Choriste du mois


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 04. [Delacroix's] Another love

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MessageSujet: 04. [Delacroix's] Another love   Jeu 27 Mar - 23:27

Allongée de tout son long sur le sol en carrelage de sa cuisine après avoir grimpé les escaliers quatre à quatre, Ashandra avait le souffle court et un sérieux point de côté. Cassandra n’était pas là, sans doute partie s’occuper de la LPA avec quelques uns de ses bénévoles, la laissant seule dans leur appartement qu’elle avait déserté une heure plus tôt pour aller courir dans l’espoir de se vider l’esprit. Ça n’avait pas été une franche réussite. Roulant sur le côté, elle se hissa péniblement sur l’un de ses avants-bras pour ouvrir la porte du frigo du bout des doigts et en tirer une bouteille d’eau fraîche avant de se laisser retomber face la première contre les dalles froides. Il ne faisait pas plus de cinq degrés dehors mais dans son nouveau top thermolactile, cadeau de Noël de l’un des frères d’Aaron, l’afro-américaine avait l’impression d’avoir couru un marathon sous quarante degrés. Dans un coin de sa tête, elle nota de remercier Rafael pour son choix si judicieux. Si elle le revoyait. Sa gorge se noua à cette pensée et le plastique de la bouteille céda bruyamment sous la pression que ses doigts lui imposaient. Une heure passée à courir aussi vite qu’elle le pouvait pour échapper à ses pensées et elle échouait lamentablement à peine rentrée chez elle. Poussant de toutes ses forces sur ses bras pour se mettre à quatre pattes et se relever, Ashandra retomba à genoux, incapable d’agripper le comptoir avec suffisamment de fermeté pour se hisser debout. Abattue par la fatigue musculaire et la peur qui lui écrasait la poitrine, elle s’adossa contre un placard pour ramener ses jambes tremblantes contre elle et enfouir son visage dans ses mains. Il fallait que sa respiration se calme. Si elle retrouvait un rythme régulier la douleur dans s’en irait. Une partie de la douleur.

Elle avait passé la pire soirée de Saint Valentin de sa vie. Pour la première fois, elle aurait pu célébrer cette fête aussi commerciale que symbolique en compagnie de son petit ami, mais elle s’était laissée convaincre par Norah qu’elle devait l’accompagner à une soirée pour célibataires organisée en ville et qui selon elle serait très distrayante. Refuser l’invitation d’Aaron sans lui donner la véritable raison derrière ce déclin avait comporté une certaine dose de culpabilité, mais Ashandra n’avait pas la moindre intention de lui être infidèle. Tout ce qu’elle voulait c’était tenir compagnie à une amie célibataire qui ne voulait pas passer la soirée seule. Ce n’était qu’une soirée de toute façon, quel mal est-ce que ça pouvait faire ? Une larme roula le long de sa joue pour venir mourir sur ses lèvres au souvenir amer de l’enfer qu’elle avait vécu tout au long de la nuit. Le Seigneur avait eu une manière de la remettre à sa place qui ne laissait pas de place au doute. Elle avait menti à Aaron, elle s’était menti à elle-même. Ce soir là, et tous les autres soirs depuis l’ouverture du studio de danse. Elle avait à nouveau péché en se montrant égoïste, incapable de faire face à la possibilité que l’homme dont elle était tombée amoureuse en silence en aime une autre, incapable de le laisser partir parce qu’il était devenu un besoin plus qu’un désir pour elle, incapable de mettre son propre bien avant le sien. Et elle l’avait payé cher. À peine s’était-elle installée à sa table de speed dating que ses mensonges lui avaient explosé au visage, la laissant mortifiée et à vif. Mais comme une seule punition ne suffisait pas, elle avait eu le privilège de faire la connaissance du personnage le plus grossier qu’elle avait jamais rencontré qui n’avait fait qu’anéantir sa maigre confiance en elle.

