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 04. [NYC]And I don't know where I'm going

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MessageSujet: 04. [NYC]And I don't know where I'm going   Mer 16 Avr - 23:33

Avec un soupir de bien-être, Sunny étendit sa serviette sur le radiateur, et se perdit quelques minutes dans la contemplation des rues de New-York, enneigées et pourtant toujours très animées malgré la soirée bien avancée. Avec un claquement de porte, les filles qui partageaient le dortoir avec elle disparurent, leurs éclats de rire résonnant derrière elle. Bien que les élèves soient tenus de rester dans l'auberge de jeunesse où ils dormaient durant le séjour, beaucoup en profitaient pour s'éclipser et déambuler dans les rues new-yorkaise, quitte à risquer de se faire attraper par l'une des surveillantes à leur retour. Le froid glacial n'était pas non plus un obstacle à leur envie d'aventure.
D'ordinaire, Sunny n'était pas du genre à refuser une aventure, et d'autant plus si elle se déroulait dans une ville aussi immense et pleine de promesse que New-York. Mais la journée avait été épuisante, aussi bien physiquement que nerveusement. Comme tout le monde, Sunny avait été particulièrement excitée par ce voyage, et avait très peu dormi la veille du départ. Pour ne rien arranger, la soirée d'avant-veille n'avait pas non plus été de tout repos, puisqu'elle était sortie, et n'était rentrée que tard dans la nuit, s'obligeant à se faufiler dans la maison à pas de loups pour ne pas se faire repérer. Fort heureusement, ses parents dormaient à poings fermés, une chance parce qu'elle aurait alors été contrainte d'expliquer que si elle se trouvait dehors en plein milieu de la nuit, c'était parce qu'elle était occupée... avec un garçon.

La mission qu'elle avait confiée à Michael se déroulait... plutôt bien, à dire vrai. Si au départ elle avait été mortifiée de demander cela, ou plutôt de l'infliger à un garçon qui n'avait rien demandé, en constatant que cela ne dérangeait pas outre mesure le jeune homme, elle s'était laissée porter par le rythme de leurs « entrevues ». Ils se voyaient régulièrement, le plus souvent au lycée, et Sunny... et bien, elle apprenait. A chaque fois, elle était surprise par tout ce qui lui arrivait. Michael avait, de toute évidence, une certaine expérience, et il parvenait à lui donner des frissons qui n'avaient rien à voir avec le froid. Si elle n'éprouvait aucun sentiment amoureux pour le jeune homme, elle ne pouvait nier qu'il lui faisait de l'effet. Et pas qu'un peu. Autant dire qu'elle était épuisée, et elle comptait profiter de l'absence des autres filles pour récupérer.

Après s'être soigneusement séchée les cheveux, et avoir rangée ses vêtements sales dans un petit sac prévu à cet effet, Sunny prit le temps de vérifier la météo du lendemain. Une précaution inutile, car l'application sur son téléphone lui précisait qu'une fois encore, le temps serait froid, et la neige abondante. Une chance qu'elle ait prévu des bottes étanches et antidérapantes, tant les trottoirs étaient dangereux en cette saison. Elle avait même pu filmer un malheureux newyorkais, une mallette à la main et en équilibre précaire, qui tentait de se frayer un chemin sur une portion de trottoir particulièrement glissante. Et en parlant d'images souvenirs, la jeune fille tendit la main vers son appareil photo, et grimpa sur son lit superposé pour se glisser sous sa couette. Ce n'était que leur deuxième soirée à New-York, mais elle avait déjà pu prendre un nombre conséquent de clichés, qu'elle fit défiler sur son appareil, supprimant les photos floues ou mal cadrées, revivant ces heures de visites épuisantes, mais qui l'avaient ravies. Le musée d'histoires naturelles, en particulier, lui avait beaucoup plu, et elle avait photographié l'immense squelette de Tyrannosaurus Rex sous toutes les coutures. Elle n'avait pas tellement l'habitude d'aller dans les musées, ceux présents à Lima n'étant que peu représentatifs de l'art et de la culture. Elle s'autorisa un sourire devant les photos de certains élèves qu'elle avait réussi à prendre, parfois par surprise, s'attirant des protestations et des menaces si les photos n'étaient pas supprimées.

Enfoncée dans son oreiller, Sunny termina de trier ses photos, puis déverrouilla son téléphone pour envoyer un message à sa mère, avant de lancer le lecteur audio et d'enfiler ses écouteurs. En se contorsionnant, elle parvint à éteindre la lumière de la chambre sans avoir à descendre de son lit, et alors seules les lumières de la ville éclairèrent la chambre, dans une myriade de couleurs qui dansaient sur le plafond.

« Wanna hear your beating heart tonight
Before the bleeding sun comes alive
I want to make the best of what is left, hold tight
And hear my beating heart one last time
Before daylight
 »

Elle programma la chanson pour qu'elle tourne en boucle, et remonta la couverture sous son menton. Bientôt, elle se mit à somnoler, et elle aurait pu s'endormir pour de bon. Sauf que... non.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC]And I don't know where I'm going   Mar 27 Mai - 0:28

