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 04. [Pension Preston] The Wedding Trap

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MessageSujet: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Mer 16 Avr - 18:28



THE WEDDING TRAP

La nouvelle était tombée comme une pierre au milieu d’un lac.
Madeleine était entrée dans sa chambre d’une démarche alerte, comme si elle s’était attendue à être rappelée à l’autre bout du couloir à tout moment. Puis, maquillée d’un air de conspiratrice qui avait terminé de stimuler sa curiosité, elle lui avait annoncé qu’Anna et Tim allaient se marier. Il lui aurait sans doute demandé de souffler dans le ballon si Lexie n’était pas apparue derrière elle, confirmant l’information derechef. Anna et Tim allaient se marier. Il avait été trop surpris pour réussir à s’offusquer d’être le dernier à en entendre parler. Il n’aurait pas imaginé Tim comme était le genre à passer la bague au doigt d’une femme, même s’il s’agissait d’Anna, même s’ils se fréquentaient depuis longtemps. Ceci dit, Jamie et lui ne se connaissaient pas autant que le premier le souhaiterait, aussi ne s’étonnait-il pas d’avoir tort. Sa première impression avait cédé place au ravissement que lui inspirait l’idée d’être concrètement apparenté aux Preston, ne serait-ce que par alliance. Et qu’importe si Tim continuait à réfuter leurs liens de parenté. Jamie accordait à Anna et Lexie une place très spéciale dans son cœur que rien ne viendrait bousculer.
Le plus difficile avait été d’œuvrer dans l’ombre, sans qu’Anna ne se doute de rien. Pour une obscure raison, la cérémonie célébrant son union conjugale devait impérativement être lancée à son insu. Lexie avait insisté sur ce point avec une admirable véhémence à chaque fois qu’il avait énoncé l’idée d’emprunter l’alternative. En conséquence, le temps qu’Anna passait à la Galerie jusqu’à des heures souvent tardives avait été mis à profit. La tenir à distance de la grange, actuellement en rénovation, n’avait été qu’une formalité. Ils s’étaient contentés de mettre un panneau devant, indiquant qu’un exterminateur de mites passerait dans la semaine.
Jamie termina de suspendre la toile qu’il avait peinte pour Anna et Tim au cours des dix derniers jours, sur la porte en bois de l'entrée; seule touche personnelle qu’il avait décidé d’additionner à la décoration sélectionnée par Madeleine et Lexie. On y voyait un couple de jeunes mariés, dos tournés à l’observateur et regards lancés vers l’horizon, un lever de soleil. Il avait insisté sur les couleurs à défaut de pouvoir passer davantage de temps sur les détails, et choisit un champ de blé pour accueillir la scène. Il avait dessiné le bas de la robe de la mariée en panaches blancs, de manière à ce qu’il reste suffisamment de place pour que les invités signent leurs plus brefs vœux directement dessus. Jamie sauta à terre en se frottant les mains, et recula de quelques pas pour couvrir son ouvrage d’un œil satisfait, empli de fierté pour ce qu’il représentait. Il lui tardait de découvrir la réaction d’Anna lorsqu’elle le verrait.

Jamie se retourna enfin pour englober l’endroit du regard.
Ils avaient passé un nombre d’heures incalculable à réaménager l’espace pour qu’il puisse accueillir la cérémonie. JJ, Lexie et Madeleine avaient déjà commencé à dépoussiérer la grange lorsqu’il avait été recruté pour les préparatifs. Ils avaient dû tirés de longs draps couleurs pastels devant les murs dont l’état laissait trop fortement à désirer. JJ avait ensuite insisté pour construire de ses propres mains une estrade de fortune—sur laquelle Jamie ne s’aventurerait pour rien au monde—avec les planches qu’ils avaient trouvé à la décharge publique. Ils avaient couvert deux caisses de bières pour former des marches satisfaisantes.
Madeleine lui avait demandé de l’accompagner chez le fleuriste à la périphérie de Lima, pour qu’ils récupèrent les bouquets qui serviraient garnir les tables. Ce n’est qu’une fois sur place qu’elle l’avait poussé à faire diversion au comptoir d’accueil pendant qu’elle irait ‘récupérer leur commande’ à l’arrière de la camionnette de livraisons. Évidemment, le responsable avait débarqué au beau milieu des opérations, les forçant à prendre la fuite. Ils n’avaient dû leur salvation qu’aux qualités inattendues de sprinteuse de Mad, et au passage du bus qui les emmèneraient au bout de la ligne, vers la Pension. Ils avaient passé le reste du trajet à ignorer les coups d’œil curieux que leur valait la caisse d’œillets que Madeleine serrait contre sa poitrine comme si sa vie en dépendait. Ils avaient divisé chaque bouquet en deux pour en avoir suffisamment sur chaque table.
Ils étaient tombés sur un problème de taille concernant ces dernières. Le temps s’écoulait, et la solution demeurait hors de portée. Ce n’est que lorsque les patrons de Jamie lui confièrent une clé en annonçant qu’ils profiteraient des vacances de printemps pour séjourner sur la Côte Ouest qu’il avait eu le déclic. JJ et Addison l’avaient aidé à déménager les tables circulaires qui se trouvaient à l’étage du Lima Bean, et en un après-midi, ils avaient eu le compte. Madeleine s’était occupée de dérober une à deux chaises par jour à WMHS pendant les heures de cours. Lexie avait trouvé des nappes couleur lavande dans l’une des commodes de Grannie Preston. Ils avaient dû les passer trois fois à la machine et les suspendre sur un fil au grand air pour se débarrasser de leur odeur d’humidité et de quelques tâches; puis ils les avaient découpé en deux lorsqu’elles étaient trop larges, et chaque table, ainsi que le luxueux buffet de Lexie en avaient été recouvert.
Jamie avait négocié avec un élève de l’atelier de travaux manuels du lycée pour récupérer de longues guirlandes d’ampoules jaunes. Il s’en était servi pour tracer un chemin jusqu’à l’entrée de la grange pendant que Lexie aidait Harper à s’habiller. À l’extérieur, ils avaient placé des tonneaux trouvés à l’arrière du Breadsticks et ceux-ci n’attendaient plus qu’on sirote un verre autour d’eux. Ils avaient placé la sono près de l’entrée, sous un large parasol rose écrémée.
Jamie sourit. À partir de pas grand-chose, ils avaient réussi à transformer la grange des Preston en quelque chose d’accueillant, en dépit d’une ambiance assez curieuse. JJ apparut soudainement dans son dos et posa deux mains sur ses épaules : “Alors?” lui demanda Jamie en désignant le résultat. “Tu devrais aller te préparer, c’est bientôt l’heure” répondit-il en souriant. “Il reste le buffet à installer, ça va aller?” Le regard qu’il lui retourna répondit à sa question, et Jamie haussa les mains en guise de capitulation. Il s’empressa de retourner à l’intérieur de la Pension, cédant l’accueil des invités à JJ et quiconque terminerait de se préparer avant lui.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Jeu 17 Avr - 14:29

Qui aurait pu croire que Timothy Ainsworth se marierait ? Christabella ne le connaissait pas aussi intimement que Leah ou Ezrael, mais elle avait tout de même vécu avec lui pendant plusieurs mois. Certes, ils n'avaient pas partagé grand chose. Pourtant, Christa avait retenu plusieurs choses de cette colocation, notamment que Timothy était un jeune homme qui, consciemment ou non, sortait des sentiers battus. Tout chez lui criait qu'il ne suivait pas les conventions, qu'il était un électron libre. A en juger par le carton d'invitation qu'elle tenait dans les mains, il y avait tout de même une convention qu'il s'apprêtait à suivre.
Concernant le mariage, Christabella était assez mitigée. Les femmes de sa famille subissaient beaucoup de chose, et l'union maritale en faisait partie. Elle n'avait pas forcément le choix de l'homme qui partagerait leur vie, et devait se marier très jeune. De ses neuf sœurs, Christa était la seule à avoir refusé de se plier à cette règle. Elle envisageait de se marier, bien sûr. Un jour. Mais pas avant d'avoir trouvé le bon. A l'évidence, Timothy et sa petite amie -sa future épouse- s'étaient bien trouvés, puisqu'ils allaient se passer la bague au doigt. Bien que surprise, Christa était sincèrement heureuse pour Timothy, qu'elle avait appris à apprécier, et elle était également flattée d'avoir été invitée, chose à laquelle elle ne se serait pas spécialement attendue.

En refermant la porte de son appartement, la jeune femme vérifia qu'elle n'avait rien oublié. On était encore en hiver, c'était donc une curieuse saison pour se marier, puisque tout le monde allait purement et simplement se geler les fesses en buvant le vin d'honneur. Au lieu de la petite robe à fleurs qu'elle aurait pu enfiler pour l'occasion, elle devait se contenter d'une robe en laine, et d'un collant épais. Elle glissa ses clés au fond de son sac, récupéra le cadeau qu'elle comptait offrir aux mariés et qui avait été soigneusement emballé dans un joli papier argenté, et s'engouffra dans l'ascenseur.

*

Christabella n'avait jamais mis les pieds dans la fameuse « pension Preston », où vivaient Lexie et sa sœur aînée, la future femme de Timothy. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'ils étaient assez nombreux à cohabiter tous ensembles, certains simplement de passage et d'autres à l'année, et que Lexie les gâtait à grand renfort de pâtisseries anglaises. Debout sur le trottoir, elle prit quelques minutes pour détailler l'immense maison, qu'elle et Robbie, qui l'accompagnaient, avaient eu un peu de mal à trouver par ailleurs, tant elle se trouvait dans un coin reculé de la banlieue. Avec ses quatre étages, la demeure semblait assez grande pour accueillir tous ses habitants. L'espace d'un instant... Christabella se surprit à s'imaginer vivre dans un tel endroit. Si elle savourait le calme et la solitude avec lesquels elle cohabitait dans le centre-ville, la vie en communauté lui manquait, parfois. C'est pourquoi elle songeait de plus en plus à retourner vivre en colocation. « La fameuse pension Preston. » souffla-t-elle.
Suivant les indications mises à disposition des invités, Christa se dirigea vers l'espace derrière la maison, qui avait été décoré pour l'occasion, et retint une exclamation. Pour une cérémonie de mariage organisée avec un minimum de moyens, l'ensemble était très agréable. Et surtout, d'une extrême simplicité, ce que Christabella appréciait. De toutes façons, elle n'imaginait pas du tout Timothy dans un mariage traditionnel, avec une mariée emprisonnée dans une robe meringue, des verres en cristal et une pièce montée.

Un jeune homme vint les accueillir, se présentant sommairement (« Je suis JJ, bienvenue au mariage  Ainston ! ») et les enjoignant à prendre leurs aises. Un peu empruntée dans cet environnement inconnu, Christabella afficha un sourire assez tendue, et se tourna vers Robbie. « Tu savais, toi, que Timothy prévoyait de se marier ? »
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Ven 18 Avr - 0:17

« Non. » Le verdict de Harper tomba et il était sans appel. Elle posa les yeux sur la paire d’escarpins que Lexie lui tendait par deux doigts repliés sous l’arrière des talons, et croisa les bras sur sa poitrine d’un air de défi, sans pour autant oser confronter directement le regard de l’anglaise « Je porte déjà une robe et du maquillage, je vais pas en plus me balader toute la journée avec des chaussures de drag-queen aux pieds. » argumenta-t-elle le ton chargé de reproches, tandis que ses pupilles trouvèrent finalement celles de sa locutrice. Derechef, la pugnacité qu’on lisait sur ses traits embellis par le maquillage disparut une nanoseconde sous le poids de l’estime profonde qu’elle ressentait à l’égard de la cadette des Preston. Mais fière comme pas deux, Harper se reprit rapidement, se forçant à tenir bon. Très doucement, elle plissa les paupières. Ses yeux devinent deux fentes à peine visibles sous la cambrure subtile de ses cils couleur carbone pendant qu'elle se murait dans un silence buté. La jeune femme en face d’elle avait beau lui avoir tendu un traquenard grotesque pour la débarrasser de ses fripes, Harper ne réussissait pas à lui en vouloir autant qu’elle l’aurait dû au fond. Et s’était donc apprêtée de la tête à la mi-cuisse, le cheveu ondulé et la peau discrètement satinée par de la poudre à l’odeur d’huile solaire, que Harper déclara un duel de regards qui se joua soudain dans la chambre de la rousse.

