Choriste du mois


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 04. Recovery

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MessageSujet: 04. Recovery   Lun 14 Avr - 0:43

Elle n’allait pas venir.

Assis seul face à son casier ouvert dans les vestiaires de la patinoire, Wyatt prit une profonde inspiration pour tâcher de retrouver un peu de contrôle sur son rythme cardiaque qui crevait le plafond et s’empêcher de céder à la panique. Tout était prêt. Il avait passé des heures à arranger jusqu’au moindre détail pour que tout soit exactement comme il l’avait imaginé lors de l’une des nuits blanches qu’il avait passées à se tourmenter avec les choses qu’il aurait dû faire pour reconquérir Charlie, et maintenant que l’heure du rendez-vous qu’il lui avait fixé n’était plus qu’à quelques minutes, il perdait toute confiance en son scénario. Son acharnement à croire que sa démarche un brin désespérée pourrait réparer ce qui avait été brisé entre eux allait bientôt se voir couronner d’échec, et il n’avait pas la moindre idée de comment il pourrait surmonter ça. Chaque journée passée à se complaire dans l’idée qu’il pouvait vivre sans elle avait été une déchirure dont il avait ignoré la douleur jusqu’à ce que Lexie Preston vienne crever l’abcès en le mettant face à ses propres contradictions, ruinant par là-même tout espoir de maintenir cet équilibre précaire d’ignorance et de stupidité grâce auquel il avait subsisté pendant cette séparation d’avec une partie de lui. Il ne supporterait pas de savoir que tout espoir était vain et qu’il n’avait plus qu’à se résigner, à lui rendre ses valises et à avancer. Il ne pouvait pas se résigner. Elle était à lui. Il ne pourrait jamais plus se donner à une autre comme il s’était abandonné à elle. Peut-être qu’elle ne l’avait pas aimé comme il l’avait aimée, et peut-être qu’elle n’avait pas envie de colmater la brèche béante qui les avait séparés, mais il ne pouvait plus soutenir l’incertitude.

Le médecin se savait arrogant, mais il n’avait jamais imaginé que ce trait de sa personnalité le mènerait ainsi à sa propre décadence. C’était de sa faute s’ils en étaient arrivés là. Il avait eu l’audace de croire que son amour inconditionnel pour ce brin de fille était réciproque, et que rien ne pourrait l’atteindre. La chute avait été rude, et il lui avait fallu plus de trois mois pour renoncer à se protéger et mettre son ego de côté en osant faire le premier pas. Un premier pas qui semblerait sans doute timoré à première vue pour Charlie, mais qui lui avait demandé des jours de préparation.
Il avait dû s’abaisser à discuter de sa vie privée avec le coach de l’équipe de hockey qu’il avait rejointe dans le seul but d’obtenir les clefs de la patinoire qu’il privatisait pour la soirée avec l’aide du seul agent de sécurité de service qui avait par ailleurs été grassement payé pour se faire discret. Il avait convaincu l’un des plus anciens membres de l’équipe de faire jouer ses relations pour obtenir un équipement complet à la taille de la jeune femme, beaucoup plus menue que les autres joueurs amateurs dont il partageait le banc, dévoilant à nouveau le secret de ce cœur brisé qu’il avait tenté de ressouder sous une vague d’exercice physique, de travail et de chant tout en niant son existence. Oh comme il avait détesté chaque seconde passée sous les regards ébahis de ses interlocuteurs qui ne le voyaient sans doute que comme ce joueur agressif et sans pitié sur le terrain qui gardait sa vie privée très privée, incapable de sentiments. Wyatt n’avait pas pour habitude de s’étendre sur son ressenti. Il était homme d’objectivité et d’analyses, droit, confiant, déterminé. Il ne voulait pas avoir l’air faible. Il ne voulait pas de leur pitié, ou de leur compassion. Ce qu’il vivait ne regardait personne d’autre que lui, et Charlie. Il ne voulait pas avoir à mettre des mots que d’autres n’étaient pas en mesure de comprendre sur sa relation avec la brunette. Le gynécologue avait donc serré les dents et enduré ces épreuves sans broncher, se répétant tel un mantra que tout ceci était nécessaire. Si Charlie venait, si elle l’écoutait, alors ce ne serait qu’un maigre prix à payer.