Avec le soutien d’une bouteille de vin, elle avait réussi à tenir le reste de la soirée, croisant le chemin d’hommes qui auraient peut-être pu être intéressants, qui auraient peut-être pu s’intéresser à elle, mais dont elle ne gardait aucun souvenir. Elle ne pouvait plus penser à rien d’autre qu’à Aaron, à la possibilité que tout était fini et qu’elle était tout simplement trop fière ou trop amoureuse pour le voir. Quand au juste avait-elle perdu le contrôle sur ses émotions ? Quand est-ce que la jalousie avait réussi à se glisser à nouveau dans son cœur pour l’envelopper de toute sa noirceur et la réduire au silence ? Toutes les relations qu’elle avait ne pouvaient que mal tourner. Elle avait perdu Cassandra une fois à cause de ce silence et de cette peur qui l’avaient rongée de l’intérieur jusqu’à exploser et déchirer leur amitié. Le même sort attendait-il sa relation avec le danseur ? Tourmentée par ces interrogations permanentes, elle n’avait pas dormi de la nuit. Pour survivre à sa journée au lycée, la jeune professeur avait donné des pop quizz qu’elle tenait toujours à disposition à toutes ses classes, incapable d’articuler un cours qui fasse sens. Elle avait l’impression d’être une poupée de chiffon dans laquelle on avait enfoncé une multitude d’épingles. Sa séance d’entraînement était censée la tirer de cet état de torpeur et de culpabilité, mais même la routine la plus intensive de son entraînement n’avait pas réussi à amenuiser ce sentiment de se noyer dans son propre désespoir. Elle était mauvaise par essence. Elle pouvait toujours croire qu’elle était maîtresse de son destin, qu’elle pouvait changer, mais elle se trompait, et Dieu venait de lui en apporter la preuve.

Ses épaules secouées de sanglots maintenant, Ashandra poussa de toutes ses forces sur ses pieds pour se relever. Elle arracha son t-shirt à manches longues en se précipitant dans sa chambre où elle quitta également son pantalon et ses baskets. Elle avait besoin de sortir de là. Elle avait besoin de parler à quelqu’un. Quelqu’un qui ne la jugerait. Qui ne jugerait pas Aaron. Quelqu’un qui pourrait l’aider à respirer. À dépasser ses peurs. Séchant ses larmes en respirant aussi lentement qu’elle le pouvait, elle passa une robe bleu nuit qu’elle couvrit d’un pull distendu par quelques lavages de trop qui dévoilait l’une de ses épaules et tombait sur le bas de ses hanches. Ses gestes étaient précipités, fébriles presque, et malgré l’état de nerfs dans lequel elle était, elle saisit ses clefs de voiture et descendit les escaliers pour sortir dans la rue où l’air glacial lui rappela qu’elle n’avait pas enfilé de collants dans sa précipitation. La choriste ignora la sensation et se glissa derrière le volant de sa vieille voiture pour filer en direction de la banlieue. Elle savait exactement qui pourrait l’aider, et il ne lui restait plus qu’à prier pour que Warren Delacroix ne soit pas déjà occupé à jouer son rôle de shérif. Le trajet se passa dans un flou dangereux. Elle entendit deux ou trois coups de klaxon qui lui étaient probablement destinés mais poursuivit sa route, concentrée uniquement sur sa destination. Arrivée devant la maison du shérif, elle coupa le contact et dérégla son rétroviseur intérieur pour observer un instant son reflet. Même dans la pénombre de l’habitacle elle pouvait voir que son teint était plus pâle que d’ordinaire, ses yeux rougis et ses traits fatigués. Elle ne voulait pas se donner en spectacle de la sorte à Warren, elle ne voulait pas lui imposer sa dose de paranoïa divine et de psychoses. Maintenant qu’elle était devant sa porte, tout le courage qui lui avait donné la force de se traîner jusqu’à la banlieue s’évaporait. Peut-être qu’elle pouvait simplement entrer une petite minute pour le voir. Elle pouvait inventer quelque chose concernant le duo qu’ils avaient commencé à travailler.