Lexie et JJ l’avaient fait venir tôt dans la matinée pour soi-disant les aider dans les derniers réglages pour la cérémonie du mariage de Timothy et d’Anna. Il s’était révélé qu’il ne s’agissait que d’une tactique fumeuse pour tenter de donner à Harper le relooking de sa vie. Elle l’avait compris dès lors que Lexie l’avait questionné sur la tenue qu’elle porterait pour la cérémonie et que la blonde lui avait répondu qu’elle se satisferait d’une jupe longue et d’un chemisier qu’elle trouverait dans la penderie de sa mère, histoire de ne pas se présenter la bouche en cœur avec son éternelle paire de jeans troués et l’un de ses célèbres pulls oversize. Visiblement, Lexie doutait du bon goût de sa génitrice, car elle l’avait aussitôt arrachée au pliage de serviettes pour lui donner une leçon de style savamment orchestrée, en avait-elle jugé en ouvrant la porte de la chambre de la jeune femme changée pour l’occasion en showroom de fortune.

Jamie lui avait parlé de cet évènement assez tôt après son retour de New York, lui proposant dans la foulée de l’accompagner pour profiter du buffet. Harper avait hésité, malgré la promesse de victuailles à la hauteur de la classe des sœurs qui ne lésinaient jamais sur la qualité des plats qu’elles servaient en leur demeure. Harper appréciait Anna, elle était toujours aimable avec elle quand elle la croisait à la pension ou à la galerie. Par contre, en ce qui concernait Timothy, l’expression « ne pas porter quelqu’un dans son cœur » n’était même pas assez forte pour décrire toute l’antipathie qu’elle éprouvait à son égard. Vieille rancune ou haine profonde, Harper n’avait jamais cherché à creuser du côté du surveillant qu’elle soupçonnait d’être le fils du malin tant la lueur qui brillait dans son regard semblait pernicieuse. Participer à la célébration du bonheur d’un individu qu’elle n’aimait absolument pas n’entrait pas dans les habitudes de l’adolescente qui s’était pourtant laissée attendrir par l’enthousiasme que cette union surprenante, d’après ce qu’elle avait cru comprendre, suscitait au sein de la pension. Harper considérait suffisamment Jamie, Lexie, et même JJ, pour accepter de faire l’impasse sur sa mauvaise foi et ignorer l’aura diabolique autour du vilain Ainsworth. Elle n’avait vraiment pas rechigné quand il avait fallu retenir Anna à la galerie plusieurs fois pour leur permettre de mettre en place leurs cachotteries. Elle ne comprenait pas comment un mariage pouvait s’organiser dans le secret, d’ailleurs. En général, les principaux intéressés cherchaient à avoir le contrôle sur tous les détails. Harper n’avait pas posé de questions toutefois, pour ne pas froisser les organisateurs en premier lieu. Elle avait gardé le secret, mais maintenant, elle regrettait presque d’avoir autant rongé son frein. Car même si le corail flattait étonnamment son teint, elle n’était pas prête à parader au milieu d’inconnus qui féliciteraient Anna d’avoir remporté le gros lot – c’était la meilleure de l’année.

Un léger tressaillement au-dessus de sa lèvre supérieure fit perdre la face de Harper qui démontra son mécontentement en fléchissant les genoux et en crispant les poings devant elle, ses yeux rompant de justesse le contact visuel avec ceux de Lexie. Elle lui céda de fait les chaussures quand la blonde les empoigna, vaincue. Lexie quitta aussitôt la pièce, laissant une Harper au nez froncé enfiler les talons qui la grandirent de plusieurs centimètres, affinant sa silhouette instantanément. Elle remua ses jambes, comme si elle se préparait à courir, pour tester le cuir qui s’élargissait sous ses mouvements – au moins, elles étaient confortables. Elle se retourna pour se regarder brièvement dans le miroir à pied. Clairement, ça n’avait rien à voir avec la tenue qu’elle avait portée pour Sadie Hawkins. Ici, elle faisait son âge, n’était pas maquillée à outrance et ses cheveux bouclés encadraient bien son visage, dénoués. Elle était presque jolie – si seulement elle savait sourire. La touche Preston était visible jusque dans la concordance de la couleur des boucles d’oreilles avec celle de sa robe qu’elle avait choisie par défaut au milieu des modèles empruntés à chacune des colocataires féminines de la propriétaire. Harper souffla, ses lèvres remuant absurdement alors qu’un bruit de trompette s’échappait de sa bouche, et elle se retourna pour lancer un coup d’œil au ciel d’hiver par-delà la fenêtre de la chambre. Elle secoua la tête en pensant à la température extérieure, et avant de sortir, elle récupéra sur le lit son vieux gilet difforme en grosse laine qu’elle enfila par-dessus sa tenue assez courte pour être dissimulée entièrement par son vêtement fétiche. En attendant que la cérémonie commence, elle tenait à avoir chaud.

« Il est parti s’habiller. » l’informa JJ au moment où elle le rejoignait dans la grange. Harper lança un regard distrait derrière elle pour éventuellement apercevoir Jamie, mais comme Joachim le lui avait indiqué, il était monté se préparer. Elle rassembla ses cheveux ondulés sur le côté de son épaule en s'arrêtant un instant sur le résultat final de la décoration. C’était simple, accueillant. Harper se sentit plus à son aise en constatant qu’ils n’avaient pas cédé à l’appel de la grandiloquence à la toute dernière minute – elle ne ferait pas tache en dépit de son maintien discutable sur des talons hauts. Brusquement, un poids qu’elle avait ignoré jusqu’alors se dissipa dans sa poitrine. Après une minute de rêverie, Harper retourna son attention sur JJ, puis se redressa avant de lui prendre des mains un plateau de verres dépareillés qu’il commençait à disposer sur les tréteaux. D’un geste du menton en direction opposée, elle désigna un couple d’invités sur le pas de la porte « Je vais le faire, t’as des invités à accueillir. » Le jeune homme appuya ses propos en la laissant devant le futur buffet, le plateau dans les mains. Harper s’affaira sans attendre en accordant à la brunette à l’air angélique et à son compagnon un petit sourire qu’elle espérait cordial lorsque JJ leur lança enfin « Je suis JJ, bienvenue au mariage Ainston ! »
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Ven 18 Avr - 23:31

Comment dire? Depuis l'arrivée de Livia et son travail au Gramophone qu'il aimait plus que tout, la vie de Robbie était tombée dans une routine des plus épuisantes : le matin il se levait, préparait Livia qu'il déposait ensuite chez sa nounou du jour puis allait travailler. A la fin de sa journée, il rentrait, récupérait Livia, la préparait pour qu'elle aille se coucher avant d'en faire de même et de tout recommencer le lendemain. Ses interactions sociales se limitaient à quelques sorties le weekend et aux répétitions qu'il avait de temps à autre avec Ryder et Tim. A son âge, il devait avoir la vie d’un rockeur ne voulant pas grandir, sortant tous les soirs et rentrant tellement saoul qu’il finirait par essayer d’entrer chez sa voisine, étant persuadé que cette porte est la sienne. Il n’était pas assez vieux pour déjà avoir une routine, il n’avait même pas encore trente ans. Mais hélas, il ne pouvait rien y faire, du coup les répétitions qui le faisait sortir de son train-train quotidien représentaient son bol d'air frais.  Il n’allait pas mentir, au début  l'idée lui avait semblé farfelue, mais désormais il fallait avouer que Tim avait eu raison sur ce coup là. Ah ! Ce fameux Timothy Ainsworth, toujours là pour surprendre son monde. Malgré les années qu'ils avaient passé sans se parler, Robbie s'était rendu compte que Tim était à la fois le même et différent sur quelques aspects. Par exemple, il avait toujours son tempérament de feu, son attitude de rebelle en conflit constant avec la société et tout ce qui en découlait. Mais il ne se résumait pas à cela. Au contraire, plus le groupe passait du temps ensemble, plus Robbie apprenait des choses le concernant, le surprenant toujours un peu plus.

Pour illustrer ce fait, il fallait se référer à la liste des surprises que Robbie avait en mémoire et qu’il mettait à jour dès qu’une nouvelle chose l’étonnait. Évidemment, en tête de liste se trouvait le jour où il avait appris qu’il avait mis Leah enceinte. A ce jour, il n’avait rien trouvé qui pourrait modifier cela, et à part savoir qu’il avait mis une nouvelle fille enceinte (sachant qu’il avait désormais la vie sexuelle d’un homme entré dans les ordres), il était sûr que cela ne changerai jamais. L’annonce de la grossesse de Leah était indétrônable. Dans cette même fameuse liste, Timothy venait se placer en deuxième position. Qu’est-ce qui aurait pu être aussi choquant que l’annonce de Leah ? Juste, juste, le fait de savoir que Tim… Allait… Se marier. Malgré son côté désordonné apparent, Robbie était très organisé dans sa tête, et il aimait faire des listes à la moindre occasion. Après la liste des surprises, il fallait connaitre la liste des mariages. Voilà, le principe était assez simple : Robbie pariait avec son moi intérieur lequel de ses amis serait le prochain à se marier. La liste n’avait pas été mise à jour depuis un certain moment, si bien qu’en pole position se trouvait Ryder qui, à l’époque, sortait encore avec Savannah. Fort heureusement, le pire avait été évité. Quoi qu’il en fût, jamais Robbie n’aurait pensé élever Tim, qui se trouvait sans surprise au plus bas de cette liste, en première place. Pourtant, il fallait se faire une raison si le carton d’invitation qu’il tenait entre ses mains était vrai. Robbie leva deux grands yeux ronds vers son meilleur ami, face à lui et qui avait reçu la même invitation, qui se contenta de hausser les épaules et de partir pour vaquer à une quelconque occupation comme si ce mariage ne le surprenait pas plus que ça.

Il avait tout de suite remarqué que l’invitation n’était pas signée par les deux personnes les plus concernées par ce mariage, et cela le surpris légèrement. Peut-être que tout cela était une sorte de blague. Cependant, à bien y réfléchir, avec le temps il avait appris que si quelqu’un était tout sauf conventionnel, c’était bien Tim. Il ne savait pas trop quoi en penser, mais tous ses soupçons furent essuyer d’un revers de main lorsqu’il eut l’occasion d’en discuter avec Christabella après avoir vu l’invitation chez elle alors qu’il y déposait sa fille. Après avoir eu confirmation que ce mariage semblait plus que réel, les deux amis avaient décidés de s’y rendre ensemble. Le choix de sa tenue serait rapide, heureusement, étant donné que les hommes n’avait pas un milliard de possibilités lorsqu’il fallait qu’ils portent une tenue correcte, comme le stipulait l’invitation. Malgré les apparences, Robbie savait se tenir en société et n’aurait jamais été au mariage en portant autre chose qu’un costume noir avec une chemise blanche. A vrai dire il n’avait qu’un seul costume de ce genre dans son armoire, et heureusement que sa morphologie n’avait pas trop changé pour qu’il puisse encore rentrer dedans. Le seul hic restait la longueur de ses cheveux toujours un peu trop longs, mais il n'avait vraiment pas trouver une minute à lui pour aller chez le coiffeur. Il passa chercher Christabella chez elle, remarquant tout de suite qu’il n’avait pas pensé à faire de cadeau. Il n’aurait cas resté aux cotés de sa cavalière pour faire croire que le cadeau était commun.
*
Ils arrivèrent finalement devant la pension Preston et Robbie se retrouva face à une immense demeure. Combien de gens pouvaient vivre là-dedans ? Il n’était pas vraiment sûr d’aimer ce genre de grand bâtiment où tout le monde vit ensemble, étant bien trop attaché à sa zone de confort qui nécessitait des portes. Ils avancèrent, en prenant toujours en compte les nouveaux détails qui entraient dans leurs champs de vision avant d’être salué par un jeune homme. Robbie lui retourna son salut, et tourna la tête pour se rendre compte qu’il n’y avait pas encore grand monde. Heureusement qu’il y avait Christabella pour lui tenir compagnie, sinon il se serait retrouver bien seul. Il se pencha légèrement vers elle pour entendre ce qu’elle avait à lui dire avant de la regarder avec un air ébahi. Tu rigoles ? Jusqu’à ce que je vois l’invitation chez toi j’ai cru que c’était une blague. Il regarda une nouvelle fois autour d’eux et chercha Timothy du regard. Il n’allait pas faire de scène mais il pourrait gentiment lui faire remarquer que ce n’était pas vraiment sympa de laisser son… Son quoi d’ailleurs ? Copain de musique ? Oui, ce n’était pas sympa de ne pas parler à son copain de musique de son mariage. Et puis, Robbie aurait pu lui organiser un enterrement de vie de garçon du tonnerre, même si manifestement, cet évènement avait déjà eu lieu et que cette fois il n’avait pas été invité. Tu vois Tim quelque part d’ailleurs ? Rien ne servait à chercher la fameuse mariée puisque Robbie ne l’avait jamais vu et que l’autre demoiselle qu’il voyait actuellement était bien trop jeune pour être la future mariée. A moins que ce soit la raison pour laquelle Tim ait passé ce mariage sous silence. Hum… Il regarda sa montre en poussant un long soupir. J’aime pas être à l’heure. Enfin si, mais j’aime pas quand tout le monde est en retard. Il espérait vraiment que les autres convives finiraient par vite arriver et que l’attention retomberait sur d’autres personnes.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Mer 23 Avr - 2:01

"DO. NOT. BE. LATE."