Ses paumes étaient déjà moites avant même qu’il n’ait enfilé ses gants, et le col de son jersey lui donnait l’impression d’étouffer. Il ne restait plus que deux minutes avant vingt-et-une heures. Deux minutes d’agonie supplémentaire et il saurait avec certitude si la journaliste avait encore le plus petit intérêt pour lui. Il n’avait même pas eu le courage de l’appeler, de peur qu’elle décroche et qu’il ne sache pas la persuader de venir le retrouver après son entraînement. Il avait répété ce qu’il voulait lui dire des dizaines de fois dans sa tête, modifiant quelques tournures syntaxiques, soignant son vocabulaire, avant de tout abandonner pour revenir à une version moins guindée de son grand discours, et puis finalement d’envoyer un simple SMS ne contenant qu’une invitation des plus sommaires à la patinoire le soir-même à vingt-et-une heures précises. Mais pourquoi, au juste, viendrait-elle ? Simplement parce qu’il lui avait envoyé un message ? Ça relevait du pur fantasme. Elle avait fui dans la neige pour ne pas le voir, et il espérait naïvement qu’elle allait venir le retrouver de son plein gré ? Quittant finalement les vestiaires, ses patins à la main, pour retourner sur les bancs de l’équipe de Lima où le reste du matériel qu’il avait préparé était déjà installé, Wyatt calqua sa respiration sur la cadence régulière de ses pas. Quelle avait pu être sa réaction en découvrant son nom sur l’écran de son téléphone ? Avait-elle supprimé le message sans en lire le contenu ? Avait-elle décidé de l’ignorer ? Ou bien avait-elle cédé à la tentation de suivre ses ordres ? Dans sa couardise, le médecin n’avait pas pu s’assurer qu’elle avait effectivement pris connaissance de son invitation et s’imposait donc ces longues secondes de torture qui s’égrenaient au goutte à goutte. Le purgatoire qui précéderait sa chute dans les enfers, ou bien…

Il avait décidé d’attendre assis sur le banc, le regard rivé sur la porte qu’elle devrait franchir si elle fait choisi de venir le retrouver, mais la vue de l’étendue de glace scintillante le poussa finalement à se glisser dans ses patins et à s’engager dans l’arène vide avec sa crosse. Guidant le palet distraitement sur la patinoire silencieuse, Wyatt l’envoya finalement en direction du filet avant de se laisser glisser jusqu’à la paroi de plexiglas contre laquelle il s’arrêta en la percutant en douceur. Sa montre était cachée par ses gants, mais il sentait qu’il était l’heure. Et qu’elle n’était pas là. Ses paupières soudainement lourdes se refermèrent tandis que tout l’oxygène encore présent dans ses poumons semblait s’échapper de son corps pour le laisser amoindri et impuissant. Et maintenant ? Devait-il abandonner son plan initial pour la traquer en ville et la forcer à l’écouter ? Devait-il abandonner tout court ? Quelle était la chose juste à faire ? Était-ce aussi celle dont il avait besoin ? Dos à l’entrée, appuyé de tout son poids contre la vitre, le gynécologue croulait presque sous ses propres interrogations lorsqu’il perçut ce léger changement dans l’air. Avait-elle trahi sa présence par un bruit ou bien l’avait-il simplement reconnu parce que pour la première fois en trois mois il n’était plus si vide ? Peu importait.

Elle était venue.

Lentement, Wyatt fit demi-tour pour lui faire face et se laissa presque inconsciemment glisser jusqu’à la jeune femme, restant séparé d’elle par les vitres de protection. Ses yeux émeraudes rivés sur la choriste, il prolongea le silence qui l’écrasait pour l’absorber toute entière. « Tu es venue. » finit-il par murmurer presque incrédule, posant sa main contre le plexiglas.
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GANGSTA CHARLIE ► Whatever happens tomorrow, we had today.
Age : 25 ans.
Occupation : Assistante de Cassie chez les SC & Rédactrice.
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MessageSujet: Re: 04. Recovery   Mar 15 Avr - 11:51

Son poing frappa à nouveau le ballon de cuir. Reculant de quelques pas, elle prit son élan et repartit de plus belle. Un coup, deux coups, trois coups. Un coup, deux coups, trois coups. Elle contracta ses mâchoires et esquissa une grimace que le réveil de ses muscles forçait. Cela faisait trois mois qu’elle n’avait pas pratiqué ce type d’exercice, et de toute évidence ses bras maigrichons supportaient difficilement la reprise. Son placement était approximatif, sa frappe maladroite, et après seulement vingt minutes d’entrainement ses muscles hurlaient déjà de douleur. Mais elle ne voulait rien lâcher. Cet exercice lui avait manqué, et elle en avait plus besoin que jamais. Alors qu’elle avait toujours trouvé en la musique un exutoire lui permettant d’échapper à la réalité, ces derniers temps elle ne lui suffisait plus. En vérité, cela faisait trois mois qu’elle ne lui suffisait plus. L’alcool avait été un remplaçant brutal, et dans les litres de boisson consommées elle avait trouvé un certain réconfort, une façon de fuir les souvenirs chargés de regrets qui la hantaient depuis cette fameuse soirée d’Halloween. Pendant longtemps cette noyade progressive avait été apaisante, et la souffrance du lendemain matin, lorsqu’elle se réveillait à la Pension avec un mal de crâne féroce qui menaçait de lui exploser la tête, n’était rien en comparaison à celle que lui causait son cœur brisé. Mais après des mois passés à ressasser son malheur et à vider une bouteille dès que la douleur se rappelait à elle, elle voulait aller de l’avant et commencer par se défaire de cette emprise que l’alcool avait sur elle. Forte de cette nouvelle résolution, elle avait pris rendez-vous chez la psychologue à Columbus qu’elle consultait avant son arrivée à Lima et celle-ci lui avait conseillé de substituer l’alcool par un effort physique régulier qui lui permettrait d’évacuer sa rage. Son vieux punching-ball étant hors de sa portée puisqu’elle l’avait laissé chez son ex petit-ami, Charlie avait décidé d’en acheter un autre et après avoir obtenu l’accord d’Anna, elle l’avait accroché dans la cave de la Pension, où elle s’entrainait depuis trois jours.