Après avoir replacé quelques mèches de cheveux derrière ses oreilles, Ashandra sortit de la voiture et pressa le pas jusqu’à la porte d’entrée pour sonner un coup bref qui resta un temps sans réponse. Il était déjà presque minuit, il était peut-être déjà couché. Elle n’aurait pas dû venir. Il ne voudrait plus entendre parler d’elle s’il voyait la personne horrible qu’elle était en réalité. Serrant les poings, les yeux rivés sur le pas de la porte, elle s’apprêtait à faire demi-tour pour retourner à son véhicule et repartir lorsqu’elle vit le bois disparaître de son champs de vision, remplacé par deux pieds nus. Son soulagement se teinta immédiatement d’angoisse et avant que le shérif ne puisse ouvrir la bouche elle se lança dans la récitation de phrases toutes faites qu’elle avait répétées en attendant : « Je suis désolée de venir si tard, je sais qu’il est tard, j’ai eu une idée pour notre duo, je pensais… » Elle s’étrangla au milieu de sa phrase, et le reste de son discours soigneusement préparé s’effaça de son esprit pour n’y laisser qu’une cacophonie inaudible. Ses yeux se fermèrent, faisant disparaître la pellicule humide qui les bordait déjà et avant d’avoir pu réfléchir à ce qu’elle pouvait faire ensuite, elle percuta le corps du géant blond de toutes ses forces et l’entoura de ses bras pour se serrer contre sa chaleur rassurante, sa voix étouffée contre lui, elle ne put murmurer que son prénom. « Warren… »
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MessageSujet: Re: 04. [Delacroix's] Another love   Dim 30 Mar - 3:22

Au final, sans ce fameux coup de fil...Warren n'aurait jamais fait attention à la date.

Ce n'était pas vraiment son genre de faire attention à ça et ses journées dans le fond étaient très simples, soit il travaillait, soit il pouvait rester quelques secondes de plus dans son lit. Chose qu'il ne faisait pas car il était complètement incapable de rester en place plus de cinq minutes. Plus jeune, cela avait constitué un véritable problème, on avait longtemps pensé qu'il était hyperactif, après tout, Warren était toujours le premier à se lever pendant que ses professeurs étaient toujours en train de parler, le petit garçon qu'il avait été était beaucoup plus intéressé par l'idée de pouvoir aller dehors et courir plutôt que de devoir s'asseoir bien sagement à son bureau et attendre le moment approprié. Et à cette époque là, c'était toujours sa mère qui affrontait les médecins et autres experts avec son sourire impeccable sur le visage, et ses yeux bleus et ses cheveux blonds si similaires à ceux de son dernier fils. On le lui avait souvent dit, il ressemblait à sa mère, que ce soit niveau physique ou même dans l'attitude, chose que Warren avait toujours eu beaucoup de mal à concevoir, pas sa mère à lui qui insistait toujours pour qu'ils dînent à huit heures tapantes et avant une prière bien sûr. Oh mais elle était comme toi quand elle était plus jeune, lui avait souvent répété son père face à l'adolescent rebelle et plus que débridé qu'avait été Warren dans sa jeunesse. Tout ça lui manquait, les anecdotes de son père, les incessantes disputes avec sa mère, tout lui manquait, constamment, en permanence, il ne savait pas vraiment qui avait décrété que le deuil devenait plus supportable avec le temps mais... là encore et en langage Warren s'il vous plaît, c'était juste un tas de conneries. Et c'était généralement une part de lui même qu'il arrivait très bien à ignorer, oui, ses parents étaient morts, mais il n'y pensait pas en permanence, il ne s'apitoyait pas sur son son sort et il n'était pas rongé par ce simple fait. Jusqu'à aujourd'hui, non vraiment, si Alba ne l'avait pas appelé, il aurait tout simplement... oublié? Oui, qu'on le lui pardonne, il n'avait pas fait de croix sur son calendrier et il n'avait pas passé le mois de Février à se morfondre parce que... Eh bien parce que l'anniversaire de sa mère approchait à grand pas.

