aime, que je vous aime énormément et ça me fait de la peine de vous voir dans cet état. J'aimerai pouvoir faire en sorte que tout disparaisse et qu'on soit tous heureux mais, tristement, la vie n'est pas un épisode de Mon Petit Poney. Je suis dans la merde jusqu'au cou, t'as le coeur brisé, le monde va disparaître dans un tsunami géant. Alors ce serait vraiment bien si on pouvait éviter d'accumuler les sources de problème lapin. » Avec un soupir las, la galeriste s'appuya contre l'accoudoir du canapé. Son visage savamment maquillé couvrait peut-être sa fatigue et ses tracas aux yeux des clients crédules, mais il la trahissait néanmoins. Elle n'avait pas envie de se disputer avec Wyatt. Contrairement à ce que laissait croire son histoire complexe avec les drames shakespeariens et les lancés de muffins en public, la londonienne n'aimait pas spécialement le conflit. Et ne voulait surtout pas en créer avec ses proches. Elle croyait sincèrement ne pas avoir l'énergie pour vivre tout ce drama, mais le sort était clairement contre elle. Et sa théâtralité naturelle également. Mais cela n'empêchait pas ses bonnes intentions et son désir de mettre fin à toutes ses complications pour retrouver son amitié avec le docteur P. Ca commençait à être trop, même pour Lexie Preston, qui ne pouvait désormais rien faire, sinon espérer que son calme et sa diplomatie peu coutumière fassent effet.
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MessageSujet: Re: 04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her   Jeu 3 Avr - 0:43

À la seconde où il avait haussé la voix pour jeter sa dernière phrase au visage de Lexie, le gynécologue regretta de s’être laissé emporter. S’il voulait lui prouver que tout allait bien c’était plutôt raté. Et l’expression de la jolie rousse ne laissait pas le moindre doute quant à son opinion sur la question malgré le silence pesant qui s’installa un instant dans l’appartement. Mais surtout, elle ne méritait pas de se faire crier dessus, et elle ne méritait pas les reproches qu’il venait de lui faire. Il avait parlé sous l’influence d’une colère aveugle censée le protéger du poids de la culpabilité qu’il ne pouvait s’empêcher de ressentir à chaque fois qu’il repensait à Charlie, mais qui ne brûlait qu’un instant avant de laisser place aux regrets. Il refusait de se laisser atteindre par les accusations insensées de son ancienne petite amie. Son manque de confiance en lui avait assurément joué un rôle déterminant dans leur séparation, mais… Non. Il ne l’avait jamais trompée, n’y avait même jamais songé, du moment où il l’avait embrassée au milieu de la nuit dans le Parc Lincoln il avait été obsédé par cette fille et n’en avait plus vu d’autre. La jalousie qu’elle ressentait à l’égard de Grace Hamilton était l’objet d’un pur fantasme; la fille du pasteur souffrait clairement de troubles psychiques qu’elle devait soigner avec quelqu’un de plus compétent que lui dans ce domaine, et Charlie n’aurait jamais dû croire ce qu’elle lui racontait plutôt que sa version des faits.