Reculant à nouveau de plusieurs pas, la brunette coinça dans son élastique quelques mèches qui s’étaient échappées de sa queue de cheval  et sautilla sur place, prête à repartir à l’assaut. Dans son dos une brève sonnerie se fit entendre, son portable lui annonçant la réception d’un nouveau message, mais elle l’ignora, trop concentrée sur son punching-ball flambant neuf pour céder à l’appel d’une pause pourtant bien méritée. Fronçant les sourcils, elle fit craquer les jointures de ses doigts sous ses gants épais et s’élança. Les coups se succédèrent, toujours plus fort, toujours plus rapides, attestant de la colère de la choriste. L’image du visage de Grace se forma sur le ballon de sable et elle frappa sèchement, celui de Ruby lui succéda et elle poussa un petit cri de douleur alors que son poing s’enfonçait une nouvelle fois dans le ballon. La respiration haletante, des gouttes de sueur perlant sur ses tempes, elle grimaça et enchaina une douzaine de coups jusqu’à ce que ses muscles hurlent à l’unisson.  Epuisée, elle lâcha prise et s’écarta du ballon pour se pencher en avant et poser ses mains sur ses genoux afin de reprendre sa respiration. Malgré les courbatures qui la menaçaient déjà, elle se sentait libérée et son regard brûlant de détermination défia une dernière fois le ballon de cuir, une lueur victorieuse le perçant à la vue de l’objet. Se redressant lentement, elle retira ses gants et les posa dans un coin de la pièce puis se dirigea vers une chaise sur laquelle reposait sa serviette. Alors qu’elle se frottait le visage, une vague de soulagement la submergea : elle y était parvenue. Cela faisait cinq jours qu’elle n’avait pas bu une seule goutte d’alcool, et l’exercice lui faisait un bien fou. Si elle continuait, peut-être qu’elle parviendrait définitivement à remonter la pente… Peut-être qu’elle finirait par oublier le trou béant qui se creusait dans sa poitrine à chaque fois qu’elle pensait à ce qu’elle avait perdu…

Remarquant son téléphone portable sur la chaise, Charlie essuya ses mains sur la serviette et se pencha pour le récupérer, déverrouillant automatiquement l’écran par habitude. Le nom qui apparut alors sur son écran lui donna l’impression qu’on lui enfonçait un poignard en plein cœur. Elle hoqueta de surprise, ses yeux écarquillés déchiffrant à nouveau le prénom, comme s’il s’agissait d’une illusion. Wyatt. Son téléphone portable indiquait la réception d’un message envoyé par Wyatt. Sa respiration se bloqua instantanément et une pluie d’interrogations se déversa sur elle. Pourquoi la contactait-il ? Etait-ce une erreur d’envoi ? Une plaisanterie ? Le gynécologue prenait-il de ses nouvelles ? Non, probablement pas. Il voulait sûrement lui demander de récupérer ses affaires. Ou de récupérer Brownie, qui était restée dans l’appartement du centre-ville. Accusant le coup, Charlie s’assit lentement sur la chaise et fixa le téléphone, se sentant impuissante face à ce message venu de nulle part qui la faisait replonger dans les méandres de sa culpabilité. Soudain, ce n’était plus les trente minutes d’entrainement qui lui coupaient la respiration, mais bien l’apparition d’un nom bien trop familier sur son écran. Se mordillant l’intérieur de la joue, elle hésita à supprimer le message sans en vérifier le contenu. Après tous ses efforts réalisés pour oublier sa peine, voulait-elle vraiment s’asséner un nouveau coup ? Ce message ne pouvait être porteur de bonnes nouvelles, Charlie refusait de le croire. Si elle se permettait d’espérer, la chute qui suivrait serait d’autant plus difficile à surmonter. Pourtant, malgré sa raison qui lui soufflait d’effacer ce message, sa curiosité et son cœur lui hurlaient d’en découvrir le contenu. Elle avait tout perdu, alors que pouvait-elle risquer de plus ?