Et très franchement, il s'était senti complètement stupide en recevant ce coup de fil à l'heure du déjeuner, là, en plein milieu du commissariat. Il avait oublié, tout simplement, il avait eu l'esprit ailleurs, beaucoup trop occupé à jongler entre la station de police, les répétitions avec les Second Chances et Glenn. Et... il avait oublié que c'était aujourd'hui, le jour fatidique, et quand Alba lui avait demandé s'il allait bien il avait eu l'audace de répondre oui et même d'ajouter un léger rire avant de demander comment allait ses neveux et sa nièce. Et puis elle lui avait posé la fameuse question, elle avait voulu savoir si elle devait également déposer un bouquet de fleurs pour lui sur la tombe de leur mère. Le déclic s'était automatiquement fait et Warren avait senti sa gorge se serrer. "Warren... Warren? Are you still here?" Oui, il était là, toujours là à l'autre bout du fil et il avait fini par hocher la tête avant de réaliser que sa soeur ne pouvait pas le voir, il avait tout simplement dit oui avant de s'excuser et de dire qu'il devait retourner au travail. Le reste de la journée lui paraissait totalement flou et pour être honnête il ne se souvenait de rien, il avait la tête complètement vide et il ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer Alba et Peter sur la tombe de leur mère. Ils étaient les seuls Delacroix à être resté à la Nouvelle-Orléans, Amelia comme Warren avaient fuit la ville et ce depuis l'ouragan qui avait détruit la ville et leur famille. Warren ressentait toujours un certain malaise dans sa ville natale et à dire vrai il ne s'était pas rendu sur la tombe de ses parents ni sur celle de Louis, l'aîné de la fratire depuis le jour de l'enterrement. Il ne pouvait tout simplement pas, après tout ce qu'il avait vécu dans sa vie, après l'armée, après son divorce raté, même après tout ça il ne pouvait tout simplement pas. Il ne pouvait pas juste ignorer le fait que cela aurait du être lui qui devait se trouver avec ses parents cette fameuse nuit et pas Louis. Il ne sut pas vraiment comment il finit chez lui en fin de compte, peut être que Glenn lui avait envoyé un message pour savoir quels étaient ses plans pour la soirée et peut être qu'il lui avait dit qu'il avait des patrouilles à faire ce qui était un mensonge soit dit en passant mais Warren n'était pas certain de pouvoir affronter le styliste et ses éventuelles questions sur l'expression qu'il avait sur le visage. Il avait juste besoin de se concentrer sur autre chose, c'est ce que se disait Warren tandis qu'il tournait la clé dans la serrure de la porte.

S'effondrer sur son lit semblait être une bonne option mais il ne se faisait pas assez confiance pour cela, la dernière chose qu'il voulait faire c'était déprimer aussi, il préféra abandonner son uniforme pour son jean préféré, à savoir celui avec les deux trous aux genoux et que son cher petit ami avait menacé de jeter à plusieurs reprises. Et, tentant d'être un minimum raisonnable, le policier ne céda pas à son envie de se rendre au stand de tir pour se défouler au lieu de quoi il alla tout simplement dans sa cuisine. Et oui, il allait parfaitement bien, il allait juste se concentrer sur quelque chose d'autre et oublier son portable qui vibrait dans sa poche. Ça devait probablement être Amelia, ou Glenn... Peu importe, l'un dans l'autre, il n'avait pas envie de parler à qui que ce soit là tout de suite. Il savait ce qu'Amelia allait lui dire, le même discours chaque année, que ce n'était pas de sa faute et blablabla... Il avait le droit de se sentir coupable juste pendant une journée, juste pour une petite heure, il avait le droit de s'en vouloir parce que la dernière conversation qu'il avait eu avec sa mère, leur mère, était encore une dispute et que c'était encore Louis qui était venu jouer les intermédiaires entre les deux. Le sujet de la dispute? Il ne s'en rappelait pas, il avait juste raccroché, agacé au possible et il était parti se coucher. Il n'avait pas prévu l'ouragan des jours plus tard, il n'avait pas prévu de se retrouver devant son poste de télévision à contempler des images de chez lui, de sa ville, complètement détruite. Alors oui, juste pendant quelques heures, Warren voulait qu'on le laisse tranquille et puis cuisiner était facile, il n'avait pas besoin de réfléchir. Tellement absorbé dans ce qu'il faisait, à savoir, mesurer de la farine, il n'avait pas vu les heures défiler aussi quand sa porte d'entrée sonna, il se dit que ça devait être Glenn qui avait décidé de passer au final. Sauf qu'en regardant son micro onde il se rendit compte qu'il était bientôt minuit. Wow, se dit Warren en reposant le paquet de farine avant de se diriger vers la porte d'entrée. Il était tellement certain de voir Glenn qu'il ne songea pas à se vêtir un peu plus et quand il ouvrit la porte et qu'il se retrouva avec Ashandra pressée contre son torse... Warren fut plus que surpris. Pendant une fraction de secondes il fut incapable de bouger, avant de réaliser que premièrement il avait une Ashandra plus que paniquée dans les bras et que ensuite, il devait sûrement faire quelque chose. Sortant enfin de sa torpeur, il passa ses bras autour de la jeune fille, lui caressant le dos dans un geste qui se voulait réconfortant.