Warren avait tout fait pour ne pas se réveiller, il avait souhaité de tout son possible que sa vie soit un film de science fiction et qu'il puisse d'une quelconque façon échapper à aujourd'hui, à cette journée en particulier. (Grimper dans un TARDIS? Hmm, bonne solution, mais ce n'était pas certain qu'il puisse déjà passer la porte alors...) Quoi qu'il en soit, le blond avait plus que hâte d'être à demain, chose que Glenn ne semblait pas du tout comprendre vu qu'il avait décidé de le motiver à sa manière. Sérieusement, à peine avait-il ouvert les yeux que déjà son regard bleuté s'était posé sur le costume qu'une certaine personne avait déjà sorti de son placard sur lui, le mettant sur une chaise afin que Warren ne le loupe pas et en laissant une note qui se voulait sans équivoque. Pas besoin d'être devin pour reconnaître l'écriture de Glenn et Warren s'extirpa de ses couvertures en roulant des yeux, se disant encore une fois que le styliste surestimait largement les capacités de son petit ami. Et non, Warren n'était pas un super héro, il avait vérifié (oui, il avait vraiment vérifié), et s'il était tout à fait capable de tirer avec un oeil fermé et de ne pas manquer sa cible, de faire une tarte aux pommes qui était à tomber et tout un tas d'autres choses qu'il n'avouerait que sous la pire des tourtues (*cough* danser *cough*).... Warren Delacroix n'était définitivement pas préparé à se rendre au mariage de Timothy Ainsworth et Anna Preston.

C'était tout simplement la pire idée du siècle, et si même Warren était assez lucide pour s'en rendre compte pas de doute que les futurs mariés le verraient également. Après tout, pas besoin de voir celui qui avait mis votre mari derrière les barreaux, à tort soit dit en passant, pendant le jour le plus heureux de votre vie... Personne qui soit dit en passant n'avait pas été en mesure d'attraper le fameux voleur de la galerie Preston. Hmm... Peut être que Warren pouvait se porter malade, dire qu'il s'était tiré accidentellement dans le pied pour échapper à la cérémonie. Sauf qu'il ne doutait pas du tout des capacités de Glenn à se venger et à cacher son corps s'il le fallait et pas de doute que Madeleine l'aiderait dans cette tâche. Parce que la blonde serait évidemment présente. Et Warren avait peut être promis à Glenn qu'il ferait des efforts à propos de la dite surveillante, peut être... Après tout, il avait été tellement étonné de voir Glenn sur le pas de sa porte à la Nouvelle-Orléans qu'il aurait pu dire n'importe quoi pour être certain de récupérer son petit ami. Mieux s'entendre avec Madeleine, marcher sur la Lune, apprendre à respirer sous l'eau... N'importe quoi. Car évidemment, il avait plus de chance de participer à la prochaine mission dans l'espace de la NASA que de faire la paix avec Blondie, comme il l'avait si bien surnommée dans sa tête. Mais non, Warren ne s'égarait pas.

Et, debout devant son costume depuis environ dix minutes maintenant, Warren avait toujours ce même air si particulier sur le visage. Mais si, cette tête là qui voulait tout simplement dire : je crois que ce n'est pas du tout une bonne idée. Et il avait fait l'armée... Et en parlant de ça: pouvait-il ramener une arme à un mariage? Excellente question.

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La réponse au final était oui, et tandis que Warren sortait de sa voiture après s'être garé du mieux qu'il pouvait devant la pension Preston, il se disait que oui, personne ne pouvait voir son arme rangé dans son holster, bien caché par sa veste. Bon qui était faite sur mesure (merci Glenn), mais au pire la plupart des gens penseraient que c'était parce qu'il était grand et qu'il avait des muscles. De toute façon, il doutait qu'un des autres employés de la police de Lima ait été invité au mariage donc personne ne serait en mesure de voir ce qu'il cachait sous cette veste. Ou alors il se posait ce genre de questions maintenant parce que c'était plus facile d'hésiter devant sa voiture plutôt que de rentrer. Non mais vraiment, il n'avait rien à faire ici. Okay, son petit ami avait fait la robe de la mariée (enfin, d'après ce que Warren avait pu déduire des changements d'humeur de Glenn et des longues conversations téléphoniques qu'il avait eu avec Madeleine et Lexie) mais sinon... "Mon dieu... j'aurais dû boire avant de venir." lança alors Warren, à voix haute, son regard fixé sur la maison. C'était quoi le précieux conseil que lui avait donné Glenn avant de disparaître en direction de la pension hier soir? ... Ah oui... Sois discret. Discret, du haut de son mètre 94 et sa carrure reconnaissable à des kilomètres et ses cheveux blonds... Tout à fait dans ses cordes, hmmm. "Oh et puis merde." Décréta simplement le policier avant de se secouer, autant mentalement que physiquement et de suivre le petit groupe d'invités qui se dirigeaient vers la Pension Preston. Warren était déjà venu ici mais aujourd'hui il ne cherchait pas Lexie et sa chevelure aussi sublime que la sienne (d'ailleurs à ce propos, ils allaient bientôt fonder un club parmi les Second Chances, juste pour les SC qui pourraient avoir leur place dans une pub Loréal), non... il cherchait Glenn. Peut être pour utiliser comme un bouclier et lancer aux gens un "non, j'ai le droit d'être ici, petit ami styliste, merci, je me dirige vers le buffet, oui, petit ami styliste... oui j'ai le droit de boire un verre de vin." Pas de signe de son blond de petit ami et Warren eut à peine le temps de remarquer la décoration de la grange qu'on s'adressait déjà à lui."Alors Monsieur le Shérif.. On est venu remettre le couvert avec Lexie? Je crois qu'il va falloir bien se tenir aujourd'hui."

Qu'est-ce que Glenn lui avait dit déjà? Ah oui d'être discret, non vraiment, ça ne serait pas pour aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Sam 26 Avr - 18:33

De toutes les personnes que Ryder connaissait, Timothy était probablement la dernière qu’il croyait qu’il se marierait un jour. Tout simplement parce que Timothy était Timothy. C’était le Rebelle, le marginal, celui qui ne voulait pas rentrer dans le moule et qui faisait le contraire de tout ce qu’on lui disait. Alors qu’il désire rentrer dans les rangs, c’était très surprenant. C’était la même chose du côté de la future mariée. Anna ne semblait pas non plus du genre à vouloir se lier officiellement avec quelqu’un, mais c’était une fille et les filles avaient toutes ce petit rêve de déambuler dans une belle robe blanche et d’unir sa destinée.  Ryder avait néanmoins accueillie la nouvelle avec surprise lorsqu’il avait reçu son invitation, mais aussi avec beaucoup de bonheur. Car qu’on y réfléchissait bien, ces deux-là étaient tout simplement parfaits ensembles. Tous les deux étaient loin de former un couple typique. Ils n’étaient pas les plus démonstratifs en publique, ils avaient tous les deux des caractères forts, ne se laissaient pas marcher sur les pieds, ils étaient orgueilleux et tenaient leur bout. En fait, ce couple n’aurait pas dû durer aussi longtemps et pourtant, ils étaient toujours ensembles et très unis après plusieurs années. Il suffisait de les observer. Leurs regards en disaient long. Ils étaient remplis d’amour et de respects. Leur complicité était étonnante. Ils n’avaient rien d’habituel, mais ils étaient beaux se comprenaient et se complétaient bien. C’était l’important. Ryder avait donc haussé les épaules sous le regard stupéfait et incompréhensif de son colocataire.

Quelques jours plus tard, Madeleine avait contacté les deux colocataires afin qu’ils s’occupent de la musique et de l’ambiance. Ce qu’ils avaient, bien entendu, accepté avec joie et ils s’étaient aussitôt mis à la recherche des chansons parfaites pour l’événement. Des chansons entrainantes, des chansons plus douces et des chansons qui représentaient bien les deux futurs époux. La sœur de la mariée leur avait envoyé des idées et Charlie leur avait aussi donné quelques propositions. Robbie et Ryder avaient aussi prévu de jouer eux-mêmes de leurs instruments afin de rendre hommage au troisième membre de leur trio.

Ryder était arrivé un peu plus tôt que ce que demandait le carton d’invitation afin d’installer tout son matériel et pour ne pas être dans les jambes des invités. Étant donné que Robbie devait aller chercher Christabella, tous les deux avaient convenus de se retrouver chez les Preston. Le gérant devait d’abord passer au Gramophone pour aller chercher leurs instruments et leur équipement puis se rendit à la grange où il fût accueilli par un JJ très enthousiaste. "Salut Ryder! Content de te voir!" Apercevant ses bras chargés d’instruments, il ajouta : "Ah oui! La musique! Tu peux t’installer là-bas, il doit y avoir une prise électrique. Je vais t’apporter une table." JJ lui montra l’endroit de la main et parti à la recherche d’une table. Ryd fronça les sourcils. JJ avait eu l’air surpris et légèrement pris de court. Les organisateurs avaient-ils oublié de penser à un endroit pour la musique? Ce n’était pas si grave. Heureusement que le DJ d’un jour était arrivé un peu plus tôt, cela leur permettait de s’organiser. Ryder se dirigea vers l’endroit indiqué et déposa ses caisses. Il observa l’endroit cherchant quelque chose de dur en se frottant le menton. Il aperçu deux planches de bois inutiles près de l’estrade d’honneur et s’assura auprès de JJ s’ils pouvaient les prendre pour les mettre sur le sol afin d’avoir plus de stabilité. JJ lui apporta une table de petite dimension en s’excusant que c’est tout ce qui restait et retourna accueillir les gens qui commençaient à arriver. Ryder devait faire vite pour tout installer. Il alla chercher les amplificateurs, les micros, sa guitare acoustique, son ordinateur et tout le reste de l’équipement. Il brancha le matériel en croisant les doigts chaque fois ayant peur que tout saute chaque fois qu’un nouveau matériel s’ajoutait au branchement. Ensuite, il déposa son ordinateur sur la table légèrement instable et cliqua sur la liste des chansons d’ambiances qui regroupaient des bandes sonores sans paroles pour l’entrée des invités. Finalement, avec un ruban collant, il colla tous les fils au sol afin d’éviter que quelqu’un s’accroche les pieds dans les fils.

