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 04. [NYC] Homeward Bound

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MessageSujet: 04. [NYC] Homeward Bound   Ven 25 Avr - 13:01

New-York. La Grosse Pomme. La ville qui ne dort jamais. Tant de noms pour un même lieu qui n’en avait qu’un seul dans la tête de Matteo : home. Il n’avait jamais été aussi soulagé de retrouver l’endroit où il avait grandi, où il avait prononcé ses premiers mots, fait ses premiers pas,  dans la vie comme sous les projecteurs. La City avait été l’endroit de toutes ses premières expériences, ses premières découvertes. C’était ici que tout avait commencé, et le voilà de retour à la maison, heureux comme Moïse découvrant la Terre Promise. Ce n’était peut-être que pour une semaine, mais avec toutes les périodes de temps libre accordés par les organisateurs du voyage scolaire, il aurait amplement de quoi reconquérir sa terre natale. Dès le premier soir, les idées lui venaient à l’esprit pour reprendre ses bonnes vieilles habitudes. A une époque, il avait tendance à passer ses soirées dans quelques endroit chics de la ville, et c’était une des choses qu’il avait envie de faire au cours de son voyage. La première soirée libre avait à peine été annoncée par les accompagnatrices après le repas, assortie de recommandations en tout genre et d’un rappel du fait que McKinley n’était responsable de rien en cas d’accident, qu’il s’avançait déjà dans la rue, levant la main pour appeler un taxi, alors que la plupart de ses camarades retournaient vers l’auberge de jeunesse. L’un des  véhicules jaune s’arrêta rapidement. Encore une chose que le jeune homme appréciait énormément dans cette ville : tout était immédiat. S’installant sur la banquette arrière, il annonça sa destination au chauffeur. « Centre de Manhattan, s’il vous plait ». Alors que la voiture démarrait, il sortit son portable pour vérifier ses messages. Il en avait reçu un de sa cousine « N’oublie pas ma carte postale ! ». Evidemment, c’était le genre de souvenirs inutiles que la famille avait pour habitude d’envoyer à chaque voyage. C’était exactement le genre de communication que le garçon n’aimait pas. Il fallait toujours écrire des choses banales du style « le soleil est au rendez-vous », « on s’amuse comme des petits fous », ou encore « les visites sont intéressantes ». Mais quelle en était l’utilité ? C’était le genre de choses évidentes qu’on pouvait raconter une fois de retour à la maison, avec des tas de détails croustillants (ou moins croustillants). Qui était intéressé par la météo New-Yorkaise, après tout ?

Ne jugeant pas utile de répondre à Kayla, Matteo rangea le téléphone dans sa poche. Si elle tenait vraiment à sa carte postale, elle l’aurait, ça ne coûtait pas grand-chose de lui en écrire une, après tout. Et si ça pouvait faire plaisir, autant le faire. C’était quelque chose que sa mère lui avait appris, faire plaisir aux autres, même quand on faisait quelque chose qu’on jugeait inutile, était important, cela montrait qu’on tenait à eux. Et évidemment, le jeune homme tenait à sa cousine, malgré toutes leurs disputes insignifiantes. Elle avait toujours été là pour le soutenir, surtout depuis le début de l’été dernier quand il avait emménagé chez son oncle et sa tante. Il pouvait bien prendre cinq minutes de sa vie pour lui écrire un petit mot sur un morceau de papier cartonné. Ce ne serait qu’un maigre remerciement en comparaison aux heures que la rouquine avait passé à discuter avec lui, essayant de l’aider au mieux quand ça n’allait pas. A mesure que la voiture progressait dans la ville, son regard fut attiré par de nombreux endroits qu’il connaissait, devant lesquels il passait tous les jours fut un temps, happant son attention et lui permettant d’oublier quelques minutes les raisons qui avaient poussé sa cousine à être si gentille. Ci et là, des restaurants, des fast-foods aux enseignes bien connues, des boutiques plus ou moins luxueuses. Des gens dans la rue, beaucoup de gens. C’était ça aussi, la magie de New York. Il y avait toujours du monde dehors, peu importe l’heure du jour ou de la nuit. Des gens de toutes les origines, de toutes les couleurs de peau, de toutes les religions, de toutes les orientations sexuelles, de tous les styles vestimentaires, vivaient ensemble, au même endroit, et se côtoyaient tout en respectant chacun.  Ou presque. Il n’était pas rare d’entendre dans les faits divers que quelqu’un se soit fait agresser dans la rue par rapport à une quelconque « différence ».  Mais globalement, tout se passait plutôt bien, et les gens étaient, pour la plupart, ravis de cette diversité. Cependant, ce soir, Matteo ne se mêlerait pas à la population urbaine, puisque le bar dans lequel il se rendait était relativement huppé. Il y verrait seulement des hommes d’affaires, ou des gens du show-business. Il avait espoir de recroiser des gens avec qui il avait pu travailler dans les studios, qui eux, n’avaient pas été obligés de s’expatrier à Lima, et qui avaient sans doute gardé l’habitude de se rendre dans l’endroit.

Le taxi ralentit, puis s’arrêta au bord de la chaussée. Matteo donna un billet de dix dollars au chauffeur. « Gardez la monnaie » annonça-t-il, n’ayant pas envie de s’ennuyer avec quelques pièces, et pressé de retrouver un endroit, et des gens qu’il affectionnait. La rue sentait la chaleur, et des effluves d’épices atteignirent ses narines, à peine sorti de la voiture. Il respira un grand coup les odeurs orientales. Le Kebab d’à côté était bondé, preuve que depuis son ouverture l’hiver dernier, la clientèle avait afflué en quantité. L’adolescent marchait à grandes enjambées, s’arrêtant à peine pour regarder tout ce qui avait pu changer. Quelques virages entre les buildings et il atteignit enfin celui qui l’intéressait. L’enseigne du bar se trouvait au rez-de-chaussée, mais l’établissement lui-même était au septième étage. Il claqua ridiculement des doigts devant les portes coulissantes s’ouvrirent automatiquement lorsqu’il se tint fièrement devant. Il aimait avoir l’illusion que les portes s’ouvraient, uniquement parce que lui, le demandait. Même s’il savait pertinemment que ce n’était pas le cas, c’était une sensation plutôt agréable. Il marcha tranquillement vers l’ascenseur et laissa ses doigts glisser vers le bouton d’appel. La cabine était entourée de vitre, si bien qu’on pouvait observer l’extérieur du bâtiment. L’adolescent regarda le sol s’éloigner progressivement de lui, se rappelant la fois où cet homme en costume gris avait eu le vertige et avait dégobillé son mexicain du soir au beau milieu de l’ascenseur.  Il ne put empêcher un ricanement de lui échapper à la pensée de ce pauvre homme.

Les portes s’ouvrirent sur le bar dont les lumières tamisées créaient une ambiance cosy, l’arrachant à son souvenir. Il s’avança vers le comptoir, le sourire au lèvre. « Cocktail maison, s’il vous plait ! » demanda-t-il au barman, son expression heureuse ne décollant pas de son visage. « Puis-je voir votre id… ça alors ! Chester ! ça faisait longtemps dis donc ! » s’exclama l’homme, les yeux écarquillés par la surprise. « Hé Barney ! viens voir qui est là ! » lança-t-il à l’homme à la masse musculaire impressionnante qui se tenait devant la porte du carré VIP, et qui rappliqua ainsi immédiatement, avant d’observer l’adolescent de haut en bas et de lui donner l’accolade. Matteo s’était toujours senti accueilli dans cet endroit. « Ouaip, de retour pour une semaine. Voyage scolaire organisé par le lycée McKinley, de Lima. En Ohio, pas au Pérou » se sentit-il obligé de rajouter. Comme si la ville n’était pas assez méconnue comme ça. Les deux hommes éclatèrent de rire, mais ne demandèrent pas ce qu’il faisait là-bas. Ce n’était pas le genre de l’établissement de demander des choses sur la vie privée de leurs riches clients. A la place, Barney l’accompagna jusqu’à l’espace VIP et lui ouvrit la porte. L’avantage d’être venu régulièrement par le passé était qu’il n’avait plus à justifier de son identité pour pouvoir rentrer. La pièce était vide, et il se laissa aller à en faire le tour, effleurant les meubles avec ses doigts, avant de finalement choisir une table reculée dans un coin et de s’asseoir sur la banquette. La barman ne tarda pas à lui apporter le cocktail maison précédemment commandé, et repartit immédiatement. Saisissant la paille entre le pouce et l’index, le jeune homme approcha le verre de mixture de sa bouche, commençant à la siroter tranquillement. Les lieux restaient toujours aussi vide au fur et à mesure que la boisson disparaissait du verre. Peut-être était-il venu trop tôt. Il reposa son verre et consulta une nouvelle fois son téléphone. Aucun nouveau message.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Dim 4 Mai - 17:16