Après plusieurs secondes durant lesquelles son débat intérieur se poursuivit, Charlie poussa un long soupir et se décida enfin. Déverrouillant à nouveau l’objet, son doigt glissa sur l’écran et le message apparut.

*

Assise derrière le volant de sa Ford, Charlie se redressa lorsqu’elle vit plusieurs joueurs de l’équipe de hockey sortir de la patinoire. Son regard s’arrêta sur chaque visage mais ne reconnut pas celui qui l’intéressait le plus. Déçue, elle s’enfonça à nouveau dans son siège. Le rendez-vous que lui avait proposé Wyatt avait été une véritable surprise pour elle, mais elle ne parvenait encore à déterminer si elle était de bonne augure ou non. Après avoir passé l’après-midi à peser le pour et le contre, elle avait fini par céder à sa curiosité et avait conduit jusqu’à la patinoire, qu’elle observait déjà depuis vingt bonnes minutes. Wyatt lui avait demandé d’être là à vingt-et-une heures, et son portable lui indiquait qu’il était vingt heures et quarante minutes. Ce qui lui laissait encore une bonne vingtaine de minutes pour se décider.

Depuis trois mois, et plus particulièrement depuis qu’elle était de retour à Lima, Charlie redoutait de croiser son regard au détour d’une rue ou dans les endroits qu’ils avaient cotôyés lorsqu’ils étaient encore en couple. Son visage la hantait, s’imposait à elle jour et nuit, ne lui laissant pas le moindre répit. Qu’importe les efforts entrepris, elle ne parvenait pas à l’oublier et sa mémoire lui imposait sans cesse l’image de son regard vert dur comme de la pierre alors qu’il lui disait que tout était terminé. Que se passerait-il si elle décidait de le rejoindre ? Cette question lui revenait à chaque fois qu’elle s’imaginait céder à sa proposition. Au fond, elle savait déjà ce qui l’attendait : des sacs remplis de ses vêtements, et peut-être même Brownie, dans sa caisse, qui l’attendrait patiemment à côté de ses bagages. Et puis il y aurait Wyatt. Droit, froid et sévère, les traits impassibles. Beau comme un Dieu. Peut-être même qu’il ne serait pas là pour l’accueillir. Peut-être avait-il demandé à l’un de ses anciens camarades de l’équipe de hockey de déposer ses bagages dans l’enceinte de la patinoire pour qu’elle puisse les récupérer ? Le message qu’il lui avait envoyé ne portait pas la promesse d’un vrai rendez-vous, il lui demandait simplement d’être là à vingt-et-une heures, point.

La nuit tombait peu à peu sur la ville, et Charlie était toujours prisonnière de ses interrogations et de ses suspicions. Elle était effrayée à l’idée de passer le seuil de la porte de l’établissement, terrorisée à l’idée de ce qu’elle pourrait y trouver. C’était fini, il le lui avait dit. Elle l’avait entendu et ne l’oublierait pas, ne l’oublierait même jamais. Aussi décida-t-elle finalement de sortir de la voiture et de se diriger vers la porte de la patinoire, le cœur lourd, se faisant la promesse de rester totalement impassible s’il était là et de ne pas se bercer d’illusions, de ne pas fondre dès qu’elle apercevrait son visage –si toutefois celui-ci se présentait à elle. Elle serait forte. Elle devait l’être, céder n’était pas une alternative. Céder était banni. Posant une main tremblante sur la poignée de la porte, elle releva le menton et prit une profonde inspiration. Elle pouvait le faire. Elle n’avait pas le choix. Ses doigts activèrent lentement la poignée et elle entra dans la patinoire. Plissant les yeux, elle esquissa plusieurs pas avant de découvrir la silhouette de Wyatt sur la glace. D’abord dos à elle, il se retourna lentement dans sa direction et Charlie s’immobilisa à deux mètres des vitres de protection lorsqu’elle croisa son regard. Cessant de respirer, elle plongea ses mains dans les poches de son sweatshirt et le dévisagea alors qu’il avançait –ou plutôt glissait- vers elle. Sa promesse. Elle devait se la remémorer. Pourtant, elle n’avait pas vu les bagages, ni la caisse de Brownie. Rien. Juste Wyatt. Il s’arrêta alors face à elle et elle ne put s’empêcher de chercher une réponse dans son regard, de tenter d’y décerner la vérité. Qu’attendait-il d’elle ? Il n’avait pas l’air froid. Il n’avait pas l’air méfiant. Il avait l’air… surpris. Et les trois mots qu’il prononça la déstabilisèrent d’autant plus. Se mordillant la lèvre inférieure, elle déglutit avec difficulté et acquiesça d’un signe de la tête, demeurant malgré tout sur ses gardes, ne sachant pas quelle posture adopter.