Pour ce qui était de Ruby en revanche, le problème était différent. Il n’étais pas amoureux d’elle, ne l’avait jamais été, mais il aurait été bien incapable de nier l’amour sincère qu’il éprouvait pour la choriste. Plus qu’une simple partenaire de chant, elle était devenue une amie précieuse sur laquelle il pouvait compter et qui avait été présente pour lui pendant ces trois mois sans jamais lui infliger de peine, et sans qui il n’aurait sans doute pas tenu le cap. Depuis leur premier duo, il l’avait vue grandir, s’épanouir, s’affirmer, devenir plus femme. Comment ne pas vouloir soutenir et protéger une jeune femme aussi ambitieuse de ses propres doutes et de ses incertitudes ? Leur alchimie unique sur scène avait d’abord été travaillée par des jeux de séduction et des chorégraphies destinées à s’apprivoiser, mais tout était rapidement devenu naturel et il ne faisait aucun doute qu’ils se complétaient parfaitement sur scène, à tel point que Wyatt peinait à l’imaginer chanter avec un autre à présent. Il avait appris à connaître son corps gracile sur le bout des doigts, n’avait jamais d’hésitation lorsqu’il s’agissait de s’engager dans les paroles qu’il lui adressait, et il ne ressentait jamais de malaise entre eux comme celui qu’il avait ressenti en répétant de manière très brève avec Megan Morgan. Jusqu’alors il n’avait sans doute pas réalisé que le jeu avait pris des allures de réalité, et que la comédie des choristes amoureux qu’ils jouaient ne lui demandait plus autant d’efforts. Mais cela ne voulait pas dire qu’il y avait plus que de l’amitié entre eux, pas vrai ?Elle comptait parmi les personnes importantes à ses yeux et il ne voulait pas, ne pouvait pas, envisager de briser le lien qui les unissait. Elle avait confiance en lui, elle avait besoin de son soutien, ne serait-ce que pour se donner le courage de prendre la parole face aux Awesome Voices à deux doigts de la dissolution, et il aimait être l’homme sur lequel elle pouvait toujours compter. Et s’il était parfaitement honnête, il avait besoin d’elle. Wyatt s’était laissé prendre au jeu de leur duo de séduction et s’était laissé aveugler par la facilité de leurs rapports, sans penser au regard que les autres pouvaient porter sur eux. Sans penser au regard que Charlie pouvait avoir sur eux. Seulement elle se trompait. Ruby n’avait jamais rien dit. La Second Chances aurait dû le croire. Ce n’était pas de sa faute.

Qu’il croie ou non à ce mantra qu’il s’était répété des centaines de fois, il était trop tard pour réécrire l’histoire. Et il ne servirait à rien de s’emporter. Il avait fait le choix de tourner la page, et il devait s’y tenir. Prenant une profonde inspiration pour faire redescendre son rythme cardiaque, Wyatt tâcha, sans succès, de rendre son maigre sourire à Lexie qui faisait de son mieux pour être la plus raisonnable des deux. S’il n’avait pas été plongé dans un tel désarroi il aurait sûrement fait compliment à sa meilleure amie de sa maturité nouvelle, mais il ne put s’empêcher de grincer des dents à la mention du destin. Il n’était pas de ceux qui croyaient à toutes ces histoires d’âmes sœurs et de happy ends. Il était bien trop cynique pour ça, et il croisait le chemin de bien trop de mères célibataires dont on avait brisé le cœur et qui devrait se battre pour des pensions alimentaires en élevant des enfants qu’elles n’étaient pas prêtes à avoir seules. Il avait pu observer la perversion de l’amour chez les autres, sa fugacité, sa fragilité. Et pourtant il s’était laissé prendre au piège. Il avait voulu croire qu’il pouvait faire partie des happy few qui réussiraient à franchir toutes les étapes parce qu’il avait trouvé la femme de sa vie. La moitié manquante de son âme dont il ignorait jusqu’à l’existence avant de la rencontrer. Quelle belle erreur. Et cette pointe d’humour malheureuse ne faisait que retourner le couteau dans la plaie. Peut-être que Charlie faisait partie de son destin et qu’il avait tout foutu en l’air. On est maître de son destin, dit l’adage, et le gynécologue n’avait de toute évidence pas su maîtriser la situation. Il en paierait le prix.