"Hey shh.. it's fine, I'm here." Ils restèrent ainsi pendant une longue minute, Warren ne réalisant pas même pas dans le fond que lui aussi avait besoin de cette étreinte. Il finit par s'écarter, légèrement à contre coeur et il fit de son mieux pour offrir un sourire à la brune.  "Allez ne reste pas sur la porte, rentre..." Warren s'écarta pour la laisser passer et il ferma la porte derrière elle avant de la guider vers la cuisine. Qui était plus que remplie... La table et les différents plan de travail étaient occupés par les essais de Warren et même... les chaises?, non, il ne s'était pas du tout laissé emporter. "Comme tu peux le constater, je n'étais pas vraiment en train de dormir." commenta Warren avec un léger rire, se grattant l'arrière du crâne. Lui nerveux? Absolument pas, il n'était jamais nerveux, il n'avait aucune raison de l'être. Il tira une chaise, retira la tarte aux pommes qui reposait dessus pour la poser... dans l'évier tiens, ce serait très bien, avant de se tourner vers Ashandra. "Tu as déjà mangé?... Je crois que j'ai de quoi faire. Ou alors tu peux directement me dire la raison de ta venue... Et la véritable raison, on sait tous les deux que tu n'es pas là juste pour parler de notre duo qui sera forcément parfait puisque qu'il s'agit de toi et moi." Il faisait de son mieux pour la faire rire mais un seul regard posé sur la jeune femme et il avait l'impression d'être revenu des mois en arrière, lors de leur première rencontre quand il avait été le seul policier qui avait bien voulu l'écouter défendre son frère. "Come on Moon I know that face, tell me what's wrong..."
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MessageSujet: Re: 04. [Delacroix's] Another love   Mer 16 Avr - 22:56

La chaleur rassurante et la délicieuse odeur sucrée qui émanaient du corps de Warren avaient quelque chose de si réconfortant qu’Ashandra ne réalisa pas immédiatement qu’elle était blottie contre le torse nu du policier. Mais lorsqu’elle se rendit compte que c’était sur la peau du shérif que ses doigts glissaient, elle ne se dégagea pas de son emprise soudainement prise de honte mais prit simplement garde de ne pas le griffer, adoucissant la prise qu’elle avait sur lui. Elle qui avait si longtemps redouté toute forme d’intimité n’aurait jamais pu croire qu’elle y trouverait un jour de quoi apaiser ses plus grandes peurs si on le lui avait dit ne serait-ce qu’un an plus tôt. Et pourtant, le contact tendre des bras forts de Warren autour d’elle, les gestes lents de sa main contre son dos, le murmure grave de sa grosse voix qui lui assurait que tout irait bien firent se serrer sa poitrine et elle dut résister de toutes ses forces pour ne pas se laisser aller une fois de plus aux larmes. Que de choses s’étaient passées en un an. Elle n’avait presque plus rien à voir avec la jeune femme timorée et sans assurance qu’elle était. Elle n’avait plus aussi peur d’aller à la rencontre des autres, d’affirmer ses opinions, d’oser vivre pleinement, sans autre restriction que celle de sa pudeur naturelle. Elle avait cru perdre Cassandra définitivement pour finalement parvenir à renouer leur relation de manière plus saine et plus forte, et même la laisser emménager dans la seconde chambre vacante de son appartement. Elle avait trouvé en Norah et Warren des amis fidèles capables de la sortir de sa zone de confort sans jamais la contraindre à faire ce dont elle n’avait pas envie. Elle s’était libérée de l’emprise de sa mère qui continuait à s’enfouir sous une couche de mensonges et de manipulations, entraînant tout ceux qui l’entouraient avec elle, ignorant le départ de son fils cadet et le vide que celui-ci avait laissé dans leur famille déjà brisée. Et surtout, elle ne s’était jamais sentie aussi épanouie que depuis qu’elle avait rencontré Aaron. Malgré la disparition de Damon et l’absence de Cassandra, le danseur avait réussi à combler ce vide qu’elle ressentait en l’initiant à de nouvelles choses, à de nouveaux sentiments dont elle ne se pensait pas capable. Elle avait cru changer pour de bon, laisser le passé derrière elle, avec ses démons. Elle s’était de toute évidence trompée.