Il était là, juste devant elle, et alors qu’elle s’était promis de se tenir éloignée de lui, elle peinait déjà à détacher son regard du sien. Dieu qu’il était beau.
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MessageSujet: Re: 04. Recovery   Sam 3 Mai - 21:29

Les vitres de plexiglas qui lui avaient jusqu’alors semblé être une protection contre le monde extérieur, bloquant les pensées innombrables qu’il avait sans cesse au sujet de Charlie le temps d’un match, d’un entraînement, lui semblaient à présent étouffantes. Il aurait voulu pouvoir passer au travers pour toucher Charlie, effleurer son beau visage du bout des doigts pour s’assurer qu’il ne rêvait pas et qu’elle était bien là, devant lui. Elle n’avait pas encore dit un mot, elle restait simplement là, les mains enfoncées dans les poches d’un sweatshirt qu’il ne connaissait pas. Mais comment aurait-il pu le connaître alors qu’il détenait tous ses vêtements ? Perdue dans des formes trop larges pour elle comme à son habitude, il ne pouvait pas voir si elle avait perdu du poids, si elle avait l’air en bonne santé, si les rumeurs qui couraient à son sujet étaient justes. Ses prunelles descendirent le long de sa silhouette avec inquiétude sans y trouver de réponse avant de retrouver l’ovale parfait de son visage et étudier de plus près son expression. Ses traits étaient fermés. Méfiants, même. Elle ne lui faisait pas confiance. Elle n’avait plus cette lueur dans le fond des yeux à chaque fois qu’elle croisait son regard qui reflétait celle qu’il embrasait sans doute ses iris verdoyants à cet instant. Dans la pénombre des gradins qui entouraient la patinoire, Wyatt devinait plus qu’il ne voyait réellement l’expression sur son visage, mais tout de suite son esprit allait aux pires conclusions. Elle ne l’aimait plus et ne voulais plus poser les yeux sur lui. Elle ne voulait plus lui parler, n’avait fait le déplacement que pour lui demander de ne plus la contacter. Quelqu’un l’attendait dehors et elle n’avait pas pris de manteau parce qu’elle ne s’attendait pas à rester dans la patinoire suffisamment longtemps pour avoir froid. Toutes les théories les plus sombres concernant leur avenir commun se poussaient au portillon de ses pensées, paralysant son esprit d’ordinaire si méthodique. C’était comme si son cerveau avait été rendu incapable de fonctionner par l’afflux d’émotions qui le traversait, largement dominées par la peur bleue de la perdre à nouveau, sans retour possible.

Tout son poids pesait à présent sur la main gantée qu’il avait laissée sur la vitre de la patinoire, comme s’il avait peur de s’effondrer tel un vulgaire pantin dont on avait coupé les fils. S’il la perdait que lui restait-il ? Pourrait-il jamais revivre cette illusion de bonheur qui l’avait jusque là satisfait ? L’absence n’avait fait que rendre plus évident le besoin viscéral qu’il avait de la sentir à ses côtés. Elle et tous ses secrets, toutes ses zones d’ombre, ses incertitudes et sa jalousie. Elle donnait un sens à ses journées devenues mornes depuis qu’elle ne les peuplait plus. C’était grâce à elle qu’il s’était extirpé d’un épicurisme plat pour envisager enfin l’avenir. Que ferait-il si elle n’était plus là, avec lui, dans ce futur qu’il n’avait fait qu’entrevoir ? Ne voyait-elle pas que c’était elle qui tenait les fils ? Il restait là, impuissant, silencieux, incapable de lui communiquer ne serait-ce qu’une fraction de ce qui le dévorait. Soudain, sans que son esprit ne prenne véritablement la mesure de ses actes, il se séparait d’elle, s’éloignait un peu plus de la jeune femme qui restait atrocement distante pour patiner jusqu’à l’entrée sur la glace à quelques mètres de là. Revenu dans la loge des joueurs, il ôta rapidement ses gants pour retirer ses lames et sortir à son tour dans les gradins qui entouraient la patinoire. Le médecin parcourut la distance qui le séparait de Charlie à une allure sans doute un peu plus rapide que le maintien des apparences ne l’aurait exigé, mais il n’était pas maître de ses mouvements, invinciblement attiré par l’aimant qu’était pour lui la jeune journaliste. Ses pas s’éteignirent progressivement jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un mètre entre eux, et cette fois il put plonger son regard dans le sien pour y chercher désespérément un signe que tout n’était pas perdu, et qu’il avait une chance de la retrouver. Ses lèvres se courbèrent en un sourire à peine esquissé tandis que ses doigts filèrent malgré lui vers une mèche de cheveu en désordre pour la replacer soigneusement derrière son oreille, frôlant à peine la peau de son cou, la sensation fugace suffisant à électrifier tout son corps. « Merci. » murmura-t-il finalement pour briser le silence étrangement confortable pour lui. Le simple fait de l’avoir si près de lui pansait déjà la plaie béante que sa disparition avait laissé dans sa vie. Serrant ses poings le long de son corps, il prit sa respiration, inhalant son odeur familière pour se donner le courage nécessaire. « Je suis désolé, j’aurais… Après autant de temps j’aurais voulu t’appeler, t’expliquer pourquoi je voulais que tu viennes ici de vive voix. Mais j’avais peur que tu me dises non et je me suis dégonflé. »