Les lumières des buildings défilaient sous ses yeux. L’impression saisissante de revenir à la vie s’infiltra en elle comme un shoot d’adrénaline. Paresseusement, Megan recentra son attention sur le miroir du poudrier qu’elle tenait dans le creux de sa main gauche, et pendant qu’elle soulignait d’un trait épais les billes brillantes d’excitation qu’elle affronta sans sourciller, un sourire mutin étira ses lèvres. Elle n’avait pas besoin de faire d’effort pour être époustouflante, se dit-elle en retouchant son mascara du bout de ses ongles vernis. Dans un clic concis, elle referma son poudrier pour le ranger dans son sac, puis s’émerveilla devant le panache de couleur offert par la vive allure du taxi, le nez à plusieurs centimètres de la vitre. Elle était exténuée par le vol qui l’avait mené jusqu’à la Terre promise, toutefois Megan n’y prenait pas garde. À peine avait-elle posé le pied sur l’asphalte de la ville qu’elle avait fait une halte à son hôtel pour se changer et remettre à la réception ses quelques instructions. Des tentures mauves avaient été posées le long des murs de sa suite, la salle de bain embaumait la violette fraîche et dans son dressing, les vêtements qu’elle avait prévu de porter tout au long de son séjour avaient été classés par matières. Tout était absolument parfait. Ses yeux s’étaient brusquement plissés. Un sourcil en accent circonflexe, elle avait trouvé la faille qui lui offrit l’occasion de montrer de quel bois elle se chauffait. Car la seule qui pouvait prétendre être parfaite dans cette pièce, c’était elle. De ce fait, lorsqu’elle s’était aperçue de la présence d’œillets sur sa table de chevet, les murs avaient tremblé, corroborant ainsi son étonnante intuition. Cependant, rien ne gâcherait son arrivée et aussi dignement qu’une Janet Jackson le sein à l’air sur la scène du Super Bowl, Meg était partie, apprêtée et exaltée. Plus que prête à renouer avec ses vieilles habitudes – celles qu’elle avait délaissées pour venir s’installer dans le hameau de mauvais goût qu’était Lima à ses yeux –, Megan se sentait plus elle que jamais. Les paparazzis ne s’étaient pas encore montrés pour immortaliser son passage dans la ville qui ne dort jamais, mais c’était simplement parce qu’elle ne les avait pas encore appelés. Ah, ces stars qui faisaient croire au peuple que le harcèlement des photographes était spontané n’étaient que des idiots imbus d’eux-mêmes ! Megan se précipita soudain pour déverrouiller son smartphone et envoya un mail détaillé, de l’heure à laquelle elle arriverait jusqu’à la marque de son fard à paupières, aux journalistes de TMZ.

Parfois, il arrivait à la chanteuse de s’interroger. Et si sa place se trouvait au sein de la chorale de bigotes de Cassandre Hamilton ? C’est qu’elle avait fait tellement de sacrifices depuis qu’elle avait quitté les Fairy Dust, Dieu lui en était témoin. La désormais directrice des Awesome Voices avait grand besoin de décompresser. New York ne la décevrait pas. Ce n’était pas Los Angeles mais ça se valait. De toute façon, tout serait mieux que le bar karaoké de Lima. Ça ne faisait pas loin d’une éternité qu’elle ne s’était pas amusée comme une personne de son rang était censée le faire qu’elle se fichait bien d’être blacklistée dans une bonne moitié des clubs et autres bars lounge des environs. Tout ça à cause des malheureuses fois où elle avait exprimé son opinion d’une façon peu respectueuse ! En vérité, c’était une raison supplémentaire pour faire de sa visite un évènement dont on se souviendrait dans les médias et crier à la Terre entière que Megan Morgan était loin d’être finie. Qu’elle prenait juste une pause pour se focaliser sur les petites choses simples de la vie. Prendre en charge un groupe d’amateurs devait lui assurer une place au Paradis des stars. John et Michael l’attendaient de pied ferme. Meg travaillait dur pour ça et elle estimait ce soir qu’elle avait le droit à un break amplement mérité. La badinerie se lisait sur son visage au moment où elle pensa à ses choristes et avec anticipation, elle regarda devant elle. Ses lunettes de soleil – qu’elle ne quittait pas même de nuit – remontées sur le haut de ses cheveux bruns, elle les fit glisser avec un seul doigt sur ses yeux maquillés, s’attendant à être aveuglée par les flashs des photographes qu’elle avait prévenus. Sauf qu’au moment où le taxi s’arrêta sur le trottoir devant un immeuble vertigineux, la seule chose qui l’aveugla fut la tristesse de la scène qui ne se déroula pas comme elle l’avait imaginée.
Personne n’était là, à l'exception un clochard à la barbe emmêlée attendant devant la porte pour qu’on lui fournisse de quoi aller s’acheter un kebab à côté. Megan fut douchée. Son visage se rembrunit, ses yeux se parèrent d’un étrange voile de tristesse mais elle descendit de la voiture tout de même. Après avoir donné son dû au chauffeur de taxi qui éclaboussa le bas de sa tenue quand il démarra en trombe, Megan se retrouva seule sur le trottoir. L’odeur de viande trop cuite s'échappant du boui-boui au coin de la rue lui donna des haut-le-corps et tandis qu’elle regardait des deux côtés de l’avenue pour vérifier si personne n’arrivait avec un appareil photo, elle revêtit une expression joyeuse en se hâtant de rentrer dans l’immeuble. Sous ses lunettes noires, elle vit le clochard s'approcher d'elle et son pas se fit plus rapide.

Remonter aussitôt en selle était la devise de MM. Ce n’était que partie remise, se répéta-t-elle en lissant les traînées de boues sur son pantalon en cuir noir. L’affront des photographes n’était que la démonstration de leur bêtise et dans l’ascenseur, elle se prépara à faire son entrée dans le bar. On ne l’avait pas vu depuis des mois par ici et à l’instant où les doubles portes s’ouvrirent sur un salon tamisé, elle ne laissa même pas le temps à la clochette d’indiquer son arrivée. Elle baisse ses lunettes de ses yeux et tout en embrassant la pièce d’un regard charmeur, elle susurra suffisamment haut pour être entendue :

« Surprise, bitch. » De son pas chaloupé, Meg enjamba la baguette de l’ascenseur pour en sortir et s’engagea vers l’agent de sécurité posté sur sa droite. Les portes se refermèrent derrière elle et les regards se tournèrent pour étudier sa silhouette. Cette subite attention lui fit jouer des sourcils alors qu’elle remettait déjà ses lunettes dans son sac à main qu’elle tenait à la pliure de son bras. Plus rien n’avait d’importance car tout le monde la regardait. Cette sensation de chaleur, ce bien-être exquis qui l’enveloppait au contact du regard des autres, avait autant d’effet sur elle que la caresse du vent. Des frissons remontèrent le long de sa colonne vertébrale, jusqu’à ses cervicales qu’elle détendit en remuant son cou lascivement et elle se mordit les lèvres. Sa démarche dansante suivait étonnamment le rythme qui se jouait dans la pièce à ce moment précis et c’est en étant juchée sur ses chaussures à talons hauts qu’elle se planta devant le grand homme aux bras croisés. Ils se regardèrent. Elle, aguicheuse. Lui, impassible « I bet you thought you’d seen the last of me. » poursuivit-elle avec une convoitise évidente dans le ton et en remuant les épaules pour que le dessin de sa poitrine à peine couverte déborde un peu de son top. Un silence se fit « Non. » Le visage de Megan se recula derechef. Ses épaules s’affaissèrent en même temps « Comment ça ? Tu sais qui je suis ? » lui demanda-t-elle sans gêne. Un rire goguenard découvrit les dents trop blanches du vigile qui décroisa les bras pour venir joindre ses mains devant son entrejambe – peut-être avait-il peur qu’elle ne s’attaque à ses bijoux de famille. A vrai dire la réputation de l’ancienne fée n'était plus à faire « C’est ça le problème. Je sais parfaitement qui vous êtes. » Il marmonna des directives à sa montre. Avant que Megan ait le temps de faire quoi que ce soit, deux hommes à la carrure aussi imposante s’avancèrent résolument vers elle.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Ven 16 Mai - 14:27

C’était dingue comme les choses pouvaient changer en l’espace de quelques mois. En y repensant, même à cette heure-ci, des gens affluaient dans le bar, à l’époque où Matteo avait été obligé de quitter New-York. Mais ce soir, il restait toujours aussi vide. Et le fait qu’on était lundi n’était sans doute pas en cause. Quelque chose avait changé.  Il avait toujours cru cet endroit immuable, mais il avait à présent la preuve que rien ne pouvait échapper au changement. Des tas de facteurs rentraient en compte, bien sûr. L’époque de l’année, le nombre de touristes présents dans la ville,  l’amabilité du patron et des serveurs, et encore bien d’autres… Rien ne semblait avoir changé, l’homme qui tenait l’endroit était toujours aussi agréable, ses employés étaient toujours les mêmes. Février était une bonne période pour que les gens préfèrent passer la soirée au chaud dans un bar plutôt qu’à l’extérieur sous la neige. Evidemment, il n’y avait pas foule de touristes, mais qui s’attendait à voir un quelconque badaud dans un bar huppé de Manhattan ? Personne. Rien n’était différent, et pourtant l’endroit demeurait presque vide, et, en dehors de la musique d’ambiance, on n’entendait plus les mêmes rires qui l’animaient autrefois. Le jeune homme lança un regard vers son verre, qui était à présent tout aussi vide que le bar. Las d’attendre la présence de quelqu’un dans le carré VIP, il décida de retourner s’asseoir au comptoir. Au moins, il aurait la compagnie du barman, c’était un avantage indéniable. Il discuta quelques instants, espérant toujours que quelqu’un qu’il connaissait arrive enfin. Mais la patience semblait cruellement lui manquer ce soir-là, et il était à deux doigts de retourner à l’auberge de jeunesse, ou ailleurs en ville, pourvu que ça soit moins ennuyeux.