Jamie referma silencieusement la porte du dortoir derrière lui, étouffant miraculeusement les ronflements de Basile. Il consulta brièvement l’heure sur son téléphone portable qu’il clapa ensuite à la ceinture de son jogging gris clair. Le Titan attendit une courte seconde, guettant le moindre signe d’activité dans le couloir du premier étage où tous les garçons avaient été logés. Mais à cette heure, seuls les néons pâles, leurs grésillements électriques et la clameur sourde des postes de télévisions, perturbaient le calme qui régnait sur l’auberge. Il était près d’une heure du matin. Ils étaient rentrés du concert de Jazz une heure plus tôt, et Jamie avait encore la tête qui bourdonnait de l’effet fumoir de l’établissement et des coups de Saxophone qui enhardissent les cœurs les plus dégourdis. Ce n’était pas exactement son style musical, mais il n’avait pas craché sur la performance. Il se surprit à fredonner un air pour rompre le silence, tout en montant discrètement les escaliers qui desservaient l’étage des filles. Il tira machinalement sur un pan de son t-shirt blanc sur lequel un petit génie de la mode urbaine avait écrit: “Blessed are the curious things, for they shall have adventures”.
Mais, pour être honnête, Jamie ne se sentait pas vraiment l’âme aventureuse ce soir-là. Il était courbatu par le manque de sommeil et épuisé des deux dernières journées qu’ils avaient passées à sillonner la Grosse Pomme. Et puis, il devait admettre que Lima lui manquait plus qu’il ne l’aurait escompté. Il avait beau rationalisé la chose, se dire qu’il serait de retour avant même de s’en rendre compte… Il s’était un peu miné d’avoir laissé Harper rentrer à Lima toute seule après la soirée qu’ils avaient passé. Il aurait sans doute moins culpabilisé si Andie n’avait pas aussi participé au séjour. Ils l’avaient laissé en tête-à-tête avec sa Pas-Si-Chère tante. Et puis, il regrettait qu’Addison n’ait pas eu l’opportunité de partir avec eux. NYC n’était pas vraiment à l’image du Nouveau Mexican, certes. Mais Jamie ne doutait pas qu’il ait pu réussir à se réconcilier avec cet endroit si Addison avait été présent pour y bâtir de nouveaux souvenirs. Le bon côté des choses, c’est qu’il avait la possibilité de passer les cinq derniers jours à New York avec Sunny. Il connaissait mal Manhattan, mais il avait dans l’idée de l’emmener à Brooklyn, lorsqu’ils auraient un quartier libre. Il avait le sentiment qu’ils pourraient bénéficier de se retrouver entre eux, à l’écart des sujets qui les avaient plus ou moins séparés à Lima. Il n’allait pas craché là-dessus non plus.
Il croisa un groupe de filles avec lesquelles il discuta quelques minutes. Elles parlaient de faire le mur pour rejoindre un pub qu’elles avaient repéré un peu plus bas sur Amsterdam Avenue, tout en brandissant fièrement leurs fausses cartes d’identité. Il doutait qu’elles réussissent à entrer aussi facilement, mais s’abstint de tout commentaire. Il se contenta de décliner poliment leur invitation à les suivre, et les laissa filer en leur demandant de boire à sa santé.

Jamie poussa le panneau de la porte et se faufila à l’intérieur de la chambre, une ombre se fondant parmi ses pairs. Il attendit une courte seconde que ses pupilles s’accoutument à la pénombre qui occupait le dortoir, avant de s’avancer précautionneusement, soucieux de ne pas marcher sur les affaires de ses camarades. Le rétroéclairage d’un téléphone portable attira immédiatement son attention, accompagné de notes musicales impossibles à percevoir clairement à cette distance. Il s’assura rapidement qu’aucun lit n’était occupé avant de se hisser lentement sur la petite échelle qui menait au lit superposé de Sunny. Perché sur l’échelon du milieu, il glissa une main froide sur la cheville de l’adolescente: “Sunny? Dis, tu te pousses un peu?” murmura-t-il doucement en réprimant un sursaut. Il grimpa gauchement sur le matelas en courbant la tête pour éviter de se fracasser la tête contre le plafond de la chambre, et vint s’installer aux côtés de son amie tant bien que mal. “Ça te dérange si je reste un peu? J’arrive pas à dormir.” Lui confia-t-il en rassemblant ses bras autour de lui pour dissimuler sa chair de poule. Il laissa quelques secondes se dissiper dans l’obscurité de la chambre avant de ressentir la nécessité d’initier la conversation: “Pourquoi t’es pas sortie? Tout le monde est dehors. Je pensais que tu serais avec Mike” Lança-t-il, sans intonation particulière. C’était une simple constatation, vraiment. Certaines rumeurs lui étaient parvenues à propos de l’adolescente, certaines beaucoup plus improbables que d’autres. Il en était venu à la déduction que Sunny avait probablement commencé à sortir avec Michael au cours des dernières semaines et n’avait pas éprouvé le besoin de lui en faire part. Il avait décidé d’exclure les gossips les plus délurés. S’ils étaient bien capables d’une chose, c’était d’honnêteté. Machinalement, il passa son index sur le contour du tatouage qu'il avait sur l'épaule depuis fin décembre. Il attrapa l'écouteur qu'elle avait retiré pour le mettre dans sa propre oreille. Ce n'était pas trop son style non plus, mais: “J'aime bien cette chanson.” Commenta-t-il en lui adressant un mince sourire.


Dernière édition par Jamie Ainsworth le Mar 26 Aoû - 22:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. [NYC]And I don't know where I'm going   Mar 27 Mai - 23:54