Baissant un instant les yeux vers les marches qui menaient aux premières rangées qui longeaient la paroi de la patinoire, le gynécologue pinça ses lèvres pleines l’une contre l’autre après cet aveu de faiblesse flagrant. Le souvenir de la honte qu’il avait ressenti face à son coach et son coéquipier n’était plus qu’une ombre lointaine, et tout ce qu’il ressentait en se mettant ainsi à nu devant Charlie c’était du réconfort. La peur d’être rejeté le saisissait toujours à la gorge, mais au plus profond de lui quelque chose ne cessait de lui dire qu’elle garderait ses secrets et qu’il ne craignait rien avec elle. Que faisait cette voix quand il avait eu besoin d’elle pour éviter de faire la plus grosse erreur de sa vie en rompant avec Charlie ? Où était-elle lorsqu’il avait eu besoin d’avoir foi en leur avenir pour ne pas se laisser dominer par le doute et la colère ? Desserrant le poing pour passer sa main dans ses cheveux roux malmenés par son casque, Wyatt chercha à nouveau le regard de la choriste, la suppliant silencieusement de ne pas s’enfuir et d’avoir la patience de l’écouter. « Je sais que tu ne veux pas me voir… » admit-il douloureusement, chassant l’image d’Ecaterina seule devant le poste de police de Marysville et l’idée d’une Charlie seule dans l’obscurité au milieu de la neige. « Je sais que tu es en colère après moi. » ajouta-t-il péniblement, ses mots n’ayant plus rien de la confiance dont il rayonnait ordinairement, trébuchant presque maladroitement hors de sa bouche. Il aurait dû détester la position de faiblesse dans laquelle elle le mettait, mais il ne pouvait pas s’embarrasser de son ego à un moment aussi important. Ses doigts tremblèrent le long de sa cuisse et le médecin contracta ses phalanges pour en chasser les spasmes. Il ne parvenait pas à se souvenir des mots qu’il avait prévu de lui dire, ni même du scénario parfait qu’il avait imaginé. Il était comme paralysé à force de lutter contre l’envie qu’il avait de la serrer contre lui. Et finalement il céda, rien qu’un peu, et laissa sa main chercher la sienne, la dénicher de sa cachette pour en caresser le dos puis la paume avant de mêler ses doigts au sien. « Tu m’as tellement manqué. »
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MessageSujet: Re: 04. Recovery   Mar 13 Mai - 17:46

Ses rêves ne lui avaient pas rendu justice. L’image du gynécologue s’était formée des millions de fois dans son esprit depuis la soirée d’Halloween et malgré tous ses efforts pour l’en effacer, elle lui revenait sans cesse, la hantant jour après jour, nuit après nuit. Pourtant, son imagination n’était pas parvenue à retracer parfaitement les contours de son visage. Ses lèvres n’étaient pas assez pleines, ses taches de rousseur insuffisamment prononcées, et son regard, si froid la dernière fois qu’elle l’avait croisé, était dénué de toute cette chaleur qu’elle percevait à présent dans ses iris verdoyants. Trois mois. Une éternité. Contre toute attente elle était parvenue à rester éloignée ; elle n’avait pas une seule fois cédé à l’envie de le retrouver pour tenter de se faire pardonner. Elle avait beau porter son impassibilité comme un masque pour se protéger, Charlie n’était pas insensible et se tenir à l’écart n’avait pas forcément été une évidence. Elle ne comptait plus les fois où elle avait ouvert la fenêtre de leur dernier échange de SMS sur son téléphone portable, ni les fois où elle avait relu ces messages qui auraient pu la faire sourire en d’autres circonstances. Elle n’avait pas eu le cœur à les effacer. La photo du gynécologue était toujours son fond d’écran, son journal d’appel comportait toujours le souvenir de leurs dernières discussions… Elle prétendait être capable de se détacher de cette relation qui faisait désormais partie du passé quand elle ne pouvait même pas effacer un ridicule fil de discussion. Depuis trois mois, son quotidien ressemblait à ça. Une succession de contradictions toutes plus absurdes les unes que les autres. Elle tentait d’oublier sa peine en vidant des verres de tequila qui la lui rappelaient. Elle voulait se détacher de lui définitivement et passait des heures à observer le fond d’écran de son téléphone portable. Elle se faisait la promesse de se tenir à l’écart pour mieux le rejoindre dès que l’occasion se présentait à elle. Certes, elle avait évité la première confrontation au mois de décembre, lorsqu’elle avait quitté Cat précipitamment et que sa mère était venue la récupérer au fin fond de Marysville, assise sur le banc de la gare et transie de froid. Elle l’avait évité, cette fois-là, horrifiée à l’idée de craquer dès que son image s’imposerait à elle, grandeur nature.