Cependant, alors qu’il cherchait une dernière fois son portable dans sa poche, pour regarder l’heure avant de partir, son attention fut happée par l’arrivée de quelqu’un. Au lieu de sortir son téléphone mobile de la poche, il fit tourner le tabouret pour mieux voir ce qui se passait, et s’accouda au comptoir d’un air nonchalant. Il plissa un peu les yeux pour voir qui semblait s’attirer des ennuis avec le vigile, mais celui-ci bloquait sa vision et il dut donc presque se tordre le cou pour apercevoir une femme brune à l’air vaguement familier. Il observa sans bouger quelques instants, avant de voir que deux autres vigiles venaient en renfort au premier. Elle n’avait pourtant pas l’air bien agressive, de loin. La tentation de se rapprocher était très forte. Il se retint cependant un moment, avant de voir un des hommes prendre la demoiselle par le bras pour la ramener vers la porte. Il sauta enfin de son tabouret, avec toute la souplesse dont il pouvait faire preuve, et s’avança tranquillement vers le petit groupe. « Attendez ». C’était un ordre clair et posé, et il n’avait peut-être pas le droit de donner d’ordre à la sécurité, mais après tout, le client n’est-il pas roi ? Il se planta devant la femme et la reconnut enfin. Megan Morgan, anciennement chanteuse des Fairy Dust. Aujourd’hui, les fées étaient effectivement retournées à la poussière. Celle-ci, du moins. En parcourant la presse people pour s’assurer que rien ne paraissait sur lui, il avait lu de nombreux articles sur la fameuse chanteuse, anciennement égérie des paparazzis, qui ne la mettaient pas franchement en valeur. La presse à scandale avait parfois tort, parfois raison. Sa curiosité le poussait naturellement à vouloir découvrir si la fameuse Megan Morgan était aussi terrible que l’apparence que lui donnaient les journalistes. « Elle est avec moi. Je prends la responsabilité de son comportement » déclara-t-il avec un sourire à l’attention des videurs. Il regarda à nouveau la jeune femme, droit dans les yeux, et lui adressa un sourire à elle aussi. « Mais elle va bien se comporter, de toute façon. N’est-ce pas ? » C’était une affirmation à l’intention des hommes, mais il y avait bien plus de malice dans le regard qu'il lança à la star. Il ne voulait pas passer pour l’adolescent moralisateur, du moins, pas aux yeux de celle-ci.

Les hommes se concertèrent du regard, l’un deux leva un sourcil douteux. « C’est bon je vous dis ! » lança Matteo. Il ne fallait pas les laisser réfléchir trop longtemps, ou ils risquaient de se poser trop de questions. « Mouais… Y a intérêt ». Les hommes finirent par s’écarter, laissant le champ libre à l’adolescent, qui tendit un bras en direction du carré VIP. « On y va ? » Il adressa un sourire légèrement mystérieux à l’intéressée. C’était une proposition, pas une obligation, mais il y avait de quoi espérer que la chanteuse n’ait pas envie de se coltiner la présence inopportune des vigiles plus longtemps. « C’est là qu’est votre vraie place, non ? ». Certaines stars aimaient recevoir des compliments, ou du moins avoir les gens à leurs pieds. Il n’en avait que faire d’être dans les bonnes grâces de Megan Morgan, mais peut-être valait-elle le coup qu’on s’attarde un peu sur sa personnalité. Et s’il voulait s’assurer que la presse à scandale avait raison, il faudrait déjà qu’il puisse discuter un peu avec la jeune femme. Il commença à marcher, espérant qu’elle le suive. « Il me semble vous avoir déjà aperçue à Lima, non ? » En réalité, il en était presque sûr, mais il pouvait très bien s’être trompé. « Vous étiez là au concours de char, à Noël, si je me souviens bien. Comment ça se fait que l’ancienne chanteuse phare des Fairy Dust se retrouve perdue en Ohio ? Je veux dire, personne qui ait pu vivre à New-York, Los Angeles, ou une quelconque ville dans le genre, n’a envie de se retrouver à vivre là-bas. Un peu trop calme, comme endroit ». Il avait presque murmuré la dernière phrase, plus pour lui-même que pour elle.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Ven 16 Mai - 22:52

En devenant la directrice des Awesome Voices, Megan – propulsée à la tête de la chorale avec l'aide d'une Sue Sylvester plus calculatrice que jamais – perfectionnait son attitude de diva. Maintenant, en plus d'avoir le talent et la beauté, elle avait aussi le pouvoir, et se voir refuser aussi fermement l'entrée du bar par ce Kevin Costner de pacotille lui hérissait le poil autant que la dernière coupe de cheveux de Rihanna. On ne refusait rien à Megan Morgan, surtout pas en public. Elle planta son regard marron vert dans les trois paires d'yeux qui la toisaient sévèrement, prêtes à en découdre avec sa silhouette menue, et sa colère bouillonna en elle comme de la lave en fusion pendant que son ego, déjà égratigné par la désertion indécente des photographes à l'extérieur du building, se retrouva enterré plus bas que terre. C'était comme ça qu'on l'accueillait dans cet endroit pitoyable, alors qu'elle était la plus à même de leur offrir un peu de publicité ? Songea-t-elle en lançant un regard circulaire dans le bar qui lui était déjà apparu plus fréquenté. Pivotant sur ses talons aiguilles, elle opéra un pas en arrière et buta accidentellement contre le torse bodybuildé de celui qui lui avait refusé l'entrée. Voilà qu'elle était prise dans une sorte de guet-apens. Elle n'aurait pu espérer mieux comme gros titre, et c'est à cette pensée qu'elle déglutit bruyamment, serrant son sac à main tout contre elle.
C'est certain que le comportement de la chanteuse n'avait pas été exemplaire durant ses heures de gloire. Il fallait faire preuve de force de caractère pour percer dans ce milieu. Les gens qui n'avaient pas d'ego et se montraient bienveillants en toutes circonstances n'avaient pas le même dessein que ceux qui savent ce qu'ils veulent. Megan faisait définitivement partie de ceux-là. Prête à écraser n'importe qui sur son passage, elle n'avait pas volé ses nombreuses récompenses, mais presque. Elle n'était pas dépourvue de talent pour autant. Car si Megan avait bien quelque chose pour elle en plus de son physique singulier, c'était ses dons pour le chant et la danse, sa plus grande passion. Seulement si elle n'avait pas eu cette soif de réussite profondément ancrée en elle, jamais on n'aurait entendu parler d'elle. Elle était difficilement gérable et d'ailleurs, personne n'avait jamais réussi à la représenter comme il se devait, si bien que les poursuites judiciaires portant le motif de ses nombreux méfaits s'étaient un moment entassées.

Au moment où la main de Porthos (elle avait décidé d'attribuer au trio infernal de la sécurité, le nom des Trois Mousquetaires. Ce qu'elle jugeait particulièrement spirituel, mais force était de constater que le moment était très mal choisi pour jouer à la plus fine. Elle préférait se taire, pétrifiée par la taille des biceps d'Athos) enserra son poignet pour la faire avancer, une petite voix dans sa tête lui intima de déguerpir sur le champ. Ou bien était-ce celle de son sauveur qui déboula, souple et frais comme un nouveau-né, pour énoncer leur connivence et assurer ainsi son sauvetage in extremis ? Le cœur de la brune fit un saut de cabri. C'était comme si Bambi avait débarqué dans sa poitrine et qu'il espérait pouvoir échapper au courroux du chasseur sanguinaire qui avait faire de sa mère son prochain paillasson. Derechef, elle retira son poignet délicat des grosses pattes du primitif qui l'avait malmené pour venir s'agripper au cou du jeune homme en prenant une moue de la parfaite victime, ne lésinant pas sur les caresses dans ses cheveux coupés en brosse pour parfaire sa comédie de la complicité. C'est un tournant la tête, les yeux à quelques centimètres à peine de la peau un peu grasse du garçon qu'elle fût prise d'un sursaut bruyant ; il devait avoir douze ans. Elle distinguait clairement les prémices d'une grosse poussée d'acné sous ses pores huileuses et aussitôt, elle se recula en lui disant.

« Évidemment que je vais bien me comporter. Je me montre toujours très sage en société. » Wink, wink, wink. Elle n'avait cependant pas de leçon à recevoir d'un puceau, quand bien même l'avait-il sauvé des griffes de la garde royale. Elle le gratifia d'un regard condescendant, un sourcil en accent circonflexe et se redressa sur ses talons quand il sonna leur sortie qui s'annonçait triomphale. Meg devait gérer son ego qui lui ordonnait de ne pas obéir à cet individu. Mais elle avait tellement envie d'un verre qu'elle lui attribua finalement un sourire empestant l'hypocrisie et elle détourna la tête. Ajustant la hanse de son sac à la pliure de son bras et prenant la marche en même temps que le jeune homme, elle prit le soin de dire à l'intention des agents de sécurité « Ça, Messieurs, c'est ce qu'on appelle une victoire. » Aramis montra les crocs. Très vite, Megan se pressa en se dandinant à la suite de son héros d'un soir qu'elle eut tôt fait de remettre à sa place.
« Tiens. » dit-elle en posant son sac sur le comptoir. Elle l'ouvrit pour en sortir un billet de 20 $ et un feutre qu'elle déboucha. En plein milieu du billet vert, elle traça à la va-vite sa plus belle signature, puis le tendit au garçon « Tu pourras le revendre sur E-bay, ça te fera un peu d'argent pour te payer un appareil dentaire. Quoique je doute que tu en aies vraiment besoin. C'est vrai, les pauvres ne viennent pas dans ce coin de la ville et... voyons voir. » Elle lui attrapa le menton, enfonçant ses doigts manucurés dans ses joues aussi fermes que les fesses de Justin Timberlake – et elle en savait quelque chose « Mais tu as une dentition parfaite ! Hooray ! »