Au même moment, Robbie arriva avec son accompagnatrice. En les apercevant, Ryder se dit qu’il aurait bien aimé que Ruby soit là avec lui, mais avec la présence de Charlie et Wyatt qui s’étaient remis ensembles, cela aurait été peu convenable et un appel au drame. Il lui avait promis de tout lui raconter, n’empêche que voir deux personnes unir leur destiné donnait des idées. Il alla à la rencontrer des nouveaux arrivants. "Salut vous deux!" Il donna la main à Robbie et s’approcha de la jolie brune à ses côtés. "Tu dois être Christa! J’ai beaucoup entendu parlé de toi et je suis heureux d’enfin te voir." Il déposa deux légers baisés sur les joues de la jeune fille. C’était assez surprenant qu’après tout ce temps, Ryder n’avait encore jamais rencontré Christabella qui était une excellente amie de Robbie et l’ancienne colocataire de Leah. Leah. Robbie lui avait dit qu’elle était revenue et Ryder en avait toujours pas eu la preuve. Elle ne l’avait pas contacté. Il ne l’avait pas contacté et c’était peut-être mieux ainsi. Ryd ne savait tout simplement pas comment il réagirait. Ce mariage était une excellente occasion pour lui, mais surtout pour Robbie de se changer les idées. "Merci pour tout ce que tu fais pour Livia." Cela faisait longtemps qu’il souhaitait lui dire. Même s’il était seulement le parrain gâteau de la petite, il se sentait tout de même concerné par tout ce qui la touchait. Après tout, il la voyait grandir et se développer et il avait assisté à la plupart de ses premières fois. Le shérif avec qui il avait eu un énorme quiproquo fit son apparition. Ryder le salua d’un coup de menton avant de revenir à son ami. "Va falloir accorder nos instruments avant que la majorité des gens soient là!"
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Mar 29 Avr - 23:55

Glenn adorait les mariages. Ce n'était peut être pas évident, et il ne donnait certainement pas l'impression d'être très romantique, mais le fait était que Glenn adorait les mariages et les bébés. Et devoir participer à celui d'une amie le mettait en joie même s'il espérait de tout son soûl pour que ce mariage intempestif ne soit pas dû à un petit polichinelle dans un certain tiroir. Sans blague, il était prêt à faire un sacrifice à Satan (il devait rester des vierges à Lima, cachées ça et là) pour éviter ça. Parce que, oui, il adorait les bébés mais il ne se sentait pas prêt à voir apparaître la descendance de Ainsworth. En fait, le monde entier n'y était pas préparé. Et okay, cette progéniture serait à moitié Preston mais rien ne disait que ces gènes là étaient les dominants et il valait mieux ne pas prendre de risque. Rien que d'y penser et Glenn se sentait déjà pris d'angoisse. Exactement la même que quand il était au bord de l'épuisement et que son cerveau s'amusait à lui faire peur en envisageant la possibilité de Madeleine ayant un enfant. Il adorait son amie mais il ne fallait pas pousser mémé dans les orties. Enfin, dès qu'il y pensait il s'arrangeait pour tout oublier à coup d'alcool. C'était très, très, très efficace. Bref, il adorait les mariages, surtout quand cela lui permettait de laisser libre court à sa créativité, puisque c'était à lui de faire la fameuse robe. Évidemment.

Le créateur avait passé des semaines rien que pour imaginer la robe parfaite, sans parler des croquis, du patron, de la maquette puis de la création en question. Qu'il avait dû faire presque à l'aveugle dans la mesure où il s'agissait d'une surprise et donc Anna, la principale intéressée, n'avait pas pu participer aux essayages. Heureusement, il possédait les mensurations de tous ses amis, même les hommes, ce qui lui avait permit de travailler tout en priant (encore) qu'elle résisterait aux Cookies Maléfique de Lexie (Glenn était absolument convaincu que sa flamboyante amie avait vendu son âme au Diable pour réussir ces petits bouts de péchés) et ne prendrait pas un seul gramme. Si elle pouvait ne pas grandir ou rapetisser sans crier gare ça serait aussi bien. Au final, le blond s'était décidé pour quelque chose de simple, en dentelle et satin, pour être sur que la robe plaise à Anna. Il avait faillit succomber à la panique plusieurs fois, entre la peur de ne pas finir à temps et celle de ne pas faire plaisir à Anna. Après tout, elle était celle de ses amies qu'il cernait le moins. Mais il avait un assez bon feeling sur ce qu'il avait crée. Il avait galérer à mort pour broder la dentelle et il espérait que ses efforts seraient appréciés. La robe en elle même était assez classique bien que l'arrière soit un peu plus long que le devant, créant l'illusion d'une traîne sans le côté méga ringard et pas pratique du truc. C'était d'ailleurs pour ça qu'il avait abandonner l'idée du voile pour une petite voilette adorable et pratique. Pour tout dire, Glenn n'était pas peu fier de son travail malgré les nuits blanches, les doigts piqués au sang et l'ermitage qu'il s'était imposé. En fait, il était tellement content qu'il ne se sentait même pas coupable d'avoir torturer et fait tourner en bourrique Warren. Tout ça en valait largement la peine.

***

Le jour J était enfin arrivé et Glenn était comme une véritable tornade. Il avait passé la nuit chez son petit ami (et accessoirement son plus one) parce que c'était beaucoup plus près de la Pension Preston que son propre appartement et qu'il ne voulait pas être en retard pour le grand jour, même pas fashionably. De toute façon, il était tellement surexcité qu'il avait passé la nuit à tournicoter dans tous les sens, tout en vérifiant la robe et en farfouillant un peu partout chez le shérif en sifflant redbull sur redbull. Ce qui ne faisait rien pour calmer ses nerfs. Tout ceci amena Glenn a se retrouver enfermer dans la salle de bain exactement six heures avant la cérémonie surprise, pour n'en sortir que quatre heure plus tard, pas un seul cheveux en désordre. Il avait évidemment profiter de l'occasion pour aller faire un peu de shopping, comme il n'avait pas eu le temps de s'occuper d'autre chose que de la robe de Anna en dehors de ses heures de travail, pour lui même mais aussi pour Warren qu'il avait plus ou moins menacer supplier pour qu'il l'accompagne. Il savait très bien que ni Ainsworth, ni Madeleine, ni Anna ne serait très heureux de la voir mais il avait été invité et il avait le droit à un plus one, qui s'avérait être le shérif de la ville, personne n'était parfait après tout (même si de l'avis de Glenn, l'uniforme épousait magnifiquement chacune des formes de son viking de petit ami. Chacune d'entre elles). Bref, Warren avait pour mission de venir le rejoindre et Glenn s'était assuré que Warren ne puisse pas prendre la tangente ou qu'il soit pris d'une crise d'Alzheimer précoce ce jour précis. C'est donc avec le sourire aux lèvres et le cœur léger (et les mains légèrement tremblante à cause du sucre) que Glenn quitta l'antre de l'ours pour rejoindre la Pension Preston.

Une fois sur place, Glenn se retrouva embarquer dans l'ouragan Preston/Wilde/JJ (ok, il avait oublié son nom de famille, et alors ? Personne ne devait s'en souvenir de toute façon, il était JJ pour tout le monde), prenant d'abord le soit de sortir la robe de sa protection et de la draper sur un mannequin avec les accessoires (jarretière, bas et tutti quanti) et les escarpins (qu'il avait aussi brodé d'un peu de dentelle). Il déposa aussi son nécessaire à couture au cas où de petites retouches requerrait ses doigts de fée. Le temps qu'il fasse tout ça et qu'il revienne vers la gauche, les invités avaient commencé à arriver. Voyant JJ passer devant lui, Glenn le saisit au vol pour le prévenir que la robe se trouvait dans la maison, comme ils en avaient convenu. Cela fait, le jeune homme se mit en quête de sa douce moitié. Pour se faire, Glenn avait une technique infaillible qui marchait aussi bien pendant le Black Friday que dans une fête foraine : il leva la tête, apercevant bien vite une tête blonde familière. Rassuré de le voir bien présent (même s'il avait l'air de vouloir se cacher derrière une poutre), Glenn se détourna et, attrapant un verre au passage, se dirigea vers Robbie qu'il venait d'apercevoir un peu plus loin en compagnie d'une femme qu'il connaissait de vue, sans plus et de Ryder. Ni une, ni deux, le blond les rejoignit et les salua chacun leur tour avant de s'appuyer contre Robbie, sans gêne aucune, passant un de ses bras autour de son cou, prenant la parole avec son tact habituel.

-Alors qu'est ce que vous pensez du travail de nos chères furies ? Ça en jette pour un mariage précipité non ? Ainsworth et Anna ne vont pas en revenir, j'espère juste que Anna ne va pas nous annoncer un "heureux" évènement ! Mais attendez un peu de voir la robe que j'ai faite ! Je ne veux pas paraître modeste mais je me suis surpassé !

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Jeu 1 Mai - 15:21

Leah glissa le carton d’invitation au mariage de Tim dans son sac avec un air perplexe. Elle avait découvert tardivement la nouvelle au milieu de la tonne de courrier qui s’était entassé pendant son absence. Sans le savoir, elle était revenue juste à temps pour voir son ami passer la bague au doigt d’Anna. Après les émotions de son retour et les premières retrouvailles compliquées, elle s’était mise à trier factures, publicités et lettres diverses. Elle avait du relire deux fois le faire-part et ce n’est qu’après avoir eu la confirmation de Christabella qu’elle avait compris que ce n’était pas une erreur. Timothy Ainsworth allait vraiment se marier ? Anna allait devenir une Ainsworth… Mais que s’était-il passé pendant son escapade au Japon ? Qu’est-ce qui avait changé dans la tête de Timothy pour qu’il fasse cela ? Il avait 23 ans et était encore étudiant, et puis ce n’était pas du tout son genre de se placer ainsi dans la norme, de faire ce que tout le monde attend de lui… Leah l’aurait bien imaginé vivre dans le péché toute sa vie, ou bien se marier dans dix ans sur un coup de tête avec son jean déchiré et son air nonchalant. Ce faire-part ne lui ressemblait pas ! Mais après tout, Tim était imprévisible alors pourquoi pas ? Leah était contente pour lui, il méritait de trouver le vrai amour et d’être heureux. Elle avait failli l’appeler pour lui confirmer sa venue et le féliciter puis elle s’était dit qu’elle le ferait en personne le lendemain puisqu’elle avait vu l’invitation très tardivement.

Hier, elle avait fouillé son placard et opté pour une robe bustier bleue électrique en quelques secondes. Elle avait également choisi des escarpins sombres et une paire de boucles d’oreilles en diamant noir. Maintenant qu’elle avait enfilé sa tenue, que ses boucles blondes étaient remontées sur sa tête en chignon et qu’elle était maquillée, l’angoisse commençait à la gagner. Elle avait été tellement surprise par la nouvelle de ce mariage qu’elle n’avait d’abord pas réfléchi à ce qu’impliquait sa venue. Il y avait des chances qu’elle revoit là-bas de nombreuses personnes qu’elle n’avait pas encore croisées depuis son retour à Lima. Il faut dire que depuis qu’elle avait vu Robbie et qu’il avait refusé qu’elle voit Livia, elle s’était recentrée. Elle avait partagé son temps entre son studio photo et Ste Rita. Robbie lui avait reproché son départ et avait mis en doute sa capacité à s’occuper d’un enfant, de son enfant. Leah avait donc décidé de faire du volontariat auprès des bébés et enfants des services maternité et enfants malades de l’hôpital. Cela lui apportait de la joie mais aussi de la souffrance quand elle voyait les mères cajoler leur progéniture. Elle se demandait encore comment elle avait pu laisser sa fille et priait pour que Robbie finisse par accepter qu’elle revienne dans leur vie.