Relâchant l’air qu’il avait retenu malgré lui dans ses poumons, il soupira en secouant la tête, refusant de s’excuser une fois de plus. Les mots étaient précieux, et Lexie comprendrait qu’il n’avait pas voulu la blesser. « Tu as raison. » reprit-il de son ton froid habituel. « C’était injuste de ma part, et je ne le pensais pas. Je dois arrêter de ressasser sans cesse la même chose. C’est du passé, et j’ai besoin d’aller de l’avant. Et puisqu’on joue la carte de l’honnêteté, j’espérais que tu repartirais avec un peu plus que les Tupperware aujourd’hui… » Glissant ses doigts dans ses mèches rousses, il massa sa nuque un instant avant de reprendre la parole. « J’ai fait ses valises. Enfin j’ai commencé, et puis tu es arrivée. » Relevant les yeux pour croiser le regard de Lexie, Wyatt resta debout face au canapé devant lequel elle était toujours campée. « Je voudrais que tu les lui rendes. Je suppose que tu sais où elle habite, et j’en déduis que tu la vois régulièrement puisque tu es au courant de son “état”. Elle ne veut plus me voir, et je n’ai pas envie de la forcer à faire ce qu’elle ne veut pas. Tu lui diras que je m’excuse pour le délai avec lequel je lui rends ses affaires. Je ne voulais pas les retenir en otage mais… » La suite de sa phrase vint mourir sur ses lèvres pleines qu’il pinça dans une moue contrite. Il ne voulait admettre sa faiblesse devant la jeune femme, et il ne voulait pas que Charlie sache qu’elle continuait à peser sur sa conscience. Il se contenta donc de s’appuyer sur l’accoudoir du fauteuil adjacent, prenant l’une des mains de la cadette Preston avec la sienne en y appliquant une légère pression avant de prendre son menton entre ses doigts pour le relever et scruter son visage. Sa Lexie, toujours si dynamique, prête à faire la fête jusqu’à l’aube et d’enchaîner avec une journée de travail à la galerie, pour la première fois depuis qu’il la connaissait, elle avait l’air épuisée. Physiquement et moralement. Et il ne faisait qu’ajouter à son fardeau en se comportant de manière égoïste. Relâchant son menton, il glissa tendrement ses doigts sur sa joue pour réajuster une mèche folle derrière son oreille. « Mais assez parlé de tout ça. Tsunami géant mis à part, qu’est-ce qui te tracasse au point que tu en perdes le sommeil ? » Englobant sa joue dans sa paume, il traça la ligne de ses cernes en effleurant sa peau avec son pouce. « Je sais que j’ai été un ami assez pathétique, et qu’il est un peu tard pour se faire du souci pour toi, mais ça ne te ressemble pas de sortir de ton épisode de Mon Petit Poney, chaton. Qu’est-ce qui a pu se passer pour entamer ton optimisme débordant ? »
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MessageSujet: Re: 04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her   Dim 11 Mai - 22:18

L'espace d'une seconde, Lexie craignit sincèrement le pire. Wyatt n'était pas homme à se laisser aller à ses pulsions, à exprimer sa colère avec autant de vulnérabilité. Pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, il semblait avoir les nerfs à vif et le coeur au bord de l'implosion. Depuis combien temps gardait-il tout cela soigneusement enfermé? D'expérience, la rouquine savait que c'était une très mauvaise idée de verrouiller ses émotions dans un placard pendant si longtemps qu'elles finissent par faire exploser toute la maison une fois relâchées. Aussi, elle avait peur de la réaction que cela enclencherait chez son ami, de comment il réagirait. Elle estimait avoir pris la bonne décision en optant pour la route de la diplomatie plutôt que de la dispute. Mais elle ne pouvait être certaine de la réponse qui lui serait offerte. Fort heureusement, le gynécologue semblait avoir retrouvé sa froide raison et s'était simplement laissé aller à un excès de rage temporaire et non une crise digne d'un Hulk mécontent. Car cela, la jeune anglaise n'était pas sûre de pouvoir le gérer. Il ne daigna pas s'excuser à nouveau mais concéda qu'il avait tort, ce qui était tout aussi remarquable pour le docteur. Si les circonstances avaient été autres, Baby Preston aurait profité de ces petits instants et se serait fait un plaisir de les savourer sous le nez de son meilleur ami. Mais l'heure n'était pas à la puérilité. Wyatt avait d'ailleurs dans l'idée de lui confier une tâche plutôt importante et non sans solennité. Au delà de la tristesse que lui inspirait ce geste symbolique, un pincement au coeur tout autre s'empara de la galeriste. Elle n'aimait pas mentir. Surtout pas à Wyatt. Surtout pas après tout le speech grandiloquent sur la valeur de leur amitié honnête et sans fourbes secrets. Elle n'était même pas sûre de le pouvoir. Mais elle avait fait une promesse à Charlie. Tiraillée, la grande rousse observa la pointe de ses chaussures, essayant de faire passer sa gêne pour de l'émotion. Son cerveau réfléchissait à toute allure tandis que les paroles du docteur lui brisaient le coeur par procuration. Elle l'imaginait, assis devant les valises ouvertes de son ex, de la personne qu'il avait le plus aimé, triant ses affaires en essayant de réprimer la vague de souvenirs que chacune d'elle lui inspirait. En s'imprégnant de la peine de son ami, la galeriste parvint toutefois plus facilement à une décision. Lui dire où logeait actuellement son ancienne petite amie était inutile. Il pourrait se sentir trahi d'abord. Et ensuite, cela ne ferait qu'ajouter un nouveau poids à ses tourments. Lexie n'était pas du genre à promouvoir l'ignorance, à se complaire dans la vieille maxime "ce qu'on ignore ne peut nous nuire" mais en l'occurrence, c'était la plus sage décision.