Sunny rêvait. Après un sursaut, où elle s'était réveillée et avait constatée que, non, elle n'était pas dans un avion en chute libre, mais bien au chaud dans son petit lit, elle avait fini par s'endormir, et un rêve étrange s'était emparée d'elle. Debout sur la scène de l'amphithéâtre, vêtue de la robe rouge des diplômés, elle serrait le précieux bout de papier entre ses mains, sous les applaudissements et les acclamations d'une assemblée de... poulpes ? Avec un haussement perplexe de sourcil, Sunny se tourna vers Mr Figgins, qui arborait un masque de plongée et un tuba, et lui faisait signe de laisser la place à l'élève suivant, une sirène qui sautillait sur sa queue de poisson en remuant sa chevelure bouclée. Sunny descendit de la scène, pour se retrouver les pieds dans l'eau, des vagues léchant le bas de sa robe, tandis que le soleil se couchait au loin. Un pingouin se faisait dorer au soleil, allongé sur une planche de surf, avant de s'adresser à elle en levant ses lunettes noires avec flegme : « Tu as ton diplôme, alors pourquoi tu es encore là ? Allez, du vent. Tu me caches le soleil. » et il remit ses lunettes en place. Un immense quai de gare, en haut de la plage, était surmonté d'un panneau indiquant « New-York City, dernier départ dans dix minutes », et Sunny, soudainement anxieuse à l'idée de rater le train qu'elle entendait siffler, fit un pas en direction du quai. Quelque chose de froid s'enroula soudain autour de sa cheville, l'empêchant d'avancer, et elle se retourna. Une petite tortue la retenait, levant vers elle de grands yeux bleus humides. « Laisse moi, je m'en vais. » Les yeux se firent suppliants, mais Sunny resta inflexible. « Je dois partir. Je veux partir. »
« Sunny ? Dis, tu te pousses un peu ? » Une ombre immense se profila au sol, et en levant les yeux, Sunny vit une énorme créature au poil gris, et au large sourire, qui se penchait vers elle. « Totoro ? » Alors elle souleva, avec difficultés, les paupières. Dans la pénombre du dortoir, elle ne vit qu'une silhouette qui se hissait maladroitement sur le matelas, lui écrasant au passage la jambe, et elle se redressa à demi. « Mm ? Gnnpff.. » grogna-t-elle en tentant de retrouver ses repères. Et si c'était un pervers ? Un malade qui profitait des filles seules dans les dortoirs, avides de lycéennes en voyage scolaire. Heureusement, non. Jamie se laissa tomber à ses côtés, faisant vibrer tout le lit superposé, et Sunny écarta les cheveux de son visage, ôtant au passage un de ses écouteurs afin de l'entendre s'il s'adressait à elle.

A partir de ce moment, Sunny aurait très bien se rendormir. La présence de Jamie à ses côtés n'avait fait qu'effleurer son esprit, et elle ne réalisa pas qu'elle était au lit avec lui. Enfouie sous sa couverture, elle remua un peu pour trouver une position plus confortable, et s'allongea sur le dos, son épaule contre celle de Jamie, ses yeux se refermant déjà. Le prénom Michael retentit dans le silence presque religieux de la pièce, et dans son demi-sommeil, Sunny eut soudain la certitude qu'elle était dans un lit avec Michael. A nouveau elle se redressa à demi, mais la voix de Jamie lui parvint une nouvelle fois, et elle se réveilla complètement. « Ah. » lâcha-t-elle, soulagée. Elle avait beau avoir demandé -imposé- une mission à Michael, elle n'était pas forcément prête à se retrouver dans un lit, avec lui. Et encore moins dans un dortoir qui pouvait se remplir à tout moment. Mais la proximité de Jamie lui semblait au contraire parfaitement naturelle, et surtout, familière.
Rassurée par la présence du jeune homme, Sunny se laissa tomber sur son oreiller, et se tourna vers Jamie pour lui faire face. Par réflexe, et peut-être un peu par instinct maternel, elle souleva l'épaisse couverture et la rabattit sur Jamie. « Il fait trop froid pour aller dehors. » souffla-t-elle. C'était déjà une épreuve pour elle de sortir à Lima, alors que le vent et la neige étaient les maîtres incontestés de la ville, mais depuis leur arrivée à New-York, deux jours auparavant, il lui semblait que les températures étaient encore plus basses. Sortir en pleine nuit, par -15° ? Non merci.

« Et puis, Michael... » reprit-elle en se frottant les yeux pour chasser le sommeil qui l'embrumait toujours, avant de s'interrompre en fronçant les sourcils. « Comment tu... » Elle n'avait parlé à personne de son petit arrangement avec Michael, et encore moins à Jamie, avec qui elle n'était plus aussi proche qu'avant. Pourtant, il semblait au courant. Ce qui, en fin de compte, n'avait rien d'étonnant. Rien ne restait caché bien longtemps, à McKinley, et Sunny était bien placée pour le savoir. Si elle n'avait pas forcément eu l'intention de dissimuler son aventure avec Michael, elle ne s'était pourtant pas attendue à ce que les gens soient au courant aussi vite. Avaient-ils manqués de discrétion ? Elle n'avait pas l'impression, mais quelqu'un avait très bien pu les surprendre lorsqu'ils s'embrassaient sous les gradins.
Jamie avait beau avoir tenu le rôle de confident pendant longtemps, Sunny ne se sentait pas le courage de lui expliquer ce qu'il y avait entre Michael et elle. Elle compta sur la discrétion du jeune homme pour ne pas avoir à s'étendre sur le sujet, même si elle mourrait d'envie de savoir qui avait bien pu la voir avec Michael. « Hmm.. tu peux rester, mais ne colle pas tes pieds glacés contre les miens. » chuchota-t-elle. « Pourquoi tu n'arrives pas à dormir ? Raconte à tatie Sunny, maintenant que je suis ré... » L'adolescente bailla longuement. « ...veillée. » termina-t-elle.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC]And I don't know where I'm going   Mar 3 Juin - 4:45