Assise au volant de sa voiture, elle regardait la pension Preston. Robbie serait-il là ? Elle ne pouvait s’empêcher de se dire que s’il était là, il serait là avec Livia. S’il ne savait pas qu’elle venait et qu’il s’enfuyait avec sa fille dès qu’il l’apercevait ? Et si… Et si… Leah était là depuis quelques minutes, elle vit des personnes entrer au loin sans arriver à reconnaître qui que ce soit. Et si… Et si… Elle prit une profonde inspiration et sortit de la voiture, il fallait qu’elle se jette à l’eau. Elle venait pour Timothy et de toutes façons, il fallait bien qu’elle finisse par revoir ses anciennes connaissances. Elle attrapa un énorme paquet sur le siège arrière, elle avait peut-être vu un peu grand niveau cadeau et pas vraiment dans le thème mariage. Elle ne connaissait pas vraiment Anna, c’était surtout un cadeau pour Tim, une superbe guitare électrique d’une des meilleures marques. Elle se dirigea vers la pension avec son paquet encombrant et suivit les lumières jusqu’à la grange. Le décor était très sympa, simple mais élégant. Leah ne passa pas inaperçue en entrant à cause de la couleur de sa robe et de son énorme paquet derrière lequel elle était à moitié dissimulée. Elle regretta un peu son choix de tenue mais se félicita de pouvoir se cacher derrière son paquet pour l’instant. Rougissante, elle salua le jeune homme qui l’accueillit et lui demanda où déposer son paquet. Au lieu de répondre, il lui prit le cadeau des mains et lui souhaita une bonne soirée.

Décontenancée, elle jeta enfin un regard sur les invités qui étaient là. Son cœur rata un battement quand elle le vit. Ryder. Heureusement qu’elle n’avait plus le paquet car elle aurait pu le lâcher. Elle avait pensé à la présence de Robbie, pourquoi n’avait-elle pas pensé à la possibilité que Ryder soit là aussi ? Peut-être que son inconscient avait voulu éluder cette éventualité… Autour de Ryder, elle vit Robbie sans Livia, Christabella, un jeune homme séduisant qu’elle ne connaissait pas au bras de Glenn. Toutes ces personnes qu’elle avait déçues et abandonnées. Elle déglutit difficilement et réprima son envie de s’enfuir en courant. Il y avait deux autres personnes qu’elle ne connaissait pas dans la pièce. Elle aurait espéré qu’il y aurait foule et qu’elle se serait fondue parmi les invités, qu’elle se serait faite oublier. Mais là, les gens la regardaient ou ne tarderaient pas à la remarquer. Elle prit une profonde inspiration et s’avança vers le groupe où se trouvait Ryder. Qu’est-ce qu’il était beau… Toujours aussi beau.

Non, non, non, Leah ! Ce n’est pas le moment ! Tu as raté ta chance de nombreuses fois, laisse-le en paix maintenant. Espère juste qu’il ne te déteste pas, espère juste qu’il accepte encore d’être ton ami…

Elle allait casser l’ambiance en débarquant dans leur groupe, peut-être qu’elle devrait plutôt s’asseoir dans un coin pour éviter de les déranger. Mais en même temps, ce serait impoli de ne pas aller les saluer. Elle s’avança avec l’idée de leur dire bonjour et de vite les laisser tranquille, le souffle court, elle essaya d’arrêter d’imaginer le pire. Elle arriva au moment où Glenn se targua d’avoir confectionné la robe de la mariée. Il était très doué et Leah sauta sur l’occasion pour s’insérer dans la conversation :


    « Je suis sûre qu’elle sera magnifique ! Glenn, ça me fait plaisir de te voir… »


Elle se pencha pour lui faire la bise avec l’envie de le prendre dans ses bras mais elle attendit de voir sa réaction à sa vue pour réagir en fonction. Elle salua l’homme qui était à côté de lui en se présentant. Elle fit un sourire à Christa qu’elle avait croisée rapidement ce matin, et se tourna vers Robbie. Elle maintint son sourire, espérant que le père de sa fille ne ferait pas de scandale sur sa présence. Il était évident qu’elle était un peu mal à l’aise, elle lui dit :


    « Robbie… J’espère que tu vas bien. »


Elle aurait voulu lui faire la bise ou au moins poser sa main sur son épaule mais elle n’osa pas. Il ne voulait pas passer du temps en sa compagnie, il avait été très clair à ce sujet quand il s’étaient vus sur son palier de porte la semaine précédente. Elle se tourna finalement vers Ryder, ce qu’elle avait repoussé en dernier. Elle avait envie de se jeter dans ses bras et de l’embrasser langoureusement. Combien de fois en avait-elle rêvé ? Quand leurs regards se croisèrent, elle crut que son cœur allait exploser. Allait-il l’ignorer, lui offrir un sourire, la fusiller du regard ? Il vivait avec Robbie et avec Livia… Il devait partager au moins une partie de la colère de son ancien sex friend. Elle avait envie de le frapper gentiment sur l’épaule comme ils avaient l’habitude de se saluer au lycée. Pourquoi n’avait-elle pas su conserver son amitié ? Jamais quelqu’un n’avait été aussi bon pour elle, ça avait été son premier ami à Lima et certainement le seul qui serait resté à ses côtés envers et contre tout… Si seulement, elle n’était pas partie comme une idiote. Ses sentiments conflictuels s’opposaient dans son esprit, était de l’amitié ou de l’amour ? Elle était perdue et les dixièmes de secondes s’égrainant, son immobilité face à lui devint gênante. Elle finit par prendre sa décision, elle ne l’agresserait pas sexuellement et elle n’allait pas non plus faire comme s’ils étaient encore ces deux adolescents qui entraient chez l’autre  en pleine nuit en escaladant la façade pour passer par la fenêtre. Elle s’avança pour lui faire la bise et souffla dans son oreille le plus discrètement possible :


    « J’espère que tu me pardonneras un jour… »


Elle se recula pour refaire face à tout le petit groupe. Elle ne pouvait pas fuir à l’autre bout de la pièce tout de suite, ce serait ridicule… Elle regarda ses pieds un peu gênée espérant que quelqu’un enchainerait vite sur un autre sujet de conversation. Elle vit débarquer le jeune homme qui l’avait accueillie avec un plateau plein de coupes de champagne dans une main et un plateau de verrines et de mises en bouche dans l’autre main. Décidément, il devait avoir quinze bras ou un jumeau car il avait l’air de tout gérer. Leah le remercia mentalement de venir interrompre le silence gênant et posa son regard sur les coupes de champagne. Depuis son retour fracassant à Lima et la scène qu’elle avait jouée à Christa et Timothy, elle avait décidé d’arrêter de boire. Elle piocha donc une mise en bouche et demanda au jeune homme :


    « Merci ! Dîtes, vous avez des boissons sans alcool ? Ne vous dérangez pas, j’irai me chercher moi-même un verre, indiquez-moi juste l’endroit. »


Et voilà, une raison de s’éclipser. Elle se sentait vraiment de trop ici…
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Dim 4 Mai - 16:58

« Ne te sens pas obligé de me faire attendre simplement parce que je t’y emmène Bartowski, tu n’es pas mon plus one, pas la peine d’essayer de m’impressionner avec tes plus beaux souliers. » Assis dans le canapé de l’avocat, un fond de whisky à la main en attendant que son ami ait fini dieu seul savait quoi, Wyatt se pencha vers la table basse où trônait encore le carton d’invitation qu’il avait lui-même reçu quelques jours plus tôt. Il avait été convié à plusieurs mariage dans sa vie, le dernier en date étant malheureusement celui de sa sœur adorée avec cet arriéré de prof d’espagnol, mais jamais les invitations n’avaient été signées par quelqu’un d’autre que les parents des mariés, ou les mariés eux-mêmes. Mais ordinaire n’était pas Preston, de toute évidence. Et derrière les formulations ampoulées et les précautions d’usage on reconnaissait entre mille la patte de Lexie qui était sans surprise derrière l’orchestration de cette “cérémonie privée”. Fallait-il comprendre mariage sans église suivi d’une fête comme on n’en faisait à la Pension ? Probablement. Et c’était sans doute pour le mieux. Tant que le pasteur n’était pas remplacé par Elvis ou Liberace. L’image de la mariée en robe blanche aux côtés d’un homme dégarni enveloppé dans une cape dont le col lui remontait au-delà des oreilles lui arracha un sourire malicieux alors qu’il reposait le carton devant lui. Bien que l’humeur du gynécologue se soit améliorée de manière radicale depuis que Charlie était revenue dans sa vie, il n’avait pas particulièrement envie de s’attarder au milieu des amis d’Anna Preston, pour peu qu’elle en ait eus. Il aurait au moins l’opportunité de voir à quoi ressemblaient des êtres capables d’endurer cette insupportable artiste anglaise trop bien pour le reste de l’humanité. Les relations entre le gynécologue et la sœur de sa meilleure amie avaient toujours été tendues au mieux, plus particulièrement lorsque Lexie et lui entretenaient encore des relations plus intimes pour lesquelles son aînée ne cachait pas sa désapprobation. Il gardait par exemple un souvenir vif de leur rencontre nocturne dans les escaliers de la Pension la nuit du mariage d’Emma, et si sa mémoire ne le trompait pas, elle était à l’époque séparé du désormais futur marié. Le pauvre garçon avait perdu l’esprit, non seulement parce qu’il avait accepté de se remettre en couple avec cette folle, mais surtout parce qu’il avait décidé de l’épouser…

« En parlant de plus one, tu n’avais pas mentionné une fille ? » lança à nouveau Wyatt à l’attention de Tate. « Tu es conscient que je n’ai que deux places dans ma voiture ? » l’interrogea-t-il après avoir terminé le trait de whisky ambré qui lui brûla familièrement la gorge. Se remettant sur ses pieds, il fit demi-tour pour observer la tenue de mariage de son nouveau camarade de chorale, et ajouter avec un sourire carnassier : « Tu es ravissante, en route tu vas nous mettre en retard. Et je ne veux pas manquer l’entrée de la mariée. » Maintenant qu’il y songeait, il n’avait pas eu l’occasion de reparler à Anna depuis bien longtemps. La photographe n’était jamais venue lui faire la morale après qu’il avait rompu leur accord pour se consacrer pleinement à sa relation naissante avec Charlie, et ce serait sans doute la première fois qu’elle le verrait en compagnie de la choriste. Or si l’on tenait compte du fait que la journaliste avait passé l’essentiel de son temps à la Pension pendant leur rupture, offrant sans doute un spectacle aussi peu glorieux que celui qu’il avait lui-même offert à Brownie dans l’intimité de son appartement, il y avait assez peu de chance que la jeune mariée l’accueille à bras ouverts à son mariage. Oh, peu importait, il pouvait bien endurer une nouvelle leçon de l’aînée Preston, il devait absolument voir de ses propres yeux le miracle de son union sacrée (et symbolique, puisque l’invitation le précisait) avec un homme libre et consentant. Et quelque part au fond de lui, il se réjouissait d’avance de voir la tête qu’elle ferait en le voyant assis de son côté sur les bancs de la cérémonie. La réponse n’était plus qu’à quelques kilomètres, et avec un peu de chance les autorités ne seraient pas de sortie et il pourrait se laisser aller à profiter de la puissance de son éternelle voiture de sport rouge. Démarrant la Maserati en attendant que Tate ait finit de s’installer, il se tourna vers l’avocat soudain frappé par une question qui ne l’avait jusqu’alors pas effleuré. « Pourquoi tu as été invité déjà ? Je ne savais pas que tu connaissais Timothy, ou Anna. »

***

« Joachim, ravi de te revoir. » tendant la main au colocataire dégingandé de Lexie qui avait été placé à l’entrée de la grange pour y accueillir les convives, Wyatt se tourna légèrement en direction de Tate qu’il introduisit avec une cérémonie feinte en inclinant légèrement le chef. « Je te présente Maître Bartowski. » Son regard parcourut rapidement les quelques personnes qui n’étaient pas encore entrées dans le bâtiment qu’ils avaient visiblement rénové pour l’occasion, il n’y trouva pas celle qu’il cherchait entre tous. « Tu n’aurais pas vu Charlie, par hasard ? » demanda-t-il sans véritablement attendre pour se lancer à sa recherche.
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Occupation : Avocat de la défense auprès d’une firme située à Columbus, et lecteur de droit à l’OSU. Collaborateur d’Ecaterina Robertson. Choriste/musicien chez les Awesome Voices.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Dim 11 Mai - 4:00