Il mentionna Lima. Megan le lâcha brusquement pour venir tirer la fermeture éclair de son sac « Au secours. » murmura-t-elle pour elle-même et s'accoudant au bar, elle encadra brièvement son visage avec ses mains en secouant la tête. En définitive, les journalistes faisaient bien leur boulot. Ce fils à papa devait s'abreuver de tous ces articles sordides rédigés sur sa personne. C'était mignon, l'entrain qu'il mettait à peaufiner son discours avec des détails, mais elle avait suffisamment donné dans le fanatisme et dorénavant, elle visait plus haut qu'un public composé exclusivement d'adolescents. Lasse, elle claqua des doigts pour que le barman s'intéresse à elle « Une vodka violette. » Il hocha la tête et Megan dégagea son visage de ses longs cheveux pour se tourner vers le pré-pubère posté à sa droite. Ce n'était pas le genre d'intérêt qu'elle voulait susciter et elle entendait bien en informer le gamin « Écoute, j'apprécie ta considération et je suis impressionnée par ta culture me concernant. Mais tu sais, je suis venue ici pour me détendre un peu et... »


Des petits pas pressés se firent entendre entre deux changements de tempo. Megan eut à peine le temps de comprendre ce qu'il se passait que deux jeunes filles surexcitées sortirent, elles aussi, des feutres de leur soutien-gorge et demandèrent au jeune homme de leur signer des serviettes au nom du bar. Megan resta bouche bée. Les pimbêches ne s'intéressaient même pas à elle, mais en plus, elles semblaient réellement penser que ce garçon était célèbre ! Crispant le visage dans un effort de concentration, elle eut alors une illumination.
« C'est pas vrai ! Matteo Chester ? » Elle laissa basculer sa tête en arrière à l'instant où un rire s'échappa de ses lèvres et tel un aigle plongeant sur sa proie, elle se rapprocha naturellement de lui pour lui tâter l'épaule du bout des doigts. Instantanément, son attitude changea et sa voix se fit plus mielleuse, rauque et profonde, tandis que ses doigts dessinaient des lignes invisibles sur son torse – ma foi, plutôt bien battit « Alors, comme ça, on s'intéresse à Megan Morgan ? » Le barman déposa son verre sur le comptoir. Megan le prit par le pied sans se décaler d'un pouce de Matteo et elle but une longue gorgée. Prenant le temps de laisser ses lèvres tremper dans le liquide sucré qu'elle savoura avec volupté, c'est après une pause qu'elle vint palper près de la ligne de sa mâchoire carrée, la tête penchée sur la côté « C'est quoi ton âge, déjà ? »
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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Sam 17 Mai - 1:25

Matteo avait souvent vu des gens se faire recaler dans des entrées d’endroits chics, et finalement entrer grâce à la présence de quelqu’un qui les connaissait à l’intérieur. La situation ne lui était jamais arrivée à lui-même auparavant. Il n’avait cependant jamais vu qui que ce soit se permettre d’être aussi familier avec son sauveur. Il conserva son sourire à l’intention des videurs tout le temps ou Megan Morgan lui tripotait les cheveux - anéantissant ainsi le peu de mise en forme qu’il y avait appliqué à l’aide de gel avant le repas du soir – mais l’envie ne lui manquait pas d’enlever la main de la jeune femme de son crâne. Il ne se départit  cependant pas de son calme apparent. Faire semblant était son métier, et c’était souvent bien pratique dans la vie réelle. Son chef-d’œuvre capillaire eut enfin la paix qu’il méritait lorsque la brune se recula pour annoncer qu’elle se comportait toujours bien en société. Les clins d’œil étaient de trop, et l’ironie de la situation était telle que les épaules du jeune homme se haussèrent, accompagnées par un gloussement silencieux, légèrement moqueur. Elle perdait toute sa crédibilité en cet instant précis, mais il n’en dirait rien. Le but était de vérifier les dire de la presse people, pas de froisser la petite princesse qui semblait être aussi amusante que ce que l’on racontait. Enfin, amusante n’était sans doute pas le mot, mais au moins distrayante. Son caractère transpirait par tous les pores de sa peau, une fois qu’on prenait la peine d’y faire attention. La petite réflexion, relativement bien placée, qu’elle adressa aux vigiles en était la preuve. Cela lui arracha un léger sourire. Sa victoire, comme elle disait, c’était à lui qu’elle le devait, pas au charisme fou qu’elle semblait être persuadée de posséder. Son sourire ne le quittait cependant pas, l’amabilité était toujours de mise, en toutes situations.

Il manqua tout de même de lui rire au nez lorsqu’elle sortit un billet de vingt dollars pour y apposer sa signature. C’était so 2017. Le plus drôle, c’était qu’elle n’allait même pas le donner à un videur, non, elle le lui tendit à lui. C’était amusant, très amusant. Il s’apprêtait à dire qu’il n’avait pas besoin d’un autographe, mais la brune lui saisit la mâchoire afin d’examiner sa dentition, après avoir fait référence au fait qu’il puisse se payer un appareil dentaire. Evidemment, dentition parfaite. Il en avait pris soin depuis son plus jeune âge. Pas une fois il n’était allé se coucher, même à la sieste, sans s’être soigneusement brossé les dents. Et si des tas d'adolescents étaient dégoûtants et ne considéraient pas leur hygiène buccale comme la clé de tous leurs soucis sociaux, il avait pris soin que son visage soit tout aussi impeccable que le reste de son corps. Il se prit tout de même au jeu de la jeune femme en criant en même temps qu’elle. « Hourra ! ». Les voilà aussi hypocrite l’un que l’autre, voilà qui était bien parti. Il attrapa le billet sans rien dire, avant de désigner le stylo du doigt, toujours en souriant. « Je peux ? ». Il s’empara délicatement du crayon avant de signer de l’autre côté du billet, et de le fourrer dans sa poche. « Il aura encore plus de valeur comme ça. Peut-être que je peux faire monter les enchères autour de deux-cent dollars » déclara-t-il, faisant mine de réfléchir au montant qu’il pourrait en tirer. Comme s’il en avait besoin. Il le glisserait dans la carte postale de sa cousine, en voilà une bonne action. Elle trouverait bien le moyen de le revendre pour une œuvre de charité quelconque.

La réaction de Megan Morgan à l’évocation de Lima était à l’ampleur de la ville en elle-même : catastrophique. « Vous en faites pas, j’ai connu ça aussi ». Sa fausse compassion n’allait certainement pas illuminer la soirée de qui que ce soit. Après que la jeune femme ait commandé une vodka violette, il se tourna à son tour vers le barman. « Même chose que tout à l’heure, s’il vous plait ». Toujours être poli, c’était quelque chose qu’on lui avait appris. Alors qu’il attrapait son verre avec sa main droite, la star déchue semblait se lancer dans un monologue, qu’il n’écoutait que d’une demi-oreille, absorbé par la contemplation de la couleur bleue du liquide qu’il s’apprêtait à boire, évidemment, bien plus intéressante que le discours sur la fan-attitude qui l’attendait. Si elle savait à quel point la considération qu’il lui portait était purement curiosité. Il n’eut cependant pas le temps de répliquer, ou de faire encore une fois preuve d’hypocrisie, autre chose qu’on lui avait appris quand il était plus jeune. Des jeunes filles en pleine fangirlisation venaient d'arriver vers eux pour réclamer des autographes. Le plus intéressant chez elles était sans aucun doute les décolletés desquels elles venaient de sortir leurs crayon, mais les yeux du jeune homme ne se posèrent pas dessus, les survolant juste au passage avant de fixer son regard vers leurs visage avant de leur adresser un grand sourire, puis de se saisir tranquillement du crayon et signer deux exemplaires des serviettes du bar, en y ajoutant un petit mot personnalisé. Il avait trois variantes de mots «personnalisés » : « Take care, xoxo, Matteo », « I love you all, xoxo, Matteo » et « Nice to meet you, xoxo, Matteo ». Les jeunes filles avaient eu droit à la première et la dernière version, la seconde étant plutôt pour les posters qu’on pouvait retrouver dans les magazines pour pré-adolescentes aux hormones en folies.

Il ne fallut pas bien longtemps à Megan pour enfin capter son identité, et se comporter aussi étrangement que lesdites personnes pré pubères en pleine admiration devant une photo. Si ce n’est que celle-ci ne s’amusait pas à seulement fangirliser sur des posters, mais entreprit de se rapprocher réellement en tâtonnant son physique comme elle le pouvait. Un garde du corps lui aurait évité de se retrouver dans cette situation, pas vraiment embarrassante, bien que plutôt désagréable, mais après tout, c’était lui qui avait invité la jeune femme à se joindre à lui, et il n’avait qu’à assumer les conséquences de ses actes. Et bien que « s’intéresser » était un bien grand mot, il rentra dans son jeu, après qu’elle lui ait enfin lâché la mâchoire. « J’ai dix-huit ans ». Presque la majorité absolue, à trois ans près. Il décida de reprendre sur un sujet qui satisferait sans doute la starlette assise à côté de lui, presque sur ses genoux. Ce sujet étant elle-même, il ne doutait pas de satisfaire son côté égocentrique. « Je voulais découvrir si tu étais aussi monstrueuse que les descriptions qui pouvaient être faites de toi dans la presse à scandale ». Le tutoiement était venu naturellement, puisqu’elle s’était à présent rendue compte qu’ils étaient égaux socialement parlant. Il sirota une gorgée de sa boisson avant de reprendre. « Ma foi, il y a quelques points communs » lança-t-il malicieusement. C’aurait pu passer pour de la provocation, même si ça n’en était pas, dans tous les cas, il cherchait à voir la réaction qui suivraient sa pique. « Enfin, je doute que la vilaine Megan Morgan puisse participer à l’activité d’une chorale perdue au fin fond de l’Ohio,  c’est trop généreux. Tu dois donc avoir un bon fond, pas trop satanique » commença-t-il, avant de ressortir le billet signé de sa poche et de le rendre à la brune avec un sourire éclatant. « Vous devriez le vendre pour la chorale, peut-être que vous aurez de quoi vous offrir à manger au Breadsticks tous ensemble. Ou alors tu es blacklistée là-bas aussi ? » la taquina-t-il. Si elle se permettait d’être familière avec lui, alors ça serait donnant-donnant.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Sam 17 Mai - 16:50