Jamie marmonna un 'Scuse' distinct dans le silence de la chambre, avant de s’écrouler à côté de Sunny. Il n’avait aucune idée de qui pouvait être ce Totoro qu’elle mentionnait, mais ne fît pas mine de l’interroger là-dessus. Il se contenta de sourire devant l’air ensommeillé qu’elle portait sur son visage, encore un pied dans le domaine de Morphée. Pendant un court moment, il songea qu’il serait plus raisonnable de la laisser sombrer à nouveau. Après tout, elle était sans doute aussi épuisée qu’il ne l’était lui-même après ces deux jours de tourisme incessant. Il pourrait simplement rester ici, attendre que les filles reviennent de leur escapade nocturne dans les rues de Manhattan, et s’éclipser un peu avant six heures du matin pour éviter de tomber nez à nez avec une mademoiselle Mann qui serait sans doute moins tolérante qu’elle ne l’avait été lorsqu’il s’était présenté en retard à l’aéroport de Columbus. C’était sans compter son besoin de reconnecter avec elle, en toute intimité.
C’est un sentiment qu’il aurait été incapable de traduire avec des mots, des verbes, des adjectifs ou des compléments. Jamie s’était résigné à accepter que certaines choses ne se soumettaient pas à la richesse d’une langue. Il savait juste que c’était là, comme un nœud à la base de son cou, comme un bloc de glace sur l’estomac. Pénibles. La plupart du temps, il avait l’impression que leurs conversations s’asséchaient, qu’elles ne le comblaient plus autant qu’avant. Depuis Halloween, il s’éloignait à chaque fois un peu plus frustré, et impuissant en la matière. C’était peut-être au-delà de leurs pouvoirs individuels. Toutefois, ça ne l’empêchait pas de persévérer. Sunny avait été sa première amie à Lima. Elle lui avait déclaré des sentiments qu’il ne partageait pas trois mois plus tôt, et ça avait changé quelque chose. Et s’il ne regrettait pas qu’elle ait décidé de s’exprimer sur le sujet, il aurait souhaité qu’ils réussissent à passer outre, continuer comme au premier jour. Jamie n’était pas prêt à lui tourner le dos. L’arrivée de leurs examens de fin d’année le détournait de ses révisions, et lui inspirait un sentiment d’urgence irrationnel. Il savait qu’elle ne projetait pas de rester à Lima l’année prochaine. Et il doutait qu’elle choisisse d’étudier à l’Ohio State University, même s’il aurait préféré qu’elle y trouve chaussure à son pied. D’un autre côté, Sunny avait le potentiel pour les grandes universités, et l’ambition pour l’entraîner loin dans la société. Elle avait sans doute raison de ne pas s’enfermer en Ohio. Il espérait juste qu’elle ne l’oublierait pas une fois partie. En songeant à tout ces visages qu’il s’était promis de ne pas oublier au cours des dernières années, sans réussir à se rappeler leurs traits avec exactitude, Jamie savait que c’était un espoir bien fragile sur le long terme. Et ça le déprimait profondément.
“Merci” souffla-t-il lorsqu’elle rabattit un pan de couverture sur lui. Il roula sur une hanche pour pouvoir lui faire face. “Ouais, mais c’est New York” objecta-t-il doucement. Il eût une pensée pour son désamour de la ville, et le fait qu’il n’ait cessé de la défendre au cours des quatre derniers jours, avant de reprendre: “Ça vaut bien un petit rhume ! Surtout si tu ne comptes pas y remettre les pieds avant un petit moment. Berkeley, c’est pas la porte à côté” ajouta-t-il d’un ton qui se voulait détaché.
“Des bruits de couloirs. Cheerleaders.” l’interrompit-il en étirant un bras au-dessus de la couverture pour être plus à l’aise. Il le cala en-dessous de sa nuque, attendant qu’elle infirme les choses ou, au moins, qu’elle l’éclaircisse un peu sur la nature de sa relation avec Michael. Mais elle ne le fit pas. “Vous êtes ensemble?“ l’interrogea-t-il en arquant un sourcil mutin. Il ne savait pas encore quel serait son sentiment sur la question. En attendant de savoir si cette rumeur-là était vraie, il avait refusé d’y accorder plus de réflexions que nécessaire.
“D’accord” répondit-il, juste avant de glisser un pied en direction de ses jambes chaudes. Il étouffa un éclat de rire lorsqu’elle réagit un peu vivement, avant de regrouper ses pieds dans un coin du lit pour ne plus la déranger en grommelant que si c’était comme ça, et bien il se réchaufferait tout seul. Un sourire accroché aux lèvres pour apaiser son attitude de Caliméro, il passa une main sur le duvet d’une barbe naissante avant de répondre: “Eh ben, je ne sais pas si tu te rappelles mais je suis un chouia insomniaque sur les bords”. Son traitement contre l’hyperactivité était vraiment e**erdant à ce niveau-là. Il lui provoquait des insomnies chroniques au milieu de la nuit, et des coups de fatigue soudain en pleine journée… Seuls les effets secondaires d’un arrêt trop brutal le retenait, pour le moment, de retourner ses plaquettes dans les toilettes. Il laissa passer quelques secondes de silence. “Et puis, tu sais. Trop de pensées là-dedans” Il donna deux petites tapes sur son propre front pour illustrer ses propos. “Et puis… Je partage ma chambre avec un ronfleur de catégorie olympique. Sisi”. Il laissa échapper un rire nerveux. Pendant quelques secondes, il s’intéressa au plafond. Malheureusement, il n’y avait rien de spécial à propos de celui-ci, pas même quelques stickers d’étoiles fluorescentes pour égayer le plâtre froid, et lui permettre de se soustraire à la conversation quelques secondes supplémentaires. Il avait très envie de lui confier ce qui le tracassait, sincèrement. Mais il savait aussi qu’ouvrir la porte derrière laquelle Harper et lui s’étaient embrassés sous influence moins 72 heures plus tôt, et qu’il ne savait pas trop quelle attitude adoptée en rentrant à Lima, ne rendrait pas service à son objectif numéro 1, à savoir “Reconnecter avec Sunny”. Il ne savait pas si Sunny faisait mine d’avoir oublié qu’elle avait lui avait ouvert ses sentiments, ou si elle était réellement passé par-dessus. Il ignorait donc si amener un sujet comme celui-ci la froisserait sérieusement, ou si c’était OK de lui demander son avis sur la question. Le fait qu'il ne sache pas si c'était OK de parler d'Harper ou non les avaient sans doute mené au point où ils se trouvaient également. “Tu veux pas qu’on aille sur le toit avec une couette et qu’on fasse des anges dans la neige?” lâcha-t-il, et il craignit qu’elle perçoive l’esquive dans son timbre de voix.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC]And I don't know where I'm going   Mar 3 Juin - 13:20