Oui, il ne servait à rien de le tracasser, d'implanter cette information dans sa tête sans qu'il ne sache quoi en faire. Alors la jeune femme releva finalement les yeux vers le visage de son ami et lui fit un sourire, mince mais encourageant. Sa main attrapa naturellement la sienne et la pressa avec une certaine vigueur, tandis qu'elle répondit doucement « Aucun problème, je passerai avec JJ en fin de journée. Et je peux terminer de faire les sacs si tu veux. » Sa voix s'était faite hésitante quand elle suggéra de finir les valises de Charlie à sa place, mais il lui avait paru important de laisser à son ami la possibilité de ne pas affronter cette tâche douloureuse. Peut-être en avait-il besoin, histoire de s'expurger autant que possible et, à son humble avis, il avait eu sa dose de déni à ce sujet. Mais peut-être que c'était encore trop difficile et auquel cas, elle l'aiderait autant que possible, même si cela impliquait de faire vibrer la corde sensible bien cachée de Joachim Jones et lui faire faire un détour sur le chemin de la maison après sa journée de labeur. Elle fit un nouveau sourire, aussi affirmé que possible, au gynécologue incapable de trouver les bons mots. Lexie Preston, si bavarde et enjouée, se trouvait rarement prise au dépourvu. Elle aimait conseiller, aider, bavarder avec tout le monde mais parfois, quand il s'agissait de moments véritablement importants, elle ne savait plus quoi dire. Seules des banalités lui venaient à l'esprit et son meilleur ami valait mieux que ça.

Mais ce fut Wyatt qui rompit le silence, visiblement décidé à ne pas s'épancher plus avant. Le coin droit de ses lèvres se souleva en un rictus sarcastique, mais la rouquine ne fit aucune remarque quant à cette volonté de changer de sujet. Il s'était apparemment assez mis à nu pour aujourd'hui et elle pouvait le comprendre. D'autant plus que c'était apparemment son tour maintenant. Sans broncher, elle laissa le bon docteur s'emparer de son visage laiteux et tracer d'un geste le contour de ses cernes géantes, habilement maquillées mais néanmoins tout fait visibles de près. Elle s'autorisa un petit rire jaune au vu de la manière dont Pillsbury Jr s'enquérait de son état. Il avait au moins la décence de reconnaître qu'il avait failli à son devoir d'ami ses derniers mois, dans sa volonté de vivre reclus. La jeune femme ne parvenait pas vraiment à lui en vouloir, après tout, s'il y avait une chose qu'elle avait appris des disputes shakespeariennes avec son aînée, c'était qu'il était inutile et contre-productif d'avoir la rancune tenace. Elle prit alors les mains de Wyatt dans les siennes, histoire d'éviter de les agiter en tout sens et tenta un début de réponse, son regard à nouveau attiré par le plancher bien ciré. « Je ne me défais jamais de mon optimisme voyons. » Sa posture et le souvenir de son état quand elle avait frappé à la porte de la LPA indiquaient le contraire, mais elle préféra éluder ce détail. « Il y a simplement beaucoup de choses qui se passent depuis le cambriolage de la galerie. On est dans le rouge et on a du mal à s'en sortir, même si ça commence à s'arranger un peu et que tout le micmac avec les assurances se démêle. Et puis... » Elle hésita, l'amour entre sa soeur et son ami était proche de zéro et Baby Preston ne souhaitait pas blâmer son aînée pour ses propres états d'âme. Mais elle n'avait pas jouer cartes sur table depuis longtemps et même si c'était égoïste et que ce n'était pas le moment, la britannique se sentait partie dans un des monologues dont elle avait le secret. Ses prunelles marron eurent enfin le courage de trouver les yeux verts du docteur et elle poursuivit. « Anna ne sait pas trop où elle en est, ça lui a foutu un coup et elle doute de la galerie. Alors on a d'autres projets, genre un gîte mais ça demande du temps, de l'argent, de l'énergie. Et puis même, elle et moi on a encore du mal des fois et j'ai l'impression qu'elle me cache des choses. Elle a le droit, elle fait ce qu'elle veut et j'ai d'autres chats à fouetter pour être honnête. » C'était loin d'être faux, mais Lex se mordit néanmoins la lèvre inférieure avec agacement à cette pensée. Elle avait appris à lâcher du lest dans sa relation avec sa grande soeur, mais leurs rapports ne seraient jamais simples et la réserve dont aimait se draper Anna provoquerait toujours de l'anxiété chez sa cadette. « Parce que bon, y a toujours toute la Pension à gérer et des fois je me demande sincèrement comme ils ont pu survivre aussi longtemps sans moi. » Lexie était la seule responsable de sa position d'intendante au sein de la maison, puisqu'elle s'était auto-proclamée comme telle, mais cela demeurait usant. « Disons que ce n'est pas tant mon mode de vie qui a changé, c'est juste les circonstances qui m'obligent à être à 300 à l'heure plutôt que moi qui décide d'être comme ça. C'est beaucoup moins drôle et motivant de gérer la galerie quand je sais que la moindre mauvaise décision, une vente qui capote peut nous pousser à mettre la clé sous la porte. Je n'ai plus l'impression de travailler parce que j'en ai envie mais parce que je n'ai pas le choix et c'est pas toujours super fun. Si la vie adulte ressemble à ça tout le temps, je vais rompre mon contrat hein. Mais ça va mieux cela dit. Je suis juste... fatiguée. Nerveusement. En plus bon, rejoindre les Second Chances comporte apparemment le risque d'une Grace Hamilton sauvage sur le pas de la porte un samedi matin et la nécessité de s'impliquer corps et âme au moindre appel de Joanna. Je crois qu'elle me fait payer d'avoir dû la virer, mais je t'avoue qu'elle fait un peu peur quand elle est dans son élément naturel. »