Ce jour-là, cependant, tout était différent. Personne ne l’avait forcée à se rendre à la patinoire, elle y était allée de son plein gré, persuadée d’y trouver deux valises pleines à craquer et la caisse de Brownie. Peut-être Wyatt, peut-être pas ; le message qu’il lui avait envoyé était si formel, si succinct qu’elle avait sincèrement douté le retrouver en ces lieux après des mois d’absence et de silence. Et pourtant, il se tenait à présent devant elle, le regard étonnamment doux après tout ce qui s’était passé. Charlie avait beau essayer de se raisonner par tous les moyens possibles, ses émotions reprenaient peu à peu le dessus et l’empêchaient de se rappeler la promesse sacrée qu’elle s’était juré de tenir. Elle ne voulait pas souffrir à nouveau, les mois qui venaient de s’écouler à une lenteur insupportable avaient été de loin les pires de sa vie et elle ne souhaitait pas se retrouver à nouveau plongée au cœur de la tourmente infernale qui l’avait entraînée la première fois. Elle ne voulait plus toucher à une seule bouteille d’alcool, comptait bien passer sa rage sur son punching-ball jusqu’à la fin de ses jours s’il le fallait et s’user les poignets pour oublier. Pour la première fois en plusieurs semaines, elle parvenait à respecter les engagements qu’elle s’était fixés et n’avait pas l’intention de les abandonner après seulement cinq jours d’essai. Or l’issue de cette entrevue avait de fortes chances de définir les contours de son futur.

Pendant plusieurs secondes leurs yeux ne se quittèrent pas. Ils se dévisageaient comme la première fois et Charlie en profita pour mémoriser les traits de son visage par coeur, une part d’elle persistant à penser que ce rendez-vous était leur tout dernier. Perdue dans son regard, elle ne put réprimer un haussement de sourcils surpris lorsque le médecin disparut brusquement de la périphérie de son regard. Son regard l’accompagna jusqu’à l’entrée des vestiaires et lorsqu’il se déroba à lui, elle se mordilla l’intérieur de la joue, persuadée qu’il était définitivement parti. Enfonçant davantage ses mains à l’intérieur des poches de son sweat, elle poussa un long soupir et avança lentement vers les vitres de plexiglas, balayant la salle du regard à la recherche de ses valises. Elles ne devaient pas être très loin, Wyatt ne se serait pas amusé à les cacher sans raison. Exécutant un tour sur elle-même pour être certaine de ne pas rater l’évidence, elle fronça néanmoins les sourcils lorsque son regard se posa sur les rangées de sièges désertes. Définitivement perdue face à la tournure des événements, elle se résigna finalement et s’apprêta à quitter les lieux lorsque Wyatt réapparut à la sortie des vestiaires. Se figeant aussitôt, elle le laissa s’approcher d’elle et demeura parfaitement immobile jusqu’à ce qu’il arrive à sa hauteur, ses sourcils toujours recourbés. Il lui sembla déceler l’ombre d’un sourire sur sa bouche mais Charlie releva aussitôt les yeux loin de ses lèvres, ses joues se colorant d’une légère teinte écarlate, comme si elle avait été prise sur le fait. Plantant son regard dans le sien, elle peina à dissimuler le mouvement de recul instinctif qu’elle eut lorsqu’il approcha ses doigts de son visage pour finalement repousser une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Incapable de détourner le regard, elle l’observa lorsqu’il s’éloigna à son tour et l’envie de ramener sa main contre son épiderme fut si forte qu’elle serra les poings dans les poches de son sweat pour s’en empêcher.