La chaleur corporel de Jamie se mêla à la sienne, rendant le lit encore plus douillet et confortable, et poussant Sunny à s'enfouir sous la couverture avec délice. Bientôt, seul ses yeux et son nez dépassèrent, et elle dévisageait Jamie avec un mélange de curiosité et de sommeil. Il avait beau défendre New-York, Sunny ne se sentait pas prête à affronter le froid hivernal en pleine nuit, uniquement pour aller dans un bar -ou du moins, pour essayer d'y entrer. Peut-être que si ce voyage avait eu lieu en été, peut-être que si les rues n'avaient pas été glissantes à cause du gel, alors oui, elle aurait suivie les filles de son dortoir pour explorer la ville qui ne dort jamais, passant outre son épuisement. Sunny poussa un léger soupir de bien-être, savourant l'instant présent. Ce voyage représentait une chance extraordinaire de pouvoir découvrir New-York, et Sunny comptait bien en profiter car, comme le soulignait Jamie, elle n'y reviendrait probablement pas avant longtemps. En songeant à la proposition de ses camarades de dortoir, elle estima qu'elle avait eu doublement raison de ne pas accepter, puisque Jamie lui avait fait la surprise de la rejoindre, lui offrant un moment privilégié, et devenu rare ces derniers mois.
La conversation partait néanmoins dans tous les sens. L'allusion à Michael la faisait hésiter. Jamie l'avait suivie pendant de nombreuses planques, l'année précédente ; il connaissait ses méthodes, ce dont elle était capable, et il n'avait jamais porté le moindre jugement. Mais là, il s'agissait d'un type de chantage assez particulier, et elle craignait qu'il ne désapprouve. Pire, qu'il la prenne en pitié. Sunny maudit les cheerleaders, ces idiotes qui ne savaient pas tenir leur langue. Pourtant, elle n'eut même pas envie de chercher à savoir qui avaient bien pu se précipiter pour raconter que oh mon Dieu Sunny Palmer roule des pelles à Michael Axon derrière le lycée. Sournoisement, la pensée qu'elle allait pouvoir tester Jamie sur ce sujet s'insinua en elle, alors même qu'elle craignait qu'il la trouve pathétique d'avoir forcé un garçon à s'intéresser à elle. C'était pourtant un excellent moyen de savoir à quel point il tenait à elle, et jusqu'où il serait prêt à aller. Cette réflexion n'était pas très glorieuse, cela dit, et elle se refusa à donner la moindre informations concernant Michael, du moins pas tant que Jamie ne lui en demanderait pas. Ce qu'il fit, évidemment. Sunny cligna des yeux, mais ne put répondre. Au lieu de ça, elle glapit lorsque le jeune homme fit exactement ce qu'elle lui avait interdit de faire, et le contact glacé de ses orteils contre ses pieds lui fit faire un écart pour s'écarter. Ses propres orteils se recroquevillèrent, et elle plissa exagérément les yeux pour fusiller Jamie du regard. Elle ne put retenir un sourire, qui adoucit son expression faussement furieuse.

D'ordinaire, Jamie était plus désinvolte, il ne se gâchait pas la vie avec des pensées négatives et prenait les choses telles qu'elle venait. Une qualité que Sunny enviait, tant elle pouvait se laisser dicter par sa rancune et son extrême curiosité. Jamie avait toujours été celui qui savait la faire rire et la distraire de ses envies de revanche, il savait alléger le quotidien et lui ouvrir les yeux sur l'inutilité de ses sombres sentiments. On parlait d'elle dans son dos, et alors ? La jalousie des autres ne devaient pas la pousser à se venger systématiquement. Il avait été son meilleur allié dans les moments où elle se laissait emporter par ses travers. Il avait un esprit libre.
Pourtant, il semblait différent, et pas de la façon désagréable que Sunny avait noté, depuis qu'elle lui avait avoué ce qu'elle ressentait à son égard. L'éloignement, qui avait commencé l'été dernier, mais qui alors n'avait qu'un faible impact sur leur amitié, s'était exacerbé, au point que les silences gênés avaient lieu plus souvent que les fous rires et les confidences. Impuissante, Sunny n'avait su quoi faire, ni comment réagir. Elle savait que son aveu y était pour quelque chose, mais elle avait la conviction que ce n'était pas la seule raison. L'année s'écoulait, pas assez vite sur certains points, et trop rapidement pour d'autres. Alors que Jamie prononçait des mots qui sonnaient creux, Sunny songea à la chance qu'elle avait de pouvoir se retrouver seule avec Jamie, sans personne autour, loin du lycée et de tout ce qui s'y rattachait. Si elle pouvait crever l'abcès, c'était ce soir, dans ce lit où ils se serraient à deux en veillant à ne pas se toucher. Elle repensa à toutes les fois où ils s'étaient cachés derrière des poubelles, en retenant un rire à cause de l'odeur, blottis l'un contre l'autre pour ne pas se faire repérer. Elle se remémora les étreintes chaleureuses et amicales, quand rien ne gâchait ce lien si particulier qu'ils avaient. Alors, spontanément, elle se rapprocha de Jamie et glissa ses pieds entre ceux, glacés, du jeune homme, ignorant le frisson qui remonta le long de ses jambes.

« Michael et moi, on ne sort pas ensembles. On... » Soupir. « C'est compliqué. » Mensonge. Ce n'était pas compliqué, c'était en vérité très simple. Elle faisait chanter Michael pour qu'il fasse disparaître son inexpérience. « Il n'est pas mon petit ami. C'est encore une affaire... particulière. » finit-elle par lâcher, misérablement, les paupières baissées. Si Jamie voulait savoir de quoi il retournait, elle le lui dirait. Elle ne savait pas comment, mais elle ne lui cacherait pas. « Et si tu me disais plutôt ce qui te tracasse, maintenant que je t'ai répondu ? Et ne mens pas. Je suis Sunny Palmer, reporter intrépide et à qui on ne peut rien cacher. » Un sourire brave étira ses lèvres. Elle savait, de façon douloureuse, que des choses pouvaient lui échapper, et souvent, il s'agissait de choses qui finissaient par lui faire mal. L'intonation de Jamie, sa façon étrange de se comporter, et curieusement, cette impression de fragilité qu'elle sentait, tout lui soufflait que Jamie était perturbé. Et son instinct en profitait pour lui faire savoir que son amitié avec Jamie dépendrait de sa réaction.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC]And I don't know where I'm going   Sam 5 Juil - 4:48