L’afro-américaine se recula immédiatement lorsque Warren esquissa un mouvement de retrait, relevant ses prunelles sombres pour trouver le regard anormalement peiné du shérif. Son sourire d’ordinaire si contagieux était bien maigre, et n’atteignait pas ses yeux. Ses traits avaient l’air plus tirés que d’ordinaire, lui donnant une expression presque vide qui n’avait de toute évidence rien à voir avec les nouvelles qu’Ashandra était sur le point de lui annoncer. Se mordant l’intérieur de la joue à l’idée d’avoir pu mal tomber en venant accabler son ami avec ses propres tracas alors qu’il semblait déjà avoir assez sur son assiette, la jeune professeure pénétra malgré tout dans la grande maison attendant sagement dans le vestibule qu’il lui montre le chemin. Lorsqu’ils arrivèrent finalement dans la cuisine, la mâchoire de la jeune femme tomba devant le cataclysme pâtissier qui s’y était produit. Peu importe où elle posait ses yeux, elle pouvait y trouver des muffins, des tartes, des cookies, parfois empilés les uns sur les autres. Se tournant vers le nouveau choriste des Second Chances, ses yeux ronds comme des soucoupes et très clairement interloquée par ce débordement d’activité nocturne qui ne signifiait certainement rien de bon, elle n’osa pas s’aventurer à poser des questions. « Je vois… » se contenta-t-telle de remarquer en s’installant prudemment sur la chaise qu’il venait de libérer, croisant ses mains sur ses genoux à défaut de pouvoir les poser sur la table devant elle. L’assurance du shérif et la manière dont il avait bien sûr vu clair dans son jeu lui arrachèrent un petit rire nerveux dont elle ne se serait pas crue capable quelques minutes auparavant. Le regardant timidement par dessous ses cils avant de parcourir une fois de plus la cuisine bondée de plats divers, elle secoua la tête. « Je n’ai pas très faim. » se contenta-t-elle de commenter, pinçant ses lèvres pleines l’une contre l’autre en reportant son regard sur ses genoux. Elle était venue pour enfin mettre des mots sur tout ce qui la torturait depuis l’ouverture de Duo Dance, et se libérer de cette horrible Saint Valentin mais maintenant que le moment était venu, elle restait muette comme une carpe. Oh elle aurait voulu se gifler elle-même d’être si stupide. L’embarras était déjà présent, elle avait juste à se jeter à l’eau, ça n’avait rien de bien compliqué. Mais mettre des mots sur ce qui se passait avec Aaron allait rendre les choses officielles. Et elle ne pourrait plus faire marche arrière cette fois.

Sans doute troublé par le silence de la jeune femme alors qu’elle était elle-même venue le trouver, et perturber sa folie pâtissière, Warren finit par la pousser à parler avec toute la délicatesse dont il savait parfois faire preuve et qui contrastait cruellement avec son apparence. La choriste retint son souffle une seconde avant de se lancer finalement en évitant soigneusement le regard de son ami. « Je… C’est à propos d’Aaron. » commença-t-elle d’une petite voix, qu’elle éclaircit pour se donner plus de courage. Ne sachant par où commencer et souhaitant soudain sortir tout ce qu’elle avait sur le cœur pour être débarrassée de ce poids, elle se mit à parler à toute vitesse sans s’assurer que le blond comprenait vraiment ce qu’elle racontait. « Je crois qu’il est encore amoureux de son ex petite amie, et je crois que c’est Santana Lopez. Et je suis sûre que c’est une fille très bien maintenant, parce que tout le monde change, et que j’ai changé aussi, enfin je pensais que j’avais changé, mais… mais si tu savais ce que j’ai enduré au lycée à cause d’elle. Et ça il ne peut pas le savoir, parce que je ne lui en ai jamais parlé en détails. Il sait… Il sait que j’ai toujours été… réservée, et que le lycée n’a pas compté parmi mes meilleures années. Mais je ne lui ai jamais parlé d’elle, alors il n’avait pas de raison de me cacher qu’il la connaissait. Mais je les ai vus au studio. Il dansait avec elle, et ils allaient tellement bien ensemble Warren, ils étaient… Ils avaient l’air du couple parfait. Alors que moi… Et il ne m’a jamais rien dit ! Et… Et… Et je suis allée à cette stupide soirée speed dating avec Norah hier alors qu’il voulait qu’on passe la Saint Valentin ensemble. Mais j’y suis allée, et c’était horrible, et j’ai été idiote, mais j’avais peur de me retrouver en tête à tête avec lui parce que j’ai peur qu’il rompe avec moi et que je crois que je suis amoureuse de lui. » Enfouissant son visage dans ses mains en reprenant une profonde inspiration, Ashandra termina sa tirade cachée derrière un rideau de boucles, reposant ses mains tremblantes sur ses genoux. « Je ne savais pas à qui d’autre en parler, tu es… Tu es le premier à qui j’ai pensé, et je suis désolée Warren, je… Je ne sais pas pourquoi tu as fait tous ces gâteaux, mais ce n’est probablement pour les apporter aux sans domiciles de la LPA, et si j’avais su que tu voulais être seul je… je ne serais pas venue. »
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MessageSujet: Re: 04. [Delacroix's] Another love   Mar 29 Avr - 6:24