« 18 ans ? » répéta Megan en se mordant poussivement les lèvres, ses yeux n’omettant aucun détail du visage de poupon du garçon. Elle ne se souvenait plus tout à fait de ce qu’il avait accompli pour être projeté sur le devant de la scène internationale, mais il fallait lui reconnaître un physique à faire tomber toutes les petites-filles – et leurs mamans. Malgré le soin relatif qu’il accordait à ses pores dilatés et le choix douteux de sa coupe de cheveux, il avait de très beaux yeux ; pas de quoi fouetter un chat, ceci dit. Dans sa salle de cinéma mentale, Megan se repassa les derniers films qu’elle avait vus, en quête de la scène qui l’avait suffisamment marquée pour qu’elle n’oublie pas le patronyme de ce jeune premier. Il avait dû faire partie du casting omniprésent de l’un de ses nanars vampiriques. Au mieux, il avait fait une comédie musicale made in Mickey où la musique y est aussi sirupeuse que la romance principale basée sur le hasard et la destinée.
Matteo Chester. Megan se recula doucement, lui attribuant une petite tape sur la joue et tout en reportant son verre d’alcool à ses lèvres rose pâle, elle se hissa sur le tabouret disposé à sa gauche, coinçant ses talons aiguilles sur le repose pied en métal blanc. Elle avait un appétit insatiable, se charger de dépuceler un autre blanc-bec n’était pas dans ses projets immédiats pour autant. Elle se souvint de cette époque où elle n’était pas aussi regardante sur les opportunités avec une nostalgie aussi écœurante qu’éphémère. Le regard posé sur les verres s’entassant derrière le comptoir, elle rit à la remarque du jeune homme qui lui disait vouloir vérifier si ce qu’on racontait sur son compte était vrai. Il la qualifia de monstrueuse, ce qui aurait dû la vexer, mais elle avait connu bien pire. Megan haussa un sourcil en se tournant de moitié vers lui et d’un ton séditieux, elle lui lança :

« Je suis bien pire que ce qu’on raconte. » Elle retira le bonbon piqué au bout d’un cure-dent en plastique pour le glisser sous sa langue et tout en le croquant, elle vint taper le bord de son verre contre celui de Matteo « Tchin ! » pépia-t-elle. Le petit bruit de cristal qui s’entrechoque tinta délicieusement à ses oreilles pendant qu’elle but une autre gorgée, les éclats de violette descendant dans sa trajet et lui procurant une sensation exquise de félicité – on ne faisait pas d’aussi bons cocktails à Lima. Cela la faisait rire cette façon qu’avaient les gens de juger les femmes aussi sévèrement. Si Megan avait été un homme, on lui aurait trouvé toutes les excuses du monde pour expliquer son comportement. On aurait excusé tous ses coups de sang à cause de son charisme transcendant car un homme caractériel et secret fait le bonheur des médias qui s’en donnent à cœur joie – hello, Christian Grey ! Quand un homme d’affaires enchaîne les conquêtes ou se montre autoritaire, c’est la norme ! Mais une femme avec de l’ambition et des besoins à assouvir est soit monstrueuse, soit une garce. Il était trop tard pour refaire le monde mais il y avait là-dedans comme un arrière goût d’injustice.
Un rire étrangement goguenard secoua les épaules de la brunette qui suçota le bout de son cure-dent après avoir reposé son verre. En secouant ses longs cheveux bruns, presque noirs, dans son dos, elle reposa ses prunelles sur son compagnon d’un soir. Elle aurait pu lui expliquer les cinquante nuances de Megan Morgan car sous ses grands airs d’adolescent blasé, il restait un gamin qui s’émerveillait devant la couleur azur du liquide qu’il avait dans son verre. Et alors qu’elle était tentée de l’envoyer paître, lui et son bagou agaçant, elle se retrouva à éprouver un chouïa de compassion pour cette star éphémère qui visiblement était aussi arrogant qu’elle.

« Fais pas trop le malin, Matty. » lui conseilla-t-elle cependant, ses doigts opérant une danse distraite autour du pied de son verre à cocktail à l’instant où il lui tendait le billet de 20 $ qu’il avait signé à sa suite « Quand à ton âge, on fini par se retrouver dans un endroit comme Lima, c’est qu’il n’y a plus aucun espoir. Je ne suis peut-être plus sur le devant de la scène mais au moins, j’ai quelques années de carrière derrière moi. Combien de films as-tu tournés, quelle est la dernière cérémonie dans laquelle tu as reçu un prix ? » Elle redressa fièrement le menton, un sourire graduel étirant sa bouche pulpeuse. Son ego avait été assez malmené ce soir. Megan n’était pas de celle qui se laissait marcher sur les pieds par un jouvenceau à la peau grasse. Crépitant à gros bouillons, le volcan se réveilla.
«  C’est bien ce que je pensais. » affirma-t-elle, fixe. Elle se retourna vers le comptoir, faisant pivoter son assise et termina son verre d’un trait. Une fois vide, elle le reposa fermement sur le comptoir, puis se leva pour s’approcher de nouveau du gamin « J’ai apporté quelque chose au monde de la musique au moment où ta maman t’essuyait encore ce qui te sortait par le nez, mon trésor. Toi, à part avoir permis à deux idiotes de connaître leur premier orgasme spontané en leur signant ces maudites serviettes, je crains que tu n’aies apporté grand-chose au cinéma hollywoodien. Tu peux d’ores et déjà dire adieu à ton étoile sur Hollywood Boulevard ! En revanche, si tu veux, je te montre ma salle des trophées. » Elle pensa à tous ses awards qu’elle avait soigneusement installé dans une vitrine au fond du quartier général des Awesome Voices et sa fierté se pontifia. Avec sa main, elle vint caresser le menton imberbe du jeune homme, jouissant de sa répartie. Ses yeux opérèrent un trajet de sa bouche à ses yeux clairs et elle continua sur un ton moins doucereux, recommençant à tournicoter le bout de ses doigts dans ses cheveux beaucoup trop courts « Et pour ton information, aucune petite chorale n’est perdue, mon chou. Les Awesome Voices se portent bien et tu sais grâce à qui ? » En jouant des épaules, son décolleté bringuebalant dangereusement, elle battit plusieurs fois de ses faux cils qui fendirent l’air site vite qu’il n’aurait pas été étonnant qu’un typhon se crée entre leurs deux silhouettes « Grâce à MM. » L’évidence, ponctua-t-elle dans ses pensées. Brusquement, Meg le poussa pour qu’il soit propulsé de son siège. Elle attrapa son verre, lui jeta le reste de son contenu à la figure en lui lançant son billet signé d’un même mouvement « Hors de ma vue, espèce de loser ! »
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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Jeu 22 Mai - 23:46

Pire que ce que racontaient les journaux ? Ça s’annonçait quand même un peu compliqué, mais Matteo aurait tôt fait de tester la chose. Il sourit néanmoins à la remarque avant de boire une gorgée de son cocktail au bleu si mystérieux, probablement rempli de colorants en tout genre. Il continua néanmoins à parler. Et s’il estimait lui avoir fait un compliment en disant qu’elle n’était pas assez satanique, puisqu’elle s’occupait d’une chorale de Lima, mais celle-ci ne semblait pas entendre la chose de cette oreille. Puisqu’elle se lança dans un speech sans fin sur le talent, le fait d’apporter quelque chose au monde, et bien d’autres choses dont le jeune homme n’avait rien à faire. S’il était devenu acteur, c’était par passion, parce qu’il aimait rentrer dans un rôle, et agir comme s’il était quelqu’un d’autre, jouer un jeu, et s’y tenir. Il n’en avait que faire des récompenses. Avec la petite douzaine de films qu’il avait tournés en seulement sept ans de carrière, il savait bien qu’il n’aurait aucune récompense. Il n’était pas de ceux qui émanaient tellement de charisme que les juges voulaient absolument leur attribuer des prix. Non, il se contentait d’être juste dans son jeu, et de retransmettre les émotions. Il ne voulait pas être en compétition avec qui que ce soit. Il se rendait bien assez compte de l’influence néfaste que la compétition pouvait avoir sur les gens : compétition sociale au lycée, qui éliminait de l’échelle sociale des personnes qui valaient pourtant la peine d’être connues ; compétitions sportives et en tous genres, qui montaient les personnes les unes contre les autres dans le seul but de gagner. Non, il n’était définitivement pas du genre à vouloir recevoir des prix ou des récompenses qui attiseraient la jalousie de bon nombre de gens. Même s’il avait voulu répondre à la jeune femme le titre du dernier film dans lequel il avait joué, ou qu’il s’en fichait d’avoir une récompense, il n’en aurait pas eu le temps. Il la laissa tirer ses conclusions hâtives en la regardant, avec le sourire aux lèvres tellement la situation était ridicule. La mention de sa mère fut cependant comme un coup de poing dans le ventre. Son sourire s’envola immédiatement, laissant place à une moue presque triste. Il leva ensuite les yeux au ciel lorsqu’elle parla du premier orgasme instantané des jeunes filles. Tout cela partait bien loin. S’il avait prévu un tel cyclone, il aurait peut-être fait les choses différemment. D’autant plus que la brune était à nouveau en train de lui tripatouiller la face, et qu’il se retenait du mieux qu’il pouvait de lui enlever brusquement la main, ce qui n’arrangerait certainement pas la situation. Ce à quoi il ne s’attendait pas, était d’être propulsé de sa chaise. Lorsque ses pieds heurtèrent le sol, il fit deux petits pas en avant le temps de retrouver son équilibre, et il se retourna, pour finalement se prendre son cocktail à la figure. Il resta planté debout, fixant la diva droit dans les yeux.