Jamie eut un sourire de ravissement lorsque Sunny se rapprocha un peu de lui malgré sa précédente requête où elle lui avait demandé de ne pas coller ses pieds glacés aux siens. Il détendit spontanément son bras au-dessus de leurs têtes pour le passer autour de ses épaules à elle, et l’attirer un peu plus près de lui. Il posa sa tête contre la sienne, parce que c’était confortable et parce que c’était le plus proche qu’ils n’avaient été depuis longtemps. Il savoura le silence en l’appréhendant d’une manière bien différente qu’une poignée de minutes plus tôt, percevant les notes qui s’élevaient encore des écouteurs de Sunny, créant une atmosphère douillette. Jamie ne douta pas qu’il puisse s’endormir ainsi. Il les sentait complices, et Dieu sait combien ces moments devenaient privilégiés.
“Comment ça? Soit vous êtes ensemble, soit vous ne l’êtes pas. C’est aussi simple que ça” s’étonna-t-il à voix basse, comme s’il avait craint que leur conversation soit surprise—accentuant l’effet d’intimité qui était entré dans le dortoir en même temps que lui—et haussant les sourcils à cette réponse dérobée. Pourquoi tant de mystères? Elle n’avait pas besoin de lui cacher qu’elle avait quelqu’un dans sa vie. À moins qu’ils n’en soient à un stade où elle n’estimait pas pouvoir s’exprimer au nom de Michael et elle—ce qui, quelque part, était tout à son honneur—Jamie ne voyait pas l’utilité d’en faire tout un foin.
“Une affaire particulière” releva-t-il, et tandis qu’il prononçait ses mots en les chargeant progressivement d’un ton lourd de sous-entendus, un sourire goguenard étira ses lèvres. Il n’aurait jamais pensé que Sunny puisse être aussi pudique ! “Ça veut dire que tu te le tapes?” Il feignit une innocence si sincère qu’on aurait presque réussi à effacer le manque de pudeur qui composait sa question. Il lui pinça affectueusement la joue avant de reprendre: “Fais pas cette tête ! Je le dirais à personne ! Même si on essaie de m’acheter avec des Ding-Dong. Et je sais que tu sais que j’aime les Ding-Dong” lança-t-il avec légèreté, pour lui faire comprendre que le sexe n’avait pas à être un sujet tabou entre eux. Pourquoi le serait-ce, d’ailleurs? C’était courant de parler de ces choses-là. “Et il n’est pas ton copain parce que … ? Vous n’en avez pas discuté et tu ne veux pas t’avancer avant lui?” déduisit-il en baissant les yeux vers elle. Il savait que pour certaines filles, c’était important de dépasser l’étape ‘Définir La Relation’ pour vivre cette dernière publiquement, et sereinement.

“Je ne suis pas tracassé” objecta-t-il vainement; parce qu’il était si souvent enjoué que l’inverse se remarquait comme le nez au milieu de la figure. Un très gros nez. “J’étais entrain de me dire qu’il restait à peine trois mois avant les examens; quatre avant la remise des diplômes; et sept avant que tout le monde prennent des routes différentes, tu vois ce que je veux dire? Tu te rappelles quand Gillian est partie à l’université, c’était plus pareil après.” lui confia-t-il en se rappelant combien elle et Sunny étaient proches l’année précédente. “J’ai pas envie que ça nous arrive, tu vois?” ajouta-t-il un peu maladroitement. Il savait que c’était une remarque puérile, venant d’un adolescent qui ne grandissait pas beaucoup tous les ans dans sa tête, mais il savait aussi que si cette crainte n’était pas débitée à haute voix, Sunny ne pourrait pas la deviner.
Il marqua une pause pour lui laisser le temps de digérer ce qu’il venait de dire, avant de reprendre en redressant la tête si haut que sa pomme d’Adam se réhaussa sur la ligne de sa gorge. “Y’a d’autres trucs aussi. Je ne sais pas où je vais pouvoir travailler l’année prochaine. J’ai déposé des CV un peu partout en ville, mais je n’ai pas reçu de réponses. Et puis, tu te rappelles que je suis arrivé en retard à l’aéroport?” C’était là que ça se compliquait un peu; mais comme elle venait de lui dire—enfin, c’est ce qu’il avait cru comprendre—qu’elle sortait avec Mike, il n’y vit plus de problèmes. “J’étais à une fête avec Harper la veille, et on s’est embrassés, mais je sais pas si c’était la bonne chose à faire parce qu’on était vraiment défoncés tu vois? C’est pas bien d’embrasser quelqu’un dans cet état-là, je crois, parce que t’es sûr de rien le lendemain, et comme j’avais NY, on a parlé de rien du tout et c’est pas très cool, tu crois pas? Sunny?”