Peut être qu’au final, c’était une mauvaise idée. Quand il s’agissait d’apporter du réconfort à quelqu’un ou même de s’ouvrir un minimum… Le sourire que Warren affichait d’ordinaire si facilement finissait par disparaître et il n’y avait plus personne. Écouter ça, il pouvait faire, sans aucun problème, mais il ne pouvait s’empêcher de douter de ses propres capacités à aider quelqu’un dans un moment difficile. Et pourtant c’était lui qui incitait Ashandra à parler. Mais alors quoi? Il n’allait pas lui claquer la porte au nez et lui dire de revenir le lendemain parce que non, ça il ne faisait tout simplement pas. Non, bien au contraire, il était là dans sa cuisine à faire semblant de sourire parce qu’il tenait à elle, probablement plus qu’il ne l’admettrait jamais à voix haute et également parce qu’il était près de minuit et que cette horrible journée allait bientôt se terminer, s’il pouvait commencer le jour suivant par une conversation avec Ashandra, le blond était plus que preneur. Il ne savait vraiment pas à quoi s’attendre, honnêtement, d’après ce qu’il avait pu déduire la vie de la jeune femme était au moins aussi compliquée que la sienne… Au moins, et dans l’esprit de Warren, cela ne pouvait pas être une bonne chose, au contraire. Il avait déjà dix milles scénarios en tête, tous concernant le frère de la brune, pas de signe de lui depuis longtemps, et si.... et s’il avait soudainement réapparu? C’était une possibilité qu’il ne pouvait s’empêcher de considérer, à dire vrai, il était quasiment que c’était Damon qui était responsable des larmes d’Ashandra qu’il fut surpris, oui surpris quand elle reprit la parole, lui confiant qu’il s’agissait d’un problème hautement plus personnel. Oh… Alors là, pas de doute, on était bien du domaine de compétences de Warren mais il conserva le silence et il laissa la brune vider son sac, littéralement et verbalement, le blond fronçant de plus en plus les sourcils à chacune de ses phrases. S’il comprenait toute l’affaire, et qu’on le pardonne s’il omettait certains détails il n’avait eu que trois tasses de café aujourd’hui, Ashandra doutait. Elle doutait de sa relation avec Aaron et elle avait peur de le perdre. La question la plus évidente évidemment c’était… comment est-ce qu’elle avait fini dans la cuisine de Warren? Là encore, il était mal placé pour lui faire ce genre de reproches, ce n’était pas comme si lui même disait à Glenn tout ce qui lui passait par la tête… Oh que non, c’était même carrément le contraire dans un certain sens il comprenait plus que jamais l’autre choriste.