“Oh, arrête de te flatter cinq minutes !” rétorqua Tate d’une voix tendue, détaillant minutieusement son image dans le miroir de la salle de bains immaculée de son appartement. Il n'aimait pas être pressé. Enfant des apparences, il avait grandi en apprenant à se présenter sous son meilleur jour quelles que soient les circonstances. Ce n’était pas l’impatience chronique de monsieur Wyatt Pillsbury qui viendrait bousculer ses habitudes. Il retroussa les lèvres pour examiner la blancheur de ses dents d’un œil critique, passa une main satisfaite sur le duvet de sa barbe irréprochablement structurée, se parfuma avec modération, puis baissa les yeux pour terminer de boutonner ses manchettes en silence.
La Pension Preston est heureuse de vous inviter en ses terres pour célébrer l’union (symbolique) d’Anna Lisa Emilia Preston et Timothy Ainsworth. Le carton d’invitation s’était mêlé à son courrier quelques semaines plus tôt—à sa plus grande surprise. Premièrement parce qu’il portait la (très) longue signature de Lexie Preston avec laquelle il entretenait des rapports tempétueux—pour ne pas dire conflictuels; ensuite, parce qu’il n’avait pas réalisé qu’Anna et Timothy en étaient arrivés à cette étape cruciale dans leur vie de couple. Avec des gestes lents, Tate noua une cravate pourpre autour de son col dans un Windsor soigneusement maîtrisé. Était-il seul à penser en toute objectivité que quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire? Il avait renoncé à s’enquérir de l’opinion de Wyatt sur le sujet, peu désireux d’avoir à justifier son intérêt auprès du médecin.
Mais il ne comprenait pas qu’Anna puisse se marier aujourd’hui. Depuis que l’invitation trônait sur le sommet de sa bibliothèque, il avait eu l’intention de la confronter à ce propos. Ne serait-ce que pour s’assurer que cette décision n’était ni liée à, ni précipitée par ce qui s’était passé entre eux en décembre dernier. Mais elle n’avait retourné aucun de ses appels et force avait été d’en conclure que l’aînée des Preston l’évitait comme la peste. Sans doute avait-elle avoué leurs méfaits à son fiancé ; c’était la déduction la moins absurde qu’il avait réussi à tirer de cette effusion d’inepties. Mais alors, pourquoi le convier à la cérémonie ? Il poussa un soupir en hochant doucement la tête. Soit Timothy Ainsworth était le meilleur homme de l’univers, soit quelque chose était complètement off et quelque chose lui soufflait qu’ils n’en comprendraient pas la teneur avant que le moment soit venu.

“Merci Captain Obvious” répondit-il, surgissant dans le salon où l’attendait son ami, un rictus mi-figue, mi-raisin suspendu aux lèvres. “C’est pour ça que je lui ai envoyé l’adresse ce matin. C’est une grande fille, elle se débrouillera. Et si elle ne trouve pas, c’est qu’elle n’était pas très fute-fute hein” Tate n’aimait pas avoir à tenir la main aux femmes qu’il fréquentait, c’était un fait avéré. Il s’empara de sa veste d’une couleur gris de lin et tâta l’intérieur de sa poche pour en tirer sa boîte d’antidouleurs. Sans manifester la moindre gêne, il en posa deux sur sa langue et les fît couler en avalant d’une traite le fond de son verre d’eau pétillante. Il récupéra sa canne qu’il avait abandonnée près du canapé un peu plus tôt avant de prendre des clés dans l’entrée : “Si tu passais moins de temps à me complimenter, on serait déjà en route” grommela-t-il en claquant la porte de l’appartement derrière eux. L’avocat claudiqua jusqu’à la voiture, un peu trop tape à l’œil, de Wyatt et s’installa sur le siège passager en s’efforçant de trouver une place pour sa canne. “J’ai un ticket avec sa sœur” répondit-il le plus naturellement du monde. Sourire angélique. “Allez, conduis”

**

“On s’est déjà rencontrés. À la Galerie” précisa Tate à l’intention de Wyatt tout en serrant vigoureusement la main de Joachim, affichant un sourire courtois. “C’est très… douillet” commenta-t-il en englobant l’entrée de la Grange du regard. Pour ne pas dire rustique hein. Il sentait déjà ses chaussures s’enfoncer dans la terre encore humide des dernières pluies de février, et en s’avisant de l’aménagement extérieur, il peinait à comprendre ce qui était passé par la tête de Lexie. N’était-ce pas censé être le plus beau jour de la vie de sa sœur? Il pouvait concevoir qu’Anna ne soit pas difficile, mais à ce niveau-là, ce serait pousser un challenge. À moins que ce soit une manière détournée pour la londonienne de faire comprendre une bonne fois pour toutes à son aînée qu’elle désapprouvait son union? Qu’en savaient-ils. Tate repéra quelques têtes connues—notamment Ryder auquel il adressa plus un hochement de tête plus machinalement qu’autre chose—pour enfin rouler des yeux en entendant Wyatt s’exprimer. “Charlie? Elle ne doit pas être très loin. CHARLIE WATSON-BROOWN?” appela Tate en haussant le ton, sondant circulairement l’endroit pour repérer la femme qui avait transformé le grand Docteur Pillsbury en véritable Bridget Jones au cours des dernières semaines. “Tiens, la voilà” conclut-il en la désignant d’un mouvement du menton, un sourire triomphant sur les lèvres.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Jeu 15 Mai - 17:33

« Wyatt Pillsbury, si tu penses sérieusement que je vais enfiler cette robe de princesse, laisse-moi te dire que tu te fourres le doigt dans l’œil ! ». Les lèvres pincées, Charlie raccrocha précipitamment, le message qu’elle venait de laisser sur la messagerie de son petit-ami étant suffisamment accrocheur à son goût. Poussant un long soupir, elle se hissa sur la pointe de ses pieds et exécuta un demi-tour parfait. Les jambes croisées, la moue clairement dépitée, elle jeta un nouveau coup d’œil à la robe que Wyatt lui avait fait parvenir le matin-même à la Pension Preston. Avait-il perdu la tête ? Devait-elle lui rappeler qu’Anna Preston était la mariée et qu’elle n’était qu’une simple invitée ? Cette robe était bien trop blanche, bien trop longue, bien trop tape-à-l’œil pour la jeune femme.

Lorsqu’elle était rentrée du Journal dix minutes plus tôt et qu’elle avait eu la surprise de trouver la robe emballée sur le lit de Lexie, Charlie avait d’abord pensé qu’il s’agissait d’une blague orchestrée par son amie rouquine. Pourtant, cette dernière lui avait affirmé que la robe était un cadeau de Wyatt et qu’elle n’avait rien à voir là-dedans. Or, Lexie Preston n’était pas une menteuse. Exaspérée, la jeune femme avait donc déballé la robe et soupiré à plusieurs reprises devant l’entêtement de son gynécologue à vouloir la rhabiller en toutes circonstances mais surtout à vouloir lui faire oublier les vieux sweats et les slims troués qu’elle aimait tant. Charlie était d’accord pour faire un effort, n’importe quoi pour ravir son rouquin. Elle avait même déjà fait plusieurs concessions, acceptant les jupettes et les petits chemisiers adorables qu’il lui avait proposés la dernière fois qu’il l’avait traînée dans une boutique –et elle ne mentionnait même pas les sous-vêtements un peu trop affriolants à son goût qu’elle avait achetés pour lui faire plaisir. Elle avait également fait l’acquisition de quelques robes le mois précédant, dégotés au centre commercial de la ville dans le seul but de lui prouver qu’elle était d’accord pour être un peu plus féminine de temps en temps. Toutefois il y avait des limites et cette robe-là les dépassait ; autant dire que si Charlie n’aimait pas autant son gynécologue, elle lui aurait déjà dit d’aller se faire voir. Seulement, il était bel et bien question de Wyatt Pillsbury et depuis qu’ils s’étaient retrouvés, Charlie faisait des efforts pour se racheter une bonne conduite et ne pas passer trop souvent du côté Gangsta de la force. Alors elle prenait sur elle, souriait plus que de raison et ravalait sa mauvaise humeur dès que la situation l’exigeait –mais seulement pour mieux piéger le rouquin lorsque la porte de sa chambre se refermait derrière eux et qu’elle lui montrait que s’il était obstiné, elle l’était dix fois plus que lui. Au final, elle parvenait toujours à retourner la situation en sa faveur, ce qui n’était vraiment pas pour lui déplaire.

Le nez froncé, Charlie observa une dernière fois la robe d’un air indécis avant de s’en rapprocher et d’en décrocher le cintre pour aller la ranger de l’autre côté de la chambre, son entêtement ayant finalement repris le dessus. Elle porterait cette fichue robe dans d’autres circonstances s’il le souhaitait, mais pas pour ce mariage. Les sourcils froncés, elle se dirigea vers la penderie de Lexie et décrocha le cintre de la tenue qu’elle avait elle-même choisie la semaine précédente, et dans laquelle elle se sentirait plus à l’aise. Jetant un coup d’œil à sa montre, elle constata qu’elle était déjà en retard et maudit une fois de plus son patron de l’avoir appelée en urgence le matin même pour remplacer au pied levé l’un de ses collègues tombés malade. Imaginant déjà la foudre qui s’abattrait sur elle si elle se pointait en retard au mariage d’Anna et Timothy, la choriste se dépêcha de se déshabiller avant de s’installer en sous-vêtements devant la coiffeuse de Lexie pour se maquiller. La séance de make-up terminée, elle brossa ses longues mèches brunes et utilisa le fer de son amie afin d’onduler légèrement ses cheveux. Se redressant sur ses deux pieds, elle enfila enfin la tenue qu’elle avait choisie et se posta devant le miroir pour apprécier le résultat. Satisfaite, elle attrapa la paire de talons prêtés généreusement par Lexie et les noua autour de ses chevilles. Elle était enfin prête, avec seulement six petites minutes de retard par rapport à ce qu’elle avait prévu. Se ruant vers la porte de la chambre, elle la déverrouilla précipitamment et partit rejoindre toute la clique dans la grange métamorphosée pour l’occasion.

De nombreux invités étaient déjà arrivés et Charlie se fraya un chemin parmi eux. Elle aperçut d’abord JJ, occupé à accueillir les arrivants, puis Warren à qui elle adressa un petit signe de la main. Tournant les talons, son regard croisa celui de Ryder, apparemment en pleine conversation avec son colocataire Robbie, Christabella et Glenn, ainsi qu’une autre fille qu’elle ne connaissait pas. Ravie de voir son meilleur ami, Charlie esquissa un sourire radieux et se dirigea dans sa direction. Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, elle lui sauta spontanément dans les bras. « Contente de te voir ici, Ryd ! » S’exclama-t-elle sincèrement. Se retournant vers le petit groupe autour de lui, elle adressa à tout le monde un signe de la tête lorsque son propre nom retentit soudain dans la grange. Roulant des yeux, Charlie se retourna et découvrit un Tate Bartowski tout sourire un peu plus loin, visiblement très satisfait de sa petite blague. S’excusant auprès de Ryder, Charlie partit rejoindre cet idiot de Bartowski et aperçut enfin Wyatt à ses côtés. Sa mine rembrunie se volatilisa aussitôt et elle retrouva son sourire. « Ton pote est un crétin, tu le sais ça ? » Fit-elle à Wyatt avant de se hisser sur la pointe de ses pieds et de déposer un baiser sur les lèvres du gynécologue. Se retournant vers Tate, elle fronça les sourcils et posa ses mains sur ses hanches. « Et tu te crois drôle en plus ? ». Elle abandonna néanmoins rapidement l’air de mécontentement qui s’imprima brièvement sur ses traits et secoua la tête d’un air amusé avant de reporter son attention sur Wyatt. « Alors ? Comment tu me trouves ? ». Esquissant un tour sur elle-même en remuant légèrement le bassin, elle retrouva vite le regard clair de Wyatt et arqua un sourcil. « Ah et… désolée pour le robe de Cendrillon, j’avais déjà prévu autre chose ». Elle haussa les épaules d’un air faussement penaud puis mêla ses doigts à ceux du gynécologue. « Toi en tout cas, tu es très élégant ».
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Mar 1 Juil - 18:36