Dernière édition par Jamie Ainsworth le Mar 26 Aoû - 22:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04. [NYC]And I don't know where I'm going   Lun 4 Aoû - 17:39

Le geste de Jamie, ce bras passé sous sa nuque, cette main s'agrippant à son épaule pour la rapprocher de lui, tout rappelait à Sunny les moments qu'ils avaient partagés l'année précédente. Ces instants où ils n'étaient que tous les deux et où Sunny avait l'impression agréable d'être une fille comme les autres. Jamie la ramenait toujours du bon côté. Il allégeait ses travers. Il n'avait pas la moindre idée de tout ce qu'il lui avait apporté. Peut-être qu'il serait de bon ton de le remercier, après tout, il avait été son premier véritable ami dans ce lycée où tout le monde craignait, ou détestait Sunny. Il lui avait également donné envie de plaire, d'être moins embourbée dans le mépris qu'elle ressentait à l'égard des filles qui se maquillaient et prenaient du temps pour se pomponner. L'année allait se terminer, et ce qu'elle était devenue, elle le devait en partie à Jamie. Son front collé à celui du jeune homme, ses pieds contre les siens, Sunny se sentit extrêmement chanceuse. Elle laissa échapper un petit soupir de bonheur.
Un sentiment qui fut vite dissipé par les questions de Jamie et ses sous-entendus concernant Michael. Mal à l'aise, Sunny eut une moue exagérée. Elle voulait expliquer à Jamie que non, elle ne se « tapait » pas Michael -même si c'était précisément ce qui l'avait poussé à lui faire du chantage. Elle était néanmoins bien décidé à perdre son innocence, et par conséquent, sa virginité, avec lui. Pourtant, ils ne sortaient pas ensembles. Ils se voyaient en cachette -même s'ils n'étaient pas si bien cachés que ça, au final- et passaient tout leur temps à s'embrasser, et à se caresser. Comment l'expliquer à Jamie ? Les joues brûlantes, Sunny tenta de faire le tri dans les mots qui se bousculaient dans sa tête. Si elle sortait avec Michael, ou même s'ils se fréquentaient occasionnellement, Jamie n'en aurait pas fait toute une histoire. Peut-être aurait-il trouvé là l'occasion de la taquiner gentiment, peut-être lui aurait-il demandé de faire attention à elle. Le seul problème, c'est que la relation qu'elle entretenait avec Michael n'avait rien de normal, et elle doutait que Jamie comprenne. Qu'il la juge, non. Mais qu'il désapprouve sa démarche, certainement, et pourtant, ils se connaissaient depuis longtemps. Il n'était pas étranger aux mesures extrêmes de Sunny. Incapable d'articuler le moindre son, Sunny resta silencieuse, ses paupières à demi baissées pour dissimuler son regard, soulagée de voir que Jamie n'insistait pas. Peut-être qu'elle trouverait le courage de lui parler de toute cette histoire.

Le calcul de Jamie était précis, de façon assez triste. Oui, dans peu de temps, l'année serait terminé, et avec elle, ces délicieux moments. Avec une pointe de nostalgie, Sunny se remémora les fous-rires, les sorties et les instants passés avec Gillian, avant que celle-ci ne soit diplômée. Et puis, Gillian était partie. Sunny avait mal vécu le départ d'une de ses rares amies, elle avait été déprimée pendant un bon moment ; Jamie marquait un point. Faire partie des Seniors avait permis à Sunny de toucher du doigt son rêve. Elle avait repris la tête du club de journalisme, par exemple, et avait enfin pu postuler dans les universités qui lui plaisaient. Mais le revers de la médaille lui laissait un arrière-goût amer sur la langue, et elle déglutit. Jamie avait peur. Sunny aussi. Elle ne voulait pas que Jamie s'éloigne d'elle, elle l'avait déjà prouvé en jalousant Harper et sa relation particulière avec Jamie. Elle ne savait pas vraiment ce que comptait faire Jamie l'année prochaine, elle-même ayant été occupée avec ses propres projets. Aussi garda-t-elle le silence, lorsqu'il prit le temps d'approfondir sa confession. Il n'avait pas uniquement peur de perdre une amie, il avait peur de l'avenir qui se profilait devant eux. Quoi de plus normal, pour quelqu'un qui vivait au jour le jour, sans se soucier de rien. Ce n'était, en fin de compte, pas toujours une qualité. Avec sa manie de toujours tout planifier, de ne rien laisser au hasard, Sunny était à l'abri de ce genre d'angoisse. Elle avait toujours su qu'elle étudierait le journalisme, qu'elle postulerait dans de bonnes universités, et surtout, qu'elle quitterait Lima. Il n'y avait rien pour elle, ici. Rien, à part des personnes chères à son cœur, comme Jamie.
Bien qu'elle ne soit pas confrontée à ce type d'inquiétudes, Sunny voulait rassurer Jamie, elle voulait lui donner confiance en l'avenir. Il ne lui en laissa pas le temps.

Le soir où, poussée par un verre de punch un peu trop corsé, elle avait avoué à Jamie qu'elle l'aimait, Sunny s'était pris une gifle monumentale. Jamie ne ressentait pas la même chose pour elle, et ça, on n'y pouvait pas grand chose. Mais la façon maladroite qu'il avait eu de la repousser, aussi gentiment que possible vu les circonstances, l'avait blessée. Bien sûr, elle n'était finalement pas amoureuse de lui, mais la place qu'il avait dans son cœur n'avait rien d'insignifiante. Il fallait en outre compter sur la jalousie de Sunny.
Aussi eut-elle l'impression de traverser un nouveau choc affectif devant la confession de Jamie. Toujours blottie contre lui, elle ouvrit de grands yeux, se figeant sous la couette. Voilà une révélation qui aurait mérité un hashtag #OMFG #can'tbelieveit #WTFjusthappen. Elle posa une main sur le torse de Jamie, et se redressa sur un coude pour le dévisager malgré la semi-obscurité. Les lumières de la ville, qui passaient à travers la fenêtre, dessinaient des arabesques sur le visage de Jamie. « Vous vous êtes embrassés comme dans tu l'embrasses et elle ne t'en colle pas une ? Ou comme dans elle perd la tête, elle t'embrasse et tu te laisses faire ? Ou alors, comme dans vous vous embrassez ? » Sunny réalisa qu'elle s'était mise à parler à voix haute, et surtout, que ce qu'elle disait n'avait ni queue ni tête. Elle se laissa retomber sur le matelas, le visage à quelques centimètres de celui de Jamie, les yeux toujours grand ouverts. « C'est pas ta meilleur action, c'est sûr. » convint-elle, sans pitié. « Mais même sous l'influence de la drogue, Harper a assez de caractère pour te casser les deux jambes si tu la contraries. J'en déduis qu'elle n'était pas contre. Et je t'ai déjà vu défoncé, tu n'embrasses pas la première venue. En tout cas, moi, tu ne m'as jamais embrassé. Je ne sais pas si c'était une bonne chose, mais ce n'était pas une mauvaise chose. Je crois que, parfois, ça arrive. Et je crois que ce voyage vous laisse le temps de mieux digérer tout ça. » souffla-t-elle en posant la tête sur l'oreiller, son regard vrillé sur Jamie.