« Oh la ! Tout doux bijou ! » Il tendit les mains devant lui, comme il avait vu les cowboys faire dans les films pour calmer les chevaux. Il était loin d’être impressionné ou d’avoir peur, mais visiblement la taquinerie passait assez mal avec Megan Morgan. Il y avait quelques divas, comme ça, qui réagissaient de façon inadéquate à des petites plaisanteries innocentes. Ou dans le cas de Matteo, pas vraiment innocentes puisqu’il prenait un malin plaisir à tester le comportement de la Morgan. « Premièrement, je disais que Lima était perdue, pas ta chorale. Je les ai entendus, et ils se débrouillent bien, on peut pas le nier ». Ça, c’était au moins une chose certaine. S’ils n’avaient pas gagné le concours de char, c’était vraiment étonnant. Enfin, il avait entendu des rumeurs comme quoi une des chorales aurait triché, celle de McKinley, visiblement. La soliste des Awesome Voices, avait, en revanche, une voix à faire des envieux, qui ne nécessitait aucune triche pour pouvoir être appréciée à sa juste valeur. « Va juste falloir m’expliquer pourquoi ce n’est pas toi, la soliste, si tu as tant de talent… » il se rendit immédiatement compte que ça pouvait passer pour une provocation supplémentaire. « …ce dont je ne doute pas. Enfin, je veux juste dire que c’est justement généreux de ta part, de laisser ta place sur le devant de la scène à des gens qui n’ont encore pas eu la chance de briller. Un compliment que je te fais, pas une insulte, tu vois ? » Sa tentative de rattrapage était légèrement maladroite, mais il avait eu la preuve que le tempérament de Megan Morgan était de feu, et il n’avait plus besoin de titiller le dragon plus que nécessaire. « Quant au Breadsticks, c’était juste une idée pour aider à renforcer votre esprit d’équipe, mais tu sais bien mieux que moi ce qui est bon pour ta chorale ou pas ». Il se rassit tranquillement à côté de la jeune femme, laissant la flaque de cocktail et le billet par-terre, quelqu’un s’en occuperait plus tard, et le billet serait un pourboire amplement suffisant. Le moment était venu de passer à la phase qui l’intéressait le plus. « Je connais quelqu’un qui aurait aimé sponsoriser les Awesome Voices, mais si ils se portent si bien, ça ne serait pas utile, pas vrai ? » Il scruta le visage de la brune. « Vous devez aussi être très sélect’ sur qui peut intégrer la chorale ou non, n’est-ce pas ? ». Même s’il n’en avait jamais parlé à qui que ce soit, le garçon brûlait de dire qu’il aurait aimé s’essayer à la musique, mais il s’abstint. Attendant d’abord une quelconque réaction à peu près encourageante.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Lun 26 Mai - 14:47

L’allusion de Matteo sur son talent ne laissa pas de marbre la principale concernée. Remontée sur son tabouret haut, c’est avec une lenteur curieuse que Megan pivota la tête vers lui. On aurait pu se demander si dans sa finalité, elle n’allait pas opérer un tour à 360 degrés, et le sourcil durement haussé comme à son habitude, elle lui lança une œillade peu engageante sous ses longs faux cils recourbés. Les muscles de son visage s’affermissant sous son maquillage impeccable, elle le jaugea sans embarras, se demandant comment elle en était arrivée à argumenter avec Percy Jackson. Le goût de la violette devint écœurant dans sa bouche, elle avait grand besoin de boire un verre d’eau pour se désaltérer et retirer l’excédent de sucre sur sa langue, ce goût lui donnant soudainement envie de vomir. À l’âge de Matteo, Megan n’était pas ce qu’elle était aujourd’hui. Sa passion pour la danse était le seul moteur de son ambition et même si le trop-plein d’attention qu’elle avait reçu en devenant la seule fille d’une fratrie uniquement composée de garçons l’avait poussé sur le chemin de l’émancipation et de la popularité, rien n’avait jamais eu plus d’importance à ses yeux que ses arabesques et ses grands jetés. Grâce à son talent pour cette discipline, cet art où rigueur et persévérance se côtoient dans une parfaite harmonie, elle avait réussi à se construire une armure assez solide pour que toutes les balles tirées dans sa direction ricochent et ne l’atteignent jamais. Elle avait travaillé dur pour en arriver au niveau qu’elle tenait désormais, simplement ses frasques relatées par la presse à scandales au sommet de sa gloire, devenue l’égérie d’une génération de starlettes dotées de dents qui rayent le parquet, avaient effacé la personne pleine de courage et de détermination qu’elle était encore, même si ses aspirations avaient changées. Son génie en subissait les conséquences et quelque part sous son gilet pare-balles griffé ça la touchait qu’on sous-estime ses aptitudes.

Matteo ici présent venait de toucher un point sensible. Battant des cils en détournant la tête, la jeune femme garda le silence. Elle se pencha légèrement au-dessus du bar, poussant un peu sur ses talons aiguilles pour pouvoir dire au barman :
« Servez-moi un grand verre d’eau plate, mon mignon. » Doucement, elle repoussa une mèche de cheveux en attendant qu’il pose son verre devant elle et après l’avoir bu de moitié, appréciant la fraîcheur des glaçons colorés, elle passa sa langue sur ses lèvres, retournant son visage impassible vers Matteo. Dans son champ de vision rentra une petite pile de serviettes en papier, elle en attrapa une paire pour venir essuyer le cocktail qu’elle lui avait lancé à la figure, tamponnant régulièrement sur les épaules du jeune homme recouvertes d’une fine pellicule bleue. Le ton moralisateur qu’il employait quand il s’adressait à son aînée méritait une bonne leçon de savoir-vivre, d'après elle. Qui croyait-il être, ce nabot ?

Se souvenant des conseils que ses frères lui donnaient lorsqu’elle était petite, Megan qui n’avait jamais eu l’occasion de transmettre son expérience à personne à l’exception de ses choristes, sentit des ailes de grande sœur lui pousser dans le dos. Avec une bienveillance qui sonnait faux, elle commença par lui dire « L’arrogance est ton pire ennemi dans ce milieu, Matteo. L’ironie, le sarcasme… on t’aimera un jour pour ça, puis on te détestera le lendemain pour la même chose, crois-moi. Sois prudent quand il s’agit d’humour, parce que ce que toi tu trouves drôle, les autres le maudiront. Pour ma part, je trouve que tu as un sens de l’humour vraiment foireux, sans vouloir t’offenser. Mais je te pardonne, tu es si jeune… » Et si con faillit-elle ajouter, sauf qu’elle distinguait le vigile de l’entrée qui la couvait d’un regard de psychopathe. Avait-il remarqué leur petite altercation ? 
Megan soupira longuement pour chasser ses interrogations, gémissant un chouïa en sentant l’air gonfler dans sa poitrine puis elle continua à assécher la mare de liquide dans le cou de Matteo. Le regardant subrepticement, elle poursuivit « Quand Sue Sylvester m’a catapultée à la tête des AV, j’ai trouvé des membres profondément attristés par la disparition de leur ancien directeur. J’ai su que je ne pourrai jamais le remplacer dans leur cœur. » Sortez les violons « J’ai tenté de les maintenir au niveau, tout en apportant ma touche personnelle à ce qu’ils avaient déjà accompli. » En les gratifiant de nom d’oiseaux et en colportant des mensonges sur leurs relations sentimentales, une touche sacrément personnelle en effet « J’ai fait tout mon possible pour les faire remonter à la surface, en étant dure parfois. » Souvent « Et je ne le regrette pas. » Un petit sourire sadique fendit son visage « J’ai perdu de bons éléments en cours de route, c’est vrai. » Timothy et Hallie à qui elle songea en grimaçant intérieurement « Cependant, j’en ai gagné autant sans avoir à partir en croisade. Mes nouvelles recrues sont venues à la chorale sans aucune publicité, sa bonne réputation suffisant pour les convaincre de tenter l’expérience. En effet, tu as raison, je sais parfaitement ce qui est bien pour ma chorale ou p… » Quand il se rassit alors, Megan cessa de l’éponger et elle se redressa avec raideur sur son assise. Ses propos la stoppèrent net dans son élan de gentillesse assez inquiétant et elle se retrouva la bouche grand ouverte à le fixer. Il savait quelque chose dont elle n’était pas au courant, ça suffisait à la faire s’arrêter de jouer la comédie. Plus encore, ça la tuait d’avoir été mise sur la touche de cette manière. C’était de sa chorale dont on parlait.  