Ginger Spice ponctua sa boutade d'un franc sourire et vint poser sa tête contre le torse de son ami et enrouler ses bras autour de sa taille pour chercher un peu de réconfort. Elle ferma les yeux et inspira puis expira profondément, tâchant de ne pas céder à l'émotivité qui l'agitait depuis qu'elle avait franchi le pas de la porte. Même lors de son tête à tête avec l'aînée des Pillsbury, qui avait un talent certain dans sa branche, elle n'avait pas posé de mots sur ce qui la rongeait vraiment. Mais après tout ce temps et sans doute, après s'être adaptée à la situation, elle y était parvenue. Peut-être était-ce de savoir que Wyatt allait aussi bien qu'il le pouvait et qu'il ne l'avait, tout compte fait, pas effacer de sa vie. Toujours était-il qu'un poids semblait s'être soulevé de la poitrine de la galeriste, dont la gorge se nouait dangereusement. Baby Preston parvint néanmoins à retrouver un peu de contenance et se détacha de son ami, pour lui asséner un léger coup de poing dans l'épaule et ajouter « And I've bloody missed you ! » Car au delà de la colère, c'était surtout un manque profond que la rouquine avait ressenti. Quand elle voulait appeler Wyatt pour lui raconter une anecdote amusante survenue à la galerie, quand elle avait des envies de restaurant italien et de regarder un vieux film noir, quand il fallait faire tester sa nouvelle recette, quand elle avait besoin d'un avis médical d'expert et qu'il ne manquait pas de lui rappeler qu'il était gynéco et non dermatologue, ophtalmologiste ou médecin généraliste. Il lui avait manqué, pour toutes ces petits choses du quotidien et parce qu'elle avait la sensation d'avoir perdu un allié à la veille d'une bataille décisive. Et une part plus amère de son esprit ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il débarquait après la guerre et n'avait pas été là quand elle en avait eu vraiment besoin. Mais il restait encore de grands travaux de nettoyage et de reconstruction - aussi littéralement que métaphoriquement - dans la vie de Lexie Preston et savoir qu'elle avait de nouveau le Dr Pillsbury dans son camp était pour le moins réconfortant.
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04. [Pillsbury's] Can't remember to forget her

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