Brandissant les chaussures sous le nez de la jeune fille, Lexie soutint son regard perçant et se fit plus insistante, accompagnant son geste d'un signe de tête. Il était temps qu'Harper cesse de faire des simagrées et accepte son sort. Le timing était plus que serré et l'organisation de la joyeuse bande reposait entièrement sur la chance. C'était complètement fou. Et dès qu'elle avait une minute pour y réfléchir, la rouquine ne pouvait s'empêcher de penser que c'était une très mauvaise idée. Surtout une fois en pratique. Sur le papier, c'était amusant. Invasif, étrange, dément. Mais aussi culotté, drôle et adorable. En tout cas, quand Madeleine avait vendu ce projet farfelu, Lexie s'était laissée convaincre sans mal. Et Jamie avait suivi, peut-être plus parce que rien n'atteignait ce garçon que parce qu'il pensait qu'il s'agissait vraiment d'un plan solide. Glenn avait fait la robe, car il ne refusait jamais une occasion et celle-ci était particulièrement belle. JJ avait haussé un sourcil et émit l'idée que, peut-être, une discussion avec Anna et Timothy était de rigueur. Les deux amies s'étaient regardées une seconde, puis avaient fait front contre le pessimiste dandy, l'accusant de vouloir tout gâcher et ne pas apprécier la beauté du geste. Qui résidait donc dans la surprise. Il n'y avait après tout pas plus belle façon de montrer leur soutien indéfectible au couple que de leur organiser des noces dignes d'eux. Dont la valeur était douteuse, puisque le diplôme à 10$ qui avait ordonné Mad n'était sans doute pas reconnu par l'état de l'Ohio. Mais ce n'était pas là l'intérêt. L'important, c'était le symbole. Et la fête, bien sûr. Lexie avait travaillé dur pour concocter un buffet digne de ce nom avec les (maigres) moyens du bord, tandis que sa blonde amie avait usé de toute sa roublardise pour réduire les dépenses au maximum. Tout était parfait. Enfin, si Harper voulait bien bouger son charmant et voluptueux séant pour laisser la demoiselle d'honneur vaquer à ses nombreuses occupations.

Les cheveux attachés de façon désordonnée, un maquillage si nude qu'il en était presque inexistant, la galeriste dû revoir ses ambitions stylistiques à la baisse. Mais Harper était rayonnante et elle-même, toujours au top. Et si elle en faisait trop, Anna se douterait de quelque chose. Ce serait d'ailleurs un miracle si elle parvenait à exiler sa soeur dans sa chambre et à l'amener vers la grange sans qu'elle ne croise un invité ou fasse machine arrière. Mais chaque chose en son temps. Après avoir adressé un sourire resplendissant à la petite amie de Jamie - ou peu importe comment ils appelaient leur relation - cette dernière céda et s'envola vers la grange. Nul doute que JJ lui trouverait quelque chose à faire. La rouquine fouilla dans l'immense tas de vêtements qui s'étalait sur son lit, en quête de la tenue idéale. Quelque chose qui ai du peps. Qui soit pratique. Mais élégant. Chic. Rah, c'était une dure vie que celle de gourou de la mode amateur dans un coin de campagne reculé. Finalement, elle mit la main sur une robe qui répondait à ses exigeants critères. Elle allait devoir l'assortir à des chaussures qui ne craindraient pas le terrain encore un peu brut du jardin. Ce qui ne voulait pas dire que Ginger Spice serait à plat. Jamais. Elle trouva finalement une paire de bottines, ayant déjà bien vécues, au talon large et solide. Un vrombissement de moteur bien connu lui confirma qu'elle n'aurait pas le temps de faire mieux au niveau de sa coiffure et la rouquine haussa donc une épaule, jetant un dernier regard satisfait à son reflet.

Avec un élan tel qu'elle manqua de rater une marche, la jeune femme dévala les escaliers et arriva pile à temps pour accueillir sa soeur dans l'entrée. L'empêchant d'en placer une, Lexie J prit la main de son aînée et se mit à piailler gaiement. « Anna Leeeeeee, il faut que tu viennes avec moi immédiatement ! C'est pour Glenn, il est venu me voir ce matin et il nous a confié une mission capitale. Il va bientôt revenir, donc suis-moi et je t'explique tout. Alleeeeez, bouges tes fesses ! » Elle traîna sa soeur, bien entendu réticente jusqu'aux combles. La tour d'ivoire d'Anna. Son domaine. Et l'endroit de la maison où l'on entendait et voyait le moins la grange. Parfois, les éclairs de génie de Baby Preston l'épataient elle-même. Encore fallait-il que Joachim ai aiguillé le styliste dans la bonne direction. Ouvrant la porte avec une légère appréhension, elle fut soulagée de voir un mannequin trôner au milieu de la chambre de sa soeur. Elle contint son excitation à la vue de la robe - d'une perfection époustouflante- et se tourna vers son aînée pour se lancer dans les explications promises. Un pieux mensonge donc. « Alors en fait, Glenn a une commande pour une robe de mariée et il faut bien sûr que tout soit absolument parfait avant qu'il la montre à la cliente, tu comprends. Et comme elle est à peu près de ton gabarit, j'ai dit que tu pouvais servir de modèle. » Elle fit ses plus beaux puppy eyes à sa grande soeur et reprit. « Tu m'en veux pas hein? C'est pour rendre service à un ami après tout. » En appeler à la loyauté d'Anna était sans doute le moyen le plus efficace d'arriver à ses fins. La cadette Preston se mordilla la lèvre inférieure, puis esquissa un petit sourire déterminé, tentant sa chance jusqu'au bout. « Et j'ai peut-être dit que je m'occuperai de tes cheveux et de ton maquillage pour avoir un rendu qui en jette et qu'il puisse envoyer des photos à sa cliente... » Elle joignit ses mains sous son menton et fit sa plus jolie moue suppliante, avant de tournoyer joyeusement autour de la robe de mariée. « Tu seras trop belle en plus ! Pour Glenn ! Et pour faire plaisir à ta petite soeur chérie... » Postée derrière le mannequin, elle fit dépasser sa tête du côté droit, un sourire enfantin illuminant ses traits. Elle avait déployé des trésors de persuasion et ne pouvait que souhaiter à Madeleine d'avoir autant de chance et de courage du côté du marié.

Non sans d'autres suppliques et protestations de la part des deux soeurs, Lexie parvint finalement à faire enfiler la robe à son aînée et à l'apprêter pour l'occasion. Ses cheveux étaient joliment noués en un chignon sophistiqué, ses lèvres teintées de rouge et ses yeux ressortaient magnifiquement. Elle était sublime. Parfaite. La pimpante rouquine en serait presque émue. Elle se contenta toutefois d'un large sourire, mêlant fierté, admiration et satisfaction et prit doucement la main fraîchement manucurée de sa soeur pour l'aider à se lever. Elle sortit ensuite George l'Iphone rose de son décolleté et vit avec soulagement que JJ lui avait envoyé le signal du all clear. Les convives étaient réunis dans la grange et n'attendaient plus que les tourtereaux. Leur timing était incroyable. Jusqu'à cet instant précis, Lexie était bien obligée d'admettre qu'elle ne croyait pas en la réussite absolue de leurs manigances. Mais apparemment, les étoiles étaient favorablement alignées pour le grand jour d'Ainston. Prétextant l'arrivée de Glenn, qui avait eu l'idée d'un photoshoot champêtre dans la grange, la galeriste mena sa grande soeur en bas des interminables escaliers de la maisonnée et la fit sortir par la porte arrière. Le champ de bataille qu'était l'évier et le plan de travail fut royalement ignoré lors de leur passage à la cuisine et, la boule au ventre, Lex traversa le jardin en frissonnant. Elle serrait un peu plus fort la main d'Anna, la réalisation que ce qu'ils étaient en train de faire était bien réel et tangible la heurtant soudainement. La londonienne eut une vague sueur froide, qu'elle mit sur le compte d'un coup de vent et poussa la porte de la grange. La décoration était parfaitement réussie. Le buffet resplendissait. Les invités étaient sur leur trente et un, souriants et bienveillants. Elle se tourna vers Anna, qui avait l'air plus confuse que jamais et lui fit un sourire ému. Baby Preston serra très fort son aînée contre elle puis la tint par les épaules et la regarda avec des yeux brillants. « Madeleine a tout entendu. On sait. Alors on a décidé de vous montrer qu'on vous soutenait et qu'on était heureux pour vous, que c'était pas la peine de tenir ça secret. Alors on vous a fait une surprise. Tu aimes? » Dans son émotion et ses relents de naïveté, Lexie n'envisagea pas une seconde que les choses puissent tourner mal. Du moins, jusqu'à ce qu'elle voit le regard que lui lança sa soeur.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Mer 2 Juil - 22:33

Assise devant sa coiffeuse, Anna se scrutait dans le miroir avec incrédulité. Elle n'arrivait pas à croire qu'une fois de plus, sa petite sœur avait réussi à faire d'elle ce qu'elle voulait, et qu'elle se trouvait maintenant parée et apprêtée comme si elle avait été véritablement sur le point de se marier.
Quand Lexie avait ouvert la porte de sa chambre, Anna avait eu un mouvement de recul face au mannequin qui se trouvait là, alors qu'elle était sûre d'avoir laissé à sa place le matin même un désordre sans nom. Passé l'effet de surprise, la jeune femme avait pris conscience de la facture et du style bien particuliers de la robe exposée : blanche, parfaite, avec de la dentelle, aucun doute sur les circonstances en lesquelles une telle tenue devait être portée.
"Si c'est une blague, elle est de très mauvais goût..." commença Anna avec un soupçon de colère dans la voix, avant d'être interrompue par une Lexie qui se répandit en explications et en tergiversations dégoulinantes. Lorsqu'elle lui annonça qu'elle devait servir de modèle pour la bonne cause, l'aînée des Preston leva les yeux au ciel en signe d'agacement. Quand sa sœur lui avoua qu'il allait également falloir passer aux rayons coiffures et maquillages, Anna soupira franchement. "Lexie !" protesta-t-elle fermement, "Je sors de la galerie, j'ai encore une multitude de papiers à remplir pour demain, tout ce que je voudrais c'est au moins 30 minutes de tranquillité loin de l'agitation de cette maison de fous, un bon bain, et éventuellement un verre de vin !"
Mais il ne servait à rien de s'insurger, Anna ne le savait que trop bien depuis déjà 24 ans. Elle céda en poussant un dernier soupir et se laissa entraîner dans un tourbillon de tissu, de poudre et de dissolvant.

Le résultat était plutôt concluant, il fallait l'avouer, nota la jeune femme en observant silencieusement son reflet impeccable. Si la galerie retombait au plus bas, elle avait maintenant la consolation de savoir que sa sœur pourrait au moins se reconvertir en assistante personnelle de Glenn, maquilleuse/coiffeuse à ses heures perdues.
Lexie réapparut dans son dos et Anna s'arracha à la contemplation de la mariée presque parfaite qu'elle avait devant les yeux.
"C'est quand même incroyable cette histoire. Je n'arrive pas à comprendre comment tu as pu avoir cette idée, Lexie, ni  comment Glenn s'est laissé embarquer la-dedans. Je sais que vous êtes terribles quand on vous laisse tous les deux, mais je n'ai rien d'une gravure de mode Lex' ! A la limite qu'il me demande de prendre deux-trois photos passe encore... Je shoote la mode, je ne la suis pas !" protesta-t-elle une ultime fois en se redressant avec précaution, s'accrochant à la main de sa sœur pour lui faire face sans s'empêtrer dans la robe. Tant pis pour tous les deux si elle la froissait ! "Et pourquoi est-ce que tu ne m'as pas prévenue plus tôt, bon sang ?"
C'était une question rhétorique, sa cadette savait parfaitement qu'elle aurait refusé de se livrer à tout ce cirque, voilà pourquoi elle n'avait pas jugé bon de la tenir informée du reste du programme de sa journée.
Marmonnant quelques paroles et conjurations incompréhensibles autre que pour elle, Anna jeta un dernier regard à sa silhouette dans le miroir de plein pied posé dans un coin des combles. Si on lui avait dit qu'elle porterait un jour prochain une telle tenue, elle aurait ri au nez de ses interlocuteurs. Quand on avait grandi avec pour exemple de l'amour un couple peu stable, séparé maintes fois, dont la dépression de l'une attisait l'excentricité de l'autre, et que l'on vivait soi-même une relation tout sauf conventionnelle, le mariage était la dernière des choses à laquelle on pensait. Anna concédait que la robe était magnifique et qu'elle semblait avoir été créée sur mesure pour elle... Mais elle ne se reconnaissait pas dans cette image virginale d'elle-même. Il ne manquerait plus que Lexie envoie une photo à leurs parents !