Enfin, mettant un terme à ce silence à la fois rassurant et embarrassant, il la remercia et après une seconde d’incertitude, Charlie comprit qu’il mentionnait sa venue. Toujours dans l’incapacité d’esquisser le moindre geste ou bien même de prendre la parole, elle emprisonna sa lèvre inférieure entre ses dents et se contenta d’étudier à nouveau son visage si parfait alors qu’il s’excusait de ne pas l’avoir appelée directement. Elle haussa doucement les épaules, comme pour lui signifier que ce n’était pas important. Après tout, l’était-ce vraiment ? S’il avait décidé de l’appeler, elle ne savait même pas si elle aurait osé répondre. La vérité était qu’elle aurait sûrement hésité trop longtemps avant de prendre une décision et que le répondeur aurait pris le relai bien avant qu’elle choisisse de répondre ou non. Rompant leur connexion, il détourna soudain son regard en direction du sol et celui de Charlie se posa sur ses cheveux roux. Elle aurait tant voulu lui répondre, dire quelque chose, n’importe quoi, mais son débat intérieur se poursuivait et elle était incapable de prendre la moindre décision. D’une part, elle mourrait d’envie de lui sauter dans les bras et de le supplier de la pardonner. D’un autre côté, elle demeurait dans l’incertitude et ne savait toujours pas pourquoi il lui avait demandé de venir. De toute évidence, ce n’était pas pour lui rendre ses valises, Charlie était finalement parvenue à le réaliser. Mais un tas d’autres raisons auraient pu justifier cet appel et elle n’était pas encore prête à céder à l’espoir. Pas tant qu’il ne lui aurait pas dit clairement ce qu’il voulait.

Toutefois les phrases qu’il prononça par la suite achevèrent de la déconcerter et elle en resta pantoise, ses sourcils se fronçant à nouveau. Enfin, elle retrouva sa voix. « Tu te trompes » Fit-elle simplement en secouant légèrement la tête en signe de dénégation.  « Je ne suis pas en colère après toi ». Elle n’avait pas encore le courage d’admettre que contrairement à ce qu’il pensait elle n’avait eu qu’une seule envie au cours des mois qui s’étaient écoulés, le voir, mais c’était néanmoins un début. Après ce qui s’était passé à Marysville il devait être persuadé qu’elle refusait catégoriquement de le voir, ce qui n’était pas le cas. Du moins, pas réellement. Si elle avait quitté le commissariat quand Cat lui avait annoncé que Wyatt était en route pour les récupérer, ce n’était pas parce qu’elle ne voulait pas le voir mais plutôt parce qu’elle avait peur de le voir, peur de se faire du mal à nouveau alors qu’elle peinait déjà à remonter la pente.

Elle s’apprêta à lui demander la réelle raison de ce rendez-vous lorsqu’il lui saisit doucement la main afin d’en caresser le dos. Ses doigts se mêlèrent rapidement aux siens et Charlie fut incapable de rester impassible plus longtemps ; ses doigts se refermèrent contre les siens et la sensation de sa peau contre la sienne fut si apaisante qu’elle laissa s’échapper un soupir d’entre ses lèvres. Se raccrochant soudain à cette main comme si sa vie en dépendait, elle trahissait sans le vouloir son désir d’être proche de lui. Malgré elle, sa promesse était déjà loin derrière elle. Il lui avoua alors à quel point elle lui avait manqué et le regard de la choriste accrocha le sien avec tant d’insistance qu’il aurait pu aisément le transpercer. Son rythme cardiaque s’emballa immédiatement et le sang afflua à hauteur de ses joues. « Je… ». Elle se mordit la lèvre, une part d’elle résistant toujours devant l’évidence. « Tu es sûr ? » Répondit-elle finalement, sceptique. « Wyatt… Tu ne peux pas me dire ce genre de chose. Tu ne sais pas ce que ça me fait, tu ne sais pas… tu ne sais pas ». Les nombreuses images des soirées passées en compagnie des bouteilles de tequila en provenance de la cave des Preston ressurgirent dans son esprit et elle se sentit soudain stupide, tellement stupide. Sa lèvre inférieure trembla légèrement mais elle se força à poursuivre malgré le nœud qui se formait au fond de sa gorge. « Je suis dans un sale état. Depuis que… J’essaye vraiment de ne plus t’aimer, j’essaye très fort mais ça ne marche pas et… si tu me dis ça et que tu pars à nouveau par la suite, je ne sais pas si j’arriverai à… ». Ses yeux se remplirent progressivement de larmes et elle secoua la tête, ses doigts s’agrippant toujours à ceux de son gynécologue. Elle baissa la tête et mordit ses joues de toutes ses forces pour ne pas l’avouer, mais les mots s’échappèrent quand même, dans un murmure à peine perceptible. « Tu m’as manqué toi aussi ».
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04. Recovery

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