Non mais vraiment, ils faisaient bien la paire pas vrai? Il s’approcha instinctivement d’elle alors qu’elle enfouissait son visage entre ses mains, une partie de lui ne pouvant supporter de la voir ainsi et le blond avait déjà posé une main sur l’épaule d’Ashandra, ne sachant pas s’il pouvait faire autre chose là tout de suite. Elle marquait un point, il ne s’était pas lancé dans ce remake de hell’s kitchen tout ça parce qu’il s’ennuyait. Pourtant, en voyant sa cuisine aussi… remplie dira t-on, Warren se contenta d’hausser les épaules. Il ne voyait même pas par où commencer et il ne savait même pas s’il avait envie de parler de ses problèmes à lui, c’était probablement une très mauvaise idée et puis il n’avait pas envie de voir ce regard qu’il détestait tant sur le visage d’Ashandra. Non, il n’avait pas besoin de pitié maintenant, définitivement pas maintenant il voulait juste… Warren ne put stopper le soupir qui s’échappa de ses lèvres tandis qu’il haussait de nouveau les épaules.  « Franchement… Est-ce que j’ai l’air de quelqu’un qui veut passer sa soirée tout seul… Hmm? » Au moins, la réponse à cette question là était plutôt facile à trouver, non, Warren ne voulait pas être seul, pas maintenant. Dire qu’il ne se faisait pas confiance était un doux euphémisme et n’importe quelle personne censée lui aurait certainement conseillé d’aller en thérapie depuis longtemps. Non mais sérieusement, Warren avait tout du parfait psychopathe, que ce soit sa taille, ou le fait qu’il connaisse beaucoup trop de manières de pouvoir mettre fin à la vie de quelqu’un ou même le fait qu’il soit autorisé à avoir une arme. Lui, of all people. Bref, pas une bonne combinaison, définitivement pas une bonne combinaison mais pas besoin de penser à ça tout de suite. Il allait bien.  « Ne t’inquiète pas trop pour moi okay… C’est juste… temporaire on va dire. Je serai en pleine forme demain… Pas de soucis là dessus. » Et l’oscar du meilleur acteur ne… revient pas à Warren Delacroix, non, dommage. Mais c’était tout ce qu’il pouvait dire de poli et d’aimable là tout suite et c’était sa manière à lui de dire: non mais j’ai beaucoup trop de problèmes et on ne va définitivement pas se pencher sur les miens parce que sinon, on y est encore dans… dans… La fin du monde était prévu pour quand déjà? 2012? No really, let’s not.

« Et… On va reprendre depuis le début d’accord? » Ceci étant dit, Warren ouvrit son frigo pour sortir un pot de glace à la vanille, seul vestige de sa déprime d’il y a deux mois et il fit un peu de place sur la table, avant de tendre une cuillère à Ashandra, c’était bien connu, la glace, ça aidait à penser. « Tu les as vu danser ensemble rien d’autre pas vrai? Je pense qu’il n’y a pas de quoi tirer de véritables conclusions et puis… Aaron a toujours été honnête avec toi et sur ce qu’il ressentait pour toi … Et puis entre nous, il est avec toi, pourquoi est-ce qu’il aurait envie de voir ailleurs… Et s’il le fait c’est juste que c’est un abruti fini, voilà tout… » Warren avait dit ça de ce ton sans équivoque, un peu je m’en foutiste que certains détestaient tant, son accent, sans doute à cause de la fatigue et du stress, beaucoup plus audible que d’ordinaire. Il était penché sur la table, ses deux coudes reposant dessus tandis qu’avec sa cuillère il jouait avec la glace, à peine conscient qu’il était juste en train de tout réduire en bouilli en fait… Il réfléchissait à toute vitesse à la recherche des bons mots, essayant de jouer son rôle de confident du mieux qu’il le pouvait.  « Tu devrais aller le voir et juste… lui dire tout ce que tu ressens, ce sera le seul qui sera en mesure de chasser tes doutes… » Il était à moitié convaincu par sa propre phrase et il se traita mentalement d’hypocrite se disant qu’il devrait probablement suivre ses propres conseils et appeler Glenn. Oui et ensuite quoi? Hmm… Non, mauvaise idée. Il finit par laisser tomber sa cuillère, se passant une main dans les cheveux. « Mon dieu, je suis désolé, je crois que tu as choisi la pire personne de tout Lima pour te remonter le moral. Tout ce que j’essaye de te dire c’est que tu es une fille géniale et ça devrait être suffisant voilà tout.  »
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04. [Delacroix's] Another love

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