Le trajet qui menait de sa chambre à la grange fut effectué au pas de course. Sa sœur semblait plus tendue que d'ordinaire et la Pension un peu trop calme. Les couloirs retentissaient habituellement toujours de sons familiers, indiquant la présence des uns ou des autres dans les divers coins de la maison.
Passer de l'ombre confortable de la maison à la lumière vive des premiers soleils de février, annonciateurs du printemps prochain, fit cligner Anna des yeux en traversant le jardin. Elle remarqua tout de même les guirlandes d'ampoules qui marquaient le chemin et se demanda pourquoi sa sœur avait toujours ce besoin absurde d'aller aussi loin dans les détails, tandis que cette dernière lui ouvrait la porte de la grange.
Le spectacle qui l'attendait à l’intérieur la figea sur place et lui arracha un juron tout britannique : "F**cking Hell !"

Tout avait été savamment orchestré, agencé, disposé, pour transformer leur vieille grange en véritable salle des fêtes. Les couleurs, la lumière, le coin sono, on avait pensé à tout, et le plus étourdissant, c'est que sur le nombre impressionnant de chaises installées dans la pièce (Anna se demandait bien où sa soeur avait pu en trouver autant !) se trouvaient assis de vrais convives. Il fallut du temps à la jeune femme pour réaliser qu'elle connaissait toutes ces personnes, et que ce n'était pas, comme elle l'avait d'abord espéré, une mise en scène supplémentaire pour les besoins du photoshoot.
Christabella, Robbie, Ryder, la petite Harper... Leah ? Elle ne savait même pas qu'elle était de retour en ville !
Glenn et son shérif de pacotille, même Charlie était là, accompagnée de Wyatt avec lequel elle s'était manifestement réconciliée.
Ses yeux s’arrêtèrent sur Tate, qui la dévisageait d'un air imperturbable, et la jeune femme se sentit aussitôt rougir. La dernière fois qu'elle avait vu l'avocat, ses lèvres se tenaient beaucoup trop près des siennes, et si Lexie ne l'avait pas appelée quelques secondes, qui avaient duré des instants, plus tard, peut-être y seraient-elles encore accrochées. Et qui était la blonde vulgaire qui l'accompagnait ?
Anna détacha son regard de ce duo improbable pour porter toute son attention sur le coeur du problème : Lexie, qui la secouait en proférant des absurdités, Madeleine fière comme Artaban, J.J. et son air de dandy qui lui donnait, à ce moment très précis, envie de le gifler, et ce pauvre Jamie, qui n'avait certainement rien demandé et dont elle reconnaissait les talents sur la toile qui décorait le mur près de l'entrée.
La jeune femme s'apprêtait à réagir, elle ignorait encore comment, quand elle repéra dans l'angle de son champ de vision une silhouette sombre qui se rapprochait.
Elle l'aurait reconnu entre mille. Sa démarche nerveuse et alanguie à la fois, son port de tête fier et fragile en même temps, la façon qu'il avait de tenir sa cigarette... Elle le connaissait par cœur. Elle n'était malheureusement pas sûre qu'il pouvait toujours en dire autant.
Tandis que Tim se rapprochait dangereusement de leur petit groupe en entrant par la porte encore grande ouverte de la grange, Anna inspira profondément.
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MessageSujet: Re: 04. [Pension Preston] The Wedding Trap   Sam 5 Juil - 2:29

Telle une nuée d'hirondelles affolée dans un ciel d'un gris menaçant, l'apparition fortuite de Madeleine Wild n'était que rarement un bon présage. Inconsciemment c'était peut-être la raison pour laquelle Timothy aimait fuir sa personne, même si au fond il savait bien que c'était seulement symptomatique d'un caractère taciturne duquel il peinait à se défaire. Sauf que croiser Mad dans les couloirs de McKinley, aussi déplaisant cela pouvait-il paraitre, était une probabilité à laquelle Tim était préparé. Un peu comme il était, à priori, préparé à faire preuve d'autorité, à éponger les larmes des martyrs de McKinley - rien qu'à la force de ses bienveillantes paroles - ou à canaliser les effusions de testostérones dans la jungle de la cafétéria. Mais jamais encore il n'avait lu de manuel qui lui dictait comment réagir lorsque Madeleine Wild se pointait sur son palier, l'air suspicieusement satisfait, et qu'elle se donnait le droit d'entrer dans son appartement comme si ce rituel n'avait rien d'inhabituel. Bien entendu, la paranoïa qu'il cultivait avec soin avait vite fait d'élaborer des prétextes plus saugrenues les uns que les autres. Un accident de scooter - mais c'était ironiquement bien trop crédible pour être vrai -, une violente dispute avec les sœurs Preston, l'annonce de sa paternité ou la confirmation qu'elle avait finalisé une demande d'adoption pour Jamie dans son dos. Aucune de ces possibilités, quoique vaguement improbables, n'expliquaient cet éclair de malice qu'elle tentait de dissimuler avec un peu trop de bonne volonté. Son discours n'en fut que davantage incohérent, alors qu'elle lui dressait le portrait effroyable des taupes ravageuses qui infestaient le potager de la défunte Granny Preston et menaçaient de courroucer les esprits. Ayant déjà surpris ses élans obsessionnels vaudous, Tim savait bien que s'il voulait que la blonde le laisse tranquille il ferait mieux de coopérer, même s'il doutait sérieusement de sa légitimité en tant qu'exterminateur de taupes. Qu'elle pense à lui en premier, c'était quand même plutôt curieux et effrayant à la fois, mais elle avait bien pris soin de souligner que la Pension était vide et qu'il était son seul espoir. Se savoir au sommet de la liste de Madeleine Wild en cas de catastrophes était bien plus alarmant que flatteur, et Tim ne put s'empêcher de réfléchir à quel moment la confiance qu'elle lui portait avait bien pu prendre un tournant aussi intense.

Quoiqu'il en soit il avait fini par obtempérer, alors qu'elle se confondait dans des indications qu'il écoutait d'une oreille distraite, un peu comme il avait l'habitude d'écouter Madeleine raconter quoique ce soit. Elle ne parlait jamais pour l'amour de la conversation, elle aimait juste beaucoup entendre le son de sa propre voix. C'était certainement pour cette raison que leur collaboration fonctionnait si bien, parce que justement il n'avait pas envie de lui répondre. Du moins pas lorsqu'il était aussi cruellement lucide qu'à cet instant. Il n'y avait qu'après plusieurs verres et quelques nuages de fumée qu'il se sentait plus proche d'elle que jamais. Avec détermination, elle avait sorti son casque de réserve, assez naïve pour croire qu'il allait monter sur cette chose rose sur laquelle, par le plus grand des miracles, elle parvenait en vie sur son lieu de travail tous les jours. Son sourire hypocrite acheva de la dissuader, tandis qu'il lui intimait d'un signe de la tête de monter dans son tas de ferraille si elle voulait vraiment le voir décoller d'ici. Le trajet fut sans surprise bruyant, sauf qu'il la soupçonnait de vouloir noyer le poisson plutôt que de véritablement aborder des sujets inintéressants. C'était assez difficile à distinguer s'agissant de Madeleine Wild. Lorsqu'elle se tut enfin, ce fut pour sortir un smoothie de son sac - cette vision suscita un lui un instant d'égarement, c'était le genre de scène qui nécessitait qu'on y reporte son attention plusieurs fois pour bien être certain que tout était réellement en train de se passer, même si à en juger par sa tirade de dix minutes il était évident qu'elle avait besoin de se désaltérer un peu - et déjà Tim avait flairé la catastrophe. Mad n'était décidément pas la meilleure thérapie contre la paranoïa, parce que le gobelet ne tarda pas à finir sur ses genoux, dans son col, sur sa tête et même sur le bout de ses chaussures. Une véritable prouesse technique. Bien évidemment elle déblatéra des excuses vides de sens tandis qu'il râlait et remettait en question sa santé mentale, du déjà vu en somme.

Ce fut donc ainsi qu'il se retrouva dans la chambre de JJ, à nouer une cravate autour de son cou - c'était vraiment vraiment d'une importance capitale selon Mad - après qu'elle lui avait joué un remake d'une scène de Sucker Punch, mais plutôt du côté asile psychiatrique de la chose. Il lui avait demandé au moins dix fois si le costume était nécessaire pour effrayer les taupes, mais finalement elle avait prétexté un shoot pour un client d'Anna, une excuse à dormir debout qui lui semblait si invraisemblable qu'elle en devenait incroyablement pertinente. De toute façon il avait vu clair dans son jeu, elle voulait sans doute élaborer un calendrier sexy pour l'anniversaire d'Anna, mais il était hors de question qu'il se déshabille devant elle, et ce même si elle invoquait le secret professionnel. Excitée comme une enfant de quatre ans, elle lui avait ordonné de la rejoindre dans la grange. Tim ignorait même qu'il y avait une grange ici. Voulait-elle parler de l'ancienne maison de Jesse St James ? Il se contenta de hocher les épaules, imperturbable, et se surprit à jeter un dernier coup d'œil au miroir. Ce costume, drôlement bien ajusté, n'était qu'un détail de plus sur la liste des coïncidences de la journée. Une fois ses chaussures nouées, il entreprit de rejoindre la folle furieuse, priant pour ne pas la retrouver avec une blouse de chirurgien et des instruments de torture. On n'était jamais à l'abri d'un délire schizophrène, d'autant plus en ce qui concernait Mad.

Pourtant, alors qu'il atteignait enfin les portes de la grange, il ne doutait plus de la santé mentale de Mad mais bel et bien de la sienne. L'endroit était décoré avec soin, un peu trop rustique pour ce qu'il soupçonnait être la raison de ce rassemblement, mais déjà bien trop ambitieux à leur image. Les convives étaient apprêtés avec goût et Anna, resplendissante, attendait nerveusement de l'autre côté de l'allée de fortune. S'il se sentait mal à l'aise, ce n'était certainement pas parce que les rôles étaient inversés, parce qu'ils n'avaient jamais rien fait selon l'ordre établi. Il devait même reconnaitre que Madeleine avait bien joué sur ce coup, à supposer qu'elle avait délibérément repoussé son entrée pour que les regards se tournent d'un commun accord vers lui lorsque sa silhouette s'était dessinée dans l'entrée. Ce n'était pas de ce chaleureux accueil qu'il avait honte. Il avait simplement honte de devoir tous les décevoir. Son regard croisa à son insu celui de sa mère, larmoyante de joie, duquel il se détourna aussitôt, à l’instar de ces personnes que l’on préfère éviter sur les quais de la gare. A ce sentiment de gêne profonde se mêlait une incompréhension teintée d'exaspération. Il avait envie de crier "c'est quoi ce putain de bordel" mais la seule chose dont il fut capable, ce fut d'arracher Anna à l'assemblée, et de la questionner loin des oreilles fouineuses, tandis que le reste du monde retenait en chœur son souffle, impuissant. "C'est quoi ce bordel ?" se décida-t-il enfin à lui demander, dans un murmure qu'on devinait pourtant amer.
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04. [Pension Preston] The Wedding Trap

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