Bon sang. Jamie Ainsworth et Harper Pritchard s'étaient embrassés. Voilà qui ferait un véritable carton au lycée.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC]And I don't know where I'm going   Mer 27 Aoû - 2:56

Jamie resta étendu, attendant patiemment que Sunny décide de lui offrir quelques éclaircissements sur sa situation avec Michael ; mais elle resta silencieuse sur le sujet et il ne se sentit pas l’âme à forcer les confessions. Il fut une époque où Sunny et lui n’avaient pour ainsi dire aucun tabou. Sans doute parce qu’ils n’avaient pas peur de se blesser, de se faire honte ou de se juger. Ils n’avaient jamais eu matière à. Jamie était arrivé à Lima le cœur en bandoulière ; il n’avait eu aucun mal à se lier d’amitié avec Sunny, parce qu’elle aussi avait été seule trop longtemps. Jamie aimait à penser qu’ils s’étaient rencontrés au bon moment. Mais tant de choses s’étaient produites dans l’intervalle, et ils avaient évolué sur des voies qui même si elles demeuraient parallèles, étaient aussi bien différentes. Jamie savait qu’aujourd’hui, il ne pourrait plus être aussi ouvert sur les détails de son quotidien qu’il ne l’avait été autrefois ; ne serait-ce que parce que nombre de ses préoccupations concernaient Harper et son cadre familial ; et l’adolescent s’était toujours refusé la liberté de divulguer ces détails auprès de qui que ce soit, pas même Sunny—ne serait-ce que parce que les deux adolescentes, qui pour une raison inconnue mais pas nécessairement surprenante, ne s’entendaient pas. Au final, Jamie n’avait pas vu l’année passée. Elle avait filé à une vitesse ahurissante, et parfois il se demandait s’ils avaient beaucoup changé et s’ils se seraient entendus s’ils s’étaient rencontrés aujourd’hui. À cette dernière réflexion, Jamie préférait croire que oui, mais c’était la volonté d’un adolescent obstiné.
« Ce sera triste l’année prochaine, sans toi ; mais je suis content que tu fasses ce que t’as envie de faire. Je viendrais te voir pendant les vacances, et tu pourras me raconter combien de têtes d’œufs se sont écrasées devant Sunny Palmer, OK ? » Lui susurra-t-il à l’oreille ; l’idée de pouvoir voir la jeune femme ne serait-ce que pendant les vacances de son calendrier universitaire lui mettait un peu de baume au cœur. Il savait que les relations longues distances pouvaient être difficiles à entretenir—il avait cherché à en avoir à plusieurs reprises au fil de ses déménagements. Mais Sunny et lui pourraient se téléphoner, se voir sur Skype, s’envoyer des mails. Ils ne seraient pas sur le même fuseau horaire, ce qui rendrait les choses compliquées, mais pas irréalisables s’ils mettaient mutuellement du leur. Jamie avait confiance en la technologie qui les entourait pour maintenir le contact ; il passerait même à la lettre manuscrite si ça signifiait sauvegarder son amitié avec Sunny au cours des mois qu’elle passerait à l’autre bout du pays. Advienne que pourra.
« Hein ? Oh. Non, non on s’est embrassés euh mutuellement » répondit-il d’une voix lente, un peu troublé par cette série de questions un peu maladroites. « OMG, c’est ce qui vous est arrivé ? Genre, t’as essayé de l’embrasser et BOOM elle t’en a retourné une, et depuis vous ne pouvez plus vous voir en peinture ? Ça expliquerait tout » poursuivit-il d’un ton pince-sans-rire de celui qui vient de dénouer un problème mathématique jusqu’alors irrésolu. Bien entendu, c’était une plaisanterie, si grotesque d’ailleurs qu’il ne tarda pas à s’esclaffer.
Jamie tourna la tête vers elle, la mâchoire saillante. « Elle n’est pas que violente tu sais » commenta-t-il lorsque la journaliste en herbes affirma qu’Harper n’aurait eu aucun mal à lui casser les genoux s’il l’avait contrariée. Les deux adolescentes semblaient avoir mutuellement des images si limitées l’une de l’autre que c’en était parfois inconfortable pour lui qui les connaissaient un peu plus pleinement que ça. « Je sais que tu penses que je suis un mec bien ; mais ça m’empêche pas de me planter parfois » répondit-il en baissant légèrement les yeux quelque part à la hauteur de son menton. Oh, il avait peut-être eu une attitude exemplaire sous l’influence de la weed, et de ses autres petites consommations, le temps qu’il avait passé en Ohio ; mais Jamie savait qu’il avait été capable de déconner par le passer et c’était une chose que Sunny n’avait pas vu se produire. À une époque, il aurait sans doute pu l’embrasser elle et faire comme si de rien n’était le lendemain. Il était content de ne pas être ce genre de personne pour elle. Il aurait détesté être ce genre de personne pour elle. « Je dis pas que c’était une erreur de l’embrasser ; mais je préfèrerais réussir à tirer ça au clair pendant que je suis à NY ; comme ça, quand je rentrerais, ça n’aura pas à être bizarre. Tu vois ce que je veux dire ? »
Il laissa ses propos se dissiper dans le silence pendant quelques secondes avant d’enfoncer sa joue plus confortablement dans l’oreiller. « T’as raison. Elle m’aurait carrément cassé en deux si elle ne l’avait pas voulu » plaisanta-t-il en bâillant aux corneilles. « Tu le gardes pour toi, hein » ajouta-t-il en fermant les paupières.
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