Une petite seconde passa avant qu’elle revienne dans le moment présent « De qui s’agit-il ? » demanda-t-elle. Elle oublia qui il était, s’il était un adolescent ou pas, elle ne voyait plus qu’une seule chose. Les Awesome Voices avaient beau bien se porter, la trésorerie n’était pas le point fort de Meg qui dépensait sans compter quand il s’agissait d’en mettre plein la vue à ses concurrents. Elle n’était pas reste niveau fortune personnelle, les royalties qu’elle touchait tous les mois étant un plus non négligeable pour renflouer les caisses. Néanmoins, l’argent, plus on en avait, mieux on se portait. Si quelqu’un souhaitait les sponsoriser, Megan ne pourrait refuser en sachant que la mairesse misait tout sur ses trésors ; les canons à neige du concours de chars lui restaient en travers de la gorge, elle qui rêvait de faire tomber une pluie de paillettes sur les habitants à leur passage. Pêchant un glaçon dans son verre, elle le suçota distraitement « On parlera critères d'intégration plus tard. » Elle jeta le glaçon dans sa bouche, le croqua, et une fois qu’elle l’eut avalé, elle se rapprocha de Matteo. Glissant son coude sur le bar, sa calant sur son tabouret en croisant les jambes, elle emprunta un air conspirateur et murmura à son oreille « Parlons plutôt business. Dis-moi tout, Matty. »

#Oeuf n°30

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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Lun 16 Juin - 12:30

Revirement de situation. Megan Morgan serait-elle en train de faire preuve de … gentillesse ?  L’adolescent, en tentant de se rattraper, n’avait pas été sûr de la réussite des opérations. Mais à présent, celle qui lui avait si abruptement jeté son cocktail à la figure, était en train de l’éponger gentiment de son cou. Occupé à chercher de quoi calmer Maman Dragon, Matteo avait oublié la sensation humide qui venait d’envahir le haut de son corps, et les pressions délicates de la serviette commençaient à la lui rappeler. Il ne savait pas s’il devait éprouver du soulagement, de la gratitude, ou de la méfiance envers cette femme qui pouvait se montrer tantôt de miel, tantôt de glace, ou même de feu. Après cette démonstration de pouvoir féminin, et de self-esteem-defence, il ne pouvait que se montrer très précautionneux, concernant ce qu’il dirait à l’avenir. En attendant, elle semblait plus occupée à réparer son geste qu’à empirer les choses, et il pouvait s’estimer heureux. Elle semblait aimer les discours, cette nana-là, puisqu’elle était encore en train de lui faire la morale concernant le sarcasme et l’ironie. Elle lui raconta comment elle s’était retrouvée à la tête des Awesome Voices, ce qui eut le don d’éclairer la lanterne du jeune homme, qui n’avait aucune idée des raisons qui l’avaient poussé à diriger une chorale. Une once supplémentaire de respect vint s’ajouter à la curiosité qu’il éprouvait déjà auparavant. Ça n’avait finalement pas été aussi simple qu’il le pensait. Il avait longtemps cru qu’elle avait choisi de diriger une chorale par dépit, c’était l’idée que n’importe qui pouvait se faire. Mais non, elle avait été choisie pour le faire. Etait-ce une preuve d’irrespect de la part de Sue Sylvester, de placer une personne dont le talent personnel est suffisant pour faire une carrière solo, à la tête d’une chorale de Lima ? Ou était-ce justement un signe de respect pour tout ce que la chanteuse avait fait avant ? De nombreuses questions vinrent à l’esprit du jeune homme, mais il ne souhaitait plus obtenir de réponses concernant le passé ou le caractère de Megan. Il avait bien vu où cela l’avait mené.

La réaction de la jeune femme après qu’il se soit rassis et ait lancé la discussion vers le sponsoring le laissa complètement pantois. Comment pouvait-elle passer d’un comportement à un autre, en aussi peu de temps ? Serait-elle légèrement lunatique ? En tout cas, l’intérêt certain qu’elle portait à son offre le mettait pour le moment en sécurité d’une autre saute d’humeur. S’il avait quelque chose qui l’intéressait, elle avait plutôt intérêt à ne pas le froisser. Il la fixa quelques instants, scrutant les traits avides de son visage, ne répondant pas à la question du « qui » voulait financer la chorale. Il voulait d’abord savoir si n’importe qui était le bienvenu chez les Awesome Voices, puisqu’il fallait bien qu’il ait quelque chose à gagner, en échange du sponsor.  Il n’hésitait que rarement à dépenser son argent ponctuellement, mais un sponsor étant un engagement sur un relativement long terme, il fallait tout de même qu’il ait un quelconque avantage à donner de l’argent à une chorale perdue dans l’Ohio. Quitte à jeter quelques dollars par les fenêtres, autant qu’il en tire un minimum de plaisir. Il était néanmoins hésitant quant à la façon d’aborder le sujet. Ses yeux papillonnèrent dans toute la pièce quelques secondes, avant de se poser à nouveau sur la brune qui s’était rapprochée de lui, toujours aussi intéressée par la potentielle affaire qu’elle pourrait conclure. Il parla à mi-voix. « J’ai bien peur que les critères d’intégration et le potentiel sponsor ne soient étroitement liés ». Il baissa les yeux, et reprit après un court silence, plus sûr de lui, cette fois. « Bon, j’ai pas envie de tourner autour du pot. En admettant que je puisse rejoindre ta chorale après le lycée, je veux bien aider un peu financièrement. Pas la faire vivre entièrement non plus hein, mais… je sais pas… financer l’enregistrement d’un album que vous pourriez vendre après vos prestations multiples. Ou vous aider à vous faire connaître en tant qu’adversaires redoutables des compétitions de chorales, ou un truc du genre ».

S’il connaissait parfaitement le fonctionnement de l’industrie du cinéma, il n’avait aucune idée de la façon dont fonctionnait le monde des chorales. Il ne savait même pas s’il chantait suffisamment bien pour en intégrer une, mais c’était une perspective intéressante pour varier un peu ses activités. Il n’allait cependant pas attendre que la brune lui extorque des fonds avant de s’en assurer. Il fit tourner son tabouret de manière à se retrouver face au comptoir. « Tu aurais moyen de lancer un karaoké, s’il te plait ? » lança-t-il tranquillement au barman, qui s’exécuta. Le grand écran, à quelques mètres d’eux, s’alluma. L’homme tendit un classeur à Matteo, qui désigna la chanson qu’il voulait essayer de chanter. Des frissons le parcoururent alors qu’il s’emparait du micro. Il était indéniablement stressé. Il n’était même pas sûr de savoir chanter, et le voilà à faire un karaoké devant une ancienne chanteuse mondialement connue. Les premières notes de la chanson retentirent, augmentant encore plus la pression qu’il ressentait à cet instant précis. Et il commença à chanter.
« Risin’ up, back on the street
Took my time, took my chances
Went the distance, now I’m back on my feet
Just a man and his will to survive ♪
»

Premier couplet ? Check. Il respira un grand coup avant de poursuivre avec le suivant.
« So many times, it happens too fast
You change your passion for glory
Don’t lose your grip on the dreams of the past
You must fight, just to keep them alive ♪
»

Les parties où les notes montaient étaient un peu plus difficile, mais le plus dur restait à venir : le refrain.
« It’s the  eye of the tiger
It’s the thrill of the fight
Risin’ up to the challenge of our rival
As the last known  survivor stalks his prey in the night
And he’s watching us all in the eeeeeyeeee … of the tiger ♪
»

Et ce soir, Matteo avait l’oeil du tigre. Il commença à sourire, prenant confiance en lui après ce refrain plutôt réussi. Le reste de la chanson se finit sans encombre, il se surprit même à mettre plus de puissance qu’il n’en avait encore jamais mise en chantant. Défi relevé. Alors que les applaudissements de quelques pèlerins venus au bar ce soir-là résonnèrent dans le vide de la pièce, il retourna s’asseoir près de Megan. Il se tourna immédiatement vers elle. « Alors, tu penses que je pourrais intégrer les Awesome Voices un jour ? ».
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they used to shout my name
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Occupation : Star internationale, muse des paparazzis, directrice des Awesome Voices à ses heures
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Piece of Me
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Glee club favori : Awesome Voices
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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Mar 24 Juin - 22:46

« Tu as autant d’argent ? » le questionna Megan tandis qu’une lueur délicieusement incrédule dansait dans ses iris aux nuances singulières. Les sourcils haussés loin en dessous de l’implantation de ses cheveux teints, elle fit glisser son coude sur le bar pour s’éloigner du profil de Matteo sans le quitter des yeux cependant, et elle se redressa en se cambrant sur son tabouret. Balançant ses longues mèches dans son dos, elle rompit docilement le contact visuel, et avec un court temps de retard, un rictus indéchiffrable fendit son visage lissé par le maquillage. Megan avait un ego surdimensionné, mais il lui était venu avec le temps et surtout, avec le succès fulgurant des Fairy Dust. À dix-huit ans, elle était loin de fanfaronner comme elle le faisait maintenant, l’ombre de ses cinq frères planant constamment au-dessus de sa tête pour lui rappeler d’où elle venait, mais dans le cas de Matteo, il semblait que son narcissisme avait de grands et beaux jours devant lui, car il faisait entièrement partie de lui comme la couleur de ses yeux ou les quelques grains de beauté qu’elle distinguait sous les spots tamisés du bar dans lequel ils se trouvaient tous les deux. Pour penser que son aide et son argent pouvaient lui être d’un grand secours, alors qu’on se le dise, si elle s’approchait suffisamment de son visage de jeune premier, elle pouvait apercevoir le lait perler au bout de son nez parfait, il fallait être né avec la sensation d’être l’enfant prodige. Megan réfléchit un moment, l’ourlet de ses lèvres charnues disparaissant sous le pincement brutal de sa bouche, lui donnant une moue pensive qui échappa à son contrôle.
Le marché – s’il s’agissait bien d’un marché – qu’il lui proposait la dérangeait. Matteo donnait l’impression de penser que l’avenir de sa chorale reposait dans la paume de sa main. Pire encore, il stipulait avec une subtilité particulière qu’elle faisait rentrer dans sa chorale les individus les plus offrants. Or, Megan avait beau crier sur tous les toits que Tate Bartowski était une plaie, que Peter Grayson était un empoté et que Peyton Sloane méritait qu’on lui retire le truc qu’elle avait coincé dans le rectum, absolument toutes ses recrues avaient du talent, une présence et un charisme certain ; ils n’avaient pas grugé pour faire partie de l’effectif des Awesome Voices. Ce qu’il insinuait la blessait d’une façon qu’elle n’aurait jamais imaginée, et avec une discrétion sans pareille, elle pencha la tête pour plonger son regard dans son verre vide. Pour qui se prenait-il, se demanda-t-elle pour la énième fois, et elle entoura avec ses deux mains le pied de son verre, resserrant lentement l’étau formé par ses petits doigts. Un sentiment étrange la poussa alors à garder le silence. Seule la musique lounge jouée dans le bar bousculait la fausse quiétude s’installant entre les deux artistes. Derrière elle, les clients du bar faisaient leur vie comme si de rien n’était, ne s’émerveillant guère de la présence de ces deux célébrités dans cet endroit déserté. Athos, Porthos et Aramis étaient repartis à leurs minables occupations, et le barman distribuait les cocktails commandés sans se départir de son sourire commercial qui aurait donné quelques complexes à Tom Cruise.

La musique brusquement plus forte eut le don de faire reprendre vie à MM qui fit tourner son assise pour regarder Matteo se produire sur la scène du karaoké. S’il avait une certaine présence, lui aussi, elle ne pouvait s’empêcher de lui trouver un air de ressemblance avec les membres d’un certain boys-band anglais, et tout en secouant la tête et se mordant les lèvres pour réprimer un rire sans doute nerveux, elle baissa le regard sur ses jambes qu’elle décroisa gracieusement. Il ne rentrait définitivement pas dans le style qu’elle souhaitait donner à sa chorale, il était beaucoup trop jeune, mais sa belle gueule serait un atout indéniable, elle le savait. Pour autant, la manière qu’il avait eu de vouloir l’acheter la héla dans le fond de son cœur de pierre, et cette fois-ci, ce fut un sourire de conspiratrice qui scinda ses lèvres colorées.
Elle ne se mêla pas aux applaudissements. En fait, Megan se détourna rapidement du spectacle pour commander un autre verre, et quand le jeune homme revint à ses côtés, elle était occupée à le dévaler d’un trait. Megan sauta soudain de son tabouret, faisant mine de ne pas avoir entendu sa question, et elle lui tendit la main pour qu’il se relève à son tour. Sans le prévenir, elle se colla étroitement à lui en murmurant :

« Il va falloir travailler un peu ton déhanché pour ça, mon grand. » Le poussant du bout des doigts pour que les reins du jeune homme touchent les bords du bar, Megan fit en sorte de ne pas toucher son visage. Il voulait jouer dans la cour des grands, très bien. Elle approcha le sien le plus près possible, son regard trouvant celui de Matteo sans effort aucun et de sa voix la plus grave, elle poursuivit « Je sais ce qu’on dit de moi dans la presse, mais je ne suis vraiment pas une femme facile. On ne m’achète pas. Tu veux avoir une chance de faire partie des Awesome Voices, tu veux connaître la marche à suivre pour entrer dans la légende ? » Elle sourit en faisant un pas supplémentaire, le talon de ses chaussures se déposant délicatement sur le sol impeccable sous ses pieds, et ses dents blanches se reflétèrent fatalement à travers la lumière douce de l’endroit. Un doigt pointé devant elle, mesurant l'espace la séparant à peine de son interlocuteur, elle dit toujours plus bas « Travaille. Dur. » Son index se plantant le plus fort possible dans le torse de Matteo à chacun de ses mots, Megan cessa brusquement de sourire, et une œillade intransigeante plus tard, elle se recula du jeune homme pour fouiller dans son sac à main et régler la note en déposant quelques billets sur le comptoir.
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MessageSujet: Re: 04. [NYC] Homeward Bound   Mer 25 Juin - 22:51

Non, il n’avait pas « autant » d’argent. D’autant plus que ce n’était pas lui qui le gérait. Mais il pouvait toujours s’arranger avec son tuteur pour en débloquer un peu, quand quelque chose l’intéressait vraiment. Et intégrer les Awesome Voices était une idée fort alléchante. Il n’avait plus de carrière ou de loisirs à Lima. Ce n’était pas les entraînements et les matchs de football qui remplissaient le quota artistique nécessaire à son cerveau. Acheter des toiles à la Galerie Preston permettait seulement de compenser le fait qu’il ne s’exprime pas lui-même par le biais de l’art. Même s’il n’en parlait jamais, les plateaux de tournage lui manquaient. Il avait pensé un instant que faire partie d’une chorale pourrait consister en une activité de remplacement intéressante, mais la réaction de Megan Morgan lui laissait présager qu’il n’intégrerait jamais les Awesome Voices. Il ne savait pas auparavant s’il avait les capacités vocales nécessaires, mais à présent, il était fixé. Il ne les avait pas. Et c’était juste comme ça. Cette soirée avait eu le mérite de lui ouvrir les yeux. Il frissonna un instant au souvenir de la douche froide alcoolisée qu’il avait reçu plus tôt. Il ne ressentait plus que de la frustration. Il s’en voulait à lui-même. Jamais il n’aurait dû venir ici, jamais il n’aurait dû titiller Maman Dragon, jamais il n’aurait dû être curieux, et jamais il n’aurait dû essayer de chanter quoi que ce soit, gâchant les moindres chances qu’il avait de se retrouver un loisir intéressant. Et plus important encore, il n’aurait jamais dû proposer le moindre sponsoring. Si son offre avait eu le don de capter l’attention de la directrice de chorale, elle avait aussi eu le don de le faire passer pour quelqu’un qui croyait pouvoir tout obtenir avec de l’argent. Ce qu’il était stupide.

L’interprétation de la brune était loin du message qu’il avait voulu lui faire passer, et il ne pouvait pas la blâmer pour ça. Il avait commencé dans le mauvais sens, en testant ses réactions, et en sentant légèrement supérieur à elle, tout ça parce qu’il y avait eu quelques articles sur elle dans la presse à scandale. Au bout du compte, il savait qui il était : un loser. Elle avait eu raison de l’appeler de la sorte. Quelqu’un d’intelligent n’aurait pas cherché les ennuis, ou abordé une idée sur le plan financier sans en avoir posé les conditions d’abord. Il avait tout fait à l’envers, et il s’en rendait d’autant plus compte que sa prestation de karaoké avait fait un flop complet. Ce n’était pas les quelques applaudissements de groupies présentes qu’il voulait, c’était l’avis d’une pro. Et maintenant qu’il l’avait eu, il se sentait d’autant plus pathétique. Enfin « il l’avait eu »… le silence et le manque de réaction de l’ancienne Fairy Dust voulait tout dire. Les mots qui avaient suivi avaient été encore pires, évidemment. Il n’avait cependant pas réagi, il l’avait fixée droit dans les yeux, avec un regard neutre alors qu’elle parlait. C’était inutile de réagir, elle avait mis le doigt, au sens propre du terme, sur les erreurs qu’il avait faites tout du long de la soirée. Elle l’avait remis à sa place d’adolescent stupide qui ne réfléchissait pas. Que ça ait été son but ou pas, elle avait réussi. Il n’avait plus qu’à se remettre en question, et à sérieusement réfléchir avant d’agir, la prochaine fois. Il avait compris la leçon. Il aurait pu demander conseil à sa mère, si elle avait encore été là. Il eut un pincement au cœur en y pensant. Auparavant, il faisait des tas de choses, juste pour la rendre fière. Mais maintenant, qui avait-il à rendre fier ? Plus personne.

Il prit tout à coup conscience que ce qu’il aurait aimé dans le fond, c’était que la brune qui venait de payer son addition le prenne sous son aile. Parce que malgré tout ce que les journaux avaient dit, et les attitudes terribles qu’elle avait pu avoir ce soir-là, il avait senti que derrière cette façade sinistre, il y avait un humain. Peut-être sensible, peut-être pas. Mais il y avait un humain responsable de ses actes dont l’occupation principale était de guider des jeunes (et moins jeunes) gens, vers le plus haut de leur potentiel, en les poussant à donner le meilleur d’eux-mêmes. Le jeune homme se rendait compte que ce dont il avait cruellement manqué ces derniers mois était d’un guide. Kayla avait beau faire tout ce qu’elle pouvait pour lui donner des conseils, ce n’était pas la même chose. Il n’avait pas spécialement envie de la rendre fière, ou d’obtenir sa reconnaissance. Lorsqu’il sortit enfin de ses pensées pour envoyer un sms à cette dernière, il se rendit compte que celle qui avait partagé quelques instants le tabouret d’à côté était partie depuis un petit moment. Il resta là, encore un instant, les yeux dans le vague. Il ne se sentait plus de profiter du reste de sa soirée libre, comme il avait prévu de le faire. Il ne lui restait plus qu’une chose à faire : prendre un taxi, rentrer à l’auberge de jeunesse et profiter de la wifi pour faire une conversation vidéo Skype avec ceux qu’il avait laissés à Lima pour leur raconter à quel point le trajet en avion s’était bien passé, et à quel point sa première soirée avait été intéressante. Il garderait son sourire, sans leur donner de détails, ils seraient heureux, et par conséquent, il se sentirait mieux. Oui, c’était ce qu’il allait faire. Il se leva, posa un billet sur le comptoir, fit un signe de main au barman, puis franchit la porte, et s’en alla comme il était arrivé. Et même s’il avait souhaité faire comme si de rien n’était, comme si cette soirée n’avait pas existé, il avait appris quelque chose, et c’était irrémédiable.
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04. [NYC] Homeward Bound

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